Affaire Aser-Aee Power : Jean-Michel Sène salue l’ouverture d’une information judiciaire et défend sa gestion du dossier

Le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), Jean-Michel Sène, accueille favorablement l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire opposant l’Aser à l’entreprise Aee Power. Dans un entretien accordé à L’Observateur, le responsable a réaffirmé sa volonté de voir toute la lumière faite sur ce dossier, tout en défendant les décisions prises par son administration depuis son arrivée à la tête de l’agence.

Jean-Michel Sène estime que l’ouverture d’une procédure judiciaire constitue une étape importante pour établir les responsabilités dans cette affaire. Selon lui, l’Aser n’a toutefois pas attendu l’intervention de la justice pour prendre des mesures visant à protéger les intérêts de l’État et à sécuriser les éléments liés au projet.

À son arrivée à la direction générale de l’agence, en juillet 2024, le responsable affirme avoir rapidement pris des dispositions conservatoires. Il dit notamment avoir ordonné l’arrêt des travaux concernés ainsi que la mise sous scellés des documents relatifs au dossier. Une décision qu’il présente comme nécessaire pour préserver les pièces, sécuriser le projet et éviter toute atteinte aux deniers publics.

Interrogé sur les éventuels regrets que pourrait susciter la gestion de ce dossier particulièrement sensible, Jean-Michel Sène se montre catégorique. « Nous ne regrettons rien », affirme-t-il, estimant que son administration a avant tout assumé ses responsabilités face à une situation dont elle avait hérité.

Le directeur général explique également que plusieurs irrégularités ou insuffisances devaient, selon lui, être corrigées. Il cite notamment l’absence d’étude d’impact environnemental ainsi que l’absence d’un mécanisme formel permettant d’encadrer le remboursement des avances versées dans le cadre du projet.

Pour Jean-Michel Sène, ces éléments témoignent de la complexité de la situation trouvée à son arrivée. « Nous avons hérité d’une situation ; nous ne l’avons pas créée. Notre responsabilité était de défendre les intérêts de l’État », soutient-il.

Le patron de l’Aser affirme par ailleurs que les mesures prises par son équipe ont contribué à mettre au jour des pratiques qu’il qualifie de prévarication et qui impliqueraient plusieurs acteurs. Il considère ainsi que les décisions prises depuis sa prise de fonction relevaient d’une démarche de sauvegarde des intérêts publics et non d’une volonté de s’en prendre à une quelconque partie.

Sur le volet judiciaire, Jean-Michel Sène assure ne s’être « jamais senti visé » par les investigations initiées par le procureur. Il dit au contraire considérer l’enquête comme une confirmation des alertes et des réserves qu’il avait formulées au cours de sa gestion du dossier.

Le directeur général de l’Aser se dit ainsi confiant quant à la suite de la procédure et à la capacité de la justice à déterminer les responsabilités. « Je suis convaincu que la justice fera le nécessaire pour permettre de mettre la main sur les vrais coupables », déclare-t-il.


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