Le responsable de Kiraay affirme avoir été menacé puis pris à partie à la sortie de l’émission « Banc Public ». Il a saisi la brigade de gendarmerie de Ouakam et appelle les médias à ne pas banaliser ces pratiques.
Le ton monte autour des débats politiques dans les médias sénégalais. Djibril Bèye, membre de Kiraay, formation politique soutenant le président Bassirou Diomaye Faye, a déposé une plainte contre X auprès de la brigade de gendarmerie de Ouakam après une tentative présumée d’agression physique survenue dans les locaux de Seneweb, à l’issue de l’émission « Banc Public ».
Les faits se seraient produits dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 septembre 2026, vers 1 h 30, après l’enregistrement du talk-show hebdomadaire diffusé chaque vendredi soir sur Seneweb TV. D’après la déposition de Djibril Bèye, un individu qui serait venu rejoindre son co-débatteur, Rassoul Mbaye, cadre de PASTEF, l’aurait pris à partie alors qu’il se trouvait dans l’ascenseur.
Selon le récit livré aux enquêteurs, l’individu aurait commencé par proférer des insultes et des menaces avant de tenter de s’en prendre physiquement à lui à la sortie de l’ascenseur. « Dans l’ascenseur, cet individu a proféré à mon encontre des insultes et des menaces verbales, et de violence physique. À la sortie de l’ascenseur, il a tenté de s’en prendre physiquement à moi avec une grande violence », relate le responsable de Kiraay dans sa plainte.
La situation aurait toutefois été rapidement maîtrisée grâce à l’intervention de plusieurs personnes présentes sur les lieux. Rassoul Mbaye, avec lequel Djibril Bèye venait de participer au débat politique, serait notamment intervenu pour retenir l’individu et permettre à son contradicteur de s’éloigner. Les agents de sécurité de Seneweb se seraient également interposés afin d’empêcher que l’incident ne dégénère.
Pour Djibril Bèye, cette intervention a permis d’éviter une confrontation physique plus grave. Il estime que sans la réaction de son co-débatteur et du personnel de sécurité, l’agression aurait pu aller jusqu’aux coups.
Dans le cadre de sa plainte, le responsable politique demande aux enquêteurs de procéder à l’exploitation des images de vidéosurveillance disponibles dans les locaux de Seneweb. Il souhaite également que l’agent de sécurité présent au moment des faits soit entendu afin de contribuer à l’identification de l’auteur présumé de la tentative d’agression.
Au-delà de la procédure judiciaire, Djibril Bèye a choisi de rendre l’affaire publique. Dans un communiqué adressé ce samedi 12 septembre aux directeurs de publication et responsables de rédaction, il appelle les médias à relayer les faits et à s’interroger sur la banalisation des comportements violents autour des émissions politiques.
« Je vous demande de bien vouloir publier et relayer cet acte ignoble et dangereux pour la démocratie, afin que nul n’en ignore la gravité et que de tels agissements ne se reproduisent plus dans notre espace médiatique », écrit-il.
Le responsable de Kiraay dit également vouloir faire de cette plainte une démarche de principe plutôt qu’une initiative motivée par la revanche. Il revendique son droit à participer librement au débat politique sans subir de pression ou d’intimidation en raison de ses positions.
« Je refuse de céder à la peur. Je refuse de me taire. Je refuse que l’intimidation remplace l’argument », affirme-t-il, avant de rappeler l’importance de la tradition de débat démocratique au Sénégal.
Pour Djibril Bèye, les divergences politiques ne sauraient justifier le recours à la violence, encore moins dans l’environnement des médias, qui constitue un espace essentiel du débat public. Il estime ainsi que l’incident doit interpeller l’ensemble des acteurs politiques et médiatiques sur la nécessité de préserver des échanges contradictoires fondés sur les arguments plutôt que sur les menaces ou les affrontements.