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Finances publiques : le Sénégal à l’épreuve de 2026 entre alerte de défaut et confiance des marchés

À mesure que l’échéance de 2026 approche, le débat sur la situation financière du Sénégal s’intensifie et divise profondément les experts. D’un côté, des économistes alertent sur un risque sérieux de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine. De l’autre, certains analystes mettent en avant la résilience du pays, portée par la confiance persistante des investisseurs régionaux et les perspectives liées au pétrole et au gaz. Entre lectures pessimistes et arguments rassurants, la controverse révèle une réalité financière sous forte tension.

Le point de départ de cette controverse repose sur un chiffre qui suscite à lui seul de nombreuses inquiétudes : 6 075 milliards de francs CFA. Il s’agit du besoin de financement estimé pour l’année 2026, incluant à la fois le déficit budgétaire à couvrir par de nouveaux emprunts et le service de la dette existante, composé des intérêts et des remboursements du principal. Si ce montant ne fait pas débat en tant que tel, son interprétation et ses implications divisent profondément.

Selon plusieurs analyses, l’État sénégalais devra mobiliser environ 16,5 milliards de francs CFA par jour tout au long de l’année 2026 pour faire face à ses engagements financiers. Un effort colossal qui interroge sur la capacité réelle de l’économie nationale à soutenir un tel rythme sans compromettre les dépenses sociales, les investissements structurants et la stabilité macroéconomique. Cette contrainte arithmétique alimente les scénarios les plus alarmistes.

L’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye figure parmi les voix les plus préoccupées. Dans ses analyses, il évoque un « mur financier » vers lequel le pays se dirige inexorablement. Il identifie le mois de mars 2026 comme un moment particulièrement critique, avec un service de la dette estimé à 747 milliards de francs CFA sur une courte période. Un niveau de décaissement qu’il juge incompatible avec les capacités actuelles de trésorerie de l’État.

Son inquiétude est renforcée par la situation des titres sénégalais sur les marchés internationaux. Les Eurobonds du Sénégal s’échangent aujourd’hui avec des décotes importantes, parfois proches de 50 % de leur valeur nominale. Pour lui, cette situation reflète une perte de confiance des investisseurs internationaux, aggravée par l’échec de l’accord avec le Fonds monétaire international en novembre dernier. Dans ce contexte, il estime que la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité économique pour éviter un défaut désordonné aux conséquences potentiellement dévastatrices, à l’image de ce qu’a connu le Liban en 2020.

Face à cette lecture alarmiste, d’autres experts opposent une analyse plus nuancée, fondée sur la dynamique du marché financier régional. Le Dr Babo Amadou Ba, notamment, considère que les signaux envoyés par l’UMOA-Titres contredisent l’hypothèse d’un effondrement imminent. Il rappelle qu’en 2025, l’État sénégalais a levé 1 050 milliards de francs CFA, alors que les investisseurs ont proposé 1 779 milliards, soit un taux de couverture de 170 %. Pour lui, cette sursouscription massive témoigne d’une confiance toujours intacte des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal.

Selon cette lecture, le marché fait la différence entre les dégradations des agences de notation internationales et la trajectoire économique de long terme du pays. Les investisseurs régionaux parieraient davantage sur le potentiel futur du Sénégal, notamment avec l’entrée en production du pétrole et du gaz, que sur les tensions conjoncturelles actuelles. Tant que cette confiance se maintient, le risque de défaut serait, selon lui, largement exagéré.

Pris entre ces deux lectures opposées, le gouvernement semble avoir fait un choix stratégique clair : éviter toute restructuration de la dette. L’option retenue repose sur la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), le maintien de l’accès au marché régional et l’anticipation des futures recettes issues des hydrocarbures pour franchir le cap délicat de 2026. Un pari audacieux, mais risqué.

Cette stratégie implique toutefois une discipline budgétaire renforcée, voire une austérité implicite. En 2025, l’État a réussi à honorer plus de 2 000 milliards de francs CFA de service de la dette tout en maintenant certaines mesures sociales, comme la baisse des prix de produits de première nécessité. Mais l’effort demandé en 2026 sera nettement plus important, dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires de plus en plus réduites.

Cette tension financière ravive également le débat sur le train de vie de l’État. Alors que les autorités appellent les populations à consentir des sacrifices, certaines décisions, comme l’acquisition de véhicules de luxe par l’Assemblée nationale, suscitent une vive controverse. Pour de nombreux observateurs, il est difficilement justifiable de maintenir des privilèges coûteux dans un contexte où le pays doit mobiliser quotidiennement des milliards pour éviter une rupture financière.

Au final, le Sénégal aborde 2026 avec des atouts indéniables, notamment la confiance régionale et les perspectives énergétiques, mais aussi avec une équation financière particulièrement serrée. La réussite de cette traversée dépendra de la capacité des autorités à maintenir la rigueur budgétaire, à préserver la paix sociale et à restaurer durablement la crédibilité financière du pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. 2026 s’annonce ainsi comme une année charnière, où chaque décision comptera.

Décharge de Mbeubeuss : le gouvernement espère une finalisation des travaux pour juin-juillet 2026

Le gouvernement sénégalais affiche un optimisme prudent quant à l’avenir de la décharge de Mbeubeuss, l’un des sites environnementaux les plus sensibles de la région de Dakar. En visite d’évaluation des travaux de réhabilitation partielle du site, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a annoncé que l’État vise une finalisation de la première phase des travaux d’ici juin-juillet 2026.

S’exprimant le 6 janvier 2025 lors de cette visite de terrain, le ministre a indiqué que les autorités espèrent achever, dans un délai d’environ six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation portant sur 40 hectares de la décharge. « Nous espérons qu’au moins d’ici à six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation de 40 hectares de la décharge de Mbeubeuss seront achevés », a-t-il déclaré, cité par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Le coût global du projet est évalué à près de 26 milliards de francs CFA.

Abdourahmane Diouf a reconnu l’existence de retards au démarrage de cette première phase du projet, dont l’objectif à terme est l’élimination progressive de la décharge de Mbeubeuss. Toutefois, il a assuré que ces lenteurs initiales sont actuellement en cours de résorption grâce à l’implication concertée de l’ensemble des parties prenantes, notamment les services de l’État, les partenaires techniques et les acteurs locaux.

Au-delà des travaux strictement liés à la réhabilitation du site, le ministre a également insisté sur la dimension sociale du projet. Il a annoncé qu’un important travail d’accompagnement sera mené en faveur des récupérateurs qui tirent leurs moyens de subsistance de la décharge. Parallèlement, le gouvernement prévoit une meilleure gestion de l’autre partie du site, estimée à environ 75 hectares, afin d’éviter toute reconstitution anarchique des dépôts d’ordures.

Dans une perspective de transformation durable, Abdourahmane Diouf a souligné que l’ambition de l’État ne se limite pas à la seule résorption des déchets. « Au-delà de la rénovation des 40 hectares, le gouvernement s’est engagé à verdir cet espace », a-t-il précisé, évoquant la création de jardins, de terrains de sport et de couloirs de promenade. Une orientation qui s’inscrit dans la volonté des autorités de redonner à cette zone longtemps dégradée une vocation sociale, écologique et récréative au bénéfice des populations riveraines.

Cette visite à Mbeubeuss s’inscrit dans une tournée plus large du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique dans la région de Dakar. Prévue sur les journées des 6 et 7 janvier 2025, elle comprend également des inspections au Parc paysager de Cambérène, à la Réserve urbaine de la Grande Niaye de Pikine ainsi qu’au niveau du littoral de Bargny, autant de sites stratégiques dans la politique nationale de protection de l’environnement et de transition écologique.

Université : les raisons de la démission de Ndiabou Séga Touré, ex-secrétaire nationale adjointe du SUDES-ESR

La vie syndicale dans l’enseignement supérieur sénégalais est secouée par une démission aux allures de coup de tonnerre. Ndiabou Séga Touré, secrétaire générale nationale adjointe du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal – Enseignement supérieur et Recherche (SUDES-ESR), a officiellement quitté ses fonctions le 11 décembre 2025. Dans une lettre particulièrement critique adressée à la direction du syndicat, dont PressAfrik a obtenu copie ce mardi 6 janvier 2026, l’enseignante-chercheure pointe de graves dysfonctionnements internes et remet en cause la crédibilité du processus électoral en cours au sein de l’organisation.

Dans son courrier, Ndiabou Séga Touré explique que sa décision est motivée par sa volonté de se « désolidariser et d’alerter sur les graves manquements constatés dans la procédure d’élection du Secrétaire général national du SUDES-ESR ». Elle estime que, alors même que le mandat du bureau actuel arrive à son terme, les modalités retenues pour son renouvellement s’écartent dangereusement des textes fondateurs du syndicat ainsi que des principes démocratiques les plus élémentaires. À ses yeux, ces irrégularités fragilisent non seulement la légitimité du futur bureau, mais aussi l’image et la crédibilité du SUDES-ESR auprès de ses militants et partenaires.

L’enseignante dénonce par ailleurs un climat interne marqué par des conflits d’intérêts et une iniquité manifeste dans le traitement des dossiers de candidatures. Elle évoque ce qu’elle considère comme une « complicité inacceptable du SUDES unitaire » dans l’élimination de certains candidats, laissant entendre que des choix partisans auraient prévalu au détriment de la transparence et de l’équité. Selon elle, ces pratiques traduisent une absence de rigueur et d’orthodoxie syndicale, en contradiction flagrante avec les valeurs historiques du mouvement.

Au-delà de la critique de la procédure électorale, Ndiabou Séga Touré dresse un constat alarmant sur l’état général du syndicat. Elle avertit que le SUDES-ESR est « en danger de mort imminente » si des réformes profondes ne sont pas engagées pour restaurer la démocratie interne, la confiance entre les membres et le respect strict des textes. Malgré sa démission, elle affirme toutefois ne pas renoncer au combat syndical et assure qu’elle se « battra jusqu’au bout pour défendre les intérêts » de l’organisation et des enseignants du supérieur.

Fondé sur des principes de justice sociale, de solidarité et de démocratie, le SUDES se définit comme une organisation syndicale dédiée à la défense des droits des enseignants et à la promotion d’une éducation de qualité pour tous. La démission d’une responsable de premier plan, assortie de critiques aussi sévères, intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes attentes du monde universitaire, confronté à des défis majeurs liés aux conditions de travail, à la gouvernance des universités et aux réformes du secteur.

Dr Ndiabou Séga Touré est maître de conférences titulaire au département des Lettres de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Sa prise de position publique, au-delà de son cas personnel, pourrait raviver le débat sur la gouvernance syndicale dans l’enseignement supérieur et ouvrir une séquence de recomposition ou de tensions au sein du SUDES-ESR dans les semaines à venir.

Accident à Louga : un mort et 45 blessés après le renversement d’un bus à Kelle Guèye

Un grave accident de la circulation s’est produit ce lundi 5 janvier 2026, dans l’après-midi, au niveau du village de Kelle Guèye, situé dans le département de Louga, au nord du Sénégal. Un bus de transport en commun s’est renversé pour des raisons qui restent encore à déterminer, provoquant un lourd bilan humain.

Selon les informations relayées par la Radio Futurs Médias (RFM), le drame a coûté la vie à une personne, tandis que 45 autres passagers ont été blessés, dont 14 grièvement. La violence du choc a semé la panique parmi les occupants du véhicule et les populations riveraines, accourues pour porter secours aux victimes avant l’arrivée des services de secours.

Alertés rapidement, les sapeurs-pompiers se sont déployés sur les lieux pour procéder aux opérations de sauvetage et d’évacuation. Les blessés ont été acheminés en urgence vers l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga, où une prise en charge médicale a été assurée. Les cas les plus graves ont fait l’objet d’une attention particulière de la part du personnel soignant.

La gendarmerie nationale s’est également rendue sur place pour sécuriser la zone et ouvrir une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident. Les premières constatations devraient permettre d’établir si un excès de vitesse, un problème mécanique ou l’état de la chaussée est à l’origine du renversement du bus.

Cet accident relance une fois de plus le débat sur la sécurité routière au Sénégal, notamment sur les axes secondaires souvent empruntés par les transports en commun. Chaque année, de nombreux accidents impliquant des bus et des cars rapides sont enregistrés, avec des conséquences humaines parfois dramatiques.

Sucre ajouté dans les produits Nido et Cérélac de Nestlé au Sénégal : un scandale dissout dans le silence

Ces dernières semaines, l’opinion publique sénégalaise a été fortement mobilisée par l’affaire dite « Softcare », relative à la commercialisation de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés fabriquées par une entreprise étrangère disposant d’une filiale au Sénégal. La controverse, amplifiée par les interventions successives de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP), qui avait d’abord ordonné le retrait de ces produits avant de les déclarer conformes aux normes de sécurité, continue de susciter interrogations et inquiétudes. En attendant que le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique fasse toute la lumière sur ce dossier, un autre scandale sanitaire, bien plus ancien et aux implications potentiellement plus graves, reste enfoui dans un silence presque total.

Il s’agit des révélations de l’ONG suisse Public Eye, menées en collaboration avec le Réseau international d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN), portant sur la composition des produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. En avril 2024, cette enquête avait mis en cause le géant agroalimentaire Nestlé, accusé d’ajouter du sucre à des produits pour bébés, notamment les céréales Cérélac et les laits infantiles Nido, commercialisés dans plusieurs pays du Sud, dont le Sénégal.

Les résultats de cette enquête, basée sur l’analyse de 150 produits vendus dans différents pays, ont révélé une pratique systématique : presque toutes les céréales à base de blé Cérélac destinées aux nourrissons à partir de six mois contenaient des sucres ajoutés. En moyenne, ces produits renfermaient environ 4 grammes de sucre par portion, soit l’équivalent d’un morceau de sucre. Le niveau le plus élevé de sucre ajouté, atteignant 7,3 grammes par portion, a été détecté aux Philippines, suivi du Nigeria avec 6,8 grammes. Le Sénégal n’est pas épargné, avec une teneur mesurée à 5,9 grammes de sucre ajouté par portion dans les céréales pour bébés commercialisées sur le marché local.

L’enquête révèle également que les laits en poudre Nido, destinés aux enfants âgés de un à trois ans, contiennent eux aussi du sucre ajouté. En moyenne, près de deux grammes par portion ont été détectés dans plusieurs pays. Au Sénégal, les analyses ont montré la présence de 0,5 gramme de sucre ajouté dans les laits Nido pour enfants à partir d’un an. Une pratique d’autant plus troublante que ces mêmes produits, lorsqu’ils sont commercialisés en Suisse, pays où Nestlé a son siège, ou dans d’autres pays développés, sont exempts de sucre ajouté. Pour Public Eye, cette différence de traitement illustre un double standard inacceptable : « pour Nestlé, tous les bébés ne sont pas égaux en matière de sucre ajouté ».

La multinationale justifie pourtant ses produits en les présentant comme « enrichis en vitamines, minéraux et autres micronutriments essentiels », spécialement conçus pour répondre aux besoins nutritionnels des bébés et des jeunes enfants, renforcer leur croissance, leur système immunitaire et leur développement cognitif. Si Nestlé communique abondamment sur ces apports nutritionnels, l’enquête souligne en revanche un manque de transparence manifeste concernant la présence de sucres ajoutés, un élément pourtant central pour la santé infantile.

Les pédiatres et experts en nutrition infantile interrogés par Public Eye tirent la sonnette d’alarme. Pour eux, l’ajout de sucre dans les aliments destinés aux bébés et aux jeunes enfants est non seulement inutile, mais potentiellement dangereux. « C’est extrêmement préoccupant. Le sucre ne devrait pas être ajouté aux aliments pour bébés, car il possède un fort pouvoir addictif. Les enfants développent très tôt une préférence pour le goût sucré, ce qui peut amorcer un cycle négatif menant à l’obésité et à d’autres maladies chroniques à l’âge adulte, comme le diabète ou l’hypertension », avertit un épidémiologiste cité dans l’étude.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) partage ces préoccupations. Elle a rappelé à plusieurs reprises que l’exposition précoce au sucre favorise une dépendance durable aux produits sucrés et augmente significativement le risque de maladies non transmissibles. Depuis 2022, l’OMS appelle explicitement à l’interdiction des sucres ajoutés dans les produits destinés aux bébés et aux enfants de moins de trois ans.

Au Sénégal, ces révélations auraient dû provoquer une réaction forte des autorités sanitaires. Pourtant, contrairement à l’affaire Softcare, largement médiatisée et prise en charge par les services de l’État, l’enquête de Public Eye n’a jamais fait l’objet d’une contre-expertise nationale permettant de vérifier la composition réelle des produits Nestlé commercialisés sur le territoire. Face à ce silence, des organisations de la société civile ont lancé une pétition exigeant de Nestlé la fin de ce « double standard injustifié et nuisible », et appelant l’État sénégalais à mener des enquêtes indépendantes, voire à engager des poursuites judiciaires si les faits étaient avérés.

Sur le plan politique, le député Guy Marius Sagna avait tenté de porter le débat au niveau institutionnel. Le 6 mai 2024, il avait déposé une proposition de résolution visant à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur le « scandale du sucre ajouté » dans les produits Nido et Cérélac. Selon le parlementaire, cette initiative, comme une vingtaine d’autres propositions similaires, n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour par le président de l’Assemblée nationale et la majorité d’alors, Benno Bokk Yaakaar.

Ce n’est que le 25 avril 2025 que le Conseil des ministres a adopté le décret relatif à la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants. Un texte qui, selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale, aura mis treize ans à parcourir le circuit administratif avant son adoption. Ce décret vise notamment à encadrer plus strictement la publicité, la promotion et la composition des produits alimentaires pour enfants.

Lors d’un atelier de vulgarisation de ce décret, le représentant de l’UNICEF Sénégal, Jacques Boyer, avait rappelé les enjeux majeurs de cette réglementation. Il avait notamment dénoncé certaines publicités trompeuses qui incitent les familles à abandonner l’allaitement maternel, pourtant reconnu comme l’aliment le plus sûr et le plus complet pour protéger la santé des bébés. « L’adoption de ce décret marque une avancée majeure pour la santé des enfants, mais son application effective dépendra de la mobilisation de tous : institutions, professionnels de santé, société civile et communautés », avait-il souligné.

Taïba Niassène – Maodo Diallo au Gamou 2026 : hommage à Baye Niass et appel à la cohésion nationale

Taïba Niassène a une nouvelle fois été le cœur battant de la ferveur tidiane à l’occasion du Gamou 2026. Comme chaque année, ce grand événement religieux consacré à la commémoration de la naissance de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass, plus connu sous le nom de Baye Niass, a rassemblé des milliers de fidèles venus de toutes les régions du Sénégal ainsi que de la diaspora.

Dans cette cité spirituelle emblématique, les talibés ont convergé vers la Grande Mosquée pour des séances de prières, des récitals du Coran et des chants religieux, témoignant de leur profond attachement à l’héritage du fondateur de la Fayda Tidianiya. La présence remarquée de nombreuses délégations étrangères a, une fois de plus, confirmé la dimension universelle de ce rassemblement.

Parmi les temps forts de cette édition figurait le discours prononcé par Maodo Diallo, représentant de la Coalition Diomaye Président. Devant une assistance nombreuse composée d’autorités religieuses, de fidèles et d’hôtes venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique, le porte-parole de la coalition a rendu un hommage appuyé à Baye Niass, dont le message spirituel continue de transcender les frontières.

Dans son allocution, Maodo Diallo a particulièrement insisté sur le rayonnement international de Baye Niass. Selon lui, la diversité des nationalités présentes à Taïba Niassène constitue une preuve éloquente de l’universalité de son enseignement. « Le Gamou est un espace privilégié de rencontre entre peuples et cultures autour des valeurs de l’islam », a-t-il déclaré, rappelant que le message du vénéré guide religieux dépasse largement le cadre sénégalais.

L’orateur a également mis en exergue l’apport de cet héritage spirituel dans le renforcement de la cohésion sociale au Sénégal. Il a souligné que les principes de tolérance, d’unité et de solidarité prônés par Baye Niass demeurent des repères essentiels pour préserver la paix civile. Dans un contexte national marqué par de multiples défis, il a invité les fidèles à s’inspirer de ces vertus afin de bâtir une société plus harmonieuse et plus solidaire.

S’adressant particulièrement à la jeunesse, Maodo Diallo a lancé un appel à une participation citoyenne responsable, fondée sur des valeurs religieuses et morales solides. Il a également exhorté les autorités étatiques et les acteurs religieux à mieux valoriser le patrimoine spirituel de Taïba Niassène, qu’il considère comme un atout majeur pour le rayonnement du Sénégal sur la scène internationale.

Profitant de cette tribune religieuse, le représentant de la Coalition Diomaye Président est aussi revenu sur la mission actuelle de la coalition. Selon lui, celle-ci s’est engagée dans une nouvelle dynamique de consolidation et de réorganisation interne afin de mieux accompagner les actions du chef de l’État. Cette démarche vise à renforcer l’efficacité de la coalition et à l’adapter aux exigences du moment à travers un travail de terrain méthodique.

« Au cœur de cette mission stratégique se trouve Aminata Touré, responsable de la restructuration de la coalition. Mandatée pour impulser un nouveau souffle à cette entité qui avait porté la candidature victorieuse du président Bassirou Diomaye Faye, l’ancienne Première ministre mène, depuis plusieurs mois, un travail inclusif sur l’ensemble du territoire », a indiqué Maodo Diallo, saluant son engagement constant aux côtés du chef de l’État.

En conclusion, il a lancé un vibrant appel à la paix et à la stabilité, rappelant la portée sacrée du lieu. « Les invocations faites dans cette cité religieuse doivent se traduire par un engagement sincère en faveur du bien-être collectif », a-t-il déclaré.

Cette intervention, largement appréciée par les participants, s’inscrit dans la tradition d’ouverture et de dialogue qui caractérise le Gamou de Taïba Niassène. Elle confirme, une fois de plus, le rôle incontournable de cette cité religieuse en tant que carrefour spirituel et culturel de dimension mondiale, fidèle au message et au rayonnement intemporel de Baye Niass.

Dette publique à 132 % du PIB : le Sénégal face au spectre d’une rupture financière dès mars 2026

Le Sénégal se dirige vers une zone de turbulences financières majeures. Dans une analyse approfondie de la loi de finances rectificative 2026, l’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye dresse un tableau alarmant de la situation budgétaire et financière du pays. Selon lui, les difficultés attendues en 2026 seront « pires qu’en 2025 » et exposent le Sénégal à un risque réel de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine, si aucune restructuration profonde de la dette n’est engagée de toute urgence.

L’échéance la plus critique est clairement identifiée : le mois de mars 2026. À cette période, le service de la dette atteindra un niveau record estimé à 747 milliards de francs CFA, un montant largement supérieur aux capacités de trésorerie de l’État. Le point culminant de cette tension financière est fixé au 13 mars 2026, date à laquelle le Sénégal devra rembourser un Eurobond d’un montant de 219 milliards de francs CFA. Or, comme le souligne l’expert, les recettes fiscales mensuelles moyennes du pays ne dépassent guère 350 milliards de francs CFA, ce qui rend l’arithmétique budgétaire tout simplement intenable.

Cette situation critique s’inscrit dans un contexte d’endettement massif. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), la dette publique du Sénégal atteint désormais 132 % du produit intérieur brut. Pour la seule année 2026, l’État devra faire face à un besoin de refinancement évalué à 6 075 milliards de francs CFA. Pour Seydina Alioune Ndiaye, associé du cabinet Senquant, ces chiffres traduisent un état de stress financier aigu, aggravé par la perte de confiance des marchés internationaux.

L’échec des négociations avec le FMI en novembre dernier a constitué un tournant négatif. Il a provoqué un net refroidissement des investisseurs et un véritable krach sur les Eurobonds sénégalais, qui s’échangent désormais sur les marchés secondaires avec des décotes pouvant atteindre 49 %. Cette dégradation brutale de la perception du risque souverain sénégalais réduit considérablement la capacité du pays à se refinancer à des conditions soutenables. Dans le même temps, les perspectives de levées de fonds sur le marché régional de l’UEMOA sont jugées « hautement irréalistes », en raison de la saturation du marché et de la concurrence accrue entre États fortement endettés.

Face à ce mur financier, Seydina Alioune Ndiaye est catégorique : la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité de survie économique. Sans action rapide et coordonnée, le risque d’un défaut technique de paiement devient, selon lui, « extrêmement élevé ». Il met en garde contre un scénario à la libanaise, rappelant l’effondrement monétaire et la crise bancaire qui ont frappé le Liban en 2020, avec des conséquences sociales et économiques durables.

Pour éviter un tel chaos, l’économiste propose une feuille de route inspirée de l’expérience ghanéenne, considérée comme un succès relatif en matière de gestion de crise. Il recommande d’engager une restructuration en profondeur de la dette commerciale, estimée à environ 10 000 milliards de francs CFA. Cette opération devrait inclure une réduction de la valeur nominale, avec un « haircut » compris entre 50 et 60 %, accompagnée d’un allongement significatif des maturités de remboursement. Une telle approche permettrait de desserrer l’étau financier à court terme.

Il plaide également pour la transformation de la dette bancaire domestique en obligations de très long terme à taux d’intérêt réduits, afin de préserver la capacité de financement de l’économie locale et d’éviter une asphyxie du secteur bancaire. Enfin, Seydina Alioune Ndiaye insiste sur la nécessité de conclure en urgence un nouveau programme avec le FMI, d’un montant compris entre 2 et 3 milliards de dollars. Un tel accord serait crucial pour restaurer la confiance des partenaires internationaux, notamment le Club de Paris et la Chine, et pour coordonner les efforts d’allègement de la dette.

Malgré la gravité du diagnostic, l’expert estime qu’une issue reste possible. Selon lui, une restructuration réussie permettrait de ramener le taux d’intérêt moyen de la dette de 8,47 % à environ 6 %, générant ainsi une économie annuelle estimée à 250 milliards de francs CFA. Cette marge de manœuvre budgétaire offrirait au Sénégal le temps nécessaire pour stabiliser ses finances publiques et préparer une reprise progressive, avant de bénéficier pleinement des revenus attendus de l’exploitation du pétrole et du gaz.

Vœux au corps diplomatique : Bassirou Diomaye Faye rejette toute logique de domination fondée sur le rapport de force

À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du corps diplomatique, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a livré un discours dense et structurant, traçant les grandes orientations de la politique étrangère du Sénégal pour l’année 2026. Devant les ambassadeurs et représentants des organisations internationales accrédités à Dakar, le Chef de l’État a réaffirmé une diplomatie fondée sur la souveraineté, le dialogue et le multilatéralisme, tout en rejetant toute logique de domination fondée sur le rapport de force dans les relations internationales.

Dans un contexte mondial marqué par la persistance des conflits, la montée des tensions géopolitiques et l’affaiblissement de certains mécanismes de coopération internationale, Bassirou Diomaye Faye a tenu à rappeler l’attachement constant du Sénégal aux principes fondamentaux du droit international. Pour le Chef de l’État, le dialogue demeure l’unique voie durable pour la résolution des crises. « Notre engagement pour le multilatéralisme n’est pas une simple posture, c’est une conviction profonde », a-t-il déclaré, soulignant que le Sénégal continuera de défendre la primauté du droit, le respect de la souveraineté des États et la coopération entre les nations.

Le Président a également réaffirmé la volonté du Sénégal de porter la voix d’une Afrique unie, souveraine et respectée sur la scène internationale. Dans cette perspective, Dakar entend jouer pleinement son rôle de médiateur et de facilitateur dans les instances régionales et multilatérales, en s’appuyant sur une tradition diplomatique reconnue et une crédibilité bâtie au fil des décennies.

Selon la Présidence, le Chef de l’État a profité de cette tribune pour décliner les trois axes majeurs de l’action diplomatique sénégalaise pour l’année 2026. Le premier axe concerne la diplomatie de bon voisinage et la sécurité régionale. Face à l’instabilité persistante dans la région du Sahel, le Sénégal ambitionne de jouer un rôle moteur dans la consolidation de l’intégration sous-régionale et le renforcement de la coopération sécuritaire. Dakar se positionne ainsi comme un pivot du dialogue entre les différents blocs africains, avec pour objectif la préservation de la paix, la stabilité des frontières et la lutte contre les menaces transnationales.

Le second axe porte sur la refondation des partenariats internationaux dans un esprit de coopération « gagnant-gagnant ». Dans un contexte marqué par le démarrage effectif de l’exploitation du pétrole et du gaz, le Sénégal suscite un intérêt accru de la part des investisseurs internationaux. Le Président Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’attirer les investissements directs étrangers tout en veillant à la protection des intérêts stratégiques nationaux. Cette approche s’inscrit dans une volonté de rompre avec des relations déséquilibrées et de bâtir des partenariats plus équitables, fondés sur le respect mutuel et le transfert de valeur.

Enfin, le troisième axe concerne le plaidoyer du Sénégal sur les grandes questions globales. En 2026, Dakar entend renforcer son engagement en faveur d’une transition énergétique juste, tenant compte des réalités des pays du Sud, ainsi que pour un accès équitable aux technologies de santé. Ces enjeux, jugés cruciaux pour le développement du Sud global, seront portés par le Sénégal dans les forums internationaux, avec l’ambition de contribuer à un ordre mondial plus inclusif et solidaire.

En recevant les vœux du corps diplomatique, le Président Bassirou Diomaye Faye a également tenu à rassurer les partenaires historiques comme les nouveaux alliés sur la stabilité du cadre des affaires au Sénégal. Malgré les réformes institutionnelles, économiques et sociales en cours, le pays demeure, selon la Présidence, une terre d’accueil sécurisée, un environnement propice aux investissements et un partenaire fiable sur le long terme.

À travers ce discours, le Chef de l’État a ainsi réaffirmé la volonté du Sénégal de mener une diplomatie souveraine, équilibrée et responsable, résolument tournée vers la paix, la coopération et la défense des intérêts stratégiques nationaux dans un monde en profonde mutation.

Politique : Mbaye Dione en tournée régionale et message fort aux acteurs nationaux

Kaolack, Sénégal – Le secrétaire général national de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a entamé, ce lundi 5 janvier 2026, une tournée politique dans la région de Kaolack. Cette initiative est marquée par une série de rencontres avec des autorités religieuses et des prises de position fermes sur les enjeux économiques et sociaux auxquels le pays est confronté.

À la tête d’une importante délégation, M. Dione, également député et maire de Ngoundiane, a été successivement reçu par les Khalifes généraux de Médina Baye et de Léona Niassène. À cette occasion, il a sollicité leurs prières pour la réussite de cette tournée régionale, qui vise à renforcer l’implantation de l’AFP sur le terrain et à préparer les prochaines échéances électorales locales.

S’adressant aux notables et aux militants, le leader progressiste a insisté sur la nécessité de sillonner l’ensemble des communes de la région afin de renouer le contact avec les populations. Il a mis en avant les valeurs de proximité et de solidarité qui fondent, selon lui, l’action politique de son parti. Cette démarche s’inscrit, a-t-il expliqué, dans une dynamique de massification de l’AFP et de renforcement de la politique de terrain à l’approche des prochaines joutes électorales.

Au-delà de ses échanges avec les responsables religieux, Mbaye Dione a profité de la tribune pour tirer la sonnette d’alarme sur la situation économique nationale, notamment en ce qui concerne la campagne arachidière dans le bassin du Saloum. Il s’est montré particulièrement critique à l’égard de la gestion actuelle du secteur, dénonçant des lenteurs et des dysfonctionnements dans la mobilisation des financements annoncés pour soutenir les paysans, malgré le budget conséquent communiqué par l’État.

« Comment peut-on instruire l’achat de 450 000 tonnes d’arachides par la SONACOS alors que l’on peine à mobiliser 70 milliards de FCFA de financement ? », s’est-il interrogé. Mbaye Dione a fustigé ce qu’il qualifie de « paroles en l’air » et pointé une incompétence notoire dans la conduite de la politique agricole nationale, visant notamment les récentes annonces du Premier ministre Ousmane Sonko relatives à la campagne arachidière.

Le secrétaire général de l’AFP a conclu son intervention en mettant en garde contre les risques d’une année 2026 difficile pour les Sénégalais, en particulier pour les producteurs agricoles, si la situation financière et organisationnelle du secteur ne connaît pas d’amélioration rapide.

Accompagné de plusieurs responsables régionaux de son parti, Mbaye Dione poursuivra, dans les prochains jours, sa tournée à travers les différentes communes de la région de Kaolack, avec pour objectif de renforcer l’ancrage local de l’AFP et de recueillir les préoccupations des citoyens.

Assemblée nationale : El Malick Ndiaye sous le feu des critiques, entre polémiques publiques et tensions internes

Depuis plusieurs semaines, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, traverse une période de fortes turbulences politiques. Les critiques pleuvent de toutes parts, donnant l’image d’un président du Parlement assiégé, contesté aussi bien par l’opposition que par certains responsables de son propre camp. Cette fronde transversale, qui dépasse le clivage classique majorité-opposition, met en lumière un malaise profond autour de sa gestion et de son positionnement politique.

Selon L’Observateur, la pression exercée sur El Malick Ndiaye est telle qu’il a été quasiment contraint de sortir de son silence pour tenter d’enrayer ce qu’il perçoit comme une véritable « hémorragie ». C’est à l’occasion de la cérémonie officielle de présentation des vœux aux députés et au personnel de l’administration parlementaire qu’il a choisi de s’exprimer publiquement. Au cœur de son intervention figurait la polémique liée à l’acquisition de véhicules destinés aux députés de la 15ᵉ législature, un dossier qui cristallise depuis plusieurs semaines les critiques et les soupçons.

Face aux accusations d’irrégularités et d’opacité, le président de l’Assemblée nationale s’est voulu catégorique. Il a affirmé que la procédure avait été menée dans le strict respect des règles en vigueur, précisant que le dossier avait suivi toutes les voies légales et avait été soumis à la Direction centrale des marchés publics. Tous les actes, a-t-il insisté, ont été dûment datés et conformes à la réglementation. Cette mise au point visait clairement à répondre aux attaques du député Thierno Alassane Sall, leader de la République des Valeurs, qui avait dénoncé sur les réseaux sociaux le silence supposé d’El Malick Ndiaye et l’absence d’information préalable autour de cette acquisition.

Toujours selon L’Observateur, El Malick Ndiaye a rejeté toute accusation d’opacité et confirmé l’achat d’un premier lot de 76 véhicules. Il a assumé pleinement ce choix, estimant qu’il s’agissait de doter les députés de moyens de locomotion adéquats afin de leur permettre d’exercer efficacement leur mission. Dans le même temps, il a invité Thierno Alassane Sall à privilégier les canaux institutionnels pour s’informer sur des dossiers qu’il juge sensibles, avant toute prise de parole publique.

Cependant, au-delà de cette controverse autour des véhicules, la situation semble bien plus complexe. La pression ne vient pas uniquement de l’opposition, mais s’intensifie également au sein même de la majorité parlementaire. L’Observateur rapporte qu’El Malick Ndiaye fait face à de vives critiques émanant de son propre parti, Pastef. La sortie virulente du député Mouramani Kaba Diakité, membre du directoire du parti, en est l’illustration la plus frappante. Dans un message diffusé au sein d’un panel WhatsApp et largement relayé, ce dernier accuse le président de l’Assemblée nationale de népotisme, de gabegie et de gestion clanique. Il va même jusqu’à réclamer un audit de sa gestion ainsi qu’une révision du Règlement intérieur de l’Assemblée afin de réduire la durée du mandat du président, actuellement fixée à cinq ans.

