Actualités

Hôpital Régional de Ziguinchor : bloc opératoire à l’arrêt, administration paralysée, les syndicats tirent la sonnette d’alarme

La situation à l’Hôpital Régional de Ziguinchor est devenue critique, alerte le cadre unifié des syndicats de l’établissement dans un communiqué rendu public ce mardi. Selon ces représentants des travailleurs, notamment issus des syndicats SACSASS, SAMES, SUTSAS, SDT 3S et SYNTRAS, l’infrastructure hospitalière connaît une dégradation alarmante qui compromet sérieusement la prise en charge des patients dans la région.

Le bloc opératoire, pièce maîtresse de l’hôpital pour la gestion des urgences chirurgicales, est fermé depuis plusieurs jours. Le service de soins intensifs est également à l’arrêt. Ces deux services, pourtant essentiels, sont aujourd’hui hors service, empêchant toute intervention vitale dans des cas critiques. Cette paralysie des structures de base est aggravée par une pénurie généralisée d’équipements médicaux, de réactifs de laboratoire, de consommables courants tels que les cartouches d’imprimantes, et même de produits de nettoyage. Des conditions de travail jugées insalubres par les syndicalistes, qui estiment que l’hôpital, au lieu de jouer son rôle de centre de soins, s’apparente désormais à un foyer potentiel d’infection.

Au-delà de cette crise matérielle, les représentants syndicaux dénoncent également une paralysie administrative. Depuis plus d’un mois, l’établissement n’a ni direction active ni gouvernance fonctionnelle, la passation de service entre le directeur sortant et son successeur n’ayant toujours pas été assurée. Cette vacance à la tête de l’hôpital bloque la prise de décisions essentielles, retarde la gestion des urgences et empêche la mobilisation de ressources financières ou humaines.

Face à cette situation qu’ils qualifient de chaotique, les syndicats appellent fermement le ministère de la Santé à agir sans délai. Ils demandent la nomination d’un directeur compétent pour assurer la gestion quotidienne de l’hôpital, ainsi qu’une augmentation substantielle de l’appui budgétaire destiné à répondre aux urgences du moment. Selon eux, sans une action rapide des autorités sanitaires, c’est toute la population de la région naturelle de Casamance qui risque d’être privée de soins adéquats.

Bocar Samba Dièye persiste et réclame ses 11,5 milliards FCFA à Attijari

Le contentieux vieux de près de deux décennies opposant l’opérateur économique Bocar Samba Dièye à la banque Attijari (anciennement CBAO) connaît un nouveau rebondissement. Ce mardi, l’homme d’affaires est une fois encore monté au créneau pour exiger le paiement de ce qu’il considère comme une créance établie par expertise : la somme de 11 milliards 500 millions de francs CFA. Un différend qui remonte à 2008, mais dont les origines s’ancrent encore plus loin dans le temps, tant la relation commerciale entre les deux parties fut longue et complexe.

S’exprimant sur cette affaire qu’il qualifie de « marathon judiciaire », Bocar Samba Dièye estime que la vérité a déjà été dite dans un rapport d’expertise commandité par la cour d’appel. Selon ses dires, « les experts ont fait leur travail, et le seul rapport disponible affirme que la CBAO doit un montant global de 11,5 milliards de francs CFA ». Ce rapport est celui du cabinet Finexo, qui a procédé à une évaluation complète de l’historique des opérations entre la banque et le client, sur la base des usages bancaires en vigueur.

L’une des premières anomalies constatées, selon ce rapport, réside dans l’incapacité de la banque à produire la convention de compte courant liant les deux parties. Ce document, pourtant essentiel dans la gestion contractuelle d’un compte bancaire, n’a jamais été fourni. Cela a conduit les experts à pousser l’analyse plus loin, notamment sur le plan des taux appliqués, afin de vérifier s’il y avait eu des pratiques usuraires.

Les investigations menées ont mis en lumière plusieurs irrégularités graves, dont la pratique de l’anatocisme, c’est-à-dire l’application d’intérêts sur des intérêts déjà échus. Cette méthode, strictement encadrée par la loi, aurait donné lieu à des intérêts excessifs évalués à près de 388 millions de francs CFA. De plus, les experts ont constaté que les crédits octroyés à Bocar Samba Dièye n’ont pas respecté les normes bancaires habituelles. Le compte est resté en situation de découvert chronique pendant plus de six décennies, générant des agios jugés « exorbitants et non justifiés ». Cette situation a justifié, selon le rapport, une proposition de déduction d’un peu plus de 2 milliards de francs CFA au titre des agios irréguliers.

Fort de ces éléments, l’homme d’affaires a saisi le Parquet national financier pour faire valoir ses droits. Il dénonce également ce qu’il considère comme une tentative de spoliation immobilière, faisant état de manœuvres visant à s’approprier ses immeubles situés à Dakar. Au-delà du litige financier, il y voit une atteinte grave à ses droits de propriété.

En appelant à une intervention du nouveau régime en place, Bocar Samba Dièye espère que la justice tranchera enfin cette affaire qui a trop duré, afin de tourner une page douloureuse de sa carrière d’entrepreneur.

Rodéo nocturne à Coki : un convoyeur de drogue interpellé avec 103 kg de chanvre indien

La nuit a été agitée ce week-end dans la région de Louga, où une course-poursuite digne des scènes les plus intenses du cinéma s’est conclue par une saisie record de chanvre indien. C’est aux environs de Coki que les éléments de la Brigade de proximité ont réussi un impressionnant coup de filet, arrêtant un trafiquant de drogue au terme d’une traque de vingt kilomètres, à travers des routes secondaires et des pistes rurales jonchées de barbelés.

Selon les révélations de L’Observateur, tout débute dans la nuit du vendredi au samedi, quand les gendarmes reçoivent un renseignement capital. Une alerte signale l’existence d’un réseau de trafic de drogue opérant entre la Gambie et la région de Mpal. Au centre de ce trafic : un jeune convoyeur décrit comme discret, méthodique, mais extrêmement agile pour contourner les contrôles sécuritaires. Il aurait pour habitude d’éviter les grandes routes, privilégiant les sentiers isolés pour acheminer sa cargaison.

Les forces de l’ordre, bien renseignées, se déploient dans la nuit près de Thiamène, dans le département de Louga. Il est environ deux heures du matin lorsqu’un véhicule suspect, une Mercedes, est repéré. À la vue des gendarmes, le conducteur refuse de s’arrêter, déclenchant une course-poursuite effrénée dans les ténèbres, sur une distance d’environ vingt kilomètres. Le suspect tente le tout pour le tout, empruntant des chemins de fortune bordés de haies métalliques et d’obstacles naturels, dans l’espoir de semer les patrouilles.

Mais la cavale s’achève brutalement lorsque l’un des pneus du véhicule crève après avoir heurté un obstacle. Le fugitif est immédiatement intercepté. À l’intérieur du véhicule, les gendarmes tombent sur une cargaison soigneusement emballée : 103 kilogrammes de chanvre indien. Le convoyeur, identifié par les initiales A. Sow, est un ressortissant d’une zone frontalière, bien connu des services de renseignement.

Il a été aussitôt placé en garde à vue avant d’être déféré au parquet de Louga ce mardi. Il est poursuivi pour trafic intérieur de drogue, un délit lourdement puni par la législation sénégalaise. L’enquête, qui ne fait que commencer, vise désormais à remonter toute la chaîne d’approvisionnement et de distribution de ce réseau transfrontalier entre la Gambie et Mpal. Les autorités n’excluent pas de nouvelles arrestations dans les prochains jours.

Université de Bambey : Les étudiants reconduisent le blocage des cours et refusent toujours de payer les loyers

La tension reste vive à l’Université Alioune Diop de Bambey, où les étudiants poursuivent leur mouvement de contestation face à ce qu’ils décrivent comme des conditions d’études et de vie devenues intenables. À travers un communiqué rendu public ce mardi, la coordination des amicales estudiantines a informé que les discussions entamées avec les autorités universitaires n’ont pas permis de désamorcer la crise.

Selon les représentants des étudiants, Mouhamed Maleyni Lô, Alpha Oumar Diallo et Talla Ndiaye, deux revendications majeures ont été posées sur la table lors de leur dernière rencontre avec l’administration : le rétablissement du réseau Wi-Fi dans le campus social, coupé depuis plusieurs jours, et la normalisation du service au restaurant dit « Europe », qui connaît des dysfonctionnements récurrents.

Si les autorités ont reconnu la pertinence de ces doléances, les étudiants regrettent l’absence de mesures concrètes immédiates. Ils estiment que les engagements pris lors des échanges ne sont suivis d’aucune action palpable. Face à cette inertie, la coordination a décidé de reconduire le mot d’ordre de cessation des activités pédagogiques pour une nouvelle période de 48 heures, à compter du mardi 7 mai 2025. Les amicales ont également confirmé le maintien du boycott du paiement des loyers dans les résidences universitaires.

La mobilisation ne se limite pas à ces deux points. Les étudiants réclament avec insistance la mise à disposition des nouveaux bâtiments construits sur le campus, dont l’ouverture tarde selon eux sans justification valable. Ils jugent inacceptable que ces infrastructures demeurent inoccupées alors que les anciennes installations sont surpeuplées et dégradées.

Cette crise a déjà eu un impact sur le déroulement normal du calendrier académique. Plusieurs examens programmés dans différentes UFR ont dû être reportés, perturbant davantage une année universitaire déjà marquée par des retards. Le climat reste tendu sur le campus, et les étudiants promettent d’intensifier leur mouvement si aucune solution rapide et durable n’est proposée par les autorités compétentes.

L’affaire reste à suivre de près, tant les conséquences d’un enlisement du conflit pourraient affecter durablement la stabilité de l’université et les ambitions académiques des étudiants concernés.

Vol à Ouakam : Deux suspects arrêtés en Gambie et extradés à Dakar après un braquage de 176 millions FCFA

La Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Colobane, en collaboration avec Interpol et les autorités gambiennes, a mis la main sur deux membres présumés d’un gang impliqué dans un spectaculaire vol à main armée, ayant eu lieu à Ouakam le 12 avril dernier. Montant du préjudice : 176 millions de FCFA.

Les suspects, Mamadou Lamine Mbaye (30 ans) et Samba Djibril Diop (26 ans), ont été déférés au parquet ce mardi pour association de malfaiteurs et vol en réunion avec violence, rapporte Libération dans son édition du jour.

Tout part d’un appel téléphonique adressé à un cambiste, Mouhamadou Moustapha Ndiaye, par un individu se présentant comme un client souhaitant échanger des dollars. Le taux alléchant proposé convainc le cambiste, qui fixe un rendez-vous le jour même dans un appartement à Ouakam. Il y envoie l’un de ses employés, El Hadji Samba Thiam, avec la somme demandée. Mais dès son arrivée sur place, ce dernier est violemment agressé, ligoté et bâillonné. Les malfaiteurs repartent avec les 176 millions de FCFA.

Les gendarmes exploitent alors les images de vidéosurveillance et les données téléphoniques. Ils identifient Mamadou Lamine Mbaye, présent sur les lieux et en contact constant avec Samba Djibril Diop. Grâce à une proche de Mbaye, les enquêteurs apprennent qu’il s’est réfugié en Gambie et obtiennent son numéro gambien. À partir de là, la machine judiciaire s’accélère.

Saisissant le Bureau central national d’Interpol basé à la Direction de la police judiciaire (DPJ), la SR obtient la coopération de la police gambienne. Une opération est menée à Banjul, permettant l’arrestation de quatre membres présumés du gang : Mamadou Lamine Mbaye, Djibril Diop, Ibrahima Coly et Kitabou Thiam alias Junior. Un véhicule de marque Nissan et une somme de trois millions de FCFA sont également saisis.

Cependant, seuls les deux ressortissants sénégalais ont été extradés vers Dakar, le 30 mai 2025 à 21h, via Interpol Sénégal. Les deux autres suspects, de nationalité gambienne, sont toujours détenus sur place.

Mali: l’opposant Mamadou Traoré, chef de parti, sera jugé pour «atteinte au crédit de l’État»

Au Mali, les partis politiques appellent à un nouveau rassemblement, vendredi 9 mai, à Bamako pour protester contre leur dissolution programmée, mais aussi pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel. Un rassemblement auquel ne pourra pas participer Mamadou Traoré, dit « le Roi ».

Président du parti Alternatives pour le Mali et membre de la coalition d’opposition

Jigiya Koura-Espérance nouvelle, il a été arrêté le 24 avril, incarcéré, et sera jugé le 12 juin prochain pour, notamment, « atteinte au crédit de l’Etat ». Mamadou Traoré est poursuivi en raison des propos critiques tenus dans une interview diffusée le 22 avril sur les réseaux sociaux.

Avec rfi

Amadou Ba dans le viseur de la justice

Le feuilleton politico-financier sénégalais prend une tournure aussi spectaculaire que préoccupante. Amadou Bâ, ex-Premier ministre et figure centrale de la présidentielle de 2024, se retrouve aujourd’hui dans le collimateur de la Cour des comptes. Le rapport rendu public ce 7 mai par L’Observateur lève un coin du voile sur une gestion opaque des Dépôts à terme (DAT) de l’État, une mécanique financière censée être rigoureusement encadrée mais qui, selon les auditeurs, aurait été dévoyée à hauteur de 141 milliards de FCFA.

Sous les feux de la rampe : des ordres de retrait prématuré de DAT, sans retour au Trésor public. Pire, certains de ces fonds auraient été virés à des tiers, sur simple instruction ministérielle — un dérapage grave dans un pays où la loi de finances devrait être l’alpha et l’oméga de toute dépense publique.

Le nom d’Amadou Bâ, alors ministre de l’Économie et des Finances, est directement lié à plusieurs opérations litigieuses. Deux exemples marquants sont mis en lumière : un DAT de 4,1 milliards FCFA, “cassé” en 2017 au bénéfice de l’escompte d’un billet à ordre, et un autre de 6,5 milliards FCFA, lié à un accord tripartite entre l’État, Sonatel et la BRM. Des documents signés de sa main viennent alimenter les soupçons.

Au-delà du choc politique, ce dossier ravive de vieilles préoccupations : la porosité entre gestion publique et intérêts privés, l’absence de garde-fous efficaces, et surtout, la culture de l’impunité au sommet de l’État. Si les faits sont établis, nous sommes face à un cas d’école de détournement d’outils budgétaires à des fins politiques ou clientélistes.

En somme, ce n’est plus seulement un homme qui est mis en cause, mais un système de gouvernance tout entier. L’heure est à la transparence, et à une justice qui doit désormais prouver qu’elle est aussi indépendante que déterminée. Car ce scandale, s’il est avéré, pourrait bien redéfinir les contours du débat démocratique au Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°458 – 07/05/2025

🔴 SANTÉ / PRÉAVIS DE GRÈVE : « AND GUEUSSEUM » PROMET 6 MOIS DE FIÈVRE
🔴 CERAO 2025 / CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST : DIOMAYE EXALTE LE RÔLE DE L’ÉGLISE

🔴 QUARTS DE FINALE MONDIAL BEACH SOCCER 2025 : LE SÉNÉGAL JOUE L’ITALIE
🔴 CHAMPIONNAT D’AFRIQUE DE LUTTE OLYMPIQUE : LE SÉNÉGAL RÉCOLTE 4 MÉDAILLES

Matam : l’État recense les zones à risque et mobilise les communautés contre les inondations

Dans le nord du Sénégal, les autorités de la région de Matam intensifient les préparatifs en vue de la saison des pluies. Une réunion dédiée à la prévention des inondations s’est tenue ce mardi, sous la présidence du gouverneur Saïd Dia, qui a dévoilé les grandes lignes d’un plan d’action ambitieux.

Au cœur de ce dispositif, un recensement exhaustif des sites à risque figure en priorité. « La première activité à mener dans le cadre de notre plan d’action sera de faire un recensement exhaustif des sites inondables », a affirmé le gouverneur. L’objectif est d’anticiper les points de vulnérabilité et d’intervenir rapidement en cas de menace.

Le plan comprend également des opérations de curage des caniveaux et de désensablement des routes, souvent obstrués durant la saison des pluies, ce qui aggrave la stagnation des eaux. Ces travaux devraient faciliter l’écoulement des eaux et réduire considérablement les risques d’inondation dans les quartiers les plus exposés.

Autre élément fort : l’implication des communautés locales. Le gouverneur Saïd Dia a insisté sur la mobilisation de volontaires dans la région, prêts à s’engager aux côtés de l’État pour faire face aux aléas climatiques. Il a annoncé la création de comités locaux de lutte contre les inondations, pilotés par les sous-préfets, les maires, les chefs de village et les délégués de quartier.

Ce maillage communautaire vise à renforcer la résilience des populations face aux catastrophes naturelles, dans une région régulièrement confrontée à des épisodes pluvieux dévastateurs. Le défi reste important, mais la coordination annoncée laisse entrevoir une meilleure réactivité à l’approche de l’hivernage.

Réseaux sociaux : Mame Mactar Guèye annonce la traque des insulteurs, Jamra salue l’action de la cybercriminalité

L’ONG Jamra a réagi ce mardi à la montée inquiétante des insultes et dérives verbales sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué ferme, l’organisation dirigée par Mame Mactar Guèye a salué les actions déjà enclenchées par la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC), dirigée par le commissaire Djidiack Faye, pour identifier et poursuivre les auteurs de propos injurieux en ligne.

« La traque des insulteurs qui se cachent lâchement sur les réseaux sociaux pour commettre leurs forfaits est lancée », a déclaré Mame Mactar Guèye dans un message adressé à la presse. Il se félicite de la vigilance des services de sécurité, qui ont désormais pour mission d’appliquer strictement la loi face à cette recrudescence des propos haineux et diffamatoires.

Jamra rappelle que ces agissements tombent sous le coup de la loi n°2008-11 du 25 janvier 2008. Ce texte, encore en vigueur, réprime sévèrement toute atteinte aux bonnes mœurs commise par voie électronique, ainsi que toute dégradation de l’image de la femme, toute mise en péril de la santé morale des enfants et tout propos portant atteinte à l’honorabilité d’autrui.

L’organisation citoyenne insiste sur la nécessité d’une application rigoureuse des textes en vigueur. Selon elle, la justice, sous l’autorité du procureur de la République et avec l’appui des cyber-patrouilleurs de la DSC, est appelée à sévir contre ces comportements jugés déstabilisateurs pour la société. « Cette loi sera appliquée dans toute sa rigueur, Insha’Allah, pour traquer sans répit ces insulteurs, sources potentielles de déstabilisation sociale et de troubles à l’ordre public », conclut le communiqué.

Tabaski 2025 : un vaste parc à bétail envisagé à Diamniadio, Ousmane Sonko annonce des mesures fortes

Dakar, 6 mai 2025 – Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce mardi un conseil interministériel axé sur les préparatifs de la Tabaski et la lutte contre le vol de bétail. La rencontre s’est tenue au Building administratif Président Mamadou Dia et a permis au gouvernement de décliner une série de mesures structurantes destinées à mieux organiser la distribution du bétail à travers le pays.

Parmi les principales annonces, figure un ambitieux projet d’aménagement d’un vaste parc à bétail dans la zone de Diamniadio-Thiès. Ce projet, encore à l’étude, vise à centraliser l’approvisionnement à grande échelle et à offrir un cadre moderne pour la commercialisation des moutons à l’approche de la fête. En parallèle, l’État prévoit l’aménagement de points de vente autorisés sur l’ensemble du territoire, en partenariat avec les collectivités territoriales, les ministères compétents et les maires.

Le gouvernement insiste également sur l’impératif de propreté et de sécurité dans les espaces de vente. À cet effet, les sites devront être nettoyés et désencombrés avant, pendant et après la Tabaski. La SONAGED et la Direction du Cadre de Vie seront chargées d’exécuter ces opérations. Pour renforcer la sécurité, l’éclairage public sera systématiquement installé sur tous les points de vente autorisés.

Pour répondre aux besoins en eau des éleveurs et des animaux, quinze camions-citernes seront mobilisés par le ministère de l’Hydraulique pour desservir les sites. L’approvisionnement en eau sera complété par l’installation de points d’eau temporaires.

Enfin, des comités de gestion seront mis en place dans tous les espaces de vente. Leur mission : assurer le bon déroulement des activités, prévenir les conflits et encadrer les flux de bétail et de personnes.

Vélingara : l’enseignant Abou Djiba libéré provisoirement après des poursuites pour diffusion de fausses nouvelles

Vélingara, 6 mai 2025 – L’enseignant Abou Djiba, affecté à l’école Saré Bodjo dans le département de Vélingara, a été remis en liberté provisoire ce mardi, après avoir été poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles en lien avec un accident tragique survenu samedi dernier. Le drame s’est produit lors d’un voyage pédagogique impliquant des élèves du collège de Saré Coly et leur professeur, dont le véhicule est entré en collision avec un camion. L’accident a causé la mort de deux personnes, dont une élève.

Abou Djiba avait relayé sur les réseaux sociaux un bilan initialement erroné de huit morts, avant de supprimer rapidement sa publication. Il a reconnu avoir diffusé cette information par erreur, soulignant qu’il s’agissait d’une méprise de bonne foi. Son acte a néanmoins conduit à son interpellation et son déferrement devant le parquet ce mardi, en même temps que le chauffeur du camion impliqué dans l’accident.

Sur les ondes de la RFM, un collègue enseignant, M. Seck, a confirmé la libération provisoire de M. Djiba, tout en remerciant la communauté éducative pour sa solidarité. « Notre collègue Abou Djiba a été finalement libéré. Son jugement est prévu pour le 14 de ce mois. Je remercie tous les enseignants et toute la communauté éducative pour leur engagement. Cela illustre la solidarité forte qui unit notre corporation », a-t-il déclaré.

Malgré cette décision, les syndicats d’enseignants restent mobilisés. Ils jugent la procédure engagée contre leur collègue injuste et estiment que sa liberté provisoire n’est qu’un soulagement temporaire. « Cette liberté provisoire ne nous fera pas dormir. Nous restons déterminés à nous battre pour que M. Djiba recouvre pleinement sa liberté. Nous appelons à une mobilisation accrue face à cette situation », a ajouté M. Seck.

En signe de protestation, une grève des enseignants a été décrétée pour ce mercredi, à l’appel des principaux syndicats du secteur. Cette mobilisation vise à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une criminalisation abusive de la parole d’un enseignant ayant simplement relayé une information dans un contexte de choc émotionnel.

Visa pour l’Espagne : Guy Marius Sagna dénonce un « commerce illégal et scandaleux » devant le consulat à Dakar

Dakar, 6 mai 2025 – Devant le consulat d’Espagne à Dakar, le député Guy Marius Sagna a vivement dénoncé ce qu’il appelle une « injustice sociale institutionnalisée ». Il s’en est pris, ce mardi, à la pratique largement répandue de la vente de rendez-vous pour l’obtention d’un visa Schengen. Selon lui, certains ressortissants sénégalais doivent débourser jusqu’à 150 000 F CFA simplement pour obtenir un rendez-vous, un tarif supérieur au prix moyen d’un billet d’avion pour l’Espagne.

Dans une déclaration faite à la presse, le parlementaire, également membre du mouvement FRAPP, a pointé du doigt la responsabilité directe du consulat et de l’ambassade d’Espagne à Dakar. « Ce n’est pas normal qu’on paie plus pour un rendez-vous que pour un billet d’avion. Ce système est illégal, scandaleux et profondément injuste. Le silence du consulat est inacceptable et suspect. Sont-ils complices de cette mafia organisée autour des rendez-vous ? », s’est-il interrogé devant des militants et citoyens venus l’écouter.

Guy Marius Sagna dénonce une forme de discrimination sociale déguisée. Il estime que cette pratique crée une barrière financière insurmontable pour une grande partie de la population sénégalaise. « Comment le fils du paysan, de l’ouvrier, du berger ou du talibé peut-il avoir une chance de voyager, s’il faut 150 000 francs juste pour déposer une demande ? », s’indigne-t-il.

Le député appelle les autorités espagnoles à sortir de leur silence, à enquêter sur ce qu’il qualifie de « réseau mafieux » de vente de rendez-vous, et à rétablir un système transparent, juste et accessible à tous. Il appelle également le gouvernement sénégalais à s’impliquer davantage pour défendre les droits et la dignité des citoyens, face à des pratiques consulaires qu’il juge discriminatoires et opaques.

Plainte contre Azoura Fall : la famille de Macky Sall réagit aux insultes publiques sur les réseaux sociaux

Dakar, 6 mai 2025 – La tension monte autour des propos polémiques d’Assane Gueye, plus connu sous le nom d’Azoura Fall, militant actif de PASTEF sur les réseaux sociaux. Ce dernier fait désormais l’objet d’une plainte officielle déposée par un membre de la famille de l’ancien président Macky Sall pour injures publiques. L’affaire vient exacerber un climat politique déjà tendu, sur fond de polémiques autour de la liberté d’expression et de la régulation du discours politique.

Lors d’un live diffusé sur les réseaux sociaux — notamment sur Facebook et TikTok — Azoura Fall aurait tenu des propos jugés extrêmement offensants à l’encontre de Macky Sall, aujourd’hui retiré de la vie politique. Selon le contenu de la plainte, consulté par une source proche du dossier, l’auteur aurait « copieusement insulté » l’ancien chef de l’État, mettant en cause son intégrité morale ainsi que celle de certains anciens collaborateurs du régime. « C’est une attaque d’une rare violence contre l’honneur et la dignité de notre famille. Elle ne peut rester impunie », a déclaré le plaignant dans une lettre officielle adressée au parquet.

La famille de Macky Sall affirme que cette plainte vise à défendre l’image et la dignité de l’ancien président, tout en dénonçant une recrudescence inquiétante des violences verbales sur les réseaux sociaux. Le plaignant réclame que des sanctions exemplaires soient prises, faute de quoi un avocat sera saisi pour une action judiciaire formelle dans un délai de huit jours.

Cette plainte intervient dans un contexte de tension politique grandissante, notamment entre les partisans du nouveau pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et ceux de l’ancien régime. Des figures politiques comme Me Moussa Diop et Thierno Bocoum ont déjà interpellé publiquement le procureur de la République, accusant la justice de faire preuve de partialité en laissant Azoura Fall impuni, tout en gardant en détention d’autres militants pour des faits similaires ou moindres. « Si vous ne faites pas arrêter ces dérives des vainqueurs, libérez sans délai mon client Abdou Nguer, injustement détenu », a notamment lancé Me Diop dans un communiqué.

Pour l’heure, le parquet ne s’est pas encore officiellement exprimé sur la suite qui sera donnée à cette affaire. Mais dans les cercles judiciaires, la pression s’accentue. Le débat sur l’égalité de traitement devant la loi, la liberté d’expression et la régulation du discours politique est désormais relancé.

L’entourage du Premier ministre ou du ministre de la Justice ne s’est pas encore prononcé. Toutefois, plusieurs observateurs notent que ce cas pourrait constituer un test de cohérence pour l’actuel régime, souvent perçu comme plus tolérant vis-à-vis de certains débordements verbaux venant de son camp.

