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Amadou Bâ interpelle Diomaye et Sonko : « L’heure est à l’action »

L’ancien Premier ministre et candidat arrivé en deuxième position lors de la dernière élection présidentielle, Amadou Bâ, sort de sa réserve pour adresser un message direct au tandem au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. À travers un communiqué de son mouvement La Nouvelle Responsabilité (NR), il invite les nouvelles autorités à sortir d’une posture d’observation pour entrer pleinement dans celle de l’action, face aux multiples urgences économiques, sociales et institutionnelles du pays.

Dans un ton ferme mais républicain, Amadou Bâ rappelle que « la démocratie constitue un acquis fondamental pour le peuple sénégalais, fruit de luttes courageuses et de sacrifices considérables ». Un acquis, selon lui, qui fait la fierté du Sénégal sur la scène internationale. Il estime toutefois que cette démocratie reste perfectible et nécessite une vigilance constante, notamment en ce qui concerne l’équilibre institutionnel.

Citant le nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la Nouvelle Responsabilité met en garde contre toute tentative de déséquilibrer la séparation des pouvoirs, socle de l’État de droit. « Le dialogue entre institutions est légitime, mais il doit se faire dans le respect mutuel », soutient le communiqué.

Face à la multiplication des arrestations dans un climat politique encore tendu, Amadou Bâ et son mouvement appellent à la retenue et à la responsabilité. Sans nommer de cas précis, ils dénoncent des pratiques jugées « arbitraires » en matière de privation de liberté et d’atteinte à l’expression citoyenne. Le message est clair : ces méthodes risquent de saper la stabilité et d’éroder la confiance dans les institutions.

Le mouvement en appelle ainsi à « l’engagement de tous — partis politiques, société civile, citoyens — pour défendre les libertés fondamentales et renforcer l’État de droit ».

Sur le terrain économique, le ton est tout aussi alarmiste. Amadou Bâ estime que la situation actuelle est marquée par « des tensions croissantes dans plusieurs secteurs, des difficultés persistantes en matière de pouvoir d’achat, un chômage élevé chez les jeunes et un sous-investissement dans les services sociaux de base ».

Il appelle à une vision claire et partagée du développement, en plaidant pour un dialogue national dédié aux enjeux économiques et sociaux majeurs. L’objectif, selon la Nouvelle Responsabilité, est de construire des réponses durables aux attentes légitimes des populations.

Le mouvement revient également sur les mouvements sociaux récents dans les secteurs clés comme la Santé, l’Enseignement supérieur et la Justice. Il appelle à une prise en charge urgente des revendications, tout en insistant sur une mise en œuvre plus cohérente des politiques sociales.

En cette période d’hivernage, Amadou Bâ exhorte le Gouvernement à agir vite pour soutenir le monde rural : distribution d’intrants de qualité, appui technique, équipements agricoles, mais aussi un plan d’action robuste contre les inondations et pour l’amélioration des infrastructures.

Crise dans le secteur de la Justice : L’Entente SYTJUST-UNTJ appelle au dialogue et à l’arbitrage des plus hautes autorités

Dans un communiqué transmis à Dakaractu, l’Entente SYTJUST-UNTJ a réaffirmé sa pleine disponibilité à renouer le dialogue avec les autorités sénégalaises, dans le but de sortir durablement de la crise qui paralyse actuellement les juridictions du pays. Les deux syndicats, représentant les travailleurs de la justice, ont tenu à rappeler qu’ils n’ont jamais rompu les discussions avec le gouvernement, et qu’ils restent ouverts à toute initiative venant du ministère de la Fonction publique comme de celui de la Justice.

Affichant leur attachement au dialogue républicain et à l’État de droit, les membres de l’Entente appellent à des discussions sincères et constructives, à la hauteur des enjeux de gouvernance et de stabilité institutionnelle.

Cependant, les déclarations du ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, lors d’une émission télévisée ce lundi, ont suscité une vive inquiétude au sein de l’Entente. Les syndicalistes dénoncent une méconnaissance, voire une déformation des faits à l’origine de la crise. Ils fustigent également ce qu’ils perçoivent comme une interprétation “excessivement rigide” des textes réglementaires.

Selon l’Entente, certains blocages actuels résultent de la posture d’une frange de l’administration de la Fonction publique, qui s’oppose à l’application des acquis statutaires des travailleurs de la justice. Cette obstruction se ferait, affirment-ils, au mépris des engagements pris en Conseil des ministres depuis juillet 2018, et s’appuierait sur des lectures technocratiques et restrictives des textes en vigueur.

Face à ce qu’elle considère comme un “blocage persistant”, l’Entente SYTJUST-UNTJ en appelle à une implication directe du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko. Les syndicats estiment qu’un arbitrage au plus haut sommet de l’État est désormais nécessaire pour “faire émerger la vérité” et garantir la continuité du service public de la justice.

Sans une telle médiation, l’Entente avertit que la crise risque de s’approfondir, avec des conséquences graves pour les justiciables et la stabilité institutionnelle du Sénégal.

Libérée sous bracelet électronique : Aïssatou Sophie Gladima obtient une liberté provisoire dans l’affaire du centre gravimétrique de Kédougou

La commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a rendu sa décision ce lundi dans le dossier impliquant l’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima. Inculpée dans le cadre de la gestion des fonds liés à la pandémie de Covid-19, l’ancienne responsable gouvernementale a obtenu une liberté provisoire, mais sous surveillance électronique.

Placée désormais sous contrôle judiciaire avec port de bracelet électronique, Aïssatou Sophie Gladima devra se conformer à plusieurs restrictions, notamment en matière de déplacements. Cette mesure, bien que moins contraignante qu’une détention préventive, souligne que l’affaire reste pendante devant la juridiction compétente.

L’affaire concerne la construction d’un centre gravimétrique à Kédougou destiné aux orpailleurs affectés par la pandémie de Covid-19. Le projet avait été initié dans le cadre des dépenses d’urgence mises en œuvre par l’État à travers le Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19 (Force-Covid).

Selon l’accusation, des irrégularités auraient été constatées dans la passation et l’exécution des marchés liés à ce projet. Toutefois, les avocats de Mme Gladima ont affirmé que leur cliente n’a joué qu’un rôle purement administratif et limité.

Les conseils de l’ex-ministre soutiennent que la Cour des comptes n’a jamais mis en cause Mme Gladima dans ses rapports. À les en croire, elle s’est bornée à approuver les contrats, ce qui relève de ses prérogatives ministérielles, et n’est intervenue ni dans la vérification des services ni dans la procédure de paiement.

Toujours selon la défense, les actes reprochés à leur cliente relèvent des services techniques et financiers du ministère, bien après son aval initial.

Devant la Haute Cour de Justice, Aïssatou Sophie Gladima a toujours nié toute responsabilité dans ce qu’elle considère comme une tentative de l’associer à tort à une gestion irrégulière. Elle a rappelé à plusieurs reprises n’avoir eu aucune implication directe dans la mise en œuvre opérationnelle du projet.

Le « dossier Covid-19 », dans lequel sont cités plusieurs anciens ministres et hauts responsables, continue de secouer la scène politico-judiciaire sénégalaise. Les auditions, confrontations et procédures se poursuivent dans un contexte de forte demande citoyenne de reddition des comptes sur l’utilisation des fonds mobilisés durant la pandémie.

Dérapage verbal sur TFM : le face-à-face tendu entre Amadou Ba et Badara Gadiaga déclenche une tempête politico-médiatique

L’émission Jakarlo-bi, diffusée vendredi soir sur la chaîne TFM, a été le théâtre d’un échange électrique entre le député Amadou Ba, membre du parti Pastef, et le chroniqueur Badara Gadiaga. Ce qui devait être un débat d’idées s’est transformé en affrontement verbal, marqué par des propos jugés offensants et provocateurs, qui ont rapidement fait réagir la sphère politique et médiatique sénégalaise.

Face à un Amadou Ba très engagé, Badara Gadiaga, habitué des débats musclés sur les plateaux de télévision, aurait tenu des propos que plusieurs personnalités qualifient d’injurieux et d’indignes à l’endroit d’un élu du peuple. Le ton est monté au point de susciter une vague de condamnations, notamment de la part de proches du pouvoir.

Waly Diouf Bodian, directeur général du Port autonome de Dakar et figure proche du Premier ministre Ousmane Sonko, a été l’un des premiers à réagir avec fermeté. Sur ses réseaux sociaux, il a interpellé la justice :

« Les propos de Badara Gadiaga méritent une autosaisine du procureur de la République. »

Un appel direct à une réaction judiciaire pour encadrer ce qu’il perçoit comme un dépassement grave des limites de la liberté d’expression.

Mor Talla Guéye, alias Nitt Doff, président du Fonds de Développement des Cultures Urbaines (FDCU), a également sonné l’alarme. Dans une publication percutante, il avertit :

« Si la justice laisse passer tout ça, qu’elle ne s’étonne pas que ça dégénère un jour. »

Ce propos, empreint de gravité, reflète une inquiétude grandissante quant à la banalisation de certaines dérives verbales dans l’espace public.

La députée Mame Bousso Béye n’est pas restée en marge du débat. Sans appeler explicitement à des sanctions, elle a cependant plaidé pour une prise de responsabilité de la justice :

« Je ne demande pas à la justice d’être instrumentalisée, mais plutôt de faire son travail pour protéger les citoyens contre les insultes et les propos déplacés. »

Un positionnement qui vise à défendre les principes de respect et de dignité, tout en soulignant la nécessité d’un cadre réglementaire clair dans le traitement des infractions verbales publiques.

Alors que les critiques fusent contre Badara Gadiaga, certains, comme Fadilou Keita, directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations, ont orienté leurs reproches vers la chaîne TFM elle-même.

« Les dirigeants de la TFM n’auraient pas accepté que la forfaiture Gadiaga perdure si les attaques intempestives étaient destinées à Youssou Ndour », a-t-il dénoncé.

Une pique directe au propriétaire de la chaîne, accusé d’appliquer un traitement à géométrie variable dans la gestion des écarts de ses chroniqueurs.

Cet épisode relance le débat sur les limites de la liberté d’expression dans les médias et la responsabilité des chaînes de télévision dans la modération des propos diffusés. Alors que certains réclament des sanctions judiciaires, d’autres plaident pour un encadrement plus rigoureux des émissions à fort potentiel polémique.

Guinguinéo : la CFCG/AND CI DEEG alerte sur un danger imminent pour les populations

Guinguinéo, l’un des départements ruraux les plus anciens du Sénégal, peine toujours à décoller. Confrontée à une réalité marquée par le sous-développement, l’insécurité et un déficit criant d’infrastructures, la Convergence des Forces Citoyennes de Guinguinéo (CFCG/And Ci Deeg) a organisé une conférence de presse, ce dimanche 6 juillet 2025, pour dénoncer l’inaction des autorités et attirer l’attention sur la situation alarmante que traverse le département.

Entouré de plusieurs mouvements de soutien, dont And Faal Bamba Cissé, le leader du collectif, Bamba Cissé, a dressé un état des lieux préoccupant :

« Guinguinéo fait face à une pauvreté structurelle, à l’absence d’infrastructures de base, à un chômage endémique chez les jeunes et à un accès limité aux soins de santé », a-t-il souligné.

Insistant sur l’importance de l’unité et de la responsabilité politique, il a invité les acteurs locaux à dépasser les clivages partisans :

« La politique consiste à désigner un adversaire, mais l’adversité n’est pas l’animosité. Guinguinéo est une petite commune où tout le monde est parent. Apprenons à nous unir quand l’intérêt collectif l’exige. »

Parmi les préoccupations majeures évoquées figure l’insécurité. Le collectif a rappelé le drame survenu il y a quelques mois avec le décès non élucidé de Coumba Daly Diallo, appelant les autorités à renforcer les dispositifs sécuritaires dans la commune.

À cela s’ajoutent plusieurs revendications structurelles jugées essentielles pour le développement local :

L’installation d’un commissariat de police La création d’un tribunal d’instance L’ouverture d’une perception du Trésor Et l’implantation d’autres services publics indispensables au bon fonctionnement d’un département.

Le district sanitaire de Guinguinéo, avec son plateau médical vétuste et un personnel sous-équipé, incarne, selon le collectif, l’abandon dont souffre la localité. Le manque d’infrastructures sportives, notamment un stade municipal, accentue le sentiment de marginalisation chez les jeunes.

Autre symbole du déclin : l’arrêt du train, qui occupait autrefois une place centrale dans la vie économique du département.

« Le train, c’était notre vie. Il permettait de transporter les marchandises, d’aller vendre au marché de Dakar ou de recevoir des visiteurs. Depuis qu’il ne passe plus, tout est plus difficile et plus cher », a regretté Bamba Cissé.

La reprise du trafic ferroviaire apparaît dès lors comme une priorité, non seulement pour désenclaver Guinguinéo, mais aussi pour relancer son économie locale.

« Face à toutes ces préoccupations, notre devoir en tant que leaders est de rester aux côtés de la population, d’écouter, de rassurer et de continuer à porter leurs voix », a conclu M. Cissé, lançant un appel pressant aux autorités ainsi qu’à la conscience collective.

Réforme fiscale au Sénégal : entre élargissement de l’assiette et relèvement temporaire de la TVA

Le Sénégal est à l’aube d’un tournant important en matière de politique fiscale. Fin mai 2025, le coordonnateur du Forum Civil, Birahim Seck, révélait que les nouvelles autorités, sous l’impulsion du Premier ministre Ousmane Sonko, ont lancé le processus de réforme du Code général des impôts. Une initiative traduisant la volonté affichée de faire passer la pression fiscale de 18% à au moins 20%, conformément au seuil recommandé par l’UEMOA.

Au cœur de cette réforme, l’élargissement de l’assiette fiscale apparaît comme la voie privilégiée par le gouvernement. Il s’agit notamment d’intégrer dans le système fiscal les secteurs jusqu’ici peu ou pas taxés : services numériques, économie informelle, secteurs bénéficiant d’exonérations jugées injustifiées, etc. À cela s’ajoutent des réformes structurelles portant sur la modernisation de l’administration fiscale, la digitalisation, la transparence et la promotion du civisme fiscal.

Mais pour l’économiste et expert fiscal Serigne Mbacké Sougou, cette stratégie ne permettra pas une mobilisation rapide des ressources internes. Dans une contribution publiée dans Le Soleil, il avertit : « La mise en œuvre de ces mesures nécessite du temps, et leurs effets ne seront visibles qu’à moyen ou long terme. » Face à la contrainte immédiate de renflouer les caisses de l’État, il recommande de s’attaquer en priorité à la fiscalité indirecte, en particulier la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Serigne Mbacké Sougou propose une mesure temporaire et ciblée : relever le taux de la TVA de 18% à 20% entre juillet et décembre 2025, mais uniquement sur les biens et services consommés par les catégories sociales à hauts revenus. Ce retour au taux de TVA en vigueur avant l’harmonisation de 1998 au sein de l’UEMOA, selon lui, permettrait une amélioration immédiate de la trésorerie publique sans nuire au pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.

Il met toutefois en garde contre une augmentation indiscriminée des taxes indirectes. Il exclut explicitement les impôts directs comme l’Impôt sur le revenu ou les Contributions économiques, jugés moins efficaces à court terme. Il recommande aussi de ne pas toucher à la Taxe sur les affaires financières ni aux taxes spécifiques, afin de ne pas impacter négativement le coût du crédit et les prix à la consommation.

La réforme fiscale en cours s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires croissantes, avec une forte attente des populations en matière de services publics et de redistribution. Le pari du gouvernement est de trouver un juste équilibre entre urgence de financement, modernisation du système fiscal et équité sociale. L’idée d’une TVA temporairement majorée, mais ciblée, pourrait constituer une réponse pragmatique, à condition d’être accompagnée de garde-fous clairs.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°505 – 07/07/2025

🔴 BADARA GADIAGA FACE À LA VINDICTE DES « PASTÉFIENS » : LE FRANC-PARLER DÉRANGE
🔴 1er TRIMESTRE 2025 / BAISSE DE LA QUALITÉ DE PORTEFEUILLE DANS LA MICROFINANCE : LA RENTABILITÉ GLOBALE VACILLE

🔴 CAN FÉMININE 2025 / VICTOIRE CONTRE LA RD CONGO (4-0) : LE SÉNÉGAL DÉMARRE EN TROMBE !
🔴 AFRICAN GLORY / SACRE INTERCONTINENTAL FACE AU SUISSE ÉRIC BRITO : MOUHAMED TAFSIR BA, CHAMPION WAKO PRO

Attaques contre Badara Gadiaga : Thierno Alassane Sall dénonce le « comportement sectaire » de Pastef

Le député et président de la République des valeurs (Rv), Thierno Alassane Sall, a vivement critiqué le Pastef, qu’il accuse d’entretenir un rapport opportuniste à l’État de droit et aux principes démocratiques. Dans une publication sur X, l’ancien ministre a dénoncé le « double discours » du parti dirigé par Ousmane Sonko, qu’il accuse de défendre la justice et les institutions uniquement lorsque cela sert ses intérêts.

« Pastef montre tous les jours sa véritable nature. Celle d’une secte qui pense que l’État de droit est une fiction à invoquer que lorsqu’il sert ses intérêts ou ceux de son gourou », a-t-il écrit.

Selon Thierno Alassane Sall, le mouvement au pouvoir a manqué une occasion de faire la démonstration de son attachement aux institutions après les critiques virulentes du Premier ministre contre certains magistrats. Il souligne qu’aucune voix n’a été élevée dans les rangs de Pastef pour réclamer l’autosaisine du procureur, alors que, selon lui, ces mêmes responsables politiques « le font avec excès dès qu’une parole heurte leurs chefs ».

Le député a également évoqué le cas du chroniqueur Abdou Nguer, qu’il présente comme victime d’un « acharnement judiciaire » et d’une incarcération prolongée pour des motifs qu’il juge infondés. Il estime que cette tendance à « l’intolérance aux opinions adverses » favorise la multiplication des prisonniers d’opinion.

Dans le même registre, Thierno Alassane Sall a dénoncé les pressions récentes visant Badara Gadiaga après ses propos critiques à l’égard du parti présidentiel. « Entre la République et leur parti, les Pastefiens ont choisi, et ils n’ont pas choisi la République », a-t-il accusé.

En conclusion, il a alerté sur les risques d’un affaiblissement durable du principe d’égalité devant la loi. « Désormais, tout donne à penser qu’au Sénégal la loi ne s’applique plus de la même façon à tous. Ceux qui détournent le regard auront demain leur part de responsabilité », a-t-il averti.

Djimbo Souaré sur le plan de redressement triennal de Sonko : « Il y a une incohérence »

Le député Djimbo Souaré, président du Conseil départemental de Goudiry, s’est interrogé publiquement sur le « plan de redressement triennal » présenté par le Premier ministre Ousmane Sonko dans un live diffusé sur les réseaux sociaux. Pour l’élu du groupe parlementaire Takku-Wallu, ce plan n’apparaît dans aucun des documents officiels examinés récemment à l’Assemblée nationale, notamment lors du débat d’orientation budgétaire.

Invité de l’émission Face au jury ce dimanche 6 juillet, Djimbo Souaré a rappelé que le samedi 28 juin 2025, les députés avaient adopté la loi de finances rectificative et débattu du Document de programmation pluriannuelle (DPP) 2025-2027. Or, selon lui, ce dernier ne fait nulle part mention d’un quelconque « plan de redressement ».

« Si le document annoncé par le Premier ministre est différent du DPP, il y a incohérence », a-t-il affirmé, visiblement agacé. Il s’interroge sur la cohérence institutionnelle entre l’exécutif et le Parlement : « Cela signifie-t-il que nos discussions à l’Assemblée n’avaient aucune importance ? Je me pose des questions sur la teneur et la fiabilité du document soumis au débat », a-t-il poursuivi.

Djimbo Souaré estime qu’il est urgent d’éclaircir les choses. À ses yeux, la clarté budgétaire est une exigence démocratique : « Il faut qu’on nous dise si le DPP est le même que le plan de redressement triennal. S’il s’agit de deux documents distincts, cela voudrait dire que le débat d’orientation budgétaire n’avait pas lieu d’être », a-t-il martelé.

Cette sortie intervient dans un contexte de forte politisation du débat économique, alors que le gouvernement multiplie les annonces sur sa stratégie de transformation structurelle. Mais pour une partie de l’opposition, la communication de l’exécutif reste floue et parfois en décalage avec les procédures légale

Offensive politique coordonnée : le Pastef exerce-t-il une pression sur la justice pour l’arrestation de Badara Gadiaga ?

Le climat politique sénégalais connaît une nouvelle zone de turbulences après l’épisode tendu du dernier numéro de l’émission Jakaarlo. Le chroniqueur Badara Gadiaga s’y est retrouvé au centre d’un vif échange avec le député Amadou Bâ, membre influent du parti Pastef.

Depuis cet affrontement télévisé, plusieurs figures de premier plan de la majorité présidentielle, parmi lesquelles Waly Diouf Bodian et la députée Mame Bousso, se sont relayées sur les réseaux sociaux pour réclamer l’intervention de la justice contre Badara Gadiaga. Cette succession d’appels quasi simultanés à des poursuites judiciaires, relayés publiquement par des responsables politiques, interroge sur la nature de cette démarche : s’agit-il d’une simple réaction collective à des propos jugés injurieux ou d’une offensive coordonnée pour faire pression sur les magistrats ?

La question est d’autant plus sensible qu’elle survient quelques jours après l’arrestation du journaliste Bachir Fofana, placé en garde à vue pour avoir soulevé des interrogations sur la gestion financière de l’Assemblée nationale. Cette arrestation, dénoncée par plusieurs organisations de défense des libertés, avait déjà alimenté les craintes d’un climat de répression contre les voix critiques.

Le contexte national se révèle d’autant plus tendu que le Premier ministre Ousmane Sonko, lors d’une récente intervention sur les réseaux sociaux, avait lui-même émis de virulentes critiques à l’encontre de certaines composantes du pouvoir judiciaire, qu’il accuse d’acharnement ou de partialité dans des dossiers le concernant.

Cette séquence politique, marquée par une multiplication des polémiques et des interpellations de journalistes et chroniqueurs, soulève des inquiétudes sur l’équilibre entre la liberté d’opinion et les tentatives de criminalisation de la critique. Elle ouvre également un débat de fond sur la capacité de la justice sénégalaise à rester imperméable aux injonctions politiques.

Affaire à suivre.

Mbaye Dione, SG de l’AFP, sur la gestion de l’actuel pouvoir : « Nous sommes loin de la rupture… »

Le secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) et maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, a livré un constat sévère sur les quinze premiers mois de gouvernance du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche sur la RFM, le responsable politique a exprimé sa profonde déception face à ce qu’il considère comme un fossé entre les promesses de rupture et la réalité de la gestion du pouvoir.

« Après 15 mois d’exercice, je suis resté sur ma faim. Nous sommes loin de la rupture », a-t-il affirmé d’emblée, estimant que le fonctionnement actuel reproduit les mêmes travers qui étaient dénoncés sous les régimes précédents. « Et pire, avec moins de résultats », a-t-il ajouté, fustigeant l’absence de changement concret dans la conduite des affaires publiques.

Dans son analyse, Mbaye Dione a pointé des dysfonctionnements qu’il juge graves dans plusieurs secteurs. Il a notamment évoqué la persistance des soupçons d’enrichissement personnel visant des directeurs généraux, la continuité de pratiques de corruption et de clientélisme, ainsi que la distribution jugée opaque des aides et avantages divers, comme le « sukeur Koor » (cadeaux distribués pendant le Ramadan) et l’octroi de billets pour le pèlerinage à La Mecque.

Sur le plan des libertés publiques, l’ancien compagnon politique de Moustapha Niasse a également exprimé ses inquiétudes. Il a dénoncé des atteintes à la liberté d’opinion et à la liberté de la presse, domaines dans lesquels il attendait des avancées notables, compte tenu des engagements pris par le nouveau pouvoir durant la campagne électorale.

Ce bilan critique intervient alors que l’AFP, qui vient d’officialiser sa rupture avec la coalition Benno Bok Yakaar, se positionne désormais comme une force d’opposition autonome, déterminée à incarner une alternative crédible. Mbaye Dione, à travers ce discours, semble vouloir ouvrir un nouveau cycle politique pour son parti, en se distinguant à la fois de l’ancien système et des actuels tenants du pouvoir.

Politique : l’AFP officialise sa rupture avec BBY et révèle ses ambitions pour les élections locales prochaines

Le secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a marqué un virage décisif dans l’histoire de sa formation politique. Invité de l’émission Grand Jury sur la RFM, ce dimanche 6 juillet 2025, il a annoncé la fin officielle du compagnonnage avec la coalition Benno Bok Yakaar, après plus d’une décennie de partenariat politique.

« L’AFP ira en locomotive. Soit nous irons seuls, soit nous serons dans une coalition où l’AFP sera la locomotive », a-t-il affirmé, sans équivoque, affichant la volonté d’inscrire le parti dans une nouvelle dynamique autonome. Il a précisé que la rupture avec Benno Bok Yakaar n’est pas un simple désaccord conjoncturel, mais un choix stratégique assumé de rompre avec toute logique de dépendance partisane. « Nous n’avons plus l’objectif de nous embarquer dans des partis politiques, quelle que soit leur force », a-t-il martelé, signe d’un cap résolument tourné vers l’émancipation politique.

Dans la perspective des élections locales prévues en 2027, l’AFP s’engage dans une vaste entreprise de redynamisation de ses structures internes. Mbaye Dione a annoncé un programme de restructuration qui concernera tous les échelons du parti : régions, départements, communes, ainsi que les sections des différentes catégories socioprofessionnelles. Il s’agit notamment des cadres, des enseignants, des étudiants et des personnes vivant avec un handicap. L’objectif affiché est clair : redonner un souffle nouveau au parti et renforcer son implantation sur l’ensemble du territoire national.

Pour le secrétaire général, l’enjeu dépasse la seule conquête du pouvoir. Il s’agit aussi, selon ses mots, de démontrer que l’AFP dispose de solutions concrètes et crédibles aux difficultés que rencontrent les Sénégalais. Cette déclaration marque un tournant majeur dans la trajectoire d’un parti longtemps perçu comme un allié secondaire au sein de Benno Bok Yakaar.

À moins de deux ans des scrutins locaux, l’AFP se présente désormais comme une force politique déterminée à jouer les premiers rôles, dans un contexte où la recomposition du paysage politique sénégalais s’accélère. Cette prise de distance avec les anciennes alliances annonce une nouvelle phase, celle d’une quête d’autonomie et de leadership affirmé, que Mbaye Dione entend incarner.

Performances des agences publiques : Lansana G. Sakho passe à la loupe les principes du New management public

Lansana Gagny Sakho propose une réflexion critique sur le fonctionnement des agences publiques au Sénégal, en s’appuyant sur les concepts du « New management public » et sur la gouvernance des entités parapubliques. Dans son ouvrage intitulé Les agences publiques d’exécution face au défi de la performance : cas du Sénégal, paru aux éditions L’Harmattan, il dresse un état des lieux sans concession des limites qui freinent la modernisation de l’administration.

Son analyse met en évidence une série de dysfonctionnements structurels. Selon lui, la nomination des responsables à la tête de ces agences obéit rarement à des critères objectifs fondés sur la compétence et la performance. Il estime que les organes délibérants, qui devraient exercer un rôle stratégique, se voient souvent relégués à un statut purement consultatif, sans réelle capacité de contrôle ni d’impulsion.

L’auteur pointe également le caractère inachevé des textes réglementaires, notant qu’ils ne prévoient pas de mécanismes clairs de révocation des directeurs qui échoueraient à atteindre les objectifs fixés. Une lacune majeure, selon lui, qui entretient un système où la responsabilité et la reddition des comptes demeurent floues.

Fort d’une expérience de près de deux décennies dans les rouages de l’administration, Lansana G. Sakho, aujourd’hui président du conseil d’administration de l’Agence nationale pour la promotion des investissements et des grands projets (APIX), revisite les principes du New public management. Il montre en quoi ces approches managériales, inspirées du secteur privé, peuvent contribuer à renforcer l’efficacité et l’impact des politiques publiques, à condition d’être adaptées au contexte sénégalais.

L’ouvrage, préfacé par le Dr Abdou Karim Guèye, Inspecteur général d’État à la retraite, formule des recommandations précises visant à améliorer la gouvernance et le pilotage des agences d’exécution. Pour Lansana G. Sakho, la modernisation de l’administration passe par l’exigence d’une culture de résultats, une clarification des responsabilités et la mise en place d’outils d’évaluation rigoureux.

Tentative d’émigration clandestine déjouée à Mbour : 23 personnes interpellées, dont 8 femmes et un bébé

Le Commissariat central de Mbour a mené, ce mercredi 3 juillet 2025, une opération de grande envergure qui a permis d’interpeller 23 candidats à l’émigration clandestine. L’intervention a eu lieu au quartier Médine, à la suite d’un signalement anonyme.

