Actualités

Affaire ASER – Thierno Alassane Sall : le différend vire à la bataille judiciaire

Le bras de fer entre l’ancien ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall, et l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) prend une tournure judiciaire de plus en plus tendue. Ce conflit, initialement politique et administratif, s’est désormais déplacé sur le terrain des tribunaux, avec des accusations croisées autour d’un vaste programme d’électrification rurale évalué à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Tout est parti de la plainte déposée par Thierno Alassane Sall devant le pool judiciaire financier. Le leader du parti La République des Valeurs accuse la direction actuelle de l’ASER, dirigée par Jean Michel Sène, de mauvaise gestion et d’irrégularités dans l’exécution de certains projets publics. Mais la riposte n’a pas tardé. Invité ce vendredi sur le plateau de Walftv, Ousmane Noreyni Gueye, responsable de la communication numérique de l’agence, a annoncé que l’ASER allait à son tour déposer une plainte contre l’ancien ministre.

Selon les déclarations de M. Gueye, le dossier visé concerne un projet d’électrification rurale d’un montant global de 60 milliards de francs CFA, signé en 2016, à l’époque où Thierno Alassane Sall occupait le portefeuille de l’Énergie. Ce programme avait été confié à la société Minan Distribution et devait permettre le raccordement de 1 144 villages à travers le pays. Or, près de neuf ans plus tard, les résultats seraient loin des attentes initiales.

La direction actuelle de l’ASER affirme que seulement 368 villages ont été effectivement électrifiés, alors que 45 milliards de francs CFA ont déjà été décaissés. Pour le directeur général Jean Michel Sène, ces chiffres traduisent de « graves anomalies » dans la mise en œuvre et le suivi du projet. Il estime que l’ancien ministre doit désormais rendre des comptes sur la gestion des fonds mobilisés, les procédures d’attribution du marché, ainsi que le contrôle exercé sur l’entreprise exécutante.

L’affaire pourrait ainsi devenir un nouveau test pour la justice financière sénégalaise, dans un contexte marqué par une intensification des enquêtes sur la transparence et la reddition des comptes dans la gestion des ressources publiques. D’un côté, Thierno Alassane Sall, connu pour son discours en faveur de l’éthique et de la bonne gouvernance, entend faire la lumière sur ce qu’il considère comme des dérives au sein de l’administration. De l’autre, la direction de l’ASER affirme vouloir défendre son honneur et clarifier les responsabilités autour d’un projet qui, selon elle, a connu ses premières irrégularités sous le mandat de son accusateur.

Transparence budgétaire : Pape Malick Ndour interpelle le FMI et dénonce les zones d’ombre dans les comptes publics

La récente intervention du Fonds Monétaire International (FMI) continue d’alimenter le débat sur la transparence des comptes publics au Sénégal. En réaction à la sortie du directeur général adjoint de l’institution, Gemayel, l’ancien ministre et membre de l’Alliance pour la République (APR), Pape Malick Ndour, a tenu à faire part de ses réserves, tout en pointant les limites de la supervision internationale en matière de gouvernance financière.

Dans un entretien avec L’Observateur, le représentant du FMI a annoncé la mise en place prochaine d’un groupe d’experts indépendants chargé « de comprendre ce qui s’est passé, comment cela s’est produit et quelles mesures correctrices doivent être envisagées ». Une initiative que Pape Malick Ndour juge révélatrice d’un certain flou persistant autour de la sincérité et de la fiabilité des données financières communiquées par le gouvernement.

Pour l’ancien ministre, cette décision du FMI pose une question fondamentale de cohérence : « Comment peut-on, d’un côté, confirmer certaines choses et, de l’autre, mandater des experts externes pour “comprendre ce qui s’est passé” ? » s’interroge-t-il. Selon lui, cette démarche traduit le malaise du Fonds face à une situation encore mal maîtrisée. « La vérité est que le FMI n’a jusqu’à présent pas bien compris, même si, par souci diplomatique et dans le respect du principe de souveraineté des États, il accorde un certain crédit aux chiffres avancés par le régime en place », ajoute-t-il.

Pape Malick Ndour estime par ailleurs que la sortie du directeur général adjoint du FMI « ancre désormais dans le débat public l’idée d’un audit externe crédible et impartial ». Il rappelle que, comme l’avait déjà indiqué le Chef de l’État lors de son entretien sur France 24, le FMI cherche lui-même à comprendre « ce qui se cache vraiment derrière cette histoire » de divergence dans les comptes publics.

Selon lui, les récentes déclarations du Fonds ne font que confirmer les doutes persistants de l’institution quant à la clarté des finances publiques. « Cette sortie du Chef de mission confirme ainsi les doutes du FMI quant à la clarté et la fiabilité des comptes publics tels que présentés par le nouveau régime », soutient Pape Malick Ndour. Il regrette surtout le manque de transparence dans la communication des documents officiels, notamment « le rapport du cabinet Mazars, pourtant considéré comme l’un des plus importants, mais toujours tenu secret ».

« DETTE CACHÉE » : Les dessous d’une polémique explosive

La déclaration de la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) évoquant un « misreporting » – une erreur de déclaration – dans les chiffres de la dette sénégalaise a fait grand bruit. Le régime en place y a vu la preuve d’une « dette cachée » par l’administration sous Macky Sall. Mais à y regarder de plus près, l’affaire semble davantage relever d’un changement méthodologique que d’une dissimulation.

UNE DIVERGENCE COMPTABLE ?

Sous Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, l’administration a toujours distingué la dette directe de l’État et celle du secteur parapublic, c’est-à-dire des sociétés nationales. Les gouvernements successifs ont toujours considéré que ces dettes parapubliques, dites « contingentes », ne faisaient pas partie de la dette publique centrale.
Cheikh Diba le savait. Le FMI le savait, comme tous les autres partenaires bilatéraux comme multilatéraux. Le régime Sonko-Diomaye a décidé d’intégrer ces engagements dans le calcul global de la dette.
Ce choix technique a mécaniquement fait grimper les chiffres, provoquant le fameux « misreporting » évoqué par le FMI. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une dette cachée, mais d’un changement de méthode de comptabilisation des données.
Sur le fond, le Sénégal n’a jamais cessé d’honorer ses engagements.
Ses créanciers – bilatéraux comme multilatéraux – n’ont jamais signalé le moindre retard de paiement. La charge de la dette, environ 900 milliards de francs CFA par an – elle passera à environ 1 100 milliards F CFA dans le budget 2026 -, figure dans toutes les lois de finances votées par l’Assemblée nationale et dans tous les rapports de la Cour des Comptes ayant fait l’objet de vote de lois de règlement.
Difficile, dans ces conditions, de parler de « dette cachée », à en croire nos sources. « On ne peut pas dissimuler ce que l’on paie chaque année sous le contrôle des bailleurs et des institutions nationales », confient nos interlocuteurs au fait des mécanismes du Trésor.

UNE DETTE VISIBLE APRÈS 12 ANS DE GRANDS CHANTIERS

Entre 2012 et 2024, le Sénégal a connu un bond spectaculaire en matière d’infrastructures. Autoroutes, ponts, TER, BRT, stades, ports, aéroports régionaux, data centers, ville nouvelle de Diamniadio : la liste est longue. Ces projets ont été financés grâce à la stratégie d’endettement du Plan Sénégal Émergent (PSE), qui visait à combler le retard structurel du pays et à stimuler la croissance. Pour l’APR, la dette paraît être « un outil de transformation », non une charge caché. Les troupes de Macky Sall pointe le bilan de leur champion pour justifier la destination de la dette.
Autre élément essentiel : la Cour des Comptes a certifié tous les budgets entre 2012 et 2023, y compris les montants liés à la dette. À aucun moment, elle n’a intégré les dettes parapubliques dans le calcul de la dette publique, même dans son rapport sur la dette de 2022. Le FMI, de son côté, a mené des dizaines de missions au Sénégal, validant les mêmes chiffres sans soulever d’anomalies. « Le FMI a toujours salué la transparence du Sénégal et la qualité de sa coopération », rappellent d’anciens responsables du ministère des Finances. Il estd donc difficile d’imaginer une fraude à si grande échelle sans que la Cour des Comptes, la DGCPT, la DGID, l’ANSD ou le FMI n’en aient eu connaissance.

NOUVEAU PROGRAMME DU FMI

Le débat intervient alors que le pays s’apprête à signer un nouveau
programme avec le FMI, selon Kristalina Georgieva. Son adjoint chargé de l’Afrique annonce que des réformes structurelles sont prévues.
S’agira-t-il de coupes des subventions et des exonérations et un élargissement de la base fiscale qui provoqueraient des conséquences sociales majeures.
En définitive, le débat sur la « dette cachée » semble moins reposer sur des faits que sur une lecture politique. Les institutions de contrôle ont validé les chiffres. Les créanciers continuent de prêter au Sénégal et les investissements financés par la dette sont bel et bien visibles sur le terrain.
Après tout, le pays paie sa dette, ses infrastructures sont là et sa signature reste respectée. Le reste n’est qu’une affaire de perception.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°586 – 18 ET 19/10/2025

🔴 « DETTE CACHÉE » : LA VÉRITÉ DERRIÈRE LE SCANDALE
🔴 MARCHE DE « NOO LANK » CONTRE LA CHERTÉ DE L’ÉLECTRICITÉ : LA RUE DÉFIE LE TANDEM

🔴 CLASSEMENT FIFA : LE SÉNÉGAL SE MAINTIENT, LE MAROC ET LE CAMEROUN DÉGRINGOLENT
🔴 FINALE 9B / APRÈS L’ASC MANKOO : AÏTHIA MET EN CAUSE LE PRÉSIDENT DE LA ZONE

Air Sénégal officialise la création de ses filiales et consolide son écosystème aérien intégré

Le 17 octobre 2025, Air Sénégal a franchi une étape majeure dans la structuration du secteur aérien national en officialisant la création effective de ses filiales. Cette initiative concrétise la mise en place du Groupe de Sociétés d’Aviation Diversifié, conformément aux décisions adoptées lors du Conseil interministériel du 3 avril 2025, présidé par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’une des sept résolutions adoptées au cours de ce Conseil, portant sur la création de filiales d’Air Sénégal SA ainsi que sur la prise de participation de la compagnie nationale dans certaines structures existantes. Les nouvelles entités créées sont Air Sénégal Express, le Centre Industriel de Diass (CID), l’Institut de Formation Air Sénégal (IFAS), Teranga Catering, Teranga Hôtel et Teranga Online, qui inclut un centre d’appels.

Selon la compagnie aérienne, cette structuration stratégique permet à Air Sénégal de se positionner comme un acteur central d’un écosystème aérien intégré, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, allant du transport aérien à la maintenance, en passant par la formation, les services aéroportuaires et la restauration à bord.

Le Directeur général d’Air Sénégal, Tidiane Ndiaye, a souligné l’importance de cette étape, affirmant que la création du Groupe de Sociétés d’Aviation Diversifié constitue une avancée décisive dans la structuration de l’industrie aérienne nationale. « Ce projet, voulu par les autorités, traduit la détermination d’Air Sénégal à bâtir un écosystème intégré et compétitif », a-t-il déclaré.

Parallèlement à la création de ces filiales, la compagnie poursuit le renforcement de ses participations dans plusieurs structures stratégiques. Elle détient désormais 75 % des parts dans 2AS et 100 % dans 2AS Technics, tandis que des négociations sont en cours pour acquérir une participation significative dans Teranga Sûreté Aéroportuaire (TSA).

Ces initiatives s’inscrivent dans la vision du gouvernement sénégalais de bâtir un groupe aérien intégré, durable et économiquement autonome. Elles visent également à renforcer la crédibilité internationale d’Air Sénégal et à consolider sa position de compagnie de référence dans la sous-région.

Créée en 2016 et opérationnelle depuis 2018, Air Sénégal ambitionne de devenir le leader du transport aérien en Afrique de l’Ouest, s’appuyant sur son hub stratégique de l’Aéroport international Blaise Diagne. À ce jour, elle dessert treize destinations avec une flotte composée de deux Airbus A330-900 Neo, trois Airbus A320 et deux ATR 72-600.

Sénégal : L’ARTP annonce la dernière phase de la campagne nationale d’identification des abonnés de téléphonie mobile

L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) a annoncé jeudi l’entrée dans la dernière phase de la campagne nationale d’identification des abonnés de la téléphonie mobile. Cette initiative, lancée dans le but de renforcer la sécurité publique et de protéger les consommateurs, impose à chaque utilisateur de s’assurer que son numéro de téléphone est correctement enregistré avant le 31 octobre 2025, date de clôture définitive des régularisations.

Selon l’ARTP, l’identification des abonnés constitue une obligation légale destinée à garantir la fiabilité du parc de numéros actifs et à prévenir les usages frauduleux. Cette opération est menée en partenariat avec les principaux opérateurs du pays, à savoir Sonatel, Yas, Expresso, Hayo et Promobile, avec le soutien technique de la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF). Elle s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de sécurisation des communications électroniques.

Cette campagne avait déjà connu une première étape majeure le 31 mars 2025, avec la suspension des lignes dont les abonnés n’avaient pas été identifiés. À compter du 29 septembre, les opérateurs ont reçu instruction de procéder à la résiliation définitive de ces lignes. L’ARTP invite désormais les abonnés concernés à se rapprocher sans délai de leurs opérateurs afin de finaliser la procédure avant la date butoir du 31 octobre. L’autorité précise qu’aucune demande de régularisation ne sera acceptée après cette échéance et en appelle à la responsabilité des utilisateurs pour préserver un environnement numérique plus sûr, plus fiable et plus responsable.

Sûreté urbaine : l’influenceuse Adji Mass arrêtée sur instruction du procureur de la République

L’influenceuse sénégalaise Adji Mass a été interpellée ce vendredi sur instruction du procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar, d’après des informations obtenues par Seneweb. Cette arrestation intervient après la diffusion sur les réseaux sociaux de propos jugés contraires aux bonnes mœurs, déclenchant l’ouverture d’une enquête par le parquet.

Le parquet s’était autosaisi du dossier et avait donné des instructions à la Sûreté urbaine, par l’intermédiaire du commissariat central de Dakar, afin de localiser et interpeller l’influenceuse. Les investigations ont permis de la retrouver à la cité Djily Mbaye, où elle a été arrêtée dans l’après-midi, peu après la prière du vendredi.

Selon les premières informations, Adji Mass s’était rendue injoignable ces derniers jours, compliquant ainsi la procédure. Elle sera entendue dans le cadre de l’enquête ouverte pour déterminer la nature exacte des propos incriminés et établir si ces derniers constituent une infraction au regard de la loi.

Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités veillent à encadrer la publication de contenus sur les réseaux sociaux, notamment ceux pouvant porter atteinte aux bonnes mœurs ou à l’ordre public. L’issue de cette enquête pourrait avoir des répercussions importantes sur la responsabilité des influenceurs et la régulation des contenus diffusés en ligne au Sénégal.

Massacre de Thiaroye : des chercheurs dénoncent une « entreprise de dissimulation et de manipulation »

À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce vendredi 17 octobre 2025 au Building administratif Président Mamadou Dia, le Comité de commémoration du massacre des Tirailleurs sénégalais a tiré la sonnette d’alarme sur les tentatives de manipulation de l’histoire entourant le drame de Thiaroye. Selon les chercheurs, l’approche officielle française autour de ce massacre s’inscrit dans ce qu’ils qualifient d’« entreprise délibérée de dissimulation et de manipulation ».

Le professeur Mamadou Diouf, président du Comité de commémoration du 80e anniversaire du massacre, a dénoncé un refus systématique de raconter fidèlement l’histoire : « Autour de Thiaroye, il y a eu une entreprise délibérée. Une entreprise française de la dissimulation, de la manipulation de l’information et surtout du refus de même raconter l’histoire », a-t-il affirmé.

Selon lui, le cimetière de Thiaroye reste un immense terrain d’investigation inexploité. « Personne n’a jamais essayé de faire des fouilles et l’archéologie de ce cimetière pour savoir qui est enterré là, ni comment ces personnes ont été tuées », a regretté le professeur Diouf, insistant sur la nécessité de confronter les archives aux preuves matérielles afin de révéler la vérité complète sur le massacre.

Le professeur Mamadou Fall, président de la Commission de traitement et d’exploitation, a précisé que les recherches archivistiques menées par la commission ont permis de réévaluer le nombre de victimes, faisant passer les estimations de 35 à environ 70 morts. Cependant, il estime que la recherche archéologique pourrait encore élargir ces chiffres, révélant ainsi l’ampleur réelle de la tragédie.

« Il faut aller au-delà des chiffres et montrer ce qui importe pour nous, Africains, qui écrivons ce récit sur nous-mêmes. Il y a eu un récit linéaire, unique, qui a cherché à invisibiliser et à dissimuler. Aujourd’hui, il y a une pluralité de récits », a souligné le professeur Fall, appelant à la construction d’un récit plus complet et plus juste.

Pour les chercheurs, il est crucial de déconstruire le récit métropolitain qui a longtemps dominé la mémoire du massacre et d’ouvrir un espace pour un récit africain, écrit et contrôlé par les Africains eux-mêmes. « Trop longtemps, notre histoire a été racontée par d’autres. Il est temps de reprendre la parole et de restituer la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour la dignité », a conclu le professeur Mamadou Diouf.

Cette prise de position des chercheurs s’inscrit dans une dynamique plus large visant à réhabiliter la mémoire des tirailleurs sénégalais et à garantir que la vérité historique soit établie, non pas à travers les archives officielles seules, mais aussi grâce à des preuves matérielles et à des recherches scientifiques sur le terrain.

Massacre de Thiaroye : les fouilles archéologiques révèlent de troublantes incohérences dans les tombes des tirailleurs

Le voile se lève progressivement sur l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire coloniale française en Afrique. À l’occasion d’une conférence de presse organisée par le Comité de commémoration du massacre des Tirailleurs sénégalais, le professeur Moustapha Sall, président de la Commission Archéologie, a présenté les premiers résultats des fouilles entreprises au cimetière militaire de Thiaroye, théâtre du drame du 1er décembre 1944. Ces investigations confirment d’importantes incohérences entre les archives officielles et la réalité du terrain, ouvrant une nouvelle phase dans la quête de vérité historique.

Selon le Pr Sall, les fouilles avaient pour but de vérifier la correspondance entre les tombes présumées des tirailleurs et les restes humains qui y reposent réellement. Il a rappelé que « la vérité sur ce qui s’est passée à Thiaroye se trouve dans le sol, car tout y est enfoui », soulignant que les archives françaises ne permettent pas à elles seules d’éclairer toutes les zones d’ombre entourant ce massacre.

Les premières constatations des archéologues se révèlent particulièrement troublantes. Contrairement à ce que soutiennent les récits officiels, les squelettes ne se trouvent pas à l’intérieur des tombes supposées abriter les tirailleurs. Dans plusieurs cas, les restes humains ont été retrouvés à l’extérieur du carré funéraire, parfois dans des positions inhabituelles. « Certains corps ont été découverts la tête tournée à l’opposé de la stèle, ce qui montre que les tombes actuelles ne sont pas contemporaines des inhumations », a précisé le chercheur.

Le professeur Sall parle d’un « cimetière réceptacle de plusieurs pratiques d’enterrement », une formule qui laisse entendre que les lieux auraient servi à diverses opérations funéraires à des époques différentes, brouillant ainsi la traçabilité des victimes du massacre.

Depuis le lancement des fouilles en mai dernier, sept tombes ont été ouvertes, permettant la découverte de sept squelettes généralement bien conservés. Chacun d’eux révèle des éléments singuliers. Le premier individu, mesurant environ 1m80, portait encore des brodequins, des bagues, des anneaux, ainsi que des restes de chaînes de fer autour des tibias, évoquant une détention ou une exécution violente. Le second corps ne présente que la moitié de la colonne vertébrale et du bassin, tandis que le troisième est dépourvu de crâne et d’une partie des côtes, avec une balle logée dans la poitrine gauche.

Ces indices, selon le professeur Sall, constituent des preuves matérielles d’une exécution massive et d’un possible déplacement ultérieur des corps. « Ces découvertes confirment que les tombes que l’on croyait être celles des tirailleurs ne le sont pas toutes, ou du moins, qu’elles ne correspondent pas aux récits établis », a-t-il affirmé.

Les archéologues comptent désormais poursuivre leur travail à travers des études anthropologiques et génétiques pour déterminer l’identité des victimes. « Les sept squelettes exhumés feront l’objet d’analyses approfondies. Nous allons extraire leur ADN afin de tenter de les identifier et de retracer leur origine », a indiqué le Pr Sall.

Le massacre de Thiaroye, survenu le 1er décembre 1944, reste l’un des symboles les plus forts des violences coloniales. Des dizaines de tirailleurs sénégalais, anciens combattants revenus d’Europe après la Seconde Guerre mondiale, furent abattus par l’armée française pour avoir réclamé le paiement de leurs soldes.

Ces nouvelles fouilles viennent remettre en question la version officielle, longtemps contestée par les historiens et les familles des victimes. Elles pourraient ouvrir la voie à une reconnaissance historique plus complète, fondée cette fois sur des preuves scientifiques, et marquer une étape décisive dans la réhabilitation de la mémoire des tirailleurs de Thiaroye.

Don d’organes au Sénégal : le programme national de transplantation à l’arrêt faute de financement

À l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, célébrée ce 17 octobre, le Sénégal fait face à une situation préoccupante. Le programme national de transplantation, pourtant porteur d’espoir pour des centaines de patients en attente de greffe, est à l’arrêt depuis plusieurs mois, faute de moyens financiers suffisants.

Le pays dispose d’un cadre réglementaire et institutionnel à travers le Conseil national du Don et de la Transplantation (CNDT), structure placée sous la tutelle du ministère de la Santé et chargée de superviser les opérations de greffe, notamment rénales et de cornée. Cependant, selon son directeur, le Professeur Farika, les activités du programme sont suspendues depuis 2024, en raison de l’absence de financement durable.

« Depuis 2024, aucune transplantation n’a pu être réalisée. Le principal problème, c’est le financement. La transplantation coûte cher et la majorité des patients sont des indigents qui ne peuvent pas supporter de telles dépenses », a déploré le Pr Farika.

Le programme, lancé avec enthousiasme après la réussite des quatre premières transplantations rénales effectuées au Sénégal, s’est rapidement essoufflé. Les demandes continuent pourtant d’affluer de tout le pays. « Chaque jour, nous recevons des appels, des visites, des familles désespérées qui demandent de l’aide, mais nous ne pouvons rien faire tant qu’un mécanisme de financement pérenne n’est pas mis en place », a-t-il ajouté.

Le professeur a également tenu à rappeler que la transplantation est économiquement plus avantageuse que la dialyse sur le long terme. « Si vous comparez le coût des deux traitements sur dix ans, un patient transplanté revient à environ 50 millions de francs CFA, alors qu’un dialysé coûte presque le double, soit près de 100 millions », a-t-il précisé, soulignant ainsi l’importance d’investir dans le don et la greffe d’organes pour réduire les dépenses de santé publique.

Au-delà de l’aspect financier, le CNDT poursuit son travail de sensibilisation sur le don d’organes, une pratique encore marquée par des réticences culturelles et religieuses. La Journée mondiale du don d’organes constitue à cet égard un moment clé pour informer les populations, encourager les discussions au sein des familles et promouvoir la solidarité à travers le don posthume ou de son vivant.

Malgré les difficultés, le Pr Farika garde espoir. « Les autorités sont en train de travailler pour trouver une solution. Nous espérons pouvoir reprendre les transplantations avant la fin de l’année 2025 », a-t-il déclaré, confiant dans la volonté de l’État de relancer ce programme vital.

Le redémarrage du programme national de transplantation représente un enjeu crucial pour le système de santé sénégalais, qui ambitionne de réduire sa dépendance vis-à-vis des évacuations sanitaires et de renforcer l’autonomie médicale du pays. Pour de nombreux patients en attente, il s’agit avant tout d’une question de survie.

Fatick : une vaste opération de saupoudrage lancée pour contrer la fièvre de la vallée du Rift

La ville de Fatick a lancé, dans la nuit du vendredi au samedi, une vaste opération de saupoudrage destinée à lutter contre la fièvre de la vallée du Rift, maladie virale transmise par les moustiques et qui suscite une vigilance accrue des autorités sanitaires. Cette initiative, menée par la Brigade départementale d’hygiène, s’inscrit dans le cadre du plan national de riposte sanitaire face aux risques épidémiologiques liés à l’hivernage.

L’opération a débuté à 23 heures et s’est poursuivie jusqu’à 4 heures du matin. Elle a ciblé plusieurs zones stratégiques de la commune, notamment les marchés, les espaces publics, les quartiers périphériques et les zones les plus touchées par la prolifération des moustiques. Le chef de la brigade d’hygiène de Fatick, Ibou Diom, a souligné que cette campagne vise à “réduire la densité vectorielle et protéger les populations contre les maladies transmissibles, en particulier la fièvre de la vallée du Rift.”

Selon M. Diom, cette opération s’inscrit dans la continuité d’une série d’actions préventives déjà engagées depuis plusieurs semaines. “Nous avons procédé à la désinfection de 542 salles de classe, 485 toilettes publiques et treize domiciles dans les zones à risque”, a-t-il précisé, avant d’ajouter que le quartier où a été détecté le premier cas confirmé fera également l’objet d’un traitement intensif.

Au-delà du saupoudrage, les équipes de la Brigade d’hygiène multiplient les visites de sensibilisation auprès des ménages. Des agents communautaires sont mobilisés pour rappeler les règles essentielles de salubrité : éliminer les eaux stagnantes, bien gérer les déchets ménagers et entretenir les abords des concessions. Ces actions, combinées aux opérations de désinsectisation, visent à rompre le cycle de reproduction des moustiques vecteurs de la maladie.

La fièvre de la vallée du Rift, qui affecte à la fois les animaux et les humains, est une zoonose endémique dans plusieurs zones d’Afrique subsaharienne. Au Sénégal, la région de Fatick figure parmi les zones prioritaires de surveillance en raison de sa forte activité agro-pastorale et de son exposition aux inondations saisonnières. Les autorités sanitaires, en collaboration avec les services vétérinaires, suivent de près l’évolution de la situation pour éviter toute propagation.

Cette campagne de saupoudrage s’inscrit dans un dispositif plus large de prévention mis en place par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, en coordination avec les collectivités locales et les services de l’élevage. L’objectif est d’assurer une riposte rapide et efficace afin de contenir les risques sanitaires et protéger les populations rurales et urbaines de Fatick.

Par cette mobilisation, les autorités locales affichent leur détermination à faire face à la menace sanitaire, tout en appelant les populations à une collaboration active. “La lutte contre la fièvre de la vallée du Rift est l’affaire de tous. Le respect des consignes d’hygiène et la vigilance communautaire sont essentiels pour endiguer la maladie”, a conclu le chef de brigade, Ibou Diom.

Bassirou Diomaye Faye accueilli à Kigali par Paul Kagame pour une visite officielle placée sous le signe du partenariat stratégique

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a entamé ce vendredi une visite officielle à Kigali, au Rwanda, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays. À son arrivée à l’aéroport international de Kigali, le chef de l’État sénégalais a été chaleureusement accueilli par son homologue rwandais, Paul Kagame, dans une ambiance empreinte de fraternité africaine et de respect mutuel.

Cette visite officielle revêt une importance particulière dans le contexte actuel de redéfinition des alliances africaines et de promotion de la coopération Sud-Sud. Elle vise à consolider les liens d’amitié et de partenariat entre le Sénégal et le Rwanda, deux nations reconnues pour leur vision réformatrice et leur volonté de bâtir des États modernes, performants et souverains.

Au cœur des échanges entre Bassirou Diomaye Faye et Paul Kagame figurent plusieurs axes prioritaires, notamment la gouvernance publique, la transformation numérique, la sécurité régionale, l’industrialisation et la promotion du capital humain. Les deux dirigeants entendent également explorer de nouvelles opportunités de collaboration dans les domaines de l’innovation technologique, de l’entrepreneuriat des jeunes, ainsi que du développement durable.

Le président Faye, dont la politique étrangère repose sur une approche souverainiste et pragmatique, considère le Rwanda comme un partenaire africain exemplaire, en raison de ses avancées notables en matière de gouvernance, de digitalisation des services publics et de promotion de l’efficacité administrative. Kigali, souvent cité comme modèle en Afrique en termes de stabilité et de développement, partage avec Dakar une vision commune : celle d’un continent maître de son destin, où la coopération entre nations africaines se substitue progressivement à la dépendance extérieure.

La visite du président sénégalais intervient dans un contexte où les relations entre Dakar et Kigali connaissent un essor constant. Ces dernières années, plusieurs accords de coopération ont été signés dans les domaines de la formation, des technologies de l’information, de la gestion publique et du commerce. Le déplacement de Bassirou Diomaye Faye devrait aboutir à la signature de nouveaux partenariats destinés à renforcer la coopération institutionnelle et économique.

Au-delà des enjeux politiques et économiques, cette rencontre revêt également une forte portée symbolique. Elle illustre la volonté des deux chefs d’État de donner un nouvel élan à la diplomatie africaine, fondée sur la complémentarité et la mutualisation des ressources. Bassirou Diomaye Faye et Paul Kagame entendent ainsi mettre en avant une nouvelle génération de leadership africain, déterminée à offrir des solutions endogènes aux défis du développement et à redéfinir la place du continent sur la scène internationale.

