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Gestion du parc automobile : Dakar Dem Dikk s’engage dans une nouvelle dynamique de transformation

Dans une phase de modernisation, Dakar Dem Dikk accorde une attention particulière à ses bus. Pour atteindre cet objectif, l’entreprise s’appuie sur plusieurs structures internes essentielles à son bon fonctionnement. Consciente des enjeux liés à la mutation du secteur du transport, la société nationale a organisé ce samedi une journée de réflexion dédiée à sa direction technique, chargée de la maintenance du parc automobile.

Cette rencontre a réuni l’ensemble des acteurs concernés, parmi lesquels la direction générale, les agents, les partenaires sociaux ainsi que des représentants des associations du personnel. Initié par le directeur général, Assane Mbengue, cet atelier avait pour but d’optimiser l’efficacité opérationnelle de la direction technique dans le cadre de la transformation globale de l’entreprise.

Au cours des échanges, les participants ont abordé plusieurs axes stratégiques, notamment la refonte de l’organigramme, la préparation à la transition écologique ainsi que l’élaboration d’une nouvelle stratégie financière durable.

Gestion du parc automobile : Dakar Dem Dikk s’engage dans une nouvelle dynamique de transformation
Gestion du parc automobile : Dakar Dem Dikk s’engage dans une nouvelle dynamique de transformation
Gestion du parc automobile : Dakar Dem Dikk s’engage dans une nouvelle dynamique de transformation

Orpaillage clandestin à Bembou : la Gendarmerie saisit plus de 150 groupes électrogènes dans un coup de filet d’envergure

La lutte contre l’orpaillage clandestin connaît un tournant décisif dans le Sud-Est du Sénégal. Le samedi 17 mai 2025, entre 9h et 15h, la Brigade territoriale de Saraya, appuyée par le Groupe d’Action Rapide de Surveillance et d’Intervention n°2 (GARSI 2), a mené une vaste opération dans la commune de Bembou, département de Saraya. L’intervention visait à démanteler un site d’exploitation aurifère irrégulier en pleine expansion dans cette zone frontalière.

Placée sous les directives du Haut-commandement de la Gendarmerie nationale, l’opération s’inscrit dans un effort plus large de sécurisation des ressources naturelles et de lutte contre les activités illicites qui minent ces zones aurifères. Les autorités entendent ainsi restaurer l’ordre dans des localités souvent marquées par l’insécurité et les trafics en tout genre.

Le bilan logistique de cette opération est particulièrement révélateur de l’ampleur de l’activité clandestine : pas moins de 158 groupes électrogènes ont été saisis, accompagnés de 116 marteaux-piqueurs, 9 motopompes, 20 pompes à eau et 51 panneaux solaires. Cette saisie record met en lumière la structuration des réseaux d’orpaillage illégal opérant dans la région.

Selon la Gendarmerie nationale, d’autres opérations sont prévues dans les jours à venir, avec une vigilance accrue autour des sites à haut risque. Les autorités veulent ainsi envoyer un message sans équivoque : l’orpaillage clandestin ne sera plus toléré dans les zones sensibles du pays.

Badara Gadiaga dénonce les dérives politiques et judiciaires dans les affaires Azoura Fall, Abdou Nguer et autres

Invité de l’émission Jakarlo, le chroniqueur Badara Gadiaga s’est exprimé sans détour sur plusieurs affaires qui font actuellement l’actualité politique et judiciaire au Sénégal. Revenant sur le cas d’Azoura Fall, il a pointé les conséquences dangereuses de certaines déclarations publiques. Selon lui, affirmer à l’Assemblée nationale que des jeunes ont été payés pour insulter les autorités peut prêter à confusion. « Je vous pose la question de savoir : avez-vous envoyé Azoura pour qu’il aille insulter les gens ? Si tel n’est pas le cas, vous devez comprendre que ceux qui insultent peuvent aussi le faire de leur propre chef », a-t-il lancé à l’endroit d’Ousmane Sonko.

Le chroniqueur a ensuite élargi la réflexion à un mal plus profond : la dégradation des valeurs morales. Il s’est dit préoccupé par la banalisation de la violence et de la haine : « On convoque quelqu’un pour des insultes, et devant la police, il déclare avoir mis le feu à un véhicule appartenant à un proche. C’est inédit dans ce pays. » Pour Gadiaga, cette escalade témoigne d’une radicalisation inquiétante, loin des traditions d’opposition civilisée incarnées jadis par des figures comme Abdoulaye Wade et Abdou Diouf.

Il s’est dit choqué par le discours de certains responsables politiques qui revendiquent ouvertement la radicalité comme mode de gouvernance. « On entend aujourd’hui des responsables dire qu’ils doivent rester radicaux parce qu’ils ont conquis le pouvoir dans cette posture. Et qu’un jeune se lève pour réclamer un statut spécial ! » Gadiaga en appelle à une prise de conscience collective : « Les psychiatres, les universitaires doivent s’emparer de cette problématique. Car ce sont souvent des individus qui ne supportent pas la contradiction. »

Sur le plan judiciaire, le chroniqueur a salué la décision du procureur de placer Azoura Fall sous mandat de dépôt malgré les pressions. Il a toutefois dénoncé une justice à deux vitesses. Comparant les dossiers d’Abdou Nguer et d’Arona Niang, tous deux poursuivis pour diffusion de fausses nouvelles, il a relevé un traitement inégal. « L’un est en instruction, l’autre sera jugé la semaine prochaine, parce qu’il est proche du Pastef », a-t-il dénoncé. Il en va de même, selon lui, pour Assane Diouf, dont le dossier traîne en instruction, contrairement à celui du jeune Kaïré, qui sera jugé rapidement pour les mêmes faits.

Reddition des comptes : Me Amadou Aly Kane fustige la surmédiatisation des procédures

Invité de l’émission « Le Grand Jury » sur la RFM ce dimanche, Me Amadou Aly Kane, leader du Rassemblement pour la République et la Démocratie (R3D), a exprimé de sérieuses réserves sur la manière dont la reddition des comptes est actuellement mise en œuvre au Sénégal. S’il dit adhérer pleinement au principe de transparence, l’avocat inscrit au barreau de Dakar dénonce ce qu’il considère comme une « surmédiatisation » nuisible des procédures judiciaires en cours.

« On a l’impression que les personnes convoquées sont déjà présumées coupables », a-t-il déclaré, regrettant la manière dont certains dossiers sont exposés dans les médias avant même d’être jugés. Pour Me Kane, cette pratique porte atteinte à la présomption d’innocence et risque de décrédibiliser le processus judiciaire.

Au-delà de l’impact sur les individus concernés, il alerte également sur les répercussions économiques d’un tel climat. « Les détenteurs de capitaux ont peur de sortir l’argent », a-t-il affirmé, soulignant que cette frilosité des investisseurs contribue à la morosité économique ambiante. Une situation qui, selon lui, nuit aux recettes fiscales de l’État, notamment en matière de TVA.

L’homme politique appelle à une démarche plus équilibrée, ciblant en priorité les responsables publics dont les actes ont une incidence directe sur les biens communs. Dans le cas contraire, prévient-il, la justice risque de se transformer en instrument de règlements de comptes politiques ou personnels.

Cette prise de position intervient alors que plusieurs personnalités politiques et économiques sont actuellement convoquées ou auditionnées pour des affaires de détournement présumé de fonds publics. Tandis que le gouvernement insiste sur sa volonté de restaurer la transparence dans la gestion publique, des voix comme celle de Me Amadou Aly Kane appellent à faire preuve de plus de discrétion, afin de préserver les équilibres institutionnels, économiques et sociaux.

Anta Babacar Ngom claque la porte du FDR et trace sa propre voie politique

En pleine tournée de proximité à Kaffrine, Anta Babacar Ngom, présidente du parti Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC), a annoncé ce week-end son départ définitif du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR). Cette coalition, formée dans les rangs de l’opposition, ne correspond plus à sa vision politique, a-t-elle justifié dans un communiqué transmis à Ledakarois.

« Je quitte définitivement le FDR », a-t-elle déclaré sans détour. Anta Babacar Ngom affirme vouloir désormais affirmer l’indépendance de son parti, l’ARC, dans le paysage politique national. « Aujourd’hui, l’Alternative pour la Relève Citoyenne entend tracer sa propre voie et assumer pleinement son autonomie. Je suis désormais engagée à 100 % dans ce projet politique, enraciné dans les réalités du pays, tourné vers la jeunesse, les femmes et les territoires oubliés », a-t-elle précisé, tout en réaffirmant son ancrage dans l’opposition.

Ce départ, explique-t-elle, ne résulte pas d’un désaccord conjoncturel, mais d’une stratégie politique réfléchie et portée depuis plusieurs mois. Elle ambitionne de construire une nouvelle identité politique, centrée sur la proximité avec les populations, l’écoute des préoccupations citoyennes et une rupture avec les pratiques politiques traditionnelles.

Dans cette dynamique de renouvellement, sa présence à Kaffrine vise à consolider les fondations de l’ARC. La tournée est présentée comme un moment d’échange avec les habitants et un acte fondateur pour un mouvement qui se veut citoyen, inclusif et résolument tourné vers les préoccupations locales.

Interpellée sur la position de son parti par rapport au Dialogue national lancé par les autorités, Anta Babacar Ngom a précisé que l’ARC se concertera en interne avant de faire connaître sa position. Ce retrait du FDR confirme, selon certains observateurs, la volonté de la jeune leader politique de se démarquer et d’imprimer sa propre marque dans l’arène politique sénégalaise.

Trafic de drogue à Guinaw Rails : 28 kg de chanvre indien saisis, un suspect en garde à vue, la traque du réseau continue

Une importante saisie de drogue a été réalisée dans la soirée du vendredi 16 mai 2025 par les éléments du Commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails, en banlieue dakaroise. L’opération, menée aux alentours de 20h30, a permis de mettre la main sur 28 kilogrammes de chanvre indien, soigneusement dissimulés dans un sac au domicile d’un individu soupçonné de trafic.

Tout est parti d’un renseignement opérationnel, transmis aux autorités, faisant état d’un réseau actif aux abords de l’arrêt du Train Express Régional (TER) de Dalifort. Grâce à cette information, une surveillance a été discrètement mise en place. Elle a permis d’identifier un suspect, qui a été interpellé en possession de cinq cornets de chanvre indien. Cette première découverte a rapidement conduit les policiers à perquisitionner la chambre de l’individu, où ils ont trouvé la drogue principale.

Sur les lieux, les agents ont découvert un sac contenant 28 kilogrammes de chanvre indien, ainsi que plusieurs objets utilisés pour la transformation et la mise en vente de la drogue. Il s’agissait notamment de ciseaux, de couteaux, d’un plateau et de papier destiné à la fabrication de cornets, confirmant l’existence d’un point de conditionnement domestique.

Le mis en cause a été aussitôt placé en garde à vue. Les autorités poursuivent actuellement les investigations pour déterminer l’ampleur du réseau et identifier d’éventuels complices. D’après la Police nationale, cette saisie pourrait n’être qu’un maillon d’une chaîne plus vaste impliquant un trafic potentiellement international.

Ce coup de filet s’inscrit dans la stratégie de lutte accrue contre le trafic de stupéfiants, en particulier dans les zones urbaines à risque. Le chanvre indien, malgré sa faible valeur marchande, reste la substance la plus consommée et distribuée au Sénégal. Les autorités rappellent que la vigilance citoyenne est essentielle et appellent à la collaboration des populations pour lutter efficacement contre ce fléau.

Hajj 2025 : le général Mamadou Gaye exhorte les pèlerins sénégalais à la discipline et au respect des consignes

À l’approche du grand pèlerinage à La Mecque, le général de division Mamadou Gaye, délégué général au pèlerinage, a lancé un appel solennel aux pèlerins sénégalais. Il leur a demandé de suivre rigoureusement les directives de leurs encadreurs, ainsi que les mesures sanitaires et sécuritaires mises en place par les autorités saoudiennes et sénégalaises. Un message clair adressé lors de la cérémonie de remise des documents de voyage à 132 membres de l’Association du Trésor pour le pèlerinage à La Mecque (ATPM).

Le général Gaye a insisté sur trois principes fondamentaux pour la réussite du Hajj : discipline, organisation et solidarité. Il a salué le professionnalisme de l’ATPM, qu’il a qualifiée de structure exemplaire, à encourager et à prendre en modèle pour les autres groupements. Selon lui, un pèlerinage bien encadré repose sur la capacité des fidèles à respecter les règles établies, à suivre les consignes de leurs guides et à faire preuve d’un esprit collectif.

Dans la continuité de la phase préparatoire, les deux premiers vols transportant des pèlerins relevant du privé ont décollé samedi en fin d’après-midi, aux environs de 17h20. Une équipe d’accueil sénégalaise est déjà en place à Médine pour assurer la bonne prise en charge des arrivées, rapporte Le Soleil.

La campagne du Hajj 2025 s’annonce sous le signe de la rigueur, dans un contexte marqué par une volonté renouvelée des autorités sénégalaises de garantir aux pèlerins des conditions optimales, tant sur le plan logistique que spirituel.

Pacte de stabilité sociale : Mamadou Lamine Dianté détaille le rôle stratégique du Haut Conseil du Dialogue Social

Invité ce dimanche 18 mai 2025 sur le plateau de Face au Jury (PressAfrik TV), Mamadou Lamine Dianté, président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), a levé le voile sur les coulisses du nouveau pacte de stabilité sociale signé entre le gouvernement, les syndicats et le patronat. Ce processus, amorcé dès l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, s’est imposé comme un des piliers majeurs de sa stratégie de pacification du climat social.

Dès les premières semaines du nouveau quinquennat, le président Faye a placé la question sociale au cœur de son agenda. Selon M. Dianté, le chef de l’État « a compris que sa politique ne pourrait produire des résultats sans une stabilité dans les milieux de travail ». C’est dans cette perspective que le Haut Conseil du Dialogue Social a été sollicité pour piloter un processus de concertation nationale, avec pour objectif un pacte équilibré et ambitieux.

Contrairement à certaines idées reçues, les discussions n’ont pas débuté en mars 2025, mais dès janvier. Mamadou Lamine Dianté a précisé avoir pris l’initiative : « Le 24 janvier, j’ai demandé à parler aux secrétaires généraux des syndicats. Ils sont venus me voir, et très vite, nous avons adressé un courrier officiel aux autorités. Une semaine plus tard, nous rencontrions le ministre du Travail. »

Les échanges ont débouché sur un document de base, baptisé draft zéro. À la différence du pacte de 2014, celui de 2025 intègre des attentes sectorielles concrètes et des engagements clairs, dépassant le cadre des simples déclarations d’intention. « Les centrales syndicales ont voulu que ce pacte sorte des négociations sectorielles ordinaires », a souligné M. Dianté, insistant sur la portée transversale de ce nouvel accord.

Pour encadrer cette démarche, le Premier ministre Ousmane Sonko a mis en place un comité restreint dans lequel le HCDS a joué un rôle moteur. La première étape fut une évaluation approfondie du pacte de 2014, afin d’en tirer les leçons. Cette phase a été suivie par une rencontre tripartite décisive, tenue le 27 février 2025 au Grand Théâtre national de Dakar. Une réunion jugée structurante, car elle a permis, selon M. Dianté, de renforcer la confiance entre les trois parties.

Le président Faye a ensuite donné des directives claires pour étendre les négociations aux grands secteurs sociaux : éducation, santé, justice, collectivités territoriales, etc., avec comme échéance symbolique le 1er mai 2025, jour de la fête du Travail. Grâce à une médiation discrète et continue du HCDS, les divergences ont été surmontées, permettant la signature d’un pacte à la hauteur des attentes.

« Notre rôle de médiation exige de la discrétion, surtout dans les rencontres sensibles. Il ne faut pas en faire un espace de polémique, sinon les lignes ne bougent pas », a confié Mamadou Lamine Dianté, soulignant l’importance du dialogue de fond, constructif et apaisé dans l’environnement social actuel.

Ce pacte, désormais effectif, constitue un levier stratégique pour le gouvernement Diomaye Faye : il vise à assurer la paix sociale durable, indispensable à la réussite de ses réformes structurelles. Le HCDS, en s’érigeant en courroie de transmission entre les différentes forces sociales, s’affirme plus que jamais comme un acteur central du nouveau contrat social sénégalais.

Coalition Diomaye Président : Mamadou Lamine Dianté appelle à une refonte pour consolider l’action au pouvoir

Mamadou Lamine Dianté, président du Haut Conseil du Dialogue Social et figure engagée de la mouvance présidentielle, a lancé un vibrant appel à la refonte de la coalition Diomaye Président. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV HD ce dimanche 18 mai 2025, il est revenu en détail sur les origines, l’évolution et les défis actuels de cette alliance politique née dans un contexte de forte turbulence.

Il a d’abord rappelé le contexte dramatique ayant conduit à la création de cette coalition. « Il y a eu un moment où Ousmane Sonko a été enfermé chez lui pendant 55 jours, puis emprisonné, avant que son parti, le Pastef, ne soit dissous », a-t-il expliqué. À cette époque, même si la coalition Yewwi Askan Wi existait toujours, le Pastef en était, selon lui, « la force motrice ». Sa dissolution, dit-il, a profondément affaibli le mouvement : « Toutes les activités de Yewwi étaient soit dispersées, soit abandonnées. Notre siège était barricadé. »

Face à cette désorganisation, une dynamique nouvelle s’est installée avec la naissance de la plateforme LACOS (Leaders Alliés au Candidat Ousmane Sonko), réunissant des figures comme Maïmouna Bousso et Dame Mbodj. Cette structure a pris le relais du combat, organisant conférences de presse et marches jusqu’au dépôt de la candidature de Sonko pour la présidentielle. Mais cette candidature fut rejetée une semaine plus tard par le Conseil constitutionnel.

C’est dans cette période charnière qu’une décision capitale a été prise : Ousmane Sonko a désigné Bassirou Diomaye Faye comme candidat à la présidentielle à travers une vidéo préenregistrée. « En résumé, Lacos a engendré Diomaye Président », a affirmé Mamadou Lamine Dianté, retraçant le basculement d’une lutte de résistance vers un projet politique renouvelé.

Une fois élu président de la République, Bassirou Diomaye Faye a hérité d’une coalition victorieuse mais encore structurée comme un outil de conquête du pouvoir. Selon Dianté, Ousmane Sonko a rapidement pris conscience de ce décalage et a convoqué une réunion dès le 6 avril 2025, appelant à la refonte de la coalition. « Il a insisté pour qu’on change son nom et qu’on révise ses textes, afin qu’elle devienne une coalition au pouvoir et non plus en quête du pouvoir », a-t-il rapporté.

Mais à ce jour, cette refondation attend toujours. Mamadou Lamine Dianté déplore le maintien du nom « coalition Diomaye Président », alors que de nouveaux alliés ont rejoint la dynamique présidentielle, notamment après les législatives. Il appelle à une actualisation profonde de la structure pour qu’elle soit en phase avec les réalités de la gestion étatique et de l’ouverture politique post-électorale.

Interrogé sur les tensions internes, notamment autour de certaines décisions jugées unilatérales et attribuées à Aïda Mbodj, présidente actuelle de la coalition, M. Dianté a évité les mots durs. Il a préféré parler « d’incompréhensions » plutôt que de crises, plaidant pour un retour à un dialogue constructif.

En conclusion, il a insisté sur la nécessité de repenser cette coalition dans l’optique d’une gouvernance stable, inclusive et cohérente. Pour lui, seule une restructuration assumée permettra de renforcer la majorité présidentielle et de donner une vraie cohésion à l’action gouvernementale. « Il faut dépasser les logiques d’avant la campagne. Nous sommes désormais au pouvoir, et cela exige une nouvelle posture politique », a-t-il martelé.

Dr Idrissa Doucouré, un Visionnaire africain honoré pour son influence mondiale

La Haye, 16 mai 2025 – L’Ambassadeur Dr Idrissa Doucouré a été distingué par le titre prestigieux de Docteur Honoris Causa, décerné conjointement par l’Université Santander et la Fédération Internationale Honoris Causa. Cette reconnaissance, dans la catégorie des affaires internationales et du secteur public, met en lumière un parcours exceptionnel et une contribution significative à l’échelle mondiale.

Né au cœur du Sénégal, Dr Doucouré a grandi dans une famille de onze enfants, où l’éducation était la clé pour transformer des rêves modestes en réalités grandioses. Son parcours, guidé par une détermination inébranlable, l’a conduit à devenir un « Agent de Changement » reconnu, un titre qu’il a accepté avec une profonde gratitude lors de la cérémonie.

Dans son discours inspirant, Dr Doucouré a souligné l’importance de l’éducation comme source de transformation et de possibilités infinies. « Dans un monde où les défis semblent intimidants, chaque obstacle est une opportunité de croissance et de changement, » a-t-il affirmé. En tant que Président Exécutif du Conseil Mondial des Investissements et des Affaires, il a collaboré avec des leaders visionnaires pour libérer le potentiel illimité du continent africain, illustrant ainsi ce que l’on peut accomplir en rêvant audacieusement et en agissant avec détermination.

Inspiré par Nelson Mandela, Dr Doucouré a réaffirmé son engagement à faire une différence tangible dans la vie des autres. « Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas seulement d’avoir vécu, mais la différence que nous avons faite dans la vie des autres, » a-t-il déclaré, appelant à construire des ponts d’espoir et à inspirer les leaders de demain.

Cette distinction est non seulement un hommage à un parcours individuel exceptionnel, mais aussi une célébration des rêves partagés et des efforts collectifs. En honorant Dr Doucouré, le monde reconnaît l’impact profond de son travail et l’espoir qu’il incarne pour un avenir meilleur.

Pour les décideurs et le grand public, cet hommage est une invitation à s’engager dans une voie de coopération et de progrès, inspirée par l’exemple d’un homme dont la vie est un témoignage de résilience et de vision. Ensemble, nous pouvons bâtir un avenir où chaque rêve a la possibilité de se réaliser.

Crise à l’UGB : 400 étudiants de Kolda menacés d’expulsion, Dabo Gano lance un appel à l’aide

À 72 heures d’une expulsion imminente, la situation devient critique pour les étudiants originaires de Kolda à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Le président de l’Association des étudiants de Kolda, Dabo Gano, tire la sonnette d’alarme. En cause : un loyer impayé de 575 000 FCFA depuis cinq mois pour un logement collectif accueillant des dizaines d’étudiants.

Malgré de nombreuses démarches entreprises auprès des autorités locales et administratives, aucune réponse concrète n’a été apportée, plongeant les étudiants dans une profonde détresse. « Nous avons frappé à toutes les portes, mais en vain. Aujourd’hui, nous sommes à trois jours de l’expulsion. Si rien n’est fait, plus de 400 étudiants verront leur année académique compromise », a alerté Dabo Gano.

Selon le président de l’Association, ce retard est en grande partie lié à la non-libération de la subvention annuelle allouée par la municipalité de Kolda, traditionnellement destinée à soutenir les étudiants dans leurs frais d’hébergement et d’entretien. « Cette subvention est vitale pour nous. Sans elle, nous sommes livrés à nous-mêmes », déplore-t-il.

Les conséquences d’une telle expulsion pourraient être désastreuses, tant sur le plan académique que social. « Ce n’est pas seulement une question de toit. Ce logement est un espace d’entraide, un cadre de vie communautaire où nous partageons nos ressources pour mieux réussir. Le perdre, c’est risquer l’abandon pour beaucoup d’entre nous », explique un membre de l’Association.

Face à cette urgence, l’Association lance un appel solennel au maire de Kolda, aux autorités régionales et aux bonnes volontés pour qu’une solution rapide soit trouvée. Une intervention dans les prochaines heures pourrait éviter un drame social et préserver la stabilité académique de centaines d’étudiants.

Dabo Gano insiste sur le fait que cette situation n’est pas isolée : « Elle met en lumière la précarité dans laquelle vivent beaucoup d’étudiants issus des régions périphériques. Ce que nous demandons, ce n’est pas un privilège, mais le strict minimum pour étudier dignement. »

À l’heure où le pays mise sur la jeunesse et l’éducation comme leviers du développement, la détresse des étudiants de Kolda à l’UGB sonne comme un cri d’alarme. Reste à savoir si les autorités entendront cet appel avant qu’il ne soit trop tard.

Anta Babacar Ngom quitte officiellement le FRD et affirme l’autonomie politique de l’ARC

Kaffrine, Sénégal – En tournée de proximité dans la région de Kaffrine, notamment dans le Ndoucoumane, Anta Babacar Ngom, présidente du mouvement Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC), a annoncé son retrait définitif de la coalition de l’opposition Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR).

« J’ai officiellement annoncé mon départ définitif du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), une coalition née dans l’opposition. Aujourd’hui, l’Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC) entend tracer sa propre voie et assumer pleinement son autonomie. Je suis désormais engagée à 100 % dans ce projet politique, enraciné dans les réalités du pays, tourné vers la jeunesse, les femmes et les territoires oubliés », a-t-elle déclaré.

Toutefois, Anta Babacar Ngom précise qu’elle ne quitte pas pour autant l’opposition :

« Je reste fermement ancrée dans l’opposition. Ce choix, mûri depuis plusieurs mois, reflète une volonté claire : affirmer une nouvelle identité politique fondée sur la proximité, l’écoute, et une autre manière de faire de la politique. »

Cette tournée dans le Ndoucoumane marque une étape clé pour l’ARC, qui cherche à renforcer sa base militante et à bâtir un véritable mouvement citoyen. Selon la fondatrice du parti, il s’agit d’un retour aux fondamentaux : aller à la rencontre des populations, écouter leurs préoccupations, et bâtir une offre politique qui leur ressemble.

Interrogée sur sa participation au dialogue national convoqué par le président Bassirou Diomaye Faye, Anta Babacar Ngom a indiqué que l’ARC se donnera le temps de la réflexion :

« Nous allons nous concerter afin de définir notre position. »

Ce départ du FDR traduit une volonté claire d’indépendance stratégique, et confirme l’ambition d’Anta Babacar Ngom de s’imposer comme une figure incontournable de l’opposition sénégalaise, avec un discours centré sur le renouveau politique, l’inclusion et la proximité.

Landing Savané : une figure tutélaire de la résistance et du dialogue honorée par Alioune Tine

À l’occasion d’un hommage solennel, Alioune Tine, fondateur de l’Afrikajom Center, a rendu un vibrant témoignage à Landing Savané, saluant l’héritage politique et humain d’un homme dont la trajectoire a marqué l’histoire contemporaine du Sénégal. Dans une salle chargée d’émotions et de mémoire, réunissant des leaders politiques, des acteurs de la société civile et des personnalités engagées dans les combats économiques et sociaux, l’évocation de Landing Savané a résonné comme un appel à la mémoire collective et au respect de la lutte démocratique.

Dès son entrée dans la salle, Alioune Tine a ressenti, selon ses mots, « l’écho des luttes d’une nation entière ». Pour lui, Landing Savané n’est pas simplement un homme politique ; il incarne avant tout le courage intellectuel et moral, celui qui pousse un esprit brillant à choisir l’opposition, même au prix de sa liberté, de sa sécurité, voire de sa vie. En optant pour cette voie difficile, Landing a inscrit son nom dans l’histoire comme un résistant, un homme de principes et un défenseur intransigeant de la démocratie.

Mais au-delà du militant, Alioune Tine a surtout mis en lumière la générosité et l’humanité de Landing Savané. Son ouverture d’esprit, son humilité, et surtout son sourire – décrit comme une marque de tolérance et de dialogue – ont permis de créer autour de lui un climat rare de respect mutuel, même dans des arènes politiques souvent polarisées. Cette capacité à écouter, à dialoguer, à concilier les contraires a été cruciale, notamment lors des négociations menées pour sa libération, dans lesquelles Alioune Tine lui-même a joué un rôle actif.

