Plan “Jubbanti Koom” : Ousmane Sonko tourne le dos au FMI et mise sur la souveraineté populaire

Lors d’une cérémonie solennelle organisée au Grand Théâtre national, le Premier ministre Ousmane Sonko a officiellement dévoilé le Plan de Redressement Économique et Social du Sénégal, baptisé Jubbanti Koom, soit « redresser le pays » en langue wolof. Un document ambitieux qui marque une rupture assumée avec les politiques dictées par les institutions financières internationales, au profit d’un modèle ancré dans la souveraineté nationale.

« Nous ne pouvons pas, 65 ans plus tard, continuer à attendre le salut de l’extérieur. L’Afrique doit évoluer et le Sénégal doit évoluer », a déclaré le chef du gouvernement dans un discours aux accents souverainistes. Fustigeant la dépendance chronique du pays à l’égard des bailleurs étrangers, Ousmane Sonko a réaffirmé que son gouvernement n’attend “rien du Fonds Monétaire International (FMI)”.

Cette position s’inscrit dans une ligne politique clairement assumée depuis l’arrivée au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye, favorable à un recentrage de la stratégie économique autour des ressources et des priorités locales.

Un plan conçu « par et pour les Sénégalais »

Le Premier ministre a souligné que Jubbanti Koom est le fruit d’un travail collectif, mené au sein de la Primature avec la collaboration directe de plusieurs ministères stratégiques. « Ce que nous présentons aujourd’hui n’attend rien quasiment de personne, sinon du peuple sénégalais lui-même », a-t-il insisté.

Il a tenu à saluer l’engagement des « co-fonctionnaires », ces hauts cadres de l’administration qui ont contribué à l’élaboration de ce plan de redressement fondé sur les réalités nationales et les aspirations populaires.

Sans entrer dans les détails techniques, Ousmane Sonko a laissé entendre que le plan s’articulera autour de piliers structurants : souveraineté alimentaire, relance industrielle, réforme du système fiscal, autonomisation énergétique, et équité territoriale. Il s’agit, selon lui, d’un « tournant stratégique » destiné à sortir le Sénégal de la logique de dépendance financière et de l’endettement massif, tout en redonnant au citoyen un rôle central dans la transformation économique.

Le Premier ministre a conclu son intervention en appelant les Sénégalais à « s’approprier ce plan » et à « en être les gardiens », car c’est à travers l’engagement populaire que Jubbanti Koom pourra devenir une réalité.

Concession des Chantiers navals de Dakar : le président Diomaye Faye stoppe une procédure jugée défavorable et relance un nouvel appel d’offres

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a levé le voile sur une décision majeure concernant un actif stratégique du pays : les Chantiers navals de Dakar. Lors de la présentation du Plan de Redressement Économique et Social baptisé “Jubbanti Koom”, le chef de l’État a révélé avoir interrompu une concession imminente, qu’il a jugée contraire aux intérêts nationaux.

En faisant allusion à une conversation tenue avec son prédécesseur au moment de la passation de pouvoir, le président Faye a indiqué :

« Quand il me faisait visiter le palais, je lui ai fait savoir notamment que j’étais au courant de la signature imminente d’une concession sur les Chantiers navals de Dakar qui n’a pas été négociée dans les meilleurs termes. »

Considérant que cette concession n’avait pas été conclue dans des conditions optimales, le président a immédiatement ordonné l’arrêt du processus. Une décision motivée par la volonté de protéger les intérêts stratégiques du Sénégal dans un secteur sensible, lié à l’industrie navale, à la défense et à l’économie maritime.

Dans la foulée, le chef de l’État a annoncé le lancement d’un nouvel appel d’offres, avec l’engagement que la nouvelle procédure sera conduite dans la transparence et selon des critères de souveraineté économique et de performance industrielle.

« Vous verrez la différence sur les deux contrats », a-t-il promis, sans toutefois entrer dans les détails sur les parties concernées par l’ancien projet de concession.

Cette décision traduit la philosophie du nouveau régime, qui entend rompre avec des pratiques de gouvernance jugées opaques, tout en redonnant à l’État la maîtrise de secteurs clés. Les Chantiers navals de Dakar, infrastructure essentielle pour la maintenance des navires civils et militaires, revêtent une importance géopolitique dans un contexte de tensions régionales et d’intensification des activités maritimes.