Affaire Parilutte-Parilamb : la Lonase lourdement désavouée, la saisie de fonds annulée par le Tribunal de commerce de Dakar

Le feuilleton judiciaire opposant la Loterie nationale sénégalaise (Lonase) au Groupement d’intérêt économique (Gie) Parilutte-Parilamb vient de connaître un nouveau rebondissement, et pas en faveur de l’entreprise publique. Le Tribunal de commerce de Dakar a rendu une ordonnance en référé annulant la saisie-attribution de créances opérée par la Lonase sur les comptes bancaires de son partenaire, au motif d’un vice de fond dans la procédure. Cette décision, rendue avec exécution provisoire, vient aggraver la situation de la société nationale déjà condamnée au fond en 2023 à verser 5 milliards de francs CFA au Gie pour rupture abusive de contrat.

Le contentieux remonte à janvier 2020, date à laquelle la Lonase et le Gie Parilutte-Parilamb avaient signé un partenariat stratégique portant sur la mise en place d’une plateforme numérique dédiée aux paris sur la lutte sénégalaise, dénommée « Parilutte-Parilamb ». Ce projet ambitieux visait à moderniser la gestion des paris sportifs et à mieux encadrer les mises autour du sport roi du Sénégal. Dans l’esprit du partenariat, la Lonase devait apporter son expertise institutionnelle, son réseau et ses autorisations réglementaires, tandis que Parilutte-Parilamb devait fournir la solution technologique et l’infrastructure opérationnelle.

Mais très vite, des désaccords sont apparus. Le Gie accuse la Lonase d’avoir manqué à ses engagements contractuels, en bloquant le lancement du projet et en refusant d’exécuter certaines obligations financières prévues dans la convention. Malgré de multiples tentatives de conciliation, les discussions ont échoué, poussant Parilutte-Parilamb à saisir le Tribunal de commerce de Dakar pour obtenir réparation.

En octobre 2023, la justice avait tranché en faveur du Gie, condamnant la Lonase à lui verser la somme de cinq milliards de francs CFA pour non-exécution de ses engagements. Une décision que l’entreprise publique avait contestée sans succès, tout en cherchant à contourner ses effets. En mars 2025, la Lonase a tenté de faire saisir les comptes bancaires du Gie logés à la Coris Bank International, sur la base d’une procédure initiée par Me Guillaume Sagna, huissier de justice à Dakar.

Mais cette démarche s’est retournée contre elle. Le Tribunal de commerce, saisi par les avocats de Parilutte-Parilamb, a constaté plusieurs irrégularités de fond dans la procédure de saisie. Le juge a ainsi déclaré nulle la saisie-attribution de créances opérée le 21 mars 2025 et a ordonné la main levée immédiate sur les fonds. Dans son ordonnance, le tribunal a estimé que la Lonase avait violé les principes élémentaires de la procédure civile, en initiant une saisie sans base juridique solide. L’entreprise publique a, de surcroît, été condamnée aux dépens, avec exécution provisoire de la décision, ce qui signifie qu’elle devra s’y conformer sans délai, même en cas d’appel.

Pour Me Mohamed Seydou Diagne, avocat de Parilutte-Parilamb, cette nouvelle victoire judiciaire ne souffre d’aucune ambiguïté : « C’est une décision claire, cohérente et conforme au droit. Elle confirme que la Lonase a choisi une voie de fait en tentant d’obtenir par la force ce que la justice lui avait déjà refusé. » Le conseil a ajouté que son client restait déterminé à obtenir l’exécution intégrale du jugement de 2023 et à faire respecter ses droits.

Cette affaire, au-delà de son aspect financier, met en lumière les fragilités structurelles de la gouvernance contractuelle dans certaines entreprises publiques sénégalaises. Plusieurs analystes y voient le symptôme d’un rapport souvent déséquilibré entre les institutions étatiques et leurs partenaires privés. Dans le cas d’espèce, la Lonase, censée incarner la rigueur et la transparence du service public, se retrouve accusée de manquements répétés à ses engagements, d’initiatives procédurales hasardeuses et de tentatives d’intimidation économique.

Pour l’entreprise publique, ce nouveau désaveu judiciaire constitue un coup dur. Déjà en proie à des critiques sur sa gestion interne et sur la transparence de ses partenariats, la Lonase voit son image encore ternie par cette série de revers judiciaires. Elle se retrouve désormais dans une position délicate : condamnée au fond, déboutée en référé, et sous pression pour exécuter les décisions de justice qui s’accumulent contre elle.

De son côté, le Gie Parilutte-Parilamb sort renforcé de cette séquence. Après cinq années d’un combat juridique éprouvant, il dispose désormais de deux victoires successives qui confortent la solidité de sa position et la légitimité de ses revendications. L’enjeu, désormais, est d’obtenir le paiement effectif des 5 milliards de francs CFA fixés par le tribunal en 2023.

Ce bras de fer, qui mêle enjeux économiques, juridiques et institutionnels, risque de se poursuivre encore longtemps. Mais une chose est certaine : la Lonase, en accumulant les revers, donne l’image d’une institution fragilisée, confrontée à ses propres contradictions et à un besoin urgent de réforme interne. Quant à Parilutte-Parilamb, sa détermination à faire respecter la justice pourrait en faire un symbole de la résistance du secteur privé face aux dérives des structures publiques.

Farba Ngom porte plainte pour diffamation et injures contre Walf Quotidien et l’économiste Meïssa Babou

Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, a décidé de saisir la justice pour défendre son honneur après la publication d’informations qu’il juge diffamatoires et injurieuses. Actuellement détenu dans le cadre d’une autre procédure, le parlementaire a engagé des poursuites contre le journal Walf Quotidien et l’économiste Meïssa Babou, à la suite d’articles et de commentaires qu’il estime attentatoires à sa réputation.

Selon le quotidien Les Échos, deux plaintes distinctes ont été déposées par les avocats de Farba Ngom : la première auprès du procureur de la République pour « diffamation » vise le journaliste Salif Ka et le directeur de publication de Walf Quotidien, Seyni Diop. La seconde, introduite auprès de la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), cible Meïssa Babou pour « injures publiques ».

À l’origine de ces plaintes, un article publié dans l’édition du 13 octobre de Walf Quotidien. Le journal y affirmait que Farba Ngom, à travers les sociétés Woodrose Investment et SF-Farms, serait propriétaire de 251 parcelles issues de lotissements, ainsi que de 29 titres fonciers situés dans la commune de Ngor-Almadies, sans oublier des terrains au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo. Des allégations que le maire des Agnam conteste fermement, estimant qu’elles portent gravement atteinte à son honneur et à sa considération publique.

S’agissant de Meïssa Babou, économiste et enseignant, il lui est reproché d’avoir, dans un commentaire relatif à ces accusations, tenu des propos jugés offensants à l’égard du député : « …ils ont choisi la facilité non pas dans l’éthique mais dans la magouille et des détournements (…) C’est de l’enrichissement illicite », aurait-il déclaré. Ces propos ont été interprétés par les conseils de Farba Ngom comme une attaque personnelle, relevant du champ de l’injure publique.

Cette affaire survient dans un contexte judiciaire déjà tendu pour Farba Ngom, qui a parallèlement saisi la juridiction suprême afin d’obtenir la mainlevée de son mandat de dépôt. Ses proches dénoncent ce qu’ils considèrent comme une campagne de dénigrement médiatique, destinée à ternir son image alors qu’il fait face à plusieurs accusations.

En engageant ces poursuites, le député des Agnam entend rétablir la vérité et faire sanctionner ce qu’il qualifie de dérive médiatique et de diffamation manifeste. Du côté des mis en cause, ni le Walf Quotidien ni Meïssa Babou n’ont pour l’instant réagi publiquement à ces plaintes, mais l’affaire risque d’ouvrir un nouveau front judiciaire mêlant presse, politique et justice dans un climat déjà chargé de tensions autour de la liberté d’expression et de la responsabilité des médias au Sénégal.

Université Gaston Berger : grève de 48 heures des travailleurs pour protester contre la suppression des quotas réservés à leurs enfants

À l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, le climat social s’est tendu ces derniers jours. Les travailleurs de l’établissement ont observé une grève de 48 heures, les jeudi 16 et vendredi 17 octobre 2025, pour dénoncer la suppression des quotas d’inscription réservés aux enfants du personnel universitaire. Cette décision, jugée injuste et brutale, a provoqué la colère des syndicats, qui parlent d’une attaque frontale contre les droits acquis de longue date par les travailleurs de l’université.

Selon les syndicalistes, cette mesure a déjà un impact concret : plus de 40 dossiers d’inscription sont actuellement bloqués, compromettant la rentrée universitaire des enfants concernés. Ibrahima Traoré, membre du syndicat des travailleurs de l’UGB, a décrit la situation comme alarmante. « Aujourd’hui, 24 dossiers sont en souffrance au niveau de notre rectorat. Il s’agit de 42 enfants de travailleurs qui risquent d’être exclus pour ne pas être inscrits. Nous affirmons que c’est injuste », a-t-il déclaré, dénonçant une situation qu’il qualifie de « honte » pour une institution censée promouvoir la justice et l’équité.

Les travailleurs estiment que l’université renie ses engagements et efface des avantages sociaux acquis de haute lutte. « Nous ne pouvons plus attendre, il n’y a pas d’autre démarche possible que celle de riposter », a insisté M. Traoré, avant de marteler : « Les acquis restent des acquis, nous ne ferons pas marche arrière. »

L’intersyndicale de l’Université Gaston Berger, qui regroupe les principales organisations de travailleurs, a ainsi décidé de paralyser le rectorat et le Centre des œuvres universitaires de Saint-Louis (Crous) pendant deux jours. L’objectif est de faire pression sur les autorités universitaires pour qu’elles reviennent sur leur décision et rétablissent les quotas réservés aux enfants du personnel.

Cette mobilisation met en lumière un malaise plus profond au sein des universités publiques sénégalaises, où les tensions sociales se multiplient sur fond de réformes administratives et budgétaires. Pour les syndicalistes, il ne s’agit pas simplement d’un privilège perdu, mais d’un symbole du respect dû aux agents qui, depuis des années, participent activement au fonctionnement et au rayonnement de l’université.

Alors que la grève a temporairement ralenti les activités de l’UGB, les travailleurs promettent de poursuivre leur combat si aucune solution n’est trouvée. Ils exigent un dialogue franc avec les autorités universitaires et le ministère de l’Enseignement supérieur afin de préserver ce qu’ils considèrent comme un droit légitime.

La rentrée universitaire, prévue dans les prochains jours, risque ainsi d’être perturbée si le conflit persiste, laissant planer une incertitude sur l’avenir des enfants concernés et sur la stabilité sociale au sein de l’Université Gaston Berger.

Assises des entreprises : le gouvernement consacre 300 milliards FCFA à l’apurement des arriérés du secteur privé dans la LFR 2026

Lors de la cérémonie d’ouverture des Assises de l’entreprise, tenue jeudi à Dakar, le Directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget, Bassirou Sarr, a annoncé une mesure importante visant à alléger les tensions financières du secteur privé national. Il a révélé que le gouvernement a inscrit un montant complémentaire de 300 milliards de francs CFA dans la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, destiné à l’apurement des arriérés dus aux entreprises privées.

Cette déclaration intervient dans un contexte où les acteurs économiques, à l’image du président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, ont exprimé leurs vives inquiétudes face à l’accumulation de dettes publiques non réglées, qui fragilisent la trésorerie et les capacités d’investissement des entreprises.

Selon M. Sarr, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a pris l’initiative de saisir toutes les entités du secteur privé afin d’établir un recensement exhaustif des montants dus. Cette opération, a-t-il indiqué, permettra à l’État de disposer d’une vision claire et complète de l’ensemble des arriérés avant leur apurement. « Dans la loi de finances déposée à l’Assemblée nationale, un montant de 300 milliards de F Cfa complémentaire est réservé pour l’apurement de ces arriérés », a-t-il précisé, confirmant ainsi la volonté du gouvernement de rétablir la confiance avec le secteur privé.

Revenant sur les efforts déjà consentis par l’État, le directeur de cabinet a rappelé que, dans la Loi de finances rectificative 2025, le gouvernement avait déjà mobilisé 500,9 milliards de francs CFA pour le même objectif. « Dans ces arriérés, nous avons plusieurs composantes. La première est liée à des marchés publics financés sur ressources extérieures et concernant les exercices 2024 et antérieurs. Aujourd’hui, sur un montant de 249 milliards de francs CFA prévu, nous avons déjà apuré 218 milliards », a-t-il détaillé, soulignant les progrès réalisés dans ce domaine.

M. Sarr a également mis en avant la bonne santé macroéconomique du pays, affirmant que le Sénégal affiche actuellement le taux de croissance le plus élevé du continent africain, avec une prévision de 7,8 % d’ici la fin de l’année. Cette performance, selon lui, témoigne de la résilience de l’économie sénégalaise et de l’efficacité des réformes budgétaires entreprises par le gouvernement.

Il a par ailleurs insisté sur la volonté du ministère des Finances de poursuivre la consolidation budgétaire. Le Projet de loi de finances 2026, déposé à l’Assemblée nationale, prévoit en effet une réduction du déficit budgétaire, qui passera de 7,8 % à 5,8 %, un signe de rigueur et de prudence dans la gestion des finances publiques.

Ces annonces interviennent dans un climat de dialogue renouvelé entre le secteur public et le secteur privé, à travers ces Assises de l’entreprise placées sous le thème « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables ». Elles traduisent une volonté affirmée du gouvernement de rétablir la confiance, d’assainir les relations financières avec les entreprises et de consolider les bases d’une croissance inclusive et durable.

Assises de l’entreprise : Baïdy Agne alerte sur les contentieux bancaires et le manque de concertation fiscale

Les Assises de l’entreprise, organisées par le Conseil national du patronat (CNP), ont été marquées par une intervention forte du président du patronat sénégalais, Baïdy Agne, qui a mis en lumière les difficultés croissantes auxquelles font face les entreprises du pays. Lors de la cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, et en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont Déthié Fall, Olivier Boucal et Amadou Ndieck Sarré, le président du CNP a dénoncé les multiples entraves au développement du secteur privé national, notamment les contentieux bancaires, le manque de concertation sur les codes des impôts et des douanes, ainsi que le retard dans l’apurement de la dette intérieure.

Baïdy Agne a d’abord souligné l’urgence de « rectifier le tir » afin de permettre aux entreprises sénégalaises de mieux saisir les opportunités économiques qui s’offrent au continent africain. Selon lui, le climat des affaires demeure fragilisé par une série de contraintes structurelles, notamment le poids des contentieux bancaires. À ce titre, il a révélé que le montant global des créances bancaires en contentieux judiciaire dépasse désormais 750 milliards de francs CFA, un chiffre alarmant qui freine le financement de l’économie nationale.

Pour le président du CNP, la situation du Tribunal de Commerce de Dakar mérite une attention particulière. Il appelle à son désengorgement, estimant que la lenteur dans le traitement des affaires commerciales a un impact direct sur la compétitivité des entreprises et la fluidité des affaires.

Revenant sur le thème central des Assises — « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables » —, Baïdy Agne a rappelé que la santé de l’entreprise sénégalaise reste fragile dans plusieurs secteurs, même si les entrepreneurs continuent d’afficher un optimisme mesuré. « L’entreprise ne bute jamais sur des difficultés ni ne contourne les obstacles », a-t-il déclaré, avant de souligner que la croissance durable repose avant tout sur l’investissement, la productivité et une meilleure mobilisation des ressources internes.

Dans ce cadre, il a plaidé pour un dialogue plus ouvert et inclusif entre les pouvoirs publics et le secteur privé, notamment dans la conception des nouveaux Codes des Impôts et des Douanes. Selon lui, le manque de communication entre les directions générales concernées et le patronat crée une situation de méfiance et alimente les tensions fiscales. « Rien ne filtre du huis clos des deux Directions générales », a-t-il regretté, appelant à un retour des concertations techniques afin d’éviter les incompréhensions, les sanctions injustifiées et les contentieux répétitifs.

Le président du CNP a également abordé la pression fiscale que subissent les mêmes contribuables, dénonçant un déséquilibre dans la répartition des charges. Il a réaffirmé la volonté du patronat de promouvoir le civisme fiscal, mais souhaite que la loi sur la souveraineté économique soit élaborée avec une réelle implication des acteurs privés.

Baïdy Agne a par ailleurs évoqué le rôle du secteur des assurances, qu’il juge stratégique dans le financement de l’économie nationale. Il a rappelé que ce secteur représente plus de 631 milliards de francs CFA d’investissements et de placements, dont 25 % en obligations et valeurs d’État. Il a plaidé pour la mise en place d’un cadre réglementaire favorisant la création de marchés secondaires, afin de rendre les actifs plus liquides et de stimuler la croissance.

Enfin, le président du CNP a insisté sur la dette intérieure, appelant à son apurement progressif pour soulager les entreprises en difficulté. Il souhaite que les paiements dus soient accélérés et que les délais d’attente soient réduits au strict minimum, en accordant une priorité aux secteurs les plus vulnérables.

Ces Assises de l’entreprise se tiennent dans un contexte économique marqué par la recherche de souveraineté économique, de compétitivité et d’emplois durables. Le discours de Baïdy Agne résonne comme un appel à un partenariat renouvelé entre l’État et le secteur privé, afin de bâtir un environnement propice à la croissance, à la stabilité et à l’investissement productif au Sénégal.

Suppression du cumul de certains avantages pour les agents de l’État : le Premier ministre Ousmane Sonko prend des mesures

Dans une note rendue publique ce vendredi soir, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé la suppression du cumul de certains avantages accordés aux agents de l’État. Cette décision intervient dans le cadre des mesures visant à renforcer la transparence et la rigueur dans la gestion des ressources publiques.

Selon la circulaire officielle adressée ce jour aux ministres et secrétaires d’État, le Premier ministre souligne que certains agents continuent de bénéficier simultanément d’avantages liés à la détention de véhicules administratifs, notamment la dotation en carburant, ainsi que de l’indemnité forfaitaire globale prévue pour certains fonctionnaires par le décret n°2021-03 du 6 janvier 2021. Cette situation est jugée incompatible avec la réglementation en vigueur et constitue une source d’iniquité au sein de l’administration publique.

La circulaire s’appuie sur les conclusions du rapport de l’Inspection générale d’État n°37/2024, daté du 19 avril 2024, qui avait déjà relevé ces pratiques. Dans le cadre de la directive présidentielle, le Président de la République ordonne la fin immédiate de ce cumul d’avantages. Cette mesure vise à harmoniser l’application des règles relatives aux indemnités et avantages des fonctionnaires et à garantir une gestion plus équitable des ressources de l’État.

Sommet international à l’Assemblée nationale italienne : Kaolack plaide pour une coopération durable entre l’Afrique et l’Europe

En mission au service de la communauté nationale, Serigne Mboup, maire de Kaolack et président de l’Union nationale des Chambres de commerce, a pris part à un sommet international organisé à l’Assemblée nationale italienne, à l’invitation de la diaspora sénégalaise en Italie.

Ce rendez-vous, placé sous le thème « Droit de rester et droit de rentrer », a réuni des acteurs politiques, économiques et associatifs venus d’Afrique et d’Europe pour réfléchir aux nouveaux enjeux de la migration et du développement partagé.

Dans son discours, Serigne Mboup a exprimé sa fierté et sa reconnaissance d’avoir été convié à cet événement d’envergure internationale :

« Je suis honoré de représenter ici le monde économique et territorial du Sénégal, à la fois comme Maire de Kaolack et Président de l’Union Nationale des Chambres de Commerce. Je remercie l’honorable Aboubakar Soumahoro pour son initiative inspirante, et je salue M. Pape Sen, vice-président de l’Association des ressortissants sénégalais de Kaolack en Italie, pour son engagement qui illustre la force du lien entre nos peuples », a-t-il déclaré.

Le maire de Kaolack a rappelé que l’Afrique n’attend pas l’assistance, mais une coopération sincère, équilibrée et durable avec l’Europe.

« Nous avons besoin d’outils concrets : des lignes de crédit pour les investissements productifs, des partenariats dans la santé, l’eau, l’agroalimentaire, la logistique et le transport, ainsi qu’un soutien à la formation des jeunes. C’est cela, une coopération durable entre l’Afrique et l’Europe », a-t-il plaidé.

Dans une analyse lucide, Serigne Mboup a également mis en lumière les défis de l’intégration intra-africaine :

« Aujourd’hui, il est souvent plus facile de voyager d’Afrique vers l’Europe que d’un pays africain à un autre. Un ancien président du Parlement de la CEDEAO me disait : “Aucun pays africain ne peut organiser un sommet régional en moins de 24 heures, mais tous peuvent rejoindre Paris ou Casablanca.” C’est la même réalité pour nos marchandises : elles circulent mieux vers l’Europe que dans notre propre continent. »

Pour lui, la solution passe par des investissements dans la logistique régionale, les ports africains et les corridors économiques.

« À Kaolack, nous avons choisi de démontrer avant de demander. Nous formalisons les acteurs économiques, modernisons nos marchés et luttons contre la corruption en attaquant ses causes profondes : la précarité et le manque de transparence. Ce que nous faisons à Kaolack prouve qu’un développement local bien géré peut devenir un modèle national », a-t-il soutenu.

Enfin, le maire de Kaolack a lancé un appel fort en faveur d’une vision humaniste et constructive de la migration :

« La migration ne doit pas être une fuite, mais une passerelle. Nos diasporas, comme celles du Sénégal en Italie, sont des partenaires économiques et humains essentiels. Ensemble, nous devons transformer cette énergie en levier de développement partagé et bâtir une coopération fondée sur la dignité et la responsabilité. »

Thierno Bocoum dénonce le « revirement » du FMI dans l’affaire de la dette cachée

L’homme politique critique la posture actuelle du Fonds Monétaire International, accusé hier de complaisance et désormais présenté comme arbitre de la transparence financière.

Hier accusé d’aveuglement, le Fonds monétaire international est aujourd’hui brandi comme témoin de moralité par ceux-là mêmes qui dénonçaient sa complaisance.  

Dans le grand procès de la dette cachée, le FMI n’était pas spectateur. Il siégeait bel et bien sur le banc des accusés. 

« Ils ont leur part de responsabilité dans la situation dont nous avons hérité parce qu’ils ne peuvent pas venir chaque année, faire des revues, conduire des staff-visits et ne rien voir d’aussi gros », déclarait, sans trembler, le Premier ministre, lors du lancement du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), le 1ᵉʳ août 2025. 

L’institution de Bretton Woods était alors renvoyée à ses propres défaillances. Comment a-t-elle pu valider des programmes, certifier des comptes, accompagner des budgets, sans détecter une montagne d’engagements financiers dissimulés sous les bilans ? 

Ironie du sort, quelques semaines plus tard, c’est ce même FMI qu’on convoque à la barre, non plus comme accusé mais comme témoin à charge contre le passé. 

Celui qu’on jugeait coupable d’aveuglement devient subitement la caution morale d’une vérité budgétaire. 

Hier suspecté d’avoir fermé les yeux, il est aujourd’hui brandi comme celui qui « a vu ». 
Hier blâmé pour sa complaisance, il est désormais célébré pour sa confirmation. 

La boucle est donc bouclée.  L’accusé devient témoin, et l’institution jadis discréditée devient juge de la crédibilité nationale. 

Revenons au pays, après ce voyage aussi stratégique que fébrile à Washington. 
Que savent, au juste, les Sénégalais de cette dette qu’on dit « hidden » ? 

Quelle en est la nature, les montants, les acteurs ? 
Derrière les formules diplomatiques, la réalité économique reste brumeuse. 

Le cabinet Forvis Mazars, mandaté pour auditer la dette publique, a-t-il livré toutes ses conclusions ? 
Où s’arrêtent les constats comptables et où commencent les justifications politiques ? 
Et surtout, quelle lecture commune le gouvernement et le FMI ont-ils désormais de cette dette ? 
L’un parlant de « découverte », l’autre de « clarification », chacun trouvant dans la sémantique un abri commode à la complexité des chiffres. 

Pendant ce temps, le peuple observe, sommé de croire sans voir, de suivre sans comprendre, de s’émouvoir sans chiffres. 

On lui dit qu’une dette a été cachée, puis révélée, puis confirmée mais jamais expliquée. 

Dans ce théâtre budgétaire à multiples actes, la vérité des comptes semble toujours en coulisses. 

C’est le peuple sénégalais qui reste le grand spectateur ou le grand oublié d’une vérité financière encore en clair-obscur. 

Thierno Bocoum 
Président AGIR-LES 
LEADERS

Dakar : Le collectif « Ñoo Lank » dénonce le changement de l’itinéraire de sa manifestation

Le collectif citoyen « Ñoo Lank » a exprimé son mécontentement face au changement de dernière minute imposé à l’itinéraire de sa manifestation prévue ce vendredi à Dakar. Selon les responsables du mouvement, le parcours initialement autorisé avait été défini entre le Rond-point Sipress/Pentola, sur les deux voies de Liberté 6. Cependant, c’est seulement à la veille de la marche, tard dans la nuit, que les organisateurs ont été informés par les autorités préfectorales d’une modification du trajet.

« C’est seulement la veille et tard dans la nuit que l’autorité préfectorale nous informe du changement », a regretté Mourtalla, l’un des responsables du collectif « Ñoo Lank ». Une décision jugée unilatérale et injustifiée par les membres du mouvement, qui dénoncent un manque de concertation et de respect du droit à la manifestation pacifique.

Après ce revirement, un nouvel itinéraire avait été retenu, allant du Rond-point de l’École normale (actuelle FASTEF) jusqu’au « Jet d’eau ». Mais là encore, un second changement est intervenu, obligeant les manifestants à partir finalement du supermarché Casino, à Liberté 1, pour rallier le « Jet d’eau », point final de la marche.

Ces multiples modifications ont provoqué la colère et la frustration au sein du collectif, qui estime que ces décisions successives visent à perturber l’organisation et à restreindre la liberté d’expression. Les membres de « Ñoo Lank » appellent le ministre de l’Intérieur à s’expliquer sur ces changements répétitifs, qu’ils considèrent comme des entraves à l’exercice démocratique.

Kaolack : Les parents d’élèves alertent sur les dangers des eaux usées sur la route Médina Baye – Thioffack

À Kaolack, l’inquiétude grandit chez les parents d’élèves du quartier Médina Baye et de la zone de Thioffack. Depuis plusieurs semaines, des eaux usées stagnent le long de la route reliant les deux localités, transformant le trajet quotidien des élèves en un véritable parcours du combattant.

Chaque matin, des dizaines d’enfants doivent traverser cette route envahie par des eaux nauséabondes pour rejoindre leurs écoles. « Nos enfants marchent dans ces flaques remplies de microbes. Certains tombent malades à cause de cela », s’indigne Mariama Sall, mère de deux élèves inscrits à l’école primaire de Thioffack.

Les habitants dénoncent également le manque de réactivité des autorités face à une situation qu’ils jugent dangereuse. « Nous avons saisi l’ONAS à plusieurs reprises, mais rien n’a été fait. Il faut agir avant qu’un drame ne se produise », alerte un représentant de l’Association des parents d’élèves.

Outre les risques sanitaires, ces eaux usées rendent la circulation difficile et favorisent les accidents, notamment pour les motos et les charrettes qui empruntent quotidiennement cette voie. Les riverains craignent également la prolifération de moustiques et d’autres insectes nuisibles, sources potentielles de maladies.

Face à cette situation, les parents d’élèves appellent les autorités municipales et les services d’assainissement à intervenir d’urgence pour évacuer les eaux et réhabiliter la route. Ils demandent également la mise en place de canaux d’évacuation permanents afin d’éviter que ce problème ne se répète à chaque saison des pluies.

« Ce n’est pas seulement une question de confort, c’est une question de santé publique et de sécurité pour nos enfants », conclut Barham Kouta, gérant d’un service financier installé à proximité de ces eaux usées.

Kaolack : Inauguration de la Section de Recherches et de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI)

La région de Kaolack a vécu, ce vendredi 17 octobre 2025, un moment fort dans le renforcement de la sécurité nationale avec l’inauguration officielle de la Section de Recherches et de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) de la gendarmerie.

La cérémonie a été présidée par le ministre des Forces armées, le général Birame Diop.

Cet événement marque une étape majeure dans la stratégie de proximité et d’efficacité opérationnelle des forces de défense et de sécurité. Dans son allocution, le ministre a rappelé l’importance de ces nouvelles structures dans la lutte contre la criminalité transfrontalière, le trafic de stupéfiants, la délinquance urbaine, ainsi que les menaces de toutes formes.

« Ces unités permettront de renforcer la couverture sécuritaire et d’assurer une intervention rapide en cas d’incident, tout en améliorant les capacités d’enquête et de renseignement dans la région de Kaolack », a-t-il déclaré.

La Section de Recherches aura pour mission principale de conduire des enquêtes approfondies sur les affaires complexes, tandis que l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) interviendra en appui aux brigades territoriales lors des opérations de maintien de l’ordre et de sécurisation des zones sensibles.

Le ministre a salué l’engagement et le professionnalisme des gendarmes de Kaolack, tout en réaffirmant la volonté de l’État de doter les forces de l’ordre de moyens logistiques modernes. Il a également invité les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité afin de consolider la paix et la stabilité dans la région.

La cérémonie s’est achevée par une visite guidée des nouveaux locaux.

Avec ces nouvelles infrastructures, Kaolack se positionne désormais comme un pôle stratégique de la sécurité intérieure, contribuant à renforcer le maillage territorial de la gendarmerie nationale.

Six individus arrêtés à Jaaxay pour vols nocturnes avec violences

Une vaste opération policière menée dans la nuit du 15 octobre 2025 par les commissariats d’arrondissement de Jaaxay, des Parcelles Assainies et de Niacourab a permis l’arrestation de six individus soupçonnés d’appartenir à un réseau de voleurs opérant la nuit. Ces jeunes hommes, pour la plupart âgés de moins de 30 ans, sont poursuivis pour des faits « d’association de malfaiteurs et de vols multiples commis la nuit en réunion avec violences ».