La figure de Landing Savané reste également attachée à la résistance contre les régimes autoritaires, notamment dans les années 1990. À cette époque, marquée par des tensions politiques aiguës, Alioune Tine se souvient d’avoir combattu à ses côtés, partageant les risques et les espoirs d’un Sénégal aspirant à l’alternance démocratique. Ce combat collectif, mené avec d’autres figures de proue de l’opposition, a contribué à forger la singularité démocratique sénégalaise, reconnue sur le continent et au-delà.

La forte affluence de figures politiques à cet hommage témoigne de la stature exceptionnelle de Landing Savané, vu comme un trait d’union entre générations, un repère dans le tumulte de la politique, et un artisan d’un dialogue constructif entre les forces en présence. Pour Alioune Tine, cette reconnaissance découle d’un parcours mêlant rigueur idéologique, fidélité à ses convictions et qualité humaine.

Aujourd’hui encore, alors que le Sénégal traverse de nouveaux défis, Landing Savané demeure une source d’inspiration, un modèle pour ceux qui croient en une politique fondée sur les principes, le respect, et la volonté de construire un avenir commun. À travers le regard d’Alioune Tine, c’est toute une mémoire de la résistance démocratique qui est ravivée, et c’est un appel à la transmission de cet héritage aux nouvelles générations qui se dessine.

Santé publique à Kaffrine : Une vaste campagne de dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein organisée par le PUMA

Kaffrine s’apprête à accueillir une importante campagne de dépistage et de sensibilisation aux cancers féminins, portée par le Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires frontaliers (PUMA). Sous la supervision du ministère de la Famille et des Solidarités, cette initiative se déroulera du 18 au 25 mai 2025, avec pour principal objectif de renforcer la prévention et la prise en charge du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein dans la région.

Les opérations de dépistage débuteront le mardi 20 mai au centre de santé de Kaffrine, avant de se poursuivre le jeudi 22 mai au poste de santé de Maka Gouye Wolof, pour finalement s’achever au poste de santé de Keur de Babou. À travers ces étapes, les populations féminines des différentes localités bénéficieront d’un accès gratuit à des services de dépistage de proximité, contribuant ainsi à une détection précoce des maladies.

En parallèle des consultations médicales, la campagne intègre un important volet de renforcement des capacités. Trente-cinq sages-femmes issues de la région recevront une formation spécialisée sur les techniques de dépistage, notamment sur l’utilisation des appareils de thermo-ablation. Ces équipements seront également remis aux structures de santé concernées, marquant une étape significative dans l’amélioration de l’offre de soins de santé primaires.

Cette opération sanitaire s’inscrit dans une logique de protection de la santé des femmes rurales, souvent confrontées à un accès limité aux soins spécialisés. Elle témoigne de la volonté du gouvernement, à travers le PUMA et le ministère de la Famille, de réduire les inégalités en matière de santé et de favoriser la prévention active contre les cancers gynécologiques, qui restent parmi les principales causes de mortalité féminine au Sénégal.

Dakar Dem Dikk : une journée de réflexion pour moderniser la maintenance de ses bus

Dans un contexte de mutation profonde du secteur du transport urbain, Dakar Dem Dikk (DDD) poursuit sa dynamique de modernisation. Ce samedi, la société nationale de transport a organisé une journée de réflexion stratégique dédiée à sa direction technique, pilier essentiel chargé de la maintenance du parc automobile.

Sous l’impulsion du Directeur général, Assane Mbengue, cet atelier a réuni les principaux acteurs de l’entreprise : cadres de la direction générale, techniciens, partenaires sociaux, ainsi que des représentants des associations du personnel. L’objectif affiché est clair : renforcer l’efficacité opérationnelle de la direction technique pour l’adapter aux nouveaux défis du transport public.

Au cours des échanges, les participants ont abordé plusieurs axes stratégiques. Il s’agit notamment de la refonte de l’organigramme de la direction technique, de la préparation à la transition écologique – à travers l’introduction progressive de bus propres – ainsi que de la mise en place d’une nouvelle stratégie financière durable pour accompagner cette transformation.

Les travaux ont abouti à une série de recommandations visant à améliorer les performances techniques et environnementales de DDD. Pour en garantir l’application, un comité de suivi a été mis en place. Il aura pour mission de produire des rapports réguliers à l’intention de toutes les parties prenantes, assurant ainsi une mise en œuvre rigoureuse et concertée des décisions prises.

Sonko à Ouaga : la fraternité des fusils ou l’enterrement de la démocratie ?

Quand Ousmane Sonko atterrit à Ouagadougou, ce n’est pas juste un avion qui touche le tarmac. C’est toute une vision diplomatique qui s’écrase sur les principes démocratiques que Dakar brandissait jadis comme une bannière. « Le Sénégal soutiendra le peuple burkinabè et son gouvernement dans sa lutte pour la souveraineté et la sécurité », clame-t-il, verbe martial, bras ouverts, regard complice vers un Ibrahim Traoré à la posture de guerrier idéologue.
Mais soutenir qui, au juste ? Le peuple ou le putsch ? La nuance est fine, mais vitale.
Depuis son putsch de septembre 2022, le capitaine Traoré mène le Burkina Faso au pas de charge. Institutions suspendues, presse muselée, voix dissidentes étouffées : un cocktail explosif, servi avec un zeste d’anti-impérialisme et une rasade de propagande. Certains le voient en nouveau Sankara. D’autres, en version sahélienne de Loukachenko.
Il a rompu avec Paris, flirté avec Moscou, et adopté une posture de cow-boy du Faso. Sauf qu’entre l’uniforme et la gouvernance, il y a un monde. Et ce monde-là est en train de basculer dans l’ombre.
Sonko, de son côté, ne fait plus dans la demi-mesure. Lui, l’ancien trublion du système, aujourd’hui Premier ministre, semble décidé à redistribuer les cartes géopolitiques comme on secoue un jeu de tarot. Et avec sa visite à Ouagadougou, il donne clairement l’impression de vouloir rejoindre le club très fermé des gouvernants en mode “règlement de comptes avec la démocratie”.
Soutenir Traoré, c’est faire un bras d’honneur à la CEDEAO, à l’Union africaine, à tous ceux qui pensent encore que les urnes valent mieux que les armes. C’est surtout jouer avec le feu… dans une région déjà noyée sous la poudre.
Oui, le terrorisme ravage le Sahel. Oui, les populations sont prises en otage entre djihadistes et militaires. Mais non, la démocratie n’est pas un luxe qu’on suspend comme un abonnement Netflix en temps de crise.
La sécurité sans justice, c’est la dictature qui avance masquée. Et les drones turcs ou les blindés russes ne rebâtiront ni les écoles brûlées ni les hôpitaux abandonnés.

Bamako, Niamey, Ouagadougou : les trois capitales d’une nouvelle alliance de fait, que Sonko semble vouloir rejoindre. Une alliance née dans les cendres des coups d’État, nourrie par une rhétorique souverainiste à géométrie variable, et dopée à l’hostilité envers tout ce qui ressemble de près ou de loin à une ONG ou à une élection libre.
Mais bâtir l’avenir sur la défiance, c’est comme construire une maison sur le sable en saison des pluies. L’union des régimes militaires est fragile. Aujourd’hui copains, demain concurrents.
Le Sénégal a longtemps été l’exception ouest-africaine : stabilité, alternance, société civile forte. Aujourd’hui, il vacille entre héritage républicain et tentation populiste. Et Sonko, qui aurait pu incarner un souffle nouveau, risque de devenir le parrain politique d’un conglomérat autoritaire en expansion.
Mais la Teranga ne se partage pas avec des bottes, elle s’offre avec des urnes.
Le Burkina Faso mérite mieux qu’un théâtre d’ombres où la souveraineté sert de paravent à la répression. Ce pays courageux, qui a vu naître Sankara, ne peut pas se contenter de slogans creux et de drapeaux agités au vent de l’orgueil. Les Burkinabè n’ont pas besoin de héros en treillis. Ils ont besoin d’État, d’éducation, de justice, de paix.
Sonko est à la croisée des chemins : être l’éclaireur d’un renouveau africain… ou l’idiot utile d’une dérive autoritaire. L’histoire, elle, n’attend pas. Elle tranche. Et elle n’épargne ni les aventuriers, ni les complices.

Défense et sécurité : le Sénégal et le Burkina Faso unissent leurs forces contre le terrorisme

Face à une menace terroriste toujours persistante dans la sous-région, le Sénégal et le Burkina Faso renforcent leur coopération en matière de défense et de sécurité. C’est ce qui ressort d’une séance de travail conjointe tenue ce samedi, sous la présidence des Premiers ministres Ousmane Sonko et Jean Emmanuel Ouédraogo, en présence des délégations des deux pays.

Au cœur des discussions : la lutte contre le terrorisme, le trafic d’armes, la criminalité transfrontalière et d’autres formes de menaces sécuritaires communes.

Les deux États ont exprimé une volonté ferme de mutualiser leurs moyens, de renforcer les échanges d’informations stratégiques et de coordonner leurs actions pour répondre efficacement aux défis sécuritaires. Une attention particulière a été portée à la circulation des armes légères, au terrorisme et aux réseaux criminels actifs dans la région.

Tout en insistant sur la nécessité d’une réponse endogène, les deux parties ont appelé la communauté internationale à appuyer davantage les efforts régionaux, en mettant en avant la nécessité d’un soutien sans ingérence dans la souveraineté des États.

Dans cette logique, les deux pays se sont félicités de la convergence de vues entre les présidents Ibrahim Traoré du Burkina Faso et Bassirou Diomaye Faye du Sénégal, notamment sur la maîtrise du destin national et la préservation de la souveraineté face aux influences extérieures.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé le soutien du Sénégal au peuple burkinabè, saluant la résilience et le courage des forces armées et des populations du Faso.

« Le Sénégal est solidaire du Burkina Faso dans sa lutte courageuse contre le terrorisme. Nous rendons hommage aux combattants tombés sur le champ d’honneur et saluons la bravoure du peuple burkinabè », a-t-il déclaré.

Au-delà de la sécurité, cette collaboration renforcée entre Dakar et Ouagadougou s’inscrit dans une volonté plus large d’intégration régionale, de solidarité et d’autodétermination, dans un contexte où la stabilité des États sahéliens demeure un enjeu crucial pour l’avenir du continent.

Kaolack : L’association And Xékh Hépatite et l’ONG VIHeillir 2 en croisade contre l’hépatite

Dans le cadre de la lutte contre les maladies infectieuses, une campagne de sensibilisation sur l’hépatite s’est tenue ce samedi dans le quartier Thioffack, dans la commune de Kaolack. L’initiative est portée par l’association And Xékh Hépatite, en collaboration avec l’ONG VIHeillir 2. Cette activité a été l’occasion d’informer les populations sur les dangers liés à l’hépatite, ses modes de transmission, les moyens de prévention ainsi que l’importance du dépistage.

“Nous avons constaté qu’à Kaolack, l’hépatite fait des ravages au sein de la communauté. Alors, nous avons jugé nécessaire de sensibiliser la population. C’est une maladie très méconnue par une grande partie des habitants”, a expliqué Médoune Koné, président de l’association And Xékh Hépatite au Sénégal.

Il précise que cette campagne a été rendue possible grâce au soutien financier de l’ONG VIHeillir 2, qui a permis l’organisation d’activités de sensibilisation dans la commune de Kaolack, avec l’implication des badianu gox, des religieux, des jeunes et des femmes, dans le but d’éradiquer cette maladie.

En marge de cette activité, Ibrahima Diouf, chargé de projet à l’ONG VIHeillir 2, a rappelé les objectifs de ce programme :

“Notre projet vise à appuyer le système de santé dans la région de Kaolack, en ciblant spécifiquement l’accompagnement des personnes âgées de 50 ans et plus, souvent affectées par le VIH ou d’autres maladies chroniques comme l’hépatite B et C, le diabète, l’hypertension artérielle ou encore le cancer du col de l’utérus.”

Il a également souligné :

“Dès notre arrivée, nous avons contractualisé avec six associations, certaines axées sur l’hypertension, d’autres sur le diabète. Quant à l’association And Xékh Hépatite, elle a choisi de se focaliser sur l’hépatite, et c’est dans ce cadre que notre financement a été orienté vers la sensibilisation. Le constat est clair : dans la région de Kaolack, il y a beaucoup de cas d’hépatite. Et puisque notre objectif est d’améliorer la santé des populations, nous avons jugé essentiel d’intervenir.”

Le Dr Wally Ka, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital régional El Hadji Ibrahima Niasse, qui a animé la session de sensibilisation, a apporté un éclairage médical :

“Au Sénégal, le taux de prévalence de l’hépatite est de 11 %, ce qui est relativement élevé et justifie pleinement ce genre d’initiatives pour faire baisser ce chiffre. Cela passe par des actions de prévention, en particulier le dépistage actif. Une fois dépisté, si la personne n’est pas porteuse chronique, elle peut bénéficier de la vaccination, qui constitue un outil efficace pour inverser la tendance.”

Il a également rappelé la gravité de la maladie :

“C’est une maladie qui tue beaucoup. Selon l’OMS, en 2022, 1,1 million de décès ont été enregistrés à cause de l’hépatite. Ici à Kaolack, nous n’avons pas de chiffres précis, mais dans notre pratique quotidienne, nous voyons régulièrement des patients mourir de complications liées à l’hépatite virale, comme la cirrhose ou le cancer du foie”, a conclu Dr Wally Ka.

Promotion des valeurs LGBTQ : « And Sàmm Jikko Yi » dénonce une « agression » et exige des sanctions

Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » est de nouveau monté au créneau, cette fois pour dénoncer ce qu’il qualifie de « provocation » orchestrée par un ressortissant étranger homosexuel ayant récemment séjourné à Dakar. Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi, ses membres ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils estiment être une « agression » contre les valeurs culturelles et religieuses du peuple sénégalais.

Le porte-parole du collectif, Adama Mboup, a condamné avec fermeté « l’impunité » dont jouiraient, selon lui, certains activistes LGBTQ étrangers dans le pays.

« Le peuple sénégalais est encore sous le choc de la dernière provocation et agression menée par une bande d’homosexuels étrangers sur notre territoire », a-t-il déclaré.

Le collectif a réclamé l’ouverture d’une enquête officielle pour identifier les auteurs, mais aussi les éventuels complices au Sénégal ou à l’étranger. Pour M. Mboup, cette affaire ne serait pas un acte isolé, mais ferait partie d’un « programme » visant à promouvoir des valeurs étrangères « incompatibles avec les fondements culturels et religieux de notre société ».

Insistant sur la gravité de l’affaire, « And Sàmm Jikko Yi » a exigé des sanctions exemplaires pour les personnes impliquées. « Une pareille offense à tout un peuple et à ses valeurs ne peut rester sans suite », a martelé Adama Mboup, pointant ce qu’il considère comme un vide juridique dans le code pénal sénégalais.

Le collectif renouvelle à cette occasion sa principale revendication : l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité, notamment dans ses formes de promotion publique, médiatique ou institutionnelle.

« L’article 319 ne suffit plus. Il ne condamne ni la promotion ni toutes les dérives liées à ce phénomène. Il faut une loi complète, ferme et urgente », a soutenu M. Mboup.

Cette nouvelle sortie médiatique intervient dans un climat marqué par des débats sensibles sur les libertés individuelles, la souveraineté culturelle et l’ingérence étrangère. Si le collectif reste influent dans certaines sphères sociales et politiques, la question de l’équilibre entre droits humains universels et valeurs traditionnelles continue de diviser l’opinion publique et les décideurs.

Crise à l’IPRES : le syndicat alerte sur une gestion “suicidaire” et des “recrutements massifs irréguliers”

L’ambiance est de plus en plus tendue au sein de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES). Dans un communiqué au ton particulièrement alarmiste, le Syndicat autonome des travailleurs de l’IPRES dénonce une série de dérives qu’il qualifie de “suicidaires” pour l’avenir de l’institution.

Selon les syndicalistes, la direction actuelle, notamment le Président du Conseil d’Administration (PCA) et le Directeur général, mène une gestion opaque, déstructurée et clientéliste, marquée par des “recrutements massifs irréguliers”.

Le syndicat accuse le PCA d’avoir transformé l’institution en une structure à sa solde, où les postes stratégiques seraient désormais occupés par des proches, militants ou obligés, sans tenir compte de la compétence ou des besoins réels de l’organisme. “Le mérite n’est plus un critère d’avancement”, dénoncent les agents, qui décrivent un climat délétère au sein des bureaux, notamment à Point E, où l’effectif pléthorique rend les conditions de travail intenables.

“Deux travailleurs doivent désormais se partager un même poste”, souligne le syndicat, qui qualifie ces embauches de “totalement déconnectées” des réalités structurelles et financières de l’institution.

Plus inquiétant encore, les représentants du personnel affirment que la hiérarchie a perdu toute crédibilité, réduite à une exécution docile des ordres venus d’en haut. La loyauté irait désormais “à un homme et non à l’institution”, ce qui provoquerait un désengagement profond des travailleurs, de plus en plus nombreux à exprimer leur désillusion.

Face à cette situation, le syndicat pointe la passivité des autorités gouvernementales, qu’il accuse de faire preuve d’“attentisme” face à une crise interne menaçant la survie de l’IPRES. “C’est une non-assistance à institution en péril”, martèle le communiqué, qui appelle à une intervention urgente de l’État pour “sauver ce qui peut encore l’être”.

Cette sortie syndicale intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la gestion des organismes publics au Sénégal. L’IPRES, pilier central du système de retraite, se trouve aujourd’hui fragilisée par des accusations graves qui, si elles sont confirmées, pourraient relancer le débat sur la gouvernance et la transparence dans la gestion des institutions sociales.

Guinaw Rails : Un homme interpellé avec 28 kg de chanvre indien

Les éléments du Commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails ont frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de drogue. Vendredi 16 mai, aux environs de 20h30, un individu a été interpellé pour trafic international, offre et cession de drogue, selon un communiqué de la Police nationale.

Cette arrestation fait suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel faisant état de l’existence d’un vaste réseau de trafic actif vers l’arrêt TER de Dalifort, et entretenu par le suspect.

Alertés par les renseignements, les enquêteurs ont monté une opération ciblée ayant conduit à l’interpellation du suspect alors qu’il était en possession de cinq cornets de chanvre indien. Une première saisie qui allait révéler une cachette beaucoup plus importante.

Suite à son arrestation, une perquisition a été menée au domicile du mis en cause. Celle-ci a permis la découverte de 28 kilogrammes de chanvre indien soigneusement dissimulés dans un sac. La police a également saisi du matériel servant probablement à la confection de cornets : deux paires de ciseaux, deux couteaux, un plateau et du papier.

Le suspect a immédiatement été placé en garde à vue, tandis que la drogue a été consignée au poste de police pour les besoins de l’enquête.

Les services de la police précisent que les investigations se poursuivent pour identifier et interpeller d’éventuels complices. Les autorités soulignent leur détermination à démanteler les réseaux de trafic de drogue, qui alimentent l’insécurité et affectent les populations, notamment les jeunes.

Loi sur la criminalisation de l’homosexualité : Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » relance la pression sur les autorités

Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » est une nouvelle fois monté au créneau pour exiger l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité au Sénégal. Face à la presse ce samedi, ses membres ont réaffirmé leur position jugée intransigeante sur cette question et ont appelé les députés à agir « sans délai ».

Le porte-parole du collectif, Adama Mboup, a dénoncé les tentatives de discrédit dont son mouvement aurait fait l’objet sous le régime précédent, qu’il accuse d’avoir orchestré des campagnes de déstabilisation. « Le régime déchu accusant le collectif de sa débâcle n’a reculé devant aucune méthode de discrédit et de calomnie à notre égard. […] Nous sommes restés dans nos bottes », a-t-il affirmé.

Selon le collectif, la rencontre tenue le 19 février dernier avec El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, n’a pas été suivie d’effets concrets. « Depuis lors, nous attendons du pouvoir un projet de loi », déplore M. Mboup, rappelant que le collectif réclame depuis des mois un texte clair criminalisant l’homosexualité au Sénégal.

En l’absence d’initiative gouvernementale, le collectif affirme avoir entamé des discussions avec plusieurs parlementaires favorables à leur cause. Adama Mboup indique que des députés de tous bords — majorité, opposition ou non-alignés — se montreraient « sensibles à l’attente et à l’espoir du peuple ».

L’objectif affiché est l’introduction, dans les plus brefs délais, d’une proposition de loi émanant du Parlement, indépendamment de l’exécutif.

La sortie médiatique de « And Sàmm Jikko Yi » intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les questions de société au Sénégal. Le collectif, qui revendique un rôle de sentinelle morale, entend maintenir la pression sur les institutions pour que la législation reflète, selon lui, les valeurs de la majorité des Sénégalais.

Commerce : Le Sénégal et le Burkina Faso vers une intensification de leur coopération bilatérale

Le Sénégal et le Burkina Faso se préparent à franchir une nouvelle étape dans leur coopération stratégique. Ce samedi, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et son homologue burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, ont coprésidé une séance de travail élargie aux deux délégations à l’issue de laquelle les deux États ont annoncé leur volonté de tenir dans les meilleurs délais la 6e session de la Grande Commission Mixte de Coopération.

Cette rencontre marque une volonté partagée de dynamiser les relations bilatérales, notamment sur le plan économique, commercial et financier. Dans un communiqué conjoint, les deux pays ont exprimé leur engagement à renforcer les échanges d’expériences en matière de bonne gouvernance, discipline budgétaire et gestion rigoureuse des ressources publiques.

Les Premiers ministres ont mis un accent particulier sur le développement des échanges commerciaux entre leurs deux pays. Ils ont insisté sur l’importance de créer davantage de partenariats entre les secteurs privés, d’encourager la libre circulation des biens et des personnes et d’améliorer la logistique du transport, notamment par le biais du Port de Dakar, qui reste une plateforme stratégique pour les pays de l’hinterland sahélien.

À cet effet, les deux dirigeants se sont félicités du projet d’implantation prochaine d’une représentation de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso au Sénégal, une initiative qui devrait faciliter les affaires et offrir un pont direct entre les communautés d’affaires des deux pays.

Au-delà des enjeux économiques, les deux délégations ont salué la qualité exemplaire de la coopération bilatérale dans divers autres domaines d’intérêt commun. Elles ont donné instruction à leurs Ministres des Affaires étrangères de prendre les dispositions nécessaires pour la tenue rapide de la 6e session de la Grande Commission Mixte, qui permettra d’adopter de nouveaux accords concrets au service du développement mutuel.

Le Collectif “And Samm Jikko Yi” Contre-Attaque : “Nous Ne Serons Ni Manipulés, Ni Intimidés”

Devant la mosquée inachevée de l’ancien aéroport de Dakar, le collectif “And Samm Jikko Yi” a tenu une conférence de presse ce samedi, marquant une nouvelle étape dans son engagement en faveur de la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal. Dans une atmosphère tendue mais résolue, ses membres ont saisi l’occasion pour répondre fermement à leurs détracteurs, qu’ils qualifient de « pseudo-défenseurs » des valeurs sénégalaises.

Babacar Sylla, président du collectif, a pris la parole pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une tentative de récupération politique de leur lutte. « Certains individus, mus par des intérêts électoralistes et personnels, cherchent à détourner notre combat pour des ambitions qui n’ont rien à voir avec la défense des valeurs culturelles et religieuses de notre pays », a-t-il déclaré.

Le leader du collectif a tenu à rappeler que “And Samm Jikko Yi” reste fidèle à sa ligne de conduite, indépendante de toute pression politique. « Nous ne sommes ni un parti politique, ni un instrument aux mains de qui que ce soit. Notre engagement est clair : protéger les fondements moraux du Sénégal », a-t-il insisté.

Babacar Sylla a également renouvelé l’appel du collectif à l’État du Sénégal pour l’adoption d’une législation plus rigoureuse criminalisant l’homosexualité. Selon lui, la loi actuelle reste insuffisante face à ce qu’il qualifie de “menace contre l’identité culturelle et religieuse sénégalaise”.

Le discours, empreint de fermeté, a été applaudi par les partisans présents, qui ont réaffirmé leur soutien indéfectible à la cause défendue par le collectif. Toutefois, cette prise de position continue de susciter un débat national, opposant les défenseurs des droits humains aux tenants d’une ligne conservatrice.

Intoxication présumée à Thiénaba Cayor : les premiers résultats de l’autopsie des quatre talibés écartent la piste de violences

Un nouveau tournant dans l’enquête sur le décès tragique de quatre jeunes talibés de l’école coranique de Thiénaba Cayor, dans le département de Kébémer. Les premiers éléments de l’autopsie, réalisée à la demande du procureur près le Tribunal de grande instance de Louga, apportent un éclairage partiel mais crucial sur cette affaire qui a bouleversé l’opinion.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, les examens médicaux pratiqués par le médecin légiste de l’Hôpital général de Grand-Yoff ont permis de détecter un liquide suspect dans l’estomac des enfants. Ce liquide, encore non identifié, a nécessité des prélèvements sanguins sur les corps de Fallou Fall, Modou Dièye et Cheikh Oumar Guèye. Les échantillons ont été transmis à l’Institut Pasteur pour des analyses toxicologiques plus poussées. Les résultats, attendus au cours du week-end, pourraient orienter de manière décisive l’enquête en cours.

En l’absence de toute trace de violences ou de traumatismes sur les corps, la thèse de sévices corporels a été écartée. Les enquêteurs privilégient désormais la piste d’une intoxication, possiblement liée à la consommation d’une plante appelée localement « Mbanté Maré ». D’après les premières déclarations du maître coranique, placé en garde à vue prolongée puis déféré devant le parquet de Louga, les enfants lui auraient eux-mêmes avoué avoir consommé cette plante, qui pousse à l’intérieur du daara.

Le maître coranique est actuellement poursuivi pour mise en danger de la vie d’autrui, homicide involontaire et ouverture d’un internat sans autorisation administrative. Son sort dépend désormais des conclusions définitives de l’Institut Pasteur, qui devraient confirmer ou infirmer la thèse de l’intoxication par ingestion de plantes toxiques.

Les corps des jeunes victimes ont été remis à leurs familles ce vendredi, puis inhumés. Toutefois, les parents ont fait savoir qu’ils ne comptaient pas se constituer partie civile, malgré la douleur et l’émotion. De leur côté, les autorités administratives de Louga ont pris des mesures conservatoires : fermeture immédiate de l’école coranique concernée et retour des talibés dans leurs familles respectives, en attendant l’issue de la procédure judiciaire.

Pape Abdoulaye Touré refuse l’indemnité de l’État : « Je veux la justice, pas l’aumône »

Le Coordonnateur du Mouvement Sénégal Notre Priorité (SNP), Pape Abdoulaye Touré, a décliné une indemnisation proposée par le Ministère de la Famille et des Solidarités, destinée aux anciens détenus politiques. Dans un message empreint de fermeté et de dignité, il a réaffirmé sa position : il ne réclame ni faveur ni compensation financière, mais exige que justice lui soit rendue.

« Pour la première fois, j’ai reçu hier un appel du Ministère de la Famille et des Solidarités. On m’y informait que je pouvais déposer mon papier de libération de prison ainsi qu’une photocopie de ma pièce d’identité afin de bénéficier d’une indemnité d’un montant de 500.000 FCFA, en tant qu’ex-détenu politique », a-t-il révélé.

Cependant, fidèle à ses principes, M. Touré a tenu à rappeler qu’aucune somme d’argent, aussi symbolique ou conséquente soit-elle, ne saurait remplacer la reconnaissance des violations qu’il dit avoir subies. « Comme je l’ai toujours affirmé, je ne toucherai pas un seul franc d’une quelconque indemnité tant que justice ne me sera pas rendue dans cette affaire de torture que j’ai subie », a-t-il déclaré.