Parmi les personnes interpellées figurent 20 ressortissants guinéens, 2 gambiens et 1 sénégalais. Le groupe comptait également 8 femmes et un bébé. Les premiers éléments de l’enquête révèlent que les candidats au départ s’étaient organisés en petits groupes afin d’échapper à la vigilance des autorités et de faciliter leur embarquement par voie maritime.

Les personnes arrêtées ont déclaré être venues à Mbour dans l’espoir de trouver du travail. Toutefois, elles se sont abstenues de désigner l’organisateur du voyage. À ce stade, le convoyeur présumé reste introuvable, et les recherches se poursuivent activement pour identifier et interpeller les principaux responsables de cette tentative de migration illégale.

Les autorités rappellent que l’émigration clandestine expose les candidats à de graves dangers, notamment des pertes en vies humaines. La Police nationale, plus que jamais mobilisée, réitère son engagement à lutter contre les réseaux de trafic de migrants.

Mamoudou Ibra Kane : « Je doute de la volonté du pouvoir de faire la lumière sur les bavures policières à Cambérène et Rosso »

L’opposant Mamoudou Ibra Kane a exprimé ce samedi 6 juillet ses vives inquiétudes quant à la sincérité du gouvernement sénégalais dans la gestion des récents incidents impliquant les forces de l’ordre. Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, il remet en question la volonté du pouvoir d’enquêter en toute transparence sur les bavures policières mortelles survenues à Cambérène et à Rosso.

« Je doute de la volonté du pouvoir de faire la lumière sur les bavures policières mortelles à Cambérène et Rosso. Il faut des sanctions administratives et une ENQUÊTE INDEPENDANTE, sans arrière-pensée d’humiliation des FDS. Contexte sécuritaire sous-régional oblige », a-t-il souligné.

Ces propos interviennent alors que l’émotion reste vive après la mort de plusieurs citoyens lors d’interventions policières dans ces deux localités. À Cambérène, un jeune homme a perdu la vie lors d’un affrontement avec les forces de l’ordre, un drame qui a suscité l’indignation et la visite du Premier ministre Ousmane Sonko auprès de la famille endeuillée.

À Rosso, des informations similaires font état d’une autre intervention ayant entraîné la mort d’un civil, relançant le débat sur la responsabilité et l’encadrement des forces de sécurité.

Mamoudou Ibra Kane appelle à une démarche rigoureuse et transparente. Pour lui, seule une enquête véritablement indépendante pourrait rétablir la vérité et restaurer la confiance entre les citoyens et les forces de défense et de sécurité (FDS). Il insiste néanmoins pour que cette exigence de justice ne soit pas interprétée comme une volonté de fragiliser l’institution sécuritaire, surtout dans un contexte sous-régional marqué par une instabilité croissante.

L’opposant, ancien journaliste devenu figure politique, pose ainsi un défi éthique et institutionnel au nouveau pouvoir : celui de rompre avec l’impunité supposée des agents en uniforme, tout en maintenant l’équilibre dans un climat de tension sécuritaire.

Réajustement stratégique au sein de l’armée sénégalaise : Quatre zones militaires changent de commandement

L’armée sénégalaise vient d’opérer un important remaniement dans son dispositif territorial, avec la nomination de nouveaux commandants à la tête de quatre des sept zones militaires du pays. Cette série de réaffectations, qui s’inscrit dans le cadre habituel de la gestion des carrières militaires, vise à renforcer l’efficacité opérationnelle et la coordination des forces sur le terrain.

À la Zone militaire n°3, c’est le Colonel Massanrha Thiam qui prend les rênes. Il était jusqu’ici chef de la cellule emploi à l’État-major de l’Armée de Terre. Il remplace le Colonel Diouna Sow.

Dans la Zone militaire n°5, le commandement est désormais assuré par le Colonel Cheikh Gueye, ancien directeur de l’École nationale des officiers d’active (ENOA). Il succède au Colonel Yahya Diop.

La Zone militaire n°2 est désormais dirigée par le Colonel Alioune Samassa, précédemment chef de cabinet du Chef d’État-major général des Armées. Il remplace le Colonel Thierno Fall.

Enfin, à la Zone militaire n°7, c’est le Colonel El Hadj Omar Faye qui prend les commandes. Il était à la tête de l’École nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) de Kaolack. Il remplace le Colonel Thierno Gningue.

Ces changements de commandement sont accompagnés de réajustements internes dans certains bataillons, afin de mieux répondre aux exigences du terrain et d’améliorer la coordination entre les différentes unités. Selon les sources militaires relayées par Emedia, il s’agit d’un exercice régulier dans le cadre de la rotation des postes de commandement, les chefs de zone étant généralement appelés à changer de poste tous les deux à trois ans.

Contrairement à certaines interprétations possibles, ces réaffectations ne sont pas liées à une situation de crise ou à un contexte sécuritaire particulier. Elles relèvent d’une logique structurelle et anticipative de la gestion des ressources humaines au sein des Forces armées sénégalaises.

Lancement officiel de la communauté DUNDU:Mettre la réaction artistique au service des vulnérable…

Ce samedi 05 juillet est née au grand théâtre national la communauté DUNDU dont le but est de mettre la réaction artistique au service des couches marginalisés.

‎Elle est composée des rappeurs, des artistes, des slameurs , des photographes en somme tout ceux qui évoluent dans la culture pour mettre ce savoir cette création au service de l’impact social.
‎Cette couche sociale qui n’a généralement aucune opportunité constitue la cible principale de ladite communauté.Explique Miche Cédric KINIFFO(Directeur de la vision artistique et solicial de DUNDU) dans cette interview.

Lancement officiel de la communauté DUNDU:Mettre la réaction artistique au service des vulnérable...

Mort de jeunes à Cambérène : Ousmane Sonko présente ses condoléances et promet la vérité sur les circonstances du drame

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu ce samedi 5 juillet 2025 à Cambérène, où deux jeunes ont perdu la vie lors d’une intervention des forces de l’ordre. Accompagné du ministre de l’Intérieur, Jean Baptiste Tine, et du préfet de Dakar, il a visité les familles des victimes, notamment les familles Ba et Dieng, afin de leur présenter les condoléances officielles du gouvernement.

Devant les proches rassemblés, le chef du gouvernement a pris la parole pour exprimer sa compassion et réaffirmer la volonté des autorités d’élucider les faits. Il a déclaré qu’il était conscient du choc et de la douleur causés par ces décès tragiques et qu’aucun responsable politique ne pouvait rester indifférent face à une telle situation.

Ousmane Sonko a insisté sur le principe de transparence dans la gestion de ce drame. Il a rappelé que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’était engagé dès son retour d’Espagne à faire toute la lumière sur cette affaire. Il a précisé que l’enquête judiciaire diligentée par les autorités compétentes était déjà en cours. Selon lui, il serait prématuré d’avancer des conclusions définitives, car personne ne peut à ce stade affirmer avec certitude ce qui s’est réellement produit. Il a toutefois reconnu que les premiers éléments recueillis indiquent la présence et l’implication de policiers lors des événements qui ont conduit à la mort des jeunes.

« Comme l’a affirmé le président de la République, l’engagement est pris pour que toute la vérité soit connue. Une enquête est en cours, et pour l’instant, personne ne peut affirmer avec certitude ce qui s’est réellement passé. Ce que l’on sait, c’est qu’il y a eu des morts, et que des policiers sont impliqués. C’est à l’enquête de déterminer les responsabilités », a déclaré le Premier ministre, appelant les familles et les habitants de Cambérène à faire confiance à la procédure judiciaire.

Il a également tenu à lever toute ambiguïté sur la suite qui sera donnée. Il a assuré que, si l’enquête établissait des fautes, le gouvernement prendrait toutes les mesures nécessaires, sans complaisance. Il a insisté sur le fait qu’il n’y aurait ni protection ni impunité, et que les responsabilités seraient situées en toute impartialité.

Cette visite du Premier ministre intervient après plusieurs jours de vives émotions dans la localité et de débats dans l’opinion publique sur la gestion des opérations de maintien de l’ordre. Elle vise à apaiser les tensions et à garantir aux familles endeuillées que l’État se tiendra à leurs côtés pour faire jaillir la vérité et rendre justice.

Médecins en spécialisation : le COMES suspend sa grève après des avancées significatives

Après plusieurs semaines de mobilisation et de perturbations dans les hôpitaux, le Collectif des Médecins en Spécialisation (COMES) a annoncé la suspension de son mot d’ordre de grève. Cette décision a été prise à la suite de discussions jugées « encourageantes » avec les autorités, ouvrant la voie à une issue négociée aux revendications portées depuis des mois par les jeunes praticiens.

« Après un mois de grève, le COMES a décidé de suspendre son mot d’ordre de grève. Cela fait suite à quelques rencontres que nous jugeons positives pour la résolution des problèmes cités dans notre plateforme revendicative », a déclaré Dr Abou Talla, président du collectif, au micro de la RFM.

Le point central des revendications porte sur le statut des médecins en spécialisation, qui réclament une reconnaissance administrative et professionnelle claire de leur situation, entre étudiants et praticiens à part entière. Ce dossier, qualifié de « point saillant » par le Dr Talla, a fait l’objet d’échanges directs avec le président de l’Assemblée nationale.

« Nous avons eu à rencontrer le président de l’Assemblée nationale qui nous a demandé, dans un premier temps, de faire des propositions qu’il va présenter au président de la République pour que le problème soit réglé », a précisé le président du COMES.

Le collectif se félicite également de l’implication du Haut Conseil du dialogue social, qui s’est montré attentif aux doléances et a formulé des pistes pour l’élaboration d’un futur statut, susceptible d’être adopté par décret.

« Même le ministère de la Santé a eu à proposer la mise en place d’un groupe de travail chargé de réfléchir sur la proposition d’un statut », a ajouté Dr Talla, soulignant un climat d’écoute et de bonne volonté inédits après des mois de blocage.

Malgré cette avancée, le COMES reste prudent. Les médecins en spécialisation rappellent que la suspension de leur grève n’est pas synonyme de satisfaction totale. « Il y a des choses qui ne sont pas encore réglées et que nous allons continuer à suivre, en espérant que les autorités qui se sont engagées pour la résolution de ce problème vont agir de façon concrète et définitive. Ce problème a trop duré », a averti Dr Talla.

Cette suspension du mouvement ouvre ainsi une période d’observation et de suivi des engagements pris par les différentes autorités. Les médecins en spécialisation entendent rester mobilisés, déterminés à obtenir la reconnaissance pleine et entière de leur rôle dans le système sanitaire sénégalais.

Décrets renvoyés : la colère des enseignants décisionnaires qui dénoncent une « trahison » du gouvernement

Le climat social dans le secteur de l’éducation sénégalaise est de nouveau sous tension. Les enseignants dits décisionnaires se disent trahis et humiliés après l’annonce du renvoi de leurs décrets au Secrétariat général du gouvernement, pour une seconde lecture. Une décision inattendue, qui a suscité une vague d’indignation dans leurs rangs, alors qu’ils espéraient enfin voir leur situation régularisée après des années de précarité administrative.

Amadou Camara Diène, coordonnateur des enseignants décisionnaires, a exprimé sa déception et sa colère. « Nous ne pouvons pas comprendre cet état de fait, parce qu’on nous avait dit que tout ce qui devait se faire avec les décrets a été fait. Il ne restait plus que les signatures », a-t-il déploré avec amertume. « Malheureusement, nous sommes au regret de constater que le gouvernement s’est dédit. C’est une trahison pure et simple. Nous avons eu confiance à ce gouvernement. Nous avons attendu, et nous avons été très patients ».

Ces enseignants se considèrent comme des laissés-pour-compte de la fonction publique. Pendant que leurs collègues, intégrés plus tôt, voient leur carrière progresser normalement, eux stagnent, bloqués depuis des années sans perspectives d’avancement ni reconnaissance effective de leur statut. Selon eux, ce blocage administratif sape leur motivation et compromet leur avenir professionnel et social.

Face à ce qu’ils qualifient de « marginalisation systémique », Amadou Camara Diène a lancé un appel pressant à tous les syndicats du secteur, en particulier au G7 et au G20. « On ne peut plus continuer dans cette situation. C’est pourquoi nous appelons les secrétaires généraux du G7 d’abord, pour leur dire que les décisionnaires n’en peuvent plus et ne peuvent plus attendre, parce que leur avenir est hypothéqué », a-t-il martelé.

Pour ces enseignants, il est temps d’unir toutes les forces syndicales autour d’un front commun. « En ce moment, il n’est plus question de décisionnaires. Il est question d’enseignants. C’est l’enseignant qui a été trahi, qui a été atteint dans sa dignité et dans sa chair. Nous attendons une réponse à la hauteur de la trahison, une réponse à la hauteur de cette forfaiture », a-t-il insisté.

Cette crise révèle, une fois de plus, l’ampleur du malaise latent qui mine le système éducatif sénégalais, souvent confronté à des lenteurs administratives et à des frustrations professionnelles récurrentes. Le gouvernement est désormais attendu au tournant pour désamorcer une colère qui pourrait rapidement se transformer en mouvement de contestation de grande ampleur.

Mbour : 23 candidats à l’émigration clandestine interpellés, dont huit femmes et un bébé

Les forces de l’ordre ont encore frappé un coup dans la lutte contre la migration irrégulière. Ce jeudi 3 juillet 2025, les éléments du Commissariat central de Mbour ont procédé à l’interpellation de 23 personnes soupçonnées de vouloir quitter clandestinement le territoire national par voie maritime.

L’opération s’est déroulée dans le quartier Médine, à la suite d’un signalement anonyme qui a permis aux autorités de localiser un groupe suspect de migrants. À leur arrivée, les policiers ont découvert 20 ressortissants guinéens, deux gambiens et un sénégalais. Parmi eux figuraient huit femmes, dont certaines en situation de grande vulnérabilité, ainsi qu’un bébé.

D’après les premiers éléments de l’enquête, les candidats à l’émigration avaient discrètement convergé vers Mbour en petits groupes, dans l’objectif de rejoindre une embarcation clandestine. Cette stratégie visait à échapper aux contrôles de police et à rendre plus difficile la détection de leur projet. Cependant, leur plan a été contrarié par la vigilance des forces de sécurité.

Le convoyeur, quant à lui, reste introuvable. Malgré les interrogatoires, les personnes interpellées se sont abstenues de désigner l’organisateur du voyage. Elles ont préféré affirmer être venues à Mbour dans l’optique de trouver du travail, une version que les enquêteurs prennent avec prudence.

L’enquête, toujours en cours, vise à identifier les commanditaires et éventuels complices impliqués dans ce réseau. Les autorités sénégalaises, qui rappellent régulièrement les dangers liés à la migration irrégulière, réitèrent leur engagement à démanteler les filières clandestines actives sur le territoire.

Cette opération survient dans un contexte de recrudescence des tentatives de départ vers les côtes espagnoles, notamment en direction des îles Canaries. Les services de police et de gendarmerie sont de plus en plus mobilisés sur les axes de transit, afin de freiner cette dynamique qui continue d’exposer de nombreuses vies à de graves dangers.

Bassirou Diomaye Faye au Cabo Verde : le Sénégal célèbre les 50 ans d’indépendance du pays frère

À l’invitation de Son Excellence Monsieur José Maria Neves, Président de la République du Cabo Verde, le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a pris part, ce samedi 5 juillet 2025, à la cérémonie officielle marquant le 50e anniversaire de l’indépendance du Cabo Verde.

Ce moment historique, célébré dans un esprit de solennité et de fraternité, a réuni plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains et partenaires internationaux. La présence du Président Diomaye Faye traduit l’importance que le Sénégal accorde aux relations bilatérales avec le Cabo Verde, un pays lié au Sénégal par l’histoire, la géographie, la culture et une coopération exemplaire.

À cette occasion, le Sénégal a adressé ses chaleureuses félicitations au peuple capverdien pour ce jalon important de son parcours national, en lui souhaitant paix, prospérité et succès continu.

Dans son message officiel, le Chef de l’État sénégalais a réaffirmé l’engagement du Sénégal à œuvrer pour le renforcement des liens d’amitié, de fraternité et de coopération entre Dakar et Praia.

Saint-Louis : La Police nationale déjoue une tentative de trafic de migrants vers les Canaries

Une nouvelle opération de lutte contre la migration clandestine vient de porter ses fruits dans le nord du Sénégal. Les services de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), antenne régionale de Saint-Louis, ont en effet mis en échec une tentative de départ illégal par voie maritime, en direction de l’archipel espagnol des Canaries.

Selon les informations recueillies, l’opération s’est déroulée dans la nuit du 1er au 2 juillet 2025. Les enquêteurs ont procédé à l’interpellation de cinq individus soupçonnés d’être impliqués dans l’organisation du voyage. Ces arrestations sont survenues après plusieurs jours de surveillance et de recoupements d’informations, faisant état d’un projet de convoyage par pirogue.

L’embarcation destinée au transport des migrants a été localisée et saisie près de la Mosquée Mouride, un point de repère bien connu des habitants de la zone côtière de Saint-Louis. D’après une source proche de l’enquête, l’embarcation devait accueillir une vingtaine de candidats au départ.

Les premiers éléments d’investigation laissent penser que le réseau disposerait de ramifications transfrontalières. « Des liens ont été évoqués avec des recruteurs basés en Gambie, ce qui fait suspecter l’existence d’une filière bien organisée opérant entre les deux pays », précise un officier de police.

À l’issue de leur garde à vue, les cinq suspects ont été présentés le 2 juillet 2025 devant le Procureur Financier du Pool Judiciaire de Dakar. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs et complicité de tentative de trafic de migrants.

Dans le même temps, les autorités sénégalaises poursuivent leurs efforts pour identifier et interpeller les organisateurs présumés encore en fuite. D’après les enquêteurs, les investigations se concentrent désormais sur les commanditaires du réseau et sur leurs éventuels relais financiers.

Cette opération confirme la persistance des filières de migration irrégulière le long de la côte atlantique, où des milliers de jeunes Sénégalais tentent chaque année de rallier l’Europe, au péril de leur vie. Les autorités appellent la population à la vigilance et à la coopération, rappelant que de telles traversées clandestines sont particulièrement dangereuses et souvent mortelles.

Lutte contre la traite des personnes : interpellation d’une présumée proxénète à Mbour, trois jeunes Nigérianes mises à l’abri

La Division Nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants et Pratiques Assimilées (DNLT) poursuit son action contre l’exploitation humaine. Le vendredi 4 juillet 2025, l’antenne de Saly a interpellé une femme de nationalité étrangère, soupçonnée d’association de malfaiteurs et de traite des personnes, dans la ville de Mbour.

Cette arrestation intervient après la mise à disposition, le 1er juillet dernier, d’une autre femme par l’antenne de la DNLT de Kédougou. Cette dernière avait affirmé avoir été exploitée sexuellement pendant plusieurs mois par une compatriote résidant à Joal. Selon son témoignage, après avoir versé à sa proxénète une somme de deux millions cinq cent mille (2 500 000) FCFA, elle aurait pu retrouver sa liberté et exercer son activité de manière autonome à Kédougou.

Dans ses déclarations, elle a également révélé que d’autres jeunes femmes nigérianes se trouvaient toujours sous la coupe de la mise en cause, exploitées dans une maison située au quartier Caritas, à Joal. Affirmant vouloir collaborer avec les autorités, elle a fourni l’adresse exacte du domicile où seraient logées les présumées victimes.

Munis de ces informations, les enquêteurs ont localisé le lieu d’exploitation présumé et organisé une opération de terrain. Celle-ci a abouti à l’arrestation de la suspecte principale et à la sécurisation de trois jeunes filles nigérianes, qui ont immédiatement été mises à l’abri.

Selon les premiers éléments recueillis, l’enquête fait état d’un système organisé d’exploitation sexuelle, dans lequel les victimes étaient contraintes de reverser une grande partie de leurs gains. Les investigations financières ont permis d’identifier plus de 3,9 millions FCFA générés au bénéfice de la mise en cause. Une réquisition judiciaire a également été adressée à une plateforme de paiement mobile, afin de bloquer un compte crédité d’un solde supérieur à 1,4 million FCFA et soupçonné d’alimenter l’activité illégale.

La mise en cause a été présentée le 4 juillet 2025 devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Mbour. Les autorités précisent que l’enquête se poursuit, afin d’identifier d’éventuels complices et de déterminer l’ampleur exacte du réseau.

Mort de Lamine Dieng : la famille émet des doutes sur la version officielle devant le Premier ministre

La visite de condoléances du Premier ministre Ousmane Sonko, ce samedi 5 juillet 2025 à Cambérène, a été marquée par la prise de parole ferme et émue de la famille de Lamine Dieng, l’un des trois jeunes décédés lors des affrontements récents avec les forces de l’ordre.

Rane Guèye, oncle du défunt et porte-parole de la famille, a exprimé publiquement ses doutes sur les circonstances exactes de la mort de son neveu. Devant le chef du gouvernement et les autorités locales, il a mis en cause certains éléments de la version avancée par l’autopsie.

« Une personne noyée, normalement, son corps gonfle. Mais celui de Lamine Dieng ne présentait aucun signe de gonflement. Il saignait encore, même au moment de la prière mortuaire. Cela nous pousse à penser qu’il n’est pas mort par noyade », a-t-il affirmé, d’un ton grave.

Selon la famille, plusieurs incohérences subsistent entre les constats effectués au moment de la découverte du corps et les conclusions officielles de l’expertise médico-légale. « Si l’autopsie indique que le corps ne saignait pas, alors il y a un problème. Ces incohérences doivent être prises très au sérieux par l’enquête », a insisté M. Guèye, invitant le Premier ministre à garantir toute la transparence nécessaire.

Au-delà de ces questionnements, la famille a également dénoncé la brutalité de l’intervention policière et les effets collatéraux sur les habitants du quartier. « Un de nos voisins a été hospitalisé avec sa femme enceinte. Nous demandons que de telles interventions se fassent avec plus de précautions. Nous voulons plus de protection à l’avenir », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Ousmane Sonko, qui s’est exprimé à l’issue de ces échanges, a réitéré l’engagement du gouvernement à faire toute la lumière sur ces événements dramatiques. Il a assuré que les instructions données aux autorités judiciaires et administratives portent sur « des enquêtes impartiales et approfondies ».

La mort de Lamine Dieng et de deux autres jeunes lors de ces heurts a suscité une vive émotion et un débat national sur les méthodes d’intervention des forces de sécurité. Les résultats définitifs de l’enquête judiciaire sont désormais attendus avec une grande attention.

Hydrocarbures : des records de production en juin 2025 pour Sangomar et GTA

Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a rendu public ce vendredi le rapport de production des projets pétroliers et gaziers de Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim (GTA) pour le mois de juin 2025, confirmant la montée en puissance progressive des deux méga-chantiers énergétiques du Sénégal.

Selon les données officielles, le champ pétrolier de Sangomar a franchi un seuil inédit au cours de ce mois. Trois cargaisons, désignées sous les références SAN034, SAN035 et SAN036, ont été enlevées et exportées sur le marché international, représentant un volume cumulé de 2,9 millions de barils de pétrole brut. Sur le seul deuxième trimestre 2025, les volumes commercialisés ont atteint un record de 9,63 millions de barils, signe de la montée en cadence des opérations de production et d’exportation.

Les prévisions annuelles restent inchangées : les autorités tablent sur une production globale estimée à 30,53 millions de barils de brut sur l’ensemble de l’année 2025. Ce niveau, s’il est atteint, consoliderait la place de Sangomar comme un pilier stratégique de l’industrie pétrolière sénégalaise et une ressource majeure pour les recettes publiques.

Côté gaz, le projet GTA, situé à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, poursuit également sa phase de montée en charge. Durant le mois de juin, deux cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), numérotées GTA_2025_003 et GTA-2025_004, ont été chargées, représentant un volume global de 0,33 million de mètres cubes.

Le ministère précise que les opérations de mise en service et de calibrage des installations se poursuivent conformément au planning, avec pour objectif de stabiliser puis d’augmenter progressivement les niveaux de production au cours du second semestre.

Ces performances illustrent la dynamique enclenchée depuis le démarrage de la production commerciale, ainsi que la montée en puissance programmée des capacités d’exportation. Elles confirment également les ambitions affichées par le gouvernement sénégalais de positionner le pays comme un acteur énergétique majeur de la sous-région, à la fois sur le pétrole et sur le gaz.

Badara Gadiaga s’en prend violemment au député Amadou Bâ : “Quand on parle d’éthique, vous devez raser les murs”

L’émission de ce vendredi a donné lieu à un échange particulièrement tendu entre le député de la majorité présidentielle, Amadou Bâ, et le chroniqueur Badara Gadiaga. Les deux hommes se sont opposés frontalement sur le dossier sensible dit “Sweet Beauté”, qui continue de cristalliser les passions au Sénégal.

Tout est parti d’une intervention d’Amadou Bâ, qui s’était lancé dans une défense de son parti, le Pastef, face aux critiques récurrentes sur les accusations de dérives verbales et de radicalisme. Visiblement irrité, Badara Gadiaga est alors monté au créneau, reprochant au parlementaire et à son camp de manquer de légitimité morale.

« Vous devez raser les murs quand les gens parlent d’éthique et de déontologie. Votre leader a été condamné pour corruption de la jeunesse. Rien que pour cette affaire, vous n’avez pas droit à la parole », a-t-il lancé, le ton empreint de colère.

Malgré les tentatives de modération du présentateur et des autres invités pour calmer le débat, le chroniqueur est resté ferme, accusant Pastef de vouloir donner des leçons alors que le parti porterait, selon lui, une lourde responsabilité morale et politique.

« Le parti Pastef n’est pas exempt de reproches. Vous êtes mal placés pour donner des leçons de morale car votre passé, on le connaît », a poursuivi Badara Gadiaga, avant de conclure son intervention, visiblement déterminé à ne laisser aucun doute sur sa position.

Cette passe d’armes intervient alors que le débat politique reste sous tension depuis la prise de fonction du gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, Premier ministre et figure centrale de l’affaire “Sweet Beauté”. Ce dossier, dans lequel Sonko a été condamné en 2023, continue d’alimenter la division entre ses soutiens et ses adversaires.

Amadou Bâ, de son côté, a dénoncé ce qu’il qualifie de « campagne de diabolisation » et réaffirmé que Pastef reste « un parti profondément attaché aux valeurs de probité ». Il a appelé à « tourner la page » et à « se concentrer sur les priorités des Sénégalais ».

CAMBÉRÈNE – Visite du Premier ministre Ousmane Sonko après la mort tragique de deux jeunes : L’État s’engage à faire la lumière

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu ce samedi dans le quartier de Cambérène, endeuillé par la mort de deux jeunes, dont Lamine Dieng, survenue dans des circonstances troubles impliquant les forces de l’ordre. À la tête d’une forte délégation gouvernementale, le chef du Gouvernement a présenté les condoléances de l’État à la famille éplorée et réaffirmé l’engagement ferme des autorités à faire toute la lumière sur ce drame.

La visite s’est déroulée dans un climat empreint de gravité et de compassion. Ousmane Sonko a été accueilli par les proches de Lamine Dieng ainsi que des dignitaires religieux locaux, dont la mobilisation a contribué à apaiser les tensions dans cette zone sensible de la capitale.

« Le Président de la République et moi-même tenons à exprimer toute notre solidarité et notre profonde tristesse face à cette tragédie. Nous devons à la mémoire de ces jeunes la vérité, et à leurs familles la justice », a déclaré Ousmane Sonko, visiblement ému.

Le Premier ministre a également assuré que son gouvernement ne ménagera aucun effort pour accompagner les familles affectées par cette perte. Des mesures de soutien et d’assistance seront mises en œuvre rapidement, a-t-il précisé.

Prenant la parole au nom de la famille DIENG, Baye Rahne Gueye a salué cette démarche du gouvernement qu’il a qualifiée de « geste fort et rassurant ». Il a exprimé la gratitude de la famille envers les autorités, tout en insistant sur l’importance de faire la lumière sur les circonstances du décès.

« Nous avons perdu un fils, un frère, un voisin. Ce drame ne doit pas rester sans suite. Mais aujourd’hui, nous sommes réconfortés par la présence du Premier ministre et par ses engagements clairs en faveur de la vérité », a-t-il souligné.

Alors que les circonstances exactes de l’incident demeurent encore floues, l’État promet une enquête rigoureuse et transparente. Cette visite de haut niveau à Cambérène, hautement symbolique, vise à désamorcer les tensions et à ouvrir un chemin vers la vérité et la réconciliation.

Tentative de migration clandestine déjouée à Mbour : 23 personnes interpellées dont un bébé

La police de Mbour a procédé, ce jeudi, à l’arrestation de 23 individus soupçonnés de préparer un départ clandestin par voie maritime. Cette opération a été menée dans le quartier Médine, suite à un signalement anonyme ayant alerté les autorités sur des mouvements suspects dans la zone.

Parmi les personnes interpellées figurent 20 ressortissants guinéens, 2 gambiens et 1 sénégalais. Le groupe comptait également 8 femmes et un bébé, ce qui témoigne de la gravité et du désespoir qui entourent ces tentatives de migration irrégulière. Selon les premiers éléments de l’enquête, les migrants s’étaient répartis en petits groupes afin de contourner la vigilance des forces de sécurité.

