Au centre de la procédure judiciaire opposant Mouhamed Diagne à son père, Madiambal Diagne, et à sa belle-mère, Mabintou Diaby, une justification revient avec insistance : celle d’une supposée « erreur matérielle ». Cette explication, avancée par le père de famille lors d’un échange privé avec son fils, est désormais versée au dossier de l’enquête conduite par la Division des investigations criminelles (DIC).
Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, Mouhamed Diagne, entendu par les enquêteurs, a expliqué avoir directement interpellé son père après la découverte de documents dans lesquels son nom, sa signature et ses qualités auraient été utilisés sans son consentement. Ces actes seraient liés aux activités de la SCI Pharaon, une société immobilière à caractère familial. Les documents incriminés auraient servi dans des transactions impliquant la société Ellipse Projects, citée dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), ce qui a renforcé l’attention des autorités judiciaires sur ce dossier.
Face aux interrogations de son fils, Madiambal Diagne aurait tenté de minimiser la portée des faits reprochés. Toujours selon Libération, il aurait évoqué une simple « erreur matérielle », laissant entendre qu’il s’agirait d’une irrégularité administrative ou documentaire, commise sans intention frauduleuse, dans l’utilisation du nom et de la signature de Mouhamed Diagne. Cette explication aurait été donnée dans un cadre strictement privé, dans l’espoir de rassurer le plaignant et de désamorcer la tension familiale.
Cependant, cette version n’a pas suffi à dissiper les soupçons des autorités judiciaires. Les enquêteurs de la DIC ont poursuivi leurs investigations, estimant que les faits allégués pouvaient relever d’infractions pénales. Convaincu de la gravité de la situation, Mouhamed Diagne a finalement décidé de formaliser une plainte contre son père et sa belle-mère. Celle-ci vise plusieurs chefs d’accusation présumés, notamment le faux et usage de faux, l’usurpation d’identité, l’abus de confiance et le détournement de fonds sociaux.
L’argument de l’« erreur matérielle », tel que rapporté par le plaignant, n’a donc pas permis d’écarter d’éventuelles responsabilités pénales. La procédure judiciaire a conduit au placement sous mandat de dépôt de plusieurs personnes impliquées dans le dossier, dont Mouhamed Diagne lui-même, son frère Serigne Saliou Diagne, leur belle-mère Mabintou Diaby, ainsi que Serigne Omar Mbaye, présenté comme un proche de Madiambal Diagne.
Par la suite, l’évolution du dossier a permis une mise en liberté provisoire de la plupart des mis en cause. Mouhamed Diagne, Serigne Saliou Diagne et Mabintou Diaby ont bénéficié de cette mesure, assortie de conditions strictes de contrôle judiciaire, dont le port d’un bracelet électronique. Seul Serigne Omar Mbaye n’a pas été concerné par cette liberté provisoire.