La polémique autour du projet AEE Power/ASER connaît un nouveau rebondissement au Sénégal, à la suite d’une sortie du Premier ministre Ousmane Sonko lors de sa visite à Fissel. Ses déclarations, mettant en cause le député Thierno Alassane Sall dans le blocage supposé du projet, ont suscité une vive réaction de ce dernier, qui dénonce des propos incohérents et accuse le régime en place de manipulation.
Dans une prise de parole au ton ferme, Thierno Alassane Sall rejette catégoriquement les accusations portées contre lui. Il s’étonne notamment qu’on puisse lui attribuer une quelconque responsabilité dans le ralentissement du projet, alors même qu’il n’exerce pas le pouvoir exécutif. Selon lui, cette sortie soulève une interrogation fondamentale sur la réalité du pouvoir au sommet de l’État, évoquant implicitement le rôle du président Bassirou Diomaye Faye dans la gestion des affaires publiques.
Le député va plus loin en pointant ce qu’il considère comme une contradiction majeure au sein du pouvoir. Il rappelle que, depuis près de deux ans, les autorités, leurs soutiens politiques et médiatiques n’ont cessé d’affirmer que le projet AEE Power/ASER suivait son cours normal. Dès lors, il juge incompréhensible que l’on tente aujourd’hui de lui imputer un blocage, y voyant une tentative de diversion face à des zones d’ombre persistantes dans ce dossier.
Au cœur de sa charge, Thierno Alassane Sall évoque également la question des 37 milliards de francs CFA liés au projet. Il interpelle directement le gouvernement sur la destination de ces fonds, estimant que les Sénégalais sont en droit d’exiger des réponses claires et transparentes. Pour lui, la sortie d’Ousmane Sonko constitue un aveu involontaire qui fragilise davantage la communication du pouvoir sur ce dossier sensible.