Interrogés par les enquêteurs, les migrants ont affirmé être venus au Sénégal dans le but de trouver du travail. Toutefois, ils sont restés silencieux quant à l’identité du convoyeur, actuellement en fuite. Les autorités estiment qu’il pourrait s’agir d’un maillon important d’un réseau bien structuré de trafic de migrants.

Une enquête a été immédiatement ouverte pour identifier les responsables et démanteler le réseau qui se cache derrière cette opération. La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a été saisie pour épauler la police locale dans les investigations en cours.

Cet incident relance une fois de plus le débat sur les causes profondes de la migration clandestine en Afrique de l’Ouest, notamment la précarité économique, le chômage massif des jeunes, et l’absence de perspectives durables dans les pays d’origine.

Kaolack dans le noir : les délestages reprennent dans un pays pourtant pétrolier

Les délestages refont surface à Kaolack, plongeant chaque soir des quartiers entiers dans l’obscurité. Un paradoxe de plus en plus mal vécu dans un pays qui célèbre ses premières gouttes de pétrole.

Depuis plusieurs semaines, les habitants de Médina Baye, Sam, Ndorong, Médina Mbaba, Thioffack, et d’autres quartiers vivent au rythme infernal des coupures d’électricité. Les délestages, qui surviennent presque chaque nuit, durent parfois plusieurs heures, voire jusqu’au matin.

« Chaque soir, on se prépare avec des bougies et des lampes torches. Le frigo est devenu inutile », témoigne Pape Thior, vendeur de poisson, qui dit avoir perdu plusieurs milliers de francs CFA à cause de produits avariés.

La fréquence et la durée des coupures ont brutalement augmenté. Résultat : la vie quotidienne est paralysée, les activités économiques ralentissent et le moral des habitants est au plus bas.

En 2023, le Sénégal a commencé à exploiter son pétrole offshore, annonçant une nouvelle ère d’indépendance énergétique. Mais sur le terrain, les bénéfices tardent à se faire sentir.

« On nous parle d’or noir, mais chez nous, c’est le noir tout court », ironise Abdou Salam Diop, habitant de Médina Baye.

Artisans, commerçants, restaurateurs, tous paient un lourd tribut. Dans les ateliers de couture, les machines restent à l’arrêt. Les vendeurs de glace et les petits restaurants doivent jeter leur stock. Les élèves, eux, peinent à réviser dans le noir, à quelques semaines du Bac et du BFEM.

Dans certains centres de santé, la situation est critique : les vaccins qui exigent une conservation au froid sont menacés. Certains appareils médicaux cessent de fonctionner, mettant en péril la vie des patients les plus fragiles.

L’insécurité nocturne s’aggrave. Sans éclairage public, les agressions et les vols se multiplient.

« Nous avons peur de sortir le soir. Sans lumière, on ne voit rien et les voleurs en profitent », déplore Fanta Diagne, mère de famille.

« On vit dans un pays pétrolier, mais on se croirait au Moyen Âge dès que le courant part », s’indigne Cheikh Fall, élève en classe de 3e.

Le gouvernement promet des améliorations : nouvelles centrales, renforcement du réseau de distribution d’ici 2026. Mais pour les habitants de Kaolack, l’attente devient insupportable.

Dans les rues, la colère gronde. Des voix s’élèvent, des rassemblements spontanés se multiplient. Les populations exigent des solutions immédiates.

Tant que l’accès à une électricité stable et abordable ne sera pas garanti, le rêve pétrolier risque de demeurer un mirage. Et chaque soir, dans les maisons de Kaolack, la flamme de l’espoir vacille… tout comme la lumière.

Justice – Affaire Locafrique/Dermond Oil : Khadim Ba reste en prison malgré une expertise en sa faveur

Khadim Ba, patron de Locafrique et Dermond Oil, ne recouvrira pas la liberté pour l’instant. Le juge du premier cabinet d’instruction financier a rejeté sa demande de mise en liberté provisoire, suivant à la lettre le réquisitoire du parquet financier, qui s’était opposé à toute remise en liberté. Cette décision intervient malgré une expertise récemment versée au dossier, jugée pourtant favorable à l’inculpé.

Incarcéré depuis le 4 octobre 2024, Khadim Ba fait face à des accusations d’une extrême gravité :

Importation sans déclaration portant sur un montant de 63,052 milliards de francs CFA, Défaut de rapatriement de 44,601 milliards de francs CFA, Escroquerie sur les deniers publics à hauteur de 63,052 milliards de francs CFA.

Ces chefs d’inculpation s’inscrivent dans le cadre d’une vaste enquête pilotée par le parquet financier, qui cherche à faire la lumière sur des flux commerciaux et financiers illicites liés à des opérations d’importation présumées frauduleuses.

Face au magistrat instructeur, Khadim Ba a contesté fermement les faits. Il a soutenu n’avoir aucun rôle direct dans les opérations d’importation ou de transfert de fonds mis en cause. « Je ne suis ni importateur, ni transitaire, ni une banque », aurait-il plaidé, selon des informations rapportées par le journal Libération. Il va plus loin en pointant du doigt la Société africaine de raffinage (SAR), qu’il désigne comme le véritable acteur de ces opérations. En somme, il estime que ni Locafrique, ni Dermond Oil ne peuvent être impliquées dans les infractions reprochées.

Toujours selon Libération, une expertise déposée récemment dans le dossier tendait à confirmer la version de Khadim Ba. Toutefois, ni le parquet financier ni le juge d’instruction n’ont été convaincus par ses conclusions. La décision de maintenir Khadim Ba en détention semble indiquer que des éléments jugés suffisamment graves persistent contre lui.

L’affaire demeure en instruction, et les investigations se poursuivent. Mais ce refus de libération provisoire laisse entrevoir la complexité du dossier et la prudence des autorités judiciaires, soucieuses de ne pas fragiliser une enquête portant sur plus de 100 milliards de francs CFA au total.

À ce stade, Khadim Ba reste donc détenu, en attendant les prochaines étapes de cette affaire tentaculaire, où se mêlent enjeux économiques, responsabilités institutionnelles et soupçons de crimes financiers à grande échelle.

Affaire Sonko–Adji Sarr : Amadou Ba (Pastef) réplique sèchement à Madiambal Diagne et dénonce une « manipulation puérile »

Le député Amadou Ba, membre du parti Pastef, n’a pas tardé à répondre aux critiques virulentes du journaliste Madiambal Diagne, à la suite de sa déclaration controversée dans l’émission Jakarlo Bi de ce vendredi 4 juillet. Dans une vidéo de huit minutes publiée sur Facebook sous le titre « Corruption de la jeunesse : mettre fin aux manipulations puériles de Madiambal et compagnie », l’élu a tenu à clarifier ses propos et dénoncer ce qu’il considère comme une tentative de déstabilisation politique.

Tout est parti d’une séquence de l’émission Jakarlo Bi, au cours de laquelle Amadou Ba, abordant l’affaire Ousmane Sonko – Adji Sarr, aurait lancé : « Adji Sarr est une prostituée, Sonko un client ». Des propos qui ont fait vivement réagir Madiambal Diagne sur le réseau social X (anciennement Twitter). Le journaliste s’est indigné :

« Adji Sarr est une prostituée, Sonko un client » ! Amadou Ba de Pastef a-t-il mesuré la gravité de son propos ? Quel respect pour Adji Sarr ! Quel respect pour son leader Ousmane Sonko ! Est-ce un autre coup bas entre pastefiens ? »

Face à cette sortie, Amadou Ba a contre-attaqué avec fermeté. Dans sa vidéo, il accuse Madiambal Diagne et d’autres figures médiatiques de travestir ses propos à des fins politiques. Selon lui, ses déclarations ont été sorties de leur contexte dans une volonté manifeste de nuire à sa personne et de semer la discorde au sein du parti Pastef. Le député assure qu’il ne s’agissait nullement d’une attaque contre Ousmane Sonko, qu’il dit continuer de respecter et soutenir, mais plutôt d’une mise en lumière du traitement médiatique biaisé de l’affaire.

Amadou Ba estime que Madiambal Diagne agit dans une logique de manipulation de l’opinion publique et d’instrumentalisation politique de faits sensibles. Il rappelle également que son intention première était de dénoncer l’instrumentalisation judiciaire et médiatique de l’affaire Adji Sarr, devenue selon lui un outil de persécution politique.

Cette passe d’armes intervient dans un contexte toujours tendu, où chaque mot autour de l’affaire Sonko–Adji Sarr peut raviver les clivages politiques et les tensions sociales. Elle illustre également les fractures internes qui peuvent exister au sein même des soutiens de Pastef, dans un climat post-électoral encore chargé.

Attaque contre Kër Leyti : une agression contre la mémoire et la culture orale

Dans la nuit du 5 juillet 2025, un acte aussi ignoble qu’inquiétant s’est produit à Kër Leyti, la Maison de l’Oralité et du Patrimoine. Située à Keur Massar et fondée par le professeur Massamba Guèye, cette institution culturelle phare, dédiée à la sauvegarde de la parole, de la mémoire et de l’identité africaine, a été la cible de malfaiteurs. Moins de deux semaines avant la très attendue Grande Nuit du Conte, prévue le 18 juillet, ce haut lieu du récit oral a été violemment profané.

Selon les premières informations, les assaillants ont pénétré par effraction en forçant la porte du balcon menant au bureau du Directeur. Une fois à l’intérieur, ils ont commis leur forfait avec une violence manifeste. Une plainte a été immédiatement déposée auprès de la gendarmerie de Keur Massar. L’enquête, ouverte suite à une dénonciation visant un individu non encore identifié, est en cours.

Au-delà du préjudice matériel et du traumatisme que cette attaque a pu engendrer, c’est toute une symbolique qui a été visée. Kër Leyti n’est pas un simple bâtiment ; c’est un sanctuaire de la culture, un creuset de l’oralité africaine, un espace vivant de transmission intergénérationnelle. L’acte posé par ces malfaiteurs constitue une atteinte frontale à un patrimoine immatériel essentiel.

Face à cette épreuve, la réaction de la direction se veut digne et déterminée. Dans un message porteur d’espoir et de résilience, elle affirme : « Nous restons debout ! » — une réponse forte à une tentative de déstabilisation qui, loin d’affaiblir Kër Leyti, renforce son rôle central dans la défense de l’héritage culturel africain.

Ce drame appelle à une réaction ferme. Les autorités compétentes sont interpellées pour que toute la lumière soit faite, que les auteurs de cette agression soient identifiés et traduits en justice, et que les mesures nécessaires soient prises pour assurer la sécurité de ce haut lieu de culture.

Kër Leyti n’est pas seul. Plus qu’un vol, c’est un signal d’alarme. Il est de notre devoir collectif de protéger ces espaces de mémoire vivante. La culture ne se vole pas. Elle se défend, elle se transmet, elle se fortifie.

Industrie automobile sénégalaise : Serigne Mboup sonne l’alerte et interpelle l’État

Le président du Groupe CCBM dénonce une politique industrielle incohérente et appelle à un sursaut stratégique pour sauver le rêve d’une industrie automobile nationale.

Dans une prise de parole publique aussi rare que retentissante, Serigne Mboup, président du Groupe CCBM et de l’Union nationale des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal, a exprimé de profondes inquiétudes sur l’avenir de l’industrie automobile locale. Cité par le quotidien L’As, l’homme d’affaires dénonce une série de décisions étatiques qu’il juge incohérentes, et qui, selon lui, compromettent sérieusement les efforts de longue date du secteur privé national.

« Je m’exprime aujourd’hui en toute responsabilité, parce qu’il est de mon devoir de parler quand l’essentiel est en jeu », déclare-t-il, rappelant le rôle central du Premier ministre comme porteur de la vision de l’État. Bien qu’il entretienne des relations personnelles « respectueuses et sincères » avec le chef du gouvernement, Ousmane Sonko, Serigne Mboup insiste : « Il est essentiel de distinguer les liens personnels des responsabilités institutionnelles. »

Loin d’une attaque politique, Serigne Mboup présente sa sortie comme une contribution au débat national sur la souveraineté économique. Il regrette une forme de mépris croissant envers les initiatives locales : « Le secteur privé national ne rejette pas le progrès ; il exige simplement de la cohérence, de la crédibilité et du respect dans les partenariats que l’État initie. »

Selon lui, de nombreux accords sont conclus à la hâte avec des partenaires étrangers sans réelle capacité industrielle ni ancrage local. Une légèreté qui, à ses yeux, entame gravement la crédibilité du Sénégal. « Ce sont des conventions signées sur la base de promesses peu crédibles. Cette démarche fragilise notre souveraineté industrielle », martèle-t-il.

Serigne Mboup retrace, documents à l’appui, le long chemin de l’industrie automobile sénégalaise : de Berliet dans les années 1960 à Seniran Auto, en passant par Senbus. Toutes ces tentatives, selon lui, ont échoué faute de stratégie claire et d’accompagnement soutenu. Pourtant, souligne-t-il, le savoir-faire local existe bel et bien. « CCBM Automobile a livré des véhicules militaires à l’État en 2012, toujours en circulation aujourd’hui », rappelle-t-il comme preuve tangible de la capacité industrielle nationale.

Mais ce savoir-faire, dit-il, est étouffé par un marché intérieur trop étroit, une politique d’importation favorisant les partenaires étrangers, et l’absence d’un cap industriel national affirmé. « Alors que les usines locales dorment ou survivent, nous voyons l’État célébrer de nouveaux partenariats – KIA, Mercedes – sans dialogue, sans mémoire », déplore-t-il.

Dans un plaidoyer vibrant, Serigne Mboup appelle les autorités à opérer un tournant stratégique. Il fustige les entreprises étrangères qui, selon lui, ne s’intéressent au pays que pour bénéficier de la commande publique, au détriment des industriels locaux qui forment, emploient et investissent. « Ce sont des passagers de la commande publique », accuse-t-il.

Et d’ajouter : « Le Sénégal doit choisir : le courage ou la répétition. Soutenir les industriels existants avant d’importer du rêve, valoriser nos usines, nos équipes, notre ingénierie, défendre les pionniers d’ici plutôt qu’applaudir les opportunistes d’ailleurs. »

S’il réaffirme son adhésion à la Vision 2050 portée par les autorités, Serigne Mboup appelle à lui donner un contenu tangible. Pour lui, le label « Produit au Sénégal » ne doit plus être un simple slogan mais un engagement ferme et structurant. « Il faut donner un contenu réel à l’expression “produit au Sénégal” : une volonté ferme, pas une formule creuse », conclut-il.

Le Préfet de Dakar interdit une nouvelle manifestation de la diaspora togolaise : le FRAPP dénonce une « collusion avec la répression »

La tension demeure élevée entre les autorités sénégalaises et les organisations citoyennes soutenant le peuple togolais. Pour la deuxième fois consécutive, le Préfet de Dakar a interdit un rassemblement pacifique planifié par la diaspora togolaise, provoquant la colère du Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP).

Dans un communiqué publié ce samedi, le FRAPP critique une décision qu’il qualifie de « sabotage politique ». L’organisation affirme que la notification de l’interdiction a été communiquée « à peine une heure avant le début prévu », alors que les participants étaient déjà en train de se rassembler.

« Tandis que le régime de Faure Gnassingbé réprime à Lomé, à Dakar, le préfet empêche toute dénonciation », s’insurge le FRAPP, accusant l’administration dakaroise de « réduire au silence les voix solidaires ». Selon le mouvement panafricain, il ne s’agit ni d’un souci de maintien de l’ordre ni d’une mesure de précaution, mais d’une « complicité déclarée avec la répression ».

Le ton du communiqué est particulièrement virulent. Le FRAPP estime que l’interdiction démontre une adhésion aux logiques autoritaires :

« En persistant dans cette direction, le préfet de Dakar devient le relais local de l’ordre autoritaire contre lequel les peuples africains luttent. Il représente une administration rigide, opposée au changement, hostile à la liberté, toujours prête à limiter les aspirations populaires et panafricaines. »

Malgré cet obstacle, le FRAPP affirme qu’il ne reculera pas et qu’il continuera sa mobilisation aux côtés de la diaspora togolaise. « Ce bâillon, nous le déchirerons. La solidarité entre les peuples africains ne se négocie pas. Elle se pratique, se proclame, s’affiche, se manifeste. Partout », promet l’organisation.

En conclusion, le communiqué réaffirme que soutenir le peuple togolais, c’est également « défendre notre propre liberté ».

Togo debout. Dakar debout. Afrique debout.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°504 – 05 ET 06/07/2025

🔴 DÉVELOPPEMENT DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION EN AFRIQUE : LE SÉNÉGAL DANS LE TOP 15
🔴 TERRORISME / TRIANGLE FRONTALIER MAURITANIE-SÉNÉGAL-MALI : LE JNIM SE RESTRUCTURE

🔴 PRÉPARATIFS CHAN 2025 : LE SÉNÉGAL ET LA GUINÉE SE NEUTRALISENT (0-0)
🔴 AFROBASKET 2025 / 15 « LIONS » PRÉSÉLECTIONNÉS : LE SÉNÉGAL AFFÛTE SES ARMES

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République accuse Ousmane Sonko de dérives verbales et d’autoritarisme

Réunie ce vendredi 4 juillet 2025 au siège de Taxawu Sénégal, la Conférence des Leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a dressé un tableau sévère de la situation politique et sociale du Sénégal, pointant nommément la responsabilité du Premier ministre Ousmane Sonko.

Dès l’ouverture de cette rencontre, les responsables du FDR ont tenu à exprimer leur profonde compassion aux familles des victimes des violences policières récemment survenues à Cambérène et Rosso. Le Front a présenté ses condoléances « attristées » et a réaffirmé sa solidarité envers les populations endeuillées.

Mais c’est surtout le climat politique et la posture du chef du Gouvernement qui ont concentré les critiques les plus vives. Dans un communiqué rendu public à l’issue de la réunion, le FDR dit constater avec « inquiétude et désolation » que la scène nationale est dominée par « les dérives verbales du Premier ministre Ousmane Sonko » et par « une kyrielle de procès pour délits d’opinion intentés contre des journalistes, des responsables politiques et des citoyens ».

Le Front dénonce notamment la multiplication de déclarations jugées menaçantes ou outrageantes, que ce soit à l’Assemblée nationale lors de séances de questions au Gouvernement, à l’étranger devant des militants ou lors d’interventions publiques relayées en direct sur les télévisions et les réseaux sociaux.

Le FDR s’alarme de cette confusion des rôles entre le citoyen, le chef de parti et le chef du Gouvernement. Selon la coalition, cette confusion se double d’une tonalité inquiétante. « Le Premier ministre révèle une conception profondément problématique non seulement du pouvoir, mais aussi de la République, de la démocratie et de la liberté d’expression », souligne le communiqué.

Le FDR s’est particulièrement attardé sur une déclaration prononcée par Ousmane Sonko depuis Pékin, où il avait affirmé que « c’est parce que Dieu ne l’a pas fait Président que certains parlent alors qu’ils devaient raser les murs ». Pour le Front, il ne s’agit pas d’une « simple maladresse », mais d’un propos « d’une gravité extrême », qui trahit un « état d’esprit autoritaire » et s’apparente à une « menace directe, à peine voilée, contre tous ceux qui exercent leur droit légitime à la critique dans un pays démocratique ».

Les attaques répétées contre la magistrature ont également été relevées par l’opposition. Le FDR estime qu’en contestant systématiquement les juges dès lors qu’il est mis en cause ou qu’il perd un procès, Ousmane Sonko affiche un « manque notoire de respect des institutions socles de la République » censées protéger tous les citoyens.

« Ces paroles ne relèvent pas de quelques écarts anodins », poursuit le communiqué, mais s’inscrivent dans une « séquence continue de propos violents, injurieux, intimidants et stigmatisants ». Pour le FDR, elles constituent des « menaces proférées contre les institutions, la presse, l’opposition et la société civile » et traduisent « une vision autoritaire du rôle de l’État » ainsi qu’une « incapacité notoire de supporter la contradiction ».

Violence conjugale, maraboutage et isolement : le calvaire d’une jeune mariée bouleverse la toile

Les images ont glacé le sang de milliers d’internautes. Le visage tuméfié d’une jeune femme de 24 ans, l’œil gonflé, la joue meurtrie, figé dans une expression de désespoir muet, s’est imposé sur les réseaux sociaux comme le symbole d’un drame intime et insupportable. Ces photos, partagées massivement, révèlent l’enfer vécu par cette jeune épouse depuis son mariage célébré en septembre dernier.

C’est sa meilleure amie, Amina Zahra, qui a pris la décision de rompre le silence. Dans un long message publié sur Instagram, elle a raconté avec une émotion palpable la lente descente aux enfers de sa confidente. « Ma publication précédente, c’est ma meilleure amie. Elle s’est mariée en septembre dernier. Entre maraboutage, escroquerie, abus de confiance, violence conjugale… Je ne sais par où commencer », écrit-elle. Ces quelques phrases ont suffi à déclencher une onde de choc et à ouvrir la voie à une libération de la parole.

Selon son témoignage, la violence est apparue dès les premiers jours de l’union. Le mari réclamait de l’argent en permanence. À chaque refus, les coups pleuvaient. Pour satisfaire ses demandes incessantes, la jeune femme a peu à peu vendu ses biens : ses bijoux, ses téléphones, ses vêtements. Puis elle a sollicité sa famille, ses amis, quémandant de quoi répondre à des besoins qu’elle ne comprenait plus elle-même.

Le cauchemar ne s’est pas limité aux violences physiques et à l’extorsion financière. Son amie raconte que l’homme aurait eu recours au maraboutage pour exercer une emprise totale sur elle. « Il l’a envoûtée de telle sorte que tout ce qu’il demandait, elle le faisait. Même quand elle n’avait pas ce qu’il voulait, elle allait chercher l’argent par tous les moyens », explique Amina Zahra. Petit à petit, la jeune femme a été isolée de ses proches. Interdite de travailler, elle s’est enfermée dans la peur et le silence, coupée de toute aide.

Aujourd’hui, elle est au bord du gouffre. En proie à une dépression sévère, elle vit sous surveillance constante après avoir tenté, à plusieurs reprises, de mettre fin à ses jours ou de disparaître. C’est avec son consentement qu’Amina Zahra a décidé de médiatiser son calvaire, espérant briser l’engrenage de l’isolement et faire cesser l’impunité.

Depuis la publication de ces révélations, des milliers de messages de soutien affluent. Des femmes partagent leurs expériences similaires. Des voix s’élèvent pour dénoncer l’inaction face aux violences conjugales et réclamer des mesures de protection plus efficaces.

Le courage de cette jeune mariée et celui de son amie qui a osé parler rappellent que, derrière les murs des foyers, des drames se jouent encore, trop souvent dans le silence. Ces témoignages, devenus viraux, sont un appel pressant à la solidarité, à la justice et à l’engagement collectif contre toutes les formes de violences faites aux femmes.

Cambérène : Ousmane Sonko reporte sa visite et rencontrera les familles endeuillées ce samedi

Initialement attendu ce vendredi à Cambérène, le Premier ministre Ousmane Sonko a finalement décidé de différer sa visite sur les lieux où trois personnes ont trouvé la mort lors d’une intervention policière survenue ces derniers jours. C’est le ministre de l’Intérieur qui s’est rendu dans le quartier pour présenter, au nom du gouvernement, les condoléances officielles aux familles endeuillées. Selon la Radio Futurs Médias (RFM), le chef du gouvernement rencontrera les proches des victimes ce samedi.

Le drame de Cambérène et celui de Rosso ont ému l’opinion publique sénégalaise. Les opérations des forces de l’ordre ont coûté la vie à trois personnes, dont un jeune homme de 18 ans, Talla Keita, suscitant un vif émoi et des interrogations sur les circonstances exactes de ces décès. Depuis plusieurs jours, des voix s’élèvent pour dénoncer l’usage disproportionné de la force et réclamer que la lumière soit faite sur ces événements tragiques.

Le report de la visite du Premier ministre intervient alors que l’exécutif multiplie les messages d’apaisement. De retour d’Espagne où il participait à la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à ces drames. Il a donné des instructions claires aux autorités compétentes, notamment au ministre de l’Intérieur, pour que des enquêtes soient ouvertes « en toute impartialité ».

Ces investigations devront établir les responsabilités et déterminer les causes exactes de la mort des victimes. L’enjeu est d’autant plus important que la question du respect des droits humains par les forces de sécurité figure parmi les priorités affichées par les nouvelles autorités sénégalaises, qui se sont engagées à rompre avec les pratiques jugées opaques du passé.

Les populations de Cambérène et de Rosso, toujours sous le choc, attendent désormais des réponses concrètes. La venue d’Ousmane Sonko ce samedi devrait être l’occasion pour le gouvernement de réaffirmer sa volonté de transparence et de justice, dans un contexte où la confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre est mise à rude épreuve.

Menace terroriste aux frontières : Thierno Alassane Sall tire la sonnette d’alarme

Face à la progression inquiétante des groupes jihadistes maliens vers la frontière sénégalaise, le député Thierno Alassane Sall alerte sur la fragilité croissante du pays. Dans une sortie publiée ce vendredi 4 juillet sur ses réseaux sociaux, il pointe du doigt la stratégie d’expansion du JNIM vers Kayes, l’état de vulnérabilité des populations frontalières et les failles internes de l’État sénégalais.

Alors que la pression jihadiste s’intensifie dans la sous-région, notamment à la frontière entre le Mali et le Sénégal, le député Thierno Alassane Sall lance un cri d’alarme. Dans un message sans détours publié ce vendredi, le président du parti La République des Valeurs estime que « la cote d’alerte est atteinte » pour le Sénégal.

Selon lui, les groupes armés affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), liés à Al-Qaïda, visent désormais Kayes, ville malienne située à seulement quelques dizaines de kilomètres du territoire sénégalais. Une progression géographique préoccupante, qui installe la menace djihadiste aux portes du pays.

« Les nouvelles à nos frontières confirment une dynamique contre laquelle nous alertent depuis des mois tous les connaisseurs : les groupes dits jihadistes sont à nos portes », déclare Thierno Alassane Sall.

S’il affirme faire confiance à la vigilance des forces de défense et de sécurité, le parlementaire se montre particulièrement préoccupé par la fragilité du tissu social et institutionnel sénégalais. Il pointe notamment la pauvreté structurelle dans les zones frontalières, l’implantation croissante de réseaux de narco-trafiquants, et la multiplication de trafics en tout genre, comme en témoignent les récentes saisies de faux billets ou de drogues.

Pour Thierno Alassane Sall, le véritable danger réside dans la vulnérabilité interne du Sénégal. Citant le ministre des Finances qui évoquait récemment une pirogue « trouée de toutes parts », et le Premier ministre Ousmane Sonko qui affirmait que le pays était au « quatrième sous-sol », le député estime que le contexte actuel est celui d’un « naufrage ».

Il ajoute que ce contexte socio-économique délétère crée un terrain fertile pour les discours jihadistes, notamment dans les zones où l’État est peu présent et les services sociaux quasi inexistants. La pauvreté, le chômage des jeunes, l’isolement et la perte de confiance dans les institutions constituent, selon lui, un cocktail explosif.

Thierno Alassane Sall va plus loin en critiquant directement le Premier ministre, qu’il accuse de ne pas être à la hauteur des défis sécuritaires. Il reproche notamment à Ousmane Sonko de contribuer à « discréditer les institutions », à travers certaines de ses sorties publiques, et de « ne pas penser à la Patrie mais à lui-même ».

Dans un contexte où les équilibres régionaux sont fragiles et les menaces transfrontalières réelles, cette mise en garde du député s’inscrit dans une série d’alertes de plus en plus fréquentes émanant de la classe politique, des experts sécuritaires et des partenaires internationaux.

Réintégration des ASP radiés : la Direction générale dément les accusations et clarifie sa position

La Direction Générale de l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité (ASP), dirigée par Seydina Oumar Touré, a publié ce vendredi 4 juillet 2025 un communiqué officiel en réponse aux informations diffusées la veille dans certains médias, concernant la réintégration des agents radiés.

Dans cette sortie, l’ASP dément formellement l’existence de l’entité appelée « Union des Assistants à la Sécurité de Proximité », qui a été citée comme auteur d’un communiqué accusant l’Agence de ne pas avoir respecté ses engagements vis-à-vis des agents radiés. Selon la Direction, cette structure n’est pas reconnue et ne saurait donc parler au nom de l’ensemble des ASP.

Le document précise également que les accusations de promesses non tenues sont infondées. La Direction générale assure que des démarches concrètes sont bel et bien en cours pour permettre la réintégration des agents concernés. Ceux-ci ont déjà été identifiés, répertoriés, et ont passé avec succès la visite médicale d’aptitude, condition préalable à leur retour en activité.

Toutefois, la Direction reconnaît un léger retard dans la convocation à la formation de recyclage, une étape indispensable avant la reprise de fonction. Ce retard serait principalement dû à des contraintes budgétaires, que l’ASP indique être en train de résoudre dans les plus brefs délais.

