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Justice

Affaire de surfacturation présumée : Mansour Faye nie toute implication et brandit des preuves de son innocence

L’ancien ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, a été entendu hier, lundi 15 septembre 2025, par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Pendant près de trois heures, il a dû répondre…

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Affaire de surfacturation présumée : Mansour Faye nie toute implication et brandit des preuves de son innocence

L’ancien ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, a été entendu hier, lundi 15 septembre 2025, par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Pendant près de trois heures, il a dû répondre aux questions des juges sur une affaire de surfacturation présumée de riz portant sur un montant estimé à 2,7 milliards de francs CFA.

Devant la Commission, le maire de Saint-Louis a fermement nié les accusations qui pèsent sur lui et affirmé qu’aucune surfacturation n’avait été commise. Pour appuyer ses déclarations, il a présenté plusieurs éléments de preuve qu’il considère comme suffisants pour établir son innocence.

Les magistrats instructeurs lui ont opposé un arrêté ministériel datant de 2013, lequel fixait le prix de la tonne de riz à 250 000 francs CFA. Mansour Faye aurait, selon l’accusation, acquis la même denrée à 275 000 francs CFA en pleine période de Covid-19. L’ancien ministre a répondu en expliquant qu’il était tout à fait normal que le prix du riz en 2020 soit supérieur à celui fixé sept ans plus tôt. Il a ajouté que la hausse des cours mondiaux justifiait cette différence.

Par ailleurs, il a rappelé que les marchés en question n’étaient pas de son ressort direct. Une commission indépendante était chargée de l’attribution des contrats, et il n’en assurait pas la présidence. Son rôle, a-t-il précisé, se limitait à veiller au respect des procédures administratives, une tâche dont il s’est acquitté avec rigueur alors qu’il n’y était pas obligé. Il a même souligné que la Cour des comptes avait reconnu dans son rapport que les règles du Code des marchés publics avaient été respectées.

Mansour Faye a également tenu à préciser que l’offre retenue par la commission correspondait à la moins chère du marché au moment de l’appel d’offres. Selon lui, la tonne de riz a été achetée à 275 000 francs CFA, un tarif inférieur à d’autres propositions qui atteignaient 300 000 francs CFA.

Ses avocats, de leur côté, ont contesté la validité de l’arrêté ministériel de 2013, soulignant qu’il ne pouvait être pris en compte dans la procédure car sa durée de validité n’était que de deux mois, renouvelables une fois. Ils ont par ailleurs fait remarquer que cet arrêté concernait plusieurs denrées de base, comme l’huile, le sucre ou le riz, et se sont étonnés que seule la question du riz soit retenue contre leur client. « C’est comme si l’on cherchait à cibler exclusivement Mansour Faye, alors que d’autres structures comme la Sonacos n’ont jamais été inquiétées », ont-ils dénoncé.

À la sortie de son audition, l’ancien ministre a déclaré n’avoir détourné « aucun sou » dans cette affaire. Ses avocats n’ont pas sollicité de liberté provisoire orale, mais selon des informations relayées par le journal Libération, ils envisagent de déposer prochainement des requêtes écrites. Le parquet donnera ensuite son avis avant que le juge ne tranche. À ce stade, aucune offre de cautionnement n’a été proposée par la défense.

Cette affaire, qui remonte à la période critique de la pandémie de Covid-19, continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique, tant par l’importance des montants en jeu que par le profil politique de Mansour Faye, beau-frère de l’ancienne Première dame Marième Faye Sall. Les prochains développements judiciaires seront déterminants pour éclairer l’issue de ce dossier sensible.

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