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Le Sénégal sans appui du FMI et de la Banque mondiale depuis un an : le gouvernement mise sur la résilience interne

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a révélé ce lundi que le Sénégal n’a reçu aucun appui financier de ses principaux partenaires techniques et financiers, en particulier le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, depuis une année. Une situation inédite qui intervient dans un contexte de transition politique et d’audit en profondeur des finances publiques héritées de l’ère Macky Sall.

S’exprimant lors du lancement officiel de la plateforme de paiement digital « SenTrésor », le ministre a tenu à rassurer sur la solidité économique du pays. « Le Sénégal tient toujours sur ses appuis », a-t-il déclaré, soulignant la résilience de l’administration financière nationale. « Cette résilience est rendue possible par une administration financière debout, avec ses soldats au niveau des impôts, de la douane, du Trésor et de tout autre acteur des finances publiques », a-t-il ajouté.

Depuis l’investiture du président Bassirou Diomaye Faye en avril 2025, les autorités sénégalaises se sont engagées dans une réforme structurelle de la gouvernance économique. Cette volonté de rupture s’est traduite par la publication récente d’un état des lieux des finances publiques couvrant la période 2019-2023. Ce document met en lumière plusieurs irrégularités budgétaires et pratiques financières douteuses durant le dernier mandat de Macky Sall.

Selon le journal L’Observateur, c’est précisément ce travail de diagnostic approfondi et les audits en cours qui expliqueraient la suspension temporaire des décaissements des institutions de Bretton Woods. Ces partenaires financiers, connus pour leur exigence en matière de transparence et de fiabilité des données, auraient adopté une position d’attente, le temps d’évaluer les nouveaux dispositifs de gestion et les résultats des réformes engagées.

Malgré l’absence de financements extérieurs, le ministre Cheikh Diba affirme que l’État sénégalais continue de faire face à ses engagements. La mise en service de la plateforme « SenTrésor » est d’ailleurs présentée comme un symbole de cette dynamique interne : un outil de digitalisation des paiements destiné à améliorer la traçabilité des opérations publiques et à renforcer la gouvernance financière.

L’enjeu est de taille. Le Sénégal, qui a longtemps compté sur l’appui de la communauté financière internationale pour soutenir son budget et ses investissements, doit aujourd’hui faire preuve d’ingéniosité et de rigueur pour maintenir sa stabilité économique. À cela s’ajoute une pression sociale forte, alimentée par des attentes élevées autour des promesses de transparence, de justice économique et de redistribution faites par le nouveau régime.

À court terme, les experts s’accordent à dire que la reprise de la coopération financière avec le FMI et la Banque mondiale dépendra de la capacité du gouvernement à démontrer une gestion saine, crédible et transparente des ressources publiques. La publication complète des audits et la mise en œuvre des recommandations pourraient jouer un rôle déterminant dans ce processus.

Révélations de la Centif : un vaste réseau de blanchiment de capitaux entre Dakar et l’Europe

Dans son rapport d’activités 2024, la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) a mis à jour un réseau international de blanchiment de capitaux impliquant un cabinet de conseil européen, une société sénégalaise influente et des personnalités de haut rang au sein de l’administration publique et du secteur privé sénégalais. Le préjudice financier s’élèverait à plus de 1,5 milliard de francs CFA, détourné depuis une entité publique sénégalaise vers des comptes à l’étranger.

Tout a commencé par une information spontanée émise par une Cellule de renseignement financier (CRF) européenne. Celle-ci attirait l’attention sur des transactions suspectes effectuées par un cabinet de conseil basé en Europe, dénommé Beta, mandaté par une entité publique sénégalaise. Selon la Centif, des virements bancaires dépassant 1,5 milliard de FCFA ont été transférés en euros depuis le compte d’une entité publique du Sénégal vers celui du cabinet Beta.

L’enquête révèle que le cabinet Beta n’a pas conservé l’intégralité des fonds reçus. Une partie importante de ces sommes a été réacheminée vers des comptes ouverts dans des banques sénégalaises, au nom d’une société privée locale appelée Game. Cette dernière est dirigée par un homme d’affaires influent, désigné sous le pseudonyme de X, dont les connexions dans les milieux politico-économiques sont bien établies.

Officiellement, Game avait signé un contrat de partenariat avec Beta, prévoyant le versement de commissions équivalentes à 20% des honoraires hors taxes perçus par le cabinet pour tout contrat facilité par Game. Cependant, les enquêteurs ont constaté que les sommes réellement transférées à Game excédaient largement ces proportions.

« À l’analyse, il a été constaté un écart significatif entre les engagements contractuels et les paiements réellement effectués en faveur de la société Game, suggérant l’existence d’un mécanisme de rétrocommissions et un détournement de fonds, » peut-on lire dans le rapport de la Centif.

Plus troublant encore, la Centif note que Game est liée à un réseau d’hommes d’affaires, de directeurs de sociétés publiques et de hauts responsables administratifs. Ces relations croisées renforcent les soupçons de trafic d’influence, de corruption et même d’association de malfaiteurs, selon le langage employé dans le rapport.

Ce réseau opaque illustre à quel point certains segments de l’économie sénégalaise sont infiltrés par des pratiques mafieuses, mêlant intérêts privés, argent public et opérations internationales douteuses. La révélation du rapport 2024 de la Centif pourrait constituer un véritable séisme politique et judiciaire, si les poursuites qui en découlent vont à leur terme.

Aucune information officielle n’a encore été communiquée sur d’éventuelles arrestations ou mises en examen. Toutefois, des sources proches de l’enquête affirment que plusieurs personnalités figurant dans le rapport pourraient être convoquées dans les prochaines semaines. La justice sénégalaise est désormais attendue au tournant.

Khadim Bâ, PDG de Locafrique, entendu sur le fond par le juge après huit mois de détention

Après huit mois de détention provisoire, l’homme d’affaires sénégalais Khadim Bâ, patron de Locafrique, a enfin été entendu sur le fond de son dossier, ce lundi 2 juin, par le juge Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Une audition cruciale dans le cadre du litige qui l’oppose à l’Administration des Douanes, qui l’accuse de change illégal, de non-rapatriement de fonds et d’importation illicite.

Entouré de ses avocats – Mes Djiby Diallo, Seydou Diagne, Ciré Clédor Ly et Demba Ciré Bathily – Khadim Bâ a fermement rejeté toutes les accusations. Selon des informations rapportées par L’Observateur, il a soutenu qu’il n’était « ni importateur, ni prestataire », se définissant plutôt comme un simple « facilitateur » dans les opérations visées. Il a précisé que les véritables importateurs, à savoir Total, la Société Africaine de Raffinage (SAR) ou encore Touba Oil, s’étaient conformés à l’ensemble de leurs obligations douanières.

L’homme d’affaires a également affirmé que toutes les transactions ont été réalisées en francs CFA sur le territoire sénégalais, avec l’aval de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il cite notamment la signature d’Ahmadou Al Aminou Lô, alors directeur national de l’institution.

En réponse aux accusations de non-rapatriement de fonds, Khadim Bâ a affirmé avoir injecté plus de 390 milliards de francs CFA dans l’économie sénégalaise, rejetant les allégations portant sur une commission de 45 milliards non rapatriée.

La défense s’appuie désormais sur un rapport d’expertise établi par le cabinet Cecogex, récemment versé au dossier. Ce document remet en question la base juridique de la procédure. Il souligne que l’article 3 du Règlement n°09/2012/UEMOA, évoqué par les Douanes, ne s’applique pas aux contrats de représentation, mais uniquement aux exportations de biens.

Le rapport met également en lumière plusieurs vices de forme dans le procès-verbal à l’origine des poursuites. Enfin, il rappelle qu’« au moment des faits, il n’existait aucune obligation légale de rapatriement pour ce type d’opération de services ». Cette obligation n’a été introduite qu’avec le nouveau règlement de l’UEMOA de décembre 2024, dont l’entrée en vigueur est toujours suspendue, faute d’instructions d’application publiées par la BCEAO.

Cette audition pourrait marquer un tournant décisif dans le dossier très médiatisé de Khadim Bâ, dont la détention a suscité de nombreux débats dans le milieu économique sénégalais. Reste désormais à voir quelle suite le juge d’instruction donnera à ce dossier aux implications aussi bien juridiques qu’économiques.

Dialogue national au Sénégal : des points de blocage à la veille de la clôture des travaux

À quelques heures de la clôture officielle du dialogue national sur le système politique, ouvert le 28 mai dernier, les discussions peinent encore à déboucher sur des consensus clairs. Plusieurs questions majeures continuent de diviser les participants, malgré des jours de débats intenses et d’échanges nourris entre les différents pôles politiques, la société civile et les institutions impliquées.

L’un des points les plus débattus porte sur la nature même du régime politique sénégalais. Les participants semblent s’accorder sur le maintien du système hybride actuel, combinant des éléments du régime parlementaire et du régime présidentiel. Toutefois, un besoin d’ajustement est largement reconnu. La nécessité de renforcer la participation citoyenne a particulièrement retenu l’attention. Un acteur de la société civile, cité par le quotidien L’As, a ainsi souligné que « nulle part dans la Constitution, les droits du citoyen ne sont mentionnés », plaidant pour une constitutionnalisation du rôle du citoyen dans le fonctionnement démocratique.

Fait notable, la proposition récemment évoquée par le président de la République concernant un éventuel renforcement des pouvoirs du Premier ministre n’a pas été inscrite à l’ordre du jour, ni abordée en plénière ni en commission. Cette absence interroge, au moment où la structure institutionnelle du pays est précisément au centre des discussions.

La question du statut de l’opposition reste également un point d’achoppement. Deux visions s’affrontent : d’un côté, des formations politiques telles que la Nouvelle Responsabilité d’Amadou Ba militent pour la reconduction de l’accord de 2020, qui confère au candidat arrivé deuxième à la présidentielle le statut de chef de l’opposition. De l’autre, le Parti démocratique sénégalais (PDS) défend que ce statut revienne au premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale. Aucun consensus n’a, à ce stade, été dégagé.

Autre sujet sensible : l’arrêté dit « Ousmane Ngom », qui interdit les manifestations dans le centre-ville de Dakar. Une majorité de participants s’est prononcée en faveur de sa suppression, estimant que cet acte administratif entrave la liberté de manifestation. Toutefois, certaines voix, notamment parmi les marchands ambulants et les artisans, ont exprimé leurs craintes face aux possibles « dommages collatéraux » que pourrait entraîner une levée de cette interdiction. Des propositions ont émergé, notamment la création d’espaces publics dédiés aux manifestations et un encadrement renforcé des pouvoirs préfectoraux, en particulier sur la célérité de leurs décisions et l’accès au référé.

Ce mardi matin, une réunion décisive de la commission « Démocratie, libertés et droits humains » s’est tenue, dans l’objectif de rapprocher les positions sur ces sujets épineux et de finaliser le rapport de la commission. Ce document est censé être présenté en plénière lors de la séance de clôture prévue pour le 4 juin.

Sénégal – Woodside : Vers un arbitrage international dans un différend fiscal de 40 milliards FCFA

Un nouveau front judiciaire s’ouvre entre l’État du Sénégal et la compagnie pétrolière australienne Woodside Energy. En désaccord avec un redressement fiscal de 40 milliards de francs CFA (environ 61 millions d’euros), la multinationale a décidé de porter l’affaire devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), relevant de la Banque mondiale.

L’affaire remonte à juillet 2024, lorsque la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) a notifié à Woodside un redressement fiscal, dans le cadre de ses activités d’exploitation pétrolière au Sénégal, notamment sur le champ de Sangomar. L’entreprise australienne, qui pilote ce projet stratégique pour l’économie sénégalaise, a immédiatement rejeté cette décision, affirmant avoir agi dans le strict respect de la législation fiscale en vigueur.

Woodside avait, dans un premier temps, porté le dossier devant les juridictions sénégalaises. Mais les procédures judiciaires ont été marquées par des reports à répétition, sans que le fond du litige ne soit tranché. Parallèlement, les autorités fiscales sénégalaises ont engagé des mesures de recouvrement, allant jusqu’à la saisie des comptes bancaires de la filiale locale de Woodside. Pour éviter un blocage de ses opérations, l’entreprise a déposé des garanties financières, suspendant temporairement l’exécution forcée.

Le bras de fer s’est intensifié avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement au Sénégal, qui affiche une volonté forte de renégociation des contrats extractifs, jugés déséquilibrés. Le président de la République a d’ailleurs mis en place une commission spéciale chargée de réévaluer les accords pétroliers et miniers. Ce changement de cap s’inscrit dans une démarche de souveraineté économique et de meilleure redistribution des ressources naturelles.

En saisissant le CIRDI, Woodside opte pour l’arbitrage international, une voie souvent privilégiée par les multinationales lorsqu’elles estiment que leurs droits d’investisseurs étrangers sont bafoués. Ce recours traduit la montée en tension dans les relations entre la société australienne et l’État sénégalais, dans un contexte où le secteur énergétique est perçu comme l’un des leviers majeurs du développement national.

Tensions au Sénégal : le RIS Alwahda exige des comptes après les propos du Général Meïssa Sellé Ndiaye

Une vive polémique secoue le Sénégal depuis les récentes déclarations du Général à la retraite Meïssa Sellé Ndiaye. L’ancien aide de camp du président Macky Sall a lancé un signal d’alarme sur la présence présumée de cellules dormantes djihadistes dans le pays, évoquant également d’éventuels financements par des réseaux criminels. Des propos jugés d’une extrême gravité par le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS) Alwahda, qui ne cache pas sa colère.

Dans un communiqué relayé par le journal Source A ce mardi 3 juin, le RIS Alwahda invite le procureur de la République à s’autosaisir de l’affaire. L’organisation religieuse considère que de telles allégations ne peuvent rester sans suite judiciaire. « Le RIS Alwahda considère ses propos comme d’une extrême gravité et appelle à ce qu’il ne reste pas sans suite », peut-on lire dans les colonnes du quotidien.

Le général Meïssa Sellé Ndiaye a notamment alerté sur « la menace djihadiste grandissante aux frontières du pays » et appelé à un renforcement des capacités de défense pour garantir la sécurité nationale. Il a également exhorté les populations à plus de vigilance face aux dangers potentiels.

Mais le RIS Alwahda estime que de telles accusations, si elles ne sont pas appuyées par des preuves tangibles, risquent de jeter l’opprobre sur toute une communauté. « Si le général Meïssa Sellé Ndiaye détient les preuves de tels financements par des réseaux criminels, qu’il les présente devant la justice », martèle l’organisation.

Ce différend met en lumière les tensions croissantes entre autorités sécuritaires et certains groupes religieux dans un contexte régional marqué par la montée des périls sécuritaires au Sahel. Pour beaucoup d’observateurs, il devient urgent de clarifier les responsabilités et de traiter ces questions dans un cadre institutionnel rigoureux, à l’abri des déclarations publiques polémiques.

Faux magistrat au Palais de Justice : Oumar Barro Thiam arrêté après avoir escroqué des citoyens

L’affaire secoue le milieu judiciaire : Oumar Barro Thiam, qui se faisait passer pour un magistrat détaché au ministère de la Justice, a été arrêté par le commissaire de Golf, révèle le journal Libération dans son édition de ce mardi.

Selon les informations rapportées, le mis en cause, neveu d’un magistrat, occupait le bureau n°84 au sein même du Palais de Justice, exploitant ses liens familiaux pour entretenir l’illusion de sa fonction auprès du public. Il aurait profité de cette proximité pour duper plusieurs citoyens en quête d’aide dans leurs affaires judiciaires.

Parmi ses victimes figure une certaine K. Sow, à qui il avait promis la libération de son frère, détenu sous bracelet électronique. En contrepartie de cette faveur, il lui aurait exigé la somme de 1,5 million de francs CFA. La plaignante, convaincue de sa légitimité, lui a versé 1,2 million avant de commencer à douter de ses réelles fonctions. Elle a alors décidé de porter plainte.

L’enquête ouverte a permis à K. Sow de fournir plusieurs éléments accablants : des vidéos compromettantes et des décharges de paiement signées par le faux magistrat. Grâce à ces preuves, les enquêteurs ont tendu un piège à Oumar Barro Thiam, qui a été interpellé alors qu’il tentait de récupérer le reliquat de la somme convenue.

Une perquisition à son domicile a permis de découvrir des faux documents administratifs, probablement utilisés pour renforcer la crédibilité de son imposture.

Lutte contre le blanchiment d’argent : La CENTIF révèle des transactions suspectes de plusieurs dizaines de milliards de FCFA

Dans son rapport d’activités pour l’année 2024, la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) dévoile l’ampleur inquiétante des flux financiers suspects détectés dans le système bancaire national. Plusieurs déclarations de soupçon, émanant d’institutions financières, ont mis au jour des opérations portant sur un montant global de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Les investigations de la CENTIF révèlent un mode opératoire de plus en plus sophistiqué, impliquant principalement des personnes politiquement exposées (PPE). Ces dernières auraient eu recours à des prête-noms et à des structures juridiques telles que des sociétés civiles immobilières (SCI) ou des sociétés commerciales pour capter illicitement des fonds publics.

Selon le rapport, les suspects ont bénéficié de virements et de remises de chèques sans justification économique valable. Les fonds, une fois perçus, étaient partiellement transférés vers des comptes bancaires à l’étranger, notamment dans la sous-région et dans des juridictions considérées comme des paradis fiscaux. Les bénéficiaires finaux de ces flux financiers ont souvent été identifiés comme les véritables détenteurs des sociétés de façade utilisées dans ce processus.

Fait marquant, la personne identifiée comme principale bénéficiaire de ces transactions — une PPE — n’a obtenu aucun marché public au cours des dix dernières années, comme l’ont confirmé les services en charge de la Commande publique. Cela renforce les soupçons sur l’origine illicite des fonds concernés.

Entre 2017 et 2024, plusieurs opérations financières ont été enregistrées, incluant des bons de caisse, des dépôts à terme et des bons anonymes. Ces instruments financiers, souvent utilisés pour dissimuler l’origine des fonds, ont été largement mobilisés dans le cadre de cette fraude présumée.

À la suite de ses enquêtes, la CENTIF a transmis un rapport circonstancié au Procureur de la République. Cela a conduit à l’ouverture de procédures judiciaires et à la saisie conservatoire de plus d’une dizaine de milliards de FCFA sur les comptes bancaires des personnes mises en cause, ainsi que sur ceux des structures juridiques impliquées.

La CENTIF insiste sur la nécessité de renforcer les mécanismes de détection et de surveillance des transactions financières suspectes, notamment celles impliquant des acteurs publics ou proches du pouvoir, afin de préserver l’intégrité du système financier national.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°479 – 03/06/2025

🔴 BAISSE DE 0,6% DES PRIX DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION : UNE BOUFFÉE D’OXYGÈNE POUR LE BTP
🔴 ÉVALUATION FISCALE / PLAINTE AUPRÈS DU CIRDI : WOODSIDE ENERGY POURSUIT LE SÉNÉGAL

🔴 LUTTE / COMBAT MODOU LÔ – TAPHA TINE : UN DUEL INÉLUCTABLE, SELON FADAM 2
🔴 ZIGUINCHOR / DÉCÈS DE LÉOPOLD NZALÉ, ANCIEN VICE-PRÉSIDENT DU DUC : UN ROC DU SPORT SÉNÉGALAIS S’EN VA

Approvisionnement des structures de santé : l’ARP tire la sonnette d’alarme contre les circuits parallèles

L’Agence sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP) a lancé un avertissement ferme contre les pratiques illégales d’approvisionnement en médicaments dans les structures publiques de santé. Dans une note officielle datée du 30 mai, elle dénonce la livraison directe de spécialités pharmaceutiques par certaines agences de promotion à des postes, centres et districts de santé, en dehors du circuit légalement établi.

Selon l’ARP, ces livraisons illicites contournent le système officiel de distribution des produits pharmaceutiques, provoquant des distorsions dans l’approvisionnement des établissements publics. Les médicaments ainsi livrés se retrouvent revendus à des prix exorbitants aux patients, en violation flagrante de la loi n°2023-06 du 13 juin 2023, qui encadre strictement la chaîne de distribution pharmaceutique au Sénégal.

Cette législation consacre un monopole pharmaceutique rigoureux, interdisant toute distribution parallèle. En plus de compromettre la traçabilité et la régularité du circuit officiel, ces pratiques alimentent un marché informel dangereux pour la sécurité sanitaire des populations, estime l’ARP.

L’agence met en garde contre les lourdes sanctions encourues en cas de transgression : des amendes allant de 5 à 10 millions de francs CFA, des peines d’emprisonnement de 5 à 10 ans, voire un cumul des deux en cas de récidive ou d’infractions graves.

Face à la montée de ces pratiques, l’ARP appelle les pharmaciens responsables, les agences de promotion pharmaceutique, ainsi que l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament à un strict respect des règles en vigueur. L’objectif affiché reste inchangé : garantir à chaque patient un accès sécurisé, équitable et contrôlé aux produits de santé, conformément aux exigences de santé publique.

Disparitions d’activistes en Guinée : Ousmane Sonko maintient une ligne de non-ingérence mais prône le dialogue discret

En visite officielle en Guinée, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été interpellé ce lundi sur la question sensible des disparitions d’activistes et d’opposants guinéens, notamment Foniké Mengué, Billo Bah et Habib Marouane Camara. Connu pour son franc-parler, le chef du gouvernement sénégalais a cette fois opté pour une posture prudente, affirmant clairement sa position de non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains.

Face aux journalistes, Ousmane Sonko a rappelé la nécessité de respecter les réalités propres à chaque pays, malgré les liens historiques et culturels forts entre le Sénégal et la Guinée. « Quel que soit le niveau de fraternité et d’amitié, les États ont des réalités qu’il faut respecter », a-t-il déclaré, soulignant qu’il n’était pas du rôle des autorités guinéennes de commenter des décisions judiciaires prises à Dakar, et réciproquement.

Prenant exemple sur son propre pays, il a évoqué la situation de certains détenus au Sénégal, parfois qualifiés de prisonniers politiques par des voix critiques, pour illustrer les limites de ce que peut faire un dirigeant étranger. « Aujourd’hui, il y a des gens qui sont arrêtés au Sénégal pour différents délits que certains qualifient de délits politiques. Et ce n’est pas aux autorités guinéennes de venir au Sénégal pour dire ce qu’il faut faire. Je m’abstiendrai, par respect, de venir en Guinée pour dicter aux Guinéens ce qu’ils doivent faire. »

Toutefois, le Premier ministre n’a pas éludé l’importance des droits humains et de la paix dans la sous-région. Il a laissé entendre qu’il pouvait aborder ces sujets délicats dans un cadre confidentiel et respectueux, loin des caméras et des micros : « Si mes relations amicales et fraternelles me le permettent, et si je devais en parler, ce serait en douce, amicalement. Mais je ne viendrai pas ici, dans une conférence de presse, pour dire que j’ai dit ceci ou cela. Je pense que globalement, ça doit se passer comme ça. »

En creux, Ousmane Sonko trace ainsi une ligne diplomatique faite de réserve publique et de dialogue bilatéral discret, misant sur les relations de confiance entre dirigeants pour évoquer les sujets sensibles sans heurter les souverainetés nationales. Une approche mesurée qui reflète sa volonté de renforcer les relations régionales tout en évitant les tensions diplomatiques.

Lutte contre le blanchiment : La CENTIF enregistre une hausse de 15 % des déclarations d’opérations suspectes en 2024

La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) a rendu public son rapport d’activités pour l’année 2024, mettant en lumière une progression marquée du nombre de Déclarations d’Opérations Suspectes (DOS) enregistrées sur le territoire sénégalais. Chargée de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, la CENTIF joue un rôle stratégique dans la prévention des menaces financières graves.

Selon les données officielles contenues dans ce rapport, 928 déclarations de soupçon ont été reçues en 2024, contre 807 en 2023, soit une augmentation de 15 %. Cette évolution traduit un renforcement du dispositif national de détection des flux financiers illicites, mais aussi une plus grande vigilance des entités assujetties à la législation en vigueur.

La majorité écrasante des déclarations émane toujours des banques et établissements financiers, qui représentent 82,87 % du total, soit 769 déclarations. Cette tendance confirme le rôle central du secteur bancaire dans la détection des transactions suspectes. Derrière eux, les systèmes financiers décentralisés contribuent à hauteur de 6,36 % avec 59 déclarations, tandis que les établissements de monnaie électronique ont transmis 44 déclarations, soit 4,74 % du volume global.

Cette progression s’inscrit dans le sillage de la nouvelle loi n° 2024-08 du 14 février 2024, qui encadre et renforce la lutte contre les circuits financiers illégaux. Ce texte oblige les institutions financières, mais également d’autres professions réglementées, à signaler toute opération qui leur paraît anormale ou injustifiée.

La mission de la CENTIF ne s’arrête pas à la simple réception de ces signalements. Elle procède à leur analyse approfondie, enrichit les informations par recoupement, puis, en cas d’indices graves et concordants, transmet ses conclusions au Procureur de la République financier, pour d’éventuelles poursuites judiciaires.

Le rapport rappelle que la transparence et la vigilance du secteur financier sont des piliers essentiels de la stabilité économique et de la réputation internationale du Sénégal. L’augmentation du nombre de déclarations est interprétée à la fois comme un signe d’efficacité du dispositif et comme une alerte sur la persistance des menaces pesant sur le système financier national.

Litige autour du champ de Sangomar : Woodside Energy saisit le CIRDI contre l’État du Sénégal

La société australienne Woodside Energy, opératrice du projet pétrolier et gazier de Sangomar, a déposé une plainte contre le Sénégal auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), un organe d’arbitrage de la Banque mondiale. Cette procédure, révélée lundi par l’agence Reuters, marque une nouvelle escalade dans les tensions entre le géant énergétique et les autorités sénégalaises.

Selon les informations disponibles, la plainte a été enregistrée le 30 mai dernier. Le document officiel consulté ne précise pas la nature exacte du différend, mais il indique que le ministère sénégalais du Pétrole et de l’Énergie est désigné comme partie défenderesse.

Cette démarche juridique intervient dans un contexte de crispation croissante. Déjà en août 2024, Woodside avait engagé une procédure judiciaire contre l’État sénégalais, cette fois sur le plan fiscal. Le différend actuel pourrait être lié à des désaccords concernant la fiscalité du projet, les conditions contractuelles, ou encore l’évolution de la gouvernance énergétique mise en œuvre par le nouveau régime sénégalais.

Woodside Energy détient 82 % des parts dans le champ offshore de Sangomar, situé au large du Sénégal. Il s’agit du tout premier projet pétrolier en mer du pays, censé marquer l’entrée du Sénégal dans le cercle des producteurs d’hydrocarbures. Le démarrage de la production, prévu pour courant 2024, avait été présenté comme une étape historique vers une plus grande souveraineté énergétique et des recettes budgétaires accrues.

