L’affaire Pape Malick Ndour continue de susciter de nombreuses réactions, aussi bien dans les milieux politiques que judiciaires. Placé sous mandat de dépôt depuis le vendredi 15 mai 2026, l’ancien ministre de la Jeunesse sous le régime de Macky Sall se retrouverait encore muni de son bracelet électronique malgré son incarcération à la prison de Rebeuss, une situation que sa défense qualifie d’irrégulière.
Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur dans sa livraison de ce jeudi 21 mai, Me Omar Youm, l’un des avocats de l’ancien responsable de l’Alliance pour la République (APR), a confirmé que son client porte toujours le dispositif électronique qui lui avait été imposé dans le cadre de son contrôle judiciaire.
L’ancien ministre avait été interpellé par les éléments de la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être conduit à la prison de Rebeuss pour l’exécution d’une décision de justice. Cette mesure est intervenue alors qu’il bénéficiait jusque-là d’un contrôle judiciaire assorti du port d’un bracelet électronique.
Pour la défense, le maintien de ce dispositif après l’incarcération constitue une incohérence administrative et judiciaire. Me Omar Youm estime qu’au moment de l’exécution du mandat de dépôt, les autorités compétentes auraient dû procéder immédiatement au retrait du bracelet électronique. Selon lui, il est juridiquement et matériellement incompatible d’être simultanément sous surveillance électronique et en détention carcérale.
L’avocat affirme avoir attiré l’attention du juge d’instruction sur cette situation qu’il considère comme une anomalie. D’après ses déclarations, le magistrat aurait reconnu le problème et donné des instructions à l’Administration pénitentiaire afin que le bracelet soit retiré. Toutefois, plusieurs jours après l’incarcération de l’ancien ministre, le dispositif serait toujours en place, alimentant les interrogations autour de la gestion administrative de cette procédure judiciaire.
Cette nouvelle polémique intervient dans un contexte déjà particulièrement sensible. Pape Malick Ndour, qui coordonne les cadres de l’APR, est cité dans le dossier lié à la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC). La justice le poursuit pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux et de détournement de deniers publics.
Depuis l’ouverture de cette procédure, l’ancien ministre rejette catégoriquement les accusations portées contre lui. Ses proches et ses avocats dénoncent ce qu’ils qualifient d’acharnement judiciaire et politique visant une figure importante de l’ancien pouvoir. De son côté, la justice poursuit les investigations dans ce dossier qui continue de tenir en haleine l’opinion publique sénégalaise.
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