Son refus n’est pas une simple posture : il traduit un combat plus profond pour la vérité et contre l’impunité. Victime autoproclamée de violences alors qu’il était en détention, Pape Abdoulaye Touré réclame que les responsables soient identifiés et jugés. « Ma position d’hier reste inchangée aujourd’hui : je préfère qu’on me rende justice, plutôt qu’on m’octroie tout le budget de l’État parce que l’honneur et la dignité d’un homme valent bien plus que l’argent. »

Cette déclaration intervient dans un contexte où plusieurs anciens détenus politiques commencent à bénéficier de mesures de réparation de la part des autorités. Mais pour certains comme M. Touré, ces gestes officiels ne suffisent pas à panser les plaies d’un passé encore douloureux.

En plaçant l’honneur et la justice au-dessus de toute considération matérielle, Pape Abdoulaye Touré entend faire de son combat une tribune pour toutes les victimes silencieuses du système carcéral. Et rappeler que le pardon, comme la réconciliation, passe d’abord par la vérité.

Tahirou Sarr au cœur d’un nouveau scandale financier : l’affaire des Certificats Nominatifs d’Obligation (CNO)

Déjà englué dans une affaire de détournement présumé de 91 milliards FCFA, l’homme d’affaires Tahirou Sarr voit son nom une nouvelle fois gravement entaché. Selon les révélations du journal L’Observateur dans son édition du 14 mai 2025, un nouveau dossier, aussi opaque que complexe, vient s’ajouter à la longue liste des ennuis judiciaires de l’industriel : l’émission de Certificats Nominatifs d’Obligation (CNO) d’un montant total de 100,29 milliards FCFA.

Entre septembre 2023 et février 2024, trois tranches de CNO ont été émises au bénéfice de Coris Bank, prétendument pour couvrir des dettes de l’État envers Sofico, société dirigée par Tahirou Sarr. Les montants en question sont faramineux :

20 milliards FCFA le 8 septembre 2023 45,10 milliards FCFA le 28 décembre 2023 35,19 milliards FCFA le 28 février 2024

L’objectif officiel ? Règlement d’échéances de crédits bancaires et paiement de fournitures destinées au ministère de l’Environnement. Mais selon L’Observateur, les documents fournis sont loin d’être convaincants, avec un flou inquiétant autour de la nature réelle des fournitures — du matériel de sécurité dont les spécifications restent inconnues.

Les soupçons se densifient lorsque L’Observateur évoque une possible connexion avec le controversé contrat d’armement de 45 milliards FCFA signé en 2022 avec Aboubakar Hima, alias Petit Boubé, déjà bien connu pour ses relations douteuses avec plusieurs États africains. Le silence entourant les modalités d’exécution et la finalité des fonds alloués alimente les interrogations des magistrats financiers, qui évoquent un “manque de transparence manifeste”, selon des extraits de rapports cités dans le journal.

Alors qu’il est déjà placé sous mandat de dépôt pour escroquerie sur les deniers publics, association de malfaiteurs en bande organisée et blanchiment de capitaux, Sarr devait comparaître ce mardi 14 mai devant la Chambre d’accusation financière pour une audience cruciale concernant la saisie de ses biens. Celle-ci a finalement été reportée au 21 mai, sur requête de ses avocats, qui souhaitent affiner leur stratégie de défense.

Mais le plus inquiétant reste peut-être les rapports de la Cour des comptes, transmis au ministère de la Justice, qui recommandent l’ouverture urgente d’enquêtes pénales. La nature fragmentaire des informations transmises par Sofico et les services de l’État fait planer de sérieux doutes sur la régularité et la légalité des opérations menées.

Dans les cercles financiers sénégalais, Tahirou Sarr est passé en peu de temps de discret industriel à figure centrale d’un scandale financier tentaculaire, potentiellement lié à des circuits de financement opaques entre secteur privé et État. Cette affaire pourrait rapidement devenir un test pour la crédibilité du parquet financier, mais aussi pour la volonté des autorités politiques de faire toute la lumière sur des pratiques jusque-là protégées par un mur de silence et d’influence.

L’opinion publique, elle, s’impatiente, dans un contexte national où la transparence dans la gestion des deniers publics est plus que jamais exigée.

Drame à Nioro du Rip : Deux jeunes talibés se noient dans un marigot en allant chercher du bois

Un tragique accident a endeuillé la commune de Nioro du Rip, dans la région de Kaolack. Deux jeunes talibés, Mouhamed Touré, 9 ans, et Omar Dramé, 10 ans, ont perdu la vie par noyade dans un marigot situé derrière la ville, sur la route de Porokhane. L’information a été rapportée par le journal L’Observateur dans son édition du jour.

Les deux enfants faisaient partie d’un groupe de talibés du daara dirigé par Serigne Abib Dramé. Comme à leur habitude, ils avaient quitté leur daara tôt le matin, accompagnés de plusieurs camarades, pour aller chercher du bois mort dans la brousse. Mais ce qui devait être une simple corvée s’est transformé en une scène de drame.

Selon les témoignages recueillis sur place, les enfants, fatigués par leur tâche, ont décidé de se baigner dans le marigot pour se rafraîchir. Pendant la baignade, Omar Dramé s’est éloigné du groupe et s’est retrouvé en difficulté. Mouhamed Touré, voyant son camarade en détresse, a tenté de lui venir en aide. Malheureusement, il a été emporté à son tour par les eaux.

Leurs camarades, impuissants face à la situation et pris de panique, ont immédiatement quitté les lieux pour alerter les adultes, dont leur maître coranique. Les secours ont été appelés en urgence.

Les sapeurs-pompiers de Nioro, alertés un peu plus tard, ont procédé aux recherches et ont retrouvé les corps sans vie des deux enfants aux environs de 8h30. Les dépouilles ont été transportées à la morgue du district sanitaire de Nioro.

Selon les informations de L’Observateur, les enfants ont été inhumés respectivement à Ndoffane pour Mouhamed Touré, et à Nioro pour Omar Dramé, dans une atmosphère de profonde tristesse.

Ce drame relance la question des conditions de vie des talibés et de leur encadrement, notamment lors de sorties en brousse, souvent réalisées sans surveillance adulte. Une enquête pourrait être ouverte pour faire la lumière sur les circonstances exactes de l’incident.

Mame Makhtar Gueye relance le combat pour la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal

Le président de l’ONG islamique Jamra, Mame Makhtar Gueye, a de nouveau exprimé ce vendredi 16 mai son opposition ferme à la présence et à la visibilité des personnes LGBT au Sénégal. Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, il a annoncé une série d’actions militantes pour exiger la criminalisation de l’homosexualité, à commencer par un rassemblement prévu le 23 mai devant les ruines de l’immeuble effondré à Ngor, qu’il qualifie de « prière de repentir ».

« Aujourd’hui marque le premier jalon de notre combat pour la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation populaire massive.

Appel à l’unité contre « l’agenda LGBT »

Le leader de Jamra a invité les organisations religieuses et civiles à faire front commun contre ce qu’il considère comme une « banalisation des actes homosexuels » dans la société sénégalaise. La marche du 23 mai, selon lui, vise à « rappeler à l’ordre les autorités » et à empêcher toute tentative d’intégration de ce qu’il appelle « l’agenda LGBT » dans les normes sociales et juridiques du pays.

Mame Makhtar Gueye n’a pas épargné le leader français de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, dont la récente visite au Sénégal a été, selon lui, « une ingérence étrangère ». Il l’a accusé d’appartenir à la loge maçonnique du Grand Orient de France depuis 1983, ce qui en ferait, à ses yeux, un symbole de l’influence occidentale sur les questions sociétales.

« Il ne devait pas être invité ici. C’est une erreur », a-t-il lancé à l’endroit du président sénégalais Ousmane Sonko.

L’ONG Jamra reproche au chef de l’État sénégalais un supposé revirement sur la question de la criminalisation de l’homosexualité. Rappelant les engagements passés de Sonko lorsqu’il était dans l’opposition, Mame Makhtar Gueye l’interpelle directement :

« Si Sonko donne une réponse pire que celle de Macky Sall, allons-nous rester les bras croisés ? »

Il dénonce ce qu’il considère comme une « tolérance assumée » du nouveau régime à l’égard des minorités sexuelles, en contradiction avec les valeurs religieuses et culturelles sénégalaises.

Jamra et d’autres organisations religieuses avaient déjà tenté en 2022 de faire voter une loi criminalisant explicitement l’homosexualité au Sénégal, une initiative qui avait été stoppée net par l’Assemblée nationale. Mame Makhtar Gueye entend désormais relancer cette campagne avec un nouvel élan, dans un contexte politique profondément renouvelé.

« Nous ne cherchons ni à diaboliser ni à stigmatiser. Nous voulons protéger notre héritage moral et religieux », a-t-il conclu.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°467 – 17 ET 18/05/2025

🔴 NOUVELLE MOBILISATION DE 44 MILLIARDS F CFA : LE SÉNÉGAL ABONNÉ AU GUICHET UMOA
🔴 INACTION DE L’ÉTAT FACE À L’INSTALLATION DE LOBBIES ASIATIQUES ET LA SPÉCULATION SUR LES PRIX : LES TRANSFORMATEURS D’ANACARDE À L’AGONIE

🔴 JO 2028 / DES TAXIS VOLANTS POUR LE TRANSPORT DU PUBLIC : LOS ANGELES EN MODE SCIENCE-FICTION
🔴 ÉJECTÉ DE LA COUPE DU SÉNÉGAL : JARAAF JOUE SA DERNIÈRE CARTE EN LIGUE 1

Inondations à Kaolack : Entre détresse et résilience des populations, le maire Serigne Mboup à la recherche de solutions

Chaque saison des pluies ramène avec elle son lot d’angoisses pour les habitants de Kaolack. Depuis des années, les fortes précipitations provoquent d’importantes inondations, plongeant plusieurs quartiers de la ville dans une situation critique.

À Médina Mbaba, Thioffack, Sam, Ndangane et bien d’autres quartiers, les eaux stagnantes envahissent les maisons, les écoles, les routes et les marchés. Des familles entières se retrouvent sans abri, forcées de chercher refuge chez des proches ou dans des abris improvisés.

Face à cette récurrence du phénomène, les populations oscillent entre détresse et résilience. Malgré les pertes et les conditions de vie précaires, elles continuent de s’adapter, de se soutenir mutuellement et de faire preuve de courage.

Le maire de la ville, Serigne Mboup, est pleinement conscient de la gravité de la situation. Il multiplie les initiatives pour apporter des solutions durables aux inondations qui affectent Kaolack chaque année. Des projets de drainage, de curage des canaux et de construction d’infrastructures adaptées sont à l’étude, avec l’appui des services techniques et de partenaires institutionnels.

Cependant, la tâche reste immense et nécessite un engagement collectif à long terme. Pour beaucoup, il est impératif que les autorités locales et nationales conjuguent leurs efforts pour répondre efficacement à ce fléau, et surtout, éviter que les prochaines saisons des pluies ne ravivent encore le même cauchemar.

Transport aérien au Sénégal : Pourquoi les avions L410-NG restent cloués au sol malgré leur potentiel évident

L’acquisition par l’État sénégalais de cinq avions L410-NG pour Air Sénégal a suscité beaucoup d’espoirs, mais également de nombreuses interrogations quant à leur immobilisation actuelle. Cette opération, inscrite dans une stratégie nationale de redressement de la compagnie aérienne, visait à réduire les pertes abyssales enregistrées par Air Sénégal et à rendre le transport aérien plus accessible. Pourtant, malgré leur potentiel, ces appareils ne décollent toujours pas.

En 2022, Air Sénégal faisait face à une situation financière alarmante avec des pertes mensuelles dépassant les 6 milliards de francs CFA, malgré un taux de remplissage des vols supérieur à 70 %. Le déficit était particulièrement important sur les lignes internationales comme New York, Barcelone ou Milan, qui accusaient un trou de plus de 2 milliards de francs CFA par mois. À l’échelle nationale, la desserte de zones comme Cap Skirring générait elle aussi des pertes considérables. Face à cette situation, l’État a décidé d’acquérir huit avions L410-NG, en deux phases, afin de diminuer les coûts d’exploitation et ainsi rendre les vols plus abordables, notamment sur les lignes domestiques.

Ces avions sont nettement moins coûteux à exploiter que les ATR72-600 utilisés jusqu’alors. Avec un coût horaire estimé à 1 000 dollars contre 6 000 dollars pour les ATR, l’arrivée des L410-NG devait permettre de réduire les prix des billets, passant de 65 000 à environ 40 000 francs CFA, une baisse significative pour encourager l’accès au transport aérien. Contrairement à certaines accusations d’opacité, le processus d’acquisition s’est déroulé avec transparence et rigueur. Plusieurs missions, regroupant des représentants de l’ANACIM, d’Air Sénégal, de l’Armée de l’air et des ministères, se sont rendues à Prague entre août 2023 et février 2024 pour superviser les négociations, vérifier les appareils et valider les modalités techniques. Le financement a été organisé sous forme d’un crédit export tchèque sur 12 ans, évitant ainsi que la compagnie n’engage des fonds propres ou n’alourdisse sa dette.

Malgré ces conditions favorables, l’immobilisation actuelle de deux avions livrés n’est pas due à un problème technique ou stratégique, mais à un retard majeur dans la formation des personnels. Bien que le constructeur OMNIPOL ait proposé plusieurs sessions de formation entre mars et décembre 2024, aucun pilote, mécanicien ou ingénieur sénégalais n’a encore été envoyé à Prague pour se former à l’utilisation et à la maintenance de ces nouveaux appareils. Ce manquement a bloqué la mise en service des L410-NG, empêchant leur exploitation à ce jour. Il est particulièrement regrettable que cette situation touche un appareil fiable, recommandé par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et déjà utilisé avec succès dans plusieurs pays africains comme l’Algérie, le Niger ou la République démocratique du Congo.

Cette situation soulève une interrogation fondamentale sur la vision à long terme d’Air Sénégal. La compagnie doit-elle rester une institution prestigieuse mais financièrement déficitaire, réservée à une clientèle aisée, ou se transformer en un outil de désenclavement national accessible au plus grand nombre ? Les avions L410-NG, par leur performance économique et leur adaptation aux infrastructures sénégalaises, représentent une opportunité majeure pour concilier service public et viabilité financière. Pour que cette opportunité soit pleinement exploitée, une meilleure coordination entre les acteurs et une gestion proactive des ressources humaines et techniques sont désormais indispensables.

Affaire Abo Mbacké : la Cour suprême tranche en faveur de la liberté provisoire malgré l’opposition du parquet

La Cour suprême a rendu, ce jeudi, une décision qui relance le dossier judiciaire d’Ardo Mbacké, plus connu sous le nom d’Amir Abo. La haute juridiction a rejeté le pourvoi introduit par le parquet général, validant ainsi la décision de mise en liberté provisoire prise antérieurement par la Chambre d’accusation.

Le dossier remonte à novembre 2024, lorsqu’Ardo Mbacké avait été placé sous mandat de dépôt par le Pool judiciaire financier. Il était alors poursuivi pour « escroquerie et blanchiment de capitaux », des faits jugés graves et ayant déclenché une enquête à fort retentissement dans les milieux économiques.

Malgré la gravité des charges, la défense avait plaidé avec succès la restitution de l’intégralité des sommes incriminées, soit 100 millions de francs CFA, pour solliciter une remise en liberté. La Chambre d’accusation, saisie du dossier, avait effectivement accordé cette liberté provisoire, estimant que le remboursement volontaire de la somme constituait un élément nouveau et favorable à l’accusé.

Le parquet général, opposé à cette décision, avait alors formé un pourvoi en cassation, considérant que la liberté provisoire était prématurée et risquait d’entraver la bonne poursuite des procédures. Mais ce recours n’a pas convaincu la Cour suprême, qui a tranché en faveur de la décision de la Chambre d’accusation, mettant ainsi un terme, du moins provisoire, à la détention d’Abo Mbacké.

Ce verdict marque un tournant dans ce dossier sensible et pourrait être interprété comme une volonté de privilégier les garanties offertes par l’accusé, notamment la restitution des fonds, tout en laissant le fond du dossier être jugé en toute sérénité.

Il n’en demeure pas moins que l’affaire reste pendante sur le plan judiciaire. Le parquet, bien qu’ayant vu son pourvoi rejeté, pourrait intensifier ses efforts pour faire aboutir les poursuites sur le fond, d’autant que des soupçons de montage financier complexe et de circuits de blanchiment avaient été évoqués au début de l’enquête.

Criminalisation de l’homosexualité : entre silence du pouvoir et ingérence étrangère, Jamra hausse le ton

À travers une conférence de presse tenue ce vendredi à Dakar, le collectif « Rappel à l’ordre », animé par l’ONG islamique Jamra, a vivement interpellé les autorités sénégalaises sur ce qu’il considère comme un recul dans la lutte contre la promotion de l’homosexualité. Entre dénonciation d’une complaisance supposée du gouvernement et mise en accusation d’acteurs politiques étrangers, le discours du porte-parole Mame Mactar Guèye a été aussi offensif que structuré.

Dès l’entame de son propos, l’activiste a tenu à rappeler que les fondements religieux du Sénégal — islam comme christianisme — rejettent catégoriquement l’homosexualité. « Il est nécessaire de rappeler que, qu’il s’agisse de l’islam ou du christianisme, les deux religions condamnent fermement l’homosexualité », a-t-il martelé, regrettant ce qu’il qualifie de « complaisance politique croissante » envers les lobbies LGBT, dans un contexte où, selon lui, les engagements antérieurs n’ont pas été respectés.

Il est ainsi revenu sur le rejet, sous Macky Sall, d’une proposition de loi visant à criminaliser l’homosexualité, pourtant portée par une coalition d’organisations religieuses et sociales. Pour Mame Mactar Guèye, l’arrivée au pouvoir d’Ousmane Sonko aurait dû relancer le débat et mener à une réforme législative rapide. « Aujourd’hui, malgré le changement de pouvoir, les lobbies continuent de nous envahir », a-t-il déclaré, visiblement amer.

Mais l’une des charges les plus virulentes de la conférence a été dirigée vers Jean-Luc Mélenchon, chef de file du parti français La France Insoumise, récemment en visite à Dakar. « Jean-Luc Mélenchon a 42 ans de militantisme maçonnique », a affirmé Mame Mactar Guèye, avant d’ajouter que l’homme politique français « fait avancer l’agenda du Grand Orient de France », une organisation qu’il accuse d’avoir influencé la légalisation du mariage homosexuel en France sous François Hollande.

Selon Guèye, Mélenchon aurait revendiqué, devant des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop, être à l’origine de la première proposition législative en faveur du mariage homosexuel en France. Pour lui, cette visite aurait dû alerter les autorités sur les intentions idéologiques de leur hôte.

À ce propos, le Premier ministre Ousmane Sonko n’a pas été épargné. Mame Mactar Guèye a affirmé que Sonko avait invité Mélenchon « de bonne foi », mais que la réaction officielle du gouvernement après cette visite laisse perplexe. « Macky Sall avait au moins dit à Obama que le Sénégal n’était pas prêt. Mais avec Sonko, on parle de tolérance. Et nous, nous ne tolérons pas ça », a-t-il tonné, rappelant au passage une promesse faite, selon lui, par Sonko lors d’une rencontre avec l’association Samm Djiko : « Il avait promis que la criminalisation de l’homosexualité serait l’une de ses premières lois. Depuis, rien n’a été fait. »

Le collectif a également évoqué un « relâchement inquiétant » sur le terrain, citant le cas d’un touriste homosexuel qui, selon eux, se serait filmé à Dakar en proférant un message sur la prétendue « tolérance » du pays envers les minorités sexuelles.

En réponse, Jamra annonce la mise en place d’un « front de résistance » pour contrer ce qu’il appelle « l’agenda LGBT ». « Nous ne diabolisons personne, mais nous serons là pour dire non », a insisté Mame Mactar Guèye, tout en précisant que le collectif prévoit une mobilisation le 23 mai prochain devant un immeuble symbolique. « Nous avons déjà déposé une déclaration préalable, conformément à la Constitution. »

À travers cette sortie musclée, Jamra tente de relancer un débat sensible, dans un contexte où la société sénégalaise reste très conservatrice sur les questions de mœurs. Mais entre les appels à la législation, les accusations de trahison et les discours de résistance, le sujet risque de polariser davantage l’espace public sénégalais dans les semaines à venir.

Industries extractives : Une manne de 225 milliards pour l’État, l’ANSD et le CN-ITIE scellent un pacte pour plus de transparence

Le secteur extractif sénégalais continue de démontrer son potentiel stratégique dans l’économie nationale. Ce vendredi, un nouveau jalon a été posé en matière de gouvernance des ressources naturelles, avec la signature d’une convention-cadre de partenariat entre le Comité National de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (CN-ITIE) et l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD).

Cet accord vise à renforcer la collecte, la gestion et la diffusion des données issues de l’exploitation minière, pétrolière et gazière, dans un souci de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance. Une étape majeure selon Thialy Faye, président du CN-ITIE, qui y voit une avancée concrète vers une meilleure maîtrise des enjeux économiques liés au sous-sol sénégalais.

Parmi les acquis déjà visibles de ce partenariat, figurent la sécurisation et l’hébergement du site web de l’ITIE, ainsi que de sa messagerie sur les serveurs de l’ANSD. L’institution statistique nationale a également mis à disposition un véhicule pick-up pour soutenir les opérations de terrain du CN-ITIE, illustrant ainsi une synergie logistique au service de la transparence.

En perspective, les deux institutions ont annoncé la création prochaine d’une application numérique dédiée à la divulgation automatique des données extractives. Ce dispositif technologique devrait améliorer l’accessibilité publique à l’information sur les flux financiers et les impacts économiques du secteur. Un gestionnaire de données, ingénieur statisticien de formation, viendra également étoffer l’équipe technique du CN-ITIE.

Sur le plan des recettes, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le rapport semestriel 2024 du CN-ITIE, le secteur extractif a généré 236,59 milliards FCFA entre janvier et juin, dont 225,49 milliards FCFA ont été versés au Trésor public, représentant plus de 95 % des revenus globaux. Ce montant équivaut déjà à 64 % de l’ensemble des recettes collectées en 2023, signe d’une croissance soutenue et d’un potentiel en pleine expansion.

Le rapport souligne également un volume total de transactions de 862,8 milliards FCFA entre entreprises extractives et fournisseurs. Sur ce montant, 342 milliards FCFA ont été captés par des entreprises locales, soulignant les retombées économiques internes de la chaîne d’approvisionnement. À cela s’ajoutent 2,57 milliards FCFA de dépenses sociales et 972 millions FCFA alloués à des paiements environnementaux.

Pour Thialy Faye, cette dynamique financière est à coupler avec une exigence accrue de redevabilité : « Notre ambition est claire : faire du CN-ITIE un organe de référence en matière d’expertise technique et de transparence budgétaire, au bénéfice de tous les Sénégalais. »

La convention signée entre le CN-ITIE et l’ANSD va ainsi au-delà d’une simple entente administrative : elle marque une volonté assumée d’institutionnaliser l’accès à l’information, dans un contexte de valorisation stratégique des ressources minières, pétrolières et gazières du pays.

Touba – Hôpital Ndamatou : Une structure au bord de l’asphyxie, les travailleurs dénoncent une gestion chaotique

L’hôpital Ndamatou de Touba, l’un des principaux centres de santé de la ville sainte, traverse une crise profonde qui inquiète autant les agents de santé que les populations. Entre absence criante de moyens logistiques, retards de salaires, pannes d’équipements médicaux et promesses non tenues par l’État, la situation frôle l’asphyxie.

Réunis pour une conférence de presse tenue dans l’enceinte de l’établissement, les travailleurs ont dressé un tableau alarmant du quotidien de l’hôpital. L’un des faits les plus graves pointés du doigt est l’absence totale d’ambulance pour les évacuations sanitaires. « Lorsqu’un patient a besoin de soins urgents ailleurs, nous devons appeler les structures de santé voisines pour espérer obtenir une ambulance. Parfois, il faut attendre toute une journée », a confié un syndicaliste dépité.

À ce problème s’ajoute l’indisponibilité d’un scanner, pourtant essentiel pour des diagnostics rapides et fiables. L’appareil est en panne depuis plusieurs mois, et aucune solution durable n’a encore été apportée. Cette défaillance technique retarde les soins et met en péril la vie des patients nécessitant une prise en charge rapide.

La situation est d’autant plus préoccupante que l’hôpital Ndamatou est confronté à une surcharge constante, notamment lors d’événements religieux majeurs comme le Grand Magal de Touba. Le personnel réclame que la structure soit reclassée en hôpital de niveau 2, afin de mieux répondre aux besoins croissants de la population. Actuellement sous-dimensionné, l’établissement n’a ni la capacité d’accueil suffisante ni les ressources nécessaires pour faire face à une telle affluence.

Sur le plan des ressources humaines, la grogne est également forte. Les travailleurs dénoncent des retards chroniques dans le paiement des salaires, des accords non respectés par l’administration, et une absence totale de perspectives d’évolution professionnelle. « Les avancements de carrière, censés être automatiques tous les deux ans, sont bloqués depuis longtemps. On travaille dans l’incertitude et le mépris », confie un agent de santé visiblement abattu.

Pour espérer sortir de cette crise, les travailleurs estiment qu’une enveloppe budgétaire d’au moins 120 millions de FCFA est nécessaire. Pourtant, lors du dernier Magal, le ministère de la Santé avait annoncé une allocation de 800 millions de FCFA au profit du dispositif sanitaire local. Une déclaration qui suscite aujourd’hui l’incompréhension et la colère des agents de santé de Ndamatou. « Nous n’avons vu aucun centime de cet argent. Où est-il passé ? Que les autorités nous disent la vérité », s’interrogent les syndicalistes.

Université Iba Der Thiam de Thiès : 72 heures de grève décrétées par le SAES pour dénoncer des dérives de gouvernance

La Coordination du Syndicat Autonome des Enseignants du Supérieur (SAES) de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) est montée au créneau ce mercredi 14 mai 2025. Dans un communiqué au ton ferme, le syndicat a annoncé une grève de 72 heures, non renouvelable, du vendredi 16 au lundi 19 mai, en dénonçant une série de dysfonctionnements qu’il qualifie de graves et préjudiciables au bon fonctionnement de l’université.

Le premier point de tension évoqué par le SAES concerne les conséquences du départ de l’École Nationale Supérieure d’Agriculture (ENSA) de l’UIDT, survenu depuis le 1er janvier 2024. Ce retrait a, selon le syndicat, laissé derrière lui un budget conséquent, censé couvrir 31 postes d’enseignants-chercheurs et 47 postes de personnels administratifs, techniques et de service (PATS). Or, à ce jour, déplore la Coordination, aucun recrutement n’a été engagé malgré l’urgence des besoins pédagogiques et administratifs.

Par ailleurs, la Coordination SAES–Thiès a dénoncé l’état qu’elle juge catastrophique des infrastructures pédagogiques et administratives, notamment dans les UFR Santé, Sciences Économiques et Sociales (SES) et Sciences et Technologies (SET). Elle exige, à ce titre, la réalisation d’un audit indépendant pour faire toute la lumière sur l’utilisation effective du budget hérité du départ de l’ENSA.

Autre sujet de discorde : la création d’une nouvelle Unité de Formation et de Recherche (UFR) en Sciences Agronomiques, Agroalimentaires et Environnementales. Le SAES affirme que cette nouvelle entité a été mise en place sans validation du Conseil Académique, en violation flagrante de l’article 20 du décret n°2021-1504 régissant les universités. Pour la Coordination, cette décision est tout simplement « illégale, nulle et non avenue » tant qu’elle ne respecte pas les procédures de gouvernance universitaire.

Le syndicat a également fustigé la prolongation illégale de certains PATS à la retraite, soulignant que de jeunes diplômés qualifiés attendent en vain des opportunités d’emploi. Dans le même esprit, il a dénoncé la coupure arbitraire des primes d’encadrement allouées aux Assistants, certaines jamais versées depuis leur recrutement. Il exige le paiement rétroactif intégral de ces primes.