Cependant, le changement de régime intervenu en mars 2024 avec l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et la nomination d’Ousmane Sonko comme Premier ministre, semble avoir entraîné une relecture de plusieurs contrats dans le secteur extractif. Le gouvernement a en effet promis plus de transparence, de justice fiscale et une meilleure défense des intérêts nationaux, notamment en matière de ressources naturelles.

Pour le moment, aucune déclaration officielle n’a été faite par le gouvernement sénégalais ni par Woodside Energy sur cette procédure d’arbitrage. Le recours au CIRDI pourrait cependant ralentir les relations entre les deux parties, voire impacter le calendrier de production si le différend n’est pas rapidement résolu.

Le projet Sangomar est stratégique pour le Sénégal, avec des retombées économiques attendues à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA. Ce litige ouvre ainsi une période d’incertitude pour un secteur déjà sous haute surveillance.

Défis sécuritaires en Afrique : Boubacar Sèye appelle à un leadership sénégalais pour repenser le triptyque Immigration – Paix – Sécurité

Face à la montée des menaces sécuritaires en Afrique, le président de l’ONG Horizon Sans Frontières (HSF), Boubacar Sèye, lance un appel pressant aux autorités sénégalaises pour qu’elles « assument un rôle moteur dans la refondation du lien entre immigration, paix et sécurité. » Un plaidoyer qui alerte sur l’ampleur des défis et propose une approche stratégique à l’échelle continentale.

Le communiqué parvenu à PressAfrik souligne la gravité de la situation actuelle, marquée par une instabilité généralisée sur le continent. « Les ressources naturelles africaines, notamment les minerais stratégiques, attisent les convoitises d’acteurs mondiaux engagés dans une compétition géoéconomique féroce », peut-on lire.

Paix fragile

Selon la note, cette course aux ressources contribue à fragiliser les États. Depuis 1990, plus de 19 conflits armés ont éclaté dans 17 pays africains, selon le Centre des études stratégiques pour l’Afrique. La déstabilisation post-intervention en Libye, les transitions militaires au Mali, Burkina Faso, Niger et Guinée sont autant de signes d’un basculement géopolitique majeur.

Dans son analyse, Boubacar Sèye insiste sur la nécessité de repenser le triptyque Immigration – Paix – Sécurité (IPS), longtemps négligé ou mal géré. « Cette défaillance a permis l’émergence d’une économie parallèle criminelle, alimentant le terrorisme, les trafics d’êtres humains, de drogues, d’armes et d’organes », indique le communiqué, rappelant que cette économie informelle pesait déjà plus de 10 milliards de dollars (soit plus de 6500 milliards de francs Cfa) en 2016.

HSF appelle ainsi à une stratégie globale et contextualisée, fondée sur une nouvelle gouvernance des migrations. L’organisation met en garde contre « les liens pervers entre radicalisme religieux, insécurité et certains intérêts politiques, pointant du doigt les complicités entre groupes de pression et décideurs. »

Le Sénégal, modèle de stabilité

Dans un contexte continental en crise, le Sénégal est présenté comme un modèle de stabilité et de mixité culturelle, disposant d’une légitimité pour assumer un rôle de leadership régional. « L’élection d’un nouveau leadership à Dakar a suscité de grands espoirs. Ce moment historique impose des responsabilités. Le Sénégal doit prendre l’initiative », plaide HSF, qui invite les autorités à organiser une conférence africaine de haut niveau. L’objectif est d’harmoniser les positions africaines, bâtir une architecture de paix et de sécurité, et favoriser la convergence sociale entre les peuples.

Enfin, l’ONG insiste sur la nécessité pour les États africains de restaurer leur souveraineté stratégique, à travers une coopération renforcée et des réponses collectives aux menaces transnationales. « La lutte contre l’économie criminelle, la traite humaine, les violences de genre et la circulation illicite des armes exige des politiques coordonnées. Il est temps que l’Afrique parle d’une seule voix sur ces enjeux vitaux », conclut Boubacar Sèye.

Le Sénégal à l’honneur à Genève : Hamidou Diop élu Vice-Président de la 113e Conférence internationale du travail

Le Sénégal s’est distingué sur la scène mondiale ce lundi 2 juin 2025 avec l’élection de Hamidou Diop, Secrétaire général du Conseil National du Patronat (CNP), au poste de Vice-Président de la 113e Conférence Internationale du Travail organisée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à Genève. Une reconnaissance majeure qui honore non seulement le pays, mais toute la sous-région ouest-africaine.

Peu après son élection, Hamidou Diop a exprimé sa gratitude et mesuré l’importance de cette désignation. « C’est un honneur non seulement pour le Sénégal, mais pour toute l’Afrique de l’Ouest. Ce poste nous permet de porter la voix du secteur privé africain dans les plus hautes instances du dialogue social mondial », a-t-il déclaré. Sa candidature a bénéficié du soutien appuyé de l’Organisation Internationale des Employeurs (OIE) ainsi que du président du CNP, Baidy Agne. Ce dernier a souligné que l’élection de Diop était justifiée par son expertise et son engagement constant en faveur d’un dialogue social inclusif et structurant.

La 113e Conférence Internationale du Travail, qui se tient du 2 au 15 juin à Genève, réunit plus de 5 000 délégués représentant les gouvernements, les employeurs et les syndicats des 187 États membres de l’OIT. Le Sénégal y est représenté par le ministre du Travail, Abass Fall, accompagné des leaders des centrales syndicales nationales. À l’ouverture de la session, le ministre a rappelé que « le modèle sénégalais de concertation sociale est régulièrement cité en exemple par l’OIT ».

Au cœur des discussions de cette session figurent des enjeux majeurs : la liberté syndicale, la sécurité biologique au travail, les contributions budgétaires des États membres, mais aussi des questions géopolitiques sensibles comme la situation au Myanmar et le statut de la Palestine. D’autres thématiques d’actualité telles que l’économie numérique, les plateformes de travail et la transition de l’informel vers le formel seront également abordées.

Un moment fort de cette édition sera la tenue du Forum Mondial pour la Justice Sociale, présenté comme un espace de réflexion stratégique destiné à anticiper et à répondre aux transformations profondes du monde du travail. Plusieurs chefs d’État et de gouvernement sont attendus à Genève pour cette occasion, témoignant de l’importance politique croissante de la conférence.

En accédant à cette position stratégique, Hamidou Diop inscrit le Sénégal dans une dynamique de leadership international sur les questions liées à l’emploi, au travail décent et à la compétitivité économique. Il s’est engagé à défendre des initiatives concrètes visant à rendre le secteur privé africain plus résilient, plus structuré et plus compétitif face aux défis mondiaux.

Guy Marius Sagna dénonce Embaló et fustige l’inaction de la CEDEAO face au terrorisme au Bénin

Le député sénégalais Guy Marius Sagna a vivement critiqué, lors de la dernière session du Parlement de la CEDEAO à Abuja, le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, tout en s’indignant de l’inaction de l’organisation ouest-africaine face aux attaques terroristes meurtrières survenues au Bénin.

Dans une intervention sans concession, Guy Marius Sagna a accusé le chef de l’État de Guinée-Bissau de manipuler les institutions de son pays pour s’accrocher au pouvoir. Selon lui, Umaro Sissoco Embaló instrumentalise un présumé coup d’État militaire pour justifier ce qu’il qualifie de véritable « coup d’État constitutionnel ». Le parlementaire sénégalais a appelé le président bissau-guinéen à respecter la Constitution et à se soumettre à la volonté souveraine du peuple bissau-guinéen, qu’il accuse d’avoir été ignorée au profit d’une dérive autoritaire.

S’exprimant également sur la situation sécuritaire dans la sous-région, Guy Marius Sagna a évoqué avec émotion le drame survenu au Bénin, où 54 soldats ont récemment perdu la vie dans des attaques attribuées à des groupes terroristes. Il a exprimé sa solidarité avec le peuple béninois, tout en dénonçant le silence de la CEDEAO face à cette tragédie. Pour lui, la léthargie de l’organisation régionale face à l’expansion du terrorisme en Afrique de l’Ouest est non seulement inexplicable, mais également inacceptable.

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le député a également révélé que, depuis juillet 2024, les sessions du Parlement de la CEDEAO ne sont plus retransmises en direct. D’après lui, cette mesure aurait été prise dans le but de censurer ses prises de parole, jugées trop critiques envers l’institution. Il s’est excusé pour la qualité médiocre de la vidéo de son intervention, expliquant que cette décision prive les citoyens ouest-africains d’un accès direct aux débats parlementaires. Il a saisi l’occasion pour dénoncer une gouvernance opaque, antidémocratique et autoritaire au sein même de la CEDEAO.

Connu pour son franc-parler, Guy Marius Sagna continue ainsi de s’ériger en défenseur des peuples et des principes démocratiques dans l’espace ouest-africain. Il appelle à une réforme profonde de la CEDEAO afin qu’elle cesse de protéger les régimes autoritaires et devienne un véritable rempart contre le terrorisme et les violations des droits des peuples.

Ousmane Sonko en Guinée : le renforcement de l’axe Dakar-Conakry au menu de sa visite

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, est en visite officielle en Guinée depuis le dimanche 1er juin 2025. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre d’une mission de travail destinée à consolider les relations bilatérales entre le Sénégal et la Guinée. Ce lundi 2 juin, il a entamé la première séance de travail avec son homologue guinéen, Amadou Oury Bah, au Palais de la Colombe, siège du gouvernement guinéen.

Selon la Primature, cette rencontre marque le début d’une série d’échanges approfondis entre les deux parties. Les discussions portent principalement sur l’état de la coopération entre Dakar et Conakry dans des domaines clés tels que les infrastructures, le commerce, l’énergie, la sécurité frontalière et l’intégration sous-régionale. L’objectif affiché est de raffermir l’axe Dakar-Conakry à travers des partenariats concrets et structurants.

La séance de travail ne se limite pas aux deux chefs de gouvernement. Elle est élargie aux délégations respectives des deux pays, ce qui témoigne d’une volonté de faire de cette visite un moment de coordination stratégique à haut niveau. Plusieurs ministres sectoriels prennent part aux discussions, traduisant l’ambition d’approfondir la coopération dans une approche multisectorielle.

Ce déplacement d’Ousmane Sonko en Guinée intervient dans un contexte marqué par une volonté des nouvelles autorités sénégalaises de réorienter la diplomatie du pays vers une plus grande intégration régionale, fondée sur la souveraineté, la solidarité africaine et la coopération Sud-Sud.

Scandale foncier, menaces armées et refus de remboursement : les dessous de l’affaire Alioune Kandji

Alioune Kandji, major de la gendarmerie à la retraite, est au cœur d’un retentissant scandale mêlant affaire foncière, outrages à autorités, menaces armées et soupçons de fraude. Convoqué vendredi dernier par la Sûreté urbaine (SU), il a été placé sous mandat d’arrêt par le juge du premier cabinet de Kaolack et écroué dans l’attente de son audition. Il est désormais poursuivi pour « outrage à magistrat », « outrage à un commandant de la force publique dans l’exercice de ses fonctions » et « diffusion de fausses nouvelles ». Ces nouvelles accusations s’ajoutent à des délits antérieurs : « association de malfaiteurs », « escroquerie », « faux et usage de faux ».

L’affaire, relatée par le quotidien Libération dans son édition du 2 juin 2025, remonte à 2018. À cette époque, un certain Mamadou Moustapha Sarr, agissant au nom d’Alioune Kandji, avait approché un entrepreneur, Mansour Sy, pour lui proposer l’achat de terrains commerciaux à Kaolack. Sarr avait affirmé agir pour le compte de Kandji, qui avait lui-même confirmé l’opération et proposé un prix de 28 millions de francs CFA. Pour lancer la transaction, il avait demandé un acompte de 2 millions, que Sy avait remis directement à Sarr.

Au lieu de recevoir des actes de cession en bonne et due forme, Mansour Sy s’était vu remettre de simples conventions de location signées par Kandji. Lorsque Sy avait exprimé ses inquiétudes, les vendeurs l’avaient rassuré, promettant qu’une autorisation de construire lui serait rapidement délivrée. Pourtant, lorsque Sy avait déposé une demande officielle, le service régional de l’Urbanisme de Kaolack avait rejeté la requête. Il s’était avéré que le site se trouvait sur une zone relevant du domaine public, destinée à un projet d’aménagement baptisé « Boulevard du Cœur de ville ». Or, conformément à l’article 9 de la loi 76-66 du 2 juillet 1976, le domaine public est inaliénable et imprescriptible.

Des enquêtes complémentaires avaient révélé que le titre foncier 1267/KL concerné ne pouvait en aucun cas faire l’objet de cession ou d’autorisation de construire. Face à cette situation, deux autres mis en cause, Moustapha Guèye et Mamadou Moustapha Sarr, avaient choisi de rembourser intégralement les 14 millions de francs CFA encaissés pour les lots vendus. Mais Alioune Kandji, de son côté, avait refusé tout remboursement, arguant qu’il agissait « au nom de l’État » et que c’était à l’acquéreur de se débrouiller pour obtenir les autorisations ou se faire rembourser par l’État.

Cette position, jugée intenable par les autorités judiciaires, avait conduit le procureur de Kaolack de l’époque, Cheikh Dieng, à demander au commissaire central de convoquer Kandji pour l’obliger à restituer les fonds. Convoqué le 28 novembre 2022 pour être entendu deux jours plus tard, Kandji avait refusé de se présenter, déclarant que « s’il est arrêté, c’est l’État du Sénégal qui est arrêté », car il aurait agi pour le compte de l’État.

Pire, lorsqu’une équipe de la Sûreté urbaine de Dakar avait tenté de l’appréhender à son domicile, Kandji s’était barricadé dans une chambre avec ses enfants et petits-enfants, menaçant les agents avec une arme et leur intimant de se retirer. Les policiers avaient dû se replier, face à cette menace directe. Entre-temps, un intermédiaire de l’ancien régime aurait remis 15 millions de francs CFA à la partie civile pour le compte de Kandji, une somme toujours inférieure aux 28 millions en jeu.

En plus de ces actes, Alioune Kandji aurait tenté de discréditer les magistrats et policiers chargés de son dossier, les accusant publiquement d’être affiliés au parti Pastef, ce qui lui vaut aujourd’hui des poursuites pour diffusion de fausses nouvelles et outrages à l’autorité.

Le dossier Kandji, devenu explosif, illustre les dérives possibles en matière de gestion du foncier au Sénégal, et soulève aussi des interrogations sur les limites entre protection institutionnelle, abus de fonction et détournement d’intérêt public à des fins privées. En attendant son audition, l’ancien haut gradé dort en prison.

Drame de Témento : le SUTSAS lave l’ICP de tout soupçon et précise

Face à la vive émotion suscitée par le drame survenu récemment à Témento, dans le district sanitaire de Vélingara, région de Kolda, le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS) est sorti de son silence pour apporter des précisions majeures. Dans un communiqué signé par son Secrétariat Exécutif Permanent, le syndicat a catégoriquement démenti toute implication de l’Infirmier Chef de Poste (ICP) dans cette affaire tragique.

Selon le SUTSAS, l’auteur présumé du crime, qui a bouleversé la localité, n’est pas l’ICP comme l’ont laissé croire certaines rumeurs, mais un agent communautaire faisant fonction dans la zone. Il s’agit d’un ancien militaire reconverti en Agent de Santé Communautaire (ASC), après avoir reçu une formation de base en premiers soins dans les rangs de l’armée. Le syndicat insiste sur le fait que cet individu ne relève pas du personnel de la santé publique au sens strict et n’est pas titulaire du poste de Témento.

Le syndicat tient également à préciser que le drame ne s’est pas produit dans les installations sanitaires officielles, ni au poste de santé, ni à la case de santé du village, mais bel et bien au domicile personnel du suspect. Le SUTSAS appelle donc à ne pas associer les structures de santé ni leur personnel à cet acte, dont les circonstances exactes ne sont pas encore totalement établies. L’organisation syndicale invite à laisser l’enquête judiciaire suivre son cours afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Par ailleurs, le syndicat a exprimé sa vive indignation et sa condamnation ferme de l’acte, tout en présentant ses condoléances les plus attristées à la famille de la victime. Le SUTSAS appelle à la retenue et à la responsabilité dans le traitement de cette affaire sensible, afin de préserver la dignité des professionnels de santé et d’éviter des amalgames injustes.

Participation de certains membres de l’APR au Dialogue national : Me Youm parle d’une « erreur grave »

La participation de plusieurs responsables politiques de l’Alliance Pour la République (APR) au dialogue national lancé le 28 mai 2025 au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio continue d’alimenter les débats au sein du parti. Invité de l’émission « En Vérité » diffusée sur Radio Sénégal international (RSI), Me El Hadji Oumar Youm, cadre influent de l’APR, a exprimé sans détour son désaccord avec ses camarades ayant pris part à cette initiative présidentielle.

Selon Me Youm, la ligne du parti était sans ambiguïté : ne pas participer au dialogue. Il a rappelé que plusieurs réunions internes ont été organisées au sein de l’APR, au cours desquelles la position de boycott avait été clairement établie. Pour lui, ceux qui ont décidé de s’y rendre en tant que membres de l’APR ont donc violé une directive explicite du parti, ce qui constitue, selon ses termes, « une erreur grave ». Il a précisé que certains d’entre eux n’étaient d’ailleurs plus membres actifs de l’APR. Il a cité notamment Abdoulaye Diouf Sarr, qui a fondé son propre mouvement, et Benoît Sambou, également en rupture avec le parti.

Me Youm a également critiqué les justifications avancées par certains des participants. Il a jugé « totalement déplacé » d’invoquer des fonctions comme celle de maire ou d’ancien président d’institution pour légitimer leur présence à Diamniadio. À ses yeux, ces rôles ne peuvent primer sur la discipline de parti et la cohérence politique.

Interpellé sur la possibilité de sanctions contre les membres concernés, Me Youm a relativisé en affirmant qu’aucune décision n’avait encore été prise à ce sujet. Il a reconnu que des discussions étaient en cours, que les avis étaient partagés, mais qu’il n’existait à ce stade aucune décision formelle. Il a insisté sur le fait qu’un parti ne pouvait pas fonctionner sur la base de réactions émotionnelles. « On peut commettre des erreurs, encore faut-il les reconnaître et avancer », a-t-il déclaré, appelant ainsi à la retenue tout en exigeant plus de rigueur.

Pour rappel, malgré le mot d’ordre officiel de boycott émis par la direction du parti, plusieurs figures de l’APR ont répondu favorablement à l’appel au dialogue lancé par le président Bassirou Diomaye Faye. Parmi eux figurent Abdoulaye Daouda Diallo, ancien président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Abdoulaye Saydou Sow, ancien ministre de l’Urbanisme, l’ancien maire de Sédhiou Abdoulaye Diop, ainsi que Ousmane Sylla, maire de Kédougou et ex-directeur général de Dakar Dem Dikk.

Ces participations individuelles ont provoqué une vive polémique et révélé les tensions internes au sein de l’APR, déjà fragilisé par sa perte du pouvoir à l’issue de la dernière élection présidentielle. Alors que certains appellent à des mesures disciplinaires, d’autres plaident pour une réconciliation interne, craignant que des sanctions ne provoquent davantage de divisions au sein d’un parti en quête de reconstruction.

Habib Sy sur le dialogue national : « Il y a trop de participants, trop de folklore… »

Le président du Conseil d’administration de la Senelec, Habib Sy, n’a pas mâché ses mots à propos du dialogue national en cours, axé sur les réformes du système politique sénégalais. Invité ce dimanche 1er juin de l’émission Jury du dimanche sur I-radio, l’ancien ministre a exprimé ses réserves quant à l’efficacité de la démarche actuelle.

Selon lui, le cadre du dialogue est trop large et souffre d’un manque de rigueur. « Il y a trop de folklore, trop de participants », a-t-il déclaré, regrettant que la profusion d’acteurs autour de la table ne permette pas de recentrer les débats sur les véritables enjeux politiques.

Habib Sy a plaidé pour un format plus restreint, composé d’intervenants aguerris et capables d’apporter des contributions pertinentes. « Quand vous mélangez politiques, société civile, chefs religieux, etc., ce n’est pas toujours utile », a-t-il estimé, appelant à une meilleure structuration des discussions pour garantir des résultats concrets.

Pour l’ancien directeur de cabinet du président Abdoulaye Wade, la multiplication des profils nuit à la lisibilité et à l’efficacité du dialogue, qui, selon lui, doit impérativement déboucher sur des réformes solides et durables.

Ndame : une septuagénaire s’effondre et meurt subitement en pleine rue

Une tragédie s’est déroulée dans la matinée de ce vendredi dans le village de Ndame, situé dans la commune de Ndiaganiao. Une femme âgée d’environ 70 ans, répondant au nom de K. Faye, mère de huit enfants, est décédée subitement dans la rue, victime d’un malaise foudroyant.

Selon une source familiale, la septuagénaire avait quitté son domicile tôt dans la matinée, une bassine de charbon sur la tête, en direction du domicile de l’une de ses filles vivant non loin de là. Mais à hauteur du forage du village, elle se serait soudainement effondrée, perdant connaissance.

Un jeune homme, témoin de la scène, a immédiatement alerté la famille de la défunte. Ces derniers se sont précipités sur les lieux, mais n’ont pu que constater l’irréparable : la vieille dame était déjà sans vie.

Le corps a été acheminé à l’hôpital de Grand Mbour, où une autopsie doit être pratiquée pour déterminer les causes exactes du décès. En attendant les résultats de l’examen médical, une enquête a été ouverte par les autorités locales pour faire toute la lumière sur ce décès aussi brusque que tragique.

Justice : Adama Adus Fall condamné à deux mois de prison avec sursis pour vol de 70.000 FCFA

Le tribunal de grande instance de Dakar a condamné ce lundi 2 juin le chroniqueur Adama Adus Fall à une peine de deux mois de prison avec sursis, pour le vol de 70.000 francs CFA. Une affaire qui remonte au mois d’avril, et dont les faits ont été révélés par Le Soleil Digital.

Devant la barre, le prévenu a nié avoir volé l’argent, tout en reconnaissant qu’il avait bel et bien dépensé la somme transférée par erreur sur son compte Wave. Il a exprimé ses regrets, demandant pardon à la victime, Mouhamadou Touré, qu’il a qualifié de « frère ».

Le différend a commencé le 4 avril dernier, lorsque M. Touré, souhaitant envoyer 70.000 francs CFA à une dame du nom d’Adama Fall, a effectué par mégarde le transfert au chroniqueur Adama Adus Fall, en raison de la similitude des noms. Réalisant son erreur, il a aussitôt contacté le bénéficiaire involontaire pour récupérer les fonds.

Cependant, selon les éléments présentés au tribunal, Adama Fall a refusé de restituer la somme, restant injoignable malgré les multiples relances. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard, précisément le 27 mai, à la suite d’une convocation à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), qu’il a finalement remboursé l’argent via la même application.

Le juge a retenu les faits de vol, estimant que le refus de rendre la somme après notification de l’erreur constituait une intention frauduleuse. Toutefois, en raison du remboursement effectué avant l’audience et de son attitude coopérative à l’audience, le tribunal a décidé de lui accorder une peine avec sursis.

Cette condamnation à deux mois assortis du sursis épargne donc à Adama Adus Fall l’incarcération, mais laisse sur son casier judiciaire une trace de cette affaire qui, malgré son faible enjeu financier, a soulevé des questions sur l’usage éthique des transferts d’argent numérique.

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Propos sur « l’islam importé » : le RIS saisit la justice après les déclarations du général Meïssa Sellé Ndiaye

Les propos tenus par le général à la retraite Meïssa Sellé Ndiaye à Koki continuent de susciter de vives réactions. Le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS) Alwahda a dénoncé avec fermeté les déclarations jugées « dangereusement réductrices » et « clivantes » de l’ancien aide de camp du président Macky Sall, et en appelle désormais à la justice.

Lors d’une cérémonie de parrainage du lycée de Koki, le général Meïssa Sellé Ndiaye s’est inquiété de l’émergence d’un « islam importé » au Sénégal, selon lui promu par de nouveaux prédicateurs formés à l’étranger, et en rupture avec l’islam confrérique traditionnel. Des propos qui, selon le RIS, portent atteinte à l’unité et à la diversité légitimes de la communauté musulmane sénégalaise.

Dans un communiqué rendu public ce samedi, le RIS Alwahda estime que cette prise de position entretient « une vision dangereusement réductrice » de l’islam. « L’islam est une religion plurielle, traversée depuis ses origines par des courants de pensée, des traditions et des sensibilités diverses », souligne le mouvement, qui s’insurge aussi contre les allusions du général à des supposés financements occultes de certaines associations islamiques.

« Le général n’a pas hésité à insinuer publiquement que certaines structures religieuses seraient financées par des réseaux liés au trafic de drogue ou au terrorisme, sans présenter la moindre preuve », déplore le RIS, qui considère ces propos comme relevant d’une « extrême gravité ».

Le mouvement islamique appelle ainsi le Procureur de la République à s’autosaisir afin que toute la lumière soit faite sur ces accusations. « Si le général Meïssa Sellé Ndiaye détient des éléments tangibles, qu’il les présente devant les juridictions compétentes. Dans le cas contraire, ses propos doivent être traités comme des allégations diffamatoires et dangereuses pour la paix sociale », insiste le communiqué.

En conclusion, le RIS Alwahda réaffirme son attachement à la diversité des expressions de l’islam au Sénégal et appelle à rejeter toute tentative de division de la communauté musulmane. « Il n’existe pas un islam supérieur à un autre. Toute parole visant à opposer un islam local à un prétendu islam importé ne peut qu’alimenter la discorde au sein de la nation », martèle le mouvement.

Trafic de chanvre à l’Ucad : Deux étudiants à la tête d’un réseau démantelé

Un important réseau de trafic de chanvre indien a été démantelé en plein cœur du campus universitaire Cheikh Anta Diop (Ucad), révélant une organisation clandestine bien rodée opérée par deux étudiants. Ce réseau mafieux, qui avait pris ses quartiers dans le temple du Savoir, a été mis à nu grâce à une opération d’infiltration menée par les forces de sécurité en coordination avec le service de surveillance de l’université.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, le premier cerveau du réseau a été identifié et interpellé au sein même du campus, alors qu’il détenait encore un stock de 41 cornets de chanvre indien. Jugé en comparution immédiate devant le tribunal de Dakar, l’étudiant a été condamné à deux ans de prison ferme.

Mais les autorités n’en sont pas restées là. Conscients de la persistance du phénomène et de la probabilité d’un relais dans le trafic, les enquêteurs du commissariat du Point E ont poursuivi leur stratégie d’infiltration. Leur attention s’est rapidement portée sur Fallou Mbaye, étudiant domicilié au pavillon M de l’Ucad, désigné comme le probable successeur du réseau démantelé.

