À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée cette année sous le thème « L’eau et le genre », le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a mis en avant une nouvelle orientation stratégique majeure pour le continent africain : la Vision africaine de l’eau 2063. Dans son discours, il a salué une initiative structurante qui ambitionne de repositionner la gestion de l’eau au cœur des politiques de développement.
Adoptée lors de la 39ᵉ session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine à Addis-Abeba, cette vision se présente comme un cadre continental de référence destiné à accompagner la mise en œuvre de l’Agenda 2063. Elle vise à faire de l’eau un levier essentiel de transformation économique et sociale en Afrique, en contribuant à l’éradication de la pauvreté, au renforcement de la sécurité alimentaire, à l’industrialisation et à la résilience face aux effets du changement climatique.
Selon Cheikh Tidiane Dièye, également président du Conseil des ministres africains chargés de l’eau, cette vision accorde une place centrale à l’égalité des sexes et à l’inclusion sociale. Elle insiste sur la nécessité de traduire ces engagements en actions concrètes, notamment à travers une meilleure intégration de l’équité dans la gouvernance de l’eau et dans l’accès aux services de base.
Dans cette dynamique, les États africains sont appelés à favoriser une participation active des femmes, des jeunes et des groupes vulnérables. L’objectif est de garantir un accès équitable aux ressources hydriques, mais aussi une répartition plus juste des bénéfices issus de leur exploitation. Cette approche vise à impulser un changement systémique fondé sur des politiques inclusives et des mécanismes de gestion participative, tant au niveau national que dans le cadre des accords transfrontaliers liés aux bassins hydrographiques.
Élaborée sous l’égide de la Commission de l’Union africaine et du Conseil des ministres africains chargés de l’eau, la Vision africaine de l’eau 2063 dépasse largement le cadre sectoriel. Elle s’impose comme une stratégie globale de développement durable articulée autour de huit objectifs majeurs, parmi lesquels l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, la gestion durable des ressources hydriques, la promotion de la bonne gouvernance, le renforcement de la résilience climatique, le développement de l’économie bleue et le renforcement des capacités humaines.
Dans le cadre de son plan de mise en œuvre couvrant la période 2026-2033, un appel fort est lancé pour accroître l’implication des femmes et des jeunes dans les programmes structurants. Cela concerne notamment les initiatives liées à la gestion intégrée des ressources en eau ainsi que les projets d’infrastructures hydrauliques.
Cette vision offre également une opportunité stratégique pour renforcer la position de l’Afrique sur la scène internationale. À ce titre, le Sénégal, en sa qualité de président en exercice de l’AMCOW et coprésident de la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2026, entend porter une voix africaine unifiée afin d’accélérer l’atteinte de l’Objectif de développement durable numéro 6, relatif à l’accès à l’eau et à l’assainissement.





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