Avec ce geste, le président Diomaye Faye envoie un signal fort : chaque partenariat économique sera désormais examiné à l’aune de l’intérêt national, et la transparence devient un impératif non négociable dans la gestion des ressources publiques et des infrastructures stratégiques.

Ousmane Sonko dévoile le Plan “Jubbanti Koom” pour un redressement économique et social durable du Sénégal

Depuis le Grand Théâtre de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a solennellement présenté ce vendredi le Plan de Redressement Économique et Social du Sénégal, baptisé “Jubbanti Koom” (littéralement « Relever la Nation » en wolof). Ce plan stratégique, pensé à long terme, vise à sortir le pays de la crise multidimensionnelle actuelle tout en posant les fondations d’un développement autonome et soutenu jusqu’en 2050.

Dans une allocution dense et volontariste, Ousmane Sonko a tenu à préciser que ce plan « n’est pas tombé du ciel », mais qu’il découle d’un « travail de planification prospective rigoureuse » mené sur instruction du Président Bassirou Diomaye Faye, dans le cadre de la mise en œuvre de son programme politique. L’ambition est claire : refonder le modèle économique sénégalais, rompre avec la dépendance excessive à l’endettement extérieur et remettre l’État au service du développement national.

Structuré autour d’un document de référence intitulé “Vision 2050”, le plan Jubbanti Koom repose sur trois phases successives, conçues comme un continuum stratégique :

Phase 1 : Redressement (2025–2029) Cette étape vise à stabiliser les fondamentaux de l’économie, restaurer la discipline budgétaire, lutter contre la corruption, renforcer la justice et rebâtir la confiance entre l’État et les citoyens. C’est aussi une phase d’urgence pour répondre aux besoins sociaux prioritaires, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’emploi. Phase 2 : Impulsion (2029–2034) Elle marque le démarrage d’une croissance structurelle à travers l’industrialisation, l’agriculture modernisée, les réformes institutionnelles profondes et l’innovation technologique. Le gouvernement ambitionne d’attirer davantage d’investissements locaux et de capitaliser sur les ressources naturelles dans une logique de transformation locale. Phase 3 : Accélération (2034–2050) C’est l’étape de la consolidation et de la souveraineté économique. Le Sénégal entend alors jouer pleinement son rôle dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, tout en s’appuyant sur un capital humain renforcé, une gouvernance publique performante et une infrastructure de développement maîtrisée.

« Ce rappel référentiel est important », a insisté le chef du gouvernement, soulignant que le plan Jubbanti Koom n’est pas une série de promesses électorales, mais une vision articulée, progressive et chiffrée, destinée à sortir le Sénégal des logiques de pilotage à court terme. Il a également appelé à une mobilisation nationale autour de ce projet, considérant qu’il s’agit d’un pacte entre l’État et les citoyens pour un avenir commun.

Sénégal – Économie : Abdourahmane Sarr dévoile un ambitieux plan de redressement pour restaurer la souveraineté budgétaire

Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a présenté ce vendredi le nouveau plan de redressement économique du Sénégal, une feuille de route ambitieuse qui entend rompre avec un modèle économique jugé « insoutenable » et poser les bases d’un développement souverain, inclusif et durable.

Cette initiative intervient dans un contexte tendu, marqué par la suspension du programme économique et financier avec le FMI et une crise aiguë de financement qui fragilise les équilibres budgétaires du pays.

Le diagnostic posé par le ministre est sans concession. La dette publique sénégalaise a atteint 119 % du PIB à fin 2024, un seuil alarmant, fruit d’un recours excessif à l’endettement pour financer la croissance. Cette stratégie, selon M. Sarr, n’a pas porté ses fruits : la croissance hors agriculture reste faible, et les investissements publics manquent d’efficacité, plombés par des déficits persistants et une productivité atone.

« Nous avons hérité d’un modèle économique tourné vers l’extérieur, incapable de produire une croissance inclusive. Il est temps de remettre le citoyen et l’entreprise nationale au centre de la stratégie de développement », a déclaré le ministre.