Né à Mbacké le 10 décembre 2001, Fallou Mbaye a été suivi de près avant d’être pris en flagrant délit de détention de 61 cornets de chanvre. Il a été arrêté dans l’enceinte même de l’université puis conduit sous bonne escorte au commissariat du Point E, où il a été placé en garde à vue.

Il doit être présenté ce jour au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar. Une suite judiciaire est donc attendue pour cet étudiant qui risque à son tour une lourde peine, dans un contexte où les autorités semblent décidées à assainir durablement le milieu universitaire.

Affaire de la surfacturation de 30 milliards : Pape Malick Ndour interpelle le gouvernement et raille Ousmane Sonko

L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a réagi vigoureusement à la révélation d’une présumée surfacturation de 30 milliards de francs CFA dans le cadre d’un marché public relatif à la construction de salles de classe. Dans une publication partagée sur ses réseaux sociaux, il dénonce une gestion opaque et ironise sur le traitement de cette affaire par les nouvelles autorités.

« Le gouvernement affirme avoir décelé une surfacturation de 30 milliards sur un marché de salles de classe. Au lieu de casser le contrat, de poursuivre l’entrepreneur pour complicité de détournement et de reverser les fonds au Trésor public, les autorités ont préféré, selon les termes du quotidien Le Soleil, “transformer” ces 30 milliards en 2 000 salles de classe, soit 15 millions l’unité », a-t-il écrit.

Sur un ton sarcastique, Pape Malick Ndour ajoute :

« C’est désormais officiel : au pays de Sa Majesté Nanan Koua, une salle de classe non surfacturée (rire) coûte 15 millions… »

L’ancien ministre promet de revenir plus en détail sur cette affaire et d’autres enjeux économiques lors de son passage ce soir sur la chaîne SEN TV. Au programme : la question de la dette publique, la stratégie d’endettement actuelle fondée sur un recours massif au marché intérieur, le manque de transparence budgétaire, ainsi que des comparaisons régionales avec la Côte d’Ivoire et le Mali.

« Ce soir sur SEN TV, nous reviendrons sur la dette publique, la stratégie d’endettement fondée sur un recours systématique au marché intérieur et ses conséquences, l’absence de publication des rapports d’exécution budgétaire et des bulletins statistiques sur la dette publique, la Côte d’Ivoire, le Mali… », a-t-il conclu, non sans ironie, par un « Bon Lundi… »

Cette sortie de Pape Malick Ndour intervient dans un contexte où la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Ousmane Sonko promet une gouvernance de rupture, axée sur la transparence et la reddition des comptes. Reste à savoir si cette affaire de surfacturation sera élucidée jusqu’au bout ou si elle deviendra un nouveau dossier sensible dans l’arène politique sénégalaise.

République des Valeurs tire la sonnette d’alarme : « Le Sénégal va mal »

Thiès – Lors de sa réunion ordinaire tenue ce week-end à Thiès, le Bureau politique de la République des Valeurs/Réewum Ngor, présidé par Thierno Alassane Sall (TAS), a livré un diagnostic sans concession de la situation nationale. Le parti alerte sur une « fatigue sociale généralisée » et fustige l’inaction du gouvernement face aux nombreuses difficultés des Sénégalais.

À l’approche de la Tabaski, le quotidien devient plus difficile pour les ménages sénégalais. République des Valeurs (RV) décrit une crise économique aiguë : flambée des prix, stagnation des salaires, chômage grandissant. « Les poches sont vides, les familles souffrent », déplore le parti, qui appelle à un plan d’urgence économique en faveur des couches les plus vulnérables : jeunes, femmes, travailleurs informels et familles modestes.

RV dénonce aussi une absence de transparence dans la gestion des finances publiques. Le vote du budget 2025, selon le parti, s’est fait sans débat parlementaire ni publication de rapports d’exécution, un fait jugé « inacceptable dans une République transparente ». Thierno Alassane Sall, par ailleurs député, entend interpeller le ministre des Finances par une question orale cette semaine à l’Assemblée nationale.

Le parti pointe également l’abandon des agriculteurs, livrés à eux-mêmes. Manque de semences de qualité, absence d’outils adaptés et débouchés inexistants freinent toute relance du secteur. Pour RV, une refonte de la politique agricole s’impose, articulée autour de cinq axes : accès équitable aux intrants, développement de pôles de production et de transformation, structuration des filières, promotion de l’agroécologie, et création d’une assurance agricole nationale.

Les inondations, notamment dans la vallée du fleuve Sénégal, illustrent selon RV l’inefficacité de l’État à protéger ses citoyens. Le parti déplore l’abandon des sinistrés dans des abris précaires et appelle à des mesures immédiates : secours d’urgence, relogement digne, coordination entre collectivités, ONG et partenaires techniques.

RV ne mâche pas ses mots contre ce qu’il qualifie de « gouvernance clanique ». Il accuse l’exécutif de favoritisme, de gestion patrimoniale de l’État et de pratiques népotiques où la loyauté prime sur la compétence. Le parti s’oppose également au « faste ostentatoire » de certaines délégations officielles et aux « voyages inutiles » jugés coûteux et inefficaces.

Face à ces dérives, République des Valeurs appelle à une refondation républicaine. Le parti prône une gouvernance éthique, au service de l’intérêt général, avec des institutions protectrices et une société inclusive. « Il est temps de parler vrai, de retisser la confiance et de remettre les Sénégalais au cœur du projet national », conclut le communiqué.

Gala FIPA d’Or : les innovateurs et entrepreneurs africains à l’honneur

La 6e édition de la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA 2025) a fermé ses portes après avoir rassemblé, du 22 mai au 1er juin, 35 pays autour du thème de l’intégration économique africaine.

Lors de la cérémonie de clôture, la commissaire générale, Fatou Fabira Dramé, présidente de la plateforme “Baye Sa War” et initiatrice de ce rendez-vous culturel et économique panafricain, a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers l’ensemble des participants : autorités, exposants, partenaires et public.

“Durant ces journées intenses, riches en échanges, en rythmes, en couleurs, en saveurs et en savoir-faire, nous avons vu l’Afrique s’exprimer dans toute sa diversité, son talent et son potentiel. Plus qu’un marché, la FIPA est devenue un carrefour de fraternité, de coopération économique et culturelle, un espace où l’excellence africaine a été mise à l’honneur, portée par nos artisans, nos artistes, nos entrepreneurs, nos créateurs, nos producteurs venus des quatre coins du continent et de la diaspora”, a-t-elle déclaré.

Elle a également félicité chaleureusement les exposants pour la qualité de leurs produits et l’innovation de leur savoir-faire, sans oublier de remercier les partenaires institutionnels, techniques et financiers, les équipes d’organisation, les volontaires, les médias, les artistes, ainsi que le public fidèle pour son engagement.

Pour Fatou Fabira Dramé, cette clôture marque le point de départ d’une nouvelle étape :

“Un engagement renouvelé pour la valorisation du made in Africa, pour l’intégration économique africaine et pour l’industrialisation locale. Nous devons porter ensemble cet élan jusqu’à la prochaine édition en 2026, que nous voulons plus grande, plus inclusive, plus innovante encore. D’ici là, restons mobilisés, connectés et solidaires. Continuons de croire en nous, en notre continent, en notre capacité à transformer nos richesses en opportunités durables pour nos peuples.”

La cérémonie de clôture, tenue en présence de l’ambassadeur des Comores, a culminé avec le Gala FIPA d’Or, point d’orgue de l’événement.

Dans une ambiance à la fois solennelle et festive, cette soirée a récompensé les bâtisseurs de l’Afrique : des innovateurs et entrepreneurs remarquables, des femmes et des hommes engagés dans le développement local et régional, ainsi que des partenaires et institutions qui ont marqué l’édition 2025.

Son Excellence Baba NDIAYE, Ambassadeur du Coaching Territorial pour l’Afrique, marque de son empreinte le 6e Salon de l’Économie Sociale et Solidaire à Oujda

Oujda, Maroc – Du 23 au 30 mai 2025, la ville d’Oujda a accueilli la 6e édition du Salon régional de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) de la région de l’Oriental, ainsi que le séminaire de clôture du Programme d’Égalité des Genres (PEG), financé à hauteur d’un million d’euros par la coopération belge. Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et présidé effectivement par le ministre chargé de l’Économie Sociale et Solidaire, cet événement d’envergure a mis en lumière les dynamiques innovantes de développement local.

Parmi les figures marquantes de cette semaine dédiée à l’économie sociale et à la coopération internationale, Son Excellence Baba NDIAYE, Ambassadeur du Coaching Territorial pour l’Afrique, s’est particulièrement distingué. Présent en tant que panéliste, modérateur, rapporteur et président de séance, il a contribué activement à plusieurs panels, abordant des thématiques clés telles que :

les mécanismes de valorisation et de commercialisation des produits des coopératives, la coopération Sud-Sud, Nord-Sud et triangulaire, l’autonomisation des femmes et des jeunes à travers le Coaching Territorial.

Lors du séminaire d’ouverture, le premier panel a été modéré par le Dr Najat Zarrout, experte auprès de l’ONU et cadre de CGLU Afrique. À cette occasion, l’Ambassadeur Baba NDIAYE a été désigné rapporteur du panel consacré à l’autonomisation des femmes et des jeunes dans le cadre de l’économie sociale et solidaire. Il a présenté un rapport stratégique soulignant le rôle fondamental du Coaching Territorial comme levier transversal de développement local.

Le Salon a rassemblé des délégations de plusieurs régions africaines, notamment Kaolack (Sénégal), Boucle du Mouhoun (Burkina Faso), Nava (Côte d’Ivoire), ainsi que des représentants de la Mauritanie. La participation d’organisations telles que Échos Communication, Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), l’Agence de Développement de l’Oriental (ADO), l’Agence de Développement Municipal (ADM – Sénégal), et Enabel, a donné à l’événement une dimension internationale notable.

Un partenariat structurant a d’ailleurs été scellé entre les coopératives des différentes régions représentées, illustrant une volonté partagée d’approfondir la coopération décentralisée au service de l’économie sociale et solidaire.

Lors de la cérémonie de clôture du Programme PEG, Son Excellence Baba NDIAYE a lancé un appel fort en faveur d’un accompagnement renforcé des coachs territoriaux africains, plaidant pour l’intégration du Coaching Territorial dans les politiques publiques de décentralisation. Cette démarche vise à renforcer la démocratie participative, la transparence, l’efficacité des services publics et l’inclusion citoyenne dans les dynamiques locales.

En conclusion, Son Excellence a rendu un hommage appuyé à la région de l’Oriental, saluant son rôle précurseur en matière de coopération interterritoriale africaine et l’engagement exemplaire de ses institutions. Il a également souligné l’apport stratégique des membres du Consortium – Échos Communication, l’Agence de Développement de l’Oriental, CGLU Afrique, et l’Université Mohammed Premier – aux côtés du Conseil régional de l’Oriental, pour la promotion d’un développement territorial intégré et solidaire.

Gautier Brygo, représentant-pays de Échos Communication, Mouhamed Zerouali, Directeur des Partenariats de la région de l’Oriental, Dr Najat Zarrout, membre du groupe des experts de l’administration publique de l’ONU et Responsable du renforcement des capacités à CGLU Afrique.

Ziguinchor : Le maire Djibril Sonko convoqué par la Section de recherches dans une affaire de détournement présumé

Le maire de Ziguinchor, Djibril Sonko, est convoqué ce lundi à la Section de recherches de la gendarmerie de Ziguinchor, dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par la section locale du mouvement Frapp France Dégage, dirigée par l’activiste Guy Marius Sagna.

Au cœur de cette plainte figure un soupçon de détournement de fonds publics portant sur un montant de 25 millions de francs CFA, supposément disparus des caisses de la municipalité. Selon le quotidien L’Observateur, qui a révélé l’information, la disparition de cette somme aurait été signalée dans un document officiel de la mairie.

Face à ces accusations, la municipalité n’est pas restée silencieuse. Dans une note relayée par un journal du Groupe Futurs Médias, la mairie dénonce une “manipulation inique, scandaleuse et éhontée”, visant à ternir l’image de l’administration municipale. Elle attribue cette affaire à une faute de gestion isolée d’un agent municipal, affecté à la Recette Perception municipale (RPM), et non à une tentative de dissimulation de la part du maire ou de son équipe.

L’affaire suscite déjà un vif intérêt à Ziguinchor, où le climat politique reste tendu à l’approche de nouvelles échéances électorales. L’audition du maire Djibril Sonko pourrait permettre d’éclaircir les zones d’ombre entourant cette affaire qui pourrait, si les faits sont avérés, entacher la gestion municipale actuelle.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°478 – 02/06/2025

🔴 RENOUVELLEMENT DU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE L’ONU DANS UN MONDE FRACTURÉ : MACKY SALL, CANDIDAT DE LA CONCORDE
🔴 MENACES DJIHADISTES : L’ALERTE DU GÉNÉRAL SELLÉ NDIAYE

🔴 APRÈS L’OM, PSG VAINQUEUR DE LA LIGUE DES CHAMPIONS : À JAMAIS LES DEUXIÈMES !
🔴 LIGUE 1 / GUÉDIAWAYE-PIKINE : LE DERBY EXILÉ, SANS PUBLIC !

SOLIDARITÉ DE TABASKI À TOUBA : Touba Ca Kanam offre dignité à plus 7500 familles

Comme chaque année avant les grandes fêtes religieuses, l’organisation Touba Ca Kanam a déployé sa traditionnelle opération de solidarité en prévision de la Tabaski 2025 à Touba. Placée sous l’égide de Serigne Mourtalla Mbacké Abdou Fatah, la commission sociale a une nouvelle fois répondu présent pour les familles les plus vulnérables.

Cette action d’envergure a permis de venir en aide à plus de 7500 familles. Chacune a reçu un soutien matériel concret sous forme de paquets d’habits variés, de chaussures (1136 paires distribuées) et de lots de tissus (près de 2000). Ces dons visent à permettre aux bénéficiaires de se vêtir dignement pour la célébration.

Mais l’aide ne s’est pas arrêtée là. Touba Ca Kanam a également consenti un soutien financier majeur de plus de trente millions de francs CFA (30 000 000 FCFA). Cette enveloppe, spécifiquement destinée aux pères de famille, a pour objectif de les aider à acquérir le mouton du sacrifice (Udhiya), pilier de la fête de l’Aïd.

Par cette double action – matérielle et financière – Touba Ca Kanam incarne pleinement sa vocation sociale et spirituelle, veillant à ce que chaque fidèle puisse vivre la Tabaski dans le respect et la dignité. Prenant la parole , Serigne Habibou Ibn Serigne Fallou a déploré l’absence des jeunes dans l’effort participatif estimant qu les femmes et les perses âgées sont les seuls qui répondent à l’appel de Touba Ca Kanam.

Candidature du Sénégal à la présidence de la BAD : Seydi Gassama dénonce « une grosse erreur »

La candidature du Sénégal à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) continue de faire débat, notamment après la sortie remarquée de Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrikTV, ce dimanche 1er juin, le défenseur des droits humains n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié cette initiative de « grosse erreur », dénonçant une décision mal évaluée sur le plan stratégique et diplomatique.

Seydi Gassama a d’abord rappelé l’historique de la BAD pour démontrer l’improbabilité d’un succès sénégalais dans cette course. Depuis la création de l’institution, seuls huit présidents se sont succédé, et parmi eux, un seul Sénégalais, Babacar Ndiaye, a occupé le poste durant deux mandats pleins. Pour lui, ce précédent ne pouvait justifier une nouvelle ambition aussi rapidement. Cette réalité historique aurait dû dissuader le Sénégal de tenter sa chance à ce moment précis, d’autant plus que les équilibres internes de la banque ne favorisaient pas une telle candidature.

Au-delà de cet aspect, Seydi Gassama a mis en évidence un isolement diplomatique grandissant du Sénégal sur la scène africaine. Il a souligné que certains pays traditionnellement proches n’ont même pas voté en faveur du candidat sénégalais, Amadou Hott. Ce manque de soutien, selon lui, reflète une perte d’influence régionale inquiétante et une dégradation du leadership sénégalais au sein des instances continentales.

L’échec de cette candidature est, selon le militant, symptomatique d’un recul plus large du prestige international du Sénégal. Jadis considéré comme un modèle démocratique sur le continent, le pays semble aujourd’hui avoir perdu de sa superbe. Seydi Gassama a rappelé qu’à une époque, le Sénégal faisait figure d’exception dans un environnement marqué par les dictatures, mais qu’il a depuis stagné pendant que d’autres nations progressaient.

Pour lui, la perte de crédit démocratique à l’interne se répercute à l’externe. Ce déclin, qu’il juge préoccupant, appelle à une remise en question sérieuse. Il plaide pour un sursaut démocratique, seule voie possible, selon lui, pour redonner au Sénégal sa place d’antan sur l’échiquier africain. À ses yeux, il ne s’agit pas seulement de réformer les institutions, mais de restaurer la confiance et la crédibilité du pays aux yeux de ses partenaires africains et internationaux.

Hivernage précoce : plusieurs régions sous la pluie, Dakar touché ce dimanche

L’hivernage s’installe progressivement sur le territoire sénégalais. Après des pluies déjà signalées ces derniers jours dans plusieurs localités du Sud et de l’Est du pays, la capitale Dakar a connu ses premières averses ce dimanche matin, marquant officiellement le début de la saison des pluies dans cette partie du pays.

Dès les premières heures de la journée, un ciel gris, chargé de nuages, s’est abattu sur la ville, accompagné de fines pluies sporadiques qui ont touché plusieurs quartiers de la capitale. Si l’intensité des précipitations est restée modérée, leur apparition aussi tôt dans la saison surprend plus d’un. Les services de la météorologie nationale alertent d’ailleurs sur la possibilité de nouvelles pluies dans les prochaines 24 heures, notamment sur les régions côtières et intérieures.

Depuis quelques jours déjà, les régions de Kolda, Tambacounda, Kédougou, Sédhiou, Matam et Kaolack ont enregistré des pluies plus ou moins soutenues, confirmant une dynamique météorologique active sur l’ensemble du pays. À Kédougou et Tambacounda, notamment, les précipitations ont été suffisamment marquées pour susciter la vigilance des agriculteurs et des autorités locales, qui anticipent une campagne agricole qu’il faudra adapter aux incertitudes climatiques.

Si ces premières pluies sont généralement bien accueillies dans les zones agricoles, leur précocité interpelle. Le dérèglement climatique pourrait être à l’origine de ce changement de rythme, avec des implications à la fois sur le calendrier agricole et sur la planification des infrastructures urbaines, notamment à Dakar, où les premières flaques d’eau ont déjà rappelé les habituelles difficultés d’évacuation.

Face à cette situation, les autorités appellent à la prudence et à une vigilance accrue, particulièrement dans les zones à risques d’inondation. Les populations sont invitées à suivre de près les bulletins météorologiques dans les jours à venir.

Recrutement à l’ère de l’intelligence artificielle : des experts plaident pour une digitalisation centrée sur l’humain

À l’heure où l’intelligence artificielle (IA) et la transformation numérique redessinent les contours du monde du travail, la question du recrutement prend une dimension stratégique. C’est dans cette perspective que la startup Socium a organisé, ce samedi à Dakar, un panel autour du thème : « Réussir son recrutement en 2025 : méthodes, outils et retours d’expérience ». L’événement a rassemblé un public varié, composé de professionnels des ressources humaines, de dirigeants d’entreprises, de représentants de l’administration publique et d’acteurs du secteur technologique.

Prenant la parole lors de cette rencontre, Malang Seni Faty, conseiller technique au ministère des Finances et du Budget, a souligné la nécessité de concilier innovation technologique et préservation du facteur humain. « Il ne faut pas prendre la digitalisation comme quelque chose qui va enlever le métier des gens. La digitalisation est là pour accélérer, pour aider, pour amener plus de célérité à ce que nous faisions auparavant. Mais l’être humain restera toujours au centre », a-t-il déclaré, en insistant sur le rôle fondamental de l’intelligence humaine dans le développement et l’amélioration des solutions numériques.

Selon lui, la digitalisation des processus de recrutement offre des perspectives prometteuses en matière de performance, de transparence et d’efficacité, notamment au sein de l’administration publique sénégalaise qui s’engage dans une vaste transition numérique. Il a également mis en lumière les efforts de Socium, qui accompagne près de 200 entreprises dans cinq pays africains (Sénégal, Côte d’Ivoire, Maroc, RDC, Cameroun) et qui a levé plus de 4 milliards de francs CFA pour développer des solutions allant de la gestion de la paie à la cartographie des compétences en passant par le suivi des performances.

Par ailleurs, Malang Seni Faty a encouragé les jeunes à se tourner vers les filières scientifiques, dans un contexte où la demande en profils techniques et technologiques ne cesse de croître. « Nous manquons cruellement d’ingénieurs. Et un pays, ce sont les ingénieurs qui le construisent, surtout à l’ère technologique dans laquelle nous nous trouvons. Une entreprise sur trois a du mal à recruter les profils dont elle a besoin. Si les jeunes investissent dans les compétences scientifiques et technologiques, ils trouveront forcément un emploi », a-t-il martelé.

Ce diagnostic est partagé par Rokhaya Ndiaye, consultante en ressources humaines, qui a pointé les lacunes actuelles dans la maîtrise des outils numériques par les professionnels RH. Pour elle, « la digitalisation représente une opportunité unique pour rattraper notre retard en Afrique, mais elle nécessite une véritable évangélisation ». Elle a plaidé pour une meilleure formation des spécialistes RH afin que les entreprises puissent adopter des politiques de gestion du capital humain plus performantes et centrées sur les besoins des individus.

À travers cette rencontre, Socium entend non seulement outiller les professionnels, mais aussi susciter une prise de conscience collective sur l’importance d’un recrutement repensé, aligné sur les enjeux technologiques, mais sans jamais perdre de vue l’humain. Une ambition qui s’inscrit dans la volonté de bâtir des organisations plus résilientes, inclusives et prêtes à relever les défis de demain.

Féminicides au Sénégal : les organisations féministes exigent des lois plus strictes et une réponse immédiate de l’État

L’indignation est à son comble au Sénégal face à la recrudescence des féminicides. Ce samedi 31 mai 2025, plusieurs associations féministes et féminines se sont rassemblées sur le terrain HLM Grand Yoff, en face du Stade Léopold Sédar Senghor, pour un sit-in empreint de gravité. Vêtues de noir, en signe de deuil collectif, les militantes ont exprimé leur colère et leur détermination à mettre fin à l’impunité qui entoure les violences faites aux femmes.

Par le biais d’un mémorandum adressé aux autorités, les organisations ont réclamé l’adoption immédiate de lois spécifiques criminalisant les féminicides, mais aussi une réforme profonde du système de protection des femmes. Elles dénoncent un climat de violence systémique, aggravé par l’inaction ou la lenteur des réponses institutionnelles.

« Le Sénégal, jadis perçu comme un havre de paix et de téranga, est aujourd’hui secoué par une série de violences insoutenables envers les femmes », peut-on lire dans le document. Le mémorandum s’appuie sur des faits concrets pour illustrer cette réalité devenue insoutenable. Des noms de victimes sont cités : Diary Sow, 12 ans, tuée par un voisin ; Yamou Ndiaye, assassinée par son beau-frère à Touba ; Sadel Sow, abattue par son mari à Yayang ; Kindy Bah, tuée à Keur Ndiaye Lo ; Diene Dia et Fatou Gueye, toutes deux victimes de leurs proches ; ou encore Marie Louise Ndour, abattue d’une balle par son époux à Fatick. Autant de tragédies qui dressent un tableau sombre de la condition féminine au Sénégal.

Les militantes féministes soulignent que ces meurtres sont bien souvent commis dans la sphère privée, au sein même des foyers. L’espace familial, censé offrir sécurité et protection, devient paradoxalement le premier lieu de danger pour les femmes et les filles. Ce constat glaçant pousse les organisations à exiger une réaction structurelle et immédiate de la part des autorités.

Leurs demandes sont précises et urgentes. Elles exigent une condamnation claire des féminicides par les plus hautes autorités de l’État, la publication rapide des mesures prises pour sanctionner ces crimes, ainsi qu’une protection renforcée des femmes dans tous les espaces, notamment au sein du foyer. Elles réclament également la modification du Code de la famille, la suppression des dispositions discriminatoires envers les femmes, et la création de structures d’accueil, de soutien psychologique et de réinsertion pour les victimes.

Les féministes appellent aussi à une transformation des politiques publiques, avec l’intégration systématique de la lutte contre les violences sexistes dans les programmes éducatifs et institutionnels. Elles insistent sur la nécessité d’adopter des lois spécifiques contre les féminicides, assorties de peines exemplaires.

Au-delà de l’État, c’est la société dans son ensemble que ces organisations interpellent. Elles appellent les citoyennes et citoyens à briser la loi du silence, à dénoncer les violences et à soutenir les victimes. Elles invitent aussi la société civile à maintenir la pression pour que ces crimes ne soient plus tolérés, ni banalisés.

Enfin, les féministes sénégalaises appellent les institutions régionales et internationales — telles que la CEDEAO, l’Union africaine ou l’ONU — à exiger du Sénégal qu’il honore ses engagements en matière de droits des femmes. « Le Sénégal ne peut prétendre à la paix sans justice pour ses femmes », concluent-elles.

Effondrement d’un immeuble à Touba : une jambe humaine retrouvée dans les décombres relance les interrogations

Le drame survenu à Touba suite à l’effondrement d’un immeuble en construction connaît un développement aussi tragique qu’inquiétant. Ce samedi 31 mai, une jambe humaine a été retrouvée dans les décombres du site sinistré, plusieurs jours après l’annonce officielle du bilan qui faisait état de onze morts et sept blessés. Cette découverte macabre a été faite de manière fortuite par des enfants qui fouillaient les gravats, relançant aussitôt les spéculations autour du bilan réel de la catastrophe.

Alertés par les cris des enfants, les sapeurs-pompiers sont rapidement intervenus, épaulés par les forces de l’ordre, pour extraire le membre. Toutefois, aucune autre partie de corps n’a été découverte lors de nouvelles fouilles menées immédiatement après cette trouvaille. Le doute s’installe désormais sur la rigueur des premières opérations de recherche.

Deux hypothèses sont désormais sur la table. Soit cette jambe appartient à l’une des onze victimes déjà recensées, auquel cas il faudrait se poser des questions sur l’intégrité des corps extraits et sur la manière dont ils ont été identifiés. Soit elle provient d’une douzième victime, toujours ensevelie sous les débris, ce qui signifierait que les recherches initiales n’étaient pas aussi exhaustives qu’annoncé.