En conclusion, la Direction Générale réaffirme son engagement en faveur de la transparence, de l’équité et du bien-être des assistants à la sécurité de proximité. Elle appelle à la patience, tout en soulignant son attachement à l’épanouissement professionnel de l’ensemble de ses agents.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°494 – 24/06/2025

🔴 RAPPORTS D’EXÉCUTION BUGDGÉTAIRE / SECTEURS DE LA DÉFENSE, DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES, DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT, ETC : CES INVESTISSEMENTS SONT-ILS LUCRATIFS ?
🔴 LE SYTJUST ET L’UNTJ EN GRÈVE POUR 72 HEURES : LA JUSTICE PRISE EN OTAGE

🔴 17 ARRESTATIONS ET DU CHANVRE SAISI APRÈS ZARCO / SA THIÈS : LE COMBAT FAIT RAGE, LES MALFRATS AUSSI
🔴 23 LIONNES EN ROUTE POUR L’AFROBASKET 2025 : LA PRÉPARATION PEUT COMMENCER !

Barthélemy Dias recadre Ousmane Sonko : « Le Sénégal a une opposition, mais pas celle qui appelle à la violence »

L’ancien maire de Dakar, Barthélemy Dias, est sorti de sa réserve pour répondre à Ousmane Sonko, Premier ministre et leader du parti Pastef, suite à ses récentes déclarations sur « l’absence d’opposition sérieuse » au Sénégal. Dans un ton ferme mais mesuré, Dias a rappelé que le pays dispose bel et bien d’une opposition légitime, tout en rejetant toute forme de violence comme mode d’action politique.

« Le pays a bel et bien une opposition. Par contre, ce n’est pas une opposition qui appelle à la violence, qui brûle les édifices publics… », a-t-il affirmé, en allusion claire aux épisodes de troubles qui ont secoué le Sénégal ces dernières années, notamment durant les périodes de tensions autour des affaires judiciaires impliquant Ousmane Sonko.

Cette déclaration intervient dans un contexte où le pouvoir exécutif, dirigé par Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, semble vouloir redéfinir les rapports avec les forces d’opposition, parfois en les accusant d’être « dépassées » ou « complaisantes » avec l’ancien régime. Barthélemy Dias, figure de la coalition Yewwi Askan Wi, entend visiblement rappeler que l’opposition ne se résume pas à une posture de rupture radicale ou à une stratégie de confrontation permanente.

En rupture depuis plusieurs mois avec Ousmane Sonko, Barthélemy Dias adopte désormais un ton plus critique vis-à-vis de la majorité actuelle, tout en refusant d’endosser les méthodes extrémistes. Son propos s’inscrit dans une logique de clarification politique : affirmer une opposition responsable, structurée, mais également vigilante face aux dérives du pouvoir, qu’elles soient anciennes ou nouvelles.

Le chef du gouvernement avait récemment mis en doute la crédibilité des partis d’opposition traditionnels, estimant qu’ils avaient perdu la confiance du peuple. Une lecture que Barthélemy Dias conteste implicitement, en réaffirmant le rôle d’une opposition démocratique respectueuse des institutions mais ferme sur ses positions.

Zeynab Sangaré accuse Abdoul Mbaye de plagiat et annonce une plainte

La journaliste d’investigation indépendante Zeynab Sangaré a lancé de graves accusations à l’encontre de l’ancien Premier ministre du Sénégal, Abdoul Mbaye. Dans une note parvenue à la rédaction de Seneweb ce vendredi 4 juillet, elle l’accuse de plagiat portant sur son ouvrage inédit intitulé « L’Afrique en quête de souveraineté face aux opportunités des conflits de la géopolitique mondiale ».

Selon Zeynab Sangaré, Abdoul Mbaye aurait publié un texte sur le site d’information SenePlus.com en reprenant « le titre exact de mon ouvrage, ainsi que ses grandes lignes, sa structure intellectuelle, ses réflexions majeures, telles qu’il les a lues dans la version intégrale que je lui avais envoyée par confiance, respect et ouverture ».

La journaliste révèle avoir proposé au Premier ministre Ousmane Sonko la préface de ce même livre, tandis qu’Abdoul Mbaye devait en rédiger la postface. Mais ce dernier aurait exprimé des réserves, affirmant — selon Sangaré — qu’« Ousmane Sonko pourrait le plagier » et qu’il préférerait « publier son texte lui-même ». Une décision qui, d’après elle, s’est matérialisée par la publication incriminée sur SenePlus.

Face à ce qu’elle considère comme une appropriation intellectuelle frauduleuse de son travail, Zeynab Sangaré annonce qu’elle entamera une procédure judiciaire contre le fondateur du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT). « Je vous annonce que je vais poursuivre Abdoul Mbaye en justice, au Sénégal comme à l’international, et que je lancerai une contre-offensive médiatique sans relâche », peut-on lire dans sa déclaration.

Sénégal : Pose de la première pierre du futur Centre national de traitement des grands brûlés à Dakar

Le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé ce vendredi à la pose de la première pierre du Centre national de traitement des grands brûlés, un projet sanitaire d’envergure qui verra le jour au sein de l’Hôpital Principal de Dakar. La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Énergie, le ministre des Forces armées, le Directeur général de la Senelec, ainsi que le Général Fatou Fall, Directrice de l’Hôpital Principal.

Ce futur centre spécialisé, soutenu par la Fondation Senelec, vise à combler un vide criant dans le système de santé sénégalais. En effet, comme l’a souligné le Général Fatou Fall dans son allocution, le Sénégal recense chaque année plus de 25 000 cas de brûlure, dont environ 1 000 cas graves. « Près de 800 patients sont référés à l’Hôpital Principal de Dakar, qui ne dispose actuellement que de trois lits pour la prise en charge des brûlés graves », a-t-elle déploré.

Le Centre de traitement des grands brûlés se veut ainsi une réponse structurelle à cette problématique de santé publique, en offrant une capacité d’accueil élargie, des équipements de pointe et un personnel spécialisé. Il permettra également de réduire la dépendance du pays à des évacuations médicales coûteuses à l’étranger.

Le coût total du projet est estimé à 15 milliards de francs CFA, dont 7 milliards ont déjà été mobilisés, selon Bassirou Sylla, administrateur de la Fondation Senelec. Il a également salué l’engagement des partenaires publics et privés dans ce projet à forte valeur sociale et sanitaire.

Dans son intervention, le Premier ministre Ousmane Sonko a salué une initiative qu’il qualifie de « bâtisseuse d’espoir et de dignité », tout en réaffirmant l’engagement de l’État à améliorer l’offre de soins spécialisés au Sénégal. « Nous devons faire de notre système de santé un rempart contre la souffrance évitable, et ce centre en est une pierre angulaire », a-t-il déclaré.

Les travaux de construction devraient débuter dans les prochains mois, avec une mise en service prévue d’ici fin 2026, selon le calendrier prévisionnel communiqué par la Fondation.

Abdou Nguer entendu au fond par le juge d’instruction : une audition sous tension entre liberté d’expression et accusations lourdes

Le chroniqueur Abdou Nguer a été entendu au fond ce jeudi par le juge d’instruction du 3e cabinet du tribunal de Dakar. Une étape cruciale dans le cadre de son inculpation pour diffusion de fausses nouvelles, offense au chef de l’État et apologie d’un crime ou délit, des faits qui remontent au mois de mai dernier.

Déjà détenu dans une autre affaire en cours, Abdou Nguer a été extrait de sa cellule pour comparaître devant le magistrat instructeur. Selon les informations de Seneweb, plusieurs vidéos dans lesquelles il critiquait vertement le régime en place ont été projetées au cours de l’audition. L’intéressé n’a pas nié la paternité de ses propos. Il a cependant tenu à préciser leur nature : « Il s’agissait de critiques constructives », a-t-il soutenu, tout en affirmant n’avoir jamais voulu discréditer les institutions de la République ni s’attaquer aux personnes qui les incarnent. « Mon intention était d’encourager les autorités à mieux faire », a-t-il ajouté, rejetant toute visée malveillante.

Mais ce dossier n’est pas le seul que le chroniqueur traîne devant la justice. Il est également cité dans une autre affaire liée à la mort du magistrat Mamadou Badio Camara, ancien président de la Cour suprême. Dans ce nouveau dossier, Abdou Nguer est de nouveau poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de la publication d’une vidéo suggérant la nécessité d’une autopsie du défunt.

Son co-inculpé dans cette affaire, Pape Amadou Ndiaye Diaw, soupçonné de gérer le compte TikTok « Abdou Nguer Seul », a également été entendu par le juge. C’est sur cette plateforme qu’aurait été diffusée la vidéo controversée, relançant les débats autour des circonstances du décès du magistrat.

Les multiples poursuites visant Abdou Nguer ravivent les tensions autour de la liberté d’expression au Sénégal. Ses soutiens dénoncent une justice « instrumentalisée » pour faire taire les voix dissidentes, tandis que d’autres y voient une nécessité de préserver le respect dû aux institutions et à leurs représentants.

Sénégal–FMI : L’ombre persistante de la dette cachée retarde un nouveau programme d’aide

Le Fonds Monétaire International (FMI) attend toujours des éclaircissements complets sur la dette publique du Sénégal, plus de cinq mois après la publication d’un rapport explosif de la Cour des comptes. Ce dernier avait révélé en février dernier l’existence d’environ 7 milliards de dollars de dette non déclarée, accumulée durant les dernières années du régime de Macky Sall. Pourtant, pour le FMI, ce rapport reste « incomplet et imprécis », selon des informations révélées par Jeune Afrique.

Ces révélations ont déclenché une procédure de « misreporting » au sein de l’institution de Bretton Woods. Cette procédure vise à déterminer si les autorités sénégalaises ont fourni de fausses informations lors de la signature de l’accord triennal de Facilité Élargie de Crédit (FEC), conclu en juin 2023 et portant sur un total de 1,8 milliard de dollars.

En cas de confirmation du manquement, le FMI pourrait exiger le remboursement de l’intégralité des fonds déjà décaissés ou, selon ses propres critères d’évaluation et de coopération future, décider de passer l’éponge. La décision dépendra largement de l’ampleur de la dette dissimulée et de la volonté du Sénégal de faire toute la lumière sur sa situation budgétaire.

Pour corriger les insuffisances relevées dans le rapport initial, le gouvernement sénégalais a mandaté le cabinet français Forvis Mazars, un acteur de premier plan dans le secteur de l’audit, avec pour mission de dresser un inventaire exhaustif de la dette publique. L’objectif est de cartographier, créancier par créancier, tous les engagements financiers du pays, y compris ceux qui auraient été contractés hors du cadre budgétaire habituel.

Le ministre des Finances, Cheikh Diba, et le Premier ministre Ousmane Sonko ont insisté sur la nécessité de transparence et de rigueur dans ce travail, jugé crucial pour restaurer la crédibilité budgétaire du Sénégal sur la scène internationale.

Le FMI a d’ores et déjà averti que la conclusion du dossier de misreporting sera un préalable incontournable à tout nouveau programme de financement. Ce dernier, s’il devait être envisagé, ne devrait pas intervenir avant septembre 2025, au plus tôt, a précisé Jeune Afrique.

Dans un contexte économique marqué par une inflation persistante, des tensions sociales croissantes et un besoin urgent de financement pour des projets d’infrastructure et de relance, le retard dans la reprise de la coopération avec le FMI pourrait freiner les ambitions économiques du gouvernement Diomaye Faye.

Pour les nouvelles autorités, cette crise de confiance représente un moment charnière : soit elle expose les fragilités d’une gouvernance financière héritée du passé, soit elle devient une opportunité pour refonder la relation entre le Sénégal et ses bailleurs, sur la base de la transparence, de la redevabilité et de la soutenabilité de la dette.

Baccalauréat 2025 – Triche à Sicap Mbao : deux candidats pris avec leurs téléphones… dans le slip

Dans un climat d’extrême vigilance autour des fraudes au baccalauréat, deux candidats du centre de Diamaguène-Sicap Mbao ont repoussé les limites de l’ingéniosité en cachant leur téléphone… dans leur sous-vêtement. Un stratagème risqué qui a vite tourné court, trahi par le silence pesant et la colère de leurs camarades de salle.

Les faits se sont produits lors de la deuxième journée des épreuves du baccalauréat 2025. M.L.S (26 ans) et M.D (23 ans), tous deux candidats, avaient installé sur leur téléphone une application de correction automatique permettant d’obtenir les corrigés d’épreuves téléchargées au préalable. Conscients de l’interdiction stricte d’introduire des téléphones dans les salles, ils ont choisi une cachette aussi surprenante que compromettante : leur slip.

Espérant échapper à la vigilance des surveillants, ils ont cependant sous-estimé la conscience morale de certains de leurs camarades. C’est en effet l’indignation silencieuse dans la salle qui a mis la puce à l’oreille du président du jury.

Selon L’Observateur, c’est une ambiance tendue et des regards réprobateurs qui ont attiré l’attention du président. Ce dernier, interrompant l’épreuve de français, décide de réitérer les consignes et lance un appel inhabituel : « Que ceux qui, par mégarde, ont introduit un téléphone se signalent. »

Silence total. Décidé à faire la lumière sur ce malaise ambiant, le président ordonne une fouille ciblée. M.L.S est le premier à être découvert, son téléphone soigneusement dissimulé dans ses sous-vêtements. Confronté, il craque immédiatement et révèle l’identité de son complice, M.D, chez qui un appareil similaire est retrouvé, connecté à la même application frauduleuse.

Les deux jeunes hommes ont été exclus sur-le-champ et conduits sous escorte policière au commissariat de Sicap Mbao. Ils ont été ensuite déférés au parquet. En plus de l’annulation immédiate de leur candidature au baccalauréat, ils risquent désormais des poursuites judiciaires pour fraude et atteinte à l’intégrité du concours.

Cet incident, aussi insolite que révélateur, remet en lumière la sophistication croissante des méthodes de triche, mais aussi l’importance d’un climat d’intégrité au sein des centres d’examen. L’attitude exemplaire des autres candidats, dont la désapprobation a été décisive, témoigne d’une volonté collective de préserver l’égalité des chances.

Washington accueille cinq chefs d’État africains pour un sommet axé sur les opportunités économiques

Le président américain recevra, le mardi 9 juillet à la Maison-Blanche, cinq chefs d’État africains pour une rencontre stratégique centrée sur les opportunités économiques et les nouvelles orientations de la politique étrangère américaine en Afrique. Sont attendus à Washington les présidents du Gabon, de la Guinée-Bissau, du Liberia, de la Mauritanie et du Sénégal.

Cette réunion inaugurera un sommet de trois jours, du 9 au 11 juillet, dédié à ces cinq pays, symboles selon l’administration Trump de « nations en transition économique et politique crédible ». Ce sommet vise à renforcer les partenariats économiques et sécuritaires avec les États africains considérés comme « stables, ambitieux et ouverts à la coopération gagnant-gagnant ».

La visite s’inscrit dans la continuité du recentrage stratégique des États-Unis sur le continent africain. Mardi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé un changement fondamental dans la manière dont les États-Unis entendent soutenir le développement en Afrique. « Nous tournons le dos à une politique d’aide étrangère fondée sur la charité et la dépendance. Désormais, nous privilégierons les nations qui démontrent à la fois la capacité et la volonté de s’en sortir par elles-mêmes », a-t-il affirmé.

Cette déclaration traduit l’application concrète du slogan « America First » cher à Donald Trump, qui souhaite que l’aide américaine se transforme en investissements stratégiques, rentables pour les deux parties. L’objectif est d’accompagner les pays africains vers une autonomie économique tout en créant de nouvelles opportunités pour les entreprises américaines.

Selon la Maison-Blanche, les échanges du 9 juillet mettront en lumière les « opportunités commerciales extraordinaires » qu’offre l’Afrique dans des secteurs comme les énergies renouvelables, les technologies numériques, l’agriculture durable ou encore les infrastructures.

Les États-Unis espèrent ainsi nouer de nouveaux partenariats publics et privés avec ces pays, tout en réduisant l’influence économique croissante d’autres puissances comme la Chine et la Russie sur le continent.

Le choix des cinq États conviés à ce sommet n’est pas anodin. Washington les considère comme des exemples de stabilité institutionnelle et d’ouverture économique en Afrique. Le Sénégal, la Mauritanie et le Liberia ont récemment organisé des élections jugées transparentes. Le Gabon et la Guinée-Bissau, quant à eux, cherchent à consolider leurs réformes économiques et institutionnelles.

Pour ces pays africains, cette invitation représente une reconnaissance diplomatique forte, mais aussi une opportunité de renforcer leur attractivité sur le marché international des investissements.

Ce sommet marque une étape importante dans les relations États-Unis–Afrique, avec un ton résolument tourné vers les affaires, l’autonomie et la collaboration bilatérale. Si les promesses économiques sont bien accueillies, certains observateurs restent prudents, rappelant que l’aide au développement reste cruciale dans de nombreuses régions du continent.

Il restera donc à voir si cette approche fondée sur la réciprocité et l’investissement pourra répondre aux défis complexes du développement en Afrique tout en consolidant la position stratégique des États-Unis sur le continent.

Affaire Blue Trade Company : la Cour suprême annule la condamnation de Saliou Samb, Ferdinand Coly promet de poursuivre le combat

Un nouveau rebondissement vient marquer l’affaire qui oppose Ferdinand Coly, ancien international sénégalais, à Saliou Samb, président du Conseil départemental de Mbour. La Cour suprême a annulé la décision rendue précédemment contre M. Samb, qui avait été condamné à six mois de prison ferme et à verser 800 millions de francs CFA de dommages et intérêts à Coly.

Selon le quotidien Les Échos, cette annulation est fondée sur une irrégularité de procédure. Lors de son audition, Saliou Samb n’aurait pas été informé de son droit à l’assistance d’un avocat, une omission jugée suffisamment grave par la haute juridiction pour invalider l’ensemble de la procédure judiciaire. Une décision qui relance totalement ce contentieux à fort retentissement médiatique.

L’affaire trouve son origine dans la société Blue Trade Company, spécialisée dans l’exploitation et l’exportation de produits halieutiques. Co-fondateur du projet, Ferdinand Coly accuse son ancien partenaire d’avoir orchestré une escroquerie à hauteur de 1,2 milliard de francs CFA.

Il ne serait pas le seul lésé. Un autre ancien international, Mamadou Niang, aurait investi plus de 325 millions de francs CFA dans cette société. De son côté, Saliou Samb rejette les accusations, évoquant une simple faillite de l’entreprise.

Joint par Les Échos à la suite de la décision de la Cour suprême, Ferdinand Coly a clairement indiqué son intention de déposer un rabat d’arrêt pour contester cette annulation. Son avocat, Me Pape Sène, précise qu’ils attendent la notification officielle de l’arrêt pour déterminer les suites judiciaires à engager.

« Nous avons pris acte de la décision, mais cela ne signifie pas la fin de l’affaire », a confié Me Sène, qui continue de défendre les intérêts de son client avec fermeté.

Une affaire emblématique des litiges d’affaires entre anciens sportifs et partenaires

Cette affaire illustre les risques et les désillusions fréquents dans les partenariats d’affaires noués par d’anciens sportifs à la retraite. Porté par des figures emblématiques du football sénégalais, le projet Blue Trade Company semblait pourtant bénéficier d’une crédibilité certaine.

Avec cette décision, le dossier repart quasiment à zéro sur le plan judiciaire, mais Ferdinand Coly semble déterminé à obtenir réparation.

Indépendance judiciaire : Amnesty fustige la position des magistrats sénégalais sur le Conseil supérieur de la magistrature

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a vivement critiqué la position des magistrats sénégalais sur l’indépendance de la justice, les accusant d’être en décalage par rapport aux standards de la sous-région et du reste du monde.

Dans une déclaration publiée ce vendredi, M. Gassama a pointé du doigt ce qu’il qualifie de réticence des magistrats sénégalais à défendre leur propre indépendance institutionnelle. « Les magistrats sénégalais ne veulent pas de syndicat pour défendre leurs intérêts matériels et moraux, comme la plupart de leurs collègues de la sous-région et du monde. Ils sont aussi les seuls à ne pas vouloir le départ du Président de la République du Conseil supérieur de la magistrature », a-t-il dénoncé.

Cette sortie survient dans un contexte marqué par une recrudescence des tensions entre l’exécutif et certaines hautes juridictions. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment lancé une charge virulente contre la Cour suprême et « certains magistrats », remettant en cause leur impartialité et leur loyauté envers le peuple.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), actuellement présidé par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, cristallise les débats depuis les Assises de la justice tenues récemment. Lors de ces consultations nationales, les magistrats ont adopté une posture prudente : ils ont laissé au président de la République le libre choix de rester ou de se retirer du CSM. Une position jugée ambiguë par plusieurs acteurs de la société civile, qui y voient un renoncement à une réforme jugée essentielle pour garantir l’indépendance de la justice.

Pour Seydi Gassama, cette posture frileuse traduit un refus d’émancipation. « Les magistrats doivent choisir entre rester dans une dépendance institutionnelle confortable ou s’affirmer en corps véritablement indépendant, au service exclusif de la loi », a-t-il ajouté dans un entretien en marge de sa déclaration.

L’indépendance de la justice était l’un des principaux axes du programme de réforme prôné par le duo Faye–Sonko durant la campagne présidentielle. Leur arrivée au pouvoir en mars 2024 avait nourri de grands espoirs quant à une refonte structurelle de l’appareil judiciaire. Mais la complexité des rapports entre les magistrats et l’exécutif, combinée à certaines résistances internes, freine visiblement l’agenda de réforme.

Le Sénégal lance un audit en profondeur de la formation de ses forces de sécurité

Le gouvernement sénégalais a décidé de repenser en profondeur la formation de ses Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Cette décision stratégique, annoncée à l’issue du dernier Conseil des ministres, s’inscrit dans une volonté de modernisation, de professionnalisation et de respect strict des droits humains dans toutes les interventions de l’État.

Sur instruction du Président de la République, un audit complet de la formation des FDS sera mené, sous la supervision conjointe du ministre de l’Intérieur et du ministre des Forces armées. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a exigé que les conclusions de cet audit soient remises au plus tard le 30 novembre 2025, sous forme d’un rapport circonstancié.

Cette initiative répond à un double impératif : assurer une efficacité opérationnelle face aux menaces sécuritaires tout en garantissant le respect des droits et de la dignité des citoyens, y compris dans les contextes les plus sensibles. Elle intervient dans un contexte où l’usage disproportionné de la force, les violations présumées des droits fondamentaux et les tensions entre population et forces de l’ordre ont suscité de nombreuses critiques ces dernières années.

« Il s’agit de redéfinir les règles d’engagement de nos forces publiques pour concilier le besoin de sécurité avec le respect absolu des principes républicains », a déclaré une source gouvernementale, insistant sur l’importance d’une refondation des doctrines d’intervention, qu’il s’agisse de maintien de l’ordre, d’opérations militaires, ou de missions mixtes.

Le contenu pédagogique et éthique des formations initiales et continues ; La proportionnalité dans l’usage de la force ; L’intégration systématique des droits humains dans les modules de formation ; Les méthodes de commandement et de contrôle dans les situations de crise ; Le rapport aux populations civiles et la gestion des foules.

Des experts nationaux et internationaux devraient être associés au processus, dans un souci de transparence et d’adoption des meilleures pratiques internationales, notamment celles recommandées par les Nations unies et l’Union africaine.

Cette décision marque un tournant dans la gouvernance sécuritaire du Sénégal. Elle est accueillie favorablement par plusieurs organisations de la société civile, qui réclamaient depuis des années une réforme structurelle de l’appareil sécuritaire, notamment à la suite des manifestations réprimées de manière controversée.

Le gouvernement affiche ainsi son ambition de doter le Sénégal de forces de sécurité modernes, républicaines et irréprochables, au service des citoyens et non contre eux.

Un défi de taille, mais crucial pour renforcer la confiance entre l’État et la population.

Demba Camara nommé Consul général du Sénégal à New York : une nomination attendue dans un contexte de fortes convoitises

Le poste était vacant depuis près d’un an. Le Conseil des ministres, réuni exceptionnellement ce jeudi 3 juillet 2025 au palais de la République, a procédé à une série de nominations diplomatiques. Parmi les plus attendues figurait celle du nouveau Consul général du Sénégal à New York. C’est désormais officiel : Demba Camara, économiste-planificateur, a été désigné pour occuper ce poste stratégique.

Avant sa nomination, Demba Camara occupait les fonctions de Premier conseiller à la Mission permanente du Sénégal auprès des Nations unies à New York. Sa connaissance fine des rouages diplomatiques et son ancrage dans le tissu institutionnel onusien ont sans doute pesé dans la balance. Sa nomination vient ainsi combler un vide institutionnel laissé depuis le départ d’El Hadji Amadou Ndangane Ndao, ancien titulaire du poste.

Selon le quotidien Les Échos, qui a révélé l’information, cette désignation intervient dans un contexte particulier, marqué par une vive compétition au sein des cercles diplomatiques et politiques sénégalais. Le poste, réputé influent tant sur le plan consulaire que communautaire, a suscité l’intérêt de plusieurs cadres, notamment parmi les partisans du parti Pastef, au pouvoir depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye.

Ce choix semble traduire une volonté de continuité et de compétence technocratique. La nomination de Demba Camara est aussi un signal fort envoyé à la diaspora sénégalaise aux États-Unis, particulièrement active et attentive aux enjeux de représentation et de service public.

Le nouveau Consul général devra s’atteler à plusieurs chantiers : amélioration des services aux ressortissants sénégalais, modernisation de l’administration consulaire, renforcement des liens économiques et culturels avec la communauté, sans oublier le rôle de relais diplomatique dans une région géopolitique majeure.

Souveraineté économique : Diomaye Faye réaffirme la stratégie endogène

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé que la souveraineté alimentaire et énergétique constitue une priorité absolue pour permettre au Sénégal de résister aux chocs extérieurs.

Dans sa communication, le chef de l’État a insisté sur l’impératif de « compter sur nos propres forces ». Il a appelé à la mise en œuvre rapide de la nouvelle politique agricole, centrée sur la souveraineté alimentaire. Il a également souligné la nécessité de maîtriser stratégiquement le secteur de l’énergie et d’accélérer le processus d’industrialisation nationale.

Cette vision s’appuie sur la valorisation des terroirs et des ressources naturelles à travers des filières à forte intensité de main-d’œuvre, dans le but de créer massivement des emplois et de renforcer la résilience économique du pays.

Sénégal : Diomaye Faye valide la Loi de Finances rectificative 2025 et fixe le cap économique

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce jeudi 3 juillet 2025 un Conseil des ministres axé sur les priorités économiques du pays. À cette occasion, il a salué l’adoption de la Loi de Finances rectificative (LFR) pour l’année en cours, qu’il considère comme un jalon crucial dans la mise en œuvre de sa politique de redressement budgétaire et de relance économique.

Le chef de l’État a tenu à féliciter le gouvernement et l’Assemblée nationale pour “la qualité des débats” qui ont accompagné l’adoption de cette LFR. Selon lui, ces échanges ont permis de mieux informer les citoyens sur la réalité des finances publiques, marquées par des déséquilibres hérités du passé mais en voie de stabilisation.

Dans une conjoncture mondiale incertaine, Diomaye Faye a demandé au Premier ministre, Ousmane Sonko, de veiller à ce que la trajectoire d’assainissement budgétaire soit maintenue sans relâche. Cela passe notamment par une meilleure discipline dans la gestion des dépenses publiques, la rationalisation des charges de fonctionnement, et la réduction des déficits.

Le président a souligné que les ressources budgétaires doivent désormais être orientées “prioritairement vers l’investissement productif”, afin de stimuler la création d’emplois et de valeur ajoutée. Il a également insisté sur l’importance d’apurer progressivement la dette intérieure, estimée à plusieurs centaines de milliards de francs CFA, qui pénalise lourdement les entreprises nationales, notamment les PME.

Ce désendettement, selon lui, doit s’accompagner d’un “soutien actif et structurant” au secteur privé national, perçu comme le principal levier d’une croissance économique inclusive et durable.

Enfin, dans une vision prospective, le président Faye a appelé son équipe gouvernementale à préparer dès maintenant le projet de Loi de Finances 2026. Celui-ci devra être aligné sur les ambitions de l’Agenda national de Transformation et de la stratégie Vision Sénégal 2050, qui dessinent les contours d’un modèle économique centré sur la souveraineté, la justice sociale et l’innovation.

L’adoption de cette Loi de Finances rectificative marque la première grande inflexion budgétaire sous l’ère Diomaye. Elle confirme la volonté du nouveau régime d’imposer une rupture dans la gouvernance des finances publiques et de redonner confiance aux partenaires économiques, nationaux comme internationaux. Reste à savoir si ces orientations ambitieuses se traduiront, dans les mois à venir, par des résultats tangibles sur le terrain.

Sénégal – Financements publics : Diomaye Faye ordonne la rationalisation de tous les dispositifs étatiques

Dans un contexte économique marqué par des exigences de performance et de souveraineté financière, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a décidé de s’attaquer à la complexité et à la dispersion des mécanismes de financement publics au Sénégal. Lors du Conseil des ministres du jeudi 3 juillet 2025, le chef de l’État a lancé une vaste réforme visant à harmoniser les dispositifs existants pour les rendre plus efficaces, plus lisibles et plus orientés vers les priorités nationales.