Pour L’Observateur, cette attaque frontale révèle un malaise plus profond qui commence à prendre forme au sein de l’institution parlementaire. Le professeur Demba Guèye, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, y voit une tension en partie alimentée par la posture même du président de l’Assemblée nationale. Selon lui, El Malick Ndiaye aurait pu différer certaines décisions controversées dans un contexte économique difficile. Il estime également que la manière dont ces décisions ont été assumées, notamment à travers un discours perçu comme arrogant, a contribué à exacerber les frustrations. « Dire “je l’assume” irrite et révolte une partie des Sénégalais », analyse-t-il.

Le professeur Guèye propose par ailleurs une lecture politique plus large de cette séquence agitée. À ses yeux, les attaques contre El Malick Ndiaye pourraient s’inscrire dans une ramification du conflit latent entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le leader de Pastef, Ousmane Sonko. Il rappelle que Mouramani Kaba Diakité est réputé proche de ce dernier. Dans ce contexte, El Malick Ndiaye est accusé d’adopter une position ambiguë, donnant l’impression de jouer un double jeu. « On ne sait pas clairement où le situer entre Diomaye et Sonko », souligne l’enseignant-chercheur, laissant entendre que cette défiance pourrait viser à l’affaiblir politiquement.

Toujours selon L’Observateur, la présidence même de l’Assemblée nationale pourrait être menacée. Le professeur Guèye évoque l’hypothèse d’une stratégie visant à écourter le mandat d’El Malick Ndiaye, à l’image de la jurisprudence Macky Sall, dont le mandat parlementaire avait été abrégé par la fameuse loi dite « Sada Ndiaye ». Il s’interroge sur une possible manœuvre politique destinée à préparer le retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, suggérant que le député Mouramani Kaba Diakité pourrait jouer le rôle d’éclaireur chargé de baliser le terrain.

Face à cette tempête politique, le camp d’El Malick Ndiaye affiche toutefois une certaine sérénité. Des membres de son Cabinet, cités par L’Observateur, minimisent ce qu’ils qualifient de « prétendues pressions » et dénoncent des attaques qu’ils jugent dénuées de tout fondement. Selon eux, ces critiques relèvent davantage de la calomnie et de la diffamation que de faits avérés. Ils assurent que le président de l’Assemblée nationale reste concentré sur ses missions et pleinement engagé dans des réformes profondes visant à instaurer une véritable culture de transparence et de rationalisation au sein de l’institution.

Pour ses proches, El Malick Ndiaye serait avant tout victime de son « excès de modernisation ». Ils estiment que les changements qu’il impulse bousculent des pratiques anciennes et dérangent des intérêts solidement ancrés. Convaincus que le temps finira par faire la part des choses, ils se disent confiants quant à l’issue de cette séquence politique agitée, persuadés que les réformes engagées finiront par s’imposer.

Recours de Barthélemy Dias : la Cour suprême appelée à se prononcer sur son éviction de la mairie de Dakar

La Chambre administrative de la Cour suprême est attendue après-demain pour examiner le recours introduit par Barthélemy Dias, ancien maire de Dakar, contestant son éviction de ses fonctions municipales. Cette audience, très suivie dans les milieux politiques et juridiques, marque une étape décisive dans une procédure judiciaire longue et complexe qui soulève des enjeux majeurs liés à la gouvernance locale et au respect des règles de droit administratif.

À l’origine de cette affaire se trouve un arrêté préfectoral ayant constaté la démission d’office de Barthélemy Dias de son poste de conseiller municipal de la ville de Dakar. Cet acte administratif, pris par l’autorité de l’État, s’appuie sur les dispositions du Code général des collectivités territoriales, lesquelles prévoient la perte automatique du mandat électif en cas de condamnation définitive incompatible avec l’exercice d’une fonction élective. En conséquence, la perte du statut de conseiller municipal a entraîné mécaniquement celle de maire, fonction pour laquelle il avait été élu par ses pairs au sein du Conseil municipal.

Barthélemy Dias, par le biais de ses avocats, conteste vigoureusement la légalité de cet arrêté. La défense soutient notamment que l’administration a fait une interprétation erronée ou abusive des textes en vigueur, en procédant à une démission d’office qu’elle juge prématurée et entachée d’irrégularités. Le recours introduit devant la Chambre administrative vise ainsi à obtenir l’annulation de l’arrêté préfectoral, au motif qu’il violerait tant les droits de l’élu que les principes fondamentaux du droit administratif, notamment ceux relatifs à la sécurité juridique et au respect du contradictoire.

Au fil des mois, la procédure a connu plusieurs rebondissements, nourrissant un débat intense au sein de l’opinion publique. Pour les partisans de l’ancien maire, cette éviction s’inscrirait dans un contexte politique tendu et relèverait d’une volonté de l’écarter durablement de la scène politique locale. À l’inverse, ses détracteurs estiment que l’administration n’a fait qu’appliquer strictement la loi, sans considération politique, et que le respect de l’État de droit impose l’exécution des décisions prévues par les textes.

L’audience prévue après-demain revêt donc une importance capitale. Elle permettra à la Cour suprême d’examiner, sur le fond, la régularité de l’arrêté préfectoral et, plus largement, de clarifier les conditions dans lesquelles une démission d’office peut être légalement prononcée à l’encontre d’un élu local. La décision attendue pourrait faire jurisprudence et influencer durablement les rapports entre l’administration territoriale et les collectivités locales.

En attendant le verdict, l’incertitude demeure quant à l’issue de ce bras de fer judiciaire. Quelle que soit la décision de la Chambre administrative, elle aura des répercussions politiques et institutionnelles notables, tant pour l’avenir personnel de Barthélemy Dias que pour la gestion de la ville de Dakar et la pratique du droit des collectivités territoriales au Sénégal.

Guy Marius Sagna dénonce l’opacité dans l’acquisition des véhicules des députés : « Plus jamais ça ! »

Le député Guy Marius Sagna a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « défaillances graves » dans le processus d’acquisition de véhicules destinés aux parlementaires sénégalais, dénonçant une gestion opaque et contraire aux principes de transparence et de démocratie interne à l’Assemblée nationale.

Interpellé par une journaliste sur le prix et la marque des véhicules que l’institution parlementaire s’apprête à fournir à ses membres, le député de PASTEF a déclaré ne disposer d’aucune information officielle à ce sujet. « Je ne connais ni la marque ni le prix de la voiture que l’Assemblée nationale s’apprête à mettre à ma disposition », a-t-il affirmé, rappelant qu’il avait déjà alerté sur cette situation dès le mois de juin 2025 à travers plusieurs publications.

À l’époque, Guy Marius Sagna avait pointé du doigt des insuffisances structurelles dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale, notamment l’absence de consultation des députés et le déficit de processus démocratique dans la prise de décisions majeures, y compris celles liées à l’attribution de véhicules. Selon lui, ces alertes avaient été accueillies par des critiques et des remises en cause, tant au sein de l’hémicycle que dans l’opinion publique, certains allant jusqu’à douter de la véracité de ses propos.

Sept mois plus tard, estime le parlementaire, les faits lui donnent raison. Il affirme qu’aucun député n’a été consulté et qu’aucune information officielle n’a été communiquée sur les modalités de l’achat des véhicules. Une situation qu’il juge révélatrice d’un dysfonctionnement profond de l’institution.

Dans sa dénonciation, Guy Marius Sagna met particulièrement en cause le Bureau de l’Assemblée nationale, composé de 17 membres auxquels s’ajoutent trois représentants des groupes parlementaires. Selon lui, cet organe n’a « pas joué son rôle » et a failli à sa mission de représentation des autres députés et, au-delà, du peuple sénégalais. Il appelle ainsi les membres de cette majorité à rendre des comptes et à présenter des excuses pour ce qu’il considère comme un manquement grave à leurs responsabilités.

Le député ne limite toutefois pas ses critiques au seul Bureau. Il fustige également le silence et l’absence de nombreux parlementaires aux réunions, qu’il qualifie de « complicité passive » dans cette affaire. En revanche, il salue l’attitude des membres minoritaires du Bureau qui, selon lui, continuent de résister malgré les pressions exercées par la majorité.

Pour Guy Marius Sagna, cette controverse autour des véhicules des députés est symptomatique d’un échec dans la rationalisation des dépenses publiques et la réduction du train de vie de l’État, pourtant érigées en priorités dans le discours politique. « Sur cette question des véhicules, l’Assemblée nationale a été un mauvais exemple qu’il faut critiquer et ne pas imiter. Plus jamais ça ! », martèle-t-il.

En conclusion, le député appelle à une vigilance citoyenne accrue et à l’adoption d’une posture politique responsable, véritablement tournée vers l’intérêt général plutôt que vers des considérations personnelles. Pour illustrer son propos, il cite l’historien et militant Walter Rodney : « Au lieu d’être au service du pays, ils étaient au service de leur égoïsme. Tout ce qui leur importait, c’était de garder leurs postes et de jouir du butin qu’ils en retiraient ». Une citation qui, selon lui, résonne tristement avec certaines pratiques encore observées au sommet de l’État.

Scandale présumé de 37 milliards à l’ASER : Thierno Alassane Sall dénonce une électrification rurale fantôme

Le député Thierno Alassane Sall est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « grave scandale financier » de 37 milliards de francs CFA impliquant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) et l’entreprise espagnole AEE Power EPC. Pour étayer ses accusations, le parlementaire a effectué une tournée de terrain dans la région de Kaffrine, précisément dans les villages de Yalale Diacké, Sombe Diacké et Beussal Wolof, situés dans le département de Birkilane, afin de constater de visu l’état réel des projets d’électrification rurale annoncés par les autorités.

Accompagné du député Adama Diallo et du chroniqueur Abdou Nguer, Thierno Alassane Sall affirme avoir observé une réalité en total décalage avec les annonces officielles. Selon lui, plusieurs localités du département de Birkilane demeurent toujours plongées dans l’obscurité, malgré les importants financements mobilisés dans le cadre de ce programme. Il soutient que les 37 milliards de francs CFA décaissés, notamment à travers un financement de la banque Santander, n’ont produit aucun impact visible sur le terrain. Pour le député, cette situation est d’autant plus préoccupante qu’il s’agit, selon ses termes, de ressources publiques destinées à améliorer les conditions de vie des populations rurales.

Face aux habitants rencontrés lors de cette tournée, Thierno Alassane Sall a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice flagrante. Il estime qu’il est inacceptable que des populations entières soient privées d’un droit fondamental tel que l’accès à l’électricité, alors que des sommes aussi importantes ont été engagées au nom de leur développement. À ses yeux, cette situation pose un sérieux problème de gouvernance et de gestion des finances publiques.

Le parlementaire a également exprimé sa déception face à l’absence des députés de la majorité parlementaire qu’il avait invités à participer à cette mission de terrain. Il voit dans ce refus une preuve, selon lui, d’un manque d’intérêt pour la transparence et la reddition des comptes. Thierno Alassane Sall accuse par ailleurs les autorités en place de chercher à minimiser, voire à étouffer cette affaire afin d’éviter un débat public approfondi sur l’utilisation des fonds alloués à l’électrification rurale.

Dans ce contexte, il a directement interpellé le Directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène, lui demandant de s’expliquer clairement sur l’utilisation des fonds destinés à ce programme. Le député exige des réponses précises et appelle l’État à situer toutes les responsabilités. Il réclame également que des sanctions exemplaires soient prises si des faits de détournement ou de mauvaise gestion venaient à être établis, estimant que l’enjeu dépasse les considérations politiques pour toucher à l’intérêt général.

Pour rappel, le programme d’électrification rurale concerné couvre plusieurs régions du pays, notamment Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis et Tambacounda. Il devait permettre l’électrification de 1 740 villages à travers le Sénégal. Un objectif qui, selon Thierno Alassane Sall, est très loin d’être atteint au regard des constats faits sur le terrain.

Déterminé à aller jusqu’au bout de cette affaire, le député a promis de poursuivre ses dénonciations et ses actions jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur ce dossier. Convaincu de la gravité des faits qu’il dénonce, il n’a pas hésité à qualifier cette affaire de « scandale des scandales », appelant l’opinion publique et les institutions compétentes à se saisir pleinement de ce qu’il considère comme l’un des plus grands scandales financiers récents liés à l’électrification rurale au Sénégal.

Affaire Farba Ngom : la Cour suprême face au dilemme de la détention pour raisons médicales

Le sort judiciaire de Farba Ngom sera fixé le 12 janvier prochain. À cette date, la Chambre pénale de la Cour suprême devra se prononcer sur une question à la fois juridique et humaine : le maintien en détention du député-maire des Agnam est-il compatible avec son état de santé, ou faut-il envisager soit son transfert dans une structure hospitalière adaptée, soit la levée pure et simple de son mandat de dépôt pour raisons médicales ?

Selon Les Échos, qui revient largement sur ce dossier sensible, la défense de l’ancien responsable de l’Alliance pour la République (APR) fonde l’essentiel de son argumentaire sur la dégradation jugée préoccupante de la santé de leur client. Quatre médecins spécialistes, dont un cardiologue et un urologue, ont été sollicités pour évaluer son état. Leurs conclusions sont sans équivoque : Farba Ngom souffrirait de pathologies incompatibles avec les conditions de détention actuelles, notamment en raison de l’absence d’un plateau technique approprié en milieu carcéral, capable de lui assurer un suivi médical conforme aux standards requis.

S’appuyant sur ces expertises médicales, les avocats invoquent l’article 140 du Code de procédure pénale. Cette disposition prévoit explicitement que la mainlevée du mandat de dépôt doit être ordonnée lorsque l’état de santé du prévenu est de nature à mettre en danger sa vie ou son intégrité physique. Pour la défense, le maintien en détention de Farba Ngom, en dépit des avis médicaux concordants, constituerait une violation manifeste de cette règle légale et un manquement grave aux droits fondamentaux du détenu.

Jusqu’à présent, rappelle le journal, le magistrat instructeur avait opté pour une solution intermédiaire en orientant Farba Ngom vers le pavillon spécial. Une décision que ses conseils ont jugée largement insuffisante au regard de la gravité des pathologies diagnostiquées. Par la suite, la Chambre d’accusation a ordonné son transfert dans un établissement hospitalier adapté, tout en maintenant le mandat de dépôt. Cette mesure, perçue comme une demi-mesure par la défense, n’aurait selon elle ni satisfait pleinement aux exigences médicales formulées par les spécialistes, ni respecté l’esprit de l’article 140 du Code de procédure pénale.

C’est dans ce contexte que la Cour suprême a été saisie. Les avocats de Farba Ngom soutiennent que leur client a déjà été entendu sur le fond de l’affaire et qu’il ne présente plus aucun risque pour le bon déroulement de l’instruction. Ils estiment, dès lors, qu’aucune justification objective ne subsiste pour un maintien en détention, surtout si celui-ci compromet gravement sa santé. Leur plaidoirie vise ainsi à obtenir la possibilité pour le responsable politique de bénéficier de soins appropriés en toute liberté, condition qu’ils jugent indispensable à la préservation de sa vie et de son intégrité physique.

Démantèlement d’un réseau de pornographie « Made in Senegal » : les dessous d’une filière clandestine mise à nu à Keur Massar

Derrière l’écran, une industrie souterraine prospérait dans une discrétion quasi totale. Une filière de production et de diffusion de films pornographiques dits « locaux », opérant sous l’appellation sulfureuse de « Made in Senegal », vient d’être démantelée par la Brigade de recherches de Keur Massar à l’issue d’une enquête de longue haleine marquée par une stratégie d’infiltration.

Selon les révélations du quotidien Libération, six personnes ont été arrêtées puis déférées hier devant le parquet de Pikine-Guédiawaye. Parmi elles figurent Modou Seck, qui se présentait comme commerçant et apparaît comme le recruteur et l’acteur central du réseau, Ibrahima Diop, 30 ans, monteur-photographe se disant basketteur, Mariama Ka, 36 ans, commerçante domiciliée à Thiaroye, la Nigériane Onugbu Lobth, 29 ans, résidant à Yoff, la Congolaise Aissatou Cissokho, 26 ans, demeurant à Ouakam, ainsi qu’un autre mis en cause interpellé dans le cadre de l’enquête.

Les suspects sont poursuivis pour des faits lourds, notamment association de malfaiteurs, proxénétisme, collecte et diffusion d’images à caractère personnel, menaces, chantage, mise en danger de la vie d’autrui, ainsi que pour défaut de carnet sanitaire, précise Libération. L’ampleur des chefs d’accusation reflète la structuration et la longévité d’un réseau qui s’était professionnalisé au fil du temps.

Les investigations ont révélé que Modou Seck entretenait des liens étroits avec deux administrateurs de sites pornographiques opérant sous pseudonymes et basés en Europe. Ces derniers géraient notamment les plateformes Nandité.com et Nexna.com, déjà connues des services de sécurité. La Division spéciale de la cybersécurité (DSC) avait, en effet, procédé à des arrestations dans un dossier connexe visant ces mêmes sites, désormais au cœur de cette nouvelle affaire.

Toujours selon Libération, la rencontre entre Modou Seck et les administrateurs étrangers aurait été facilitée par Mariama Ka, identifiée comme prostituée. Le fonctionnement du réseau reposait sur une organisation bien huilée : les administrateurs européens finançaient intégralement les productions, tandis que Modou Seck se chargeait du recrutement des acteurs et actrices, majoritairement issus du milieu de la prostitution. Les tournages et le montage des vidéos étaient assurés par Ibrahima Diop, dans des appartements meublés loués spécialement pour les besoins des enregistrements.

Les communications, tout comme le recrutement, se faisaient essentiellement via le réseau social Instagram. Une certaine « Chacha » y jouait un rôle clé, approchant des « débutantes » et des « débutants » attirés par la promesse de rémunérations en contrepartie de leur participation à des films pornographiques. Cette stratégie permettait d’élargir continuellement le vivier d’acteurs tout en maintenant une certaine opacité.

L’affaire a éclaté à la suite d’un renseignement signalant la diffusion de vidéos intimes mettant en scène des Sénégalais sur des plateformes pornographiques en ligne. Face à la sensibilité du dossier, les gendarmes ont opté pour une infiltration. Une femme gendarme s’est fait passer pour une actrice potentielle, une manœuvre qui a permis, dans un premier temps, l’interpellation de Modou Seck.

L’exploitation de son téléphone portable s’est révélée particulièrement accablante. Les enquêteurs y ont découvert pas moins de 152 vidéos pornographiques « locales ». L’analyse de ces contenus a montré que la majorité des acteurs et actrices étaient de nationalité sénégalaise, mais aussi congolaise et nigériane. Certaines séquences mettaient en scène des relations multiples, parfois avec des actrices cagoulées, tandis que des hommes, dont Modou Seck lui-même, apparaissaient à visage découvert.

Confronté aux preuves, Modou Seck a reconnu avoir engrangé des dizaines de millions de francs CFA grâce à ses activités d’acteur et de recruteur. Sa collaboration avec les enquêteurs a permis l’interpellation progressive des autres membres du réseau et la conduite de perquisitions jugées fructueuses.

Au domicile d’Ibrahima Diop, les gendarmes ont saisi du matériel de tournage, des accessoires visibles dans certaines vidéos, ainsi que des préservatifs et divers produits utilisés lors des séances. Libération souligne enfin que plusieurs acteurs, actrices et recruteurs, formellement identifiés, sont toujours activement recherchés. L’enquête, loin d’être close, pourrait ainsi connaître de nouveaux rebondissements dans les jours à venir.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°642 – 06/01/2026

🔴 LE SÉNÉGAL SOUS TENSION FINANCIÈRE : LE DÉFICIT DÉPASSE 1 700 MILLIARDS FCFA
🔴 FILIÈRE ARACHIDE EN CRISE : SONKO IMPOSE DES MESURES FORTES À LA SONACOS ET AU COMMERCE

🔴 CAN 2025 : SÉNÉGAL–MALI, UN QUART DE FINALE AU PARFUM D’HISTOIRE ET DE REVANCHE

Mbirkilane – Agriculture : quand un opérateur privé rétablit la confiance entre producteurs et marché

À Mbirkilane, dans un secteur agricole fragilisé par les aléas climatiques et les difficultés de commercialisation, l’action de l’opérateur économique Mor Ka illustre une dynamique rare : celle d’un acteur privé qui contribue à restaurer la confiance entre les producteurs et les circuits de vente.

Dans une filière souvent marquée par l’instabilité des prix et les retards de paiement, Mor Ka se distingue par une pratique rigoureuse fondée sur le respect des prix officiels et la transparence des transactions. Une approche qui tranche avec certaines habitudes décriées par les paysans et qui participe à la sécurisation de leurs revenus en pleine campagne agricole.

Au-delà de l’achat des productions, notamment de l’arachide, l’opérateur s’inscrit dans une logique d’accompagnement de proximité. Présent dans les zones de collecte, il facilite l’écoulement des récoltes et réduit la pression logistique qui pèse habituellement sur les producteurs, souvent confrontés à l’enclavement et au manque de débouchés fiables.

Pour de nombreux paysans du département, cette relation fondée sur la ponctualité des paiements et le respect de la parole donnée constitue un facteur de stabilité. Elle favorise non seulement la continuité de la production, mais aussi une meilleure projection économique des exploitations familiales.

À travers cette expérience, l’exemple de Mor Ka met en lumière le rôle stratégique que peuvent jouer les opérateurs économiques locaux dans la structuration des filières agricoles. Une contribution qui dépasse le simple cadre commercial pour s’inscrire dans une perspective de développement rural durable et de consolidation de l’économie territoriale.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Hypothèque frauduleuse d’un immeuble aux Almadies : Anta Babacar Ngom rétablie dans ses droits par la justice

Dakar, le 05 janvier 2026

Après plusieurs années de combat judiciaire, Madame Anta Babacar Ngom Diack a été rétablie dans ses droits par la justice sénégalaise concernant l’affaire de l’hypothèque frauduleuse de son immeuble situé aux Almadies. Cette décision marque la fin d’une tentative de spoliation immobilière concernant un bien estimé à près de 4 milliards de francs CFA.

L’affaire concerne un immeuble de R+5 en bordure de mer, qui avait été illégalement hypothéqué sur la base de faux documents dans le but d’obtenir un prêt bancaire auprès d’Orabank. Selon l’accusation, les mis en cause — Momar Samb, Tamsir Ndiaye, Tahir Hann, et Ndèye Penda Dieng — ont utilisé une fausse procuration et de faux états financiers pour orchestrer cette opération frauduleuse, présentant le bâtiment comme un simple immeuble nu.

Présente à l’audience devant la Cour d’appel de Dakar, Anta Babacar Ngom, actuelle députée à la 15ᵉ législature et cheffe d’entreprise à la tête de Sedima, a fermement nié avoir vendu son immeuble ou donné procuration à qui que ce soit. Elle a également déclaré ne jamais avoir connu les individus mis en cause, qualifiant ces faits de tentative manifeste de spoliation.

Les événements remontent à 2021 et avaient conduit, en première instance, à de lourdes condamnations pour faux, usage de faux et usurpation d’identité. Malgré les dénégations des prévenus en appel, le Parquet avait requis la confirmation des peines prononcées, considérant que les charges étaient suffisamment établies.

Suite à cette longue procédure, la justice a reconnu les droits légitimes de la propriétaire, annulant les effets de l’hypothèque frauduleuse et rétablissant Anta Babacar Ngom dans la pleine jouissance de son bien.

« Je suis soulagée et satisfaite. Cette décision honore l’institution judiciaire et envoie un signal fort contre les pratiques de faux et de spoliation foncière. La vérité a fini par triompher. Je fais confiance à la justice de mon pays et je suis heureuse qu’elle ait permis de rétablir mes droits », a confié Anta Babacar Ngom à l’issue de l’audience.

Cette affaire emblématique met en lumière les enjeux cruciaux liés à la sécurisation du foncier et à la lutte contre la fraude documentaire, dans un contexte où les tentatives de spoliation immobilière demeurent une préoccupation majeure au Sénégal.

Contact Presse : Iyane Demba TINE 77 406 36 36

Crise budgétaire au Sénégal : les obligations en chute, déficit explosif de 1 700 milliards FCFA

Le marché financier sénégalais a connu une flambée notable cette semaine, alors que les investisseurs suivent de près l’évolution des discussions entre Dakar et le Fonds monétaire international (FMI). Les obligations souveraines libellées en dollars ont enregistré des gains significatifs, avec un rendement de l’obligation due en 2031 qui a chuté de 92 points de base pour atteindre 19,7 %, un niveau jamais vu depuis la mi-décembre 2025. Cette hausse place le Sénégal en tête des performances parmi les pays émergents, illustrant la confiance croissante des marchés dans sa trajectoire économique.

Cette performance intervient après des déclarations optimistes du ministre des Finances, Cheikh Diba, qui a indiqué devant le Parlement que des négociations avancées sont en cours avec le FMI pour la mise en place d’un nouveau programme de crédit. « Nous espérons finaliser un programme avec le FMI très prochainement. Les discussions sont actives et nous travaillons main dans la main », a-t-il déclaré, alors même que le gouvernement a révisé à la baisse sa prévision de croissance économique pour 2025, désormais estimée à 7,8 % contre 8,8 % initialement. Les recettes budgétaires, elles, ont été réajustées à 4 500 milliards de francs CFA, soit environ 8 milliards de dollars, contre 4 700 milliards précédemment.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte délicat pour les finances publiques sénégalaises. En 2024, le FMI avait suspendu une facilité de crédit de 1,8 milliard de dollars après la découverte de 7 milliards de dollars de dettes cachées issues de l’administration précédente. Le gouvernement actuel s’emploie à négocier un nouvel accord tout en évitant une restructuration de sa dette et en appliquant des mesures strictes de réduction des dépenses pour restaurer l’équilibre budgétaire. La révision de la croissance a ainsi entraîné une augmentation de 138 milliards de francs CFA du déficit budgétaire, qui s’établit désormais à 1 700 milliards de francs CFA, soit 7,8 % du produit intérieur brut.

Le budget sénégalais continue de faire face à de fortes charges, notamment le service de la dette, les dépenses de défense, les salaires des fonctionnaires et le financement des bourses étudiantes. Ces dernières avaient été au cœur de violentes manifestations en novembre et décembre 2025, liées au retard de paiement des allocations.

Pour les analystes, la montée des obligations en dollars reflète la confiance des investisseurs dans la capacité du Sénégal à stabiliser ses finances et à conclure un accord avec le FMI. La finalisation de ce programme pourrait non seulement renforcer la crédibilité du pays sur les marchés internationaux, mais aussi soutenir une croissance soutenue, rassurer les investisseurs et ouvrir de nouvelles perspectives de financement pour l’État.

Dakar : le préfet annonce une application stricte de l’interdiction des charrettes et pousse-pousse dans la zone du BRT dès le 8 janvier

Le Préfet du Département de Dakar, Chérif Mouhamadou Makhtar Blondin Ndiaye, a annoncé le renforcement de l’application de l’interdiction des véhicules à bras et à traction animale dans la zone d’influence du Bus Rapid Transit (BRT), à compter du jeudi 8 janvier 2026. Cette mesure vise à mettre fin aux nombreuses violations constatées malgré l’existence d’un cadre réglementaire clair.

Selon un communiqué parvenu à la rédaction, cette décision s’inscrit dans le prolongement de l’arrêté n°274/P/D/DK du 26 juillet 2024, qui avait institué un nouveau plan de circulation dans le département de Dakar. Ce texte interdisait formellement la circulation des pousse-pousse et des charrettes dans les zones concernées par le tracé et l’exploitation du BRT, infrastructure majeure destinée à améliorer la mobilité urbaine et à fluidifier le trafic dans la capitale.

Cependant, la Préfecture constate avec regret que cette réglementation continue d’être largement ignorée par certains usagers. Malgré les rappels et les mesures de sensibilisation, des véhicules à bras et à traction animale persistent à circuler dans la zone interdite. Une situation jugée préoccupante par l’autorité administrative, qui estime qu’elle engendre de sérieuses perturbations du trafic routier, contribuant à l’encombrement de la voie publique et à la dégradation des conditions de circulation.

Le communiqué souligne également que ces véhicules sont souvent stationnés sur des espaces réservés aux piétons, notamment les trottoirs et les zones de passage. Ce comportement compromet gravement la sécurité des piétons et entrave la libre circulation des personnes, en particulier des usagers les plus vulnérables. Pour les autorités, ces pratiques vont à l’encontre des objectifs du nouveau plan de circulation et nuisent à l’efficacité du BRT.

Face à ce constat, le préfet de Dakar a décidé de durcir le dispositif de contrôle. À partir du 8 janvier 2026, tout véhicule à bras ou à traction animale circulant ou stationnant dans la zone d’influence du BRT sera systématiquement immobilisé et mis en fourrière. Les personnes en infraction s’exposeront en outre à des poursuites judiciaires, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.

Par cette décision, la Préfecture de Dakar entend rétablir l’ordre dans l’espace public, garantir la sécurité des usagers de la route et des piétons, et assurer le bon fonctionnement du BRT, considéré comme un pilier essentiel de la politique de transport urbain dans la capitale sénégalaise.

Goudomp s’invite dans le paysage cinématographique national grâce au groupe Ibara

À travers la distinction décernée au groupe Ibara lors de la cérémonie du Packao d’Or, c’est bien plus qu’un simple parcours artistique qui est salué : c’est l’affirmation d’une dynamique culturelle solidement ancrée dans les territoires. Cette reconnaissance marque l’entrée symbolique de Goudomp dans la cartographie des espaces de création cinématographique au Sénégal.

Porté par une démarche collective alliant enracinement local et ambition nationale, le groupe Ibara s’impose progressivement comme un véritable vecteur de valorisation culturelle. En honorant cette structure, le Packao d’Or consacre une vision du cinéma comme outil de mémoire, de transmission et d’expression identitaire, en phase avec les réalités sociales et culturelles du Sud du pays.

La dédicace du trophée à d’anciens et actuels acteurs de la politique culturelle traduit une volonté claire : inscrire l’action artistique dans une continuité institutionnelle et communautaire. Elle rappelle également l’importance du dialogue entre créateurs, décideurs et collectivités dans l’émergence de projets culturels durables.

Le soutien exprimé par les responsables culturels, administratifs et territoriaux témoigne de l’existence d’un écosystème en construction, où le cinéma devient un levier de développement culturel local. À Goudomp, cette distinction agit comme un catalyseur, suscitant espoir et fierté au sein des populations, désormais associées à une aventure artistique collective.

En distinguant le groupe Ibara, le Packao d’Or met en lumière le potentiel créatif des zones souvent en marge des grands circuits culturels. Une reconnaissance qui ouvre de nouvelles perspectives pour un cinéma sénégalais plus inclusif, enraciné dans ses territoires et résolument tourné vers l’avenir.

Politique – Gouvernance : Serigne Momar Sokhna prône l’élargissement de la majorité face aux urgences économiques

Dans un contexte économique marqué par de fortes attentes sociales, Serigne Momar Sokhna, président du Grand Mouvement pour le Développement du Sénégal (GMDS), estime que le moment est venu pour le pouvoir en place d’élargir son assise politique. Sortant de sa réserve, ce membre de la coalition Diomaye Président met en avant la nécessité d’une gouvernance ouverte, capable de mobiliser les énergies au-delà des clivages partisans.

Selon lui, les premières orientations du président Bassirou Diomaye Faye traduisent une volonté de rupture méthodique avec les pratiques du passé, tout en cherchant à stabiliser les institutions dans une phase de transition jugée délicate. Toutefois, souligne-t-il, les réformes engagées ne pourront produire des résultats durables sans une mobilisation élargie des compétences nationales.

Abordant la dynamique interne de l’exécutif, Serigne Momar Sokhna balaie les spéculations relatives à d’éventuelles tensions au sommet de l’État. Il présente le tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko comme un leadership complémentaire, structuré autour d’une vision commune, où les divergences relèvent davantage de débats stratégiques que de fractures politiques.

L’ancien cadre politique plaide ainsi pour une approche pragmatique du redressement économique, appelant à associer des profils expérimentés, y compris issus de l’opposition ou d’anciens régimes. À ce titre, il cite l’expertise économique de l’ex-Premier ministre Amadou Ba comme un atout potentiel dans une logique de dépassement des lignes partisanes.

Sur le plan institutionnel et judiciaire, le président du GMDS invite à la retenue et au respect strict des principes républicains. Il estime que la crédibilité de l’action publique repose sur une justice indépendante et sur l’instauration d’un climat politique apaisé.

À travers cette prise de position, Serigne Momar Sokhna adresse un message clair : face aux urgences économiques et sociales, la réussite du nouveau pouvoir dépendra autant de la cohésion politique que de sa capacité à s’ouvrir à toutes les forces vives et utiles de la nation.

À Kaolack, l’État promet un meilleur encadrement du marché de l’arachide

En visite ce lundi à Kaolack, au cœur du bassin arachidier, le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé la volonté du gouvernement de reprendre le contrôle de la commercialisation de l’arachide, une filière longtemps fragilisée par des dysfonctionnements structurels et des pratiques spéculatives.

Face aux producteurs, le chef du gouvernement a tenu un discours de rupture, dénonçant sans détour des comportements qu’il juge préjudiciables aux paysans. « Nous ne pouvons pas accepter que certains achètent l’arachide à 250 francs le kilo pour la revendre à la Sonacos à 305 francs », a-t-il martelé, qualifiant ces pratiques de « malhonnêteté ».

Dans cette dynamique de régulation, Ousmane Sonko a annoncé une mesure forte : l’augmentation de la capacité d’achat de la Sonacos, qui passera de 250 000 à 450 000 tonnes d’arachides. Selon lui, cette décision vise à sécuriser l’écoulement des récoltes et à réduire la dépendance des producteurs vis-à-vis des intermédiaires.

Malgré un contexte budgétaire contraignant, hérité des exercices précédents, le Premier ministre a assuré que l’État mobilisera entre 50 et 75 milliards de francs CFA supplémentaires pour soutenir la Sonacos. Un signal fort envoyé au monde rural, souvent confronté à l’instabilité et à l’incertitude des marchés.

Reconnaissant des « défaillances dans les services de l’État », Ousmane Sonko a expliqué sa présence sur le terrain par une volonté d’écoute et de co-construction de solutions avec les acteurs de la filière. Des programmes concertés avec les producteurs sont ainsi annoncés, dans l’objectif d’assainir durablement la commercialisation de l’arachide.

Au-delà des chiffres, cette visite marque une inflexion dans la gestion de la filière arachidière, avec un État qui entend désormais jouer pleinement son rôle de régulateur, protéger les producteurs et mettre fin aux pratiques spéculatives qui minent le secteur.

Spoliation foncière à Notto-Diobass : le village de Kissane en colère contre le maire

La commune de Notto-Diobass, située à environ six kilomètres de Thiès, est secouée par une vive polémique foncière. Les habitants du village de Kissane se disent indignés face à un projet d’attribution de 50 hectares à l’Agence de Promotion des Sites Industriels (APROSI), qu’ils dénoncent comme opaque et anticonstitutionnel. Ce week-end, l’ambiance était particulièrement tendue à Tchambi, une zone située au cœur du village, où des habitants ont manifesté leur colère en arborant des brassards rouges et en dénonçant ce qu’ils qualifient de « scandale foncier ».