Le plan présenté s’inscrit dans la Vision Sénégal 2050, un cadre stratégique de long terme qui promeut la souveraineté économique et le développement endogène. Le cap est clairement fixé : sortir du cycle de dépendance vis-à-vis des financements extérieurs, restaurer la soutenabilité de la dette, et bâtir un secteur privé national fort.

Le gouvernement mise désormais sur une approche partenariale, fondée sur les Partenariats Publics-Privés (PPP) et les délégations de services publics. Objectif : attirer des investissements à fort contenu local, tout en réduisant la charge budgétaire directe pour l’État.

Pour concrétiser cette nouvelle orientation, une task force interministérielle a été mise en place. Elle aura pour mission de coordonner les réformes, de suivre l’exécution du plan et de garantir la cohérence des politiques publiques.

Améliorer l’efficacité de la dépense publique, en éliminant les gaspillages et en ciblant mieux les investissements. Réduire la dette publique de 3 % d’ici 2027, à travers un assainissement budgétaire progressif. Renforcer les capacités du secteur privé national, en facilitant l’accès au financement, à la commande publique et à l’innovation.

À moyen terme, le gouvernement vise une croissance stable d’au moins 5 %, tirée par un secteur privé compétitif et une administration plus efficiente. Il s’agit, selon Abdourahmane Sarr, de « restaurer la crédibilité économique du pays », tout en répondant aux attentes sociales fortes.

Cyberescroquerie : quand Adama Bâ tombait dans le piège d’un faux Cheikh Amar

En 2013, l’ancien maire de la commune de Fass-Colobane-Gueule Tapée, Adama Bâ, a failli être victime d’une escroquerie numérique sophistiquée orchestrée par un jeune homme du nom d’El Hadji Assane Demba, alors âgé d’une vingtaine d’années. Ce dernier, présenté comme un proche du célèbre activiste numérique « Kocc Barma », s’était spécialisé dans le piratage des comptes Facebook de personnalités publiques influentes.

Dans les colonnes du journal L’Observateur, Adama Bâ raconte sa mésaventure : « J’ai échangé avec un faux compte Facebook, qui prétendait être celui de Cheikh Amar. L’interlocuteur m’a parlé de mes enfants, m’a proposé un poste de direction dans une entreprise au Maroc, puis a commencé à demander des faveurs. » La supercherie est découverte dès le lendemain lorsque l’ancien maire croise le véritable Cheikh Amar. « J’ai tout de suite compris que j’avais été piégé », confie-t-il.

Face à cette tentative d’arnaque, Adama Bâ dépose plainte auprès de la Division des investigations criminelles (DIC). L’enquête permet de localiser le suspect, arrêté de nuit dans le quartier des Maristes alors qu’il se trouvait en compagnie de sa mère.

L’affaire ne sera finalement pas portée devant la justice. Une médiation dirigée par Serigne Abdou Lahad Gaïndé Fatma, marabout du mis en cause, aboutit au retrait de la plainte. « Je lui ai, depuis, pardonné. Il n’a pas réussi à me nuire, sa tentative a échoué. Si la presse n’avait pas relancé le sujet, je n’en aurais pas reparlé », affirme l’ancien édile, aujourd’hui apaisé.

Sénégal – Scandale judiciaire : Adama Faye, beau-frère de Macky Sall, activement recherché pour escroquerie

Adama Faye, frère de l’ex-Première dame Marième Faye Sall et beau-frère de l’ancien président Macky Sall, est dans le viseur de la justice sénégalaise. Selon des sources sécuritaires concordantes, il fait l’objet d’un avis de recherche lancé par la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane dans une affaire d’escroquerie présumée portant sur plus de 400 millions de francs CFA.

Les accusations qui pèsent sur Adama Faye concernent des transactions financières jugées frauduleuses, dans lesquelles plusieurs personnes se déclarent victimes. Ces dernières auraient été appâtées par des promesses d’investissements ou de facilitation d’accès à des marchés, dans un contexte où la proximité de l’homme avec les plus hautes sphères du pouvoir de l’époque lui conférait une certaine crédibilité.

Des documents et témoignages recueillis par les enquêteurs feraient état de montages financiers douteux et d’abus de confiance. À ce stade de l’enquête, les autorités judiciaires n’ont pas encore confirmé la nature exacte des contrats ou accords impliqués, mais les montants en jeu et le profil du mis en cause attirent une attention médiatique considérable.

