Abdourahmane Diouf réclame deux nouvelles commissions d’enquête sur des programmes de l’enseignement supérieur

Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, plaide pour l’élargissement des investigations parlementaires aux programmes de l’enseignement supérieur qu’il juge controversés. Au-delà de la commission d’enquête déjà annoncée sur le programme « Un Étudiant, un Ordinateur », l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur demande l’ouverture de deux nouvelles enquêtes parlementaires afin de faire toute la lumière sur la gestion de plusieurs projets financés durant les précédentes années.

S’exprimant sur la question, Abdourahmane Diouf est revenu sur les déclarations faites par Ousmane Sonko lors de son meeting du 8 novembre 2025. Selon lui, le président de l’Assemblée nationale avait alors évoqué le programme dit des « 5 lots », relatif à des travaux de construction et d’aménagement réalisés dans les universités sénégalaises. Estimant que ce dossier mérite d’être examiné avec la même rigueur que celui du programme « Un Étudiant, un Ordinateur », le ministre a officiellement demandé au bureau de l’Assemblée nationale de mettre en place une commission d’enquête parlementaire dédiée.

« Je demande officiellement au bureau de l’Assemblée nationale de faire une commission d’enquête parlementaire sur ces chantiers », a-t-il déclaré, estimant que plusieurs acteurs de l’époque devraient être entendus afin d’établir les responsabilités dans la passation et l’exécution des marchés.

Dans cette perspective, il a cité le nom d’Aliou Sène, alors directeur de la Construction au ministère de l’Enseignement supérieur, qu’il considère comme un acteur clé du dossier. Selon Abdourahmane Diouf, son audition permettrait notamment de déterminer les personnes ayant conduit les négociations et signé les contrats liés à ces infrastructures universitaires.

Le ministre a également élargi sa requête au programme « Jeunes », doté d’un financement de 123 milliards de francs CFA. Il souhaite qu’une autre commission d’enquête parlementaire soit mise en place pour examiner la gestion de ce projet, qu’il estime également sujet à des interrogations.

Dans ce dossier, Abdourahmane Diouf a mis en cause Mame Penda Ba, alors directrice du Financement des établissements de l’enseignement supérieur. Il s’est interrogé sur les conditions dans lesquelles cette dernière aurait assuré simultanément la gestion de l’unité de projet financée par la Banque mondiale tout en conservant ses fonctions administratives.

L’ancien ministre affirme avoir refusé une telle organisation lorsqu’il dirigeait le département de l’Enseignement supérieur, considérant qu’elle créait une situation de cumul incompatible avec les principes de bonne gouvernance. Il indique avoir officiellement saisi la Banque mondiale pour faire part de ses réserves sur cette configuration administrative.

Abdourahmane Diouf regrette qu’après son départ du ministère, cette organisation ait finalement été maintenue, permettant selon lui à la même direction de piloter à la fois le programme « Un Étudiant, un Ordinateur » et le projet « Jeunes » financé à hauteur de 123 milliards de francs CFA.

À travers ces nouvelles demandes, le ministre appelle à une extension du champ des investigations parlementaires afin que toute la lumière soit faite sur la gestion de ces importants programmes publics. Selon lui, seule une enquête approfondie permettra d’établir les responsabilités éventuelles et de garantir une totale transparence dans la gestion des ressources destinées à l’enseignement supérieur.


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