À la Caisse des dépôts et consignations (CDC), la passation de service entre Fadilou Keïta et Amadou Lamine Guissé a été loin de se résumer à une simple cérémonie protocolaire. Démis de ses fonctions par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le directeur général sortant a tenu à examiner jusque dans les moindres détails le procès-verbal de passation avant d’y apposer son dernier paraphe.
Selon les informations rapportées par L’Observateur dans son édition de ce mercredi, la procédure aura finalement duré près de deux jours, rythmés par des discussions, des observations et plusieurs demandes de rectification ou de complément d’informations.
Tout commence lundi 5 octobre, aux alentours de 10 heures GMT. La cérémonie de passation s’installe dans la durée et se poursuit pendant plusieurs heures. Mais à 22h45, aucun accord définitif n’est encore trouvé sur la version du procès-verbal devant officialiser le transfert des responsabilités.
Plusieurs observations formulées par Fadilou Keïta auraient nécessité des modifications du document, tandis que certaines informations devaient encore être complétées. Face à ces désaccords sur le contenu du procès-verbal, la signature est finalement renvoyée au lendemain.
Une situation pour le moins particulière puisque, entre-temps, Amadou Lamine Guissé avait déjà été installé dans ses nouvelles fonctions et avait prêté serment devant la Commission de surveillance de la CDC. Son intérim était donc acté sur le plan institutionnel, mais la passation administrative avec son prédécesseur restait encore à formaliser.
L’épilogue intervient finalement dans la nuit de mardi à mercredi. Après de nouvelles heures d’échanges, les deux parties parviennent à finaliser le document. Les signatures sont apposées vers 00h20, mettant officiellement un terme au processus de passation et permettant à Amadou Lamine Guissé de prendre pleinement les commandes de la CDC.
Mais avant cette conclusion nocturne, une scène avait particulièrement retenu l’attention. Vers 20 heures, Fadilou Keïta avait fait son retour dans les locaux de l’institution pour procéder aux dernières vérifications et signer le procès-verbal, sous la supervision des Inspecteurs généraux des finances.
L’ancien directeur général s’était présenté dans une tenue pour le moins inhabituelle dans le cadre d’une cérémonie institutionnelle : pantalon de treillis militaire, polo et casquette. Une apparence qui contrastait nettement avec les codes vestimentaires généralement associés aux cérémonies officielles de passation de service.
Ce choix vestimentaire n’a pas manqué d’alimenter les commentaires, d’autant qu’il intervient dans un contexte marqué par les prises de position publiques de Fadilou Keïta avant son départ de la CDC. Le désormais ex-directeur général avait notamment déclaré qu’il ne féliciterait pas le chef de l’État, considérant que l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême résultait d’une dynamique collective et qu’aucun acteur ne pouvait, à lui seul, s’en attribuer le mérite.
Dans ce contexte, l’apparition de Fadilou Keïta en treillis, polo et casquette peut difficilement être dissociée de l’image qu’il a voulu projeter au moment de quitter ses fonctions. Si cette tenue peut relever d’un choix strictement personnel, elle intervient néanmoins dans un moment institutionnel chargé et prend, de ce fait, une dimension symbolique que certains pourraient être tentés d’interpréter.






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