Dans la nuit du 5 juillet 2025, un acte aussi ignoble qu’inquiétant s’est produit à Kër Leyti, la Maison de l’Oralité et du Patrimoine. Située à Keur Massar et fondée par le professeur Massamba Guèye, cette institution culturelle phare, dédiée à la sauvegarde de la parole, de la mémoire et de l’identité africaine, a été la cible de malfaiteurs. Moins de deux semaines avant la très attendue Grande Nuit du Conte, prévue le 18 juillet, ce haut lieu du récit oral a été violemment profané.
Selon les premières informations, les assaillants ont pénétré par effraction en forçant la porte du balcon menant au bureau du Directeur. Une fois à l’intérieur, ils ont commis leur forfait avec une violence manifeste. Une plainte a été immédiatement déposée auprès de la gendarmerie de Keur Massar. L’enquête, ouverte suite à une dénonciation visant un individu non encore identifié, est en cours.
Au-delà du préjudice matériel et du traumatisme que cette attaque a pu engendrer, c’est toute une symbolique qui a été visée. Kër Leyti n’est pas un simple bâtiment ; c’est un sanctuaire de la culture, un creuset de l’oralité africaine, un espace vivant de transmission intergénérationnelle. L’acte posé par ces malfaiteurs constitue une atteinte frontale à un patrimoine immatériel essentiel.
Face à cette épreuve, la réaction de la direction se veut digne et déterminée. Dans un message porteur d’espoir et de résilience, elle affirme : « Nous restons debout ! » — une réponse forte à une tentative de déstabilisation qui, loin d’affaiblir Kër Leyti, renforce son rôle central dans la défense de l’héritage culturel africain.
Ce drame appelle à une réaction ferme. Les autorités compétentes sont interpellées pour que toute la lumière soit faite, que les auteurs de cette agression soient identifiés et traduits en justice, et que les mesures nécessaires soient prises pour assurer la sécurité de ce haut lieu de culture.
Kër Leyti n’est pas seul. Plus qu’un vol, c’est un signal d’alarme. Il est de notre devoir collectif de protéger ces espaces de mémoire vivante. La culture ne se vole pas. Elle se défend, elle se transmet, elle se fortifie.