Tout est parti d’un incident survenu vers une heure du matin dans le quartier de Jaaxay. Selon les informations recueillies, une dame a été agressée par un individu qui lui a arraché son téléphone portable avant de tenter de prendre la fuite. Ses cris ont attiré l’attention des riverains et des vigiles en service dans la zone, qui ont réussi à neutraliser le voleur avant l’arrivée des forces de l’ordre. L’homme a ensuite été conduit au commissariat de Jaaxay pour être entendu.

Lors de son interrogatoire, le suspect a fini par livrer des informations cruciales permettant aux enquêteurs d’identifier ses complices. Ces derniers, en fuite après les faits, ont été traqués et arrêtés à la suite d’une série de descentes menées par les équipes de police dans différents quartiers. Les investigations ont révélé que le groupe était impliqué dans plusieurs vols nocturnes commis ces dernières semaines dans la même zone.

Leur mode opératoire était particulièrement bien organisé. Les malfaiteurs se déplaçaient en groupe à des heures tardives, observant les passants et les commerces isolés. Une fois une cible repérée, ils intervenaient rapidement, souvent avec violence, pour s’emparer de téléphones portables, d’argent ou d’autres effets personnels. Après chaque opération, ils se dispersaient pour échapper aux patrouilles de sécurité.

Bien que le téléphone arraché lors de la dernière agression n’ait pas encore été retrouvé, la police affirme que les recherches se poursuivent afin de récupérer l’objet et d’identifier d’éventuels receleurs. L’enquête, selon une source policière, vise également à déterminer si le groupe est lié à d’autres actes similaires signalés dans les environs de Pikine et des Parcelles Assainies.

Bassirou Diomaye Faye à Kigali : une visite officielle placée sous le signe du partenariat stratégique entre le Sénégal et le Rwanda

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, est arrivé ce vendredi à Kigali pour une visite officielle de haute portée diplomatique, centrée sur le renforcement des relations d’amitié et de coopération entre le Sénégal et le Rwanda. À son arrivée à l’aéroport international de Kigali, le chef de l’État sénégalais a été chaleureusement accueilli par son homologue rwandais, Paul Kagame. Cette rencontre, empreinte de convivialité et de fraternité africaine, symbolise la volonté commune des deux dirigeants de consolider une coopération fondée sur des valeurs partagées et une vision panafricaine du développement.

Cette visite revêt une importance particulière dans le contexte actuel, où les deux pays se positionnent comme des acteurs clés de la transformation du continent. Elle s’inscrit dans une dynamique de rapprochement diplomatique et économique visant à bâtir un partenariat stratégique durable. Le Sénégal et le Rwanda partagent en effet une même ambition : celle de promouvoir une Afrique résiliente, souveraine et tournée vers l’innovation.

Au cours de son séjour, Bassirou Diomaye Faye aura plusieurs entretiens avec le président Paul Kagame et d’autres hauts responsables du gouvernement rwandais. Ces échanges porteront sur le renforcement de la coopération bilatérale dans des secteurs jugés stratégiques, notamment la gouvernance, le numérique, l’industrie, la sécurité et la transformation économique. Le Rwanda, souvent cité comme modèle en matière de digitalisation de l’administration et d’efficacité institutionnelle, représente pour le Sénégal un partenaire privilégié dans sa quête d’une modernisation rapide de l’État et de ses infrastructures.

Les deux dirigeants entendent également approfondir leur collaboration dans la promotion de la bonne gouvernance, la transparence et la lutte contre la corruption — des priorités inscrites au cœur du programme du président Faye. Par ailleurs, la question de la sécurité régionale, notamment face aux défis transfrontaliers et aux menaces liées à l’instabilité dans certaines zones du continent, devrait occuper une place importante dans les discussions.

Au-delà des accords économiques et politiques, cette visite revêt une portée symbolique forte. Elle traduit la volonté affirmée de Bassirou Diomaye Faye et de Paul Kagame d’insuffler une nouvelle dynamique à la coopération Sud-Sud. Les deux chefs d’État souhaitent promouvoir le partage d’expériences réussies et encourager la mise en œuvre de solutions africaines aux défis du développement, loin des modèles imposés de l’extérieur.

Les nouvelles mesures du gouvernement devraient générer 7 662,6 milliards de francs CFA de recettes

Le gouvernement sénégalais table sur une hausse significative de ses recettes budgétaires dans le cadre du Programme de Réformes de l’État (PRES), grâce à une série de mesures fiscales et économiques ambitieuses. Selon les projections officielles, les recettes globales devraient atteindre 7 662,6 milliards de francs CFA, dont 762,6 milliards issus de nouvelles dispositions destinées à renforcer la mobilisation des ressources internes.

Ces recettes additionnelles proviendront de plusieurs réformes ciblant aussi bien les secteurs formels que ceux jusqu’ici partiellement encadrés. En tête de ces mesures figure la taxation des jeux de hasard, dont le rendement est estimé à 300 milliards de francs CFA. Cette mesure, longtemps attendue, vise à réguler un secteur en forte croissance, mais peu contributif au budget national.

Vient ensuite la taxation des services de paiement mobile, dits mobile money, qui s’imposent aujourd’hui comme un pilier des transactions financières au Sénégal. Leur contribution aux caisses de l’État est estimée à plus de 76,5 milliards de francs CFA.

Le gouvernement entend également revoir le mode de calcul des droits de douane en supprimant les valeurs de correction au profit des valeurs transactionnelles sur certains produits stratégiques, notamment le riz et l’huile. Cette réforme, qui permettra de mieux aligner les prix déclarés sur les prix réels, devrait rapporter 29 milliards de francs CFA.

D’autres mesures fiscales concernent la réactivation des droits de sortie sur les exportations d’arachide, évaluée à 9 milliards, et le relèvement de la taxation sur le tabac, dont le taux passerait de 70 % à 100 %, pour un gain attendu de 8,2 milliards. Le gouvernement compte également rationaliser les dépenses fiscales — c’est-à-dire réduire les exonérations et niches jugées non prioritaires — afin de dégager près de 100 milliards de francs CFA supplémentaires.

Dans la même logique, la réactivation des droits à l’importation sur les téléphones portables devrait générer 18,8 milliards, tandis qu’une taxe à l’importation sur les noix de cajou pourrait rapporter 5 milliards. L’État prévoit aussi d’instaurer une taxe sur l’exportation d’or, estimée à 26,3 milliards, et de relever la fiscalité sur les importations de véhicules, pour un rendement attendu de 28,5 milliards.

La taxation de l’alcool et des boissons alcoolisées connaîtra également une hausse : les produits importés seront taxés à hauteur de 65 %, contre 40 % pour ceux fabriqués localement. Cette mesure, qui poursuit un double objectif de santé publique et de rendement budgétaire, devrait générer environ 2,6 milliards de francs CFA.

Par ailleurs, le gouvernement compte tirer profit de la rentabilité accrue du secteur minier à travers les dividendes issus des surplus imputables aux sociétés minières, évalués à 9 milliards de francs CFA. Une nouvelle taxe topographique devrait également voir le jour, avec un rendement estimé à près d’un milliard.

Les recettes non fiscales ne sont pas en reste. Deux initiatives majeures viendront les renforcer : d’une part, une vaste opération de régularisation foncière, estimée à 100 milliards, et d’autre part, la régularisation ou le renouvellement des conventions de concession accordées aux opérateurs téléphoniques, qui devraient rapporter 50 milliards.

À travers cet ensemble cohérent de réformes, l’exécutif ambitionne de renforcer l’autonomie financière de l’État et de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de consolidation budgétaire, visant à accroître les recettes intérieures tout en améliorant la transparence et l’équité du système fiscal sénégalais.

La délégation sénégalaise renforce ses partenariats stratégiques à Washington avec la Banque mondiale

La délégation sénégalaise, conduite par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, poursuit une série de rencontres stratégiques à Washington, en marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Ces échanges de haut niveau, qui s’inscrivent dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions économiques, visent à consolider les relations entre le Sénégal et ses principaux partenaires financiers.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, Cheikh Diba et sa délégation ont eu un entretien fructueux avec Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette rencontre a été l’occasion de réaffirmer la solidité du partenariat entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods, un partenariat fondé sur des projets concrets et structurants au service du développement durable.

Le ministère des Finances et du Budget, cité par Libération, a souligné que les discussions ont permis de dresser un bilan positif de la coopération existante. Les équipes de la Banque mondiale ont salué les réformes économiques et sociales déjà mises en œuvre par les autorités sénégalaises, tout en soulignant la pertinence des initiatives nationales visant à renforcer la gouvernance, la transparence et la résilience de l’économie.

Au cours de cette rencontre, la Banque mondiale a également annoncé la préparation d’une nouvelle stratégie-pays pour le Sénégal. Celle-ci sera axée sur trois grandes priorités de développement. La première concerne le renforcement du secteur de la santé, notamment à travers l’initiative Pharma 2030, qui ambitionne de développer la production locale de médicaments et de réduire la dépendance du pays aux importations pharmaceutiques. La deuxième priorité porte sur le soutien aux énergies renouvelables et à l’agriculture durable, deux piliers essentiels pour la résilience économique et environnementale du Sénégal. Enfin, la troisième orientation stratégique met l’accent sur la formation et l’employabilité des jeunes, via le programme Skills for Jobs, conçu pour adapter les compétences des jeunes aux besoins réels du marché du travail.

Cheikh Diba a profité de cette occasion pour saluer l’accompagnement constant de la Banque mondiale, rappelant la qualité du partenariat technique et financier qui lie les deux institutions. Il a souligné la mise en œuvre effective de plusieurs projets structurants, qui traduisent la confiance mutuelle et la volonté partagée d’inscrire la coopération dans une dynamique de résultats concrets.

Le communiqué du ministère, repris par Libération, insiste sur la vision commune qui guide cette collaboration : celle d’un développement durable, inclusif et résilient, reposant sur une coopération agile et pragmatique. En poursuivant ces échanges à Washington, la délégation sénégalaise entend ainsi consolider les acquis et préparer de nouvelles perspectives de partenariat, au service d’une croissance économique porteuse d’emplois et d’opportunités pour les populations.

Baïdy Agne alerte sur les défis économiques du Sénégal et appelle à un nouveau pacte entre l’État et les entreprises

Le président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, a dressé, hier jeudi, un diagnostic lucide de la situation économique du Sénégal et du continent africain, lors de la cérémonie d’ouverture des Assises de l’entreprise, organisées autour du thème : « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables ». L’événement, présidé par le ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, a réuni plusieurs membres du gouvernement, dont Déthié Fall, ministre des Infrastructures, Olivier Boucal, ministre de la Fonction publique, et Amadou Ndieck Sarré, ministre de la Formation professionnelle, ainsi qu’une large représentation du patronat sénégalais.

Dans son allocution d’ouverture, Baïdy Agne a d’abord mis en lumière les grands défis du continent africain, en particulier ceux liés à la mobilisation des ressources internes. Selon lui, ces ressources restent sous-exploitées, alors qu’elles pourraient constituer un levier essentiel pour impulser une croissance endogène et durable. Il a appelé à « rectifier le tir » afin de transformer ces défis en opportunités, estimant que l’Afrique, et le Sénégal en particulier, disposent des moyens nécessaires pour renforcer leur compétitivité économique.

Le président du CNP a ensuite exprimé les préoccupations majeures des entreprises sénégalaises, notamment face à la multiplication des contentieux bancaires et au désengorgement urgent du Tribunal de commerce de Dakar. Il a révélé que les créances bancaires en contentieux judiciaire s’élèvent à plus de 750 milliards de francs CFA, un montant qui freine, selon lui, la capacité du système financier à soutenir l’économie nationale. « Pour qu’il y ait plus de concours bancaires à l’économie dans les mois à venir, il est impératif de trouver des solutions à ces litiges », a-t-il plaidé.

Abordant le volet fiscal et douanier, Baïdy Agne a fait part des inquiétudes du secteur privé face à l’absence de concertation dans l’élaboration du Code général des Impôts et du Code général des Douanes. Il a rappelé qu’il existait par le passé une tradition de dialogue technique entre le patronat, la Direction générale des Impôts et Domaines (DGID) et la Direction générale des Douanes (DGD), aujourd’hui rompue. « Rien ne filtre du huis clos des deux Directions générales », a-t-il regretté, appelant à un retour au dialogue pour plus de transparence, d’équité et de civisme fiscal.

Le patronat, tout en réaffirmant son engagement pour le civisme fiscal, estime que la pression fiscale demeure trop concentrée sur les mêmes entreprises. M. Agne a ainsi plaidé pour une meilleure répartition de la charge fiscale et une concertation ouverte avec l’État autour de la future Loi sur la souveraineté économique. Selon lui, cette collaboration permettra de bâtir « un écosystème inclusif, dynamique et durable » où l’entreprise sénégalaise pourra jouer pleinement son rôle de moteur de la croissance.

Concernant la dette intérieure, Baïdy Agne a appelé à un apurement progressif des créances dues aux entreprises, insistant sur la nécessité de raccourcir les délais de paiement, surtout pour les secteurs en difficulté. Il a rappelé que la santé financière des entreprises dépend largement du respect de ces engagements, qui conditionnent leur capacité à investir et à créer des emplois durables.

Dans la perspective du thème des Assises, « Croissance Plus », le président du CNP a souligné que la croissance ne saurait être décrétée, mais qu’elle doit être générée par l’investissement, la productivité et la confiance entre acteurs économiques. Il a aussi mis en avant le potentiel du Sénégal dans le domaine des assurances, qui représente plus de 631 milliards de francs CFA d’investissements et de placements dans l’économie nationale, dont 25 % en obligations et valeurs d’État.

Enfin, Baïdy Agne a invité les autorités à accélérer la mise en place d’un cadre réglementaire facilitant la création de marchés secondaires, afin de rendre les actifs plus liquides et de stimuler la croissance. Il a également plaidé pour que Dakar devienne un véritable hub financier de l’UEMOA, grâce à la qualité de son écosystème bancaire, numérique, énergétique, minier et agro-industriel.

En conclusion, le président du patronat a insisté sur la nécessité d’un nouveau pacte de confiance entre l’État et le secteur privé, basé sur la concertation, la transparence et la co-construction des politiques économiques. « La santé de l’entreprise est de plus en plus fragile dans certains secteurs, mais nous restons des entrepreneurs optimistes », a-t-il affirmé, rappelant que la croissance durable du Sénégal passera inévitablement par la vitalité de son tissu entrepreneurial.

Bassirou Diomaye Faye entame une tournée diplomatique au Rwanda et au Kenya

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce vendredi 17 octobre 2025 pour une importante tournée diplomatique en Afrique de l’Est. Cette mission officielle le conduira successivement au Rwanda et au Kenya, deux pays considérés comme des partenaires stratégiques du Sénégal sur le continent africain.

Selon un communiqué publié sur le compte X (anciennement Twitter) de la Présidence du Sénégal, cette visite de travail vise principalement à « renforcer les liens d’amitié et de coopération » entre le Sénégal et ces deux nations. Le déplacement du chef de l’État s’inscrit dans la continuité de la politique étrangère axée sur la consolidation des relations sud-sud et le renforcement de la coopération intra-africaine, un axe que le président Faye a érigé en priorité depuis son arrivée au pouvoir.

La première étape de ce voyage diplomatique se déroulera à Kigali, où le président sénégalais sera accueilli par son homologue rwandais, Paul Kagame. Les deux dirigeants devraient aborder plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment la coopération économique, la gouvernance numérique, la sécurité régionale et les échanges d’expériences en matière de développement. Le Rwanda, souvent cité comme modèle en matière d’administration publique et d’innovation technologique, constitue pour le Sénégal une source d’inspiration dans le cadre de sa réforme de la gouvernance.

Après cette escale rwandaise, Bassirou Diomaye Faye se rendra à Nairobi, capitale du Kenya, pour rencontrer le président William Ruto. Là encore, les discussions porteront sur la dynamisation des échanges économiques, la facilitation des investissements croisés et la coopération dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et des infrastructures. Le Sénégal et le Kenya partagent en effet une vision commune d’une Afrique intégrée, souveraine et résolument tournée vers l’innovation.

Projet de mise en accusation de Macky Sall : un geste politique à forte portée symbolique mais juridiquement incertain

Un tournant inédit s’esquisse dans la vie politique sénégalaise. Le président du groupe parlementaire de Pastef, Ayib Daffé, a annoncé le dépôt d’un projet de résolution visant à traduire l’ancien président de la République, Macky Sall, devant la Haute Cour de justice. Cette initiative, portée par la majorité parlementaire issue du parti au pouvoir, ambitionne de rendre l’ancien chef de l’État comptable de sa gestion et de certains actes posés durant son magistère. Cependant, derrière la portée politique d’un tel geste, se profilent d’importantes zones d’ombre juridiques et pratiques qui pourraient compromettre la procédure.

Le projet de mise en accusation a été officiellement transmis au bureau de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une démarche exceptionnelle dans l’histoire institutionnelle du pays, puisque la Haute Cour de justice, prévue par la Constitution, n’a jamais été réellement mise en œuvre. Elle est compétente pour juger le président de la République et les membres du gouvernement pour des faits qualifiés de haute trahison ou commis dans l’exercice de leurs fonctions. Mais dans le cas de Macky Sall, plusieurs obstacles majeurs se dressent sur la route d’un éventuel procès.

Le premier blocage est d’ordre pratique : l’ancien président réside actuellement à l’étranger, au Maroc, depuis la fin de son mandat en avril 2024. Il n’a plus remis les pieds sur le sol sénégalais, rendant de fait impossible toute comparution devant la justice nationale. Sans sa présence sur le territoire, l’exécution d’une quelconque décision judiciaire demeure illusoire.

Le second obstacle, et non des moindres, tient à la nature même des accusations. La procédure repose sur la notion de « haute trahison », qui constitue le socle juridique de la compétence de la Haute Cour de justice. Or, cette notion reste juridiquement floue. Ni la Constitution sénégalaise ni la loi organique encadrant la Haute Cour n’en donnent une définition précise. Cette absence de clarté juridique crée une incertitude majeure : sur quels faits concrets pourrait-on qualifier Macky Sall de coupable de haute trahison ? Les juristes soulignent que cette imprécision pourrait faire échouer toute tentative de mise en accusation dès les premières étapes de la procédure.

Malgré ces contraintes, la démarche de Pastef s’inscrit dans une volonté politique claire : marquer une rupture avec l’ancien régime et affirmer un engagement fort en faveur de la reddition des comptes. Pour les partisans du pouvoir actuel, il s’agit d’envoyer un message fort à l’opinion publique, en montrant que nul, pas même un ancien président, n’est au-dessus de la loi. Cependant, pour de nombreux observateurs, cette initiative tient davantage du symbole que d’une réelle perspective judiciaire.

Ibrahima Diop, fils de l’ancien procureur Abdou Karim Diop, arrêté pour abus de confiance présumé

Un nouveau dossier judiciaire attire l’attention à Guédiawaye. Ibrahima Diop, fils de l’ancien procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, Abdou Karim Diop, a été interpellé par les éléments du commissariat central de Guédiawaye. Selon des sources relayées par Seneweb, cette arrestation fait suite à une plainte déposée pour abus de confiance portant sur plusieurs millions de francs CFA.

Les faits à l’origine de cette affaire restent encore entourés de zones d’ombre, mais les enquêteurs évoquent des éléments jugés « graves » au regard des sommes en jeu. D’après les premières informations recueillies, la victime présumée aurait remis une importante somme d’argent à Ibrahima Diop dans le cadre d’une transaction dont la nature exacte n’a pas encore été dévoilée. Les soupçons d’abus de confiance ont conduit à l’ouverture d’une enquête qui a rapidement abouti à son interpellation.

Placée en garde à vue dans les locaux du commissariat central de Guédiawaye, la personne mise en cause est actuellement entendue par les enquêteurs. Les auditions visent à faire la lumière sur l’origine des fonds et sur la destination qui en a été faite. Selon les sources proches du dossier, le préjudice évoqué s’élèverait à plusieurs millions de francs CFA, ce qui justifie la gravité des faits reprochés.

À l’issue de sa garde à vue, Ibrahima Diop devrait être déféré devant le parquet de Pikine-Guédiawaye dans les prochaines heures. Il sera alors fixé sur son sort et appelé à répondre des accusations portées contre lui. Cette affaire, qui implique le fils d’un ancien haut magistrat, ne manquera pas de susciter un vif intérêt dans les milieux judiciaires et au sein de l’opinion publique, tant par la personnalité du mis en cause que par la nature des faits reprochés.

Visite inattendue au Pavillon spécial : Abdoulaye Daouda Diallo et Abdou Mbow chez Farba Ngom

Un fait pour le moins surprenant s’est produit au Pavillon spécial de l’hôpital Principal de Dakar, où est détenu Farba Ngom depuis près de huit mois. Ce jeudi, Abdoulaye Daouda Diallo, accompagné du député Abdou Mbow, s’y est rendu pour lui rendre visite. Une rencontre aussi inattendue que symbolique, tant les relations entre les deux hommes ont longtemps été marquées par la rivalité et la méfiance.

Durant tout le magistère de Macky Sall, Abdoulaye Daouda Diallo, alors ministre des Finances et du Budget, et Farba Ngom, figure influente du Nord et proche parmi les proches de l’ancien président, étaient réputés pour leurs divergences profondes. Les deux ténors de l’Alliance pour la République (APR) n’ont jamais caché leur antagonisme, au point que leurs camps respectifs se livraient souvent à des batailles d’influence à Matam.

Or, jusqu’ici, jamais Abdoulaye Daouda Diallo n’avait affiché publiquement le moindre soutien à Farba Ngom. Ni lors des nombreuses mobilisations locales organisées pour demander sa libération, ni au moment où l’ancien député-maire de Agnam se retrouvait au cœur de débats enflammés sur les raisons de son incarcération. Cette visite vient donc bouleverser les certitudes et relancer les spéculations sur un possible repositionnement politique au sein de l’ancien parti présidentiel.

Selon Les Échos, qui rapporte l’information dans son édition de ce vendredi 17 octobre, cette démarche d’Abdoulaye Daouda Diallo pourrait répondre à une logique stratégique. Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) chercherait-il à éviter l’isolement qui a précipité la mise à l’écart d’autres figures de l’APR, à l’image de l’ex-Premier ministre Amadou Bâ ?

Pour l’heure, les raisons exactes de cette visite restent floues. Certains y voient une tentative de réconciliation interne destinée à ressouder les anciens cadres de la mouvance présidentielle face aux bouleversements politiques actuels. D’autres, en revanche, y lisent une manœuvre individuelle pour préserver des alliances locales et préparer l’avenir politique.

Dette dite cachée : l’Alliance Pour la République exige des preuves et la publication des rapports financiers

L’Alliance Pour la République (APR) est une nouvelle fois sortie de son silence pour se prononcer sur la controverse autour de la « dette cachée » du Sénégal. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, l’ancien parti au pouvoir a fermement contesté les accusations du gouvernement, estimant qu’aucun élément tangible n’a encore été présenté pour étayer cette thèse.

Selon l’APR, depuis les déclarations du Premier ministre en septembre 2024 sur l’existence présumée d’une dette non comptabilisée, « aucun acte précis et concret n’a été posé par le gouvernement dans le sens d’apporter une quelconque preuve à l’accusation fallacieuse de dette cachée ». Le parti dénonce une manipulation politique visant à ternir la gestion financière du régime précédent et rappelle que toutes les opérations de l’État ont toujours été soumises à un contrôle rigoureux.

L’ancien parti présidentiel affirme que les comptes publics ont été régulièrement certifiés par la Cour des Comptes entre 2012 et 2023. Ces certifications, soutient-il, attestent de la transparence et de la régularité de la gestion budgétaire durant ses mandats. L’APR souligne également que le Sénégal a entretenu, tout au long de cette période, une coopération exemplaire avec le Fonds monétaire international (FMI), laquelle s’est traduite à plusieurs reprises par des résultats économiques jugés satisfaisants par l’institution.

Sur le plan technique, l’APR dit avoir toujours établi une distinction claire entre la dette principale de l’État et la dette contingente liée au secteur parapublic. Selon le parti, toute tentative d’inclure la dette des entreprises publiques dans celle de l’État, sur la base d’un simple changement de méthode de calcul, relèverait d’une confusion méthodologique. Il rappelle à ce titre que cette distinction a toujours été reconnue par la Cour des Comptes, laquelle n’a jamais remis en cause cette approche lors de la certification des comptes nationaux.

Pour le parti fondé par Macky Sall, la question de la dette cachée ne peut donc être prise au sérieux qu’à la lumière de faits vérifiables. « Comment peut-on parler de dette dissimulée alors que les créanciers sont identifiables et que le Sénégal n’a jamais été en défaut de paiement ? », interroge le communiqué.

L’APR exige ainsi des réponses précises de la part des autorités actuelles. Le parti appelle notamment à la publication du rapport complet sur la situation des finances publiques couvrant la période 2019-2024, du rapport provisoire de la Chambre des Affaires Budgétaires et Financières de la Cour des Comptes, ainsi que du rapport du cabinet d’audit Forvis-Mazars, censé éclairer l’opinion sur la réalité des chiffres.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°585 – 17/10/2025

🔴 AFFAIRE DES 8 MILLIARDS DE BAKEL / PLAINTE DE GUEUM SA BOPP CONTRE OUSMANE SONKO ET SES MINISTRES : UNE MAYONNAISE QUI VA PRENDRE ?
🔴 PROGRAMME AVEC LE FMI : DANS LES COULISSES DE LA « DETTE CACHÉE »

🔴 MONDIAL 2026 / ENVELOPPE DE PLUS DE 5 MILLIARDS F CFA POUR LE SÉNÉGAL : UNE QUALIF’ EN OR !

Octobre Rose/Novembre Bleu:La cellule genre  du MITTA élabore des panels de discussions sur le sujet

À l’occasion de la Journée de sensibilisation sur le cancer du sein, du col de l’utérus et de la prostate, le Ministère des Transports terrestres et aériens (MiTTA) a rejoint la communauté internationale dans le cadre des campagnes « Octobre Rose » et « Novembre Bleu ». Cet engagement vise à rappeler l’importance cruciale du dépistage précoce et de la prévention de ces maladies qui continuent d’affecter de nombreuses vies au Sénégal.

Sous le thème « Les cancers du sein, du col de l’utérus et de la prostate au Sénégal : état des lieux, causes, prévention et parcours de soins », cette journée a été présidée par le Ministre Yankoba Dième, qui a exprimé toute sa solidarité envers les personnes touchées par ces maladies. Dans un discours poignant, il a qualifié cet événement d’« acte d’amour » et d’« appel à la responsabilité collective », soulignant le courage des femmes et des hommes qui luttent contre le cancer avec dignité et résilience.

Le ministre a encouragé les agents du ministère à voir cette journée comme un point de départ pour renouveler leur engagement envers la santé et l’équité. Il a aussi remercié les employés pour leur dévouement à promouvoir des valeurs de solidarité et d’équité au sein de leur collectivité.

Lors de son intervention, Monsieur Dième a rappelé que Son Excellence le Président de la République insiste sur l’importance de la promotion du genre et de l’équité dans toutes les politiques publiques. Il a précisé que l’intégration de cette dimension dans les actions du ministère est indispensable pour garantir l’efficacité et la durabilité des stratégies mises en place.

Les panels organisés durant cette journée ont permis d’aborder des thématiques essentielles telles que la prévention et le dépistage des cancers, la santé sexuelle et reproductive, ainsi que la santé mentale au travail. Ces discussions, animées par des spécialistes, ont enrichi les connaissances des participants sur ces enjeux majeurs.

En outre, le Ministre Yankoba Dième a réaffirmé son soutien continu à la Cellule Genre et Équité du ministère, convaincu que la protection de la santé des femmes et la promotion du genre sont des leviers fondamentaux du progrès social. Il a lancé un appel à l’action collective pour bâtir un environnement de travail plus inclusif, solidaire et humain.

Cette journée de sensibilisation a donc constitué un moment fort d’écoute, de partage et de mobilisation. Elle représente un véritable appel à l’action pour lutter ensemble contre les cancers et promouvoir la santé de tous au Sénégal. Le MiTTA se positionne ainsi comme un acteur clé dans la lutte contre ces maladies, visant à faire reculer les statistiques alarmantes et à œuvrer pour un avenir où chacun pourra bénéficier d’un accès équitable à des soins de santé de qualité.

Octobre Rose/Novembre Bleu:La cellule genre  du MITTA élabore des panels de discussions sur le sujet

Forum national du Livre : le Président Diomaye veut faire de Dakar un hub régional de l’édition et de la création intellectuelle

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé ce jeudi à Dakar la volonté du gouvernement de hisser la capitale sénégalaise au rang de pôle régional majeur de l’édition, du livre et de la création intellectuelle. Il présidait la cérémonie d’ouverture du Forum national sur le livre et la lecture, tenu sous le thème “L’éducation par le livre pour une souveraineté éclairée”, un rendez-vous qui marque une étape importante dans la redéfinition de la politique culturelle et éducative du Sénégal.

Dans son allocution, le chef de l’État a rappelé que la culture, le savoir et la pensée critique constituent les leviers d’une véritable souveraineté nationale. Il a souligné que le livre doit redevenir un outil central dans la formation citoyenne, intellectuelle et morale de la jeunesse, à l’heure où le pays s’engage sur la voie de la refondation de son système éducatif.

Le président Diomaye Faye a annoncé la volonté du gouvernement de réinventer la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK), afin d’en faire un cadre plus dynamique, tourné vers l’innovation et la promotion des métiers de l’édition. Il a également insisté sur la nécessité d’ancrer Dakar comme “un hub culturel et intellectuel pour toute la sous-région ouest-africaine”, en renforçant la coopération entre éditeurs, auteurs et institutions éducatives.