Selon Arouna Rachid Pouye, porte-parole des populations, la méthode employée par le maire est inacceptable et montre un total mépris des règles de transparence. « Le 30 décembre passé, tout le village a été abasourdi d’apprendre que le maire avait été surpris sur les terres de Kissane, sans informer le chef du village, ni l’association de développement, ni les femmes, ni les jeunes, ni les imams », a-t-il dénoncé sur les ondes d’iRadio. Les habitants affirment que l’édile se serait « faufilé » sur le site, évitant tout échange avec les instances locales et les représentants de la communauté.

Le collectif en charge de la défense des intérêts de Kissane s’est également adressé directement au nouveau Directeur de l’APROSI, qu’il met en garde contre ce qu’il considère comme une manipulation politique. « Monsieur le Directeur, vous n’avez pas reçu la bonne information. Il vous a dit Notto, mais il n’ose pas préciser où exactement. Il y a anguille sous roche », a averti M. Pouye, en précisant que le projet industriel ne serait qu’un paravent pour des desseins politiques. Selon lui, le prédécesseur du directeur actuel avait déjà compris les risques liés à ce projet et tenté d’éviter la situation.

Face à ce qu’ils qualifient de refus de dialogue de la part du maire, les habitants de Kissane s’allient avec le Collectif pour la défense des intérêts de Sangué, localité voisine, qui se trouve également en conflit avec la mairie sur des dossiers fonciers similaires. Une stratégie d’union est en train de se mettre en place. « Nous appelons les populations de Sangué, Kissane et Thiéo à s’unir. C’est ensemble que nous mènerons cette bataille », a déclaré un représentant de Sangué.

Les plaignants dénoncent une gestion solitaire et opaque d’un projet dont le maire serait le seul détenteur des informations. « Il est allergique à l’échange, il est allergique au débat d’idées. Mais une chose est claire : chaque acte posé sera une dose de plus ajoutée à notre engagement à conserver ces terres pour les exploiter par nous et pour nous », a martelé le porte-parole au micro d’iRadio, réaffirmant la détermination des populations à protéger leurs terres face à ce qu’ils considèrent comme une spoliation injuste.

Zone BRT : le préfet de Dakar décrète la « tolérance zéro » contre les charrettes et pousse-pousse

Les autorités administratives de Dakar durcissent le ton dans la zone d’influence du Bus Rapid Transit (BRT). Le préfet du département de Dakar a annoncé, ce lundi 5 janvier 2026, une intensification des mesures de restriction de la circulation visant les véhicules à traction animale et à bras. À partir du jeudi 8 janvier prochain, une politique de « tolérance zéro » sera strictement appliquée contre les charrettes et les pousse-pousse circulant ou stationnant dans le périmètre du BRT.

Dans un communiqué officiel, l’autorité préfectorale a tenu à rappeler les dispositions de l’arrêté n°274/P/D/DK du 26 juillet 2024, qui interdit formellement l’accès de la zone BRT à ces moyens de transport non motorisés. Cette sortie du préfet intervient dans un contexte marqué par la persistance de charrettes et de pousse-pousse sur les axes concernés, en dépit de la réglementation déjà en vigueur.

Selon le préfet de Dakar, la présence continue de ces véhicules constitue une source majeure de perturbations du trafic routier. Elle contribue, souligne-t-il, à un encombrement important de la voie publique, compromettant ainsi les efforts consentis par l’État pour garantir la fluidité et la régularité de la circulation, notamment sur les corridors stratégiques du BRT, conçus pour améliorer la mobilité urbaine dans la capitale.

Le communiqué met également en cause le stationnement anarchique observé sur les trottoirs et dans les espaces réservés aux piétons. Une situation jugée particulièrement préoccupante, car elle porte atteinte à la sécurité des usagers, notamment des personnes vulnérables, tout en entravant la circulation piétonnière dans plusieurs zones très fréquentées de Dakar.

Face à ces constats, les autorités annoncent des mesures coercitives fermes. À compter du jeudi 8 janvier 2026, les forces de sécurité procéderont à l’immobilisation systématique de tout véhicule à bras ou à traction animale surpris en circulation ou en stationnement dans la zone BRT. Le matériel saisi sera immédiatement mis en fourrière, et des poursuites judiciaires seront engagées contre les contrevenants, conformément aux dispositions légales en vigueur.

À travers cette décision, le préfet de Dakar entend instaurer un cadre de circulation plus fluide, plus sûr et conforme aux ambitions du projet BRT, présenté comme l’un des piliers de la modernisation du transport urbain dans la capitale. Il appelle enfin l’ensemble des acteurs concernés, notamment les conducteurs de charrettes et de pousse-pousse, à se conformer strictement aux directives administratives afin d’éviter les sanctions annoncées et de contribuer à l’amélioration durable de la mobilité urbaine à Dakar.

Enseignement supérieur : le SUDES-ESR/RISEP entre espoir et vigilance face aux nouveaux chantiers de l’État

L’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, portant sur la création prochaine de huit nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP), a suscité une réaction mesurée mais significative du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES-ESR/RISEP). Si l’organisation syndicale salue une décision qu’elle juge porteuse d’espoir pour l’élargissement de l’accès à une formation professionnelle de qualité, elle avertit néanmoins contre toute tentative de masquer les difficultés structurelles persistantes qui fragilisent les ISEP déjà en fonctionnement.

Pour le SUDES-ESR/RISEP, la multiplication des infrastructures ne saurait suffire à elle seule à répondre aux défis du sous-secteur. Le syndicat estime que les problèmes de gouvernance, de statut du personnel enseignant et de conditions de travail doivent être réglés de manière urgente et durable, sous peine de reproduire, à plus grande échelle, les dysfonctionnements actuels. Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions sociales persistantes entre les enseignants des ISEP et les autorités de tutelle.

En effet, face à ce que le syndicat qualifie de discussions « dilatoires » avec l’ancienne administration, le SUDES-ESR/RISEP a engagé, depuis le mois de novembre dernier, un mouvement de boycott des soutenances et des examens de certification. Une décision lourde de conséquences, puisqu’elle menace directement la validation de l’année académique et plonge de nombreux étudiants dans l’incertitude. Selon le syndicat, cette action n’est pas un choix de confort, mais une réponse à l’absence de solutions concrètes après plusieurs mois d’alertes et de négociations infructueuses.

Dans un communiqué rendu public ce lundi 5 janvier 2026, le SUDES-ESR/RISEP rappelle que ses revendications reposent sur des exigences qu’il juge non négociables. Il s’agit, en premier lieu, de la finalisation urgente du cadre réglementaire régissant les ISEP, notamment à travers l’adoption effective des statuts et des décrets de fonctionnement. À cela s’ajoute la question cruciale de l’équité salariale, les enseignants dénonçant des disparités jugées injustes et démotivantes par rapport à d’autres structures de l’enseignement supérieur.

Le syndicat met également l’accent sur la gouvernance des instituts, plaidant pour une gestion plus inclusive et participative, rompant avec des pratiques jugées opaques et centralisées. Enfin, il réclame l’ouverture des postes de direction générale et de direction des études à travers des appels à candidatures transparents, afin de garantir la compétence, la légitimité et la crédibilité des équipes dirigeantes.

Dans une volonté affichée d’apaisement et de responsabilité, le SUDES-ESR/RISEP indique avoir déjà transmis aux autorités une note de sortie de crise. Présentée comme une feuille de route « réaliste et équilibrée », cette proposition vise à concilier les contraintes budgétaires de l’État avec la nécessité de restaurer la dignité et la motivation des formateurs, considérés comme un maillon essentiel de la réussite du modèle ISEP.

« Notre démarche est responsable. Nous avons alerté avant de durcir, car la pérennité de nos institutions est en jeu », insiste le syndicat dans son communiqué. Un message qui se veut à la fois un appel au dialogue et un avertissement clair : sans réponses concrètes et rapides, les tensions risquent de s’aggraver, compromettant durablement l’avenir de l’enseignement professionnel supérieur au Sénégal, au moment même où les autorités affichent leur ambition d’en faire un levier stratégique pour l’emploi et l’employabilité des jeunes.

Assemblée nationale du Sénégal : une première vague de 76 véhicules de service déjà répartie

La distribution des véhicules de service destinés aux députés de la 15ᵉ législature a officiellement démarré à l’Assemblée nationale du Sénégal. Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, une première vague de soixante-seize véhicules de type 4×4 Toyota Land Cruiser Prado a déjà été attribuée à plusieurs parlementaires, marquant ainsi le début d’un processus qui concerne au total les 165 députés.

Cette première répartition a été effectuée selon des critères présentés comme organisationnels et fonctionnels. Cinq véhicules ont été attribués à des députés en situation de handicap, afin de faciliter leur mobilité dans l’exercice de leur mandat. Sept véhicules ont été remis aux députés du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, principale coalition de l’opposition. Sept autres ont été alloués aux députés non-inscrits, tandis que cinquante-six véhicules ont été réservés aux députés du parti Pastef, formation politique majoritaire et actuellement au pouvoir. Le dernier véhicule de ce premier lot est destiné au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye.

D’après les mêmes sources, les véhicules sont actuellement stationnés au site de Batrain, à Dakar. Certains députés devraient entrer en possession de leurs véhicules dès les prochains jours, tandis que le reste du parc automobile attendu est annoncé pour la semaine suivante. Cette livraison progressive vise à équiper l’ensemble des parlementaires, conformément aux engagements pris par l’institution.

Cependant, cette opération continue de susciter une vive controverse dans l’opinion publique et au sein de la classe politique. Le débat sur l’opportunité et les conditions d’acquisition de ces véhicules a été relancé par le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs (RV), membre de l’opposition. C’est lui qui a révélé l’information relative à la remise du premier lot, tout en exprimant de sérieuses réserves sur la démarche.

L’ancien ministre de l’Énergie avait déjà dénoncé le coût unitaire des véhicules, estimé à 54 millions de francs CFA. Selon lui, le contexte économique actuel, marqué par une dette publique élevée et des besoins sociaux pressants, ne justifie pas l’utilisation de ressources financières issues de l’endettement pour financer l’achat de véhicules de luxe destinés aux députés. « La situation actuelle ne prédispose pas à prendre de l’argent de la dette pour financer des véhicules », avait-il déclaré, appelant à une gestion plus rigoureuse et plus responsable des finances publiques.

Au-delà de la question du coût, Thierno Alassane Sall pointe également un manque de transparence dans la procédure d’achat et de répartition des véhicules. Il estime que les Sénégalais n’ont pas été suffisamment informés des modalités de financement, des critères d’attribution et des justifications officielles ayant conduit à ce choix budgétaire. Une position qui trouve un certain écho dans une partie de l’opinion, déjà sensible aux questions de gouvernance, de rationalisation des dépenses publiques et d’exemplarité des institutions.

De son côté, l’Assemblée nationale n’a pas encore communiqué de manière détaillée sur l’ensemble du processus, laissant ainsi le débat se poursuivre. En attendant l’arrivée du reste des véhicules et la finalisation de leur distribution, cette affaire continue d’alimenter les discussions politiques, révélant les tensions persistantes entre exigences de fonctionnement institutionnel et attentes citoyennes en matière de sobriété et de transparence dans la gestion des ressources publiques.

Fass Boye : une pirogue transportant des candidats à la migration partie le 5 décembre reste introuvable

L’angoisse ne faiblit pas à Fass Boye, village de pêcheurs situé dans le département de Tivaouane. Depuis plus d’un mois, les habitants vivent dans une attente douloureuse après la disparition d’une pirogue transportant plusieurs jeunes candidats à la migration irrégulière. L’embarcation, partie des côtes gambiennes le 5 décembre dernier, n’a depuis donné aucun signe de vie.

Selon les informations recueillies auprès des populations locales, la pirogue transportait majoritairement des ressortissants de Fass Boye, mais également des jeunes originaires d’autres villages de la commune de Darou Khoudoss, notamment Darou Ndiaye, Diogo et Khonk Yoye. Tous avaient pris la mer avec l’espoir de rejoindre l’Espagne, via l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.

Depuis cette date, aucune communication n’a été établie avec les passagers, et aucune trace de l’embarcation n’a été retrouvée. « La pirogue a quitté la Gambie le 5 décembre et, jusqu’à présent, nous sommes sans aucune nouvelle », confie un habitant du village, joint par l’APS. Une absence de contact prolongée qui renforce les craintes des familles, conscientes des nombreux drames qui jalonnent la route de l’Atlantique.

Parmi les familles les plus durement éprouvées figure celle d’Aminata Boye. Cette mère de famille a vu embarquer cinq de ses enfants à bord de la pirogue disparue, dont trois garçons et deux filles. Depuis, elle vit dans une détresse silencieuse, suspendue à l’espoir d’un signe, aussi infime soit-il. Comme elle, de nombreuses mères et proches oscillent entre espoir et résignation, face à l’incertitude totale qui entoure le sort des migrants.

À Fass Boye, le quotidien est désormais rythmé par l’attente et la prière. Les autorités religieuses et coutumières du village ont organisé plusieurs séances de prières collectives, implorant la protection divine pour les disparus et le réconfort des familles. La solidarité communautaire s’est également renforcée, les habitants se rendant régulièrement auprès des familles endeuillées par l’angoisse, pour leur apporter un soutien moral et matériel.

Cette disparition remet une fois de plus en lumière les dangers de la migration irrégulière par voie maritime, un phénomène qui continue de frapper durement les communautés côtières du Sénégal. À Fass Boye, village déjà marqué par d’autres départs tragiques par le passé, l’espoir demeure fragile mais tenace, dans l’attente d’une information officielle ou d’un miracle qui viendrait rompre ce long silence.

Critiques d’Amadou Mame Diop : Abass Fall dénonce une « hypocrisie » et une « haine immense » contre Ousmane Sonko

La sortie médiatique d’Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale, continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Ce lundi 5 janvier, le maire de Dakar et responsable de Pastef, Abass Fall, est monté au créneau pour répondre avec fermeté aux critiques formulées par l’ancien dignitaire du régime de Macky Sall à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.

Dans une publication sur sa page Facebook, Abass Fall a dénoncé ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » et de « haine immense » dirigées contre Ousmane Sonko. Selon lui, les propos d’Amadou Mame Diop s’inscrivent dans une logique de dénigrement systématique, déconnectée des réalités actuelles de l’action gouvernementale. L’ancien président de l’Assemblée nationale avait notamment affirmé que les déclarations du Premier ministre étaient « empreintes de vulgarité et d’accusations fallacieuses » et avait pointé une gouvernance qu’il juge « inefficace et incohérente » depuis deux ans.

Pour Abass Fall, ces accusations manquent de crédibilité, compte tenu du passé politique de leur auteur. Il n’a pas hésité à rappeler le rôle joué par Amadou Mame Diop sous le régime de Macky Sall, qu’il tient pour responsable de nombreuses dérives ayant, selon lui, profondément fragilisé le pays. « Acteur actif de la destruction massive de notre pays et piètre ex-président de l’Assemblée nationale », a-t-il écrit, accusant son adversaire politique de faire abstraction des efforts consentis par le gouvernement actuel.

Le maire de Dakar a notamment cité les mesures prises par les nouvelles autorités, telles que la baisse de certaines denrées de première nécessité et la réduction du coût de l’électricité, pour illustrer ce qu’il considère comme des avancées concrètes au bénéfice des populations. À ses yeux, ignorer ces actions relève d’une mauvaise foi manifeste et d’une volonté assumée de s’attaquer à Ousmane Sonko, devenu, selon lui, la cible privilégiée de ses détracteurs.

Abass Fall estime par ailleurs que cette hostilité traduit une frustration politique profonde. Il affirme qu’Amadou Mame Diop et ses alliés « continueront à souffrir » en voyant Ousmane Sonko occuper une place centrale au cœur de l’État et bénéficier du soutien d’une large frange des Sénégalais. Il soutient que les critiques actuelles ne sont qu’une tentative maladroite de préparer un retour au pouvoir, en perspective de l’échéance présidentielle de 2029.

Dans un ton ironique, le maire de Dakar a enfin mis en garde l’opposition contre toute illusion électorale. Selon lui, les Sénégalais gardent une mémoire vive des « moments les plus sombres » vécus sous l’ancien régime et ne se laisseront pas convaincre par des discours qu’il juge déconnectés des aspirations populaires. Une réponse musclée qui illustre la tension persistante entre les tenants du pouvoir actuel et les figures de l’ancien régime, sur fond de recomposition durable du paysage politique sénégalais.

Enseignants sénégalais recrutés en Guinée : le Sénégal exigera un acte de cessation de contrat avant toute réintégration

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) est sorti de sa réserve face à la controverse née du recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par certaines universités guinéennes. Alors que l’affaire suscite de vives interrogations dans le milieu universitaire, les autorités sénégalaises entendent désormais poser des garde-fous clairs afin de préserver l’équilibre et la continuité du service public de l’enseignement supérieur.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, le Mesri compte exiger de tout enseignant concerné la présentation d’un acte formel de cessation de contrat avant toute éventuelle réintégration dans une université publique sénégalaise. Une position ferme qui vise à clarifier la situation administrative et contractuelle des enseignants impliqués dans ce recrutement externe.

D’après des sources proches du ministère, les autorités reconnaissent le principe de liberté individuelle. « Les enseignants sont libres de choisir », confie une source au Mesri, tout en soulignant que cette liberté ne saurait s’exercer au détriment des règles qui encadrent la fonction publique universitaire sénégalaise. Ainsi, tout enseignant-chercheur identifié comme ayant été recruté par la Guinée devra, s’il souhaite poursuivre une collaboration avec l’État du Sénégal, produire un document attestant la rupture effective de son engagement avec l’institution étrangère.

Cette position intervient après la révélation d’une liste faisant état d’environ 300 candidats sénégalais admis à un recrutement d’enseignants-chercheurs pour le compte de la Guinée, parmi lesquels figureraient des enseignants déjà en exercice dans les universités publiques sénégalaises. Une situation jugée préoccupante par les autorités, dans un contexte marqué par un déficit structurel d’enseignants et une pression croissante sur le système universitaire national.

Dès l’éclatement de l’affaire, le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Daouda Ngom, avait réagi en demandant aux recteurs des universités publiques de se saisir du dossier. Il leur avait notamment instruit d’identifier les enseignants concernés, de préciser la nature de leurs relations contractuelles et de proposer des mesures appropriées pour préserver le bon déroulement des enseignements et des activités de recherche.

Pour le Mesri, l’enjeu dépasse le simple cas administratif. Il s’agit avant tout d’assurer une gestion cohérente et responsable des ressources humaines, dans un secteur stratégique pour le développement du pays. Le départ simultané ou non encadré d’enseignants-chercheurs pourrait, selon plusieurs responsables universitaires, fragiliser davantage des établissements déjà confrontés à des effectifs pléthoriques et à un manque d’encadrement pédagogique.

Si le ministère n’exclut pas une coopération académique régionale, il entend toutefois rappeler que celle-ci doit se faire dans le respect strict des textes en vigueur. La clarification exigée à travers l’acte de cessation de contrat apparaît ainsi comme une tentative de concilier liberté individuelle, respect des engagements professionnels et sauvegarde de l’intérêt général.

L’affaire, suivie de près par la communauté universitaire, pourrait déboucher sur un encadrement plus strict de la mobilité internationale des enseignants-chercheurs sénégalais, dans un contexte où la concurrence entre systèmes universitaires africains devient de plus en plus marquée.

Détournement de fonds à la Chambre de Commerce de Ziguinchor : vers l’ouverture d’une information judiciaire

La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Ziguinchor (CCIAZ) est secouée par une grave crise institutionnelle et financière, après la publication des conclusions d’un audit commandité par les autorités de tutelle. Selon les résultats de cette mission d’inspection, des « détournements particulièrement graves » auraient été mis en évidence dans la gestion de l’institution consulaire, mettant en cause les pratiques financières de ses dirigeants.

Face à l’ampleur des irrégularités relevées, le ministère de l’Industrie et du Commerce a décidé de passer à l’étape judiciaire. Il a annoncé l’ouverture imminente d’une information judiciaire afin de faire toute la lumière sur les faits dénoncés. Cette procédure permettra notamment à l’Agence Judiciaire de l’État (AJE) de se constituer partie civile et d’engager les actions nécessaires en vue de la récupération des montants présumés détournés, mais aussi d’identifier les responsabilités pénales éventuelles.

Au-delà du volet judiciaire, cette affaire marque un tournant majeur pour la CCIAZ. Selon le quotidien Libération, le ministre Serigne Guèye Diop a acté la fin du cycle actuel de gouvernance de la Chambre de commerce de Ziguinchor. Dans cette perspective, il a annoncé l’organisation prochaine d’élections destinées à renouveler l’ensemble des instances dirigeantes de l’institution. L’objectif affiché est de restaurer la légitimité, la crédibilité et la confiance des opérateurs économiques de la région Sud, durement ébranlées par ce scandale financier.

Cette crise locale s’inscrit également dans une réflexion plus large sur la gouvernance des chambres consulaires à l’échelle nationale. Le ministre de l’Industrie et du Commerce travaille actuellement à une réforme en profondeur du cadre juridique régissant l’ensemble des Chambes de commerce du Sénégal. Le projet de loi en préparation vise notamment à renforcer l’autonomie de ces institutions face aux influences politiques ou extérieures, souvent accusées de peser sur leur fonctionnement.

La réforme prévoit également de mettre fin à la concentration excessive du pouvoir entre les mains des présidents de chambre, en instaurant une gestion plus collégiale et mieux encadrée. Il s’agira aussi de définir de manière plus précise les droits, les obligations et les limites des dirigeants consulaires, afin de prévenir les dérives de gestion. Enfin, le texte devrait introduire des mécanismes clairs et systématiques de destitution en cas de faute de gestion avérée ou de manquement grave aux règles de gouvernance.

L’affaire de la Chambre de commerce de Ziguinchor apparaît ainsi comme un révélateur des dysfonctionnements structurels qui minent certaines institutions consulaires. Elle pourrait surtout servir de catalyseur à une réforme longtemps attendue, dans un contexte national marqué par une exigence accrue de transparence, de bonne gouvernance et de reddition des comptes dans la gestion des ressources publiques et parapubliques.

PJF : la Chambre d’accusation financière ordonne la libération de Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne

Un nouveau tournant est intervenu dans le dossier judiciaire impliquant la famille de Madiambal Diagne. La Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) a ordonné la mise en liberté provisoire de Mme Mabintou Diaby et de Mouhamed Diagne, respectivement épouse et fils du journaliste et patron de presse. Cette décision intervient après l’examen de leur situation dans le cadre de la procédure en cours liée à l’affaire dite de la SCI Pharaon.

Toutefois, cette mise en liberté n’est pas sans conditions. Les deux mis en cause devront porter un bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire destinée à garantir leur disponibilité pour la suite de la procédure et à prévenir tout risque de fuite ou d’entrave à l’enquête. Cette décision traduit la volonté de la juridiction d’accorder une liberté encadrée, tout en maintenant une surveillance étroite sur les intéressés.

Il convient cependant de souligner que cette libération n’est pas encore définitive. Le parquet dispose d’un délai légal de six jours pour éventuellement introduire un pourvoi en cassation contre la décision de la Chambre d’accusation financière. En cas de recours, l’exécution de la mesure pourrait être suspendue, prolongeant ainsi l’incertitude autour de la situation judiciaire des deux concernés.

Pour rappel, cette affaire trouve son origine dans un rapport de la Cellule de traitement des informations financières (Centif), transmis aux autorités judiciaires. Le document met en cause la Société civile immobilière (SCI) Pharaon, soupçonnée d’avoir servi de cadre à des opérations financières jugées suspectes. Selon le parquet financier, ces opérations porteraient sur de présumées rétrocommissions évaluées à plusieurs milliards de francs CFA, dont l’origine et la destination font l’objet d’investigations approfondies.

Le dossier s’inscrit dans un contexte de renforcement de la lutte contre les infractions financières et économiques, portée par le Pool judiciaire financier, devenu un instrument central de la politique de reddition des comptes. Les enquêtes visent notamment à retracer les flux financiers, à identifier les responsabilités individuelles et à déterminer l’éventuelle existence de mécanismes de blanchiment ou de détournement de fonds.

En attendant la position définitive du parquet et la suite de la procédure, la décision de la Chambre d’accusation marque une étape importante dans ce dossier à forte résonance médiatique. Elle relance également le débat sur l’équilibre entre les exigences de l’enquête judiciaire, le respect des droits de la défense et l’usage croissant des mesures de surveillance électronique dans les affaires financières d’envergure.

Litige fiscal entre Woodside et la DGID : le dossier renvoyé au 5 février 2026

Le contentieux fiscal opposant la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) à la compagnie pétrolière australienne Woodside continue de suivre son cours devant la justice sénégalaise. Saisie de cette affaire sensible aux enjeux financiers majeurs, la première Chambre civile du tribunal de grande instance de Dakar a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 5 février 2026.

Lors de l’audience tenue le 18 décembre dernier, les juges ont pris connaissance des éléments du litige qui oppose l’État du Sénégal à l’opérateur du champ pétrolier offshore de Sangomar. Toutefois, aucune décision sur le fond n’a été rendue à cette étape de la procédure. Selon le quotidien Libération, ce renvoi vise à permettre au tribunal de procéder à des vérifications approfondies, notamment sur la conformité, la régularité et la validité des pièces comptables et des documents justificatifs produits par les deux parties.

Au cœur de ce bras de fer judiciaire se trouve une réclamation fiscale d’un montant précis de 41 467 543 147 francs CFA. Depuis 2023, l’administration fiscale sénégalaise estime que cette somme est due par Woodside au titre de ses obligations fiscales liées à ses activités pétrolières au Sénégal. Pour tenter de recouvrer ces fonds, la DGID avait émis des titres de perception, une procédure administrative permettant au Trésor public d’engager des poursuites en vue du paiement des montants contestés.

Cette démarche a été vigoureusement contestée par Woodside, qui remet en cause l’interprétation faite par le fisc sénégalais de ses obligations fiscales. La compagnie pétrolière soutient que les titres de perception émis à son encontre ne reposent pas sur une base juridique et comptable conforme aux dispositions applicables. C’est dans ce contexte que l’opérateur a saisi la juridiction sénégalaise pour obtenir l’annulation pure et simple de ces actes de poursuite.

Au-delà de la procédure judiciaire engagée au Sénégal, Woodside a également choisi d’internationaliser le différend. La compagnie a porté le litige devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’organe d’arbitrage de la Banque mondiale compétent pour trancher les conflits opposant des États à des investisseurs étrangers. Cette double procédure, à la fois nationale et internationale, illustre l’ampleur du désaccord entre les deux parties et la complexité juridique du dossier.

Ce contentieux intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le Sénégal, alors que l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar constitue un enjeu stratégique majeur pour les finances publiques et la souveraineté économique du pays. L’issue de cette affaire est donc très attendue, tant par les autorités fiscales que par les observateurs du secteur extractif, dans un climat marqué par une vigilance accrue sur la transparence, la fiscalité et la gouvernance des ressources naturelles.

Amadou Mame Diop critique Ousmane Sonko et évoque une crise de leadership au sommet de l’État

Après plusieurs mois de silence médiatique, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est sorti de sa réserve. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur et publiée ce lundi 5 janvier 2025, l’ex-responsable de l’Alliance pour la République (APR) a livré une analyse sévère du climat politique actuel, s’attaquant frontalement au Premier ministre Ousmane Sonko et pointant ce qu’il considère comme une crise de leadership au sommet de l’exécutif sénégalais.

Sans détour, Amadou Mame Diop a qualifié les sorties publiques du chef du gouvernement de propos « toujours empreints de la même vulgarité et d’accusations fallacieuses ». Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, le discours d’Ousmane Sonko n’a pas évolué malgré son accession aux plus hautes responsabilités de l’État. Il estime que le Premier ministre conserve une posture de confrontation permanente, peu compatible, selon lui, avec les exigences de la fonction gouvernementale et le devoir de retenue qui s’impose à un chef de l’exécutif.

Au-delà de la critique personnelle, Amadou Mame Diop s’est également exprimé sur ce qu’il qualifie de « crise » entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre. À ses yeux, cette situation est largement exagérée et relève davantage d’une rivalité de pouvoir que d’un véritable désaccord politique ou institutionnel. Il parle ainsi d’« une tempête dans un verre d’eau », alimentée par une logique qu’il juge exclusivement « pouvoiriste ».

L’ancien proche de Macky Sall avance que le président Diomaye Faye chercherait avant tout à conserver l’autorité et le contrôle du pouvoir exécutif, tandis que son Premier ministre tenterait, selon lui, de s’imposer comme le véritable centre de décision. Il va plus loin en affirmant qu’Ousmane Sonko bénéficierait du soutien de certains responsables influents du Pastef, le parti au pouvoir, dans cette bataille d’influence qu’il estime nuisible à la stabilité institutionnelle.

Pour Amadou Mame Diop, cette situation traduit une confusion profonde des rôles au sommet de l’État. Il estime que la dualité observée à la tête de l’exécutif nuit gravement à la lisibilité de l’action publique et affaiblit son efficacité. Selon lui, l’absence de clarification dans la répartition des responsabilités entre le président de la République et son Premier ministre risque de paralyser les décisions stratégiques et d’entretenir un climat d’incertitude au sein de l’administration comme auprès des partenaires du Sénégal.

À travers cette sortie médiatique, Amadou Mame Diop se positionne comme l’une des voix critiques de l’ancien régime face au nouveau pouvoir. Son intervention relance le débat sur l’équilibre institutionnel, la cohabitation au sommet de l’État et la nécessité, selon ses termes, d’un leadership clair et cohérent pour garantir la stabilité politique et l’efficacité de l’action gouvernementale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°641 – 05/01/2026

🔴 LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ESPAGNOL RÉVÈLE QUE SEULS 38 775 PERSONNES ONT DÉBARQUÉ SANS AUTORISATION CETTE ANNÉE SUR LE SOL IBÉRIQUE : 2025 MOINS IRRÉGULIÈRE QUE 2024
🔴 REMISE DU PREMIER LOT DE VÉHICULES AUX DÉPUTÉS : TAS SERT UNE D.E. À EL MALICK

🔴 MAROC / ACCIDENT MORTEL : UNE ÉTUDIANTE SÉNÉGALAISE DÉCÈDE APRÈS LE MATCH SÉNÉGAL–SOUDAN

Kahone : quand les populations s’approprient le développement communal

À Kahone, le développement local ne se décrète plus uniquement depuis les bureaux municipaux. En décembre 2025, il s’est surtout vécu dans les rues, les quartiers et les places publiques, à travers une forte mobilisation citoyenne portée par le programme « En route vers les 31 décembre à Kahone ».

Pendant plusieurs semaines, la commune a vibré au rythme d’initiatives plaçant les habitants au cœur de l’action publique. Des opérations de nettoyage aux animations culturelles, en passant par les activités économiques et sociales, les populations ont répondu massivement à l’appel, donnant corps à une dynamique participative rarement observée à cette échelle locale.

Dès les premiers jours du mois, les opérations de Set Sétal ont transformé le paysage urbain. Balais à la main, jeunes et femmes se sont investis dans l’assainissement des quartiers, faisant du civisme une affaire collective. Pour beaucoup de participants, ces journées ont permis de retisser les liens de voisinage et de raviver le sentiment d’appartenance à la commune.

Cette mobilisation s’est poursuivie sur le terrain économique avec la tenue de la première foire commerciale de Kahone. Commerçants, artisans et entrepreneurs locaux y ont trouvé une tribune pour exposer leurs produits et rencontrer une clientèle élargie. Au-delà des stands, l’événement a symbolisé l’émergence d’une économie de proximité soutenue par la collectivité locale.

La dimension sociale n’a pas été en reste. À l’approche de la fin d’année, la municipalité, avec l’appui de bonnes volontés, a multiplié les gestes de solidarité en faveur des enfants et des personnes vulnérables. Une manière, selon plusieurs habitants, de rappeler que la fête peut aussi rimer avec partage et attention portée aux plus démunis.

Clôturé par un concert populaire rassemblant des milliers de personnes, le programme du mois de décembre aura surtout laissé l’image d’une commune où les citoyens ne sont plus de simples spectateurs, mais des acteurs à part entière de la vie locale. À Kahone, cette expérience semble ouvrir la voie à une nouvelle manière de penser la gouvernance locale, fondée sur l’implication directe des populations dans la construction de leur avenir collectif.

CAN 2025 : Iliman Ndiaye forfait face au Soudan, un coup dur pour les Lions de la Teranga

L’incertitude est désormais levée autour de la situation d’Iliman Ndiaye. L’attaquant sénégalais ne figure ni dans le onze de départ ni sur la feuille de match pour le huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 face au Soudan. Une absence de poids pour la sélection sénégalaise à l’approche d’un rendez-vous décisif à élimination directe.

En cause, une blessure à la cheville contractée lors de la précédente rencontre face au Bénin. Touché au cours de ce match, Iliman Ndiaye a été soumis à des examens approfondis par le staff médical des Lions de la Teranga. Ces derniers ont finalement recommandé son forfait, estimant que le risque de rechute était trop important dans un contexte d’intensité élevée comme celui d’un huitième de finale de CAN.

Pressenti comme l’une des principales armes offensives du dispositif de Pape Thiaw, l’ancien joueur de Sheffield United devait apporter sa percussion, sa capacité à éliminer dans les petits espaces et sa créativité entre les lignes. Son profil, souvent décisif face à des blocs compacts, était particulièrement attendu face à une équipe soudanaise réputée pour sa rigueur défensive.

L’absence d’Iliman Ndiaye constitue ainsi un véritable coup dur pour le Sénégal, déjà privé de son capitaine Kalidou Koulibaly, suspendu pour ce match. Deux cadres majeurs manquent donc à l’appel, obligeant le sélectionneur à revoir ses plans, tant sur le plan tactique que dans l’animation collective.

Par mesure de précaution, Pape Thiaw a choisi de ne prendre aucun risque avec son joueur, privilégiant sa récupération complète pour la suite de la compétition en cas de qualification. Ce forfait a conduit le staff technique à réaménager le secteur offensif, avec notamment la titularisation d’Ismaïla Sarr sur les côtés et le retour de Nicolas Jackson à la pointe de l’attaque, chargé de mener le front offensif sénégalais.

CAN 2025 : Ibrahim Mbaye inscrit son premier but et creuse l’écart pour les Lions (3-1)

Le Sénégal a définitivement validé son ticket pour les quarts de finale de la CAN 2025 grâce à Ibrahim Mbaye. À quelques minutes du terme de la rencontre face au Soudan, l’attaquant des Lions a scellé le sort du match en inscrivant le troisième but sénégalais, libérant totalement son équipe et le public. Un but important, à la fois pour la qualification et pour la confiance d’un jeune joueur en pleine ascension.

Entré en jeu à la 74ᵉ minute, Ibrahim Mbaye n’a pas mis longtemps à faire parler ses qualités. Alors que le Sénégal cherchait encore à se mettre définitivement à l’abri, le jeune attaquant est lancé en profondeur dans le dos de la défense soudanaise. Grâce à sa vitesse, il prend le dessus sur le capitaine Khamis, l’élimine avec sang-froid et conclut d’une frappe précise qui ne laisse aucune chance au gardien Elneel. Un geste juste, maîtrisé, et surtout décisif, au moment où la pression commençait à monter dans les rangs sénégalais.

Ce but vient couronner une entrée en jeu particulièrement aboutie. Quelques minutes auparavant, Ibrahim Mbaye était déjà tout proche de s’offrir un doublé. Sur un centre parfaitement dosé de Diouf, il surgit au second poteau et place une tête puissante qui frôle la transversale. Le stade retient son souffle, le doublé n’était vraiment pas loin. Cette occasion manquée ne fera finalement que retarder l’échéance, tant l’attaquant semblait inspiré et en confiance.

