Le lancement, ce jeudi, d’un nouvel Appel Public à l’Épargne (APE) par le ministère des Finances n’a pas convaincu tout le monde. Papa Malick Ndour, membre de l’Alliance pour la République (APR) et ancien ministre sous Macky Sall, s’est montré particulièrement sceptique. Dans une réaction rendue publique, le coordonnateur des cadres de l’APR estime que cette opération ne saurait être considérée comme une simple levée de fonds, mais devrait s’inscrire dans « une vision d’asseoir notre souveraineté économique sur des bases endogènes ».
Selon lui, le discours officiel laisse croire que les Sénégalais seront les principaux acteurs de la souscription, ce qu’il juge trompeur. « Nous savons d’expérience qu’au moment du bilan, sur fond de manipulation politique, on nous présentera l’opération comme un succès fulgurant, bouclée avant même la fin du délai grâce à une mobilisation patriotique du peuple sénégalais, et ayant conduit à une souscription dépassant 115 % du montant recherché », a-t-il lancé.
Papa Malick Ndour appelle d’ores et déjà à plus de transparence. À ses yeux, le 10 octobre prochain, date prévue pour le bilan de l’opération, le ministère des Finances devra rendre publique la ventilation précise des souscriptions : contribution de la diaspora sénégalaise, part des personnes physiques de nationalité sénégalaise, et celle des entreprises sénégalaises. « Sans ces précisions, ce discours sur la souveraineté économique ne restera qu’un slogan creux », martèle-t-il.
L’ancien ministre met également en garde contre une illusion d’endogénéité dans le financement. Derrière le discours officiel, il soupçonne une forte présence de capitaux étrangers transitant par des banques sous-régionales, notamment ivoiriennes. Une tendance confirmée, selon lui, par les résultats récents des levées sur le marché de l’Umoa-Titres et par la morosité économique actuelle, marquée par la difficulté des ménages sénégalais à consommer et à épargner.