Le président du mouvement Farlu Jotna et membre de la Coalition APTE, Pr El Hadj Malick Kane, livre une analyse critique du rejet du projet de Loi de finances rectificative (LFR) par l’Assemblée nationale. Il dénonce notamment le manque de transparence dans la gestion budgétaire, tout en saluant le rôle de contrôle exercé par les députés. Pour lui, cette séquence politique révèle une crise de gouvernance, mais constitue également un signal encourageant pour l’évolution démocratique du Sénégal.
L’opacité budgétaire, un « mépris du peuple »
Le Pr El Hadj Malick Kane ne cache pas son indignation face au refus des autorités de mettre à la disposition des parlementaires les documents annexes nécessaires à une évaluation approfondie du projet de Loi de finances rectificative. Pour cet universitaire et scientifique, cette rétention d’informations constitue une entorse aux principes fondamentaux de transparence et de redevabilité dans la gestion des finances publiques.
« La LFR est un vrai signe de mépris à l’endroit du peuple sénégalais. Refuser de transmettre des documents annexes pour l’évaluer démontre un niveau de mentalité de nos dirigeants très décevant et hérité des colons », dénonce-t-il.
Selon le président de Farlu Jotna, cette attitude traduit la persistance de pratiques de gestion dépassées, peu compatibles avec les exigences d’une gouvernance moderne et les aspirations des citoyens à davantage de transparence dans la conduite des affaires publiques.
Malgré ses critiques à l’endroit des autorités, le Pr El Hadj Malick Kane voit dans la résistance parlementaire un motif d’espoir. Il considère le refus des députés de valider un document budgétaire sans disposer de tous les éléments nécessaires à son examen comme une avancée significative dans le fonctionnement des institutions.
« La bonne nouvelle, c’est qu’une transition démocratique est en train de s’opérer. Nous avons des députés courageux qui restent debout et bien déterminés à assumer leur rôle de contrôle », se réjouit-il.
À ses yeux, cette posture parlementaire témoigne de l’émergence d’une nouvelle culture démocratique, dans laquelle le contrôle de l’action gouvernementale doit pleinement s’exercer, au-delà des appartenances politiques et des considérations partisanes.
Face aux dysfonctionnements qu’il dénonce, le Pr El Hadj Malick Kane plaide pour une transformation profonde du système institutionnel sénégalais. Il préconise notamment de dépasser une conception de la démocratie essentiellement fondée sur les échéances électorales, pour promouvoir une véritable « démocratie développementale », orientée vers les résultats économiques et sociaux.
Cette vision repose, selon lui, sur la mise en place d’institutions fortes et équilibrées, avec un Parlement disposant de réels moyens de contrôle sur l’action de l’exécutif. L’objectif est de garantir une gestion rigoureuse des ressources publiques et de veiller à ce que celles-ci soient prioritairement consacrées à la satisfaction des besoins des populations.
Le leader de Farlu Jotna porte également un regard critique sur certains dirigeants qui se réclament du patriotisme et de la rupture avec les anciennes pratiques politiques. Il dénonce notamment le décalage entre les engagements affichés et les actes posés dans la gestion quotidienne des affaires publiques.
Sa critique s’articule autour de trois principaux points. Il pointe d’abord la persistance de l’opacité dans la gestion des fonds politiques, dont il réclame davantage de transparence. Il dénonce ensuite le recours au clientélisme, notamment à travers la distribution de bourses familiales qui, selon lui, devrait davantage servir l’autonomisation des bénéficiaires que des intérêts politiques.
Enfin, il fustige ce qu’il considère comme un reniement des engagements de rupture, reprochant à certains responsables de renouer avec des réseaux et des lobbys politiques issus du système qu’ils s’étaient pourtant engagés à combattre.
Au-delà de son engagement politique au sein de la Coalition APTE, le Pr El Hadj Malick Kane entend mettre son expertise scientifique et son expérience internationale au service du développement du Sénégal.
Professeur dans le domaine de l’énergie à l’Université des sciences et technologies du canton de Fribourg, en Suisse, il dirige également le Laboratoire de thermique du Smart Living Lab, en lien avec l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
Fort de ce parcours universitaire et scientifique, il affiche sa volonté de contribuer activement à la mise en œuvre de la vision stratégique « Sénégal 2050 ».
À ses yeux, la transition énergétique, l’indépendance technologique et la rigueur scientifique constituent des leviers essentiels pour renforcer la souveraineté nationale et accélérer le développement économique et social du pays.
À travers ses prises de position, le Pr El Hadj Malick Kane appelle ainsi à une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité institutionnelle et l’efficacité de l’action publique. Un plaidoyer qui remet au cœur du débat national la question de la gestion des ressources publiques et de la responsabilité des gouvernants devant les citoyens.






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