La mendicité des étrangers à Dakar : insécurité croissante et exploitation de l’enfance ( El hadji Fallou Khouma)

Depuis quelques décennies, Dakar s’est tristement imposée comme la capitale de la mendicité en Afrique de l’Ouest. La réalité, aujourd’hui banalisée, est alarmante : dans les rues de la capitale sénégalaise – y compris les quartiers les plus huppés – des familles entières venues du Niger, de la Guinée ou du Mali vivent de la mendicité, occupant ruelles, carrefours et façades de magasins, sous le regard impuissant des citoyens.

Le plus choquant, c’est l’instrumentalisation des enfants. Des fillettes et des garçons âgés de 6 à 8 ans, parfois moins, sont livrés à eux-mêmes dans la circulation, tendant la main aux passants. Il n’est plus rare d’être intercepté par ces petits êtres, souvent inconscients du danger, dans des zones où l’insécurité urbaine est déjà une menace majeure.

La question est simple : jusqu’où ira notre tolérance ? Sous prétexte de panafricanisme, devons-nous accepter que des familles traversent des frontières pour installer un système de mendicité dans un pays qui peine lui-même à prendre en charge ses plus vulnérables ? Le Sénégal est un peuple hospitalier, certes, mais l’hospitalité ne doit pas être un permis d’abandon de souveraineté sociale.

Ce phénomène est aussi une forme de traite des enfants, masquée derrière la pauvreté. L’État peut-il encore fermer les yeux ? La société civile peut-elle continuer à se taire ? Pendant que certains travaillent dur pour s’en sortir, d’autres exploitent l’innocence d’enfants pour générer un revenu quotidien. Cette situation n’est pas seulement inacceptable : elle est inhumaine.

Il est temps d’agir. Lutter contre cette forme déguisée d’exploitation et reprendre le contrôle de l’espace public est devenu une urgence sécuritaire, sociale et morale.

 

Arrestation d’Abou Djiba : PASTEF Vélingara dénonce un « règlement de comptes » et exige sa libération

L’arrestation d’Abou Djiba, conseiller municipal à Vélingara et chargé de communication de PASTEF dans la localité, suscite une vive indignation au sein du parti. Placé en garde à vue le lundi 5 mai 2025 à la brigade territoriale de la gendarmerie, M. Djiba est accusé de désinformation dans le cadre de l’affaire du « faux bilan de 8 morts » consécutif à un accident survenu à Saré Thialy.

Dans un communiqué officiel, la section communale de PASTEF Vélingara s’insurge contre ce qu’elle qualifie de « règlement de comptes » orchestré par certaines autorités administratives locales. Selon le document, « les allégations relatives à une entreprise de désinformation sont totalement infondées ».

Le parti précise que l’erreur de communication sur le nombre de morts dans l’accident n’était ni intentionnelle ni malveillante. « Lors du lancement d’une cagnotte en ligne en soutien aux victimes, notre camarade Abou Djiba a été induit en erreur par des informations circulant dans le groupe WhatsApp interne du parti. Il a corrigé le chiffre erroné dans un délai de quatre minutes », insiste la section locale.

PASTEF souligne que plusieurs médias nationaux, dont le quotidien Le Soleil, ont également diffusé une estimation erronée du bilan, sans pour autant faire l’objet de poursuites. Ce traitement différencié serait, selon eux, la preuve d’une justice sélective ciblant des membres du parti.

Le communiqué conclut par une exigence claire : la libération immédiate d’Abou Djiba. La section communale alerte également sur ce qu’elle considère comme une tentative de museler les voix critiques et de criminaliser les erreurs de bonne foi, dans un contexte où les tensions politiques restent vives au niveau local.

Centrale de Rufisque : West African Energy injecte 127 MW dans le réseau pour les premiers tests de la turbine GT11

Un tournant décisif vient d’être franchi dans le secteur énergétique sénégalais. Ce mardi, West African Energy (WAE) a procédé à l’injection de 127 mégawatts (MW) dans le réseau national de la Senelec, dans le cadre des premiers essais techniques de la turbine GT11 de la centrale thermique à cycle combiné de Rufisque. Il s’agit de l’une des plus importantes étapes du processus de mise en service progressive de cette infrastructure énergétique stratégique.

Installée à Rufisque, cette centrale affiche une capacité globale de production de 366 MW. Sa mise en service partielle à travers l’exploitation de la GT11 marque le début de l’opérationnalisation de ce projet de grande envergure, appelé à jouer un rôle central dans la transition énergétique du pays.

L’injection de ces 127 MW dans le réseau national est perçue par les experts comme une avancée majeure. Elle atteste non seulement de la performance technique des installations, mais aussi de la solidité de l’ingénierie mobilisée par les équipes de West African Energy. De l’avis des ingénieurs et responsables de projet, ce jalon reflète une préparation rigoureuse, un savoir-faire local renforcé et une gouvernance bien structurée qui s’appuie sur les standards internationaux les plus stricts.

Cette étape importante symbolise également la détermination de l’entreprise à respecter les engagements pris, en termes de délais, de qualité, de sécurité et de performance énergétique.

Le projet est porté par l’homme d’affaires Samuel A. Sarr, ancien ministre de l’Énergie, qui ambitionne de faire de cette centrale un levier fondamental de la souveraineté énergétique du Sénégal. À travers ce projet, West African Energy entend apporter une réponse durable aux besoins croissants en électricité, dans un contexte de forte demande liée au développement industriel, à l’urbanisation rapide et à la numérisation de l’économie.

À terme, la centrale thermique de Rufisque, une fois pleinement opérationnelle, contribuera à la stabilisation de l’approvisionnement électrique sur l’ensemble du territoire national. Elle permettra de sécuriser la qualité du service public d’électricité, d’améliorer la compétitivité des entreprises, et de soutenir les politiques d’émergence économique pilotées par l’État du Sénégal.

Ce projet s’inscrit en parfaite cohérence avec les objectifs du Plan Sénégal Émergent (PSE) et la stratégie nationale de développement énergétique. En renforçant la capacité de production électrique nationale, la centrale de Rufisque devrait également faciliter l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique global, tout en assurant une meilleure couverture des besoins des zones urbaines et rurales.

CERAO 2025 : Le Président Diomaye salue le rôle « irremplaçable » de l’Église dans la construction de la paix en Afrique de l’Ouest

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce mardi 6 mai 2025, la cérémonie d’ouverture de la 5e Assemblée plénière des Conférences épiscopales réunies d’Afrique de l’Ouest (CERAO), organisée cette année à Dakar. Dans une atmosphère empreinte de solennité, le chef de l’État a salué avec insistance la contribution décisive de l’Église catholique à la paix, à la cohésion sociale et au développement humain sur le continent.

Prenant la parole devant les évêques venus de plusieurs pays de la région, Bassirou Diomaye Faye a exprimé toute sa reconnaissance envers la communauté catholique et son rôle dans le tissu social sénégalais et ouest-africain. « Dakar, la Capitale cosmopolite de notre pays, abrite à compter de ce jour les travaux de la 5e Assemblée plénière de la CERAO. Ce choix n’est pas fortuit, il exprime la considération et le respect dont jouit notre dynamique communauté chrétienne guidée par des Pasteurs éclairés par la sagesse divine », a-t-il affirmé.

Le chef de l’État a rappelé l’importance qu’il accorde aux questions religieuses, intégrées au cœur de son projet de transformation systémique du pays. « Ma présence parmi vous à l’occasion de cette cérémonie solennelle est la preuve de la place importante que j’attache aux affaires religieuses dans notre stratégie nationale », a-t-il insisté.

Il a ensuite souligné la pertinence du thème des travaux de cette 5e session plénière, axée sur le renforcement de l’autonomie de l’Église, sa mission de synodalité, et son implication dans les causes de justice et de paix dans la sous-région. « Cela m’amène à souligner la contribution essentielle et irremplaçable de l’Église au développement de nos pays. Par son engagement dans les secteurs clés tels que l’éducation, la santé, la formation professionnelle, elle est une alliée sûre et incontournable de l’État », a-t-il soutenu, avant de rendre hommage à « ces hommes et femmes d’Église qui, dans la discrétion, œuvrent sans relâche au service de l’humain ».

Face aux multiples défis qui secouent l’Afrique de l’Ouest — insécurité, instabilité politique, migrations irrégulières — le président Diomaye a lancé un appel à la synergie des forces sociales, politiques et spirituelles. « Ensemble, en toute synodalité, nous devons promouvoir une ère de paix et de concorde dans nos sociétés africaines en quête de stabilité et de prospérité », a-t-il martelé.

« Les prix des carburants au Sénégal sont les plus chers en Afrique », alerte Madiambal Diagne

Alors que le Sénégal célèbre des avancées majeures dans le domaine énergétique, une voix s’élève pour dénoncer un paradoxe économique. Le journaliste Madiambal Diagne alerte sur les prix excessivement élevés du carburant à la pompe, en dépit du contexte mondial favorable et des nouvelles ambitions énergétiques du pays.

Le rapport mensuel d’avril 2025 du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, publié mardi, met en lumière des progrès notables. Parmi les faits marquants : une exportation record de pétrole brut et la toute première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) expédiée à l’international, symbolisant une nouvelle ère pour le Sénégal, désormais présenté comme un acteur émergent dans le secteur énergétique.

Mais malgré ces performances, les Sénégalais ne voient toujours pas les retombées sur le plan local. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Madiambal Diagne s’interroge publiquement :

« Les prix des carburants au Sénégal sont les plus chers en Afrique, et peut-être même au monde. Les prix à la pompe baissent partout grâce à la chute des cours mondiaux (autour de 60 dollars le baril). Incompréhensible non ? Surtout que le Sénégal se vante d’être désormais un gros producteur de pétrole ! »

L’incohérence entre la production nationale croissante et le maintien de prix élevés suscite l’indignation. Alors que plusieurs pays africains ajustent leurs prix à la baisse en suivant la tendance du marché mondial, le Sénégal semble à contre-courant.

Cette sortie de Madiambal Diagne vient relancer le débat sur la gestion des ressources naturelles et la redistribution équitable des revenus issus de l’exploitation pétrolière et gazière. Les consommateurs, déjà confrontés à une inflation persistante, peinent à comprendre pourquoi les prix des carburants restent si élevés malgré un contexte économique censé leur être favorable.

Dans l’attente d’une clarification officielle, de plus en plus de voix réclament une plus grande transparence sur la politique de fixation des prix des produits pétroliers, ainsi qu’une traduction concrète des promesses de souveraineté énergétique.

Propos injurieux d’Azoura Fall : Me Moussa Diop et Thierno Bocoum interpellent le procureur et dénoncent une justice à deux vitesses

L’avocat Me Moussa Diop et l’homme politique Thierno Bocoum ont vivement réagi aux propos jugés insultants tenus récemment par Azoura Fall, un militant du parti Pastef. Ce dernier s’en serait violemment pris à l’ancien président Macky Sall et à certains de ses anciens collaborateurs, suscitant l’indignation dans certains cercles politiques.

Dans une déclaration ferme, Me Moussa Diop a interpellé le procureur de la République, l’accusant d’inaction face à ce qu’il qualifie de dérives verbales inacceptables. Il dénonce un traitement inégal devant la loi et remet en question l’impartialité de l’appareil judiciaire dans ce type d’affaires.

« Apparemment, le Kumba am Nday et le Kumba amoul Nday a de beaux jours devant nous. Mais où êtes-vous Monsieur le Procureur de la République pour mettre fin à cette pagaille inédite au Sénégal ? Si vous ne faites pas arrêter ces dérives des vainqueurs, libérez sans délai mon client Abdou Nguer arbitrairement soustrait de la vie courante sans jamais avoir diffusé de fausses nouvelles ou diffamé. Justice pour tous », a-t-il martelé.

Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR, a également réagi publiquement via sa page Facebook. Indigné, il a dénoncé le silence des autorités judiciaires, qu’il considère comme un aveu d’une justice à géométrie variable. « Si le procureur reste silencieux face aux injures publiques d’une gravité extrême d’un proche du Premier ministre, il confirme son rôle actif dans l’architecture d’une injustice systémique portée par un régime irresponsable », a-t-il écrit.

Ces réactions interviennent dans un contexte où le débat sur l’indépendance de la justice et l’égalité de traitement des citoyens devant la loi revient régulièrement dans l’actualité sénégalaise, particulièrement depuis le changement de régime en 2024.

Baccalauréat 2025 : Le ministre Abdourahmane Diouf appelle les présidents de jury à l’impartialité et à la rigueur

À l’approche de la session 2025 du Baccalauréat, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, a présidé ce lundi 5 mai la cérémonie officielle d’ouverture de la session de formation des présidents de jury. La rencontre s’est tenue à l’Université Amadou Hampâté Bâ, en présence de plusieurs autorités universitaires et administratives.

Aux côtés du ministre, figuraient le Directeur de l’Office du Baccalauréat, le Professeur Bamba Gueye, le Recteur de l’université hôte, le Professeur Ben Toguebaye, ainsi que le Coordonnateur des superviseurs nationaux, le Professeur Mamadou Sidibé, Recteur de l’Université Souleymane Niang de Matam.

Dans son adresse, Dr Abdourahmane Diouf a souligné l’importance capitale du rôle des présidents de jury dans le bon déroulement de l’examen. Il a insisté sur la rigueur, l’impartialité et la neutralité qui doivent guider leurs prises de décision, notamment lors des délibérations. Le ministre a rappelé que l’évaluation des candidats doit se faire en toute équité, avec le souci permanent de justice et de transparence.

Par ailleurs, le ministre a insisté sur le respect scrupuleux des consignes officielles encadrant l’examen. Il a notamment évoqué l’interdiction formelle du port et de l’usage de téléphones portables dans les centres d’examen, aussi bien pour les candidats que pour les encadreurs. Une mesure de plus en plus renforcée dans un contexte marqué par la multiplication des tentatives de fraude via les outils numériques.

Cette rencontre marque le lancement officiel du processus de préparation pédagogique et logistique du Baccalauréat 2025, qui devrait mobiliser plusieurs milliers d’acteurs à travers le pays. Le ministre a conclu son intervention en appelant l’ensemble des responsables académiques à « un engagement total au service de l’école sénégalaise ».

Azoura Fall face à la justice : ce que dit le droit sénégalais sur les injures en ligne

L’affaire Azoura Fall secoue la toile sénégalaise depuis plusieurs jours. Connue pour ses prises de parole virulentes sur TikTok, l’activiste s’est retrouvée au cœur d’une tempête judiciaire après avoir proféré des injures à l’encontre de l’ancien président Macky Sall lors d’un live. Une sortie polémique qui a poussé le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, à s’autosaisir du dossier. Cette décision relance un débat sensible : jusqu’où peut aller la liberté d’expression en ligne ? Et surtout, que risque-t-elle réellement devant la loi sénégalaise ?

L’intervention du parquet repose sur des éléments publics, facilement accessibles. Le live controversé d’Azoura Fall a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, exposant des propos jugés “grossiers”, “injurieux” et potentiellement attentatoires à l’honneur d’une personnalité publique, en l’occurrence un ancien chef d’État. Dans ce contexte, l’autosaisine du procureur est juridiquement fondée, conformément à l’article 34 du Code de procédure pénale sénégalais, qui autorise l’ouverture d’une enquête pour des faits relevant de l’ordre public ou portés à la connaissance du ministère public par tout moyen.

Au regard du Code pénal sénégalais, plusieurs chefs d’accusation pourraient être retenus contre Azoura Fall :

Injures publiques : L’article 258 du Code pénal prévoit des peines pouvant aller jusqu’à un mois d’emprisonnement et 50 000 francs CFA d’amende pour toute injure non publique. Si les injures sont publiques — ce qui est le cas dans un live TikTok diffusé à grande échelle —, les peines peuvent être alourdies, notamment si la victime est une autorité ou un dépositaire de l’autorité publique. Diffamation : Si les propos tenus sont considérés comme accusatoires sans preuve, notamment en imputant à Macky Sall des faits précis sans fondement, l’article 248 du Code pénal pourrait s’appliquer, avec des peines pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement et 1 500 000 francs CFA d’amende. Atteinte à l’ordre public via les TIC : Le Code des communications électroniques et la loi sur la cybercriminalité (2016) permettent également de poursuivre tout individu diffusant des contenus à caractère injurieux ou haineux en ligne. Cette législation plus récente élargit les possibilités de poursuites.

Cette affaire ravive les tensions entre liberté d’expression et protection de la dignité des personnalités publiques. Si la Constitution sénégalaise garantit le droit à la liberté d’opinion, celle-ci connaît des limites, notamment lorsque les propos portent atteinte à la réputation ou à la sécurité d’autrui. Plusieurs défenseurs des droits numériques dénoncent toutefois un usage sélectif de la justice, qui viserait particulièrement les voix critiques du pouvoir ou des figures politiques influentes.

Le cas d’Azoura Fall s’inscrit dans une tendance croissante de judiciarisation du discours en ligne au Sénégal. D’autres activistes ou influenceurs ont déjà été poursuivis pour des propos tenus sur Facebook, WhatsApp ou YouTube. Le traitement réservé à cette affaire pourrait ainsi établir une nouvelle jurisprudence sur la régulation des contenus numériques, à l’heure où les réseaux sociaux jouent un rôle central dans le débat public.

En résumé, que risque Azoura Fall ?

Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement si les faits sont requalifiés en diffamation aggravée. Des amendes allant jusqu’à 1,5 million de francs CFA. Une possible interdiction temporaire d’usage des réseaux sociaux dans le cadre de mesures judiciaires spécifiques.

Le dossier est désormais entre les mains du parquet. Reste à savoir si une inculpation formelle suivra et quelle sera l’issue judiciaire. En attendant, l’affaire Azoura Fall pose une nouvelle fois la question de la régulation du numérique, dans un pays où la parole en ligne est de plus en plus surveillée.

Mondial Beach Soccer 2025 : Le Sénégal impressionne et file en quarts de finale

Les Lions du Sénégal continuent d’écrire l’histoire sur la scène internationale du football de plage. Ce mardi, ils ont confirmé leur excellente forme en dominant le Chili sur le score de 6 à 3, validant ainsi leur qualification pour les quarts de finale du Mondial Beach Soccer 2025. Une performance remarquable qui vient couronner une phase de groupes maîtrisée de bout en bout.

Avant ce dernier match, les hommes d’Oumar Ngalla Sylla avaient déjà frappé fort en battant l’Espagne (4-1) puis Tahiti (6-3). Contre le Chili, le sélectionneur sénégalais a fait tourner son effectif, sans pour autant compromettre l’efficacité de son équipe. Le résultat est sans appel : une troisième victoire en autant de rencontres et un parcours sans faute qui marque un record historique pour le Sénégal dans cette compétition.

Jamais les Lions n’avaient réussi à remporter tous leurs matchs de groupe lors d’un Mondial de beach soccer. Ce sans-faute témoigne non seulement de la solidité du groupe, mais aussi de l’ambition qui anime cette équipe, bien décidée à franchir un nouveau palier sur la scène mondiale.

Prochaine étape : les quarts de finale, où le Sénégal affrontera l’Italie ce jeudi. Un choc très attendu face à une nation expérimentée, mais que les Sénégalais aborderont avec confiance et détermination. Portés par une dynamique très positive, ils peuvent nourrir de sérieuses ambitions pour la suite du tournoi.

Avec un collectif en pleine forme, une défense solide et une attaque percutante, les Lions du Sénégal apparaissent aujourd’hui comme de sérieux prétendants au titre. Le rêve est permis.

Décès de Pape Mignane Ndong : Le Sénégal perd un fidèle serviteur de l’ombre

Le Sénégal est en deuil. Le pays vient de perdre l’un de ses fils les plus discrets mais profondément engagés dans la vie politique nationale. Pape Mignane Ndong, figure proche du Premier ministre Ousmane Sonko, est décédé subitement des suites d’un malaise, selon des informations confirmées par Seneweb.

Discret dans la forme mais essentiel dans le fond, Pape Mignane Ndong était un maillon clé dans l’entourage immédiat du chef du gouvernement. En tant qu’aide de camp d’Ousmane Sonko, il veillait au quotidien à la sécurité, à la coordination et à l’agenda du Premier ministre, jouant un rôle de confiance dans un environnement politique souvent agité.

Sa disparition brutale a provoqué une vive émotion au sein du parti PASTEF – Les Patriotes, où il était unanimement respecté pour sa loyauté, son professionnalisme et son engagement indéfectible. Mais au-delà du cercle partisan, ce sont l’ensemble des acteurs politiques, de la société civile et de nombreux citoyens qui saluent aujourd’hui la mémoire d’un homme de devoir, resté à l’ombre, mais dont l’impact était bien réel.

Les hommages se multiplient, témoignant de l’importance de son rôle dans les coulisses du pouvoir et de la confiance dont il jouissait. Son décès rappelle, une fois encore, combien les acteurs de l’ombre sont essentiels à la stabilité et au fonctionnement de nos institutions.

Le Sénégal perd un patriote silencieux, un homme de l’ombre au service de la lumière.

Scandale à la CRSE : l’inspectrice Tabaski Ngom brise le silence et plonge le système dans la tourmente

Entre dette informelle, enregistrement secret et décharges manuscrites, l’audition de l’ancienne agente comptable de la CRSE bouleverse les lignes d’un dossier déjà explosif.

Le feuilleton judiciaire autour des 700 millions FCFA disparus de la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE) a franchi un tournant décisif ce lundi 5 mai. Tabaski Ngom, inspectrice du Trésor et ancienne agente comptable particulière (ACP) de la CRSE, a livré un témoignage fleuve de près de quatre heures devant les juges d’instruction Idrissa Diarra et Nelly Secko Dieng du Pool judiciaire financier (PJF). Son audition au fond, très attendue, pourrait bien redéfinir les contours de l’un des plus gros scandales financiers de ces dernières années.

D’un ton calme mais assuré, Tabaski Ngom a levé le voile sur ce qu’elle décrit comme une “mécanique d’endettement informel”, imputant la responsabilité directe à son ancien supérieur hiérarchique, Moustapha Diop, ex-ministre de l’Industrie, aujourd’hui député et maire de Louga. Selon elle, ce dernier lui devrait plus de 700 millions FCFA — une somme qu’elle aurait avancée sans contrat formel, sur la base d’une relation de confiance bâtie au fil du temps.

Pour appuyer ses dires, elle a présenté une décharge manuscrite signée par Moustapha Diop, dans laquelle il reconnaît lui devoir 200 millions FCFA. Mais l’élément le plus saisissant reste sans doute un enregistrement audio clandestin, effectué dans le bureau de Momath Ba, ex-directeur général de l’Aprosi. On y entendrait Moustapha Diop admettre l’existence du différend financier et promettre de “trouver une solution”. Ce fichier, jugé accablant, a été versé au dossier.

Face aux interrogations sur l’absence de justificatifs pour le reliquat de la somme — soit plus de 500 millions FCFA — Tabaski Ngom a reconnu n’avoir exigé ni reçus, ni documents officiels. Un aveu lourd de conséquences, révélateur des dérives qui peuvent naître d’un mélange de proximité politique, de pouvoir hiérarchique et de loyauté aveugle. Dans un écosystème où les procédures sont contournées au profit de l’informel, les risques de dérapage semblent inévitables.

Malgré sa stratégie de dévoilement, Tabaski Ngom n’a pas échappé à la justice. Interpellée par la Division des investigations criminelles (DIC), elle a été inculpée pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écritures publiques et privées, ainsi que blanchiment de capitaux. Elle a été placée sous mandat de dépôt.

Mor Guèye, patron des sociétés Webcom.Sen et Sen-Setal, soupçonné d’avoir servi de relais financier dans le montage, a également été incarcéré. Momath Ba, impliqué à travers l’enregistrement audio, a lui aussi été inculpé. Il a cependant évité la détention grâce à une caution de 90 millions FCFA réunie en urgence.

Macky Sall plaide pour une Afrique actrice du multilatéralisme contemporain

Invité au Global Solutions Summit 2025 à Berlin, l’ancien président sénégalais Macky Sall, aujourd’hui président du Conseil de surveillance du Centre mondial pour l’adaptation, a livré une allocution forte sur “L’Afrique dans le multilatéralisme contemporain”. Il y a souligné les défis majeurs du continent, entre paix, sécurité, développement économique et transition énergétique, appelant à une réforme en profondeur de la gouvernance mondiale.

Voici son discours…, 

Mesdames, Messieurs, 

Chers amis, 

Je voudrais d’abord remercier notre ami Christian Kastrop pour son aimable invitation et pour l’accueil convivial qui m’a été réservé. 
Je félicite Global Solutions pour l’organisation de ce Sommet. Dans un monde en proie aux tensions et aux incertitudes, il est à la fois opportun et salutaire de créer des espaces de dialogue pour penser ensemble les chemins possibles de sortie de crise. 
Face aux urgences, le cours de l’histoire est à nouveau trouble. Le système multilatéral, né dans les décombres de la guerre pour promouvoir la paix, le progrès partagé et la solidarité entre les nations, montre aujourd’hui ses limites. Il peine à offrir des réponses concertées aux défis contemporains. 
En effet, les instances multilatérales semblent figées alors que les conflits, anciens et nouveaux, persistent, les uns plus désastreux que les autres ; les menaces terroristes restent entières ; le réchauffement climatique s’accentue malgré les COP qui se succèdent ; et une guerre commerciale majeure vient s’ajouter à une crise économique et financière dont le monde peinait déjà à se relever. 
Dans ce contexte de crises et de mutations profondes, l’Afrique continue de faire face à plusieurs challenges. Je me limiterai ici à quatre défis majeurs. 

Premier défi : la paix, la sécurité et la stabilité. 
En plus des situations conflictuelles persistantes, le terrorisme tend à devenir endémique sur le continent, en particulier au Sahel. Il faut dire que depuis des années, l’Afrique n’a de cesse d’alerter sur le fait que les opérations de maintien de la paix classiques ne sont pas adaptées à la lutte antiterroriste, faute de mandats et de moyens adéquats. En témoigne la fin précipitée de certaines opérations dans la colère et l’incompréhension.   
C’est pourquoi nous avons toujours plaidé pour des mandats plus robustes et des moyens mieux calibrés, pour combattre le terrorisme dans le cadre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité, avec le soutien logistique et financier des Nations Unies et des pays partenaires. 
C’est à ce prix que nous pourrons vaincre le terrorisme, ou tout au moins réduire de façon significative ses moyens d’action. 
Il y va de notre intérêt commun, car la persistance du terrorisme en Afrique constitue une menace globale qui relève de la responsabilité du Conseil de sécurité, garant du système de sécurité collective. 

