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Réformes des finances publiques : le Trésor sonne l’alerte face aux rivalités entre régies financières

Les tensions montent au sein de l’administration financière sénégalaise. À travers un communiqué au ton ferme, le Syndicat Unique des Travailleurs du Trésor (SUTT) a exprimé ses profondes inquiétudes face aux réformes en cours dans le secteur des finances…

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Réformes des finances publiques : le Trésor sonne l’alerte face aux rivalités entre régies financières

Les tensions montent au sein de l’administration financière sénégalaise. À travers un communiqué au ton ferme, le Syndicat Unique des Travailleurs du Trésor (SUTT) a exprimé ses profondes inquiétudes face aux réformes en cours dans le secteur des finances publiques, dénonçant des conflits de compétences de plus en plus visibles entre les principales régies financières de l’État.

Dans un contexte marqué par la volonté affichée des autorités de moderniser et de rationaliser la gestion des ressources publiques, le syndicat estime que certaines orientations prises risquent de déstabiliser l’architecture historique du système financier sénégalais. Le SUTT considère notamment que plusieurs administrations cherchent progressivement à étendre leurs prérogatives au détriment du Trésor public, institution centrale dans la gestion et le recouvrement des ressources de l’État.

Au cœur de cette controverse figure le projet de loi portant Code général des impôts. Selon le syndicat, le texte prévoit de transférer à la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) le recouvrement des impôts destinés aux collectivités territoriales, une mission jusque-là assurée par le Trésor public. Pour le SUTT, cette évolution constitue une remise en cause directe des attributions traditionnelles du Trésor et pourrait fragiliser l’équilibre actuel du système de gestion financière.

Le syndicat craint qu’une telle réforme ne crée des chevauchements de compétences et n’affaiblisse la cohérence globale de la chaîne de mobilisation des recettes publiques. Il estime également que cette orientation pourrait avoir des conséquences importantes sur la gestion financière des collectivités territoriales, dans un contexte où les besoins de financement local demeurent particulièrement sensibles.

Les inquiétudes du SUTT interviennent alors que l’État poursuit le déploiement du SIGIF, le Système intégré de gestion de l’information financière, présenté comme un outil stratégique de modernisation des finances publiques. Destiné à améliorer la traçabilité, la transparence et l’efficacité des opérations financières de l’État, ce dispositif est censé renforcer la coordination entre les différentes administrations concernées.

Cependant, pour le syndicat, les tensions institutionnelles observées actuellement risquent de compromettre les objectifs mêmes de cette modernisation. Le SUTT souligne une contradiction entre les ambitions de rationalisation administrative affichées par les autorités et la multiplication des conflits de compétences entre structures publiques chargées du recouvrement et de la gestion des recettes.

Le climat de crispation ne se limite pas au seul dossier fiscal. Le syndicat dit également suivre avec préoccupation les discussions autour de la réforme du Code des Douanes. Selon le communiqué, la Direction générale des Douanes chercherait elle aussi à élargir son champ d’intervention dans le domaine du recouvrement des droits et taxes douaniers. Une dynamique que le SUTT interprète comme une forme de compétition institutionnelle autour du contrôle des recettes publiques.

Pour les travailleurs du Trésor, ces évolutions traduisent une recomposition progressive des équilibres au sein de l’administration financière sénégalaise. Le syndicat considère que les missions de mobilisation des ressources publiques doivent rester clairement réparties afin d’éviter tout risque de désorganisation administrative ou de baisse d’efficacité dans le recouvrement des recettes de l’État.

Le SUTT est également revenu sur la réforme de 2009 relative à l’organisation du recouvrement des impôts d’État. Le syndicat estime que cette réforme mérite aujourd’hui une évaluation approfondie afin d’en mesurer les impacts réels sur les finances publiques. Selon lui, certaines modifications introduites à l’époque auraient entraîné des pertes de recettes et des dysfonctionnements dans le processus de recouvrement.

Dans ce contexte, l’organisation syndicale appelle les autorités à engager une réflexion globale sur la gouvernance des régies financières. Elle plaide pour une clarification des rôles entre les différentes administrations concernées ainsi qu’un renforcement de la coordination institutionnelle afin d’éviter une fragmentation des missions stratégiques de l’État.

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