Le parvis du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a été le théâtre d’une vive mobilisation ce vendredi, marquant une nouvelle étape dans la contestation qui secoue le secteur sanitaire sénégalais depuis plusieurs semaines. À l’appel du mouvement « Frappe », avec le soutien de la jonction syndicale SAMES-SUTSAS, des travailleurs de la santé ont organisé un sit-in pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’inaction des autorités dans l’affaire dite SoftCare, un dossier devenu emblématique d’un malaise plus profond au sein de l’administration sanitaire.
Cette mobilisation a pris une dimension particulière avec la participation, pour la première fois de manière aussi visible, des syndicalistes de l’Agence sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP), regroupés sous la bannière SAMES-SUTSAS. Leur présence aux côtés des activistes du mouvement « Frappe » a donné un poids supplémentaire à la protestation et traduit l’élargissement du front de la contestation face à ce que les manifestants perçoivent comme une inertie prolongée des autorités de tutelle.
Pour le Docteur Abou Dia, membre de la jonction des luttes, l’enjeu dépasse largement le cadre d’un simple conflit social. Selon lui, l’affaire SoftCare pose un véritable problème de crédibilité institutionnelle. Intervenant au micro de la RFM, il a rappelé que ce dossier figure en bonne place dans la plateforme revendicative des syndicats. « Le respect des procédures dans cette affaire est une question de crédibilité pour l’agence de réglementation », a-t-il affirmé, estimant que l’absence de réponses claires fragilise la confiance des travailleurs et, au-delà, celle des citoyens envers les institutions sanitaires.
Profitant de cette tribune, les manifestants ont également mis en lumière un malaise plus global au sein de l’administration de la santé. Le Dr Dia a notamment dénoncé la mauvaise gestion des ressources et des recettes issues du domaine de l’ARP, l’opacité entourant la sélection de certaines collectivités personnelles, ainsi que le déficit de dialogue social entre les travailleurs et les autorités de tutelle. Autant de griefs qui, selon les syndicats, nourrissent un climat de frustration et de défiance au sein du secteur.
Malgré les pressions et les mesures prises par la Direction générale, la détermination des travailleurs semble intacte. Alors qu’une grève de 72 heures s’achève cette semaine, le syndicat a d’ores et déjà annoncé la reconduction du mouvement pour la semaine prochaine. Les coupes de salaires décidées pour fait de grève, loin de décourager les protestataires, auraient plutôt renforcé leur engagement. « Cela ne va pas nous diminuer. Au contraire, cela nous a motivés davantage à lutter pour l’intérêt de la population sénégalaise », a prévenu le Docteur Dia.
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