L’affaire a pris un nouveau tournant lorsque Adama Faye ne s’est pas présenté à une convocation officielle des enquêteurs de la Section de recherches. Ce refus d’obtempérer est interprété comme une tentative de fuite ou de dissimulation, ce qui pourrait aggraver son cas devant la justice.

Selon le Code pénal sénégalais, un individu qui refuse délibérément de répondre à une convocation judiciaire dans le cadre d’une enquête pour délit financier peut être poursuivi pour entrave à la justice. En cas de fuite caractérisée, des peines complémentaires, dont la détention préventive, peuvent être ordonnées.

Le nom d’Adama Faye est loin d’être inconnu dans les cercles du pouvoir. Sa proximité familiale avec l’ex-couple présidentiel en fait une figure sensible du paysage politico-affairiste sénégalais. Bien qu’aucun lien direct n’ait été établi entre ses agissements présumés et l’exercice du pouvoir par Macky Sall, ce dossier ravive les critiques sur les pratiques de certains membres de l’ancien entourage présidentiel.

Pour rappel, le régime actuel, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, a fait de la lutte contre la corruption et l’impunité un axe prioritaire de sa gouvernance. Des enquêtes ont été relancées ou intensifiées sur plusieurs figures de l’ancien régime, dans une volonté affichée de “reddition des comptes”.

En cas de confirmation des faits, Adama Faye pourrait être poursuivi pour escroquerie, abus de confiance et blanchiment de capitaux, des infractions qui peuvent entraîner jusqu’à 10 ans de prison ferme selon les textes en vigueur. L’éventuelle fuite du mis en cause, si elle est confirmée, serait un facteur aggravant dans l’appréciation des juges.

Projet de Loi de Finances Initiale 2026 : Cheikh Diba trace les grandes lignes d’une nouvelle gouvernance budgétaire

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a donné le coup d’envoi officiel de la préparation du Projet de Loi de Finances Initiale (PLFI) 2026 à travers une circulaire rendue publique le 23 juillet dernier. Ce document, relayé par le journal Libération, fixe les orientations majeures de la politique budgétaire nationale pour le prochain exercice, dans un contexte marqué par des défis économiques persistants et une volonté affirmée de transformation structurelle.

Face aux urgences économiques et sociales, mais aussi à la nécessité de poursuivre les efforts de rationalisation des finances publiques, le ministre Diba a articulé la stratégie budgétaire 2026 autour de quatre grands piliers :

L’adoption d’une politique fiscale innovante, efficace, efficiente et équitable pour accroître la mobilisation des ressources internes ; La consolidation budgétaire à court terme, dans le cadre de la poursuite de la politique d’assainissement des finances publiques ; Une gestion active et rigoureuse de la dette publique, afin de préserver la soutenabilité budgétaire ; L’intégration des projets structurants de l’Agenda 2050 dans les allocations sectorielles, pour garantir leur financement optimal.

Ces priorités s’inscrivent, selon Cheikh Diba, dans « la continuité et le renforcement des réformes déjà initiées » et visent à « une redistribution plus équitable des fruits de la croissance économique ».

L’un des points saillants de la circulaire ministérielle est l’institutionnalisation de l’évaluation ex-ante obligatoire pour tout projet d’investissement public d’un montant égal ou supérieur à 500 millions de francs CFA. En dessous de ce seuil, les projets devront être justifiés par une note conceptuelle, soumise aux comités de maturation et de sélection des projets, et accompagnée de documents techniques validés.

Avant toute inscription dans le Programme d’Investissements Publics (PIP), chaque projet devra disposer d’une étude de faisabilité complète, validée par un comité spécialisé. Une exigence qui vise à rationaliser les investissements, à éviter les éléphants blancs, et à garantir la pertinence économique et sociale des initiatives financées sur fonds publics.

Autre nouveauté majeure : la circulaire met fin à la reconduction systématique des crédits budgétaires, notamment pour les projets d’investissement. En lieu et place, le ministère réaffirme son engagement dans la budgétisation à base zéro, une méthode exigeant une justification détaillée de chaque dépense projetée.