La tension est montée d’un cran avec l’instauration d’une fouille systématique du personnel, enseignants et administratifs, à l’entrée du campus. Une mesure jugée attentatoire à la liberté individuelle et à la dignité du personnel. La situation a dégénéré ce mercredi 14 mai avec l’agression, selon le syndicat, d’un camarade chargé des revendications par des vigiles au service du Recteur.

Face à cette escalade, la Coordination SAES–Thiès, en accord avec le SUDES, a décrété une grève d’avertissement de 72 heures. Une Assemblée Générale est convoquée dès le vendredi 16 mai pour décider des suites à donner à ce mouvement, qui pourrait marquer un tournant dans les rapports entre les autorités universitaires et les représentants du personnel à l’UIDT.

APR – Dialogue politique et arrestations : le parti de Macky Sall durcit le ton face au pouvoir

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance Pour la République (APR) s’est réuni le jeudi 15 mai 2025 pour aborder les questions majeures qui agitent l’actualité nationale et internationale. À l’issue de cette réunion, l’APR a réitéré son refus de participer au dialogue politique prévu le 28 mai prochain, tout en exigeant la libération immédiate de ses responsables incarcérés.

La rencontre a été l’occasion pour les cadres du parti fondé par l’ancien président Macky Sall d’exprimer leur profonde indignation face aux propos qu’ils qualifient de « graves et outranciers » tenus, selon eux, par des proches du Premier ministre Ousmane Sonko. Le SEN accuse ce dernier de soutenir « un insulteur notoire » à la veille d’un procès, ce qui, selon l’APR, s’apparente à une tentative de pression sur la justice. En conséquence, le parti considère que le dialogue politique initié par les nouvelles autorités est une manœuvre politicienne sans sincérité, visant à donner une légitimité à des décisions déjà prises.

En parallèle, l’APR a exprimé son inquiétude face à la situation sécuritaire dans la région sud du pays, notamment en Casamance, où un convoi de collecteurs de noix de cajou a récemment été attaqué à Boutoupa Camaracounda. Les responsables du parti saluent les efforts des forces armées dans cette zone sensible, et appellent les autorités à une attention plus soutenue et à des actions concrètes pour consolider la paix dans cette région longtemps affectée par l’instabilité.

Sur le plan judiciaire, l’Alliance Pour la République s’insurge contre les arrestations de plusieurs de ses figures emblématiques. Le parti exige la libération de Farba Ngom, Lat Diop et Abdoulaye Ndiaye, considérés comme des « détenus politiques » et des « otages » d’un régime qui, selon le SEN, fait de la répression un outil de gouvernance. Il apporte également un soutien appuyé aux anciens ministres Amadou Mansour Faye, Ismaïla Madior Fall, Sophie Gladima, Salimata Diop et Moustapha Diop, ciblés par des procédures en cours devant la Haute Cour de Justice. Pour l’APR, ces poursuites relèvent d’un acharnement politique et non d’un véritable souci de justice.

À l’échelle internationale, le SEN s’est félicité de la tenue à Lomé de la conférence de l’Union africaine sur la dette des pays africains. Cependant, les responsables du parti ont déploré la faible représentation du Sénégal à cet événement important. Ils estiment que le pays, qui s’est longtemps illustré sous le magistère de Macky Sall sur cette question, aurait dû marquer une présence plus forte, fidèle à son rôle de leadership africain sur les enjeux de la dette.

Enfin, l’APR a exprimé sa vive préoccupation concernant la situation des libertés au Mali. Le parti a appelé au respect des droits fondamentaux, jugeant qu’aucun progrès durable n’est possible sans liberté d’expression et d’association dans les sociétés africaines.

Ce communiqué illustre la posture désormais résolument offensive de l’APR, qui entend assumer pleinement son rôle d’opposition et se positionne en vigie de la démocratie sénégalaise face à un pouvoir qu’il accuse de dérives autoritaires.

Justice sénégalaise : cinq anciens ministres dans le collimateur de la Haute Cour

La justice sénégalaise passe à la vitesse supérieure dans les affaires visant plusieurs ex-membres du gouvernement. Après les mises en accusation retentissantes de cinq anciens ministres, la Haute Cour de Justice intensifie son action avec des mesures concrètes. D’après le quotidien Libération, la Commission d’instruction et le parquet général ont enclenché une offensive judiciaire en règle, marquée par la délivrance de mandats de comparution et d’ordres de conduite.

Les anciens ministres Mansour Faye, Sophie Gladima, Ndèye Saly Diop, Moustapha Diop et Ismaila Madior Fall sont désormais dans le viseur de la Haute Cour. Cinq mandats de comparution ont été transmis à la Division des investigations criminelles (Dic) pour notification aux intéressés. Un calendrier d’auditions est déjà établi. Ndèye Saly Diop devra se présenter le 19 mai, Moustapha Diop est attendu le 22, tandis que Mansour Faye est convoqué le 26.

Dans le même temps, le parquet général a donné instruction d’engager des mesures de « conduite », des procédures de contrainte visant à amener les mis en cause devant les juridictions compétentes. Ces actions s’inscrivent notamment dans l’enquête relative au projet controversé de construction du tribunal de Guédiawaye, un dossier qui met en cause l’ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall. Ce dernier est soupçonné d’avoir trempé dans des actes de corruption dans le cadre de ce marché public.

Selon des sources proches de l’enquête relayées par Libération, la Brigade des affaires générales (BAG) de la Dic a déjà collecté des éléments jugés accablants. Plusieurs fonctionnaires et particuliers impliqués de près ou de loin dans le projet ont été cités dans les investigations, renforçant les soupçons sur un possible réseau de détournement ou de malversations.

Cette montée en puissance de la justice sénégalaise marque un tournant décisif dans la lutte contre l’impunité des anciens dirigeants. Elle traduit également la volonté affichée du pouvoir judiciaire de faire la lumière sur une série de pratiques opaques longtemps dénoncées par la société civile et les organes de contrôle.

Réformes dans le secteur de la santé : Mame Khady Sidy Aly Badji nommée à la tête de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, continue de marquer de son empreinte la gouvernance du secteur de la santé. Dans une décision significative, le chef de l’État a procédé à un changement à la tête de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (SEN PNA), un maillon stratégique du système de santé publique. Souleymane Soumaré, nommé en novembre 2023, a été relevé de ses fonctions. Il est remplacé par Mame Khady Sidy Aly Badji, administrateur civil, matricule 616 251 M, nommée par décret présidentiel.

Cette décision s’inscrit dans la dynamique des réformes engagées par les nouvelles autorités afin de répondre aux nombreux défis du secteur, notamment ceux liés à l’approvisionnement en médicaments essentiels. Ces dernières années, le système de distribution pharmaceutique a été confronté à des ruptures récurrentes de stocks, une mauvaise coordination logistique, et un accès inégal aux produits de santé à travers le pays.

La nouvelle Secrétaire générale de la SEN PNA, Mame Khady Sidy Aly Badji, hérite d’une mission stratégique : assurer la continuité du service public d’approvisionnement en médicaments tout en impulsant une réforme en profondeur. Elle devra notamment moderniser les systèmes logistiques, renforcer la transparence dans la gouvernance, et garantir une meilleure couverture sanitaire à travers une distribution plus efficace des produits pharmaceutiques.

Dans un contexte marqué par une forte demande en médicaments de qualité, accessibles à un prix abordable, Mme Badji devra également consolider les partenariats entre la SEN PNA et les structures de santé publiques et privées. Son rôle sera essentiel pour restaurer la confiance des populations et des professionnels de santé dans la capacité de l’État à garantir un accès équitable et régulier aux médicaments.

Ousmane Sonko à Ouagadougou pour l’inauguration du Mausolée Thomas Sankara

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, est arrivé à Ouagadougou ce vendredi 16 mai 2025 pour prendre part à l’inauguration du Mausolée dédié à Thomas Sankara et à ses douze compagnons. Accueilli avec les honneurs par son homologue burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, cette visite marque un moment fort de mémoire panafricaine et de solidarité entre les deux nations.

Abdou Nguer auditionné à la Cybersécurité après ses déclarations sur SEN TV

Le journaliste et chroniqueur Abdou Nguer a été extrait de sa cellule ce jeudi pour être entendu par les enquêteurs de la Division spéciale de la Cybersécurité. Cette audition fait suite à ses récentes déclarations sur le plateau de SEN TV concernant le rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) dans le cadre de l’affaire PRODAC (Programme des Domaines Agricoles Communautaires).

Convoqué pour s’expliquer sur la véracité et la source de ses affirmations, Abdou Nguer a été conduit sous escorte au siège de la Cybersécurité, où il a été entendu en présence de son avocat, Me Alioune Badara Fall. Les autorités cherchent à déterminer si les propos tenus sur la chaîne de télévision sont fondés ou relèvent d’une diffusion d’informations sensibles ou non vérifiées.

L’affaire PRODAC, qui avait déjà secoué la sphère politico-médiatique ces dernières années, connaît ainsi un nouveau rebondissement. Le rôle de l’IGF, le contenu réel de son rapport, et les responsabilités évoquées par Abdou Nguer sont au cœur des investigations en cours.

À ce stade, aucune charge n’a encore été retenue contre le journaliste, mais l’enquête se poursuit. Son avocat, Me Fall, a indiqué que son client « reste serein » et qu’il « assumera ses propos dans le respect de la loi et de la liberté d’expression ».

Une victoire pour la mémoire : la justice ordonne la rectification de l’état signalétique d’un tirailleur sénégalais mort à Thiaroye

Dans un arrêt qualifié de “tournant historique”, la Cour administrative d’appel de Paris a récemment annulé une décision du ministère des Armées et un jugement de première instance, ordonnant la rectification d’une erreur matérielle dans l’état signalétique et des services de M. D. A., tirailleur sénégalais mort lors des événements tragiques de Thiaroye en 1944. Une victoire symbolique mais puissante pour son fils, M. C. A., et pour la mémoire collective des anciens combattants africains.

L’affaire concerne une mention erronée dans les archives militaires : l’état signalétique indiquait que M. D. A. avait embarqué à Morlaix le 1er novembre 1944 à bord du navire Circassia, alors que les éléments historiques et administratifs attestent qu’il s’agissait du 4 novembre 1944. Une différence de trois jours, apparemment mineure, mais qui remet en question la fiabilité des documents officiels liés au parcours de ce soldat sénégalais engagé dans le 6ᵉ régiment d’artillerie coloniale.

Fait prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, M. D. A. avait été libéré et rapatrié au Sénégal, où il trouva la mort le 1er décembre 1944 au camp militaire de Thiaroye. Ce jour-là, des dizaines de tirailleurs africains furent tués par l’armée française alors qu’ils réclamaient le paiement de leurs soldes. Ce massacre, longtemps occulté, est aujourd’hui au cœur de nombreuses revendications mémorielles.

En 2021, M. C. A., fils du tirailleur, avait saisi la ministre des Armées pour demander la rectification de cette erreur. Face à un refus implicite, puis explicite en décembre 2021, il porta l’affaire devant le tribunal administratif de Paris. Sa demande fut rejetée en 2023, au motif que le refus ministériel ne constituait pas un acte administratif susceptible de recours.

Mais la persévérance de M. A. a payé. En appel, la Cour administrative a reconnu que le refus de corriger un état signalétique entaché d’erreur constitue bel et bien un acte administratif faisant grief – donc susceptible d’un recours contentieux. La juridiction a en outre estimé que rien dans le Code du patrimoine n’empêchait la rectification d’une erreur matérielle dans ce type de document.

La Cour a donné trois mois au ministère des Armées pour corriger l’état signalétique de M. D. A., ordonnant que la date du 4 novembre 1944 soit rétablie. Elle a également condamné l’État à verser 1 500 euros à M. C. A. au titre des frais de justice.

Mais au-delà de l’aspect juridique, cette décision est riche de portée symbolique. Comme le souligne le journal Les Échos, elle s’inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance des souffrances et des injustices subies par les anciens combattants africains sous domination coloniale.

Plusieurs associations de mémoire ont salué l’arrêt de la Cour et envisagent de nouveaux recours pour corriger d’autres erreurs dans les archives militaires françaises. Cette décision pourrait ainsi faire école, ouvrant une voie nouvelle vers une reconnaissance posthume, non pas fondée sur des dédommagements matériels, mais sur le respect de la vérité et de la dignité des soldats coloniaux.

Pour les historiens et les collectifs militants, cette affaire rappelle l’importance de la justiciabilité des erreurs administratives dans les dossiers historiques. Elle montre aussi que les archives, loin d’être figées, peuvent – et doivent – être corrigées quand la vérité historique l’exige. C’est une avancée significative dans la lutte pour la mémoire, la justice et la reconnaissance des sacrifices consentis par des hommes longtemps restés dans l’ombre de l’histoire officielle.

Affaire de la dette cachée : Arona Coumba Ndoffène Diouf charge Macky Sall et appelle à une reddition des comptes

S’exprimant depuis Touba au micro de la RFM, l’ancien ministre Arona Coumba Ndoffène Diouf est revenu avec fermeté sur l’affaire de la dette cachée, qui continue de faire polémique au Sénégal. Sans ambages, il a mis en cause l’ancien président Macky Sall, dénonçant un endettement massif sans retombées visibles pour les populations.

« En 2022, j’ai démissionné de son cabinet, mais j’avais alerté à l’époque et après mon départ. Beaucoup d’argent est arrivé au Sénégal sans corrélation avec les réalisations », a-t-il confié. Selon lui, jamais un président n’a contracté autant de dettes en si peu de temps, en comparaison avec le produit intérieur brut du pays.

Plus grave encore, Arona Coumba Ndoffène Diouf accuse l’ancien régime d’avoir transformé plusieurs sociétés nationales en entités privées ou en sociétés anonymes, sans transparence. « Aucun président n’a transformé des sociétés nationales en sociétés privées ou créé autant de sociétés anonymes », a-t-il déclaré, soulignant l’opacité de certaines décisions majeures du gouvernement précédent.

Face à cette situation qu’il juge alarmante, l’ex-ministre appelle les nouvelles autorités à prendre leurs responsabilités. « On doit convoquer Macky Sall pour lui rappeler que cet argent ne lui appartient pas et faire la lumière sur cette affaire », insiste-t-il, appelant à une véritable reddition des comptes.

Arona Coumba Ndoffène Diouf a toutefois salué les premières initiatives prises par le régime actuel dans ce sens. Pour lui, l’effort de transparence engagé est salutaire, même s’il estime que le chemin vers un redressement économique sera ardu. « Ce sera difficile au début, mais dès la troisième année du mandat du président, le Sénégal brillera économiquement. Tout fonctionnera à merveille », a-t-il conclu avec optimisme.

Saly : Un important réseau de trafic de chanvre indien démantelé

Saly – La brigade de recherches de Saly a réalisé un coup de filet majeur dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Grâce à un renseignement anonyme, les enquêteurs ont pu piéger Mamadou A. Gadiaga, principal suspect dans une affaire de trafic de chanvre indien, lors d’une opération discrète et méticuleusement préparée.

Tout a commencé par une filature à Saly, où les policiers, agissant sous couverture en tant que potentiels acheteurs, ont contacté le suspect pour l’acquisition d’un kilogramme de chanvre. Gadiaga, pensant conclure une vente, s’est présenté au point de rendez-vous avec la marchandise. Il a été pris en flagrant délit et immédiatement interpellé.

Sous pression lors de son interrogatoire, le mis en cause a coopéré avec les enquêteurs. Il a conduit les forces de l’ordre à son domicile, situé à Mbour, dans le quartier Darou Salam. Une perquisition effectuée dans sa chambre a permis de découvrir quatre autres kilogrammes de chanvre indien, soigneusement dissimulés.

Les premières conclusions de l’enquête indiquent que la drogue proviendrait de Gambie, un pays régulièrement cité comme zone de transit pour les stupéfiants destinés au Sénégal.

Au total, cinq kilogrammes de chanvre indien ont été saisis. Mamadou A. Gadiaga est actuellement placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de Saly. Il sera déféré devant le parquet pour répondre des faits de détention, trafic et importation illicite de drogue.

Ali Bongo et sa famille exfiltrés au Angola : une libération controversée après des mois de résidence surveillée

Libreville/Luanda – 16 mai 2025 – Huit mois après le coup d’État militaire qui a mis fin à 55 années de règne de la famille Bongo au Gabon, l’ancien président Ali Bongo Ondimba a quitté le pays avec son épouse Sylvia et leur fils Noureddin pour s’installer en Angola. Cette libération inattendue, confirmée vendredi par la présidence angolaise, suscite à la fois étonnement et indignation sur la scène politique gabonaise.

“La famille Bongo a été libérée et vient d’arriver à Luanda”, a indiqué un communiqué publié sur la page Facebook officielle de la présidence angolaise. Des photographies diffusées peu après montrent Ali Bongo accueilli à l’aéroport de la capitale angolaise, aux côtés de son épouse et de son fils. Selon les autorités angolaises, cette opération est le fruit de discussions entre le président Joao Lourenço et le chef de l’État gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema.

Depuis son éviction du pouvoir le 30 août 2023, Ali Bongo, 66 ans, était assigné à résidence à Libreville. Son épouse et son fils, tous deux accusés de détournement massif de fonds publics, avaient été incarcérés puis placés sous résidence surveillée. Plusieurs médias gabonais avaient récemment rapporté leur transfert depuis une cellule présidentielle vers une résidence familiale, laissant présager un dénouement imminent.

La libération de la famille Bongo intervient dans un contexte de normalisation des relations entre le Gabon et la communauté internationale. Le 30 avril dernier, l’Union africaine, présidée par le chef d’État angolais Joao Lourenço, avait levé les sanctions imposées au Gabon à la suite du coup d’État. Pour certains observateurs, cette réintégration a été négociée au prix fort.

Geoffroy Foumboula Libeka, député du parlement de transition, a dénoncé sur les réseaux sociaux une “véritable honte” orchestrée “dans le silence total”, s’interrogeant : “Où est la souveraineté du Gabon ?”. Selon lui, cette libération serait “le prix à payer” pour la levée des sanctions de l’UA.

Brice Oligui Nguema, ex-chef de la garde républicaine devenu président de la transition après le coup d’État, a été officiellement élu en avril 2025 avec près de 95% des voix lors d’un scrutin peu contesté par les observateurs internationaux. Mais son principal rival, Alain-Claude Bilie By Nze, ancien Premier ministre d’Ali Bongo, a estimé que la libération de l’ex-président et de sa famille “démontre que leur détention ne respectait pas le cadre de la loi”.

“Le président Oligui Nguema n’a pas fait preuve de clémence : il a dû s’incliner face aux exigences internationales après ce que tout le monde a compris comme un abus de pouvoir”, a-t-il affirmé.

Les avocats de Sylvia Bongo, née en France, et de son fils Noureddin ont pour leur part accusé les autorités de mauvais traitements et de torture pendant leur détention.

Ali Bongo, au pouvoir depuis 2009 après avoir succédé à son père Omar Bongo, a dirigé le Gabon pendant 14 ans. Sa présidence, notamment marquée par un accident vasculaire cérébral en 2018, avait vu s’accumuler les critiques sur sa gouvernance, jugée opaque, clientéliste, et marquée par une gestion autoritaire. L’élection présidentielle de 2016, qu’il avait remportée de justesse face à Jean Ping, avait déjà plongé le pays dans une crise politique majeure.

Le Gabon, riche en pétrole mais confronté à un fort chômage, à une dette publique lourde et à des infrastructures défaillantes, espérait tourner la page avec la transition engagée depuis août 2023. Mais ce transfert discret de la famille Bongo, perçu par certains comme une fuite arrangée, soulève à nouveau la question de la justice et de la transparence dans le processus démocratique.

Arrestation de Sangue Cheikh Moussa Diagne : le marabout controversé dans le viseur de la justice

Foundiougne, 16 mai 2025 – La mouvance spirituelle dite « Yalla-Yalla » se retrouve sous le feu des projecteurs après l’arrestation de l’un de ses membres les plus controversés. Sangue Cheikh Moussa Diagne, figure connue pour ses prêches atypiques et ses déclarations souvent polémiques, a été interpellé dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 mai à Foundiougne, dans la région de Fatick.

Selon les informations rapportées par Seneweb, l’opération a été menée par des éléments de la police nationale sur instruction du procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance hors classe de Dakar. Après son arrestation, le marabout a été transféré dans la capitale, où il est actuellement placé en garde à vue dans les locaux de la Division spéciale de cybersécurité (DSC), une unité spécialisée dans les infractions commises à travers les technologies numériques.

La procédure judiciaire a été déclenchée suite à la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo dans laquelle Sangue Cheikh Moussa Diagne tient des propos qualifiés de blasphématoires. Dans cet enregistrement, largement partagé, il affirme que « les chaussures de son guide spirituel ont plus de valeur que le Saint Coran ». Une déclaration qui a profondément choqué l’opinion publique et provoqué une vive indignation parmi de nombreux fidèles musulmans à travers le pays.

Face à l’émotion suscitée et aux risques de troubles à l’ordre public, le parquet de Dakar a réagi promptement. Une enquête a été ouverte pour « offense à la religion musulmane » et « diffusion de contenus portant atteinte aux bonnes mœurs religieuses ».

Cette interpellation soulève à nouveau la question des limites de la liberté d’expression dans un contexte où les sensibilités religieuses restent particulièrement vives au Sénégal. Elle relance également le débat sur les dérives constatées dans certaines mouvances religieuses émergentes, souvent accusées d’utiliser les réseaux sociaux comme tribune pour propager des messages controversés.

Pour l’heure, Sangue Cheikh Moussa Diagne est toujours en garde à vue. Il devrait être présenté au procureur dans les prochaines heures. Les autorités judiciaires examineront alors les suites à donner à cette affaire qui pourrait bien faire jurisprudence dans la gestion des discours religieux sur internet.

Tchad : Le président des Transformateurs, Succès Masra, “enlevé” par des hommes en uniforme selon son parti

Une vive inquiétude plane sur la classe politique tchadienne depuis l’annonce, ce vendredi matin, de ce que le parti Les Transformateurs qualifie d’« enlèvement » de son président, Succès Masra. L’information a été rendue publique via une publication sur la page Facebook officielle du vice-président du mouvement politique d’opposition.

« Le Président Succès Masra vient d’être enlevé manu militari ce jour 16 mai 2025 à 5:56mn de notre résidence », peut-on lire dans le message publié aux premières heures de la matinée.

Selon les images issues d’une caméra de surveillance, jointes à la publication, on voit le leader politique sortir de sa résidence, également siège du parti Les Transformateurs, escorté par une quinzaine d’hommes en uniforme militaire, lourdement armés. L’opération semble s’être déroulée sans affrontement visible, mais dans une tension palpable.

Aucune communication officielle n’a pour l’instant été faite par les autorités tchadiennes. Les membres du parti, eux, dénoncent une « arrestation arbitraire » et exigent des explications urgentes ainsi que la libération immédiate de leur leader.

L’enlèvement présumé de Succès Masra intervient dans un climat politique tendu au Tchad, où les tensions entre le pouvoir de transition et les partis d’opposition se sont intensifiées ces derniers mois. Le président des Transformateurs, ex-opposant en exil et revenu au pays après des négociations politiques, avait retrouvé une place centrale dans le débat public. Son franc-parler et ses critiques à l’encontre du régime en place lui ont valu l’adhésion d’une partie de la jeunesse tchadienne, mais aussi la méfiance des autorités.

Suite à cette annonce, plusieurs figures de l’opposition et des organisations de la société civile ont commencé à appeler à la mobilisation et à dénoncer une « dérive autoritaire » du pouvoir. Des messages de soutien affluent sur les réseaux sociaux, tandis que des rassemblements spontanés auraient été signalés à N’Djamena, bien que leur ampleur reste à confirmer.

En l’absence de réaction officielle du gouvernement, les spéculations vont bon train. S’agit-il d’une interpellation légale déguisée, d’une manœuvre politique pour neutraliser un adversaire de poids, ou d’un réel enlèvement extra-judiciaire ? Les heures à venir seront déterminantes.

Lutte contre le trafic de bois : l’armée sénégalaise frappe fort avec l’opération “FAXASS” à Kolda

Dans sa lutte continue contre les trafics illicites, l’armée sénégalaise vient de marquer un nouveau point stratégique dans la région de Kolda. À travers un communiqué diffusé par la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) et relayé par Dakaractu, il a été révélé que la Zone militaire N°6 a récemment mené une opération coup de poing baptisée “FAXASS”, dans le secteur de Médina Yéro Foulah, à la frontière avec la Gambie.

L’opération cible un fléau majeur pour l’environnement : la coupe illégale de bois, qui épuise dangereusement les ressources forestières de la région Sud du Sénégal. Ce trafic, souvent orchestré par des réseaux transfrontaliers bien structurés, représente une menace directe pour la biodiversité locale et l’équilibre écologique de zones comme Pata et Guimara, particulièrement touchées.

Le bilan de cette opération est déjà éloquent : 344 troncs de bois illicites ont été saisis, illustrant l’ampleur du pillage forestier. Ces troncs auraient été extraits clandestinement, destinés à alimenter un commerce lucratif, souvent acheminé vers les pays voisins, notamment la Gambie.

Par cette action musclée, l’armée sénégalaise affiche clairement sa détermination à mettre fin aux activités criminelles qui exploitent les ressources naturelles du pays. L’opération “FAXASS” ne se limite pas à une simple saisie : elle envoie un signal fort aux trafiquants et réaffirme la souveraineté de l’État sur l’ensemble de son territoire, y compris les zones reculées et longtemps livrées à l’exploitation illégale.

Au-delà de la protection de l’environnement, ces opérations visent également à restaurer la présence et l’autorité de l’État dans des régions parfois enclavées. Le renforcement des contrôles, la présence militaire et la coopération avec les populations locales sont autant de leviers mobilisés pour freiner la destruction des forêts sénégalaises.

Avec l’opération “FAXASS”, les forces armées sénégalaises démontrent une fois de plus leur engagement en faveur de la sécurité environnementale, un pilier désormais essentiel de la sécurité nationale.

Réforme des cautions locatives au Sénégal : entre avancée sociale et rejet des bailleurs

Une nouvelle réforme en matière de logement fait débat au Sénégal. Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Falilou Keïta, a récemment annoncé que l’État travaille à un mécanisme permettant aux locataires de verser directement leur caution à la CDC, au lieu de la remettre aux bailleurs comme cela se fait actuellement. Une annonce qui suscite déjà une vive controverse entre les différents acteurs du secteur locatif.

Pour certains observateurs, cette réforme représente une avancée notable. Momar Ndao, président de la Commission de régulation des loyers, estime qu’il s’agit d’un pas vers plus de justice et de transparence dans les relations locatives. En plaçant la CDC comme tiers de confiance, le système garantirait la restitution de la caution au locataire en fin de bail, tout en épargnant au bailleur l’obligation de rembourser de grosses sommes d’un seul coup.

Par ailleurs, la réforme pourrait être bénéfique sur le plan fiscal. « Beaucoup de bailleurs échappent encore à l’impôt. Ce système permettra de les identifier et de rendre visible leur activité économique », a affirmé M. Ndao dans les colonnes de L’Observateur.

Du côté des locataires, les réactions sont mitigées. Si certains saluent une initiative qui pourrait renforcer leurs droits, d’autres s’inquiètent des modalités concrètes d’application, notamment dans un contexte où les baux oraux restent très fréquents au Sénégal.

Me Bassirou Sakho, vice-président de l’Association de défense des locataires du Sénégal, souligne la nécessité de rendre le dispositif simple et accessible à tous. Il évoque des problèmes potentiels liés à la restitution des cautions, à la gestion des litiges et à la complexité juridique du système pour une population dont une partie reste analphabète ou peu familiarisée avec les démarches administratives.

« Si un bailleur refuse le système CDC, il peut tout simplement ne pas louer. En matière contractuelle, les parties sont libres », ajoute-t-il, appelant néanmoins à une concertation inclusive pour éviter les erreurs du passé, comme la loi sur la baisse des loyers de 2014, restée largement inappliquée.