Ce but revêt une importance particulière pour Ibrahim Mbaye. Il s’agit de son premier but en Coupe d’Afrique des Nations, mais déjà de son deuxième sous le maillot des Lions, après celui inscrit face au Kenya. Au-delà des statistiques, le jeune attaquant confirme surtout son impact immédiat en sortie de banc. Depuis le début du tournoi, il se distingue par des entrées convaincantes, apportant vitesse, percussion et fraîcheur dans les moments clés.

Déjà face à la RDC et au Bénin, Ibrahim Mbaye s’était illustré par son activité et son culot, provoquant notamment un penalty et mettant constamment la pression sur les défenses adverses. Contre le Soudan, il franchit un cap supplémentaire en se montrant décisif, dans un match à élimination directe où chaque détail compte.

Avec ce but, le Sénégal s’offre une fin de match sereine et confirme sa supériorité. Pour Ibrahim Mbaye, cette réalisation pourrait bien marquer un tournant dans sa CAN 2025. À seulement quelques minutes de jeu, il a su se rendre indispensable et envoyer un signal fort au staff technique : les Lions peuvent compter sur lui, même dans les moments les plus décisifs.

CAN 2025 : le Sénégal impose sa loi et file en quarts après sa victoire sur le Soudan (3-1)

Le Sénégal poursuit sa marche en avant dans cette Coupe d’Afrique des Nations 2025. Opposés au Soudan en huitièmes de finale, les Lions de la Teranga ont validé leur billet pour les quarts de finale au terme d’une rencontre plus disputée que ne le laisse croire le score final (3-1). Surpris d’entrée par des Soudanais audacieux et bien organisés, les champions d’Afrique ont su faire parler leur expérience, leur maîtrise collective et leur puissance offensive pour renverser la situation et confirmer leur statut de favori.

Dès l’entame, les Faucons de Jediane affichent clairement leurs intentions. Loin de se recroqueviller, le Soudan opte pour un bloc haut, un pressing intense et une volonté assumée de perturber la relance sénégalaise. Cette audace est rapidement récompensée. À la 6ᵉ minute, à la suite d’une projection rapide, Abdallah profite d’un espace dans la surface sénégalaise. L’attaquant ajuste parfaitement son appui et enroule une frappe précise qui laisse Édouard Mendy sans réaction. Un véritable coup de tonnerre qui surprend les Lions et donne un élan de confiance aux Soudanais.

Touché mais loin d’être déstabilisé, le Sénégal réagit avec calme et lucidité. Les hommes de Pape Thiaw prennent progressivement le contrôle du ballon, élargissent le jeu et installent une pression constante autour de la surface adverse. Sadio Mané se montre très actif entre les lignes, Ismaïla Sarr multiplie les appels sur son côté, tandis que Nicolas Jackson pèse sur la défense par ses déplacements. Le portier soudanais Elneel se distingue alors par plusieurs arrêts décisifs, retardant l’échéance face à un Sénégal de plus en plus dominateur.

La délivrance intervient finalement à la 29ᵉ minute. Bien servi plein axe par Sadio Mané, Pape Gueye ne se pose pas de questions et déclenche une frappe parfaitement placée. L’égalisation remet les deux équipes à hauteur et libère les Lions, qui retrouvent confiance et sérénité dans leur jeu. Ce but agit comme un déclic.

Porté par cet élan, le Sénégal accélère avant la pause. Plus justes techniquement, plus rapides dans les transmissions et plus tranchants dans les trente derniers mètres, les Lions continuent d’asphyxier leur adversaire. Juste avant la mi-temps, Pape Gueye s’illustre à nouveau. Servi en retrait, le milieu de terrain sénégalais frappe sans contrôle et trompe une seconde fois Elneel. Auteur d’un doublé, il renverse totalement le cours du match et permet au Sénégal de regagner les vestiaires avec un avantage mérité.

Au retour des vestiaires, le Soudan refuse toutefois d’abdiquer. Les hommes de Kwesi Appiah repartent avec les mêmes intentions, maintenant un pressing haut et cherchant à casser le rythme sénégalais. Cette stratégie gêne par moments la construction des Lions, moins fluides dans leur jeu. Le Soudan se projette rapidement vers l’avant et se crée quelques situations dangereuses. Édouard Mendy doit d’ailleurs s’illustrer sur une frappe à bout portant, réalisant un arrêt de grande classe pour préserver l’avantage sénégalais.

Face à cette résistance, le Sénégal fait parler son expérience. Pape Thiaw ajuste son dispositif, densifie le milieu de terrain et redonne plus de contrôle à son équipe. Progressivement, les Lions reprennent la maîtrise du tempo et obligent le Soudan à reculer. Les espaces se font plus rares pour les Faucons, dont l’intensité baisse au fil des minutes.

La domination sénégalaise finit par se traduire au tableau d’affichage avec un troisième but qui scelle définitivement le sort de la rencontre. Plus lucides dans la gestion du match, les Lions contrôlent ensuite les dernières minutes sans se mettre en danger, confirmant leur supériorité technique et tactique.

Avec cette victoire convaincante, le Sénégal se qualifie logiquement pour les quarts de finale de la CAN 2025. Si la frayeur du début de match rappelle que rien n’est jamais acquis dans ce tournoi, la réaction collective et la solidité affichées rassurent. Les Lions de la Teranga envoient un message clair à leurs futurs adversaires : ils sont prêts à aller loin et assumer pleinement leur statut de candidats au sacre continental.

Donald Trump revendique la capture de Nicolas Maduro lors d’une opération militaire américaine nocturne

Le président américain Donald Trump a proclamé sa victoire samedi après une opération militaire nocturne menée par les forces américaines, qui aurait conduit à l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Le couple a été emmené de force hors du Venezuela afin d’être présenté devant un tribunal fédéral à New York, où il doit répondre d’accusations graves, notamment de « narcoterrorisme ».

Dans une interview accordée à la chaîne Fox News, Donald Trump a relaté la scène avec un enthousiasme à peine voilé, comparant le déroulement de l’opération à un spectacle télévisé. « Je l’ai regardée littéralement comme j’aurais regardé une émission de télévision », a-t-il déclaré, précisant qu’il suivait chaque étape depuis une salle de sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. Le président américain n’a toutefois pas indiqué qui l’accompagnait au moment des faits.

Selon Donald Trump, Nicolas Maduro se trouvait dans un lieu hautement sécurisé, qu’il a qualifié de « forteresse ». Malgré le caractère extrêmement sensible de l’intervention, tous les militaires américains impliqués seraient revenus vivants. Le président s’est félicité de l’issue de l’opération, soulignant qu’aucune perte humaine n’était à déplorer. « Le fait que personne n’ait été tué est incroyable », a-t-il affirmé, ajoutant que deux soldats avaient été blessés mais qu’ils étaient désormais « en bonne forme ». Se disant profondément ému par le succès de la mission, Donald Trump a conclu : « Je suis fier d’être américain. »

Le président américain a également confirmé que Nicolas Maduro et son épouse étaient en route vers les États-Unis. « Ils seront amenés à New York. Ils ont été inculpés à New York », a-t-il rappelé, reprenant les propos de la ministre de la Justice, Pam Bondi. Cette dernière avait annoncé plus tôt que le couple était poursuivi devant la justice américaine pour des chefs d’accusation incluant le « narcoterrorisme » et le « complot pour importation de cocaïne » sur le territoire des États-Unis.

Donald Trump a précisé que Nicolas Maduro et Cilia Flores se trouvaient à bord d’un navire se dirigeant vers New York, après avoir été transférés par hélicoptère. Usant de son sens de la formule, il a ironisé sur ce trajet forcé, suggérant que le couple avait probablement « adoré » ce vol jusqu’au bâtiment naval.

Sur le réseau social X, la ministre Pam Bondi a affirmé que Nicolas Maduro et son épouse « feraient bientôt face à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains ». Elle a indiqué que le ministère de la Justice avait publié un acte d’accusation complété, intégrant désormais officiellement le nom de Cilia Flores, qui ne figurait pas dans les versions précédentes du document judiciaire.

Pour Donald Trump, cette opération constitue avant tout un message politique et sécuritaire fort. Il a estimé qu’elle démontrait que les États-Unis ne se laisseraient « pas intimider » et qu’elle s’inscrivait dans une stratégie globale de lutte contre le trafic de drogue. Le président a notamment évoqué la volonté de bloquer les routes terrestres du narcotrafic, après une série de frappes menées depuis le mois de septembre contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue, afin d’endiguer les flux par voie maritime.

Selon le sénateur républicain Mike Lee, l’opération militaire américaine est désormais terminée. Dans un message publié sur X, il a indiqué, en citant le secrétaire d’État Marco Rubio, qu’aucune nouvelle action militaire n’était prévue au Venezuela maintenant que Nicolas Maduro est détenu par les autorités américaines.

Cette opération spectaculaire rappelle fortement un précédent historique majeur : l’invasion du Panama en 1989 par les États-Unis, destinée à capturer le général Manuel Noriega, alors homme fort du pays et ancien collaborateur des services secrets américains. Poursuivi pour trafic de drogue, Noriega s’était rendu aux forces américaines le 3 janvier 1990, il y a exactement 35 ans jour pour jour. Un parallèle que de nombreux observateurs ne manqueront pas de relever, tant les implications politiques, juridiques et géopolitiques d’une telle intervention sont considérables.

Frappes aériennes présumées à Caracas : Washington accusé d’une intervention militaire directe au Venezuela

Des explosions ont été entendues tôt samedi matin dans plusieurs quartiers de Caracas, la capitale vénézuélienne, suscitant une vive inquiétude au sein de la population et de la communauté internationale. Selon des informations rapportées par plusieurs médias américains, notamment CBS News et Fox News, l’armée des États-Unis serait à l’origine de ces frappes, marquant une escalade majeure dans les tensions déjà vives entre Washington et Caracas.

Les deux chaînes américaines citent des responsables anonymes de l’administration du président Donald Trump, qui auraient confirmé l’implication directe de forces américaines dans ces opérations militaires. D’après ces sources, des avions auraient survolé la capitale vénézuélienne avant et pendant les explosions, laissant supposer des frappes aériennes ciblées. Toutefois, aucun détail précis n’a été fourni quant aux objectifs visés, à l’ampleur exacte des dégâts ou à d’éventuelles pertes humaines.

Sur le terrain, des habitants de Caracas ont fait état de fortes détonations dans les premières heures de la journée, accompagnées de coupures d’électricité temporaires dans certains secteurs. Les autorités locales n’ont pas immédiatement communiqué de bilan officiel, se contentant d’appeler la population au calme tout en dénonçant ce qu’elles qualifient d’« agression étrangère ». Le gouvernement vénézuélien pourrait, dans les prochaines heures, convoquer une réunion d’urgence et saisir des instances internationales pour condamner ces événements.

Du côté américain, le silence officiel est notable. Ni la Maison Blanche ni le Pentagone n’ont, pour l’heure, confirmé ou infirmé les informations faisant état de frappes menées par l’armée américaine au Venezuela. Cette absence de réaction publique alimente les spéculations et renforce l’incertitude quant aux intentions réelles de Washington dans la région.

Si ces informations venaient à être confirmées, il s’agirait d’un tournant historique dans les relations entre les États-Unis et le Venezuela, jusque-là marquées par des sanctions économiques sévères, des pressions diplomatiques et des accusations réciproques, mais sans intervention militaire directe revendiquée. Une telle opération risquerait également de provoquer de fortes réactions au sein de la communauté internationale, notamment de la part des alliés du Venezuela et des organisations multilatérales, inquiètes d’une possible déstabilisation accrue de l’Amérique latine.

Naufrage meurtrier au large de la Gambie : le pays endeuillé après la tragédie de migrants en mer

La Gambie est plongée dans le deuil après le naufrage dramatique d’une embarcation transportant des personnes migrantes au large de ses côtes, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Le président gambien, Adama Barrow, a exprimé vendredi sa profonde consternation face à ce drame humain qui a déjà coûté la vie à au moins sept personnes, tandis que de nombreux passagers sont toujours portés disparus.

Dans une déclaration télévisée diffusée par la présidence, le chef de l’État a fait part de sa « profonde inquiétude » après le chavirement d’un bateau qui transportait, selon les premières estimations, plus de 200 candidats présumés à l’exil. Le naufrage est survenu au large de la région de North Bank, dans le nord-ouest du pays, une zone de plus en plus empruntée par les pirogues de migration clandestine à destination de l’Europe.

Alertées par un appel de détresse, les autorités maritimes gambiennes ont lancé une opération de recherche et de sauvetage aux alentours de 01h00 du matin jeudi. Plusieurs embarcations de la marine nationale ont été mobilisées pour tenter de porter secours aux passagers. Le bateau en détresse a finalement été retrouvé échoué sur un banc de sable, laissant craindre le pire quant au sort de nombreuses personnes à son bord.

Selon le président Barrow, 102 personnes ont pu être secourues jusqu’à présent. Beaucoup d’entre elles reçoivent encore des soins d’urgence dans les structures sanitaires du pays. « Malheureusement, seuls sept corps ont été repêchés pour l’instant, mais les opérations de secours se poursuivent afin de tenter de localiser ceux qui manquent toujours à l’appel », a-t-il précisé, soulignant que le gouvernement s’emploie à apporter une assistance médicale, psychologique et humanitaire aux survivants.

Visiblement ému, le président gambien a présenté ses condoléances aux familles endeuillées. « Au nom du gouvernement et du peuple de Gambie, je présente mes sincères condoléances aux familles endeuillées et à tous ceux touchés par cette déchirante tragédie », a-t-il déclaré, avant d’adresser un message de solidarité aux proches des disparus. « Je veux dire à chaque parent et proche qui attend avec anxiété de nouvelles informations que vous n’êtes pas seuls. La nation est en deuil avec vous », a-t-il ajouté, saluant au passage l’engagement de toutes les entités ayant pris part aux opérations de sauvetage.

Le chef de l’État a également indiqué que des informations plus précises sur l’identité et les nationalités des victimes seront communiquées dès que possible. Certaines des personnes à bord ne seraient pas de nationalité gambienne. Une enquête gouvernementale a par ailleurs été annoncée afin de faire la lumière sur les circonstances exactes du naufrage et d’identifier d’éventuelles responsabilités.

Ce drame s’inscrit dans un contexte plus large de migration irrégulière en Afrique de l’Ouest. Depuis des années, des milliers de jeunes originaires de la région tentent de rejoindre l’Europe par la dangereuse route de l’Atlantique, principalement en direction de l’archipel espagnol des Canaries. À bord d’embarcations souvent surchargées et vétustes, ces migrants affrontent des conditions de navigation extrêmement périlleuses, au péril de leur vie.

La fermeture accrue des frontières européennes et la restriction drastique de la délivrance des visas poussent de nombreux candidats à l’exil à emprunter des voies clandestines. Ces dernières années, des milliers de personnes sont mortes ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Europe. Le renforcement récent des contrôles maritimes au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a déplacé les points de départ des pirogues vers le sud, notamment depuis les côtes de la Gambie et de la Guinée-Conakry. Cette évolution allonge considérablement les trajets en mer et en accroît les dangers.

Dans sa déclaration, le président Barrow a insisté sur la portée symbolique et tragique de ce nouveau naufrage. « C’est un rappel douloureux de la nature dangereuse et mortelle de la migration irrégulière. Assurément, aucun rêve, voyage ou promesse ne valent la perte de vies humaines en mer », a-t-il affirmé, appelant implicitement à une prise de conscience collective.

Quelques jours auparavant, le 26 décembre, le gouvernement gambien avait déjà exprimé ses inquiétudes à la suite d’informations faisant état de la disparition d’une autre pirogue partie des côtes nord du pays le 17 novembre. Cette embarcation transportait, selon plusieurs médias locaux, plus d’une centaine de personnes, majoritairement des ressortissants gambiens, qui tentaient eux aussi de rejoindre l’Europe.

À Kaolack, le Khalif de Mame Cheikhou Oumar Niasse fustige la crise des valeurs sociales

La commune de Kaolack, précisément le quartier de Dialègne Niassène, a vécu ce vendredi 2 janvier 2026 un moment de grande ferveur spirituelle à l’occasion de la ziarra annuelle dédiée à Mame Cheikhou Oumar Niasse, figure emblématique de la famille Niassène. Né vers 1889 à Daga Malick, en République de Gambie, fils de El Hadji Abdoulaye Niasse, il fut le deuxième khalif de ce dernier de 1959 à 1966.

La cérémonie officielle, marquée par le recueillement et la dévotion, a réuni autorités religieuses, dignitaires confrériques, disciples et fidèles venus de plusieurs régions du Sénégal et de la sous-région. Au-delà de l’hommage rendu à cet illustre guide religieux, l’événement a également été ponctué de prises de position fortes sur des questions sociales, économiques et morales.

Prenant la parole au nom de la famille religieuse, le porte-parole Sérigne Abdou Samha Niasse a dénoncé ce qu’il qualifie de manquements répétés de la mairie de Kaolack à ses engagements envers le foyer religieux de Dialègne Niassène. Selon lui, plusieurs promesses relatives à l’accompagnement des activités religieuses, à l’aménagement des lieux de rassemblement et à l’amélioration des infrastructures autour du site de la ziarra n’ont toujours pas été respectées. Une situation jugée incompréhensible, au regard du rôle spirituel et social que joue la famille Niassène dans la commune.

Intervenant à son tour, le Khalif de Mame Cheikhou Oumar Niasse, El Hadji Papa Omar Niasse, a exprimé de vives inquiétudes concernant la campagne arachidière 2025-2026. Il a déploré l’absence de fixation officielle du prix de l’arachide, principale culture de rente du bassin arachidier, une incertitude qui, selon lui, plonge les producteurs dans une profonde inquiétude.

« Les paysans ont déjà consenti d’énormes sacrifices, mais ils ne savent toujours pas à quel prix leur récolte sera achetée », a-t-il regretté, estimant que cette situation risque d’aggraver la précarité des familles rurales et de transformer la campagne en une période de soudure prolongée.

Le guide religieux a interpellé les autorités étatiques ainsi que les acteurs de la filière arachidière, les appelant à des mesures urgentes pour soulager le monde rural. « Quand le monde rural souffre, c’est tout le pays qui en ressent les conséquences », a-t-il rappelé, soulignant la dimension sociale et nationale de cette crise.

Sur le plan moral, le Khalif a également dénoncé la perte de repères sociaux et éthiques chez une frange de la jeunesse, ainsi que le non-respect de la parole donnée par certains gouvernants. Selon lui, les promesses non tenues nourrissent la désillusion et la perte de confiance des populations. Il a, en outre, mis en garde contre la destruction de l’image d’autrui à travers des accusations gratuites et des campagnes de dénigrement, qu’il considère comme une menace grave pour la cohésion sociale.

Enfin, El Hadji Papa Omar Niasse a insisté sur l’importance d’un retour à la Sunna du Prophète Mouhammed (PSL), présentée comme un modèle intemporel de paix, de respect et de vivre-ensemble. Il a exhorté la jeunesse à s’attacher davantage à l’éducation religieuse, à la pratique de la prière et aux valeurs morales de l’islam, convaincu que ces repères constituent un rempart contre les dérives et une source de stabilité pour la société.

L’EXODE DES COMPÉTENCES SÉNÉGALAISES : SYMPTÔME D’UNE CRISE D’ATTRACTIVITÉ NATIONALE.

Le récent communiqué du Ministre sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, adressé aux recteurs d’universités et daté du 31 décembre 2025, interpelle à plus d’un titre. Il y est question du recrutement d’une cinquantaine d’enseignants-chercheurs sénégalais par un pays voisin, en l’occurrence la République de Guinée. Le ton du document laisse transparaître une préoccupation légitime quant au respect des dispositions légales et réglementaires en vigueur dans les universités publiques sénégalaises.

Cependant, au-delà de la dimension administrative et juridique de cette situation, se pose une question fondamentale que nous ne pouvons plus éluder : pourquoi le Sénégal perd-il ses compétences ?

Un phénomène qui dépasse le cadre universitaire

L’affaire des enseignants-chercheurs n’est pas un cas isolé. Elle constitue plutôt la partie visible d’un iceberg bien plus imposant : la migration massive des compétences sénégalaises vers la sous-région ouest-africaine, le continent et même l’Occident.

Aujourd’hui, dans les aéroports de la sous-région, dans les couloirs des institutions régionales, dans les sièges des entreprises multinationales installées en Afrique de l’Ouest, il est aisé de constater la présence croissante d’experts, de cadres, de professionnels de santé, de spécialistes du développement, d’artistes et même de personnalités publiques sénégalaises qui ont choisi d’exercer leurs talents ailleurs qu’au pays de la Teranga.

Des secteurs entiers sont concernés : la santé, où médecins et infirmiers qualifiés partent vers des horizons plus attractifs ; le monde des affaires, où entrepreneurs et managers trouvent des écosystèmes plus favorables ; l’enseignement supérieur et la recherche, comme le démontre le présent cas ; le développement durable et agricole, où l’expertise sénégalaise s’exporte massivement ; sans oublier les médias, les arts et la culture, où des figures de renommée nationale choisissent désormais d’autres destinations.

Du Sénégal, terre d’accueil, au Sénégal, terre d’exil

Cette situation interroge d’autant plus qu’elle représente un renversement historique. Le Sénégal a longtemps incarné, dans l’imaginaire collectif ouest-africain, l’Eldorado régional, le phare intellectuel, la terre d’opportunités et d’excellence. Dakar était ce mégaphone culturel et académique, ce carrefour où se croisaient les ambitions, les talents et les innovations. Le pays attirait les compétences de toute la sous-région.

Aujourd’hui, ce sont les propres fils et filles du Sénégal qui prennent le chemin inverse, rejoints parfois par des ressortissants d’autres nationalités qui, eux aussi, ne voient plus dans le Sénégal cette destination privilégiée d’antan.

Que s’est-il passé ?

Éviter la stigmatisation, privilégier l’analyse.

Face à cette situation, certaines voix se sont élevées pour réclamer des sanctions contre les enseignants-chercheurs concernés. J’ai personnellement entendu un ancien recteur d’université défendre cette position. Avec tout le respect que je lui dois, je pense qu’il parle avec le cœur, dans l’émotion du moment.

Or, dans une situation aussi complexe et structurelle, on ne peut se permettre de parler uniquement avec le cœur . Il faut prendre du recul, analyser, comprendre et raisonner avec lucidité.

Ces enseignants-chercheurs, ces médecins, ces experts, ces entrepreneurs ne sont pas des traîtres à sanctionner. Ils sont des symptômes d’un dysfonctionnement systémique. Ils sont des professionnels en quête de conditions de travail décentes, de reconnaissance de leurs compétences, de rémunérations dignes de leurs qualifications, d’environnements stimulants pour l’exercice de leur métier.

La question n’est donc pas : “Comment punir ceux qui partent ?” mais plutôt : “Pourquoi le Sénégal n’attire plus ?”

Des signaux qui ne trompent pas

Pendant que le débat public sénégalais se consume dans des joutes politiciennes, des discours souverainistes parfois déconnectés des réalités économiques concrètes, et des polémiques stériles, d’autres pays de la sous-région progressent, réforment, innovent et attirent.

Récemment, la République de Guinée a été classée par l’agence de notation Standard & Poor’s comme la deuxième économie de l’Afrique francophone**. Cette performance, aussi inédite soit-elle, n’a pas suscité l’attention qu’elle mérite dans les analyses stratégiques sénégalaises. Elle témoigne pourtant d’une dynamique réelle : celle de pays qui, malgré leurs défis, créent progressivement des conditions favorables à l’investissement, à l’entrepreneuriat et à l’épanouissement des compétences.

Le Sénégal, pendant ce temps, semble enlisé dans une forme d’autosatisfaction rhétorique qui contraste avec les départs quotidiens de ses meilleurs cadres.

Mon témoignage : un parcours emblématique.

Je m’exprime aujourd’hui non seulement en tant qu’observateur, mais aussi en tant qu’acteur de cette migration des compétences. Né au Sénégal, en Casamance, j’ai grandi en Côte d’Ivoire où j’ai effectué mes études secondaires. Mon parcours professionnel m’a conduit à travailler successivement dans le secteur bancaire, dans des institutions étatiques, au Ministère du Commerce, puis comme Directeur Général de structures de développement au Sénégal

Aujourd’hui, c’est la sous-région qui valorise mon expérience et mes compétences . Je ne suis ni le premier ni le dernier à emprunter ce chemin. Des milliers de Sénégalais qualifiés vivent la même réalité : une expertise formée au Sénégal, parfois aux frais de l’État sénégalais, mais mise au service d’autres nations qui ont su créer les conditions de son expression.

Recommandations pour inverser la tendance

Il est encore temps d’inverser cette dynamique préoccupante, mais cela exige une transformation profonde et sincère. Voici quelques pistes concrètes :

  1. Réformer les conditions de travail et de rémunération dans la fonction publique

Les grilles salariales des enseignants-chercheurs, des médecins, des cadres de l’administration doivent être revues à la hausse et alignées sur les standards régionaux compétitifs. Un professeur d’université ou un médecin spécialiste ne devrait pas gagner trois à quatre fois moins au Sénégal que dans un pays voisin.

  1. Créer un environnement propice à l’excellence académique et scientifique.

Les universités sénégalaises doivent bénéficier d’investissements massifs : laboratoires modernes, bibliothèques numériques, budgets de recherche conséquents, infrastructures dignes. Comment demander à un chercheur de rester quand il manque de moyens pour mener ses travaux ?

  1. Valoriser et reconnaître les compétences nationales

Il faut mettre fin à la culture du mépris des expertises locales. Trop souvent, le Sénégal recrute des consultants internationaux à prix d’or pour des missions que des experts sénégalais pourraient accomplir avec autant, sinon plus, d’efficacité.

  1. Stabiliser l’environnement politique et économique.

Les investisseurs, comme les talents, fuient l’incertitude. Le climat politique doit être apaisé, les règles du jeu économique clarifiées et stabilisées, la justice rendue de manière équitable et prévisible.

  1. Créer un cadre incitatif pour le retour des compétences de la diaspora.

Plutôt que de sanctionner ceux qui partent, pourquoi ne pas créer des programmes attractifs pour favoriser leur retour ? Exonérations fiscales temporaires, facilités d’installation, postes à responsabilité, projets structurants : les leviers existent.

  1. Engager un dialogue national sur la fuite des cerveaux.

Cette question ne peut être traitée par décrets ministériels ou circulaires administratives. Elle mérite un véritable débat national associant universitaires, syndicats, secteur privé, diaspora et pouvoirs publics.

Conclusion : un appel à la lucidité et à l’action

Le communiqué du Ministre de l’Enseignement supérieur exprime une préoccupation légitime. Mais la solution ne réside pas dans le rappel à l’ordre des partants, elle réside dans la transformation profonde du système qui les pousse à partir.

Le Sénégal dispose d’un capital humain exceptionnel, formé dans des institutions de qualité, pétri de valeurs de travail et d’excellence. Mais ce capital s’évapore, se dilue, s’exile. Ce n’est pas une fatalité, c’est un choix politique.

Nous pouvons encore inverser la tendance , mais cela exige courage, lucidité et réformes structurelles profondes. Le temps de l’autosatisfaction est révolu. Le temps de l’action est venu.

Nos compatriotes qui choisissent d’autres cieux ne sont pas des adversaires. Ils sont des lanceurs d’alerte. Écoutons-les. Comprenons-les. Et surtout, créons les conditions pour que leur talent puisse, demain, s’exprimer pleinement au service du Sénégal.

Driss Junior DIALLO
Consultant International au Cabinet du Premier Ministre de Guinée
Expert en Administration Publique et Privée, En Développement Durable et des Chaînes de Valeurs Agricoles, En Sécurité et Sûreté des aéroports, etc.

Driss Jr. DIALLO,
Conseiller/Consultant,
Auditeur en Sécurité Nationale Pays;
Expertise Géopolitique, Intelligences, Diplomatie, Défense, Paix;
Expertise Négociations, Financements Publiques et bailleurs,
Expertise Structurations Financières de Projets,
Expertise relations Internationales;
Expertise Filières Agricoles,
Expertise Entrepreneuriat,
Spécialiste Accompagnements des Jeunes,
Ingénieur Financier & Business Developper;
CEO GAB

« Homme de l’Année » : Cheikh Mahy Cissé appelle à la citoyenneté et à un journalisme responsable

Désigné « Homme de l’Année » de la commune de Kaolack par le média La Voix du Saloum, Cheikh Mahy Cissé, imam de la Grande Mosquée, a mis à profit cette distinction pour lancer un vibrant appel à la citoyenneté et à la responsabilité collective. Il a interprété cet honneur comme un encouragement adressé à tous les Sénégalais dont les actions sont guidées par l’intérêt général et le rayonnement du pays.

Dans son allocution, l’imam a particulièrement insisté sur le rôle primordial des médias dans la société. « Le métier de journalisme est noble, car il peut diffuser de bonnes nouvelles, éduquer les peuples et unir les nations », a-t-il souligné. Toutefois, il a mis en garde contre les dérives d’un journalisme qui propage la haine, engendre des conflits et attise les divisions. Appelant la presse à assumer pleinement sa mission éducative, il a insisté sur la nécessité de penser aux enfants et à la jeunesse, qu’elle est censée informer et former, afin de leur garantir un avenir sain.

Cheikh Mahy Cissé a également rappelé que la construction nationale relève de la responsabilité de chaque citoyen, quel que soit son domaine d’activité. S’appuyant sur un enseignement islamique, il a précisé : « L’islam ne fait pas de distinction entre les actions mondaines et la dévotion spirituelle. Même débarrasser la rue d’une brindille est un acte d’adoration. »

Enfin, il a exprimé sa gratitude à l’État du Sénégal pour son soutien à son action sociale, matérialisé par le classement de l’hôpital qu’il construit en centre de santé de niveau 2, ainsi que par l’affectation d’un médecin généraliste. Une illustration concrète de son plaidoyer en faveur d’une citoyenneté active au service de la communauté.

Nathalie Yamb : l’angle mort du panafricanisme radical

L’ex-femme de l’activiste pro russe et panafricaniste a été arrêtée au bénin avant d’être relâchée. Keba, qui s’est fendu de plusieurs sorties pour fustiger cette arrestation, appelant à la dictature, oublie qu’il est lui-même conseiller du président de la junte nigérienne Abderahmane Tiani qui tient en otage Mohamed Bazoum depuis bientôt trois ans.
Kemi est une icône du panafricanisme radical. Dans cet écosystème du panafricaniste radical, une constante saute aux yeux : Kemi Seba encaisse, Nathalie Yamb avance sans encombre. L’un est frontal, poursuivi, expulsé… tandis que l’autre est omniprésente, invitée, relayée. Pourtant, derrière cette dissymétrie de traitement, une réalité dérangeante s’impose : leurs lignes idéologiques sont jumelles. Même rhétorique, mêmes alliances, mêmes méthodes. La différence n’est pas politique, elle est stratégique et médiatique.
Un même pont idéologique… pour deux destins médiatiques opposés
Nathalie Yamb et Kemi Seba avancent sur le même pont politique et idéologique : un panafricanisme radical, structuré autour de trois piliers constants. Un anti-français obsessionnel ; une rupture proclamée avec l’Occident et une fascination assumée pour la Russie.
Sur le fond, les convergences entre les deux sont nombreuses. D’abord, une domination conjointe des réseaux sociaux panafricanistes jusqu’en 2024, un soutien explicite à la Russie et à ses positions en Afrique, un recours massif à des informations non vérifiées ou orientées et des sanctions européennes et interdictions d’entrée sur le territoire de l’UE.
Mais sur la forme, le contraste est total. Kemi Seba est devenu l’homme à abattre, attaqué de toutes parts, y compris par d’autres panafricanistes. Nathalie Yamb, elle, avance à couvert, protégée par une posture d’« intellectuelle militante », un ton plus feutré, une rhétorique plus sophistiquée. Celle qui se dénomme « la dame de Sotchi » s’en sort mieux, faut-il le reconnaître.
Ce décalage de traitement ne tient ni à la cohérence idéologique, ni à la solidité factuelle de ses prises de position. Il repose sur une illusion de rigueur. Yamb utilise un vocabulaire plus académique et use de la victimisation face aux critiques.
Mais dès que l’on quitte la surface discursive pour examiner les faits, les incohérences apparaissent en série. Nathalie Yamb dénonce avec constance l’impérialisme français, qualifié de « néocolonial ».
Mais soutient l’action du groupe Wagner au Mali. Il ne s’agit pas d’une rupture avec l’impérialisme, mais d’un simple changement de parrain. Remplacer une hégémonie par une autre n’est pas une émancipation, c’est une translation de dépendance.
Installée en Suisse, et revendiquant une nationalité suisse, Nathalie Yamb mène sa croisade idéologique depuis le confort de l’Occident qu’elle vilipende. Cette position cristallise une hypocrisie largement dénoncée : critiquer l’Occident sans jamais en quitter les avantages.
L’intransigeance affichée contre certains régimes africains contraste violemment avec le mutisme quasi total sur le Cameroun, pourtant marqué par plus de quarante ans de pouvoir autoritaire sous Paul Biya. Ce silence nourrit les soupçons de complaisance. Nathalie Yambcritique tous les régimes démocratiques en Afrique francophone mais ne dit rien du Cameroun et des quatre décennies du Président Biya.
Ainsi, le contraste est désormais évident : Kemi Seba paie le prix fort de positions que Nathalie Yamb partage largement mais qu’elle exprime différemment. Cette différence de traitement n’efface pas les incohérences de fond. Elle les rend simplement moins visibles, pour l’instant.
Dans un espace informationnel de plus en plus scruté, les incohérences finissent toujours par refaire surface.

Signe Saer Diop

Pikine : quatre individus interpellés pour vol à l’arraché lors du combat de lutte Général Malika – Alioune Seye 2

Le Commissariat d’arrondissement de Pikine a procédé, le 1er janvier 2026, à l’interpellation de quatre personnes soupçonnées de vol à l’arraché. Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre des opérations de sécurisation mises en place à l’occasion du combat de lutte très attendu opposant Général Malika à Alioune Seye 2.

Selon des sources policières, les forces de l’ordre avaient déployé un important dispositif afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens durant cet événement sportif qui a drainé une foule considérable. C’est au cours de ces patrouilles et contrôles renforcés que les agents ont repéré et neutralisé les individus mis en cause, accusés d’avoir profité de l’affluence pour commettre des vols à l’arraché.

Les suspects ont été immédiatement conduits dans les locaux du commissariat, où ils ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Les premiers éléments recueillis laissent penser qu’ils agissaient de manière opportuniste, ciblant des spectateurs distraits dans la cohue autour de l’arène.

L’enquête est en cours afin de déterminer l’étendue exacte des faits reprochés, d’identifier d’éventuelles victimes supplémentaires et de vérifier si les personnes interpellées appartiennent à un réseau plus structuré. Les autorités policières rappellent, par ailleurs, leur engagement à maintenir une vigilance accrue lors des grands rassemblements populaires, afin de prévenir les actes de délinquance et de garantir la sécurité des citoyens.