Les structures ciblées par cette refonte sont nombreuses et couvrent des champs variés du financement public : la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP), la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE), la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS), la Loterie nationale (LBA), le Fonds National de Microfinance Islamique (FONAMIF) et la Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide (DER/FJ). Autant de dispositifs qui, malgré leur utilité sectorielle, souffrent parfois d’un chevauchement des missions, d’un manque de coordination ou d’une dispersion des ressources.

Le président Diomaye Faye a ainsi donné instruction au ministre des Finances et du Budget, au ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi qu’au ministre chargé du Suivi de l’Agenda Sénégal 2050, de travailler, sous la coordination du Premier ministre Ousmane Sonko, à l’élaboration d’une stratégie nationale de rationalisation des dispositifs de financement public.

L’objectif affiché est clair : mettre fin à la fragmentation des instruments, améliorer leur gouvernance, mutualiser les ressources et maximiser l’impact économique des fonds publics. Il s’agit également de renforcer la transparence, l’évaluation des performances et la traçabilité dans l’utilisation des ressources publiques.

Au-delà de la seule rationalisation institutionnelle, le président Faye appelle à un changement de paradigme. Il souhaite que les financements publics soient davantage orientés vers le soutien à une économie endogène, capable de générer sa propre richesse à partir des potentialités nationales. Cela implique un soutien plus structuré à l’investissement productif local, à l’innovation, à la transformation industrielle et à la souveraineté économique.

Dans cette dynamique, les institutions financières publiques devront jouer un rôle de levier stratégique, en accompagnant les secteurs porteurs de l’économie sénégalaise, notamment l’agriculture, les énergies renouvelables, l’économie numérique, la santé, l’habitat social, ou encore l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Cette annonce du chef de l’État marque un tournant dans la gestion des finances publiques. Elle intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à optimiser ses ressources internes, à réduire sa dépendance aux financements extérieurs et à asseoir une gouvernance économique plus rigoureuse et plus performante.

Si cette réforme ambitieuse est bien conduite, elle pourrait réduire les doublons, améliorer la transparence des interventions financières publiques, et renforcer l’efficacité de l’investissement public au service du développement national.

Diplomatie économique : Diomaye veut capitaliser sur la visite en Chine

Le chef de l’État a félicité la délégation sénégalaise pour le succès de sa visite en Chine et exige un suivi rapide des accords signés.

Le président Bassirou Diomaye Faye est revenu sur le déplacement officiel de la délégation sénégalaise en République populaire de Chine. Il a salué le travail du Premier ministre et de l’équipe gouvernementale, qui ont permis de conclure plusieurs accords stratégiques avec les autorités chinoises.

Ces partenariats couvrent des domaines prioritaires tels que les infrastructures, l’agriculture, l’industrie et la formation professionnelle. Le chef de l’État a demandé un suivi « diligent et rigoureux » pour transformer ces engagements en projets concrets, au bénéfice de l’économie nationale.

Parallèlement, le président a insisté sur l’élaboration d’un document-cadre interministériel destiné à encadrer la coopération internationale et les partenariats public-privé, afin de garantir la cohérence, la transparence et l’efficacité des actions engagées.

Justice : Daouda Mine enterre définitivement l’affaire Sonko-Mame Mbaye Niang

Après le rejet de son rabat d’arrêt par la Cour suprême, Ousmane Sonko avait affirmé son intention de rouvrir le dossier judiciaire qui l’oppose à l’ancien ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang. Une posture qui a suscité de nombreux commentaires d’experts juridiques sur les possibilités et conditions d’une éventuelle révision du procès. Mais pour le journaliste Daouda Mine, spécialisé dans les questions judiciaires, le débat est clos : le leader de Pastef a définitivement perdu cette bataille judiciaire.

Invité de l’émission “Ultimatum” sur Seneweb, Daouda Mine a livré une analyse tranchée sur la situation judiciaire du Premier ministre. « Honnêtement, la vérité, c’est que l’affaire Mame Mbaye Niang – Ousmane Sonko est définitivement bouclée. Ousmane Sonko a perdu, et il a perdu définitivement », a-t-il affirmé sans détour.

Pour le journaliste, l’affaire est close sur le plan juridique, toutes les voies de recours ayant été épuisées. L’arrêt de la Cour suprême mettant fin à la procédure confirme la condamnation prononcée en appel, à savoir six mois de prison avec sursis pour diffamation. Daouda Mine rappelle cependant que cette condamnation n’a plus de conséquence sur l’éligibilité du Premier ministre, en raison de la loi d’amnistie adoptée avant l’élection présidentielle de 2024.

« Les six mois de sursis ont été purgés politiquement et juridiquement par la loi d’amnistie. Cela ne peut plus empêcher Ousmane Sonko de se présenter à une élection », a-t-il expliqué.

Si la condamnation pénale est neutralisée, la sanction civile reste entière. Le journaliste rappelle qu’en vertu du droit, l’amnistie ne s’applique pas aux intérêts civils, notamment les dommages et intérêts accordés à la partie civile. « Il devra payer les 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts. La loi d’amnistie ne préjudicie pas aux droits des tiers », a insisté Daouda Mine.

Autrement dit, bien que blanchi sur le plan pénal, Ousmane Sonko reste tenu de réparer le préjudice reconnu à Mame Mbaye Niang, sauf si ce dernier décide de renoncer au paiement ou de ne pas en réclamer l’exécution.

L’affaire qui a opposé Sonko à Mame Mbaye Niang a marqué une étape importante dans le parcours judiciaire et politique de l’actuel Premier ministre. D’abord poursuivi pour diffamation à la suite de ses accusations publiques contre l’ex-ministre, Ousmane Sonko avait vu sa condamnation confirmée en appel en mai 2023. Cette décision avait à l’époque pesé lourdement dans le débat sur sa candidature à la présidentielle.

Aujourd’hui, avec le rejet du rabat d’arrêt et l’impossibilité d’introduire un nouveau recours ordinaire, l’affaire semble juridiquement scellée, malgré la volonté affichée de Sonko de continuer la bataille.

Pour Daouda Mine, cette volonté est vaine : « Toutes les voies de recours ont été épuisées. » La procédure judiciaire semble donc arrivée à son terme — du moins jusqu’à preuve du contraire.

Conseil des ministres du 3 juillet : série de nominations diplomatiques et administratives

Lors du Conseil des ministres tenu ce jeudi 3 juillet 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a procédé à une série de nominations majeures au sein de la diplomatie sénégalaise et de l’administration économique.

Diplomatie

Au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, plusieurs diplomates chevronnés ont été promus à des postes-clés :

Mamadou Moustapha Loum, ex-consul général à Madrid, devient ambassadeur au Togo, en remplacement de Rokhaya Ba.
Abdoulaye Barro, jusque-là ambassadeur en Malaisie, est affecté à l’ambassade du Sénégal en Inde.

Diamane Diome, ancien représentant adjoint à l’ONU, est nommé ambassadeur en Pologne.
Abdoulaye Bathily, Conseiller des affaires étrangères, devient ambassadeur en République Démocratique du Congo, succédant à Doro Sy.

Abdoul Aziz Loum prend le relais en Malaisie, remplaçant Abdoulaye Barro.

Ramatoulaye Ba Faye, ambassadrice aux Pays-Bas, voit son portefeuille élargi à la Finlande et à la Suède, avec résidence à La Haye.

Demba Camara, ex-premier conseiller à l’ONU, est nommé consul général à New York.

Administration économique : deux femmes promues

Au Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, deux femmes accèdent à des postes de direction :

Fatimata Mangane est nommée directrice des ressources humaines.
Rokhaya Cissé devient directrice de l’administration du personnel à la Direction générale de la Planification.

Ces décisions traduisent une volonté présidentielle de renouvellement stratégique, de mobilisation de profils expérimentés et de promotion de la compétence féminine dans l’appareil d’État.

Communiqué du Conseil des ministres du jeudi 3 juillet 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce jeudi 03 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

Le Président de la République a saisi l’occasion de l’avènement du nouvel an musulman (1447 de l’Hégire) pour souhaiter une bonne et heureuse année à la Oummah islamique et présenter ses meilleurs vœux à la communauté musulmane du Sénégal qui s’apprête à célébrer la Tamkharite.

Le Chef de l’Etat est revenu sur le vote de la Loi de Finances rectificative 2025, le bon déroulement du débat d’orientation budgétaire et les perspectives de relance économique. Il a salué la tenue de cet exercice dans la sérénité et le respect des lois et règlements qui régissent le fonctionnement régulier des institutions de la République. A cet égard, il a félicité le Gouvernement et l’Assemblée nationale pour la bonne préparation et la qualité des débats qui ont permis d’éclairer les citoyens sur la situation globale des finances publiques ainsi que les investissements et interventions sociales de l’Etat dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation. Il a demandé au Premier Ministre de poursuivre les efforts d’assainissement des finances publiques et de mettre l’accent sur l’investissement productif, l’apurement progressif de la dette intérieure et le développement du secteur privé.

Dans cette dynamique de redressement d’une situation économique sans précédent, le Chef de l’Etat a rappelé son attachement à l’amélioration soutenue de l’environnement des affaires qui doit se hisser au niveau des meilleurs standards internationaux. A ce sujet, il a rappelé la nécessité d’un suivi minutieux, par le Premier Ministre, de la préparation du prochain Forum Invest in Sénégal prévu les 07 et 08 octobre 2025 avec une forte implication du secteur privé national.

Par ailleurs, il a souligné l’importance de revoir, pour plus de cohérence et d’efficience, les dispositifs et mécanismes nationaux de financement de l’économie. A ce titre, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et au Ministre auprès du Président de la République chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation Vision Sénégal 2050 de proposer, sous la supervision du Premier Ministre, une stratégie de rationalisation opérationnelle des instruments de financement publics (CDC, FONSIS, FONGIP, BNDE, BHS, LBA, FONAMIF, DER/FJ…). Cette stratégie permettra, dans un esprit innovant, de consolider une économie endogène à partir de la mobilisation optimale des ressources nationales.

Dans ce contexte international marqué par l’incertitude et la volatilité des marchés financiers, il est impératif de compter, d’abord, sur nos propres forces à travers notamment la mise en œuvre réussie de la nouvelle politique agricole et de souveraineté alimentaire, la maitrise stratégique du secteur de l’énergie, l’accélération de l’industrialisation, la valorisation des potentialités de nos terroirs et la mise en valeur de nos ressources naturelles dans les secteurs et filières à haute intensité de main d’œuvre. Dans cette phase de la gouvernance publique, il s’agit aussi de mobiliser davantage les acteurs économiques nationaux et internationaux et toutes les composantes des administrations publiques et parapubliques. Pour clore ce chapitre, le Président de la République a invité le Premier Ministre à veiller, dès à présent, à la bonne préparation, selon les priorités et programmes validés, du Projet de loi de finances pour l’année 2026.

Evoquant la nouvelle stratégie de coopération internationale et de promotion des partenariats public-privé (PPP), le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement que la vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère, repose sur une politique de coopération, de partenariat et de financement basée sur l’ouverture, le respect mutuel, la préservation des intérêts nationaux et la réalisation de partenariats gagnant-gagnant.

A ce titre, il a félicité le Premier Ministre et sa délégation pour la bonne préparation et le succès exceptionnel de leur visite d’amitié et de travail en République populaire de Chine. Il a demandé au Premier Ministre de veiller, avec les Ministres et les acteurs publics et privés concernés, au suivi diligent et à la matérialisation rapide de tous les accords, engagements et projets conclus lors de cette importante visite. Dans la même lancée, il a indiqué au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération la nécessité de finaliser la réorientation de la stratégie nationale de développement du secteur privé en cohérence avec les choix politique et économique de l’Etat.

Par ailleurs, il a souligné l’exigence de l’élaboration d’un document cadre de coopération internationale et de partenariat devant améliorer la gestion interministérielle de la coopération internationale et la mise en œuvre cohérente, rationnelle et pragmatique du partenariat public- privé, dans chaque secteur, en tenant compte de la territorialisation des projets à fort potentiel de création d’emplois dans les Pôles.

L’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 et le développement de la pratique sportive chez les jeunes doivent favoriser le maillage du territoire national, notamment des communes, en infrastructures sportives fonctionnelles et aux normes. Le Président de la République a demandé au Ministre en charge des Sports d’accélérer, en relation avec le Ministre des Finances et du Budget, la mise en œuvre du programme national de construction d’infrastructures sportives en veillant notamment à l’accélération des travaux prévus dans le cadre des JOJ, mais également à la relance des chantiers inachevés. Par ailleurs, il a invité le Ministre en charge des Sports à veiller avec les ministères impliqués et toutes les parties prenantes publiques (Collectivités territoriales, SOGIP, OGIS, fédérations, ONCAV, …) et privées concernées, à la définition, selon le statut de l’infrastructure, d’un cadre réglementaire de gouvernance des infrastructures sportives.

Il a demandé au Premier Ministre et au Ministre en charge des Sports d’accélérer l’adoption prochaine en Conseil des Ministres, de la Charte du Sport.

Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur sa participation, du 30 juin au 02 juillet 2025 à Séville, en Espagne, à la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement. Cette visite a été l’occasion, pour le Président de la République, de réitérer l’attachement du Sénégal à un multilatéralisme inclusif et d’appeler à une réforme de la gouvernance financière mondiale, à plus d’équité et de justice dans la gestion de la dette, à l’accès aux financements et à un système fiscal international rénové.

Dans sa communication, le Premier Ministre a rappelé la forte tradition d’attachement du Sénégal à la coopération économique internationale basée sur nos valeurs traditionnelles, l’ouverture, la souveraineté nationale, la diplomatie de bon voisinage, la consolidation des relations avec les partenaires traditionnels et la recherche d’opportunités avec de nouveaux partenaires.

Le Premier Ministre a fait le point sur ses visites de travail et d’amitié en Afrique et en Asie. Par ailleurs, il a rappelé la directive présidentielle lui confiant la mission de mener à bien la coopération avec les pays et entités du Proche et Moyen Orient et du reste de l’Asie. Pour une meilleure prise en charge de ces nouvelles attributions, un projet de décret relatif à l’organisation et au fonctionnement de la Primature prévoit l’érection d’une Cellule dédiée. Il s’agit d’assurer une meilleure coordination de notre partenariat avec l’étranger, en vue de contribuer à la gestion des relations internationales et la promotion des échanges, notamment dans les domaines économique, social, culturel et environnemental. Cette nouvelle structure va consolider notre diplomatie économique, accompagner plus efficacement notre secteur privé et promouvoir la transparence pour un développement durable et souverain.

Le Premier Ministre est revenu sur l’importance d’apporter une démarche innovante à notre diplomatie. A ce titre, le projet de jumelage envisagé entre des provinces chinoises et les huit pôles territoires du Sénégal en constitue une illustration parfaite.

Le Premier Ministre est revenu sur les évènements tragiques enregistrés à Cambérène et à Rosso et ayant entrainé des pertes en vies humaines. Les Forces de Défense et de Sécurité ont pour mission principale de garantir la sécurité des personnes et des biens et de veiller à la préservation de l’ordre public. Cette mission doit néanmoins s’écarter de tout acte de torture et de traitement inhumain dégradant dont les populations pourraient être victimes.

Conformément aux instructions du Président de la République, le Premier Ministre a demandé aux Ministres en charge de l’Intérieur et des Forces armées, de procéder à un audit à soumettre au plus tard le 30 novembre 2025 et à une revue totale de la formation des Forces de Défense et de Sécurité, afin de concilier, pour tout type d’opération, la rigueur de la force

publique aux exigences des droits et de la dignité des citoyens, dans la définition des règles d’engagement.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre auprès du Président de la République chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation “Sénégal 2050” a fait une communication sur le pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires Etrangères :

– Monsieur Mamadou Moustapha LOUM, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 519 434/H, précédemment Consul général de la République du Sénégal à Madrid, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Jean- Lucien Savi de TOVÉ, Président de la République togolaise, en remplacement de Madame Rokhaya BA.

– Monsieur Abdoulaye BARRO, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 604 450/K, précédemment Ambassadeur de la République du Sénégal en Malaisie, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence SMT Droupadi MURMU, Présidente de la République de l’Inde, en remplacement de Monsieur Abdoul Wahab HAIDARA, appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Diamane DIOME, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 611 516/D, précédemment Ambassadeur, Représentant permanent adjoint de la République du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New-York, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Andrzej DUDA, Président de la République de Pologne, en remplacement du Monsieur Papa DIOP, appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Abdoulaye BATHILY, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 616 245/H, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Félix- Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République Démocratique du Congo, en remplacement de Monsieur Doro SY.

– Monsieur Abdoul Aziz LOUM, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de Solde n° 624 536/Z, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Sa Majesté le Sultan Ibrahim, Roi de Malaisie, en remplacement de Monsieur Abdoulaye BARRO, appelé à d’autres fonctions.

– Madame Ramatoulaye BA FAYE, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 606 896/G, Ambassadeur de la République du Sénégal au Royaume des Pays-Bas, est nommée, cumulativement avec ses fonctions, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Alexander STUBB, Président de la République de Finlande, avec résidence à la Haye.

– Madame Ramatoulaye BA FAYE, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 606 896/G, Ambassadeur de la République du Sénégal au Royaume des Pays-Bas, est nommée, cumulativement avec ses fonctions, Ambassadeur Extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Sa Majesté Carl VXI GUSTAF, Roi de Suède, avec résidence à la Haye.

– Monsieur Demba CAMARA, Economiste-planificateur, matricule de solde n° 516 859/B, précédemment Premier Conseiller à la Mission permanente de la République du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York, est nommé Consul général de la République du Sénégal à New-York, en remplacement de Monsieur El Hadji Amadou Ndangane NDAO.

Au titre du Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération :

– Madame Fatimata MANGANE, Planificateur, spécialiste en Management public et gestion des organisations, matricule de solde n° 642 146/A, est nommée Directeur des Ressources humaines au Ministère de l’Economie du Plan et de la Coopération.

– Madame Rokhaya CISSE, titulaire d’un Master en Finance et gestion publique, matricule de solde n° 624 956/B, est nommé Directeur de l’Administration du Personnel de la Direction générale de la Planification et de Politiques économiques au Ministère de l’Economie du Plan et de la Coopération.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Justice au Sénégal : le SYTJUST et l’UNTJ dénoncent la « trahison » du ministre et annoncent une intensification de la lutte

Le climat social dans le secteur de la Justice sénégalaise s’envenime. L’entente syndicale composée du Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et de l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ) a publié, ce 3 juillet 2025, une déclaration cinglante à l’encontre du ministre de la Justice, qu’elle accuse de « trahison » envers les travailleurs du secteur.

Les syndicats dénoncent une stratégie « dilatoire » et une « manœuvre pour gagner du temps », déployée depuis plus d’un an, afin de freiner les réformes et saboter les engagements pourtant pris par l’État en faveur des agents judiciaires. Selon eux, pendant quatorze mois, ils ont participé, avec responsabilité et bonne foi, à des séances de travail avec les services techniques du ministère. Ces rencontres visaient à réformer deux décrets jugés « injustes » : l’un empêchant l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2, l’autre bloquant la constitution initiale du corps des assistants des greffes et parquets (AGP).

Un consensus fort avait été atteint au terme de ces discussions, notamment lors de l’atelier national de validation et de partage organisé à Saly du 25 au 27 novembre 2024, sous la supervision directe du ministre lui-même. Ce dernier avait personnellement engagé son autorité pour faire avancer les projets de décrets modifiant le statut des fonctionnaires de la Justice et le fonctionnement du Centre de formation judiciaire.

C’est donc avec une profonde « stupeur et indignation » que SYTJUST et UNTJ ont appris le communiqué publié récemment par le ministre de la Justice, marquant un revirement jugé « brutal et injustifiable ». Pour les syndicats, cette volte-face signe la fin de la confiance que les travailleurs avaient placée en leur tutelle.

L’entente syndicale rappelle que l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2 ainsi que la création du corps des assistants des greffes et parquets sans exigence de formation préalable sont des engagements gouvernementaux formels datant de 2018, et qu’ils restent « non négociables ».

Face à ce qu’ils qualifient de « duplicité » et de « mépris », les travailleurs de la Justice affirment ne plus vouloir être « des marionnettes » ni les « victimes d’un cynisme administratif » qui entrave leurs carrières et piétine leurs droits.

L’entente SYTJUST–UNTJ annonce dès lors une intensification de la lutte syndicale afin d’obtenir la pleine satisfaction de leurs revendications, estimant que « trop, c’est trop » et que « l’injustice dans le secteur de la Justice n’est plus acceptable ».

Coup de tonnerre dans le secteur des télécommunications : l’État retire les licences 5G à Yas Sénégal et Expresso Sénégal

Le Sénégal traverse actuellement une phase de turbulence majeure dans le domaine des télécommunications. Dans une décision inattendue, l’État sénégalais a retiré les licences 5G qui avaient été accordées aux opérateurs Yas Sénégal et Expresso Sénégal, remettant en question le calendrier et les ambitions technologiques du pays.

La 5G, technologie phare censée propulser le pays vers une nouvelle ère numérique, voit son déploiement sérieusement compromis. Selon des informations exclusives recueillies par Le Tech Observateur et corroborées par plusieurs sources proches du dossier, cette mesure fait suite à des irrégularités relevées dans la procédure d’attribution des licences. Ces anomalies ont été mises en lumière par un recours déposé par un concurrent du secteur, provoquant une enquête approfondie.

L’analyse des dossiers a révélé des manquements significatifs en matière de conformité juridique et de transparence, fragilisant ainsi la légitimité des licences initialement attribuées à Yas Sénégal et Expresso Sénégal. Face à ces constats, les autorités ont mis en place une commission spéciale chargée de réévaluer les critères d’attribution et de préparer un nouveau processus d’appel d’offres.

Ce nouveau cadre de sélection vise à garantir une compétition plus équitable, impliquant tous les acteurs majeurs du marché des télécommunications au Sénégal, notamment Sonatel (Orange), Free Sénégal, ainsi que de potentiels nouveaux entrants. Cette réorganisation souligne les enjeux stratégiques liés à la souveraineté numérique du pays, alors que les technologies de pointe deviennent des leviers cruciaux de développement économique et social.

Le retrait des licences 5G à Yas Sénégal et Expresso Sénégal compromet sérieusement le calendrier initialement fixé pour l’expansion de cette technologie sur le territoire national, prévu pour s’accélérer en 2025. Ce coup d’arrêt met en lumière les tensions et rivalités commerciales qui agitent ce secteur hautement concurrentiel, où s’entrecroisent également des considérations géopolitiques.

Jusqu’à présent, aucune déclaration officielle n’a été communiquée par le gouvernement ou les autorités de régulation. Toutefois, en coulisses, la mobilisation est forte. Les régulateurs, opérateurs et partenaires financiers surveillent de près l’évolution de la situation, conscients que ce nouvel épisode pourrait influencer durablement la trajectoire numérique du Sénégal.

Face à ces bouleversements, le « New Deal » technologique tant promis par l’exécutif pourrait nécessiter une révision profonde de ses fondations pour s’adapter à ces nouveaux défis. Le secteur des télécommunications, vital pour l’économie sénégalaise, reste suspendu aux décisions à venir qui détermineront le rythme et la nature de la révolution digitale au Sénégal.

Guédiawaye : une pirogue clandestine échoue à Malibu avec plus de 100 passagers à bord, un vaste réseau de passeurs activement recherché

Le trafic de migrants clandestins vers l’Europe continue de faire des ravages, souvent dans la plus grande discrétion. Mais mardi 1er juillet 2025, ce qui devait être une traversée vers l’Espagne a viré au fiasco à Malibu, une plage tranquille de Guédiawaye. Une pirogue, partie une semaine plus tôt de Gambie, avec à son bord plus d’une centaine de migrants, a échoué en plein jour aux portes de Dakar, exposant au grand jour les contours d’un réseau structuré de passeurs.

Selon les premiers éléments recueillis par L’Observateur, la pirogue avait quitté les côtes gambiennes dans la nuit du 25 juin. Objectif affiché : atteindre les côtes espagnoles via le Maroc. Mais le rêve européen s’est brisé net à Malibu, non loin de la VDN 3, où la pirogue a été contrainte de s’échouer en raison, selon les témoignages, d’une panne ou d’un revirement stratégique du commandant de bord.

L’arrivée de l’embarcation a semé la stupeur chez les habitants. Une partie des passagers a réussi à fuir en courant à travers l’autoroute, échappant aux forces de l’ordre dépêchées sur les lieux. Cependant, neuf migrants, exténués et désorientés, ont été interpellés sur la plage par les policiers du poste de Golf.

Parmi ces neuf personnes : sept Gambiens — dont deux jeunes filles âgées de 17 et 20 ans —, un Guinéen et un Sénégalais domicilié à Guédiawaye. Interrogés par les enquêteurs, les interpellés ont reconnu avoir payé entre 400 000 et 600 000 FCFA pour ce périple périlleux. Des sommes souvent réunies avec peine par leurs familles ou économisées au fil des mois. Les organisateurs, selon leurs dires, leur avaient promis une traversée sûre jusqu’en Europe, jouant sur l’espoir et la détresse sociale.

L’enquête confiée à la Brigade de recherches s’oriente désormais vers le démantèlement du réseau ayant facilité cette opération. L’un des noms cités avec insistance est celui de Mamadou Abdoulaye Touré, un pêcheur bien connu dans la zone. Il est soupçonné d’avoir participé à la logistique du voyage, notamment dans la mobilisation de l’embarcation et le recrutement de candidats.

Sur place, les forces de l’ordre ont saisi plusieurs éléments accablants : 73 bidons de carburant, des vivres, un moteur de secours et divers effets personnels laissés en vrac. Tout indique une expédition soigneusement planifiée, probablement répétée à plusieurs reprises.

Les neuf individus arrêtés sont actuellement en garde à vue, tandis que la traque des organisateurs se poursuit. Ce nouvel épisode dramatique relance le débat sur la migration clandestine et les réseaux mafieux qui exploitent les rêves d’une jeunesse en quête de lendemains meilleurs. La plage de Malibu, théâtre de cet échouage, devient ainsi le symbole d’un naufrage silencieux, à la fois humain et politique.

Forum Africa Debate à Londres : le FMI interpelle Dakar sur la transparence budgétaire

Réunis à Londres dans le cadre du forum Africa Debate, décideurs économiques africains, responsables d’institutions financières et représentants gouvernementaux ont échangé sur les perspectives économiques du continent, dans un climat marqué par les inquiétudes sur la soutenabilité des dettes publiques. Parmi les interventions les plus remarquées, celle d’Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), a particulièrement attiré l’attention en raison de ses remarques fermes sur la situation financière du Sénégal.

Dans une déclaration relayée par l’agence Reuters, Abebe Selassie a mis en exergue « des zones d’ombre » dans la gestion budgétaire de l’ancien régime sénégalais. « Nous attendons que le gouvernement partage avec nous les chiffres définitifs et les principaux problèmes qu’il a identifiés », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de disposer d’informations fiables pour pouvoir envisager une reprise sereine des engagements financiers. Il a également souligné la volonté du FMI d’entretenir un dialogue technique « approfondi » avec les nouvelles autorités issues de l’alternance politique de mars 2024.

Cette sortie du Fonds intervient dans un contexte délicat. Après l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, le Sénégal s’est engagé dans une opération vérité sur ses finances publiques. L’audit initié par le nouveau gouvernement a révélé une importante sous-estimation du déficit et de l’endettement, contredisant les rapports transmis jusqu’alors aux partenaires internationaux. D’après les éléments communiqués à ce stade, le ratio de la dette publique serait monté à près de 100 % du PIB fin 2023, alors que l’estimation officielle affichait seulement 74 %. Cette différence majeure, assimilée à une « dette cachée », fragilise la crédibilité des données budgétaires antérieures et contribue à la défiance des bailleurs.

Face à ces révélations, le FMI, qui avait suspendu en 2023 une partie de ses décaissements, conditionne toute reprise complète de sa coopération à la production d’informations consolidées et transparentes. « Nous espérons avancer aussi vite que possible. Nous restons engagés », a assuré Abebe Selassie, tout en rappelant que l’institution attend des clarifications exhaustives avant de se prononcer sur la suite du programme d’assistance financière.

Ce climat d’incertitude budgétaire intervient alors que le gouvernement sénégalais prépare une refonte de sa stratégie de gestion de la dette et un plan de mobilisation accrue des ressources internes. Selon plusieurs analystes présents au forum, la confiance des bailleurs et des investisseurs dépendra désormais de la capacité du Sénégal à restaurer la sincérité de ses comptes et à prouver sa volonté de transparence. Dans l’immédiat, Dakar doit finaliser et publier l’audit en cours, puis présenter un plan crédible d’assainissement budgétaire susceptible de stabiliser la dette et de rassurer les marchés.

Kolda : trois faussaires arrêtés à Médina Chérif avec 20 millions de francs CFA en billets noirs

Une importante opération de lutte contre la criminalité financière a été menée avec succès par les éléments du Commissariat central de Kolda, dans le sud du Sénégal. Trois individus ont été interpellés dans la commune de Médina Chérif pour des faits présumés d’association de malfaiteurs et de tentative de falsification de billets de banque. Cette arrestation est intervenue à la suite d’un renseignement anonyme ayant permis de repérer les activités suspectes d’un réseau de faussaires opérant dans la région.

