Lors de la cérémonie officielle de passation de service au ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf a fait une révélation qui a suscité la surprise dans l’assistance. Au moment de quitter ses fonctions, l’ancien ministre a indiqué que les membres de son cabinet et lui-même n’avaient jamais perçu de salaire durant les neuf mois passés à la tête du département.
Prenant la parole devant les autorités, les agents du ministère et les invités présents à cette cérémonie marquant la transmission des responsabilités, Abdourahmane Diouf a tenu à livrer ce témoignage qu’il considère comme un fait relevant de l’histoire administrative récente du pays. « À l’heure où je vous parle, mon cabinet n’a jamais reçu de salaires. Je le dis pour l’histoire. Peut-être que c’est notre administration qui est ainsi faite. Je n’ai rien à dire derrière, c’est juste de la paperasse sur paperasse. Neuf mois après, nous sommes en train de partir et nous n’avons jamais reçu de salaires », a-t-il déclaré.
Cette sortie a mis en lumière les difficultés administratives auxquelles peuvent être confrontés certains responsables publics, malgré les responsabilités importantes qui leur sont confiées. Sans polémique ni accusation directe, l’ancien ministre a présenté cette situation comme le résultat de lourdeurs administratives qui ont empêché la régularisation des rémunérations de son équipe tout au long de son séjour au gouvernement.
Abdourahmane Diouf a également tenu à déconstruire certaines idées reçues sur les avantages supposés liés aux fonctions ministérielles. Selon lui, les postes de ministre ou de membre de cabinet sont souvent perçus par l’opinion publique comme synonymes de privilèges et de confort, alors que la réalité est parfois bien différente. « Ceux qui pensent qu’être ministre ou chef de cabinet procure des privilèges peuvent déchanter. En tout cas moi, je ne vois pas de privilèges. Ce n’est que des sacrifices », a-t-il affirmé.
À travers ces propos, il a voulu mettre en avant l’engagement et les efforts consentis par les collaborateurs qui l’ont accompagné durant son mandat. Malgré les contraintes rencontrées, il a salué leur disponibilité, leur professionnalisme et leur sens du service public.
Dans un ton mêlant émotion et reconnaissance, l’ancien ministre a adressé ses remerciements aux membres de son cabinet pour leur accompagnement et leur loyauté. Il les a ensuite invités à rester mobilisés pour la suite de leur parcours professionnel, les exhortant à préparer leurs cartons afin de relever ensemble de nouveaux défis.
Cette déclaration intervient dans un contexte de réaménagement gouvernemental marqué par plusieurs passations de service au sein de l’administration sénégalaise. Au-delà de l’anecdote, les propos d’Abdourahmane Diouf relancent le débat sur le fonctionnement administratif, la gestion des carrières au sein des cabinets ministériels et les délais de traitement des procédures liées à la rémunération des agents de l’État. Une situation qui, si elle est confirmée à plus grande échelle, pourrait interroger sur l’efficacité de certains mécanismes administratifs et sur les conditions d’exercice des hautes fonctions publiques.
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