Pour rappel, la démolition du bâtiment avait été décidée et exécutée dans la foulée de la visite du ministre de l’Intérieur, le Général Jean-Baptiste Tine, qui avait ordonné cette mesure au nom de la sécurité publique. L’intervention avait été saluée pour sa rapidité, mais cette nouvelle découverte met en cause la profondeur et la fiabilité des opérations de dégagement menées avant la destruction totale du site.

Les familles endeuillées, déjà éprouvées par la tragédie, se retrouvent face à une angoisse renouvelée. Des voix commencent à s’élever pour exiger une reprise des recherches, voire une enquête complémentaire indépendante afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du drame et sur la gestion des secours.

À Touba, l’émotion est vive. Les populations, choquées, s’interrogent sur les responsabilités, sur les normes de sécurité du chantier, mais aussi sur la rigueur des procédures de sauvetage. Ce nouvel épisode macabre pourrait bien faire basculer l’affaire vers un terrain judiciaire, si les doutes sur la présence éventuelle d’une victime oubliée se confirmaient.

Marrakech : Macky Sall réaffirme son appel à « un partenariat Afrique-Europe rénové »

Présent ce dimanche à Marrakech à l’occasion d’un forum diplomatique de haut niveau, l’ancien président sénégalais Macky Sall a lancé un plaidoyer fort en faveur d’un nouveau type de partenariat entre l’Afrique et l’Europe. Dans un contexte international marqué par les fractures géopolitiques, l’ex-chef d’État, dont la voix continue de peser dans les cercles africains et internationaux, a souligné l’urgence d’une refondation des relations entre les deux continents.

S’exprimant devant un auditoire composé de diplomates, de chercheurs et de représentants institutionnels, Macky Sall a affirmé que le temps était venu de dépasser les schémas hérités du passé. « L’Afrique et l’Europe sont condamnées à s’entendre, mais plus dans les termes désuets du passé. Nous avons besoin d’une alliance de coresponsabilité, où chacun assume sa part », a-t-il déclaré avec fermeté.

Selon lui, les défis actuels – qu’il s’agisse du climat, de la sécurité, des migrations ou encore du développement économique – exigent des réponses concertées et équitables. Macky Sall a notamment pointé du doigt les déséquilibres structurels qui continuent de marquer les rapports entre les deux régions, appelant à un modèle de coopération fondé sur les intérêts mutuels et non sur une logique d’assistance unilatérale.

L’ancien président du Sénégal, artisan du dialogue euro-africain lorsqu’il était à la tête de l’Union africaine, a également mis l’accent sur la nécessité de réformes concrètes dans les mécanismes de financement, les accords commerciaux et les politiques de mobilité. « Il ne suffit plus de multiplier les sommets ou les déclarations d’intention. Ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est une coopération de résultats, capable d’impacter les vies des populations africaines et européennes », a-t-il martelé.

Ce nouvel appel de Macky Sall intervient alors que les relations Afrique-Europe sont à un tournant. Entre la montée des souverainismes sur les deux continents, la compétition stratégique avec d’autres puissances comme la Chine ou la Russie, et la pression migratoire croissante, le partenariat historique semble chercher un nouveau souffle. La parole de l’ancien président, réputé pour son sens du consensus et de la diplomatie, pourrait jouer un rôle catalyseur dans la redéfinition de ce dialogue intercontinental.

À Marrakech, Macky Sall a, une fois de plus, démontré qu’il entend continuer à peser sur les grandes orientations africaines, même après son départ de la présidence. En rappelant la nécessité d’une Afrique écoutée, respectée et considérée comme partenaire à part entière, il réaffirme son engagement pour une gouvernance mondiale plus juste et plus inclusive.

Manifestations politiques : 63 familles de victimes ont déposé plainte avec l’appui d’Amnesty International, selon Seydi Gassama

Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrikTV ce dimanche 1er juin, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a livré un témoignage marquant sur les conséquences humaines des manifestations politiques survenues au Sénégal ces dernières années. Selon lui, sur les 66 personnes ayant perdu la vie lors de ces événements, 63 familles de victimes ont pu déposer plainte grâce à l’accompagnement juridique assuré par son organisation.

Ce travail de terrain, mené par Amnesty International Sénégal, s’inscrit dans un plaidoyer plus large destiné à obtenir des autorités une réponse rapide et structurée au profit des victimes et de leurs proches. À en croire M. Gassama, les efforts déployés ont commencé à porter leurs fruits. Une grande partie des familles ayant fourni les documents administratifs requis, notamment les certificats d’hérédité, ont pu recevoir une assistance concrète de la part de l’État, principalement sous forme d’aide financière.

L’accompagnement ne s’est pas limité aux familles endeuillées. Certaines personnes arrêtées dans le cadre des manifestations ont également bénéficié de l’appui humanitaire et juridique mis en place. En outre, des mesures spécifiques ont été prises à l’égard des enfants mineurs dont les parents sont décédés au cours des événements : ces derniers ont été déclarés pupilles de la Nation, un statut qui leur garantit une prise en charge éducative et sociale renforcée.

Les personnes âgées survivantes de ces familles n’ont pas été oubliées. En fonction des situations particulières, elles ont été intégrées soit au programme de couverture maladie universelle, soit au dispositif de bourses de sécurité familiale, avec pour objectif de leur garantir un minimum de protection sociale.

Ce dispositif d’accompagnement représente une avancée notable dans la reconnaissance des souffrances causées par les crises politiques, mais Amnesty International appelle à aller plus loin. Pour Seydi Gassama, il est impératif d’accélérer les procédures judiciaires en cours et de garantir un procès équitable, afin que justice soit rendue dans les délais raisonnables, conformément aux normes nationales et internationales.

L’intervention de Seydi Gassama intervient dans un contexte où la question de l’impunité reste sensible, et où les attentes de justice demeurent fortes dans l’opinion publique, notamment parmi les familles touchées. Amnesty International, fidèle à sa mission de défense des droits humains, entend poursuivre son action jusqu’à ce que chaque victime soit reconnue, entendue et réparée.

Kaolack : Formation des acteurs scolaires à la gestion de l’hygiène menstruelle

À Kaolack commune, une initiative salutaire a récemment été lancée par l’Association Action pour le Développement du Sénégal (AADS) afin de briser le tabou autour des menstruations et d’améliorer la rétention scolaire des jeunes filles. Une formation dédiée à la gestion de l’hygiène menstruelle a été organisée à l’intention des enseignants, des élèves, des parents d’élèves et du personnel administratif. Objectif : créer un environnement scolaire plus sûr, plus sain et plus inclusif pour les adolescentes.

« Beaucoup de filles manquent les cours pendant leurs règles, soit par peur d’accidents, soit à cause de moqueries. Il était temps d’agir. C’est ce qu’a compris l’AADS en organisant ce forum de sensibilisation, ce samedi 31 mai 2025 », a expliqué Fatou Kinné Diassé Kandji, présidente de la commission renforcement des capacités et du plaidoyer de l’association.

Dans les Collèges d’Enseignement Moyen (CEM), des milliers de jeunes filles font face chaque mois à un défi silencieux mais crucial : l’accès aux serviettes hygiéniques. Une réalité trop souvent ignorée, mais déterminante pour la scolarité, la santé et la dignité des adolescentes.

« Nous avons décidé d’organiser ce forum à l’endroit de tous les acteurs du système éducatif – le corps professoral, les élèves, l’Association des mères d’élèves, les parents d’élèves et les membres du comité de gestion – pour renforcer leurs capacités sur la gestion de l’hygiène menstruelle, mais aussi sur l’estime de soi », a poursuivi Mme Kandji.

Au total, 540 jeunes filles issues des CEM de la commune de Kaolack ont bénéficié de cette formation. Ces bénéficiaires joueront désormais un rôle de relais communautaires, chargées de la démultiplication et de la sensibilisation dans leurs établissements et quartiers respectifs.

Concernant le suivi, l’AADS prévoit de former l’Association des mères d’élèves à la confection et à l’utilisation de serviettes hygiéniques lavables. L’organisation envisage également la mise en place de kits de serviettes hygiéniques dans les établissements scolaires pour faciliter l’accès des jeunes filles à ces produits essentiels.

La formation des acteurs scolaires à la gestion de l’hygiène menstruelle marque une avancée significative pour l’égalité des chances à l’école. En brisant le silence et en éduquant tous les membres de la communauté scolaire, cette initiative contribue à faire des menstruations un sujet de santé et de dignité, et non de honte.

Kaolack / Formation des membres de l’UDEN : Renforcement des capacités syndicales pour une éducation de qualité

Durant deux jours (vendredi et samedi), la ville de Kaolack a accueilli une session de formation destinée aux membres du syndicat UDEN. L’objectif principal : renforcer les compétences des militants syndicaux afin de mieux défendre les droits des enseignants et promouvoir un système éducatif équitable et inclusif.

« Nous sommes à Kaolack parce que notre syndicat, l’Union Démocratique des Enseignants et Enseignantes du Sénégal (UDEN), y organise une session de renforcement de capacités sur deux jours à l’intention de ses militantes et militants des deux sections de Kaolack, à savoir le département et la commune », a expliqué Issa Faye, secrétaire national chargé de la formation au sein du bureau exécutif national de l’UDEN.

Il a ajouté : « Cela fait partie des traditions de notre syndicat de régulièrement réunir ses militants pour les entretenir sur des questions qui peuvent impacter leur carrière et leur développement personnel. Parce que nous sommes conscients que l’essentiel ne réside pas seulement dans le nombre de militants, mais aussi dans leur qualité. Cela ne veut pas dire que nous ne faisons pas l’effort de massification, mais en même temps que nous nous élargissons, nous faisons de notre mieux pour accompagner les militants afin qu’ils atteignent un niveau de connaissance et de compétence qu’on ne retrouve pas partout. »

Concernant le choix de la région, Issa Faye a souligné que Kaolack fait partie des sections les plus dynamiques du syndicat. Il a également indiqué qu’au même moment, deux autres sessions de formation se tenaient dans les sections de Nioro du Rip et de Diourbel. D’autres sessions sont prévues après la Tabaski, notamment à Podor, Koumpentoum et Vélingara.

« Cela s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’UDEN qui vise à former ses militants. Le rôle d’un syndicaliste ne se limite pas à la représentation, à la formulation et à la défense de revendications. Il consiste aussi à favoriser le développement personnel des militants », a-t-il poursuivi.

Selon Issa Faye, cette session de formation a été structurée autour de plusieurs modules : la connaissance du syndicalisme à travers l’UDEN-SNES/FSU, l’histoire du syndicat, ses luttes et ses victoires, ainsi que la prise de parole en public.

« L’UDEN a une histoire épique, qu’il fallait partager, surtout avec les plus jeunes. C’est une histoire de combativité, de mobilisation constante, d’engagement et de résilience. Ce n’est pas un hasard si, parmi tous les syndicats traditionnels, nous sommes le seul à encore siéger à la table des négociations », a-t-il affirmé.

Le secrétaire général de l’UDEN au niveau de la commune de Kaolack, Omar Diallo, a salué la mobilisation des membres et rappelé la nécessité d’un engagement constant pour défendre les valeurs de justice sociale, de solidarité et de qualité dans l’éducation. Il a invité ses camarades à être des relais vigilants dans leurs localités. Formés et unis, ils seront mieux armés pour porter la voix de leurs collègues enseignants et enseignantes.

Pour sa part, le secrétaire général départemental, Abdoulaye Dia, a souligné que « cette formation s’inscrit dans le cadre d’un programme national de renforcement des capacités des membres de l’UDEN, appuyé par des partenaires. Elle marque une étape importante dans la professionnalisation de l’action syndicale au Sénégal ».

Dialogue sur le système politique

Notre modèle de démocratie renforce le citoyen, selon le Pr Malick Kane de Farlu Jotna

Le professeur Elhadj Malick Kane, président du mouvement Farlu Jotna – Forces vives du Sénégal, s’est exprimé à l’occasion du Dialogue national sur le système politique prévu du 28 mai au 4 juin 2025. Il salue l’initiative du président de la République visant à renforcer la démocratie sénégalaise et entend défendre un modèle démocratique centré sur le citoyen.

Dans le cadre de la refonte du système politique, le mouvement Farlu Jotna – Forces vives du Sénégal considère que la priorité doit être accordée au choix du modèle de démocratie. Il est temps, selon le professeur Kane, de dépasser les limites du régime présidentiel multipartite actuellement en place, pour évoluer vers un régime parlementaire solide, véritablement au service de la démocratie et du citoyen.

Chaque pouvoir doit pouvoir jouer son rôle en toute indépendance. De la même manière que la corruption affaiblit notre économie, notre justice souffre d’un manque d’autonomie. Garantir son indépendance totale est essentiel. Sans interférences politiques ou économiques, le pouvoir judiciaire pourra rendre une justice équitable.

« Les Sénégalais doivent devenir maîtres de leur destin », affirme le professeur Kane. Cela passe par un transfert effectif de compétences budgétaires et réglementaires aux collectivités locales. Le processus de décentralisation doit être renforcé : les décisions qui concernent directement les populations doivent être prises à l’échelle locale.

Redonner le pouvoir aux citoyens, c’est aussi leur permettre de s’exprimer sur les grandes orientations nationales. Farlu Jotna milite pour une démocratie participative, fondée sur l’engagement citoyen. « Pour rendre vivante la démocratie sénégalaise, il faut une volonté politique réelle et des actes concrets », insiste le professeur Kane.

Intervenir dans la vie des partis, les financer ou chercher à contrôler leur idéologie revient à transformer les militants en instruments du pouvoir, plutôt qu’en citoyens libres et responsables. Renforcer le statut de l’opposition et de son chef, sans réforme en profondeur, risque d’accentuer le sentiment que l’élite politique agit pour elle-même.

Le système électoral actuel, fondé sur une logique majoritaire, ne permet pas de refléter la diversité des sensibilités du pays. Farlu Jotna propose l’adoption d’un système électoral proportionnel, plus représentatif des minorités locales et régionales dans les choix politiques.

La liberté d’expression est une condition essentielle pour alimenter un débat politique sain. Le mouvement croit en une démocratie participative, fondée sur le consensus et la consultation directe autour d’un projet politique clairement élaboré.

Cette méthode permettra de recueillir l’avis de la société civile et des acteurs économiques, tout en évitant les dérives clientélistes. Pour garantir la rigueur du processus, les contributions doivent se faire uniquement par écrit, selon des règles claires et équitables.

Professeur Elhadj Malick Kane

Président du mouvement Farlu Jotna – Forces vives du Sénégal

UMOA-TITRES / DETTE PUBLIQUE : Le Sénégal dépendant des investisseurs ivoiriens ?

Dans un contexte de fortes tensions budgétaires, le Sénégal poursuit son recours au marché financier régional UMOA-Titres pour assurer la couverture de ses besoins de financement. Cependant, les récentes opérations d’adjudication mettent en évidence une dépendance croissante vis-à-vis d’un groupe restreint d’investisseurs, au premier rang desquels figurent les Ivoiriens.
En effet, à l’occasion de deux émissions d’obligations assimilables du Trésor (OAT), les 26 et 30 mai 2025, la Côte d’Ivoire s’est affirmée comme le principal pourvoyeur de fonds en faveur de la dette sénégalaise.
Le 30 mai, alors que le Trésor sénégalais ambitionnait de mobiliser 65 milliards F CFA, l’opération a suscité un engouement certain avec des soumissions atteignant 84,77 milliards F CFA. Mais, le montant finalement retenu est de 66,08 milliards F CFA, correspondant à un taux d’absorption de 77,95%. Les investisseurs ivoiriens ont, à eux seuls, contribué à hauteur de 41,96 milliards F CFA, soit près de 64 % des fonds levés, contre plus de 24,089 milliards F CFA pour les investisseurs sénégalais, et une participation marginale du Bénin (28,2 millions F CFA).
Quelques jours auparavant, le 26 mai, une émission de 196,8 milliards F CFA sur une maturité de trois ans, assortie d’un taux nominal de 6,30%, avait également été bien accueillie par le marché, avec un taux de couverture de 107%. Là encore, la Côte d’Ivoire a représenté plus de 60% de la demande, confirmant la place centrale des investisseurs ivoiriens dans la dynamique de souscription des titres publics sénégalais.
Si cette participation active des investisseurs ivoiriens traduit une certaine confiance envers la signature sénégalaise, elle révèle en filigrane une concentration inquiétante de la demande.
Il se trouve que la discrétion, voire l’absence quasi-totale des autres pays de l’UEMOA, notamment le Burkina Faso ou encore le Niger, mérite de s’interroger sur la capacité du Sénégal à élargir et diversifier sa base d’investisseurs régionaux.
Une situation qui pourrait se comprendre avec les révélations des nouvelles autorités sénégalaises sur l’existence d’une « dette cachée »évaluée à 7 milliards de dollars, soit 4 500 milliards F CFA. Des éléments qui ont contribué à la dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s et S&P Global Ratings, ainsi que la suspension temporaire de l’appui financier du Fonds monétaire international (FMI).
En outre, le 16 mai dernier, sur un montant de 44 milliards F CFA, les dernières émissions à moyen terme, proposées à des rendements élevés, jusqu’à 7,95%, attestent également de la prudence croissante des investisseurs.

Le Dakarois

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°477 – 31/05 ET 01/06/2025

🔴 UMOA-TITRES / CONTRIBUTION À PLUS DE 60% DES INVESTISSEURS IVOIRIENS LORS DES DEUX DERNIÈRES ÉMISSIONS : LE SÉNÉGAL SOUS OXYGÈNE IVOIRIEN ?
🔴 POPENGUINE 2025 : LE GÉNÉRAL TINE SORT LE GRAND JEU

🔴 UFOA A&B (U20) : LE SÉNÉGAL DANS UNE POULE RELEVÉE
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL / DÉCISION DE LA FSF EN FAVEUR DU JARAAF : BUILDERS FC PRÊTE À SAISIR LA FIFA

Popenguine 2025 : Le ministre de l’Intérieur appelle au respect des engagements pour un pèlerinage sécurisé et réussi

À quelques jours du 137e pèlerinage marial de Popenguine, prévu du 7 au 9 juin 2025, l’État du Sénégal affine les derniers réglages pour garantir un déroulement sans accroc de ce grand événement religieux. Ce vendredi 30 mai, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le Général Jean-Baptiste Tine, a présidé à Dakar la réunion nationale préparatoire. L’occasion pour lui de rappeler l’importance stratégique et symbolique de ce rendez-vous spirituel, mais surtout de mettre chacun devant ses responsabilités.

Face aux autorités administratives, aux représentants des forces de défense et de sécurité, aux services techniques de l’État ainsi qu’aux partenaires impliqués dans l’organisation logistique et sanitaire du pèlerinage, le ministre a insisté sur le respect scrupuleux des engagements déjà pris. Il a notamment souligné que l’État s’est engagé à assurer des dispositifs efficaces dans plusieurs domaines clés : la sécurité des pèlerins, l’assainissement du site, l’organisation du transport, la disponibilité de l’eau potable et la coordination générale de l’accueil.

Dans un ton ferme mais mesuré, le Général Tine a donné des instructions précises. Il a chargé le gouverneur de la région de Thiès d’assurer le suivi des décisions arrêtées à l’échelle territoriale, tout en assignant au directeur général de l’administration territoriale la mission de superviser quotidiennement la mise en œuvre des mesures prises au niveau national. Il a demandé que des comptes rendus réguliers lui soient transmis pour un pilotage de proximité.

Soucieux des difficultés liées au transport des fidèles, en particulier ceux venant de régions éloignées comme Kolda, Ziguinchor ou Matam, le ministre a plaidé pour une certaine tolérance dans l’application de la réglementation routière. Il a toutefois tenu à préciser que cette souplesse ne saurait être interprétée comme un laissez-passer à l’imprudence. À ce titre, il a fermement rappelé que les règles de sécurité routière doivent être respectées en toutes circonstances. Selon lui, cette dérogation exceptionnelle vise à faciliter la participation de tous, sans pour autant compromettre la sécurité sur les routes.

Au-delà des dispositifs techniques, le Général Tine a lancé un appel solennel à la responsabilité collective. Il a invité toutes les structures impliquées à une parfaite coordination et à un esprit de service public, dans un contexte où Popenguine attire chaque année des milliers de pèlerins, non seulement venus de tout le Sénégal, mais aussi de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Il a également exhorté les médias et les autorités religieuses à sensibiliser sur la prudence, la discipline et le respect des consignes, afin d’éviter les accidents et les incidents liés à la forte affluence.

Ce pèlerinage, l’un des plus anciens et des plus emblématiques du Sénégal, constitue un temps fort pour la communauté catholique, mais aussi un moment de communion nationale et interreligieuse. L’État, à travers cette réunion de haut niveau, montre ainsi sa volonté de maintenir un cadre sécurisé, apaisé et structuré pour permettre aux fidèles de vivre leur foi dans la sérénité.

Le compte à rebours est désormais lancé. Tous les regards sont tournés vers Popenguine, dans l’attente d’un pèlerinage placé sous le signe de la foi, de la discipline et du respect mutuel.

Ousmane Sonko plaide pour une intensification des échanges commerciaux entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire : « Nous avons les atouts pour dépasser ce faible niveau »

En visite officielle en Côte d’Ivoire, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a présidé une séance de travail conjointe entre les délégations gouvernementales des deux pays. Dans son discours introductif, le chef du gouvernement a d’abord salué les liens « séculaires, forts et solides » qui unissent le Sénégal et la Côte d’Ivoire, insistant sur le respect et l’estime réciproques entre les deux États. Il a ensuite remercié le président Alassane Ouattara pour l’accueil réservé à la délégation sénégalaise, soulignant la qualité des relations diplomatiques entre Dakar et Abidjan.

Mais au-delà des symboles et de la fraternité historique, Ousmane Sonko a tenu à poser un diagnostic lucide sur la situation économique et commerciale entre les deux pays. Selon lui, les échanges commerciaux sont loin d’être à la hauteur du potentiel bilatéral. « Le niveau d’échanges entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire est relativement faible : 107 milliards de flux du Sénégal vers la Côte d’Ivoire, et 52 milliards en sens inverse. Ce qui est extrêmement faible au vu de nos complémentarités économiques et de nos ambitions communes », a-t-il regretté.

Le Premier ministre a ainsi insisté sur l’impératif de bâtir une coopération économique plus dynamique, s’appuyant sur une vision panafricaniste du développement. « Aucun pays ne peut réussir seul. L’histoire nous l’enseigne : en Asie, dans le Golfe ou en Europe, ce sont des groupes de pays qui ont réussi ensemble. Il serait illusoire de penser que le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou tout autre pays africain peut s’en sortir isolément », a-t-il martelé.

Ousmane Sonko a réaffirmé son attachement à une intégration régionale concrète, au-delà des textes et déclarations d’intention. Il a salué la relance de la commission mixte sénégalo-ivoirienne, qui, selon lui, constitue un organe essentiel pour le suivi et la mise en œuvre effective des accords de coopération. Il a également évoqué la nécessité de donner un nouveau souffle à des projets structurants comme le corridor Abidjan-Dakar-Praia, qui pourrait devenir un véritable levier d’intégration économique ouest-africaine.

Le chef du gouvernement sénégalais a aussi cité des exemples concrets pour illustrer le déséquilibre économique entre les deux pays, notamment dans les secteurs agricoles. « La Côte d’Ivoire produit plus d’un million de tonnes d’anacarde, tandis que le Sénégal peine à atteindre 200.000 tonnes. Même chose pour le cacao où l’écart reste très important », a-t-il souligné, en invitant à une coopération renforcée dans les domaines de la production et de la transformation.

En conclusion, Ousmane Sonko a exprimé son optimisme : « Nous avons tous les atouts pour dépasser ces chiffres et bâtir une coopération bilatérale beaucoup plus forte, au bénéfice de nos peuples. Nos présidents en sont conscients, et c’est à nous, gouvernements, de créer les conditions pour que cette ambition devienne réalité. »

Marché de l’UEMOA : le Sénégal lève 66 milliards de FCFA quatre jours après un emprunt record de 196 milliards

Le Sénégal continue d’accroître sa présence sur le marché financier régional. Ce vendredi 30 mai 2025, le Trésor sénégalais a levé 66 milliards de francs CFA à travers une nouvelle émission d’obligations assimilables du Trésor (OAT), à trois ans, avec un taux d’intérêt de 6,30 %. Ce nouvel emprunt intervient à peine quatre jours après l’impressionnante levée de fonds de 196 milliards de FCFA, un record pour le pays cette année.

La dernière opération ciblait un montant global de 84 milliards de FCFA. Les investisseurs ont répondu à hauteur de 65 milliards FCFA, mais la demande finale retenue par les autorités s’est finalement établie à 66 milliards, représentant un taux de couverture de 101,66 %.

La Côte d’Ivoire figure parmi les contributeurs les plus importants à cette mobilisation, avec plus de 40 milliards de FCFA investis par des institutions ivoiriennes, confirmant la solidité de la coopération financière régionale au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Cette dynamique d’endettement sur le marché régional par le Sénégal s’inscrit dans une stratégie de financement du budget national, notamment pour soutenir les projets d’investissement et combler les besoins de trésorerie. Elle témoigne également d’un certain niveau de confiance des investisseurs régionaux, en dépit d’un environnement marqué par des pressions budgétaires dans plusieurs pays de la zone.

Avec des taux désormais plus attractifs qu’en début d’année et un calendrier d’émissions soutenu, Dakar semble avoir trouvé une marge de manœuvre financière importante sur le marché de l’UEMOA. Toutefois, ces emprunts successifs relancent le débat sur le niveau d’endettement global du pays et sur sa soutenabilité à moyen terme.

Saint-Louis : démantèlement d’un réseau de trafic de migrants, cinq arrestations et vingt personnes interceptées

Les autorités sénégalaises viennent de porter un coup dur aux réseaux de trafic de migrants opérant dans le nord du pays. L’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) à Saint-Louis a annoncé ce vendredi l’arrestation de cinq individus impliqués dans une tentative d’émigration clandestine par voie maritime. Ces personnes sont poursuivies pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants et mise en danger de la vie d’autrui.

Tout est parti d’une opération de surveillance déclenchée par les services de la DNLT dans le cadre de leur stratégie de lutte contre les départs irréguliers. Trois hommes, soupçonnés d’être des candidats à l’émigration, ont été repérés et interpellés alors qu’ils se dirigeaient vers un lieu de rendez-vous avec leurs convoyeurs. Lors de leur audition, ils ont tous reconnu avoir versé une somme de 450 000 francs CFA chacun à deux passeurs pour être pris en charge jusqu’au point de départ prévu pour la traversée.