Le Forum national du livre et de la lecture, a-t-il expliqué, constitue “un moment fondateur d’un dialogue sincère et d’un pacte renouvelé entre l’État et les acteurs du livre”. Cette rencontre, réunissant éditeurs, écrivains, bibliothécaires, enseignants et institutions publiques, vise à identifier les défis structurels du secteur et à proposer des solutions concrètes pour sa modernisation.

Parmi les priorités évoquées figurent la modernisation des bibliothèques et salles de lecture, la structuration et le financement du sous-secteur du livre, ainsi que les enjeux liés à la numérisation et à l’intelligence artificielle, appelées à transformer durablement le paysage éditorial sénégalais.

Le président Faye a aussi insisté sur la valorisation des langues nationales dans la production littéraire, qu’il considère comme un impératif pour consolider l’identité culturelle et exprimer la pensée sénégalaise dans sa propre grammaire. « La souveraineté culturelle et intellectuelle passe par la reconquête de notre parole propre. Il n’est pas possible de transformer durablement une nation sans transformer d’abord son imaginaire, sans élever ses lectures, sans nourrir sa pensée », a-t-il déclaré avec conviction.

Dans un moment empreint d’émotion, le chef de l’État a rendu hommage aux grandes figures des lettres sénégalaises disparues, saluant leur héritage et leur rôle dans la promotion du livre et de la lecture. Il a également exprimé sa reconnaissance aux professionnels du secteur, femmes et hommes “dont l’engagement traduit un patriotisme éclairé et une citoyenneté assumée”.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que les écrivains, éditeurs et acteurs du monde du livre sont “les dépositaires d’une mission essentielle” : celle de tenir éveillée la conscience nationale, d’entretenir la flamme du savoir et de préserver la dignité de l’esprit. Pour lui, faire de Dakar un centre de rayonnement intellectuel et éditorial, c’est aussi affirmer la place du Sénégal dans la renaissance culturelle africaine.

Saint-Louis : vives tensions après l’annonce de la démolition des maisons sur la bande des 20 mètres

La situation est tendue sur la Langue de Barbarie, notamment dans les quartiers de Guet Ndar, Santhié Ba et Gokhou-Mbathie, à Saint-Louis. L’annonce des autorités locales de procéder à la démolition des maisons construites sur la bande des 20 mètres, une zone considérée comme à risque et relevant du domaine public maritime, a provoqué une vive colère au sein des populations concernées.

Cette décision, présentée par les autorités comme une mesure de sécurité et de préservation du littoral, est perçue par les habitants comme une tentative d’expulsion injuste. À Guet Ndar, des centaines de familles vivent dans l’angoisse d’être déguerpies de leurs habitations. Pour elles, il ne s’agit pas seulement de maisons, mais de leur histoire, de leur identité et de leur principal lieu d’ancrage économique et social.

« Nous n’allons pas partir, nos maisons nous appartiennent et nous refusons de quitter Guet Ndar. En tout cas moi, je mourrai ici », a lancé Abdoulaye Sarr, porte-parole des habitants, sur les ondes de la RFM, traduisant la détermination des populations.

Dans les ruelles étroites de Santhié Ba, la même colère gronde. « Si nous quittons Guet Ndar, c’est comme si nous perdons tout dans la vie. Le gouvernement ne fait rien pour nous. Nous sommes les parents pauvres de ce régime, nous allons rester ici », a ajouté un autre habitant, Abdou Gueye.

Les pêcheurs, principaux résidents de cette zone, se sentent particulièrement visés. Ils estiment que cette opération menace leur mode de vie, déjà fragilisé par la raréfaction des ressources halieutiques et la montée des eaux. Beaucoup dénoncent ce qu’ils considèrent comme une stratégie déguisée de « récupération foncière » au profit de promoteurs immobiliers.

Face à la montée des tensions, les autorités locales appellent au calme et à la concertation. Elles insistent sur le caractère vital de cette mesure pour la protection des populations elles-mêmes, rappelant les nombreux cas d’érosion côtière et d’effondrement de maisons survenus ces dernières années dans la zone.

Mais pour l’instant, la méfiance reste totale. Les habitants de Guet Ndar, Santhié Ba et Gokhou-Mbathie campent sur leur position et promettent de résister à toute tentative de démolition. « Nos maisons nous appartiennent, nous allons voir ce qu’ils vont faire. Nous allons rester ici et nous les attendons », préviennent-ils avec fermeté.

Tivaouane : le préfet lance l’opération de libération des voies publiques

Le préfet du département de Tivaouane, Mamadou Gueye, a procédé ce jeudi 16 octobre au lancement officiel de l’opération de libération des voies publiques. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de réorganisation de l’espace urbain, impulsée par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

La première phase de l’opération a pris la forme d’une visite de terrain consacrée à la sensibilisation des commerçants et occupants installés illégalement sur la voie publique. Le préfet, accompagné de ses services techniques, du maire adjoint chargé du cadre de vie et des forces de sécurité, a tenu à rappeler que cette démarche vise avant tout à “libérer les emprises sans recours à la force”.

L’arrêté préfectoral, entré en vigueur le même jour, interdit désormais toute activité commerciale sur plusieurs artères principales de la ville, notamment les avenues Palla Mbaye et El Hadji Malick Sy, la route nationale 2 et la voie ferrée. Ces zones, souvent encombrées par des étals et des installations anarchiques, seront progressivement dégagées afin de faciliter la circulation, renforcer la sécurité et améliorer le cadre de vie des populations.

Les commerçants concernés ont accueilli la mesure avec prudence, tout en saluant l’approche pédagogique adoptée par l’autorité préfectorale. Certains ont promis de se conformer à la nouvelle réglementation, tout en espérant un accompagnement pour leur relocalisation.

“L’objectif n’est pas de punir, mais de rétablir l’ordre et la fluidité dans la ville”, a souligné Mamadou Gueye, avant de préciser que “la concertation et la sensibilisation demeurent prioritaires, mais force restera à la loi en cas de résistance”.

Cette opération marque une étape importante dans la volonté de l’État de réaffirmer l’autorité publique et d’instaurer une gestion plus harmonieuse des espaces urbains, particulièrement à l’approche des grands événements religieux et économiques qui drainent des milliers de visiteurs à Tivaouane.

« Diffusion de fausses nouvelles » : Soya Diagne envoyé en prison

Le journaliste Soya Diagne, directeur du site d’information en ligne Ledakarois221, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi par le Doyen des juges d’instruction, selon des informations rapportées par la RFM. Il passera ainsi sa première nuit en détention, après avoir été inculpé pour plusieurs chefs d’accusation, dont diffusion de fausses nouvelles, discours contraires aux bonnes mœurs, et actes ou manœuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions de la République.

Les faits qui lui sont reprochés découlent d’une publication sur les réseaux sociaux. Soya Diagne aurait partagé un post du blogueur Akhenaton, dans lequel des propos jugés diffamatoires et dénigrants visaient El Malick Ndiaye, l’actuel président de l’Assemblée nationale. Cette reprise de contenu aurait suffi à déclencher la procédure judiciaire, les autorités estimant que le journaliste a contribué à propager des informations susceptibles de troubler l’ordre public et de porter atteinte à l’honneur d’une institution.

L’affaire suscite déjà de vives réactions dans le milieu de la presse. Plusieurs confrères dénoncent une nouvelle atteinte à la liberté d’expression et appellent à une application mesurée des lois sur la cybercriminalité et la désinformation. D’autres, en revanche, rappellent la nécessité pour les journalistes et les administrateurs de plateformes en ligne de vérifier leurs sources avant toute diffusion d’information.

Ce nouveau cas relance le débat sur les limites de la liberté de presse au Sénégal, à l’heure où les autorités affichent leur détermination à lutter contre les « fausses nouvelles » et les dérives sur les réseaux sociaux. Soya Diagne reste en détention en attendant la suite de l’instruction.

Auchan applique désormais un droit de timbre sur tous les paiements en espèces

La direction d’Auchan Sénégal a annoncé une nouvelle mesure qui concerne tous ses clients effectuant des paiements en espèces. À compter de ce mois d’octobre, un droit de timbre de 1 % est désormais appliqué sur toutes les transactions réglées en numéraire, quel que soit le montant. Cette décision a été officialisée à travers un communiqué rendu public par l’entreprise, qui précise qu’il s’agit d’une mesure conforme aux dispositions fiscales en vigueur au Sénégal.

Selon Auchan, cette nouvelle taxe n’est pas une initiative commerciale, mais une exigence légale découlant de la politique fiscale nationale. L’entreprise indique qu’elle agit simplement en tant qu’intermédiaire dans le processus de collecte. « Ce droit est collecté par nos soins pour le compte de l’État et intégralement reversé au Trésor public », explique le communiqué.

Cette décision s’inscrit dans un contexte où les autorités sénégalaises cherchent à renforcer la mobilisation des recettes fiscales et à encourager la traçabilité des transactions financières. En imposant un droit de timbre sur les paiements en espèces, le gouvernement espère réduire la circulation du cash et favoriser l’utilisation des moyens de paiement électroniques, jugés plus transparents et sécurisés.

Du côté des consommateurs, cette mesure risque cependant de susciter des réactions mitigées. Certains y verront un prélèvement supplémentaire sur leur pouvoir d’achat déjà affecté par l’inflation, tandis que d’autres y liront une incitation à se tourner vers le paiement par carte ou mobile money.

Dakar-Marrakech-Bissau : un réseau de trafic de drogue démantelé, les suspects placés en garde à vue

Une opération conjointe entre les services de police sénégalais et marocains a permis de mettre à jour un vaste réseau de trafic de drogue reliant Marrakech, Dakar et Bissau. Cette action coordonnée, menée le 13 octobre dernier après une livraison piégée, s’est soldée par plusieurs arrestations à Yarakh et Pikine, dans la banlieue dakaroise, ainsi que par la saisie de plus de 25 kilogrammes de cannabis. Les suspects interpellés ont depuis été placés en garde à vue.

L’affaire a débuté à Marrakech, lorsque les autorités marocaines ont découvert, au début du mois d’octobre, six kilogrammes de cannabis soigneusement dissimulés dans des chauffe-eau électriques. Pris de panique après cette découverte, le transporteur sénégalais impliqué a aussitôt alerté la police. Cet acte a déclenché une opération transfrontalière impliquant l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) du Sénégal, en étroite collaboration avec les services marocains, selon les informations rapportées par Les Échos dans sa parution de ce jeudi.

Les enquêteurs ont alors décidé de piéger la cargaison. Le cannabis a été remplacé par une matière inoffensive, dans le but de remonter toute la chaîne du réseau jusqu’à Dakar. Le 13 octobre, les agents sénégalais ont intercepté la livraison à Yarakh, un quartier populaire de la capitale. Sur place, ils ont arrêté B.D., un individu détenteur de la double nationalité sénégalaise et bissau-guinéenne, accompagné de deux complices qui tentaient de récupérer le colis dans un entrepôt discret.

L’opération ne s’est pas arrêtée là. Une deuxième descente à Pikine-Technopole a permis la saisie de 25 kilogrammes supplémentaires de cannabis, ainsi qu’une série d’objets suspects : passeports africains et européens, cartes d’identité, chéquiers, cartes bancaires, cinq téléphones portables et deux véhicules. Ces découvertes ont mis en évidence un réseau structuré et solidement implanté dans la sous-région, opérant à travers plusieurs circuits logistiques et financiers.

Les premiers éléments de l’enquête désignent B.L.T., basé en Guinée-Bissau, comme le cerveau présumé de ce trafic. C’est lui qui aurait coordonné l’acheminement de la drogue entre les différents pays impliqués. Cette affaire illustre la montée des flux illicites à travers l’Afrique de l’Ouest, où les trafiquants exploitent les failles frontalières et les corridors commerciaux pour leurs activités criminelles.

L’opération a également mis en lumière la coopération croissante entre Dakar et Rabat dans le domaine sécuritaire. Confrontés à la recrudescence du narcotrafic, les deux États ont choisi d’unir leurs efforts. Cette collaboration a été saluée par de nombreux observateurs comme « un modèle d’efficacité et de solidarité régionale » face à un fléau transnational. « Aucun pays ne peut lutter seul contre ce phénomène », confie une source proche du dossier, soulignant la nécessité de renforcer les échanges d’informations et les opérations conjointes.

Entre ingéniosité criminelle et vigilance policière, cette opération réussie démontre que la lutte contre le trafic de drogue n’a pas de frontières. Le Sénégal, déterminé à assainir son territoire face à la menace du narcotrafic, entend poursuivre les investigations pour identifier d’autres complices et démanteler les ramifications régionales de ce réseau tentaculaire. L’enquête se poursuit sous la supervision conjointe des autorités sénégalaises et marocaines.

Budget 2026 : la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale se partagent plus de 100 milliards FCFA

Le projet de loi de finances 2026, présenté par le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, détaille avec précision les allocations budgétaires destinées aux principales institutions de la République. Dans un contexte de rigueur, de rationalisation et de transparence, la Présidence de la République, la Primature et l’Assemblée nationale voient leurs enveloppes financières adaptées à leurs missions, conformément à la politique d’assainissement des finances publiques mise en avant par l’exécutif.

Pour l’exercice 2026, la Présidence de la République bénéficiera d’un budget global de 56,01 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et de 17,01 milliards de francs CFA en crédits de paiement. Cette dotation, selon les précisions du document budgétaire, comprend d’importants concours extérieurs, parmi lesquels 48 milliards proviennent de la Banque africaine de développement (BAD/FAD), 5 milliards de la coopération allemande via la KfW et 2 milliards de l’Agence française de développement (AFD). Ces ressources sont destinées à soutenir la mise en œuvre des programmes présidentiels axés sur la gouvernance, la diplomatie, la modernisation institutionnelle et la coopération internationale. L’objectif affiché est de permettre à la Présidence d’accompagner les grandes orientations du Plan de Redressement économique et social, tout en garantissant la continuité des projets stratégiques de l’État.

La Primature, de son côté, se voit attribuer une enveloppe de 8,29 milliards de francs CFA. Cette somme intègre des appuis extérieurs conséquents, notamment un don de 2,86 milliards de l’AFD, 4,17 milliards du Fonds mondial et un prêt de 1,25 milliard de la Banque islamique de développement (BID). Ces ressources permettront à la Primature d’assurer efficacement la coordination des politiques gouvernementales, la supervision des réformes structurelles et le suivi de la performance administrative. L’enveloppe servira également à appuyer la mise en œuvre du Plan de Redressement économique et social (PRES), un pilier majeur du programme gouvernemental visant la relance économique et la création d’emplois.

Quant à l’Assemblée nationale, elle disposera d’un budget de 25,11 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et de 24,86 milliards en crédits de paiement. Cette dotation vise à renforcer les capacités institutionnelles du Parlement, afin qu’il remplisse pleinement ses missions constitutionnelles de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et de diplomatie parlementaire. Le gouvernement insiste sur la nécessité d’un Parlement fort et efficace, garant de la redevabilité et du bon usage des deniers publics, dans un contexte où la rationalisation des dépenses institutionnelles demeure une priorité.

Ainsi, la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale se partagent une enveloppe globale dépassant les 100 milliards de francs CFA. Cette somme, bien que conséquente, s’inscrit dans une logique de gestion rigoureuse et de transparence prônée par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a réaffirmé à plusieurs reprises sa volonté de restaurer la discipline budgétaire et d’optimiser les ressources publiques.

Le projet de loi de finances 2026 introduit également un dispositif de suivi et de contrôle renforcé des dépenses publiques. Il fixe notamment les plafonds d’emplois à 1 962 agents pour la Présidence et 877 pour la Primature. Ce mécanisme vise à assurer une meilleure maîtrise de la masse salariale et une utilisation optimale des ressources humaines de l’État. Dans la même dynamique, une obligation de publication régulière des rapports d’exécution budgétaire est instaurée, afin de garantir la transparence et de permettre aux citoyens de suivre, en toute clarté, l’utilisation des fonds publics.

Le gouvernement affiche ainsi sa volonté de concilier efficacité institutionnelle, rigueur financière et redevabilité. En plaçant la transparence au cœur de la gestion des finances publiques, l’exécutif entend instaurer une nouvelle gouvernance budgétaire, plus sobre, plus responsable et tournée vers les résultats.

Le FMI répond à la demande d’aide du Sénégal et souligne la nécessité d’une meilleure supervision financière

Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé avoir répondu rapidement à la demande d’un programme d’aide formulée par le gouvernement sénégalais. Dans une conférence de presse tenue ce jeudi, la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva, a souligné le soutien apporté aux autorités sénégalaises pour avoir mis en lumière ce qu’elle a qualifié d’« immense problème » lié à la dissimulation de la dette publique.

« Le Sénégal a fait une demande de programme d’aide auprès du Fonds et nous avons immédiatement répondu. J’ai rencontré la délégation sénégalaise ici, et nous allons envoyer une équipe dès la fin des réunions annuelles », a indiqué Mme Georgieva, dont les rencontres se poursuivent jusqu’à samedi.

La situation économique du Sénégal est particulièrement préoccupante. Le pays fait face à un déficit budgétaire de 14 % et à une dette publique représentant 119 % de son produit intérieur brut (PIB). Depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités en 2024, l’ancien gouvernement du président Macky Sall (2012-2024) est accusé d’avoir dissimulé les véritables chiffres sur des indicateurs économiques cruciaux tels que le déficit budgétaire et la dette publique. Le FMI a confirmé l’existence de « déclarations erronées significatives » sur ces indicateurs pour la période 2019-2023.

Les décaissements du Fonds, suspendus depuis la révélation de ces irrégularités, demeuraient conditionnés à la fourniture de réponses et à des engagements de la part des autorités sénégalaises afin d’éviter que ce type de dissimulation ne se reproduise. Kristalina Georgieva a tenu à saluer la transparence du gouvernement en place : « Je veux rendre hommage aux autorités sénégalaises pour avoir mis à jour cet immense problème. Cela a été caché et ils l’ont rendu public, tentant de comprendre ce qu’il s’est passé et l’ampleur du problème. Cela a pris du temps, mais nous y voyons désormais plus clair. »

Au-delà de la dette publique, la directrice générale du FMI s’est également exprimée sur le risque systémique que pourrait représenter le secteur financier non bancaire (SFNB). Elle a appelé à une supervision renforcée de ces institutions, rappelant que ce secteur représente désormais plus de la moitié des financements réalisés. Selon elle, si cette croissance se poursuit sans contrôle, le système financier pourrait se retrouver confronté à une situation délicate.

Mme Georgieva a également mis en garde contre les limites actuelles des États pour faire face à de nouveaux chocs économiques. « La plupart des États ne disposent plus des marges budgétaires, et les principales banques centrales sont toujours concentrées sur le ralentissement de l’inflation, ce qui réduit les possibilités de réagir en cas de crise financière majeure. » Elle a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue et d’une régulation plus stricte du SFNB afin de prévenir une éventuelle crise.

Par ailleurs, la directrice générale du FMI a exprimé son soulagement après la signature d’un cessez-le-feu à Gaza, soulignant l’importance d’un travail collectif en faveur d’une paix durable. Elle a rappelé les bénéfices économiques que cela pourrait apporter à la région, notamment aux voisins d’Israël et des territoires palestiniens, dont les économies ont été fragilisées par le conflit et par des tensions internes. Le FMI suit également de près la situation dans plusieurs pays de la région : un programme est en cours en Égypte et en Jordanie, le Liban a sollicité une assistance, et la Syrie demande un support technique pour reconstruire ses institutions. « Dès lors que la paix sera là, il y aura des effets positifs pour ces pays et ceux qui les soutiennent, cela rend l’aide apportée plus efficace », a conclu Kristalina Georgieva.

Grande marche citoyenne de Noo Lank contre la cherté de l’électricité ce vendredi à Dakar

Le Collectif Noo Lank a annoncé la tenue d’une grande marche pacifique ce vendredi 17 octobre 2025, à partir de 15 heures, pour dénoncer la flambée des prix de l’électricité et les difficultés énergétiques qui frappent de plein fouet les ménages sénégalais. Le rassemblement partira du rond-point SIPRES pour rallier le rond-point Pentola, sur l’axe des Deux Voies de Liberté 6, à Dakar.

Dans un communiqué rendu public ce jeudi 16 octobre, le collectif justifie cette mobilisation par un contexte de souffrance sociale généralisée, marqué par la hausse vertigineuse des factures d’électricité, la consommation instable des compteurs Woyofal, et la précarité énergétique qui pèse lourdement sur les foyers. À ces difficultés s’ajoute, selon Noo Lank, une asphyxie économique qui touche les travailleurs, les familles, mais aussi les artisans, les mécaniciens, les soudeurs, les petites et moyennes entreprises ainsi que les startups.

Pour les initiateurs du mouvement, « cette injustice tarifaire est devenue insupportable ». Ils appellent ainsi à un sursaut citoyen national, estimant que la question de l’énergie ne concerne pas seulement les consommateurs individuels, mais l’ensemble du tissu économique et social du pays.

La marche, selon le collectif, bénéficiera du soutien de plusieurs acteurs de la société sénégalaise : les centrales syndicales, les organisations de travailleurs, les associations de la société civile, les mouvements citoyens et communautaires, les partis politiques engagés pour la justice sociale, ainsi que des leaders d’opinion, des personnalités indépendantes et des citoyens ordinaires. Tous se retrouveront, selon les organisateurs, « pour faire entendre la voix du peuple face à la cherté insoutenable du coût de la vie ».

Noo Lank insiste sur le caractère citoyen, républicain et pacifique de cette mobilisation, qui se déroulera dans le respect strict des lois et libertés publiques garanties par la Constitution. L’objectif, selon le collectif, n’est pas la confrontation, mais la défense de la dignité et du droit à une vie décente pour chaque Sénégalais.

À travers le slogan fort — « Woyofal doit soulager, pas étrangler » — Noo Lank résume le sentiment d’un grand nombre de ménages confrontés à la hausse du coût de l’électricité. Le mouvement appelle ainsi à une mobilisation massive pour exiger une tarification plus juste, une gestion transparente du secteur énergétique et des mesures concrètes de soulagement du pouvoir d’achat.

Première note de lecture du projet de loi de finances 2026 – Par Pape Malick Ndour

Le projet de loi de finances pour l’année 2026 suscite déjà de vifs débats, tant les choix budgétaires qu’il propose interpellent sur la cohérence de l’action publique et la transparence de la gestion des ressources nationales. Parmi les points saillants de cette première analyse, deux aspects retiennent particulièrement l’attention : la question du Fonds intergénérationnel et la spectaculaire augmentation du budget de la Présidence de la République.

Le premier sujet de préoccupation concerne le Fonds intergénérationnel, mécanisme censé garantir aux générations futures une part durable des richesses issues notamment des ressources naturelles du pays. En 2025, une dotation de 7,5 milliards de F CFA y avait été inscrite dans la loi de finances initiale, avant d’être finalement annulée par la loi de finances rectificative (LFR). Cette suppression soulevait déjà de nombreuses interrogations restées sans réponses. Que sont devenus ces 7,5 milliards ? Pour quelles raisons précises ont-ils été annulés ? Et surtout, à quelles destinations réelles ces fonds ont-ils été réaffectés ?

Pour 2026, le gouvernement propose de reconduire le même montant, soit 7,5 milliards de F CFA. Toutefois, cette réinscription ne suffit pas à dissiper les doutes. Les Sénégalais sont en droit de se demander si ces ressources seront effectivement mobilisées et investies comme prévu. Si tel est le cas, dans quels secteurs le seront-elles, et quelle rentabilité peut-on en attendre pour les générations futures ? En revanche, si elles subissent à nouveau le même sort qu’en 2025, cela traduirait une absence de vision et une fragilité dans la planification financière à long terme.

Ce flou autour du Fonds intergénérationnel met en lumière un enjeu central : la transparence et la redevabilité dans la gestion des ressources publiques. La clarté sur ce dossier n’est pas une option politique, mais une exigence de bonne gouvernance et un devoir moral envers la postérité. Sans un cadre précis et des informations publiques sur la destination et l’usage effectif de ces fonds, le concept même de Fonds intergénérationnel risque de demeurer une promesse creuse, dépourvue de portée réelle.

Le second point majeur de cette note de lecture est la hausse spectaculaire du budget de la Présidence de la République, qui passe de 72 milliards de F CFA en 2025 à 204 milliards en 2026. Une progression de plus de 180 %, inédite dans l’histoire récente des finances publiques sénégalaises, et d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte de tensions budgétaires et de contraintes économiques fortes.

Selon les documents du projet de loi de finances initiale (LFI) 2026, cette explosion des crédits s’explique essentiellement par l’augmentation du budget de fonctionnement des structures rattachées à la Présidence, évalué à 134 milliards de F CFA, soit près de 100 milliards de plus que l’année précédente. Ce seul montant dépasse largement le budget alloué à plusieurs ministères stratégiques, tels que ceux de la Culture, de la Jeunesse ou encore de l’Environnement.

Cependant, à la lecture des deux derniers décrets de répartition des services de l’État, aucune création récente de méga-structure ou de nouvelle entité administrative majeure rattachée à la Présidence ne semble pouvoir justifier une telle progression. Aucun changement organisationnel d’envergure n’a été signalé. Dès lors, cette hausse interpelle directement le pouvoir exécutif, qui se doit d’en expliquer les fondements réels.

Les questions sont légitimes et nombreuses : quelles nouvelles dépenses la Présidence absorbe-t-elle ? Quelles missions spécifiques ou quels projets exceptionnels exigent de tels moyens ? S’agit-il de programmes d’investissement structurants ou simplement d’un gonflement des charges de fonctionnement ? Et, surtout, quelle est la valeur ajoutée réelle de ces dépenses pour les citoyens, dans un contexte où de nombreux secteurs essentiels — santé, éducation, agriculture, emploi des jeunes — réclament des arbitrages budgétaires plus audacieux et mieux ciblés ?

Sans réponses précises et transparentes, cette hausse du budget présidentiel risque de renforcer le sentiment d’un État dispendieux, coupé des priorités économiques et sociales du moment. Elle alimentera également le scepticisme d’une opinion publique déjà sensible aux questions de gouvernance et de reddition des comptes.

Cheikh Oumar Diagne dénonce le « compagnonnage de circonstance » au sein du gouvernement Diomaye Faye

Invité de l’émission de Maimouna Ndour Faye sur la 7TV, l’ancien directeur des Moyens généraux de la Présidence, Cheikh Oumar Diagne, a livré une analyse sans détour sur la composition actuelle du gouvernement et les alliances politiques qui l’entourent. Dans un ton à la fois critique et lucide, il a fustigé ce qu’il appelle un « compagnonnage de circonstance » entre les dirigeants en place et certaines personnalités politiques qui, selon lui, les combattaient encore récemment.

« Il y a des alliés contextuels. Ils avaient même combattu les gens de ce régime. Ils avaient ouvertement désigné les actuels gouvernants comme des aventuriers. Quand la roue a tourné, ils ont normalisé leur relation avec eux pour avoir leur part du gâteau. Et ce gouvernement les a reçus et leur a donné des responsabilités. C’est une chose que je condamne », a-t-il déclaré. Pour Cheikh Oumar Diagne, ce rapprochement opportuniste mine l’esprit de rupture et de sincérité qui devait guider la nouvelle gouvernance incarnée par le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

L’ancien responsable à la Présidence a également lancé un appel à la vigilance à l’endroit du chef de l’État et de son Premier ministre. Il les a exhortés à se méfier des « opportunistes », ces figures politiques qui, selon lui, « traversent tous les régimes sans jamais quitter le pouvoir ». « Ils accompagnent tous les régimes. J’ai vu des gens qui étaient là depuis Abdou Diouf. Ils passent tous les régimes et accompagnent chaque président », a-t-il déploré, dénonçant un système où certaines élites se maintiennent au cœur du pouvoir, quelle que soit la nature du régime en place.

Cheikh Oumar Diagne a tenu à rappeler, dans le même temps, son engagement personnel et constant auprès de l’actuelle équipe dirigeante. Il a affirmé avoir soutenu Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko par conviction, et non par intérêt. « Je fais partie du premier type d’allié. J’ai accompagné ce gouvernement par principe, avec mes propres moyens, mes relations et mes connaissances. Quel que soit leur agissement envers ma personne, moi, j’ai fait ce que j’avais à faire pour qu’ils arrivent au pouvoir », a-t-il confié. Non sans amertume, il a regretté de voir aujourd’hui des personnes « sans compétence » occuper des postes de responsabilité, pendant que des militants sincères et dévoués restent en marge.

Reconnaissant sans détour l’existence d’un partage du pouvoir, Cheikh Oumar Diagne a admis que certaines nominations relèvent du favoritisme et non du mérite. « C’est clair qu’il y a un partage du gâteau. C’est un fait. Plusieurs personnes ont placé des proches à certains postes », a-t-il affirmé. L’ancien directeur a également évoqué les tensions internes que cette pratique a pu susciter autour de lui. « Pour l’anecdote, il y a beaucoup de gens qui se sont fâchés contre moi parce que je n’ai nommé aucun membre de mon parti. Certains m’ont dit que ma manière de faire n’était pas la bonne, parce qu’ils devaient se nourrir. Je leur ai dit que non, nous devons servir », a-t-il révélé.

Bassirou Diomaye Faye reçoit le Livre blanc sur le massacre de Thiaroye : “Un pas vers la vérité et la réconciliation”

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé avoir reçu, ce jeudi, au Palais de la République, le Livre blanc sur le massacre de Thiaroye, un document fruit d’un long travail de recherche et de mémoire mené par le Comité de commémoration et plusieurs chercheurs sénégalais et étrangers.