Mais c’est du côté des propriétaires que la réforme provoque la réaction la plus virulente. Ibrahima Ndiaye, président de l’Association des bailleurs du Sénégal, rejette en bloc cette mesure qu’il juge intrusive et injustifiée.

« C’est hors de question. Si la CDC a besoin d’argent, qu’elle cherche ailleurs, pas dans les cautions des bailleurs », a-t-il lancé, dénonçant une charge supplémentaire pour une profession déjà confrontée à de nombreuses difficultés : impayés, litiges avec les locataires, procédures judiciaires coûteuses et absence de soutien étatique.

Pour lui, cette réforme accentuerait la pression sur des bailleurs déjà fortement imposés. Il affirme que depuis l’arrivée des nouvelles autorités, la situation fiscale des propriétaires s’est dégradée : « Rien qu’en 2024, nous avons recensé 111 redressements fiscaux, représentant plusieurs milliards de francs CFA ».

Entre les objectifs de justice sociale portés par l’État et les inquiétudes — voire la colère — des bailleurs, cette réforme s’annonce comme un chantier sensible. Pour réussir, elle devra non seulement clarifier ses modalités d’application, mais aussi convaincre les propriétaires et les locataires de son utilité et de son équilibre.

Braquage à l’hôtel Pélican de Ndangane : cinq suspects arrêtés, l’enquête progresse

Ndangane, 16 mai 2025 – L’enquête sur l’attaque à main armée perpétrée dans la nuit du 1er au 2 mai 2025 à l’hôtel Pélican de Ndangane connaît une avancée significative. Après l’interpellation de deux premiers individus, la brigade de recherches de Kaolack a procédé, ce mercredi 14 mai, à l’arrestation de trois nouveaux suspects.

Ces dernières interpellations portent à cinq le nombre total de personnes appréhendées dans le cadre de cette affaire. Selon les premiers éléments de l’enquête, les trois nouveaux suspects seraient fortement impliqués dans le braquage. Une perquisition menée à leur domicile a permis de découvrir des preuves matérielles accablantes, renforçant les soupçons à leur encontre.

Pour rappel, lors de l’attaque, des individus armés et encagoulés, à bord d’un pick-up Toyota Hilux, avaient neutralisé le personnel de sécurité de l’établissement hôtelier avant de s’emparer d’une somme de 3.191.500 francs CFA. Le mode opératoire, rapide et coordonné, avait semé la panique au sein du personnel et des résidents de l’hôtel.

L’enquête est pilotée par la gendarmerie, sous la coordination du Haut-commandement. Les forces de l’ordre poursuivent leurs investigations afin d’identifier l’ensemble des membres du réseau impliqué et de mettre la main sur tous les complices.

La gendarmerie nationale a, une fois de plus, réaffirmé sa détermination à lutter contre la criminalité armée, notamment dans les zones touristiques du pays, qui doivent rester des espaces sûrs pour les visiteurs comme pour les résidents.

L’affaire reste en cours, et d’autres développements sont attendus dans les prochains jours.

Scandale à la Médina : deux hommes écoulent de la viande de chat chez les « Dibi Haoussa »

Dakar, Médina – Dans les ruelles animées de la Médina, entre les effluves de viande grillée et les rires des passants, un scandale glaçant vient ébranler la confiance du public envers la célèbre street food dakaroise. Deux hommes, Issa Abibou (22 ans) et Kader Aboubacar (28 ans), tous deux originaires du Niger, ont été déférés au parquet après avoir été pris en flagrant délit de mise à mort et de récupération de viande… de chat.

Les faits se sont déroulés le 13 mai dernier, lors d’une opération de sécurisation menée par les agents du commissariat du 4e arrondissement. Les policiers surprennent alors les deux hommes en pleine chasse à l’animal domestique. L’un d’eux attrape un chat, l’égorge sans ménagement en pleine rue, puis glisse le corps dans un sac plastique. La scène, aussi brutale que choquante, ne laisse aucune place au doute : une interpellation immédiate s’impose.

Conduits au poste, les deux suspects tentent d’abord de justifier leur geste par un rituel mystique. Mais face à la perspicacité des enquêteurs, leur version s’effondre. Ils finissent par passer aux aveux : ils tuaient des chats pour les revendre comme viande de brochette à certains vendeurs de “Dibi Haoussa”, ces grillades si prisées par les Dakarois.

La nouvelle fait l’effet d’une bombe. Dans un pays où la viande de chat est non seulement interdite à la consommation, mais également perçue comme impure par la majorité de la population, l’indignation est générale. Les consommateurs, pensant savourer du bœuf ou du mouton, pourraient avoir ingéré à leur insu une viande prohibée, potentiellement vectrice de maladies.

Selon l’article 426 du Code pénal sénégalais, toute personne qui tue un animal domestique sans nécessité encourt une peine allant de un à six mois d’emprisonnement. À cela s’ajoute la vente de produits alimentaires non conformes aux normes sanitaires, un délit grave aux conséquences judiciaires lourdes. Le parquet devra désormais déterminer si les deux prévenus ont agi seuls ou s’ils s’inscrivent dans un réseau plus vaste.

Au-delà du choc, cette affaire soulève de sérieuses interrogations sur les conditions de traçabilité et de contrôle sanitaire dans la street food sénégalaise. Faut-il renforcer les inspections dans les dibi, ces gargotes de grillades qui nourrissent des milliers de Dakarois chaque jour ? Comment restaurer la confiance des consommateurs ?

La justice devra trancher, mais le mal est déjà fait : l’image des “Dibi Haoussa” vient d’être irrémédiablement entachée.

Ziguinchor : La campagne de commercialisation de l’anacarde minée par l’insécurité et le désengagement de l’État

La campagne de commercialisation des noix d’anacarde s’ouvre sous de sombres auspices dans la région de Ziguinchor. Marquée par une insécurité grandissante et un manque criant d’accompagnement institutionnel, cette filière pourtant vitale pour l’économie locale semble aujourd’hui laissée à elle-même. Les acteurs du secteur, inquiets et désabusés, tirent la sonnette d’alarme.

Les routes de la Casamance, jadis empruntées quotidiennement par les collecteurs et commerçants de cajou, sont désormais le théâtre d’actes de banditisme répétés. Le récent braquage dans la commune de Boutoupa Camaracounda, où des collecteurs ont perdu près de 30 millions de francs CFA, illustre la gravité de la situation. Les assaillants, dont l’identité reste floue, sèment la terreur sur les axes de transport. Cette insécurité pèse lourdement sur les opérateurs économiques, qui craignent pour leur vie autant que pour la pérennité de leurs activités.

Au-delà de l’insécurité, c’est le silence de l’État qui indigne. Le ministère du Commerce et de l’Industrie, censé encadrer la campagne, est vivement critiqué pour son absence sur le terrain. Boubacar Konta, président de l’Interprofession Cajou Sénégal, fustige ce manque d’implication : « Cette année, aucun Conseil régional de développement n’a été organisé autour de la filière », déplore-t-il. Un tel cadre aurait pourtant permis une meilleure coordination avec les forces de sécurité et une meilleure planification globale.

Pire encore, le système d’agrément pour identifier et encadrer les collecteurs et exportateurs, pourtant proposé par les professionnels du secteur, est resté lettre morte. L’État, selon eux, ne semble pas tenir compte des alertes répétées et des recommandations formulées par les acteurs de terrain.

Une chute brutale des prix, synonyme de faillite pour les collecteurs

À ces difficultés sécuritaires et institutionnelles s’ajoute une crise économique. Le prix d’achat du kilogramme de noix brute est passé de 800 à 600 francs CFA en seulement une semaine. Une baisse vertigineuse qui menace directement la survie des petits collecteurs, déjà fragilisés par les dettes et les pertes antérieures. Le spectre de la campagne de 2022, marquée par une vague de faillites, ressurgit.

Avec une production estimée à 100.000 tonnes et des retombées économiques de plus de 80 milliards de francs CFA, la filière cajou représente un pilier incontournable pour l’économie de la région sud. Et pourtant, elle semble aujourd’hui orpheline de tout soutien concret. Seul le ministère de l’Agriculture tente tant bien que mal de maintenir la production, mais cela reste insuffisant face à l’ampleur des défis.

« C’est une filière en détresse », martèle Boubacar Konta. Les professionnels du secteur réclament une mobilisation urgente de l’État, des mesures de sécurisation renforcées, une relance de la concertation régionale et l’adoption rapide d’un système d’agrément fiable pour sauver ce pan stratégique de l’économie casamançaise.

Ousmane Sonko en visite officielle de 48 heures à Ouagadougou

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, effectuera une visite officielle de 48 heures à Ouagadougou, à partir de ce vendredi, selon une information relayée par Sud Quotidien et confirmée par le service de communication de la Primature.

Ce déplacement s’inscrit dans une dynamique de renforcement des liens entre le Sénégal et le Burkina Faso. Durant son séjour dans la capitale burkinabè, M. Sonko s’entretiendra avec le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition burkinabè, ainsi qu’avec son homologue, le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo. Ces rencontres permettront d’aborder plusieurs dossiers d’intérêt commun, notamment la coopération bilatérale, les enjeux sécuritaires dans la sous-région, et les perspectives d’intégration africaine.

Le programme du chef du gouvernement sénégalais comprend également une rencontre avec la communauté sénégalaise vivant à Ouagadougou, ainsi qu’une interview exclusive prévue à la RTB, la chaîne de télévision publique du Burkina Faso.

Le moment fort de cette visite sera sans nul doute la participation d’Ousmane Sonko à la cérémonie d’inauguration du mausolée de Thomas Sankara, prévue pour ce samedi. Cet événement hautement symbolique sera précédé d’un sommet entre les délégations des deux pays, au terme duquel une déclaration conjointe sera faite à la presse.

Pour cette mission diplomatique, le Premier ministre sera accompagné par plusieurs membres du gouvernement sénégalais, notamment la ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Yassine Fall, le ministre des Forces armées, Dame Diop, et la ministre des Sports, Khady Diène.

Arrestation à Dakar d’Arona Ndiaye, un Franco-Sénégalais recherché pour homicide en France

Le Bureau central national (Bcn) d’Interpol à Dakar a procédé, ce jeudi, à l’arrestation d’Arona Ndiaye, un jeune Franco-Sénégalais de 21 ans activement recherché par les autorités françaises dans une affaire d’assassinat particulièrement sensible.

Selon les informations rapportées par Libération, Arona Ndiaye faisait l’objet d’une « notice rouge » émise par Interpol à la demande de la France. Né à Poitiers, le suspect est visé par un mandat d’arrêt international pour son implication présumée dans un homicide commis sur le territoire français. Les détails exacts du crime restent pour l’instant confidentiels, en raison du caractère sensible du dossier.

L’interpellation s’est déroulée dans les locaux du Bureau central national (Bcn) d’Interpol à Dakar, qui partage ses installations avec la Division des investigations criminelles (Dic), sous la supervision de la Direction de la police judiciaire. Grâce à des informations précises transmises par les services français, les autorités sénégalaises ont pu localiser et interpeller rapidement le suspect. L’opération s’est déroulée sans incident.

Toujours selon Libération, les autorités françaises s’apprêtent à transmettre une demande officielle d’extradition, conformément aux accords de coopération judiciaire qui lient la France et le Sénégal. En attendant l’aboutissement de cette procédure, Arona Ndiaye a été placé en garde à vue à Dakar, sous la surveillance des autorités sénégalaises.

L’affaire, qui reste entourée d’un certain secret, devrait connaître des développements dans les prochains jours, avec notamment l’examen de la demande d’extradition et l’ouverture éventuelle d’une procédure judiciaire locale.

La justice sénégalaise accélère le pas : cinq anciens ministres dans le viseur de la Haute Cour de Justice

La justice sénégalaise s’engage dans une phase décisive avec une série de procédures judiciaires visant plusieurs anciens membres du gouvernement. La Haute Cour de Justice, organe compétent pour juger les anciens ministres et membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, a décidé de passer à l’offensive, enclenchant une mécanique judiciaire d’une rare intensité.

Selon les informations du quotidien Libération, la Commission d’instruction et le parquet général ont lancé des mandats et des ordres de conduite contre cinq anciens ministres : Mansour Faye, Sophie Gladima, Ndèye Saly Diop, Moustapha Diop et Ismaila Madior Fall. Ces personnalités politiques, autrefois piliers de l’exécutif, sont désormais au centre d’une procédure d’exception qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité au sommet de l’État.

La Division des investigations criminelles (DIC) a été chargée de notifier les mandats de comparution. Le calendrier des premières auditions est déjà fixé :

Ndèye Saly Diop est convoquée le 19 mai, Moustapha Diop le 22 mai, Mansour Faye le 26 mai.

Ces auditions devraient permettre de clarifier les rôles et responsabilités de chacun dans les dossiers en cours d’instruction.

Une enquête sur le projet du tribunal de Guédiawaye

L’un des volets les plus sensibles concerne le projet de construction du tribunal de Guédiawaye, dans lequel Ismaila Madior Fall, ancien ministre de la Justice, est soupçonné de corruption. Le parquet général a pris des mesures de contrainte, ordonnant la « conduite » de certains mis en cause devant les juridictions compétentes.

L’enquête, menée par la Brigade des affaires générales (BAG) de la DIC, aurait déjà mis au jour des éléments accablants impliquant à la fois des fonctionnaires et des acteurs du secteur privé. Ces révélations pourraient élargir le champ des poursuites et accentuer la pression sur les anciens responsables politiques.

Ces développements judiciaires interviennent dans un contexte où l’opinion publique sénégalaise réclame plus de transparence et de reddition des comptes. En enclenchant cette série d’actions judiciaires, la Haute Cour de Justice et le parquet général envoient un signal fort : plus aucun acteur public n’est au-dessus de la loi.

Si les procédures suivent leur cours sans entrave politique ni pression extérieure, elles pourraient inaugurer une nouvelle ère de gouvernance fondée sur la responsabilité, et rétablir une certaine confiance entre les institutions et les citoyens.

Affaire Amir Abo : La Cour suprême valide sa remise en liberté provisoire

Après plusieurs mois de détention, Abo Mbacké, plus connu sous le nom de « Amir Abo », s’apprête à quitter sa cellule. Inculpé pour escroquerie et blanchiment de capitaux, il avait été placé sous mandat de dépôt fin novembre 2024 par le Pool judiciaire financier. Sa libération provisoire, désormais confirmée par la Cour suprême, marque un tournant inattendu dans cette affaire à rebondissements.

La Chambre d’accusation financière avait dans un premier temps accédé à la demande de mise en liberté provisoire formulée par les avocats de l’accusé. Les juges avaient notamment retenu comme élément déterminant le remboursement des montants objets de l’escroquerie présumée. Une décision que le parquet général n’avait pas digérée, introduisant dans la foulée un pourvoi en cassation pour suspendre cette libération.

Mais la plus haute juridiction du pays a tranché : le pourvoi du parquet a été rejeté, validant ainsi la décision de remise en liberté provisoire prise en première instance. Une véritable désillusion pour le ministère public, qui espérait prolonger la détention de celui que l’on accuse d’avoir orchestré un système d’escroquerie complexe, aux ramifications encore partiellement inconnues.

Ce dénouement provisoire soulève de nombreuses interrogations, tant sur le fond du dossier que sur les perspectives judiciaires à venir. S’il recouvre la liberté, « Amir Abo » reste néanmoins sous le coup de lourdes accusations, et devra répondre de ses actes devant la justice dans les prochains mois.

Pour l’heure, cette décision constitue un soulagement pour ses proches et ses soutiens, qui dénonçaient une détention préventive prolongée, alors que, selon eux, les conditions d’une libération étaient réunies depuis plusieurs semaines.

Affaire du véhicule de luxe : Cheikh Issa Sall visé par une enquête de la Section de recherches

L’ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Cheikh Issa Sall, est au cœur d’une enquête menée par la Section de recherches (SR) de la gendarmerie, à la suite d’une plainte déposée par CDC Habitat. Selon les informations du journal Libération, l’affaire porte sur l’usage et la revente présumée illégale d’un véhicule de luxe appartenant à l’institution.

Le véhicule en question est une Mercedes 7 places d’une valeur estimée à 80 millions de francs CFA. Ce dernier aurait été conservé illégalement par Cheikh Issa Sall après son départ de la tête de la CDC, une situation dénoncée par son successeur, Fadilou Keïta. Plus troublant encore, le véhicule aurait été revendu à un tiers, identifié comme A.S. Diouf, avant d’être finalement restitué à la CDC.

Pour tenter de régulariser la situation, Cheikh Issa Sall a signé un acte de vente qui a permis de réaffecter officiellement la voiture à CDC Habitat. Toutefois, cette restitution ne met pas fin aux poursuites. L’ancien DG devrait être convoqué à nouveau par les enquêteurs pour fournir des explications détaillées sur les circonstances de la vente et les conditions dans lesquelles le véhicule a changé de main.

Cette affaire relance le débat sur la gestion du patrimoine public par les anciens responsables d’institutions étatiques. Elle pourrait également avoir des répercussions sur l’image de Cheikh Issa Sall, figure bien connue du paysage politico-économique sénégalais.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°466 – 16/05/2025

🔴 RESTITUTION PAR LA FRANCE DU CAMP « CONTRE-AMIRAL PROTET », PATROUILLE CONJOINTE AVEC LA MAURITANIE À DAGANA : LE SÉNÉGAL REDESSINE SA CARTE SÉCURITAIRE
🔴 COUR SUPRÊME / IRRECEVABILITÉ DE SA PREMIÈRE REQUÊTE CONTRE L’ARRÊTÉ DE CESSATION DE PARUTION : LE CDEPS NE DÉSARME PAS

🔴 COUPE DU SÉNÉGAL / EN FINALE CONTRE GÉNÉRATION FOOT : UNE PREMIÈRE HISTORIQUE POUR BUILDERS FC
🔴 MMA / « JE M’ENTRAÎNE AU JUJUTSU, AU MUAY THAÏ ET JE ME FAMILIARISE AVEC LES TECHNIQUES » : ZOSS AIGUISE SES LAMES CONTRE BOUCHER

Santé / Renouvellement du Bureau de l’Association Safara Hépatite Sénégal : Fatou Nguirane reconduite à la tête de l’organisation

Ce 15 mai 2025, l’Association Safara Hépatite Sénégal, engagée dans la lutte contre les hépatites virales au Sénégal, a procédé au renouvellement de son bureau lors d’une assemblée générale tenue à Dakar, au siège de l’Alliance Nationale des Communautés pour la Santé (ANCS).

Lors de cette rencontre, Madame Fatou Nguirane a été reconduite à l’unanimité à la présidence de la structure. Dans son discours de remerciement, elle a réaffirmé sa volonté de renforcer les campagnes de sensibilisation, notamment en milieu rural, et de militer pour l’accès gratuit aux tests et traitements de l’hépatite B et C.

« La lutte contre l’hépatite ne peut réussir sans une mobilisation communautaire forte et un plaidoyer actif auprès des autorités sanitaires », a-t-elle déclaré.

Le nouveau bureau s’est engagé à intensifier les actions de dépistage de proximité, à renforcer les partenariats avec les structures sanitaires, et à œuvrer pour le renforcement des capacités des relais communautaires, notamment les badiènes gox et les prestataires de soins.

Ce renouvellement marque une nouvelle étape dans le parcours de Safara Hépatite Sénégal, qui demeure un acteur incontournable dans la lutte contre les hépatites au Sénégal.

L’AFP évalue son 3e Congrès ordinaire et se projette vers l’avenir

La Direction collégiale de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) s’est réunie ce jeudi 15 mai 2025 sous la présidence de son Secrétaire général, l’honorable député-maire Mbaye Dione. Cette rencontre, tenue dans un contexte politique marqué par de vives tensions, avait à l’ordre du jour deux points essentiels : l’évaluation du 3e Congrès ordinaire du Parti et l’analyse de la situation nationale, avec en ligne de mire les perspectives à venir.

Sur le premier point, la Direction collégiale s’est félicitée du succès éclatant du 3e Congrès ordinaire tenu le 26 avril 2025. Ce rendez-vous majeur a été salué pour la qualité de sa mobilisation, sa parfaite organisation et l’atteinte des objectifs fixés.

L’occasion a également été saisie pour adresser des remerciements appuyés au président Moustapha Niasse, salué pour sa contribution historique à la vie politique nationale et à la construction du Parti. Son retrait de l’Exécutif de l’AFP a été perçu comme un moment fort, empreint d’émotion et de reconnaissance.

Dans le même esprit, des félicitations ont été adressées au Secrétaire général Mbaye Dione et à tous les militants ayant contribué à faire de ce Congrès une étape décisive. La nouvelle direction s’est dite déterminée à relever les défis à venir dans un esprit d’unité et de cohésion.

Sur le plan national, la Direction collégiale s’est penchée sur un contexte jugé inquiétant, dominé par une vague d’arrestations jugées arbitraires et symptomatiques d’une justice « sélective ». Si l’AFP reconnaît la nécessité de rendre des comptes, elle dénonce un climat de répression et d’insécurité juridique qui coïncide avec une crise économique aiguë : licenciements abusifs, baisse du pouvoir d’achat et difficultés des ménages à l’approche de la Tabaski.

Dans ce contexte tendu, l’appel au dialogue lancé par le président de la République a été analysé avec rigueur. L’AFP a décidé de répondre favorablement à l’invitation pour le Dialogue national prévu le 28 mai 2025, tout en posant des conditions : l’exigence d’un cadre véritablement inclusif et la possibilité d’amender les termes de référence.

Enfin, la Direction collégiale a esquissé les grandes lignes de la relance politique de l’AFP. Le reprofilage du Parti passera par des tournées de terrain sous la conduite du Secrétaire général Mbaye Dione, mais aussi par la relance des activités de l’École de Formation du Parti. Des ateliers de réflexion seront organisés pour renforcer les capacités militantes et faire de la formation un pilier stratégique de la redynamisation de l’AFP.

Suspension de médias au Sénégal : le juge des référés déclare irrecevable la première requête du CDEPS, mais la bataille continue

Le juge des référés s’est prononcé ce jeudi sur l’arrêté controversé du ministre de la Communication ordonnant la cessation de parution et de diffusion des médias jugés « non conformes » au Code de la presse. La première requête en annulation introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou Sall a été jugée irrecevable, relançant ainsi le bras de fer entre l’État et le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de la Presse au Sénégal (CDEPS).

Le CDEPS, qui mène la contestation contre ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du ministère de la Communication, a réagi sans tarder : « Ce n’est que partie remise », a déclaré l’organisation patronale de la presse. Elle annonce l’introduction prochaine d’une nouvelle requête, cette fois sur le fond, pour contester l’illégalité de l’arrêté ministériel.

Le CDEPS fustige un acte « inique » et sans fondement légal, qui a entraîné la fermeture brutale de plusieurs entreprises de presse et mis au chômage des milliers de professionnels – journalistes, techniciens, personnels administratifs – à la veille de la fête de la Tabaski.

Selon le CDEPS, cette décision a aussi gravement porté atteinte à la réputation des organes de presse auprès de l’opinion publique, des annonceurs et des partenaires financiers. « L’État devra répondre de ces préjudices », a averti le patronat, qui compte réclamer des dommages et intérêts pour les pertes subies.

Fait notable lors de l’audience : Me Amadou Sall a révélé que l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient eux-mêmes reconnu l’incompétence du ministre de la Communication à décréter l’arrêt de la parution ou de la diffusion de médias. Une prise de position qui pourrait peser lourd dans les prochaines procédures judiciaires.

Alors que la décision écrite du juge n’a pas encore été communiquée officiellement aux parties, le CDEPS entend poursuivre son combat jusqu’à l’annulation complète de l’arrêté. Pour les acteurs du secteur, il s’agit d’un enjeu de survie, mais aussi d’un combat pour la liberté de la presse dans un contexte où les tensions entre le pouvoir exécutif et les médias semblent se raviver.

Lutte contre le blanchiment d’argent : La CENTIF enregistre 928 déclarations d’opérations suspectes en 2024

Le Sénégal poursuit le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Lors de la cérémonie officielle de la 43ᵉ réunion plénière de la commission technique du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), le directeur de cabinet du ministre des Finances, Bassirou Sarr, a présenté les résultats du rapport annuel 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Le document révèle que 928 déclarations d’opérations suspectes (DOS) ont été reçues par la CENTIF, un chiffre en nette hausse, dont 83 % ont été émises par les banques et établissements financiers. Cette évolution est perçue comme un signe d’amélioration de la culture de la conformité au sein du secteur financier national.

Par ailleurs, 42,7 millions de déclarations de transactions en espèces (DTE), dépassant le seuil réglementaire de quinze millions de francs CFA, ont été enregistrées. Ces chiffres traduisent un effort collectif de détection des flux financiers atypiques ou à risque.

Dans sa présentation, Bassirou Sarr a également mis en avant les capacités opérationnelles de la CENTIF. Au total, 2 172 demandes d’informations nationales ont été adressées aux institutions partenaires, comme les administrations publiques et les autorités de supervision. La CENTIF a aussi échangé 45 demandes d’informations avec des cellules de renseignement financier étrangères. Cette dimension internationale témoigne de l’intégration croissante du Sénégal dans les dispositifs globaux de lutte contre la criminalité financière.

Sur le plan des réformes, le Sénégal s’est engagé à consolider ses acquis. Il est prévu de finaliser les textes d’application encore en attente, afin de garantir un fonctionnement optimal du système national. Des réformes institutionnelles sont également envisagées pour améliorer l’organisation et le rendement de certaines entités concernées. En outre, l’évaluation nationale des risques (ENR) sera actualisée à partir du mois d’août 2025, et une nouvelle stratégie couvrant la période 2025-2029 sera élaborée.

Lors de cette rencontre, le président de la CENTIF, Mouhamadou Bamba Siby, a souligné que cette 43ᵉ plénière intervient dans un contexte régional et mondial marqué par des mutations profondes de la criminalité financière, notamment la complexification des mécanismes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale et l’entraide entre États pour répondre efficacement à ces menaces.

De son côté, le directeur général du GIABA, Edwin Harris, a alerté sur l’essor inquiétant de la cybercriminalité. Il a évoqué la compromission des courriels professionnels, les arnaques de type Ponzi, ainsi que la fraude via les plateformes de paiement mobile, autant de méthodes utilisées pour blanchir les produits du crime. Il a aussi relevé les faiblesses systémiques dans les législations et les capacités institutionnelles, qui exigent des réponses urgentes.

Le rapport présenté par le GIABA fait également état d’une recrudescence de la criminalité maritime, avec une exploitation accrue des eaux ouest-africaines pour des activités illicites comme le trafic, la contrebande et la piraterie. Ces phénomènes compromettent la stabilité régionale et la sécurité économique des pays membres.

Prenant la parole, la représentante de la CEDEAO, Zelma Yollande Nobre Fassinou, a salué les efforts du GIABA dans la région et félicité les États membres, dont le Sénégal, pour les progrès enregistrés. Elle a toutefois appelé à une vigilance accrue, notamment à l’approche du troisième cycle des évaluations mutuelles, dans lequel les États sont appelés à démontrer une conformité technique rigoureuse et soutenue.

Cap sur l’autonomisation économique : Le Sénégal lance sa première Journée nationale dédiée aux PME/PMI

Ce matin, le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES) a été le théâtre du lancement officiel de la toute première Journée nationale des Petites et Moyennes Entreprises et Industries (PME/PMI). Cette initiative, inédite dans l’agenda économique sénégalais, s’est tenue en marge de la 25e édition de la Foire internationale de l’Agriculture et des Ressources animales (FIARA). Elle a été présidée par Monsieur Ibrahima THIAM, Secrétaire d’État chargé des PME/PMI.