Les institutions constitutionnelles et les ministères sont ainsi appelés à procéder à une évaluation rigoureuse des besoins, avec obligation de produire une note explicative par activité, catégorie et ligne budgétaire. Ce document devra accompagner les avant-projets de budgets transmis en amont des conférences budgétaires prévues dans les prochaines semaines.

Dakar : Trois ressortissants guinéens condamnés à un an de prison ferme pour outrage à la pudeur

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu, ce jeudi 31 juillet 2025, son verdict dans une affaire ayant suscité de vives réactions au sein de l’opinion. Trois ressortissants guinéens ont été condamnés à un an de prison ferme pour outrage public à la pudeur et acte contre nature, à la suite d’un incident survenu lors d’une cérémonie de mariage à Grand-Médine.

Les mis en cause, Souleymane Ba, Ablaye Camara et Ousmane Bah, étaient membres d’un orchestre engagé pour animer la fête organisée par un compatriote. D’après les informations rapportées par Dakaractu, les faits reprochés sont liés à une scène de danse jugée obscène, ayant choqué plusieurs participants à la célébration.

À la barre, les trois prévenus ont reconnu la nature déplacée de leurs comportements, tout en précisant qu’ils avaient agi sous l’effet de l’euphorie festive. Ils ont présenté des excuses publiques et exprimé leurs regrets devant le tribunal.

Malgré leurs déclarations de remords, le juge a estimé que les faits étaient suffisamment graves pour prononcer une peine exemplaire, soulignant le caractère public de l’acte et la nécessité de préserver les valeurs sociales.

APR – Mobilisations en série pour la libération des cadres du parti : cap sur Dakar avec l’Assemblée générale des femmes

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) multiplie les initiatives pour exiger la libération de plusieurs de ses responsables politiques actuellement confrontés à la justice. Après les mobilisations remarquées à Ourossogui, Saint-Louis et Agnam, c’est désormais à Dakar que les regards se tournent, avec une nouvelle étape dans cette série d’actions de protestation.

Les récentes marches pacifiques organisées dans le nord du pays ont rassemblé de nombreux militants de l’APR venus exprimer leur solidarité envers l’honorable député Farba Ngom et d’autres figures du parti, qu’ils qualifient d’“otages politiques du régime”. Dans un communiqué, le SEN s’est félicité de l’engagement de la base militante et de la discipline observée lors de ces manifestations.

Dans la poursuite de cette dynamique, le SEN a annoncé la tenue, ce samedi 2 août, d’une Assemblée générale des femmes de l’APR à Dakar. L’événement est présenté comme une étape majeure de la mobilisation nationale. Les femmes du parti entendent faire entendre leurs voix et poser fermement leurs revendications :

La libération immédiate de Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye. La levée du placement sous bracelet électronique d’Ismaïla Madior Fall et d’Aïssatou Sophie Gladima. La fin du contrôle judiciaire imposé à Ndeye Saly Diop.

Pour l’APR, cette nouvelle mobilisation n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une campagne plus large visant à dénoncer ce que le parti considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Le SEN affirme son engagement à poursuivre la lutte par des moyens pacifiques et démocratiques, en attendant, selon ses termes, “le rétablissement des droits de ses responsables injustement privés de liberté”.

Kaolack : Résultats du CFEE, de l’Entrée en Sixième et du BFEM 2025 – Des performances contrastées à travers la région

Les résultats du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE) et du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM) pour l’année scolaire 2024-2025 viennent d’être publiés au niveau de l’académie de Kaolack. Ce cru 2025 affiche des performances globalement en hausse, bien que des disparités notables subsistent entre les zones urbaines et rurales.

Selon les chiffres officiels communiqués par les autorités académiques, l’académie de Kaolack a enregistré un taux de réussite de 70,22 % à l’examen du CFEE.

Au total, 14 280 candidats ont été déclarés admis, dont 8058 filles (soit 69,81 % des candidates) et 6222 garçons (70,75 % des candidats), répartis dans les quatre Inspections de l’Éducation et de la Formation (IEF) de la région.

Sur 20 337 candidats inscrits – dont 11 543 filles et 8794 garçons – ces résultats traduisent une progression notable par rapport aux années précédentes.

