Le débat sur les fonds spéciaux continue de susciter des réactions dans la classe politique sénégalaise. Invité de la RSI, El Hadj Momar Samb, secrétaire général de la RTA-S (FDR), a vivement critiqué la démarche engagée par l’Assemblée nationale autour de la gestion et du contrôle de ces fonds. Pour le responsable politique, cette initiative intervient dans un contexte marqué davantage par un bras de fer entre le pouvoir législatif et l’exécutif que par une véritable volonté de transparence financière.
Tout en affirmant son attachement au principe du contrôle des ressources publiques, El Hadj Momar Samb estime que la question des fonds spéciaux ne saurait être isolée des autres sujets liés à la gestion de l’État. Selon lui, l’initiative parlementaire aurait gagné en crédibilité si elle s’inscrivait dans une démarche globale visant à examiner l’ensemble des mécanismes de gestion et d’utilisation des ressources publiques.
Le secrétaire général de la RTA-S considère surtout que le timing de cette démarche pose problème. Il rappelle que plusieurs responsables aujourd’hui engagés dans cette initiative ont, au cours des deux dernières années, occupé de hautes fonctions au sein de l’État. À ses yeux, ils avaient donc la possibilité d’aborder cette question lorsqu’ils étaient aux responsabilités.
« Ceux-là qui étaient aux affaires en termes de Premier ministre n’ont pas ouvert cette fenêtre pour regarder un peu ces fonds spéciaux », a-t-il déploré lors de son intervention sur la RSI.
Pour El Hadj Momar Samb, cette absence d’initiative lorsqu’ils étaient aux commandes nourrit le soupçon d’une instrumentalisation politique du dossier. Il estime que le contrôle des fonds spéciaux ne doit pas devenir un nouvel épisode dans les tensions qui opposent actuellement l’Assemblée nationale à l’exécutif.
Le responsable politique ne rejette toutefois pas la nécessité de faire toute la lumière sur la gestion des deniers publics. Bien au contraire, il appelle à renforcer les mécanismes de transparence et de contrôle, mais dans une approche qu’il juge plus cohérente et plus exhaustive.
Dans cette perspective, il invite les parlementaires à élargir leurs investigations à plusieurs dossiers qui, selon lui, méritent également des explications. Il cite notamment la gestion de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), la traçabilité des revenus issus de l’exploitation des ressources pétrolières, ainsi que l’utilisation des fonds affectés à la région de Matam.
El Hadj Momar Samb évoque également la question des indemnités destinées aux victimes des différentes crises politiques. Pour lui, la transparence ne devrait pas se limiter à un seul mécanisme financier ou à une catégorie particulière de dépenses publiques. Elle devrait concerner l’ensemble des ressources et des fonds dont la gestion peut susciter des interrogations au sein de l’opinion.
À travers cette prise de position, le leader de la RTA-S appelle ainsi à dépasser les considérations partisanes pour instaurer un véritable mécanisme de contrôle parlementaire. Il estime que les enquêtes doivent être menées avec la même rigueur sur tous les dossiers, indépendamment des intérêts politiques du moment.