Lors de la séance plénière tenue ce mercredi à l’Assemblée nationale, le député Thierno Alassane Sall a interpellé le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, sur plusieurs sujets jugés sensibles, touchant à la fois au fonctionnement de la police nationale et à la gestion récente des tensions survenues dans les milieux universitaires.
Dès l’entame de son intervention, il a attiré l’attention de l’hémicycle sur la situation de 312 policiers de la “première corde”, libérés entre avril et mai 2025. Cette décision, encore entourée de zones d’ombre selon le parlementaire, nécessite des explications précises sur les motifs avancés, les procédures appliquées et les critères retenus pour justifier leur libération. Thierno Alassane Sall a d’ailleurs souligné l’incohérence apparente d’un processus ayant abouti à l’éviction de certains agents, tandis que d’autres issus de la même formation exercent toujours au sein de la police nationale.
Le député a ensuite évoqué les difficultés rencontrées par les agents de la 49ᵉ promotion, qui, selon lui, n’ont pas perçu de salaire depuis vingt-deux mois. Une situation d’autant plus préoccupante que ces policiers ont été mobilisés dans des dispositifs de sécurité majeurs, notamment lors de grands événements religieux. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice flagrante envers des agents engagés au service de l’État mais laissés sans rémunération pendant une période anormalement longue.
En abordant la situation sur les campus universitaires, Thierno Alassane Sall a exprimé sa préoccupation face aux “images préoccupantes d’étudiants blessés” lors des récents affrontements. Il a rappelé que par le passé, l’usage de la force dans les universités avait suscité une forte indignation de la part de nombreux responsables politiques et s’est interrogé sur ce qui, aujourd’hui, semble avoir modifié leurs réactions. Le député a appelé les étudiants à éviter toute forme d’escalade et à privilégier des mobilisations pacifiques, tout en invitant le gouvernement à clarifier sa gestion des incidents. Il a demandé si des enquêtes officielles avaient été ouvertes afin de déterminer les circonstances exactes des violences et d’identifier les responsabilités.
Thierno Alassane Sall a également dénoncé ce qu’il qualifie de climat de pression interne pesant sur les forces de police. Il a cité des cas de sanctions rapides visant certains responsables ainsi que des interventions contestées dans des organes de presse. Pour lui, ces pratiques contribuent à fragiliser l’institution policière et à semer le doute sur la cohérence de sa gestion par les autorités.
Malgré ces critiques, le député a tenu à saluer le professionnalisme de nombreux agents. Il a notamment évoqué l’exemple d’un policier agressé par une foule qui, selon lui, a fait preuve d’un sang-froid exemplaire. Ce geste symbolique illustre, à ses yeux, l’importance de soutenir les forces de sécurité, de les accompagner et de veiller à une gestion responsable qui préserve leur moral et leur mission essentielle dans la stabilité du pays.
En conclusion, Thierno Alassane Sall a insisté sur la nécessité pour l’État de rétablir la confiance à l’intérieur de l’institution policière et d’assurer une gestion transparente et équitable, afin de garantir l’efficacité et la crédibilité des forces de sécurité au service de la nation.