Le dossier des 37 milliards de francs CFA liés à l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) connaît un nouveau développement. Le Collectif Sunu 37 milliards a lancé une alerte à l’endroit des autorités judiciaires après l’annonce faite par Me Patrick Kabou, avocat de José, selon laquelle son client ne répondrait désormais plus aux convocations de la justice sénégalaise, privilégiant la procédure engagée à Madrid, en Espagne.
Dans un communiqué, le collectif qualifie cette décision de « défiance manifeste » à l’égard de la justice sénégalaise. Pour ses membres, aucun justiciable ne peut décider, de manière unilatérale, de la juridiction devant laquelle il accepte de répondre, en fonction de ses intérêts ou de l’évolution de la procédure.
« Quelle que soit sa nationalité, sa position ou la nature du dossier », tout justiciable est tenu de se conformer aux procédures judiciaires en vigueur, estime le Collectif Sunu 37 milliards. Celui-ci appelle ainsi les autorités compétentes à prendre au sérieux la position annoncée par José et à en tirer les conséquences prévues par la législation sénégalaise.
Le collectif pointe également ce qu’il considère comme une contradiction dans l’attitude du mis en cause. Il rappelle que José aurait lui-même engagé plusieurs procédures devant les juridictions sénégalaises, notamment contre différentes personnes et structures, avant de ne pas les mener à leur terme.
Parmi les procédures évoquées figure une plainte déposée contre Seydou Kane devant le juge d’instruction, que le collectif affirme avoir été retirée faute de preuves suffisantes. Il cite également une plainte relative à une prétendue fausse quittance, qui aurait finalement été abandonnée.
Le Collectif Sunu 37 milliards évoque par ailleurs une saisine du Tribunal de commerce concernant l’utilisation des attributs et du logo d’AEE Power, ainsi qu’une plainte visant le député Thierno Alassane Sall. Selon le collectif, aucune de ces démarches n’aurait été menée jusqu’à son terme par José.
Cette situation pousse ses membres à s’interroger sur la cohérence de la démarche actuelle. « Comment peut-on saisir la justice sénégalaise lorsqu’elle sert ses intérêts et, dès lors qu’elle devient susceptible de poser des questions qui dérangent, décider de ne plus lui répondre ? », s’interroge le collectif.
Face à cette situation, le Collectif Sunu 37 milliards interpelle directement le Pool judiciaire et financier. Il lui demande de veiller à ce que la position annoncée par José ne crée pas, selon lui, « un précédent dangereux » dans le traitement des dossiers judiciaires.
Le collectif invite ainsi les autorités judiciaires à examiner, « sans complaisance », l’ensemble des mesures prévues par la loi afin de garantir le respect des procédures. Il évoque notamment, si les conditions légales sont réunies, la possibilité d’un mandat d’arrêt international.
Dans son communiqué, le collectif s’adresse également directement à Me Patrick Kabou. Il estime que le déplacement du contentieux vers Madrid ne saurait, à lui seul, faire disparaître les interrogations soulevées au Sénégal autour du dossier de l’ASER.
Pour le Collectif Sunu 37 milliards, la procédure ouverte en Espagne ne doit pas devenir un moyen de détourner le débat des questions auxquelles les autorités sénégalaises cherchent des réponses. Il dénonce ainsi ce qu’il considère comme une tentative de transformer une affaire judiciaire en « bataille de communication ».
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.