La cérémonie s’est déroulée en présence du Dr Alpha BA, Secrétaire d’État chargé des Coopératives et de l’Encadrement Paysan. À cette occasion, les deux responsables ont procédé à la signature d’un protocole d’accord engageant leurs départements dans une dynamique de collaboration renforcée. Cette entente vise à coordonner davantage les politiques publiques, mutualiser les ressources disponibles et structurer de manière cohérente les chaînes de valeur locales. Une attention particulière est portée aux PME/PMI, mais également aux coopératives agricoles, groupements d’intérêt économique (GIE) et organisations paysannes.

Cette journée nationale s’inscrit pleinement dans le processus en cours d’élaboration de la Stratégie nationale de développement et de promotion des PME/PMI. L’objectif est de favoriser l’émergence d’un tissu économique plus robuste, mieux préparé aux chocs externes, compétitif à l’échelle régionale et ancré dans une meilleure valorisation des ressources locales.

Un appel a été lancé aux entreprises pour qu’elles s’engagent davantage dans la formalisation de leurs activités. Il a aussi été souligné l’importance pour ces structures de s’approprier les outils et mécanismes mis à leur disposition par les dispositifs publics d’accompagnement. Les PME/PMI sont invitées à s’impliquer activement dans la transformation structurelle de l’économie sénégalaise, en jouant pleinement leur rôle d’acteurs de terrain.

Au cours de la cérémonie, les contributions des structures techniques du ministère de l’Industrie et du Commerce ont été saluées. Il s’agit notamment de l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME), du Bureau de Mise à Niveau (BMN) et de l’Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations (ASEPEX). Leur engagement, combiné à celui des partenaires techniques et financiers, est perçu comme un levier essentiel pour améliorer durablement la compétitivité du secteur privé national.

Par cette initiative, l’État du Sénégal manifeste clairement sa volonté de positionner les PME/PMI et les sociétés coopératives au cœur de la croissance économique. Elles sont appelées à devenir les moteurs d’un développement inclusif, souverain, durable et à fort potentiel de création d’emplois.

Sécurité transfrontalière : le Sénégal et la Mauritanie mènent une patrouille conjointe à Dagana

Le mercredi 14 mai 2025, une opération de patrouille mixte a été organisée dans le département de Dagana, à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie. Cette initiative sécuritaire, menée conjointement par les forces de défense et de sécurité des deux pays, s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale visant à renforcer la lutte contre plusieurs formes de criminalité transfrontalière, notamment le grand banditisme, le vol de bétail et l’immigration irrégulière.

La mission s’est déroulée sous la direction du lieutenant Diop. Les unités engagées ont sillonné plusieurs zones sensibles situées en bordure du fleuve Sénégal. Parmi les localités concernées figuraient Richard-Toll, Mbilor, Gaya et Dagana. Au cours de cette opération, les forces ont non seulement effectué des contrôles de terrain, mais elles ont également rencontré les populations locales pour échanger sur les problématiques de sécurité et recueillir leurs doléances.

À Dagana, la délégation a été reçue par l’adjointe au maire, qui a salué cette initiative et exprimé la disponibilité des autorités municipales à collaborer pour une sécurité renforcée. Les populations locales ont réservé un accueil positif aux patrouilles, exprimant leur satisfaction et leur volonté de soutenir les efforts des deux États dans la prévention des menaces communes.

Cette action illustre la volonté conjointe du Sénégal et de la Mauritanie de faire de leur frontière commune un espace de coopération, de stabilité et de paix. Dans un contexte régional marqué par une instabilité croissante, cette opération symbolise un engagement renouvelé pour la sécurité partagée, reposant sur la proximité avec les populations et la coordination entre États voisins.

Thiès : 38 individus interpellés lors d’une vaste opération de sécurisation nocturne

Dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 mai 2025, une opération de grande envergure a été menée à Thiès, surnommée la capitale du rail, pour renforcer la sécurité et lutter contre la délinquance. Cette action a abouti à l’interpellation de trente-huit individus, dont un agresseur, ainsi qu’à la saisie de plusieurs véhicules.

L’intervention, qui s’est déroulée de 21 heures à 6 heures du matin, a mobilisé les forces de la sûreté urbaine, le commissariat du 1er arrondissement et les unités des postes de Nguinth, Parcelles-Assainies et Médina Fall. Les autorités ont ciblé plusieurs zones réputées sensibles, multipliant les patrouilles et installant des points de contrôle à des endroits stratégiques, notamment le rond-point Concorde, la sortie de Tassette, Keur Massamba Guèye ainsi que le stade Lat Dior.

Au-delà des arrestations, la police a également procédé à l’immobilisation de deux véhicules et onze motos, pour diverses infractions au code de la route, dans le cadre de cette opération de sécurisation nocturne.

Cette intervention s’inscrit dans la continuité des efforts des forces de l’ordre pour réduire l’insécurité et assurer la tranquillité des populations à Thiès.

Université de Bambey : le SUDES-ESR dénonce une gestion sécuritaire « inadaptée » et appelle à un apaisement durable

Le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal, section enseignement supérieur et recherche (SUDES-ESR) de l’Université Alioune Diop de Bambey (UAD), a vivement réagi au communiqué n°37 du 13 mai 2025 du Conseil académique. Dans une déclaration rendue publique, le syndicat dénonce une gestion sécuritaire jugée inappropriée face à la crise que traverse l’université.

Pour le SUDES-ESR UAD, la situation sécuritaire actuelle au sein du campus est inquiétante. Le syndicat fustige des mesures qualifiées de « peu adaptées » et qui, selon lui, n’ont pas permis de créer les conditions d’un climat apaisé, essentiel pour assurer la continuité des enseignements. Il regrette également que les leçons tirées des précédentes crises universitaires ne semblent pas avoir été prises en compte.

Dans son communiqué, le syndicat soulève un flou inquiétant autour du calendrier universitaire. Il s’interroge : s’agit-il de clore l’année 2023-2024 ou de débuter celle de 2024-2025 ? Il estime que si l’on s’oriente vers la nouvelle année, les autorités académiques auraient dû en assumer pleinement les conséquences, notamment en imposant une session unique et des semestres fortement écourtés.

Le SUDES appelle les Unités de Formation et de Recherche (UFR) à se baser sur des considérations strictement pédagogiques dans leurs prises de décisions, au lieu de céder à des injonctions politiques mal déguisées. Il demande à ce que la « normalisation » de l’année universitaire soit envisagée à une période plus propice, dans l’intérêt des étudiants comme des enseignants.

Concernant les perturbations ayant secoué l’UAD cette année, le syndicat précise qu’elles ne sont pas uniquement imputables aux étudiants. Enseignants permanents et vacataires ont également contribué à cette instabilité, chacun ayant ses revendications légitimes. D’où l’appel du SUDES à privilégier le dialogue permanent et la concertation au détriment de toute démarche autoritaire ou unilatérale.

Tout en condamnant toutes formes de violence, le syndicat insiste : les étudiants ne sont pas le problème. Ils ne cherchent qu’à améliorer leurs conditions d’apprentissage. Le véritable nœud, selon le SUDES, réside dans les nombreuses promesses non tenues par la tutelle, ainsi que dans la gestion des flux d’étudiants orientés vers l’UAD sans accompagnement pédagogique ou infrastructurel adéquat.

Dans ce contexte, le syndicat estime qu’un plan d’urgence est devenu impératif pour l’université de Bambey. Un plan qui, selon lui, doit être élaboré et mis en œuvre dans l’unité, avec la participation de toutes les composantes de l’établissement.

Enfin, le SUDES-ESR UAD rappelle aux autorités que l’intervention des forces de l’ordre n’a jamais été une solution efficace pour stabiliser durablement les universités. Il en appelle au respect strict des franchises universitaires, un principe fondamental qui, affirme-t-il, doit être défendu avec la plus grande fermeté.

Justice : Me Moussa Diop annonce une plainte contre le journaliste Serigne Saliou Gueye

L’avocat et homme politique Me Moussa Diop a annoncé ce jeudi 15 mai son intention de poursuivre en justice le journaliste Serigne Saliou Gueye, directeur de publication du quotidien « Yoor Yoor Bi ». La déclaration a été faite via ses réseaux sociaux, dans un ton ferme et indigné.

Cette décision intervient à la suite de la publication en Une d’un article intitulé : « Exhumation d’une vidéo de plus de neuf mois pour nuire à Azoura Fall : Me Moussa Diop ou le summum de l’indignation ». Le contenu du papier a visiblement profondément irrité l’ancien directeur général de Dakar Dem Dikk, qui y voit une atteinte à son honneur et à sa réputation.

Dans sa réaction, Me Diop a exprimé son exaspération en des termes particulièrement incisifs. S’appuyant sur une jurisprudence antérieure, notamment l’affaire impliquant Moustapha Diakhaté, il souligne que l’usage du mot « alkou » avait été juridiquement reconnu comme une injure publique. Il estime donc que l’expression « indigne », employée à son encontre dans l’article en question, doit être traitée avec la même rigueur judiciaire.

« Si le mot « alkou » a été judiciairement qualifié d’injure publique (affaire Moustapha Diakhaté), « indigne » ne saurait en échapper. Je dépose sans délai une plainte pénale contre le sieur Serigne Saliou Gueye, patron du quotidien « Yoor Yoor Bi » », a-t-il écrit. Il a également annoncé son intention de déposer une seconde plainte auprès du Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED), ainsi que devant le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA).

Cette nouvelle affaire relance une fois encore le débat sur les rapports parfois tendus entre la presse et certaines figures publiques au Sénégal, ainsi que sur les limites de la liberté d’expression dans l’espace médiatique. En attendant les suites judiciaires, l’affaire pourrait bien alimenter les discussions dans les milieux politiques et médiatiques du pays.

Attaque contre Cheikh Issa Sall : des proches du maire de Mbour montent au créneau

La jeunesse de l’Union nationale pour l’Intégration, le Travail et l’Équité (Unité), structure affiliée au président Cheikh Issa Sall, a vivement réagi suite à la sortie médiatique de Fadilou Keïta, accusé d’avoir violemment pris à partie le maire de Mbour. Dans un communiqué rendu public, ces jeunes militants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une attaque injustifiée, relevant davantage de la diffamation que d’un véritable combat politique.

Selon eux, un véritable engagement ne devrait jamais se fonder sur des motivations personnelles ou des dénonciations gratuites, mais sur des arguments solides, vérifiables et constructifs. Ils défendent l’idée que toute posture de combat légitime exige une objectivité sans faille, où la vérité doit primer en toutes circonstances. Ils fustigent ce qu’ils qualifient de « dérive populiste » consistant à manipuler l’opinion publique dans le seul but de nuire à un adversaire politique.

Les soutiens du maire ne s’arrêtent pas là. Ils pointent du doigt Fadilou Keïta, qu’ils qualifient de privilégié « catapulté » à un poste de directeur général uniquement en raison de ses origines familiales. Ils rappellent que ce dernier avait pourtant loué les qualités humaines et professionnelles de Cheikh Issa Sall lors de leur collaboration passée. Selon eux, c’est grâce à la bienveillance de ce dernier que Fadilou Keïta aurait pu bénéficier d’un terrain et du rappel de son salaire sur une période de quinze mois. Des faveurs qui contrastent aujourd’hui, selon eux, avec l’attitude hostile de leur ancien allié.

Pour les jeunes du mouvement Unité, cette attaque n’a qu’un seul objectif : salir l’image d’un maire apprécié et affaiblir l’opposition locale. Ils dénoncent une stratégie bien rodée visant à discréditer les figures politiques en place, dans l’unique but de les écarter et de s’emparer de leur mandat. Ils rejettent catégoriquement cette méthode et affirment leur engagement à défendre Cheikh Issa Sall contre toute tentative de manipulation, de calomnie ou de campagne de dénigrement.

CDEPS : Vers une nouvelle bataille judiciaire contre l’arrêté de cessation de parution des médias

Le bras de fer entre le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et le ministère de la Communication prend une nouvelle tournure. Ce jeudi 15 mai 2025, le juge des référés a rendu une décision déclarant irrecevable la première requête introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou Sall. Cette requête visait à faire annuler l’arrêté ministériel ordonnant la cessation de parution et de diffusion des médias jugés non conformes au Code de la presse.

La décision motivée du juge n’a pas encore été portée officiellement à la connaissance des parties. Cependant, lors des débats devant le tribunal, l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient reconnu que le ministre de la Communication n’avait pas la compétence juridique pour ordonner une telle interdiction. Une reconnaissance qui pourrait être déterminante pour la suite.

Me Sall a annoncé qu’une nouvelle requête serait introduite pour contester cette fois sur le fond la légalité de l’arrêté. Il dénonce un acte arbitraire et sans fondement juridique, qui a entraîné la fermeture de plusieurs entreprises de presse à travers le pays. Les conséquences humaines et économiques sont lourdes : des milliers de professionnels des médias se retrouvent sans emploi à quelques jours de la Tabaski.

Le CDEPS estime que la réputation des entreprises de presse concernées a été gravement affectée, tant auprès de l’opinion publique que des annonceurs. Cette situation pourrait entraîner une perte de confiance durable et compromettre l’équilibre économique du secteur. L’organisation professionnelle compte désormais réclamer des réparations financières à l’État pour les préjudices subis. Ce contentieux judiciaire s’annonce donc comme un nouveau test pour l’État de droit et la liberté de la presse au Sénégal.

CDEPS – Arrêté de cessation de parution : Le ministre de la Communication en sursis

Le juge des référés, statuant sur l’arrêté portant cessation de parution et de diffusion des «médias non conformes» au Code de la presse, a jugé ce jeudi irrecevable la première requête en annulation introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou SALL. La décision motivée et écrite du juge des référés n’a pas encore été portée à l’attention des parties.
Dans le même temps, Me SALL a informé, que lors des débats, l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient tous deux affirmé que le ministre de la Communication n’a aucune compétence pour ordonner l’interdiction de diffusion et de parution des médias.
Ce n’est donc que partie remise. Une nouvelle requête sera introduite devant le juge des référés pour juger, sur le fond, de l’illégalité de l’arrêté du ministre de la Communication, qui a décrété de manière arbitraire la cessation de parution et de diffusion des médias.
Cet acte inique du ministre, sans aucune base légale, a provoqué la fermeture des entreprises de presse et le chômage de plusieurs milliers de professionnels des médias, mères et pères de famille, en cette veille de Tabaski 2025.
La réputation des entreprises de presse en a subi un coup auprès de l’opinion et des annonceurs, bailleurs de la presse.
L’État devrait en faire les frais, en payant des dommages et intérêts pour les préjudices subis.
Le CDEPS, jeudi 15 mai 2025

Transports interurbains : Dem Dikk inaugure la ligne Dakar-Kidira dès le 2 juin

Dem Dikk continue d’élargir son réseau à travers le pays. À partir du lundi 2 juin 2025, l’entreprise publique de transport interurbain mettra en service une nouvelle ligne reliant Dakar à Kidira, renforçant ainsi la connectivité entre la capitale et l’est du Sénégal.

D’après un communiqué consulté par Dakaractu, les départs de Dakar auront lieu les lundis et mercredis, à 7 h du matin, depuis le terminus des HLM Grand Yoff. À Kidira, les départs s’effectueront depuis le quartier Plateau, juste en face de l’ancienne gare ferroviaire. Le tarif pour un aller simple est fixé à 13 000 FCFA.

Sur cet itinéraire, plusieurs localités serviront de points de ramassage pour les voyageurs, notamment Dyabougou Mossi, Goudiry, Boynguel, Bala et Kothiary. L’objectif de cette nouvelle desserte est clair : rapprocher les populations éloignées des grands centres urbains et faciliter les déplacements entre Dakar et les régions de l’intérieur.

« Nous sommes fiers de contribuer à l’accessibilité et à la mobilité de tous, en mettant à votre disposition des bus modernes et un personnel qualifié pour vos besoins de transport », souligne Dem Dikk dans son communiqué.

Cette initiative s’inscrit dans une politique de désenclavement progressif des zones rurales, tout en améliorant les conditions de voyage à travers un service structuré, ponctuel et sécurisé.

Restitution des emprises militaires : La France remet le quartier « Contre-Amiral Protet » au Sénégal

Nouvelle étape dans le processus de retrait progressif de la présence militaire française au Sénégal. Ce jeudi 15 mai 2025, la France a officiellement remis au Sénégal le quartier « Contre-Amiral Protet », situé sur le port de Dakar. Cette restitution s’inscrit dans le cadre de la reconfiguration des accords de coopération militaire entre les deux pays.

Dans un communiqué rendu public par l’ambassade de France à Dakar, il est précisé que cette restitution s’est déroulée « conformément à la décision de la commission conjointe du 28 février 2025, dans le respect de la procédure établie dans le traité instituant un partenariat en matière de coopération militaire entre la République Française et la République du Sénégal du 18 avril 2012. »

Le site « Contre-Amiral Protet », longtemps occupé par des unités françaises dans le cadre de leur dispositif militaire au Sénégal, retrouve désormais sa pleine souveraineté sénégalaise. Il s’agit d’un geste hautement symbolique dans un contexte où la souveraineté nationale et la redéfinition des partenariats militaires reviennent de plus en plus au cœur des débats sur le continent.

Le communiqué mentionne également que deux autres emprises françaises, « Maréchal » et « Saint-Exupéry », ont déjà été rétrocédées au Sénégal le 7 mars dernier. Et la tendance devrait se poursuivre, puisque l’ambassade annonce que « les autres emprises seront restituées d’ici l’été 2025. »

Cette dynamique s’inscrit dans une volonté affichée par les autorités sénégalaises d’avoir un contrôle accru sur leur espace militaire et stratégique. Elle marque aussi un tournant dans les relations franco-sénégalaises en matière de défense, vers un modèle plus équilibré et concerté.

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Ibrahima Hamidou Deme dénonce : « On a combattu une justice instrumentalisée ; elle est maintenant ridiculisée »

Dans une déclaration brève mais lourde de sens publiée sur sa page Facebook, l’ancien magistrat et président du mouvement ETIC (Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté), Ibrahima Hamidou Deme, a vivement critiqué l’état actuel de la justice sénégalaise. Selon lui, le système judiciaire, autrefois dénoncé pour son instrumentalisation sous le régime de Macky Sall, est désormais tombé dans une forme de discrédit encore plus alarmante.

« Cette justice instrumentalisée qui a été combattue est aujourd’hui ridiculisée », affirme-t-il. Un jugement sans équivoque qui, selon plusieurs observateurs, vise la gestion actuelle des dossiers judiciaires sensibles depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.

Parmi les dossiers qui semblent nourrir la frustration de l’ancien juge, on retrouve notamment celui des fonds liés à la gestion de la pandémie de Covid-19, et plus globalement, les révélations de la Cour des comptes sur la période 2019-2023. Ces rapports, attendus pour faire tomber d’éventuelles têtes, peinent à produire des suites judiciaires concrètes.

D’autres cas alimentent également le sentiment d’injustice ou d’impunité, comme celui d’Azoura Fall, militante du parti Pastef récemment libérée sous contrôle judiciaire, ou encore ceux du chroniqueur Abdou Nguer et d’Assane Diouf. Autant de situations qui, selon certaines voix, démontrent une gestion incohérente, voire partiale, de la justice.

Même s’il n’est pas entré dans le détail des dossiers en question, Ibrahima Hamidou Deme semble pointer du doigt un pouvoir qui, tout en promettant une rupture dans la gouvernance, peine à garantir l’indépendance et la crédibilité de l’appareil judiciaire.

Médina : Un vendeur de brochettes arrêté avec un chat égorgé dans un sachet

La scène semble sortie d’un scénario improbable, mais elle s’est bel et bien déroulée au cœur de la Médina, l’un des quartiers les plus animés de Dakar. Un ressortissant étranger, connu pour vendre des brochettes dans les rues, a été interpellé par les forces de l’ordre alors qu’il transportait dans un sachet en plastique un chat égorgé. L’affaire, révélée par Le Soleil, a rapidement enflammé les réseaux sociaux et provoqué l’indignation des habitants.

L’interpellation a eu lieu après que le comportement suspect de l’homme a attiré l’attention des passants, lesquels ont aussitôt alerté les autorités. Sur place, les policiers découvrent le cadavre de l’animal, soigneusement emballé, suscitant une vive émotion. Conduit au commissariat, le mis en cause aurait tenté de justifier son geste en affirmant que le chat était destiné à des pratiques mystiques.

Des explications jugées peu convaincantes par les enquêteurs, qui ont décidé de le placer en garde à vue pour approfondir les investigations. À ce stade, aucun élément ne permet d’établir un lien formel entre l’animal et une éventuelle utilisation dans la fabrication des brochettes. Toutefois, le fait que le suspect soit actif dans la restauration de rue jette le doute et accentue la méfiance des consommateurs.

La nouvelle a fait l’effet d’une onde de choc à la Médina, où la population commence à remettre en question la qualité et la provenance des viandes consommées dans les cantines et les grillades de rue. Plusieurs habitants interrogés expriment leur inquiétude et demandent un contrôle sanitaire renforcé sur les vendeurs ambulants.

Du côté des autorités, aucune déclaration officielle n’a encore été faite, mais une enquête est en cours pour élucider les circonstances exactes de cette affaire aussi sordide que préoccupante. Si les faits venaient à confirmer l’hypothèse d’un usage alimentaire, cela constituerait une grave infraction aux normes d’hygiène et de santé publique.

En attendant les conclusions de l’enquête, les consommateurs sont invités à faire preuve de vigilance, tandis que les services d’hygiène sont appelés à intensifier leurs contrôles sur les pratiques de restauration informelle dans les rues de Dakar.

Affaire Azoura Fall : Thierno Bocoum salue un « signal fort » et appelle à l’équité pour tous

Le leader du mouvement AGIR, Thierno Bocoum, a salué ce qu’il qualifie de « signal fort » suite à la première audience dans l’affaire Azoura Fall. Dans une déclaration rendue publique, l’ancien député a exprimé sa satisfaction face à l’intervention du procureur et à la célérité observée dans le traitement du dossier. Il a cependant profité de l’occasion pour attirer l’attention sur d’autres cas qui, selon lui, méritent la même diligence judiciaire.

« Dans l’affaire Azoura, le procureur a agi, la justice suit son cours. Voilà le signal fort, que nous espérions. Il mérite d’être salué sans réserve », a affirmé Thierno Bocoum, estimant que cette évolution représente un pas important vers une justice plus réactive.

Cependant, le président du mouvement AGIR n’a pas manqué de rappeler que d’autres personnes, comme Abdou Nguer ou encore Assane Diouf, attendent toujours que leurs dossiers avancent. Il juge injustifiable la lenteur qui entoure ces affaires, surtout lorsque les faits qui leur sont reprochés sont, selon lui, assimilables à des cas de flagrant délit pour lesquels d’autres accusés sont déjà jugés.

« À présent, que le flambeau de l’équité continue de briller pour tous. L’injustice qui frappe Abdou NGuer, Assane Diouf et d’autres doit cesser. Eux aussi doivent répondre devant la justice dans les mêmes conditions de célérité et d’équité », a-t-il plaidé.

Sénégal : Plusieurs anciens ministres de Macky Sall convoqués par la DIC dans l’affaire des fonds Covid-19

Dakar, le 15 mai 2025 – L’affaire des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19 continue de faire des remous sur la scène politique sénégalaise. Moins d’une semaine après leur mise en accusation par l’Assemblée nationale, plusieurs anciens ministres de l’ex-gouvernement de Macky Sall sont désormais dans le viseur de la justice.

Selon des informations obtenues par Seneweb, l’ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, s’est présenté ce mercredi 15 mai à la Division des investigations criminelles (DIC). Il y a reçu son mandat de comparution devant la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Il est le premier à répondre à cette convocation, dans une série attendue d’auditions.

Dans la foulée, Ndèye Saly Diop Dieng, ancienne ministre de la Femme, de la Famille et du Genre, est également attendue à la DIC, probablement dans les prochaines heures, pour recevoir le même document.

Ces convocations s’inscrivent dans le cadre d’une enquête lancée après les débats houleux à l’Assemblée nationale le 8 mai dernier, qui ont abouti à la mise en accusation de cinq anciens membres du gouvernement. En plus de Mansour Faye et Ndèye Saly Diop Dieng, les anciens ministres Aïssatou Sophie Gladima (Énergie), Moustapha Diop (Industrie), et Ismaïla Madior Fall (Justice) sont également visés.

Tous sont soupçonnés de malversations portant sur les fonds mobilisés pour faire face à la pandémie de Covid-19, notamment durant les exercices budgétaires de 2020 et 2021. Le rapport de la Cour des comptes publié en 2023 avait déjà révélé de nombreuses irrégularités, provoquant une vive indignation au sein de l’opinion publique.

Après plus de neuf heures de débats à l’hémicycle, la majorité des députés a voté en faveur de l’activation de la Haute Cour de Justice, une juridiction exceptionnelle habilitée à juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions.

L’UCAD interdit la présence des bébés en cours : une décision qui divise

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) vient de prendre une mesure qui suscite déjà débats et réactions : la Faculté des Lettres et Sciences humaines (FLSH) interdit désormais la présence de bébés et de jeunes enfants dans les amphithéâtres, laboratoires et salles de cours. Une directive officielle a été émise à cet effet par le Doyen de la FLSH, qui en appelle à une application stricte de la mesure.

Dans une note interne adressée aux chefs de département et directeurs d’institut, le Doyen justifie cette décision par des considérations de sécurité et de bon déroulement des enseignements. « Il est porté à notre attention que des étudiantes se présentent dans les amphithéâtres et salles de cours accompagnées de bébés ou de jeunes enfants. Cette pratique, bien que compréhensible dans certaines circonstances, représente un risque pour la sécurité des enfants et peut perturber le bon déroulement des enseignements », lit-on dans le document, relayé par le quotidien SourceA.

Le Doyen insiste sur la nécessité pour l’ensemble des responsables pédagogiques de relayer l’information et de veiller à ce qu’aucune dérogation ne soit tolérée. L’objectif affiché : garantir un cadre d’apprentissage serein, sécurisé et adapté aux exigences de l’enseignement supérieur.

Si la décision vise à préserver l’environnement académique, elle soulève néanmoins des interrogations sur la situation des étudiantes mères. Ces dernières, souvent confrontées à un manque de structures d’accueil ou de soutien, n’ont parfois d’autre choix que d’emmener leurs enfants avec elles sur le campus. Pour certaines, cette interdiction risque de devenir un obstacle supplémentaire à la poursuite de leurs études.

Des voix s’élèvent déjà sur les réseaux sociaux pour dénoncer une mesure jugée « rigide » et « déconnectée des réalités sociales ». Des appels à des solutions alternatives émergent : mise en place de crèches universitaires, horaires aménagés ou encore appui institutionnel aux mères étudiantes.

Au-delà de l’UCAD, cette décision soulève un débat plus large sur l’inclusivité dans l’enseignement supérieur et la prise en compte des besoins spécifiques des étudiantes mères. Entre la volonté de maintenir la rigueur académique et celle de favoriser l’accès à l’éducation pour tous, y compris les parents-étudiants, l’équilibre reste délicat à trouver.

Féminicide à Joal : Un maçon tue son épouse par jalousie et tente de dissimuler le crime

Joal, commune de Santhié 2 – Une affaire tragique et glaçante secoue la localité depuis la nuit du dimanche 11 mai. Serigne Fallou Diop, maçon de profession, a avoué avoir étranglé son épouse, Fatou Guèye, dans son sommeil, avant de se recoucher à ses côtés comme si de rien n’était. Un féminicide prémédité, mû par une jalousie maladive, qui bouleverse toute la communauté.

Le drame s’est noué dans un foyer en apparence ordinaire. Serigne Fallou Diop et Fatou Guèye vivaient ensemble depuis cinq ans et étaient parents d’un enfant de quatre ans. Mais derrière cette stabilité apparente, le couple était miné par des tensions croissantes. Depuis plusieurs mois, Fallou nourrissait de lourds soupçons sur la fidélité de son épouse, qu’il accusait d’entretenir une liaison extraconjugale.

