Incarcéré depuis le 20 mai 2025, le chroniqueur Abdou Nguer a comparu ce mercredi 8 octobre devant le Tribunal correctionnel de Dakar dans le cadre de plusieurs affaires judiciaires qui le visent. La salle d’audience, pleine à craquer, a assisté à un long échange entre le prévenu et le juge, marqué par de nombreux revirements dans la défense du célèbre commentateur connu pour ses sorties polémiques sur les réseaux sociaux.
La première affaire, une plainte pour diffamation déposée par l’enseignant Ibrahima Barry Gassama, a été renvoyée au 12 novembre 2025 à la demande de la défense. En revanche, les autres dossiers, notamment ceux liés à la diffusion de fausses nouvelles et à l’offense au chef de l’État, ont été examinés sur le fond. L’un d’entre eux porte sur une vidéo publiée sur son compte TikTok intitulé « Abdou Nguer Seul », dans laquelle il réclamait une autopsie de l’ancien président de la Cour suprême, Mamadou Badio Camara, décédé depuis plusieurs mois.
Lors de sa comparution, Abdou Nguer, vêtu d’un maillot jaune et d’un blouson, a pris place à la barre en se présentant comme chroniqueur. D’un ton assuré, il a nié les accusations portées contre lui, affirmant qu’il ne faisait que commenter des faits d’actualité. Pour confronter le prévenu à ses propres déclarations, le président du tribunal a ordonné la diffusion en audience de plusieurs extraits sonores issus de la vidéo incriminée. Après écoute, Abdou Nguer a reconnu être bien l’auteur des propos en question, tout en tentant de minimiser leur portée.
Cependant, au fil de l’interrogatoire, les contradictions dans ses explications se sont multipliées. Le juge lui a demandé sur quels fondements reposaient ses affirmations au sujet du défunt magistrat Mamadou Badio Camara. « Je commente les faits. Je les ai lus sur le site de la Cour des comptes », a répondu le chroniqueur, sûr de lui. Une réponse qui a immédiatement suscité une question du magistrat : « Donc, vous savez lire ? » À la surprise générale, Abdou Nguer a rétorqué : « Non, je ne sais pas lire. »
Face à cette incohérence manifeste, le juge a insisté : « Alors, qui vous a dit ces informations ? » Le prévenu, manifestement déstabilisé, a tenté de se rattraper en affirmant : « Non, je l’ai vu sur le site moi-même. » Ces propos ont provoqué des murmures dans la salle d’audience, tant la contradiction paraissait flagrante.
Ce dialogue surréaliste a mis en évidence les limites de la défense du chroniqueur, dont les justifications ont semblé vaciller entre improvisation et confusion. Incapable d’expliquer comment il aurait pu lire un contenu en ligne tout en affirmant ne pas savoir lire, Abdou Nguer s’est enfoncé dans ses propres déclarations.
Ces incohérences risquent d’alourdir la situation judiciaire de celui qui fait déjà face à plusieurs procédures pour diffamation, diffusion de fausses nouvelles et offense au chef de l’État. Le tribunal a décidé de poursuivre l’examen de ses différents dossiers avant de rendre ses décisions dans les prochaines semaines.





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