Pour l’entrée en sixième, 19 497 élèves ont pris part à l’évaluation. Parmi eux, 17 378 ont été déclarés admis, soit un taux de réussite global de 89,13 %.

Dans le détail, 9852 filles ont été reçues (soit 89,02 % des candidates), contre 7526 garçons (89,28 % des candidats). Des chiffres qui témoignent d’un bon niveau de préparation des élèves à la transition vers le cycle moyen.

En ce qui concerne le BFEM, l’académie de Kaolack affiche un taux de réussite de 81,53 % à l’issue du deuxième tour de la session 2024-2025.

10 714 candidats ont été admis, dont 4792 filles (soit 80,70 %) et 5922 garçons (82,58 %). Là encore, bien que les résultats soient globalement positifs, de légères différences de performance subsistent entre les sexes, et entre les établissements selon leur implantation géographique.

Journée Internationale de la Femme Africaine : Mme Fatou Ndiaye Diop Blondin, présidente de l’AFED, plaide pour l’accès des femmes au numérique

À l’occasion de la Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA), célébrée ce jeudi 31 juillet 2025 au Musée des Civilisations Noires, l’Alliance des Femmes pour l’Équité et la Démocratie (AFED), dirigée par Mme Ndeye Fatou Ndiaye Diop Blondin, a organisé une rencontre en collaboration avec le ministère de la Famille et des Solidarités.

Placée sous le thème : « Le New Deal technologique 2050 au service du leadership féminin », cette édition ambitionne de faire du numérique un véritable levier de liberté, d’autonomie économique et de renforcement du leadership des femmes africaines.

Une initiative née de la lutte pour la démocratie

Dans son allocution, Mme Ndeye Fatou Ndiaye Diop Blondin est revenue sur la genèse de l’AFED :

« L’AFED est née sur les fonts baptismaux de la lutte pour la sauvegarde de la démocratie au Sénégal. En 2022, nous avons constaté que moins de 5 % de femmes participaient aux rencontres du F24, pourtant cruciales dans le contexte de répression politique qui sévissait alors. C’est dans ce contexte que Mme Aminata Touré, Mme Aïssatou Mbodj, Mme Maïmouna Dièye et moi-même avons décidé de créer une instance capable de renforcer la participation féminine dans la construction nationale. Nous avons réuni des militantes issues de divers horizons et fondé l’AFED. »

Vers une meilleure inclusion numérique des femmes

S’exprimant sur le thème de cette année, la présidente de l’AFED a interpellé sur la place des femmes dans le « New Deal technologique » :

« Il subsiste une sous-représentation persistante des femmes dans les postes de direction liés aux technologies. Il est temps de valoriser leur contribution dans les avancées numériques et de promouvoir des technologies qui améliorent leurs conditions de vie et leur productivité. »

Elle a aussi souligné que le Sénégal s’est engagé dans une transformation numérique ambitieuse :

« Le pays a opté pour une digitalisation accélérée de ses processus administratifs, tout en créant des emplois dans le secteur numérique au bénéfice de l’éducation, de l’agriculture, de la santé, etc. Mais quelle est la place des femmes dans ce New Deal ? »

Une marraine engagée : Maïmouna Dièye

Marraine de l’édition 2025, Mme Maïmouna Dièye, ministre de la Famille et des Solidarités, a salué l’initiative :

« Dans un monde de plus en plus interconnecté, le numérique constitue un outil puissant pour améliorer l’accès aux droits fondamentaux, réduire les inégalités sociales et promouvoir l’inclusion économique, éducative et citoyenne. »

Elle a insisté sur les opportunités que la révolution numérique offre aux femmes :

« La technologie permet de franchir les barrières traditionnelles liées à la formation, à l’emploi, à la santé et à l’entrepreneuriat. Elle est un levier d’autonomie économique, de liberté et de leadership féminin. »

La ministre a également rappelé que cette journée célèbre l’engagement historique des femmes africaines dans la construction de sociétés pacifiques, solidaires et durables.

« Elle est un appel à l’action, à la reconnaissance du droit, de la valeur et du potentiel des femmes et des filles africaines. »

Enfin, elle a félicité Mme Ndeye Fatou Ndiaye Diop Blondin pour ses compétences, son engagement et son leadership au service du développement du Sénégal.