 Deuxième défi : le développement économique. 
Avec ses 30 millions de km², son poids démographique et ses ressources minières, hydriques, énergétiques et foncières (60% des terres arables non exploitées de la planète), l’Afrique dispose du potentiel nécessaire pour soutenir ses efforts de développement et contribuer à la croissance mondiale. 
Cela requiert certes des politiques publiques avisées, mais aussi un ordre économique mondial plus juste et plus équitable. 
La dynamique du développement est freinée quand l’impôt n’est pas payé là où la richesse est créée, à cause de congés fiscaux abusifs ; et quand les notations des agences d’évaluation sont biaisées par leurs critères et leurs méthodologies de plus en plus contestées. En Afrique, la perception du risque d’investissement est souvent supérieure au risque réel, ce qui renchérit le coût du crédit, à cause de primes d’assurances particulièrement élevées. 
Mon point de vue est qu’il est temps de refonder la coopération internationale sur des paradigmes réinventés, notamment :  
la réforme de la fiscalité internationale et des méthodes de notation des agences d’évaluation ; et l’assouplissement des règles de l’OCDE afin de faciliter l’accès des pays en développement au crédit export, à des conditions de maturité plus longues et des taux d’intérêt soutenables. 
A mon sens, l’Afrique d’aujourd’hui a besoin plus de règles justes et de partenariats équitables que d’une aide publique au développement aux ressources limitées et aux mécanismes peu efficaces. À titre d’exemple, rien que pour les infrastructures, la Banque africaine de Développement estime les besoins de l’Afrique entre 130 et 170 milliards de dollars par an. 
Certes, il faut saluer et reconnaitre à leur juste valeur les efforts et les acquis réalisés dans le cadre des partenariats traditionnels.  
En même temps, l’Afrique continuera de s’ouvrir à de nouveaux partenariats, sans exclusivité ni exclusion, pour diversifier ses perspectives de croissance et de développement économique et social. 
C’est tout cela, ajouté à la mise en place progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui contribuera à instaurer une nouvelle doctrine de coopération fondée sur une éthique de valeurs partagées, de solutions concertées, et d’intérêts mutuellement bénéfiques, sans conditionnalités idéologiques ou socio culturelles. 

Troisième défi : la transition énergétique dans le contexte du réchauffement climatique. Suivant le principe de responsabilité commune mais différenciée, l’Afrique est pleinement engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique. 
Partout sur le continent, des projets sobres en carbone et résilients au réchauffement climatique voient le jour.  
Mais le continent qui pollue le moins ne peut être contraint de choisir entre développement et protection de l’environnement, ou de s’endetter pour financer seul les coûts de l’adaptation. 
Il est donc urgent de mobiliser les ressources financières nécessaires à l’action climatique, notamment dans le cadre des Partenariats pour une transition énergétique juste. 
En outre, pour l’équité et la justice, il faut éviter des décisions unilatérales comme celle de la COP 26 à Glasgow interdisant le financement à l’étranger de sources d’énergie fossiles, même peu polluantes comme le gaz, alors que certains pays industrialisés continuent d’utiliser des énergies bien plus polluantes comme le charbon. 
Je rappelle que l’Union africaine, la Banque africaine de développement et le Centre mondial pour l’adaptation ont lancé en 2021 le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique (AAAP). 
Cette ambitieuse initiative vise à mobiliser 25 milliards de dollars pour renforcer la résilience climatique de l’Afrique dans domaines clés, notamment : l’agriculture, les infrastructures, la jeunesse et l’entrepreneuriat, ainsi que la finance et la gouvernance. 
En ma qualité de Président du Conseil de surveillance du Centre mondial pour l’adaptation, je lance un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux pour soutenir la deuxième phase de l’initiative AAAP sur la période 2026-2030. 

Quatrième défi, enfin, la réforme de la gouvernance mondiale. 

L’idéal à la base du multilatéralisme, c’est de promouvoir entre des pays aux forces inégales des relations de collaboration confiante, solidaire et inclusive. 
Dans cet esprit, il est juste de reconnaitre les services que le système des Nations Unies et celui de Bretton Woods ont rendus aux Etats membres. 

Mais 80 ans après sa création, le multilatéralisme de l’après-guerre est en passe de devenir obsolète, car il ne répond pas aux réalités et aux besoins de son temps. Pour plus des trois quarts des pays membres, il y a là une source d’inégalités qui alimente des frustrations et la contestation du système. 

L’élargissement progressif des BRICS en Sud global apparait comme un symptôme illustrant le malaise d’un système qui court le risque de sa fragmentation s’il n’est pas réformé. 
Il n’est pas souhaitable d’en arriver là. Alors, la sagesse commande de refonder la gouvernance politique, économique et financière mondiale, pour la rendre plus représentative de la diversité du monde d’aujourd’hui. 

Le G20 a montré la voie en admettant l’Union africaine comme membre de plein droit, à l’initiative du Sénégal durant sa présidence de l’Union africaine. 
L’octroi d’un troisième siège à l’Afrique au Conseil d’administration du FMI va également dans le bon sens de l’histoire. 

Il est important que d’autres instances, comme le Conseil de sécurité et la Banque mondiale suivent ces exemples, afin d’aider à l’avènement d’un multilatéralisme plus inclusif, plus légitime et plus efficace. 

Mesdames, Messieurs, chers amis,  
Dans un monde secoué par tant de turbulences, nous ne devons pas renoncer à l’espérance. Non pas une espérance incantatoire, mais une espérance travaillée ; une espérance agissante, nourrie par le courage du dialogue, la force de la coopération et la foi dans notre humanité commune. 
À l’heure des défis globaux, seul un nouveau sursaut lucide et humaniste nous permettra de ressouder les fractures, apaiser les colères et les tensions, et favoriser une collaboration solidaire, fondée sur nos valeurs communes et le respect de nos différences. 
Je vous remercie de votre aimable attention! 

Pour rappel, Créé en 2017, Global Solutions Initiative (GSI) est un réseau international de think tanks de chercheurs, décideurs politiques et leaders de la société civile visant à proposer des solutions politiques concrètes aux grands défis mondiaux, en particulier dans les domaines du climat, de la transformation numérique, de la gouvernance mondiale et du développement durable. • Activités principales : • Organisation du Global Solutions Summit, un forum annuel réunissant des experts internationaux. 
• Publication de notes d’analyses 
à destination des décideurs du G20 et du G7. • Animation de communautés telles que les Young Global Changers et le Council for Global Problem-Solving. 
GSI siège à Berlin, Allemagne. 

Le think tank est dirigé par Christian Kastrop, économiste de nationalité allemande, ancien secrétaire d’État pour la société numérique et la politique 
consommateurs au ministère fédéral allemand de la Justice et de la Protection des consommateurs.

Mise en accusation de plusieurs anciens ministres : une procédure controversée devant la Haute cour de justice

Cinq anciens ministres du régime de Macky Sall – Ndèye Saly Diop, Mansour Faye, Ismaïla Madior Fall, Sophie Gladima et Moustapha Diop – sont dans le viseur de la justice sénégalaise. À la demande du procureur de la République, le ministre de la Justice a saisi l’Assemblée nationale, qui a enclenché le processus de leur mise en accusation devant la Haute cour de justice.

Si Ismaïla Madior Fall est poursuivi dans une affaire de corruption présumée, les autres sont tous soupçonnés d’avoir été impliqués dans des irrégularités constatées par la Cour des comptes dans la gestion du fonds Force Covid-19. Ce fonds, mis en place au plus fort de la pandémie, visait à atténuer les effets économiques et sociaux de la crise sanitaire. Mais les audits ont révélé des anomalies dans l’attribution des marchés, la distribution des aides et la traçabilité des dépenses publiques.

Pour Alioune Souaré, expert en droit parlementaire, cette procédure pose de sérieux problèmes en termes de respect des droits fondamentaux. Dans un entretien accordé au journal Les Échos, il dénonce la loi organique qui régit la Haute cour de justice, estimant qu’elle viole plusieurs principes constitutionnels.

Selon lui, l’article 7 de la Constitution sénégalaise, qui proclame l’égalité de tous devant la loi, est mis à mal par cette juridiction d’exception. « Elle piétine aussi le principe du double degré de juridiction, pourtant indispensable à un procès juste et équitable, quelle que soit la nature des infractions », affirme-t-il.

Autre point de friction : les accusés ne peuvent être assistés que par un seul avocat, une disposition que Souaré considère comme une atteinte aux droits de la défense. Il souligne également l’absence d’enquête préliminaire, une étape pourtant essentielle dans toute procédure judiciaire.

Plus préoccupant encore, selon l’expert, est le caractère non contestable des décisions rendues par la commission d’instruction et la Haute cour elle-même. Aucun recours n’est possible, ni appel, ni pourvoi en cassation. Une situation qu’il juge contraire aux standards internationaux d’un procès équitable.

Enfin, Souaré critique le recours au vote par les juges pour décider des peines, une pratique qui, selon lui, va à l’encontre de l’article 101 alinéa 3 de la Constitution. Cet article stipule que la Haute cour doit s’en tenir strictement à la définition des infractions et à la détermination des peines telles que fixées par la loi pénale au moment des faits.

Il rappelle aussi que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, mentionnée dans le préambule de la Constitution sénégalaise, consacre le principe d’égalité devant la loi – un principe mis en péril, selon lui, par la configuration actuelle de la Haute cour de justice.

Ces mises en accusation, bien qu’elles marquent une volonté de lutte contre l’impunité, relancent donc le débat sur la légitimité et l’efficacité de la Haute cour de justice. De nombreuses voix, au sein de la société civile et du monde juridique, appellent désormais à une réforme profonde de cette juridiction, afin de garantir aux justiciables un traitement conforme aux principes d’un État de droit.

Macky Sall au Sommet Global Solutions : Pour un multilatéralisme réformé et plus équitable

À Berlin, l’ancien président sénégalais appelle à repenser la gouvernance mondiale pour mieux répondre aux défis du XXIe siècle.

Lors du Sommet Global Solutions, Macky Sall, ancien président de la République du Sénégal, a prononcé un discours empreint de lucidité et de conviction. Il y a dénoncé les limites actuelles du système multilatéral, incapable selon lui de répondre efficacement aux crises qui secouent le monde : conflits prolongés, dérèglement climatique, montée du terrorisme, fragilités économiques et instabilité sociale.

Dans ce contexte tendu, Macky Sall a souligné que le multilatéralisme issu de l’après-guerre est devenu inadapté aux réalités contemporaines. Il a plaidé pour une réforme en profondeur des institutions internationales, qu’il accuse de ne pas refléter la diversité et les équilibres actuels du monde.

Il a ensuite mis en lumière les défis auxquels l’Afrique est confrontée. D’abord, celui de la paix et de la sécurité, notamment dans des régions comme le Sahel, où le terrorisme prend des proportions endémiques. Il a dénoncé l’inadéquation des mandats des missions de maintien de la paix face aux réalités du terrorisme et appelé à un soutien plus concret et mieux calibré de la communauté internationale.

Sur le plan économique, Macky Sall a insisté sur le potentiel immense du continent africain, riche en ressources naturelles et humaines, mais freiné par un système économique mondial inégal. Il a dénoncé les congés fiscaux abusifs, les biais des agences de notation, et le coût du crédit injustement élevé pour les pays africains. Pour lui, il est urgent de réformer la fiscalité internationale, les critères de notation, et de rendre le crédit export plus accessible.

S’agissant de la transition énergétique, il a rappelé que l’Afrique, bien qu’étant le continent qui pollue le moins, ne peut être tenue de choisir entre développement et environnement. Il a critiqué les décisions unilatérales comme l’interdiction du financement des projets gaziers lors de la COP26, tout en appelant à davantage de soutien pour les initiatives comme le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique (AAAP), dont il préside le Conseil de surveillance.

Enfin, Macky Sall a évoqué la réforme de la gouvernance mondiale, affirmant que la structure actuelle des grandes institutions internationales ne reflète plus les équilibres géopolitiques d’aujourd’hui. Il a salué l’admission de l’Union africaine au G20, tout en appelant à un siège supplémentaire pour l’Afrique au FMI et une représentation accrue au Conseil de sécurité de l’ONU et à la Banque mondiale.

En conclusion, il a lancé un appel vibrant à un sursaut humaniste et solidaire. « Nous ne devons pas renoncer à l’espérance », a-t-il dit, en précisant qu’il s’agit d’une espérance lucide, nourrie par le dialogue, la coopération, et la foi dans une humanité partagée. Pour Macky Sall, seule une telle dynamique permettra de panser les fractures, apaiser les tensions et construire un monde plus juste.

Présentation du système innovant de combat rapproché Système du Triangle d’Or (STO) avec Alexander Shlychkov

Brèves informations sur le système :

Lors du développement initial du « Système Triangle d’Or », l’objectif principal était de minimiser le temps consacré à la maîtrise de la motricité appliquée, de créer des réflexes adaptés aux situations extrêmes, formant un modèle de comportement stable qui permet de supprimer les attaques de l’agresseur. dans les plus brefs délais et avec un minimum de pertes possibles pour le personnel militaire, les forces de l’ordre et divers groupes sociaux de la population.

La formation aux compétences militaires appliquées intégrées dans les tactiques de conduite de guerres hybrides locales nécessite de repousser les limites des connaissances et des compétences particulières liées aux réflexes naturels.
Le système est une plate-forme innovante qui combine divers sports militaires appliqués, arts martiaux traditionnels, connaissances militaires en ingénierie et formation chimique, formation canine, formation en parachute et premiers secours sur le terrain.

Les méthodes développées du Système permettent de passer rapidement du travail en combat rapproché sans armes à l’utilisation de moyens spéciaux, d’armes blanches et d’armes à feu. La base de la méthodologie d’enseignement est l’expérience pratique acquise lors d’opérations militaires en Afghanistan, d’opérations antiterroristes dans le Caucase et en Syrie, ainsi que des programmes originaux et innovants des employés du Centre de recherche scientifique de l’Institut militaire de culture physique du ministère de la Défense de la Fédération de Russie.

Le conseil méthodologique du « Système du Triangle d’Or » comprend des instructeurs de niveau international dans divers types d’arts martiaux qui ont une expérience de service dans les forces armées de la Fédération de Russie, des unités des forces de l’ordre russes qui ont pris part aux hostilités, qui ont été décerné des prix départementaux et d’État, ainsi que des enseignants et des médecins titulaires de diplômes scientifiques et auteurs de techniques russes brevetées de santé et de réadaptation.

L’utilisation généralisée de la méthodologie de l’auteur vise à former les employés des forces de l’ordre, des organisations de sécurité privées et des jeunes.

La méthodologie du « Système du Triangle d’Or » est utilisée dans la préparation des participants aux compétitions dans les sports d’application militaire « Tir tactique de l’armée tous azimuts » et « Athlétisme pratique général ». Le premier sport a été enregistré par le ministère des Sports de la Fédération de Russie dans la quatrième section du Registre panrusse des sports – « Sports militaires et militaires » en mars 2021 et est en cours de développement par le ministère de la Défense de la Fédération de Russie. Fédération. Le deuxième sport est actuellement en cours d’accréditation et s’adresse à la population civile.

Le système du «Triangle d’Or» a été à juste titre très apprécié non seulement en Russie – le système a déjà reçu une réponse internationale au format international, en ouvrant des bureaux de représentation au Kirghizistan, en Ouzbékistan, à Chypre, aux Philippines, au Myanmar et au Japon.

Brèves informations sur le newsmaker :

Alexander Shlychkov – Pédagogue , spécialiste aux sciences des arts martiaux de Fédération de la Russie , président de l’Association européenne de boxe traditionnelle birmane (Lethwei), président de l’Organisation publique panrusse de culture physique et sportive pour le développement des arts martiaux en philippins , membre du présidium de la Fédération de tir tactique de l’armée de Russie, auteur du système de combat rapproché « Triangle d’Or » et d’un nouveau format de la discipline fitness Close combat studio, titulaire du cinquième dan en taekwondo (WT)

Organisateurs d’événements :

Système du Triangle d’Or au Sénégal
Bureau de représentation de l’Association internationale des experts en sécurité « G3 » (Association « G3 »)

Titre:

Expérience russe : le système innovant du Triangle d’Or arrive au Sénégal.

Plomb:
Le 21 janvier, dans la capitale de la République du Sénégal, Dakar, aura lieu une présentation du système innovant de combat rapproché de dénommé « Golden Triangle System ».

Le nouveau format du Système combine harmonieusement l’utilisation d’espaces de lancer de couteaux et de pratique de tâches sportives et tactiques avec des simulateurs de tir, des espaces de fitness cyclique et fonctionnel, un tapis de lutte avec une « cage » improvisée pour les arts martiaux mixtes, des espaces d’entraînement à la frappe. techniques sur simulateurs, et bien plus encore.

Corps de libération :
Dans le monde moderne, au cours de la vie quotidienne, une personne interagit inévitablement avec l’environnement, se retrouvant parfois dans des situations extrêmes. Dans des situations dangereuses et critiques, les personnes risquent de subir des blessures de gravité variable et sont également confrontées à des dangers qui constituent une menace directe pour leur vie et leur santé.

Les formes existantes de culture physique, y compris les sports militaires et militaires, ne peuvent pas résoudre complètement le problème de la préparation d’une personne à relever les défis de la société moderne. La raison principale est avant tout la disponibilité limitée de ces disciplines pour un large éventail de personnes. Compte tenu de ce facteur, il est urgent de faire émerger un système universel, un système accessible aux différentes couches de la population et aux différentes tranches d’âge.
Les créateurs du « « Golden Triangle System », sous la direction du candidat en sciences pédagogiques, chef du Centre de formation spécial du DOSAAF de Russie Alexander Shlychkov, ont proposé la mise en œuvre d’un nouveau type universel d’activité compétitive – le concours multiple athlétique pratique. Le format original de fitness « Close Combat Studio », ouvert à Dakar, prend en compte l’intérêt des jeunes pour les nouvelles formes d’activité physique allié à la nécessité d’introduire un entraînement physique et appliqué universel, comme l’une des formes d’éducation physique pour tous. strates et groupes de population correspondant au niveau et à la variabilité des menaces directes et indirectes pour la santé et le bien-être humains.
Les représentants de la presse invités auront l’occasion de recevoir de nombreuses informations de la part de professionnels sur des questions qui les intéressent.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°457 – 06/05/2025

🔴 236 MILLIARDS F CFA ENGRANGÉS EN TROIS MOIS : LE SOUS-SOL SÉNÉGALAIS RAPPORTE GROS
🔴 DIALOGUE NATIONAL DU 28 MAI : TAS CLAQUE LA PORTE

🔴 CAN U20 / DÉFAITE FACE AU GHANA (0-1) : LE SÉNÉGAL AU BORD DU PRÉCIPICE
🔴 LIGUE 1 : LA LINGUÈRE ACCROCHÉ PAR L’US OUAKAM

L’AFRIQUE ET LE MONDE: L’auto-suffisance imposée? Par Michelle Ndiaye

Au milieu du XXe siècle, alors que les nations africaines se débarrassaient des chaînes du colonialisme, une vision de l’avenir, puissante commença à émerger à travers le continent: l’auto-suffisance. Ce n’était pas simplement une politique, mais une déclaration audacieuse d’identité et d’autonomie. Des leaders comme Julius Nyerere de la Tanzanie et Kwame Nkrumah du Ghana rêvaient d’une Afrique capable de tracer sa propre voie, enracinée dans les valeurs communautaires, les ressources locales et un sens partagé du destin.

Cependant, l’auto-suffisance en Afrique a toujours existé enune tension entre aspiration et réalité, entre choix volontaire et imposition de l’extérieur.

La Déclaration d’Arusha de 1967 de Nyerere reste un jalon dans la quête volontaire de l’auto-suffisance. Elle a défendu le socialisme africain, mettant en avant l’agriculture collective, l’éducation et l’unité nationale plutôt que la dépendance à l’aide étrangère. Les politiques de Nyerere étaient loin d’être parfaites, mais elles reflétaient une tentative authentique de construire le développement de l’intérieur.

Contrastons cela avec les Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) des années 1980 et 1990, imposés par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Ces programmes ont contraint les gouvernements africains à réduire les dépenses publiques, à libéraliser le commerce et à privatiser des secteurs clés – tout cela au nom de la réduction de la dépendance. En pratique, cependant, les PAS ont approfondi les inégalités, sapé les services sociaux et souvent laissé les pays plus vulnérables aux chocs économiques mondiaux.

Aujourd’hui, la quête de l’auto-suffisance continue d’être façonnée à la fois par les héritages du passé et les défis actuels. Le retrait récent de l’aide de l’administration américaine et le protectionnisme économique déclenchent à la fois une auto-suffisance involontaire et volontaire. En effet, l’aide a historiquement été une influence majeure sur de nombreuses économies africaines, et sa réduction pourrait encourager la mobilisation des ressources domestiques, des solutions locales et, plus important encore, limiter la culture de la dépendance. Quant au protectionnisme économique des États-Unis et à ses politiques telles que les tarifs douaniers, les barrières commerciales ou la relocalisation des chaînes d’approvisionnement, elles peuvent pousser l’Afrique à construire des chaînes de valeur régionales, à investir dans les industries locales, car l’exportation vers les marchés occidentaux devient plus difficile. Cela crée un grand bond incitatif à renforcer les secteurs de la fabrication, de l’agriculture et de la technologie.

Il est important de citer quelques exemples : la campagne « Made in Nigeria » encourage la production et la consommation locales en réponse aux restrictions à l’importation. Le Rwanda et le Sénégal ont beaucoup investi dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), la fabrication et le tourisme. Le Ghana se positionne comme un centre pour la fintech et la fabrication, tandis que la Silicon Savannah du Kenya continue d’attirer l’attention mondiale pour son écosystème d’innovation.

Au niveau continental, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est un exemple fort de l’orientation vers le commerce intra-africain et l’industrialisation, et constitue un exemple parfait d’auto-suffisance collective. Ces changements offrent à l’Afrique une chance d’affirmer une plus grande souveraineté économique et de construire des économies résilientes moins vulnérables aux chocs externes.

Cependant, le chemin vers l’auto-suffisance n’est pas garanti. Ces changements nécessitent du leadership, des réformes politiques, un investissement dans le capital humain et le soutien de la société civile.

Conclusion : Un avenir pour lequel il vaut la peine de se battre

L’Afrique abrite également la population la plus jeune du monde, avec plus de 60 % de sa population âgée de moins de 25 ans. Ce dividende démographique pourrait transformer le continent; si des investissements dans l’éducation, la formation professionnelle et l’entrepreneuriat sont priorisés. Une Afrique autonome ne dépendra pas uniquement des politiques commerciales ou des réformes financières, mais de l’exploitation du potentiel de ses populations.

L’auto-suffisance en Afrique n’est pas un vestige du passé – c’est un objectif en évolution, façonné par l’histoire et l’urgence du moment. Elle exige des choix délibérés, pas seulement des réactions aux forces extérieures. Elle nécessite des partenariats basés sur le respect mutuel. Et surtout, elle appelle à une croyance en la puissance des solutions africaines aux défis africains.

Alors que le continent négocie le tournant du XXIe siècle, il est temps de redéfinir l’auto-suffisance, non pas en s’isolant aureste du monde, mais comme une interdépendance dont les termes sont définis par les africains eux-memes. 

Michelle Ndiaye, Directrice de Programmes Paix et Sécurité en Afrique – Open Society Foundations (Organisation philanthropique basée à Washington – USA). Ancienne Réprésentante Spéciale de l’Union Africaine en RDC.

Canada : ces formations qui piègent les étudiants internationaux

De plus en plus d’étudiants découvrent, une fois arrivés au Québec, que leur formation ne leur permet ni d’obtenir un permis de travail post-diplôme, ni de faire une demande de résidence permanente. Une réalité mal connue, souvent liée à des choix faits sans information complète.

Depuis plusieurs mois, un nombre croissant d’étudiants internationaux découvrent, souvent trop tard, que la formation qu’ils ont suivie au Québec ne leur donne pas accès au permis de travail post-diplôme, ni à la résidence permanente. Ces situations, fréquentes et mal comprises, sont le résultat d’un enchevêtrement de règles, de réformes récentes et parfois d’une mauvaise orientation dès le départ.
Le cas de cette étudiante admise à une formation en cuisine d’une durée de 1 300 heures en est un exemple parlant. Son objectif était de compléter son diplôme par une attestation de spécialisation professionnelle (ASP), afin d’atteindre le seuil de 1 800 heures exigé dans le cadre du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour la résidence permanente. Or, une nouvelle réglementation met un frein à cette stratégie : lorsqu’un programme de base n’est plus admissible au permis de travail post-diplôme (PTPD), le fait de le compléter par un ASP peut faire perdre l’éligibilité au PTPD. Autrement dit, en voulant se rendre admissible à la résidence permanente, l’étudiant risque de perdre le droit de rester temporairement au Canada pour y travailler.
Cette règle touche particulièrement les secteurs retirés de la liste des programmes prioritaires, comme certains DEP en cuisine, en esthétique ou encore en bureautique. Ces formations, bien qu’encore offertes, ne donnent plus automatiquement droit au permis de travail post-diplôme. Une réalité que peu d’étudiants connaissent à l’avance.

Il est essentiel ici de distinguer deux choses. Le permis de travail post-diplôme dépend d’abord de l’établissement fréquenté : celui-ci doit être un établissement d’enseignement désigné (EED) reconnu par les autorités canadiennes. Ensuite, le programme lui-même doit être admissible. La durée de la formation (900, 1 200 ou 1 800 heures) n’est pas un critère en soi pour l’obtention du PTPD. Il est donc possible d’obtenir un permis de travail post-diplôme après une formation de 900 heures, pourvu que l’établissement et le programme soient reconnus.

En revanche, pour entamer une démarche de résidence permanente via le PEQ, le Québec exige que la formation suive un minimum de 1 800 heures, complétée d’une expérience professionnelle dans le domaine étudié. Nombreux sont ceux qui pensent pouvoir combiner un DEP court avec un ASP afin d’atteindre cette exigence. Mais cette combinaison, aujourd’hui, peut mettre en péril le statut légal de l’étudiant si la formation de base ne respecte plus les critères du PTPD.

Autre élément préoccupant : le rôle de certaines agences d’orientation, notamment en Afrique francophone, qui inscrivent des étudiants dans des écoles sans vérifier l’admissibilité réelle des formations. L’étudiant découvre alors, une fois arrivé au Canada, qu’il n’a pas droit au permis post-diplôme, et se retrouve dans une impasse : il ne peut ni travailler légalement après ses études, ni accéder à l’immigration permanente, sauf à reprendre une nouvelle formation dans un domaine ou un établissement admissible.
Ces situations entraînent non seulement une grande détresse psychologique, mais aussi des pertes financières considérables. Plusieurs étudiants se retrouvent contraints d’accepter des emplois précaires, hors de leur domaine, ou de quitter le pays. D’autres tentent de recommencer à zéro, souvent sans accompagnement.
Face à ce constat, l’information reste la première arme. Les étudiants doivent impérativement vérifier que leur établissement figure sur la liste des EED, que le programme donne droit au PTPD, et que la formation choisie est cohérente avec un objectif éventuel de résidence permanente. Ils doivent aussi se méfier des raccourcis proposés par certaines agences, qui privilégient leurs commissions à l’intérêt réel de l’étudiant.
La réglementation canadienne évolue rapidement, et il est essentiel que les candidats à l’immigration étudiante comprennent les impacts de chaque réforme. Ce qui était valable en 2022 ne l’est plus forcément aujourd’hui. Dans ce contexte, mieux vaut prendre le temps de s’informer que de perdre des années à tenter de réparer une orientation mal planifiée.

Par Khady SAMB
Étudiante au Québec, doctorante en anthropologie médicale

Fermeture de médias : Madiambal Diagne soutient Aïssatou Diop Fall dans son recours contre l’État

La journaliste Aïssatou Diop Fall a récemment introduit un recours auprès de la Cour suprême pour contester la fermeture de ses médias Public TV, Public SN et Le Public. Une initiative saluée publiquement par Madiambal Diagne, directeur du groupe Avenir Communication, qui a exprimé son soutien à sa consœur à travers une publication sur le réseau social X (anciennement Twitter).