Ces déclarations ont permis aux enquêteurs de renforcer leur dispositif de surveillance dans plusieurs zones sensibles de la ville. Ainsi, grâce à une opération coordonnée dans les quartiers de Hydrobase, Pikine 700 et Santhiaba, vingt personnes ont été interceptées, dont les cinq principaux suspects identifiés comme les organisateurs du voyage clandestin.

Les cinq individus arrêtés ont été présentés au Parquet financier de Dakar, où ils devront répondre de leurs actes. L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices ou commanditaires de cette filière, qui aurait pu exposer plusieurs vies humaines à de graves risques.

La DNLT a salué la réactivité de ses agents régionaux et réaffirmé son engagement à poursuivre ses opérations sur toute l’étendue du territoire, en étroite collaboration avec les populations locales. Elle appelle à la vigilance et à la collaboration citoyenne afin de mettre un terme aux activités de ces réseaux clandestins qui exploitent la détresse de jeunes en quête de meilleures conditions de vie.

Kolda : un homme interpellé avec quatre kilogrammes de chanvre indien et 69 cornets prêts à la vente

À Kolda, un important coup de filet a été réalisé par le Commissariat central dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue. Dans la matinée du lundi 26 mai 2025, les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation d’un homme soupçonné d’activités de cession et d’offre de chanvre indien dans le quartier populaire de Gadapara. Cette opération fait suite à un renseignement jugé fiable par les services de police, évoquant un trafic intense de stupéfiants dans cette zone résidentielle de la ville.

L’intervention s’est déroulée au domicile du mis en cause, où les agents ont procédé à une perquisition minutieuse. Cette fouille a permis de découvrir une importante quantité de drogue : quatre kilogrammes de chanvre indien soigneusement dissimulés et conditionnés, ainsi que soixante-neuf cornets de la même substance, vraisemblablement destinés à la vente directe. En plus de cette saisie, une moto de type Jakarta, de marque KTM, a été retrouvée sur les lieux, accompagnée de matériel de conditionnement utilisé pour le trafic.

Face aux éléments accablants réunis par les enquêteurs, le suspect a été immédiatement placé en garde à vue. Les autorités ont ouvert une enquête en vue d’identifier d’éventuels complices et de remonter la filière de ce réseau local de distribution de drogue. Selon des sources policières, d’autres interpellations pourraient suivre dans les prochains jours, l’objectif étant de mettre définitivement hors d’état de nuire les réseaux impliqués dans ce type de trafic dans la région.

Cette opération renforce les efforts des services de sécurité de Kolda dans leur mission de protection des populations contre les fléaux liés aux drogues. Elle illustre également la volonté des autorités locales de réprimer fermement toute forme de criminalité liée aux stupéfiants, dans un contexte régional où la consommation et la vente de chanvre indien prennent une ampleur inquiétante.

Parcelles Assainies : deux policiers écroués pour vol et fraude sur Wave et Orange Money

Deux policiers en service au Groupe opérationnel de Dakar ont été placés sous mandat de dépôt pour leur implication dans une affaire de vol et de fraudes financières à hauteur de 2,9 millions de FCFA, survenue dans le quartier des Parcelles Assainies (Unité 9). Les agents mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol de téléphone portable et retraits frauduleux via les plateformes Wave et Orange Money.

Les faits remontent au 11 mai 2025. Un gérant de multiservices, I. Sow, a été approché par deux hommes se présentant comme policiers. Prétextant un contrôle d’identité, ils lui auraient confisqué son téléphone « en garantie », exigeant au passage les codes d’accès à ses comptes d’argent mobile pendant qu’il allait chercher sa pièce d’identité. À son retour, Sow découvre que les deux individus ont disparu avec son téléphone.

Dès le 15 mai, une plainte est déposée. La Direction de la surveillance du territoire (DST) ouvre une enquête et découvre que près de 2,9 millions FCFA ont été retirés frauduleusement depuis les comptes Wave et Orange Money de la victime, via divers points de transfert.

L’exploitation des données de transaction a permis d’identifier les auteurs : M. Kane (27 ans) et N. Ndour (28 ans), tous deux policiers. Interpellés, ils ont reconnu les faits et déclaré avoir revendu le téléphone volé. M. Kane a restitué 1,45 million FCFA, équivalent de sa part dans l’opération.

L’affaire suscite une vive émotion, notamment dans les rangs de la police. Des sanctions disciplinaires sont attendues, indépendamment des poursuites judiciaires en cours. L’enquête se poursuit pour déterminer si d’autres agents ou complices externes sont impliqués.

Ce scandale remet sur la table la question de l’intégrité dans les forces de sécurité, alors que les populations peinent à distinguer entre agents légitimes et usurpateurs.

Chavirement à Werma : le bilan s’alourdit à cinq morts après la découverte de deux nouveaux corps

Le bilan du naufrage survenu jeudi 29 mai 2025 sur le fleuve Sénégal à Werma, dans la commune de Bokiladji (région de Matam), s’est alourdi ce vendredi avec la découverte de deux nouveaux corps sans vie. Les secours ont ainsi mis fin à leurs opérations de recherche après près de 24 heures d’intenses efforts.

Le drame s’est produit lorsque cinq pêcheurs originaires du même village ont pris la mer en direction de Wompou pour une expédition de pêche. La pirogue à bord de laquelle ils naviguaient a chaviré en cours de route, pour des raisons encore non élucidées. Trois corps avaient été retrouvés dès le jour de l’accident, tandis que les deux derniers ont été repêchés ce vendredi.

Mobilisés depuis le début, les gendarmes, les sapeurs-pompiers de la 54e compagnie d’incendie et de secours, et les habitants du village ont coordonné les recherches, qui ont finalement permis de localiser tous les disparus. Les victimes, toutes originaires de Bokiladji, ont été identifiées par leurs proches.

Le préfet de Matam s’est rendu sur place pour présenter les condoléances de l’État aux familles endeuillées, promettant un accompagnement moral et logistique dans cette épreuve difficile. Une enquête a été ouverte afin d’éclaircir les circonstances exactes du chavirement, en particulier les conditions météorologiques et l’état de l’embarcation.

Barthélémy Dias accusé de plagiat après le lancement de son nouveau parti « Sénégal Bi Gnou Bokk »

À peine dévoilé, le nom du nouveau parti politique de Barthélémy Toye Dias suscite déjà une vive controverse. Baptisée « Sénégal Bi Gnou Bokk », la formation annoncée par l’ancien maire de Dakar est accusée de plagiat par la plateforme « Avenir Senegaal Bi Ñu Bëgg », dirigée par le ministre Cheikh Tidiane Dieye.

Dans un communiqué au ton incisif publié par sa cellule des cadres, la plateforme fondée en 2015 dénonce un « quasi-plagiat » du nom de leur organisation, affirmant que celui choisi par Barthélémy Dias n’est rien d’autre qu’une « reprise maladroite et mal orthographiée » de leur appellation en wolof. Pour les auteurs du texte, ce choix traduit un « manque criant d’originalité » et un « déficit de rigueur politique ».

« Si Barthélémy Dias veut entamer une aventure politique sans mentor ni tuteur, il ferait mieux de faire preuve d’un minimum d’inspiration », tacle le communiqué.

Les signataires rappellent que leur mouvement, né bien avant celui de Dias, dispose de structures établies sur le terrain, avec des élus locaux à son actif et une participation significative à l’élection présidentielle de mars 2024, en soutien à la coalition de l’actuel président Bassirou Diomaye Faye. Selon eux, le nouveau parti de Barthélémy Dias tente ainsi de s’adosser à un capital politique qu’il ne possède pas.

« Il ne peut se coller à notre nom ni revendiquer notre héritage politique. Notre alliance stratégique avec Pastef renforce notre légitimité », précisent-ils, en appelant l’ancien député-maire à « revoir sa copie » s’il souhaite proposer une ligne politique crédible et autonome.

Pour l’instant, Barthélémy Dias n’a pas encore officiellement répondu à ces accusations. Mais cette polémique vient s’ajouter à un contexte de repositionnement politique délicat pour l’ex-maire de Dakar, battu lors des dernières législatives de novembre 2024 et désormais en quête de nouveau souffle sur la scène nationale.

Visite officielle : Le Premier ministre Ousmane Sonko reçu par le Président Alassane Ouattara

Dans le cadre d’une visite de travail et d’amitié, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été reçu en audience ce jeudi 29 mai 2025 par Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire.

Arrivé à Abidjan pour une mission de trois jours, le chef du gouvernement sénégalais entame ainsi une série de rencontres diplomatiques de haut niveau, visant à renforcer les liens historiques, économiques et politiques entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

La rencontre entre les deux dirigeants s’est déroulée dans une atmosphère cordiale et fraternelle, témoignant de la qualité des relations entre les deux pays. Les échanges ont porté sur plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment la coopération bilatérale, les enjeux sous-régionaux en Afrique de l’Ouest, ainsi que les perspectives d’intégration économique dans l’espace CEDEAO.

Cette visite s’inscrit dans une volonté commune de renforcer les partenariats stratégiques entre Dakar et Abidjan, avec un accent particulier mis sur les domaines de l’économie, de l’éducation, de la sécurité, et des infrastructures.

Outre l’audience présidentielle, le programme de la visite du Premier ministre Ousmane Sonko prévoit également des séances de travail avec des membres du gouvernement ivoirien, des rencontres avec la communauté sénégalaise résidant en Côte d’Ivoire, ainsi que des visites de terrain dans des zones à fort potentiel de coopération bilatérale.

L’Afrique rend hommage à Abdou Diouf : Un ouvrage collectif célèbre l’héritage de l’ancien président sénégalais à l’occasion de son 90e anniversaire

À l’occasion du 90e anniversaire de l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, l’Association des juristes africains publie un ouvrage collectif intitulé « L’Afrique rend hommage au président Abdou Diouf ». Ce livre, fruit des contributions de juristes et politologues africains, rend hommage à l’homme d’État, à son engagement pour la démocratie, l’État de droit et les grandes causes panafricaines.

La cérémonie de dédicace de l’ouvrage se tiendra ce samedi 31 mai 2025 à Dakar, en présence de nombreuses personnalités du monde politique, juridique et académique. L’événement sera suivi d’une conférence sur le thème « L’évolution de la Démocratie Sénégalaise », avec une intervention attendue de Pédro Diouf, fils du président Abdou Diouf.

Selon un communiqué parvenu à Dakaractu, ce livre marque le coup d’envoi d’une série de célébrations prévues tout au long de l’année 2025, année symbolique pour saluer le parcours exceptionnel de celui qui a dirigé le Sénégal de 1981 à 2000, après avoir été Premier ministre de Léopold Sédar Senghor.

Les auteurs des contributions réunies dans cet ouvrage analysent les grands chantiers menés sous le magistère de Diouf, notamment en matière de modernisation de l’administration, de consolidation des institutions démocratiques, de promotion de la paix en Afrique, mais aussi de son rôle à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Plus qu’un simple hommage, l’ouvrage se veut une base de réflexion sur l’héritage institutionnel et politique laissé par Abdou Diouf, et sur les leçons à tirer pour le présent et l’avenir des démocraties africaines.

Fatick / Némading : la 4e fête patronale du 23e BRA célèbre la fraternité militaire et le lien armée-nation

Le camp Colonel Momar Talla Fall de Némading, situé dans le département de Foundiougne (région de Fatick), a accueilli ce vendredi 30 mai la 4e édition de la fête patronale du 23e Bataillon de Reconnaissance et d’Appui (BRA), également appelée fête du Niombato. Un moment fort de la vie militaire et communautaire, placé sous le signe de la cohésion, de la mémoire et du patriotisme.

Unité de réserve d’intervention rattachée à la zone militaire n°3, le 23e BRA a célébré cet événement en présence du colonel commandant de zone, Diouma Sow, du préfet de Foundiougne, ainsi que de nombreuses autorités civiles, militaires, religieuses et coutumières. Instituée en 2021, cette fête vise à renforcer la cohésion interne du bataillon et à valoriser ses liens profonds avec les communautés locales.

Dans son allocution, le chef d’escadrons Mouhamed Samba Diouf, commandant du 23e BRA, a souligné que cette célébration permet non seulement de rendre hommage aux anciens soldats, mais aussi de transmettre aux jeunes générations les valeurs cardinales du bataillon, incarnées dans sa devise : « Bagne ba déé », autrement dit, « lutter jusqu’à la mort ».

« Cette journée est un symbole fort de notre esprit de corps et de notre enracinement dans la population », a-t-il déclaré.

Le commandant Diouf a également mis en lumière le rôle stratégique de son unité dans le dispositif national de sécurité :

« Le bataillon s’est illustré par de nombreuses opérations en 2024 et au cours du premier semestre 2025, témoignant de son ancrage dans la défense opérationnelle du territoire. »

Sur le plan international, le 23e BRA contribue également au rayonnement des Forces armées sénégalaises, avec une compagnie actuellement déployée en Gambie et une section présente en République Centrafricaine.

Au-delà des discours officiels, la journée a été marquée par des démonstrations militaires, des moments de recueillement à la mémoire des disparus, ainsi que des échanges fraternels avec les populations. Cette dimension communautaire reste au cœur de l’esprit du 23e BRA, qui entend faire de sa fête patronale un moment de communion républicaine, entre devoir de mémoire et projection vers l’avenir.

Le Président Diomaye Faye rend hommage au Dr Amadou Sall et accueille le Dr Ibrahima Soce Fall à la tête de l’Institut Pasteur de Dakar

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a salué ce vendredi le départ du Dr Amadou Sall de ses fonctions d’administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar (IPD), rendant un hommage appuyé à l’homme qui a marqué de son empreinte les avancées du Sénégal en matière de souveraineté pharmaceutique.

Dans une déclaration officielle publiée sur ses canaux numériques, le chef de l’État a souligné le rôle central du Dr Sall dans les transformations stratégiques de l’IPD :

« Je rends hommage au Dr Amadou Sall pour son immense contribution au processus de souveraineté pharmaceutique du Sénégal. Une empreinte durable laissée par le Dr Sall à la tête de l’IPD, notamment à travers le pilotage stratégique du projet de vaccinopole de Diamniadio, destinée à renforcer la production locale de vaccins et à positionner le Sénégal comme un acteur de premier plan en matière de biotechnologies en Afrique », a déclaré le Président.

Sous la direction du Dr Sall, l’Institut Pasteur de Dakar a connu une dynamique de modernisation et d’élargissement de ses capacités, notamment à travers des partenariats internationaux de haut niveau et des investissements structurants dans la recherche, la production vaccinale et les réponses aux urgences sanitaires.

Dans la foulée, le Président Diomaye Faye a félicité le Dr Ibrahima Soce Fall, nommé pour succéder au Dr Sall à la tête de l’institution. Médecin et expert en santé publique de renommée internationale, le Dr Fall est connu pour son expérience au sein de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), où il a occupé plusieurs postes stratégiques.

« Il est attendu pour donner un nouvel élan à l’IPD », a ajouté le Chef de l’État, confiant quant à la capacité du nouveau directeur à consolider les acquis et à porter de nouvelles ambitions pour la recherche biomédicale et l’innovation sanitaire en Afrique.

Vers une nouvelle ère politique : L’appel de Alioune Tine pour tourner la page de l’hyperprésidentialisme au Sénégal

Le fondateur du think-tank Afrikajom Center a lancé un vibrant appel à rompre avec le cycle de violence politique et les dérives d’un pouvoir présidentiel jugé omnipotent. À travers une déclaration marquée par la gravité et la lucidité, le défenseur des droits humains exhorte à une transformation en profondeur du système politique sénégalais.

« Depuis 2009/2011, avec les Assises nationales et la lutte contre le troisième mandat, nous avons vécu l’expérience de la toute-puissance de l’hyperprésidentialisme à la tête d’un exécutif qui assujettit tous les pouvoirs pour se maintenir », a-t-il rappelé, dénonçant un système qui confisque les contre-pouvoirs et alimente la répression.

Ce schéma, selon lui, s’est répété en 2021 et encore plus violemment en 2024, avec un lourd tribut payé en vies humaines. « On a répété l’expérience de la toute-puissance et de la résistance… avec plus de morts d’hommes », écrit-il, soulignant l’urgence d’un changement de paradigme.

Depuis l’an 2000, aucune alternance politique ne s’est déroulée sans tensions majeures. Les transitions, censées être des moments d’expression démocratique, ont été entachées de violences et de pertes humaines. Une réalité tragique que le fondateur d’Afrikajom Center juge inacceptable : « Les alternances ne se déroulent pas dans la sérénité, mais dans la violence et avec morts d’hommes. C’est ça qui doit changer radicalement. »

Dans sa conclusion, il appelle à tourner la page d’un pouvoir présidentiel « de vie et de mort », incarnant un modèle d’hyperprésidentialisme aux conséquences dévastatrices sur le plan politique, institutionnel et humain. Il prône un rééquilibrage des pouvoirs, une consolidation de l’État de droit et une démocratie apaisée, fondée sur le respect des droits fondamentaux.

Violents affrontements à Karang : les jeunes jakartamen dénoncent une bavure des forces de l’ordre

Depuis mercredi, la commune de Karang, dans la région de Fatick, est le théâtre de violents affrontements entre les conducteurs de motos Jakarta — communément appelés jakartamen — et les forces de l’ordre. À l’origine de cette vive tension : l’interpellation musclée d’un conducteur de moto par un gendarme en civil, dans des circonstances jugées abusives par les témoins et les jeunes de la localité.

Selon les informations de L’Observateur, tout aurait commencé par l’interpellation d’un certain Ismaïla Ndour, conducteur de moto-Jakarta, soupçonné à tort d’être lié à un grave accident impliquant un autre conducteur de moto ayant pris la fuite après avoir percuté une vieille dame. Alors qu’il affirmait ne rien savoir de l’affaire, Ismaïla Ndour aurait subi des insultes et des violences verbales de la part du gendarme, qui aurait ensuite tenté de le contraindre à monter dans un véhicule avec sa moto.

Ce comportement, perçu comme une humiliation et une injustice, a immédiatement déclenché la colère d’autres conducteurs présents. L’altercation a dégénéré, nécessitant l’intervention des éléments de la Brigade de gendarmerie de Karang, bientôt rejoints par des renforts. Des grenades lacrymogènes ont été utilisées pour disperser les manifestants, qui ont riposté par des jets de pierres. Les affrontements ont duré une grande partie de la nuit, plongeant la commune dans un climat de tension extrême.

Au terme de ces violents heurts, plusieurs jeunes, notamment des conducteurs de moto, ont été arrêtés par les forces de l’ordre. Parmi eux, Sékou Ndour, président de l’Association des conducteurs de moto-Jakarta de Karang. Ce dernier, dans un souci d’apaisement, s’était rendu de lui-même à la brigade pour entamer une médiation, mais a été interpellé à son tour, alimentant davantage la colère des manifestants.

Dès le lendemain matin, la population — en particulier les jeunes — est descendue en masse dans les rues de Karang pour exiger la libération immédiate de leurs camarades. Ils dénoncent une bavure manifeste et un abus de pouvoir de la part des forces de sécurité. Le climat est resté tendu dans toute la ville, au point que des renforts ont dû être dépêchés depuis Kaolack pour tenter de rétablir l’ordre.

Selon les dernières informations relayées par L’Observateur, Sékou Ndour ainsi que certains des jeunes arrêtés ont été relâchés dans l’après-midi d’hier. Toutefois, plusieurs autres restent toujours détenus dans les locaux de la gendarmerie. Une situation qui continue d’alimenter l’indignation de la population locale, déterminée à obtenir justice pour ce qu’elle considère comme une énième illustration de la brutalité policière contre les jeunes.

De la ferveur des arènes à la froideur des barreaux : Marème Nar incarcérée pour vol nocturne

Guédiawaye, Sénégal – Figure emblématique des arènes de lutte sénégalaise, Marème Fall, plus connue sous le nom de Marème Nar, n’est plus dans l’ambiance survoltée des stades. Ce mercredi, la célèbre supportrice du lutteur Prince a été placée sous mandat de dépôt et écrouée au Camp pénal de Liberté VI. Une chute brutale pour celle qui électrisait les gradins avec sa passion débordante.

L’affaire remonte à la nuit du 3 au 4 mai 2025, veille du combat très attendu entre Prince et Modou Anta. Dans le quartier Comico à Guédiawaye, la moto de l’adjudant Coly, un agent de police en service, est dérobée alors qu’elle était stationnée non loin du domicile de Marème Fall. Rapidement, les soupçons se tournent vers cette dernière.

Selon les éléments de l’enquête rapportés par L’Observateur, Marème Nar aurait été impliquée dans le vol en compagnie de deux individus. Les faits sont qualifiés de « vol en réunion commis la nuit », une infraction sévèrement sanctionnée par la législation sénégalaise. Le parquet de Pikine-Guédiawaye, estimant la gravité des faits, a ouvert une information judiciaire pour association de malfaiteurs et vol nocturne.

Une tentative de règlement à l’amiable a été initiée par l’entourage du lutteur Prince dans l’espoir d’éviter l’épreuve carcérale à leur proche. Mais l’initiative n’a pas abouti. Présente au tribunal lors de l’échec de l’accord, Marème Nar n’a pu retenir ses larmes, comprenant que la détention était désormais inévitable.

Le juge du premier cabinet a ordonné son incarcération immédiate. L’un de ses présumés complices a été arrêté dans une autre affaire par la police de Grand-Yoff et écroué. Le second, un certain Julot, est toujours en cavale, activement recherché par les forces de l’ordre.

La CEDEAO réaffirme son engagement pour une intégration régionale renforcée à l’horizon 2050

À l’occasion du 50e anniversaire du Traité de Lagos, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a renouvelé son engagement envers les idéaux de ses Pères fondateurs, tout en affichant sa détermination à accélérer le processus d’intégration régionale à l’horizon 2050. S’inscrivant dans la continuité du Traité révisé de 1993, la CEDEAO entend rester le moteur central de la coopération et de l’intégration en Afrique de l’Ouest.

Depuis sa création, la CEDEAO a accompli des avancées notables dans plusieurs domaines stratégiques : la promotion de la paix et de la sécurité, la consolidation de la démocratie, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que le développement socio-économique. Ces progrès, fruits d’un demi-siècle d’efforts collectifs, témoignent de la vision commune des États membres pour une région unie, stable et prospère.

Cependant, la Communauté reste consciente des nombreux défis qui entravent encore cette marche vers une intégration plus aboutie. Parmi eux figurent notamment l’insécurité persistante dans certaines zones, le terrorisme, l’extrémisme violent, la pauvreté, les inégalités sociales, le chômage des jeunes, les effets du changement climatique, sans oublier les conséquences des bouleversements économiques mondiaux et des tensions géopolitiques.

Face à ces enjeux, la CEDEAO réitère son engagement à œuvrer pour l’amélioration des conditions de vie des citoyens ouest-africains. Elle entend renforcer la gouvernance démocratique, l’État de droit, l’intégration économique, ainsi que le développement du commerce et des investissements. L’organisation mise aussi sur une meilleure interconnectivité entre les pays, une solidarité renforcée et une approche collective pour bâtir une région résiliente, inclusive et durable.

En mutualisant les ressources et les efforts, les États membres de la CEDEAO ambitionnent de relever ensemble les défis communs que sont notamment l’insécurité alimentaire, la dégradation de l’environnement, les questions de gouvernance ou encore les menaces transnationales.

Absence remarquée de Ngoné Mbengue au Dialogue national : Une mise à l’écart qui interroge

Le lancement du Dialogue national, tenu ce mercredi à Dakar, a suscité de nombreuses réactions, mais une absence en particulier n’a pas manqué de faire jaser dans les cercles politiques : celle de Ngoné Mbengue, maire intérimaire de la capitale. Selon le journal Les Échos, cette dernière n’aurait tout simplement pas été invitée à l’événement. Une situation pour le moins étrange, au regard de l’importance stratégique de la ville de Dakar et de la fonction qu’elle occupe actuellement.

L’absence de Mme Mbengue est d’autant plus intrigante que plusieurs autres maires, parfois moins médiatisés ou représentant de plus petites collectivités, avaient bien reçu une invitation officielle à ce rendez-vous présenté comme inclusif et ouvert à toutes les composantes de la Nation. Cette sélection floue des participants soulève des interrogations sur les critères retenus, dans un contexte politique où l’unité nationale et la représentativité sont régulièrement mises en avant comme des priorités.

Ngoné Mbengue assure l’intérim à la tête de la Ville de Dakar depuis la déchéance de Barthélémy Dias, suite à la confirmation de sa condamnation pour « coups mortels » dans l’affaire Ndiaga Diouf. Membre de Taxawu Senegaal, elle représente un courant politique important, celui de Khalifa Sall, ancien maire de Dakar et figure majeure de l’opposition, qui était pourtant bien présent au Dialogue national en tant que leader politique.

Cette mise à l’écart de la maire intérimaire alimente donc les spéculations : s’agit-il d’un oubli administratif, d’un choix politique délibéré ou d’un message adressé à la mouvance de Taxawu Senegaal ? Dans tous les cas, cela jette une ombre sur le caractère réellement participatif du Dialogue national, qui se voulait une plateforme ouverte à toutes les forces vives, pour discuter des grands enjeux du pays.

Éducation : les élèves du lycée Kennedy exposent le concept “NITHE” à la FIPA

La sixième édition de la Foire internationale des produits africains (FIPA 2025) a accueilli, ce jeudi, le ministre de l’Éducation nationale. Une occasion saisie par les autorités éducatives pour mettre en lumière le concept NITHE (Nouvelle Initiative pour la Transformation Humaniste de l’Éducation).

Selon Abdoulaye Racine Senghor, président du comité scientifique de la FIPA, c’est la première fois qu’un pavillon est entièrement consacré au ministère de l’Éducation nationale.

“Depuis six ans, nous cherchons à élever le niveau de la foire. Avec la participation du ministère de l’Éducation nationale, nous avons réussi à aligner la FIPA sur ses objectifs fondamentaux : promouvoir l’Afrique, ses produits, et une nouvelle vision du continent. L’éducation est la voie royale. C’est pourquoi la présence du ministre et de son équipe est si importante. Ils sont venus exposer ce que l’école est aujourd’hui, ce qu’elle aspire à devenir et les valeurs qu’elle porte à travers l’initiative NITHE”, a-t-il déclaré.

Il a également souligné la volonté de transformer les mentalités à travers l’éducation et de mettre en avant des valeurs essentielles.

“Les élèves du lycée Kennedy nous montrent qu’ils sont jeunes, certes — certains ont moins de 14 ans — mais ils savent entreprendre. Ils savent faire des choses de leurs dix doigts. Ils sont habiles, créatifs, et prêts à voler de leurs propres ailes demain”, a ajouté le professeur Senghor.

Pour sa part, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, initiateur du concept NITHE, s’est réjoui de cette participation de son ministère à la FIPA.