Douanes sénégalaises : une performance historique de recouvrement en 2025

La Direction générale des Douanes a réalisé une performance remarquable au titre de l’exercice budgétaire 2025, en dépassant largement les objectifs de recouvrement fixés par la loi de finances. Selon un communiqué officiel transmis à la rédaction, les recouvrements effectifs se sont établis à 1.286,1 milliards de francs CFA au 31 décembre 2025, contre un objectif annuel de 1.246,2 milliards. Il en résulte une plus-value de 39,9 milliards de francs CFA, traduisant une dynamique positive et soutenue de la fiscalité douanière.

Cette performance est d’autant plus significative qu’elle s’inscrit dans une progression notable par rapport à l’année précédente. En effet, les recettes recouvrées en 2025 affichent une hausse de 103,6 milliards de francs CFA comparativement aux réalisations de 2024, confirmant ainsi la montée en puissance de l’administration douanière dans la mobilisation des ressources publiques.

Parallèlement aux recouvrements directs, les liquidations douanières ont atteint un niveau jamais égalé. Celles-ci, qui englobent les recettes collectées pour le compte d’autres administrations nationales telles que les Impôts et Domaines, ainsi que pour des organisations communautaires comme l’UEMOA et la CEDEAO, se chiffrent à 1.618,4 milliards de francs CFA. Ce montant constitue un record absolu et illustre le rôle central des Douanes dans le dispositif global de collecte des recettes de l’État.

La Direction générale des Douanes souligne que les 1.286,1 milliards de francs CFA recouvrés représentent la contribution directe de l’administration douanière au Budget national au titre de la fiscalité douanière. Cette performance s’inscrit pleinement dans l’option stratégique de souveraineté budgétaire prônée par les Hautes Autorités du pays, visant à renforcer l’autonomie financière de l’État par une mobilisation accrue des ressources internes.

Plusieurs facteurs expliquent ces résultats probants. L’administration met en avant le renforcement de la régularisation des recettes issues des importations de produits pétroliers, une meilleure maîtrise de l’assiette fiscale des produits à fort rendement, ainsi qu’un durcissement de la lutte contre la fraude commerciale. À cela s’ajoutent l’exploitation plus efficace du renseignement commercial et l’analyse approfondie des données, qui ont permis d’optimiser les contrôles et de sécuriser davantage les recettes.

La poursuite de la dématérialisation et de la digitalisation des procédures douanières, y compris au niveau des unités intérieures, a également contribué à améliorer la performance globale. Cette modernisation s’est accompagnée de l’instauration d’un climat de confiance avec les acteurs du dédouanement, favorisant une meilleure conformité et une collaboration plus fluide entre l’administration et les opérateurs économiques.

Au-delà de l’aspect financier, la Direction générale des Douanes est restée fermement engagée dans la lutte contre le trafic illicite et la criminalité transnationale organisée. Au cours de l’année 2025, les services douaniers ont saisi 1.374 kilogrammes de produits illicites, pour une contre-valeur estimée à plus de 82,4 milliards de francs CFA. À ces saisies s’ajoutent d’importantes quantités de faux médicaments, dont la valeur marchande est évaluée à près de 2 milliards de francs CFA, témoignant de la vigilance constante des Douanes face aux menaces pesant sur l’économie et la santé publique.

Assemblée nationale : les premières fissures de la majorité autour de la gouvernance d’El Malick Ndiaye

Alors que la Présidence de l’Assemblée nationale boucle sa première année, un débat inattendu mais explosif s’invite au cœur même de la majorité parlementaire. Les critiques les plus virulentes ne viennent plus de l’opposition, mais de l’intérieur de Pastef. Le député Mouramani Kaba Diakité, numéro trois du parti, a provoqué une véritable onde de choc en accusant publiquement le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, de népotisme, de gabegie et de gestion clanique, selon des propos rapportés par L’AS.

La sortie, particulièrement musclée, a été faite lors d’échanges sur un panel WhatsApp avant d’être largement relayée sur les réseaux sociaux. Originaire de Tambacounda, le parlementaire n’a pas mâché ses mots, dressant un réquisitoire sans concession contre la gouvernance interne de l’institution parlementaire. Une démarche qui peut s’apparenter à un tir contre son propre camp, mais que Mouramani Kaba Diakité assume pleinement, invoquant la nécessité de cohérence et de bonne gouvernance.

Selon lui, El Malick Ndiaye aurait progressivement mis en place un système centré sur ses intérêts personnels et ceux d’un cercle restreint de proches. Il affirme que, à l’image du Président de la République ou du Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale se serait doté d’un cabinet pléthorique, composé en grande partie de personnes issues de son fief et de relations personnelles. Une pratique qui, aux yeux du député, trahirait l’esprit de rupture prôné par le nouveau régime.

Allant plus loin, Mouramani Kaba Diakité prête à El Malick Ndiaye des ambitions politiques futures qu’il jugerait prématurées et déplacées dans le contexte actuel. « On dirait qu’il est en stage pour demain être à la place de Diomaye », aurait-il lancé, avant de l’exhorter à ne pas se comporter « en loup dans une peau de biche ». Des propos lourds de sous-entendus, qui témoignent d’un malaise profond au sein de la majorité.

Au-delà des attaques personnelles et politiques, le député appelle à des mesures concrètes. Il annonce son intention de proposer un audit de la gestion du président de l’Assemblée nationale, ainsi qu’une révision du règlement intérieur. L’une de ses principales propositions consiste à limiter le mandat du président de l’institution à une durée d’un an renouvelable, alignée sur celle du mandat parlementaire. Une réforme qui, si elle venait à être adoptée, pourrait profondément modifier l’équilibre des pouvoirs et le fonctionnement interne de l’hémicycle.

Mouramani Kaba Diakité dénonce également des recrutements qu’il qualifie de fictifs. Il évoque notamment des agents affectés à Linguère qui, selon lui, ne se présenteraient jamais à l’Assemblée nationale tout en continuant à percevoir leurs salaires. Pour le député, ces pratiques rappellent des dérives du passé que Pastef a toujours combattues. Il insiste sur le fait que le slogan « Jub, Jubal, Jubanti » ne doit pas rester un simple mot d’ordre, mais se traduire par des actes concrets et visibles.

La taille du cabinet du président de l’Assemblée figure aussi parmi les principaux griefs. Toujours selon L’AS, Mouramani Kaba Diakité affirme qu’El Malick Ndiaye disposerait de 67 agents, contre 47 pour son prédécesseur. À cela s’ajouterait une dotation mensuelle de 5 000 litres de carburant. Plus choquant encore, selon le député, l’Assemblée nationale prendrait en charge un cuisinier personnel du président, rémunéré à hauteur d’un million de francs CFA par mois. Un symbole, à ses yeux, de l’absence de rationalisation pourtant promise aux Sénégalais.

Enfin, le parlementaire soulève la question sensible de la gestion des dettes héritées de la 14e législature. Il affirme que les dettes contractées par les députés de Benno Bokk Yaakaar auraient été réglées, contrairement à celles des députés de Pastef. À cela s’ajoute, selon lui, une opacité persistante autour du marché d’acquisition de véhicules pour les députés. Il dénonce le fait que des retenues soient opérées depuis plusieurs mois sur leurs indemnités, sans que les véhicules promis ne soient livrés ni que des explications claires ne soient fournies. Plus grave encore, aucun député n’aurait voté ce marché, affirme-t-il.

Cheikhou Oumar Niasse (vers 1889–1966)

Figure religieuse et deuxième khalife de El Hadji Abdoulaye Niasse

Cheikhou Oumar Niasse est né vers 1889 à Daga Malick, en République de Gambie. Il est le fils de El Hadji Abdoulaye Niasse, éminent érudit et guide spirituel de la confrérie tidjane, et de Seynabou Diaw, issue d’une famille réputée pour sa piété et son attachement aux valeurs islamiques.

Élevé dans un environnement profondément imprégné de savoir religieux, Cheikhou Oumar Niasse reçoit dès son plus jeune âge une formation islamique rigoureuse. Il grandit à l’ombre de son père, dont il assimile les enseignements spirituels, moraux et intellectuels. Il se distingue très tôt par sa discipline, sa piété et son sens aigu des responsabilités. Cette éducation fait de lui un homme respecté au sein de sa communauté et un héritier naturel de l’œuvre religieuse et sociale de son père.

À la disparition de El Hadji Abdoulaye Niasse, Cheikhou Oumar Niasse est désigné deuxième khalife, fonction qu’il exerce de 1959 à 1966. Durant son khalifat, il s’attache à préserver et à consolider l’héritage spirituel légué par son père, en mettant un accent particulier sur la transmission du savoir religieux, le renforcement de la cohésion communautaire et le respect des valeurs fondamentales de l’islam.

Son leadership se caractérise par la sobriété, la sagesse et un profond sens du devoir. Il œuvre constamment au maintien de l’unité des disciples et à la continuité des enseignements tidjanes, dans un contexte marqué par d’importantes mutations sociales et politiques en Afrique de l’Ouest.

Cheikhou Oumar Niasse s’éteint en 1966, laissant derrière lui le souvenir d’un guide spirituel dévoué, fidèle à l’héritage de El Hadji Abdoulaye Niasse et unanimement respecté pour son engagement sincère au service de l’islam et de la communauté.

Kaolack – Campagne arachidière 2025 : la voix religieuse se fait porte-voix de la détresse paysanne

Dans le bassin arachidier de Kaolack, la campagne agricole 2025 ne se limite plus à une simple question de rendement ou de prix au kilogramme. Elle est devenue une préoccupation sociale majeure, au point de susciter l’intervention de figures religieuses de premier plan. À Médina Baye, Cheikh Sidy Araby Niass, Khalif de Cheikh El Hadji Mouhammad Zeynabou Niass, a publiquement exprimé son inquiétude face à la situation difficile que traversent les producteurs agricoles.

Lors d’une intervention empreinte de gravité et de responsabilité morale, le guide religieux a dressé un constat alarmant : la précarité persistante des paysans, en dépit des annonces officielles censées améliorer le déroulement de la campagne. Selon lui, les difficultés liées à la commercialisation de l’arachide et des autres céréales continuent de peser lourdement sur les ménages ruraux, compromettant leur stabilité économique et sociale.

Au-delà des chiffres et des discours institutionnels, Cheikh Sidy Araby Niass a insisté sur la dimension humaine de la crise. Retards dans l’écoulement de la production, faibles revenus, incertitude permanente : autant de facteurs qui, selon lui, portent atteinte à la dignité des paysans et fragilisent la cohésion sociale dans les zones rurales. « Lorsque le paysan souffre, c’est toute la société qui est ébranlée », a-t-il rappelé, appelant à une prise de conscience collective.

Le Khalif a également dénoncé des dysfonctionnements structurels dans l’organisation de la filière arachidière, évoquant notamment l’absence de mécanismes de protection efficaces contre la spéculation et les pertes financières. Pour lui, ces insuffisances traduisent un écart préoccupant entre les engagements annoncés et la réalité vécue sur le terrain.

Dans un pays où l’arachide demeure un pilier de l’économie agricole, la sortie de Cheikh Sidy Araby Niass résonne comme un véritable signal d’alarme. Elle rappelle le rôle historique des autorités religieuses en tant que médiateurs sociaux et défenseurs des plus vulnérables. À Kaolack, cette prise de parole vient ainsi renforcer les appels à des réformes urgentes, fondées sur la transparence, la justice économique et le respect de la parole donnée.

Alors que la campagne arachidière 2025 se poursuit dans un climat de tensions et d’incertitudes, cette interpellation morale remet le paysan au centre du débat et invite les décideurs à repenser les politiques agricoles à l’aune des réalités humaines du monde rural.

Affaire Softcaire–ARP : quand l’incertitude réglementaire fragilise consommateurs, emplois et industrie nationale

Au-delà du différend opposant l’industrie Softcaire à l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP), cette affaire met en lumière les failles d’une gouvernance sanitaire mise à rude épreuve par la gestion de l’information. C’est le constat dressé par l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (UNCS), à l’issue d’une tournée nationale ayant révélé une inquiétude croissante au sein des populations et des acteurs économiques.

Dans les marchés, chez les distributeurs comme auprès des consommateurs, un même sentiment domine : l’absence de communication officielle claire a installé un climat d’incertitude aux conséquences multiples. Chute de la confiance, ralentissement des activités commerciales, interrogations sur la sécurité des produits et craintes quant à l’avenir d’une industrie nationale figurent parmi les effets collatéraux relevés par l’UNCS.

Pour l’organisation, le silence prolongé des autorités sanitaires risque d’aggraver une situation déjà sensible. « Le flou nourrit la spéculation », avertit-elle, soulignant le danger d’une crise de confiance durable, non seulement à l’égard d’un produit ou d’une entreprise, mais plus largement envers l’ensemble du système de régulation.

Si la protection de la santé publique demeure non négociable, l’UNCS insiste toutefois sur la nécessité d’un équilibre dans le traitement du dossier. Elle appelle à une gestion rigoureuse, indépendante et équitable, respectueuse de la présomption d’innocence, afin d’éviter que des milliers d’emplois sénégalais ne soient indirectement menacés par une communication imprécise ou tardive.

L’organisation plaide également pour une approche globale du contrôle sanitaire, recommandant l’extension des inspections à toutes les marques de produits similaires présentes sur le marché. Une mesure qui, selon elle, renforcerait l’équité concurrentielle et rassurerait les consommateurs quant à l’impartialité de l’État.

Dans ce contexte, l’appel de l’UNCS au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique dépasse la simple exigence de transparence. Il s’agit, pour l’organisation, d’un véritable test de crédibilité pour les institutions, appelées à démontrer leur capacité à protéger à la fois la santé des citoyens, la stabilité économique et la confiance du public.

Saly : un vigile écroué pour vol avec violence et usurpation de fonction

Un fait divers aussi choquant que révélateur d’une usurpation d’autorité a conduit à l’incarcération de M. Diallo Diop, vigile de profession, marié et père de famille. Il est poursuivi pour vol avec violence et usurpation de fonction, et a été placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Mbour depuis lundi dernier. Les faits se sont produits dans la station balnéaire de Saly, haut lieu touristique du département de Mbour.

Selon les informations rapportées par L’Observateur dans son édition du vendredi 2 janvier, l’agression s’est déroulée dans la nuit du samedi 27 décembre, aux environs de minuit, à Saly Carrefour. Vêtu d’un uniforme de police, Diallo Diop aurait accosté une travailleuse du sexe nigériane, identifiée sous le nom de M. Ogoro, devant un bar de la localité. Se faisant passer pour un agent des forces de l’ordre en patrouille, il lui aurait intimé l’ordre de lui remettre l’argent qu’elle avait gagné au cours de la nuit.

Face au refus catégorique de la jeune femme, la situation aurait rapidement dégénéré. Toujours selon la même source, le faux policier se serait livré à une violence extrême, rouant la victime de coups avant de lui arracher son téléphone portable et la somme de 20 000 francs CFA. La scène, d’une rare brutalité, s’est déroulée en pleine voie publique.

La tentative de fuite de l’agresseur a toutefois été de courte durée. Des agents de la brigade de recherches, en patrouille dans le secteur au même moment, ont surpris l’altercation. Une course-poursuite s’en est suivie avant que Diallo Diop ne soit finalement maîtrisé et interpellé. Il a ensuite été conduit au commissariat de police de Saly Portudal pour les besoins de l’enquête.

Devant les enquêteurs, le mis en cause a tenté de minimiser les faits en livrant une version totalement différente. Il a soutenu qu’il ne s’agissait pas d’une agression, mais plutôt d’un différend lié à une « passe » tarifée à 3 500 francs CFA, survenue dans un bâtiment en construction. Concernant l’uniforme de police, il a affirmé qu’il s’agissait d’un simple « cadeau » offert par un cousin adjudant, cherchant ainsi à écarter toute intention frauduleuse.

Ces explications n’ont cependant pas convaincu les autorités judiciaires. Le parquet de Mbour, estimant les charges suffisamment graves et étayées, a décidé de le placer sous mandat de dépôt. Diallo Diop devra désormais répondre de ses actes devant la justice, tandis que cette affaire relance le débat sur l’usurpation de fonction et la sécurité dans les zones touristiques du pays.

Recrutement en Guinée : le ministre Daouda Ngom interpelle les universités publiques sénégalaises

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a exprimé de vives préoccupations à la suite de la découverte de la présence de cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais sur une liste d’admis à un recrutement dans la fonction publique d’un pays voisin, en l’occurrence la République de Guinée. Ces enseignants-chercheurs seraient actuellement en exercice dans les universités publiques du Sénégal.

Dans une circulaire datée du 31 décembre 2025, le ministre indique avoir pris connaissance de cette situation à travers des documents officiels relatifs audit recrutement. Selon lui, l’enrôlement d’enseignants-chercheurs sénégalais dans la fonction publique d’un autre État pose un sérieux problème au regard des dispositions légales et réglementaires qui encadrent le statut et les obligations des enseignants-chercheurs au sein des universités publiques sénégalaises.

Le Pr Daouda Ngom estime que cette situation est susceptible d’avoir des répercussions négatives sur le fonctionnement normal des établissements d’enseignement supérieur, notamment en ce qui concerne la continuité des enseignements, le suivi des étudiants et le bon déroulement des activités de recherche. Elle soulève également la question de la gestion des ressources humaines dans un contexte marqué par un besoin constant de personnel qualifié au sein des universités publiques du pays.

Dans cette perspective, le ministre a instruit les recteurs des universités publiques de se saisir sans délai de cette affaire. Il leur a demandé de procéder à un examen approfondi de la situation administrative et contractuelle des enseignants-chercheurs concernés, afin de déterminer la nature exacte de leurs engagements vis-à-vis de l’État du Sénégal et de leurs établissements d’affectation.

Le ministre a également exigé que les recteurs l’informent, dans les meilleurs délais, des résultats de leurs diligences, notamment en ce qui concerne les mesures envisagées ou déjà prises pour le règlement de cette affaire jugée préoccupante. L’objectif affiché est d’assurer une gestion optimale et coordonnée des ressources humaines, tout en garantissant la continuité et la qualité du service public d’enseignement supérieur et de recherche.

En conclusion de sa circulaire, le Pr Daouda Ngom a tenu à souligner l’importance qu’il accorde à l’exécution effective de cette instruction. Il a rappelé aux responsables universitaires leur responsabilité dans la préservation des intérêts du système universitaire national et dans le respect strict des textes en vigueur régissant la fonction d’enseignant-chercheur au Sénégal.

Nouvelle affaire d’abus de confiance : Seydina Fall « Boughazéli » de nouveau dans les filets de la justice

Le feuilleton judiciaire de Seydina Fall, plus connu du grand public sous le surnom de « Boughazéli », connaît un nouvel épisode. À peine condamné à deux mois de prison ferme pour abus de confiance, l’homme de 56 ans se retrouve encore une fois confronté à la justice, dans une affaire aux relents de pratiques immobilières douteuses.

Selon les révélations du quotidien Libération, Seydina Fall a été extrait de sa cellule de la prison centrale de Rebeuss le 30 décembre dernier pour être placé en garde à vue par les éléments de la sûreté urbaine du commissariat de Guédiawaye. Cette nouvelle procédure fait suite à une plainte déposée par une dame identifiée par les initiales A. Sall, qui met en cause « Boughazéli » ainsi qu’un courtier immobilier du nom de Moustapha Ndiaye.

Récemment reconverti en agent immobilier, Seydina Fall est accusé d’abus de confiance dans le cadre d’une affaire de location immobilière. D’après les déclarations de la plaignante, elle aurait été mise en relation avec le courtier Moustapha Ndiaye pour la location d’un appartement présenté comme étant la propriété de Seydina Fall. Après des discussions et un accord verbal entre les parties, ce dernier aurait perçu, dès le mois de novembre 2025, la somme de 370 000 francs CFA, remise contre une décharge. En contrepartie, il se serait engagé à mettre rapidement l’appartement à la disposition de la future locataire.

Cependant, cette promesse ne sera jamais honorée. Malgré le paiement effectué, A. Sall n’a jamais pu accéder au logement en question. Face au silence et à l’absence de solution, elle a fini par saisir les autorités compétentes, estimant avoir été flouée. L’enquête ouverte à la suite de cette plainte a rapidement mis en lumière des zones d’ombre, notamment le rôle du courtier impliqué dans la transaction.

Convoqué par les enquêteurs pour s’expliquer, Moustapha Ndiaye ne s’est pas présenté, compliquant davantage le travail des policiers, selon Libération. Cette absence alimente les soupçons autour d’un possible montage frauduleux et renforce la gravité des accusations portées contre les deux hommes.

Pour sa part, Seydina Fall, extrait de prison pour les besoins de l’enquête, a choisi de garder le silence lors de son audition. Il a indiqué vouloir attendre la présence de son avocat avant toute déclaration. Conformément à la procédure, son droit à un conseil lui a été notifié avant son placement en garde à vue, intervenu le 30 décembre à 14 heures 04 minutes précises.

Dyarchie au sommet de l’État : les mises en garde du Dr Malaw Kanté après la sortie de Ousmane Sonko

La sortie médiatique du Premier ministre Ousmane Sonko, le 1er janvier, au lendemain du message de nouvel an du Président de la République Bassirou Diomaye Faye, continue de susciter de nombreuses réactions dans le paysage politique sénégalais. Parmi les analyses les plus critiques figure celle du politologue Dr Malaw Kanté, qui évoque une situation préoccupante de « cacophonie au sommet de l’État », susceptible, selon lui, d’avoir des répercussions durables sur l’image et la stabilité du pays.

Dans un entretien accordé à L’Observateur, le spécialiste des questions politiques souligne le caractère inédit de la posture adoptée par le chef du gouvernement. Ousmane Sonko a publiquement affirmé que ses fonctions de Premier ministre ne « brident pas sa liberté », une déclaration que Dr Kanté considère comme un précédent dans l’histoire politique récente du Sénégal. À ses yeux, cette liberté de ton tranche avec la tradition institutionnelle, marquée jusque-là par une hiérarchie exécutive clairement assumée et un alignement public entre le Président et son Premier ministre.

Pour le politologue, cette configuration singulière trouve son origine dans un rapport de force inversé. Il rappelle que le Président Bassirou Diomaye Faye a été porté au pouvoir dans un contexte politique où Ousmane Sonko occupait une place centrale et déterminante. De ce fait, estime-t-il, le Premier ministre apparaît aujourd’hui comme un acteur politiquement difficile à écarter, sans risquer de provoquer un choc majeur au sein de la coalition au pouvoir et, plus largement, sur la scène nationale.

Dans le même temps, Dr Kanté observe que le chef du gouvernement poursuit une offensive verbale contre ce qu’il qualifie de « système », y compris à l’intérieur même de l’appareil d’État. Les annonces répétées de possibles révélations et de « déballages » à venir contribuent, selon lui, à installer un climat d’incertitude et placent parfois le Président de la République dans une position inconfortable, pris entre la nécessité d’incarner l’unité de l’État et les prises de position tranchées de son Premier ministre.

Le politologue estime que le Sénégal semble ainsi s’éloigner du schéma classique d’un couple exécutif cohérent et solidaire, pour glisser vers ce qu’il qualifie de « dyarchie », voire de bicéphalisme conflictuel. Dans cette configuration, le centre réel du pouvoir devient difficile à identifier, brouillant la lecture de l’action publique et laissant planer le doute sur l’autorité qui fixe réellement le cap et le tempo de la gouvernance. Cette situation alimente même, selon lui, l’idée que le Premier ministre pourrait suivre un agenda politique distinct de celui de la Présidence.

Pour Dr Malaw Kanté, les conséquences de cette dissonance ne sont pas anodines. Elle nourrit une confusion générale au sein de l’opinion publique, exacerbe les tensions internes dans la coalition au pouvoir et fragilise, à terme, l’autorité de l’État. Sur le plan international également, cette dynamique est scrutée avec attention et prudence. Certains observateurs y voient déjà les prémices d’une forme de « guerre froide » entre les deux têtes de l’exécutif sénégalais.

Fatick – Éducation : le lycée de Passy, un investissement stratégique contre l’exode scolaire

La pose de la première pierre du lycée de Passy, présidée par le Premier ministre Ousmane Sonko, marque bien plus que le lancement d’un chantier estimé à 3,5 milliards de francs CFA. Elle symbolise une réponse concrète à un déficit structurel de l’offre éducative dans cette commune du département de Fatick, longtemps confrontée à l’exode scolaire de ses élèves.

Pendant des années, l’absence d’un établissement d’enseignement secondaire a contraint de nombreux collégiens et lycéens à se déplacer quotidiennement vers des localités voisines, les exposant aux risques de décrochage scolaire, à la fatigue et à des charges financières supplémentaires pour les familles. Avec une capacité d’accueil de 1 500 élèves, le futur lycée ambitionne de freiner cette dynamique et de rééquilibrer l’accès à l’éducation post-collège.

S’étalant sur une durée de 18 mois, le projet prévoit la construction de 24 salles de classe ainsi que d’un laboratoire, intégrant des innovations à caractère écologique. Cette approche s’inscrit dans la volonté des autorités de promouvoir des infrastructures publiques durables, adaptées aux défis environnementaux actuels.

Pour le chef du gouvernement, ce chantier vise à corriger un retard historique. Soixante-cinq ans après l’indépendance du Sénégal, Passy amorce enfin la construction d’un lycée à la hauteur de son statut et de ses ambitions. Un signal fort adressé aux collectivités territoriales, dans un contexte où l’État affiche sa volonté de réduire les inégalités territoriales en matière d’éducation.

Du côté des autorités locales, le soulagement est palpable. Le maire de Passy, Baye Niass, voit dans ce projet un levier de développement humain et social. Au-delà de l’infrastructure, il s’agit d’un investissement dans le capital humain, susceptible d’améliorer les performances scolaires, de renforcer l’employabilité future des jeunes et de favoriser la stabilisation des familles au sein de la commune.

Si les populations saluent unanimement cette initiative, elles restent néanmoins attentives au respect des délais et à la qualité des travaux. Pour elles, l’enjeu est clair : faire de ce lycée un véritable pôle d’excellence éducative, capable de transformer durablement le paysage scolaire local.

À Passy, la pose de la première pierre du lycée ne marque donc pas seulement le début d’un chantier, mais nourrit l’espoir d’un avenir où l’éducation devient un droit pleinement accessible, et non un parcours d’obstacles.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°640 – 02/01/2026

🔴 DISCOURS DE S.E BASSIROU DIOMAYE FAYE ET SORTIE DE SONKO : LA COMMUNICATION PRÉSIDENTIELLE BROUILLÉE AU SOMMET DE L’ÉTAT
🔴 TERRIBLE ACCIDENT AYANT FAIT 03 MORTS NON LOIN DE DIOURBEL : LA ROUTE A ENCORE TUÉ

🔴 CAN 2025 : LE TABLEAU FINAL DÉVOILÉ, PLACE À LA PHASE DÉCISIVE
🔴 CAN 2025 : BOULAYE DIA, L’OUBLIÉ DE PAPE THIAW

Une autopsie dévastatrice : le Sénégal raconté et le Sénégal vécu par Diomaye FAYE

Le Président Diomaye Faye a pris la parole. Mais derrière un vernis rhétorique poli et quelques annonces chiffrées, la réalité frappe. Car le Sénégal qu’il décrit n’est pas celui que vivent des millions de citoyens. Les promesses s’accumulent, mais les actes se font attendre. Entre slogans, tripatouillages institutionnels et discours décousu, le peuple n’a pas élu un narrateur, mais cherche un bâtisseur.

Un pays décrit… mais pas vécu

Le Chef de l’État vante des milliers de salles de classe, plus de 180 km de routes, une baisse du coût de la vie.
Cependant, sans relance économique, sans création de richesse et sans pouvoir d’achat, ces annonces restent suspendues dans l’air.

On affiche des chiffres, mais les assiettes restent vides. On parle de baisse des prix, tandis que les revenus stagnent.
Ainsi, la statistique remplace le vécu quotidien.

Agriculture : la souveraineté… sans la terre

La souveraineté alimentaire est brandie comme un mantra.
Pourtant, sans réforme foncière, sans accès sécurisé à la terre et sans baisse réelle du coût des intrants, cette souveraineté reste un slogan creux.
On proclame la rupture, mais on perpétue l’importation.

Ainsi, la rhétorique masque la continuité de la dépendance alimentaire.
Arachide : le discours contredit par la campagne
Le Président affirme que la filière arachidière est redynamisée.
Pourtant, à peine le discours terminé, des paysans ont organisé un concert de casseroles pour exiger l’achat de leurs récoltes.
Ainsi, quand le pouvoir célèbre, le monde rural proteste.
L’arachide continue d’être exportée brute, les producteurs restent exploités et les circuits demeurent opaques.
On parle de valeur ajoutée, mais on entretient la dépendance.

Pêche : protéger sans protéger

La défense de la pêche artisanale était promise.
Or, les accords de pêche étrangers ne sont ni suspendus ni renégociés sérieusement, la surveillance reste faible et la transformation locale est absente.
Ainsi, la mer est sacrifiée tandis que le discours flotte.

Emploi : le mirage des chiffres

Le Chef de l’État parle d’emplois massifs.
Cependant, aucun plan chiffré, aucun calendrier, aucun financement clairement identifié n’est présenté.
L’emploi devient une promesse émotionnelle et non une politique publique.
Ainsi, on rassure la jeunesse par les mots, mais on l’abandonne dans les faits.

Santé : déclaration d’intention sans moyens

La justice sociale est invoquée. Pourtant, les hôpitaux restent sous-équipés, la CMU demeure largement inopérante et le personnel médical est abandonné à l’épuisement.
Ainsi, la déclaration d’intention proclamée ne guérit personne.

Recrutements publics : l’opacité qui inquiète

Le pouvoir se félicite de recrutements :
2 000 enseignants sans critères connus
2 300 employés à la SONACOS sans appel à candidature
Car, un État sérieux recrute dans la transparence, et non dans le soupçon de clientélisme.
Ainsi, ce qui devrait être une garantie devient un instrument de doute et de frustration.

Réformes institutionnelles : entre chambre d’enregistrement et tripatouillages

L’indépendance de la justice est proclamée.
Or, les poursuites paraissent sélectives et le Conseil supérieur de la magistrature reste sous influence exécutive.
La Cour constitutionnelle ne nous inspire pas confiance. En effet, elle s’annonce comme une chambre d’enregistrement des volontés juridiques de PASTEF, mais également comme une passoire où tous les désiderats de PASTEF passeront comme lettres à la poste.
De plus, la modification annoncée du Code électoral suit le même chemin : validée par le Conseil des ministres, confirmée par une Assemblée nationale où PASTEF a une majorité écrasante et entérinée par les lois internes du parti.
Ainsi, nous attendrons les Sénégalais sur ces dérives, ces manquements et ces tripatouillages, qui risquent de conduire le peuple au gouffre.
La loi doit avoir une portée générale, impersonnelle et transcender les clivages et obédiences politiques.
En effet, sans cela, les institutions deviennent un instrument de pouvoir partisan et non une protection pour tous.

Un discours sans architecture

Le discours est décousu : éducation, santé, retour à l’éducation, sécurité, énergie puis encore santé.
Ainsi, ce n’est pas une vision, c’est une juxtaposition.

Or, un discours présidentiel doit hiérarchiser, trancher et orienter. Ici, le fil conducteur est absent.
En définitive, le peuple n’a pas élu un narrateur. Le discours du Président Diomaye Faye accumule :des intentions sans mécanisme, des promesses sans instruments, une morale sans architecture institutionnelle.

Ainsi, il est bien écrit, il est bien prononcé, mais il reste politiquement creux.
Le peuple sénégalais n’a pas élu un narrateur, mais veut un bâtisseur.
On ne gouverne pas avec des mots, mais avec des décisions.
Par conséquent, tant que le Sénégal raconté ne rencontrera pas le Sénégal vécu, la fracture entre le pouvoir et le peuple continuera de s’élargir.

Moussa Niang délégué National à la vié politique de Guem Sa Bopp, les jambaars.

Clôture des 72 heures de Passy : Ousmane Sonko réaffirme la reddition des comptes et le refus de toute impunité

La commune de Passy a servi de cadre, ce jeudi 1er janvier 2026, à un message politique fort du Premier ministre Ousmane Sonko, à l’occasion de la clôture des 72 heures culturelles et sportives. Devant une foule acquise à sa cause, le chef du gouvernement a saisi l’opportunité pour revenir sur l’un des piliers majeurs de l’action du nouveau pouvoir : la reddition des comptes et la lutte implacable contre l’impunité.

Dans un discours empreint de fermeté, Ousmane Sonko a tenu à dissiper toute ambiguïté. Selon lui, il n’est nullement question d’oubli, de pardon automatique ou d’arrangements politiques lorsqu’il s’agit de la gestion des deniers publics. Tous ceux qui ont détourné ou mal utilisé les ressources de l’État devront, a-t-il martelé, répondre de leurs actes devant la justice. Pour le Premier ministre, cette exigence n’est ni une revanche ni un acharnement, mais un impératif moral et républicain destiné à restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.

Poursuivant son propos, le chef du gouvernement est revenu sur ce qu’il considère comme de graves erreurs de priorisation dans les politiques publiques menées par le passé. Il a dénoncé une mauvaise orientation des ressources nationales, estimant que des secteurs essentiels tels que l’agriculture, l’élevage, l’industrie et les services sociaux de base n’ont pas bénéficié des investissements nécessaires, au détriment du développement économique et social du pays. À ses yeux, cette situation explique en grande partie la vulnérabilité de larges franges de la population et la dépendance persistante du Sénégal vis-à-vis de l’extérieur.

Pour illustrer concrètement ses propos, Ousmane Sonko a pris l’exemple du secteur stratégique des phosphates. Il a jugé incohérente et inacceptable la situation dans laquelle le Sénégal, pourtant producteur de phosphate, continue d’importer massivement de l’engrais. Le Premier ministre a révélé que plus de 90 % de l’acide phosphorique produit par les Industries chimiques du Sénégal (ICS) était exporté avant d’être réimporté par le pays, une pratique qu’il affirme avoir arrêtée. Pour lui, cette décision incarne l’essence même du combat porté par Pastef, fondé sur la souveraineté économique et la valorisation des ressources nationales au profit des Sénégalais.

S’adressant particulièrement à la jeunesse, Ousmane Sonko a appelé à la vigilance face aux discours qu’il juge trompeurs ou contraires à cette vision de rupture. Il a insisté sur la nécessité pour les jeunes de comprendre les enjeux réels de la gouvernance et de ne pas se laisser distraire par des narratifs visant à banaliser les dérives du passé.

Le Premier ministre a également élargi sa réflexion à la responsabilité citoyenne, dénonçant la normalisation de la corruption et certaines pratiques politiques consistant à distribuer de l’argent pour acheter des soutiens. Selon lui, ces comportements contribuent à affaiblir la démocratie et à pervertir le sens même de l’engagement politique.

Dans un ton grave, Ousmane Sonko a rappelé que la politique repose avant tout sur la confiance des citoyens. « Un homme politique ne vit que de la confiance du peuple », a-t-il averti, soulignant que sa perte marque inévitablement la fin d’une carrière politique. Il a insisté sur le fait que la politique ne saurait être une affaire de mondanités, de combines ou de détournement de fonds publics, mais un engagement au service exclusif de l’intérêt général.

Concluant son intervention, le leader de Pastef a souligné que chaque décision prise par les dirigeants devra être assumée, non seulement devant le peuple, mais également devant Dieu. Un message à forte portée éthique, qui s’inscrit dans la volonté affichée du nouveau régime de rompre avec les pratiques du passé et de bâtir une gouvernance fondée sur la responsabilité, la transparence et la redevabilité.

