La multiplication des attaques terroristes sur plusieurs axes routiers maliens commence à produire de lourdes conséquences sur les échanges commerciaux entre le Sénégal et le Mali. Face à une situation sécuritaire devenue particulièrement préoccupante, le Conseil malien des chargeurs (CMC) a entamé des discussions avec ses partenaires sénégalais afin de limiter les répercussions humaines et économiques sur le corridor Dakar-Bamako, principal axe d’approvisionnement du Mali.
Depuis plusieurs semaines, le transport routier est fortement perturbé dans plusieurs zones du territoire malien. Des groupes armés ont ciblé des camions de marchandises ainsi que des bus de transport de voyageurs, provoquant des pertes en vies humaines, des destructions de matériels et d’importants retards dans l’acheminement des produits destinés au marché malien.
Selon des informations relayées par le site Malijet.com, plusieurs véhicules ont été incendiés lors de récentes attaques enregistrées sur certains corridors stratégiques. Cette situation a provoqué une désorganisation de la chaîne logistique et accentué les inquiétudes des transporteurs et opérateurs économiques qui dépendent du Port autonome de Dakar pour l’approvisionnement du Mali.
C’est dans ce contexte que le président du Conseil malien des chargeurs, Bakissima Sylla, a adressé, le 7 mai 2026, une correspondance à la présidente du Syndicat des armateurs de conteneurs du Sénégal (SACS). Dans cette lettre, le responsable malien attire l’attention sur les difficultés majeures rencontrées dans le transit des marchandises entre Dakar et Bamako.
Il explique que l’insécurité persistante a fortement affecté la fluidité des opérations terrestres et contraint plusieurs transporteurs à immobiliser leurs conteneurs dans des zones jugées plus sûres afin de préserver les vies humaines et protéger les équipements.
« Dans le souci de préserver les vies humaines et de sécuriser le matériel face aux menaces, il était impérieux d’immobiliser les conteneurs en lieux sûrs », a notamment indiqué Bakissima Sylla dans son courrier.
Face à cette situation exceptionnelle, le Conseil malien des chargeurs demande aux armateurs sénégalais de reconnaître officiellement le contexte actuel comme un cas de force majeure. L’objectif est d’obtenir une suspension temporaire des frais de détention appliqués aux conteneurs immobilisés à cause des contraintes sécuritaires.
Le CMC plaide également pour l’adoption de mesures exceptionnelles et temporaires afin de réduire l’impact financier des retards enregistrés sur les marchandises maliennes transitant par le Sénégal. Une telle décision permettrait, selon les autorités maliennes du secteur, de soulager les opérateurs économiques déjà fragilisés par les perturbations sécuritaires et logistiques.
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