Affaire des homosexuels : Ousmane Sonko recadre Mame Makhtar Gueye et met fin à sa protection rapprochée

La séance de Questions d’actualité à l’Assemblée nationale a donné lieu à une déclaration particulièrement ferme du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a publiquement recadré l’ONG Jamra et son vice-président, Mame Makhtar Gueye, au sujet de leurs initiatives dans la lutte contre l’homosexualité. Dans un contexte national marqué par une forte tension autour de ces questions, le chef du gouvernement a tenu à rappeler avec insistance que la gestion des problématiques liées aux mœurs et à l’ordre public relève exclusivement de l’État.

Devant les députés, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive dangereuse consistant, pour certains acteurs de la société civile, à se substituer aux institutions républicaines. Il a visé explicitement les menaces de publication de listes de personnes présumées homosexuelles, estimant que de telles pratiques constituent une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’État de droit. Selon lui, nul ne peut s’arroger le droit de désigner publiquement des citoyens, de les exposer à la vindicte populaire ou de se faire juge en dehors des procédures légales prévues par la loi.

Le Premier ministre a insisté sur le caractère régalien de ces questions, rappelant que seule la puissance publique est habilitée à constater une infraction, à engager des poursuites et à rendre justice à travers les juridictions compétentes. En s’érigeant en dénonciateurs publics et en brandissant la menace de révélations nominatives, certains responsables associatifs franchiraient, selon lui, une ligne rouge susceptible d’alimenter la stigmatisation, les règlements de comptes et les violences sociales. Pour Ousmane Sonko, même dans un débat sensible où les convictions morales et religieuses occupent une place importante, le respect des droits individuels et des procédures judiciaires demeure non négociable.

La réaction du chef du gouvernement ne s’est pas limitée à une condamnation de principe. Il a annoncé avoir instruit le ministre de l’Intérieur de retirer la protection rapprochée dont bénéficiait jusque-là Mame Makhtar Gueye. Cette mesure de sécurité, assurée par les services de l’État, avait été mise en place en raison de menaces alléguées. Toutefois, Ousmane Sonko a estimé que les actions entreprises par le responsable de Jamra, notamment la diffusion ou la menace de diffusion de listes de noms, n’étaient couvertes par aucun mandat officiel. En conséquence, l’État ne saurait continuer à garantir une protection à une personne engagée dans des initiatives qu’il n’a ni ordonnées ni validées.

Cette décision marque un signal politique fort. Elle traduit la volonté du gouvernement de réaffirmer son autorité sur les questions de sécurité et de justice, tout en encadrant strictement l’action des organisations de la société civile. Elle intervient également dans un contexte plus large de débat sur le durcissement de la législation relative à l’homosexualité, un dossier dans lequel l’exécutif affirme vouloir agir dans un cadre institutionnel clair et respectueux des procédures.

En prenant publiquement position, Ousmane Sonko cherche à tracer une frontière nette entre engagement militant et exercice de l’autorité républicaine. Si le débat sur les valeurs et les mœurs demeure vif au Sénégal, le Premier ministre entend rappeler que l’État conserve le monopole de la contrainte légitime et que toute initiative s’écartant de ce cadre s’expose à des conséquences politiques et administratives.


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