Université de Touba : l’UCAK engage le processus d’accréditation de ses diplômes et consolide son ancrage académique

L’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (UCAK) de Touba franchit une étape décisive dans son développement institutionnel et académique. Après avoir obtenu l’habilitation officielle de l’État du Sénégal, l’établissement est désormais engagé dans le processus d’accréditation de ses diplômes de licence et de master, à la suite d’un avis favorable de l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur (ANAQ-Sup). Une avancée majeure qui confirme l’ambition de l’UCAK de s’inscrire durablement dans le paysage universitaire national et international.

L’annonce a été faite ce mercredi par le président du Complexe Cheikh Ahmadoul Khadim (CCAK), Serigne Ahmadou Badawi Mbacké, lors d’un point de presse tenu à Touba. Selon lui, l’université entre dans « une autre phase stratégique », celle de l’accréditation des diplômes, qui constitue un jalon essentiel pour la reconnaissance académique des formations dispensées. Il s’est montré particulièrement confiant quant à l’issue de cette nouvelle étape, estimant que l’expérience acquise durant le processus d’habilitation constitue un atout majeur.

Trois ans après le démarrage effectif des enseignements, Serigne Ahmadou Badawi Mbacké a qualifié l’habilitation obtenue par l’UCAK de résultat « majeur », soulignant qu’elle n’est pas une fin en soi, mais plutôt le point de départ d’un processus d’amélioration continue. Pour lui, l’accréditation des diplômes est déterminante, car elle conditionne non seulement la reconnaissance nationale et internationale des parchemins délivrés, mais atteste également du respect des standards de qualité exigés dans l’enseignement supérieur moderne.

Cette reconnaissance institutionnelle traduit, selon les responsables de l’université, la conformité de l’UCAK aux critères académiques, pédagogiques et administratifs définis par les autorités sénégalaises et les référentiels internationaux. Elle renforce aussi la crédibilité de l’établissement auprès des étudiants, des partenaires académiques et du monde professionnel, en garantissant que les formations proposées répondent aux exigences de rigueur scientifique et de professionnalisation.

De son côté, le recteur de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim, le professeur Lamine Gueye, a tenu à rappeler la vocation inclusive de l’institution. Insistant sur l’ouverture de l’UCAK, il a souligné qu’il ne s’agit nullement d’une université régionale ou communautaire au sens restrictif, mais d’un établissement ouvert à tous les Sénégalais, et au-delà, désireux de se former dans les sciences islamiques, la langue arabe ou les autres filières professionnelles enseignées au sein de l’université.

Le recteur a également mis en avant la dimension sous-régionale que l’UCAK commence à prendre, avec l’accueil, cette année, d’étudiants venus de plusieurs pays voisins. Une dynamique qui conforte l’ambition de l’université de devenir un pôle académique de référence, alliant enseignement religieux, sciences humaines et formations professionnalisantes, dans le respect des valeurs culturelles et spirituelles portées par la ville sainte de Touba.

En s’engageant résolument dans le processus d’accréditation de ses diplômes, l’UCAK confirme ainsi sa volonté de concilier héritage spirituel et exigences académiques contemporaines. Une orientation qui pourrait, à terme, renforcer l’attractivité de l’université, contribuer à la diversification de l’offre d’enseignement supérieur au Sénégal et offrir de nouvelles perspectives aux étudiants, tant sur le plan académique que professionnel.

Recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais en Guinée : le ministre de l’Enseignement supérieur interpelle fermement les recteurs

Le recrutement de cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais par la République de Guinée suscite une vive inquiétude au sommet de l’État. Dans une circulaire datée du 31 décembre 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le professeur Daouda Ngom, a officiellement saisi les recteurs des universités publiques sénégalaises après avoir constaté que plusieurs enseignants en exercice figurent sur une liste d’admis à un concours de recrutement organisé par un pays voisin.

Selon le ministre, cette situation pose un sérieux problème de conformité avec les textes législatifs et réglementaires qui encadrent le statut des enseignants-chercheurs au Sénégal. L’enrôlement de personnels universitaires sénégalais dans la fonction publique d’un autre État, alors qu’ils sont toujours en service dans les universités nationales, est susceptible de remettre en cause les principes fondamentaux de gestion des ressources humaines, mais aussi la continuité des missions d’enseignement, de recherche et d’encadrement des étudiants.

Dans sa correspondance, le professeur Daouda Ngom souligne que les universités publiques sénégalaises évoluent déjà dans un contexte marqué par un déficit structurel en enseignants-chercheurs, avec des effectifs étudiants en constante augmentation. Le départ, ou même la perspective d’un double engagement institutionnel, de plusieurs dizaines d’enseignants risque, selon lui, d’aggraver les difficultés pédagogiques, d’alourdir les charges des équipes restantes et de fragiliser davantage le fonctionnement des établissements.

C’est pourquoi le ministre a instruit les recteurs de se saisir sans délai de ce dossier qu’il qualifie de préoccupant. Il leur demande de procéder à une évaluation rigoureuse de la situation administrative et contractuelle des enseignants concernés, afin de déterminer la nature exacte de leurs liens avec l’État du Sénégal. Il s’agit notamment de vérifier s’ils sont titulaires, contractuels ou en position particulière, et d’examiner si des autorisations ont été sollicitées ou accordées pour un engagement à l’étranger.

Au-delà du simple constat, le ministre attend des recteurs qu’ils proposent et mettent en œuvre des mesures appropriées pour régler cette situation, dans le strict respect du cadre légal et réglementaire. Il a insisté sur l’obligation de lui rendre compte, dans les meilleurs délais, des diligences entreprises, soulignant qu’il attache « du prix à l’exécution effective » de cette instruction, signe d’une volonté claire de ne pas banaliser l’affaire.

Cette situation met également en lumière une problématique plus large : celle de la mobilité des enseignants-chercheurs dans l’espace ouest-africain et de l’attractivité comparée des systèmes universitaires. Si la circulation des compétences peut être perçue comme un facteur d’intégration régionale et de partage du savoir, elle soulève aussi la question de la protection des investissements consentis par l’État sénégalais dans la formation et le recrutement de ses cadres universitaires.

En filigrane, cette affaire ravive le débat sur les conditions de travail, de rémunération et de reconnaissance des enseignants-chercheurs au Sénégal, souvent évoquées comme des facteurs de départ vers d’autres pays. Pour le ministère, toutefois, l’urgence est d’abord de préserver la stabilité et le bon fonctionnement des universités publiques, tout en veillant au respect des règles qui fondent le service public de l’enseignement supérieur.

Les conclusions des recteurs sont désormais très attendues, dans un dossier qui pourrait déboucher sur des décisions administratives majeures et relancer, à plus long terme, une réflexion nationale sur la gestion et la fidélisation des compétences académiques.

CAN : la FSF dément toute tension avec le sélectionneur et appelle à l’unité autour des Lions

La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) est sortie de son silence pour mettre fin aux rumeurs persistantes évoquant de supposées tensions ou divergences entre l’instance fédérale et le sélectionneur national, en pleine Coupe d’Afrique des Nations. Dans un communiqué officiel rendu public, la FSF a tenu à apporter un démenti formel à ces informations qu’elle juge infondées et préjudiciables à la sérénité de l’équipe nationale.

L’instance dirigeante du football sénégalais dit avoir constaté, « avec regret, la persistance de certaines rumeurs et informations distillées par une partie de la presse », laissant croire à l’existence d’un climat conflictuel ou de tensions latentes entre la Fédération et l’encadrement technique des Lions. Des allégations que la FSF rejette catégoriquement, les qualifiant de totalement dénuées de fondement et susceptibles de nuire à la dynamique positive qui entoure la sélection nationale en pleine compétition continentale.

La Fédération insiste sur la qualité des relations entre ses dirigeants et le staff technique. Elle affirme qu’il existe une collaboration exemplaire entre le président de la FSF, le sélectionneur national et l’ensemble de l’encadrement, précisant que les rapports sont « extrêmement cordiaux et fraternels », bien au-delà des simples cadres professionnels et hiérarchiques. Selon la FSF, cette entente repose sur une confiance mutuelle et une vision commune centrée exclusivement sur la réussite sportive du Sénégal.

Dans son communiqué, la Fédération souligne également la forte synergie d’action au sein de la délégation sénégalaise présente à la CAN. Elle rappelle que le travail quotidien s’effectue sous l’autorité du président de la FSF, dans un climat marqué par le respect mutuel, la cohésion et la recherche permanente de l’excellence. L’objectif partagé par tous les acteurs reste de placer l’équipe nationale dans les meilleures conditions possibles afin de maximiser ses chances de performance et de succès.

Face aux spéculations et aux débats jugés inutiles, la FSF appelle à mettre un terme aux polémiques. Elle estime que « l’heure n’est ni à la polémique stérile ni à la division », mais plutôt à la mobilisation générale et à l’unité sacrée autour des Lions, de leur staff technique et de l’ensemble de la délégation. Pour la Fédération, l’enjeu dépasse les considérations secondaires et impose un soutien total à l’équipe engagée dans la quête d’un nouveau sacre continental.

CAN TotalEnergies Maroc 2025 : le Gabon suspend sa sélection nationale après une prestation jugée déshonorante

Le gouvernement gabonais a annoncé, ce 1er janvier 2026, une série de mesures particulièrement sévères à l’encontre de l’équipe nationale de football, au lendemain de la participation des Panthères à la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies Maroc 2025. Dans un communiqué officiel, le ministère en charge de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative, a justifié ces décisions par la contre-performance jugée « déshonorante » de la sélection, estimant qu’elle a porté atteinte à l’image du pays et aux valeurs d’éthique et d’exemplarité défendues par la Ve République.

Selon les autorités, les résultats enregistrés lors de cette CAN, combinés à l’attitude observée au sein de l’équipe, ont suscité une vive indignation au plus haut sommet de l’État. Le ministère considère que la sélection nationale, en tant que vitrine du Gabon sur la scène internationale, se doit d’incarner discipline, engagement et fierté nationale, des principes qui, selon le communiqué, n’ont pas été respectés durant la compétition.

En conséquence, le gouvernement a décidé de dissoudre l’ensemble du staff technique de l’équipe nationale. Cette mesure radicale vise à ouvrir une nouvelle phase de restructuration du football gabonais, avec l’ambition affichée de repartir sur des bases plus solides et plus conformes aux attentes des autorités et du public sportif.

Autre décision forte : la suspension de l’équipe nationale de football jusqu’à nouvel ordre. Cette suspension implique l’arrêt de toutes les activités officielles des Panthères, tant au niveau des compétitions que des regroupements, le temps pour les instances concernées de procéder à une évaluation approfondie de la situation et de proposer des réformes structurelles.

Par ailleurs, deux figures emblématiques de la sélection, Bruno Ecuélé Manga et Pierre-Emerick Aubameyang, ont été mises à l’écart. Le communiqué ne détaille pas les motifs précis de cette décision individuelle, mais elle s’inscrit, selon le ministère, dans une logique de responsabilité et de restauration de l’exemplarité au sein de l’équipe nationale.

Le gouvernement gabonais a enfin interpellé la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), l’invitant à assumer pleinement ses responsabilités dans cette crise. Les autorités attendent de l’instance dirigeante du football national qu’elle tire toutes les conséquences de cet échec sportif et qu’elle s’engage résolument dans un processus de réforme, tant sur le plan de la gouvernance que de la gestion technique et administrative.

Ousmane Sonko révèle l’ampleur de la dette publique et appelle à un combat permanent contre le système

En marge de la cérémonie de clôture des 72 heures culturelles et sportives de la commune de Passi, tenue ce jeudi, le Premier ministre Ousmane Sonko est longuement revenu sur l’affaire dite de la « dette cachée », un dossier qu’il juge emblématique de la situation financière réelle héritée par les nouvelles autorités. Devant les populations, le chef du gouvernement a tenu à expliquer les motivations qui ont conduit l’État à lancer, dès sa prise de fonction, un audit approfondi du stock de la dette publique.

Selon Ousmane Sonko, les chiffres officiels communiqués par l’ancien régime étaient loin de refléter la réalité. Il rappelle qu’au moment de quitter le pouvoir, les précédentes autorités avaient annoncé un niveau d’endettement équivalent à 74 % du produit intérieur brut. Or, l’audit engagé par le nouveau gouvernement a révélé une situation bien plus alarmante, avec une dette atteignant désormais 119 % du PIB. Pour le Premier ministre, ce niveau signifie clairement que la dette publique dépasse l’ensemble de la richesse produite par le pays, une situation qu’il qualifie de particulièrement préoccupante pour l’avenir économique du Sénégal.

Face à cette réalité, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité absolue de transparence. Il estime que cet exercice d’évaluation n’avait pas pour but de polémiquer, mais plutôt d’informer les citoyens sur l’état réel du pays au moment de l’alternance. Selon lui, les Sénégalais ont le droit de savoir dans quelles conditions les nouvelles autorités ont hérité de la gestion de l’État. Il soutient également que l’absence d’un tel audit aurait exposé le gouvernement à de lourdes critiques, certains n’hésitant pas, selon ses propos, à accuser l’exécutif d’incompétence face aux difficultés économiques.

Au-delà de la question strictement financière, le Premier ministre a élargi son intervention à une critique plus globale du fonctionnement de l’État. Il a évoqué l’existence d’un système profondément enraciné, qui, selon lui, continue de freiner les réformes engagées. Ousmane Sonko affirme que ce système est encore présent dans plusieurs sphères clés, notamment au sein de l’administration, de la justice, mais aussi à la Primature et à la Présidence. Pour lui, ce réseau de résistances n’a pas encore renoncé et constitue un obstacle majeur à la transformation souhaitée par les nouvelles autorités.

Cheikh Yérim Seck : « Une rupture entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko serait politiquement contre-productive »

L’analyste politique et journaliste Cheikh Yérim Seck estime que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, ont un intérêt stratégique commun à maintenir leur collaboration au sommet de l’État. S’exprimant sur le plateau de 7TV, il a soutenu que toute rupture entre les deux hommes serait non seulement préjudiciable, mais également politiquement contre-productive pour chacun d’eux.

Selon Cheikh Yérim Seck, l’équilibre actuel du pouvoir repose sur une forme de complémentarité entre le chef de l’État et son Premier ministre, dans un contexte politique sénégalais encore marqué par une phase de recomposition. « C’est dans leur intérêt », a-t-il affirmé sans détour, avant d’ajouter qu’« une rupture n’arrange ni Sonko ni Diomaye ». Pour l’analyste, la stabilité de l’exécutif dépend largement de cette entente, qui permet à la fois de consolider l’autorité présidentielle et de préserver la cohésion de la majorité issue de la dynamique politique récente.

Abordant la question de la coalition DiomayePrésident, Cheikh Yérim Seck a toutefois exprimé des réserves quant à la capacité du président Bassirou Diomaye Faye à gouverner durablement sans s’appuyer sur un appareil politique solide et structuré. À ses yeux, cette faiblesse organisationnelle constitue un véritable défi pour le chef de l’État. « Ce sera très difficile pour le président Bassirou Diomaye Faye de gouverner sans appareil politique. Il n’a plus d’espace au sein de Pastef », a-t-il déclaré, soulignant ainsi les contraintes partisanes et institutionnelles auxquelles le président pourrait être confronté à moyen et long terme.

L’analyste s’est également penché sur le rôle confié à Aminata Touré au sein de la coalition présidentielle. Contrairement à certaines perceptions, il estime que l’ancienne Première ministre n’a pas été investie de la direction politique pleine et entière de la coalition. « La coalition n’est pas confiée à Aminata Touré. Elle est désignée superviseur en attendant que l’appareil prenne forme », a précisé Cheikh Yérim Seck, laissant entendre que cette fonction demeure transitoire et limitée dans son champ d’action.

Enfin, évoquant l’hypothèse d’un élargissement de la majorité présidentielle à d’autres formations politiques telles que le Parti démocratique sénégalais (PDS) ou l’Alliance pour la République (APR), Cheikh Yérim Seck a émis des doutes sur la capacité d’Aminata Touré à mener une telle ouverture. Selon lui, si le président Bassirou Diomaye Faye souhaite réellement engager une stratégie de rassemblement avec ces forces politiques traditionnelles, il devra s’appuyer sur une autre personnalité. « Parce que si le chef de l’État veut vraiment s’ouvrir à des forces politiques comme le PDS ou l’APR, ce n’est pas Aminata Touré qui pourra réussir cette mission », a-t-il conclu, soulignant les enjeux délicats d’un éventuel élargissement de la majorité présidentielle.

CAN 2025 : les huitièmes de finale dévoilés, place aux grands chocs

La phase de poules de la Coupe d’Afrique des nations 2025 a livré son verdict. Après plusieurs jours de compétition intense, les équipes qualifiées pour les huitièmes de finale sont désormais connues, et le tableau final promet des affiches alléchantes entre favoris affirmés, outsiders ambitieux et nations en quête d’exploit. Les prochains jours marqueront l’entrée dans la phase à élimination directe, où la moindre erreur peut être fatale.

Dans la partie haute du tableau, la Côte d’Ivoire, championne d’Afrique en titre, se présente avec le statut de favori. Les Éléphants ont terminé en tête du groupe F après une victoire renversante face au Gabon (3-2), alors qu’ils étaient menés 2-0. Une démonstration de caractère qui renforce leur crédibilité au moment d’affronter le Burkina Faso, le lundi 6 janvier à 21h00 à Agadir. Les Burkinabè, souvent difficiles à manœuvrer dans les matchs couperets, tenteront de déjouer les pronostics face à une sélection ivoirienne riche en expérience et en talent offensif.

Le Sénégal, premier de son groupe, entamera sa campagne à élimination directe le samedi 3 janvier à 16h00 GMT à Tanger face au Soudan. Pour les Lions de la Téranga, cette rencontre constitue le véritable départ de leur tournoi, avec l’objectif clair d’aller le plus loin possible et de confirmer leur statut parmi les grandes nations du continent. La rigueur défensive et la maîtrise collective sénégalaises seront des atouts majeurs face à une équipe soudanaise qui n’a rien à perdre.

Toujours dans cette partie du tableau, l’Algérie affrontera la République démocratique du Congo dans une confrontation qui s’annonce disputée. Les Fennecs, auteurs d’un parcours sans faute en phase de groupes, devront se méfier d’une équipe congolaise athlétique et imprévisible. Le Mali sera opposé à la Tunisie dans un duel très tactique entre deux sélections réputées pour leur discipline et leur solidité. Enfin, le Nigeria, lui aussi parfait en phase de groupes, croisera la route du Mozambique. Les Super Eagles partiront largement favoris, mais devront rester vigilants face à une équipe mozambicaine qui découvre pour la première fois les huitièmes de finale et rêve de prolonger l’aventure.

Dans la partie basse du tableau, le Maroc, pays hôte de la compétition, apparaît comme l’un des grands prétendants au sacre final. Les Lions de l’Atlas affronteront la Tanzanie le dimanche 4 janvier, avec l’ambition de se qualifier sans encombre et de poursuivre leur marche vers le titre devant leur public. Une qualification marocaine pourrait ouvrir la voie à un éventuel derby nord-africain très attendu face à l’Algérie au tour suivant.

Le Cameroun, longtemps leader de son groupe avant les derniers instants de la phase de poules, sera opposé à l’Afrique du Sud. Ce choc entre deux équipes habituées aux grands rendez-vous s’annonce particulièrement relevé, d’autant que les Bafana Bafana restent sur une troisième place lors de la dernière édition de la CAN. Enfin, l’Égypte affrontera le Bénin le lundi 5 janvier dans un match crucial pour la suite de son parcours. Les Pharaons, toujours redoutables dans les compétitions africaines, chercheront à imposer leur expérience face à une équipe béninoise déterminée et ambitieuse.

Accident mortel sur la route de Diourbel : 03 morts dont deux enfants

Un drame de la circulation s’est produit sur la route de Diourbel, causant la mort de trois personnes, parmi lesquelles deux enfants en bas âge. L’accident, d’une extrême violence, a profondément bouleversé les populations locales.

Les victimes ont été formellement identifiées. Il s’agit de Dieynaba Diallo, âgée de 21 ans, de Aissatou Babou, âgée de 3 ans, fille de Daouda et de Dieynaba Diallo, et de Aissatou Ba, âgée de 6 ans, fille de Djibril Ba et de Diariatou Ba. Toutes étaient domiciliées à Keur Cheikh.

Selon les premières informations recueillies, un camion a violemment percuté les trois personnes, provoquant leur décès sur le coup. Les circonstances exactes de l’accident restent à déterminer, mais la gravité de l’impact n’a laissé aucune chance aux victimes, dont deux enfants.

Les corps sans vie ont été évacués et déposés à la morgue de l’hôpital régional Heinrich Lübke de Diourbel, où les familles, sous le choc, se sont rendues pour les formalités d’usage.

Le chauffeur du camion mis en cause a été identifié sous les initiales M. N., né le 10 janvier 1990 à Touba, fils d’Ousmane et d’Aida Diouf, domicilié au quartier Médinatoul. Il a été interpellé par les forces de sécurité puis placé en garde à vue, dans le cadre de l’enquête ouverte par les autorités compétentes

Contentieux audiovisuel avec EXCAF Telecom : la TDS SA déboutée et condamnée aux entiers dépens

Le tribunal de commerce de Dakar a rendu, ce mercredi, une décision très attendue dans le litige opposant le Groupe EXCAF Télécom à la Société de Télédiffusion du Sénégal (TDS) SA, mettant ainsi un terme provisoire à un contentieux majeur dans le secteur audiovisuel sénégalais. Dans son verdict, la juridiction a largement donné raison à EXCAF Télécom, tout en déboutant la TDS SA de l’essentiel de ses prétentions.

D’emblée, le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par la TDS SA, qui contestait la qualité d’EXCAF Télécom à agir en justice. La société publique avait invoqué une « prétendue mauvaise fondation » d’EXCAF pour tenter d’écarter la procédure. Une argumentation que les juges ont jugée infondée, estimant qu’elle ne faisait pas obstacle à l’examen du fond du dossier. Le tribunal a ainsi considéré qu’EXCAF Télécom disposait bel et bien de la qualité et de l’intérêt requis pour saisir la juridiction commerciale.

Sur le fond, la décision est encore plus sévère pour la TDS SA. Le tribunal a relevé qu’aucune disposition légale, réglementaire ou conventionnelle applicable au secteur audiovisuel ne confère à la TDS la compétence ou le pouvoir de mettre en service les programmes des diffuseurs. En conséquence, la juridiction a jugé que le retrait unilatéral par la TDS de l’exploitation des deux multiplex attribués à EXCAF Télécom était dépourvu de toute base légale.

Considérant cette situation comme une atteinte aux droits contractuels et économiques du Groupe EXCAF Télécom, le tribunal a ordonné à la TDS SA de remettre immédiatement en service les deux multiplex à usage commercial exploités par EXCAF. Cette injonction est assortie d’une astreinte financière de 100 000 francs CFA par jour de retard, destinée à contraindre la société publique à exécuter sans délai la décision judiciaire.

Toutefois, si EXCAF Télécom obtient gain de cause sur l’essentiel, le tribunal l’a en revanche débouté de sa demande en réparation du préjudice subi. Les juges ont estimé que le dommage invoqué n’était pas suffisamment justifié pour donner lieu à une indemnisation à ce stade de la procédure. Une position qui laisse néanmoins la porte ouverte à d’éventuelles voies de recours.

En revanche, la TDS SA a été condamnée aux entiers dépens, ce qui signifie qu’elle devra supporter l’ensemble des frais liés à la procédure judiciaire. Une condamnation qui vient alourdir les conséquences financières de cette affaire pour la société publique.

Réagissant à cette décision, le Groupe EXCAF Télécom a indiqué se réserver le droit d’interjeter appel, notamment dans l’objectif d’obtenir des dommages et intérêts à la hauteur du préjudice qu’il estime avoir subi. Le groupe réaffirme par ailleurs son attachement au respect du droit, à l’équité et à une régulation saine et équilibrée du secteur audiovisuel, soulignant que ces principes sont essentiels à la protection des consommateurs sénégalais et au développement de l’économie nationale.

Cette décision du tribunal de commerce de Dakar marque ainsi une étape importante dans la r

Message à la Nation : le Président Bassirou Diomaye Faye réaffirme son engagement au service de l’intérêt général

À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a tenu à réaffirmer avec force son engagement au service exclusif de l’intérêt général. Dans une allocution empreinte de gravité et de solennité, le chef de l’État a rappelé le sens de la mission qui lui a été confiée par le peuple sénégalais, assurant que rien ne saurait le détourner de cette responsabilité historique.

Insistant sur la portée morale et républicaine de sa fonction, Bassirou Diomaye Faye a déclaré vouloir exercer la magistrature suprême avec hauteur d’esprit et retenue. « La haute charge que vous m’avez confiée me prescrit une hauteur d’esprit que j’entends garder en toute circonstance », a-t-il affirmé, avant de souligner sa détermination à gouverner avec humilité, écoute et lucidité. Pour le président de la République, l’exercice du pouvoir ne saurait être guidé par des considérations personnelles ou partisanes, mais exclusivement par la recherche du bien commun.

Dans un contexte national marqué par de fortes attentes sociales et économiques, le chef de l’État a tenu à rassurer les Sénégalais sur sa ligne de conduite. « Rien ne m’en détournera. Rien ne primera sur l’intérêt général. Rien ne sera jamais placé au-dessus de la paix, de l’unité et de l’intégrité du Sénégal », a-t-il martelé, rappelant que la stabilité nationale et la cohésion sociale demeurent des piliers fondamentaux de son action politique.

Poursuivant son propos, Bassirou Diomaye Faye a souligné que la République n’exige pas la perfection de ses dirigeants, mais impose en revanche des valeurs cardinales telles que la sincérité, la loyauté et la constance dans l’effort collectif. Selon lui, ces principes doivent guider l’action publique et servir de socle à la refondation institutionnelle et morale du pays. Il a ainsi appelé à une responsabilité partagée entre l’État et les citoyens pour bâtir un Sénégal plus juste et plus solidaire.

Conscient des défis à relever, le président de la République a salué le choix opéré par le peuple sénégalais lors de la dernière élection présidentielle. Il a estimé que les Sénégalais ont clairement exprimé leur refus de la résignation, préférant « l’espérance et l’action » à l’immobilisme. Ce choix, a-t-il souligné, constitue à la fois un message fort et une obligation pour les autorités, appelées à traduire cette aspiration au changement en politiques publiques concrètes et efficaces.

À travers ce message de fin d’année, Bassirou Diomaye Faye a ainsi réaffirmé sa volonté de gouverner dans la fidélité aux idéaux républicains, en plaçant l’intérêt général, la paix sociale et l’unité nationale au cœur de son action, tout en appelant les Sénégalais à rester mobilisés autour du projet de transformation du pays.

Fin des travaux des comités ad-hoc des Assises de la justice : plusieurs projets de textes attendus à l’Assemblée

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé la fin des travaux des comités ad-hoc issus des Assises nationales de la justice et du système politique. L’information a été donnée lors de son discours à la Nation, marquant une étape décisive dans le vaste chantier de réformes institutionnelles engagé depuis son accession à la magistrature suprême.

Selon le chef de l’État, ces comités ad-hoc ont permis de transformer les recommandations issues des concertations nationales en propositions juridiques concrètes. « Ils ont permis de poser les bases d’une traduction juridique des recommandations consensuelles formulées dans un esprit de refondation », a-t-il déclaré, insistant sur le caractère inclusif et consensuel des travaux menés. Pour le président, cette démarche vise à répondre aux attentes exprimées par les citoyens en matière de justice indépendante, de gouvernance démocratique et de consolidation de l’État de droit.

Dans cette dynamique de réforme, Bassirou Diomaye Faye a annoncé que plusieurs projets de textes majeurs seront prochainement soumis au processus législatif. Il s’agit notamment des projets relatifs à la révision de la Constitution, à la mise en place de la Cour constitutionnelle, à la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, à la Commission électorale nationale indépendante ainsi qu’à l’élaboration d’un nouveau code électoral. Ces textes, a-t-il précisé, seront d’abord examinés en Conseil des ministres avant d’être transmis à l’Assemblée nationale au cours du premier trimestre de l’année 2026.

Pour le président de la République, ces réformes constituent des leviers essentiels pour renforcer l’équilibre des pouvoirs, garantir l’indépendance de la justice et améliorer la transparence du processus électoral. Elles s’inscrivent également dans la promesse de rupture institutionnelle portée par le nouveau pouvoir, avec pour objectif de moderniser les institutions et de restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique.

Bassirou Diomaye Faye a par ailleurs indiqué que les autres réformes issues des Assises s’inscriront dans un calendrier progressif et structuré. Celles-ci seront déployées selon un agenda cohérent, aligné à la fois sur la durée du mandat présidentiel et sur le rythme de la Nation, afin d’assurer leur appropriation par les institutions et les citoyens.

À travers cette annonce, le chef de l’État réaffirme sa volonté de faire des Assises nationales un véritable socle de transformation institutionnelle, en passant des recommandations à des réformes concrètes, débattues et adoptées dans le respect des règles démocratiques.

Bilan 2025 : une année de « redressement et de résultats concrets » pour le Sénégal, selon Diomaye Faye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a dressé ce mercredi le bilan de l’année 2025 à l’occasion de son traditionnel discours à la Nation. Qualifiée d’année de « rigueur, de résilience et de redressement », cette première année pleine de gouvernance du nouveau pouvoir se clôt, selon le chef de l’État, sur des résultats tangibles dans plusieurs secteurs clés, notamment le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et la gouvernance.

Dès l’entame de son allocution, Diomaye Faye a rappelé que 2025 a été marquée par ce qu’il a appelé un « diagnostic partagé » de la situation économique et financière du pays. Héritant d’un contexte budgétaire contraint, l’État a engagé une rationalisation du train de vie public et procédé à la renégociation de certains contrats jugés déséquilibrés. Ces mesures, selon le président, ont permis de dégager des marges de manœuvre financières importantes, réorientées vers les priorités sociales et économiques.

La question du pouvoir d’achat a occupé une place centrale dans le bilan présidentiel. Face à la cherté de la vie, le gouvernement a mis en œuvre une politique progressive de baisse des prix des produits de première nécessité. Cette stratégie a permis de générer, selon les chiffres avancés, près de 342,5 milliards de FCFA d’économies cumulées au bénéfice direct des ménages sénégalais. Cette action a été renforcée par l’élargissement du Registre national unique, afin de mieux cibler les aides sociales en direction des populations les plus vulnérables.

Sur le plan social, l’année 2025 a également été marquée par un renforcement notable des infrastructures sanitaires et éducatives. Dans le secteur de la santé, 34 nouveaux postes de santé ont été ouverts à travers le pays, tandis que 76 ambulances médicalisées ont été déployées pour améliorer la prise en charge des urgences, notamment dans les zones rurales et enclavées. Ces investissements visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à rapprocher les services de base des populations.

Dans le domaine de l’éducation, le chef de l’État a salué un « chantier d’envergure » ayant permis la construction et la livraison de milliers d’infrastructures scolaires. Au total, 2 401 salles de classe, 1 389 blocs administratifs et 1 112 blocs d’hygiène ont été réalisés en une seule année. Parallèlement, 2 000 enseignants ont été recrutés et affectés prioritairement dans les zones en déficit de personnel éducatif, dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement et de réduire les disparités territoriales.

Le secteur productif n’a pas été en reste. En agriculture, la campagne 2025 s’est soldée par une performance historique, avec une production céréalière dépassant les 2,5 millions de tonnes. Cette progression a été rendue possible par une meilleure organisation de la campagne agricole, la mise à disposition rapide des intrants et des équipements, ainsi que l’accompagnement accru des producteurs. La relance de la Sonacos, après deux années d’arrêt, a également été citée comme un symbole fort de la reprise industrielle, avec la création immédiate de 2 300 emplois directs.

L’appui aux petites et moyennes entreprises a constitué un autre levier important de la politique économique du gouvernement. En 2025, près de 8 000 PME ont bénéficié de programmes d’accompagnement, contribuant à la consolidation ou à la création d’environ 130 000 emplois directs et indirects, selon les chiffres communiqués par le président.

Sur le plan des infrastructures et de l’énergie, l’année écoulée a été marquée par des avancées significatives dans la réduction de la fracture territoriale. Un nombre record de 831 799 Sénégalais ont été raccordés pour la première fois au réseau électrique, renforçant l’accès à l’énergie dans plusieurs localités. Dans le secteur routier, près de 280 kilomètres de routes goudronnées ont été livrés, auxquels s’ajoutent 100 kilomètres de pistes rurales ayant permis de désenclaver 86 localités jusque-là isolées.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant les progrès réalisés en matière de gouvernance et de transparence. L’installation effective de l’Office national de lutte contre la corruption, à l’issue d’un appel à candidatures ouvert, a été présentée comme un acte fort traduisant la volonté de rompre avec les pratiques du passé. Pour le chef de l’État, cette réforme illustre l’engagement du pouvoir à faire de la compétence, de l’intégrité et de la reddition des comptes les piliers de l’action publique.

À travers ce bilan, le président Diomaye Faye estime avoir posé les bases d’un redressement durable du Sénégal, tout en appelant les citoyens à poursuivre l’effort collectif pour consolider les acquis et relever les défis à venir.

Projets législatifs en 2026 : Diomaye Faye annonce une révision constitutionnelle et des réformes majeures des institutions

À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, prononcé ce mercredi soir, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a dévoilé les grandes orientations législatives qui marqueront l’année 2026. Le chef de l’État a annoncé qu’une série de projets de loi d’envergure sera transmise à l’Assemblée nationale dès le premier trimestre de l’année prochaine, traduisant sa volonté d’engager des réformes institutionnelles profondes dès le début de son mandat.

Selon Diomaye Faye, ces textes porteront notamment sur une révision de la Constitution, mais aussi sur la mise en place ou la réforme d’institutions clés de la République. Sont concernés la Cour constitutionnelle, appelée à remplacer le Conseil constitutionnel, le Conseil supérieur de la magistrature, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi que le Code électoral. Autant de chantiers jugés structurants pour refonder l’État, renforcer l’État de droit et consolider la démocratie sénégalaise.

Le président a précisé que ces réformes s’inscriront dans une démarche progressive et cohérente, affirmant que « les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption aligné sur la durée du mandat et le rythme de la nation ». Une déclaration qui suggère une volonté d’éviter toute précipitation, tout en maintenant le cap des engagements pris devant les Sénégalais.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité des promesses de campagne de Bassirou Diomaye Faye. Durant la présidentielle, il avait notamment plaidé pour une profonde refonte de l’architecture institutionnelle du pays. Parmi les mesures phares figurait la sortie du président de la République du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une justice plus indépendante, ainsi que l’instauration d’une Vice-présidence de la République, présentée comme un mécanisme de stabilité institutionnelle et de continuité de l’action de l’État.

La réforme du système électoral et la refonte des organes chargés de son pilotage constituent également un axe central de cette nouvelle séquence politique. En annonçant une réforme de la CENI et du Code électoral, le chef de l’État entend répondre aux nombreuses critiques formulées ces dernières années sur l’organisation des scrutins et la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

Avec ces annonces, Diomaye Faye donne le ton de l’année 2026, qu’il veut placée sous le signe des réformes institutionnelles et de la transformation de l’État. Reste désormais à voir comment ces projets seront accueillis et débattus à l’Assemblée nationale, dans un contexte politique marqué par de fortes attentes sociales et démocratiques.