Le soir du drame, en rentrant de son travail, l’homme découvre l’absence de sa femme. Son téléphone est resté à la maison, ce qui attise sa méfiance. À son retour, Fatou rentre calmement, partage le dîner familial et monte ensuite sur la terrasse pour téléphoner à sa sœur et lui confier ses inquiétudes sur son mariage, sans se douter que cette conversation allait précipiter sa fin.

À 23h, lorsqu’il entend sa femme parler au téléphone, Fallou est persuadé qu’elle échange avec un amant. Une dispute éclate, mais Fatou finit par aller se coucher, pensant l’incident clos. C’est pendant son sommeil que le drame survient : sans un mot, son mari l’étrangle froidement.

Plutôt que de fuir ou d’alerter qui que ce soit, Serigne Fallou Diop reste couché à côté du corps sans vie de sa femme, espérant dissimuler le crime en faisant croire à une mort naturelle. Au petit matin, ses tentatives de manipulation échouent. L’attitude étrange de l’homme et le silence pesant alertent les voisins, qui contactent les gendarmes de la Brigade de recherches de Saly Portudal.

Une fois interpellé, Serigne Fallou Diop finit par passer aux aveux. Il déclare avoir tué Fatou « à cause de ses absences répétées et de ses nombreux appels téléphoniques », révélant ainsi un mobile ancré dans une jalousie obsessionnelle.

L’autopsie pratiquée à l’hôpital ne laisse aucun doute : la cause du décès est une strangulation. Le dossier a été confié au parquet de Mbour, qui poursuit le mis en cause pour assassinat.

Ce nouveau drame relance le débat sur les violences faites aux femmes au Sénégal, où les féminicides, bien que condamnés, continuent de faire des victimes. Le cas de Fatou Guèye rappelle douloureusement la nécessité de renforcer la protection des femmes et de lutter contre les violences conjugales sous toutes leurs formes.

Incident spectaculaire au tribunal : Azoura Fall tente de se déshabiller en pleine audience

Une scène aussi inattendue que saisissante s’est déroulée ce jeudi au Tribunal des flagrants délits de Dakar, lors du procès de deux militants du parti dissous Pastef, Assane Guèye, plus connu sous le pseudonyme d’Azoura Fall, et El Hadji Ousseynou Kaïré. Alors que ses avocats plaidaient pour sa remise en liberté provisoire, Azoura Fall a créé un moment de stupeur dans la salle d’audience.

Dans un accès de colère mêlée d’émotion, l’activiste, visiblement en détresse, a tenté d’enlever son pantalon devant le juge et le public, en lançant à haute voix : « Regardez ce que Macky Sall m’a fait ! ». Ce geste spectaculaire a provoqué une vive réaction dans la salle. Ses avocats, surpris comme le reste de l’assistance, se sont précipités pour le maîtriser et le calmer. L’incident, bien que bref, a marqué un tournant dans l’audience.

Une fois l’agitation apaisée, Azoura Fall a pu retrouver ses esprits et reprendre place à la barre, permettant à l’audience de se poursuivre dans un climat de tension palpable.

L’activiste est poursuivi pour des « propos contraires aux bonnes mœurs », une accusation qu’il rejette fermement. Ses conseils ont insisté sur la détérioration de son état de santé, tant physique que mental, qu’ils estiment incompatible avec la détention. Ils ont une nouvelle fois réclamé sa mise en liberté provisoire, une demande sur laquelle le juge ne s’est pas encore prononcé.

Quant à El Hadji Ousseynou Kaïré, co-accusé dans ce dossier, son procès a été renvoyé au 22 mai prochain. En attendant cette nouvelle date, il a été reconduit à la prison de Rebeuss, où il demeure en détention provisoire. Le report vise à permettre une meilleure préparation des débats sur le fond.

Sénégal : Vers une Réforme du Système de Caution Locative pour Protéger les Locataires

Une réforme d’envergure dans le secteur de la location immobilière pourrait bientôt transformer les rapports entre bailleurs et locataires au Sénégal. Le directeur général de la Caisse de dépôt et de consignations (CDC), Fadilou Keita, a annoncé une initiative ambitieuse qui vise à réglementer et centraliser le système de paiement des cautions de loyers, dans un souci de transparence et d’équité.

Dans un contexte où les plaintes se multiplient, notamment dans les grandes agglomérations comme Dakar, cette réforme intervient comme une réponse attendue. Les pratiques actuelles, marquées par des exigences excessives de caution — souvent trois à quatre mois de loyer — et des difficultés de restitution, mettent à mal de nombreux locataires. À cela s’ajoutent les frais imposés par les courtiers et autres intermédiaires, rarement remboursables.

« Nous avons entrepris des démarches pour permettre à toutes les personnes de déposer leur caution à la Caisse de dépôt et de consignations. De ce fait, personne ne pourra réclamer des cautions de 3 à 4 mois aux locataires », a déclaré Fadilou Keita. L’objectif est clair : garantir au locataire la restitution de sa caution à la fin du contrat, sous supervision d’une entité publique neutre.

Selon M. Keita, ce nouveau mécanisme permettra d’encadrer les relations entre locataires et bailleurs, tout en limitant les abus. Actuellement, de nombreux conflits naissent à la fin des baux, les bailleurs justifiant la non-restitution partielle ou totale de la caution par des frais de réfection, parfois sans preuves concrètes.

La CDC jouera alors un rôle d’arbitre et de garant, en veillant à ce que les cautions soient restituées de manière juste, après évaluation objective de l’état du logement.

Un autre point important de la réforme concerne les courtiers. Fadilou Keita a dénoncé les commissions prélevées par ces intermédiaires sur les cautions, une pratique courante mais injuste. « Le mois de caution perçu par le courtier n’est jamais restitué au locataire. Il s’agit d’une pratique injuste à laquelle nous voulons mettre fin », a-t-il insisté.

Avec la centralisation des cautions à la CDC, ces frais illicites pourraient disparaître, et les locataires ne seraient plus tenus de verser des sommes importantes à des tiers non régulés.

Si elle est mise en œuvre, cette réforme constituerait une avancée sociale significative pour les milliers de Sénégalais confrontés aux difficultés de logement. Elle permettrait également d’assainir un secteur souvent critiqué pour son opacité et son manque de régulation.

Arona Niang en garde à vue pour diffusion de fausses nouvelles : des déclarations controversées sur plusieurs chefs d’État et le Covid-19

Dakar, le 15 mai 2025 – Le professeur d’histoire et de géographie Arona Niang, également vice-président du mouvement des enseignants patriotiques de Pastef à Pikine Est et président de l’association Jeunesse éveillée (Je), a été placé en garde à vue ce mercredi par la Division spéciale de cybercriminalité (DSC). Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, avec à la clé une série de déclarations jugées sensibles, voire dangereuses, par les autorités.

Se présentant comme un « consultant en géopolitique », Arona Niang est dans le collimateur des enquêteurs pour plusieurs propos tenus lors de ses interventions sur la chaîne YouTube Sénégal 7. Parmi les points les plus controversés, ses attaques directes contre des chefs d’État étrangers, notamment le président turc Recep Tayyip Erdogan, qu’il a qualifié de « menteur », affirmant qu’il serait « pire que Kagame ou Emmanuel Macron ».

Face aux enquêteurs, il a tenté de justifier ces propos en évoquant le soutien officieux de la Turquie à Israël, soutien qui, selon lui, aurait motivé sa réaction. Sur Paul Kagame, président du Rwanda, il a affirmé que ce dernier ne cacherait pas son appui aux miliciens du M23. En ce qui concerne Emmanuel Macron, ses critiques porteraient, selon lui, uniquement sur la domination coloniale française.

Parmi les éléments ayant conduit à sa garde à vue figure également une déclaration particulièrement troublante : l’insinuation selon laquelle la mort d’un garde du corps du président turc, survenue lors de l’inauguration du stade Abdoulaye Wade, aurait été programmée. Il a aussi mentionné que les conflits ethniques en Mauritanie, au Mali, au Burkina Faso et dans le Sahel seraient prémédités, pointant du doigt des « organisations lobbyistes ».

Une autre déclaration controversée a concerné le président gambien Adama Barrow, dont il a affirmé qu’il « passait son temps à dormir lors des rencontres internationales ». Interrogé sur cette sortie, Arona Niang a expliqué qu’il souhaitait simplement souligner le cousinage entre les peuples sénégalais et gambien, et que son ton se voulait humoristique.

Les enquêteurs se sont également penchés sur les propos du mis en cause concernant la pandémie de Covid-19. Il aurait affirmé que les tests par écouvillons (coton-tiges) servaient à transmettre le virus, s’appuyant, dit-il, sur « des documentations scientifiques étrangères ». Poussant plus loin, Arona Niang a relayé des théories complotistes selon lesquelles les vaccins contre le Covid-19 auraient été conçus pour éliminer 7,2 milliards de personnes, reprenant selon lui une déclaration de Bill Gates datant de 2015.

Enfin, il a soutenu que les doses de vaccin contenaient une puce nommée “Arm Messenger”, qui permettrait à la CIA de collecter des données personnelles. Il dit s’être appuyé sur une chaîne YouTube animée par un certain Mouhamed Diallo pour avancer ces affirmations.

Arona Niang sera jugé lundi prochain devant le tribunal des flagrants délits. Cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression face aux risques de désinformation, notamment en ligne. Les autorités sénégalaises semblent déterminées à encadrer davantage les propos publics à travers les réseaux sociaux et les médias numériques, dans un contexte où la cybercriminalité et la manipulation de l’opinion sont devenues des enjeux majeurs.

Effondrement d’un immeuble à Ngor : trois personnes placées sous mandat de dépôt pour mise en danger de la vie d’autrui

L’effondrement tragique d’un immeuble de type R+5 à Ngor continue de faire des vagues. Deux personnes ont perdu la vie dans ce drame survenu en marge de travaux de terrassement menés sur un chantier voisin. L’enquête progresse rapidement : selon les informations du journal Libération, le parquet a transmis le dossier au juge d’instruction du 2e cabinet, qui a aussitôt ordonné la mise sous mandat de dépôt de trois individus.

Les mis en cause sont Pape Maoumy Fall, entrepreneur en charge des travaux, Mafal Dieng, propriétaire de l’engin d’excavation utilisé sur le site, et Cheikh Dieng, conducteur de la pelleteuse. Tous trois sont poursuivis pour mise en danger de la vie d’autrui, une qualification lourde au vu des circonstances.

Les premières conclusions de l’enquête préliminaire pointent vers de graves manquements aux règles élémentaires de sécurité. Aucune étude de sol n’avait été réalisée avant le début du terrassement. Plus grave encore, les travaux ont été effectués sans aucune mesure de sécurisation du bâtiment voisin, qui s’est effondré sous la pression.

Le propriétaire de l’immeuble sinistré, un certain M. Cissé, ne cache pas sa colère. Selon ses déclarations, il avait contracté un prêt bancaire pour ériger son bâtiment, désormais réduit à un amas de gravats. Il a déposé plainte contre la société Afribat, promoteur du chantier mitoyen, qu’il accuse d’avoir creusé trop près des fondations de son immeuble, provoquant ainsi l’effondrement.

Un autre rescapé du drame, identifié comme A. Fall, a lui aussi décidé de porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. Il dénonce un chantier “mené dans l’irresponsabilité la plus totale”, sans aucune considération pour la sécurité des riverains.

Quatre talibés meurent dans un daara clandestin à Thiénaba : un drame qui soulève des questions profondes

Thiénaba, Un drame bouleversant secoue la paisible commune de Thiénaba, où quatre jeunes talibés ont trouvé la mort dans des circonstances encore floues mais profondément troublantes. Ces décès survenus dans un daara non autorisé mettent en lumière les défaillances criantes du système de régulation des écoles coraniques au Sénégal.

Le premier décès signalé fut celui de Pape Ndiassé Mbengue, rapidement inhumé après le rapatriement de son corps auprès de sa famille. Peu de temps après, trois autres enfants — Fallou Fall (11 ans), Cheikh Oumar Guèye (11 ans) et Modou Dièye — succomberont tour à tour malgré les soins prodigués. Selon les premières déclarations recueillies par les autorités, les enfants auraient tous consommé une plante locale connue sous le nom de “Mbanté Maré”, soupçonnée d’être à l’origine de l’empoisonnement.

L’enquête a révélé que le daara fonctionnait dans l’illégalité la plus totale. L’établissement, ni déclaré ni encadré par les autorités compétentes, était dirigé par un maître coranique et son suppléant, M. Seck. Ce dernier a été interpellé par la gendarmerie de Kébémer et placé en garde à vue. Lors de son audition, il a reconnu que l’école n’avait aucune autorisation administrative et ne respectait aucune norme de sécurité.

Face à la gravité des faits, la gendarmerie a prolongé la garde à vue de M. Seck, dépassant le délai légal de 48 heures. Il est poursuivi, aux côtés du maître coranique, pour mise en danger de la vie d’autrui, homicide involontaire et ouverture illégale d’un établissement d’enseignement coranique.

Parallèlement, le parquet de Louga a ordonné des autopsies sur les corps des victimes, qui seront réalisées à l’hôpital général de Grand-Yoff. Des échantillons de la plante suspectée ont également été prélevés et envoyés à l’Institut Pasteur, où des analyses sont en cours afin d’en déterminer la toxicité exacte.

Au-delà du drame humain, cette affaire pose la question plus vaste de la régulation des daaras au Sénégal. Malgré les efforts étatiques pour encadrer ces établissements, nombre d’entre eux continuent de fonctionner dans l’informel, exposant ainsi des milliers d’enfants à des risques sanitaires, éducatifs et sécuritaires.

Affaire de l’immeuble effondré à Ngor : Mame Makhtar Guèye annonce une conférence de presse après les révélations d’un touriste homosexuel

Comme on pouvait s’y attendre, Mame Makhtar Guèye de l’ONG Jamra est monté au créneau. Selon le quotidien Les Échos, le fervent défenseur des valeurs religieuses et culturelles sénégalaises prépare une conférence de presse pour réagir à une affaire qui fait grand bruit depuis quelques jours.

L’affaire en question concerne un ressortissant français, se présentant comme homosexuel, qui a déclaré avoir séjourné à Dakar dans l’immeuble effondré récemment à Ngor. Une fois de retour en France, ce dernier a partagé plusieurs images de son voyage au Sénégal sur les réseaux sociaux, notamment dans des lieux réputés de la capitale. Une exposition jugée provocatrice par certains membres de la société civile conservatrice.

Face au silence jugé « coupable » des membres de la coalition And Samm Jikko Yi, Jamra et ses alliés ont décidé de reprendre le flambeau de la « lutte pour la préservation des valeurs ». Selon Les Échos, Mame Makhtar Guèye prévoit d’annoncer, lors de sa conférence de presse, un plan d’actions pour dénoncer non seulement le mutisme des autorités, mais aussi ce qu’il considère comme une banalisation de l’homosexualité dans l’espace public sénégalais.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les débats autour des questions LGBTQ+ restent très sensibles au Sénégal, pays à majorité musulmane et où l’homosexualité est pénalement réprimée. L’affaire risque ainsi de raviver les tensions entre partisans d’un durcissement des lois et ceux qui plaident pour plus de tolérance ou au moins une approche moins conflictuelle.

Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des autorités ou du concerné.

Audience du 15 mai au tribunal de Dakar : Azoura Fall libéré provisoirement, Kaïré reste en détention

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a tranché, ce jeudi 15 mai 2025, sur les demandes de mise en liberté provisoire déposées par les avocats d’Assane Guèye, plus connu sous le nom d’Azoura Fall, et El Hadji Ousseynou Kaïré. À l’issue d’une audience tendue, marquée par des plaidoiries offensives de la défense, le juge a accédé à la requête concernant Azoura Fall, invoquant son état de santé fragile, mais a rejeté celle de Kaïré, maintenant ce dernier en détention.

Les avocats de la défense ont plaidé avec force pour convaincre le tribunal d’accorder la liberté provisoire aux deux prévenus, en soulignant notamment leurs garanties de représentation et l’absence de risque de trouble à l’ordre public.

Me Brice Dasilva a ainsi rappelé que ses clients sont des figures connues et bien insérées socialement. Me Souleymane Soumaré a dénoncé une procédure banalisée pour un dossier qu’il qualifie de « simple » et a insisté sur le fait qu’Azoura, bien qu’au centre de l’attention médiatique, ne devait pas être pénalisé pour sa notoriété. Selon lui, l’état de santé de son client, attesté par un certificat médical, rendait sa détention injustifiable.

De son côté, Me Saïd Larifou a souligné le comportement coopératif d’Azoura, qui s’était rendu de lui-même, balayant ainsi les doutes sur son éventuelle fuite. Me Faramara Faty a, quant à lui, décrit les deux jeunes hommes comme des citoyens engagés, très actifs dans les campagnes de sensibilisation auprès des populations, arguant que « leur place n’est pas en prison ».

Me Bamba Cissé a enfoncé le clou en affirmant qu’ils étaient les victimes d’une répression étatique, et que le certificat médical produit par l’hôpital Fann confirmait les troubles psychiatriques d’Azoura. Il a aussi rappelé que le contexte de tension qui aurait justifié leur arrestation n’existe plus.

Enfin, Me Ciré Clédor Ly a dénoncé une détention arbitraire, invoquant plusieurs articles du Code de procédure pénale pour contester la légalité de la procédure. Il a plaidé non pas pour une simple liberté provisoire, mais pour une libération d’office, soulignant que les faits remontent à neuf mois et ne relèvent plus du flagrant délit.

Face à cette offensive, le procureur est resté ferme. Il a insisté sur les circonstances de l’interpellation d’Azoura, évoquant une traque digne d’une affaire de terrorisme. Il a aussi souligné que les articles invoqués par la défense ne s’appliquaient pas dans le cadre d’une procédure de flagrant délit, contredisant la base juridique des demandes de libération.

À l’issue des débats, le juge a ordonné la libération provisoire d’Azoura Fall, tout en refusant celle d’El Hadji Ousseynou Kaïré. Une décision qui a suscité une vive réaction de la part du principal concerné : Azoura a refusé de quitter la barre, lançant : « Je ne peux pas être libéré sans mon ami Kaïré ».

Le procès, initialement prévu ce 15 mai, est renvoyé au 22 mai 2025. Les regards sont désormais tournés vers cette nouvelle audience, qui devrait éclairer davantage les zones d’ombre de cette affaire à forte charge émotionnelle et politique.

Médina – Brochettes au goût douteux : Un chat égorgé dans les filets de la police

Dans les artères animées de la Médina, un fait divers aux relents inquiétants vient semer le trouble. Deux vendeurs de brochettes, Abibou et K. Aboubacar, tous deux ressortissants nigériens, ont été interpellés en flagrant délit par les éléments de la Brigade de recherche du commissariat de la Médina. Le motif : la possession suspecte d’un chat fraîchement égorgé, soigneusement dissimulé dans un sac.

L’arrestation, qui a eu lieu dans une discrétion toute relative, a immédiatement éveillé les soupçons. L’animal était-il destiné à la consommation humaine ? Ces brochettes populaires aux abords des marchés et ruelles animées cacheraient-elles une origine plus féline que bovine ? La question, choquante pour certains, légitime pour d’autres, mérite d’être posée.

Interrogés, les deux suspects ont tenté une défense pour le moins ésotérique : le chat aurait été destiné à des pratiques mystiques. Une explication jugée peu convaincante par les enquêteurs, qui ont préféré miser sur la prudence et la légalité. Ils ont ainsi été placés en garde à vue, et une enquête plus poussée a été ouverte.

Le duo devra répondre de plusieurs infractions, notamment celles prévues par l’article 426 du Code pénal, qui punit les actes de cruauté envers les animaux, mais aussi pour non-respect des règles sanitaires, dans un contexte où la sécurité alimentaire reste une préoccupation majeure.

Dans un pays où la brochette est une institution populaire, ces révélations font l’effet d’une étincelle dans une rôtissoire. Une chose est sûre : les autorités sanitaires et municipales vont devoir redoubler de vigilance pour rassurer une population déjà méfiante face à certaines pratiques informelles de la restauration de rue.

L’affaire suit son cours, mais la réputation de nos “dibiteries” pourrait, elle, en sortir sérieusement entachée.

Source:,Le soleil

Niger : les enseignants sonnent la charge face à la junte,une grève de 72h qui fait date

C’est une première depuis l’arrivée de la junte au pouvoir en juillet 2023. Au Niger, le secteur de l’éducation vient de se figer sous le poids d’un ras-le-bol devenu impossible à contenir. À l’appel d’un collectif de 28 syndicats, enseignants et contractuels ont lancé, dès le lundi 12 mai, une grève de 72 heures, désertant massivement les établissements scolaires du pays.

Cette mobilisation d’ampleur, inédite sous le régime militaire, est l’expression d’un double cri d’alarme : d’une part, la précarisation persistante du corps enseignant, avec des contractuels toujours en attente de titularisation ou de renouvellement, et d’autre part, le non-paiement régulier des salaires. Une situation que les grévistes jugent intenable, d’autant plus qu’elle s’enracine dans un contexte politique et économique fragilisé.

La junte, jusqu’ici concentrée sur des priorités sécuritaires et diplomatiques, se retrouve désormais confrontée à une contestation sociale structurée, incarnée par un secteur historiquement en première ligne lors des grandes batailles civiques au Niger. En toile de fond : une école publique en lambeaux, une jeunesse en mal de repères et une élite éducative à bout de souffle.

Ce bras de fer augure-t-il un tournant ? Pour les syndicats, il ne s’agit plus seulement de négocier des primes ou des titularisations, mais de rappeler que l’éducation est un pilier de souveraineté autant que de stabilité. Dans un pays où l’on martèle le discours de refondation, il serait temps de joindre les actes à la parole.

À suivre, donc — car si cette grève devait se prolonger ou se durcir, elle pourrait devenir le prélude à une nouvelle phase de remobilisation sociale, bien au-delà des salles de classe.

Tahirou Sarr rattrapé par les soupçons : Sofico au cœur d’une nébuleuse financière de plus de 180 milliards FCFA

Tahirou Sarr, figure bien connue du paysage économique sénégalais et patron de la société Sofico, se retrouve une fois de plus dans l’œil du cyclone judiciaire. La Cour des comptes, dans un rapport récemment relayé par L’Observateur, met en lumière une série d’opérations financières suspectes impliquant des montants colossaux de fonds publics. En toile de fond, des pratiques qui interpellent autant par leur opacité que par leur ampleur.

Une émission obligataire controversée

La pierre angulaire du dossier est une émission obligataire de 100,29 milliards de FCFA par l’État, au profit de Coris Bank International. Jusque-là, rien d’inhabituel. Sauf que la société Sofico de Tahirou Sarr aurait servi de canal de transit pour cette opération. Une situation pour le moins singulière, qui soulève des questions légitimes sur les critères de sélection de l’intermédiaire, la conformité de la procédure et, surtout, la traçabilité des fonds.

Un marché public aux contours flous

Autre zone d’ombre : un contrat de 45,10 milliards de FCFA conclu avec le ministère de l’Environnement. Officiellement, il s’agit d’un marché de fourniture d’équipements de sécurité et de matériel technique. Mais les auditeurs de la Cour, visiblement dubitatifs, parlent d’un processus d’attribution “intrigant”. L’absence de transparence sur les soumissionnaires, les modalités d’exécution et les bénéficiaires réels alimente les soupçons.

Deux opérations en marge, mais pas anodines

À cela s’ajoutent deux opérations financières supplémentaires, respectivement datées des 8 septembre 2023 et 28 février 2024, pour un total de 35,19 milliards de FCFA. Si les détails sur ces transactions restent flous, leur simple existence vient épaissir un brouillard déjà dense autour des finances publiques.

Un parfum persistant de favoritisme et de clientélisme

Ce n’est pas la première fois que Tahirou Sarr est éclaboussé par des affaires de cette nature. Et une fois encore, les mécanismes d’attribution des marchés publics et l’implication de sociétés proches du pouvoir apparaissent comme les maillons faibles de notre gouvernance économique. Dans un contexte où la demande de reddition des comptes devient de plus en plus pressante, cette affaire pourrait bien servir de catalyseur pour un nécessaire assainissement.

Reste à savoir si la justice saura faire la lumière sur ce qui s’annonce comme l’un des plus gros dossiers financiers de ces dernières années. Car au-delà des noms cités, c’est la crédibilité de l’État et la confiance des citoyens qui sont en jeu.

Farba Ngom obtient une respiration médicale dans un dossier politico-financier asphyxiant

Par un revirement judiciaire notable, le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF) a accédé à une requête clé de la défense de Farba Ngom : la désignation d’un expert médical. Le Pr Alassane Mbaye, éminent cardiologue à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, a été commis pour évaluer l’état de santé du maire des Agnams, incarcéré à Rebeuss depuis le 27 février.

Ce choix, validé sur proposition de l’Ordre des médecins, n’est pas anodin. Il signe une désapprobation tacite de la position du parquet, qui s’était opposé à cette demande. Les avocats de Farba Ngom peuvent souffler, au moins temporairement : ils viennent de remporter une manche dans ce bras de fer judiciaire tendu. Mais de là à parler de libération imminente, il y a encore un pas… médical.

Tout repose désormais sur le rapport du Pr Mbaye : c’est lui qui devra dire si la condition physique de l’homme fort de l’APR est compatible avec une détention prolongée. Ce diagnostic pourrait rebattre les cartes dans une affaire déjà hautement sensible.

Pour rappel, Farba Ngom fait face à des accusations lourdes : association de malfaiteurs, blanchiment, complicité d’escroquerie et détournement de deniers publics, pour un montant faramineux de 91 milliards de francs CFA. Un rapport de la CENTIF a jeté une lumière crue sur des transactions suspectes dépassant les 125 milliards, cristallisant ainsi les soupçons d’enrichissement illicite.

En toile de fond, c’est aussi une séquence politique qui se joue. Car Farba Ngom n’est pas un justiciable ordinaire : c’est une figure emblématique de l’ex-majorité, un confident de l’ancien président Macky Sall, aujourd’hui dans le viseur d’une justice qui semble vouloir solder les comptes de l’ère précédente.

Verdict médical à venir, verdict judiciaire en suspens. La suite de ce feuilleton politico-judiciaire pourrait bien se jouer… au stéthoscope.

Travaux d’assainissement à Touba : l’ONAS rassure sur le respect des délais avant l’hivernage

En visite de terrain ce mardi, le directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), Seny Diène, a exprimé sa satisfaction quant à l’état d’avancement des travaux d’assainissement engagés dans la ville sainte de Touba. L’objectif reste clair : achever les infrastructures essentielles avant l’arrivée des premières pluies de l’hivernage.

« La première impression est un sentiment de satisfaction au regard du niveau d’avancement et du respect de l’échéance fixée, qui est le début de l’hivernage », a déclaré M. Diène au micro de l’APS, lors de sa tournée sur les différents chantiers.

Parmi les sites visités, celui du point bas en face de la mairie de Touba Mosquée est presque finalisé. Les travaux sont achevés à quelques détails près, notamment la remise en état du site après les interventions. À Keur Niang, l’élargissement du bassin de rétention suit également un bon rythme. Ce chantier vise à accroître la capacité de stockage et à améliorer l’évacuation des eaux pluviales dans cette zone vulnérable.

Autre point stratégique : Nguélémou. Ici, l’ONAS supervise la construction d’un bassin de drainage destiné à recueillir les eaux de pluie en provenance des quartiers environnants. Ce projet s’inscrit dans une stratégie globale de lutte contre les inondations à Touba.

Enfin, Seny Diène a tenu à rassurer les populations sur la préparation technique en affirmant que toutes les mesures ont été prises pour que les stations de pompage soient « pleinement fonctionnelles durant l’hivernage ».

