Une session de renforcement des capacités consacrée au budget participatif sensible au handicap s’est tenue à Kaolack, à l’initiative de l’Association des anciens pensionnaires de l’Institut des jeunes aveugles du Sénégal (AAPJAS), avec l’appui de ses partenaires. La rencontre avait pour objectif de mieux outiller les organisations de personnes handicapées afin de leur permettre de renforcer leur plaidoyer auprès des collectivités territoriales.
La prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées dans les politiques publiques locales était au cœur des échanges. À travers cette session, les organisateurs ambitionnent de renforcer les connaissances des membres des associations de personnes handicapées sur les mécanismes du budget participatif et les moyens d’y intégrer les préoccupations liées au handicap.
Selon Djiby Pam, président de l’AAPJAS, cette démarche répond à la nécessité de permettre aux personnes handicapées de disposer des outils nécessaires pour participer pleinement aux processus de décision et de plaidoyer au niveau territorial.
« Le budget participatif existe déjà, mais il est important d’aller vers un budget participatif sensible au handicap, qui prend effectivement en compte les besoins spécifiques des personnes handicapées », a-t-il expliqué.
L’accessibilité et la participation au cœur des préoccupations
Pour les participants, l’inclusion des personnes handicapées doit notamment passer par la prise en compte de plusieurs priorités, parmi lesquelles l’accessibilité des infrastructures, les aménagements raisonnables et leur participation directe à l’élaboration des politiques publiques.
« On ne peut pas toujours décider à la place des personnes handicapées. Elles vivent dans les collectivités territoriales et doivent donc être associées aux décisions qui les concernent », a souligné M. Pam.
Renforcer le plaidoyer auprès des collectivités
La session vise également à préparer les organisations de personnes handicapées à mieux défendre leurs droits et leurs besoins auprès des autorités locales.
Présent à la rencontre, Amadou Dème, conseiller technique en pilotage et gestion des systèmes de formation professionnelle au niveau de la GIZ et chargé des questions d’inclusion au sein du projet, a salué cette initiative.
Il a indiqué que cette activité s’inscrit dans une collaboration engagée depuis plusieurs années avec les organisations de personnes handicapées. Selon lui, l’objectif est de favoriser une meilleure prise en compte de leurs spécificités dans les politiques publiques, aussi bien au niveau territorial qu’au niveau central.
« Il est important d’accompagner les associations afin qu’elles puissent mieux s’affirmer dans les collectivités territoriales et disposer des outils nécessaires pour réclamer leurs droits », a-t-il déclaré.
Une expérimentation appelée à s’élargir
Dans le cadre de cette démarche, une autre session devrait être organisée à Thiès avec les élus locaux du département. Cette phase expérimentale permettra notamment de sensibiliser les collectivités territoriales sur les modalités de prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées dans la mise en œuvre des politiques publiques.
À l’issue des expériences de Kaolack et de Thiès, les partenaires envisagent d’évaluer les résultats obtenus avant d’étudier une éventuelle extension de l’initiative à d’autres départements du Sénégal.
À travers cette dynamique, les acteurs souhaitent ainsi faire du budget participatif un véritable levier d’inclusion, en plaçant les personnes handicapées au cœur des processus de planification, de décision et de développement local.