Ce Livre blanc, selon le chef de l’État, marque une étape décisive dans la quête de vérité autour de l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire du Sénégal moderne. Le massacre de Thiaroye, survenu en décembre 1944, reste en effet une blessure profonde dans la mémoire nationale, symbole des injustices subies par les tirailleurs sénégalais à leur retour du front après la Seconde Guerre mondiale.

« Cet acte marque une étape décisive dans notre marche collective vers la vérité, la justice et la réconciliation avec notre mémoire », a déclaré le président Faye, saluant le travail minutieux accompli par les chercheurs et les acteurs de la mémoire historique. Pour lui, cette démarche s’inscrit dans un processus national de réappropriation du passé, essentiel pour construire un avenir fondé sur la dignité et la justice.

Bassirou Diomaye Faye a tenu à rappeler que Thiaroye ne doit pas être perçu comme un simple épisode du passé, mais comme un cheminement historique et moral qui engage toute la Nation : « Thiaroye n’est pas une page tournée, mais un chemin qui se poursuit — celui d’une Nation qui interroge son passé pour éclairer son avenir, affirmer sa dignité et honorer ses héros. »

Le chef de l’État a conclu son allocution sur une note d’émotion et de détermination, insistant sur le devoir de mémoire et de vérité que porte le Sénégal à travers ce travail collectif. « La quête de vérité continue, pierre après pierre, jusqu’à la pleine lumière. Car la mémoire n’a de sens que si elle libère, élève et unit », a-t-il affirmé.

Fièvre de la Vallée du Rift et Mpox : le Sénégal enregistre 196 cas et 21 décès, la situation sous surveillance

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a rendu public, ce jeudi 16 octobre 2025, le point de situation sur l’évolution des épidémies de Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) et de Mpox au Sénégal, à la date du 15 octobre 2025. Le rapport met en lumière la progression des deux maladies et les efforts déployés par les autorités sanitaires pour en limiter la propagation.

S’agissant de la Fièvre de la Vallée du Rift, le pays a enregistré depuis le début de l’épidémie un total de 196 cas confirmés. Parmi eux, 21 décès ont été déplorés, tandis que 147 personnes ont été déclarées guéries. La région de Saint-Louis reste la plus affectée par la maladie, avec 179 cas recensés. Dans cette région, les districts sanitaires de Richard-Toll et de Saint-Louis sont particulièrement touchés, totalisant respectivement 105 et 54 cas.

Outre Saint-Louis, d’autres régions ont également rapporté des infections, bien que dans des proportions moindres. La région de Matam compte huit cas confirmés répartis entre Thilogne, Kanel, Ranérou et Matam. Louga enregistre six cas, concentrés principalement dans les districts de Linguère, Keur Momar Sarr et Sakal. La région de Fatick a signalé deux cas, tandis qu’un seul cas a été confirmé dans la région de Dakar, plus précisément dans le district de Keur Massar. Ces chiffres témoignent d’une diffusion principalement localisée dans le nord du pays, où les activités d’élevage et les contacts entre animaux et humains favorisent la transmission du virus.

Concernant la Mpox, également connue sous le nom de variole du singe, la situation demeure sous contrôle. Depuis la détection du premier cas, le 22 août 2025, le Sénégal a enregistré six cas confirmés et deux cas probables, tous localisés dans la région de Dakar. Le ministère de la Santé informe que huit personnes ont d’ores et déjà recouvré la santé et qu’aucun décès n’a été enregistré à ce jour. Par ailleurs, vingt-deux personnes identifiées comme contacts sont actuellement suivies par les services sanitaires, dans le cadre du dispositif de surveillance mis en place pour prévenir toute propagation.

Auchan Sénégal introduit un droit de timbre de 1 % sur les paiements en espèces

La direction d’Auchan Sénégal a annoncé, dans un communiqué rendu public, l’instauration d’un nouveau prélèvement sur les transactions effectuées en espèces. Désormais, un droit de timbre de 1 % sera appliqué sur tous les paiements réalisés en liquide, quel que soit le montant de l’achat. Cette décision, qui entre dans le cadre de la nouvelle politique fiscale nationale, vise à renforcer la traçabilité des flux financiers et à encourager l’usage des moyens de paiement électroniques.

Selon les précisions apportées par l’entreprise, Auchan Sénégal n’est pas l’instigatrice de cette mesure, mais agit en tant qu’intermédiaire entre les consommateurs et l’État. « Ce droit est collecté par nos soins pour le compte de l’État et intégralement reversé au Trésor public », indique le communiqué. L’enseigne insiste sur le fait qu’elle ne tire aucun bénéfice de ce prélèvement, qui constitue une obligation fiscale imposée par les autorités.

Cette mesure s’inscrit dans une série d’ajustements fiscaux décidés par le gouvernement sénégalais dans le cadre de sa politique de mobilisation accrue des ressources internes. Elle devrait s’appliquer à toutes les entreprises opérant sur le territoire national qui réalisent des encaissements en espèces. L’objectif, selon les autorités, est de limiter les transactions non traçables et de favoriser la formalisation des paiements.

Chez les consommateurs, la décision suscite déjà des réactions partagées. Certains clients estiment qu’il s’agit d’une charge supplémentaire sur le pouvoir d’achat, dans un contexte de tension sur les prix à la consommation. D’autres y voient un moyen d’accélérer la modernisation du système de paiement et de réduire les risques liés à la manipulation de liquidités.

Pour sa part, Auchan Sénégal assure qu’elle continuera d’informer ses clients sur les modalités de ce prélèvement et sur son fondement légal. L’entreprise réaffirme également son engagement à se conformer strictement aux dispositions fiscales en vigueur et à maintenir une transparence totale dans la collecte et le reversement de ce droit de timbre.

Un changement majeur en vue au parquet de Dakar : vers un départ du procureur Ibrahima Ndoye

Un vent de renouveau semble souffler sur la magistrature sénégalaise. Selon des informations publiées par le quotidien Le Témoin dans son édition de ce jeudi, un important mouvement serait en préparation au sein de l’appareil judiciaire, avec en première ligne le parquet de Dakar. Le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, pourrait prochainement quitter ses fonctions, marquant ainsi la fin d’un chapitre significatif pour la justice sénégalaise.

D’après les sources qualifiées de « dignes de foi » par le journal, le poste clé du parquet de Dakar devrait revenir à l’actuel avocat général près la Cour d’appel de Dakar, Théophile Turpin. Ce dernier serait le favori pour succéder à Ibrahima Ndoye, en raison de son parcours reconnu et de sa connaissance approfondie du fonctionnement du ministère public. Sa nomination devrait être entérinée lors du prochain Conseil supérieur de la magistrature (CSM), instance chargée d’officialiser les mouvements et nominations dans la haute magistrature. Toutefois, la date de cette réunion n’a pas encore été fixée, laissant planer une certaine attente dans les milieux judiciaires.

Arrivé à la tête du parquet de Dakar après une carrière jalonnée de postes stratégiques, Ibrahima Ndoye s’est illustré par la gestion de dossiers sensibles et emblématiques. Sous sa direction, le parquet de Dakar a connu plusieurs affaires marquantes, témoignant de la complexité du rôle du procureur de la République dans un contexte souvent traversé par des tensions politiques et sociales. Sa rigueur professionnelle et son attachement à la légalité lui ont valu autant de respect que de débats au sein de l’opinion.

Son départ, s’il venait à être confirmé, marquerait la fin d’un cycle et ouvrirait une nouvelle étape dans la dynamique du parquet de la capitale. Il s’inscrirait également dans un vaste mouvement de réaménagement au sein de la magistrature, que le ministère de la Justice préparerait depuis plusieurs semaines. Ces mutations annoncées devraient toucher plusieurs postes de premier plan, traduisant une volonté de redéploiement et de renforcement de la cohésion dans les services judiciaires.

Transhumance transfrontalière : la Guinée ordonne l’expulsion immédiate des troupeaux étrangers de son territoire

La République de Guinée vient de franchir une nouvelle étape dans la gestion de son espace pastoral. À travers un communiqué rendu public, le ministère de l’Élevage a annoncé des mesures fermes concernant la transhumance transfrontalière. Le ministre Félix Lamah a exigé le départ immédiat de tous les troupeaux étrangers encore présents sur le territoire national, malgré la suspension officielle de la transhumance et la date limite de sortie fixée au 2 mai 2025.

Selon le communiqué, de nombreux éleveurs transhumants étrangers auraient ignoré cette échéance, maintenant leurs bêtes sur le sol guinéen en violation des directives gouvernementales. Une situation jugée inacceptable par les autorités, qui entendent désormais faire respecter la loi dans toute sa rigueur. Le ministre a instruit les Forces de Défense et de Sécurité de mener, dans les zones concernées, des opérations de déguerpissement afin de retirer sans délai les troupeaux non autorisés.

Le ministère a averti que toute personne refusant de se conformer à la mesure s’exposerait à des sanctions sévères prévues par le code pastoral et le code pénal guinéen. Le suivi et l’application de cette décision impliquent plusieurs départements : la Défense nationale, la Sécurité et la Protection civile, l’Administration du Territoire et la Décentralisation, ainsi que les ministères de l’Environnement, du Développement durable, de l’Agriculture et de l’Élevage. Les services déconcentrés de ces institutions sont appelés à veiller à l’exécution rigoureuse des consignes sur l’ensemble du territoire.

Les fédérations régionales de la filière bétail-viande ont également été associées à la mise en œuvre du dispositif. Leur rôle sera d’appuyer les autorités locales dans le contrôle et la régulation des flux de bétail, afin de garantir le respect strict des limites fixées par la réglementation nationale.

Pour le gouvernement guinéen, cette décision vise plusieurs objectifs majeurs : préserver les ressources pastorales nationales, limiter les conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs, et renforcer la gestion durable du cheptel. Elle participe aussi d’une volonté plus large de consolider la souveraineté territoriale du pays et de promouvoir la sécurité alimentaire à travers une meilleure maîtrise de l’exploitation des pâturages.

Santé publique : le ministère fait le point sur l’évolution des épidémies au Sénégal

Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a publié, ce jeudi 16 octobre, son dernier communiqué sur la situation épidémiologique du pays. Ce point d’étape fait état d’une évolution contrastée des différentes maladies actuellement sous surveillance, notamment la fièvre de la Vallée du Rift (FVR) et le Mpox, anciennement connu sous le nom de variole du singe.

Concernant la fièvre de la Vallée du Rift, la situation reste préoccupante. Le ministère indique que 196 cas confirmés ont été recensés à ce jour à travers le pays. Parmi eux, 21 décès ont été enregistrés, tandis que 147 patients ont été déclarés guéris après traitement. Ces chiffres traduisent une amélioration progressive, même si la vigilance reste de mise, notamment dans les zones rurales où la transmission entre animaux et humains demeure possible.

S’agissant du Mpox, l’épidémie reste circonscrite à la région de Dakar. Depuis la confirmation du premier cas le 22 août 2025, les autorités sanitaires font état de 6 cas confirmés et de 2 cas probables. Le communiqué précise que 8 personnes ont été guéries et qu’aucun décès n’a, pour l’instant, été signalé. Par ailleurs, 22 personnes identifiées comme contacts sont actuellement suivies par les services de santé afin de prévenir toute propagation de la maladie.

Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique réitère son appel à la prudence et à la responsabilité citoyenne. Il invite les populations à maintenir les mesures de prévention recommandées, telles que l’hygiène régulière des mains, la limitation des contacts directs avec des personnes présentant des symptômes suspects, et la collaboration active avec les agents de santé.

Affaire Soya Diagne : un mandat d’arrêt requis contre Akhenaton pour “propos contraires aux bonnes mœurs”

Un nouveau tournant vient d’être pris dans l’affaire dite Soya Diagne, qui continue de susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques. Selon des informations rapportées par Seneweb, le procureur de la République a transmis le dossier au juge du premier cabinet du tribunal de Dakar, ouvrant ainsi la voie à une information judiciaire. Cette décision marque une étape importante dans le traitement de ce dossier aux contours sensibles.

Dans le même temps, le parquet a requis la délivrance d’un mandat d’arrêt contre Akhenaton, figure bien connue sur les réseaux sociaux et présentée comme un proche du parti Pastef. Le motif avancé par le procureur est la « diffusion de propos et de discours contraires aux bonnes mœurs », une infraction prévue et punie par le Code pénal sénégalais.

D’après les éléments rapportés par Seneweb, l’affaire découle d’un message que l’intéressé aurait publié sur sa page Facebook. Dans ce post, Akhenaton aurait fait état d’un viol présumé impliquant une ressortissante rwandaise, accusation qu’il aurait attribuée au président d’une institution nationale. Cette publication, jugée particulièrement grave, aurait conduit le parquet à s’autosaisir pour atteinte à la morale publique et diffusion d’informations jugées diffamatoires et non fondées.

L’ouverture d’une information judiciaire permettra désormais au juge d’instruction de mener des investigations approfondies afin de déterminer la véracité des faits allégués et la responsabilité pénale de l’auteur présumé. En attendant, la demande de mandat d’arrêt contre Akhenaton témoigne de la fermeté des autorités judiciaires face à la propagation de contenus jugés attentatoires à la réputation et à la dignité des institutions.

Ce rebondissement intervient dans un contexte politique tendu, où plusieurs activistes et figures proches de l’opposition font déjà l’objet de poursuites pour des publications considérées comme diffamatoires ou subversives. L’affaire Akhenaton pourrait ainsi relancer le débat sur la liberté d’expression au Sénégal et la responsabilité des acteurs politiques et numériques dans l’usage des réseaux sociaux.

Graves irrégularités à l’hôpital régional de Saint-Louis : l’OFNAC met au jour un vaste scandale de détournements et de fraude

L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) a révélé de lourdes irrégularités dans la gestion du Centre hospitalier régional de Saint-Louis, pour la période comprise entre janvier 2019 et mars 2022. Ce constat découle d’une enquête minutieuse menée à la suite d’une dénonciation anonyme visant l’ancien directeur de l’établissement, soupçonné de détournement de deniers publics, de matériel, ainsi que de faux en écritures publiques.

Selon le rapport publié en 2024 et consulté par Libération, l’OFNAC a mis au jour plusieurs faits particulièrement préoccupants. Parmi eux figure le détournement d’un appareil d’échographie offert dans le cadre d’un programme de coopération internationale. Cet équipement, destiné à renforcer les capacités médicales du centre hospitalier, aurait été soustrait à son usage initial au profit d’intérêts personnels.

Les enquêteurs ont également découvert des pratiques douteuses dans la gestion des marchés publics. L’entretien des véhicules de l’hôpital aurait ainsi été confié, de manière irrégulière, à un mécanicien installé à Dakar, ne disposant d’aucune qualification reconnue dans le domaine. Ce dernier aurait encaissé un chèque de 2 130 000 F CFA en mars 2020, dans des conditions qui suscitent de sérieuses interrogations.

Toujours selon Libération, l’ancien directeur aurait par ailleurs émis plusieurs ordres de mission à son propre nom, sans obtenir le visa préalable du gouverneur de région, comme l’exige la réglementation. Ces déplacements, présentés comme administratifs, auraient été financés sur le budget de l’hôpital, alors qu’ils relevaient en réalité de motifs personnels.

L’enquête de l’OFNAC a aussi révélé l’existence de plusieurs comptes bancaires ouverts au nom de l’établissement, sans justification ni autorisation régulière. La gestion de ces comptes avait été confiée à l’agent comptable principal, dont le rôle s’est avéré déterminant dans la manipulation des fonds.

Pour approfondir ces soupçons, une mission d’investigation a été dépêchée à Saint-Louis entre la fin mai et le début juin 2021. Les enquêteurs ont alors procédé à l’audition de plusieurs responsables administratifs et techniques, tout en examinant une importante documentation comptable et financière. Des entretiens complémentaires ont ensuite eu lieu au siège de l’OFNAC, permettant de consolider les éléments de preuve.

À l’issue de ces investigations, les agents de l’Office ont conclu à l’existence d’indices graves et concordants de malversations financières et de gestion frauduleuse, impliquant plusieurs responsables du centre hospitalier. Les faits établis concernent notamment le détournement de biens publics, l’escroquerie, la faute de gestion, la fraude fiscale et la violation de la réglementation de l’UEMOA sur les moyens de paiement.

Le dossier a depuis été transmis au parquet financier pour la suite judiciaire. L’ancien directeur est directement visé pour détournement de biens publics, escroquerie et fraude fiscale, tandis que l’ex-agent comptable principal est mis en cause pour fraude fiscale, violation des règles de bancarisation et complicité d’escroquerie, notamment en lien avec le paiement irrégulier de primes sans retenue à la source. Le mécanicien basé à Dakar, bénéficiaire du marché douteux d’entretien des véhicules, est quant à lui poursuivi pour complicité d’escroquerie.

Projet de Loi de Finances 2026 : le Sénégal mise sur la consolidation budgétaire et la hausse des recettes internes

Le Projet de Loi de Finances (PLF) 2026 du Sénégal se distingue par son ambition et sa rigueur. Il traduit la volonté du gouvernement d’allier relance économique, maîtrise des dépenses et consolidation budgétaire. Fixé à 7 433,9 milliards de FCFA, le budget national enregistre une progression de 12,4 % par rapport à celui de 2025. Cette hausse s’appuie principalement sur une dynamique soutenue des recettes fiscales et sur une stratégie de financement interne plus volontariste.

Les recettes totales sont projetées à 6 188,8 milliards de FCFA, en hausse de 23,4 % par rapport à l’année précédente. Cette performance repose essentiellement sur la croissance des recettes fiscales, évaluées à 5 384,8 milliards de FCFA, dont 703,6 milliards de FCFA proviennent du Programme de Résilience Économique et Sociale (PRES). Cette évolution traduit l’ambition de l’État d’accroître ses marges de manœuvre internes et de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur. Le taux de pression fiscale est ainsi attendu à 23,2 % contre 19,3 % en 2025, signe d’une amélioration significative de la mobilisation des ressources domestiques.

Sur le plan des dépenses, le gouvernement adopte une approche prudente et sélective. Les dépenses courantes connaissent une baisse de 280,5 milliards de FCFA, pour s’établir à 1 650 milliards de FCFA, conséquence d’une politique de rationalisation des coûts de fonctionnement de l’État. En revanche, les dépenses en capital financées sur ressources internes augmentent sensiblement pour atteindre 1 448,9 milliards de FCFA, soutenues par les recettes générées dans le cadre du PRES. Ce choix illustre la volonté des autorités de privilégier l’investissement productif au détriment des charges récurrentes.

Le déficit budgétaire est prévu à 5,37 % du PIB en 2026, avec un objectif clair de convergence vers 3 % en 2027, conformément aux critères de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette trajectoire traduit une discipline budgétaire renforcée et une vision à moyen terme orientée vers la soutenabilité des finances publiques. Le gouvernement table par ailleurs sur une croissance économique de 5 %, tirée principalement par le secteur primaire (+6,1 %), stimulé par de bonnes performances agricoles, et le secteur tertiaire (+5,4 %), porté par la reprise des services et du commerce.

Cependant, le service de la dette demeure une contrainte majeure pour les finances publiques. Les charges d’intérêts et commissions atteignent 1 190,6 milliards de FCFA, soit une augmentation de 258,5 milliards de FCFA par rapport à 2025. Le déficit budgétaire global s’élève ainsi à 1 245,1 milliards de FCFA, mais le solde budgétaire de base montre une amélioration spectaculaire, passant de -678,5 milliards à -81,6 milliards de FCFA. Cette évolution souligne la progression vers un financement plus autonome des dépenses courantes par les recettes internes, un indicateur positif de la consolidation budgétaire.

Malgré ces avancées, le besoin global de financement pour 2026 reste élevé, à 6 075,2 milliards de FCFA. Sur ce montant, 4 307,4 milliards de FCFA, soit 70,9 %, sont consacrés au remboursement du principal de la dette, traduisant la forte dépendance du pays au refinancement des emprunts passés. Cette situation révèle la complexité de la gestion budgétaire : même avec une hausse notable des recettes, le poids du service de la dette continue de limiter les marges de manœuvre pour de nouveaux investissements.

Affaire Farba Ngom : Les avocats du maire des Agnams saisissent la Cour suprême

L’affaire Farba Ngom connaît un nouveau tournant judiciaire. Comme annoncé, les avocats du maire des Agnams ont déposé un pourvoi devant la Cour suprême pour contester la décision de la Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel, qui a maintenu leur client en détention tout en ordonnant son transfert dans un centre hospitalier. Cette nouvelle étape marque la poursuite d’une bataille juridique qui s’intensifie autour du sort de l’un des responsables les plus influents de l’Alliance pour la République (APR).

Les conseils de Farba Ngom fondent leur recours sur ce qu’ils considèrent comme une violation des droits de leur client, notamment au regard de son état de santé. Selon le quotidien Les Échos, ils plaident la levée pure et simple du mandat de dépôt, estimant que le maintien en détention du maire des Agnams met gravement en danger sa vie.

En amont de cette procédure, les avocats avaient déjà saisi le juge d’instruction financier chargé du dossier pour solliciter une mise en liberté provisoire, arguant de la fragilité physique de leur client. Le magistrat instructeur avait alors ordonné une expertise médicale, suivie d’une contre-expertise, afin d’évaluer la compatibilité de son état de santé avec la détention. Les deux rapports médicaux avaient abouti à la même conclusion : Farba Ngom risquait sa vie en restant en milieu carcéral.

Malgré ces conclusions alarmantes, le juge d’instruction a refusé d’accorder la liberté provisoire. Il a toutefois consenti à transférer le mis en cause au Pavillon spécial de l’hôpital, un service réservé aux détenus nécessitant des soins. Une décision que la défense a immédiatement contestée, estimant qu’elle ne répondait pas à la gravité de la situation médicale du maire.

La Chambre d’accusation financière, saisie du recours des avocats, a finalement confirmé le mandat de dépôt, tout en ordonnant que Farba Ngom soit pris en charge dans un centre hospitalier adapté. Ce compromis n’a pas apaisé les défenseurs du responsable politique, qui y voient une mesure insuffisante et injustifiée. Selon eux, seule une mise en liberté conditionnelle permettrait de garantir la santé et la dignité de leur client.

Face à cette situation, les avocats de Farba Ngom ont donc décidé de porter l’affaire devant la plus haute juridiction du pays. Leur pourvoi devant la Cour suprême vise à obtenir l’annulation de l’arrêt de la Chambre d’accusation et la levée du mandat de dépôt. Ils espèrent ainsi un réexamen complet de la procédure et un jugement plus favorable à leur client.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°584 – 16/10/2025

🔴 GRÈVE DES ENSEIGNANTS : LA RENTRÉE DÉMARRE MAL
🔴 « ASER-GATE » / SAISINE DU POOL JUDICIAIRE FINANCIER : LE PRESSING DE TAS

🔴 IDÉES – LE SÉNÉGAL QUALIFIÉ POUR LA COUPE DU MONDE 2026 : L’HÉRITAGE SPORTIF DU PRÉSIDENT MACKY SALL PLEINEMENT CONFIRMÉ (Par Mamadou DJIGO)

Sénégal : Le président Bassirou Diomaye Faye réaffirme l’importance de l’accès à un logement décent et abordable

Lors du dernier Conseil des ministres, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réitéré que l’accès à un logement décent et abordable constitue une préoccupation majeure pour les Sénégalais, en particulier pour les ménages. Conscient de l’importance de cette problématique sociale, le chef de l’État a instruit le Premier ministre de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’accélérer la mise en œuvre des programmes de construction de logements à l’échelle nationale.

Le président a insisté sur la nécessité d’une maîtrise préventive de l’accès au foncier, en soulignant le rôle central de la Société d’Aménagement foncier et de Restructuration urbaine (SAFRU) dans ce domaine. Il a également encouragé le développement de nouveaux projets innovants par la Société nationale des Habitations à loyer modéré (SN HLM) et la Société immobilière et de construction pour l’habitat au Sénégal (SICAP SA), afin de diversifier et renforcer l’offre de logements dans le pays.

Dans le même temps, le chef de l’État a appelé le Secrétaire d’État chargé du Logement à assurer un encadrement plus rigoureux des projets d’aménagement et de construction de logements initiés par les coopératives d’habitat. Il a insisté sur le contrôle systématique de la réalisation des voies, des réseaux divers et des équipements collectifs, en veillant à leur cohérence avec les grandes infrastructures publiques. Cette démarche vise à garantir une urbanisation harmonieuse et une meilleure qualité de vie pour les habitants.

Le président Faye a également souligné la nécessité d’évaluer les missions et actions du Fonds de l’Habitat Social (FHS), afin de confirmer sa véritable place comme instrument stratégique et levier de promotion de l’accès au logement pour les populations les plus vulnérables.

Dans la continuité de ces orientations, le chef de l’État a demandé au Secrétaire d’État chargé du Logement, en concertation avec le ministre de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales ainsi que le ministre des Finances et du Budget, d’engager des discussions avec les acteurs publics et privés du secteur financier, notamment la Caisse de Dépôts et de Consignations et la Banque de l’Habitat du Sénégal. L’objectif est de mettre en place un système de financement efficace pour le logement, capable de soutenir durablement la construction et l’acquisition de logements à travers le pays.

Fièvre de la Vallée du Rift : un deuxième cas confirmé à Dioffior, dans la région de Fatick

La fièvre de la Vallée du Rift refait surface dans la région de Fatick. Un deuxième cas a été confirmé dans la commune de Dioffior, selon les autorités sanitaires régionales. L’annonce a été faite par le directeur régional de la santé de Fatick, le Dr Assane Ndiaye, qui a apporté des précisions sur la situation.

Ce nouveau cas survient quelques jours après la détection d’un premier patient infecté dans la même localité. D’après les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), il s’agit d’un éleveur âgé d’une quarantaine d’années, récemment rentré de Dahra Djolof, une zone d’élevage située dans le nord-ouest du pays, connue pour son activité pastorale intense.

Le Dr Assane Ndiaye a indiqué qu’une équipe d’investigation a été immédiatement dépêchée sur le terrain afin de renforcer la surveillance épidémiologique et d’identifier d’éventuels cas contacts. Les services sanitaires locaux travaillent en coordination avec les autorités administratives et vétérinaires pour circonscrire la propagation de la maladie.

La fièvre de la Vallée du Rift, zoonose virale transmise principalement par les moustiques et affectant aussi bien les animaux que les humains, peut provoquer des pertes importantes dans les cheptels et représenter un risque sanitaire pour les populations rurales.

Les autorités sanitaires appellent à la vigilance, notamment chez les éleveurs et les habitants des zones à risque, en les invitant à signaler tout cas suspect d’abattement ou de fièvre inexpliquée chez l’homme ou l’animal. Des mesures préventives, incluant la désinsectisation et la sensibilisation communautaire, sont également en cours pour contenir la résurgence de la maladie dans la région de Fatick.

Dinguiraye – Sport : Une journée exceptionnelle sous le parrainage d’Omar Thiam

Le mercredi 15 octobre 2025, le terrain municipal de Dinguiraye a vibré au rythme du sport et de la convivialité à l’occasion de la grande finale du Tournoi de l’Amitié. Cet événement, devenu un rendez-vous incontournable pour la jeunesse locale, a réuni joueurs, habitants et amateurs de sport dans une ambiance populaire et festive.

Placée sous le parrainage de M. Omar Thiam, responsable politique et président du mouvement MCD, la manifestation avait pour objectif de renforcer les liens d’amitié et de solidarité entre les jeunes de la commune. Omar Thiam, également coordonnateur du MODAP pour la commune de Paoskoto et PDG de l’entreprise Thiam Industrielle (ETI), a exprimé sa joie de soutenir les initiatives locales. Il a tenu à souligner l’importance du travail accompli par la zone 4 de Dinguiraye, dirigée par M. Omar Touré, qu’il a qualifié de jeune dynamique et engagé pour le bien-être de sa commune.

« Nous avons l’immense plaisir d’accompagner les jeunes, mais surtout notre zone 4, qui est un véritable moteur pour la commune. C’est dans ce contexte que nous avons l’honneur de représenter dignement notre communauté, dans la discipline et le respect mutuel envers les populations », a déclaré M. Thiam. Il a rappelé que le mouvement MCD, toujours proche de sa commune, aspire à apporter soutien et aide sociale, fidèle à sa tradition de solidarité et de proximité avec les habitants.

La zone 4 de Dinguiraye joue un rôle central dans la commune de Paoskoto. Elle regroupe plusieurs villages et constitue un véritable noyau pour le développement des activités sportives et culturelles, étant même qualifiée de « vache laitière » de la commune pour son apport essentiel au bon fonctionnement de la vie locale.

Lors de son allocution, le parrain a salué l’esprit sportif et la mobilisation de la jeunesse. Il a félicité les organisateurs pour la qualité de l’événement et a promis de continuer à soutenir les initiatives communautaires favorisant la cohésion sociale et le développement local. « Ce tournoi est une belle illustration de la fraternité et du vivre-ensemble qui caractérisent notre commune. La jeunesse de Dinguiraye mérite d’être accompagnée et valorisée », a-t-il ajouté.

La cérémonie de clôture a été marquée par la remise des trophées et distinctions aux équipes finalistes. L’ASC Soto Gi de Dinguiraye a remporté le tournoi en battant l’ASC Renaissance de Kolma sur le score de 3 à 0, dans une ambiance de convivialité et de reconnaissance mutuelle, clôturant ainsi une journée sportive riche en émotions et en esprit communautaire.

Nominations dans l’enseignement supérieur et la recherche : de nouveaux responsables à l’ANRSA et à l’ISBEA

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une série de nominations importantes dans le secteur de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Ces décisions, rendues publiques ce mercredi, interviennent dans un contexte de renforcement des structures académiques et scientifiques du pays.