Message à la Nation du 31 décembre 2025 : voici l’intégralité du discours du Président Bassirou Diomaye Faye

Sénégalaises, Sénégalais, Mes Chers compatriotes
Nous voici au terme d’une année exigeante. Une année d’efforts, qui appelle un regard lucide sur le chemin parcouru et une parole claire sur celui qui s’ouvre devant nous.
Ce   moment  est  d’abord  celui  de  la reconnaissance.

Reconnaissance envers nos forces de défense et de sécurité, qui accomplissent leur mission avec professionnalisme, discipline et un sens élevé du devoir.
Reconnaissance envers nos autorités religieuses et coutumières, gardiennes de l’équilibre social, de l’apaisement des consciences et des valeurs qui fondent notre vivre-ensemble.
Reconnaissance aussi envers les Sénégalaises
et les Sénégalais, d’ici comme de la diaspora.

De votre bravoure, de vos mains, de votre intelligence et de votre patience naît, chaque jour, cette force tranquille qui fait tenir la Nation et éclaire son avenir.

Mes chers compatriotes,
Le serment que j’ai prêté devant la Nation et devant Dieu engage ma conscience et ma responsabilité au plus haut niveau. Il exprime mon devoir de respecter la Constitution, de protéger la République et de servir, avec la même exigence, chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais.

Cette fidélité au serment s’accorde avec une fidélité tout aussi essentielle, celle qui lie notre action au projet de transformation que nous avons porté devant le peuple. Ce projet, fondé sur la justice, la souveraineté, la transparence, l’équité et la dignité humaine, reste la boussole de nos choix. J’y demeure attaché avec constance, dans l’esprit du Jub, Jubal, Jubanti.

L’année qui s’achève aura été, pour notre pays, un moment de vérité. Elle a mis au jour des déséquilibres profonds, révélé l’ampleur des défis  accumulés  et  rappelé  l’exigence  de
redresser l’État avec  sérieux, méthode  et transparence.

Un travail approfondi a été mené à l’interne et avec nos partenaires, afin d’établir un diagnostic partagé et de dessiner des solutions durables.
Dans le même mouvement, des avancées concrètes ont été réalisées.

La continuité de l’État a été assurée, les services publics renforcés et les secteurs les plus vulnérables accompagnés. La baisse progressive des prix des produits essentiels s’est traduite par un allègement réel du coût de la vie.

Les mesures de réduction des prix de plusieurs produits essentiels ont représenté 342 milliards 500 millions de francs CFA d’économies pour les ménages en 2025. Cet effort se poursuivra en 2026.
Je tiens, à cet égard, à saluer l’engagement du Premier ministre, Ousmane Sonko, et de l’ensemble du Gouvernement.

L’amélioration progressive de l’environnement des   affaires,   l’intensification   de   notre

diplomatie économique et la tenue du Forum Invest in Sénégal ont renforcé la crédibilité du pays et consolidé son positionnement comme une destination d’investissement fiable et attractive.
Mes chers compatriotes,
La décision politique de porter le Registre national unique à un million de ménages a rendu l’action sociale plus juste et plus efficace, en orientant les appuis vers celles et ceux qui en ont réellement besoin.

Cette exigence d’équité s’est prolongée par un soutien accru à l’autonomisation économique des femmes et des jeunes avec l’émergence de 1060 coopératives productives solidaires.
Dans le domaine de la santé, le Gouvernement a constamment cherché à améliorer le quotidien des familles. Des structures de proximité ont été ouvertes ou réhabilitées, les plateaux techniques renforcés, le SAMU rapproché des terroirs et des maternités mises à niveau.

Cet effort s’est traduit, en 2025, par l’ouverture de 34 postes de santé et le déploiement de 76 ambulances médicalisées. Ce nombre sera porté à 112 ambulances médicalisées, en 2026.
L’année 2025 a également marqué des progrès décisifs dans le champ productif, notamment grâce à la mise à disposition d’équipements appropriés et d’intrants suffisants aux acteurs agricoles. Dans les campagnes, la production céréalière a dépassé 2 500 000 tonnes, tandis que la filière arachidière a retrouvé une dynamique porteuse.

L’industrie a connu un tournant avec la relance de la SONACOS, après deux années d’arrêt, recréant plus de 2 300 emplois directs. Cet effort se poursuivra en 2026, grâce à une dotation de 25 milliards destinée au renouvellement de l’outil de production.

À l’échelle nationale, plus de 8 000 PME ont été accompagnées, permettant de consolider ou de créer près de 130 000 emplois directs et indirects.

Mes chers compatriotes,
Préparer l’avenir signifie aussi investir dans la jeunesse et dans le savoir. 2 401 salles de classe ont été livrées, accompagnées de 1 389 blocs administratifs, 1 112 blocs d’hygiène et 92 kilomètres de clôtures sécurisées. 2 000 enseignants ont été recrutés dans les zones prioritaires et plus de 500 enseignants- chercheurs vont rejoindre les universités, les ISEP et les écoles supérieures.
8 nouveaux ISEP vont renforcer l’accès à une
formation   professionnelle   supérieure   de

qualité, tandis que les réformes des curricula, l’intégration des daara dans l’éducation nationale, la réorientation vers les sciences, les technologies, les formations professionnelles et le numérique vont accompagner cette transformation.

Enfin, les infrastructures ont continué de transformer la vie quotidienne. Près de 280 kilomètres de routes ont été livrés, plus de 100 kilomètres de pistes rurales ont reconnecté 86 localités, et l’accès à l’eau potable comme à l’électricité   s’est   élargi   avec   831.799 concitoyens qui ont eu pour la première fois accès à l’électricité.

Ces résultats, parmi d’autres, rapprochent les familles, soutiennent l’activité économique et redonnent souffle à des zones longtemps enclavées.

Mes chers compatriotes,
L’année 2025 a été celle de la rigueur et de la résilience ainsi que de la consolidation de la transparence et de la vérité dans notre démarche. Grâce à une réduction drastique du train  de  vie  de  l’Etat,  à  une  gestion  plus

exigeante, à la renégociation de contrats et à la rationalisation de plusieurs niches, l’État a dégagé plusieurs ressources qui seront intégralement consacrés aux investissements prioritaires de 2026.
L’année qui s’ouvre sera ainsi celle de la relance effective de l’investissement public.

Dans l’éducation, afin d’accélérer l’éradication des abris provisoires et améliorer les conditions d’apprentissage, 29 milliards sont prévus au titre de l’année 2026, sur un budget global  de  62,8  milliards  destinés  à  la

construction et l’équipement de 2.500 salles de classe, 300 blocs administratifs, 50.000 mètres linéaires de clôture et 480 blocs d’hygiène, entre autres.

L’enseignement supérieur et la formation professionnelle et technique ne seront pas en reste avec budget prévisionnel de 31 milliards pour la construction, la réhabilitation et l’équipement des bâtiments dans les universités, notamment.

La santé bénéficiera d’un effort majeur, avec 91 milliards de francs  CFA destinés  à  la construction de 35 centres de santé de proximité de grand standing, à l’achèvement de l’Hôpital oncologique de Diamniadio et au renforcement des plateaux médicaux sur l’ensemble du territoire national.

L’accès à l’eau constituera une priorité stratégique. Le Grand Transfert d’Eau sera lancé avec un premier financement public de
50 milliards. Il permettra de mobiliser un volume de 1,8 millions de m3 par jour afin de prendre en charge, sur le long terme, les besoins en eau potable des centres urbains du

Sans compter l’irrigation de près de 15.000 hectares en appui aux objectifs de souveraineté alimentaire et de renforcement du secteur de l’élevage.
L’hydraulique rurale sera aussi renforcée avec la relance de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable d’un montant de 55 milliards de FCFA, pour la réalisation, entre autres, de 101 forages et de 96 châteaux d’eau.

Les infrastructures connaîtront une accélération significative. Plus de 100 milliards seront engagés pour les routes, les aménagements urbains et les équipements structurants, y compris ceux liés aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.

Les programmes PUDC, PUMA et PROMOVILLES disposeront de 51 milliards pour renforcer les services de base et désenclaver les territoires.
La construction du deuxième pont de Ziguinchor, avec une dotation initiale de 25

milliards de FCA, améliorera durablement la mobilité dans cette région.
Dans le même temps, le Plan Diomaye pour la Casamance, dont l’impact est déjà significatif, s’étendra progressivement aux autres départements des régions du sud.

Le monde rural bénéficiera d’investissements ciblés, avec 18 milliards dédiés aux coopératives agricoles communautaires et aux premières fermes intégrées, ainsi que plus de 91 milliards pour les agropoles du Sud et du

Centre,  afin  de  renforcer  la  production,  la transformation locale et l’emploi.
Dans le domaine de l’énergie, l’année 2026 marquera une accélération décisive avec le raccordement prévu de 3.637 localités supplémentaires, représentant 113.654 ménages et environ 1.235.755 personnes.

Parallèlement, le Sénégal franchira une étape majeure vers la connectivité universelle, avec le déploiement d’antennes satellitaires permettant à près d’un million de personnes d’accéder gratuitement à l’internet en 2026,

ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat et l’inclusion numérique.

Enfin, l’accès au logement sera soutenu par 20 milliards de francs CFA, destinés à impulser le programme des 30 000 logements et le programme de rénovation urbaine.
Ces choix traduisent une conviction claire : le Sénégal dispose des ressources, de l’intelligence collective et de la capacité de travail nécessaires pour se relever, se transformer et bâtir son avenir par ses propres efforts, avec sa jeunesse comme moteur et son peuple comme force.

 Mes chers compatriotes,
Le Sénégal a choisi de demeurer fidèle à ce qui fonde sa force : une démocratie vivante, un État de droit exigeant et une tradition de dialogue profondément enracinée.
C’est dans cet esprit de continuité et de responsabilité que les réformes engagées ont été poursuivies afin de renforcer la solidité et la crédibilité de nos institutions.

L’Office national de lutte contre la corruption a été installé à l’issue d’un appel à candidatures ouvert et transparent, selon un principe désormais étendu à plusieurs autres entités de la République, pour consacrer la compétence, l’intégrité et le mérite comme critères de gouvernance publique.

Dans la même dynamique de réformes, les comités ad hoc issus des Assises de la Justice et du Système politique ont achevé leurs travaux. Ils ont permis de poser les bases d’une traduction  juridique  des  recommandations consensuelles formulées dans un esprit de refondation.

Fidèle à l’engagement de consolider durablement l’État de droit, les projets de textes relatifs à la révision de la Constitution, à la Cour constitutionnelle, au Conseil supérieur de la Magistrature, à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ainsi que le projet de Code électoral seront présentés en Conseil des Ministres et transmis à l’Assemblée nationale au courant du premier trimestre 2026.

Les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption cohérent, aligné sur la durée du mandat et le rythme de la Nation.

Mes chers compatriotes,
Sur la scène africaine et internationale, le Sénégal a poursuivi son œuvre de paix, de solidarité et de coopération. Il a renforcé ses alliances sur le Continent, consolidé sa contribution à la prévention des risques sécuritaires et porté une voix claire en faveur d’un multilatéralisme plus inclusif et plus efficace, au service de l’humanité.

La décision du soixante huitième Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO de confier, pour la première fois, au Sénégal la présidence de la Commission de l’organisation en constitue une reconnaissance forte et sans équivoque.

Mes chers compatriotes,
Au cœur de notre Nation, la jeunesse constitue une force qui ne s’érode jamais malgré les épreuves.

Un Peuple-Un But-Une Foi
C’est d’abord pour elle que j’ai décrété 2026, « année de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire ».
Notre pays accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse, Dakar 2026, premier événement olympique sur le sol africain. Ce rendez-vous dépasse le cadre du sport. Il est un symbole de confiance, de capacité et d’ouverture. Il nous appartiendra d’y montrer, avec exigence, ce que le Sénégal sait offrir au monde : une jeunesse disciplinée, un peuple hospitalier et une Nation capable de tenir ses engagements.

Un Peuple-Un But-Une Foi
Mes chers compatriotes,
La haute charge que vous m’avez confiée me prescrit une hauteur d’esprit que j’entends garder en toutes circonstances. Je continuerai, donc à remplir cette mission avec humilité, écoute et lucidité. Rien ne m’en détournera. Rien ne primera sur l’intérêt général. Rien ne sera jamais placé au-dessus de la paix, de l’unité et de l’intégrité du Sénégal.

La République ne nous demande pas d’être parfaits. Elle exige de nous la sincérité des intentions, la loyauté des engagements et la constance dans l’effort commun.

Je sais combien les attentes sont fortes mais vous avez refusé la résignation et choisi l’espérance et l’action pour la transformation de notre Sénégal.

Mais avant de conclure, mes chers compatriotes, je veux dire avec force qu’aucune violence n’est tolérable dans la République, en particulier celles faites aux femmes, les féminicides et toutes les atteintes commises contre les plus vulnérables. L’État poursuivra sans relâche la prévention, la protection des victimes et la sanction implacable des auteurs, afin que la dignité, la sécurité et la vie soient garanties à toutes et à tous.

Que l’année 2026 apporte la santé, la paix des esprits et l’harmonie dans tous les foyers.
Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2026.
Que Dieu bénisse le Sénégal et l’Afrique !
Vive la République.

Vive le Sénégal.

Message à la Nation : Bassirou Diomaye Faye trace la voie de la relance et de la transformation du Sénégal à l’horizon 2026

À l’occasion du passage à l’année 2026, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est adressé à la Nation dans un message solennel marqué par la vérité des chiffres, la lucidité sur les défis et l’affirmation d’une ambition claire pour l’avenir du Sénégal. Revenant longuement sur l’année écoulée, le Chef de l’État a dressé un bilan détaillé de l’action gouvernementale tout en dévoilant un vaste programme d’investissements publics, dans un contexte particulier dominé par l’organisation prochaine des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.

Le Président a qualifié l’année 2025 de véritable tournant, une « année de vérité » qui a permis de mettre en lumière des déséquilibres structurels profonds hérités de longues années de gouvernance. Il a reconnu l’ampleur des difficultés économiques et sociales rencontrées, tout en soulignant que ces contraintes n’ont pas freiné l’engagement de l’État à agir. Selon lui, l’année écoulée a aussi été celle des réformes courageuses et nécessaires, menées avec méthode et transparence. Dans le domaine social, il a mis en avant les économies substantielles réalisées par les ménages sénégalais grâce à la baisse des prix des produits essentiels, estimées à 342,5 milliards de francs CFA. Le Chef de l’État a tenu à saluer l’engagement du Premier ministre Ousmane Sonko et de l’ensemble du gouvernement, qu’il a crédités d’une détermination constante à redresser l’État et à restaurer la confiance des citoyens.

Le bilan sectoriel présenté par le Président fait état de résultats significatifs dans plusieurs domaines clés. Dans le secteur de la santé, 34 postes de santé ont été ouverts et 76 ambulances médicalisées déployées à travers le pays, avec une projection de 112 ambulances en service dès 2026. L’éducation n’est pas en reste, avec la livraison de 2 400 salles de classe et de 1 389 blocs administratifs, ainsi que le recrutement de 2 000 enseignants affectés prioritairement dans les zones les plus vulnérables. En agriculture, la production céréalière nationale a franchi le seuil de 2,5 millions de tonnes, tandis que la filière arachidière a retrouvé un dynamisme longtemps perdu, signe selon le Président d’un retour progressif à la souveraineté alimentaire. Sur le plan industriel, la relance de la SONACOS, après deux années d’arrêt, a permis de recréer plus de 2 300 emplois directs. En matière d’emploi et d’entrepreneuriat, plus de 8 000 petites et moyennes entreprises ont été accompagnées, générant près de 130 000 emplois directs et indirects.

Se projetant vers l’avenir, Bassirou Diomaye Faye a annoncé que l’année 2026 sera placée sous le signe de la relance effective de l’investissement public. Des enveloppes budgétaires importantes sont prévues pour impulser une nouvelle dynamique de développement. Le secteur de la santé bénéficiera de 91 milliards de francs CFA, destinés notamment à la construction de 35 centres de santé de proximité et à l’achèvement de l’hôpital oncologique de Diamniadio. L’éducation recevra 62,8 milliards de francs CFA pour la réalisation de 2 500 nouvelles salles de classe. Le Président a également annoncé 50 milliards de francs CFA pour le lancement du Grand Transfert d’Eau, 100 milliards pour les infrastructures routières et urbaines, ainsi que 91 milliards pour le développement des agropoles du Sud et du Centre du pays.

Parmi les projets structurants, le Grand Transfert d’Eau occupe une place stratégique. Ce programme ambitieux permettra de mobiliser jusqu’à 1,8 million de mètres cubes d’eau par jour afin de répondre durablement aux besoins croissants de Dakar, Mbour et Thiès. Il contribuera également à l’irrigation de près de 15 000 hectares, renforçant ainsi la production agricole et la résilience face aux changements climatiques.

Le Président a par ailleurs mis l’accent sur la connectivité et l’inclusion numérique. Le Sénégal ambitionne d’atteindre une connectivité quasi universelle grâce au déploiement d’antennes satellitaires, permettant à près d’un million de citoyens d’accéder gratuitement à Internet dès 2026. Dans le domaine énergétique, 367 nouvelles localités seront raccordées au réseau électrique, offrant l’électricité à plus de 1,2 million de personnes supplémentaires.

Sur le plan institutionnel, Bassirou Diomaye Faye a annoncé que plusieurs projets de textes majeurs seront transmis à l’Assemblée nationale au cours du premier trimestre 2026. Ils portent notamment sur la révision de la Constitution, la mise en place de la Cour constitutionnelle, la réforme du Conseil supérieur de la magistrature et celle de la Commission électorale nationale indépendante. Il a également salué l’installation prochaine de l’Office national de lutte contre la corruption, issue d’un appel à candidatures ouvert et transparent, symbole selon lui d’une nouvelle ère de gouvernance fondée sur la compétence, l’intégrité et le mérite.

L’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 a été présentée comme une vitrine exceptionnelle pour le Sénégal et pour l’Afrique. Premier événement olympique jamais organisé sur le continent africain, les JOJ constituent, selon le Président, un symbole de confiance internationale et de capacité organisationnelle. Il a appelé les Sénégalais à faire preuve d’exigence et de discipline afin de montrer au monde l’image d’une jeunesse responsable, d’un peuple hospitalier et d’une nation capable de tenir ses engagements.

Le Chef de l’État s’est également félicité de la décision du 68ᵉ Sommet de la CEDEAO de confier pour la première fois au Sénégal la présidence de la Commission de l’organisation. Il y voit une reconnaissance forte et sans équivoque du rôle du pays sur la scène régionale et africaine.

Enfin, concluant son allocution sur une note de fermeté et d’humanisme, le Président a réaffirmé que « aucune violence n’est tolérable dans la République ». Il a promis une lutte sans relâche contre les violences faites aux femmes et le féminicide, avec des sanctions exemplaires contre les auteurs de ces crimes. Le message présidentiel s’est achevé sur un appel à l’unité nationale et à l’espérance, invitant les Sénégalais à poursuivre ensemble le choix de l’action et de la transformation pour bâtir un Sénégal plus juste, plus fort et plus souverain.

Baisse du prix de l’électricité : un souffle nouveau pour le pouvoir d’achat des Sénégalais dès janvier 2026

Une bonne nouvelle se profile pour les ménages et les petits professionnels sénégalais. Conformément à une décision de la Commission de Régulation du Secteur de l’Énergie (CRSE), une nouvelle grille tarifaire de l’électricité entre en vigueur, marquant une baisse significative des coûts pour les petits consommateurs. Cette mesure s’inscrit dans la politique sociale du Gouvernement visant à alléger les charges des foyers et à soutenir l’activité économique à petite échelle.

À compter du 1er janvier 2026, la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) applique une réduction tarifaire de 10 % sur la première tranche de consommation électrique. Cette tranche, qui couvre les usages allant de 0 à 150 kilowattheures (kWh), concerne aussi bien les clients en post-paiement que ceux utilisant le système de prépaiement Woyofal. L’objectif affiché est clair : protéger le pouvoir d’achat des ménages tout en renforçant la compétitivité des petits acteurs économiques.

Concrètement, pour les clients relevant de l’Usage Domestique Petite Puissance, le prix du kilowattheure passe de 91,17 francs CFA à 82 francs CFA. Du côté de l’Usage Professionnel Petite Puissance, qui regroupe notamment de nombreux artisans, commerçants et petites entreprises, le tarif baisse de 163,80 francs CFA à 147,43 francs CFA par kilowattheure. Cette réduction représente un allègement non négligeable sur les factures mensuelles, dans un contexte marqué par la cherté de la vie.

Selon la Senelec, plus de 2,6 millions de clients répartis sur l’ensemble du territoire national bénéficieront directement de cette mesure. Il s’agit donc d’une réforme à fort impact social, touchant une large majorité d’usagers de l’électricité au Sénégal.

Toutefois, cette baisse reste ciblée. Les tarifs applicables aux tranches de consommation supérieures ne connaissent aucun changement, tout comme ceux concernant les clients de Moyenne et de Grande Puissance. Pour les abonnés domestiques, la structure tarifaire demeure organisée en trois niveaux, avec une première tranche allant de 0 à 150 kWh désormais facturée au tarif réduit, une deuxième tranche comprise entre 151 et 250 kWh, et une troisième tranche au-delà de 250 kWh.

S’agissant des utilisateurs du système Woyofal, la réglementation en vigueur reste stricte. Le tarif appliqué à la deuxième tranche de consommation est aligné sur celui de la troisième, et la taxe sur la valeur ajoutée de 18 % continue de s’appliquer conformément aux dispositions légales en vigueur.

Alioune Tine plaide pour une justice indépendante et respectueuse des droits humains au Sénégal

Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center et figure majeure de la défense des droits humains au Sénégal, a relancé le débat sur l’état de la justice sénégalaise. Dans une récente prise de position, il estime qu’il est aujourd’hui impératif de créer les conditions d’une justice véritablement indépendante, conforme aux obligations internationales de l’État en matière de droits humains. Une sortie qui s’appuie, selon lui, sur l’observation de la gestion de plusieurs dossiers judiciaires sensibles.

Pour étayer son propos, Alioune Tine cite notamment le cas de Pape Malick Ndour. Selon lui, l’ancien ministre fait face à plusieurs accusations sans que les raisons objectives de son emprisonnement ne soient clairement établies. Il souligne que ce dernier se retrouve désormais sous bracelet électronique, assorti d’une restriction majeure : l’impossibilité de s’exprimer publiquement. Une situation qui, à ses yeux, pose un sérieux problème au regard des principes fondamentaux de l’État de droit.

Le défenseur des droits humains rappelle que le respect de la présomption d’innocence est un pilier essentiel de toute démocratie. Ce principe, dit-il, consacre la liberté comme règle et la détention comme exception. Il insiste également sur la nécessité de garantir les droits fondamentaux des personnes mises en cause, ainsi que le strict respect des procédures judiciaires. Pour Alioune Tine, ce sont ces garanties qui permettent d’assurer l’effectivité, la crédibilité et la légitimité d’une politique pénale axée sur la redevabilité et la reddition des comptes, sans dérive ni instrumentalisation.

Dans un message publié sur le réseau social X, l’ancien président de la Rencontre africaine des Droits de l’Homme (Raddho) élargit son analyse à d’autres affaires qu’il juge préoccupantes. Il évoque notamment le cas de Badara Gadiaga, chroniqueur et polémiste, dont les prises de position sembleraient déranger. Selon Alioune Tine, ce dernier se retrouve privé de parole alors que son dossier serait vide de tout fondement juridique solide, ce qui soulève des interrogations sur le respect de la liberté d’expression.

Alioune Tine mentionne également des situations qu’il qualifie de « cas limites », notamment celles de Farba Ngom et de Mabinetou Diaby. Il alerte sur le fait que leur état de santé serait incompatible avec une détention, appelant ainsi à une prise en compte plus humaine et plus responsable des conditions de privation de liberté, conformément aux standards internationaux en matière de droits humains.

Enfin, le fondateur d’Afrikajom Center déplore ce qu’il considère comme un déséquilibre dans le traitement des dossiers judiciaires. Il estime que la justice devrait également se pencher avec le même sérieux sur le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), qui suscite actuellement une vive controverse dans l’opinion publique. Pour lui, l’égalité devant la loi et l’impartialité de la justice sont indispensables pour restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

À Koungheul, la filière arachidière interpelle le nouveau pouvoir à la veille du discours présidentiel

À la veille du discours à la Nation du président Bassirou Diomaye Faye, la filière arachidière, pilier de l’économie rurale sénégalaise, fait entendre sa voix depuis Koungheul. À travers l’agriculteur et acteur du développement local Pape Médoune Seck, c’est l’ensemble du monde rural qui appelle à une refondation urgente des mécanismes de commercialisation de l’arachide.

Parmi les principales préoccupations exprimées figure la faible implication des industries de transformation locales. L’absence répétée de structures telles que la CAIT et COPEOL lors des deux dernières campagnes de commercialisation est perçue comme un dysfonctionnement majeur, fragilisant les producteurs et alimentant une instabilité persistante des prix.

Autre point sensible : la taxe de 40 francs CFA appliquée à l’exportation de l’arachide. Jugée contre-productive par les acteurs du secteur, cette ponction est accusée de réduire la compétitivité des opérateurs et d’impacter directement les revenus des producteurs, déjà confrontés à une hausse généralisée des charges agricoles.

La question du financement demeure également centrale. Les retards de paiement des opérateurs, tout comme les arriérés dus aux fournisseurs d’intrants agricoles (engrais et semences), compromettent sérieusement la préparation des prochaines campagnes. Pour Pape Médoune Seck, la mise en place de mécanismes de paiement rapides, voire anticipés, apparaît comme une condition indispensable à une relance durable de la production.

À travers ces revendications, Koungheul met en lumière des défis structurels qui dépassent le cadre local. À quelques heures du discours présidentiel, le monde rural espère des signaux forts en faveur d’une gouvernance agricole plus efficace, capable de restaurer la confiance et de sécuriser l’avenir de la principale culture de rente du Sénégal.

Guy Marius Sagna rejette les distinctions d’« homme de l’année » et réaffirme son engagement au service des populations

Le député Guy Marius Sagna a réagi publiquement aux mentions répétées de son nom dans divers classements ou distinctions le présentant comme « homme de l’année ». Dans un message publié à l’occasion du passage à la nouvelle année, le parlementaire a clairement demandé à ne plus être associé à ce type de reconnaissance, qu’il juge contraire à sa conception de l’engagement politique et citoyen.

Dans son message, Guy Marius Sagna insiste sur le fait qu’il ne recherche aucune distinction personnelle. Il affirme ne nourrir aucune ambition liée à des honneurs individuels ou à des comparaisons avec d’autres personnalités publiques. À l’inverse, il explique vouloir se consacrer exclusivement au service des populations, qu’il place au cœur de son action politique. Se définissant lui-même comme un « serviteur » et un « domestique » des peuples, le député revendique une posture d’humilité et de dévouement, loin de toute quête de reconnaissance symbolique.

Le parlementaire souligne également que son engagement ne se mesure pas à travers des trophées ou des classements, mais à l’aune du travail accompli auprès des citoyens. Il indique aspirer, chaque année, à être plus engagé et plus utile aux populations qu’il ne l’a été l’année précédente. Pour lui, l’essentiel réside dans la constance des luttes menées et dans l’impact concret des actions entreprises en faveur des droits, de la justice sociale et de la souveraineté des peuples.

En conclusion de son message, Guy Marius Sagna a adressé ses vœux pour l’année 2026. Il a exprimé le souhait que cette nouvelle année soit marquée par des « luttes et des victoires », au service de pays qu’il décrit comme souverains, justes, démocratiques et prospères. Un message qui s’inscrit dans la continuité de son discours politique, axé sur l’engagement collectif plutôt que sur la valorisation individuelle.

CAN 2025 : Le Sénégal fixé sur son adversaire, rendez-vous décisif face au Soudan en huitièmes de finale

Vainqueur du Bénin et solide leader du groupe D, le Sénégal a longtemps dû patienter avant de connaître l’identité de son adversaire en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Ce n’est qu’à l’issue des dernières rencontres du groupe E que le suspense a pris fin, avec la qualification du Soudan pour le second tour de la compétition.

Malgré une défaite face au Burkina Faso (2-0) lors de la dernière journée, la sélection soudanaise a validé son billet en terminant à la troisième place de son groupe. Les Crocodiles du Nil ont profité des résultats enregistrés dans les autres poules pour figurer parmi les meilleurs troisièmes, une configuration rendue possible par le nouveau format élargi de la CAN. Avec trois points au compteur, le Soudan termine derrière l’Algérie, victorieuse de la Guinée équatoriale (3-1), et le Burkina Faso, mais devance suffisamment d’autres troisièmes pour poursuivre l’aventure.

Cette qualification revêt une dimension particulière pour le Soudan, qui retrouve une phase à élimination directe de la CAN pour la première fois depuis 2012. Une performance notable dans un contexte extrêmement difficile, alors que le pays est plongé depuis plusieurs mois dans une guerre civile aux lourdes conséquences humaines et sociales. Sur le terrain, les joueurs soudanais ont affiché un état d’esprit combatif et une solidarité qui leur ont permis de rester en course jusqu’au bout.

Le Sénégal, de son côté, aborde ce rendez-vous avec le statut de favori. Premiers de leur groupe, les Lions de la Téranga ont montré de la maîtrise, de l’intensité et une certaine maturité collective lors de la phase de poules. Portés par une génération expérimentée et ambitieuse, ils visent clairement une place dans le dernier carré, voire mieux, dans cette CAN 2025.

Scandale Softcare : Guy Marius Sagna dénonce l’inaction du ministère de la Santé

Treize jours se sont écoulés depuis l’annonce d’une « mission conjointe sans délai » par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique pour enquêter sur le scandale Softcare, et l’activiste et parlementaire Guy Marius Sagna exprime aujourd’hui son impatience et son indignation. Dans un communiqué publié le 18 décembre, le ministère avait promis une enquête rapide afin de faire la lumière sur cette affaire qui secoue l’opinion publique. Cependant, selon Guy Marius Sagna, les citoyens restent dans l’expectative face à l’absence de résultats concrets.

« Cela fait treize (13) jours que nous attendons. C’est extrêmement grave », déclare l’activiste, rappelant que l’expression « sans délai » implique une action immédiate, prompte et efficace. Pour lui, le retard accumulé alimente la suspicion et fragilise la confiance des Sénégalais envers les autorités sanitaires, alors même que l’affaire touche directement la santé publique et la sécurité des consommateurs.

Guy Marius Sagna appelle à une prise de responsabilité urgente de la part du ministère, estimant que cette inaction est inacceptable face à un scandale qui pourrait avoir des conséquences sur la santé des citoyens. Selon lui, le gouvernement ne peut se permettre de tergiverser dans un dossier où la rapidité et la transparence sont essentielles pour rétablir la confiance et garantir la protection des populations.

Trafic d’avortements clandestins entre Dakar et Saly : trois prévenus risquent deux ans de prison ferme

Détenus depuis le 24 décembre 2025 à la prison de Mbour, S. B. Ndiaye, déléguée médicale, F. Kane, présenté comme un faux médecin, et O. Ndiaye, marchand ambulant, ont comparu devant le tribunal de grande instance de Mbour pour avoir, selon l’accusation, organisé un lucratif trafic d’avortements clandestins entre Dakar et la station balnéaire de Saly. Les trois mis en cause encourent chacun une peine de deux ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 100 000 francs CFA.

L’affaire trouve son origine le 23 décembre 2025, à la suite d’un renseignement anonyme parvenu à la gendarmerie. L’information faisait état d’un trafic de médicaments abortifs présumément orchestré par F. Kane. Les enquêteurs ont alors mis en place un dispositif d’infiltration afin de vérifier la véracité des faits. Une gendarme s’est fait passer pour une cliente désireuse d’interrompre une grossesse et a contacté F. Kane par téléphone pour commander des produits abortifs.

Convaincu d’avoir affaire à une transaction habituelle, F. Kane aurait accepté la commande, fixé un rendez-vous à son domicile et confirmé un prix de 120 000 francs CFA. Au cours de l’échange, il aurait ensuite contacté S. Bousso Ndiaye pour obtenir des précisions sur la posologie des médicaments, ce qui, selon les enquêteurs, a permis d’établir un lien direct entre les différents protagonistes du réseau.

Interpellé peu après, F. Kane a conduit les forces de l’ordre au domicile de la déléguée médicale. Lors de son arrestation, S. Bousso Ndiaye a, à son tour, révélé l’identité de O. Ndiaye, présenté comme son fournisseur basé à Dakar. Les gendarmes se sont alors rendus au marché « Keur Serigne Bi », dans la capitale, où O. Ndiaye a été interpellé sans opposer de résistance.

Les éléments de l’enquête présentés à l’audience décrivent un mode opératoire bien structuré. O. Ndiaye aurait fourni les boîtes de médicaments abortifs à des prix compris entre 12 000 et 15 000 francs CFA. Ces produits étaient ensuite remis à F. Kane, qui les revendait aux femmes souhaitant interrompre une grossesse au tarif de 120 000 francs CFA. S. Bousso Ndiaye, selon l’accusation, jouait le rôle d’intermédiaire entre le fournisseur et le revendeur final.

À la barre, la déléguée médicale a reconnu percevoir une commission sur chaque transaction, évaluée entre 15 000 et 20 000 francs CFA. Des déclarations qui, pour le parquet, confirment l’existence d’un trafic organisé et motivé par le gain financier, en violation des lois en vigueur au Sénégal en matière d’avortement et de distribution de médicaments.

Dans son réquisitoire, le procureur de la République a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme contre chacun des trois accusés, estimant les faits suffisamment graves et établis. Il a également demandé le paiement d’une amende de 100 000 francs CFA par prévenu au profit du Trésor public.

Arnaque à l’Oumra : un gérant d’agence de voyages déféré pour escroquerie aux billets d’avion

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et les pratiques assimilées (DNLT), structure relevant de la Direction de la Police aux frontières (DPAF), a déféré, le 24 décembre 2025, un individu devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs et escroquerie portant sur des billets d’avion, dans une affaire qui a profondément choqué des candidats au pèlerinage à La Mecque.

Cette procédure judiciaire fait suite à une plainte collective déposée le 21 décembre 2025 par plusieurs victimes contre une agence de voyages établie aux Parcelles Assainies, plus précisément dans la zone de Pattes d’Oie. L’agence s’était engagée à organiser une Oumra pour plus d’une vingtaine de pèlerins, moyennant des sommes importantes versées à l’avance pour la prise en charge du voyage, des billets d’avion et des formalités connexes.

Cependant, le rêve spirituel des pèlerins s’est brutalement transformé en cauchemar au moment de l’enregistrement à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Sur place, les voyageurs ont découvert avec stupéfaction que leurs billets, censés être émis par la compagnie Emirates, n’étaient en réalité pas confirmés, les empêchant ainsi d’embarquer. Alertées, les autorités compétentes ont immédiatement ouvert une enquête afin de faire la lumière sur cette affaire.

À ce stade de la procédure, huit victimes ont officiellement déposé plainte, évaluant le préjudice financier global à 15 460 000 francs CFA. Le principal mis en cause, gérant de l’agence incriminée et également guide religieux du groupe de pèlerins, a été interpellé le 22 décembre 2025 par le Commissariat spécial de l’AIBD, avant d’être remis à la DNLT pour la suite des investigations.

