Société
Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo, le technocrate des finances appelé à conduire la nouvelle étape du pouvoir
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par
Diack
Le président de la République a porté son choix sur Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo pour diriger le gouvernement, dans un contexte marqué par des tensions politiques, des défis économiques et la volonté affichée de poursuivre la transformation structurelle du pays. À soixante ans, cet économiste chevronné, spécialiste des questions monétaires et financières, devient Premier ministre après plus d’une année passée au cœur de l’appareil exécutif.
Issu du Prytanée militaire de Saint-Louis, où il s’était distingué dès ses études secondaires en obtenant un baccalauréat scientifique avec mention Bien et en terminant major de sa promotion, le nouveau chef du gouvernement présente le profil d’un haut fonctionnaire rompu aux rouages de l’administration économique et financière. Après des études en sciences économiques à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et une formation bancaire spécialisée au Centre Ouest-Africain de Formation et d’Études Bancaires, il a complété son parcours académique récemment avec un Executive Master en finance islamique obtenu en Malaisie.
Sa trajectoire professionnelle est intimement liée à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, institution qu’il rejoint en 1987. Pendant près de quatre décennies, il y gravit progressivement tous les échelons jusqu’aux plus hautes responsabilités. De la gestion de trésorerie aux opérations de marché, puis à la direction des activités bancaires et du financement des économies, il s’impose comme l’un des cadres les plus expérimentés de l’institution monétaire régionale.
Son parcours prend une dimension stratégique lorsqu’il devient Directeur national pour le Sénégal avant d’être appelé à conseiller le gouverneur de la Banque centrale. En février 2024, quelques semaines avant l’alternance politique, il est nommé secrétaire général de l’institution régionale basée à Dakar.
Au fil des années, il joue un rôle clé dans plusieurs dossiers majeurs pour le Sénégal et l’Union monétaire ouest-africaine. Il accompagne notamment l’État dans ses émissions d’eurobonds sur les marchés internationaux et dans ses discussions avec les grandes agences de notation financière. Il participe également aux négociations menées avec le Fonds monétaire international dans le cadre des programmes économiques conclus avec le Sénégal.
Son expertise s’étend aussi au développement des secteurs pétrolier et gazier, notamment dans les mécanismes de financement impliquant les banques locales et les investisseurs étrangers. À cela s’ajoutent ses travaux sur la promotion de la finance islamique dans l’espace UMOA, sa participation aux réflexions sur la future monnaie unique de la CEDEAO ainsi que son implication dans la restructuration du système bancaire sénégalais au cours des années quatre-vingt-dix.
À l’arrivée du nouveau régime en avril 2024, il est immédiatement intégré au gouvernement comme ministre secrétaire général. Discret mais influent, il devient rapidement le principal coordonnateur administratif de l’exécutif. Chargé du suivi des décisions présidentielles et de la coordination interministérielle, il apparaît comme l’un des piliers de la mise en œuvre des premières réformes engagées par les nouvelles autorités.
Un an plus tard, il est promu ministre d’État auprès de la Présidence, chargé du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Cette mission stratégique lui confère un rôle central dans la conduite opérationnelle des réformes économiques, administratives et institutionnelles voulues par le chef de l’État.
En le nommant à la Primature, le président de la République choisit ainsi un profil technocratique, réputé méthodique et expérimenté, pour conduire l’action gouvernementale dans une période jugée sensible. Dès sa première prise de parole, le nouveau Premier ministre a insisté sur la gravité du moment, évoquant un « contexte d’urgence » marqué par les difficultés des finances publiques, la hausse des prix liée aux crises internationales, les tensions sociales et la dégradation de l’environnement sécuritaire dans la sous-région.
Face à ces défis, il a appelé à une mobilisation nationale autour du projet de transformation porté par les nouvelles autorités. Devant les membres du gouvernement et plusieurs responsables institutionnels, il a assuré que la ligne politique resterait inchangée, tout en promettant une nouvelle méthode fondée sur davantage de cohérence institutionnelle et d’efficacité dans l’action publique.
Le nouveau chef du gouvernement a également tenu à rassurer les partenaires économiques et financiers du Sénégal, affirmant que le pays demeurait « sûr et fiable » pour les investisseurs. Dans un message adressé à l’opinion nationale, il a enfin insisté sur sa loyauté envers le président de la République, affirmant que les décisions prises au sommet de l’État étaient guidées exclusivement par « les intérêts du pays ».
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