Au niveau de l’Agence nationale de recherche scientifique appliquée (ANRSA), Monsieur Albinou Ndecky, maître de conférences titulaire, a été nommé secrétaire général de l’agence. Il succède à Monsieur Abdourahmane Tamba, qui a été admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. Cette nomination s’inscrit dans la volonté de dynamiser la recherche scientifique appliquée et de renforcer la coordination des activités de l’agence. Parallèlement, Madame Fatimata Diallo, gestionnaire expérimentée, a été désignée présidente du Conseil de surveillance de l’ANRSA, en remplacement de Monsieur Moustapha Ndir. Ce changement à la tête du conseil de surveillance vise à assurer un meilleur suivi des orientations stratégiques de l’agence et à garantir une gouvernance efficace.

Dans le même esprit, l’Institut sénégalo-britannique de l’enseignement de l’anglais (ISBEA) connaît également un renouvellement à sa direction. Madame Marème Sarr, professeur d’enseignement secondaire, matricule de solde n°609251/Q, a été nommée directrice de l’institut. Elle prend la succession de Monsieur Arfang Dabo, qui a, lui aussi, été admis à faire valoir ses droits à la retraite. Cette nomination intervient dans le cadre du renforcement des capacités pédagogiques de l’ISBEA et de l’amélioration de l’enseignement de l’anglais au Sénégal. Par ailleurs, Monsieur Racine Dia, également professeur d’enseignement secondaire, a été porté à la présidence du Conseil d’administration de l’ISBEA, succédant à Monsieur Boubacar Siguiné Sy. Ce renouvellement à la tête du conseil d’administration vise à consolider la stratégie de développement de l’institut et à renforcer l’efficacité de sa gouvernance.

Le Président Bassirou Diomaye Faye insiste sur le renforcement du dialogue social et la productivité au travail

Lors du dernier Conseil des ministres, le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a mis en lumière l’importance de la signature du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Il a demandé au Premier ministre, en collaboration avec les partenaires sociaux et le Haut Conseil du Dialogue social (HCDS), de procéder à une évaluation semestrielle, département par département ministériel, de l’état d’exécution du plan d’actions issu du Pacte ainsi que des doléances formulées par les centrales syndicales.

Le chef de l’État a réitéré ses directives concernant la généralisation de la mise en place de comités sectoriels et spécialisés de dialogue social, insistant sur la nécessité de consolider une culture du dialogue au sein de l’administration et des entreprises. Il a également souligné l’importance d’une évaluation prospective des actions menées par le HCDS afin de mieux orienter les politiques sociales et économiques.

Dans ce cadre, le Président Faye a instruit le ministre chargé du Travail et le Président du Haut Conseil du Dialogue social de proposer, avant la fin du mois de décembre 2025, un nouveau dispositif définissant les missions, l’organisation et le fonctionnement du HCDS. L’objectif est de rendre l’institution plus efficace et plus réactive aux besoins des acteurs sociaux et économiques.

Enfin, le chef de l’État a rappelé au ministre du Travail la préparation de la prochaine Conférence sociale, qui réunira l’ensemble des acteurs concernés. La thématique retenue pour cette édition portera sur « la productivité au travail », mettant ainsi l’accent sur l’amélioration des performances dans les différents secteurs d’activité et sur l’implication de tous dans la construction d’un environnement socio-économique stable et durable.

Conseil des Ministres du 15 octobre 2025 : priorités nationales, dialogue social et développement économique au cœur des débats

Le Conseil des Ministres s’est réuni ce mercredi 15 octobre 2025 sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République. L’ouverture des travaux a été marquée par un mot du Chef de l’État adressé à l’équipe nationale de football du Sénégal. Au nom de la Nation, il a exprimé ses chaleureuses félicitations aux joueurs, à l’encadrement technique et administratif, ainsi qu’au Ministre chargé des Sports, pour la brillante qualification des Lions à la Coupe du Monde 2026. Le Président de la République a instruit le Gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir une préparation optimale et une participation remarquable à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN) ainsi qu’au Mondial.

Poursuivant sa communication, le Président FAYE a fait un point sur la mise en œuvre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Il a rappelé que la signature de ce Pacte, en cohérence avec le lancement de l’Agenda national de Transformation, constituait un tournant historique dans le renforcement du dialogue social tripartite. Le Chef de l’État a demandé au Premier Ministre, en coordination avec les partenaires sociaux et le Haut Conseil du Dialogue social (HCDS), de procéder à une évaluation semestrielle de l’état d’exécution du plan d’actions issu du Pacte dans chaque département ministériel, tout en tenant compte des doléances des centrales syndicales. Il a également insisté sur la généralisation de la mise en place des comités sectoriels et spécialisés de dialogue social, afin de consolider une véritable culture du dialogue. Le Président de la République a chargé le Ministre du Travail et le Président du HCDS de proposer, avant la fin décembre 2025, un nouveau dispositif relatif aux missions, à l’organisation et au fonctionnement du Haut Conseil. Enfin, il a rappelé l’importance de préparer la prochaine Conférence sociale, dont le thème retenu est « la productivité au travail ».

Sur le volet du logement, le Président a souligné que l’accès à un logement décent et abordable demeure une préoccupation majeure pour les ménages. Il a demandé au Premier Ministre de prendre toutes les mesures nécessaires pour accélérer la mise en œuvre des programmes de construction de logements à l’échelle nationale. Il a insisté sur la maîtrise préventive de l’accès au foncier, notamment à travers les actions de la Société d’Aménagement foncier et de Restructuration urbaine (SAFRU), et a encouragé le développement de nouveaux projets innovants par la Société Nationale des Habitations à Loyer Modéré (SN HLM) et la SICAP SA. Le Chef de l’État a également souligné l’importance de contrôler l’aménagement et la réalisation des projets de logements initiés par les coopératives, en veillant à la cohérence avec les infrastructures publiques. Il a demandé une évaluation des missions et actions du Fonds de l’Habitat Social (FHS) pour renforcer son rôle en tant qu’instrument de promotion de l’accès au logement. Par ailleurs, il a invité le Secrétaire d’État chargé du Logement à engager des concertations avec les acteurs publics et privés du secteur financier afin d’établir un système de financement efficace pour le logement, en mettant un accent particulier sur les programmes régionaux et universitaires. Le Président de la République a également demandé la tenue prochaine d’un Conseil interministériel sur le Logement.

Le Président a ensuite abordé la promotion du livre et de la lecture ainsi que la préservation de la mémoire collective. Il a rappelé que le livre reste un moyen essentiel pour renforcer les connaissances, la culture générale et l’éducation, tout en rendant hommage aux écrivains et acteurs du livre ayant contribué à la valorisation du patrimoine culturel et linguistique du Sénégal. Dans ce cadre, il a initié le premier Forum national du Livre et de la Lecture pour encourager la création littéraire sénégalaise et développer une véritable économie du livre, incluant la valorisation des langues et œuvres nationales. Il a également souligné l’importance de réhabiliter les bibliothèques et centres de lecture à travers le pays, de relancer les Nouvelles Éditions africaines du Sénégal et de poursuivre le projet de réécriture de l’Histoire générale du Sénégal.

En ce qui concerne son agenda, le Chef de l’État a informé le Conseil qu’il présidera le jeudi 16 octobre 2025 la cérémonie d’ouverture du Forum national du Livre et de la Lecture et recevra le Livre blanc sur le Massacre de Thiaroye. Il effectuera ensuite une visite de travail au Rwanda à partir du 17 octobre, suivie d’un déplacement au Kenya du 19 au 21 octobre 2025.

Au titre de la communication du Premier Ministre, celui-ci a également adressé ses félicitations aux Lions et au peuple sénégalais pour la qualification à la Coupe du Monde. Il a ensuite présenté la nouvelle doctrine de financement des politiques publiques pour accélérer la transformation économique du pays. Il a félicité le Ministre des Finances et du Budget pour la réussite de l’Appel public à l’Épargne (APE), qui a mobilisé exceptionnellement 450 milliards de francs CFA, soit 150 milliards de plus que l’objectif initial. Cette performance démontre la confiance restaurée des Sénégalais et des investisseurs de la sous-région dans la vision économique du Gouvernement et confirme la maturité croissante du marché financier national.

Le Premier Ministre a annoncé que certains projets stratégiques et prioritaires seront sécurisés sur ressources internes, en attendant la finalisation des négociations avec les partenaires, afin de protéger les investissements publics contre les aléas liés aux financements extérieurs. Cette approche s’accompagnera d’une exécution budgétaire rigoureuse, de la responsabilisation des ministères et unités de gestion, et d’un renforcement de l’ancrage productif avec la mobilisation massive du secteur privé.

Il a également présenté l’accélération de la stratégie « Gas-to-Power, Gas-to-Industrie et Gas-to-X », visant à assurer l’autonomie énergétique du pays. Un comité dédié à cette stratégie, placé sous la supervision directe de la Primature, sera chargé de garantir la mise en œuvre des décisions structurantes, de veiller aux arbitrages financiers nécessaires et de proposer des solutions optimisées pour la soutenabilité financière et environnementale du modèle énergétique national. Les projets phares concernés incluent le Réseau Gazier du Sénégal (RGS), Yakaar Teranga, Sangomar et le Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Le Premier Ministre a indiqué que certains segments de ces projets et d’autres secteurs stratégiques tels que l’Hydraulique, les agropoles, le portuaire et l’aéroportuaire seront financés souverainement pour garantir dès 2026-2027 une production d’électricité plus propre, moins coûteuse et majoritairement alimentée par des ressources nationales.

Au titre des communications des ministres, le Ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a présenté l’examen de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas du 9 octobre 2025. Le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a, quant à lui, exposé le Plan d’Aménagement Intégré (PAI) de Daga Kholpa, de la Nouvelle Ville de Thiès et de la ZAC de Thiès.

Les obligations sénégalaises en dollars connaissent une forte hausse après le lancement des discussions avec le FMI

Les obligations souveraines du Sénégal libellées en dollars ont enregistré leur plus forte progression depuis le mois de juillet, à la suite de l’ouverture officielle des discussions entre le pays et le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un nouveau programme de soutien. Cette évolution positive reflète la confiance croissante des investisseurs dans la perspective d’une stabilisation de la situation financière du pays.

Les eurobonds sénégalais arrivant à échéance en 2031 ont ainsi connu un bond significatif, gagnant 2,41 cents pour atteindre 81,4 cents pour un dollar. Cette hausse a entraîné une baisse du rendement de 71 points de base, qui s’établit désormais à 12,59 %. Ces données ont été rapportées ce mercredi en fin de matinée à Londres par l’agence Bloomberg.

Cette dynamique intervient après la rencontre à Washington entre la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, et le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Cheikh Diba, accompagné de sa délégation. Dans une publication sur le réseau social X, Mme Georgieva a précisé que les négociations pour un nouveau programme d’appui du FMI avaient été officiellement lancées et qu’elles s’intensifieraient au cours des prochaines semaines. L’objectif affiché est de promouvoir la stabilité macroéconomique du Sénégal tout en favorisant une croissance inclusive.

Ces discussions s’inscrivent dans un contexte particulier. Depuis près d’un an, le FMI examinait les finances publiques du Sénégal, après la suspension d’un prêt de 1,8 milliard de dollars. Cette suspension faisait suite à la découverte, par un audit, de l’existence d’environ 7 milliards de dollars de dettes non déclarées. La révélation de cette dette cachée avait fortement affecté la crédibilité financière du pays et suscité des inquiétudes chez les investisseurs internationaux.

Éducation : Le SELS/Authentique déterre la hache de guerre contre l’État

Le Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal/Authentique (SELS/Authentique) hausse le ton et appelle à deux jours de grève pour exiger le respect des accords signés en 2022.

Alors que l’année scolaire 2025-2026 s’ouvre dans un contexte national marqué par des crises sanitaires et climatiques, l’organisation syndicale tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué rendu public ce mardi 14 octobre à Rufisque, le SELS/Authentique demande aux autorités de « mettre fin au dilatoire » et d’honorer sans délai les engagements pris avec les syndicats représentatifs du secteur de l’éducation en mai 2022.

Une rentrée scolaire sous tension

Le démarrage de l’année scolaire s’effectue dans un climat difficile. Entre la fièvre de la Vallée du Rift, la maladie MPOX, les inondations et la remontée des eaux du fleuve, plusieurs localités sont sinistrées, certaines écoles restant encore occupées par des familles déplacées.

Le SELS/Authentique déplore « la lenteur des opérations » engagées par les pouvoirs publics pour assécher les zones touchées et rendre les établissements scolaires fonctionnels.

« À ce rythme, de nombreuses écoles risquent de connaître un retard dans le déroulement des programmes », avertit le syndicat, qui exhorte le gouvernement à mobiliser des moyens conséquents pour prévenir toute propagation de maladies en milieu scolaire.

Respect des accords : le syndicat exige des actes concrets

Le SELS/Authentique rappelle que les accords signés en mai 2022 vont bien au-delà des revalorisations salariales. Ils concernent notamment :

la révision du statut des enseignants décisionnaires (décrets 2006-392 et 74347) ; la fin de la surimposition sur les rappels et la réduction des lenteurs administratives ; la formation diplômante des chargés de cours ; la diligence dans le traitement des prêts DMC ; la revalorisation des indemnités d’examens (CFEE, entrée en 6e, BFEM) ; et le paiement des classes spéciales.

Le syndicat appelle également à l’ouverture de nouvelles négociations sur la retraite à 65 ans, la revalorisation des pensions et l’élargissement de l’imputation budgétaire aux enseignants retraités.

« L’État doit respecter la décision de la Cour suprême »

Dans un contexte national placé sous le signe du « Jub, Jubal, Jubanti », prônant intégrité et transparence, le SELS/Authentique interpelle directement les ministres de la Fonction publique, du Travail et de l’Éducation nationale.

Il leur demande de se conformer à l’arrêt n°10/2024 de la Cour suprême, qui annule l’arrêté du ministère du Travail relatif aux résultats des élections de représentativité syndicale dans le secteur de l’éducation.

Allègement pour les parents, inquiétudes sociales

Le syndicat salue les mesures prises par le ministère de l’Éducation nationale pour alléger les charges des parents d’élèves — notamment la gratuité des inscriptions à l’élémentaire et la réduction des frais dans le moyen-secondaire.

Toutefois, il dénonce les licenciements abusifs observés dans d’autres secteurs d’activité, appelant l’État à réintégrer les travailleurs injustement renvoyés.

« L’État est une continuité : les nouvelles autorités héritent aussi bien de l’actif que du passif social », rappelle le syndicat.

Appel à la mobilisation : deux jours de grève annoncés

Face à ce qu’il qualifie de manque de volonté politique, le SELS/Authentique invite ses membres à se mobiliser massivement selon le plan d’action suivant :

Mercredi 15 octobre : débrayage à partir de 9 heures ; Jeudi 16 octobre : grève totale.

Enfin, le syndicat prévient :

« Le gouvernement ne doit pas se cacher derrière un pacte de stabilité sociale. Il doit affronter ses responsabilités pour garantir une croissance inclusive et durable. »

Kaolack : Une alliance stratégique pour porter le projet “Pôle Centre”

Une rencontre politique d’envergure s’est tenue ce dimanche à la Résidence Royale de Médina Baye, marquant une étape décisive dans l’ancrage et la massification du PASTEF dans la région de Kaolack. Cette réunion hautement symbolique a été présidée par le chef religieux Cheikh Baye Mbaye Niass Al Kaolakhi, entouré des principales forces vives patriotiques du territoire.

Une coalition patriotique unie

Aux côtés du coordinateur du MODDAP étaient présents les représentants de toutes les sensibilités du mouvement présidentiel : le Maggi Pastef, les Jeunesses Patriotiques du Sénégal (JPS), le Mouvement Jigenu Pastef (MOJIP) et le Réseau des Femmes Entrepreneures.

Cette large représentation témoigne d’une volonté d’approche inclusive visant à renforcer l’implantation du parti dans le Sine-Saloum.

Le “Pôle Centre”, levier du développement régional

Les échanges avec M. Fadilou Keita, Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), ont confirmé l’engagement de l’État à concrétiser le programme « Pôle Centre ».

Ce projet structurant, cher au Président Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko, est présenté comme un instrument majeur de massification par l’action concrète.

Il ambitionne notamment de renforcer la production agricole, développer les infrastructures et soutenir l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Une synergie d’actions pour le Sine-Saloum

Le chef religieux a insisté sur l’importance de cette union sacrée entre les différentes entités patriotiques, toutes mobilisées pour accompagner la vision gouvernementale.

« La massification n’est pas seulement un objectif politique, c’est une dynamique de développement qui doit embarquer toutes les composantes de notre société », a-t-il affirmé.

La présence conjointe de toutes ces structures patriotiques illustre la maturité politique atteinte à Kaolack et la détermination commune à faire du Pôle Centre un laboratoire de la nouvelle gouvernance prônée par le couple présidentiel.

Cette alliance stratégique ouvre ainsi une nouvelle page du développement du Sine-Saloum, fondée sur la complémentarité des actions et l’unité des forces vives.

Affaire Omart City : le président Abdoulaye Mamadou Guissé condamné à deux ans de prison ferme pour escroquerie immobilière

Le tribunal de Pikine-Guédiawaye a rendu ce mercredi son verdict dans l’affaire dite Omart City, une vaste escroquerie immobilière qui a ému l’opinion publique et fait vaciller la confiance des Sénégalais dans les promoteurs privés. À l’issue d’un procès très suivi, le président d’Omart City Sénégal, Abdoulaye Mamadou Guissé, a été reconnu coupable d’escroquerie et condamné à deux ans de prison ferme. Il devra également rembourser l’ensemble des plaignants, conformément à la décision du tribunal.

Son directeur de cabinet, Pape Boubacar Camara, a pour sa part écopé d’un an de prison, dont six mois ferme. Les juges ont retenu contre lui une participation active dans le montage de l’opération frauduleuse, notamment dans la collecte des fonds et la signature de contrats fictifs de vente de terrains.

En revanche, Khady Faye, qui était poursuivie pour usurpation d’identité — elle se faisait passer pour une proche du président Bassirou Diomaye Faye afin d’attirer la confiance des investisseurs —, a été relaxée. Le tribunal a estimé que les charges retenues contre elle n’étaient pas suffisamment étayées par les éléments du dossier.

L’audience a également été marquée par de nouveaux rebondissements. En effet, près de 200 nouvelles victimes se sont constituées parties civiles, portant à plus de 700 le nombre total de personnes flouées par le projet Omart City. Ces dernières affirment avoir versé des sommes allant de 1 à 10 millions de francs CFA pour l’achat de parcelles qui n’ont jamais été livrées.

Selon les témoignages recueillis au cours du procès, l’entreprise promettait des terrains viabilisés à des prix attractifs, notamment dans la banlieue de Dakar et dans certaines localités de la Petite-Côte. De nombreux citoyens, séduits par des campagnes publicitaires agressives et des documents administratifs falsifiés, ont ainsi investi leurs économies, convaincus de devenir propriétaires dans un délai de quelques mois.

La condamnation du président d’Omart City marque un tournant dans la lutte contre les arnaques immobilières, un phénomène qui prend de l’ampleur au Sénégal depuis plusieurs années. Le tribunal a insisté sur la nécessité de protéger les citoyens contre ce type de pratiques et de renforcer la régulation du secteur.

Mise en accusation de Macky Sall : Le Pastef passe à l’attaque à l’Assemblée nationale

Le projet de résolution visant la mise en accusation de l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de justice entre dans une nouvelle phase. Le texte, déposé par le député Guy Marius Sagna, figure désormais à l’ordre du jour de la session parlementaire en cours. L’information a été confirmée par Mohamed Ayib Daffé, président du groupe parlementaire de la majorité Pastef, lors d’un entretien accordé à Sud Quotidien.

Selon le responsable parlementaire, le document suit son parcours normal au sein de l’Assemblée nationale. « Ce projet de résolution a été déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale. Normalement, il devra être examiné au cours de cette session », a déclaré Mohamed Ayib Daffé. Il a toutefois tenu à rappeler que le processus comporte plusieurs étapes préalables, conformément au règlement intérieur de l’institution.

En effet, avant toute délibération en plénière, le texte doit d’abord passer par la phase dite de “recevabilité”. Celle-ci est examinée par le bureau de l’Assemblée nationale, instance chargée de déterminer si la résolution remplit les conditions nécessaires pour être soumise à l’appréciation des députés. « Conformément au règlement intérieur, toute résolution doit d’abord franchir l’étape de la recevabilité avant d’être soumise à la plénière. Cette recevabilité est appréciée par le bureau de l’Assemblée, qui devra donc l’examiner durant cette session », a précisé M. Daffé.

Face aux interrogations sur un possible ralentissement de la procédure, le président du groupe parlementaire de la majorité a tenu à dissiper toute inquiétude. « Il n’y a ni lenteur ni crainte. La procédure suit son cours normal. Il ne s’agit pas de se précipiter ou de faire du sensationnalisme, mais de respecter scrupuleusement les textes régissant la Haute Cour de justice », a-t-il insisté.

Mohamed Ayib Daffé a également rappelé que, contrairement à la précédente législature, la Haute Cour de justice est désormais installée sous la quinzième législature, présidée par El Malick Ndiaye. Cette instance, qui a compétence pour juger les membres du gouvernement et le président de la République pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions, constitue un instrument clé dans la lutte contre l’impunité et le renforcement de la gouvernance démocratique.

Pour le député, cette procédure ne doit pas être perçue comme une manœuvre politique, mais comme une exigence de transparence et de redevabilité. Il souligne que la démarche s’inscrit dans une dynamique plus large de réformes institutionnelles engagées par le régime du président Bassirou Diomaye Faye. « La Haute Cour de justice est aujourd’hui un cadre légal et rigoureux, garantissant une gestion juste et responsable des affaires publiques », a-t-il conclu.

Fatick : Un deuxième cas de fièvre de la Vallée du Rift confirmé à Dioffior

Un second cas de fièvre de la Vallée du Rift (FVR) a été officiellement confirmé dans la commune de Dioffior, située dans la région de Fatick. L’annonce a été faite par le directeur régional de la santé, le Dr Assane Ndiaye, qui a indiqué que cette nouvelle contamination survient une semaine seulement après la détection du premier cas dans la même localité.

Selon les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), le patient touché est un éleveur âgé d’une quarantaine d’années, récemment revenu de Dahra Djolof, une zone du nord-ouest du Sénégal connue pour son importante activité pastorale. Les autorités sanitaires soupçonnent que ce déplacement pourrait être à l’origine de la contamination, la région de Dahra étant régulièrement exposée à des épisodes de fièvre de la Vallée du Rift en raison de la forte concentration de bétail et de la présence de moustiques vecteurs du virus.

Le Dr Assane Ndiaye a précisé qu’une équipe d’investigation a été dépêchée sur le terrain pour appuyer les services sanitaires locaux. Cette mission a pour objectif de renforcer la surveillance épidémiologique, de procéder à la désinfection des zones à risque et de sensibiliser les populations sur les mesures de prévention. Parmi celles-ci figurent la limitation des contacts avec les animaux malades ou morts, le respect des règles d’hygiène lors de l’abattage du bétail, ainsi que la protection contre les piqûres de moustiques.

Le directeur régional de la santé a tenu à rassurer les habitants de Dioffior quant à la réactivité des autorités sanitaires. « Toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour circonscrire la propagation de la maladie et assurer une prise en charge rapide du patient », a-t-il déclaré.

La fièvre de la Vallée du Rift est une zoonose virale affectant principalement les animaux domestiques, notamment les bovins, ovins et caprins. Chez l’homme, elle se transmet le plus souvent par contact direct avec du sang ou des tissus infectés, ou par la piqûre de moustiques porteurs du virus. Bien que la majorité des cas humains soient bénins, certains peuvent évoluer vers des formes graves entraînant des complications hépatiques, oculaires ou neurologiques.

Assemblée nationale : une nouvelle session placée sous le signe des réformes et du dialogue démocratique

L’Assemblée nationale du Sénégal a officiellement ouvert, ce mercredi, sa session ordinaire unique pour l’année 2025-2026. Présidant la cérémonie d’ouverture, le président de l’institution, El Malick Ndiaye, a placé cette session sous le sceau de la “consolidation des acquis et de l’approfondissement des réformes institutionnelles”. Dans son discours, il a affirmé que cette nouvelle étape parlementaire sera “celle du dialogue, de l’innovation et de l’espoir démocratique”.

El Malick Ndiaye a présenté un programme ambitieux pour l’année législative, axé sur la modernisation et la transparence de l’institution. Parmi les grandes priorités, figurent le lancement imminent de la chaîne de télévision parlementaire, la validation du plan stratégique 2025-2029 et la mise en place d’un manuel de procédures administratives, financières et comptables. Ces initiatives, selon lui, traduisent la volonté du Parlement d’améliorer sa gouvernance interne et de renforcer sa proximité avec les citoyens.

Le président de l’Assemblée a également annoncé la finalisation du processus de transformation numérique de l’institution. Cette réforme inclut la création d’une plateforme électronique sécurisée visant à fluidifier les échanges entre le Parlement et l’exécutif, ainsi qu’à favoriser un dialogue citoyen plus ouvert et participatif. “Notre ambition est de faire du Parlement une institution moderne, accessible et ancrée dans la réalité numérique de notre temps”, a-t-il déclaré.

Revenant sur le bilan de la précédente session, El Malick Ndiaye a salué le travail accompli par les députés de la 15e législature, installée en décembre 2024. Durant cette période, 21 lois ont été adoptées, 478 questions écrites ont été adressées au gouvernement et deux séances de questions d’actualité ont été tenues. Il a également souligné le sérieux et l’assiduité des élus, avec un taux de présence de 85 % en commission et de 74 % en plénière.

Parmi les réalisations majeures de cette législature, le président du Parlement a mis en lumière les quatre lois votées en août 2025, qualifiées de “tournant décisif dans la gouvernance publique”. Il s’agit de la loi portant création de l’OFNAC, de celle sur la déclaration obligatoire de patrimoine, de la loi relative à la protection des lanceurs d’alerte et de celle sur l’accès à l’information publique. “Ces réformes traduisent notre engagement collectif à renforcer la transparence et à promouvoir une gouvernance éthique et responsable”, a insisté El Malick Ndiaye.

Enfin, le président de l’Assemblée a salué la relance de la diplomatie parlementaire sénégalaise. Il a cité notamment la visite du président de l’Assemblée nationale du Vietnam et la signature d’accords bilatéraux avec plusieurs partenaires internationaux. Pour El Malick Ndiaye, cette dynamique “illustre la place grandissante du Sénégal sur la scène parlementaire mondiale et sa volonté de bâtir des ponts de coopération solides avec les institutions sœurs”.

Cette nouvelle session s’ouvre ainsi sous le signe d’une gouvernance parlementaire renouvelée, portée par l’ambition d’un Parlement plus moderne, plus transparent et plus à l’écoute des citoyens.

Washington : Le Sénégal et le FMI vers un nouveau partenariat financier

La « Dream team » du gouvernement sénégalais, conduite par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a rencontré ce mercredi 15 octobre à Washington la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva. Cette rencontre marque une étape importante dans les relations économiques entre Dakar et l’institution de Bretton Woods, alors que le Sénégal cherche à consolider sa trajectoire macroéconomique et à sécuriser un nouveau programme de financement.

Selon les informations issues de cette réunion, les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions au cours des prochaines semaines afin de finaliser un éventuel accord. Le Sénégal et le FMI ont décidé d’avancer « conjointement » vers la soumission d’un nouveau dossier au Conseil d’administration du Fonds. Dans cette dynamique, une mission du FMI est d’ailleurs attendue à Dakar la semaine prochaine pour approfondir les échanges et évaluer les priorités économiques du pays.

Au sortir de la rencontre, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a livré un message fort à l’endroit du FMI, insistant sur la vision et les engagements du gouvernement sénégalais. Dans un post publié sur sa page Facebook, il a rappelé que le Sénégal a fait « le choix de la transparence et de la discipline macroéconomique ». Selon lui, « la VÉRITÉ est que la première ressource d’un pays n’est pas l’endettement mais la CONFIANCE ».

Le ministre a également tenu à souligner le rôle essentiel que le FMI doit jouer dans ce contexte. « Le FMI a un rôle à jouer de ce point de vue, car c’est un bien public qui peut donner gage de confiance face à un leadership politique crédible », a-t-il écrit.

Cette déclaration résonne comme un appel à la responsabilité et à la réactivité de l’institution internationale, au moment où le Sénégal traverse un tournant décisif de sa trajectoire économique. Le gouvernement sénégalais affiche ainsi sa volonté de maintenir une gouvernance rigoureuse et de renforcer la crédibilité financière du pays, tout en mobilisant l’appui de ses partenaires pour soutenir ses ambitions de développement durable.

Affaire Soya Diagne : le patron du site LeDakarois221 face à un mandat de dépôt requis par le procureur

L’administrateur général du site d’information LeDakarois221, Soya Diagne, reste pour le moment dans l’incertitude quant à son sort judiciaire. Selon nos informations, il a fait l’objet d’un second retour de parquet, à la demande de ses avocats, retardant ainsi la décision sur son éventuelle mise en détention. Il devrait finalement comparaître ce jeudi devant le doyen des juges d’instruction, une étape cruciale dans la procédure qui le vise.

D’après les éléments recueillis, le procureur de la République a requis un mandat de dépôt contre le journaliste pour plusieurs chefs d’accusation : diffusion de fausses nouvelles, propos contraires aux bonnes mœurs, et actes ou manœuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions. Des accusations graves qui s’inscrivent dans un contexte de vigilance accrue des autorités judiciaires à l’égard des contenus diffusés sur les réseaux sociaux et les médias en ligne.

