L’ancien ministre de l’Intérieur du Sénégal, Aly Ngouille Ndiaye, a lancé un appel pressant aux dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et à la Mauritanie. Dans une tribune publiée ce week-end, il tire la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire au Mali, où les groupes jihadistes continuent de gagner du terrain. Selon lui, la chute de Bamako entre les mains de ces groupes extrémistes aurait des conséquences dévastatrices pour l’ensemble de la sous-région ouest-africaine.
« Messieurs les Présidents de la CEDEAO et de la Mauritanie, n’attendez pas que Bamako tombe pour réagir », avertit Aly Ngouille Ndiaye. L’ancien ministre estime qu’une prise de la capitale malienne par les jihadistes équivaudrait à l’installation d’un « nouvel Afghanistan » aux portes du Sénégal et des autres pays de la région. « Laisser Bamako tomber, c’est accepter qu’un nouvel Afghanistan s’installe à nos portes. La prise de la capitale par les jihadistes déstabiliserait tous les pays frontaliers du Mali — sauf l’Algérie, seule à avoir su éradiquer le jihadisme par la force et la politique », souligne-t-il.
Pour l’ancien ministre, cette crise dépasse largement le cadre diplomatique ou politique. Elle représente une menace directe pour la sécurité des États voisins. Il note que les alertes se multiplient déjà : « Les communiqués des pays occidentaux invitant leurs ressortissants à quitter le Mali se multiplient. Mais pour eux, le Mali n’est qu’une question de politique extérieure. Pour ses voisins, c’est une question de sécurité nationale : les jihadistes ne connaissent pas les frontières. »
Aly Ngouille Ndiaye insiste sur la vulnérabilité des pays limitrophes, dont le Sénégal, qui partage plus de 500 kilomètres de frontières avec le Mali. Il rappelle également les liens historiques, économiques et culturels qui unissent les deux nations. « Le Sénégal, lié au Mali par l’histoire, la devise et plus de 500 km de frontières, ne peut rester spectateur. Quand la case du voisin brûle, il faut agir avant que le feu n’atteigne la sienne », écrit-il, reprenant un proverbe africain pour illustrer l’urgence de la situation.
Dans sa tribune, l’ancien ministre appelle à une action concertée et rapide de la part des pays de la région. Il invite à relancer la coopération entre les pays de l’Autorité de l’Eau et de l’Énergie, la CEDEAO et la Mauritanie, afin de coordonner la réponse sécuritaire face à la montée du terrorisme. Il plaide notamment pour l’activation de la force d’attente de la CEDEAO, censée intervenir dans les situations de crise, et pour une relance du dialogue régional afin d’éviter une scission politique et sécuritaire au sein de l’Afrique de l’Ouest.
Aly Ngouille Ndiaye conclut en soulignant que la stabilité du Mali conditionne celle de toute la région. « La stabilité régionale dépend d’une réaction coordonnée et immédiate face à la pression croissante des groupes jihadistes sur Bamako », affirme-t-il, appelant les dirigeants ouest-africains à dépasser les divisions politiques pour faire front commun contre la menace terroriste.
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