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Politique

Sénégal : Sénégal Biñu Bokk dénonce une politique d’austérité et réclame des comptes au gouvernement

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Sénégal : Sénégal Biñu Bokk dénonce une politique d’austérité et réclame des comptes au gouvernement

Le mouvement Sénégal Biñu Bokk monte au créneau pour contester les orientations économiques du gouvernement. Dans un communiqué transmis à la rédaction, le Réseau des Cadres du mouvement dit voir, derrière le discours technocratique de la récente Déclaration de Politique Générale (DPG), les contours d’une politique d’austérité qu’il juge particulièrement préoccupante pour les ménages et l’économie nationale.

Au cœur des critiques formulées par Sénégal Biñu Bokk figure d’abord la question de la dette publique et de sa restructuration annoncée dans le cadre des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI). Le mouvement estime que cette opération pourrait avoir des répercussions sur l’épargne nationale, notamment en raison de l’exposition des banques et des investisseurs locaux aux titres émis par l’État.

Le Réseau des Cadres réclame ainsi une totale transparence sur les modalités de cette restructuration et surtout sur ses éventuelles conséquences pour les épargnants sénégalais. Pour le mouvement, les autorités doivent expliquer clairement les risques et les mécanismes envisagés avant toute décision susceptible d’affecter les détenteurs de titres publics.

Les subventions énergétiques au cœur des inquiétudes

Sénégal Biñu Bokk s’inquiète également de la réduction annoncée des subventions énergétiques. Celles-ci devraient passer, selon le mouvement, de 3 % à 1 % du Produit intérieur brut (PIB). Une évolution que les responsables du réseau mettent en relation avec le contexte international marqué par la volatilité des cours du pétrole.

Le mouvement redoute que cette baisse du soutien public ne se traduise par une augmentation des tarifs de l’électricité et, par ricochet, par une hausse du coût des produits de première nécessité. Sénégal Biñu Bokk conteste notamment l’argument selon lequel les subventions énergétiques bénéficieraient principalement aux ménages les plus aisés.

Pour les cadres du mouvement, une telle affirmation devrait être étayée par une étude d’impact rendue publique. Ils demandent donc que les autorités évaluent au préalable les effets de la réforme sur les différentes catégories de ménages, particulièrement les plus vulnérables.

La rationalisation des dépenses publiques constitue un autre sujet de préoccupation. Le mouvement estime que les efforts budgétaires ne doivent pas se traduire par un recul des politiques sociales. À cet égard, il cite l’épisode relatif aux véhicules de fonction des députés comme un exemple, selon lui, des interrogations qui subsistent sur les priorités du gouvernement.

Sénégal Biñu Bokk affirme ainsi s’opposer à toute mesure qui prendrait la forme d’une baisse des salaires, d’un gel des recrutements dans la fonction publique ou encore d’un démantèlement des dispositifs de protection sociale.

Kosmos Energy, ASER et fonds « Jam » : des clarifications réclamées

Au-delà des orientations économiques, le Réseau des Cadres demande également des éclaircissements sur plusieurs dossiers de gouvernance.

Le retrait de Kosmos Energy du projet gazier Yakaar-Teranga figure notamment parmi les sujets soulevés. Le mouvement relève une divergence entre la communication officielle ayant fait état d’un retrait sans contrepartie financière et la mention publique d’un montant de 55 millions de dollars, soit environ 30 milliards de FCFA.

Face à cette différence d’appréciation, Sénégal Biñu Bokk réclame la publication des documents permettant de comprendre les conditions exactes du départ de Kosmos Energy ainsi que les éventuelles implications financières de l’opération.

Le mouvement demande par ailleurs des explications détaillées sur les fonds « Jam » de la Primature et sur le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Sur ces différents dossiers, il appelle à une reddition des comptes qu’il souhaite voir s’appliquer « à tous, sans distinction ».

Le gouvernement invité à assumer la situation économique actuelle

Dans son analyse, Sénégal Biñu Bokk rejette également l’idée selon laquelle les difficultés économiques actuelles pourraient être imputées exclusivement à l’héritage du régime précédent.

Le mouvement estime que la stagnation observée au cours des deux dernières années, de même que les perspectives économiques à venir, relèvent désormais de la responsabilité du pouvoir en place. Il invite ainsi les autorités à présenter un bilan précis de leurs choix économiques et de leurs résultats, au-delà des explications liées à la situation héritée.

Pour le Réseau des Cadres, la question centrale demeure celle de l’impact concret des politiques publiques sur le quotidien des Sénégalais, notamment en matière d’alimentation, de logement, de santé, d’électricité et d’emploi.

Cinq exigences adressées aux autorités

Pour sortir de ce qu’il considère comme un déficit de visibilité et de transparence, Sénégal Biñu Bokk formule plusieurs demandes. Le mouvement réclame d’abord la publication d’une étude d’impact socio-économique avant toute mise en œuvre de mesures d’austérité.

Il demande ensuite la mise à disposition du public d’un tableau de bord permettant de suivre l’exécution de la DPG autour de cinq priorités : « nourrir, loger, soigner, éclairer, travailler ».

Le mouvement souhaite également la déclassification des documents liés au dossier Kosmos, ainsi qu’un état des lieux chiffré des renégociations des contrats pétroliers et miniers.

Enfin, Sénégal Biñu Bokk réclame un audit indépendant sur l’affaire ASER et les fonds « Jam », avec la publication intégrale des conclusions. À travers ces exigences, le mouvement entend placer la transparence, la reddition des comptes et l’évaluation des politiques publiques au centre du débat sur la trajectoire économique du Sénégal.


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