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 14 Mai 2025

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

– Colonel Aly MIME, Chef de corps du Bataillon des transmissions d’infrastructure, est nommé Directeur général du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information, en remplacement de Monsieur Babacar NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;  
– Monsieur El Hadji Bouya AMAR, Administrateur civil en service au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, matricule 604 454 H, est nommé Secrétaire général de l’École nationale de Cybersécurité, poste vacant. Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage 
– Monsieur Cheikh Tidiane MBODJI Colonel (er), précédemment Ministre-Conseiller à la Présidence de la République, est nommé Président du Conseil d’Administration (PCA) du Haras national, poste vacant. Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation 
– Monsieur Mamadou SARR, Professeur titulaire des Universités, est nommé Directeur Général de l’Université Rose Dieng France-Sénégal (Ex Campus Franco-Sénégalais) en remplacement de Magueye GUEYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ; 
– Monsieur François Joseph CABRAL, Professeur titulaire des Universités, est nommé Coordonnateur de l’Université du Sénégal oriental en remplacement de Kandioura NOBA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ; 
– Monsieur Mamadou Mactar Mbacké LEYE, Professeur titulaire des Universités, est nommé Directeur de l’École Nationale de Développement Sanitaire et Social (ENDSS) en remplacement de Monsieur Daouda FAYE ; 
– Madame Tiguida WAGUÉ, préfet du département de Mbirkilane est nommée Secrétaire général de l’Université Assane SECK de Ziguinchor, poste vacant. Au titre du Ministère des Finances et du Budget 
– Monsieur Amadou Lamine GUISSE, Administrateur civil, matricule 616 316 C, est nommé Secrétaire général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), en remplacement de Monsieur Cheikh Déthialaw SECK. Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique 
– Monsieur Oumar Diène SAKHO, Expert en Régulation économique des secteurs numérique et postal, est nommé Président du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Malick NDIAYE, Expert senior en politique et Régulation du numérique, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Mor NDIAYE, Expert en Innovation et Transformation numérique, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Yamar SAMB, Professeur agrégé de droit, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Mamadou THIOMBANE, Inspecteur des postes et services financiers, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Madame Khady Ndiaye KAMA, Experte en Fintech, Innovation et Transformation numérique, est nommée membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Madame Mana Mint Mohemd Salem AIDARA, Experte en Régulation des télécommunications, Ingénieur électronique, est nommée membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale 
– Madame Mame Khady Sidy Aly BADJI, Administrateur civil, matricule 616 251 M, est nommée Secrétaire général de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (SEN PNA), en remplacement de Monsieur Souleymane SOUMARÉ. 
Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique 
– Monsieur Babacar KANE, Administrateur civil, matricule 616 301 G, est nommé Gouverneur de la région de Kaffrine, en remplacement de Monsieur Moustapha DIAW admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. 
Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports Terrestres et Aériens 
– Monsieur Boubacar DIALLO, Cadre de banque, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société nationale des Chemins de Fer du Sénégal (CFS), en remplacement de Monsieur Mayacine KAMARA.

Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 14 Mai 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 14 mai 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a présenté ses chaleureuses félicitations à la communauté catholique suite à l’élection du nouveau Souverain pontife, le Pape Léon XIV, un homme de foi et d’ouverture qui place sa mission sacerdotale sous le sceau du dialogue, de la solidarité et de l’unité entre les peuples afin d’asseoir un monde de paix, de stabilité et de justice. Dans cet élan, il a invité le Gouvernement à prendre toutes les mesures requises et les dispositions idoines pour un bon déroulement, les 07,08 et 09 juin 2025, de la 137ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine. 
Le Chef de l’Etat est revenu sur la problématique du contrôle systématique et la régulation des constructions des bâtiments et travaux publics. En effet, il est constaté ces dernières années, la multiplication des effondrements de bâtiments, notamment en période d’hivernage. C’est dire que la qualité, la durabilité et la sécurité des constructions selon les normes doivent rester des priorités dans la mise en œuvre de la politique en matière de construction et d’habitat. Ainsi, le Président de la République a invité le Gouvernement à accentuer le contrôle des constructions afin d’établir une cartographie nationale de la situation intégrant des mesures spécifiques à appliquer à chaque cas identifié, allant des correctifs à apporter pour le respect des plans initialement autorisés à la démolition des bâtiments en ruine ou menacés d’effondrement. Il a demandé au Ministre en charge de l’Urbanisme et de la Construction et au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller en relation avec les Maires et les services de la protection civile au déploiement d’une campagne nationale de sensibilisation des populations sur les règles d’urbanisme et les dispositions du Code de la construction dont l’application intégrale ne doit souffrir d’aucune entrave. Il a souligné l’impératif d’une homologation des matériaux de construction en commercialisation mais également d’un contrôle rigoureux des travaux de construction avec des inspections régulières des services compétents de l’Etat et l’établissement des attestations de conformité selon des permis de construire dúment validés après avis systématique des responsables techniques et administratifs impliqués. Dans cette dynamique, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, conformément à ses directives en Conseil des Ministres du 18 décembre 2024, l’urgence d’accentuer la montée en puissance des activités du Laboratoire national de Référence des Bâtiments et Travaux publics (LNR – BTP), créé par la loi n° 2023- 12 du 21 juin 2023. Le décret d’application n° 2023-1780 du 29 août 2023 précise notamment les missions de cette entité particulière en matière d’agrément des laboratoires d’études et d’essais, d’homologation des matériaux et produits utilisés dans les bâtiments et travaux publics, de contrôle des études géotechniques ainsi que de prévention des risques naturels et environnementaux. Il a également signalé l’urgence, pour chaque Ministère, de faire le point sur l’état et la sécurité civile des bâtiments abritant les services administratifs conformément à ses directives en Conseil des Ministres du 9 avril 2025. Il a, par ailleurs, souligné la nécessité de déployer, en rapport avec l’Ordre des architectes, une stratégie préventive d’harmonisation et de contrôle des constructions et de l’architecture des différentes villes et communes du Sénégal. 
Le Chef de l’Etat a évoqué la question du développement de l’entreprenariat des jeunes et des femmes pour soutenir la création d’emplois. Il a félicité le Premier Ministre pour le succès du lancement, le jeudi 08 mai 2025, de la nouvelle phase du Projet d’Appui et de Valorisation des Initiatives entrepreneuriales des femmes et des jeunes (PAVIE 2) doté de 107,2 milliards de FCFA. Il a insisté sur la nécessité de soutenir davantage l’entreprenariat des jeunes et des femmes par l’accélération de la territorialisation des dispositifs d’encadrement et de financement, ainsi que l’optimisation des interventions publiques auprès des cibles. Ce qui devrait accentuer la transformation durable des secteurs à fort potentiel de croissance et de création d’emplois comme l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat et le numérique. Il a demandé au Premier Ministre de veiller à une répartition équitable des financements dans toutes les localités du pays en favorisant les projets à fort impact sur la transformation de la production agricole et la souveraineté alimentaire. Le Chef de l’Etat a également indiqué au Premier Ministre la nécessité d’orienter, en priorité, les financements du PAVIE vers l’ancrage durable de l’autonomisation économique des femmes, notamment les femmes rurales, d’où l’importance de l’adoption prochaine du projet de loi d’orientation relative à l’autonomisation économique des femmes. 
Le Président de la République a insisté sur le consensus dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de gestion des ressources en hydrocarbures. Il a félicité le Gouvernement, notamment le Ministre chargé de l’Energie et du Pétrole et l’ensemble des acteurs nationaux publics et privés qui participent au dynamisme et à la gouvernance de ce secteur économique hautement stratégique dont la gestion est placée sous le double sceau de la transparence et de la redevabilité. Dans cette phase cruciale de reprise en main de nos ressources naturelles, minières, pétrolières et gazières en particulier et de basculement progressif de certaines centrales de SENELEC vers le gaz, il a demandé au Premier Ministre de veiller à la bonne exécution des contrats signés avec nos partenaires mais également d’assurer une gouvernance optimale du secteur avec l’implication de toutes les parties prenantes publiques comme privées. Le Chef de l’Etat a, par ailleurs, réaffirmé son attachement au développement du contenu local avec l’accompagnement de l’Etat pour la promotion de champions nationaux dans le secteur pétrolier et gazier. Il a, en outre, signalé l’impératif de dresser le bilan du Fonds de stabilisation et du Fonds intergénérationnel dont la gestion est confiée par mandat au FONSIS. En définitive, il a demandé au Ministre en charge de l’Energie et du Pétrole, au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et au Secrétariat permanent du Comité d’Orientation Stratégique du Pétrole et du Gaz (COS-PETROGAZ) de préparer, sous la supervision du Premier Ministre, la première réunion de l’organe, sous son magistère, avant fin juillet 2025, en présence des membres désignés et de toutes les représentations du secteur privé national. 
La relance de l’enseignement de nos langues nationales et des programmes d’alphabétisation et de consolidation des Daara dans le système éducatif reste une des préoccupations du Président de la République. Il a demandé au Ministre de l’Education nationale et au Ministre chargé de l’Alphabétisation, d’engager avec les acteurs, une évaluation concertée et une redynamisation soutenue des politiques d’alphabétisation et de promotion de l’enseignement des langues nationales. En effet, l’alphabétisation dans nos langues nationales est un facteur essentiel de consolidation de notre souveraineté. A ce titre, il a indiqué au Ministre de l’Education nationale la nécessité de faire le point sur l’enseignement des langues nationales codifiées et la promotion de leur usage courant (lecture et écriture) dans tous les secteurs de la vie institutionnelle, administrative, académique, économique et sociale. 
Par ailleurs, il s’est félicité du lancement, hier, des travaux des Assises nationales des Daara. 
Ces concertations inclusives permettront la mise en œuvre consensuelle de plans d’action multisectoriels afin de mieux intégrer les Daara dans les systèmes éducatif et économique de notre pays. 
Enfin, au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a fait le point sur sa participation, le 12 mai 2025 à Abidjan, à l’édition 2025 de l’Africa CEO Forum où il a rencontré plusieurs investisseurs internationaux qui souhaitent développer des projets et des partenariats gagnant- gagnant avec le Sénégal dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation « Vision Sénégal 2050 ». 
Dans sa communication, le Premier Ministre s’est appesanti sur la prise en charge des 
entreprises en difficulté et la modernisation de l’administration publique. 
Concernant la prise en charge des entreprises en difficulté, le Premier Ministre, après avoir souligné le rôle central des entreprises du secteur parapublic dans le renforcement de la compétitivité de l’économie nationale et de la création des emplois, s’est penché sur leurs difficultés dont les causes sont liées à la mauvaise gouvernance et à des choix stratégiques hasardeux les plaçant en dehors de toute dynamique de performance. Le Premier Ministre a rappelé l’adoption d’un plan d’action destiné à assurer la sauvegarde et la relance des deux principaux opérateurs publics des Transports aériens que sont AIBD SA et Air Sénégal SA, à travers les décisions issues du Conseil interministériel du jeudi 03 avril 2025. Le Premier Ministre a instruit les départements ministériels concernés de s’assurer d’un suivi régulier desdites décisions en vue d’une gestion rigoureuse et performante du processus de relance de ces entités. Le Premier Ministre a également demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement et au Ministre des Finances et du Budget de procéder à la relance du Comité interministériel de Suivi et de Restructuration des entreprises publiques et parapubliques et la mise en place du Fonds de Relance pour la restructuration des sociétés publiques et des sociétés à participation publique majoritaire. Le Premier Ministre a, enfin, insisté sur la nécessité d’adopter une nouvelle politique en rupture avec les modes de gestion du passé. 
S’agissant de la modernisation de l’administration publique, le Premier Ministre a rappelé que celle-ci constitue le principal levier de mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050 déclinée dans l’Agenda national de Transformation. A cet égard, sa transformation et sa modernisation sont déterminantes pour l’avènement d’un service public efficient. Pour ce faire, le Premier Ministre a indiqué les mesures à prendre en vue d’accélérer la digitalisation et l’optimisation des procédures et la professionnalisation des ressources humaines de l’Etat, notamment des gestionnaires et managers publics. Le Premier Ministre a enfin insisté sur le renforcement de capacités portant sur la conduite du changement, l’efficacité administrative, la déontologie et la conscience professionnelle afin de construire une véritable administration de développement, disposant des piliers nécessaires à la réalisation de la Vision Sénégal 2050. 
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES : 

  • le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a fait une communication sur l’organisation du Congrès mondial des aires marines protégées prévu en 2027 à 
    Dakar:
  • le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait le point sur la situation des conventions de partenariat pour la livraison des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ).

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, 
Le Conseil a examiné et adopté : 
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier les protocoles portant amendement des articles 50 alinéa a et 56 de la convention relative à l’aviation civile internationale signés à Montréal le 06 octobre 2016.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°465 – 15/05/2025

🔴 5200 ACCIDENTS, 700 MORTS, 8500 BLESSÉS EN 2024 : GOUDRON FUNÈBRE
🔴 KAFFRINE / INTOXICATION ALIMENTAIRE : MAYONNAISE FATALE À 31 VICTIMES

🔴 COUPE DE TURQUIE : JAKOBS TOUCHE LES ÉTOILES AVEC GALATASARAY
🔴 ZIGUINCHOR / DÉVELOPPEMENT DU FOOTBALL : LA LIGUE RÉGIONALE À PIED D’ŒUVRE

Alhaminou Lo face au labyrinthe institutionnel : un test décisif pour l’Agenda 2050

Monsieur le Ministre d’État, chargé du Pilotage de l’Agenda Sénégal 2050,

Votre nomination à la tête du pilotage de l’Agenda Sénégal 2050 intervient à un moment décisif de notre histoire institutionnelle. Elle incarne une volonté présidentielle de recentrer l’action publique autour d’une vision long terme, portée par des instruments modernes de planification stratégique, de coordination, et surtout, d’évaluation des politiques publiques.

Vous incarnez cette nouvelle génération de hauts fonctionnaires et de réformateurs capables d’allier rigueur technique et sens politique. En tant que républicain convaincu, je vous adresse mes sincères félicitations. Mais cette responsabilité, aussi prestigieuse soit-elle, s’accompagne d’une mission d’une rare complexité.

Car la maison à réorganiser est, disons-le franchement, enchevêtrée de couloirs parallèles.

Aujourd’hui, l’architecture institutionnelle du pilotage de l’action publique au Sénégal est marquée par une fragmentation extrême, une redondance des structures, et une confusion des prérogatives. À la Présidence de la République, on retrouve simultanément :
• Le Bureau du Suivi Évaluation des Politiques Publiques et des Programmes (BSEPPP), censé être l’organe stratégique de mesure de la performance des politiques publiques ;
• Le Bureau d’Intelligence et de Prospective Économique (BIPE), qui produit des analyses de prospective économique et sociale ;
• Le Bureau Organisation et Méthodes (BOM), en charge des réformes administratives et de la rationalisation des processus internes à l’administration

À la Primature, deux autres entités interviennent sur des segments proches :
• Le Bureau Opérationnel de Coordination et de Suivi des Projets et Programmes (BOCS), censé assurer le suivi rapproché des réformes prioritaires ;
• Le Fonds de Suivi des Politiques Publiques, dont les contours restent encore à clarifier.

Dans les ministères sectoriels, ce sont les Cellules d’Études et de Planification (CEP) qui sont censées animer la réflexion stratégique et produire les bilans d’exécution des politiques publiques. Et à l’échelle centrale, la Direction Générale de la Planification et des Politiques Économiques (DGPPE), bras technique du ministère des Finances, demeure le principal dépositaire de l’expertise macroéconomique et du cadrage budgétaire.

Enfin, vous connaissez mieux que quiconque le Bureau de Suivi et de Coordination (BSC) du Secrétariat Général du Gouvernement (SGG), que vous avez structuré et animé, et qui s’impose depuis quelques années comme un centre nerveux de suivi de la mise en œuvre des décisions du Conseil des ministres.

Ce maillage institutionnel est riche, mais aussi redondant. Trop de têtes, trop de structures, trop de chevauchements. Trop de “chefs de l’orchestre”, pas assez de musique.

Ce n’est pas un jugement à l’emporte-pièce, mais un constat d’évaluation publique que les partenaires techniques, les praticiens et même les réformateurs internes au système formulent depuis plus d’une décennie. Cette complexité avait d’ailleurs motivé, dès 2015, l’adoption du décret créant le Cadre Harmonisé de Suivi-Évaluation (CASE). Presque dix ans après, le CASE est resté largement théorique. Sa mise en œuvre souffre de l’absence de leadership institutionnel, d’une méconnaissance des référentiels communs, et d’une culture de l’évaluation encore balbutiante.

C’est ici que votre mission commence. Même si un décret est annoncé pour encadrer vos nouvelles prérogatives, il ne réglera pas l’essentiel : la difficile transformation d’une administration éclatée en un système cohérent, lisible, agile et orienté vers les résultats.

Ce défi n’est pas propre au Sénégal. D’autres pays l’ont rencontré et parfois brillamment relevé. Le Chili, souvent cité comme un cas d’école, a réussi à assurer la convergence entre vision, planification, budgétisation et évaluation d’impact avec un seul acteur central : le ministère des Finances. Ce ministère s’est doté d’un département transversal de planification stratégique, qui pilote une cellule d’analyse des politiques publiques, intégrée au processus budgétaire, capable de produire des évaluations d’impact rigoureuses, en amont comme en aval des projets. Ce modèle a permis une rationalisation sans dispersion, une responsabilisation sans dilution, et surtout, un pilotage stratégique ayant un impact réel sur les arbitrages publics.

Pourquoi n’avons-nous pas choisi cette voie ? Pourquoi n’a-t-on pas renforcé la DGPPE en la dotant d’un bras armé en évaluation, plutôt que de créer une nouvelle structure ?

Dans cette perspective, Monsieur le Ministre d’État, je me permets de vous poser les questions suivantes, qui, je l’espère, nourriront votre réflexion stratégique et les arbitrages à venir :
1. Quelle articulation concrète envisagez-vous entre les missions du BOM, du BSEPPP et du BIPE, tous rattachés à la Présidence ?
2. Les directeurs du BSEPPP (Aly Nar Diop) et du BIPE (Mounirou Ndiaye) seront-ils intégrés à votre dispositif ou conserveront-ils leur autonomie fonctionnelle ?
3. Le BOCS et le Fonds de Suivi, logés à la Primature, passeront-ils sous votre tutelle effective ou s’inscrivent-ils dans une coordination souple et fonctionnelle ?
4. Quelle coordination avec le Bureau du Suivi et de la Coordination du SGG, que vous avez dirigé ? N’existe-t-il pas un risque de chevauchement institutionnel entre ces deux entités ?
5. Comment harmoniser les logiques de travail des Cellules d’Études et de Planification (CEP), qui agissent souvent en silo ?
6. Quelle place pour la DGPPE dans votre dispositif ? Est-elle appelée à devenir un centre d’impulsion ou à rester en périphérie ?
7. Pourquoi ne pas avoir centralisé les fonctions de planification stratégique et de suivi-évaluation au sein du ministère des Finances, à l’image du Chili ?
8. Quelles garanties avez-vous que les conclusions du suivi-évaluation influenceront réellement les arbitrages budgétaires, au lieu de rester lettre morte ?
9. L’Assemblée nationale jouera-t-elle un rôle actif dans l’évaluation des politiques publiques, au-delà de sa fonction budgétaire ?
10. Le décret de 2015 sur le CASE sera-t-il révisé, réactivé ou abandonné ?
11. Comment éviter les doublons structurels et clarifier les mandats institutionnels pour chaque entité ?
12. Une plateforme numérique interopérable est-elle prévue pour centraliser les données de performance, les indicateurs et les tableaux de bord des projets prioritaires ?
13. Les Delivery Units, expérimentées dans certains ministères, seront-elles généralisées comme bras opérationnel de votre stratégie ?
14. Enfin, quelle place accordez-vous aux évaluations d’impact rigoureuses (ex ante, pendant et ex post) ? Seront-elles systématisées ? Financées ? Rattachées à une entité indépendante ?

Monsieur le Ministre d’État, il ne s’agit pas de bâtir un énième dispositif, mais de rationaliser, de simplifier, et surtout d’unifier. Trop de cuisiniers dans la cuisine brouillent la recette. L’enjeu n’est pas tant de multiplier les chefs que de clarifier qui porte quoi, qui rend compte à qui, et sur la base de quels résultats mesurables.

Le Sénégal ne peut plus se contenter d’un pilotage symbolique. Il lui faut une véritable gouvernance des résultats, capable de relier la vision aux ressources, les politiques aux citoyens, et les bilans à la redevabilité. Cette transformation appelle courage, lucidité, et autorité morale. Vous avez aujourd’hui l’opportunité d’en être l’architecte.

Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre d’État, l’expression de ma haute considération.

Mohamadou Manel Fall
Militant pour une gouvernance performante.

FIPA 2025 : L’Afrique s’expose, dialogue et innove à Dakar

La capitale sénégalaise accueillera du 22 mai au 1er juin 2025, la 6e édition de la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA), un rendez-vous majeur de la créativité, de l’innovation et de l’intégration économique sur le continent. Plus de 35 pays sont attendus à la Place du Souvenir Africain pour célébrer, pendant dix jours, le savoir-faire africain dans toute sa diversité.

Organisée par la Plate-forme “Bay Sa Waar”, initiatrice de l’événement, la FIPA 2025 se veut une vitrine dynamique du Made in Africa et des synergies Sud-Sud, en réunissant décideurs, entrepreneurs, investisseurs, collectivités territoriales et jeunes porteurs de projets. « La FIPA se positionne comme un cadre stratégique de dialogue et d’échange, avec une forte dimension inclusive et participative », souligne le comité d’organisation.

Une programmation riche et panafricaine

La cérémonie d’ouverture, prévue le 22 mai, réunira autorités publiques, missions diplomatiques, partenaires institutionnels et sponsors, et sera marquée par un tour d’exposition, des prestations culturelles et des dégustations culinaires africaines.

Tout au long de l’événement, un programme varié prendra forme à travers des forums thématiques, des ateliers sectoriels, des panels scientifiques, des formations pratiques, ainsi que des rencontres B2B. Des espaces seront également consacrés à la promotion des innovations locales, à la valorisation des savoir-faire traditionnels et à la construction de passerelles commerciales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).

Un appui concret à l’autonomisation

Dans sa vocation d’accompagnement des populations, la Plate-forme “Bay Sa Waar” proposera une formation gratuite en transformation agroalimentaire, destinée principalement aux femmes, aux jeunes et aux porteurs d’initiatives locales. L’objectif est double : valoriser les produits agricoles locaux à travers des techniques modernes, tout en encourageant l’émergence de micro-entreprises durables et génératrices de revenus.

Les participants bénéficieront également de modules en entrepreneuriat, d’un accompagnement à la structuration de projets et d’un accès à un réseau de partenaires techniques et commerciaux, renforçant ainsi l’autonomisation économique locale.

Une clôture en apothéose

La FIPA 2025 s’achèvera par une grande journée d’expo-vente, des rencontres économiques et une cérémonie officielle de clôture qui mettra à l’honneur les initiatives les plus innovantes. Le point d’orgue de cette édition sera sans doute la soirée de Gala “FIPA d’Or”, une cérémonie de distinction dédiée aux bâtisseurs de l’Afrique, aux entrepreneurs remarquables, aux femmes leaders et aux institutions partenaires qui ont marqué l’année.

En réunissant les talents du continent autour de la créativité, de la coopération et de l’innovation, la FIPA 2025 s’impose comme un temps fort de la dynamique africaine vers une prospérité partagée et durable.

A.Saleh

Tension à l’Université Alioune Diop de Bambey : Thierno Alassane Sall dénonce « un gouvernement sans idées »

La situation qui prévaut à l’Université Alioune Diop de Bambey continue de susciter des réactions. Alors que les cours y sont suspendus et les amicales dissoutes, le président du parti La République des Valeurs (RV), Thierno Alassane Sall, est monté au créneau pour dénoncer la gestion de la crise universitaire et pointer les dérives du pouvoir en place.

Dans une déclaration publiée ce mercredi, TAS s’interroge sur la présence d’agents de sécurité en civil intervenant ouvertement sur le campus. « Des agents en civil opèrent à découvert. Pour mieux désigner des « infiltrés » en cas de bavures ? », s’interroge-t-il, y voyant une stratégie d’intimidation à peine voilée.

Selon le député, ce recours à la force et cette manière de traiter les revendications estudiantines témoignent d’un mal plus profond. « Les régimes passent, mais le système reste inchangé. À Bambey, les étudiants de l’université Alioune Diop en font l’amère expérience : cours suspendus, amicales dissoutes », déplore-t-il.

Pour Thierno Alassane Sall, cette situation illustre non seulement le « mépris profond » du pouvoir pour les étudiants, mais aussi l’état de délabrement général de l’université sénégalaise. « Tout cela révèle un symptôme d’une université en faillite et d’un gouvernement sans idées, qui navigue à vue depuis plus d’un an », tranche-t-il.

Alors que les autorités peinent à proposer une sortie de crise, cette sortie de TAS relance le débat sur la gouvernance du secteur de l’enseignement supérieur et sur la nécessité urgente de réformes structurelles pour offrir aux étudiants un environnement d’étude digne de ce nom.

Dernière minute : le chroniqueur Arona Niang envoyé en prison pour « diffusion de fausses nouvelles »

Le chroniqueur Arona Niang a été placé sous mandat de dépôt ce mercredi 14 mai 2025, après avoir été présenté au procureur. Il comparaîtra lundi prochain devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Cette décision judiciaire fait suite à une sortie médiatique controversée datant du 15 avril dernier, lors de laquelle il avait tenu des propos considérés comme gravement diffamatoires.

Invité sur le plateau de la chaîne de télévision Sénégal 7, Arona Niang avait affirmé que le personnel médical sénégalais avait délibérément transmis le coronavirus à la population. Selon lui, les masques, les tests nasopharyngés et les vaccins anti-Covid auraient été utilisés comme des vecteurs intentionnels de contamination. Ces déclarations ont provoqué une vague d’indignation, en particulier dans le corps médical.

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a rapidement réagi en publiant un communiqué officiel pour dénoncer les propos tenus par le chroniqueur. Il les a qualifiés de diffamatoires et dangereux, mettant en garde contre la circulation de fausses informations susceptibles de saper la confiance des citoyens envers le système de santé.

Dans le même élan, l’Ordre des médecins du Sénégal a également décidé de déposer plainte contre Arona Niang. L’affaire est désormais entre les mains de la justice, qui devra se prononcer sur la gravité des accusations et leurs éventuelles répercussions sur la société. Arona Niang devra répondre du chef d’accusation de « diffusion de fausses nouvelles », un délit passible de peines de prison au Sénégal.

Rebeuss : Ousmane Sonko rend visite à Azoura Fall

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu, ce mercredi 14 mai 2025, à la prison de Rebeuss où il a rencontré Assane Guèye, plus connu sous le pseudonyme d’Azoura Fall. Cette visite intervient au lendemain du placement sous mandat de dépôt de ce militant de longue date, reconnu pour son engagement sans faille en faveur de la cause du parti Pastef.

Azoura Fall, figure populaire sur les réseaux sociaux dans les cercles pro-Sonko, a été interpellé puis inculpé pour « discours contraire aux bonnes mœurs ». Il est reproché au prévenu d’avoir tenu des propos injurieux dans une vidéo largement partagée sur les plateformes numériques. Dans cette séquence, il s’en prenait violemment à l’ancien président Macky Sall et à l’actuel ministre Mame Mbaye Niang.

Son procès est prévu pour ce jeudi 15 mai devant le Tribunal de Grande Instance de Dakar. Sa mise en détention et les charges retenues contre lui ont suscité de vives réactions dans les rangs du parti au pouvoir, certains dénonçant une tentative d’intimidation contre les voix critiques du régime précédent.

La visite du chef du gouvernement à la maison d’arrêt de Rebeuss se veut un geste fort, témoignant de son soutien personnel à un militant considéré comme l’un des visages de la résistance populaire. Elle intervient dans un contexte politique tendu, où la question de la liberté d’expression et des limites du discours politique reste au cœur des débats.

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