Les forces de l’ordre, après une phase de surveillance discrète mais ciblée, sont intervenues pour appréhender les trois suspects. Lors de cette opération, elles ont saisi une somme impressionnante de 20 millions de francs CFA sous forme de billets noirs — ces coupures trempées dans une substance destinée à les rendre indétectables avant leur transformation en faux billets utilisables. Les agents ont également mis la main sur une bouteille contenant un liquide jaunâtre, probablement un colorant chimique utilisé dans le processus de falsification.

Une perquisition menée au domicile de l’un des prévenus a permis de découvrir d’autres éléments de preuve, notamment du matériel utilisé pour la contrefaçon. Les premiers éléments de l’enquête révèlent que le trio n’agissait pas seul. Ils auraient été approvisionnés par un ressortissant étranger identifié sous le nom de OLDORI, actuellement en cavale. Ce dernier est désormais activement recherché par les services de sécurité.

Les trois individus arrêtés ont été placés en garde à vue. L’enquête se poursuit sous la houlette du parquet de Kolda, qui entend mettre au jour l’ensemble de la chaîne de ce réseau criminel, dont l’ampleur reste à déterminer. Cette opération souligne une nouvelle fois les risques liés à la circulation de fausse monnaie dans le pays, et la vigilance accrue des services de sécurité dans leur lutte contre ce fléau économique.

Louga : un émigré retrouvé mort par balle à son domicile, une enquête ouverte

Un drame a endeuillé la ville de Louga mercredi soir. Un émigré âgé de 40 ans a été découvert mort par balle dans son appartement situé à Keur Serigne Bara, un quartier populaire de la ville. Selon les informations rapportées par l’Agence de presse sénégalaise (APS), la scène macabre s’est produite aux alentours de 20 h 30. C’est un voisin, alerté par une forte détonation, qui a donné l’alerte.

Les proches de la victime, accourus en urgence, ont découvert le corps sans vie gisant dans une mare de sang sur le balcon du premier étage de l’immeuble familial. À quelques centimètres, un pistolet a été retrouvé, laissant planer la question d’un suicide ou d’un acte criminel.

Informés, les éléments de la police centrale de Louga et les sapeurs-pompiers de la 52ᵉ compagnie d’incendie et de secours sont intervenus rapidement, accompagnés du procureur de la République. Les forces de l’ordre ont aussitôt procédé aux premières constatations d’usage avant de sécuriser les lieux.

Dans la soirée, plusieurs membres de la famille et des proches de la victime ont été auditionnés au commissariat central afin de recueillir tout témoignage permettant de reconstituer les dernières heures du défunt et de comprendre le mobile de cet acte. Pour l’heure, aucune piste n’est écartée. Les enquêteurs n’ont pas encore privilégié l’hypothèse d’un suicide ou celle d’un homicide, laissant toutes les options ouvertes.

Le corps sans vie de M. Fall a été transféré à la morgue de l’hôpital régional Ahmadou Sakhir Mbaye de Louga, où une autopsie a été ordonnée par le parquet. Les résultats de cet examen médico-légal devraient permettre de préciser les circonstances exactes du décès et de confirmer l’origine du tir.

La victime, née en 1985, était mariée et père de trois enfants. Le drame a provoqué une vive émotion dans le quartier et dans la communauté des émigrés, dont le défunt faisait partie depuis plusieurs années avant son retour définitif au Sénégal.

Recours en révision dans l’affaire Sonko-Mame Mbaye Niang : le Pr Iba Barry Camara décrypte les enjeux juridiques

Alors que la Cour suprême a rejeté le rabat d’arrêt déposé par Ousmane Sonko dans le dossier l’opposant à Mame Mbaye Niang, le leader de Pastef n’entend pas s’avouer vaincu. Il a annoncé son intention de rouvrir l’affaire, en évoquant l’existence d’un élément nouveau susceptible, selon lui, de bouleverser la décision qui l’a condamné pour diffamation. Cette posture, qui relance la bataille judiciaire, soulève des questions sur les moyens légaux dont il dispose encore, après l’épuisement des voies de recours ordinaires.

Pour le professeur de droit pénal Iba Barry Camara, interrogé par Radio Sénégal International, la démarche évoquée par Ousmane Sonko relève du recours en révision. Il s’agit, précise-t-il, d’une voie de recours extraordinaire que la loi met à la disposition de toute partie condamnée de manière définitive, lorsque survient un fait nouveau. « En vérité, ce qu’il n’a pas voulu dire de manière expresse, c’est qu’il compte introduire un recours en révision », a estimé l’universitaire, qui rappelle qu’un tel recours ne peut prospérer que si ce fait nouveau est de nature à remettre en cause la vérité judiciaire établie par la décision irrévocable.

Selon le professeur Camara, l’élément nouveau invoqué serait le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), dont l’existence avait été au cœur de la controverse dès les premiers jours de l’affaire. « Maintenant, le document existe (le rapport de l’IGF) et sur la base de ce rapport, il pourra saisir la Cour suprême pour éventuellement la révision du procès », a-t-il expliqué.

Le recours en révision n’est toutefois pas automatique. Le professeur Iba Barry Camara insiste sur le fait qu’il appartient à la juridiction compétente d’examiner d’abord la recevabilité de la requête. La Cour devra apprécier si les conditions légales sont réunies pour rouvrir le dossier. En cas de recevabilité, elle pourra ordonner le renvoi de l’affaire devant une autre juridiction, qui statuera à nouveau sur le fond.

L’annonce d’Ousmane Sonko ouvre donc une nouvelle séquence judiciaire, dans un dossier qui cristallise l’attention et dont les implications politiques et institutionnelles dépassent largement le cadre du contentieux initial.

Saraya : vaste opération de la gendarmerie contre l’orpaillage clandestin et les bars illégaux

La gendarmerie nationale a mené, le mercredi 2 juillet 2025, une opération d’envergure dans la commune de Missirah Sirimana, département de Saraya, afin de sécuriser les zones minières et lutter contre les multiples trafics qui prolifèrent autour des sites d’orpaillage. L’intervention s’est déroulée plus précisément dans les villages de Baninkhoto et Mouran, deux localités connues pour abriter des activités illicites, selon le communiqué transmis par le chef de la Division Communication et Relations Publiques de la gendarmerie nationale.

L’opération, dirigée par la brigade territoriale de Saraya, a bénéficié du soutien opérationnel de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) de Salémata. Elle visait simultanément l’orpaillage clandestin et la prolifération des débits de boisson non autorisés, deux phénomènes qui alimentent l’insécurité et la criminalité dans la zone.

Les gendarmes ont ainsi procédé au démantèlement d’un site d’orpaillage clandestin qui fonctionnait en violation totale de la réglementation encadrant l’exploitation des ressources minières. Des fouilles méthodiques ont permis de saisir un lot important d’équipements servant à l’extraction illégale de l’or, notamment dix-sept groupes électrogènes, six motopompes utilisées pour le pompage de l’eau dans les puits, ainsi qu’une batterie de grand modèle indispensable au fonctionnement des installations.

En parallèle, les forces de sécurité ont fermé trois bars clandestins installés à proximité du site minier. Ces établissements, opérant sans autorisation, servaient non seulement de points de vente de boissons alcoolisées mais aussi de lieux de rassemblement susceptibles d’alimenter l’insécurité. Les gendarmes ont ainsi mis la main sur une grande quantité d’alcool conditionné et cinq baffles utilisés pour animer ces établissements.

Cette opération s’inscrit dans la stratégie plus large des autorités visant à restaurer l’ordre public et à protéger les ressources naturelles du pays, régulièrement exposées à la convoitise de réseaux organisés. Elle vient rappeler la détermination de la gendarmerie nationale à éradiquer les sites clandestins qui prolifèrent dans les zones aurifères, au mépris des réglementations environnementales et fiscales.

Pêche illicite au Sénégal : l’UPAMES appelle au boycott des produits illégaux

Le secrétaire général de l’Union patronale des mareyeurs exportateurs du Sénégal (UPAMES), Matar Thiam, a lancé un vibrant plaidoyer contre la prolifération de la pêche illégale qui menace l’avenir du secteur halieutique sénégalais. S’exprimant lors d’un atelier de sensibilisation organisé par le Conseil national interprofessionnel de la pêche artisanale, il a exhorté l’ensemble des acteurs de la filière à refuser catégoriquement d’acheter les produits issus du chalutage clandestin et de la pêche non déclarée.

Matar Thiam estime que le levier économique est plus puissant que les sanctions administratives. « C’est le marché qui dicte le changement. Si nous cessons d’acheter ces produits, leur écoulement deviendra impossible et cela obligera les acteurs illégaux à revoir leurs pratiques », a-t-il expliqué devant une assemblée composée de représentants des communautés côtières, d’acteurs de la société civile et de chercheurs.

Le responsable patronal a rappelé les multiples initiatives menées ces dernières années par son organisation pour promouvoir une pêche plus respectueuse des ressources. Il a notamment évoqué la création d’un label de produits durables, co-construit avec l’ensemble des maillons de la filière, afin de distinguer et valoriser les captures conformes aux normes environnementales et réglementaires.

Revenant sur l’impact concret des actions collectives, Matar Thiam a cité l’exemple des journées de boycott de certains produits jugés non durables. Selon lui, ces opérations ont immédiatement influé sur les prix et l’organisation des circuits d’approvisionnement, démontrant la force du consommateur lorsqu’il s’unit autour d’une cause.

Toutefois, il a déploré le retard du Sénégal en matière de régulation et de contrôle. Il a fustigé les divisions et les rivalités qui traversent le secteur, qu’il juge contre-productives face à un défi commun. « Chacun défend ses intérêts égoïstes, au détriment de la ressource halieutique et de notre avenir collectif. Or, c’est ensemble que nous devons agir si nous voulons sauver la pêche », a-t-il martelé.

Matar Thiam a enfin interpellé les industriels et les grands exportateurs, leur demandant de soutenir financièrement les campagnes de sensibilisation et les programmes de formation destinés aux communautés de pêcheurs. Il les a prévenus des conséquences désastreuses d’une inaction prolongée. « Si nous ne réagissons pas maintenant, le secteur de la pêche est perdu à jamais. Nous aurons sacrifié un pilier fondamental de notre économie et compromis la sécurité alimentaire de millions de Sénégalais », a-t-il conclu.

Tensions à Rosso Sénégal : une fillette grièvement blessée par une grenade lacrymogène

La ville de Rosso Sénégal a connu ce mercredi une journée marquée par de violents affrontements entre forces de l’ordre et habitants. Depuis les premières heures de la matinée, des heurts particulièrement tendus ont éclaté dans plusieurs quartiers, plongeant la localité dans un climat de vive inquiétude.

Selon les informations recueillies sur place, les incidents ont démarré à la suite d’une manifestation autorisée par les autorités administratives. Mais la situation a dégénéré en fin de parcours, lorsque des échauffourées ont éclaté entre certains participants et les forces de sécurité venues encadrer le rassemblement. Des témoins font état de jets de pierres auxquels ont répondu des salves nourries de grenades lacrymogènes, notamment dans le quartier populaire de Niakh.

Dans ce contexte chaotique, une fillette prénommée Binta Diack a été grièvement touchée alors qu’elle se trouvait à Santhiaba 3. D’après plusieurs sources concordantes, l’enfant jouait en compagnie de ses camarades lorsque l’un des projectiles lancés par les forces de l’ordre l’a atteinte en pleine joue. Le choc a provoqué une blessure sévère nécessitant une prise en charge en urgence.

Les secouristes l’ont d’abord transportée au poste de santé de Rosso Sénégal, avant que les médecins ne décident de son transfert à l’hôpital de Richard-Toll afin qu’elle reçoive des soins plus adaptés à la gravité de son état. La radio RFM, qui a pu contacter des proches de la famille, rapporte que la victime souffre d’un important traumatisme facial.

Pendant que ces évacuations se poursuivaient, la tension restait vive sur le terrain. Des colonnes de fumée s’élevaient encore au moment où plusieurs unités de maintien de l’ordre tentaient de disperser les groupes de jeunes manifestants, déterminés à prolonger la contestation.

Ces nouveaux heurts surviennent alors que Rosso Sénégal est toujours sous le choc de l’affaire Talla Keita. Ce jeune homme de 18 ans, originaire de la ville, avait été accusé par sa famille d’avoir succombé à des sévices infligés par des policiers. Son décès avait provoqué une onde d’émotion et d’indignation dans l’opinion publique, certains habitants voyant dans cet épisode une illustration des violences policières.

Toutefois, les conclusions de l’autopsie pratiquée à l’Hôpital général Idrissa Pouye ont écarté l’hypothèse d’un décès lié à des brutalités. Le rapport médical indique que Talla Keita est mort des suites « d’une tumeur du foie décompensée en hypertension portale », précisant qu’aucune lésion traumatique compatible avec des violences n’a été constatée.

Malgré ces clarifications, la méfiance et la colère restent palpables dans une partie de la population, comme en témoigne la virulence des affrontements de ce mercredi. Les autorités locales appellent au calme et promettent des mesures pour sécuriser les quartiers, mais les habitants réclament également une enquête sur l’usage des grenades lacrymogènes, ainsi que des mesures de protection plus strictes pour les civils, notamment les enfants, pris au piège des opérations de maintien de l’ordre.

Le Sénégal réussit une nouvelle levée de fonds de 192,5 milliards FCFA sur le marché de l’UEMOA

Le Sénégal continue d’affirmer sa solidité financière sur le marché régional. Ce jeudi 3 juillet 2025, l’État du Sénégal, à travers la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP), a réussi une levée de fonds de 192,497 milliards de FCFA sur le marché financier de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Cette opération a été réalisée par le biais d’une émission simultanée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 3 et 5 ans.

Initialement, l’État cherchait à mobiliser 175 milliards de FCFA. L’opération a suscité un fort engouement, avec une demande totale atteignant 244,710 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 139,83%. Ce résultat témoigne de la confiance renouvelée des investisseurs régionaux dans la signature souveraine du Sénégal.

Le Trésor a finalement retenu 192,497 milliards de FCFA, principalement sur les BAT et les OAT à 3 ans, avec un taux d’absorption de 78,66%. Le rendement moyen pondéré s’est établi à 7,18% pour les BAT et 7,53% pour les OAT à 3 ans. Les obligations seront remboursées respectivement le 2 juillet 2026 pour les BAT, et le 4 juillet 2028 pour les OAT, avec un taux d’intérêt annuel de 6,30%, payable à partir de la fin de la première année.

Depuis le début de l’année 2025, le Sénégal a levé un total de 1 262 milliards de FCFA sur le marché de l’UEMOA. Sur cette même période, l’État a honoré 512 milliards de FCFA au titre du remboursement du capital et versé 96 milliards de FCFA en intérêts. Ces chiffres traduisent une gestion prudente et proactive de la dette publique.

La réussite de cette nouvelle levée confirme la capacité du Sénégal à mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de sa politique budgétaire, dans un contexte économique régional encore marqué par les défis sécuritaires et les tensions sur les prix.

Cette performance intervient dans un climat de relative incertitude au sein de la zone UEMOA, où plusieurs États font face à des contraintes budgétaires. La bonne tenue des émissions sénégalaises constitue donc un signal positif pour les marchés financiers régionaux. Elle reflète non seulement la crédibilité du Trésor sénégalais, mais aussi la résilience économique du pays, renforcée par les réformes engagées sous l’actuelle administration.

Gestion des fonds anti-COVID : Moustapha Diop face à la Haute Cour de Justice ce 4 juillet

L’ancien ministre du Développement industriel et des PME-PMI, Moustapha Diop, comparaîtra ce vendredi 4 juillet 2025 devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Cette audition au fond marque une étape décisive dans la procédure judiciaire enclenchée contre lui pour détournement présumé de fonds publics.

Selon la journaliste Maty Sarr Niang, l’ex-ministre est poursuivi pour sa gestion controversée d’un montant de 2,5 milliards de francs CFA, alloué par l’État du Sénégal dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la COVID-19. Ces ressources étaient destinées à appuyer les entreprises frappées de plein fouet par la crise sanitaire, notamment à travers des programmes d’accompagnement ciblés pour les petites et moyennes entreprises.

À l’issue d’une première audition devant la Commission d’instruction, Moustapha Diop a été placé sous mandat de dépôt, décision qui a suscité de nombreuses réactions dans la classe politique et dans l’opinion publique. Plusieurs observateurs y voient un signal fort de la nouvelle ère de reddition des comptes que le régime du président Bassirou Diomaye Faye entend instaurer.

Les faits qui lui sont reprochés portent, selon des sources judiciaires, sur des irrégularités dans l’attribution des financements, l’absence de justificatifs d’usage, et le non-respect des procédures de passation de marchés. L’audition de ce vendredi pourrait permettre d’approfondir les responsabilités et les circuits de décision autour de l’utilisation de ces fonds.

Moustapha Diop, ancien maire de Louga et figure influente du régime précédent, rejette toutes les accusations portées contre lui. Ses avocats dénoncent une procédure « précipitée » et affirment que leur client n’a agi qu’en respectant les directives gouvernementales de l’époque.

Ce dossier s’inscrit dans une série d’enquêtes menées par la Haute Cour de Justice visant plusieurs anciens dignitaires soupçonnés de malversations. Il pourrait avoir des implications politiques importantes, au regard du poids de Moustapha Diop dans l’ancien dispositif étatique et de l’impact symbolique d’un procès pour détournement de fonds en pleine crise sanitaire.

Crise dans le secteur de la Justice : Le ministère réagit enfin à la grève du SYTJUST et de l’UNJT

Après plus de deux semaines de silence face à la grève initiée depuis le 18 juin par les syndicats du secteur de la Justice, notamment le SYTJUST (Syndicat des Travailleurs de la Justice) et l’UNJT (Union nationale des travailleurs de la justice), le ministère de la Justice est enfin sorti de sa réserve. Dans un communiqué transmis à Dakaractu ce jeudi, la tutelle, dirigée par le ministre Ousmane Diagne, annonce une série de mesures visant à apaiser les tensions et à répondre aux revendications des grévistes.

L’alignement des greffiers de la hiérarchie B2 à la hiérarchie A2, Le reclassement des agents des hiérarchies B et C disposant d’une certaine ancienneté, vers la hiérarchie B2, selon des critères définis par les syndicats eux-mêmes.

Ces revendications, jugées légitimes par de nombreux observateurs du secteur, visent à mieux valoriser l’expérience et les qualifications des agents judiciaires, longtemps laissés en marge des réformes administratives.

Face à cette pression syndicale, le ministère annonce la mise en place d’un dispositif de formation spécifique, en concertation avec le Centre de Formation Judiciaire. Ce programme aura pour but de valoriser les parcours professionnels des agents concernés, en tenant compte de leur expérience accumulée au fil des années.

Toutefois, le communiqué rappelle que les questions liées à l’administration des agents publics relèvent de la compétence du ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Secteur public, agissant sous l’autorité du Premier ministre. Le ministère de la Justice précise avoir engagé des concertations avec cette institution, lesquelles ont permis d’aboutir à un consensus sur la voie de la formation comme passerelle vers le reclassement.

Malgré la persistance de la grève, le ministère réaffirme son attachement à un dialogue constructif avec les partenaires sociaux. « Le ministère de la Justice s’engage à conduire cette réforme dans un esprit de dialogue et de concertation, dans le respect des droits légitimes des agents de l’État et au service de l’intérêt supérieur du service public de la Justice », conclut le document.

Rosso Sénégal : Violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, une fillette blessée

La ville de Rosso Sénégal a été le théâtre de violents affrontements ce jeudi, opposant manifestants et forces de l’ordre dans un climat de tension extrême. Ce qui devait être une manifestation pacifique, autorisée par les autorités, a rapidement dégénéré en heurts, notamment dans le quartier de Niakh, où des échanges de jets de pierres et de grenades lacrymogènes ont éclaté.

Parmi les victimes collatérales de cette journée agitée, une fillette nommée Binta Diack, âgée de 9 ans, a été grièvement blessée à la joue par une grenade lacrymogène. Selon les informations relayées par la Radio Futurs Médias (RFM), l’enfant jouait devant son domicile à Santhiaba 3 lorsque la grenade l’a atteinte. Elle a été évacuée d’urgence à l’hôpital de Richard-Toll, où elle reçoit actuellement des soins spécialisés.

Ces violences surviennent dans un contexte déjà tendu à Rosso, après le décès tragique de Talla Keita, un jeune homme de 18 ans originaire de la ville. La version officielle reste floue, mais la famille du défunt accuse les forces de l’ordre d’avoir usé d’une violence excessive, ayant conduit à sa mort. Cette situation a ravivé la colère dans la localité, où de nombreux habitants réclament justice et vérité sur les circonstances exactes du drame.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des scènes de panique, avec des habitants fuyant les nuages de gaz lacrymogène et des manifestants éparpillés dans les rues. Certains témoignages font état d’arrestations et de blessés supplémentaires, bien qu’aucun bilan officiel n’ait encore été communiqué.

Les autorités locales n’ont pour l’instant pas réagi publiquement, tandis que les habitants appellent à une désescalade rapide et à une enquête indépendante sur les récents événements.

SARAYA | La Gendarmerie démantèle un site d’orpaillage clandestin et des bars illégaux à Missirah Sirimana

Une vaste opération de sécurisation a été menée ce mercredi 2 juillet par la Gendarmerie nationale dans la commune de Missirah Sirimana, plus précisément dans les villages de Baninkhoto et Mouran, situés dans le département de Saraya, région de Kédougou. Cette intervention ciblée avait pour objectif de lutter contre l’exploitation illicite des ressources naturelles et les activités illégales connexes dans cette zone sensible.

Coordonnée par la brigade territoriale de Saraya, avec l’appui de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) de Salémata, l’opération a permis de démanteler un site d’orpaillage clandestin, ainsi que trois bars illégaux installés aux abords de la zone minière.

Lors de cette descente, les forces de sécurité ont mis la main sur un arsenal de matériel servant à l’exploitation illégale de l’or. Le bilan des saisies est significatif :

17 groupes électrogènes 6 motopompes 1 batterie de grand modèle 5 baffles Une grande quantité de boissons alcoolisées

Ce matériel, destiné à alimenter les activités minières illégales et les débits de boissons non autorisés, a été confisqué par la gendarmerie. Des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs et commanditaires de ces installations frauduleuses.

La commune de Missirah Sirimana fait partie des nombreuses localités de la région de Kédougou régulièrement confrontées à l’orpaillage clandestin, une activité lucrative mais à forte incidence sociale, sécuritaire et environnementale. Ces exploitations sauvages favorisent l’insécurité, la dégradation des écosystèmes, et attirent divers trafics, dont ceux de boissons alcoolisées et parfois de substances prohibées.

Par cette opération, les autorités entendent réaffirmer leur engagement à faire respecter la loi dans les zones minières et à protéger les populations contre les effets pervers de l’orpaillage anarchique.

La Gendarmerie nationale appelle par ailleurs les populations locales à plus de collaboration et de vigilance, en dénonçant tout comportement suspect ou toute activité illégale.

Kaolack : Les vidangeurs de fosses septiques réclament un site d’exploitation sécurisé

À quelques heures de la visite du ministre de l’Assainissement à Kaolack, les vidangeurs de fosses septiques ont décidé de hausser le ton. Réunis au sein du Regroupement des exploitants de carrières et de fosses septiques, ils ont profité de l’événement pour interpeller les autorités sur leurs conditions de travail, qu’ils jugent précaires et dangereuses.

La principale revendication de ces professionnels de l’ombre : l’octroi d’un site d’exploitation sécurisé et conforme aux normes sanitaires pour le déversement et le traitement des boues de vidange. Actuellement, faute d’infrastructures adaptées, ils sont contraints de jeter les déchets dans des zones non autorisées, ce qui aggrave la pollution de l’environnement et les expose à des sanctions administratives.

« Nous travaillons dans des conditions extrêmement difficiles. Nous n’avons pas de site officiel pour déposer les boues, alors nous sommes souvent obligés de les déverser là où nous pouvons, au risque de polluer et d’enfreindre la loi », explique Yoro Diouf, président du regroupement.

Dans la région de Kaolack, des milliers de foyers dépendent des services de vidange pour l’entretien de leurs installations sanitaires. C’est pourquoi le collectif appelle les autorités à agir sans délai. Il exige la mise à disposition d’un site conforme, comme cela existe dans d’autres régions, notamment à Thiès.

« Nous avons déjà identifié un terrain. Mais il faut encore mobiliser des ressources pour l’aménager et le rendre fonctionnel. Nous en appelons à l’intervention conjointe des ministres de l’Environnement et de l’Assainissement pour qu’une solution durable soit trouvée », plaide Yoro Diouf.

Malgré les risques sanitaires et l’absence de reconnaissance institutionnelle, les vidangeurs affirment leur volonté de poursuivre leur mission, qu’ils jugent essentielle pour la santé publique.

« Sans notre travail, il y aurait des épidémies. Nous faisons un métier ingrat, mais vital », conclut M. Diouf, déterminé à faire entendre la voix de son secteur, souvent relégué aux marges du débat public.

Cette sortie publique marque une nouvelle étape dans le plaidoyer des acteurs de l’assainissement informel, en quête de sécurité, de dignité et de reconnaissance. Les regards sont désormais tournés vers le ministre, attendu dans les prochaines heures à Kaolack.

Présidentielle 2029 : Madiambal Diagne évoque un risque de “sabotage” entre Diomaye et Sonko

Le débat sur la présidentielle de 2029 est lancé, bien avant l’heure. Dans une publication polémique sur le réseau social X, le journaliste Madiambal Diagne s’est interrogé ce jeudi 3 juillet sur les ambitions futures du Premier ministre Ousmane Sonko et leurs implications sur la stabilité du pouvoir actuel. Selon lui, une réussite éclatante du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye pourrait compromettre la légitimité de Sonko en tant que candidat à la prochaine élection présidentielle.

« Encore 4 ans de confusion au sommet de l’État ? Le PM Sonko dit être candidat en 2029, sans savoir si le PR Diomaye le sera ou non. La réussite de Diomaye délégitimerait la candidature de Sonko. Alors Sonko n’a pas intérêt à la réussite de Diomaye. Sabotage en vue. Allez savoir ! », a écrit Madiambal Diagne.

Élus en tandem en mars 2024 à l’issue d’un scrutin historique, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko incarnent une nouvelle ère politique au Sénégal. Diomaye, président de la République, bénéficie du soutien du parti Pastef fondé par Sonko, son mentor politique devenu Premier ministre. Mais les ambitions présidentielles réaffirmées de ce dernier pour 2029 viennent troubler cette dynamique, ravivant les spéculations sur une possible rivalité interne.

La sortie de Madiambal Diagne jette un pavé dans la mare : suggérant un sabotage potentiel, elle alimente l’idée d’un double agenda qui pourrait nuire à la cohésion au sommet de l’État. Pour certains observateurs, cette hypothèse reflète davantage un calcul politique qu’une réalité factuelle, mais elle a le mérite de soulever un enjeu fondamental : le partage du pouvoir entre les deux figures de l’exécutif.

Face aux rumeurs et aux doutes, Ousmane Sonko n’a pas tardé à réagir. Dans une vidéo publiée mardi soir, il a fermement affirmé son droit à briguer la magistrature suprême en 2029.

« Ce dossier n’a aucun rapport avec ma candidature. De ce qui reste de mon existence, si je ne participe pas à une élection, ce serait de ma propre volonté, parce que rien ne peut m’empêcher d’être candidat », a-t-il martelé.

Une déclaration qui survient alors que la Cour suprême a récemment relancé le débat juridique sur l’éligibilité de Sonko, toujours marqué par ses déboires judiciaires passés. Mais pour le principal intéressé, les obstacles sont désormais derrière lui.

À moins de cinq mois d’exercice, l’attelage Diomaye-Sonko est confronté à un défi majeur : gouverner ensemble tout en gardant des ambitions personnelles compatibles avec l’intérêt national. Le président Faye, encore discret sur ses intentions pour 2029, reste centré sur les réformes institutionnelles et la restauration de la souveraineté économique. Sonko, de son côté, multiplie les apparitions publiques et les messages politiques à forte portée électorale.

Entre loyauté politique et calculs individuels, le tandem pourrait être mis à l’épreuve plus tôt que prévu. Si la réussite de Diomaye Faye devient incontestable, elle pourrait en effet remettre en question l’opportunité d’un changement de leadership au sein du Pastef en 2029.

À la frontière de la menace : le Général Mamadou Mansour Seck appelle à la vigilance face aux risques terroristes

À la suite de l’attaque survenue à Diboli, à seulement deux kilomètres de la frontière sénégalaise, les inquiétudes liées à une possible extension du terrorisme vers le sud du Sahel s’intensifient. Dans une interview exclusive accordée à L’Observateur, le Général Mamadou Mansour Seck, ancien Chef d’état-major général des armées (CEMGA) et ex-ambassadeur à Washington, livre une analyse lucide et rassurante sur la situation sécuritaire du Sénégal.

