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Société

À Kaolack, le Khalif de Mame Cheikhou Oumar Niasse fustige la crise des valeurs sociales

La commune de Kaolack, précisément le quartier de Dialègne Niassène, a vécu ce vendredi 2 janvier 2026 un moment de grande ferveur spirituelle à l’occasion de la ziarra annuelle dédiée à Mame Cheikhou Oumar Niasse, figure emblématique de la famille Niassène. Né vers 1889 à Daga Malick, en République de Gambie, fils de El Hadji Abdoulaye Niasse, il fut le deuxième khalif de ce dernier de 1959 à 1966.

La cérémonie officielle, marquée par le recueillement et la dévotion, a réuni autorités religieuses, dignitaires confrériques, disciples et fidèles venus de plusieurs régions du Sénégal et de la sous-région. Au-delà de l’hommage rendu à cet illustre guide religieux, l’événement a également été ponctué de prises de position fortes sur des questions sociales, économiques et morales.

Prenant la parole au nom de la famille religieuse, le porte-parole Sérigne Abdou Samha Niasse a dénoncé ce qu’il qualifie de manquements répétés de la mairie de Kaolack à ses engagements envers le foyer religieux de Dialègne Niassène. Selon lui, plusieurs promesses relatives à l’accompagnement des activités religieuses, à l’aménagement des lieux de rassemblement et à l’amélioration des infrastructures autour du site de la ziarra n’ont toujours pas été respectées. Une situation jugée incompréhensible, au regard du rôle spirituel et social que joue la famille Niassène dans la commune.

Intervenant à son tour, le Khalif de Mame Cheikhou Oumar Niasse, El Hadji Papa Omar Niasse, a exprimé de vives inquiétudes concernant la campagne arachidière 2025-2026. Il a déploré l’absence de fixation officielle du prix de l’arachide, principale culture de rente du bassin arachidier, une incertitude qui, selon lui, plonge les producteurs dans une profonde inquiétude.

« Les paysans ont déjà consenti d’énormes sacrifices, mais ils ne savent toujours pas à quel prix leur récolte sera achetée », a-t-il regretté, estimant que cette situation risque d’aggraver la précarité des familles rurales et de transformer la campagne en une période de soudure prolongée.

Le guide religieux a interpellé les autorités étatiques ainsi que les acteurs de la filière arachidière, les appelant à des mesures urgentes pour soulager le monde rural. « Quand le monde rural souffre, c’est tout le pays qui en ressent les conséquences », a-t-il rappelé, soulignant la dimension sociale et nationale de cette crise.

Sur le plan moral, le Khalif a également dénoncé la perte de repères sociaux et éthiques chez une frange de la jeunesse, ainsi que le non-respect de la parole donnée par certains gouvernants. Selon lui, les promesses non tenues nourrissent la désillusion et la perte de confiance des populations. Il a, en outre, mis en garde contre la destruction de l’image d’autrui à travers des accusations gratuites et des campagnes de dénigrement, qu’il considère comme une menace grave pour la cohésion sociale.

Enfin, El Hadji Papa Omar Niasse a insisté sur l’importance d’un retour à la Sunna du Prophète Mouhammed (PSL), présentée comme un modèle intemporel de paix, de respect et de vivre-ensemble. Il a exhorté la jeunesse à s’attacher davantage à l’éducation religieuse, à la pratique de la prière et aux valeurs morales de l’islam, convaincu que ces repères constituent un rempart contre les dérives et une source de stabilité pour la société.


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