Dans son message, Madiambal Diagne salue le choix de la voie judiciaire : « J’encourage et soutiens ma consœur Aïssatou Diop Fall, qui a fait un recours en Justice contre la décision de l’État de fermer son média. En effet, dans un État de droit, le citoyen doit faire valoir tous les droits et mettre toutes les institutions devant leurs responsabilités », a-t-il écrit.

La décision ministérielle à l’origine de cette affaire, et qui a entraîné l’arrêt des activités des trois médias concernés, avait suscité de nombreuses réactions au sein de la presse et de la société civile, certaines dénonçant une atteinte à la liberté d’expression et au pluralisme médiatique.

Par ce recours, Aïssatou Diop Fall entend faire annuler la mesure qu’elle considère comme arbitraire. Son action relance le débat sur la régulation des médias au Sénégal, dans un contexte où les tensions entre certaines rédactions et les autorités restent vives.

L’issue de ce dossier sera suivie de près par les acteurs du secteur et les défenseurs des libertés, à un moment où les appels à une réforme du cadre légal régissant la presse se font de plus en plus entendre.

Aide Tabaski 2025 : ouverture officielle des dépôts de demandes à Dakar à partir du 6 mai

La Mairie de Dakar a annoncé l’ouverture officielle de la campagne de dépôt des demandes d’aide Tabaski pour l’édition 2025. L’opération débutera ce mardi 6 mai et s’étendra jusqu’au vendredi 9 mai. Elle concerne les ménages les plus vulnérables des différentes communes de la capitale, dans le cadre du soutien traditionnel offert à l’occasion de la fête de la Tabaski.

Les dépôts seront reçus de 09h00 à 15h00 dans plusieurs points répartis selon les communes. Les habitants des communes de Gorée, Médina, Dakar-Plateau, Hann Bel Air, Fann-Point E-Amitié et Gueule Tapée Fass-Colobane devront se rendre à l’Hôtel de Ville de Dakar, situé sur le Boulevard El Hadji Djily MBAYE.

Les populations résidant dans les communes des HLM, Biscuiterie, Ngor, Ouakam, Dieuppeul-Derklé-Castors et Parcelles Assainies sont, quant à elles, orientées vers le Building Communal situé à la rue 11 X 22, à proximité de la BCEAO.

Pour les habitants des communes de Yoff, Sicap Liberté, Mermoz Sacré-Cœur, Grand Yoff, Grand-Dakar, Patte d’Oie et Cambérène, les dépôts doivent se faire à la Direction de l’Aménagement Urbain (DAU), à côté du CESAG.

La Mairie précise également que les enquêtes sociales seront menées du lundi 12 au vendredi 16 mai, entre 9h et 17h, sur les mêmes lieux de dépôt. Cette phase vise à vérifier l’éligibilité des demandeurs avant la distribution effective des aides.

Pour être éligible, chaque postulant devra fournir une demande manuscrite adressée au Maire de Dakar, accompagnée d’une photocopie de sa carte nationale d’identité et d’un certificat de domicile.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté de la Ville de Dakar d’accompagner les ménages défavorisés pendant la période de la Tabaski, afin d’alléger le poids des dépenses liées à cette fête religieuse.

Distribution d’eau à Touba : l’OFOR rassure après les perturbations observées

Depuis quelques jours, plusieurs quartiers de la ville sainte de Touba sont confrontés à des perturbations dans la distribution d’eau. L’information a été rapportée ce lundi 5 mai 2025 par Radio Sénégal Internationale (RSI), provoquant une vague d’inquiétude chez de nombreux habitants.

Face à la situation, l’Office des forages ruraux (OFOR) a tenu à apporter des précisions et à rassurer les populations. Selon l’agence, les perturbations constatées ne relèvent pas d’une pénurie d’eau, mais sont dues à des travaux de remise en service sur certains forages actuellement à l’arrêt. « Il faut préciser qu’il n’y a pas de pénurie d’eau. La situation est que sur 42 forages, deux sont à l’arrêt. Nous avons noté des baisses de débit au niveau de certains forages, ce qui engendre des perturbations dans certaines zones », a expliqué Bamba Sarr, représentant local de l’OFOR à Touba.

L’arrêt temporaire de deux forages, combiné à une baisse du débit sur plusieurs autres installations, est à l’origine des difficultés observées dans l’alimentation de certains secteurs de la ville. Ces perturbations sont qualifiées de temporaires par l’OFOR, qui assure que les opérations de maintenance sont en cours pour rétablir un service normal dans les meilleurs délais.

La structure promet un retour progressif à la normale au fur et à mesure que les forages concernés seront remis en service. Elle invite en attendant les populations à faire preuve de patience et de responsabilité dans leur consommation d’eau.

Cette situation remet en lumière les enjeux liés à l’accès à l’eau dans une ville en forte croissance démographique, notamment en période de forte chaleur, et souligne la nécessité d’un renforcement durable des infrastructures hydrauliques dans les grandes agglomérations religieuses comme Touba.

Sangomar : une vente record de pétrole en avril, selon Birame Souleye Diop

Le champ pétrolier de Sangomar a connu une performance exceptionnelle durant le mois d’avril 2025, avec une vente record de 3,8 millions de barils de pétrole brut. Cette annonce a été faite par le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, lors d’un atelier d’information tenu à Somone, dans le département de Mbour. Cette rencontre, organisée en collaboration avec l’Association des Journalistes pour la Transparence dans les Ressources Extractives et la Préservation de l’Environnement (AJTREPE), entre dans le cadre de la nouvelle stratégie de communication adoptée par les autorités pour renforcer la transparence autour des projets pétroliers, gaziers et miniers.

Cette vente record, réalisée à travers le chargement de quatre cargaisons durant le mois d’avril, confirme la bonne dynamique du projet Sangomar, développé en offshore profond. La production du champ est opérée par Woodside Energy en partenariat avec la société nationale PETROSEN. Selon les projections du ministère, la production annuelle attendue est estimée à 30,53 millions de barils pour l’année 2025. Le mois d’avril marque donc un tournant dans la courbe de rendement, avec un volume mensuel qui représente déjà plus de 12 % des objectifs annuels.

Parallèlement, le ministre a annoncé que le Sénégal avait franchi une étape historique sur le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), développé conjointement avec la Mauritanie. Le 15 avril 2025, la première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) a été entièrement chargée avec un volume total de 163 259 mètres cubes, soit l’équivalent de 3,71 millions de MMBtu. Ce moment marque l’entrée officielle du Sénégal dans le cercle des pays exportateurs de GNL. Les opérations de mise en service des infrastructures se poursuivent, avec pour objectif une montée en puissance progressive de la production dans les mois à venir.

Au-delà des chiffres, cette séquence confirme le changement d’échelle que connaît actuellement le secteur énergétique sénégalais. Le ministre a souligné que ces résultats traduisent les effets concrets des réformes structurelles menées depuis plusieurs années et du choix stratégique d’investir dans l’exploitation raisonnée des ressources naturelles du pays. Il a par ailleurs réaffirmé la volonté du gouvernement d’associer les médias à chaque étape de la mise en œuvre des projets extractifs afin de favoriser un climat d’information, de transparence et de responsabilité dans la gouvernance des ressources nationales.

Réforme des daaras : l’État sénégalais lance un recensement national en juin pour protéger les talibés

Le gouvernement sénégalais s’apprête à franchir un pas décisif dans sa politique de réforme des daaras, ces écoles coraniques traditionnelles, en lançant un recensement national dès le mois de juin 2025. Objectif : mieux encadrer les enfants talibés, éradiquer la mendicité forcée, et soutenir les structures éducatives conformes aux normes.

L’annonce a été faite par Maïmouna Dièye, ministre de la Famille et des Solidarités, lors du Gamou de Ndiawagn Ndiaye (département de Kébémer). Elle a réaffirmé la volonté politique forte du gouvernement de moderniser le système des daaras, tout en assurant une meilleure protection aux milliers d’enfants talibés répartis à travers le pays.

« Sur instruction du président de la République, le Premier ministre prendra des mesures sévères concernant la mendicité et la gestion des daaras », a déclaré la ministre, visiblement déterminée.

Le recensement, qui débutera en juin, permettra d’identifier les daaras fonctionnant dans les règles et d’évaluer les besoins pour leur accompagnement. Il s’agit aussi de distinguer les véritables foyers d’enseignement religieux des structures informelles souvent impliquées dans l’exploitation des enfants à des fins lucratives.

Maïmouna Dièye n’a pas mâché ses mots à ce sujet :

« Certains encouragent la mendicité à travers des transferts d’argent. Ils ne sont pas sérieux, et nous allons y mettre un terme. »

Elle a également dénoncé l’indifférence face à la détresse des enfants talibés, affirmant que le gouvernement fera tout pour qu’ils bénéficient de conditions similaires à celles des élèves des écoles classiques.

Ce recensement s’inscrit dans un programme plus large de modernisation des daaras, qui inclut l’autonomisation des serignes daaras, la formation des enseignants, l’amélioration des conditions de vie et la réinsertion des enfants livrés à eux-mêmes.

Cette initiative gouvernementale, si elle est bien mise en œuvre, pourrait changer le quotidien de milliers de talibés, longtemps laissés en marge du système éducatif formel et souvent exposés aux abus.

En s’attaquant aux dérives tout en valorisant les daaras exemplaires, l’État sénégalais espère trouver un équilibre entre tradition et protection de l’enfance, dans le respect des valeurs religieuses et des droits fondamentaux.

Hydrocarbures : le Sénégal franchit un cap stratégique avec l’exportation de 3,8 millions de barils et sa première cargaison de GNL

Le mois d’avril 2025 restera gravé comme une étape majeure dans l’histoire énergétique du Sénégal. Dans un rapport publié ce lundi 5 mai, le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines détaille les performances impressionnantes des projets pétroliers et gaziers de Sangomar, GTA (Grand Tortue Ahmeyim) et Gadiaga. À la clé : des records de production et la première exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), symbole d’un nouveau statut sur la scène énergétique internationale.

Le champ pétrolier de Sangomar, opéré par Woodside Energy, poursuit son ascension. Au mois d’avril, quatre cargaisons – identifiées comme SAN027, SAN028, SAN029 et SAN030 – ont été expédiées, totalisant 3,8 millions de barils de pétrole brut. Cette performance confirme la stabilité de la production, avec des prévisions annuelles qui se maintiennent à 30,53 millions de barils pour l’année 2025.

L’exploitation de Sangomar, située en offshore profond, constitue un pilier central de la stratégie pétrolière du pays. Elle offre désormais une visibilité claire sur la capacité du Sénégal à générer des revenus significatifs à partir de ses ressources pétrolières.

Autre fait marquant du mois : l’exportation historique de la première cargaison de gaz naturel liquéfié issue du projet GTA. Le 15 avril 2025, le navire transportant la cargaison GTA_2025_001 a quitté les installations avec 163 259 m³ de GNL, soit 3,71 millions de MMBtu.

Cette opération, fruit d’un partenariat avec la Mauritanie, positionne officiellement les deux pays sur le marché mondial du gaz liquéfié. Elle marque aussi le début de la phase commerciale du projet GTA, après plusieurs années de développement technique et financier. Les opérations de mise en service des infrastructures se poursuivent, avec pour objectif une montée en puissance progressive dans les mois à venir.

Moins visible mais tout aussi stratégique, le champ de Gadiaga continue de fournir du gaz naturel pour l’alimentation du marché local. Au premier trimestre 2025, 548 078 Nm³ de gaz ont été commercialisés. Pour le seul mois d’avril, la production est estimée à 219 809 Nm³, traduisant une activité soutenue malgré la montée en puissance des grands projets offshore.

Entre records de production, diversification des ressources et premières exportations gazières, le mois d’avril 2025 consacre une dynamique de transformation profonde du secteur énergétique sénégalais. À travers ces résultats, le pays consolide son ambition de devenir un acteur régional de référence, tout en posant les jalons d’un développement économique fondé sur l’exploitation durable de ses ressources naturelles.

Secteur extractif : une manne de 236 milliards FCFA pour l’État au premier semestre 2024

Le secteur extractif sénégalais confirme son rôle moteur dans l’économie nationale. Selon le dernier rapport semestriel publié par l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), ce lundi 5 mai 2025, les revenus générés par les activités minières et pétrolières ont atteint 236,59 milliards FCFA au premier semestre de l’année 2024. Un chiffre en forte progression qui représente déjà 64 % des recettes totales du secteur pour l’année 2023.

Sur ce montant, 225,49 milliards FCFA ont été directement affectés au budget de l’État, traduisant une efficience renforcée dans la captation des ressources issues du sous-sol. Le reste des recettes a été réparti entre divers acteurs et mécanismes, notamment la société nationale PETROSEN, les structures collectrices, les institutions régionales comme l’UEMOA et la CEDEAO, ainsi que les fonds sociaux et environnementaux.

La contribution du secteur des hydrocarbures s’est nettement améliorée : 45,79 milliards FCFA de revenus ont été collectés sur cette filière, contre 30,65 milliards FCFA sur l’ensemble de l’année 2023. Cette progression spectaculaire s’explique en grande partie par les paiements exceptionnels de la société Woodside Energy Senegal, dont :

  • 3 milliards FCFA liés à un règlement douanier suite à un audit couvrant la période 2016–2021 ;
  • 21,75 milliards FCFA au titre de droits de douane sur des opérations d’importation.

Le secteur minier, traditionnellement dominant, maintient sa dynamique avec des revenus du premier semestre représentant 56,36 % du total de l’exercice 2023. L’exploitation de l’or, du zircon, du phosphate ou encore du calcaire continue d’alimenter significativement les caisses de l’État.

Globalement, 95,31 % des revenus tirés du secteur extractif durant ce semestre ont été affectés au budget national, ce qui équivaut à 65,14 % des ressources budgétisées en 2023 à partir de ce secteur. Cela confirme non seulement l’amélioration du rendement fiscal, mais aussi l’importance croissante des ressources naturelles dans le financement des politiques publiques.

Avec l’entrée en production attendue de projets majeurs comme le champ pétrolier de Sangomar ou le terminal gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), les perspectives pour la deuxième moitié de 2024 et les années à venir sont prometteuses. Le Sénégal semble bien engagé sur la voie de la transformation économique tirée par ses ressources naturelles, à condition de maintenir un cadre rigoureux, transparent et équitable.

Dialogue politique : TAS oppose son veto

La République des Valeurs/Réewum Ngor rappelle que le Président de la République, en tant que candidat, a signé le Pacte de bonne gouvernance démocratique issu des Assises nationales. Ce pacte, auquel plusieurs candidats à la présidentielle de 2024 avaient souscrit, constitue un cadre légitime pour refonder nos institutions sur les principes de transparence, d’équité et de démocratie.

La mise en œuvre de ce pacte constituerait une expression claire et concrète d’une volonté de rupture. Elle permettrait d’économiser le temps et l’énergie jusque-là consacrés à la communication autour de slogans et de vœux pieux.

En effet, le Pacte de bonne gouvernance démocratique, fondé sur les recommandations de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI), appelle à une justice indépendante, un renforcement du rôle de l’opposition, la fin de l’hyperprésidentialisme, des élections équitables et une gouvernance responsable.

Or, les pratiques actuelles du pouvoir contredisent ces engagements : parjure du Président de la République, décisions opaques, atteintes aux libertés d’expression et de presse, magouilles à l’Assemblée nationale, contre-vérités flagrantes, menaces et injures du Premier ministre face aux voix discordantes, multiples reniements.

Dans ce contexte, la République des Valeurs/Réewum Ngor estime que les conditions d’un dialogue véritable ne sont pas réunies. Elle n’y participera pas. Le processus annoncé pour le 28 mai 2025 ressemble davantage à une opération de communication politique, dont les conclusions semblent déjà écrites par le régime qu’à une véritable concertation nationale.

La République des Valeurs/Réewum Ngor reste disponible pour toute initiative sincère axée sur les véritables priorités nationales : économie, équité, éducation, santé, mise en œuvre du Pacte de bonne gouvernance démocratique. Mais elle refuse de cautionner un simulacre de dialogue.

La République des Valeurs/Réewum Ngor réaffirme son engagement pour une démocratie authentique, des institutions réformées et un Sénégal tourné vers le progrès.

République des Valeurs/Réewum Ngor

MARCHE FINANCIER RÉGIONAL : LE SÉNÉGAL LÈVE 193 MILLIARDS FCFA

Le 2 mai 2025, le Trésor public sénégalais a brillamment levé 193,002 milliards FCFA sur le marché financier de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), dépassant son objectif initial de 180 milliards FCFA. Cette opération, orchestrée par UMOA-Titres, a combiné des Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours et des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 3 et 5 ans, avec des rendements respectifs de 7,22 %, 7,49 % et 7,14 %.

La confiance des investisseurs, principalement locaux, est manifeste : 97,15 % des souscriptions proviennent du Sénégal, avec une participation notable du Burkina Faso. Depuis janvier, le Sénégal a mobilisé 653 milliards FCFA sur le marché régional, représentant 10,07 % des émissions publiques de l’UMOA, tout en remboursant 337 milliards FCFA de capital.

Cette performance illustre la solidité de la signature souveraine sénégalaise et la stratégie rigoureuse de gestion de la dette publique du pays. En diversifiant ses instruments de financement et en maintenant une discipline budgétaire, le Sénégal renforce sa position de leader sur le marché financier régional.

Affaire Ben Salman: LA COUR SUPRÊME VA TRANCHER LE 15 M

Bien que la Chambre d’accusation ait accordé la liberté provisoire à Abo Mbacké, le parquet général a fait pourvoi. La Cour suprême rendra sa décision le 15 mai, selon Les Échos.

L’homme d’affaires avait remboursé les 100 millions FCFA à Mame Diarra Tall, qui l’accuse de l’avoir escroquée en se faisant passer pour un proche du Premier ministre Sonko.

Il est aussi visé par une plainte de Pierre Goudiaby Atépa, à qui il aurait fait croire qu’il agissait pour le prince héritier saoudien. Des documents compromettants ont été retrouvés chez lui.

LA COUR SUPRÊME VALIDE LE RECOURS D’AÏSSATOU DIOP FALL CONTRE L’ARRÊTÉ MINISTÉRIEL

La Cour suprême du Sénégal a jugé recevable le recours déposé par la journaliste Aïssatou Diop Fall contre l’arrêté du ministre de la Communication ordonnant la cessation des activités de ses organes de presse, a annoncé ce lundi la RFM.

Le recours, introduit le 28 avril, a été déposé dans les délais légaux et conforme aux exigences de forme prévues par l’article 33 de la loi organique sur la Cour suprême. Aïssatou Diop Fall conteste l’arrêté pour excès de pouvoir, estimant que seul un organe indépendant tel que le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) est compétent en matière de suspension de médias.

Dans sa requête, elle invoque également la violation de ses droits constitutionnels, notamment la liberté d’entreprendre et la liberté de créer un média sans autorisation préalable, garanties par l’article 11 de la Constitution sénégalaise.

La décision de recevabilité ouvre désormais la voie à un examen sur le fond du litige.

Affaire Aïssatou Diop Fall : bras de fer juridique autour de la liberté de la presse au Sénégal

La journaliste sénégalaise Aïssatou Diop Fall se retrouve au cœur d’une vive polémique après avoir reçu, le 25 avril 2025, un arrêté du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique lui enjoignant de suspendre toutes les activités de ses médias. Sont visés : la chaîne YouTube Public Sn TV, le quotidien Le Public et le site Public.sn.

Face à cette décision qu’elle qualifie d’abusive et d’illégale, Aïssatou Diop Fall a décidé de contre-attaquer sur le terrain judiciaire. Son avocat, Me Abdou Dialy Kane, a introduit un recours pour excès de pouvoir devant la Cour suprême du Sénégal, en invoquant l’article 178 du Code de la presse.

Le recours a été jugé recevable par la haute juridiction, conformément à l’article 74-1 de la loi organique n°2017-09 relative à la Cour suprême, modifiée par la loi n°2022-16. Il respecte également les exigences de forme fixées par l’article 33 de la même loi.

Dans un communiqué transmis à la presse, Me Kane affirme que le ministre a outrepassé ses compétences en imposant une procédure de validation des organes de presse via une plateforme numérique, sans aucune base légale claire. Selon lui, cette démarche constitue une « tentative manifeste de museler la presse indépendante », et il annonce que sa cliente compte faire valoir ses droits par tous les moyens de droit.

Cette affaire intervient dans un contexte où les rapports entre le pouvoir exécutif et les médias sont de plus en plus tendus. Plusieurs acteurs du secteur dénoncent une volonté grandissante de contrôle politique sur les organes de presse, en particulier ceux perçus comme critiques vis-à-vis des autorités.

L’affaire relance ainsi le débat sur les conditions d’exercice du journalisme au Sénégal, la régulation des médias et les limites du pouvoir exécutif en matière de communication. Elle pose également la question du rôle et de l’indépendance des instances de régulation, à l’heure où le numérique bouleverse les équilibres traditionnels du secteur.

En attendant la décision de la Cour suprême, l’opinion publique reste divisée. Tandis que certains saluent une tentative de mettre de l’ordre dans un paysage médiatique jugé parfois anarchique, d’autres voient dans cette affaire un dangereux précédent pour la liberté de la presse.

Abo Mbacké reste en détention : la Cour suprême se prononcera le 15 mai

Abo Mbacké ne retrouvera pas sa liberté tout de suite. Malgré une décision de la Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) qui lui avait accordé la liberté provisoire, le parquet général s’y est opposé en introduisant un pourvoi devant la Cour suprême. Celle-ci se prononcera le 15 mai prochain, selon le journal Les Échos dans son édition du lundi 5 mai.

La Chambre d’accusation avait pourtant jugé inutile le maintien en détention de l’homme d’affaires. Pour motiver sa décision, elle s’était appuyée sur le remboursement des 100 millions de francs CFA qu’Abo Mbacké devait à la plaignante, Mame Diarra Tall. Cette dernière avait remis ladite somme à l’accusé, espérant profiter d’un accès privilégié à des bons du Trésor. L’homme lui aurait fait croire qu’il était proche du Premier ministre Ousmane Sonko, et donc en mesure de l’aider. Une promesse mensongère, qui a conduit à une plainte pour escroquerie.

Mais ce n’est pas la seule accusation qui pèse sur Abo Mbacké. Il est également poursuivi par l’architecte Pierre Goudiaby Atépa. Selon les faits rapportés, l’homme d’affaires se serait présenté comme conseiller du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane. Il aurait ainsi convaincu Atépa de concevoir gratuitement une maquette de villa destinée au prince, qui ne serait finalement jamais concerné par le projet.

Abo Mbacké nie les faits, notamment s’être fait passer pour un proche du prince saoudien. Pourtant, une perquisition menée à son domicile par la Division des investigations criminelles (DIC) aurait mis au jour des éléments compromettants, notamment des documents établissant un lien avec Mohammed Ben Salmane.

La Cour suprême aura donc à trancher dans un dossier où les accusations d’escroquerie s’enchaînent, tandis que la défense d’Abo Mbacké semble de plus en plus fragilisée. Verdict le 15 mai.

Le gouvernement annonce l’inscription d’une rubrique sur les questions religieuses dans le budget 2026

Médina Gounass, 4 mai 2025 – En marge de la cérémonie officielle du Daaka 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a transmis le message du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au Khalife général de Médina Gounass, Thierno Amadou Tidiane Ba. Le chef de l’État y réaffirme son attachement indéfectible à la cité religieuse et annonce des mesures fortes en faveur de la prise en charge des questions religieuses dans le pays.

Présidant la cérémonie au nom du président, Ousmane Sonko a salué la réussite de cette édition 2025 du Daaka, une retraite spirituelle consacrée à la prière et au récital du Coran, qui rassemble chaque année des milliers de fidèles à Médina Gounass, dans le département de Vélingara (région de Kolda). « Le gouvernement du Sénégal n’a ménagé aucun effort pour assurer la réussite de cet important événement religieux annuel », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a souligné que le président Faye, soucieux du bon déroulement du Daaka, avait donné des instructions claires en Conseil des ministres afin que toutes les dispositions nécessaires soient prises. « L’État a fait ce qu’il devait faire. Tout ne peut pas être parfait, mais nous avons connu des éditions bien moins organisées que celle-ci », a reconnu M. Sonko.

Au-delà de l’organisation ponctuelle du Daaka, le Premier ministre a annoncé une nouvelle orientation stratégique : « Le président de la République m’a chargé de préciser que son ambition est de faire chaque année plus que ce qui a été fait l’année précédente. » Dans cette dynamique, une innovation majeure a été révélée : une rubrique spécifique sera inscrite dans le budget de l’État en 2026 pour traiter des questions religieuses.

Cette mesure traduit, selon M. Sonko, une volonté politique forte de soutenir durablement les foyers religieux, notamment Médina Gounass. « Il m’a également demandé de rassurer le Khalife que l’État du Sénégal, sous son magistère, ne ménagera aucun effort pour satisfaire tous les besoins liés au Daaka, afin de faciliter le séjour des fidèles et leur permettre d’accomplir leurs prières en toute sécurité et dans la plus grande quiétude. »

Le Mouvement Y en a Marre à l’écoute des travailleurs licenciés : pour un dialogue franc et responsable

Le Mouvement Y en a Marre a récemment reçu une délégation du Collectif des travailleurs licenciés de plusieurs institutions publiques : la Caisse de Dépôt et de Consignation, le Grand Théâtre, le Port Autonome de Dakar, Dakar Dem Dikk et le FONGIP. Cette rencontre s’inscrit dans la tradition d’engagement du mouvement en faveur des droits sociaux et de la justice pour les citoyens.

Au cours de cette entrevue, les membres du collectif ont présenté en détail les circonstances entourant leur licenciement et exprimé leurs attentes. Ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme des décisions arbitraires, souvent sans justification claire, affectant leur dignité et leur stabilité économique.

Conformément à son approche de médiation et de plaidoyer, Y en a Marre a officiellement saisi, par courriel, les directeurs généraux des institutions concernées. L’objectif : s’enquérir de la situation, recueillir les différentes versions des faits et contribuer à une issue juste et pacifique, dans l’intérêt de la stabilité sociale du pays.

Dans sa démarche, le Mouvement réaffirme son engagement pour un dialogue franc, responsable et respectueux des droits fondamentaux et des institutions de la République. Fidèle à sa mission citoyenne, Y en a Marre appelle à des solutions concertées, équitables et durables pour ces travailleurs dont le sort préoccupe de plus en plus l’opinion publique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°456 – 05/05/2025

🔴 UEMOA / ADJUDICATION CIBLÉE DE BONS ASSIMILABLES DU TRÉSOR : LE SÉNÉGAL CONTRAINT D’EMPRUNTER À PLUS DE 6%
🔴 PRIX DE L’« OPÉRATION DE L’ANNÉE » AUX BRVM AWARDS 2025 : LE SÉNÉGAL, AS DES MARCHÉS

🔴 BAL / CONFÉRENCE SAHARA : CLAP DE FIN POUR L’ASCVD
🔴 22e JOURNÉE DE LA LIGUE 1 : UN DIMANCHE À ZÉRO POINTÉ

Kaolack – Campagne agricole : Dette des paysans auprès des banques, l’État appelé à la rescousse

Réunis en assemblée générale ce dimanche 5 mai à Kaolack, les membres de la Société des Coopératives Agricoles pour la Souveraineté Alimentaire du Sénégal (SCASAS) ont porté un plaidoyer en faveur du monde rural.