Concours général 2026 : Le président Diomaye Faye lance un concours national pour booster les sciences et le numérique à l’école

Lors de la cérémonie du Concours général 2026, tenue ce jeudi à Dakar, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé une mesure forte en faveur de la promotion des filières scientifiques et technologiques. Dès la rentrée scolaire 2025-2026, un Concours national de Mathématiques, de Sciences et de Technologie sera institué, visant les élèves du CM2 jusqu’à la Terminale.

Cette initiative, saluée par l’assistance composée d’élèves, de parents, d’enseignants et de responsables éducatifs, marque une volonté claire de l’État de stimuler l’excellence dans les disciplines STEM (Science, Technology, Engineering, Mathematics), longtemps reléguées au second plan dans le système éducatif sénégalais.

« Nous devons faire des sciences, de la technologie, de la formation professionnelle et du numérique des leviers fondamentaux de notre souveraineté et de notre développement », a déclaré le chef de l’État, regrettant que ces secteurs restent encore aujourd’hui les « parents pauvres » de l’enseignement.

Au-delà de cette annonce symbolique, le président Diomaye a profité de cette tribune pour esquisser les grandes lignes d’une réforme structurelle de l’éducation. S’inscrivant dans la vision de l’Agenda de Transformation Sénégal 2050, cette réforme vise à construire une école « attractive, motivante et passionnante », capable de répondre aux défis du siècle.

« Il est temps de rompre avec les anciens schémas et d’orienter résolument notre jeunesse vers les sciences et les technologies. Cela passe par une refondation de notre système éducatif », a-t-il martelé.

Le Concours national de Mathématiques, de Sciences et de Technologie viendra compléter le dispositif d’émulation scolaire existant, à l’image du Concours général, en mettant l’accent sur les performances dans les disciplines scientifiques. Il vise à détecter les talents dès le cycle élémentaire et à les accompagner vers des parcours d’excellence.

Cette décision s’inscrit dans une volonté politique affirmée de revaloriser les filières scientifiques, longtemps perçues comme élitistes ou peu attractives. Le gouvernement entend, à travers cette mesure, encourager davantage d’élèves à embrasser des carrières dans le numérique, l’ingénierie, la recherche ou les technologies de pointe.

Par cette annonce, le président Diomaye Faye adresse également un message clair aux enseignants, aux parents et aux décideurs : le temps de l’action est venu pour bâtir une école capable de porter les ambitions d’un Sénégal émergent, inclusif et souverain.

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Ahoua Don Mello, vice-président du PPA-CI, se déclare candidat « par précaution »

En pleine incertitude autour de l’éligibilité de Laurent Gbagbo, son vice-président au Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Ahoua Don Mello, a annoncé ce jeudi sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 25 octobre prochain. Une décision qu’il qualifie de « précaution démocratique », alors que l’ancien chef de l’État et figure historique de l’opposition est écarté du scrutin par décision de justice.

« Afin d’éviter la politique de la chaise vide, je déclare solennellement ma candidature à l’élection présidentielle », a déclaré M. Don Mello lors d’une conférence de presse à Abidjan. L’ingénieur et ancien ministre des Infrastructures sous le régime Gbagbo entend ainsi préserver la présence du PPA-CI dans la course à la magistrature suprême, malgré les incertitudes juridiques qui planent sur la candidature de son leader.

L’ancien président Laurent Gbagbo, tout comme trois autres figures majeures de l’opposition ivoirienne, a été déclaré inéligible pour la présidentielle d’octobre, à la suite de décisions judiciaires controversées. Ces exclusions ont suscité des critiques au sein de la société civile et des inquiétudes au niveau international sur la transparence du processus électoral.

Dans ce contexte, Ahoua Don Mello affirme avoir proposé dès le mois de juillet des candidatures alternatives, dans une note adressée à M. Gbagbo. Une initiative confirmée jeudi : « Si Laurent Gbagbo est éligible, après toute la lutte démocratique que nous allons mener, il est bien évident que ces candidatures de précaution deviennent caduques », a-t-il expliqué.