“Ce que nous avons vu aujourd’hui est tout simplement impressionnant. La FIPA elle-même mérite d’être saluée, et je tiens à féliciter Mme la Commissaire générale, Fabira, pour le travail remarquable accompli. Plus de 35 pays y participent, et j’y ai rencontré plusieurs maires, notamment des îles Comores et de Mayotte. Cette initiative privée est à encourager, d’autant plus qu’elle reflète la volonté du gouvernement sénégalais de renforcer le rôle du secteur privé.”

M. Guirassy a également salué la première participation du ministère de l’Éducation nationale à une foire de produits africains :

“C’est une grande première pour notre ministère, mais elle s’explique : l’école est en pleine transformation. Nous avons mis en avant certains établissements, notamment le CEM Kennedy et le CEM Momar Sène, qui ont présenté des projets extraordinaires. Des enfants entrepreneurs, innovants, qui fabriquent, découvrent et vendent. Ce sont les élèves que nous voulons : dotés de compétences exécutives, d’un fort sens du développement personnel, capables de s’exprimer, de vendre, et de s’intégrer dans une logique économique et scientifique.”

Il ajoute que ces élèves organisent régulièrement des foires dans leurs établissements, où ils exposent et commercialisent leurs propres créations.

“C’est cette école-là que nous voulons. Il faut savoir rompre avec l’ancien système et bâtir celui que nous voulons. Et c’est ce que nous faisons à travers NITHE. Très bientôt, ces nouvelles pratiques seront généralisées dans tout le système éducatif”, a-t-il conclu.

A. Saleh

Assassinat de l’infirmier-chef Mamadou Samba Diallo : Deux nouveaux suspects arrêtés, l’enquête progresse

La Brigade de recherches de Kaolack (BR), agissant sur instruction du haut commandement de la Gendarmerie nationale, poursuit ses opérations intensives pour élucider le meurtre tragique de Mamadou Samba Diallo, infirmier-chef du poste de santé d’Arafat, village situé dans la commune de Missira Wadène, département de Koungheul (région de Kaffrine).

Ce dernier a été tué dans la nuit du 20 au 21 mai 2025, après avoir surpris des voleurs dans son enclos. Selon les premiers éléments de l’enquête, les malfaiteurs étaient divisés en deux groupes : l’un s’était introduit dans l’enclos pour voler du bétail, tandis que l’autre attendait à bord d’un véhicule stationné devant le poste de santé pour assurer le transport des bêtes.

Ce vendredi 30 mai, le quotidien Libération rapporte une avancée notable dans l’affaire avec l’arrestation de deux nouveaux suspects, portant à quatre le nombre total d’interpellations. Il s’agit du troisième et du quatrième présumés impliqués dans ce meurtre.

Les gendarmes sont parvenus à remonter leur piste grâce à la géolocalisation de leurs téléphones portables, repérés sur les lieux du crime à l’heure des faits. Les appareils avaient été subitement éteints après l’acte, mais leur remise en marche a permis aux forces de l’ordre de localiser rapidement leurs propriétaires et de procéder à leur arrestation.

Par ailleurs, le premier suspect interpellé et son père ont déjà été déférés devant le parquet de Kaffrine, selon les informations du même journal.

Moustapha Diop, ex-ministre du Développement industriel, emprisonné dans des conditions « VIP » à Rebeuss

Placé sous mandat de dépôt le jeudi 22 mai dernier, l’ancien ministre du Développement industriel, Moustapha Diop, vit son incarcération à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Rebeuss dans des conditions qui ne laissent pas indifférents.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, Moustapha Diop est actuellement logé à la chambre 37, un espace connu dans l’univers carcéral comme étant l’une des cellules dites « VIP ». Cette chambre, contrairement aux cellules classiques souvent surpeuplées, est dotée de lits individuels et accueille un nombre très restreint de détenus, ce qui la rend beaucoup plus confortable.

Toujours d’après la même source, Moustapha Diop ne partage pas sa cellule avec d’autres personnalités de l’ancien régime. Cette précision vient alimenter le débat récurrent sur les conditions de détention jugées « aménagées » pour certains dignitaires politiques, souvent en décalage avec le quotidien difficile de la majorité des pensionnaires de Rebeuss. Ce traitement différencié suscite, comme à l’accoutumée, des interrogations au sein de l’opinion publique.

Malgré cette situation judiciaire délicate, l’ancien ministre affiche, selon Les Échos, une attitude calme et digne. Il reste serein face aux procédures en cours et semble prêt à les affronter avec retenue et détermination. En attendant une éventuelle audience ou une évolution dans son dossier, Moustapha Diop s’installe dans une posture de patience et de résilience.

Affaire du virement Wave de 70.000 F CFA : le chroniqueur Adama Adus Fall placé sous mandat de dépôt

Le chroniqueur Adama Adus Fall a été placé sous mandat de dépôt dans une affaire qui fait grand bruit : un retrait illicite de 70.000 F CFA via la plateforme de transfert d’argent Wave. Les faits remontent au 4 mai dernier, date à laquelle Fall a perçu par erreur un virement ne lui étant pas destiné.

Selon les informations rapportées par le journal Libération dans son édition du vendredi 30 mai, la somme avait été envoyée par Mouhamadou Touré, qui s’est rapidement rendu compte de l’erreur. Fall, après avoir retiré l’argent, avait assuré qu’il restituerait les fonds “dès la fin de son émission”. Une promesse qui n’a jamais été suivie d’effet.

Face à l’insistance de Touré pour récupérer son argent, le chroniqueur aurait organisé son injoignabilité, rendant toute communication impossible. Alertée, la Division spéciale de cybersécurité (Dsc) a finalement localisé et interpellé Adama Adus Fall. Ce dernier a fini par passer aux aveux, reconnaissant les faits et implorant la clémence de la justice.

Il est désormais poursuivi pour “retrait illicite via Wave”, une infraction qui peut être qualifiée de détournement de biens d’autrui. La procédure judiciaire suit son cours, et son placement sous mandat de dépôt marque une nouvelle étape dans cette affaire qui soulève à la fois des questions d’éthique et de responsabilité dans l’espace public.

Fréquence augmentée : un train du TER toutes les 12 minutes dans la région de Dakar

Bonne nouvelle pour les usagers du Train Express Régional (TER) de Dakar. Dans un communiqué conjoint, la Société Nationale de Gestion du Patrimoine du TER (SENTER) et la Société d’Exploitation du TER (SETER) ont annoncé une amélioration majeure dans la fréquence des trains : désormais, un train sera disponible toutes les 12 minutes dans les différentes gares desservies par le réseau.

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique de renforcement du service public de transport ferroviaire, afin de mieux répondre aux besoins croissants en mobilité dans la capitale sénégalaise et sa périphérie. « Nous vous informons d’une modification sur la fréquence de nos trains en gare. En effet, nous passons désormais à 1 train toutes les 12 minutes », précise le communiqué officiel.

Cette nouvelle cadence vise à optimiser la fluidité du trafic passager, notamment durant les heures de pointe où la demande est particulièrement élevée. Elle contribuera également à réduire les temps d’attente pour les voyageurs, rendant les déplacements plus efficaces et confortables.

SENTER et SETER ont invité les usagers à s’adapter à cette nouvelle organisation et ont renouvelé leur engagement en faveur de la qualité du service. « Les équipes de la SENTER et de la SETER, toujours dans leur mission de satisfaction client, collaborent étroitement pour vous offrir une expérience de voyage de qualité et en toute sécurité », ont-elles assuré.

Mis en service en 2021, le Train Express Régional constitue un projet structurant dans le cadre de la modernisation des infrastructures de transport au Sénégal. Avec pour objectif principal de désengorger Dakar, le TER offre une alternative rapide, fiable et écologique aux moyens de transport traditionnels.

Conflit judiciaire à Mbour : le footballeur Papy Djilobodji oppose son vigile pour la location de sa villa

Le défenseur international sénégalais Papy Djilobodji est actuellement au cœur d’une affaire judiciaire qui l’oppose à son ancien vigile, Amdy Diagne. Les deux hommes se sont retrouvés devant le tribunal de grande instance de Mbour, dans une affaire aussi surprenante que sensible, mêlant loyers impayés, litige contractuel et occupation illégale présumée d’un bien immobilier.

Selon les révélations du quotidien L’Observateur, le conflit est né de la décision prise par Amdy Diagne de louer, sans l’autorisation de Papy Djilobodji, la villa de ce dernier située à Saly Portudal. L’ancien gardien de la propriété aurait ainsi signé en octobre 2024 un contrat de location de deux ans avec des joueurs du club Amitié FC – un club fondé par l’ancien international sénégalais Demba Bâ – pour un loyer mensuel de 700 000 FCFA.

Interrogé à la barre, Amdy Diagne affirme avoir agi ainsi pour compenser sept années de salaires impayés. Engagé en 2018 par Djilobodji pour un salaire mensuel de 160 000 FCFA, il soutient n’avoir reçu qu’un seul mois de salaire. Malgré ses nombreuses relances et tentatives de contact avec son employeur, il aurait poursuivi son travail pendant plusieurs années sans rémunération.

Selon son calcul, le montant total des arriérés de salaires atteindrait 13 millions de francs CFA. C’est dans ce contexte qu’il aurait décidé de tirer profit de la villa, estimant qu’il s’agissait de la seule façon de récupérer son dû.

Alerté de la situation en mai 2025, Papy Djilobodji a immédiatement tenté de récupérer les clés de sa propriété et de faire expulser son vigile. Ce dernier a refusé de quitter les lieux tant qu’il n’était pas payé, ce qui a conduit Djilobodji à porter plainte.

L’affaire a rapidement dégénéré : Amdy Diagne a été arrêté et placé en détention à la prison de Mbour. À l’audience, le footballeur a accusé le vigile d’avoir déjà encaissé 5,6 millions FCFA grâce aux locations illicites, sans compter d’autres séjours touristiques organisés auparavant dans la villa.

Le ministère public a demandé l’application stricte de la loi, laissant peu de place à la clémence. Le tribunal rendra son verdict le mardi 3 juin 2025. D’ici là, l’affaire continue de susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux, divisant l’opinion entre ceux qui dénoncent une forme d’abus d’autorité et ceux qui pointent du doigt une violation manifeste du droit de propriété.

Deux policiers arrêtés à Dakar pour vol et retraits frauduleux via Wave et Orange Money

Deux policiers en service au Groupe opérationnel de Dakar ont été placés en garde à vue puis déférés au parquet. M. Kane (27 ans) et N. Ndour (28 ans) sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol de téléphone portable et retraits frauduleux d’argent via les services de transfert d’argent Wave et Orange Money. Une affaire qui ébranle une nouvelle fois la confiance dans les forces de l’ordre.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, l’affaire a éclaté le 15 mai 2025, suite à une plainte déposée par I. Sow, gérant d’un multiservices aux Parcelles Assainies (Unité 9). Ce dernier affirme avoir été interpellé le 11 mai par deux hommes se présentant comme des policiers. Prétextant un contrôle d’identité, les deux agents l’auraient convaincu de laisser son téléphone portable en « garantie », le temps d’aller chercher sa carte d’identité.

Mais une fois revenu sur les lieux, le plaignant découvre que les deux hommes ont disparu, emportant avec eux le téléphone et les codes d’accès à ses comptes Wave et Orange Money.

La Direction de la surveillance du territoire (Dsc), saisie de l’enquête, remonte rapidement la piste. Les investigations permettent d’établir que 2,9 millions de francs CFA ont été frauduleusement retirés des comptes de la victime, en plusieurs opérations et depuis différents points de transfert d’argent.

En retraçant les numéros utilisés pour ces transactions, les enquêteurs identifient les deux mis en cause : M. Kane et N. Ndour, tous deux policiers en activité. Ils sont rapidement interpellés.

Placés en garde à vue, les deux agents n’ont pas nié les faits. Ils ont reconnu avoir subtilisé le téléphone et réalisé les retraits frauduleux. Kane a même déclaré avoir revendu l’appareil volé et restitué 1,45 million de francs CFA à la victime, précisant qu’il s’agissait de sa part du « butin ».

Les deux agents ont été déférés au parquet pour répondre des chefs d’accusation retenus contre eux. Une affaire qui soulève des inquiétudes quant aux dérives au sein des forces de sécurité et à la protection des citoyens face à de tels abus.

Ce scandale remet sur la table la question de la moralité dans les rangs de la police, particulièrement au sein des unités opérationnelles. Le ministère de l’Intérieur, jusqu’ici silencieux, est désormais attendu pour clarifier les mesures qui seront prises contre les mis en cause et pour rassurer les populations.

L’enquête suit son cours, mais l’affaire, très médiatisée, a déjà profondément choqué l’opinion publique.

Ousmane Sonko salue l’élection de Sidi Ould Tah à la tête de la BAD : un signal fort d’unité régionale

En visite officielle en Côte d’Ivoire, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a reçu ce vendredi à l’hôtel Sofitel Ivoire d’Abidjan, Sidi Ould Tah, tout juste élu président de la Banque africaine de développement (BAD). Cette audience, à haute portée symbolique, a illustré la volonté de renforcement des liens entre le Sénégal et la Mauritanie, deux nations liées par une histoire et une géographie communes, mais aussi par un destin africain partagé.

Moins de vingt-quatre heures après son élection face au Zambien Samuel Munzelé et au Sénégalais Amadou Hott – ancien vice-président de la BAD – Sidi Ould Tah a rendu une visite de courtoisie à Ousmane Sonko, actuellement en mission diplomatique de trois jours en Côte d’Ivoire. Ce geste témoigne d’une volonté affirmée de dialogue et de coopération régionale dès les premières heures de son mandat.

Le chef du gouvernement sénégalais a salué avec chaleur et enthousiasme cette victoire mauritanienne. « J’ai eu l’agréable plaisir de recevoir le président élu de la BAD, monsieur Sidi Ould Tah, qui m’a fait l’honneur de me rendre visite sitôt que je suis arrivé à Abidjan. J’ai accueilli un homme serein, engagé, porteur d’une vision claire, ambitieuse et progressiste pour l’institution continentale », a déclaré Ousmane Sonko.

Écartant toute forme de rivalité nationale, le Premier ministre sénégalais a félicité son hôte avec une formule marquante : « Si la Mauritanie gagne, c’est le Sénégal qui a gagné. C’est la même chose. » Cette déclaration traduit un esprit panafricaniste fort, valorisant l’intérêt commun au-delà des considérations nationales.

Durant leur entretien, les deux hommes ont échangé sur les grands défis du continent : ralentissement économique, urgence climatique, souveraineté financière, industrialisation, et transformation structurelle. Sidi Ould Tah, successeur du Nigérian Akinwumi Adesina, a réaffirmé son ambition de porter une nouvelle dynamique pour la BAD et pour l’Afrique.

« J’ai eu l’honneur d’être reçu par le Premier ministre du Sénégal en tant que nouveau président de la BAD pour les cinq prochaines années. J’ai bien écouté ses orientations sur les priorités du gouvernement sénégalais concernant les grandes questions de développement économique en Afrique », a confié le nouveau président de la BAD.

Il a ensuite dévoilé les grands axes de sa vision : réforme de l’architecture économique du continent, valorisation locale des matières premières, transformation de la démographie africaine en dividende économique, et développement d’infrastructures résilientes. « Augmenter le volume des finances pour l’Afrique, bâtir des infrastructures solides, et mettre de la valeur ajoutée à nos matières premières », a-t-il résumé.

Cette rencontre marque potentiellement un tournant stratégique dans les relations entre le Sénégal et la BAD. Avec un programme gouvernemental ambitieux nécessitant des investissements lourds dans les infrastructures, l’éducation, l’énergie et la santé, le gouvernement de Sonko pourrait bénéficier d’un soutien accru de la part de la principale institution financière panafricaine.

La Mauritanie, quant à elle, voit l’un de ses ressortissants accéder à un poste de leadership continental, consolidant sa place dans les cercles de décision économiques africains et renforçant son influence diplomatique.

ÉMIGRATION IRRÉGULIÈRE / DU CICAD À EL HIERRO : Le Sénégal dialogue, l’océan engloutit son avenir

Alors que les acteurs socio-politiques répondent à l’appel au dialogue du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, les tentatives d’émigration irrégulière de jeunes Sénégalais se multiplient. Arrestations en série, réseaux démantelés, pirogues interceptées ou chavirées : un bilan sinistre qui démontre que la mer continue d’engloutir les espoirs d’une jeunesse en détresse, prête à tout pour fuir la précarité.

Le 28 mai 2025, dans l’enceinte solennelle du Centre international de Conférences Abdou Diouf (CICAD), le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à l’ouverture officielle du Dialogue national, présenté comme un pas vers un nouveau pacte politique, économique et social. Pendant ce temps, au large des côtes européennes, un autre drame vient rappeler la gravité de la crise migratoire que traverse notre pays. Sept (7) personnes, dont quatre (4) femmes, une adolescente de 16 ans et deux (2) fillettes âgées de cinq ans, ont péri dans le chavirement d’une pirogue à El Hierro, au port La Restinga, en Espagne.
Ce contraste saisissant entre les réunions institutionnelles et les tragédies humaines illustre avec acuité la profondeur du malaise socio-économique. Selon les services de secours espagnols, la pirogue immatriculée 96/25, en provenance de Nouakchott (Mauritanie), transportait, en effet, cent cinquante-deux (152) passagers. Hommes, femmes et enfants réunis sont originaires du Sénégal, de la Mauritanie, de la Guinée et du Mali. Le drame est survenu au moment de l’accostage, lorsque le regroupement déséquilibré d’une partie des occupants a provoqué le chavirement de l’embarcation.
Quelques jours avant, sur le territoire national, les Forces de défense et de sécurité ont également poursuivi leurs efforts pour endiguer le phénomène de l’émigration irrégulière. C’est ainsi que le dimanche 25 mai, la Brigade de Recherches de Keur Massar a mis a démantelé un vaste réseau de convoyeurs à Sendou, dans le département de Rufisque. Cette opération a conduit à l’interpellation de soixante-quinze (75) candidats, à l’arrestation de trois (3) présumés convoyeurs, ainsi qu’à la saisie de quantités importantes de carburant et de vivres destinés au voyage.
À moins de 24 heures après, dans la nuit du lundi 26 mai, vers 1h30 du matin, la Brigade territoriale de Yenne, appuyée par l’Escadron de Surveillance et d’Intervention de Diamniadio, a appréhendé vingt-neuf (29) autres candidats dans une maison à Sendou. Parmi eux, on compte dix-neuf (19) Sénégalais, sept (7) Gambiens, deux (2) Sierra-Léonais (un couple) et un Guinéen, a appris Le Dakarois Quotidien d’une source de la gendarmerie. Tout ce beau monde affirme avoir été enrôlés par deux (2) individus, actuellement en fuite, connus sous les initiales B. et M. ; l’un a été identifié, tandis que l’autre demeure inconnu de la gendarmerie.

DESTINS BRISÉS

Un fait singulier a marqué cette opération menée par les brigades de gendarmerie de Yenne et de Diamniadio. Un homme d’une trentaine d’années, identifié par les initiales M. A. D., a été secouru par les habitants de Diamniadio alors qu’il faisait une crise d’épilepsie en pleine rue. Dans une vidéo parvenue à notre rédaction, il déclare avoir été victime d’une crise d’épilepsie dans les locaux de la gendarmerie, avant d’être évacué vers l’hôpital de Diamniadio, d’où il se serait enfui. Les autorités de la gendarmerie comme celles de l’hôpital, interrogées par Le Dakarois Quotidien, assurent toutefois ne pas avoir eu connaissance de son passage.
Le lendemain, jeudi 29 mai, à Saint-Louis, l’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a procédé à l’interpellation de cinq (5) autres individus pour tentative de trafic de migrants par voie maritime, mise en danger de la vie d’autrui et association de malfaiteurs. L’enquête, menée avec minutie, a permis de démanteler un réseau actif entre Hydrobase, Pikine 700 et Santhiaba. Les victimes, trois (3) jeunes hommes, ont déclaré avoir déboursé chacun la somme de qu’antre cent cinquante mille (450 000) F CFA pour bénéficier des services des passeurs.
À l’aune de ces événements, une réalité s’impose avec gravité : malgré les initiatives étatiques, les arrestations récurrentes et les discours politiques, le phénomène de l’émigration irrégulière ne faiblit guère. La mer continue d’engloutir des vies. Les quartiers périphériques de Dakar, les îles du Saloum, le Nord, entres autres localités, voient partir chaque jour des jeunes en quête d’un avenir que leur pays ne parvient plus à leur offrir.
C’est pourquoi le Dialogue national, ne devrait se réduire à une arène politique ou à un simple exercice de concertation institutionnelle. Il devrait impérativement intégrer les voix les plus souvent silencieuses et souvent ignorées de cette jeunesse désillusionnée, en proie au chômage et à la précarité. Sans une réponse structurelle aux et au manque de perspectives, les pirogues continueront de voguer vers l’inconnu, avec pour seule boussole l’espoir d’une vie meilleure ailleurs.


Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°476 – 30/05/2025

🔴 ÉMIGRATION IRRÉGULIÈRE / DU CICAD À EL HIERRO : LE SÉNÉGAL DIALOGUE, L’OCÉAN ENGLOUTIT SON AVENIR
🔴 ÉLECTION DE SIDI OULD TAH À LA PRÉSIDENCE DE LA BAD : LA MAURITANIE S’IMPOSE EN SILENCE

🔴 TOURNOI UFOA/A 2025 / VICTOIRE FACE AU LIBÉRIA : LES « LIONNES » EN FINALE !
🔴 BASKET / COUPE DU MAIRE : JEANNE D’ARC ET GBA EN DEMI-FINALES

Fimela : face à la pénurie d’eau, les populations de trois communes annoncent une grande marche citoyenne

La colère gronde dans le Sine. Excédées par une pénurie d’eau qui perdure depuis plusieurs mois, les populations des communes de Fimela, Diofior et Palmarin, dans le département de Fatick, ont décidé de descendre dans la rue ce samedi 31 mai 2025. Cette mobilisation, portée par le « Collectif pour le Patrimoine », prend la forme d’une marche citoyenne pacifique pour revendiquer un accès régulier et équitable à l’eau potable.

Le rassemblement débutera au rond-point de Djilor, point stratégique situé au cœur de la commune de Fimela. Le cortège se dirigera ensuite vers le terrain municipal, où plusieurs prises de parole sont prévues. Les organisateurs veulent faire entendre un message clair : « L’eau est un droit fondamental, non une faveur. »

Depuis plusieurs années, les habitants de cette zone du centre-ouest du Sénégal font face à des coupures fréquentes, à une pression d’eau insuffisante et à une vétusté grandissante des installations hydrauliques. Cette situation, dénoncent-ils, affecte l’ensemble des secteurs d’activité, de l’agriculture à l’élevage, en passant par la santé, l’éducation et le tourisme local.

Dans un communiqué transmis à la presse, le Collectif pour le Patrimoine s’indigne : « Trop longtemps, nos communautés souffrent du manque d’eau potable. Cela affecte notre quotidien, notre santé et notre économie locale. » Les membres du collectif appellent l’État du Sénégal et les autorités compétentes à une prise en charge urgente et structurelle de la crise.

Ils dénoncent également ce qu’ils considèrent comme un abandon progressif de certaines zones rurales en matière d’accès aux services publics essentiels. Pour eux, cette marche dépasse le simple cadre d’une réclamation locale. Elle symbolise une lutte plus large pour la justice sociale, la dignité et le respect des droits fondamentaux des citoyens.

« Ce n’est pas une manifestation de colère, mais un acte de résistance pacifique, un appel à la responsabilité de l’État. Nous marcherons pour notre dignité, pour la santé de nos familles, pour l’avenir de nos territoires », peut-on lire dans la déclaration des organisateurs.

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte national où plusieurs localités, aussi bien rurales qu’urbaines, font face à des défis similaires liés à l’approvisionnement en eau potable. À quelques semaines de la saison des pluies, les populations espèrent que leur cri d’alerte sera enfin entendu et que des solutions durables seront mises en œuvre.

Dialogue politique : le FRAPP dénonce son exclusion et pointe un mépris institutionnel

Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) a vivement réagi à son exclusion du dialogue sur le système politique national, ouvert sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une note rendue publique ce jeudi 29 mai, au lendemain du lancement officiel des concertations, le mouvement a dénoncé une « marginalisation délibérée » et un « mépris institutionnel » qu’il impute directement au ministère de l’Intérieur, en charge de l’organisation.

Selon le communiqué du secrétariat exécutif du FRAPP, le mouvement n’a reçu aucune invitation formelle à participer à cette initiative pourtant présentée comme inclusive. Une absence jugée d’autant plus grave que le FRAPP avait manifesté, en amont, sa volonté de participer de manière constructive à toute dynamique de refondation sérieuse du système politique sénégalais.

Le Front ne cache pas son indignation. Il parle d’un « mépris organisé » à l’encontre non seulement de son organisation, mais aussi de toutes les forces populaires qui luttent, chaque jour, contre l’injustice, l’impunité et la domination néocoloniale. « Ce mépris organisé est une insulte à celles et ceux qui œuvrent pour un Sénégal souverain, juste et véritablement démocratique », déclare le texte.

Pour le FRAPP, cette mise à l’écart ne relève pas d’un oubli, mais d’un choix assumé du ministère. Le communiqué affirme que les termes de référence du dialogue ont été envoyés à 23 organisations de la société civile, parmi lesquelles le FRAPP ne figure pas. Un geste interprété comme une volonté manifeste d’exclure un acteur perçu comme trop critique ou trop radical par les autorités organisatrices.

Le mouvement dirigé par Guy Marius Sagna rejette toute tentative de participation à ce qu’il qualifie de « table truquée », estimant que son combat ne dépend pas de l’approbation institutionnelle. « Le FRAPP ne quémande pas une place à une table truquée. Il construit chaque jour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine », martèle la note.

Cette sortie du FRAPP intervient alors que les travaux du dialogue politique viennent à peine de commencer. Ils visent, entre autres, à réformer le système électoral, renforcer les institutions et améliorer la participation citoyenne. L’absence d’acteurs majeurs de la société civile critique, tels que le FRAPP, soulève déjà des interrogations sur la portée réelle de l’inclusivité promise par le nouveau régime.

Le ministère de l’Intérieur n’a, pour l’instant, donné aucune explication publique sur les critères retenus pour la sélection des organisations invitées à la concertation.

Matam : trois morts et deux disparus après le chavirement d’une pirogue à Werma

Un nouveau drame fluvial a endeuillé la région de Matam, dans le nord du Sénégal. Trois corps sans vie ont été repêchés dans les eaux du fleuve Sénégal, ce jeudi 22 mai, à hauteur du village de Werma, situé dans la commune de Dembancané, département de Kanel.