Pour rappel, Soya Diagne avait été placé en garde à vue au commissariat central de Dakar avant d’être déféré au parquet le mardi 14 octobre 2025. Il lui est reproché d’avoir publié sur la page Facebook de son média des contenus jugés offensants et attentatoires à l’ordre public.

Ses avocats, qui dénoncent un traitement disproportionné, plaident pour sa remise en liberté provisoire, estimant que les faits qui lui sont reprochés ne justifient pas une détention préventive. De leur côté, plusieurs acteurs de la presse et défenseurs de la liberté d’expression suivent de près cette affaire, estimant qu’elle pourrait constituer un précédent préoccupant pour la liberté de la presse au Sénégal.

Dény Sud/foncier: 6 hectares d’arachides détruites pour un bail de la CDC.

Ce matin un peloton de gendarmes ont encerclé les alentours de Dény Sud pour procéder à la démolition de 6 hectares y compris des champs de diverses  cultures.

Ousmane DIA(cultivateur) affirme avoir obtenu une délibération depuis plus de 20 ans qu’il a commencer a exploiter ses champs.

C’est avec désolation qu’il indexe la CDC avec à sa tête M. Fadilou KEITA qu’il a essayer de joindre mais en vain.

« C’est un certain Mamadou DIA disposant 25 hectares basé sur du faux qui a vendu ce terrain à la CDC » déclare t-il.

Dény Sud/foncier: 6 hectares d'arachides détruites pour un bail de la CDC.

Affaire “Asergate” : Thierno Alassane Sall saisit la justice pour un scandale présumé de 91 milliards de FCFA

L’affaire dite “Asergate” prend une tournure judiciaire majeure. Le député Thierno Alassane Sall a annoncé qu’il déposera, ce jeudi 16 octobre à 10 heures, une plainte auprès du Pool judiciaire financier. Cette initiative vise à faire la lumière sur le marché d’électrification rurale attribué à la société espagnole AEE Power EPC par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), un contrat dont la légalité et la transparence sont désormais fortement remises en cause.

Ce projet, estimé à 91 milliards de francs CFA, avait été financé par la banque Santander dans le cadre d’un vaste programme d’électrification des zones rurales. Mais selon le député, d’importantes irrégularités financières entacheraient la procédure d’attribution et d’exécution du marché. Thierno Alassane Sall affirme qu’en juin 2024, soit avant la nomination du nouveau directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène (entré en fonction le 11 juillet 2024), des virements suspects de plus de 5 milliards de FCFA auraient été effectués au profit de l’entreprise espagnole, accompagnés du versement de primes de garantie jugées injustifiées.

Pour l’ancien ministre, cette opération illustre un “scandale politico-administratif majeur” qui met en cause la gouvernance et la gestion des fonds publics. Il estime que de telles pratiques compromettent la crédibilité de l’administration et portent atteinte à la confiance des citoyens dans la transparence de l’action publique.

Thierno Alassane Sall demande non seulement l’annulation pure et simple du marché, mais aussi l’inscription de la société AEE Power EPC sur la liste noire des marchés publics, afin qu’elle soit écartée de toute future collaboration avec l’État sénégalais.

La plainte annoncée devrait marquer un tournant décisif dans cette affaire, alors que la pression monte pour qu’une enquête judiciaire approfondie et indépendante soit menée. Plusieurs observateurs appellent à la transparence totale afin d’établir les responsabilités à tous les niveaux et de garantir le respect des règles dans la gestion des ressources publiques.

L’A.P.D.H appelle le président Diomaye Faye à intervenir dans le différend opposant Bocar Samba Dièye à la CBAO

L’Association pour la protection des droits humains (A.P.D.H) a officiellement saisi le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin de solliciter son intervention dans le contentieux qui oppose l’homme d’affaires sénégalais Bocar Samba Dièye à la Banque CBAO, filiale du groupe marocain Attijariwafa Bank. Selon les informations rapportées par le journal Source A, cette démarche s’inscrit dans un contexte de litige financier particulièrement complexe et ancien, opposant un opérateur économique sénégalais à une institution bancaire de premier plan.

Au cœur du conflit se trouve une créance de plusieurs milliards de francs CFA que la CBAO réclame à M. Dièye. Ce dernier conteste catégoriquement cette dette, affirmant être victime de fraude et de pratiques bancaires abusives. Les procédures judiciaires engagées au fil des années semblent lui donner raison : un rapport d’expertise a établi que Bocar Samba Dièye est en réalité créancier de plus de 879 millions de francs CFA auprès de la banque. De plus, plusieurs décisions de justice ont été rendues en sa faveur, dont une condamnant la CBAO à lui verser 11 milliards de francs CFA à titre de dommages et intérêts.

Malgré ces jugements, la banque aurait poursuivi ses actions à l’encontre du vieil homme d’affaires, maintenant ainsi la pression sur lui. En 2022 et 2024, les tribunaux ont pourtant déclaré nuls et de nul effet deux protocoles de reconnaissance de dette d’un montant global de 7 milliards de francs CFA produits par la CBAO, renforçant la position juridique de M. Dièye.

Pour l’A.P.D.H, cette situation illustre un déséquilibre flagrant entre un citoyen sénégalais âgé et une puissante institution financière étrangère. Par la voix de son président, le Dr Mbaye Cissé, l’association estime que l’État du Sénégal ne peut rester indifférent face à ce qu’elle qualifie d’« injustice manifeste ». Dans sa correspondance adressée au chef de l’État, l’organisation rappelle que la protection des droits fondamentaux des citoyens, en particulier face à des entités dotées d’un fort pouvoir économique, relève de la responsabilité morale et régalienne des autorités publiques.

L’A.P.D.H appelle ainsi le président Diomaye Faye à user de ses prérogatives pour garantir que M. Dièye bénéficie d’une justice équitable et que ses droits soient pleinement respectés. Le Dr Mbaye Cissé invite également le gouvernement à engager une réflexion approfondie sur le cadre juridique régissant les relations entre l’État du Sénégal et les filiales de banques étrangères opérant sur son territoire. Il recommande notamment d’y introduire des clauses spécifiques de protection des intérêts nationaux afin d’éviter la répétition de tels conflits.

Agé et affaibli après une longue carrière entamée en 1957 dans le commerce, Bocar Samba Dièye reste, selon ses soutiens, l’un des symboles de la résilience du secteur privé sénégalais. Pour ses défenseurs, son combat dépasse le simple cadre personnel : il met en lumière la nécessité de rééquilibrer les rapports entre les acteurs économiques locaux et les grandes institutions financières internationales présentes au Sénégal.

Sadio Mané, le retour triomphal du héros des Lions

Le stade Me Abdoulaye Wade a vibré ce mardi soir au rythme d’un homme : Sadio Mané. L’attaquant d’Al-Nassr a encore une fois endossé le rôle de sauveur pour offrir au Sénégal une victoire précieuse face à la Mauritanie, synonyme de qualification pour la Coupe du monde 2026. Auteur d’un doublé somptueux, le numéro 10 des Lions a démontré qu’il demeure, plus que jamais, le cœur battant de la sélection nationale.

Tout au long des éliminatoires, Mané a été le fer de lance du dispositif de Pape Thiaw, multipliant les performances de haut niveau et incarnant l’esprit de combat des Lions de la Téranga. Son leadership, son expérience et sa détermination ont transcendé ses coéquipiers, rappelant pourquoi il reste une légende vivante du football sénégalais.

À l’issue de la rencontre, visiblement ému, Sadio Mané s’est confié en zone mixte, revenant sur un épisode encore douloureux de sa carrière : son absence à la Coupe du monde 2022 au Qatar. Victime d’une blessure à la veille de la compétition, alors qu’il évoluait au Bayern Munich, il avait dû renoncer à participer au plus grand rendez-vous du football mondial, laissant un vide immense dans l’effectif sénégalais.

« Mon souhait, c’était de participer à cette Coupe du Monde. Je ne sais pas si j’irai ou non à la prochaine, mais ce que Dieu décidera sera le mieux. Je vais prier fort pour que, cette fois-ci, je sois de l’aventure », a-t-il déclaré, le regard empreint d’humilité et d’espoir.

Ses mots traduisent à la fois la sagesse d’un homme qui a tout donné pour son pays et la foi d’un champion animé par un seul objectif : écrire une nouvelle page de l’histoire du Sénégal sur la scène mondiale. À 33 ans, Sadio Mané reste un modèle de persévérance, un symbole de résilience et une source d’inspiration pour toute une génération.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°583 – 15/10/2025

🔴 AUGMENTATION DE 2,6% DES PRIX EN UNE ANNÉE : TEMPS DURS POUR LE « GOÓRGOÓRLU »
🔴 LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE STUPÉFIANTS : L’OCTRIS RATISSE LARGE

🔴 VICTOIRE ÉCRASANTE CONTRE LA MAURITANIE : LE SÉNÉGAL FILE AU MONDIAL

Le ministre Moustapha Guirassy félicite les Lions et promeut le lien entre sport et éducation

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a tenu à exprimer son soutien et ses encouragements à l’équipe nationale de football du Sénégal, les « Lions », à l’occasion d’une visite qui a marqué son engagement en faveur du sport et de l’éducation. Dans une publication partagée sur sa page Facebook lundi dernier, le ministre a salué l’esprit d’équipe, la discipline et la détermination qui caractérisent les joueurs, rappelant que le sport constitue également « une école de la vie » où se cultivent des valeurs fondamentales, telles que celles promues par la Nouvelle Initiative pour la Transformation Humaniste de l’Éducation (NITHÉ).

Moustapha Guirassy a souligné que cette démarche s’inscrit pleinement dans la dynamique éducative nationale. Il a encouragé les joueurs à s’investir davantage dans le domaine de l’éducation, affirmant que la Nation a besoin d’eux pour bâtir un capital humain de qualité. Le ministre a par ailleurs salué les initiatives déjà prises par certains joueurs, qui soutiennent des écoles ou des projets éducatifs dans leurs villages et quartiers, les félicitant pour leur engagement concret.

Le ministre a insisté sur le rôle exemplaire que peuvent jouer les « Lions » au-delà du terrain de football. Selon lui, les joueurs peuvent être des passeurs de valeurs, des modèles et des ambassadeurs pour les millions d’élèves qui les admirent à travers le pays. Cet engagement pourrait ainsi contribuer à inspirer les jeunes générations, en leur inculquant la culture de l’effort, du dépassement de soi et du patriotisme.

En souhaitant plein succès à l’équipe nationale pour son dernier match des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, Moustapha Guirassy a réaffirmé sa volonté de renforcer les liens entre le sport et l’éducation. Il a annoncé la mise en place d’un partenariat durable avec les « Lions », destiné à faire du sport un véritable levier pour l’éducation et la citoyenneté, tout en encourageant les élèves à s’inspirer de l’engagement et de la discipline des joueurs.

Les Lions de la Teranga qualifiés pour la Coupe du Monde 2026 : une nation en liesse

Le Sénégal a décroché son ticket pour la Coupe du Monde 2026 au terme d’un parcours maîtrisé et plein de caractère. Les Lions de la Teranga, fidèles à leur réputation de combattants, ont offert à tout un peuple une qualification brillante, synonyme d’espoir et de fierté nationale.

Dans un stade en ébullition, les hommes du sélectionneur Aliou Cissé ont une nouvelle fois démontré leur solidité collective et leur sens du sacrifice. Portés par une génération dorée emmenée par Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Édouard Mendy et Ismaïla Sarr, les Lions ont su allier rigueur tactique et efficacité offensive pour s’imposer face à leurs adversaires. Cette qualification, arrachée avec détermination, vient récompenser des années de travail, de constance et d’engagement au plus haut niveau du football africain.

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, n’a pas manqué d’adresser ses félicitations à l’équipe nationale. Dans un message empreint de patriotisme, il a salué « les joueurs, l’encadrement technique, tout le staff et nos formidables supporters, dont la ferveur et la fidélité ont porté cette victoire ». Il a également souligné que cette performance illustre l’unité et la détermination d’un peuple qui croit en ses champions.

L’émotion était palpable dans tout le pays : des scènes de liesse ont éclaté à Dakar, Thiès, Kaolack, Saint-Louis et Ziguinchor, où supporters, drapeaux en main, ont célébré cette nouvelle épopée mondiale. Les rues se sont transformées en marées humaines, rythmées par les chants et les klaxons, témoignant d’une passion inébranlable pour les Lions de la Teranga.

Cette qualification ouvre désormais une nouvelle page de l’histoire du football sénégalais. Après les épopées de 2002 et 2022, les Lions visent plus haut encore. La Coupe du Monde 2026, qui se tiendra aux États-Unis, au Canada et au Mexique, représente une occasion unique pour le Sénégal d’affirmer sa place parmi les grandes nations du football mondial.

Trafic de drogue : nouvelle opération coup de poing de l’OCRTIS à Pikine Technopole

La Division opérationnelle de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) a encore frappé. Ce lundi 13 octobre 2025, une opération minutieusement préparée a permis l’interpellation de trois individus à Pikine Technopole, en possession d’une importante quantité de haschisch estimée à 25 kilogrammes.

Selon des informations rapportées par PressAfrik, tout a commencé par un renseignement opérationnel reçu par les limiers de l’OCRTIS. Exploitant cette piste, les enquêteurs ont mis au jour un premier lot de 60 plaquettes de haschisch, pesant environ 6 kilogrammes, soigneusement dissimulées à l’intérieur de deux chauffe-eau électriques de 80 et 50 litres. Chaque plaquette, conditionnée par paquets de 100 grammes, était dissimulée dans les appareils avant d’être transportée vers un entrepôt situé à Yarakh.

Les investigations ont ensuite permis de remonter la filière jusqu’au destinataire final. Ce dernier a été interpellé alors qu’il récupérait les colis suspects à bord de son véhicule. L’opération s’est poursuivie à Pikine Technopole, où les forces de l’ordre ont donné l’assaut juste après le déchargement de la marchandise. C’est à ce moment qu’une perquisition a été menée, aboutissant à la découverte de 250 plaquettes supplémentaires. L’ensemble du stock saisi représente un total de 25 kilogrammes de haschisch.

Les agents de l’OCRTIS ont également mis la main sur plusieurs documents et objets compromettants lors de la fouille du domicile des suspects. Parmi les éléments saisis figurent quatre passeports — bissau-guinéen, gambien, sénégalais et espagnol —, deux copies de passeports afghans, trois cartes nationales d’identité, deux chéquiers, deux cartes bancaires et cinq téléphones portables de différentes marques. Deux véhicules, une Alfa Romeo et une Renault Scénic, ont également été immobilisés. Les enquêteurs ont enfin découvert huit pots de lait soigneusement emballés, susceptibles de contenir d’autres produits illicites.

Affaire Soya Diagne : le patron du site Le Dakarois221 passe une deuxième nuit en garde à vue

Le journaliste et patron du site d’information Le Dakarois221, Soya Diagne, reste en garde à vue ce mardi soir au commissariat central de Dakar. Déféré dans la journée au parquet pour « diffusion de fausses nouvelles » et « propos contraires aux bonnes mœurs », il bénéficie d’un retour de parquet. Cette mesure prolonge sa détention, le temps que le parquet examine plus en détail son dossier. Soya Diagne passera ainsi une nouvelle nuit en cellule avant d’être de nouveau présenté au procureur ce mercredi.

L’affaire trouve son origine dans plusieurs publications diffusées sur sa page Facebook personnelle. Selon les premiers éléments de l’enquête, ces contenus auraient été jugés de nature à « jeter le discrédit sur les institutions » et à troubler l’ordre public. Une enquête a été confiée à la Sûreté urbaine, qui a procédé à son arrestation et à son audition.

Le journaliste avait été interpellé le 12 octobre dernier dans les environs de l’hôtel Terrou-Bi, à Dakar. Après une première audition, il avait été convoqué le lundi 13 octobre avant d’être finalement placé en garde à vue à l’issue de cette rencontre avec les enquêteurs.

Soya Diagne, connu pour ses prises de position critiques et souvent polémiques, est réputé proche de l’ancien régime de Macky Sall. Ses publications récentes, jugées virulentes à l’égard du pouvoir actuel, seraient au cœur du dossier qui lui vaut aujourd’hui des poursuites.

Migration irrégulière : 123 candidats interceptés au large de Sangomar par la Marine nationale sénégalaise

La Marine nationale sénégalaise a annoncé, dans la soirée du lundi 13 octobre 2025, avoir intercepté une pirogue transportant 123 candidats à l’émigration irrégulière au large de Sangomar, à environ 110 kilomètres des côtes. L’embarcation, partie d’un pays voisin selon les premières informations, a été repérée par les dispositifs de surveillance maritime avant que les unités navales n’interviennent pour porter secours à ses passagers.

D’après un communiqué publié sur la page X (ex-Twitter) de la Marine nationale, l’opération de sauvetage s’est déroulée dans des conditions difficiles, en raison des courants marins et du nombre élevé de passagers à bord. Les 123 migrants, parmi lesquels figuraient plusieurs femmes et jeunes hommes, ont été secourus et ramenés sains et saufs à la Base navale Amiral Faye Gassama, à Dakar. Une fois sur place, ils ont été remis aux autorités compétentes pour identification, soins médicaux et audition.

Cette nouvelle interception intervient dans un contexte de recrudescence des tentatives de migration irrégulière vers l’Europe, notamment vers les îles Canaries. En l’espace de deux semaines, la Marine nationale a procédé à plusieurs opérations similaires. Le 27 septembre dernier, une autre pirogue transportant 282 migrants avait été secourue au large de Dakar, tandis que deux jours auparavant, une embarcation avec 142 personnes à bord avait été interceptée en coordination avec l’Armée de l’Air. Ces opérations traduisent une intensification des départs, souvent organisés par des réseaux transfrontaliers de passeurs qui exploitent la vulnérabilité des jeunes Africains à la recherche d’un avenir meilleur.

Les autorités militaires affirment que ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie nationale de surveillance et de sécurisation des côtes sénégalaises. La Marine nationale, appuyée par l’Armée de l’Air et la Gendarmerie maritime, déploie régulièrement des patrouilles dans les zones à haut risque, notamment autour de Sangomar, Joal, Mbour et Saint-Louis, devenues des points de départ fréquents pour les migrants.

Au-delà de la dimension sécuritaire, cette situation met en lumière la persistance des causes profondes de la migration irrégulière : chômage massif, manque d’opportunités économiques, pauvreté, et désespoir social. Beaucoup de jeunes, confrontés à une précarité accrue, continuent de céder aux promesses illusoires des passeurs, malgré les dangers connus des traversées clandestines.

Les autorités sénégalaises, en partenariat avec des organisations internationales comme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), multiplient les campagnes de sensibilisation et les programmes d’insertion socio-économique. Cependant, les résultats restent limités face à la pression migratoire croissante et au pouvoir d’attraction du rêve européen.

La Marine nationale, dans son communiqué, a rappelé que la mer n’est pas une voie de salut mais un cimetière pour des milliers de jeunes Africains. Elle a renouvelé son engagement à poursuivre sans relâche les opérations de surveillance et de secours, tout en appelant à une coopération régionale plus soutenue pour endiguer le phénomène à sa source.

Cette nouvelle interception au large de Sangomar vient ainsi s’ajouter à la longue liste des opérations de sauvetage menées ces dernières semaines, soulignant une fois de plus l’urgence d’une réponse globale et concertée à la crise migratoire qui frappe l’Afrique de l’Ouest.

Abass Fall renforce la coopération internationale de Dakar à la 105e réunion de l’AIMF à Rabat

Le maire de la Ville de Dakar, Abass Fall, a pris part à la 105e réunion du Bureau de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), qui s’est tenue à Rabat. Cette rencontre de haut niveau, qui réunit les premiers édiles des grandes villes francophones du monde, a permis d’aborder des sujets majeurs relatifs à la coopération décentralisée, au développement urbain durable et à la solidarité entre cités francophones.

Selon une publication de la Mairie de Dakar sur sa page Facebook, cette réunion a offert un cadre privilégié d’échanges entre le maire Abass Fall et ses homologues des villes partenaires avec lesquelles la capitale sénégalaise a déjà signé des conventions de coopération. Les discussions ont porté sur les défis communs auxquels sont confrontées les grandes métropoles, mais aussi sur les opportunités de collaboration à venir, dans des domaines tels que la gestion urbaine, la mobilité, l’environnement et la culture.

En marge des travaux, le maire Abass Fall a eu un entretien avec Mme Anne Hidalgo, maire de Paris et présidente de l’AIMF, en présence de ses équipes. Cette rencontre a été l’occasion d’aborder plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment les préparatifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Les deux responsables ont évoqué les perspectives de coopération entre Paris et Dakar dans le cadre de cet événement mondial, qui constitue une opportunité unique de rayonnement pour la capitale sénégalaise.

Le maire de Dakar a profité de cette tribune internationale pour inviter ses homologues francophones à se rendre à Dakar à l’occasion des JOJ 2026, afin de partager ce moment historique et renforcer les liens de fraternité entre les villes membres de l’AIMF.

Décès de Dial Mbaye : le Sénégal perd une voix emblématique de sa culture

Le monde de la culture sénégalaise est en deuil. La chanteuse Dial Mbaye, figure majeure de la musique nationale, s’est éteinte ce mardi 14 octobre 2025, plongeant le pays dans une profonde tristesse. Artiste accomplie, elle a marqué plusieurs générations par sa voix unique, sa prestance scénique et son engagement en faveur de la promotion de la culture sénégalaise.

Née à Dakar, Dial Mbaye s’est imposée très tôt comme l’une des grandes voix féminines du Sénégal, aux côtés des pionnières qui ont contribué à faire rayonner la musique traditionnelle et moderne au-delà des frontières. Son timbre puissant, sa diction claire et son sens de la mélodie ont fait d’elle une artiste respectée, aussi bien par le grand public que par ses pairs. Elle a su allier la richesse du patrimoine musical sénégalais à des sonorités contemporaines, créant ainsi une identité artistique singulière.

Tout au long de sa carrière, Dial Mbaye a multiplié les collaborations avec des artistes de renom et s’est produite sur de nombreuses scènes, au Sénégal comme à l’étranger. Son répertoire, à la fois riche et engagé, aborde des thèmes universels : l’amour, la foi, la dignité, mais aussi la place de la femme dans la société. Au-delà de sa carrière musicale, elle s’était également investie dans la promotion de la culture et la formation des jeunes artistes, notamment à travers des initiatives culturelles et éducatives.

Depuis l’annonce de son décès, les hommages affluent sur les réseaux sociaux. Artistes, hommes politiques, journalistes et anonymes saluent unanimement la mémoire d’une femme inspirante, symbole d’élégance, de talent et de courage. Plusieurs messages évoquent son humilité, sa générosité et son attachement profond aux valeurs culturelles du Sénégal.

Bassirou Diomaye Faye reçoit les lettres de créance de quatre nouveaux ambassadeurs

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce mardi au Palais de la République la cérémonie de présentation des lettres de créance de quatre nouveaux ambassadeurs accrédités auprès du Sénégal. Il s’agit des représentants de l’Allemagne, de l’Indonésie, du Danemark et du Royaume-Uni. Cet acte marque le début officiel de leur mission diplomatique à Dakar et scelle, une fois de plus, la vitalité des relations que le Sénégal entretient avec ses partenaires internationaux.

Au cours de cette cérémonie empreinte de solennité, le chef de l’État a réaffirmé son attachement au renforcement de la coopération bilatérale dans des domaines stratégiques tels que l’économie, la culture, l’éducation et la sécurité. Ces nouvelles accréditations interviennent dans un contexte où le Sénégal poursuit la mise en œuvre de sa vision de développement à long terme, fondée sur la stabilité politique, la transformation économique et la diplomatie d’ouverture.

Selon un communiqué de la présidence, les nouveaux ambassadeurs ont, chacun, salué la qualité des relations existantes entre leur pays et le Sénégal. Ils ont exprimé la volonté de leurs gouvernements respectifs d’approfondir les liens d’amitié et de collaboration, en mettant l’accent sur des priorités communes telles que la transition énergétique, la formation professionnelle et le développement durable.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a, pour sa part, réitéré la disponibilité du Sénégal à œuvrer avec chacun de ces pays dans une dynamique de partenariat gagnant-gagnant, au service du progrès partagé et de la stabilité régionale. Cette cérémonie, qui s’inscrit dans la tradition diplomatique sénégalaise, témoigne de la place importante qu’occupe Dakar sur la scène internationale, en tant que pôle de dialogue, de coopération et d’équilibre dans la sous-région ouest-africaine.

Les Lions du Sénégal concluent la rencontre avec fierté et engagement total 🇸🇳

Le Sénégal clôture cette rencontre avec fierté et détermination. Devant un public enflammé et fidèle au rendez-vous, les Lions de la Teranga ont livré une prestation pleine d’intensité, d’engagement et de courage. Chaque minute de jeu a été le reflet d’un état d’esprit conquérant, témoignant de la volonté des joueurs de défendre avec honneur les couleurs nationales.

Sur la pelouse du stade Abdoulaye Wade, les hommes d’Aliou Cissé ont su faire preuve d’une grande solidarité collective. Malgré la pression et les attentes élevées, ils ont tenu tête à leur adversaire avec une discipline tactique remarquable. Les phases offensives ont été menées avec audace, tandis que la défense, solide et vigilante, a su repousser les assauts adverses. L’intensité du match a montré à quel point le Sénégal reste une grande nation de football, animée par une passion inébranlable et une ambition constante de progresser.

Le public sénégalais, véritable douzième homme, a une fois de plus démontré son attachement indéfectible à l’équipe nationale. Les chants, les drapeaux et les encouragements venus des tribunes ont accompagné les Lions tout au long de la rencontre, créant une atmosphère exceptionnelle. Cette communion entre joueurs et supporters illustre parfaitement la fierté collective qui unit tout un peuple autour de son équipe.

À la fin du match, les visages fatigués mais souriants des joueurs traduisaient la satisfaction du devoir accompli. Qu’il s’agisse d’un résultat positif ou d’un score mitigé, l’essentiel reste l’engagement total dont ont fait preuve les Lions. Ils ont une fois de plus montré qu’ils portent le maillot national avec honneur et détermination.

Le Sénégal sort de cette rencontre grandi, avec la certitude que le travail collectif, la discipline et la foi en la victoire demeurent les fondements du succès. En attendant les prochains défis, le pays peut être fier de ses représentants, qui continuent de faire vibrer toute la nation à chaque match.

Sénégal–Mauritanie : Pape Thiaw reconduit son 4-2-3-1 pour décrocher la qualification au Mondial 2026

Le sélectionneur national Pape Thiaw a dévoilé la composition officielle de l’équipe du Sénégal pour le choc tant attendu face à la Mauritanie, ce mardi 14 octobre 2025, au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio. La rencontre, programmée à 19h00 GMT, s’annonce décisive dans la course à la qualification pour la Coupe du Monde 2026.

Fidèle à son schéma tactique, Pape Thiaw reconduit son habituel 4-2-3-1, une formule qui avait fait ses preuves lors de la brillante victoire des Lions contre le Soudan du Sud cinq jours plus tôt. Le technicien sénégalais a néanmoins apporté quelques ajustements dans son onze de départ, tout en conservant la structure offensive qui a séduit les supporters et assuré la domination du Sénégal dans son groupe.

Sur le plan offensif, aucune surprise : le quatuor composé d’Iliman Ndiaye, Sadio Mané, Nicolas Jackson et Ismaïla Sarr est maintenu. Ce quatuor symbolise la puissance de feu des Lions de la Teranga, capable d’allier vitesse, créativité et efficacité devant le but. Sadio Mané, véritable moteur de l’équipe, mènera encore les siens par son expérience et son sens du but, tandis qu’Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr auront pour mission d’apporter le déséquilibre nécessaire sur les côtés. Nicolas Jackson, en pointe, sera chargé de concrétiser les occasions créées.

Deux changements notables marquent cependant cette composition. Le premier concerne le poste de gardien de but. Édouard Mendy, blessé, doit céder sa place à Mory Diaw. Le portier de Clermont Foot, auteur d’une belle saison en club, aura la lourde responsabilité de garder les cages sénégalaises dans un contexte à haute pression. Ce sera pour lui une occasion en or de s’imposer comme une véritable alternative dans la hiérarchie des gardiens.

Le second ajustement intervient au milieu de terrain, où Pape Gueye effectue son grand retour après avoir purgé sa suspension. Le joueur de Villarreal retrouve ainsi une place de titulaire aux côtés d’Idrissa Gana Gueye. Ensemble, les deux milieux devraient former une paire complémentaire, capable de récupérer les ballons tout en assurant la relance vers l’avant. Leur expérience et leur volume de jeu seront essentiels pour contenir l’entrejeu mauritanien et permettre à la ligne offensive de s’exprimer pleinement.

La défense, quant à elle, conserve sa solidité habituelle. Krépin Diatta, reconverti latéral droit sous Pape Thiaw, complète une ligne défensive où figurent le capitaine Kalidou Koulibaly, Moussa Niakhaté et le jeune Malick Diouf, dont la montée en puissance continue d’impressionner. Ensemble, ils devront maintenir la rigueur et la concentration nécessaires pour contenir les assauts des Mourabitounes.

Le Sénégal, leader de son groupe avant cette ultime journée, sait qu’une victoire ce soir lui offrirait une qualification directe pour la Coupe du Monde 2026. Les Lions abordent donc cette rencontre avec confiance mais aussi lucidité, conscients que la Mauritanie jouera crânement sa chance, portée par un esprit combatif et une envie de créer la surprise.

Kaffrine : Journée de lancement du projet « Naatal Sine Saloum »

La Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaffrine (CCIAK), en partenariat avec l’Agence belge de la coopération internationale, Enabel, a procédé, le week-end dernier, au lancement officiel du projet « Naatal Sine Saloum », en présence des différents acteurs économiques locaux.