Lors de son audition, le suspect a reconnu avoir encaissé la somme de 3 700 000 francs CFA. Il a toutefois affirmé avoir transféré cet argent via la plateforme de paiement Wave à l’un des fondateurs de l’agence, qui serait actuellement en fuite à l’étranger. Le mis en cause a par ailleurs rejeté la responsabilité du reste des fonds sur les chargées de clientèle de l’agence, soutenant pour sa défense avoir transmis aux pèlerins, à travers un groupe WhatsApp, des billets qu’il croyait valides.

Trois transplantations rénales réussies à l’Hôpital militaire de Ouakam : une avancée majeure pour la médecine sénégalaise

L’Hôpital militaire de Ouakam a franchi un cap important dans la prise en charge des maladies rénales au Sénégal en réalisant avec succès trois transplantations rénales entre le 23 et le 25 décembre derniers. L’information a été rendue publique par la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA), qui s’est félicitée du bon déroulement de ces interventions chirurgicales de haute technicité.

Selon la note publiée par la DIRPA, l’ensemble des donneurs et des receveurs se portent bien à l’issue des opérations. Un élément rassurant qui témoigne non seulement de la réussite médicale des greffes, mais aussi de la qualité du suivi post-opératoire assuré par les équipes de l’Hôpital militaire de Ouakam.

Dans le détail, ces transplantations ont été rendues possibles grâce à des dons intrafamiliaux, illustrant une solidarité forte au sein des familles concernées. Une femme a ainsi fait don de son rein à son petit frère, un jeune garçon a offert un rein à sa mère, tandis qu’un autre donneur a permis à son oncle de bénéficier d’une nouvelle chance de vie. Ces gestes altruistes, posés dans un cadre médical strict et sécurisé, mettent en lumière l’importance du don de rein comme alternative durable à la dialyse pour les patients souffrant d’insuffisance rénale chronique.

Pour la DIRPA, ces interventions viennent confirmer l’expertise nationale dans le domaine de la transplantation rénale. Elles traduisent le haut niveau de compétence des équipes médicales sénégalaises, composées de chirurgiens, de néphrologues, d’anesthésistes, d’infirmiers et de techniciens spécialisés, qui ont travaillé de manière coordonnée pour assurer le succès de ces opérations délicates.

Au-delà de la prouesse médicale, ces transplantations réussies constituent un signal fort pour le système de santé sénégalais. Elles témoignent des progrès réalisés ces dernières années dans la prise en charge des maladies rénales, tout en renforçant la confiance des patients dans les capacités des structures hospitalières nationales à réaliser des actes médicaux complexes.

Acte IV de la décentralisation : à Kaolack, les territoires réclament plus d’autonomie et de moyens

Kaolack a été, durant deux jours, au cœur du débat national sur l’avenir de la décentralisation au Sénégal. La ville a accueilli une étape décisive des concertations consacrées à l’Acte IV de la décentralisation, dont la 9ᵉ journée s’est achevée ce mardi 30 décembre. Cette rencontre a permis de mettre en lumière les attentes fortes et parfois pressantes des collectivités territoriales, confrontées aux limites du modèle actuel de gouvernance locale.

Autour des autorités étatiques, élus locaux, représentants de l’administration, acteurs de la société civile et techniciens territoriaux ont dressé un diagnostic largement partagé. Tous ont convenu que la décentralisation, dans sa forme actuelle, peine à répondre efficacement aux besoins des populations. Le manque de ressources financières, la faiblesse des compétences transférées et l’insuffisance des marges de manœuvre accordées aux collectivités constituent autant de freins à un développement local réellement inclusif.

Présidant la cérémonie de clôture, le ministre des Collectivités territoriales, Moussa Balla Fofana, a reconnu que la transformation profonde de l’action publique ne peut se faire sans un ancrage territorial solide. Selon lui, l’Acte IV doit rompre avec une décentralisation essentiellement administrative pour ouvrir la voie à une gouvernance locale plus performante. Il a insisté sur la nécessité d’une véritable territorialisation des politiques publiques, afin que les décisions prises au niveau central tiennent davantage compte des réalités locales.

Les discussions de Kaolack ont particulièrement mis l’accent sur la problématique du financement des collectivités territoriales, identifiée comme l’un des principaux goulots d’étranglement. Le ministre a admis que les dotations de l’État, à elles seules, ne suffisent plus à soutenir les ambitions des communes et des départements. Il a ainsi plaidé pour l’élaboration d’un nouveau modèle économique des collectivités, fondé sur une fiscalité locale plus adaptée, le recours aux partenariats public-privé et l’exploration de mécanismes innovants de mobilisation des ressources.

Au-delà de la question financière, les participants ont également souligné les incohérences territoriales qui limitent la mutualisation des moyens et des compétences entre collectivités voisines. Pour Moussa Balla Fofana, l’enjeu ne se limite pas à un simple redécoupage administratif. Il s’agit plutôt de promouvoir une coopération intercommunale dynamique, capable de porter des projets structurants à l’échelle des pôles territoriaux, notamment dans les domaines de l’économie locale, des infrastructures et de l’aménagement du territoire.

Les conclusions issues de cette étape de Kaolack viendront alimenter le rapport national de concertation, considéré comme la pierre angulaire du futur document de politique publique sur l’Acte IV de la décentralisation. L’ambition affichée par les autorités est de bâtir des collectivités territoriales viables, disposant de ressources humaines qualifiées et de capacités techniques renforcées, afin de répondre plus efficacement aux préoccupations quotidiennes des citoyens. Parmi les priorités identifiées figurent l’assainissement, l’amélioration du cadre de vie, le développement économique local, l’éducation et l’adaptation aux changements climatiques.

Au final, les échanges tenus à Kaolack ont surtout révélé une exigence claire et largement partagée par les acteurs territoriaux : aller au-delà des intentions et traduire les réformes annoncées en actions concrètes. Pour les collectivités, l’Acte IV de la décentralisation ne doit plus être une simple réforme institutionnelle, mais un véritable levier de développement local et de rapprochement durable entre l’État et les citoyens.

Emploi, formation et gouvernance locale : le modèle Sarata Sonko à l’épreuve de Kaolack

Kaolack s’apprête à franchir un cap important dans la promotion de l’emploi des jeunes. Sarata Sonko, candidate déclarée à l’investiture du parti PASTEF pour la mairie de Kaolack, a annoncé avoir sécurisé des partenariats européens en vue du lancement, dès le mois de janvier prochain, d’un ambitieux programme de formation qualifiante destiné à la jeunesse locale.

Selon la candidate, ces formations porteront sur des métiers d’avenir à forte employabilité, notamment la maçonnerie moderne, l’électricité bâtiment et la plomberie, entre autres filières techniques. L’objectif est de doter les jeunes de compétences pratiques et immédiatement valorisables sur le marché du travail, tant au niveau local qu’international.

Pour Sarata Sonko, cette initiative s’inscrit dans une vision claire et structurée du développement local.

« La formation professionnelle constitue un levier essentiel pour lutter contre le chômage et l’émigration irrégulière. Nous voulons offrir aux jeunes de Kaolack des compétences concrètes qui leur permettront de s’insérer durablement dans le monde du travail », a-t-elle déclaré.

À l’issue des formations, des attestations reconnues par les partenaires européens seront délivrées aux bénéficiaires, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités d’emploi.

Cette annonce a été faite lors d’une rencontre tenue ce mardi 30 décembre 2025, en présence d’acteurs communautaires, de jeunes et de femmes de la commune. À cette occasion, Sarata Sonko a exposé sa vision d’une gouvernance territoriale plus inclusive, transparente et orientée vers le développement durable. Elle a notamment insisté sur la nécessité de réformer la gestion des collectivités territoriales, confrontées, selon elle, à de nombreux défis structurels.

« Kaolack regorge d’énormes potentialités humaines, économiques et culturelles, mais celles-ci restent insuffisamment exploitées faute d’une gouvernance de proximité efficace », a-t-elle souligné.

Figure montante de la scène politique locale, Sarata Sonko s’est récemment illustrée sur le plan académique en terminant major de sa promotion lors d’une formation en gestion des collectivités territoriales à Paris. Une performance saluée par ses proches et plusieurs observateurs, qui y voient la confirmation de son sérieux, de sa rigueur et de sa parfaite maîtrise des enjeux de la décentralisation.

À travers ce programme de formation et son engagement en faveur de l’emploi des jeunes, Sarata Sonko entend poser les bases d’un nouveau modèle de gouvernance municipale, axé sur l’autonomisation des populations, le développement durable et la valorisation du capital humain local.

Lutte antitabac au Sénégal : des progrès solides, mais une vigilance accrue s’impose

Les politiques antitabac mises en œuvre au Sénégal portent leurs fruits, mais les autorités sont appelées à renforcer leur arsenal réglementaire afin de préserver les acquis face aux nouvelles stratégies de l’industrie du tabac. C’est le principal enseignement des derniers résultats de l’Enquête mondiale sur le tabagisme chez les adultes (GATS), publiés cette semaine.

La GATS constitue un outil de référence pour mesurer l’évolution de la consommation de tabac, évaluer l’impact des politiques publiques et identifier les domaines nécessitant des interventions supplémentaires. Menée pour la première fois au Sénégal en 2013, puis reconduite en 2015, cette enquête a permis de documenter les effets positifs d’une politique nationale résolue en matière de lutte contre le tabagisme. Les données les plus récentes confirment cette tendance encourageante, avec une baisse de plus de 25 % de la consommation de tabac chez les adultes depuis 2015.

Aujourd’hui, seulement 4,4 % des adultes sénégalais consomment du tabac, un taux qui figure parmi les plus faibles du continent africain. Ce résultat est largement attribué à l’adoption de lois strictes, à la sensibilisation accrue des populations et à l’engagement constant des pouvoirs publics et de la société civile en faveur de la santé publique.

Cependant, malgré ce faible niveau de prévalence, la menace demeure. L’enquête met en lumière une stratégie offensive des grandes multinationales du tabac, telles que Philip Morris International et British American Tobacco, qui cherchent à investir des marchés comme celui du Sénégal à travers de nouveaux produits. Cigarettes électroniques, sachets de nicotine et dispositifs de tabac chauffé sont de plus en plus promus comme des alternatives prétendument moins nocives, alors même que leurs effets sur la santé, notamment chez les jeunes, suscitent de sérieuses inquiétudes.

Au Sénégal comme ailleurs dans le monde, ces produits sont commercialisés de manière à séduire un public jeune. Les campagnes de promotion s’appuient fortement sur les réseaux sociaux, la présence lors de festivals et de concerts, ainsi que sur des arômes attractifs et des emballages soigneusement conçus pour capter l’attention des adolescents et des jeunes adultes.

Face à cette situation, les organisations de défense de la santé appellent à une réaction rapide et ferme. « Il est essentiel que le Sénégal réglemente ces produits afin d’empêcher l’industrie du tabac de créer une nouvelle génération de toxicomanes et d’anéantir les progrès considérables réalisés par le pays dans la lutte contre le tabagisme », avertit Bintou Camara Bityeki, directrice des programmes Afrique de la Campagne pour des enfants sans tabac.

Dans un communiqué, cette organisation salue les avancées constantes du Sénégal en matière de réduction du tabagisme et réaffirme sa disponibilité à accompagner le pays, notamment dans l’extension des espaces sans fumée, une fois les amendements législatifs en cours adoptés. Elle insiste sur l’urgence d’agir pour contrer les nouvelles tactiques de l’industrie du tabac et protéger durablement les populations, en particulier les jeunes.

Adoption sous tension de la deuxième loi de finances rectificative 2025 : l’Assemblée nationale divisée sur la gouvernance budgétaire

Examinée dans l’urgence, la deuxième loi de finances rectificative (LFR) de l’année 2025 a été adoptée hier par l’Assemblée nationale, au terme de débats particulièrement houleux. Le vote s’est déroulé dans un climat de fortes tensions, marqué par les critiques virulentes de l’opposition sur les conditions d’examen du texte et sur la lecture que le gouvernement fait de la situation économique et financière du pays.

La présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu, Aïssata Tall Sall, a ouvert le front des critiques en dénonçant ce qu’elle considère comme un passage en force. Selon elle, les délais impartis aux députés étaient incompatibles avec un travail parlementaire sérieux. Elle a rappelé que le projet de loi, composé de 86 pages, a été transmis aux élus avant-hier à 13h04, alors même que la réunion de la commission était prévue à 15 heures. Pour l’ancienne ministre, il était matériellement impossible d’analyser un document d’une telle importance en moins de deux heures, ce qui, à ses yeux, porte atteinte à la mission constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale dévolue aux parlementaires.

Au-delà de la forme, Aïssata Tall Sall s’est longuement attardée sur le fond du texte. Adoptée en Conseil des ministres le vendredi 26 décembre 2025, cette loi de finances rectificative ne comporterait, selon elle, aucune recette exceptionnelle, contrairement aux attentes suscitées après le récent déplacement du Premier ministre à Abou Dhabi. Elle a ainsi dénoncé ce qu’elle qualifie de contre-performances budgétaires, évoquant notamment un recul des recettes fiscales, un manque à gagner sur les recettes non fiscales, ainsi qu’une baisse significative des dons, aussi bien en capital que budgétaires.

Pour la députée de l’opposition, cette diminution des dons internationaux n’est pas anodine. Elle traduirait, selon elle, une perte de crédibilité et une perception négative du pays auprès de ses partenaires. Elle a estimé que les déclarations répétées du gouvernement sur l’existence de dettes cachées auraient contribué à fragiliser la confiance des bailleurs. Pour illustrer son propos, elle a eu recours à l’image de la « gribouille », cette enfant qui, pour échapper à la pluie, se jette dans le fleuve, afin de dénoncer une communication gouvernementale qu’elle juge maladroite et contre-productive.

Autre point de crispation soulevé par la présidente du groupe Takku-Wallu, le recours fréquent aux décrets. Elle a indiqué que cinq textes auraient été adoptés en seulement trois mois, un rythme qu’elle estime excessif et qui, selon elle, appelle une interpellation collective sur le respect de l’esprit du débat démocratique et du rôle du Parlement.

Face à ces attaques, la majorité parlementaire a fermement défendu la démarche du gouvernement. Le député Ayib Selim Daffé a rappelé que l’article 47 de la loi organique relative aux lois de finances prévoit explicitement le dépôt d’une loi de finances rectificative lorsque les équilibres budgétaires initiaux sont bouleversés. Il a souligné que la LFR traduit une hausse globale des recettes de 12,5 %, soit 484 milliards de francs CFA supplémentaires par rapport à 2024. Selon lui, le gouvernement a fait le choix de la transparence, de la sincérité budgétaire et de la rigueur, une approche qu’il a opposée aux pratiques passées, évoquant des emprunts contractés sans autorisation parlementaire.

Dans le camp de la majorité, la députée Béatrice Germaine Tening Faye a, pour sa part, insisté sur l’importance de renforcer l’évaluation des politiques publiques afin de mieux mesurer l’impact réel des dépenses de l’État. Une autre élue du parti Pasteef a formulé plusieurs recommandations axées sur la transparence budgétaire, la priorisation des investissements dans les secteurs clés comme les infrastructures, l’éducation et la santé, l’optimisation de la fiscalité, une gestion prudente de la dette et une implication accrue des acteurs locaux dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Des interrogations techniques ont également émergé au cours des débats. Le député Tafsir Thioye a attiré l’attention sur l’évolution du principal des emplois intérieurs, passé de 151 milliards de francs CFA dans la loi de finances initiale à 850 milliards dans la LFR. Il s’est interrogé sur la nature de ces montants et sur leur éventuelle intégration dans la dette bancaire, appelant à des clarifications afin de permettre aux citoyens de mieux comprendre la gestion des finances publiques.

Enfin, plusieurs députés, dont Thierno Alassane Sall, ont profité des discussions pour rappeler l’attente persistante de près de 16 000 fonctionnaires concernant le paiement de l’indemnité de logement. Ils ont souligné qu’il s’agit d’un engagement de l’État qui tarde à se concrétiser et qui continue de susciter frustration et incompréhension au sein de la fonction publique.

Affaire Prodac : Pape Malick Ndour contre-attaque et prépare une demande de liberté provisoire

Entendu longuement, hier, par le Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF), Pape Malick Ndour a opté pour une stratégie de contre-offensive judiciaire. Selon L’Observateur, l’ancien coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) a versé au dossier une série de justificatifs et d’éléments de preuve destinés, selon sa défense, à déconstruire méthodiquement les accusations portées contre lui. Cette audition au fond, qualifiée de décisive par ses conseils, ouvre désormais la voie au dépôt imminent d’une demande de liberté provisoire.

Inculpé depuis le 7 novembre 2025 pour association de malfaiteurs, complicité de détournement de deniers publics portant sur plus de 2,7 milliards de francs CFA et blanchiment de capitaux, l’ex-ministre de la Jeunesse a été interrogé pendant près de quatre heures, de 10 heures à presque 14 heures. Une audition marathon au cours de laquelle, d’après ses avocats, il a répondu point par point aux questions du Collège des juges d’instruction du PJF.

Cité par L’Observateur, Me Oumar Youm, membre du pool d’avocats de Pape Malick Ndour, affirme que son client s’est expliqué « avec précision, objectivité, pertinence et clarté ». L’un des points centraux des échanges a porté sur une lettre que l’accusation assimile à une instruction de mainlevée d’une garantie de cautionnement. Une interprétation que la défense conteste vigoureusement. Pour Me Youm, il ne s’agissait nullement d’un ordre, mais d’« une simple demande d’explication et de clarification », inscrite dans une démarche de transparence administrative.

Toujours selon le quotidien, Pape Malick Ndour a également produit des pièces justificatives relatives aux acquisitions de matériels et aux paiements effectués dans le cadre du Prodac. La défense soutient que l’ensemble des opérations a été conduit dans le strict respect des règles en vigueur. Elle insiste par ailleurs sur le fait qu’aucune des parties impliquées dans le projet — ni Green 2000, l’entreprise israélienne chargée des travaux, ni Locafrique, la structure en charge des paiements — n’a, à ce jour, formulé de plainte pour malversation ou irrégularité financière.

S’agissant du montant au cœur du dossier, estimé à 2,7 milliards de francs CFA, Me Oumar Youm est catégorique : « Le paiement n’a pas été effectué par Pape Malick Ndour, mais par Locafrique, un organisme privé mandaté par l’État du Sénégal ». Selon l’avocat, le rôle de son client s’est limité à la transmission de documents commerciaux attestant de la régularité des prestations fournies par Green 2000, des éléments qui auraient été intégralement mis à la disposition de la Justice.

Interrogé par le président du Collège des juges d’instruction, Idrissa Diarra, ainsi que par un substitut du parquet financier, sur un paiement de 40 millions de francs CFA, l’ancien ministre a nié avoir donné le moindre ordre de paiement. Il affirme avoir simplement sollicité des documents relatifs à une opération antérieure à sa prise de fonction à la tête du Prodac. Concernant les 2,7 milliards de francs CFA, il a soutenu que toutes les pièces justificatives ont été produites, allant jusqu’à recommander aux magistrats de vérifier la traçabilité du matériel auprès du Port autonome de Dakar et des services des Douanes, rappelant que le Prodac bénéficiait d’une exonération douanière.

Affaire Ascot Commodities : la justice sénégalaise inflige un nouveau revers au groupe suisse face à Bocar Samba Dièye

Le long feuilleton judiciaire opposant l’opérateur économique sénégalais Bocar Samba Dièye à la société suisse Ascot Commodities vient de connaître un nouveau tournant décisif. Après plusieurs années de procédures et de rebondissements, la justice sénégalaise a, une fois encore, rendu une décision favorable à l’homme d’affaires, affaiblissant un peu plus la stratégie judiciaire de son adversaire étranger.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, le tribunal de Dakar, statuant en référé le 22 décembre dernier, a décidé de rétracter l’ordonnance à pied de requête n°444/2025, rendue le 23 mai 2025 dans le cadre de cette affaire. Cette décision est loin d’être anodine, puisqu’elle annule purement et simplement l’autorisation accordée à Ascot Commodities d’exécuter au Sénégal une sentence arbitrale rendue à Paris.

À l’origine de ce contentieux aux enjeux financiers considérables figurent des créances supposées datant de 2004. Des créances que Bocar Samba Dièye a toujours fermement contestées, les qualifiant de dénuées de tout fondement. Malgré cette contestation persistante, Ascot Commodities était parvenue à obtenir, le 10 février 2025, une condamnation par sentence arbitrale rendue par la Chambre arbitrale internationale de Paris. S’appuyant sur cette décision, le groupe suisse avait ensuite saisi le tribunal de Dakar afin d’en obtenir l’exequatur et de pouvoir en poursuivre l’exécution sur le territoire sénégalais.

Cette démarche vient cependant de subir un sérieux coup d’arrêt. Le tribunal de Dakar a estimé que les conditions juridiques requises pour l’exécution de la sentence arbitrale n’étaient pas réunies et a, en conséquence, annulé l’ordonnance d’exécution précédemment accordée. Une décision qui conforte davantage la position de Bocar Samba Dièye et fragilise celle d’Ascot Commodities dans ce bras de fer judiciaire.

Fait notable, avant même cette annulation, la société suisse avait franchi un nouveau cap. Le 14 novembre 2025, Ascot Commodities avait procédé à une saisie-attribution de créances sur les avoirs de Bocar Samba Dièye, pour un montant particulièrement élevé de 7.042.017.089 francs CFA. Une initiative que l’opérateur économique sénégalais a immédiatement contestée, saisissant la justice à travers une assignation en contestation et en mainlevée de la saisie. Cette procédure reste à ce jour pendante devant le tribunal de commerce.

Toujours selon Libération, Bocar Samba Dièye soutient que les créances invoquées par Ascot Commodities sont « fictives ». Il affirme qu’elles porteraient sur une livraison de riz qui aurait été intégralement réglée. À l’appui de sa défense, il indique avoir effectué le paiement via un compte séquestre ouvert à la BICIS, un élément qu’il considère comme central dans ce dossier. Plus encore, la justice sénégalaise aurait déjà condamné Ascot Commodities à lui verser la somme de 300 millions de francs CFA dans le cadre de ce même contentieux, renforçant ainsi sa thèse d’une procédure abusive.

Guinée : Mamadi Doumbouya élu président dès le premier tour avec plus de 86 % des voix

CONAKRY — Les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 ont été rendus publics ce mardi 30 décembre, lors d’une proclamation solennelle diffusée en direct sur la télévision nationale, la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG), à partir de 22 heures. Selon les chiffres officiels annoncés par l’organe chargé du scrutin, le Général Mamadi Doumbouya est élu président de la République de Guinée dès le premier tour.

Le président de la transition recueille 4 594 262 voix, soit 86,72 % des suffrages exprimés, un score sans appel qui consacre une victoire écrasante. Cette performance électorale traduit l’ampleur du soutien dont il a bénéficié tout au long de la campagne, portée par une large coalition politique et sociale rassemblant partis, mouvements citoyens et notabilités à travers l’ensemble du territoire national.

À l’annonce des résultats, des scènes de liesse ont été observées dans plusieurs quartiers de Conakry ainsi que dans de nombreuses villes de l’intérieur du pays. Des rassemblements spontanés, chants et klaxons ont ponctué la soirée, témoignant de l’enthousiasme des partisans du vainqueur, qui voient dans ce résultat l’aboutissement du processus de transition engagé depuis son arrivée au pouvoir.

Les autres candidats engagés dans la course présidentielle arrivent très loin derrière le Général Doumbouya. Certains d’entre eux ont toutefois exprimé leur désaccord avec les chiffres publiés et annoncé leur intention de contester les résultats provisoires. Ils évoquent notamment des irrégularités relevées dans certaines circonscriptions et appellent à un examen approfondi du processus électoral.

Le scrutin du 28 décembre s’est néanmoins déroulé globalement dans le calme, selon les observateurs nationaux déployés sur le terrain. Malgré quelques incidents isolés signalés çà et là, aucune perturbation majeure n’a été rapportée, permettant le bon déroulement des opérations de vote dans la majorité des bureaux.

CAN 2025 : Pape Thiaw savoure la démonstration des Lions face au Bénin et la première place du groupe D

Le Sénégal a parfaitement conclu sa phase de groupes de la CAN 2025. Vainqueurs sans appel du Bénin (3-0), les Lions de la Teranga terminent en tête du groupe D, un objectif clairement affiché et pleinement assumé par le sélectionneur Pape Thiaw. En conférence de presse d’après-match, le technicien sénégalais n’a pas caché sa satisfaction, mettant en avant la solidité collective et la maturité de son équipe.

Dès l’entame de la compétition, le staff technique avait fixé un cap précis : finir leader du groupe pour aborder la suite du tournoi dans les meilleures conditions. Une ambition atteinte au terme de cette troisième journée, comme l’a rappelé Pape Thiaw avec fierté. Selon lui, cette victoire face au Bénin est bien plus qu’un simple succès comptable ; elle confirme surtout l’identité de jeu et la cohésion du groupe. Les Lions ont affiché une maîtrise globale, tant sur le plan tactique que mental, en contrôlant la rencontre du début à la fin avec sérieux et discipline.

Le sélectionneur a particulièrement insisté sur la dimension collective de la performance. Pour Pape Thiaw, ce match a montré que le Sénégal est une équipe solide, capable d’imposer son rythme, de gérer les temps forts comme les temps faibles et de rester concentrée jusqu’au coup de sifflet final. Une constance qu’il considère comme essentielle dans une compétition aussi exigeante que la Coupe d’Afrique des nations.

Seul bémol de la soirée, l’expulsion de Kalidou Koulibaly à la 71e minute est venue ternir un tableau presque parfait. Un épisode que le sélectionneur a toutefois tenu à relativiser. Loin de blâmer son capitaine, Pape Thiaw a préféré souligner son engagement total et son esprit de sacrifice. Pour lui, ce carton rouge illustre surtout la générosité d’un joueur prêt à tout donner pour le collectif, même dans l’adversité.

Interrogé sur ses choix tactiques et les changements opérés en cours de match, le sélectionneur sénégalais a mis en avant la profondeur et la qualité de son effectif. Il a rappelé que la concurrence au sein du groupe est saine et bénéfique, allant jusqu’à affirmer qu’il dispose de “28 titulaires”. Une richesse qui lui permet d’adapter ses choix en fonction des matchs, sans jamais perdre en intensité ou en qualité de jeu. Tous les joueurs, qu’ils soient titulaires ou remplaçants, ont selon lui répondu présents avec le même état d’esprit.

Enfin, Pape Thiaw a reconnu avoir suivi attentivement l’évolution des autres rencontres du groupe, notamment celle du Congo, conscient que chaque résultat pouvait avoir une incidence sur le classement final. Cette vigilance témoigne de l’approche méthodique du sélectionneur, soucieux de maîtriser tous les paramètres avant d’aborder la phase à élimination directe.

Près de 7 000 élèves apprennent le russe au Sénégal, selon l’APRUS

En choisissant la capitale du Saloum pour abriter son assemblée générale ordinaire annuelle, l’Association des Professeurs de Russe du Sénégal (APRUS) a envoyé un signal fort en faveur de la décentralisation de ses activités et du renforcement de l’enseignement du russe à l’intérieur du pays.

La rencontre s’est tenue ce mardi 30 décembre 2025 au lycée Waldiodio Ndiaye de Kaolack, en présence de professeurs venus des différentes académies du Sénégal.

Cette assemblée statutaire a servi de cadre à l’évaluation des actions menées au cours de l’année scolaire 2025, mais aussi à une réflexion stratégique sur l’avenir de l’enseignement de la langue russe dans le système éducatif sénégalais. Pour le président de l’APRUS, Amath Séga Diop, le choix de Kaolack n’est nullement fortuit.

« Nous avons voulu sortir de Dakar pour aller à la rencontre de nos collègues de l’intérieur du pays. L’enseignement du russe concerne toutes les académies du Sénégal », a-t-il souligné.

Un réseau national en pleine structuration

Les échanges ont permis de mettre en lumière l’implantation progressive, mais solide, de la langue russe à l’échelle nationale. À ce jour, près de 7 000 élèves apprennent le russe dans 69 établissements secondaires, encadrés par 119 professeurs répartis dans les 13 académies du pays.

Une dynamique que l’APRUS attribue en grande partie à la structuration de son réseau et aux actions de renforcement des capacités des enseignants, notamment à travers des stages de formation en Russie et des sessions de formation animées par des experts russes au Sénégal.

La coopération sénégalo-russe au cœur des débats

Au-delà du bilan pédagogique, l’assemblée générale a également mis l’accent sur l’importance de la coopération éducative entre le Sénégal et la Fédération de Russie. Les participants ont rappelé que l’enseignement du russe constitue un levier stratégique pour faciliter l’accès des étudiants sénégalais aux bourses d’études offertes par l’État russe.

Ces bourses, couvrant les cycles Licence, Master et Doctorat, concernent des secteurs clés tels que la médecine, l’ingénierie, l’énergie ou encore les nouvelles technologies.

« Former des élèves dès le secondaire à la langue russe, c’est préparer l’élite de demain à saisir ces opportunités internationales », a insisté le président de l’APRUS.

Vers une meilleure visibilité du russe au Sénégal

À l’issue de la rencontre, les membres de l’association ont plaidé pour une plus grande reconnaissance institutionnelle de la langue russe, ainsi qu’un accompagnement accru des autorités éducatives. L’objectif affiché est de renforcer la visibilité du russe comme langue de formation, d’ouverture culturelle et d’insertion académique.

En tenant son assemblée générale à Kaolack, l’APRUS confirme ainsi sa volonté de rapprocher ses actions du terrain et de faire de l’enseignement du russe un outil de développement éducatif au service de l’ensemble du Sénégal.

CAN 2025 : Kalidou Koulibaly expulsé face au Bénin, un tournant majeur pour les Lions

Le Sénégal a vécu un moment de grande tension ce mardi lors de son match contre le Bénin, comptant pour la troisième journée de la Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc. Les Lions de la Téranga ont en effet terminé la rencontre sans leur capitaine et pilier défensif, Kalidou Koulibaly, expulsé en seconde période après une intervention jugée irrégulière par l’arbitre.

La scène s’est produite à la 68e minute de jeu. Alors que le Sénégal cherchait à conserver la maîtrise du match face à une équipe béninoise accrocheuse et déterminée, Kalidou Koulibaly est intervenu en retard sur un attaquant adverse. Le défenseur central sénégalais a effectué un tacle par derrière, action immédiatement sanctionnée par l’arbitre d’un carton rouge direct, sans appel. Cette décision a provoqué une vive réaction sur le terrain, tant du côté sénégalais que sur le banc, conscient de l’importance du joueur dans l’équilibre de l’équipe.

Privés de leur capitaine, les Lions ont dû réorganiser leur dispositif défensif dans un moment clé de la rencontre. Leader naturel de la défense et véritable patron dans les moments difficiles, Koulibaly incarne non seulement la solidité défensive du Sénégal, mais aussi son autorité morale. Son expulsion a ainsi fragilisé l’arrière-garde sénégalaise et compliqué la gestion de la fin de match, face à un Bénin qui a tenté de profiter de sa supériorité numérique.

Au-delà de la rencontre elle-même, ce carton rouge représente un véritable coup dur pour le Sénégal dans la perspective des huitièmes de finale. Sauf retournement disciplinaire peu probable, Kalidou Koulibaly manquera le prochain match, laissant le sélectionneur face à un casse-tête défensif. Il devra recomposer sa charnière centrale sans son homme fort, dans une phase à élimination directe où la moindre erreur peut être fatale.

Réforme de la décentralisation : l’État acte une nouvelle étape avec l’installation du Comité de pilotage de l’Acte 4

En marge de l’installation officielle du Comité de pilotage chargé de finaliser les projets de réforme de la décentralisation et des pôles territoires, le ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a salué l’aboutissement d’un vaste processus de concertations mené à l’échelle nationale. Pendant plusieurs mois, ces consultations ont sillonné le pays sur plus de 5 000 kilomètres, couvrant l’ensemble des huit pôles territoires et associant toutes les catégories d’acteurs concernées.

Selon le ministère, cette démarche participative a permis de rencontrer élus locaux, forces vives, autorités administratives, organisations de la société civile et simples citoyens. Les échanges, qualifiés de riches, ouverts et inclusifs, ont favorisé la remontée des attentes, préoccupations et propositions des territoires. L’ensemble de ces contributions constitue désormais la base de travail de l’Acte 4 de la décentralisation, présenté comme une réforme structurante destinée à refonder l’organisation territoriale et à renforcer l’efficacité de l’action publique locale.

Placée sous l’autorité directe du Premier ministre, la nouvelle instance de pilotage aura un rôle central dans la conduite du processus. Elle sera chargée d’assurer le cadrage stratégique global de la réforme, de valider les grandes orientations, les plans d’action et les documents de politique publique qui en découleront. Le Comité aura également pour mission d’arbitrer les questions interministérielles, de lever les éventuels blocages institutionnels et d’examiner, puis de valider, les propositions finales issues des travaux techniques.

Pour le ministère, la mise en place de ce Comité traduit la volonté du Gouvernement d’inscrire la réforme dans une logique de transversalité, à la hauteur des enjeux territoriaux. Elle confirme aussi l’ambition de faire des pôles territoires un véritable levier de transformation systémique, capable de promouvoir un développement équilibré, inclusif et durable sur l’ensemble du territoire national, en tenant compte des spécificités locales.

En conclusion, le ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a exprimé sa profonde gratitude à l’endroit de tous les élus locaux, acteurs territoriaux et citoyens qui se sont mobilisés tout au long du processus. Leur engagement et leurs contributions sont présentés comme déterminants pour la réussite de cette réforme qualifiée d’historique, appelée à redéfinir durablement la gouvernance territoriale du pays.

CAN 2025 : Le Sénégal surclasse le Bénin et s’offre la première place du groupe D

L’Équipe nationale du Sénégal a parfaitement rempli sa mission en s’imposant avec autorité face au Bénin (3-0), validant ainsi sa qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc. Grâce à ce succès net et sans bavure, les Lions de la Teranga terminent en tête du groupe D, devançant la République démocratique du Congo.

Dès l’entame de la rencontre, les hommes d’Aliou Cissé ont affiché leurs intentions. Bien en place tactiquement, solides dans les duels et précis dans la circulation du ballon, les Sénégalais ont progressivement pris le contrôle du jeu. Cette domination s’est concrétisée par l’ouverture du score signée Abdoulaye Seck, qui a parfaitement exploité une situation favorable pour mettre les siens sur de bons rails.

Porté par cet avantage, le Sénégal a continué d’imposer son rythme face à une équipe béninoise souvent contrainte de défendre. La maîtrise collective des Lions, alliée à une rigueur défensive constante, a limité les velléités offensives des Guépards. Avant la fin de la première période, Habib Diallo a doublé la mise, récompensant une phase de jeu bien construite et confirmant la supériorité sénégalaise.

Au retour des vestiaires, le scénario n’a guère changé. Le Sénégal, sûr de ses forces, a poursuivi son pressing intelligent tout en gérant ses temps forts. Chérif Ndiaye est venu sceller définitivement le sort de la rencontre en inscrivant le troisième but, offrant ainsi une avance confortable aux Lions et mettant fin aux derniers espoirs béninois.

La fin de match a toutefois été marquée par un fait notable : l’expulsion du capitaine Kalidou Koulibaly. Réduits à dix, les Sénégalais ont fait preuve de maturité et de discipline pour conserver leur avance jusqu’au coup de sifflet final, sans jamais être réellement inquiétés.

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