Selon Amath Diakhaté Niass, les rendements n’ont pas été au rendez-vous lors du dernier hivernage, ce qui a engendré un manque à gagner considérable pour les paysans. « Même s’il y a une subvention des semences ou de l’engrais, sans crédit bancaire, les paysans auront des difficultés à mener une bonne campagne agricole. Beaucoup d’entre eux n’ont pas encore épongé leurs dettes de l’année passée, c’est pourquoi nous appelons l’État à mettre la main à la pâte pour régler ces sommes », a plaidé M. Niass.

Subvention ADEPME : Le CDEPS dénonce une tentative de récupération politique et clarifie le processus

Dans un communiqué rendu public ce week-end, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a pris la parole pour clarifier les conditions d’octroi de la subvention de l’ADEPME à douze entreprises de presse. Le CDEPS a également dénoncé une tentative de récupération politique qu’il juge « malveillante » concernant cette initiative.

Le samedi 3 mai, lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) a annoncé un soutien financier pour une douzaine de médias, dans le cadre du Programme d’Appui à l’Accélération Industrielle, à la Compétitivité et à l’Emploi (PAAICE), financé par la Banque africaine de développement (BAD) depuis 2021.

Selon le CDEPS, ce soutien représente un « véritable souffle de relance » pour les entreprises de presse en difficulté, qui font face à une situation financière de plus en plus précaire depuis près d’un an. Le processus, qui a débuté en octobre 2024, a permis la rencontre entre éditeurs de presse, l’équipe projet de l’ADEPME et les cabinets Ibrahima Touré (ITO) et Alioune Touré (ATO) pour élaborer un plan de restructuration. Ce plan comprend des mesures telles que la protection juridique, la relance économique, la digitalisation et la mobilisation de financements.

Le financement couvre 75 % de la subvention dans le cadre du portefeuille « Fonds à frais partagés », sous réserve que chaque entreprise mobilise une quote-part de 25 %, conformément à la convention signée. Le CDEPS précise que, à ce jour, aucun fonds n’a encore été versé, car les conditions de décaissement n’ont pas encore été remplies.

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal s’insurge contre ce qu’il considère comme une tentative de récupération politique de cette initiative par le ministère de la Communication. Le CDEPS affirme que le ministère dirigé par M. Alioune Sall n’a joué aucun rôle dans le processus et dénonce le manque d’accompagnement institutionnel de sa part, notamment concernant la gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Le CDEPS accuse le ministre d’avoir délibérément retardé la distribution des fonds du FADP en 2024, entraînant un reversement des budgets non utilisés au Trésor. Toutefois, il indique que ces fonds restent récupérables via une loi de finances rectificative.

Le communiqué critique également une réforme en cours du décret régissant le FADP, jugée précipitée et unilatérale, sans concertation avec les professionnels du secteur. Le CDEPS déplore également la paralysie du CORED (organe d’autorégulation) et l’inaction de la Commission de la Carte nationale de Presse, qui n’a délivré aucun titre professionnel depuis plus d’un an.

En réponse à la situation, le CDEPS a déposé un recours en référé auprès de la Cour suprême le 2 mai 2025, demandant la suspension des assignations de « cessation immédiate de parution ou de diffusion » adressées à certaines entreprises de presse. Une procédure au fond est également en cours pour contester l’arrêté du ministre de la Communication à l’origine de ces assignations.

Énergie : West African Energy injecte 127 MW dans le réseau de Senelec

West African Energy (WAE) a franchi une étape décisive dans la mise en service de sa centrale thermique à cycle combiné de 366 mégawatts (MW) à Rufisque, en annonçant l’injection effective de 127 MW dans le réseau national de la Senelec. Cette avancée fait suite à la réussite des tests de performance de la turbine GT11.

Ce jalon technique, salué comme un succès, illustre non seulement la qualité de l’ingénierie mise en œuvre, mais aussi l’efficacité de la coordination institutionnelle et opérationnelle autour du projet. Il marque le début de l’exploitation progressive de cette infrastructure stratégique, appelée à renforcer durablement la capacité énergétique du Sénégal.

Porté par une vision ambitieuse de souveraineté énergétique, ce projet est le fruit d’un engagement fort de M. Samuel A. Sarr, président de West African Energy, qui a su fédérer les expertises et les ressources autour d’un objectif central : assurer un approvisionnement fiable, durable et compétitif en électricité pour le pays.

À terme, les 366 MW attendus permettront non seulement de stabiliser le réseau électrique national, mais aussi d’améliorer la qualité du service public d’électricité. La centrale contribuera également à soutenir les politiques industrielles et économiques du Sénégal, en offrant aux entreprises un cadre énergétique plus prévisible et performant.

West African Energy a exprimé sa reconnaissance à la direction générale de la Senelec, au gouvernement sénégalais, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires techniques, financiers et institutionnels ayant contribué à la concrétisation du projet. Parmi eux, l’Africa Finance Corporation (mandataire principal), Coris Bank International, Afreximbank, General Electric (GE), Çalik Enerji, Sakina Génie civil, Afry Ingénierie Conseil, E.E.S Environnement, Bureau Veritas, Fasken, Global Infrastructures Advisor et Tractebel.

West African Energy est une entreprise sénégalaise de référence dans le développement, la construction et l’exploitation de centrales électriques de grande capacité. Engagée pour la transformation énergétique du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, la société place la souveraineté, la performance et la durabilité au cœur de sa stratégie.

BRVM Awards 2025 : Le Sénégal sacré à Cotonou pour son opération obligataire de l’année

Le mercredi 30 avril à Cotonou, la sixième édition des BRVM Awards a une nouvelle fois célébré les acteurs majeurs du marché financier régional. L’État du Sénégal s’est illustré en remportant le prix de l’« Opération de l’année – Obligation », une distinction qui vient couronner l’émission obligataire « État du Sénégal 6,25% 2024-2029 ».

Ce succès n’est pas le fruit du hasard. Il incarne la stratégie résolument tournée vers les marchés régionaux adoptée par les autorités sénégalaises. Il traduit également le rôle central joué par Invictus Capital & Finance (ICF), la Société de Gestion et d’Intermédiation (SGI) qui a piloté la structuration et la mobilisation des ressources.

L’émission primée constitue l’une des trois tranches d’un vaste programme obligataire à travers lequel l’État sénégalais a levé plus de 265 milliards FCFA. Aux côtés de l’émission couronnée, on retrouve deux autres lignes : « État du Sénégal 6,45% 2024-2031 » et « État du Sénégal 6,65% 2024-2034 ». Ces titres, à taux d’intérêt fixes compris entre 6,25 % et 6,65 %, et à maturité allant de 5 à 10 ans, visaient à financer des investissements stratégiques prévus dans le budget 2024. L’enthousiasme qu’elles ont suscité auprès des investisseurs démontre une confiance forte et renouvelée envers la signature sénégalaise.

C’est la deuxième année consécutive que le Sénégal reçoit ce prix, avec Invictus Capital & Finance une nouvelle fois à la manœuvre. En tant qu’arrangeur et chef de file, ICF a su structurer des opérations sur mesure, dans un environnement marqué par un durcissement des conditions monétaires et une concurrence accrue pour l’accès aux capitaux.

L’année 2025 marque d’ailleurs un tournant pour ICF. Le 27 mars, la société a structuré un emprunt obligataire public de 150 milliards FCFA pour le compte de l’État du Sénégal. Résultat : une mobilisation exceptionnelle de 416 milliards FCFA, un record sur la place financière de l’UEMOA.

Cette performance s’inscrit dans une trajectoire ascendante pour ICF. Créée en 2019, la SGI s’était déjà distinguée en 2023 à travers deux émissions majeures : la première, d’un montant initial de 120 milliards FCFA, avait été clôturée sur une levée de 204,86 milliards grâce à une sursouscription. La seconde avait atteint 138,27 milliards FCFA.

En l’espace de cinq années seulement, Invictus Capital & Finance est devenue la deuxième SGI du Sénégal en volume de transactions, et la sixième au niveau régional. Cette ascension rapide repose sur une stratégie offensive, conjuguée à une expertise technique solide en matière de structuration d’instruments de dette publique.

Pour les dirigeants d’ICF, cette distinction n’est qu’un jalon. L’entreprise ambitionne d’aller plus loin, en proposant des opérations toujours plus innovantes, impactantes et socialement responsables. La reconnaissance obtenue à Cotonou vient ainsi récompenser toute une chaîne de confiance, d’expertise et de performance, et renforce le positionnement du Sénégal comme un acteur de premier plan sur les marchés financiers africains.

Sénégal : Le Trésor Public encaisse plus de 193 milliards FCFA sur le marché financier de l’UEMOA

Le Trésor Public du Sénégal a réussi une opération de mobilisation de ressources d’envergure sur le marché financier régional de l’UEMOA. Mise en adjudication pour un montant initial de 180 milliards de FCFA, l’émission a suscité un engouement notable des investisseurs, totalisant 193,002 milliards de FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 107,22 %.

Face à cet engouement, les autorités sénégalaises ont décidé de retenir l’intégralité des soumissions reçues, portant ainsi le taux d’absorption à 100 %. Une décision qui témoigne de la confiance des investisseurs dans la signature souveraine du Sénégal et de la solidité de ses perspectives financières à moyen et long terme.

Les souscripteurs de cette émission bénéficieront d’un rendement moyen pondéré de 7,22 % pour les bons du Trésor, de 7,49 % pour les obligations à trois ans, et de 7,14 % pour celles à cinq ans. Les intérêts liés aux bons seront précomptés à l’avance sur la valeur nominale et le remboursement interviendra le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 3 mai 2026.

Concernant les obligations, les échéances sont prévues au 17 mars 2028 pour celles à trois ans, et au 5 mai 2030 pour celles à cinq ans. Les détenteurs de ces titres percevront des intérêts annuels, à hauteur de 6,30 % pour les obligations de trois ans et 6,45 % pour celles de cinq ans, avec un premier paiement prévu à la fin de la première année.

Cette levée de fonds vient renforcer les capacités de l’État à faire face à ses engagements budgétaires tout en maintenant le cap des investissements publics dans un contexte économique marqué par la relance post-Covid et les besoins croissants en infrastructures.

Pacte de stabilité sociale : la FGTS/B dénonce une trahison et exprime son soutien aux travailleurs licenciés

La Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal (FGTS/B) est montée au créneau ce dimanche 4 mai 2025 pour dénoncer vigoureusement la reconduction du Pacte de stabilité économique et sociale. Dans un communiqué transmis à la presse, la centrale syndicale fustige ce qu’elle qualifie de « trahison syndicale », tout en réaffirmant son « soutien indéfectible » aux travailleuses et travailleurs récemment licenciés, notamment ceux de la RTS.

Selon la FGTS/B, la signature de ce pacte, censé consolider la paix sociale et favoriser un climat propice aux investissements, a été opérée sans consultation des syndicats de branche ni résolution des passifs liés aux conflits sociaux en cours. La Fédération s’indigne que certaines centrales aient signé un tel accord alors même que plusieurs travailleurs licenciés, dans différents secteurs, attendent toujours leur réintégration ou une compensation équitable.

« Nous assistons à une manœuvre qui sacrifie les intérêts des travailleurs sur l’autel d’un consensus de façade », peut-on lire dans le document. Pour la FGTS/B, cette signature hâtive, sans conditions claires, fragilise la lutte syndicale et ignore les revendications de base, comme la sécurité de l’emploi et la dignité au travail.

Le communiqué déplore également la gravité de la situation de l’emploi salarié au Sénégal, décrivant un marché du travail fragilisé, où les licenciements se multiplient sans véritable plan de sauvegarde sociale. La FGTS/B estime qu’il est « inacceptable » de prôner la stabilité sociale tout en « excluant de la table des négociations ceux qui représentent les réalités des secteurs en crise ».

Dans une note plus personnelle, la Fédération exprime sa solidarité envers les familles touchées, notamment celles des anciens agents de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), dont elle dit partager la « douleur, l’angoisse et le sentiment d’abandon ». Elle demande une reprise urgente du dialogue autour des dossiers de licenciement en instance, et appelle à des solutions concrètes en matière de réintégration ou de soutien aux travailleurs impactés.

Enfin, la FGTS/B conclut en réaffirmant son attachement à la « troisième voie » : un syndicalisme fondé sur les principes de justice sociale, d’indépendance et de défense effective des droits des travailleurs, loin des compromis « politiciens » ou « protocolaires ».

Média : LEJECOS saisit la Cour suprême pour contester un arrêté du ministère de la Communication

Le Journal de l’Économie Sénégalaise (LEJECOS) a saisi la Cour suprême du Sénégal pour demander l’annulation et la suspension de l’arrêté ministériel n°011059/MCTN du 22 avril 2025, signé par le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. Cet arrêté s’inscrit dans le prolongement de celui du 29 juillet 2024, qui a instauré une plateforme numérique dédiée à l’identification des entreprises de presse. LEJECOS estime que ce texte administratif porte atteinte à ses droits fondamentaux, notamment la liberté de la presse et la liberté d’entreprise.

Dans sa requête, déposée le 30 avril 2025 et enregistrée sous le numéro J/209/RG/25, le journal invoque l’article 85 de la loi organique n°2017-09 du 17 janvier 2017 relative à la Cour suprême, qui permet au juge des référés de prendre toute mesure urgente pour préserver une liberté fondamentale menacée. Le journal considère que l’arrêté ministériel impose des conditions excessives qui risquent d’exclure ou de marginaliser des organes de presse légalement constitués et régulièrement déclarés auprès des autorités compétentes.

Assisté de ses avocats, Mes El Hadji Amadou Sall, Mamadou Djiby Diallo et Cheikh Faye, LEJECOS a joint à son recours plusieurs pièces justificatives pour attester de sa régularité. Il s’agit notamment de son contrat de prestation avec la Direction générale des impôts et domaines (DGID), de son numéro d’identification nationale (NINEA), de son registre de commerce (RCCM), de sa patente, d’un bordereau de dépôt de pièces, ainsi que d’une copie du procès-verbal de notification du 25 avril 2025.

Les conseils de LEJECOS soutiennent que l’arrêté viole les principes de sécurité juridique, de transparence administrative et d’égalité devant la loi. Ils estiment que la plateforme numérique, telle qu’imposée par le ministère, pourrait conduire à une discrimination déguisée entre entreprises de presse. En déposant ce recours, LEJECOS ne rejette pas le principe de régulation, mais entend dénoncer les modalités d’application jugées arbitraires et inadaptées à la réalité du secteur.

Conformément à la procédure d’urgence prévue par la loi, les avocats du journal ont demandé au juge des référés de statuer dans un délai de 48 heures. En attendant la décision, ils n’excluent pas d’engager d’autres actions pour la défense des intérêts du journal et, au-delà, pour le respect des principes de liberté de la presse au Sénégal.

Accident tragique de Vélingara : « C’est l’irresponsabilité qui est encore une fois pointée », déplore le ministre de l’Éducation nationale

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a vivement réagi à l’accident tragique survenu à Vélingara, qui a coûté la vie à deux personnes et fait une trentaine de blessés. Depuis Saint-Louis, où il participait à la conférence nationale du RESACLAP (Réseau des Structures d’Appui aux Collectivités Locales pour l’Appui à la Planification), le ministre a exprimé sa consternation et pointé du doigt les responsabilités.

« C’est l’irresponsabilité qui est encore une fois pointée », a-t-il lancé, dénonçant des comportements humains qu’il juge à l’origine de la tragédie. « Et c’est malheureux que nous continuions de voir ce type de comportement », a-t-il ajouté, manifestement affecté par le drame.

Moustapha Mamba Guirassy a insisté sur la nécessité d’un sursaut collectif face à ce qu’il qualifie de « négligence extraordinaire », qui engendre des pertes humaines inacceptables. Pour lui, ces accidents auraient pu être évités si les règles de sécurité avaient été strictement respectées.

Dans un message de compassion, le ministre a adressé ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et a exprimé sa solidarité aux blessés, à qui il a souhaité un prompt rétablissement. Il a également annoncé son intention de leur rendre visite au nom du gouvernement.

Ce nouveau drame ravive les interrogations sur les conditions de sécurité dans le transport scolaire et collectif, un sujet devenu récurrent dans l’actualité nationale.

Groupe Emedia : les travailleurs exigent le paiement de 11 mois de salaires impayés après un financement de l’ADEPME

La tension monte au sein du groupe Emedia. Après l’octroi par l’ADEPME d’un financement de 32 millions de FCFA destiné à accompagner la restructuration des entreprises de presse, les travailleurs du groupe, via le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (Synpics), section Emedia, exigent que cette somme serve en priorité au paiement de leurs salaires impayés.

Dans un communiqué publié ce week-end, le Synpics-Emedia rappelle que la direction du groupe doit toujours 11 mois de salaires à ses employés. Le syndicat dénonce une situation devenue « intenable » pour les journalistes, techniciens et personnels administratifs du média, qui continuent d’assurer leur mission d’information dans des conditions précaires.

« Nous restons mobilisés pour la défense des droits et de la dignité des travailleurs du groupe », déclare le communiqué, illustrant le profond malaise social qui secoue le groupe Emedia depuis plusieurs mois.

Ce cri d’alarme intervient dans un contexte où l’État, à travers l’ADEPME, tente de redresser le secteur des médias via un Programme de Restructuration Financière, avec à la clé des appuis ciblés aux entreprises jugées viables. Pour les employés d’Emedia, cependant, la justice sociale doit primer sur toute tentative de relance économique.

« Pas de relance sans justice sociale », martèle le Synpics, dénonçant un manque de transparence dans la gestion des ressources allouées à l’entreprise et appelant à un audit de l’utilisation des fonds publics.

Alors que la direction d’Emedia reste silencieuse sur les modalités d’utilisation de l’enveloppe obtenue, le bras de fer avec les travailleurs pourrait s’intensifier dans les jours à venir, si aucune mesure concrète n’est prise pour régler les arriérés de salaires.

Communiqué:West African Energy injecte 127 MW dans le réseau deSenelec : une étape décisive dans la mise en service de sa centrale de 366 MW

West African Energy (WAE) est heureux d’annoncer l’injection effective de 127 mégawatts (MW) dans le réseau
national de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec), suite à la réussite des premiers tests de
performance de la turbine GT11. Ce jalon technique majeur marque le démarrage progressif de l’exploitation
d’une centrale thermique à cycle combiné d’une capacité installée de 366 MW, installée à Rufisque.
L’injection de ces premiers 127 MW constitue un signal fort, à la fois sur le plan technique et institutionnel. En
effet, elle témoigne de la qualité de l’ingénierie déployée, de la mobilisation rigoureuse des équipes et de
l’efficacité de la gouvernance mise en place pour assurer le respect des standards les plus exigeants.
Ce projet d’envergure, à haute valeur stratégique pour la souveraineté énergétique du Sénégal, s’inscrit dans une
vision audacieuse et structurante portée par Monsieur Samuel A. Sarr qui a su catalyser les ressources, les volontés
et les expertises autour d’un objectif clair : garantir un approvisionnement électrique fiable, pérenne et compétitif
pour le Sénégal.
Une fois pleinement opérationnelle, la centrale de 366 MW contribuera significativement à la stabilisation du
réseau national, à l’amélioration de la qualité du service public d’électricité, et au soutien des politiques
industrielles et économiques du Sénégal.
West African Energy exprime sa profonde reconnaissance à la Direction générale de Senelec, aux Autorités de
tutelle, au Gouvernement ainsi qu’à l’ensemble des partenaires techniques, institutionnels et financiers à savoir
Africa Finance Corporation (AFC – Mandate Lead Arranger), Coris Bank International, Afreximbank, General
Electric (GE), Çalik Enerji, Sakina Génie civil, Afry Ingénierie Conseil, E.E.S Environnement bureau Veritas,
Fasken, Global Infrastructures Advisor et Tractabel pour leur accompagnement indéfectible dans la réalisation de
cette infrastructure stratégique.
À propos de West African Energy
West African Energy est une entreprise sénégalaise de référence spécialisée dans le développement, la
construction et l’exploitation de centrales électriques de grande capacité. A travers des projets structurants à fort
impact, WAE s’engage pleinement dans la transformation du paysage énergétique du Sénégal et de l’Afrique de
l’Ouest, dans une logique de souveraineté, de performance et de durabilité.

MUSIQUE

À la découverte d’un artiste reggae hors pair : Eljah Rasta

Eljah Rasta pour la scène, Matar Fall à l’état civil, est un musicien, auteur et compositeur qui a su se frayer un chemin dans la sphère musicale. La spécialité de ce natif de Pikine, c’est le reggae. L’homme a fait ses humanités dans la ville de Mame Coumba Lamb, Rufisque, où il a grandi. Il a embrassé sa carrière musicale au milieu des années 90 dans le mouvement rap, comme beaucoup de jeunes de son âge à l’époque, jusqu’en 2000, avant d’opérer une transition vers le reggae. Ce virage lui a permis de sillonner toute l’Afrique avec son groupe musical, avant de s’exporter vers le “Vieux Continent”.

L’artiste se souvient encore de sa participation, en 2006, au mémorial dédié à la star du reggae Lucky Dube en Afrique du Sud, avant de parcourir la France, l’Italie, l’Angleterre…

« J’ai beaucoup voyagé à travers le monde grâce à cette musique que j’affectionne énormément, le reggae, notamment dans de nombreuses régions du continent. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est mon voyage en Afrique du Sud à l’occasion du mémorial dédié à la star internationale du reggae Lucky Dube, en septembre 2006. Il y avait là toutes les légendes planétaires venues rendre hommage à l’un des précurseurs du reggae africain, tragiquement disparu. Je ne pourrai jamais l’oublier », confie Eljah Rasta.

Il revient également sur son premier voyage en France, à l’occasion du Festival d’Avignon en 2008.

« Je suis parti pour la première fois en France en 2008. J’étais invité au Festival d’Avignon, qui se tenait le 19 mars. J’ai eu l’opportunité de jouer avec le producteur camerounais Guillaume Bell, aux côtés de Didier Awadi et d’autres artistes avec qui j’ai poursuivi la collaboration sur scène. Ce jour-là, il fallait rapidement constituer un groupe d’instrumentalistes camerounais pour m’accompagner. Nous avons répété pendant une semaine avant de monter sur scène pour un festival qui fut un franc succès », raconte-t-il.

Titulaire d’un Master en anglais de l’université d’Oxford, en Angleterre, Eljah Rasta a longtemps animé des soirées dansantes dans des discothèques et restaurants européens.

« Les thèmes de mes chansons tournent principalement autour de l’actualité, notamment du quotidien des populations sénégalaises. Je parle aussi de politique, mais je chante très peu l’amour. On enchaînait les concerts et les festivals, ce qui m’a empêché jusqu’ici de sortir un album. C’est toujours surprenant de voir un Sénégalais chanter en anglais, manier cette langue avec aisance et fréquenter des Jamaïcains. J’ai obtenu mon Master 2 en anglais à Oxford, mais cela ne m’a pas détourné de mon objectif : je prépare toujours mon premier album intitulé Divine Light, avec mon groupe Eljah Natty and the MOTIONS-BAND. On y travaille activement et il sera très bientôt disponible dans les bacs », promet le Rufisquois d’adoption.

En attendant la sortie de son tout premier opus, les fans de son pur et roots peuvent apprécier plusieurs de ses clips, tournés entre Toubab Dialaw et Rufisque, ainsi que ses prestations live lors de différents concerts en Afrique et en Europe.

Sahel : l’autoritarisme reprend le désert , au Mali, la démocratie vacille, mais la rue se réveille

Le vent du Sahel ne charrie plus les graines de la démocratie, mais les échos d’un autoritarisme qui s’enracine. À Bamako, Ouagadougou et Conakry, les régimes militaires ont troqué le langage de la transition contre celui du pouvoir absolu. Au Mali, cette dérive s’incarne aujourd’hui dans une décision brutale : la suspension pure et simple des partis politiques. Mais alors que la démocratie semble vaciller, la rue, elle, commence à se relever.

Le 10 avril 2024, la junte malienne a signé un décret glaçant : toutes les activités politiques sont suspendues “jusqu’à nouvel ordre”. Officiellement pour préserver l’ordre public. Officieusement ? Pour bâillonner toute opposition, neutraliser le pluralisme et étouffer le débat. La démocratie malienne, encore convalescente, a été brutalement poussée dans le coma.

Mais le 1er mai, Bamako a vu ce que le régime ne voulait pas voir : des centaines de citoyens dans les rues, pancartes levées, voix hautes, exigeant le retour du politique et de la parole libre. Le décret a peut-être suspendu les partis, mais il n’a pas désactivé la conscience collective. Le peuple a compris qu’en s’attaquant aux partis, le régime s’attaquait à sa propre capacité à choisir, à critiquer, à espérer.

Depuis 2020, le colonel Assimi Goïta s’est installé dans une logique de consolidation autoritaire. Le Mali n’a plus d’opposition officielle, plus de presse réellement indépendante, et un calendrier électoral devenu fiction. L’argument sécuritaire est omniprésent. Mais la guerre contre le terrorisme est désormais aussi une guerre contre le pluralisme.

Le pouvoir en place ne gouverne plus par légitimité, mais par la peur du chaos. Un chaos qu’il entretient habilement pour justifier l’exception permanente. L’autorité n’est plus transitoire, elle devient système. Et ce système a un nom : l’autoritarisme de survie.

Plus de 120 partis politiques sont aujourd’hui menacés de dissolution. Certes, certains n’existent que sur le papier. Mais la junte n’a pas engagé une réforme structurelle du champ politique — elle a enclenché une épuration politique déguisée, ciblée, calculée.

Seuls resteront les dociles. Ceux qui chantent les louanges du colonel-président, et regardent ailleurs quand la liberté recule.

Le danger est là : un paysage politique transformé en désert idéologique, où la pensée critique est remplacée par l’allégeance, et le débat public par des monologues officiels.

La manifestation du 1er mai n’est pas une marée humaine, mais une digue qui se fissure. C’est la première brèche visible dans le mur de silence que le régime tente d’imposer. Des militants, des syndicalistes, des anonymes ont crié leur refus d’un retour au parti unique, d’un pouvoir militaire sans contrepoids.

Ils savent qu’au Mali, le prix de la parole peut être élevé. Mais ils savent aussi qu’un peuple qui ne parle plus est un peuple qui abdique.

Le Mali est aujourd’hui à la croisée des chemins. Le choix est simple, presque brutal :

  • L’ordre imposé par le sabre, où l’on gouverne sans être élu, et où le peuple est un spectateur.
  • Ou la démocratie rugueuse, imparfaite mais libre, où le débat fait loi, et où l’État rend des comptes.

La communauté internationale, engluée dans le réalisme sécuritaire, se contente d’observer. Mais un silence diplomatique face à une régression démocratique reste une complicité passive.