Cette activité, organisée sous forme d’un grand forum, a mobilisé plusieurs entreprises locales, des groupements d’intérêt économique (GIE), des producteurs et productrices, des femmes transformatrices ainsi que de jeunes leaders. Étaient également présents les partenaires techniques et financiers, les autorités administratives et territoriales, les chambres consulaires, les services techniques régionaux, entre autres.

Selon Souleymane Amar, coordonnateur du projet Naatal Sine Saloum et représentant du partenaire Enabel, ce moment marque une étape importante dans la mise en œuvre de la coopération bilatérale entre le gouvernement du Sénégal et le Royaume de Belgique.

« Ce partenariat repose sur des valeurs communes telles que la solidarité, la durabilité et la promotion d’un développement économique inclusif », a-t-il déclaré.

Le projet Naatal Sine Saloum vise, selon lui, à stimuler la dynamique entrepreneuriale et à renforcer la compétitivité des entreprises locales, notamment celles portées par les jeunes et les femmes.

« Enabel se réjouit de travailler avec les chambres de commerce, qui jouent un rôle fondamental dans la formalisation, l’incubation et la pré-accélération des entreprises », a martelé M. Amar.

Il a également salué et félicité la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaffrine pour la parfaite organisation du forum et son engagement en faveur de la réussite du projet.

« Ensemble, nous pouvons faire de Naatal Sine Saloum un modèle de partenariat territorial réussi, au service d’un développement local intégré et prospère. Nous remercions également les partenaires techniques et les entrepreneurs », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le président de la CCIAK, Dr Moustapha Diop, a exprimé sa profonde gratitude à Enabel pour la confiance, l’accompagnement et la qualité du partenariat qui les unit.

« La cérémonie d’aujourd’hui marque une étape majeure dans le renforcement de la coopération entre la Chambre de commerce et l’Agence Enabel. La Chambre s’est engagée à accompagner 400 entrepreneurs dans la formalisation systémique de leurs activités et à incuber 80 PME à fort potentiel de développement. C’est une manière de promouvoir un développement économique local inclusif, durable et créateur d’emplois pour les jeunes et les femmes », a-t-il rappelé.

Présidant la rencontre, Lala Camara, adjointe au gouverneur chargée du développement, a souligné qu’il est temps de repenser les modèles de croissance en promouvant le consommer local, qu’elle qualifie d’acte de souveraineté économique et de levier de création d’emplois durables et d’inclusion sociale.

À noter que le projet Naatal Sine Saloum repose sur cinq axes stratégiques :

La communication sur le projet ; L’appui à la formalisation des entreprises ; L’appui à l’incubation et à l’accélération des entreprises ; La mise à niveau de la CCIAK de Kaffrine ; Le suivi, l’évaluation et la capitalisation des activités.

Kaolack : Deux morts et un blessé grave dans une violente collision entre un camion et une moto Jakarta à Ndorong

Un tragique accident de la circulation a endeuillé la ville de Kaolack ce mardi 14 octobre 2025. Le drame s’est produit dans la matinée, aux environs de 11 heures, dans le quartier populaire de Ndorong, à proximité de l’école privée « La Lumière ». Selon les premières informations recueillies sur place, une moto de type Jakarta, transportant trois personnes, est entrée en collision avec un camion gros porteur. Le choc, d’une extrême violence, a été fatal à deux des occupants du deux-roues.

Alertés peu après l’accident, les éléments de la 31e Compagnie d’incendie et de secours de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers sont rapidement intervenus sur les lieux. L’équipe, dirigée par le capitaine Mamadou Yahya Mané, est arrivée sur place à 11h10 pour procéder aux opérations de secours et d’évacuation. Le commandant a confirmé un bilan lourd : deux morts et un blessé grave. « Deux corps sans vie ont été dénombrés et un blessé grave », a précisé le capitaine Mané, visiblement affecté par la scène.

Les victimes, dont l’identité n’a pas encore été rendue publique, ont été prises en charge par les secours. Les deux personnes décédées ont été acheminées vers la morgue du Centre hospitalier régional El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack, tandis que le blessé a été transporté d’urgence au service des urgences du même établissement pour y recevoir des soins intensifs.

D’après les premières constatations, l’accident pourrait être lié à un excès de vitesse ou à une erreur d’inattention, mais les circonstances exactes restent à déterminer. Les agents de la police ont procédé au constat d’usage et ouvert une enquête afin d’éclaircir les causes de la collision.

Ce nouveau drame remet sur la table la question récurrente de la sécurité routière à Kaolack, où les accidents impliquant des motos Jakarta sont de plus en plus fréquents. Les autorités locales appellent à la prudence sur les routes et rappellent la nécessité du respect strict du code de la circulation, particulièrement dans les zones à forte densité urbaine comme Ndorong.

Trafic international de drogue : l’OCTRIS démantèle un réseau entre le Maroc, le Sénégal et la Guinée-Bissau

L’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCTRIS) a frappé un grand coup ce lundi en neutralisant une filière internationale de trafic de drogue reliant le Maroc à la Guinée-Bissau, avec une escale au Sénégal. L’opération, minutieusement préparée et coordonnée avec les autorités marocaines, a permis la saisie de 85 kilogrammes de haschich et l’arrestation de trois individus à Pikine-Technopole, dans la banlieue dakaroise.

Les personnes interpellées sont identifiées comme Baba Djiaby, un Sénégalais détenteur également de la nationalité bissau-guinéenne se présentant comme footballeur, ainsi que Mamadu Baldé et Noni Preira, deux ressortissants bissau-guinéens qui se sont présentés comme chauffeurs. Ces arrestations marquent l’aboutissement d’une enquête transfrontalière qui a débuté le 2 octobre dernier au Maroc.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, l’affaire a démarré lorsqu’un transporteur sénégalais établi à Marrakech a découvert, par hasard, six kilos de haschich soigneusement dissimulés dans deux chauffe-eaux électriques. L’homme a immédiatement alerté les autorités marocaines, lesquelles ont ensuite contacté l’OCTRIS au Sénégal. En concertation avec la justice marocaine, une opération de livraison surveillée a été mise en place : les enquêteurs ont remplacé la drogue initiale par un produit neutre afin de suivre le parcours du colis et d’identifier les destinataires finaux.

Le 13 octobre, le dispositif a porté ses fruits. Le destinataire est venu récupérer les deux appareils suspects à bord de son véhicule dans un entrepôt situé à Yarakh, dans la banlieue de Dakar. Les agents de l’OCTRIS, qui surveillaient discrètement les mouvements, ont alors lancé une filature qui les a conduits jusqu’à Pikine-Technopole. C’est là que les policiers ont décidé d’intervenir, au moment où les colis étaient en cours de déchargement.

Sur place, Baba Djiaby a été immédiatement interpellé. Lors de son interrogatoire, il a tenté de minimiser son rôle, affirmant qu’il n’était chargé que de recevoir la marchandise, sans en connaître la véritable nature. En revanche, Mamadu Baldé a reconnu avoir transporté la drogue du Sénégal vers la Guinée-Bissau, indiquant que l’opération s’inscrivait dans un trafic plus large orchestré par un certain Benjamin Lopez Tavarez, un ressortissant basé à Bissau, présenté comme le véritable cerveau du réseau. Le troisième suspect, Noni Preira, a pour sa part nié toute implication dans l’affaire.

Les perquisitions menées aux domiciles des suspects ont permis de mesurer l’ampleur et la sophistication du réseau. Les enquêteurs ont découvert une multitude de passeports et cartes d’identité appartenant à différentes nationalités – sénégalaise, bissau-guinéenne, espagnole et même afghane –, laissant supposer l’existence d’un vaste système de faux papiers facilitant les déplacements et transactions du groupe. Des pots de lait emballés de manière suspecte ont également été saisis, suggérant un mode opératoire bien rodé pour le conditionnement et le transport de produits illicites sous couvert de marchandises ordinaires.

Cette opération conjointe entre le Maroc et le Sénégal illustre une fois de plus la coopération croissante entre les services de sécurité ouest-africains face à un trafic de drogue de plus en plus internationalisé. L’enquête se poursuit afin d’identifier l’ensemble des complices du réseau, notamment Benjamin Lopez Tavarez, activement recherché.

Le Sénégal entame de nouvelles discussions avec le FMI et la Banque mondiale à Washington

Une importante délégation sénégalaise, conduite par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, participe depuis le 13 octobre aux Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale. Ces rencontres, qui se tiennent jusqu’au 18 octobre 2025 à Washington, réunissent les principaux acteurs de la gouvernance économique mondiale autour des enjeux majeurs du développement, de la stabilité financière et de la croissance inclusive.

La délégation sénégalaise se distingue par sa composition de haut niveau, illustrant la volonté du gouvernement de porter une vision intégrée du développement. Aux côtés du ministre Cheikh Diba figurent plusieurs membres du gouvernement : le ministre d’État chargé de l’Agenda national de transformation, Ahmadou Al Amînou Lô ; le ministre des Énergies, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop ; le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr ; ainsi que le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne. Cette forte représentativité traduit une approche intersectorielle de la politique économique du Sénégal, fondée sur la coordination entre les leviers financiers, énergétiques, agricoles et sociaux.

Les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale constituent une plateforme stratégique pour les échanges sur les grandes priorités économiques mondiales. Elles permettent aux États membres de débattre des défis liés à la croissance, à la lutte contre la pauvreté, à la transformation structurelle et à la durabilité financière. C’est dans ce cadre que le Sénégal entend faire entendre sa voix et défendre une vision économique fondée sur la résilience, la souveraineté et la transparence.

En marge des sessions plénières, le ministère des Finances et du Budget a annoncé le lancement, le lundi 13 octobre, de discussions techniques entre le FMI et les autorités sénégalaises en vue de la mise en place d’un nouveau programme économique et financier. Ce futur cadre de coopération sera bâti sur les priorités nationales définies par le gouvernement, avec un accent particulier sur la gestion transparente des finances publiques, la promotion des secteurs stratégiques, le renforcement du capital humain et l’amélioration de l’équité sociale.

Selon le communiqué officiel du ministère, cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes structurelles engagées pour consolider la stabilité macroéconomique du pays tout en soutenant un développement inclusif. Le Sénégal ambitionne ainsi de renforcer la crédibilité de sa politique budgétaire et d’attirer davantage de partenariats internationaux orientés vers l’investissement productif et la création d’emplois durables.

DIC–SAR : Le DG Mamadou Abib Diop dément formellement les informations de L’Observateur

La Une du journal L’Observateur de ce mardi 14 octobre a suscité de vives réactions. Le quotidien rapporte que la Division des investigations criminelles (DIC) serait en train de passer au peigne fin les comptes de la Société africaine de raffinage (SAR) et que son directeur général, Mamadou Abib Diop, aurait été entendu par les enquêteurs.

Mais quelques heures après la parution de l’article, le principal concerné a tenu à réagir publiquement pour apporter des précisions et rectifier ce qu’il considère comme une « fausse information ». Dans une publication relayée sur les réseaux sociaux, Mamadou Abib Diop a catégoriquement nié avoir été entendu par la DIC et a précisé que l’enquête évoquée ne concerne pas la gestion actuelle de la société.

« Il s’agit ici d’une affaire qui date de 2020, n’ayant rien à voir avec le périmètre spécifié, et je n’ai jamais été entendu par la DIC contrairement aux dires de L’Obs. La direction générale a simplement envoyé le département juridique pour remettre les documents concernés », a-t-il déclaré.

Le patron de la SAR, visiblement agacé, n’a pas manqué de lancer quelques piques au quotidien du groupe Futurs Médias. « Je comprends davantage la nécessité de boycotter certains groupes de presse. Pourtant, hier, un journaliste de ce quotidien m’a appelé et, sans entrer dans les détails, je lui ai précisé qu’il s’agissait d’une affaire datant de 2020 », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que « la SAR se réserve le droit d’ester en justice ce quotidien d’informations ».

Cette sortie du directeur général de la Société africaine de raffinage intervient dans un contexte de forte sensibilité autour des dossiers économiques et financiers au Sénégal, alors que plusieurs enquêtes sont actuellement en cours concernant la gestion de grandes entreprises publiques.

Aliou Sall et son épouse obtiennent une liberté provisoire après le paiement d’une caution de 240 millions FCFA

Après plusieurs jours de garde à vue à la Division des investigations criminelles (DIC), Aliou Sall, frère de l’ancien président Macky Sall et ex-maire de Guédiawaye, ainsi que son épouse Aïssata Sall, ont recouvré la liberté ce lundi 13 octobre. Le couple a bénéficié d’une liberté provisoire accordée par la justice, après le versement d’une caution solidaire de 240 millions de francs CFA à la Caisse des Dépôts et Consignations.

Leur interpellation, survenue le 10 octobre, s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Celle-ci évoque des transactions financières jugées suspectes liées à l’acquisition d’un terrain situé aux Almadies par leur société civile immobilière (SCI), dont Aliou Sall détient 99 % du capital.

Deux mouvements financiers sont au cœur de l’enquête. Le premier, d’un montant de 170 millions de francs CFA, aurait été versé dans le cadre d’un partenariat conclu avec la société Sertem. Le second, estimé à 70 millions, correspondrait selon les déclarations du couple à un prêt personnel déjà remboursé. Ces opérations ont toutefois éveillé les soupçons de la CENTIF, qui y voit des indices possibles de blanchiment de capitaux.

Les avocats du couple Sall rejettent catégoriquement ces accusations. Ils assurent que toutes les transactions incriminées sont légales, transparentes et dûment justifiées, précisant qu’elles n’ont aucun lien avec d’autres dossiers évoqués dans le passé, notamment l’affaire Petrotim.

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux après sa libération, Aliou Sall a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers tous ceux qui lui ont apporté soutien et réconfort durant cette épreuve. « Nous ne trouvons pas les mots assez forts pour remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour nous soutenir », a-t-il écrit. Il a notamment salué la mobilisation spontanée des populations de Guédiawaye, venues manifester leur solidarité devant les locaux de la DIC et du pool judiciaire financier.

L’ancien maire a également adressé ses remerciements aux grandes familles religieuses du pays, mentionnant particulièrement Tivaouane, Touba, Mbour, Médina Baye, Médina Gounass, Ndiassane, la famille Omarienne, le Fouta et Noubahiya en Mauritanie, pour leurs prières et marques d’affection.

Aliou Sall n’a pas manqué de témoigner sa reconnaissance à ses proches : « Mon frère Aziz surtout, mes enfants et mon épouse Bousso ont été particulièrement engagés à nos côtés », a-t-il déclaré. Il a aussi eu une pensée pour son frère, l’ancien président Macky Sall, qu’il a remercié pour son soutien, ainsi que pour son ami Iba Faye, évoquant avec émotion « ses petits déjeuners fraternels empreints de bienveillance ».

Cameroun : Issa Tchiroma Bakary revendique la victoire à la présidentielle et défie Paul Biya

L’ancien ministre camerounais passé à l’opposition, Issa Tchiroma Bakary, a revendiqué, ce mardi 14 octobre, la victoire à l’élection présidentielle tenue dimanche dernier. À 79 ans, celui qui fut longtemps proche du régime de Yaoundé s’est exprimé sur sa page Facebook, défiant directement le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans. Les résultats officiels du scrutin ne sont pourtant pas attendus avant deux semaines.

« Notre victoire est claire. Elle doit être respectée », a déclaré Issa Tchiroma, appelant le gouvernement à « accepter la vérité des urnes » ou à « plonger le pays dans un tourment ». Le président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) a annoncé qu’il rendrait public un rapport détaillé des résultats région par région dans les prochains jours.

Cette déclaration audacieuse intervient dans un contexte de forte tension post-électorale. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a rappelé dimanche soir, lors d’une conférence de presse, que toute proclamation de résultats avant celle du Conseil constitutionnel constitue une « ligne rouge ». Les autorités, pour l’heure, n’ont communiqué ni le taux de participation ni la date exacte de la proclamation officielle, simplement prévue avant le 26 octobre. Ce silence entretient les soupçons de fraude en faveur du président sortant, réélu depuis plus de deux décennies avec des scores dépassant souvent les 70 %.

Dans une vidéo d’environ cinq minutes publiée sur les réseaux sociaux, Issa Tchiroma, visiblement ému, a affirmé avoir remporté une « victoire écrasante », qu’il qualifie de « sanction claire du régime en place et de plébiscite en faveur d’un changement immédiat ». Ce ministre démissionnaire, qui avait quitté la majorité présidentielle en juin après plus de vingt ans de loyauté, a su mobiliser plusieurs milliers de partisans durant sa campagne, marquée par un ton de rupture et de réconciliation nationale.

Le politologue Stéphane Akoa, cité par l’AFP, estime que cette élection a été « beaucoup plus animée » que les précédentes, laissant entrevoir la possibilité de véritables surprises. « La lassitude du corps électoral est réelle », observe-t-il, rappelant que plus de 40 % des Camerounais vivaient sous le seuil de pauvreté en 2024, selon la Banque mondiale.

Dans certains quartiers de Yaoundé, notamment à la Briqueterie, bastion du candidat, des partisans ont célébré dimanche soir la « victoire » autoproclamée de Tchiroma en scandant : « Au revoir Paul Biya, Tchiroma arrive ».

Issa Tchiroma, qui portait les couleurs de l’Union pour le changement 2025 — une coalition de petits partis et d’organisations de la société civile —, a axé sa campagne sur la transition politique et la reconstruction du pays. Il a reconnu, dans un rare exercice d’autocritique, ses erreurs passées lorsqu’il était ministre, notamment le fait d’avoir « nié l’existence d’un problème anglophone ». Il propose désormais une période de transition de trois à cinq ans pour refonder les institutions et réconcilier les Camerounais.

Cette situation rappelle celle de 2018, lorsque Maurice Kamto, arrivé officiellement deuxième, s’était lui aussi proclamé vainqueur avant d’être arrêté. Ses partisans avaient alors été violemment dispersés et plusieurs d’entre eux sont encore emprisonnés.

Nouvelle dégradation de la note du Sénégal : Moody’s tire une fois de plus la sonnette d’alarme

L’agence de notation Moody’s a de nouveau abaissé la note souveraine du Sénégal, la faisant passer de B3 à Caa1, soit sa troisième dégradation depuis octobre 2024. Ce déclassement place désormais le pays à la dernière classe de l’échelle de notation de Moody’s, un signal particulièrement inquiétant pour les marchés financiers internationaux et les partenaires économiques.

Selon l’agence, cette décision s’explique par plusieurs facteurs : les risques croissants d’arriérés de paiement, l’affaiblissement des marges budgétaires et les incertitudes politiques qui entourent actuellement la gouvernance économique du pays. Ces fragilités s’inscrivent dans un contexte marqué par l’éclatement de l’affaire de la dette cachée et du déficit public sous-évalué, révélations qui ont durablement entamé la crédibilité financière du Sénégal.

Interrogé par L’Observateur, l’économiste El Hadji Ibrahima Sall, ancien ministre sous le régime d’Abdou Diouf, a livré une analyse sans détour de cette situation. Pour lui, cette nouvelle chute de la note du Sénégal constitue « un signal d’alerte inquiétant ». Il estime que les décisions successives de Moody’s traduisent une perte de confiance structurelle envers les politiques économiques mises en œuvre.

« Ces révisions successives soulignent que la confiance ne se restaure pas par les discours, mais par des actes clairs de gouvernance, de discipline et de sincérité budgétaire. Elles révèlent un doute persistant sur la crédibilité des politiques économiques et la gouvernance publique », a-t-il déclaré.

Face à cette crise de confiance, El Hadji Ibrahima Sall préconise un changement profond dans la gestion des finances publiques. Selon lui, le Sénégal doit impérativement restaurer la confiance des investisseurs et des institutions financières internationales. Pour cela, il plaide pour une discipline budgétaire exemplaire, une transparence accrue dans la gestion des comptes publics et un dialogue sincère avec les créanciers et partenaires économiques.

Cette nouvelle dégradation pourrait avoir des répercussions directes sur la capacité du pays à emprunter sur les marchés internationaux, avec à la clé des coûts de financement plus élevés. Elle survient également dans un contexte économique déjà tendu, marqué par la pression sur le franc CFA, la baisse des réserves de change et une inflation persistante.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°582 – 14/10/2025

🔴 NOO LANK CONTRE LA CHERTÉ DE L’ÉLECTRICITÉ : GRANDE MOBILISATION LE 17
🔴 CESSATION IMMÉDIATE DE L’EXPLOITATION DE LA LICENCE D’AFRICA7TV : SOLO MÉDIA DÉBOUTÉ

🔴 JAKOBS INCERTAIN CONTRE LA MAURITANIE : COUP DUR POUR LES « LIONS »
🔴 TENNIS – BARRAGES COUPE DAVIS : LE SÉNÉGAL DÉFIE LE PAKISTAN À ISLAMABAD

Dakar, Kaolack, Mbour… : Des axes désormais interdits aux « pousse-pousses », charrettes et vendeurs ambulants

Le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, confirme sa volonté de restaurer l’ordre et l’hygiène publique dans plusieurs grandes villes du pays. Sur son instruction, les préfets de Dakar, Mbour, Kaolack et Saint-Louis ont pris des arrêtés qui entreront en vigueur à compter du jeudi 16 octobre 2025. Ces mesures interdisent la circulation et le stationnement de certains engins et véhicules de fortune sur des axes précis, dans le but de fluidifier la circulation et de réduire les sources d’incommodité dans les espaces publics.

Sont principalement visés les chariots de vente de produits alimentaires et de marchandises, les « pousse-pousses », les charrettes ainsi que les épaves abandonnées sur les trottoirs. À Dakar, l’interdiction concerne la Place de l’Indépendance et ses alentours, la Corniche Ouest et ses emprises. Les avenues principales comme Léopold Sédar Senghor, de la République, Nelson Mandela, Pasteur et Cheikh Anta Diop sont également touchées par ces mesures. Les commerçants et transporteurs ambulants ne pourront plus y circuler ni y stationner.

À Kaolack, les emprises et trottoirs des routes nationales RN1 et RN4 seront concernés par la nouvelle réglementation. À Mbour, la zone interdite s’étend du croisement Saly jusqu’à l’entrée de Saly Portudal, ainsi que le tronçon de la route nationale au rond-point Keur Balla Lo. L’axe reliant la préfecture au centre de santé et au cimetière de Tefess est également concerné. À Saint-Louis, les interdictions touchent les emprises de la RN2 situées dans le périmètre communal et celles de la digue de Ndiolofféne.

Le ministre Mouhamadou Bamba Cissé invite tous les citoyens concernés à faire preuve de patriotisme et à respecter ces mesures dans l’intérêt général, soulignant que l’objectif est d’améliorer la sécurité et la qualité de vie dans les espaces urbains tout en facilitant la circulation des usagers.

Dakar : Amsatou Sow Sidibé plaide pour une application des lois « dans le respect des droits de l’homme »

La directrice générale de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Amsatou Sow Sidibé, a rappelé lundi à Dakar l’importance du respect des normes relatives aux droits humains dans les interventions des forces de l’ordre. Elle présidait l’ouverture d’un atelier de formation des formateurs de la police sur les droits de l’homme et la protection des enfants, une initiative qui s’inscrit dans la volonté de renforcer les capacités des agents de sécurité sur les principes fondamentaux du respect de la dignité humaine.

Dans son discours, Mme Sidibé a insisté sur la nécessité, pour les forces de sécurité, d’apporter des réponses « à la fois efficaces et respectueuses des droits fondamentaux de la personne humaine ». Elle a souligné que le recours à la force « ne peut se faire que de manière proportionnée et uniquement lorsque cela se justifie », rappelant que toutes les interventions policières doivent être conformes aux normes internationales, régionales et nationales en matière de droits de l’homme.

Pour la directrice de la CNDH, la confiance entre la population et la police constitue un pilier essentiel du maintien de la paix sociale et de la cohésion nationale. Elle a ainsi salué le rôle déterminant des formateurs dans ce processus, estimant qu’ils sont « essentiels pour préparer un personnel de police accompli, alliant compétence professionnelle et respect des droits fondamentaux ».

Mme Sidibé a également précisé que ce programme de formation ne se limite pas à la police : « Nous formons aujourd’hui la police, demain la gendarmerie, ensuite les forces militaires », a-t-elle déclaré. La CNDH, selon elle, assure un suivi rigoureux et une évaluation des compétences acquises à l’issue des formations, et n’hésite pas à formuler des recommandations aux autorités, y compris au président de la République, en cas de manquements observés.

La responsable de la CNDH a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une meilleure protection des enfants, estimant qu’ils « constituent la catégorie de personnes qui souffrent le plus des violations de leurs droits ». Elle a exhorté la police à jouer un rôle central dans la prévention des violences faites aux enfants et dans la lutte contre l’errance des mineurs dans les rues.

Hausse du prix de l’électricité : Noo Lank dénonce une « injustice énergétique » et appelle à une grande mobilisation le 17 octobre

Le collectif citoyen Noo Lank a tenu, ce lundi 13 octobre à Dakar, une conférence de presse au ton particulièrement ferme pour dénoncer ce qu’il qualifie de « cherté injustifiée de l’électricité » au Sénégal. Face à la hausse continue des tarifs appliqués par la SENELEC, les membres du mouvement ont fustigé un système de tarification qu’ils jugent « injuste, déséquilibré et socialement insoutenable ». Noo Lank a ainsi annoncé une grande mobilisation populaire prévue pour le vendredi 17 octobre 2025, afin d’exiger du gouvernement des mesures concrètes pour soulager les ménages et les entreprises.

Au cours de cette rencontre avec la presse, les porte-parole du collectif ont dressé un tableau alarmant de la situation énergétique actuelle. Selon eux, les Sénégalais font face à des factures d’électricité exorbitantes et à des consommations jugées anormalement élevées, notamment avec les compteurs prépayés Woyofal. Cette situation, dénoncent-ils, engendre une pression économique insupportable sur les familles, un effondrement du pouvoir d’achat et une asphyxie progressive des petites et moyennes entreprises, ainsi que des startups qui n’arrivent plus à supporter leurs charges mensuelles. Pour Noo Lank, cette crise traduit « l’échec d’une politique énergétique au service des intérêts privés plutôt que de l’intérêt national ».

Le collectif explique avoir tenté à plusieurs reprises d’engager le dialogue avec les autorités pour trouver des solutions, mais sans succès. Une rencontre prévue avec le ministère de l’Énergie n’a finalement pas eu lieu pour des raisons de coordination. Toutefois, Noo Lank affirme avoir échangé avec la Convergence syndicale des travailleurs de la SENELEC, le directeur général de la société et Habib Sy, président du conseil d’administration. Ces discussions ont permis, selon le mouvement, de confirmer que la situation dénoncée par les citoyens correspond bien à une réalité vécue au quotidien : celle d’un réseau énergétique en crise et d’une gestion financière fragilisée par l’endettement et la dépendance.

Le système de tarification est au cœur des critiques formulées par le collectif. Noo Lank dénonce un modèle qui ne prend pas en compte les disparités sociales ni les efforts de paiement anticipé consentis par les usagers du compteur Woyofal. Selon eux, il est injustifiable que le tarif appliqué soit identique pour les consommateurs prépayés et ceux du système postpayé. Le collectif souligne que Woyofal, en permettant à la SENELEC de bénéficier d’une avance de trésorerie tout en éliminant les risques d’impayés, devrait logiquement être accompagné d’un tarif préférentiel. « Woyofal doit signifier soulagement et non souffrance. Ce système doit bénéficier d’un allègement tarifaire sur toutes les tranches pour jouer pleinement son rôle social », soutient le mouvement.

Dans sa déclaration, Noo Lank ne se limite pas à la dénonciation, mais avance également une série de recommandations. Le collectif appelle le gouvernement à s’attaquer aux causes structurelles de la crise énergétique en commençant par le paiement immédiat de la dette de l’État envers la SENELEC, une dette qui, selon certaines estimations, pèse lourdement sur le fonctionnement de la société nationale. Il plaide aussi pour une augmentation de la capacité nationale de production afin de réduire les coupures récurrentes d’électricité qui affectent l’économie et la qualité de vie des citoyens.

Noo Lank exhorte également l’État à réduire progressivement la dépendance aux producteurs indépendants d’électricité (IPP) qui assurent près de 70 % de la production nationale, une dépendance jugée dangereuse pour la souveraineté énergétique du pays. Dans le même esprit, le collectif insiste sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du projet gazier Yakaar-Teranga, censé permettre une réduction significative des coûts de production à moyen terme. Par ailleurs, Noo Lank réclame une renégociation transparente des contrats énergétiques et gaziers conclus avec des opérateurs étrangers, afin qu’ils soient véritablement au service du développement national et non de la rente privée.

En attendant des réponses concrètes, Noo Lank maintient son appel à la mobilisation citoyenne du vendredi 17 octobre. Le rassemblement, prévu à partir de 15 heures, se déroulera du rond-point Sipres au rond-point Pentola, sur les deux voies de Liberté 6, à Dakar. Les organisateurs assurent qu’il s’agira d’une marche « pacifique, populaire et déterminée » destinée à interpeller les autorités sur l’urgence d’une réforme profonde du système énergétique.

Pour le collectif, la lutte contre la cherté de l’électricité dépasse le simple enjeu économique : elle touche au cœur même de la justice sociale et du droit à une vie décente. « L’électricité n’est pas un luxe, c’est un droit social et un levier de développement. Tant que ce droit sera bafoué, nous continuerons à nous battre », a conclu Noo Lank dans sa déclaration finale, invitant l’ensemble des citoyens, syndicats et organisations sociales à se joindre à leur mouvement pour faire entendre la voix du peuple.

Quitter la version mobile