« Ils sont à nos portes », avertit le Général Seck, tout en appelant à ne pas céder à la panique. L’attaque de Diboli, localité malienne voisine, a ravivé les craintes d’une infiltration djihadiste vers le territoire sénégalais. Mais l’ancien chef militaire reste mesuré : « Il ne faut pas s’affoler, mais être en alerte permanente. » Pour lui, cette posture de vigilance constante est ce qui a permis au Sénégal de tenir jusqu’ici, contrairement à d’autres États sahéliens.

Selon le Général Seck, la résilience du Sénégal repose sur trois piliers : « une bonne stratégie, une bonne armée et un bon service de renseignement. » Il rappelle que le pays a su préserver sa souveraineté et sa stabilité malgré l’effondrement sécuritaire de plusieurs voisins sahéliens. Le renforcement des forces dans les zones sensibles, notamment au sud-est du pays, témoigne d’une anticipation proactive du danger.

Face à des groupes terroristes qui opèrent selon des méthodes non conventionnelles, le renseignement est fondamental : « Ce ne sont pas des chars contre des chars. Ils s’attaquent à notre société. » Le Général met l’accent sur l’importance du “Human Intelligence”, le renseignement humain, jugé indispensable pour comprendre l’ennemi, ses motivations et sa culture. Il appelle également à une meilleure coordination entre les services de sécurité : « Un service peut avoir une information, mais ne pas être le mieux placé pour agir. »

Dans ce conflit, la propagande est une arme redoutable. « Ces gens-là maîtrisent les technologies modernes de communication », alerte-t-il, évoquant notamment l’usage détourné du message religieux sur les réseaux sociaux pour embrigader des jeunes. Il plaide pour une vigilance accrue face aux discours extrémistes, et rappelle que « le Sénégal a un islam tolérant, pas celui des salafistes. »

Au-delà des forces armées, le Général Seck croit fermement à l’implication des populations dans la lutte contre le terrorisme : « Il faut des soldats sans fusil. Les citoyens doivent participer au renseignement, comme les Anglais avec Scotland Yard. » Il appelle à sensibiliser les jeunes dans les quartiers pour qu’ils signalent toute anomalie : « C’est une guerre qui se gagne aussi avec les yeux et les oreilles de la population. »

Pour faire face aux défis sécuritaires grandissants, le Général Seck suggère une hausse du budget de la Défense : « J’ai proposé au Président que le budget atteigne 2 à 3 % du PIB, comme dans les normes de l’OTAN. » Il souligne que, contrairement à d’autres pays de la région, le Sénégal n’a jamais fait appel aux forces étrangères : « Nous avons notre force, notre souveraineté, et on prend les mesures qu’il faut. »

Tout en soulignant la proximité de la menace, le Général Seck exprime une confiance assumée envers les forces sénégalaises : « Le Sénégal n’a jamais compté sur personne pour sa sécurité. J’ai confiance en nos Forces de défense et en nos services de renseignement. » Il appelle à une vigilance soutenue, un renforcement du renseignement humain, une mobilisation citoyenne et une coopération nationale renforcée pour maintenir le pays à l’abri du chaos qui frappe une grande partie du Sahel.

Immigration irrégulière : neuf candidats interceptés sur la plage de Malibu

Le fléau de l’émigration clandestine continue de hanter les côtes ouest-africaines. Ce lundi, le Commissariat d’arrondissement de Golf Sud a procédé à l’interpellation de neuf personnes sur la plage de Malibu, dans la banlieue dakaroise. Il s’agit de sept ressortissants gambiens, d’un Sénégalais et d’une Guinéenne, tous impliqués dans une tentative de migration irrégulière vers l’Espagne.

Selon les informations recueillies auprès des forces de l’ordre, le groupe avait embarqué depuis les côtes gambiennes le 25 juin dernier à bord d’une pirogue transportant plus de 100 candidats à l’aventure. Leur objectif : rejoindre l’Europe par la dangereuse voie maritime, malgré les risques élevés de naufrage ou d’interception.

Chaque passager aurait déboursé entre 400 000 et 600 000 francs CFA pour financer le périlleux voyage. Des convoyeurs sénégalais sont pointés du doigt comme les organisateurs de cette traversée illégale. L’un des migrants arrêtés serait par ailleurs complice du commandant de bord, un étranger activement recherché par les autorités après avoir pris la fuite.

Sur les lieux, les policiers ont découvert des preuves accablantes : 73 bidons d’essence, des vivres en quantité et un moteur de rechange, tous abandonnés dans l’embarcation. Des éléments qui confirment la préparation minutieuse de cette tentative de voyage clandestin.

Les neuf suspects sont actuellement en garde à vue dans les locaux du commissariat. Une enquête a été ouverte pour démanteler le réseau de passeurs derrière cette opération et identifier les autres migrants impliqués.

Kaolack / Gouvernance nationale : « Le Sénégal est sous perfusion, il faut un plan d’urgence », alerte Ballé Ndiaye

Le Sénégal, longtemps présenté comme un modèle de stabilité en Afrique de l’Ouest, traverse aujourd’hui une période critique. Entre tensions économiques, crises sociales et défis environnementaux, le pays semble littéralement sous perfusion. Derrière l’image d’une nation résiliente, la réalité est bien plus préoccupante et appelle un plan d’urgence immédiat.

Dans un entretien téléphonique accordé ce mercredi, Ballé Ndiaye, président du Mouvement Bokk Beug Beug (M3B) et par ailleurs président de la Société Internationale d’Approvisionnement et de Transit (SIAT), basée à Bamako, n’a pas mâché ses mots :

« Le Sénégal peine à décoller. Beaucoup de jeunes ont perdu la vie, d’autres leurs biens, des magasins ont été saccagés. Tout cela à cause de la manipulation politique des nouvelles autorités qui, hier dans l’opposition, promettaient monts et merveilles. Aujourd’hui au pouvoir, elles semblent ignorer les responsabilités qui incombent à leur position. Or, l’État est une continuité. »

Trois mois après l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, soutenu par le Premier ministre Ousmane Sonko, Ballé Ndiaye dresse un premier bilan très critique :

« Nous constatons une absence totale de vision économique. Les prix des denrées continuent d’augmenter, le chômage des jeunes reste alarmant, et les mesures annoncées jusqu’ici ne répondent pas aux besoins urgents des populations. »

Il déplore également la gestion précipitée de la réforme fiscale, mal expliquée à la population. Selon lui, cette approche risque de décourager les investisseurs et d’alimenter davantage l’instabilité économique.

« Le gouvernement promettait la rupture et la transparence. Ce que nous voyons, c’est plutôt une concentration du pouvoir entre les mains de quelques proches alliés », fustige-t-il.

« Il faut convoquer toutes les forces vives de la nation afin que des solutions rapides soient trouvées avant que le pays ne s’effondre. Il faut revoir notre politique d’endettement, discuter avec les bailleurs, s’ouvrir davantage à l’extérieur pour rééquilibrer notre économie. »

« Le pays tourne au ralenti. Les secteurs clés du développement sont à l’arrêt. On dirait que tout le monde a jeté la clé du pays au paillasson ! »

Dans le secteur agricole, les retards dans la distribution de semences de qualité paralysent les campagnes. Les projets d’emploi et de formation pour les jeunes sont suspendus, alimentant un profond désespoir. Le climat des affaires se dégrade, et la confiance s’érode.

« Il faut aller vite. Il est temps de revoir la copie économique d’un pays qui était en voie de développement. Ce régime doit tout faire pour que le Sénégal retrouve la place qui était la sienne sur le plan international, que ce soit en matière d’éducation, de diplomatie ou de démocratie. »

Pour M. Ndiaye, le moment n’est pas à un programme classique, souvent long à mettre en œuvre, mais à un véritable plan d’urgence :

« Un bon programme peut prendre 5 à 10 ans pour produire des résultats. Et souvent, les gouvernants ne réalisent les projets qu’à la fin de leur mandat. Le Sénégal a besoin d’un plan d’action immédiat. »

Évoquant sa région d’origine, Kaolack, il rappelle son positionnement stratégique comme carrefour économique, logistique et historique. Toutefois, ce potentiel est freiné par l’insalubrité, des infrastructures délabrées, le chômage, l’insécurité, la salinisation et un leadership local fragmenté.

« Les initiatives en cours pour moderniser Kaolack sont encourageantes, mais elles nécessitent une gouvernance forte, un pilotage cohérent des projets et surtout des investissements concrets pour transformer la ville en un hub durable. »

Ballé Ndiaye se montre aussi très inquiet sur l’état des institutions fondamentales de la République.

« Aucun pays ne peut se développer sans une justice indépendante. Or aujourd’hui, on a l’impression qu’elle est piétinée, marginalisée. C’est regrettable. Pourtant, notre justice a longtemps fait la fierté du Sénégal à l’international. »

Il salue néanmoins le travail accompli par certains acteurs du système judiciaire, mais appelle à renforcer son indépendance et sa crédibilité.

« Le Parlement n’est pas la propriété d’un parti politique, encore moins un lieu pour insulter l’opposition. C’est une institution de contrôle du pouvoir exécutif, et non une caisse de résonance d’un pouvoir partisan. »

Pour Ballé Ndiaye, la situation est grave mais pas désespérée. Il appelle les nouvelles autorités à faire preuve de responsabilité, d’ouverture et d’efficacité :

« Le temps n’est plus aux discours, mais à l’action. Il faut sauver le Sénégal tant qu’il est encore temps. »

Disparition tragique de Diogo Jota : le football perd l’un de ses plus beaux visages

Le 2 juillet 2025 restera gravé dans les mémoires comme l’un des jours les plus sombres pour le monde du football. Diogo Jota, attaquant de Liverpool et international portugais, a perdu la vie dans un terrible accident de la route sur l’autoroute A-52, près de Cernadilla, en Espagne. À ses côtés, son frère André, également footballeur, a lui aussi succombé dans les mêmes circonstances tragiques. La disparition soudaine de ces deux passionnés du ballon rond a plongé toute une planète sportive dans le deuil et la stupéfaction.

Il était peu après minuit lorsque le véhicule des deux frères a quitté la chaussée, avant de s’embraser dans des circonstances encore inexpliquées. À l’arrivée des secours, il était malheureusement trop tard. Les pompiers, ambulanciers et agents de la Guardia Civil, accourus sur les lieux, n’ont pu que constater l’irréparable. La scène, d’une violence inouïe, restera sans doute longtemps gravée dans les esprits de ceux qui y ont assisté.

Si les causes exactes de l’accident demeurent inconnues à ce stade, l’impact est déjà dévastateur. Le football européen, et plus particulièrement portugais, perd l’un de ses plus brillants ambassadeurs, à seulement 28 ans.

Formé à Paços de Ferreira, Diogo Jota avait gravi les échelons avec un mélange de talent brut, d’intelligence de jeu et d’une rigueur exemplaire. Après des passages remarqués à l’Atlético Madrid et surtout à Wolverhampton, c’est à Liverpool qu’il avait véritablement explosé. Sous les ordres de Jürgen Klopp, il avait rapidement conquis Anfield grâce à sa polyvalence, son sens du but et sa capacité à briller dans les grands rendez-vous.

À 28 ans, il incarnait la maturité tactique et l’humilité, dans un monde parfois trop prompt à l’esbroufe. Jota n’était pas seulement un buteur redoutable ; il était aussi un travailleur acharné, un coéquipier exemplaire, et un homme discret dont le professionnalisme forçait le respect.

Depuis l’annonce de sa mort, les hommages affluent du monde entier. Liverpool a publié un communiqué bouleversant, saluant “un joueur exceptionnel, mais surtout un homme rare”. Les supporters, en larmes, ont improvisé une veillée à Anfield, déposant fleurs, maillots et bougies aux abords du stade.

La Fédération portugaise, quant à elle, a décrété un deuil national dans le football. Cristiano Ronaldo, João Félix, Bernardo Silva… tous ont exprimé leur chagrin, leur stupeur, et leur admiration pour celui qu’ils considéraient comme un frère de terrain.

Au-delà de son palmarès et de ses statistiques, Diogo Jota laisse une empreinte humaine et émotionnelle profonde. Son sourire après un but, sa modestie lors des interviews, sa générosité en dehors du terrain… autant de traits qui faisaient de lui un joueur aimé, mais surtout un homme respecté.

Il incarnait cette génération de footballeurs modernes capables d’être performants sans jamais perdre leur humanité. Sa mort soudaine rappelle la fragilité de la vie, même pour ceux que l’on croit invincibles dans la lumière des stades.

Le football continuera, comme la vie. Mais il le fera avec une douleur au cœur, un vide dans les vestiaires, et une pensée persistante pour celui qui aurait encore tant à offrir. Diogo Jota n’est plus, mais son souvenir demeure.

Repose en paix, Diogo. Le football ne t’oubliera jamais.

Tragédie à Fass Delorme : Le jeune chanteur Lamine Diallo poignardé à mort, son présumé meurtrier arrêté

Le Sénégal est en deuil. Le monde de la musique sénégalaise pleure l’un de ses jeunes talents les plus prometteurs. Lamine Diallo, étoile montante révélée par l’émission Sen Petit Gallé, a été sauvagement poignardé le 1er juillet 2025 à Fass Delorme, un quartier populaire de Dakar. Il n’avait que 22 ans.

En plus d’être un étudiant assidu à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop, Lamine Diallo incarnait l’avenir de la scène musicale sénégalaise. Sa voix unique, sa sensibilité artistique et son charisme lui avaient valu une reconnaissance grandissante, bien au-delà des plateaux télévisés. Sa disparition brutale a plongé ses proches, ses camarades, mais aussi l’ensemble du monde culturel dans une profonde consternation. De nombreuses figures du milieu artistique ont salué la mémoire d’un jeune homme « talentueux, respectueux et humble ».

L’affaire a pris une tournure dramatique lorsque les enquêteurs du commissariat du 4e arrondissement ont procédé à l’arrestation d’un suspect : A. Fall, un jeune homme de 26 ans, originaire de Saint-Louis mais résidant à Khar-Yalla. Interpellé quelques heures après les faits, il a été placé en garde à vue.

Dans une déclaration glaçante rapportée par L’Observateur, le suspect est revenu sur les circonstances de la tragédie. Il affirme avoir été surpris par le comportement de Lamine Diallo, qu’il connaissait et fréquentait. Selon ses dires, la victime l’aurait rejoint dans une chambre à Fass Delorme, dans une maison que les deux jeunes hommes avaient l’habitude de fréquenter. C’est là que la situation aurait dégénéré.

« Il a commencé à me faire des caresses… », aurait-il confié aux enquêteurs. Se disant choqué, A. Fall affirme avoir perdu le contrôle, s’emparant d’un couteau posé sur une table pour frapper Lamine au niveau de l’aine gauche. Le coup, unique mais d’une extrême gravité, a causé une hémorragie massive.

Transporté d’urgence à l’hôpital Abass Ndao, Lamine Diallo y a été pris en charge par les équipes médicales, mais n’a pu être sauvé. Il a succombé à ses blessures peu après son admission. Le parquet de Dakar a ordonné une autopsie, confiée à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff (HOGIP), tandis que le corps du jeune artiste repose à la morgue de l’hôpital Abass Ndao.

Le suspect A. Fall a été placé sous mandat de dépôt pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il devra répondre de ses actes devant la justice, dans une affaire aussi sensible qu’épineuse, mêlant drame humain, tension sociale et deuil national.

La mort de Lamine Diallo rappelle cruellement la fragilité de la vie, mais aussi la nécessité de protéger les jeunes talents du pays. Alors que les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux, une question taraude : comment un avenir aussi prometteur a-t-il pu être anéanti de manière aussi brutale ?

Le verdict du procès de Moustapha Diakhaté reporté au 9 juillet en raison de la grève des greffiers

L’ancien député Moustapha Diakhaté devra patienter encore une semaine avant de connaître l’issue de son procès pour offense au chef de l’État. Attendu ce mercredi 2 juillet 2025, le verdict a été reporté au 9 juillet prochain, une décision dictée par la paralysie partielle de l’appareil judiciaire sénégalais, conséquence directe de la grève des greffiers en cours.

Comme le rapporte le quotidien Les Échos, c’est le président de l’audience qui a annoncé ce report à la dernière minute, expliquant que la décision n’a pu être rédigée et formalisée en l’absence des greffiers. Ce contretemps rallonge de facto la détention provisoire de Moustapha Diakhaté, incarcéré dans le cadre de cette affaire depuis plusieurs semaines.

Pour rappel, l’ancien parlementaire est poursuivi pour offense au chef de l’État et offense à une personne exerçant une partie des prérogatives du président de la République. Les faits qui lui sont reprochés remontent à des déclarations publiques dans lesquelles il avait qualifié certaines autorités de « gougnafiers », un terme jugé outrageant par le parquet.

Lors de la dernière audience, le ministère public avait requis une peine de trois mois de prison ferme ainsi qu’une amende de 200 000 F CFA. En défense, les avocats de Moustapha Diakhaté ont invoqué la liberté d’expression et plaidé la relaxe pure et simple de leur client.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°502 – 03/07/2025

🔴 APRÈS LE REVERS JUDICIAIRE DANS L’AFFAIRE MMN : DE NOUVELLES CHARGES CONTRE SONKO
🔴 OUSMANE SONKO : DE L’OPPOSANT FRONDEUR AU PREMIER MINISTRE INSULTEUR DE MAGISTRATS (Par Babacar Justin Mbengue)

🔴 BALLA GAYE 2 – SITEU : LE CNG CHERCHE UNE PARADE JURIDIQUE
🔴 CAN FÉMININE 2024 : UN NOUVEAU TROPHÉE À LA HAUTEUR DES REINES

Exercice de prévention des risques d’accident/SECAA SA ICS: Mieux vaut simuler que subir.

La SECAA SA en collaboration avec ICS a tenue une simulation d’un accident de transport de matières dangereuses (TDM) sur l’autoroute de l’avenir.


‎Un scénario réaliste pour entraînement d’envergure à travers un camion-citerne transportant de l’acide sulfurique qui a été simulé comme étant renversé à hauteur de l’échangeur du cicad (sortie 11), dans le sens AIBD-Dakar. Ceci a permis de mettre à l’épreuve la capacité de réaction des différentes équipes d’urgence et de coordination.


‎Cette événement s’est déroulé sous la supervision du préfet de Rufisque M. Magatte DIOUCK qui a salué a son tour la réactivité des équipes de la gendarmerie, de la police et des sapeurs-pompiers.

Exercice de prévention des risques d'accident/SECAA SA ICS: Mieux vaut simuler que subir.

L’APR fustige Ousmane Sonko après sa condamnation : “Un Premier ministre en opposition permanente au pouvoir”

Dans un communiqué virulent, l’Alliance Pour la République dénonce l’attitude de M. Sonko après sa condamnation pour diffamation, l’accusant de populisme, d’incompétence et de nuire à l’image du Sénégal.

Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République prend acte du verdict prononcé par la Cour suprême, qui condamne définitivement Monsieur Ousmane Sonko pour le délit de diffamation à l’encontre de notre camarade Monsieur Mame Mbaye Niang, ancien ministre.
Fidèle à ses habitudes puériles, M. Sonko a étalé une nouvelle fois son manque de culture d’État et de retenues à travers un live sur les réseaux sociaux, dans lequel il a ridiculisé le Président de la République, outragé les magistrats et menacé les citoyens qui auraient commis le tort d’avoir un avis contraire au sien.
S’honorant en tant que parti républicain de ne jamais commenter les décisions de justice ni au pouvoir ni dans l’opposition, l’APR dénonce la clochardisation des institutions par le parti Pastef, et la manière avec laquelle le Premier ministre s’emploie à abaisser les magistrats, en violation de la tradition sacrée de séparation des pouvoirs et de nos us et coutumes républicaines.
De surcroît, Le Premier ministre tente de masquer son incompétence chronique et son incapacité clinique par l’injure, la calomnie et l’outrance verbale.
Face aux difficultés qui assaillent les populations dans leur quotidien, aux finances publiques exsangues, à l’isolement diplomatique du Sénégal, au chômage endémique et à la perte du pouvoir d’achat des ménages, Ousmane Sonko se complaît dans une posture irresponsable faite de médisance et de contre-vérités à propos de la gestion antérieure.
Tout se passe comme si le fumeux “projet” se réduisait aux attaques contre le Président Macky Sall et son régime; M. Sonko oubliant que l’attente des Sénégalais n’est pas la rumination du passé de ses turpitudes mais la satisfaction du minimum vital pour les Sénégalais.
Tous les Sénégalais savent que l’APR a laissé un pays stable dont les signaux économiques étaient au vert et dont la réputation à l’extérieur était solide.
Parce que son impuissance à impulser une action gouvernementale efficace et performante est devenue manifeste aux yeux du Peuple sénégalais, M. Sonko invente un nouveau concept en politique : l’opposition au pouvoir. Il a remplacé l’action par le bavardage inutile et le résultat par la complainte.
Parce que l’agitation fébrile ne saurait masquer une incompétence notoire et un populisme primaire, il est attendu du gouvernement des réponses précises et urgentes aux préoccupations des populations dont l’espoir s’est mué en déception et en désolation.
Les Sénégalais attendent d’un premier ministre digne de ce nom des solutions et non des éructations le long des discours d’impuissance.
Enfin, l’Alliance Pour la République condamne les délires du premier Ministre Ousmane Sonko sur son obsession à détruire le peu d’image qui reste du Sénégal sur la scène internationale avec des déclarations aussi fausses qu’irresponsables sur le taux d’endettement du pays.

Dakar, le 2 juillet 2025
Le Secrétariat Exécutif National

Avec une dette réévaluée à 119 % du PIB, le Sénégal devient le pays le plus endetté d’Afrique

La trajectoire de l’endettement du Sénégal inquiète au plus haut point. Selon un rapport récemment publié par la banque britannique Barclays et relayé par plusieurs médias internationaux, dont RFI, la dette publique sénégalaise a été réévaluée à 119 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024. Un chiffre qui place désormais le pays en tête du classement des nations les plus endettées du continent africain, dépassant même la Zambie et le Cap-Vert, les seuls autres pays à franchir le seuil symbolique des 100 % d’endettement par rapport à leur richesse nationale.

Cette estimation est bien supérieure aux chiffres jusque-là avancés par les autorités sénégalaises. En effet, la Cour des Comptes, dans son rapport publié en 2023, avait évalué la dette publique à 99,7 % du PIB. Mais la note de Barclays confirme une tendance déjà soulignée par le Fonds monétaire international (FMI) qui, en avril dernier, annonçait que le Sénégal avait atteint un niveau d’endettement estimé à 111,4 %. Le bond est spectaculaire : en seulement une année, la dette aurait augmenté de près de 20 points de PIB.

Le caractère abrupt de cette évolution fait planer de lourdes interrogations sur la sincérité et la transparence des précédentes comptabilités publiques. D’après plusieurs économistes, ce réajustement tient à une meilleure prise en compte de l’endettement des entités publiques parapubliques, des garanties de l’État et d’emprunts non consolidés dans les précédents calculs. La publication du rapport de Barclays a provoqué une onde de choc jusque sur les marchés financiers internationaux. La réaction a été immédiate et brutale : selon les données compilées par Bloomberg, les obligations souveraines sénégalaises libellées en dollars ont perdu 9,1 % de leur valeur depuis le mois de janvier 2025, un signe clair du désengagement des investisseurs.

La note souveraine du Sénégal a également été dégradée par l’agence S&P Global Ratings. Déjà rétrogradée en mars dernier à « B », la notation du pays se situe désormais cinq crans sous le seuil considéré comme « investissement de qualité ». Cette dégradation accentue la défiance et oblige le Sénégal à se financer sur les marchés à des taux d’intérêt plus élevés.

Le nouveau gouvernement en place, qui ne cesse de dénoncer l’« héritage catastrophique » légué par le régime précédent, tente de rassurer partenaires et bailleurs. Les autorités ont annoncé la mise en place d’un audit indépendant couvrant la période 2019-2024, censé établir une évaluation « plus fiable » et exhaustive de la dette. Dans le même temps, un plan de redressement budgétaire est en cours d’élaboration pour tenter d’endiguer la dérive des finances publiques.

Mais ces promesses n’ont pas encore convaincu les créanciers. Le FMI, qui a signé un accord de prêt d’un montant de 1,8 milliard de dollars, a gelé le décaissement du financement, le temps d’obtenir des précisions sur la situation réelle des comptes publics. Ce blocage risque de compliquer la trésorerie de l’État sénégalais alors même que la pression sociale et les attentes économiques sont immenses. La situation est d’autant plus périlleuse que le pays devra recourir à de nouveaux emprunts à court terme pour couvrir ses engagements, au prix d’un endettement toujours plus coûteux.

Ce constat alarmant ouvre une période de grande incertitude économique et financière. Alors que le Sénégal s’apprête à mettre en œuvre son plan de redressement, la crédibilité de la stratégie gouvernementale sera scrutée avec attention par les bailleurs et les agences de notation. Dans ce contexte tendu, le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye doit relever un double défi : restaurer la confiance des investisseurs et préserver le pouvoir d’achat des populations, déjà fragilisé par la hausse du coût de la vie.

Bavures policières : le Président Diomaye Faye annonce des enquêtes rigoureuses et des sanctions exemplaires

De retour d’Espagne où il a pris part à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, le président de la République Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé publiquement sur les récentes bavures policières qui ont coûté la vie à plusieurs citoyens sénégalais. Dans une déclaration diffusée sur la RTS, le chef de l’État a condamné avec fermeté ces événements et promis de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que la lumière soit faite et que justice soit rendue.

Le président a rappelé que les forces de l’ordre sont investies d’une mission fondamentale de protection et de sécurité. Selon lui, les interventions des policiers, quelles qu’en soient les circonstances, ne sauraient en aucun cas justifier la perte de vies humaines. Il a souligné qu’aucun drame de cette nature ne saurait être traité avec légèreté ou relégué au rang de faits divers, insistant sur le caractère sacré de la vie des citoyens.

Dans son allocution, Bassirou Diomaye Faye a cité spécifiquement les cas survenus à Rosso et à Cambérène. Ces interventions policières se sont soldées par des morts, suscitant une vague d’indignation et de colère dans l’opinion. Le chef de l’État a assuré que ces affaires seront traitées avec toute la rigueur et l’impartialité requises. Il a affirmé qu’en ce moment même, des enquêtes approfondies sont en cours pour établir la chaîne des responsabilités et déterminer les manquements ayant conduit à ces drames.

« Les forces de l’ordre sont censées rassurer les populations et les protéger », a martelé le président. Il a insisté sur le fait que ces bavures ne pourront être tolérées, quelles que soient les circonstances. Le président s’est engagé à ce que toutes les conclusions issues des enquêtes soient suivies d’effets. Il a promis que des sanctions exemplaires et proportionnées seront appliquées contre les agents et les responsables, quels que soient leur rang et leur niveau de responsabilité, dès lors que leur implication sera établie.

Cette prise de position ferme intervient alors que la question des violences policières suscite un vif débat au Sénégal, alimenté par des précédents douloureux et une demande croissante de réforme du secteur de la sécurité. Par ces annonces, Bassirou Diomaye Faye entend poser un jalon important dans la lutte contre l’impunité et réaffirmer l’exigence d’un strict respect des droits humains par les forces de l’ordre.

Le chef de l’État a enfin exhorté les familles des victimes à faire confiance à la justice, tout en exprimant sa solidarité et sa compassion face à leur douleur. Il a assuré que son gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour que ces drames ne se répètent plus et que la confiance entre les citoyens et les forces de sécurité soit restaurée.

Quand le juge devient justiciable devant le Parlement…

Le projet de nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale du Sénégal introduit des innovations importantes, notamment en matière de commissions d’enquête parlementaire. L’intention affichée est louable : renforcer le pouvoir de contrôle des députés sur la vie publique. Mais un article en particulier mérite une attention aiguë, tant il fait peser un risque réel sur l’équilibre des pouvoirs : l’article 56, qui prévoit que les commissions d’enquête pourront convoquer des magistrats en exercice, sous autorisation du ministre de la Justice.

Cette disposition ne tombe pas du ciel. Elle fait écho à une actualité encore récente, où des soupçons graves avaient visé des membres de l’autorité judiciaire. L’idée d’une audition parlementaire avait alors été évoquée, puis abandonnée, car elle ne reposait sur aucune base légale. L’article 56 semble vouloir combler ce vide pour l’avenir.
Mais ce qui est en jeu dépasse de loin un simple correctif technique. Car cette disposition — jointe à la procédure prévue à l’alinéa 2 de l’article 62, qui permet le recours à la force publique en cas de refus de comparution — crée un brouillage institutionnel d’une gravité inédite.

La force publique – police ou gendarmerie – placée sous l’autorité du juge, pourrait-elle être requise pour contraindre ce même juge à se présenter devant une instance politique ? Que resterait-il alors de l’autorité symbolique et fonctionnelle du magistrat ? Comment pourrait-il exercer son office avec la sérénité et l’impartialité requises, après avoir été publiquement convoqué, voire physiquement contraint, à répondre à une instance législative ?