Assimi Goïta veut écrire l’histoire à coups de décrets et de drapeaux brandis. Mais l’histoire ne se décrète pas. Elle se construit avec la voix des peuples. Et celle du peuple malien, ce 1er mai, a crié qu’il n’est pas encore prêt à s’agenouiller.

Dans le désert que prépare la junte, chaque cri est une graine de résistance.

Mamadou Cissé journaliste

Seydi Gassama : « Le fils de Macky Sall n’a rien à craindre s’il est convoqué par la justice »

Dans le cadre du débat sur la reddition des comptes et la transparence dans la gestion des affaires publiques, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a pris position sur le cas du fils de l’ancien président Macky Sall, cité dans plusieurs affaires touchant la gestion des ressources publiques. Lors de son passage dans l’émission Jury du Dimanche (JDD) sur RFM ce 4 mai, le défenseur des droits humains a affirmé que le fils du président Sall doit pouvoir répondre à toute convocation de la justice, sans crainte ni traitement de faveur.

Seydi Gassama a expliqué que, lorsque des membres de la famille d’un chef d’État sont directement impliqués dans des affaires de gestion publique, il est normal qu’ils soient appelés à rendre des comptes. Selon lui, la proximité du fils de l’ex-président Sall avec certaines affaires liées à la gestion des deniers publics justifie une convocation par la justice. « Il doit pouvoir répondre sans crainte ni faveur », a-t-il insisté, soulignant que, dans une démocratie saine, aucun citoyen, même ceux ayant des liens familiaux avec des dirigeants, ne doit être exempté de la loi.

Il a également rappelé le cas de Karim Wade, le fils de l’ex-président Abdoulaye Wade, qui a été inculpé après la fin du mandat de son père pour des accusations de mauvaise gestion et de corruption. « Ce type de situation n’est pas un cas isolé. Si un membre de la famille d’un président est impliqué dans des affaires publiques, la justice doit être impartiale et équitable », a ajouté Seydi Gassama.

Dans son analyse, Seydi Gassama a pris l’exemple de l’ancien président Léopold Sédar Senghor pour illustrer l’importance de maintenir une séparation nette entre la famille et l’État. Selon lui, Senghor avait pris soin de maintenir une certaine distance entre sa famille et les affaires publiques, et son fils Philippe avait même choisi de poursuivre ses études à l’université de Dakar, plutôt que de partir en France, ce qui témoignait d’une volonté de préserver l’intégrité de la gestion publique. « Senghor a montré qu’il était possible de respecter la séparation entre famille et affaires de l’État, et c’est une leçon importante à retenir », a-t-il souligné.

Seydi Gassama a également insisté sur le besoin d’une justice équitable, indépendante et transparente. Selon lui, l’objectif n’est pas d’exclure les membres d’une lignée présidentielle de la sphère publique, mais de garantir que leur position ne les exonère pas des responsabilités et des lois en vigueur. « Le fils de Macky Sall n’a rien à craindre s’il est convoqué par la justice. Ce qui importe, c’est que ses droits soient respectés et qu’il puisse répondre aux accusations sans ingérence politique », a-t-il conclu.

Cheikh Diop (CNTS/FC) : « Si on veut un pacte de stabilité sociale, il faudrait que chaque partie respecte ses engagements »

Le secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal – Forces du Changement (CNTS/FC), Cheikh Diop, a lancé un appel ferme à l’État et aux partenaires sociaux, les exhortant à respecter les engagements issus du pacte de stabilité sociale signé récemment. Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche 4 mai sur la RFM, le syndicaliste a rappelé que ce pacte ne saurait être efficace sans une application rigoureuse de ses termes.

« Si on veut un pacte de stabilité sociale, il faudrait que chaque partie respecte ses engagements, faute de quoi le pacte n’a pas de sens », a-t-il martelé. Cheikh Diop a insisté sur le fait que ce pacte, présenté comme un tournant pour le climat social au Sénégal, repose sur la confiance réciproque et la volonté politique de matérialiser les accords.

Selon lui, les syndicats ont fait preuve de responsabilité en acceptant de signer un tel engagement dans un contexte économique et social tendu. En retour, il est impératif que l’État honore ses promesses, notamment sur les revendications salariales, les conditions de travail, et le dialogue social permanent.

Cheikh Diop a également évoqué les ambitions profondes du pacte : consolider la paix sociale, attirer les investisseurs étrangers, créer un climat propice à l’émergence économique et renforcer les mécanismes de protection des travailleurs. « Ce pacte est un levier de stabilité macroéconomique, mais aussi un instrument pour la justice sociale », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que la réussite de cette initiative dépendra de la capacité de toutes les parties à respecter leurs rôles : « Les syndicats ont accepté de modérer les mouvements d’humeur pour privilégier le dialogue. Mais si les engagements de l’État sont ignorés, cette retenue ne pourra pas durer. »

Cheikh Diop a mis en garde contre toute tentative de dilution ou de report des engagements signés. Selon lui, cela compromettrait la confiance entre partenaires sociaux et risquerait d’entraîner une radicalisation des positions syndicales. « Ce serait un retour à la case départ, avec des grèves et des blocages dans des secteurs stratégiques », a-t-il averti.

Pour conclure, le leader syndical a appelé à un suivi rigoureux de la mise en œuvre du pacte par une commission paritaire de suivi et d’évaluation, afin d’éviter toute dérive. Il a également salué l’implication de certains ministres du nouveau gouvernement dans la relance du dialogue social, tout en appelant à plus de fermeté sur les délais d’exécution.

Démantèlement d’un réseau de faussaires : deux nouveaux suspects arrêtés à Guinaw Rails

L’étau se resserre autour d’un vaste réseau de faussaires spécialisés dans la falsification de documents administratifs. Deux nouveaux suspects ont été interpellés à Guinaw Rails par les éléments du commissariat d’arrondissement local, portant à onze le nombre total de personnes arrêtées dans cette affaire.

Ces arrestations interviennent dans le cadre d’une enquête en cours sur un réseau bien structuré, soupçonné d’être impliqué dans la fabrication de faux papiers d’identité, de passeports et de visas. Les deux individus appréhendés sont poursuivis pour « association de malfaiteurs, faux et usage de faux ».

Des perquisitions menées à leurs domiciles ont permis la saisie de douze passeports, dont un encore valide, et de sept visas détachés de leurs documents d’origine. Ces découvertes confirment l’existence d’un système organisé et sophistiqué, capable de produire des documents contrefaits en série.

Les profils des personnes interpellées sont actuellement examinés avec minutie par les enquêteurs. Il s’agit de déterminer les rôles de chacun dans ce réseau ainsi que les ramifications de l’organisation, notamment les circuits de distribution de ces faux documents.

Les deux suspects arrêtés ont été placés en garde à vue. L’enquête, toujours en cours, vise à identifier l’ensemble des complices et à faire la lumière sur les objectifs réels de ce trafic. Les autorités craignent que ces documents falsifiés aient été utilisés dans des activités illégales comme l’immigration clandestine, la fraude ou encore le blanchiment d’argent.

Ce nouveau coup de filet vient renforcer la vigilance des forces de l’ordre face à un phénomène en pleine recrudescence et souligne l’importance de la coopération entre les services pour contrer les réseaux criminels transnationaux.

Seydi Gassama : « La reddition des comptes actuelle est normale et nécessaire »

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, s’est exprimé ce dimanche 4 mai sur iRadio, dans l’émission Le Jury du Dimanche, à propos de la vague actuelle de reddition des comptes au Sénégal. Pour lui, ce processus, loin d’être anormal ou dicté par des considérations politiques, s’inscrit dans une logique institutionnelle encouragée depuis des années par les partenaires techniques et financiers du pays.

« Aujourd’hui, ce qui se passe est tout à fait normal », a-t-il affirmé. Selon lui, tous les responsables publics mêlés à la gestion de fonds ou à la prise de décisions engageant l’État doivent pouvoir rendre compte devant la justice, quel que soit leur rang ou leur passé politique.

Seydi Gassama rappelle que les instruments actuels de lutte contre la corruption – tels que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), le Pool judiciaire financier ou encore la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) – sont des créations de l’ancien régime de Macky Sall, mises en place sous la pression d’institutions internationales comme l’UEMOA, la Banque mondiale ou la BAD. Ces dernières exigent des mécanismes solides de bonne gouvernance pour accorder leur soutien financier.

« Ces organes produisent régulièrement des rapports sur la base desquels des poursuites sont engagées. C’est donc un processus institutionnel déjà ancré », a-t-il expliqué.

Le militant des droits humains a aussi dénoncé l’absence de volonté politique sous l’ancien président Macky Sall pour aller au bout de la transparence. « Il n’y a eu qu’un seul responsable du régime précédent déféré à la justice malgré les nombreux rapports accablants. Des documents ont été tout simplement enterrés dans des tiroirs », déplore-t-il.

Il affirme même avoir en sa possession certains de ces rapports, jamais rendus publics ni transmis à la justice. Pour lui, cette impunité a encouragé la malgouvernance. « Macky Sall donnait l’impression de garantir à son entourage une immunité totale. C’est ce qui a ouvert la porte à des abus. »

Si Seydi Gassama soutient l’action actuelle des autorités judiciaires, il insiste toutefois sur la nécessité de préserver la sérénité et l’indépendance de la justice. Il s’est inquiété de la surmédiatisation du processus et des tentatives de récupération politique.

« Le jour où les Sénégalais sentiront que cette opération est motivée par une volonté de vengeance, elle perdra toute légitimité. Il faut donc laisser les magistrats travailler dans le calme, loin des pressions politiques ou médiatiques. »

En résumé, Seydi Gassama estime que la justice doit suivre son cours sans interférences, et que toute personne ayant géré des deniers publics doit rendre des comptes. Ce processus, à ses yeux, n’a rien d’exceptionnel. Il est le signe d’un État qui se réconcilie avec les principes de transparence et de redevabilité.

Levée de l’immunité parlementaire : Ayib Daffé plaide pour une réforme en profondeur du règlement intérieur

La levée de l’immunité parlementaire de deux anciens ministres sous Macky Sall, aujourd’hui députés, agite la scène politique sénégalaise. Ndèye Saly Diop et Moustapha Diop ont vu leur immunité levée par l’Assemblée nationale, ouvrant la voie à une éventuelle poursuite judiciaire devant la Haute Cour de Justice, dans le cadre de l’enquête sur la gestion controversée des fonds Covid-19.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par des accusations de malversations financières visant plusieurs figures de l’ancien régime. Trois autres ex-ministres seraient également dans le viseur de la justice.

Invité ce dimanche 4 mai sur PressAfrik TV HD, Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, a apporté un éclairage précieux sur cette procédure souvent mal comprise du grand public. Membre de la commission ad hoc chargée de statuer sur les demandes de levée d’immunité, il a tenu à rappeler que cette démarche ne constitue ni une condamnation, ni même une mise en examen automatique.

« Lever l’immunité parlementaire ne signifie pas que le député est coupable. C’est simplement un acte permettant à la justice d’enquêter librement sur des faits présumés. »

Ayib Daffé a souligné les limites du règlement intérieur actuel, notamment en ce qui concerne le formalisme entourant la demande. Selon lui, rien n’oblige aujourd’hui les autorités à joindre des pièces justificatives solides, comme les procès-verbaux d’enquête préliminaire, aux lettres adressées à l’Assemblée.

« Il faut préciser clairement dans le règlement les documents qui doivent accompagner une demande. Aujourd’hui, ce vide juridique peut ouvrir la porte à des procédures hâtives ou mal préparées. »

Il plaide donc pour une révision complète du règlement intérieur, actuellement en cours, afin de garantir un meilleur encadrement et d’éviter les dérives potentielles. Cette réforme viserait à instaurer davantage de rigueur, à assurer les droits de la défense et à prévenir toute instrumentalisation politique de la justice.

L’un des points majeurs soulevés par Ayib Daffé est le manque d’équilibre dans la procédure. À l’heure actuelle, seul le député concerné est entendu par la commission. Selon lui, les personnes ou structures à l’origine de la plainte devraient également être convoquées pour que la commission puisse se forger une opinion objective.

« Dans toute procédure équitable, il faut entendre les deux parties. Le contradictoire ne peut être à sens unique. »

Cette proposition, si elle est intégrée à la réforme, pourrait renforcer la crédibilité de la commission ad hoc et consolider l’indépendance du Parlement dans l’exercice de ses fonctions.

Pour Pastef et ses alliés, cette levée d’immunité s’inscrit dans une logique de transparence et de redevabilité promise pendant la campagne présidentielle. Toutefois, l’opposition y voit une manœuvre politique visant à affaiblir les anciens dirigeants.

La Haute Cour de Justice, juridiction rarement convoquée dans l’histoire politique sénégalaise, pourrait être amenée à jouer un rôle plus actif dans les mois à venir, à condition que les procédures soient rigoureusement encadrées.

« Nous voulons une justice sereine, juste et respectueuse des droits de tous, même de ceux qui ont exercé le pouvoir hier », a conclu Ayib Daffé.

Daaka 2025 : Ousmane Sonko à Médina Gounass pour présider la cérémonie officielle

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu ce dimanche à Médina Gounass, dans le département de Vélingara, pour présider la cérémonie officielle du Daaka 2025. Ce rassemblement religieux, qui réunit chaque année des milliers de fidèles venus du Sénégal et de plusieurs pays de la sous-région, est consacré à la retraite spirituelle, à la prière et à la lecture du Coran.

Pour cette occasion, le chef du gouvernement est accompagné d’une forte délégation comprenant notamment les ministres de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Jean Baptiste Tine, de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, du Tourisme et de l’Artisanat, Mountaga Diao, ainsi que du Secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, Alpha Ba.

Le Daaka, initié en 1942 par le vénéré Thierno Mouhamadou Saïdou Ba (1900-1980), se déroule à environ dix kilomètres de la commune de Médina Gounass. L’édition 2025 a été ouverte le samedi 26 avril sous la présidence du gouverneur de la région de Kolda, en présence du Khalife général de Médina Gounass, Thierno Amadou Tidiane Ba. Elle sera clôturée ce lundi 5 mai, après dix jours de retraite spirituelle marquée par la ferveur religieuse, la méditation et le recueillement.

Par sa présence à cet événement, Ousmane Sonko témoigne de l’attachement du gouvernement aux valeurs religieuses et au dialogue spirituel, dans une volonté de renforcer la cohésion sociale et le respect des traditions.

« Médias non conformes », la fausse route du ministère de la Communication Par Moussa NGOM

Ce texte expose un ensemble de raisons pour lesquelles la démarche adoptée par les autorités pour restructurer le secteur des médias est contraire aux engagements internationaux de l’État du Sénégal et, plus que tout, contre-productive.

Commençons par dire que la logique proclamée de strict respect de la loi n’a pas été poursuivie jusqu’au bout. Le décret d’application de 2021, sur les avantages et obligations attachés au statut d’entreprises de presse, établit expressément que les entreprises doivent « être à jour de leurs obligations administratives, sociales et fiscales ». L’application de ce critère cumulatif aurait entraîné des conséquences bien prévisibles sur le nombre et les noms des médias abusivement dits « reconnus », communiqués dernièrement.
Pour publier une liste finale de médias « conformes », l’autorité a donc fait des concessions sur un manquement précis et s’est fondée sur d’autres manquements pour dépouiller des centaines de médias de leur capacité à publier des informations, sous peine de sanctions allant jusqu’à un an de prison. Mais là n’est pas l’objet de cette contribution.
La réglementation du secteur des médias est un exercice sensible, car elle peut vite aboutir à une ingérence injustifiée sur la liberté d’informer, une activité somme toute universelle. C’est pourquoi les États démocratiques prennent soin, au besoin, d’aménager un cadre adapté, dédié aux professionnels de l’information sans considérer comme une propriété concédée, ce droit naturel de tous les citoyens.
Les conventions internationales sur le sujet, auxquelles le Sénégal déclare avoir adhéré dans sa Constitution, enjoignent donc aux pays de ne pas établir de limitations indues à cette liberté. La philosophie standard des législations sur la presse correspond généralement à la recherche d’un équilibre : assurer que la liberté renforcée des journalistes s’accompagne d’une responsabilité devant la loi.
Il s’agit de les inciter à déclarer leurs activités et propriétaires, permettre l’identification des personnes devant répondre en cas de dérive mais surtout, de leur faire bénéficier d’un régime approprié à l’activité journalistique professionnelle incluant, par exemple, la sauvegarde du secret des sources ou l’accès à toute information d’intérêt public.
Motivées par « la nécessité de restructurer le secteur », dixit le ministre Alioune Sall, appuyées et aidées par une partie de l’establishment de la corporation, les autorités s’attellent non pas (seulement) à établir une cartographie des médias, objectif louable, mais à déterminer, de facto, sur des critères inadéquats, quel média devrait avoir le droit d’exister.
Et pourtant, la Déclaration de principes sur la liberté d’expression de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples conseille que les systèmes d’enregistrement des médias soient mis en place « à des fins exclusivement administratives » et n’imposent pas « des redevances excessives ou autres restrictions. » (Principe 12). Il en est de même pour la pratique du journalisme qui ne doit pas faire l’objet « de restrictions légales injustifiées » (Principe 19).
Il peut être tentant de penser à l’article 11 de la Constitution (« Le régime de la presse est fixé par la loi. ») mais le débat récent sur l’amnistie permet de rappeler aisément que la loi ne peut aller au-delà des clous conventionnels.
Les limitations ou efforts de régulation doivent servir strictement des buts légitimes et bien définis, comme la prévention de la concentration des médias, son corollaire, la promotion de la pluralité (notamment dans le paysage audiovisuel classique où les fréquences ne sont pas illimitées), la lutte contre l’incitation à la haine, la prévention des atteintes à la dignité humaine, ou encore à l’ordre public. Ce dernier concept a été instrumentalisé sous le régime précédent, dans un discours vague sur des volontés de déstabilisation, pour censurer la couverture des manifestations politiques.
Le code de la presse, bien que plébiscité par des acteurs souhaitant faire du domaine leur espace réservé, offre un terrain limité et des possibilités d’existence dépassées par l’évolution de la technologie et les opportunités offertes par le numérique.
En l’appliquant, l’État s’immisce dans la configuration interne de l’entreprise, aussi formelle soit-elle sur le plan administratif, et lui impose, sans offrir une variété de choix, de souscrire à des modèles figés pour son fonctionnement.
C’est ainsi qu’il est exigé une expérience professionnelle respective de 10 et 7 années au directeur de publication et au rédacteur en chef, et un effectif minimal de 3 employés. Aucun des pays voisins immédiats du Sénégal ne prévoit de dispositions similaires aussi restrictives.
Plus significatif encore, la Cour de justice de la CEDEAO a déjà ordonné au Nigéria, en 2023, de modifier sa loi qui établissait un âge minimum de 25 ans pour être rédacteur en chef d’une publication ainsi que d’autres règles d’exercice de la fonction de journaliste comme l’appartenance à un média traditionnel.
Cette décision, donnant raison à une plainte de deux journalistes locaux, a jugé impératif l’alignement de la législation nigériane sur la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples tout en s’inspirant, entre autres, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (tous ratifiés par le Sénégal).
Dans un formidable exposé, les juges de l’instance communautaire se sont attachés à démontrer comment la règlementation nigériane – vieille de 1992 mais plus souple que le code sénégalais de 2017 – n’était pas en phase avec « l’évolution rapide de la frontière numérique et le dynamisme des plateformes d’expression d’opinion ». « Cette évolution de l’espace médiatique justifie une reconceptualisation du journalisme, de sa pratique et de ses praticiens […]. Les paradigmes traditionnels de contrôle […] ne sont plus appropriés. », ajoute la Cour.
En effet, passées les questions légales, ces règles sénégalaises sont absolument préjudiciables à la liberté d’informer, à la corporation mais avant tout aux jeunes journalistes.
Il est étonnant qu’elles soient avalisées par un ministère qui, dans un autre département, celui du Numérique, promeut à juste titre l’entrepreneuriat, les capacités d’innovation des jeunes (souhaitant même l’ancrer dans le parcours éducatif) et « un destin porté par un écosystème jeune, dynamique et créatif » (discours sur le New Deal technologique).
Autant le président Bassirou Diomaye promet de « promouvoir l’auto-emploi » dans son programme (« initiative Goungué »), Ces questions d’entreprenariat et d’auto-emploi des jeunes ont encore été rappelées lors du dernier Conseil des ministres du 30 avril 2025.
Pour en revenir à l’engouement pour les jeunes dans la Tech du ministère, il aurait été salutaire si le ministère le mettait également à profit des organes de presse, où la transition générationnelle et un souffle neuf sont nécessaires.
Au contraire, la capacité à apporter de nouvelles dynamiques est bridée et assumée, à rebours des tendances mondiales dans le domaine. La plateforme Substack doit en partie son succès fulgurant aux newsletters proposées par des journalistes indépendants, spécialisés et qui trouvent leur public sans avoir à passer par les médias traditionnels. Des journalistes indépendants ont remporté des Prix Pulitzer ou Albert-Londres pour des ouvrages d’une qualité journalistique rare. Il en est de même avec l’attrait du public pour les podcasts professionnels, cités en exemple par la Cour de justice de la CEDEAO.
Faut-il mentionner l’exemple de la réinvention actuelle de plusieurs anciens employés du groupe Emedias, par opposition au destin de leur ex-groupe à l’échec spectaculaire ?
La démarche est ensuite un pied de nez aux écoles de journalisme qui se donnent pour mission de mettre sur le marché des produits formés, conscients de leur responsabilité et qui ont besoin de rester productifs dans un contexte de faibles opportunités d’emploi.
Sur une note plus personnelle, ma carte de presse a expiré ce 26 avril, le seul média pour lequel j’exerce ne répond pas aux critères, je suis exposé aux mêmes poursuites pour usurpation de la fonction de journaliste, un délit récemment inauguré par Serigne Saliou Gueye, Maty Sarr Niang & co, toujours selon le code de la presse. Une situation ubuesque qui ne sera certainement pas la seule s’il n’y a pas de remise en cause d’une action mal engagée.
Les solutions sont à portée de main pour renforcer le professionnalisme dans un secteur gangréné. Il faut d’abord que les autorités, comme la corporation abandonnent la vision selon laquelle le foisonnement des médias (en ligne) serait un frein à la qualité de la presse, alors même que le naufrage médiatique durant la séquence politique 2021-2024 ou les différentes alternances connues par notre pays prouvent le contraire.
Le point de départ est peut-être l’application d’un code de la presse trouvé sur place, mais il semble que la réforme des textes liberticides a été une priorité absolue pour le régime à son arrivée au pouvoir.

Moussa Ngom, Journaliste à La Maison Des Reporters

Lancement du programme de restructuration : 12 entreprises de presse soutenues par l’État

Le gouvernement du Sénégal a officiellement lancé, le samedi 3 mai 2025, la première phase du Programme de Restructuration Financière des entreprises de presse, sous l’égide du ministère de la Communication et de l’ADEPME. Douze entreprises bénéficient chacune d’une subvention de 24 millions FCFA, sur un budget total de 384 millions FCFA.

La directrice générale de l’ADEPME, Marie Rose Faye, a insisté sur la nécessité pour les médias de revoir leurs modèles économiques, en intégrant le numérique, l’indépendance éditoriale, et la confiance du public comme piliers de leur avenir. Le programme prévoit un accompagnement technique et financier, fondé sur un diagnostic financier personnalisé et un plan de restructuration adapté.

S’exprimant au nom des bénéficiaires, Mamadou Ibra Kane, président du CEDPS, a salué cette première collaboration directe avec l’ADEPME. Il a également mis en avant l’implication de deux experts-comptables dans la réussite du processus.

À noter que le financement accordé comprend 75 % de subvention publique, les 25 % restants étant à la charge des entreprises bénéficiaires.

2e Édition des ateliers d’écriture et de lecture à haute voix : 143 élèves et 24 professeurs mobilisés à Kaolack

Le Réseau REPROF-EFFA, avec le soutien du Projet Ressources Éducatives, financé par l’Agence Française de Développement (AFD) et l’Institut Français, a organisé ce samedi 3 mai 2025, à l’Alliance Française de Kaolack, la 2e édition des ateliers d’écriture et de lecture à haute voix.

L’objectif principal de ce projet est de renforcer l’accès des élèves du primaire et du secondaire en Afrique subsaharienne francophone à des ressources éducatives de qualité. Dans ce cadre, l’événement de Kaolack a réuni 143 élèves et 24 professeurs de français, issus de collèges et lycées de la région.

Selon Cheikh Tidiane Kane, professeur de français et chef de projet de cette édition, les ateliers ont permis aux élèves de s’initier à la production de poèmes, de contes, d’articles pour les journaux scolaires et de plaidoyers. Les thèmes retenus pour ces productions sont : le leadership, la culture de la paix et la protection de l’enfance.

« Les élèves bénéficieront d’un accompagnement personnalisé par leurs enseignants de français afin d’améliorer leurs textes, qui devront être soumis au plus tard le 25 mai 2025 pour le Concours national des meilleurs écrits », a précisé M. Kane.

Ramatoulaye Diba, élève au Lycée Mixte de Ngane Saër, a exprimé sa joie de participer à cette initiative. Elle a salué l’impact positif du Projet Ressources Éducatives sur son parcours scolaire. De son côté, Bocar Diallo, professeur de français, a souligné la pertinence de cet atelier :

« Il nous a permis de mieux maîtriser les méthodologies liées à la production des différents genres : conte, poésie, nouvelle, article de journal scolaire et plaidoyer. »

Intronisation de Mgr André Gueye : Une nouvelle ère s’ouvre pour l’Archidiocèse de Dakar

La Cathédrale Notre-Dame des Victoires de Dakar a été le théâtre, ce samedi 3 mai 2025, d’un moment solennel et historique avec l’intronisation du nouvel archevêque de Dakar, Monseigneur André Gueye. Cette cérémonie religieuse de haute portée spirituelle a réuni une pléiade de personnalités administratives, religieuses, coutumières et politiques, marquant ainsi l’importance de l’événement pour toute la nation sénégalaise.

Parmi les invités de marque figuraient le ministre de l’Intérieur, le Général Jean-Baptiste Tine, des membres éminents de l’Église catholique, l’ancien maire de Dakar Barthélémy Dias, le président des Imams et Oulémas du Sénégal El Hadji Oumar Diène, ainsi que le Grand Serigne de Dakar, Pape Ibrahima Diagne. Cette diversité d’autorités venues honorer l’événement traduit le caractère œcuménique et rassembleur de cette intronisation.

Dans son tout premier discours en tant qu’archevêque de Dakar, Mgr André Gueye a fait preuve d’humilité et de sincérité, reconnaissant n’avoir jamais envisagé d’occuper un tel poste. « Je ne me suis jamais intéressé au rôle d’archevêque, croyant que ce n’est qu’un rôle de plus ou une responsabilité réservée aux autres », a-t-il confié. Conscient du poids de sa nouvelle mission, il a sollicité le soutien et l’indulgence de tous : fidèles, prêtres et acteurs de l’Église.