Selon les informations fournies par le Lieutenant Ignace François Ndiaye, commandant de la 54ème Compagnie d’incendie et de secours de Matam, les victimes ont été retrouvées avant même l’arrivée des équipes de secours. Ce sont des habitants de la localité qui ont récupéré les corps, suite au chavirement d’une pirogue qui transportait plusieurs personnes.

Le sinistre s’est produit dans un contexte encore flou, alors que les circonstances exactes de l’accident n’ont pas encore été déterminées. Le fleuve Sénégal, qui traverse cette zone frontalière, est souvent utilisé pour le transport local entre les villages. Il est également fréquenté par des pêcheurs et des populations rurales pour leurs activités quotidiennes.

Les opérations de recherche se poursuivent, car deux personnes sont toujours portées disparues. Les sapeurs-pompiers, appuyés par les populations riveraines, poursuivent les fouilles dans les eaux du fleuve afin de tenter de retrouver les corps manquants. La zone, réputée difficile d’accès, complique l’intervention des secours qui s’activent malgré les contraintes logistiques.

Ce nouvel accident met en lumière les risques persistants liés aux traversées fluviales dans les régions rurales, souvent effectuées sans gilets de sauvetage, ni mesures de sécurité adéquates. Les autorités locales appellent une nouvelle fois à la prudence et au respect des consignes de sécurité lors des déplacements sur le fleuve.

Une enquête a été ouverte pour établir les causes du chavirement et déterminer les responsabilités éventuelles. En attendant, la commune de Dembancané est sous le choc, confrontée à une tragédie qui rappelle l’urgence de renforcer la sécurité sur les voies fluviales dans cette partie du pays.

BAD : Amadou Hott félicite le président élu Sidi Ould Tah et remercie les autorités sénégalaises

L’élection du Mauritanien Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) a marqué un tournant dans la diplomatie économique africaine. Avec 76 % des voix obtenues dès le premier tour, l’ancien directeur général de la BADEA (Banque arabe pour le développement économique en Afrique) a été largement plébiscité par les actionnaires. Son principal concurrent, le Sénégalais Amadou Hott, a reconnu sa défaite avec dignité et élégance, dans une déclaration publiée peu après l’annonce officielle des résultats.

Dans sa déclaration, Amadou Hott a salué l’élection du président Ould Tah en des termes respectueux et fraternels. « Je félicite Dr. Sidi Ould TAH, Président-Élu, et lui souhaite plein succès dans ce rôle de leadership vital pour notre continent », a-t-il écrit, soulignant l’enjeu continental de cette élection. L’ancien ministre de l’Économie a tenu à rappeler que tous les candidats méritaient également d’être félicités pour leur engagement et la qualité de leur programme, marquant ainsi son attachement à l’unité africaine et à l’esprit de compétition saine.

Plus qu’une simple déclaration post-électorale, le message de Hott a été aussi l’occasion de manifester une profonde reconnaissance à l’endroit des plus hautes autorités sénégalaises. Il a ainsi adressé des remerciements appuyés au président Bassirou Diomaye Faye pour ce qu’il qualifie d’« engagement personnel extraordinaire » et de « plaidoyer indéfectible » durant toute la campagne.

Cette reconnaissance va au-delà des mots : elle traduit l’implication directe du chef de l’État, qui, dès l’annonce de la candidature d’Amadou Hott, avait instruit son gouvernement d’en faire une priorité diplomatique. Le soutien sénégalais s’est matérialisé à travers une intense campagne de mobilisation diplomatique à travers le continent, dans un contexte marqué par une concurrence régionale accrue.

Amadou Hott a également salué le gouvernement dans son ensemble pour son « dévouement institutionnel » et ses « efforts diplomatiques constants ». Il a remercié les pays qui ont soutenu sa candidature et lui ont accordé leur parrainage et leurs voix, sans toutefois les citer nommément. Ces remerciements confirment que le Sénégal a pu compter sur plusieurs alliés dans cette course, même si cela n’a pas suffi à faire pencher la balance en sa faveur.

Le candidat malheureux n’a pas oublié de mentionner le rôle déterminant de son équipe de campagne, de ses amis, de ses partenaires, et surtout de sa famille, dont le soutien a été précieux tout au long de cette entreprise exigeante. Il a conclu sa déclaration par une formule évocatrice : « L’aventure continue », un clin d’œil à ceux qui l’encouragent à poursuivre son ambition pour le développement du continent africain, au-delà de cette échéance.

Si Amadou Hott n’a pas remporté la présidence de la BAD, cette campagne lui a permis de renforcer sa stature panafricaine. L’ancien vice-président de la BAD (2016-2019) et ancien ministre de l’Économie du Sénégal (2019-2022) reste une personnalité reconnue dans les milieux financiers africains et internationaux. Son profil technique, sa vision de l’industrialisation africaine et son discours sur la transformation économique ont été salués au-delà des cercles diplomatiques.

Sa gestion de la défaite contraste également avec certaines pratiques politiques où les candidats malheureux s’enferment dans le silence ou la contestation. En reconnaissant le verdict des urnes, en rendant hommage à son successeur, et en valorisant le soutien reçu, Hott pose les bases d’un leadership responsable et tourné vers l’avenir.

Cette élection constitue un test révélateur pour la diplomatie sénégalaise. Malgré le dynamisme affiché par les autorités, le soutien à la candidature d’Hott n’a pas suffi à contrebalancer les alliances stratégiques nouées par la Mauritanie avec la Côte d’Ivoire, le Maroc et d’autres États influents.

Plusieurs observateurs estiment que Dakar devra désormais tirer les leçons de cet échec pour repenser sa stratégie diplomatique sur le continent, renforcer ses relais régionaux et investir davantage dans la construction de coalitions durables à l’échelle africaine.

Pour Amadou Hott, cette défaite n’est pas un point final. Sa déclaration laisse entrevoir une volonté de continuer à servir l’Afrique, d’une manière ou d’une autre. Fort de son expérience, de son carnet d’adresses et de sa réputation intacte, il reste un acteur incontournable des questions de financement du développement sur le continent.

El Hierro : le chavirement d’une pirogue en provenance de Mauritanie fait sept morts, dont plusieurs enfants

Un nouveau drame migratoire s’est produit au large des îles Canaries. Ce lundi, une embarcation transportant des migrants a chaviré au moment d’accoster au port de La Restinga, sur l’île d’El Hierro, causant la mort de sept personnes. Le bilan est lourd : parmi les victimes figurent quatre femmes, une adolescente de 16 ans et deux fillettes âgées de seulement cinq ans. La scène tragique s’est déroulée sous les yeux des secouristes espagnols, qui s’apprêtaient à porter assistance aux passagers épuisés.

Selon les autorités locales relayées par les services de secours sur le réseau social X (anciennement Twitter), l’embarcation était partie de Nouakchott, la capitale mauritanienne. La pirogue, référencée sous le numéro 96/25, avait à son bord 152 personnes, dont 78 hommes, 45 femmes et 29 mineurs, répartis entre 10 garçons et 19 filles. Il s’agissait d’un voyage périlleux à travers l’Atlantique, empruntant la dangereuse route migratoire dite de l’Atlantique, qui relie l’Afrique de l’Ouest aux côtes espagnoles.

Les passagers étaient principalement originaires de plusieurs pays ouest-africains, dont le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée et le Mali. Selon les informations recueillies par la plateforme d’observation « Sur les traces du Migrant », l’arrivée de cette embarcation avait été signalée à l’avance, ce qui avait permis la mobilisation des secours. Cependant, la tragédie s’est produite alors que la chaloupe tentait de toucher terre.

D’après l’Agence France-Presse, citant les sauveteurs, l’accident est survenu lorsque plusieurs personnes à bord se sont précipitées sur l’un des flancs de la pirogue au moment de l’accostage, déséquilibrant l’embarcation déjà instable. En quelques instants, le bateau a chaviré, projetant de nombreux passagers dans l’eau. L’intervention rapide des secours a permis de sauver la majorité des occupants, mais sept vies n’ont pu être épargnées.

Ce drame illustre une fois de plus les risques extrêmes encourus par les migrants tentant de rejoindre l’Europe par voie maritime. La route de l’Atlantique est aujourd’hui l’une des plus meurtrières au monde. Les embarcations, souvent surchargées, mal équipées et dépourvues de tout dispositif de sécurité, sont soumises à des conditions de navigation précaires. À cela s’ajoutent l’épuisement des passagers, les courants marins dangereux et les longues distances à parcourir.

L’île d’El Hierro, la plus occidentale de l’archipel canarien, est devenue ces dernières années un point d’arrivée fréquent des migrants en provenance d’Afrique de l’Ouest. La pression migratoire y est forte, alimentée par la pauvreté, l’instabilité politique et l’absence de perspectives pour de nombreuses familles africaines.

Les autorités espagnoles ont exprimé leur tristesse face à cette tragédie, rappelant l’urgence d’une coopération renforcée entre les pays africains et européens pour lutter contre les réseaux de passeurs et offrir des alternatives sûres et légales aux migrations.

Au Sénégal et dans les autres pays concernés, l’émotion est vive. Les drames en mer sont devenus trop fréquents, et les images d’enfants noyés rappellent cruellement la réalité d’un phénomène qui dépasse les frontières et interpelle l’humanité tout entière.

Élection à la BAD : Sonko félicite Sidi Ould Tah et salue la campagne d’Amadou Hott

C’est désormais officiel : le Mauritanien Sidi Ould Tah a été élu président de la Banque africaine de développement (BAD), succédant ainsi au Nigérian Akinwumi Adesina. Cette élection, qui s’est déroulée ce jeudi à Abidjan, a été saluée par plusieurs chefs d’État et de gouvernement à travers le continent, dont le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko.

Dans un message publié sur Facebook, le chef du gouvernement sénégalais a félicité chaleureusement le nouveau président de la BAD. « Nous l’en félicitons très chaleureusement et lui souhaitons plein succès », a-t-il écrit, saluant un choix important pour le continent africain tout entier.

Ousmane Sonko a également salué l’ensemble des candidatures engagées dans cette compétition jugée stratégique. « Tous les quatre autres candidats étaient également méritants. C’est l’Afrique qui a gagné », a-t-il affirmé, insistant sur la dimension collective et panafricaine de ce scrutin.

Le Premier ministre n’a pas manqué de souligner l’engagement et la performance d’Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’Économie, qui faisait partie des candidats à la succession d’Adesina. « Nous tenons à souligner la belle qualité de la campagne de notre compatriote Amadou Hott. Nous l’encourageons à poursuivre sa noble ambition pour l’Afrique », a déclaré Sonko, dans un ton à la fois rassembleur et respectueux.

Diplomatie sénégalaise : le déclin d’une influence jadis rayonnante

Le Sénégal, longtemps considéré comme une voix influente dans les arènes diplomatiques africaines et internationales, semble aujourd’hui en perte de vitesse. Les récents revers subis par Augustin Senghor, Abdoulaye Bathily et Amadou Hott interrogent sur un possible déclin structurel d’une diplomatie qui fut jadis un modèle sur le continent.

Le premier signal fort de ce recul est venu en mars 2025, avec la défaite retentissante d’Augustin Senghor aux élections des représentants africains au Conseil de la FIFA. Avec seulement 13 voix sur 53, l’ex-vice-président de la CAF a terminé loin derrière ses rivaux marocain et mauritanien, avant de démissionner de ses fonctions, acte symbolique d’un désaveu continental.

Mais ce revers n’était pas isolé. Abdoulaye Bathily, figure diplomatique respectée, avait déjà subi un échec en 2017 pour la présidence de la Commission de l’Union africaine, malgré un appui massif de la CEDEAO. Et en 2024, il quittait son poste d’envoyé spécial de l’ONU en Libye, après un mandat jugé infructueux.

Le plus récent échec concerne Amadou Hott, dont la candidature à la tête de la Banque africaine de développement (BAD) a échoué. Troisième derrière la Sud-Africaine Bajabulile Tshabalala et le Mauritanien Sidi Ould Tah – élu avec plus de 70 % des voix – Hott n’a pas su convaincre, malgré l’expérience et le pedigree.

Depuis l’accession au pouvoir du duo Diomaye Faye / Ousmane Sonko en avril 2024, la diplomatie sénégalaise semble marquer le pas. Le changement de style et la rupture affichée avec les pratiques anciennes s’accompagnent d’un déficit de relais, d’expertise et de stratégie d’influence.

Le journal Sud Quotidien évoquait récemment « une diplomatie d’apprentissage », où l’ambition affichée ne suffit pas encore à imposer Dakar dans les cercles décisionnels. Ce manque d’alliés solides s’est illustré par l’échec cuisant de la candidature d’Amadou Hott, malgré des démarches régionales.

Le Sénégal a de plus en plus de mal à mobiliser autour de ses candidatures. Les relations étroites avec des régimes en rupture avec l’ordre diplomatique classique – comme le Burkina Faso, le Mali ou la Guinée – n’ont, jusqu’ici, pas payé sur la scène multilatérale. Pire, ces choix semblent avoir refroidi des alliés historiques, comme la Côte d’Ivoire, qui a préféré soutenir le Mauritanien Ould Tah.

Alors que Dakar trébuche, d’autres capitales africaines s’affirment avec vigueur :

  • La Mauritanie, grâce à sa présidence de l’Union africaine en 2024, est en pleine offensive diplomatique. Son candidat à la BAD a bénéficié d’un large appui, preuve d’un savoir-faire nouveau à Nouakchott.
  • Le Maroc, avec sa diplomatie royale ambitieuse, investit sur le continent à travers l’économie, la culture et les institutions sportives. L’écrasante victoire de Fouzi Lekjaa au Conseil de la FIFA illustre cette réussite.
  • La Côte d’Ivoire, jadis sœur jumelle du Sénégal en Afrique de l’Ouest, s’impose désormais comme un hub régional. Le soutien d’Abidjan au candidat mauritanien contre celui du Sénégal marque un tournant stratégique qui pourrait affecter durablement les relations bilatérales.

Le contraste avec les époques passées est saisissant. Sous Léopold Sédar Senghor, le Sénégal rayonnait par l’intellect, le verbe et l’engagement en faveur du dialogue. Abdou Diouf a prolongé cette aura, s’imposant comme un homme de paix et de multilatéralisme – jusqu’à devenir Secrétaire général de la Francophonie.

Même Abdoulaye Wade, dans un style plus clivant, avait réussi à positionner le Sénégal comme un acteur incontournable, notamment par des initiatives comme le NEPAD ou l’organisation du sommet mondial contre le terrorisme dès 2001.

Le président Macky Sall a mené une diplomatie proactive, avec des réussites notables, notamment sur la scène onusienne. Mais ses efforts ont connu des échecs, dont celui d’Abdoulaye Bathily à la tête de la Commission de l’UA. Une défaite que certains, comme Mankeur Ndiaye, relativisent : « Bathily a obtenu 187 voix sur 191 à l’ONU, ce qui prouve que le Sénégal garde un capital diplomatique fort ».

Face à ce contexte mouvant, des diplomates sénégalais plaident aujourd’hui pour une redéfinition stratégique de la diplomatie nationale. Le pays doit renforcer ses alliances, professionnaliser ses relais et se réadapter à un monde multipolaire.

Comme le résume un diplomate sénégalais interrogé :

« L’héritage de Senghor et Diouf ne suffit plus. Il faut une diplomatie de terrain, offensive et structurée. Sinon, le Sénégal restera une puissance moyenne, nostalgique de ses heures de gloire. »

Le Sénégal est aujourd’hui à la croisée des chemins. Il peut continuer à capitaliser sur son histoire et sa stabilité pour se repositionner, ou accepter un rôle secondaire dans le concert des nations africaines. La visite actuelle du Premier ministre Sonko à Abidjan pourrait être un pas vers la reconstruction de ponts fragilisés. Encore faut-il qu’elle s’accompagne d’une vraie vision diplomatique.

Diplomatie régionale : Ousmane Sonko attendu à Abidjan après la visite de Diomaye Faye

Quelques jours seulement après la visite officielle du président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye en Côte d’Ivoire, c’est désormais au tour de son Premier ministre, Ousmane Sonko, d’effectuer un déplacement diplomatique de haut niveau à Abidjan. Un signal fort envoyé par le nouveau pouvoir sénégalais, désireux de renforcer ses liens avec les grandes capitales de la sous-région ouest-africaine.

Selon des sources officielles, Ousmane Sonko sera accueilli à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny par son homologue ivoirien, le Premier ministre Robert Beugré Mambé. Cette visite s’inscrit dans une dynamique de continuité, visant à consolider les acquis du récent séjour du président Faye et à approfondir la coopération bilatérale entre Dakar et Abidjan.

Si l’agenda précis du chef du gouvernement sénégalais n’a pas encore été dévoilé, plusieurs axes majeurs devraient structurer les discussions. La coopération économique, la sécurité régionale, ainsi que les enjeux liés à l’intégration africaine figurent en bonne place sur la table. Ces thématiques, déjà abordées par le président sénégalais lors de son passage à Abidjan, devraient être approfondies pour déboucher sur des engagements concrets.

Les deux pays, piliers de la CEDEAO, partagent en effet des intérêts communs en matière de stabilité régionale, de commerce interafricain, et de gestion des défis migratoires, sécuritaires et climatiques. Le renforcement des échanges commerciaux, la facilitation de la mobilité entre les deux États et la mise en place de projets conjoints d’infrastructure pourraient également faire l’objet d’annonces importantes.

Avec cette double séquence diplomatique en Côte d’Ivoire, le Sénégal affiche une volonté claire de se repositionner sur l’échiquier régional, dans un contexte marqué par de profondes mutations politiques et géopolitiques en Afrique de l’Ouest. Le tandem Diomaye–Sonko, élu en mars 2024, semble vouloir insuffler un nouveau souffle à la diplomatie sénégalaise, en misant sur des partenariats stratégiques et équilibrés.

Soutien aux ex-détenus : une nouvelle phase de distribution lancée par le ministère de la Famille et des Solidarités

Le ministère de la Famille et des Solidarités a annoncé, ce jeudi 29 mai 2025, une nouvelle étape dans le processus d’assistance aux ex-détenus arrêtés durant la période préélectorale. Cette initiative entre dans le cadre des mesures de réparation sociale et de réinsertion soutenues par les autorités.

À la date du 28 mai 2025, une cohorte supplémentaire de 580 ex-détenus a reçu une aide financière de l’État, s’ajoutant aux 688 bénéficiaires de la première phase. Le total des ex-détenus assistés s’élève désormais à 1268 personnes, chacun ayant perçu une allocation individuelle de 500.000 FCFA, selon les précisions du ministère. Cette opération a été rendue possible grâce aux ressources mobilisées dans le Fonds de Solidarité nationale.

Le ministère a par ailleurs évoqué l’avancée plus lente du soutien destiné aux familles des personnes décédées lors des événements préélectoraux. Cette situation s’explique par la nécessité de fournir un jugement d’hérédité, une pièce juridique indispensable pour ouvrir droit à l’assistance. À ce jour, seules cinq (5) familles ont pu remplir cette formalité, condition sine qua non pour bénéficier du soutien de l’État.

Concernant les blessés et victimes nécessitant une prise en charge médicale, 123 dossiers médicaux validés ont bénéficié d’un accompagnement. Une enveloppe de 142.869.000 FCFA a été débloquée par la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale pour couvrir les frais de soins, confirmant l’engagement des pouvoirs publics à assurer une assistance complète aux personnes affectées.

Drame à Touba : Le ministre de l’Intérieur sur les lieux de l’immeuble effondré

En visite ce mercredi à Touba, le ministre de l’Intérieur, Jean Baptiste Tine, s’est rendu sur le site de l’immeuble effondré qui a coûté la vie à onze personnes. Un drame qui a plongé toute la nation dans l’émoi et suscité une vive émotion au sein de la population.

Sur place, le ministre a tenu à évaluer personnellement la situation et à adresser un message fort aux familles endeuillées. Il a également rencontré le Khalife général des mourides, à qui il a transmis les condoléances du Chef de l’État et de l’ensemble du gouvernement.

Lors de sa déclaration, Jean Baptiste Tine a assuré que les blessés sont bien pris en charge, tout en précisant que quatre d’entre eux restent encore hospitalisés. Il a insisté sur l’importance de faire toute la lumière sur les causes de cette tragédie. « Une enquête est en cours. Nous verrons exactement ce qui s’est passé », a-t-il déclaré avec fermeté.

Dans une volonté de prévenir de futurs drames, le ministre a annoncé une mesure forte : sur instruction du Président de la République, un inventaire national des bâtiments menaçant ruine sera lancé. « Le Président a déjà donné des instructions en ce sens », a-t-il affirmé, soulignant l’urgence de renforcer les contrôles sur les constructions à risque.

Kaolack / Dialogue national : La présidente de la CAES, Madjiène Diouf, plaide pour un retour aux valeurs ancestrales

Le 28 mai 2025, le Sénégal a lancé une nouvelle édition de son Dialogue national, centrée sur la réforme du système politique. La cérémonie d’ouverture s’est tenue au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Cette initiative vise à repenser en profondeur l’architecture politique et électorale du pays, dans un esprit d’inclusion et de cohésion nationale.

Au-delà des réformes institutionnelles, Madjiène Diouf, présidente de l’association Conscience Agissante pour l’Entraide Sociale (CAES), a souligné que ce dialogue doit également être l’occasion d’un retour aux valeurs fondamentales léguées par nos ancêtres. Selon elle, dans la société traditionnelle sénégalaise, des principes tels que le respect, la solidarité, la vérité, l’humilité et la générosité constituaient le socle de la vie communautaire.

« Ces valeurs guidaient les relations humaines et assuraient la cohésion au sein des familles et des villages », a-t-elle rappelé.

Aujourd’hui, cet héritage est mis à mal. L’individualisme, la course effrénée vers la modernité, l’influence des réseaux sociaux et parfois même le système éducatif occidental contribuent, selon elle, à l’effacement progressif de ces repères essentiels.

Sur le plan local, Madjiène Diouf a mis en lumière les atouts stratégiques de la région de Kaolack : des ressources naturelles abondantes, une diversité humaine remarquable et un potentiel de développement considérable. Dans son communiqué, elle a plaidé pour une meilleure prise en compte de cette région dans les politiques publiques à venir.

Elle a également invité le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à accompagner le maire de la commune de Kaolack, Sérigne Mboup, dans sa vision de faire de Kaolack une ville émergente.

Kaolack : Le curage mécanique des canaux à ciel ouvert en marche pour prévenir les inondations

Face à la menace récurrente des inondations à l’approche de l’hivernage, les autorités municipales de Kaolack ont lancé, ce lundi, une vaste opération de curage mécanique des canaux à ciel ouvert.

Les populations de Sara, Kassa-ville, Passoire, entre autres quartiers, ont été réveillées samedi par le vrombissement des engins lourds résonnant dans les rues. Pelleteuses, camions-bennes et autres matériels spécialisés sont mobilisés pour débarrasser les canaux des tonnes de déchets et de sédiments qui entravent l’écoulement normal des eaux.

« Chaque année, nous sommes confrontés aux mêmes problèmes : les eaux stagnantes, les débordements, les maladies. Ce curage est une bouffée d’air », a expliqué Mme Madjiène Diouf, adjointe au maire en charge de l’assainissement.

Selon elle, cette opération s’inscrit dans un plan de résilience urbaine, mis en œuvre avec l’appui des services techniques de la mairie.

« Nous ne pouvons plus attendre la catastrophe pour réagir. Ce curage mécanique est une réponse proactive à un problème chronique. Il permet d’assainir la ville, de prévenir les maladies hydriques et de faciliter l’écoulement des eaux pluviales », a-t-elle poursuivi.

Malgré cette dynamique positive, plusieurs défis restent à relever. L’incivisme de certains habitants, qui continuent de jeter des ordures dans les canaux, complique considérablement la tâche. Par ailleurs, certains tronçons sont difficilement accessibles aux machines en raison de l’urbanisation anarchique, a déploré Mme Diouf.

Pour pérenniser les acquis de cette opération, les autorités locales envisagent de renforcer la sensibilisation des populations et de mettre en place un programme régulier d’entretien des canaux.

Mme Diouf a également saisi l’occasion pour inviter les populations à faire preuve de civisme, qu’elle considère comme un devoir citoyen essentiel pour un meilleur vivre-ensemble.

« Le civisme commence par des gestes simples : respecter les autres, protéger l’environnement, défendre l’intérêt général. Chacun de nous peut être un acteur du changement. Pour bâtir une société harmonieuse, soyons des citoyens responsables », a-t-elle lancé.

Cette initiative de la mairie de Kaolack a été saluée par de nombreux habitants, qui espèrent qu’elle contribuera durablement à soulager la ville des affres des inondations.

Kaolack : Les autorités administratives et éducatives à pied d’œuvre pour le bon déroulement des examens scolaires 2024-2025

Le préfet du département de Kaolack, Monsieur Latyr Ndiaye, a présidé ce mercredi une réunion du Comité départemental de développement (CDD) consacrée aux préparatifs des examens scolaires prévus dans trois semaines.

« À travers cette rencontre, nous avons voulu mutualiser les forces et les moyens afin d’assurer un bon déroulement des examens. Le plus important est de veiller à ce que les établissements retenus comme centres d’examen soient fonctionnels et accessibles, notamment en termes de commodité et de propreté », a souligné le préfet.

Les échanges ont porté sur plusieurs points essentiels à la bonne organisation du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE), de l’entrée en sixième et du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM). Parmi les sujets abordés :

le convoyage et la sécurisation des épreuves et des centres, la mobilisation des personnels impliqués, le soutien logistique attendu des collectivités locales.

« Un accompagnement particulier est attendu des communes, notamment pour les centres d’examen relevant de leur territoire. Au-delà de l’appui en carburant, des efforts doivent être consentis pour assurer de bonnes conditions aux acteurs impliqués », a plaidé le préfet Latyr Ndiaye.

Amadou Dia, inspecteur de l’Éducation et de la Formation (IEF) de la commune de Kaolack, a appelé à une implication active des collectivités territoriales et de l’ensemble des acteurs du système éducatif.

CFEE et entrée en sixième : Total : 6 519 candidats Option française : 2 649 garçons et 3 367 filles Option arabe : 235 garçons et 268 filles BFEM : Total : 4 390 candidats Option française : 1 937 garçons et 2 297 filles Option arabe : 70 garçons et 86 filles Répartis dans 32 centres d’examen et 35 jurys Encadrement : 90 secrétaires, 448 surveillants, 468 correcteurs, soit 1 041 agents mobilisés

CFEE et entrée en sixième : Total : 4 920 candidats Option française : 1 935 garçons et 2 726 filles Option arabe : 127 garçons et 259 filles Répartis dans 37 centres, avec 185 secrétaires et 511 surveillants (soit 733 personnes mobilisées) BFEM : Total : 4 149 candidats Option française : 1 635 garçons et 2 379 filles Option arabe : 79 garçons et 56 filles Répartis dans 20 centres d’examen, avec 22 jurys, 118 secrétaires et 428 surveillants (soit 560 personnes convoquées)

Amadou Hott félicite Sidi Ould Tah et réaffirme son engagement pour l’Afrique après l’élection à la tête de la BAD

Malgré sa non-élection à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), l’ancien ministre sénégalais de l’Économie, Amadou Hott, a fait preuve de dignité et d’élégance dans sa réaction à l’issue du scrutin. C’est le Mauritanien Dr. Sidi Ould Tah qui a été choisi par les actionnaires pour prendre les rênes de l’institution panafricaine.