L’argument selon lequel la procédure parlementaire ne serait pas pénale pourrait être avancé. Mais cette distinction ne résiste pas à l’analyse. L’article 56 impose la comparution, le serment obligatoire, prévoit des sanctions pénales (articles 355 et suivants du Code pénal), autorise le recours à la force publique (article 62, alinéa 2), et permet de saisir le procureur de la République en cas d’infractions (article 57).
Ces éléments traduisent une dynamique quasi juridictionnelle. Or, selon l’article 25 de la loi organique n°2017-10 portant statut des magistrats, un magistrat ne peut être auditionné, même à titre préliminaire, que par le Procureur général près la Cour suprême ou par un pair habilité, et uniquement avec l’autorisation expresse du ministre de la Justice.

Ce niveau élevé de protection procède d’un souci de préservation de l’indépendance fonctionnelle de la magistrature.
L’article 57 du projet de règlement, en confiant la transmission des faits au Procureur de la République, semble ignorer cette architecture statutaire. Il introduit ainsi une confusion regrettable entre mécanisme politique d’enquête et cadre judiciaire réservé, pourtant strictement balisé par une loi organique.

Il en résulte un conflit normatif entre deux textes organiques que seul le Conseil constitutionnel pourra trancher.

Mais il y a plus fondamental encore : la commission d’enquête parlementaire est un outil de contrôle de l’exécutif, pas un instrument d’investigation sur le pouvoir judiciaire. Les magistrats ne relèvent pas du gouvernement. Ils ne sont pas comptables de leur action devant l’Assemblée nationale. Les convoquer, c’est confondre la transparence avec l’ingérence, et le contrôle démocratique avec l’empiétement sur une sphère institutionnelle indépendante.

Et sur ce point, le droit comparé est limpide.

  • En France, les magistrats en fonction ne sont jamais convoqués par les commissions d’enquête. Leur contribution éventuelle se fait par écrit, via le ministère de la Justice ou le Conseil supérieur de la magistrature.
  • Au Royaume-Uni, les select committees n’ont aucun pouvoir contraignant sur les juges en exercice. Lorsqu’un point de vue judiciaire est requis, il passe par des rapports ou des institutions spécialisées, mais jamais par des auditions directes.
  • En Allemagne, les commissions d’enquête n’entendent que des experts extérieurs ou des anciens magistrats. Aucun juge en service n’a à justifier son action devant le Bundestag.
  • Même aux États-Unis, où les commissions du Congrès disposent de pouvoirs étendus, les juges fédéraux bénéficient d’une immunité fonctionnelle stricte. Le Department of Justice peut être saisi, mais les magistrats eux-mêmes restent hors de portée des convocations politiques.

Ces exemples ne sont pas des exceptions. Ils sont la norme dans toutes les démocraties respectueuses de la séparation des pouvoirs.
Or, l’article 56, en l’état, fait du Sénégal une anomalie démocratique en devenir : le seul pays, à notre connaissance, à prévoir formellement la convocation, et potentiellement la contrainte physique, d’un magistrat par une commission d’enquête parlementaire.

Ce n’est pas ici une réaction corporatiste. C’est une alerte institutionnelle. La justice ne peut rester sereine et impartiale si elle est exposée, même ponctuellement, à une mise en cause politique directe.

Renforcer le contrôle parlementaire, oui. Mais en respectant la ligne rouge de l’indépendance judiciaire. Car le contrôle n’est pas la subordination, et la transparence ne doit jamais servir de prétexte à l’affaiblissement des contre-pouvoirs.
D’autant plus que ce texte, adopté sous forme de loi organique, devra, avant toute promulgation, être soumis au contrôle de constitutionnalité, conformément à l’article 78 de la Constitution. C’est une étape décisive. Car une démocratie forte ne se mesure pas à l’étendue des pouvoirs, mais à leur équilibre.

Par Mamadou Yakham Keïta, juge au Pool Financier et Judiciaire, auteur de TEG TEGGI TEKKI

Grève dans le secteur agricole : le SYNTTAS décrète 24 heures d’arrêt de travail

Le climat social continue de se tendre dans plusieurs secteurs d’activité au Sénégal. Cette fois, c’est le domaine agricole qui est concerné par un nouveau mouvement d’humeur. Le Syndicat National des Techniciens et Travailleurs de l’Agriculture du Sénégal (SYNTTAS) a en effet annoncé qu’il observait une grève de 24 heures ce jeudi 3 juillet 2025 sur l’ensemble du territoire national.

Dans un communiqué diffusé ce mardi, le bureau national du syndicat précise que cette décision intervient à la suite de nombreux points de revendication restés sans suite, malgré les multiples interpellations adressées aux autorités de tutelle. Le SYNTTAS appelle tous ses membres, techniciens et autres agents intervenant dans le secteur agricole, à observer le mot d’ordre de façon stricte et sans exception, afin de donner un signal fort au gouvernement.

Le syndicat n’a pas détaillé dans cette déclaration les griefs exacts à l’origine de la mobilisation, mais plusieurs sources syndicales évoquent un climat de frustration lié au retard dans le paiement des indemnités, au manque de moyens logistiques pour l’exécution correcte des missions de terrain et à l’absence d’un dialogue social jugé « sincère et constructif ».

Le mouvement de grève intervient dans une période jugée sensible pour le secteur agricole, en pleine phase de préparation et de mise en œuvre de plusieurs programmes d’appui aux producteurs. Si aucun compromis n’est trouvé d’ici jeudi, cette journée sans travail risque de perturber des activités stratégiques, notamment l’encadrement technique des producteurs, le suivi phytosanitaire des cultures et les opérations administratives liées aux campagnes agricoles.

Sortie d’Ousmane Sonko : l’APR accuse le Premier ministre d’« incompétence chronique » et de dérives graves

Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République (APR) est monté au créneau ce mardi 2 juillet 2025 pour exprimer sa vive réaction après la sortie du Premier ministre Ousmane Sonko, consécutive au rejet de sa requête en rabat d’arrêt par la Cour suprême dans l’affaire de diffamation qui l’oppose à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang.

Dans un communiqué transmis à la presse, la formation politique de l’ancien président Macky Sall se dit consternée par ce qu’elle qualifie d’« attaques répétées » du chef du gouvernement contre les institutions judiciaires et les magistrats. L’APR accuse Ousmane Sonko de « ridiculiser le Président de la République, d’outrager les magistrats et de menacer les citoyens », dénonçant des propos jugés indignes de la posture d’un chef du gouvernement.

Pour le parti, la posture actuelle du Premier ministre n’est qu’un écran de fumée visant à dissimuler une réalité qu’il peine à affronter : son incapacité à proposer des réponses concrètes aux nombreux défis économiques et sociaux du pays. « Face aux difficultés économiques et sociales, Ousmane Sonko a remplacé l’action par le bavardage inutile, et le résultat par la complainte permanente », souligne le communiqué. Selon l’APR, il adopte « une posture irresponsable faite de médisance et de contre-vérités ».

L’APR va plus loin en qualifiant l’attitude du chef du gouvernement d’« incompétence chronique ». Selon les cadres du parti, Ousmane Sonko, au lieu de gouverner, se livre à des attaques systématiques contre ses prédécesseurs et les institutions qu’il devrait plutôt protéger. Ils estiment qu’il cherche à masquer ses propres failles par « l’injure, la calomnie et l’outrance verbale ».

Sur le plan international, le communiqué s’en prend également à la rhétorique du Premier ministre. Selon l’APR, ses récentes déclarations sur le taux d’endettement du Sénégal nuisent à l’image du pays. Le parti l’accuse de vouloir « détruire le peu d’image qui reste du Sénégal sur la scène internationale », affirmant que ses propos sur la situation financière du pays sont « aussi faux qu’irresponsables ».

À travers cette sortie virulente, l’APR montre qu’elle n’entend pas laisser le terrain médiatique au chef du gouvernement. Elle entend désormais jouer pleinement son rôle d’opposition, en dénonçant ce qu’elle considère comme des dérives dans la gestion de l’État et en exigeant que le débat politique reste centré sur la vérité, la compétence et le respect des institutions.

Baccalauréat technique 2025 : le taux de réussite chute à 69 % contre 75 % en 2024

Les résultats définitifs du baccalauréat technique 2025 confirment une baisse notable des performances par rapport à l’année précédente. Selon les chiffres communiqués ce mercredi par Mame Diarra Diop, directrice générale de la Formation professionnelle et technique (DGFPT), le taux global de réussite s’établit à 69,37 %. Ce chiffre contraste avec celui de l’édition 2024, où près de 75 % des candidats avaient décroché le précieux sésame.

Pour cette session, 3 446 candidats étaient inscrits, parmi lesquels 3 366 se sont effectivement présentés aux épreuves. À l’issue du premier tour, 1 302 candidats ont été déclarés admis d’office, soit un taux de réussite de 38,57 %. Parmi ces nouveaux bacheliers, 356 ont obtenu une mention, illustrant malgré tout une certaine qualité dans les résultats de la première phase.

En ce qui concerne les épreuves du second groupe, 1 196 candidats ont été autorisés à concourir, ce qui représente un taux de 35,43 %. À l’issue de cette étape décisive, 1 040 candidats supplémentaires ont été déclarés admis, dont 618 filles et 422 garçons.

En additionnant les deux tours, le total des admis s’élève à 2 342 sur les 3 366 candidats effectivement présents, ce qui fixe le taux global à 69,37 %. Mame Diarra Diop a souligné que cette baisse interroge et devrait faire l’objet d’analyses approfondies afin d’identifier les facteurs ayant pesé sur le niveau de réussite.

La directrice générale a insisté sur la nécessité d’un suivi accru et d’un accompagnement pédagogique renforcé pour redresser la tendance dès les prochaines sessions. Elle a également rappelé que l’enseignement technique constitue un levier stratégique pour l’employabilité des jeunes et le développement économique du pays, d’où l’importance de maintenir des standards élevés de réussite.

Cette diminution du taux global de réussite au baccalauréat technique 2025 marque un coup d’arrêt après plusieurs années d’amélioration progressive. Les autorités éducatives se disent toutefois déterminées à corriger les insuffisances et à renforcer les dispositifs de préparation des candidats.

Procès de Bachir Fofana : ses avocats rejettent les accusations et plaident la relaxe

Le procès du journaliste et chroniqueur Bachir Fofana s’est tenu ce mercredi devant le tribunal de Dakar dans une atmosphère chargée d’enjeux pour la liberté d’informer et la responsabilité des médias. Accusé de « diffamation » et de « diffusion de fausses nouvelles » après des publications mettant en cause l’attribution d’un marché public, le journaliste a fermement contesté les griefs retenus contre lui.

À la barre, ses avocats ont tour à tour démonté l’argumentaire de l’accusation. Me El Hadji Diouf a ouvert les plaidoiries en interrogeant directement son client. « Reconnais-tu avoir diffusé des fausses nouvelles ? », a-t-il lancé. Bachir Fofana a répondu sans hésiter par la négation, affirmant qu’il maintenait l’ensemble de ses déclarations tant qu’aucune preuve contraire n’avait été produite. « Je ne pense pas avoir diffamé, je ne pense pas avoir calomnié, ni divulgué une fausse nouvelle », a-t-il insisté, le ton ferme.

Me Barro, également dans la défense, a quant à lui rappelé qu’aucun élément concret n’était venu démontrer la fausseté des informations publiées par son client. Il a estimé qu’en l’absence d’un document officiel ou d’une décision administrative prouvant que le marché cité dans les articles n’a pas été attribué à la personne nommée, l’accusation ne pouvait tenir. Pour l’avocat, les poursuites relèvent d’une démarche destinée à intimider les journalistes.

La défense dans son ensemble a dénoncé la sévérité du réquisitoire du parquet et a plaidé pour la relaxe pure et simple de Bachir Fofana. Les avocats ont souligné que le ministère public lui-même avait écarté le chef de « diffamation », ce qui constitue selon eux la reconnaissance implicite du caractère infondé d’une partie des accusations.

Dans son réquisitoire, le procureur a effectivement écarté le délit de diffamation mais a maintenu celui de « diffusion de fausses nouvelles », invitant le tribunal à déclarer le journaliste coupable. La défense a jugé cette position incohérente et disproportionnée, rappelant que l’information mise en cause n’avait jamais été officiellement démentie par les autorités compétentes.

Le jugement a été mis en délibéré. L’issue de cette affaire est particulièrement attendue par de nombreux observateurs et acteurs du secteur médiatique, qui y voient un test majeur pour la protection de la liberté de presse au Sénégal.

Tricherie au baccalauréat à Salikégné : trois candidats exclus pour usage de téléphone portable

L’édition 2025 du baccalauréat au Sénégal connaît déjà ses premiers cas de fraude, illustrant la persistance des tentatives de contournement des règles malgré les dispositifs de surveillance renforcés. À Salikégné, localité située dans le département de Kolda, trois candidats ont été pris en flagrant délit de tricherie au centre d’examen installé au lycée de la commune.

Les faits se sont produits au sein du jury 1321. Selon les informations confirmées par le président du jury, Dr Assane Seck, le premier incident a eu lieu au cours de l’épreuve de philosophie. Un des candidats, muni de son téléphone portable, tentait de consulter des contenus en rapport avec le sujet lorsque sa manœuvre a été découverte par un surveillant. Alerté, le président du jury s’est immédiatement rendu dans la salle pour constater l’infraction.

Quelques heures plus tard, au moment des épreuves de langue vivante 1, deux autres candidats ont également été surpris, chacun avec un téléphone portable dissimulé sur eux. Les surveillants, particulièrement vigilants après le premier cas détecté, ont pu identifier les fraudeurs avant qu’ils n’aient le temps d’utiliser leurs appareils pour tricher.

Face à ces violations graves du règlement, les autorités du centre d’examen n’ont pas tergiversé. Les trois candidats ont été exclus sur-le-champ du centre, conformément aux dispositions réglementaires de l’Office du Baccalauréat qui prévoient la radiation immédiate des auteurs de fraude. Dans le rapport transmis au niveau central, le président du jury a dressé un compte rendu détaillé des circonstances et des objets saisis.

Le chef du centre, qui est également proviseur du lycée de Salikégné, a informé les forces de sécurité locales afin d’envisager les suites pénales que pourraient encourir les mis en cause. Ces exclusions rappellent la fermeté avec laquelle les autorités éducatives ont décidé de traiter cette année toute tentative de fraude. L’interdiction stricte de l’utilisation de téléphones portables dans les salles d’examen fait partie des mesures phares mises en place pour préserver l’intégrité et la crédibilité de cet examen national.

Ces incidents à Salikégné illustrent les difficultés persistantes auxquelles les autorités font face dans leur lutte contre la tricherie, malgré les campagnes de sensibilisation et le renforcement des contrôles. Ils constituent aussi un avertissement aux autres candidats tentés de recourir à des moyens illicites dans l’espoir de décrocher le précieux sésame.

Justice : Après une rencontre sans avancée avec le ministre, l’Entente SYTJUST–UNTJ maintient son mot d’ordre de grève

Le bras de fer entre les syndicats des travailleurs de la justice et le gouvernement sénégalais se poursuit. L’Entente SYTJUST–UNTJ a annoncé le maintien de son mot d’ordre de grève de 48 heures, prévue les jeudi 3 et vendredi 4 juillet 2025, après l’échec de la rencontre tenue le mardi 1er juillet avec le ministre de la Fonction publique. La réunion, qui s’est déroulée en présence du président du Haut Conseil du Dialogue Social, n’a débouché sur aucun compromis permettant de désamorcer la crise.

Dans un communiqué rendu public à l’issue de la rencontre, les syndicats ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un blocage total du dialogue et une absence de volonté réelle de la part de l’exécutif d’apporter des solutions aux revendications qui concernent, entre autres, la revalorisation des conditions de travail, la régularisation des situations administratives et l’application d’accords antérieurement signés.

« La partie gouvernementale, de qui des solutions sont attendues, n’a apporté aucune proposition concrète allant dans le sens de mettre fin à la situation d’injustice que vivent les travailleurs de la justice depuis quelques années », a regretté l’Entente. Les syndicats accusent également les services du ministère de la Fonction publique d’entretenir l’impasse par une « lecture erronée des textes », ce qui, selon eux, « annihile la volonté affirmée des syndicats à dépasser cette situation ».

Face à ce qu’elle qualifie d’« énième affront », l’Entente SYTJUST–UNTJ appelle l’ensemble des agents des juridictions et des services relevant du ministère de la Justice à rester mobilisés et résilients. Les syndicats estiment que cette grève est devenue la seule voie pour défendre l’honneur et les droits des travailleurs du secteur.

Malgré la tension qui s’installe, l’Entente réaffirme son attachement au dialogue social et se dit prête à reprendre les discussions si les autorités formulent enfin des propositions claires et crédibles. Elle insiste toutefois sur la nécessité d’un échange sincère et d’engagements fermes autour de solutions concrètes afin d’apaiser le climat social dans le secteur public de la justice.

Insécurité routière : le Sénégal enregistre plus de 745 morts par an, selon l’ANASER

Le fléau de l’insécurité routière continue de faucher des vies au Sénégal. Chaque année, le pays enregistre plus de 5 200 accidents de la circulation, causant la mort de plus de 745 personnes et laissant plus de 8 500 autres blessées. Ces chiffres alarmants ont été révélés mercredi à Dakar par Atoumane Sy, directeur général de l’Agence nationale de sécurité routière (ANASER), lors d’une rencontre avec des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre l’insécurité routière.

« C’est beaucoup. Cela représente deux décès par jour, sans compter les blessés et les dégâts matériels considérables », a déploré Atoumane Sy. Ces statistiques traduisent une situation d’urgence qui ne cesse de s’aggraver et qui suscite une vive inquiétude des autorités et des acteurs associatifs.

La rencontre organisée par l’ANASER visait à harmoniser les actions des différents partenaires et à renforcer l’efficacité des interventions sur le terrain. Le directeur général de l’agence a insisté sur la nécessité de travailler main dans la main pour lutter contre un phénomène dont les conséquences dépassent largement le seul drame humain.

Sur le plan économique, les accidents de la route coûtent chaque année 163 milliards de francs CFA à l’État, selon Atoumane Sy. Un montant colossal qui, a-t-il précisé, représente l’équivalent de 4 à 5 % du Produit intérieur brut (PIB) du Sénégal. Cette charge financière pèse lourdement sur le budget national, mobilisé pour indemniser les victimes et réparer les dégâts causés par les accidents.

Au-delà du coût économique, le directeur de l’ANASER a insisté sur les impacts sociaux dramatiques. « Derrière chaque accident, il y a des familles brisées, des enfants orphelins et des ménages déstabilisés », a-t-il rappelé, en soulignant qu’aucune statistique ne pourra jamais traduire la douleur de ces victimes collatérales.

Face à cette situation préoccupante, les acteurs de la sécurité routière appellent à une mobilisation plus ferme et plus coordonnée. La prévention, la sensibilisation et le renforcement des contrôles routiers figurent au cœur des priorités pour enrayer l’hécatombe sur les routes sénégalaises. Les participants à cette rencontre ont convenu de renforcer la sensibilisation des conducteurs et des usagers, d’améliorer la sécurité des infrastructures et de développer de nouvelles stratégies de prévention adaptées à l’évolution du trafic et aux comportements à risque.

Pour l’ANASER, la lutte contre l’insécurité routière est une responsabilité collective qui engage les autorités, les transporteurs, les conducteurs et chaque citoyen. Dans un contexte où les accidents de la route constituent l’une des principales causes de mortalité au Sénégal, l’urgence est désormais d’agir de façon résolue pour préserver des vies et réduire les drames humains et économiques qu’ils provoquent.

Sénégal – Justice : L’Entente SYTJUST-UNTJ lance une grève de 48 heures pour dénoncer l’inaction du gouvernement

L’Entente SYTJUST-UNTJ, regroupant le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ), a annoncé une grève de 48 heures prévue les jeudi 3 et vendredi 4 juillet 2025. Cette mobilisation vise à protester contre l’inertie du gouvernement face aux revendications persistantes du personnel judiciaire.

Dans un communiqué transmis à Dakaractu, les deux organisations syndicales expriment leur profond mécontentement face à l’absence de solutions concrètes, malgré les nombreuses relances et les négociations engagées avec les autorités compétentes. Elles dénoncent en particulier une mauvaise interprétation des textes réglementaires par les services du ministère de la Fonction publique, qu’elles identifient comme un obstacle majeur à la résolution des différends.

Face à ce qu’elles qualifient d’impasse, les syndicats appellent à une mobilisation forte et à la résilience de l’ensemble des travailleurs du secteur de la justice. Pour eux, la grève constitue un outil légitime et nécessaire afin de défendre les droits des agents et d’exiger un traitement équitable de leurs doléances.

« La grève est une expression démocratique face à l’immobilisme de l’État. Nous n’avons d’autre choix que de faire entendre notre voix », souligne l’Entente dans son communiqué.

Cette nouvelle action s’inscrit dans un contexte social tendu au sein du système judiciaire sénégalais, où les frustrations liées aux conditions de travail, aux retards dans les avancements et aux lenteurs administratives alimentent depuis plusieurs mois une profonde crise.

L’Entente SYTJUST-UNTJ rappelle toutefois qu’elle reste ouverte au dialogue. Elle réaffirme sa volonté de parvenir à des solutions concrètes et durables, condition sine qua non pour restaurer un climat social apaisé dans les juridictions.

Kaolack / Environnement : L’adjointe au maire chargée de l’assainissement appelle la population à s’engager pour la propreté de la commune

Dans le cadre de sa politique d’amélioration du cadre de vie et de lutte contre l’insalubrité, l’adjointe au maire chargée de l’assainissement de la commune de Kaolack, Mme Madjiguène Diouf, a lancé ce mercredi un appel vibrant à l’endroit des habitants, les invitant à s’impliquer davantage dans la préservation de la propreté de leur cadre de vie.

S’adressant aux responsables de quartiers et aux associations de jeunes, elle a souligné l’importance de la propreté et insisté sur le rôle fondamental de l’assainissement pour la santé publique et le bien-être collectif.

« Nous ne pouvons pas réussir l’assainissement sans la participation active des citoyens. Chacun doit être un acteur de la propreté. Il ne suffit pas de compter sur les services municipaux », a-t-elle déclaré.

Mme Diouf a également rappelé que la commune a récemment renforcé ses moyens logistiques, notamment par l’acquisition de nouveaux camions-bennes, l’installation de poubelles publiques supplémentaires, ainsi que l’organisation de journées de curage des canaux.

Pour accompagner cet appel, une série d’activités sera lancée, notamment des campagnes de sensibilisation dans les différents quartiers.

Malgré les efforts déjà fournis, certains quartiers continuent de faire face à une insalubrité persistante, due en grande partie à la prolifération de dépôts sauvages d’ordures et au manque d’engagement de certains habitants, a déploré Mme Diouf.

Un engagement salué par les populations, à l’image du quartier Sam.

« C’est une bonne chose. Nous avons besoin d’être sensibilisés régulièrement. La salubrité, c’est d’abord l’affaire de chaque ménage », a confié Mme Ndèye Sarr, résidente du quartier.

Avec cette nouvelle dynamique, la mairie espère bâtir une commune plus propre, plus saine et exemplaire, en misant sur la responsabilité collective.

P. Diddy acquitté des charges les plus graves mais reconnu coupable de transport à des fins de prostitution

New York, 2 juillet 2025 – Le verdict est tombé au terme d’un procès pénal très suivi et hypermédiatisé : la star du hip-hop P. Diddy, de son vrai nom Sean Combs, a été acquitté des accusations de trafic sexuel et d’association de malfaiteurs, mais reconnu coupable de transport de personnes à des fins de prostitution, mercredi, au tribunal fédéral de Manhattan.

Ce procès, qui a captivé l’opinion publique pendant plusieurs semaines, mettait en jeu des accusations lourdes : organisation de marathons sexuels avec des prostitués masculins, coercition psychologique sur plusieurs femmes, et création d’un réseau criminel baptisé « freak-offs ». Les douze jurés ont délibéré pendant trois jours avant de rendre leur verdict final ce matin.

L’acquittement pour trafic sexuel et association de malfaiteurs, deux chefs passibles de lourdes peines – notamment la prison à vie – a été accueilli avec un soulagement visible par la défense de P. Diddy. Son avocat, Marc Agnifilo, a immédiatement demandé que son client puisse être libéré sous conditions, estimant que les accusations les plus graves ayant été rejetées, une détention préventive ne se justifiait plus.

Néanmoins, la condamnation pour transport de personnes à des fins de prostitution, en violation de la loi fédérale américaine (notamment la Loi Mann), reste un délit sérieux. Le juge Arun Subramanian a salué le travail des jurés, les remerciant pour leur sens du devoir civique et annonçant qu’il statuerait ultérieurement sur la peine.

Durant le procès, les témoignages ont dressé un portrait glaçant du magnat de la musique. Deux femmes, dont la chanteuse Cassie (compagne de P. Diddy de 2007 à 2018) et une autre témoin identifiée sous le pseudonyme de “Jane”, ont accusé Combs de les avoir entraînées dans des pratiques sexuelles extrêmes, sous contrainte, et filmées à leur insu. L’accusation a évoqué un véritable système organisé, où les femmes étaient forcées à participer à ces « freak-offs », pendant que le producteur regardait, se masturbait ou filmait.

Les jurés ont eu accès à des vidéos de ces rencontres ainsi qu’à une séquence de vidéosurveillance montrant P. Diddy agressant physiquement Cassie dans un hôtel de Los Angeles, une preuve décisive pour l’accusation.

À 55 ans, P. Diddy voit son image de mogul de l’industrie musicale brutalement ternie. Fondateur de Bad Boy Records, mentor de The Notorious B.I.G., et star planétaire avec son album No Way Out, il avait aussi bâti un empire dans les affaires, notamment dans l’industrie des spiritueux. Mais depuis 2023, sa réputation s’effondre.

C’est cette année-là que Cassie dépose une plainte au civil pour viol, évoquant une décennie de comportements « violents » et « déviants ». Le dossier est rapidement classé après un accord confidentiel, mais déclenche une série de plaintes similaires menant à l’ouverture du présent procès pénal.

La procureure Maurene Comey, figure montante du parquet, a livré une plaidoirie finale percutante : « L’accusé pensait être intouchable. Mais il n’est pas Dieu. » Elle avait appelé à une condamnation sur l’ensemble des chefs d’accusation, insistant sur l’emprise psychologique et les menaces exercées par le rappeur.

La défense, de son côté, a mis en avant la complexité des relations intimes de son client, qualifiant son style de vie de « polyamoureux », et contestant le caractère criminel de ces pratiques. Les avocats ont tenté de discréditer les témoins en soulignant les contradictions et les intérêts financiers présumés.

P. Diddy, visiblement ému, avait prié en silence juste avant l’annonce du verdict. Il attend désormais la fixation de sa peine, qui pourrait aller jusqu’à 10 ans de prison selon la gravité retenue pour le chef de transport en vue de prostitution. Des observateurs évoquent également la possibilité d’une peine aménagée ou conditionnelle.

Le CNG de lutte mobilise des avocats pour sauver le combat Balla Gaye 2 vs Siteu

Le Président du Comité National de Gestion (CNG) de la lutte, Malick Ngom, est monté au créneau ce mardi 2 juillet 2025 pour tenter de sauver l’un des combats les plus attendus de la saison : Balla Gaye 2 vs Siteu, prévu le 20 juillet prochain. Face à la polémique liée à la suspension pour dopage du lutteur de Diamaguène, le patron de la lutte a annoncé avoir saisi des avocats pour explorer les voies de recours légales.

Lors d’un point de presse organisé dans les locaux de l’Arène nationale, Malick Ngom a tenu à clarifier les faits. Selon lui, le promoteur Baye Ndiaye, patron d’Albourakh Events, avait officialisé le combat dès le 9 janvier 2025, soit bien avant que ne survienne la moindre procédure disciplinaire visant Siteu. Cette chronologie est importante, selon lui, pour établir la bonne foi de toutes les parties engagées.

Malick Ngom a confirmé que l’Organisation Régionale Antidopage Afrique (ORADA), zones 1 et 2, a bel et bien notifié au CNG la suspension de Siteu et de son manager Max Mbergane. La lettre officielle a été reçue le samedi 28 juin 2025 à 19h26 précises, a-t-il détaillé, documents à l’appui. Cette notification intervient à moins d’un mois du combat, plongeant les amateurs dans une grande incertitude.

« Nous sommes en discussion avec des conseils juridiques pour voir s’il est possible d’introduire un recours, ou au moins d’obtenir un sursis à exécution, en attendant un arbitrage en bonne et due forme », a déclaré le président du CNG. Il affirme que le CNG reste attaché au respect des règles antidopage, mais souligne que le timing de cette décision pourrait priver la lutte sénégalaise d’un événement majeur, attendu aussi bien par les sponsors que par les supporters.

Dans le monde de la lutte, le choc Balla Gaye 2 vs Siteu est perçu comme une affiche de prestige, capable de relancer l’intérêt populaire pour une saison jusque-là marquée par plusieurs reports. La suspension de Siteu jette donc un sérieux doute sur sa tenue, malgré les efforts en cours.

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