Mgr Gueye a également tenu à rendre un hommage appuyé à son prédécesseur, Mgr Benjamin Ndiaye, désormais archevêque émérite de Dakar. Dans un ton empreint de respect et de gratitude, il a salué le travail de fond effectué par ce dernier et exprimé son espoir de pouvoir toujours compter sur ses conseils avisés. « Vous êtes certes en retrait, mais vous restez archevêque émérite. Ce qui signifie pour ma part que je pourrai toujours compter sur vos conseils sages, clairvoyants et sur vos prières », a-t-il déclaré.

Cette passation de service marque un nouveau chapitre pour l’Église catholique du Sénégal, qui entre ainsi dans une ère de continuité mais aussi de renouveau, sous la houlette d’un berger à l’écoute, ouvert au dialogue et profondément enraciné dans la foi.

Tentative d’émigration clandestine déjouée à Pointe Sarène : 73 candidats interpellés par la DNLT

Une vaste opération menée par l’antenne de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a permis d’empêcher un départ imminent de migrants clandestins dans la zone de Pointe Sarène, située dans le département de Mbour. L’intervention s’est soldée par l’interpellation de soixante-treize (73) candidats à l’émigration irrégulière et la saisie d’un important lot de matériel logistique.

Selon un communiqué de la police nationale, l’action a été déclenchée à la suite d’un renseignement opérationnel signalant une tentative de départ par voie maritime. Une première opération ciblée a conduit à l’arrestation de deux individus identifiés comme étant les présumés organisateurs du voyage. Les investigations menées dans la foulée ont permis de localiser et d’interpeller le reste du groupe dans la zone SONATEL de Mbour.

La fouille effectuée par les forces de l’ordre a permis la saisie de 73 gilets de sauvetage, 60 cartes d’identité CEDEAO ghanéennes, 8 passeports, une pompe à eau et une quantité non négligeable de vivres. Ce matériel laisse penser à une organisation méticuleuse, révélant l’existence de réseaux structurés opérant depuis les côtes sénégalaises.

Une enquête a été ouverte pour identifier tous les acteurs impliqués dans cette filière de trafic de migrants. Les autorités réaffirment leur engagement à lutter fermement contre ce phénomène qui met en péril des vies humaines et alimente l’économie souterraine.

Réseau de faussaires : deux nouveaux suspects arrêtés à Guinaw Rails

Le commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails a franchi une nouvelle étape dans le démantèlement d’un vaste réseau de faussaires, avec l’arrestation de deux nouveaux individus, accusés d’association de malfaiteurs, de faux et usage de faux portant sur des documents administratifs.

Ces interpellations font suite à une enquête approfondie, lancée après la découverte récente d’un atelier clandestin de fabrication de faux papiers. Les investigations ont conduit les forces de l’ordre jusqu’aux domiciles des deux suspects, où des perquisitions fructueuses ont été menées.

Selon les sources policières, les fouilles ont permis la saisie de douze (12) passeports, dont un encore valide, ainsi que sept (07) visas détachés de leurs documents d’origine. Ce matériel confirme l’existence d’un circuit structuré, visant à produire et à distribuer de faux titres de voyage.

Les deux suspects sont actuellement placés en garde à vue, le temps pour les enquêteurs de déterminer l’étendue des ramifications de ce réseau et d’identifier d’éventuels complices.

Cette nouvelle arrestation vient renforcer les soupçons autour d’une organisation bien implantée, avec potentiellement des connexions au-delà de la région de Dakar. Les autorités promettent de poursuivre les investigations jusqu’à la mise hors d’état de nuire de l’ensemble des membres de ce réseau.

La lutte contre les documents falsifiés est une priorité sécuritaire, tant pour les autorités sénégalaises que pour les partenaires internationaux préoccupés par les risques liés à l’immigration irrégulière, à l’usurpation d’identité et au crime organisé.

Accident tragique à Vélingara : Deux morts dans une sortie pédagogique, le ministère de l’Éducation nationale exprime sa solidarité

Le ministère de l’Éducation nationale a réagi avec tristesse et compassion suite au drame routier survenu ce samedi matin, à une dizaine de kilomètres de Vélingara, dans l’Académie de Kolda. Deux élèves ont perdu la vie et plusieurs autres ont été gravement blessés dans une collision entre un minicar scolaire et un camion.

Selon un communiqué officiel signé par Daouda Gueye, directeur de la Formation et de la Communication, le véhicule transportait 35 élèves du CEM de Saré Coly Sallé, accompagnés de leur professeur, dans le cadre d’une visite pédagogique à la ferme agricole de Saré Thialy, organisée dans le cadre du Projet de Formation Professionnelle et d’Insertion (PFPI).

Dès l’annonce de l’accident, les services déconcentrés de l’Éducation nationale se sont activement mobilisés. L’Inspection d’Académie de Tambacounda, l’Inspection Médicale des Écoles et l’IEF de Vélingara ont été déployées pour assurer l’assistance sanitaire et logistique aux victimes.

Les blessés ont été pris en charge dans plusieurs établissements hospitaliers, notamment le Centre hospitalier régional de Kolda, l’Hôpital régional de Tambacounda et le Centre de santé de Vélingara.

Le ministère a assuré que « toutes les dispositions sont en train d’être prises pour une prise en charge rapide et adéquate » des élèves et personnels touchés.

Dans ce contexte de deuil et de choc, le ministère a exprimé sa profonde compassion aux familles des victimes, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative :

« Le Ministre de l’Éducation nationale suit personnellement la situation et appelle à l’unité et à la solidarité en ces moments difficiles », peut-on lire dans le communiqué.

Ce tragique événement relance le débat sur la sécurité du transport scolaire dans les zones rurales, ainsi que sur la vigilance routière lors des sorties pédagogiques. L’émotion est vive dans la région de Vélingara, et dans tout le pays.

Mgr André Guèye officiellement intronisé archevêque de Dakar : « Servir comme Jésus, servir et rien d’autre »

L’Église catholique du Sénégal vient de tourner une page historique. Ce samedi, Mgr André Guèye a été intronisé archevêque de Dakar, lors d’une cérémonie solennelle à la cathédrale Notre-Dame des Victoires, en présence de nombreuses autorités religieuses, fidèles et délégations venues de divers diocèses.

Nommé en février dernier par le Pape François, Mgr Guèye succède à Mgr Benjamin Ndiaye, auquel il a exprimé une « profonde reconnaissance », tout en rendant hommage aux figures marquantes de l’archidiocèse : feu Mgr Marcel Lefebvre, le cardinal Hyacinthe Thiandoum et le cardinal Théodore Adrien Sarr.

Dans son homélie, le nouvel archevêque a placé son ministère sous le sceau du « service fraternel et humble », à l’image du Christ et sous la protection spirituelle de Notre Dame des Victoires et de la Délivrande de Popenguine.

« Qui pourrait prétendre être à la hauteur d’une telle mission ? Assurément personne. Tout est grâce. C’est la grâce de Dieu qui nous surprend, nous étonne et nous donne les ressources surnaturelles dont nous avons besoin », a-t-il confié.

Conscient du poids de la responsabilité, il a qualifié sa charge d’« exaltante mais exigeante », soulignant que seule l’humilité dans le service permet de répondre à l’appel.

Mgr Guèye a également lancé un appel fort à la collaboration fraternelle entre évêques, fondée sur la coordination, la consultation et la solidarité. Il a promis aux prêtres un style de gouvernance basé sur la confiance, l’écoute et la disponibilité.

Enfin, il a rappelé le sens véritable de l’autorité dans l’Église :

« L’ambition, la prétention voire l’orgueil sont tapis au fond du cœur de l’homme. (…) L’autorité ne donne qu’un seul droit : servir comme Jésus, servir et rien d’autre. »

Vélingara – Tragédie sur la RN6 : Un mort et plusieurs blessés dans une collision entre un minicar scolaire et un camion

Un grave accident de la route s’est produit ce samedi matin, aux environs de 9h, sur la Route nationale n°6 (RN6) à hauteur de Saré Thialli, dans la commune de Saré Coly Sallé (département de Vélingara), causant la mort d’une personne et faisant plusieurs blessés.

Le drame a impliqué un minicar transportant des élèves du CEM de Saré Coly Sallé, en partance pour une visite pédagogique, et un camion immatriculé AA 504 FK en provenance de Vélingara. La violence de la collision a complètement détruit le minicar (immatriculé AA 287 KJ), selon les premières constatations.

Les blessés, dont le nombre exact reste à confirmer, ont été rapidement évacués vers le centre de santé de Vélingara, où ils reçoivent actuellement des soins. L’identité de la personne décédée n’a pas encore été officiellement rendue publique, mais une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de ce tragique accident.

Cet événement bouleversant rappelle une fois de plus la fragilité du transport scolaire dans les zones rurales et pose la question récurrente de la sécurité routière sur les axes secondaires, souvent peu contrôlés.

La rédaction de LeDakarois présente ses condoléances attristées à la famille de la victime, et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Dakar : Monseigneur André Guèye intronisé Archevêque métropolitain

La Cathédrale Notre-Dame des Victoires de Dakar a accueilli ce samedi 3 mai 2025 une cérémonie historique : l’intronisation de Monseigneur André Guèye en tant que nouvel Archevêque métropolitain de Dakar. La messe d’installation, empreinte de solennité et de symboles liturgiques forts, a été présidée par son prédécesseur, Monseigneur Benjamin Ndiaye, devant une assemblée nombreuse et recueillie.

C’est à 10 heures précises que Mgr Guèye a fait son entrée dans l’édifice sacré, accueilli par une haie d’honneur de fidèles, de membres du clergé et d’invités de marque. Plusieurs étapes liturgiques ont ponctué cette cérémonie, marquant la transmission officielle de la charge pastorale et spirituelle du siège métropolitain.

Parmi les personnalités présentes figuraient des autorités politiques, administratives, religieuses et coutumières. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le général Jean Baptiste Tine, a notamment honoré de sa présence cet événement religieux majeur pour la communauté catholique sénégalaise.

La nomination de Monseigneur André Guèye a été officialisée par le pape François le 22 février 2025, suite à l’acceptation de la démission de Mgr Benjamin Ndiaye pour raison d’âge, conformément au droit canonique. Avec cette nomination, Mgr Guèye devient ainsi le cinquième Archevêque métropolitain de Dakar depuis l’érection de l’archidiocèse le 14 septembre 1955.

Originaire de la région de Thiès, Monseigneur Guèye était jusqu’ici évêque de Diourbel. Reconnu pour sa rigueur pastorale, son humilité et son attachement au dialogue interreligieux, il entame ce nouveau ministère sous le signe de la continuité et de l’unité.

Tragique accident à Vélingara : deux morts et 29 blessés parmi des élèves en déplacement scolaire

Un grave accident de la circulation s’est produit ce samedi matin, aux environs de 9 heures, à Vélingara. Un minicar transportant des élèves est violemment entré en collision avec un camion remorque, causant la mort de deux personnes et faisant 29 blessés, selon une source rapportée par Seneweb.

Les élèves à bord du véhicule se rendaient dans une entreprise dans le cadre d’une visite de partenariat lorsqu’a eu lieu le drame. Le choc, d’une rare violence, a plongé la communauté locale dans la consternation.

Alertés, les gendarmes de la Brigade territoriale de Vélingara, sous la supervision du commandant Senghor, se sont rapidement rendus sur les lieux pour effectuer les premiers constats. Les blessés ont été évacués en urgence vers l’hôpital local pour une prise en charge médicale, tandis que les deux corps sans vie ont été déposés à la morgue.

Une enquête a été immédiatement ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’accident. Les autorités appellent à la prudence sur les routes, particulièrement en cette période marquée par une intensification des déplacements scolaires.

Crise à la Grande Mosquée de Sicap Baobab-Karack-Amitié : Fermeture pour troubles à l’ordre public

La communauté musulmane des quartiers Sicap Baobab, Karack et Amitié est plongée dans l’incertitude depuis la fermeture, pour une durée indéterminée, de leur Grande mosquée. Ce lieu de culte emblématique, théâtre d’un conflit religieux vieux de plus de deux ans, a été contraint de suspendre ses activités par décision administrative. Un arrêté du sous-préfet des Almadies, en date du 2 mai 2025 (n°270/AA/SPA), évoque un « risque réel de troubles à l’ordre public » pour justifier cette mesure drastique.

À l’origine de cette crise, un bras de fer persistant entre deux figures religieuses locales : El Hadji Khalifa Babacar Ndiaye et Oumar Ndoye. Malgré les efforts de médiation menés en 2023 par l’Association nationale des Imams du Sénégal (Anis), le différend a refait surface avec violence. L’imam Ratib Ousmane Diop, installé par feu Mame Abdou Aziz Sy Dabakh, avait pourtant été confirmé à la tête de la mosquée, tandis que les Imams Ndiaye et Ndoye étaient désignés comme suppléants.

Mais l’équilibre fragile instauré par cette médiation n’a tenu que quelques mois. En mars 2025, la tension a culminé lorsque de jeunes fidèles, réputés proches de l’ancien maire Barthélémy T. Dias, ont tenté de bloquer la direction de la prière de Korité par l’Imam Khalifa Ndiaye. Malgré l’intervention de la police, c’est finalement l’Imam Oumar Ndoye qui avait dirigé la prière, en violation de l’accord initial.

Le dernier rebondissement s’est produit le vendredi 2 mai 2025, lorsque l’imam Ratib Ousmane Diop a publiquement interdit à El Hadji Khalifa Babacar Ndiaye d’officier dans l’enceinte de la mosquée. Cette annonce, faite en pleine prière, a provoqué des remous parmi les fidèles, choqués par la tournure des événements. L’Imam Khalifa Ndiaye, récusant cette décision, a immédiatement saisi le sous-préfet des Almadies et le commissaire de police de Dieuppeul pour annoncer son intention de diriger la prière de l’après-midi, malgré l’interdiction.

Face à la menace d’un affrontement entre fidèles, les autorités ont convoqué une réunion de crise. Celle-ci s’est soldée par la fermeture pure et simple de la mosquée. Dès lors, un dispositif policier a été déployé aux alentours du lieu saint pour prévenir tout débordement.

Alors que la communauté reste sous le choc, certains appellent déjà à une nouvelle médiation. Des voix s’élèvent pour que l’ANIS reprenne son rôle d’arbitre, en réunissant les parties prenantes pour rétablir la paix et la cohésion. L’objectif : sortir de cette impasse qui empêche les fidèles de pratiquer leur religion dans la sérénité.

Campagne agricole 2025-2026 : le ministre Mabouba Diagne met en place un dispositif strict de supervision

En prélude à la campagne agricole 2025-2026, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a publié une circulaire détaillée encadrant la supervision, le contrôle et le suivi de la distribution des intrants agricoles à travers le pays. Cette mesure vise à garantir transparence, rigueur et équité dans la mise en œuvre des opérations.

La circulaire instaure une Commission nationale (CN) de supervision, présidée par le ministre ou son représentant, avec le ministre des Forces armées comme vice-président et le directeur de l’Agriculture comme secrétaire. Elle sera chargée de la coordination globale du dispositif et du suivi national des opérations relatives aux semences et fertilisants.

Au niveau local, des commissions décentralisées seront mises en place par arrêté des autorités administratives, adaptées au contexte de chaque circonscription. Ces arrêtés doivent être transmis au ministère au plus tard le 7 mai 2025.

Le ministre Diagne impose une série de mesures strictes :

  • Chaque bénéficiaire doit se présenter personnellement, muni de sa carte d’identité nationale, accompagné de son chef de village ou de quartier.
  • Aucune délégation ne sera autorisée sans l’accord explicite de l’autorité compétente.
  • Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) — armée, gendarmerie, police, douanes — seront mobilisées pour sécuriser les stocks, surveiller les déchargements et garantir le bon déroulement des livraisons.
  • Les magasins de stockage seront placés sous surveillance permanente.
  • En cas d’irrégularité flagrante, les FDS pourront intervenir sur requête des commissions ou de tout témoin.

Les commissions locales devront produire un rapport hebdomadaire, sous la responsabilité du sous-préfet ou de son représentant, avec participation obligatoire des FDS. Les chefs de service départemental du développement rural assureront la remontée quotidienne des données au niveau régional.

Enfin, tout fournisseur défaillant devra être signalé sans délai aux autorités compétentes. À noter que la fonction de membre de commission est bénévole.

Avec ce nouveau dispositif, le ministère entend poser les bases d’une gouvernance agricole rigoureuse, en rupture avec les pratiques opaques souvent dénoncées par les producteurs.

Transport routier : Le Mali accorde une dérogation exceptionnelle aux camions hors normes jusqu’au 13 mai

Bonne nouvelle pour les transporteurs sénégalais. À la suite de démarches diplomatiques engagées par les autorités sénégalaises, le Mali a accordé une dérogation temporaire autorisant la circulation des camions gros porteurs hors normes et hors gabarit sur son territoire, et ce, jusqu’au 13 mai 2025.

Cette mesure survient après l’application stricte, depuis le 1er avril 2025, du règlement 14 de l’UEMOA par les autorités maliennes. Celui-ci interdit la circulation de véhicules dépassant les normes de poids et de dimensions fixées. En conséquence, plusieurs camions sénégalais ont été bloqués à la frontière ou à l’intérieur du Mali, paralysant une partie des échanges entre les deux pays.

L’annonce de cette dérogation a été faite par le ministère sénégalais des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, qui précise que l’accord a été obtenu grâce à une intervention diplomatique, menée sur instruction du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le document d’instruction interministérielle malienne fixant la période de tolérance date du 28 avril 2025.

Pendant cette période, les camions hors gabarit seront autorisés à circuler sous escorte douanière. Le ministère sénégalais appelle tous les opérateurs à profiter de ce sursis pour régulariser leurs véhicules.

Passé le 13 mai, le Mali appliquera à nouveau sans exception les dispositions du règlement 14. Tout véhicule non conforme sera interdit de circulation sur le territoire malien. Le ministère sénégalais rappelle à l’ensemble des acteurs du transport routier l’importance de respecter les règles communautaires en vigueur dans l’espace UEMOA.

Passy : 650 élèves du lycée Moustapha Ka enrôlés pour l’obtention de leur carte d’identité nationale

Une mission de proximité administrative a permis à 650 élèves du lycée Moustapha Ka de Passy de déposer leur demande de carte d’identité nationale directement dans leur établissement. L’opération, menée par une équipe de la Direction de l’autonomisation des fichiers (DAF), a été saluée comme une réponse concrète aux défis d’accès aux services administratifs dans certaines zones rurales.

Le proviseur du lycée, Ousmane Ba, s’est félicité de cette initiative qui tombe à point nommé pour les élèves en classe de terminale. « Ils peuvent certes passer le baccalauréat avec leur carte d’identité scolaire, mais ne pourront pas retirer leur diplôme sans la carte nationale d’identité. Ce déplacement facilite donc leur parcours, tout en profitant également aux élèves des niveaux inférieurs », a-t-il expliqué.

De son côté, le sous-préfet de l’arrondissement de Djilor, Pape Amadou Ngom Ba, a salué cette mission tout en attirant l’attention sur les difficultés structurelles que connaissent les communes environnantes. « Djilor compte sept communes mais un seul centre d’enrôlement. Nous lançons un appel au ministre de l’Intérieur et au directeur de la DAF pour l’ouverture d’un centre permanent dans l’arrondissement », a-t-il plaidé.

Selon lui, cette concentration des services d’enrôlement dans un seul lieu crée des inégalités d’accès, notamment pour les populations des zones enclavées, souvent obligées de parcourir de longues distances pour se faire identifier.

La réussite de cette opération pilote soulève la question de sa généralisation à d’autres établissements scolaires du pays, notamment en milieu rural. La carte nationale d’identité étant devenue un document indispensable non seulement pour les démarches administratives mais aussi pour l’accès à certaines opportunités (examens, bourses, concours), la décentralisation de son enrôlement reste un enjeu majeur de l’inclusion citoyenne.

Pacte de stabilité sociale : Le SYTJUST dénonce son exclusion et annonce la reprise de la mobilisation

Au lendemain de la signature du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) est monté au créneau pour exprimer sa colère et sa frustration. Dans un communiqué transmis à la presse ce vendredi 2 mai, le syndicat fustige « l’exclusion injustifiée » du secteur judiciaire de cet accord conclu entre le gouvernement et plusieurs organisations syndicales à l’occasion de la Fête du Travail.

« Aucune des doléances portées par les travailleurs de la Justice n’a été satisfaite. Le secteur a été tout simplement ignoré dans ce pacte », déplore le SYTJUST, visiblement amer face à ce qu’il qualifie de marginalisation délibérée.

Selon le syndicat, cette omission est d’autant plus préoccupante que le secteur judiciaire connaît depuis plusieurs années une accumulation de revendications non satisfaites, touchant notamment aux statuts des agents, aux conditions de travail, à la rémunération et aux infrastructures.

En réaction, le SYTJUST affirme ne plus se sentir lié par les engagements issus du pacte signé le 1er mai, et annonce « la reprise du combat pour la satisfaction de ses revendications ». Cette mobilisation pourrait entraîner de nouveaux mouvements d’humeur dans les juridictions et perturber sérieusement le fonctionnement du service public de la Justice dans les jours à venir.

Le syndicat n’a pas encore précisé la nature des actions envisagées, mais des grèves, des sit-in ou des ralentissements d’activités ne sont pas à exclure.

Le Pacte national de stabilité sociale, salué par le gouvernement comme une avancée majeure en faveur du dialogue social, commence ainsi à susciter des remous. Alors qu’il visait à instaurer un climat de sérénité pour favoriser les réformes économiques, l’exclusion de certaines corporations — comme celle des travailleurs de la Justice — risque de fragiliser sa portée.

Kaolack / Éducation : Les principaux de collèges à l’école de la gestion administrative, financière et des ressources humaines

Dans le cadre de la réforme continue du système éducatif sénégalais, une session de formation s’est tenue ce vendredi 2 mai 2025 à Kaolack, réunissant les principaux de collèges venus des quatre Inspections de l’Éducation et de la Formation (IEF) relevant de l’Inspection d’Académie (IA) de Kaolack.

Cette session de deux jours, initiée par le Collectif des Chefs d’Établissement avec l’appui de l’IA et des quatre IEF (Kaolack commune, Kaolack département, Guinguinéo et Nioro du Rip), vise à renforcer les compétences des chefs d’établissement en matière de gestion administrative, pédagogique, financière et en ressources humaines. Au total, 92 principaux de collèges, un représentant des écoles privées, un du BTS, ainsi qu’un représentant des écoles catholiques prennent part à cette rencontre.

« Chaque année, nous élaborons un Plan de Travail Annuel (PTA). Le premier point de ce plan consiste à organiser une formation initiale pour les chefs d’établissement, notamment les nouveaux promus à la rentrée. Nous demandons à l’IA de prendre en charge cette formation. Cette seconde phase est axée sur la gestion financière, matérielle, administrative, ainsi que sur la gestion des ressources humaines », a expliqué Jacques Diouf, président du Collectif des Chefs d’Établissement de la région de Kaolack.

Il a également souligné une problématique majeure : « Au Sénégal, il n’existe pas encore d’école de formation pour les chefs d’établissement. Pourtant, ces derniers sont souvent d’anciens enseignants qui, du jour au lendemain, se retrouvent promus à des postes de responsabilité. S’ils ne sont pas formés ou s’ils ne maîtrisent pas les tâches à accomplir, il sera difficile d’atteindre l’excellence scolaire. »

Selon M. Diouf, le collectif joue un rôle fondamental dans le système éducatif : « Le Collectif des Chefs d’Établissement est un partenaire des IA et des IEF. C’est une structure d’accompagnement et d’alerte qui permet de faire remonter les dysfonctionnements constatés sur le terrain auprès de la hiérarchie, que ce soit les IEF, l’IA, les parents d’élèves ou le ministère. »

Il a conclu en insistant : « Ils sont au total 92 principaux de collèges, 2 directeurs de BTS, 1 représentant des écoles privées et 1 des écoles catholiques. Cela prouve que pour avoir une école de qualité, cela doit être un travail collectif. »

Présent à cette session, l’inspecteur Moustapha Ndiaye, représentant de l’IA Samba Diakhaté, a salué cette initiative qu’il juge venue à point nommé. « Très souvent, en tant que chef d’établissement, on est tenu de respecter les textes. Mais il faut savoir les appliquer avec souplesse, car une rigueur excessive peut engendrer des conflits, et là où il y a conflit, l’échec n’est jamais loin. C’est pourquoi ces principaux de collèges doivent être accompagnés par de telles formations », a-t-il souligné.

Affaire Boffa Bayotte : la Cour de cassation confirme la perpétuité pour le journaliste René Capain Bassène

Le journaliste René Capain Bassène, détenu depuis plus de sept ans à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Ziguinchor dans le cadre de l’affaire de la tuerie de Boffa Bayotte, a vu son dernier espoir judiciaire s’effondrer. Ce vendredi 2 mai, la Cour de cassation a confirmé sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, rendant définitive sa peine.

L’annonce a été faite par Madia Diop Sané, coordonnateur national du mouvement “Vision Sénégal”, qui a reçu l’appel personnel du journaliste depuis sa cellule. “Une triste et mauvaise nouvelle que personne ne s’attendait à entendre. René vient de nous dire que son ultime recours a été rejeté. Nous espérions sa libération”, a-t-il déclaré.

Militants, confrères et soutiens du journaliste continuent de clamer son innocence. “L’État du Sénégal ferait mieux d’identifier les véritables auteurs de la tragédie de Boffa Bayotte”, a insisté Madia Diop Sané.

Sur Facebook, le journaliste Moussa Ngom a exprimé sa vive inquiétude, évoquant la détérioration de l’état de santé de Bassène. Ce dernier devait être évacué à Dakar pour une intervention chirurgicale suite à des tortures subies lors de sa garde à vue : “Son tympan a été perforé. L’homme qui m’a appelé aujourd’hui n’avait plus de force. Je crains le pire.”

Cette décision de la Cour de cassation vient clore une procédure longue et contestée, dans un climat de préoccupations persistantes autour de la transparence du procès et du respect des droits de la défense.

Levée de son immunité parlementaire : Ndèye Saly Diop clame son innocence et dénonce une “diffamation”

Accusée dans le cadre de la gestion des fonds Covid-19, l’ancienne ministre de la Famille et députée Ndèye Saly Diop Dieng a vu son immunité parlementaire levée ce vendredi par 110 voix pour, 14 contre. Une décision qui ouvre la voie à des poursuites judiciaires pour enrichissement illicite présumé et complicité dans le dossier révélé par la Cour des comptes.

Face à ses collègues de l’Assemblée nationale, Ndèye Saly Diop a pris la parole avec gravité : « Je me présente aujourd’hui devant vous, l’âme sereine, portant la dignité d’une républicaine engagée », a-t-elle lancé, rappelant ses 40 ans de service public, dont cinq en tant que ministre.

Rejetant fermement les accusations, elle a qualifié le dossier de « politique » et a dénoncé une « diffamation ». « Je n’ai été ni complice, ni témoin passif de quelconque enrichissement illicite. Ma vie est un livre ouvert, mon patrimoine connu », a-t-elle déclaré.

