L’État du Sénégal renforce son dispositif de lutte contre l’exploitation minière clandestine dans le sud-est du pays. Les ministères des Forces armées et des Mines et de la Géologie ont signé, ce mardi à Dakar, un protocole d’accord portant sur la délimitation et la sécurisation de sept couloirs d’orpaillage dans les régions de Kédougou et de Tambacounda. Conclue pour une durée de deux ans, cette convention vise à mieux encadrer l’exploitation artisanale de l’or, à lutter contre les activités illégales et à renforcer la présence de l’État dans les zones minières sensibles.
Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar Seck, a expliqué que cet accord prévoit la réalisation de plusieurs aménagements pilotes. Parmi les sept couloirs concernés, trois bénéficieront d’un traitement prioritaire dans la région de Kédougou. Cette première phase doit permettre de mettre en place des espaces d’exploitation clairement délimités, mieux organisés et soumis à un contrôle renforcé des autorités.
Le ministre a rappelé que l’exploitation minière artisanale constitue une importante source de revenus pour les populations, avec plus de 30 000 personnes qui en tirent directement ou indirectement leurs moyens de subsistance au Sénégal. Toutefois, cette activité reste confrontée à de nombreuses dérives, particulièrement dans les zones frontalières de Kédougou et de Tambacounda.
L’exploitation clandestine entraîne notamment une dégradation des conditions de travail, des atteintes importantes à l’environnement et une pollution des ressources hydriques. La Falémé figure parmi les cours d’eau particulièrement exposés aux conséquences de ces pratiques. À ces risques environnementaux s’ajoutent le développement de circuits informels de commercialisation de l’or, la difficulté de contrôler la production et les problèmes sécuritaires liés à la présence de réseaux opérant en marge de la réglementation.
À travers cette convention, le gouvernement entend donc sortir progressivement l’orpaillage artisanal de l’informel. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie nationale de formalisation du secteur minier artisanal et à petite échelle. Les autorités ambitionnent ainsi d’intégrer au moins 50 % des acteurs de cette activité dans le circuit légal d’ici à la fin de l’année 2029, avec comme objectif complémentaire d’assurer une meilleure traçabilité de la production nationale d’or.
Au-delà des sept couloirs prévus dans le cadre de cet accord, l’exécutif envisage, à terme, le déploiement de 35 couloirs d’orpaillage, dont dix sites pilotes. Chaque espace aménagé couvrira une superficie indicative d’un kilomètre carré. Il ne s’agira pas uniquement de délimiter les zones d’extraction, mais également de créer des conditions minimales permettant aux orpailleurs d’exercer leurs activités dans un environnement plus sécurisé et mieux encadré.
Les futurs sites seront ainsi dotés d’infrastructures sociales et techniques, notamment des forages, des installations d’énergie solaire, des toilettes, des lieux de culte et des espaces de restauration. Une attention particulière sera également accordée aux femmes qui travaillent dans les sites d’orpaillage. Le ministre Cheikhou Oumar Seck a annoncé la mise en place de crèches destinées à leur apporter un accompagnement social et, surtout, à éloigner les enfants des dangers liés aux activités d’extraction.
Pour sa part, le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a insisté sur la dimension sécuritaire de cette opération. Selon lui, le balisage des couloirs et le contrôle rigoureux des accès permettront de réduire les espaces exploités par les réseaux clandestins et de renforcer le maillage territorial de l’État dans ces zones rurales. L’implication de l’armée doit ainsi contribuer à mieux contrôler les sites d’exploitation et à prévenir les activités illicites qui se développent dans les zones aurifères.
Sur le plan opérationnel, l’état-major général des armées et la direction du génie et de l’infrastructure des armées seront chargés de la coordination, de la supervision et de l’exécution technique des travaux. Chaque infrastructure nécessitera environ quatre semaines de chantier et mobilisera près de 25 militaires. Le dispositif prévoit également un mécanisme de suivi à travers la transmission régulière de rapports faisant état de l’évolution physique et financière des opérations.
Concernant les quatre autres couloirs, leur aménagement sera engagé après l’obtention des différentes validations nécessaires, notamment sur les plans technique, géologique, cadastral, foncier et environnemental.






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