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Guinée : la Cour suprême valide provisoirement neuf candidatures pour la présidentielle du 28 décembre
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par
Diack
La scène politique guinéenne entre dans une phase décisive à la veille de la présidentielle prévue le 28 décembre. La Cour suprême a rendu publique, ce samedi, la liste provisoire des candidats autorisés à concourir. Sur les 51 dossiers déposés, seuls neuf ont été jugés recevables par l’institution judiciaire, parmi lesquels figure le chef de la junte au pouvoir, le général Mamadi Doumbouya.
Âgé de 40 ans, Mamadi Doumbouya, ancien officier des forces spéciales, dirige la Guinée depuis le coup d’État du 5 septembre 2021 qui a renversé l’ancien président Alpha Condé. À l’époque, il avait promis une transition rapide et un retour du pouvoir aux civils. Quatre ans plus tard, cette promesse semble s’être érodée sous le poids des tensions politiques et des appels de ses partisans à prolonger son règne. Sa candidature officielle, bien que contestée par une partie de la classe politique, était attendue depuis plusieurs semaines.
Outre Mamadi Doumbouya, huit autres personnalités figurent sur la liste publiée par la Cour suprême. La plupart d’entre elles sont peu connues du grand public et n’ont, pour certaines, qu’une faible implantation nationale. Parmi les noms notables, on retrouve Faya Lansana Milimono, leader du Bloc Libéral, reconnu pour ses prises de position virulentes contre la junte. Il apparaît désormais comme l’une des rares figures d’opposition capables de fédérer un électorat autour d’un discours critique du régime en place.
Cette sélection restreinte a suscité de vives réactions au sein de la classe politique guinéenne. Plusieurs grandes figures de l’opposition, notamment l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, aujourd’hui en exil, ont vu leurs candidatures rejetées ou n’ont pas pu se présenter en raison d’obstacles administratifs et judiciaires. Une situation qui alimente les accusations d’un processus électoral biaisé en faveur du pouvoir en place.
Conformément aux dispositions légales, les candidats recalés disposent d’un délai de 72 heures pour déposer un recours. La Cour suprême aura ensuite 48 heures pour examiner les contestations et rendre sa décision définitive. Ce calendrier serré laisse peu de marge de manœuvre aux prétendants écartés, alors que la campagne électorale s’annonce déjà tendue dans un climat politique marqué par la méfiance et les divisions.
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