Elle a aussi évoqué son action durant la pandémie, affirmant avoir suivi les directives du président Macky Sall, en mettant en œuvre une stratégie de protection des enfants en situation de rue : « 5089 enfants ont été retirés de la rue, nourris et rendus à leur famille. Il n’y a eu ni détournement, ni enrichissement. Il y a eu une action humanitaire menée avec dévouement. »

Confiant dans la suite judiciaire, elle a conclu : « Que la lumière soit faite, que les pièces justificatives soient examinées, que les bénéficiaires soient entendus. Je pense que la vérité triomphera. »

Classement RSF 2025 : la précarité économique, principale menace pour la liberté de la presse

Le nouveau Classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), ce vendredi 2 mai, met en lumière une évolution alarmante : la précarité économique est désormais la principale menace pour la liberté de la presse, devant la censure ou la violence.

« La principale menace à la liberté de la presse n’est plus uniquement la violence ou la censure : c’est désormais la précarité économique des médias », alerte Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF. Selon lui, les rédactions, asphyxiées financièrement, deviennent vulnérables aux logiques de désinformation et aux pressions politiques.

Le rapport 2025 dresse un constat sévère : dans 160 des 180 pays évalués, les médias peinent à atteindre une stabilité financière. Un tiers des pays enregistrent des fermetures régulières de rédactions. Des exemples comme la Tunisie (129e, -11), l’Argentine (87e, -21) ou les États-Unis (57e, -2) illustrent cette chute liée à la course à la rentabilité au détriment de la qualité de l’information.

Pour Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF, « sans indépendance économique, il n’y a pas de presse libre. Une information fiable coûte cher. Il faut repenser l’économie des médias pour la rendre compatible avec l’intérêt général. »

En Afrique, les défis sont accrus : concentration des médias entre les mains de groupes proches du pouvoir, autocensure, manque de régulation efficace. Le Sénégal, lui, gagne 20 places et se classe 74e dans le monde, 15e en Afrique et 7e dans la CEDEAO. Une progression que Sadibou Marong attribue aux réformes amorcées, tout en appelant à des mesures concrètes et durables. « Sans un plan d’appui structuré, l’indépendance des médias restera une illusion », prévient-il.

Le rapport pointe aussi du doigt l’impact massif des géants du numérique (GAFAM), qui captent l’essentiel des revenus publicitaires. En 2024, les dépenses sur les plateformes sociales ont atteint 247,3 milliards de dollars, au détriment des médias traditionnels.

À l’échelle mondiale, le score moyen de liberté de la presse chute sous les 55 points, basculant dans une zone jugée « difficile ». Plus de 112 pays régressent, et 42 d’entre eux présentent une situation « très grave ».

Pour RSF, seule une mobilisation globale, conjuguée à des politiques publiques ambitieuses, pourra inverser cette tendance. « Défendre la presse aujourd’hui, c’est défendre la démocratie », conclut Sadibou Marong.

Levée de l’immunité parlementaire de Ndeye Saly Diop : 52 millions de FCFA au cœur d’une affaire de justification financière

Ce vendredi 2 mai 2025, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’un moment crucial dans le cadre de la reddition des comptes liés à la gestion du Fonds de riposte contre la Covid-19. Face aux députés, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a officiellement sollicité la levée de l’immunité parlementaire de l’ancienne ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, Ndeye Saly Diop. Motif : l’implication présumée de cette dernière dans des irrégularités financières portant sur un montant global de 52 223 300 FCFA.

Cette requête du Garde des Sceaux fait suite aux conclusions du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des fonds Covid-19. Selon les enquêteurs financiers, l’ancienne ministre aurait perçu 150 millions de FCFA de crédits. Mais les justificatifs fournis pour un montant de 36 147 500 FCFA sont apparus comme étant les mêmes que ceux déjà présentés dans le cadre d’autres opérations d’aide et de secours, soulevant de sérieux soupçons de redondance et de falsification documentaire.

Pire encore, la Cour des comptes a mis en lumière que plusieurs bénéficiaires supposés de ces aides portaient les mêmes noms, prénoms, numéros de cartes d’identité et parfois même les mêmes adresses. Pourtant, les montants reçus variaient d’un dossier à l’autre, pour une valeur totale estimée à 52 223 300 FCFA.

Lors de son audition, le Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAG) a reconnu que certains des soi-disant bénéficiaires étaient en réalité des fournisseurs. Il a également révélé qu’une partie du fonds, soit 22 367 300 FCFA, avait été distribuée comme appui financier aux agents du ministère, sur instruction de l’autorité, sans précision ni pièce justificative.

Par ailleurs, un montant de 4 828 500 FCFA reste totalement injustifié, selon les vérificateurs de la Cour des comptes. En définitive, celle-ci conclut que le ministère, à travers son DAG, n’a pu produire aucune pièce justificative pour justifier les dépenses à hauteur de plus de 52 millions de FCFA.

Alors que le gouvernement affiche sa volonté de lutter contre l’impunité et pour une gouvernance vertueuse, cette affaire relance le débat sur la gestion des ressources publiques, surtout dans le contexte sensible d’une crise sanitaire mondiale. La balle est désormais dans le camp de l’Assemblée nationale, appelée à se prononcer sur la levée d’immunité, première étape vers une éventuelle poursuite judiciaire.

Levée de l’immunité parlementaire de Moustapha Diop : la justice sénégalaise resserre l’étau autour des anciens ministres

L’Assemblée nationale du Sénégal a voté la levée de l’immunité parlementaire de Moustapha Diop, ancien ministre du Développement industriel et actuel député-maire de Louga. Cette décision intervient dans le cadre de l’enquête sur la gestion du Fonds Force Covid-19, un fonds spécial mis en place pour faire face aux conséquences sanitaires et économiques de la pandémie.

Moustapha Diop est soupçonné de détournement de deniers publics portant sur un montant de 2,5 milliards de francs CFA. Une accusation grave, qui marque une nouvelle étape dans les enquêtes visant plusieurs anciens responsables du régime de l’ex-président Macky Sall.

Réagissant à la levée de son immunité, Moustapha Diop a minimisé les faits qui lui sont reprochés, qualifiant la somme en question de « modique ». « Les 2,5 milliards, c’est 0,025 % des fonds. C’est comme prendre une tasse d’eau de la mer », a-t-il déclaré, avant de s’interroger : « Où sont ceux qui avaient 500 milliards, 400, 300 milliards. Pourquoi moi ? »

Cette sortie a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et dans les médias. Beaucoup y voient une tentative de relativiser la gravité des faits ou de détourner l’attention, alors que la justice tente d’établir les responsabilités dans la gestion opaque du fonds.

Avec la levée de son immunité parlementaire, Moustapha Diop pourra désormais être entendu par les autorités judiciaires. Il pourrait être traduit devant la Haute Cour de justice, la juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de reddition des comptes, dans lequel plusieurs anciens ministres sont dans le viseur de la justice. Le gouvernement actuel affirme vouloir faire toute la lumière sur l’utilisation des 1 000 milliards de francs CFA mobilisés pendant la crise sanitaire.

Pour de nombreux Sénégalais, cette série d’enquêtes marque un tournant dans la lutte contre la corruption et l’impunité. La gestion du Fonds Force Covid-19 avait déjà fait l’objet de rapports accablants de la Cour des comptes, dénonçant de graves irrégularités dans l’attribution de marchés et l’utilisation des fonds.

Alors que l’opinion publique attend des actes forts, l’affaire Moustapha Diop pourrait faire figure de test pour les institutions judiciaires et politiques du pays. Elle pose également la question de la responsabilité collective dans la gestion des ressources publiques en période de crise.

Affaire à suivre.

Levée de l’immunité parlementaire de Ndeye Saly Diop Dieng : l’Assemblée nationale donne son feu vert à la justice

Après Moustapha Diop, c’est au tour de Ndeye Saly Diop Dieng de perdre son immunité parlementaire. L’Assemblée nationale a voté, ce vendredi, en faveur de la levée de l’immunité de l’ancienne ministre de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, ouvrant ainsi la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires.

La procédure a été initiée à la suite d’une requête du ministre de la Justice, transmise par le Procureur général près la Cour d’appel de Dakar. Au total, sur les 165 députés que compte l’hémicycle, 132 ont pris part au vote, dont 18 par délégation. Le résultat est sans équivoque : 118 voix pour, 14 contre, et aucune abstention.

L’Assemblée a ainsi adopté la résolution présentée par la Commission Ad hoc, confirmant sa volonté de coopérer avec la justice dans le traitement de ce dossier.

Affaire foncière de Pikine-Guédiawaye : Mame Boye Diao brise le silence et charge les autorités

Invité lors d’un panel organisé par le Syndicat autonome des agents des Impôts et Domaines (SAID), tenu à l’occasion de la fête du Travail ce jeudi 1er mai, l’ancien directeur général des Domaines, Mame Boye Diao, est revenu sur son passage tumultueux à la tête de la DGID et sur l’affaire foncière controversée liée au tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Devant ses anciens collègues réunis autour du thème : « Le positionnement stratégique de la DGID dans les politiques foncières et domaniales de l’État du Sénégal : enjeux et perspectives », Mame Boye Diao a exprimé son amertume. « Mes trois années aux Domaines restent un cauchemar », a-t-il déclaré, soulignant que peu d’agents quittent ce service sans être inquiétés par la gendarmerie.

Évoquant l’affaire des 2 hectares attribués à l’ancien ministre Ismaïla Madior Fall — dossier qui avait défrayé la chronique et failli être porté devant la Haute Cour de justice — Mame Boye Diao s’est voulu clair : « C’est le ministre qui m’a demandé d’exécuter, et j’ai exécuté. » Il ajoute : « Ce sont les ministres ou parfois le Président qui donnent les instructions, et nous les exécutons. »

Pour lui, les fonctionnaires de la DGID sont souvent des boucs émissaires, pris au piège de décisions politiques opaques. Il a ainsi plaidé pour une meilleure protection des agents du fisc et une réforme en profondeur du système foncier. « Nous avons les compétences, les ressources humaines et les textes nécessaires pour réformer, mais tant que les pratiques actuelles perdurent, rien ne changera », a-t-il martelé.

Audit des finances publiques 2019–2024 : La Cour des comptes saisit la Justice, huit dossiers explosifs dans le viseur

L’État sénégalais entre dans une nouvelle ère de transparence budgétaire. La Cour des comptes, par la voix de son président Mamadou Faye, a officiellement saisi le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, à la suite d’un audit approfondi des finances publiques sur la période 2019–2024. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique de reddition des comptes et de lutte contre l’impunité.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, le président de la Cour a adressé un référé judiciaire accompagné de documents déclassifiés relatifs à des comptes bancaires utilisés par plusieurs membres des anciens gouvernements, notamment les ministres et ministres délégués chargés des Finances. Ces pièces laissent entrevoir de potentielles irrégularités graves, justifiant l’ouverture de procédures pénales.

Huit dossiers, jugés « particulièrement incriminants », sont déjà dans le viseur de la Justice. D’après les sources du journal, les premières auditions viseront une dizaine de hauts fonctionnaires, principalement issus du Trésor public et du ministère des Finances. Une réunion technique de haut niveau, organisée mercredi dernier autour du procureur financier et d’un groupe restreint de magistrats et d’Officiers de police judiciaire (OPJ), a permis de définir les modalités de l’enquête, qui sera conduite par la Division des investigations criminelles (DIC).

La Cour des comptes, qui se dit disponible pour tout complément d’information, semble déterminée à aller au bout de ce processus. Pour beaucoup, ce tournant judiciaire marque une rupture forte avec les pratiques du passé et donne corps à la promesse d’un État plus intègre.

Alors que le rouleau compresseur judiciaire se met en marche, l’opinion publique retient son souffle. Des personnalités de premier plan, aujourd’hui dans le viseur, pourraient bientôt être appelées à répondre de leur gestion devant la Justice.

Assemblée nationale : L’immunité parlementaire de Moustapha Diop levée

L’Assemblée nationale du Sénégal a officiellement levé, ce vendredi, l’immunité parlementaire de Moustapha Diop, député-maire de Louga et ancien ministre du Développement industriel. La décision, largement soutenue par les députés, marque un tournant dans l’évolution judiciaire de cette figure politique.

Sur les 124 parlementaires présents lors de la séance plénière, 116 ont voté pour la levée de l’immunité, tandis que 8 s’y sont opposés. Aucun député ne s’est abstenu. Ce vote fait suite à une demande formulée par le ministre de la Justice, relayée par une correspondance du Procureur général près la Cour d’appel de Dakar. L’Assemblée a ainsi entériné la résolution soumise par la Commission Ad hoc, spécialement mise en place pour statuer sur ce dossier.

Cette levée d’immunité ouvre désormais la voie à des poursuites judiciaires contre Moustapha Diop, dont les ennuis judiciaires restent pour l’instant non détaillés publiquement. Toutefois, cette procédure souligne la volonté des autorités de renforcer la transparence et la redevabilité au sein de la classe politique.

L’ancien ministre, réputé pour son influence dans la région de Louga, pourrait donc bientôt faire face à la justice, sauf rebondissement dans les jours à venir. En attendant, cette affaire suscite de vifs commentaires au sein de l’opinion publique et sur les réseaux sociaux.

“Na Dougou” de Mia Guissé : un but ou un blasphème ?

Il y a des chansons qui font danser, d’autres qui font penser. Et puis, parfois, surgit un ovni sonore comme « Titulaire » de Mia Guissé, qui ne se contente ni de faire bouger les hanches ni de stimuler les neurones, mais qui fait comparaître — au tribunal de l’opinion publique.

Le refrain, « Na dougou » (“qu’il entre”), est devenu un cri de guerre pour certains, un signal d’alarme pour d’autres. L’artiste, pour sa défense, sort la carte du football : na dougou, c’est le ballon qui entre, pas le démon. Pourtant, dans un pays où les métaphores ne sont jamais innocentes, le malentendu est devenu viral.

Mame Matar Guèye de l’ONG Jamra, jamais en retard quand il s’agit de condamner les dérapages culturels, y voit une passe en profondeur vers Sodome et Gomorrhe. L’un voit un but, l’autre voit un gouffre. Et la chanson devient le terrain d’un match idéologique : liberté artistique contre décence publique.

Ironie du timing : Mia a publié le morceau à la veille du choc Barça–Inter. Hasard ou vision ? Elle aurait, selon ses fans, “marqué” avant le coup d’envoi. Visionnaire ou provocatrice ? La réponse dépend du poste qu’on occupe sur le terrain : attaquant culturel ou défenseur des valeurs.

Mais si la chanson choque, ce n’est pas seulement pour ses paroles, c’est pour son combo explosif : texte suggestif, tenues osées, chorégraphie sensuelle. L’ensemble ressemble à une déclaration d’indépendance artistique… signée dans un night-club.

La réplique de Jamra ne s’est pas fait attendre : accusation de pornographie verbale, appel à la censure, et menace d’une mise hors-jeu définitive pour Mia Guissé. Mais le paradoxe est là : des contenus bien plus crus inondent les plateformes, en anglais, en français, sans provoquer autant de cris d’orfraie. Ce qui dérange ici, c’est que le vice parle wolof — une langue supposée porter la sagesse, pas l’audace.

Quant à la famille de l’artiste, elle crie à la chasse aux sorcières morales. Mais en coulisse, certains murmurent : défendre la liberté d’expression, oui… mais n’aurait-il pas fallu rappeler à Mia que même sur un terrain de foot, on porte au moins un short — fut-il métaphorique ?

Alors, “Na dougou”, hymne générationnel ou provocation gratuite ? À chacun son interprétation. Mais une chose est sûre : Mia Guissé a marqué. En pleine lucarne.

Président Bassirou Diomaye Faye en route pour Libreville pour l’investiture de Brice Oligui Nguema

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce vendredi matin pour Libreville, où il prendra part à la cérémonie d’investiture de son homologue gabonais, Brice Oligui Nguema, prévue ce samedi 3 mai. À son départ, il a été salué par le Premier ministre, Ousmane Sonko.

Kaolack / Fête du 1er Mai : La Coalition des Centrales Syndicales énumère ses préoccupations et remet un cahier de doléances au Gouverneur

À l’occasion de la fête du 1er Mai, les travailleurs de la capitale du Saloum, regroupés au sein de cinq centrales syndicales affiliées à la CSI — la CNTS/FC, l’UDST, l’UNSAS, la CSA et la CNTS — ont célébré la Journée internationale du travail dans une dynamique d’unité syndicale et de continuité dans les revendications.

Les syndicalistes ont organisé une marche à travers les artères de la ville, avant de remettre un cahier de doléances à l’adjoint au gouverneur chargé du développement.

Selon Ngagne Siry Lo Diop, secrétaire générale de l’Union régionale de la CNTS de Kaolack et coordonnatrice de la coalition des cinq centrales syndicales affiliées à la CSI dans la région, « nous célébrons le 1er Mai dans un contexte d’unité syndicale. Nos préoccupations sont nombreuses, car plusieurs secteurs rencontrent d’énormes difficultés. Dans le secteur de l’éducation, par exemple, les décisionnaires attendent toujours leur régularisation. Dans le secteur de l’eau, notamment chez Flex’eau, des licenciements ont été enregistrés. Le secteur du gardiennage, celui de la boulangerie, entre autres, sont également confrontés à de nombreux problèmes. Tous ces points ont été intégrés dans le cahier de doléances remis au gouverneur », a-t-elle déclaré.

En réponse, l’adjoint au gouverneur de Kaolack en charge du développement, Mamadou Habib Camara, a rassuré les syndicalistes quant à la prise en compte de leurs revendications. « Ce document, fruit de réflexions partagées, exprime les attentes, les préoccupations et les revendications légitimes des travailleuses et travailleurs de notre région. Qu’il s’agisse de meilleures conditions de travail, de justice sociale, de sécurité au travail ou de revalorisation salariale, je mesure l’importance des points que vous avez soulevés. Je tiens à vous assurer que ce cahier fera l’objet d’une étude minutieuse. Un CRD spécial lui sera consacré. À son issue, les doléances pouvant être satisfaites au niveau régional le seront, s’il plaît à Dieu. Quant aux autres, elles seront transmises aux autorités compétentes au niveau national », a-t-il déclaré.

LE PARQUET, BRAS ARMÉ DE L’EXÉCUTIF POUR UNE JUSTICE DES VAINQUEURS .

L’actualité judiciaire au Sénégal, et plus particulièrement à Dakar, soulève de plus en plus de préoccupations quant à l’indépendance et à la neutralité du ministère public. La récurrence de procédures dirigées contre des chroniqueurs, journalistes ou opposants critiques à l’égard du pouvoir laisse entrevoir un glissement préoccupant : celui d’un usage stratégique de la procédure pénale à des fins politiques.

Ce phénomène devient particulièrement visible lorsque le parquet choisit délibérément de saisir un juge d’instruction, au lieu de renvoyer directement une affaire devant le tribunal des flagrants délits. Ce choix procédural, apparemment légal, peut masquer en réalité un détournement de finalité de l’action publique.

I. La saisine stratégique du juge d’instruction par le Parquet : un usage dévoyé du pouvoir de poursuite

En droit sénégalais, comme dans d’autres systèmes de tradition civiliste, le parquet dispose d’un pouvoir d’appréciation pour décider de la manière dont il entend exercer l’action publique. Il peut saisir le juge d’instruction lorsqu’il estime que les faits sont complexes, graves ou nécessitent des investigations approfondies. À l’inverse, les affaires plus simples, et notamment celles révélées en flagrance, peuvent faire l’objet d’une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel ou des flagrants délits.

Cependant, lorsque le parquet opte pour l’ouverture d’une information judiciaire dans une affaire manifestement simple, touchant des chroniqueurs, des opposants et des activistes critiques vis-à-vis du régime, la question d’un détournement de procédure se pose. En effet, le juge d’instruction permet, entre autres, le placement en détention provisoire prolongée, ce qui peut devenir un outil de neutralisation politique.

Ce détournement repose sur une pratique juridiquement qualifiable : le détournement de pouvoir . Il consiste à utiliser une compétence légalement attribuée pour un objectif autre que celui qui la justifie. Ainsi, une procédure d’instruction, normalement dédiée à la recherche de la vérité judiciaire, devient un moyen de répression ciblée.

II. Une atteinte manifeste au principe du procès équitable et aux droits fondamentaux.

D’abord , le principe d’égalité des justiciables devant la loi et la justice est compromis. L’usage différencié de la procédure selon le profil politique ou médiatique d’un prévenu constitue une rupture d’égalité.

Ensuite , le principe d’impartialité du parquet se trouve affaibli. Le ministère public, censé représenter la société dans son ensemble, devient de facto une extension de l’exécutif. Cette perte de neutralité connue de tous comme baleine sous cailloux, viole les standards internationaux, notamment l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui impose une procédure équitable devant des instances impartiales.

Enfin , ces pratiques peuvent déboucher sur une atteinte à la liberté d’expression et une privation arbitraire de liberté. En maintenant en détention provisoire un journaliste ou un chroniqueur, non pas pour des raisons judiciaires légitimes, mais pour faire pression ou dissuader toute critique, l’État viole des libertés garanties par la Constitution sénégalaise et par les traités internationaux auxquels il a souscrit.

III. Une réforme du statut du parquet est nécessaire.

Le fond du problème réside dans le lien organique et hiérarchique entre le parquet et le pouvoir exécutif. Ce lien favorise les pressions politiques, surtout dans les affaires sensibles. Plusieurs pays ont déjà opéré des réformes tendant à renforcer l’indépendance fonctionnelle du ministère public.

La garantie procédurale que le choix du mode de saisine (instruction ou flagrant délit) soit motivé, transparent, et susceptible de contrôle juridictionnel pour mieux respecter les droits de la défense.

La justice pénale ne saurait devenir une arme de dissuasion politique ni l’arbitre du debat politique. Si tel le cas, il accréditerait la thèse selon laquelle: LA JUSTICE AGIT SOUS LA DICTÉE DE L’EXÉCUTIF. Lorsque le parquet agit en dehors de la logique judiciaire pour servir des intérêts partisans, la confiance du public dans l’institution judiciaire est irrémédiablement entamée.

Préserver l’état de droit au Sénégal impose de repenser en profondeur le statut, le rôle et la responsabilité du ministère public. Car dans une démocratie saine, le parquet n’est pas un auxiliaire du pouvoir : il est le garant de l’intérêt général, sans peur ni faveur.

 » La justice doit être un outil de stabilité sociale et d’équité, mais pas un instrument pour régler des comptes personnels ou claniques « 

HONORABLE MOUSSA DIAKHATÉ PRÉSIDENT NOUVEL ÉLAN LIBÉRAL-NEL Ngir Sénégal Bi Gën

1er Mai : L’UDEN départemental de Kaolack prône une revalorisation salariale et une politique éducative sérieuse

En ce 1er mai, journée de solidarité internationale des travailleurs et travailleuses, les membres de l’Union Démocratique des Enseignantes et Enseignants du Sénégal (UDEN) du département de Kaolack se sont réunis pour célébrer les luttes des travailleurs du monde entier, mais aussi pour réaffirmer leur engagement à défendre les droits des enseignantes et enseignants, et œuvrer pour une éducation de qualité pour tous.

« Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement le travail, mais aussi la dignité des travailleurs, en particulier celle des enseignantes et enseignants, véritables architectes de l’avenir de notre pays. Ce sont eux qui, chaque jour, transmettent le savoir, forment les citoyens de demain et participent activement à l’édification de notre Nation », a souligné Abdoulaye Dia, Secrétaire général départemental de l’UDEN à Kaolack, par ailleurs membre du bureau national chargé du suivi des revendications.

Il a rappelé que le 1er mai est à la fois une journée de lutte et d’espoir, un moment pour honorer la mémoire de ceux qui ont payé de leur engagement afin que les travailleurs d’aujourd’hui puissent jouir de droits et de protections sociales. « Nous poursuivons leurs luttes avec détermination. Il est impératif que nous nous levions ensemble pour un système éducatif plus juste, plus équitable, et surtout plus respectueux de ceux qui œuvrent quotidiennement pour sa réussite », a-t-il déclaré.

M. Dia a également dénoncé les nombreux défis auxquels les enseignants sont confrontés au Sénégal : sous-rémunération, manque de moyens pour exercer dans de bonnes conditions, surcharge des programmes, absence de formation continue et reconnaissance institutionnelle insuffisante. « Ces problèmes ne sont pas nouveaux, mais ils se font de plus en plus pressants », a-t-il insisté.

Face à cette situation préoccupante, l’UDEN départemental de Kaolack appelle les nouvelles autorités à prendre des mesures urgentes et concrètes pour répondre aux revendications légitimes du corps enseignant. « Il est grand temps d’instaurer une politique éducative sérieuse, ambitieuse, et de reconnaître à leur juste valeur celles et ceux qui portent l’éducation nationale à bout de bras », a plaidé le syndicat.

L’UDEN réaffirme ainsi son engagement à poursuivre le combat pour une revalorisation salariale décente, des conditions de travail dignes et la reconnaissance pleine et entière du rôle fondamental des enseignants dans la société.

1er Mai 2025 : Le travail en souffrance, la liberté en sursis

Le 1er mai 2025 ne ressemble en rien à une fête. Ce jour censé honorer la dignité du travailleur et consacrer ses luttes devient, au Sénégal, le miroir brisé d’un espoir trahi.

Au lieu de célébrer le courage de ceux qui bâtissent ce pays dans l’ombre des discours, le climat est à l’angoisse, à la répression et à la précarité. Des milliers de travailleurs jetés à la rue sans accompagnement. Des chantiers publics à l’arrêt, laissant derrière eux des ouvriers livrés à eux-mêmes. Des soignants contractuels ignorés, après avoir porté à bout de bras un système de santé fragilisé. Des enseignants dans l’attente d’une régularisation toujours repoussée.

La rupture promise s’est transformée en une continuité brutale : celle d’une injustice sociale banalisée.

Le symbole est fort : à Dakar, le discours du ministre du Travail, Abass Fall, a été interrompu par des agents licenciés venus protester contre leur mise à l’écart brutale. Le silence du gouvernement face à cette détresse est assourdissant. Ce moment de vérité, survenu en pleine cérémonie officielle, met à nu l’écart abyssal entre les promesses politiques et la réalité des travailleurs.

Mais la gravité de la situation dépasse le champ du social. Ce 1er mai est aussi marqué par des atteintes sans précédent à la liberté d’informer. Plusieurs organes de presse ont été fermés sur décision administrative. Des journalistes convoqués à la Direction de la surveillance du territoire. Des médias indépendants réduits au silence, dans un contexte où la parole libre devient une menace à neutraliser.

Quand le pain manque et que la voix s’éteint, c’est tout un pays qui vacille.

Peut-on sérieusement parler de fête du travail quand ceux qui font tourner les hôpitaux, les écoles, les chantiers et les rédactions vivent dans la peur, le mépris ou l’oubli ? Quand l’État, censé garantir les droits, devient le premier pourvoyeur de précarité ?

Ce 1er mai 2025 ne doit pas être un rituel vide. Il doit être un cri d’alarme, un appel à la conscience collective. Car on ne construit pas un « Sénégal nouveau » sur la peur, la censure et les licenciements massifs. On le construit sur trois piliers essentiels : la justice sociale, la dignité des travailleurs, et la liberté d’informer.

À défaut, nous continuerons à célébrer un 1er mai sans travailleurs… et un avenir sans perspectives.

Par El Hadji C. KANE

Quitter la version mobile