Dans un message empreint de reconnaissance, publié sur ses réseaux sociaux peu après l’annonce des résultats, Amadou Hott a salué le choix des actionnaires et adressé ses félicitations au président-élu :

« Les Actionnaires de la Banque africaine de développement ont décidé. Je félicite Dr. Sidi Ould Tah, président-élu, et lui souhaite plein succès dans ce rôle de leadership vital pour notre continent », a-t-il écrit, ajoutant un mot de félicitation à l’ensemble des candidats ayant pris part à cette compétition stratégique.

L’ancien vice-président de la BAD, connu pour son engagement de longue date en faveur du développement économique de l’Afrique, a également tenu à remercier ses soutiens. Il a d’abord salué l’appui constant du président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qu’il a qualifié de « soutien essentiel dans cette aventure », ainsi que le rôle déterminant de l’État sénégalais dans l’accompagnement de sa candidature, qu’il qualifie d’« exceptionnel » sur les plans institutionnel et diplomatique.

Dans son message, Amadou Hott n’a pas manqué d’exprimer sa profonde gratitude envers les pays qui l’ont soutenu, ainsi que son équipe de campagne, ses alliés et ses proches :

« À l’équipe extraordinaire, aux amis et partenaires qui ont tout donné pour notre mission, et à ma famille bien-aimée pour le soutien indéfectible. Merci infiniment. »

S’il n’a pas été porté à la tête de la BAD cette fois-ci, Amadou Hott a néanmoins affirmé sa volonté de rester engagé pour l’Afrique, adoptant un ton résolument tourné vers l’avenir. Il conclut sobrement mais avec détermination :

« L’aventure continue ».

Macky Sall rend hommage à Abdoulaye Wade pour ses 99 ans

En ce jeudi 29 mai 2025, l’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a tenu à saluer avec émotion et respect son prédécesseur, le Président Me Abdoulaye Wade, à l’occasion de son 99e anniversaire.

Dans un message publié sur le réseau social X (anciennement Twitter), Macky Sall a exprimé toute son admiration pour celui qu’il qualifie de « figure emblématique de notre démocratie » et de « défenseur infatigable du panafricanisme ».

« En ce 29 mai, je rends un hommage appuyé au Président Abdoulaye Wade, figure emblématique de notre démocratie et défenseur infatigable du panafricanisme, qui fête ses 99 ans. Joyeux anniversaire, Maître Wade. Que votre passion pour l’Afrique et notre pays continue d’inspirer les générations actuelles et futures », a écrit l’ancien chef de l’État.

Ce message témoigne d’un profond respect au-delà des divergences politiques passées. Rappelons que Macky Sall a longtemps été un proche collaborateur de Me Wade avant de devenir son opposant puis son successeur à la tête de l’État en 2012.

Né le 29 mai 1926, Me Abdoulaye Wade reste une figure majeure de la vie politique sénégalaise et africaine. Ancien avocat et intellectuel brillant, il a marqué l’histoire en devenant le troisième président du Sénégal (2000-2012), après plus de 25 ans passés dans l’opposition.

À 99 ans, le « Pape du Sopi » (du changement) reste un symbole vivant de la lutte démocratique et de l’engagement panafricain.

Cinquantenaire de la CEDEAO : Le président Diomaye Faye dépêche Aminata Touré à Lagos en tant que Haute représentante

À l’occasion du cinquantenaire de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a marqué un geste fort en confiant une mission diplomatique de haut niveau à Aminata Touré, ancienne Première ministre du Sénégal. En qualité de Haute représentante du chef de l’État, elle a représenté le Sénégal aux festivités officielles qui se sont tenues ce 28 mai 2025 à Lagos, au Nigeria.

L’événement commémoratif a célébré les 50 ans de l’organisation régionale, née le 28 mai 1975 avec la signature du Traité de Lagos par 15 chefs d’État et de gouvernement. Cinquante années plus tard, la CEDEAO reste l’un des principaux vecteurs de coopération, d’intégration économique et de solidarité politique dans l’espace ouest-africain.

En désignant Aminata Touré pour cette mission symbolique et stratégique, le président Diomaye Faye réaffirme la volonté du Sénégal de jouer un rôle moteur dans la dynamique régionale. C’est aussi un signal fort envoyé à l’ensemble des partenaires ouest-africains : le Sénégal, sous cette nouvelle gouvernance, entend demeurer un acteur engagé pour la stabilité, la bonne gouvernance et le développement partagé dans la sous-région.

La présence de Mme Touré à Lagos, capitale économique du Nigeria et berceau institutionnel de la CEDEAO, a été saluée par plusieurs personnalités présentes. Elle s’inscrit dans la vision du président Faye qui, depuis sa prise de fonction en avril 2024, appelle à une « refondation » des relations régionales fondée sur la souveraineté, la solidarité, et la coopération équitable.

La participation sénégalaise à ce cinquantenaire a également été l’occasion de réaffirmer l’importance d’une CEDEAO forte, unie et tournée vers les peuples, dans un contexte géopolitique où l’organisation est confrontée à des défis majeurs, notamment les coups d’État, les tensions sécuritaires et les aspirations citoyennes à une meilleure gouvernance.

Dialogue national au Sénégal : mise en place des commissions thématiques autour du processus électoral et des réformes démocratiques

Le Directeur général des élections, Birame Sène, a officiellement annoncé, ce mercredi, la composition des trois commissions thématiques chargées de conduire les travaux du dialogue national. Ces commissions, structurées autour de thématiques clés pour l’avenir démocratique du Sénégal, entameront leurs travaux ce vendredi à 9 heures.

Trois commissions, trois priorités

1. Commission Démocratie, Liberté et Droits Humains

Cette commission sera présidée par Thiaba Sy Camara, une figure engagée dans la défense des libertés publiques. Elle sera assistée par Babacar Fall, membre du Gradec (Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance), et par Serigne Ahmadou Gaye, maître de conférences en sciences politiques à l’université Alioune Diop de Bambey (UADB). Ndéné Ndao, cadre de la DGE, assurera la fonction de rapporteur.

2. Commission Processus Électoral

Dirigée par Mamadou Seck, expert électoral reconnu, cette commission intégrera Abdou Aziz Sarr, directeur des opérations électorales à la DGE, comme premier assesseur, et Yahya Niang, enseignant-chercheur à l’université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, comme second assesseur. Le rapporteur sera Aliou Diallo, chef de la division des affaires juridiques de la DGE.

3. Commission Réforme Institutionnelle et Organes de Gestion des Élections

Placée sous la présidence de Ameth Ndiaye, maître de conférences à l’université Cheikh Anta Diop (UCAD), cette commission compte parmi ses membres Moussa Mbaye, sociologue, en qualité d’assesseur. Les fonctions de rapporteurs seront partagées entre Ibrahima Nour Eddine Diagne et Pape Birame Sène, responsable de la communication à la DGE.

Une démarche inclusive

Chaque commission sera accompagnée de deux observateurs, représentant respectivement la majorité et l’opposition, afin de garantir une approche équilibrée et consensuelle dans les discussions. Cheikh Guèye a été désigné facilitateur général du dialogue. Il sera épaulé par Ibrahima Baldé, administrateur civil et directeur de la formation et de la communication à la DGE, en tant que rapporteur général.

Un rendez-vous crucial

Ce nouveau cycle de concertations s’inscrit dans la volonté des autorités sénégalaises de renforcer la transparence électorale, la gouvernance démocratique et la légitimité des institutions. Les recommandations issues de ces commissions seront déterminantes pour orienter les réformes à venir, notamment en vue des prochaines échéances électorales.

Le démarrage officiel des travaux est prévu pour vendredi 30 mai à 9 heures, dans un contexte marqué par une forte attente des citoyens quant à l’issue de ce dialogue national.

Élection à la tête de la BAD : une victoire mauritanienne éclatante, une alerte diplomatique pour le Sénégal

L’élection de Monsieur Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD), avec 48,41 % des suffrages globaux et 68,42 % des votes régionaux, constitue une victoire éclatante. Ce résultat vient récompenser le parcours d’un homme expérimenté, mais aussi la montée en puissance silencieuse et stratégique de la diplomatie mauritanienne sur la scène africaine.

Cette élection, loin d’être anecdotique, reflète les équilibres d’influence en mutation au sein des institutions continentales. Si la Mauritanie a su capter un large soutien, ce n’est pas par hasard. Elle a su tisser des alliances solides, porter une candidature crédible, et surtout mobiliser sa diplomatie autour d’un objectif clair et fédérateur. C’est une leçon en matière de préparation, de projection, et de positionnement stratégique.

Je tiens également à saluer la qualité des autres candidatures, notamment celles de Samuel Munzele Maimbo (Zambie), Amadou Hott (Sénégal), et Bajabulile Swazi Tshabalala (Afrique du Sud). Chacun a incarné une vision forte de l’Afrique, portée par des parcours d’exception et une véritable ambition continentale. Leur engagement rappelle à quel point l’Afrique regorge de compétences, de talents et de leadership au service du développement.

Mais au-delà de la dynamique propre à cette élection, il est impératif de s’interroger sur la place actuelle du Sénégal dans l’espace diplomatique africain.

La performance modeste de notre candidat, Amadou Hott, pourtant reconnu pour sa compétence et son expérience, soulève une inquiétude légitime : le Sénégal est-il en train de perdre son influence historique dans les arènes continentales ? Jadis considéré comme un acteur diplomatique de premier plan, notre pays semble désormais peiner à fédérer, à anticiper les évolutions régionales, et à imposer ses choix dans les grandes instances.

Ce constat ne relève ni du pessimisme, ni de la critique facile. Il invite, au contraire, à une réflexion stratégique urgente sur l’avenir de notre diplomatie. Il ne suffit plus d’avoir un bon candidat. Il faut construire autour de lui une dynamique diplomatique, des alliances solides, une communication ciblée et une stratégie offensive.

Le recul observé dans cette élection ne doit pas être banalisé. Il interpelle sur notre capacité à lire les nouvelles configurations africaines, à nous adapter, à réagir vite et à défendre efficacement nos intérêts. Il interpelle aussi sur l’état de coordination entre nos différents ministères, institutions et représentations extérieures.

Il est temps que le Sénégal repense son positionnement continental, qu’il renoue avec une diplomatie d’influence fondée sur l’anticipation, la coopération et la constance. Dans un monde en recomposition, où l’Afrique cherche à se prendre en main, nous ne pouvons pas nous contenter d’un rôle secondaire.

Le Sénégal devient membre fondateur de l’Organisation internationale de l’eau : une avancée stratégique majeure

Le Sénégal a franchi une étape diplomatique importante ce mercredi à Riyad en signant la charte fondatrice de l’Organisation internationale de l’eau (OIE). À travers cette adhésion, notre pays rejoint un cercle restreint de nations pionnières dans la gouvernance mondiale de l’eau, devenant ainsi l’un des deux seuls États africains membres fondateurs, aux côtés de la Mauritanie.

La cérémonie de signature a été marquée par la présence du ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, mandaté par son collègue Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, retenu dans ses fonctions en tant que président en exercice du Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW). Ce choix illustre la dimension transversale des enjeux liés à l’eau, à l’agriculture et au développement durable.

Proposée par le Royaume d’Arabie Saoudite, l’OIE est une réponse institutionnelle forte aux défis globaux de la sécurité hydrique. Le ministère sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement a soutenu cette initiative dès les premières heures, confirmant la volonté du Sénégal de jouer un rôle central dans les grandes négociations internationales sur les ressources naturelles.

Dans un communiqué officiel, les autorités sénégalaises ont salué une « hydro-diplomatie active, axée sur la coopération multilatérale, l’innovation technologique et la sécurité hydrique », soulignant que cette nouvelle organisation conforte la place du Sénégal comme acteur clé des enjeux aquatiques internationaux.

L’OIE s’est fixée quatre missions prioritaires :

Coordonner une gestion durable et équitable des ressources en eau à l’échelle mondiale ; Financer des infrastructures hydrauliques résilientes et des projets prioritaires dans les pays membres ; Faciliter le transfert de technologies et le partage d’expertises scientifiques entre les États ; Renforcer les partenariats stratégiques autour de l’eau, considérée comme un vecteur de paix, de stabilité et de développement.

Pour le gouvernement sénégalais, cette adhésion représente bien plus qu’un acte symbolique. Il s’agit d’un levier diplomatique et environnemental, susceptible d’accélérer l’accès universel à l’eau potable et d’amplifier la voix du Sénégal sur la scène internationale. Dans un contexte mondial marqué par les tensions climatiques, la rareté de l’eau et les enjeux liés à la souveraineté hydrique, cette démarche proactive positionne le pays à l’avant-garde de la diplomatie environnementale du continent africain.

La course à la présidence de la BAD : un signal d’alerte pour le Sénégal

Les résultats du premier tour de l’élection à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD) viennent de tomber. Et ils sont riches d’enseignements, notamment pour le Sénégal. Notre candidat, Amadou Hott, ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, a obtenu 17,62 % des voix totales et 11,83 % des votes régionaux. Il est qualifié pour le second tour, mais loin derrière Samuel Munzele Maimbo de Zambie (40,41 %) et Sidi Ould Tah de Mauritanie (33,21 %). C’est une contre-performance si l’on considère le poids que le Sénégal a longtemps eu dans les grandes institutions panafricaines.

Cette troisième place dans les suffrages, doublée d’un score régional particulièrement faible, marque une réelle rétrogradation dans notre influence diplomatique. La BAD, en tant qu’institution clé pour le financement du développement du continent, est un lieu stratégique où chaque voix, chaque alliance et chaque symbole comptent. Voir le Sénégal, habituellement moteur dans les dynamiques régionales, peiner à mobiliser des soutiens est un signal que nous ne pouvons ignorer.

Ce résultat doit nous pousser à nous interroger : avons-nous suffisamment préparé cette candidature sur le plan diplomatique ? Avons-nous su fédérer nos partenaires, mobiliser nos relais dans les différentes régions du continent ? Ou bien assistons-nous à une reconfiguration géopolitique dans laquelle notre pays est en train de perdre de l’altitude ? Ces questions ne sont pas anecdotiques : elles sont fondamentales si nous voulons rester une voix influente dans les instances africaines.

Rien n’est encore joué. Amadou Hott est un candidat crédible, compétent, respecté. Le second tour peut encore réserver des surprises, à condition que le Sénégal se remobilise intelligemment. Cela implique de renouer le dialogue avec nos alliés traditionnels, de clarifier notre vision pour la BAD, et surtout de démontrer que notre ambition est continentale, inclusive, tournée vers l’avenir de l’Afrique toute entière.

Au-delà de cette élection, ce moment nous appelle à un sursaut stratégique. La diplomatie économique ne se résume pas aux discours : elle se construit dans le temps long, par la confiance, l’engagement et la clarté des positions. C’est à ce prix que le Sénégal pourra regagner la place qui lui revient dans l’Afrique qui décide.

L’élection du futur président de la BAD n’est pas simplement une compétition de CV ou de programmes. C’est un révélateur de la manière dont les États africains s’organisent, coopèrent ou s’opposent dans la fabrique du futur continental. À ce jeu, notre recul doit nous servir de leçon.

Le Sénégal a toujours été une terre d’idées, de diplomatie et d’engagement panafricain. Ce que nous vivons aujourd’hui doit être l’occasion de relancer cette tradition. Amadou Hott peut encore faire la différence, mais il ne pourra porter seul ce combat. Il est temps que l’État, les diplomates, les élites intellectuelles et la société civile se rassemblent autour d’un projet de rayonnement continental cohérent, crédible et ambitieux.

Le Sénégal ne peut pas se permettre d’être spectateur dans la construction de l’Afrique de demain. Il doit en être un acteur central, comme il l’a été hier. Cette élection à la BAD est un test. À nous d’en faire une opportunité.

Kaolack : un mouvement citoyen rejette les termes de référence du dialogue national initié par le président Diomaye Faye

Le lancement du dialogue national, censé ouvrir une nouvelle ère de concertation politique et sociale, connaît un début tumultueux. À Kaolack, le Mouvement Citoyen pour le Développement Inclusif du Sénégal (MCDIS), par la voix de son président Badou Ndour, a exprimé son rejet des termes de référence proposés par les autorités, qu’il juge flous, exclusifs et biaisés.

« Nous dénonçons un dialogue instrumentalisé à des fins politiques », a déclaré M. Ndour. Selon lui et ses camarades, les termes retenus ne prennent pas en compte les véritables préoccupations du peuple, telles que l’emploi, la gouvernance locale ou encore l’accès équitable aux ressources.

Cette initiative, lancée au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio, s’inscrit pourtant dans une volonté de refondation démocratique en période de stabilité, loin des contextes de crise habituels. Parmi les axes prioritaires évoqués figurent notamment :

La rationalisation du calendrier électoral ; La création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) aux pouvoirs renforcés ; La dématérialisation du processus électoral ; La clarification du statut de l’opposition ; La réforme du système de parrainage.

Mais pour le président du MCDIS, ces propositions ne répondent pas aux urgences sociales du moment. Il estime que ce dialogue ne vise qu’à favoriser ceux qui sont déjà au pouvoir. « Leur objectif est de mettre en place des mécanismes pour se maintenir à la tête du pays », a-t-il affirmé.

Dans son communiqué, Badou Ndour a mis en lumière les atouts stratégiques de la région de Kaolack : des ressources naturelles abondantes, une diversité humaine remarquable et un fort potentiel de développement. Il a plaidé pour une meilleure prise en compte de cette région dans l’élaboration des politiques publiques à venir.

Dans un pays où les visages de la pauvreté se multiplient, entre des jeunes sans emploi et des familles peinant à joindre les deux bouts, le quotidien devient un combat. Le manque d’industrialisation, entre autres problèmes, y contribue fortement.

À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, qui réduisent les rendements agricoles et poussent davantage de familles dans la précarité.

Face à cette double crise — pauvreté et chômage — le mouvement citoyen attendait du gouvernement une réflexion plus profonde sur ces enjeux, plutôt qu’un dialogue centré exclusivement sur des considérations politiques. Pour le MCDIS, cette concertation nationale n’aura aucun impact réel sur la vie quotidienne des citoyens lambda.

Il devient urgent, selon le mouvement, de repenser les politiques publiques, d’investir dans l’éducation, et de donner aux jeunes les moyens de bâtir leur avenir.

Kaolack : un mouvement citoyen rejette les termes de référence du dialogue national initié par le président Diomaye Faye

Le lancement du dialogue national, censé ouvrir une nouvelle ère de concertation politique et sociale, connaît un début tumultueux. À Kaolack, le Mouvement Citoyen pour le Développement Inclusif du Sénégal (MCDIS), par la voix de son président Badou Ndour, a exprimé son rejet des termes de référence proposés par les autorités, qu’il juge flous, exclusifs et biaisés.

« Nous dénonçons un dialogue instrumentalisé à des fins politiques », a déclaré M. Ndour. Selon lui et ses camarades, les termes retenus ne prennent pas en compte les véritables préoccupations du peuple, telles que l’emploi, la gouvernance locale ou encore l’accès équitable aux ressources.

Cette initiative, lancée au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio, s’inscrit pourtant dans une volonté de refondation démocratique en période de stabilité, loin des contextes de crise habituels. Parmi les axes prioritaires évoqués figurent notamment :

La rationalisation du calendrier électoral ; La création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) aux pouvoirs renforcés ; La dématérialisation du processus électoral ; La clarification du statut de l’opposition ; La réforme du système de parrainage.

Mais pour le président du MCDIS, ces propositions ne répondent pas aux urgences sociales du moment. Il estime que ce dialogue ne vise qu’à favoriser ceux qui sont déjà au pouvoir. « Leur objectif est de mettre en place des mécanismes pour se maintenir à la tête du pays », a-t-il affirmé.

Dans son communiqué, Badou Ndour a mis en lumière les atouts stratégiques de la région de Kaolack : des ressources naturelles abondantes, une diversité humaine remarquable et un fort potentiel de développement. Il a plaidé pour une meilleure prise en compte de cette région dans l’élaboration des politiques publiques à venir.

Dans un pays où les visages de la pauvreté se multiplient, entre des jeunes sans emploi et des familles peinant à joindre les deux bouts, le quotidien devient un combat. Le manque d’industrialisation, entre autres problèmes, y contribue fortement.

À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, qui réduisent les rendements agricoles et poussent davantage de familles dans la précarité.

Face à cette double crise — pauvreté et chômage — le mouvement citoyen attendait du gouvernement une réflexion plus profonde sur ces enjeux, plutôt qu’un dialogue centré exclusivement sur des considérations politiques. Pour le MCDIS, cette concertation nationale n’aura aucun impact réel sur la vie quotidienne des citoyens lambda.

Il devient urgent, selon le mouvement, de repenser les politiques publiques, d’investir dans l’éducation, et de donner aux jeunes les moyens de bâtir leur avenir.

Bougane Gueye Dany charge le régime : « Plus de 1800 milliards empruntés, un pouvoir incompétent »

Le leader du mouvement Geum sa Bopp, Bougane Gueye Dany, n’a pas mâché ses mots contre le gouvernement. Lors du « contre-dialogue » organisé par le Nouveau Front Force Alternative (NFA), le Mouvement Rappel à l’Ordre et le collectif des travailleurs licenciés de la RTS, l’opposant a sévèrement critiqué la politique économique du régime en place.

« Ce régime est incompétent. On ne peut pas parler de rupture et creuser la dette à ce rythme. Plus de 1800 milliards de francs CFA ont été empruntés en si peu de temps, c’est inacceptable », a lancé Bougane Gueye devant un auditoire acquis à sa cause.

Selon lui, cette frénésie d’endettement est en contradiction totale avec les promesses de sobriété et de rigueur brandies au début du mandat. Il alerte sur les conséquences à moyen et long terme, notamment pour les générations futures, qui risquent de porter le fardeau de ce qu’il considère comme une gestion hasardeuse des finances publiques.

En dénonçant un manque de vision économique, Bougane Gueye Dany se positionne une nouvelle fois en porte-voix de l’opposition radicale, dans un contexte où la question de la dette publique devient un enjeu central du débat national.

Barthélémy Dias lance son mouvement « SENEGAL BI NU BOKK »

Barthélémy Dias a officiellement tourné une page de son engagement politique ce mercredi en lançant un nouveau mouvement dénommé SENEGAL BI NU BOKK, soit « le Sénégal que nous avons en commun ». Une initiative qui marque sa rupture définitive avec la coalition Taxawu dirigée par Khalifa Sall.

« Ce mouvement est né de la fatigue d’attendre. Né du refus de courber l’échine face à l’échec », a déclaré l’ancien maire de Dakar, dans un discours empreint de conviction. Pour lui, ce nouveau cadre d’action politique se veut un espace de rassemblement, de réparation et de construction collective.

Barthélémy Dias a articulé son projet autour d’une vision inclusive du pays. « Ce n’est pas le Sénégal qu’on détourne, qu’on divise ou qu’on fuit. C’est celui qu’on habite ensemble, qu’on relève ensemble, qu’on construit ensemble », a-t-il affirmé avec force, appelant les Sénégalais de tous bords à s’approprier cette nouvelle dynamique.

Se voulant au-dessus des clivages politiques, SENEGAL BI NU BOKK se présente comme un mouvement citoyen, un lieu de convergence pour ceux qui aspirent à un Sénégal plus juste, plus solidaire, et ancré dans l’éthique de la responsabilité partagée.

« Ce mouvement, ce n’est pas le mien, il est le vôtre », a conclu Barthélémy Dias, posant ainsi les bases d’une nouvelle orientation politique tournée vers l’action collective et la refondation nationale.

Alerte météo – Sénégal : du soleil pour la plupart, orages attendus au Sud-Est en fin de semaine

Le Sénégal connaîtra un temps majoritairement ensoleillé au cours des 72 prochaines heures, selon les prévisions de l’ANACIM. Toutefois, les premières manifestations de l’hivernage sont attendues à l’extrême Sud-Est du pays à partir de jeudi soir.

Si le ciel restera dégagé sur la majeure partie du territoire, des nuages apparaîtront sur Kédougou dès la nuit prochaine. Ces amas nuageux venus de Guinée pourraient donner lieu aux premières pluies localisées entre jeudi soir et vendredi matin.

À partir de vendredi soir, des orages sont annoncés sur les zones de Bakel, Kédougou, Kidira, et probablement Tambacounda et Kolda. Ces premiers systèmes pluvio-orageux marquent l’arrivée progressive de la saison des pluies dans cette partie du pays.

Les températures resteront élevées, notamment dans les régions Centre et Nord-Est, où des pics de chaleur sont attendus. Par ailleurs, de la poussière en suspension pourrait réduire la qualité de l’air à Saint-Louis et Louga, tandis que des vents faibles à modérés souffleront du Nord-Ouest à l’Ouest.

Ce bulletin reste en vigueur jusqu’au 31 mai à 00h00.

Tricherie au Bac blanc : trois mois ferme pour l’assistant du censeur du lycée Blaise Diagne

Le tribunal de Dakar a rendu son verdict ce mardi dans l’affaire de fuite des sujets lors du Baccalauréat blanc au lycée Blaise Diagne. K. A. Guèye, assistant du censeur, a été condamné à deux ans de prison dont trois mois ferme, assortis d’une amende de 100 000 francs CFA. Il est reconnu coupable d’avoir facilité la diffusion anticipée des épreuves à un groupe d’élèves.

L’affaire, qui a secoué la communauté éducative, remonte à la session de cette année. D’après l’enquête, l’assistant aurait transmis les sujets à des candidats avant les examens, compromettant ainsi la crédibilité de cette session préparatoire.

Huit élèves, dont quatre filles, ont également comparu. L’une d’elles était absente à l’audience. Tous ont reconnu les faits et ont été condamnés à une amende de 50 000 francs CFA chacun.

Cette affaire relance le débat sur l’éthique scolaire et la rigueur nécessaire même lors des examens blancs. Si le ministère de l’Éducation nationale ne s’est pas encore prononcé, cette décision pourrait entraîner un durcissement des règles encadrant ces évaluations.

K. A. Guèye purgera donc trois mois de prison ferme. Les élèves impliqués, eux, pourraient faire face à d’éventuelles sanctions disciplinaires en plus de leur condamnation pécuniaire.

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