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Société

Ameth Ndoye : “Je commence à oublier que je vis avec le bracelet électronique”

Inculpé pour offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du Président de la République et pour diffusion de fausses nouvelles, Ameth Ndoye vit désormais sous surveillance électronique. Placé sous bracelet depuis plusieurs jours, il s’est confié à Seneweb sur son quotidien, entre adaptation, contraintes et discipline imposée.

Dès le premier jour, l’expérience n’a pas été simple. « J’avoue que c’était compliqué la nuit. Je n’étais pas habitué. Mais là, je commence même à oublier que je vis avec », raconte-t-il avec un ton désormais apaisé. Le dispositif, qu’il compare à un téléphone portable, vibre pour signaler la nécessité d’une recharge. « Ce n’est pas trop lourd et pas compliqué à gérer. Le chargeur, c’est comme un Power Bank », explique-t-il. Lorsque la batterie est pleine, le bracelet le lui indique automatiquement.

La première nuit reste néanmoins marquante. « J’ai reçu le bracelet entre 19 heures et 20 heures, et je n’avais plus le droit de sortir au-delà de 20 heures. J’étais donc obligé de passer la nuit avec. Dans mon sommeil, quand je le sentais, c’était comme si quelque chose s’était accroché à mon pied ou me piquait. Ça perturbait mon sommeil. »

Concernant la procédure, Ndoye précise que c’est à la demande de ses avocats que la mesure de surveillance électronique a été envisagée. « Mes conseils ont sollicité une liberté provisoire, ou à défaut, une liberté conditionnelle sous bracelet. Le juge a tranché en faveur de cette dernière option. Il m’a notifié les conditions, puis des techniciens sont venus le poser. Une fois installé, il ne peut être enlevé que par eux. »

Le port du bracelet est soumis à un règlement strict. « Il ne doit jamais se décharger, sinon la liaison est coupée entre eux et moi. C’est considéré comme un délit de fuite, passible de six mois ferme. Il est aussi interdit d’essayer de l’enlever. De plus, il y a une zone bien délimitée qu’il ne faut pas franchir. C’est un peu comme durant le confinement », détaille-t-il.

Dans son cas, la zone autorisée couvre toute la région de Dakar. « Je ne dois pas sortir de la région. Le même jour, d’autres personnes ont reçu le bracelet, mais elles ne pouvaient pas quitter le département de Dakar. Comme j’habite à Sébikhotane, ma limite, c’est la région entière. Par contre, les week-ends, je ne peux pas quitter ma commune. Et chaque jour, je ne peux sortir que de 7 heures à 20 heures. »

Malgré ces restrictions, l’ancien chroniqueur affirme s’adapter. « Ce n’est pas un handicap majeur, car cela correspond à mon mode de vie. Je suis un couche-tôt et un lève-tôt. » Toutefois, il reconnaît un impact sur son emploi du temps matinal. « D’habitude, je sors vers 5 h 30 pour commencer mes activités très tôt. Maintenant, je dois attendre 7 heures, ce qui retarde mes journées. Avant-hier, j’ai oublié les règles et je suis sorti chercher du pain à 6 h 30. Le bracelet a vibré. Ils m’ont tout de suite appelé pour me le rappeler. »


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