La déclaration de candidature de M. Don Mello n’a toutefois pas reçu l’aval officiel du PPA-CI. Le parti reste divisé sur la question, et deux membres ayant publiquement soutenu cette initiative ont récemment été exclus. Le candidat se veut néanmoins rassurant : « Le débat interne se poursuit et nous arrivons bientôt à une conclusion. »

Cette dissension met en lumière les tensions internes d’un parti encore structuré autour de la figure de Gbagbo, dont la mise à l’écart judiciaire complique la stratégie électorale.

En plus de son rôle au sein du PPA-CI, Ahoua Don Mello est également vice-président du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud élargi) et conseiller économique auprès du patronat en Russie. Une stature internationale que ses soutiens jugent précieuse pour porter un projet alternatif face au président sortant, Alassane Ouattara, qui vient d’annoncer sa candidature pour un quatrième mandat.

Khelcom Biram : Le parti PASTEF perd un élément de taille — Fodé Kaba Sarr claque la porte

Fodé Kaba Sarr, figure engagée dans la dynamique politique locale de Khelcom Biram, a annoncé son départ avec fracas du Parti PASTEF, dénonçant une mise à l’écart jugée arbitraire et injustifiée.

« Je tiens à dénoncer avec fermeté mon retrait unilatéral du groupe WhatsApp du comité électoral de la commune de Khelcom Biram, décidé par le coordinateur local de PASTEF. Ce geste, injustifié et regrettable, constitue une atteinte à l’esprit de coalition et de respect mutuel qui doit prévaloir entre alliés », a-t-il déclaré dans une note rendue publique.

Fodé Kaba Sarr rappelle que son leader politique, Déthié Fall, reste pleinement engagé dans la coalition Diomaye Président. Il souligne également que son adhésion au mouvement Khelcom Bou Bess, une initiative citoyenne locale, ne saurait être assimilée à une quelconque trahison.

« Bien au contraire, elle témoigne de mon enracinement dans les dynamiques communautaires et de mon engagement pour le développement local », précise-t-il.

Il dénonce un comportement autoritaire de la part de certains responsables locaux de PASTEF, qu’il qualifie de « symptomatique d’une dictature rampante ».

« Ce type d’attitude ne peut prospérer dans un espace démocratique, où la diversité des voix et des engagements doit être valorisée. »

« Je lance un appel à la raison, à l’unité et au respect des principes qui nous rassemblent. Une coalition ne peut se construire sur l’exclusion, mais bien sur le dialogue et la reconnaissance de chacun. »

À 13 jours du Grand Magal, Cheikh Bassirou Mbacké met en garde contre toute tentative de sabotage

Touba, le 31 juillet 2025 – À moins de deux semaines du Grand Magal de Touba, événement phare du calendrier religieux sénégalais, le ton est monté du côté de l’organisation. Cheikh Bassirou Mbacké Abdou Khadre, porte-parole du Khalife Général des Mourides et président du comité d’organisation, a tenu un discours ferme et sans détour à l’occasion d’un récital de Coran, dans le cadre des préparatifs.

Dans son intervention, le chef religieux a révélé avoir été alerté de présumés projets de sabotage de l’événement. « Des personnes m’ont confié qu’elles ont été informées que des gens mijotaient des plans pour saboter le Magal », a-t-il déclaré, précisant que ces craintes les ont poussées à lui demander d’interpeller l’État pour renforcer la sécurité de la cité religieuse.

Mais loin de céder à l’inquiétude, Cheikh Bassirou Mbacké a appelé les fidèles à la sérénité. « Je demande à tout le monde de rester serein et de ne nourrir aucune inquiétude. Les tentatives de saboter le Magal sont, d’avance, vouées à l’échec. Que ces forces occultes sachent que rien ni personne ne pourra entraver la réussite de cet événement ou semer la zizanie à Touba », a-t-il martelé.

Cheikh Bassirou n’a pas manqué de pointer du doigt ceux qui instrumentalisent la cité sainte à des fins personnelles ou politiques. « Ceux qui se disputent pour des strapontins mondains doivent extirper la cité religieuse de leurs bisbilles. Serigne Touba a d’autres priorités – il est consacré à l’adoration divine. Et lorsque je parle de Serigne Touba, je fais bien allusion à Serigne Mountakha », a-t-il lancé dans un ton sans équivoque.

Afin de relativiser les tensions actuelles, le porte-parole du Khalife est revenu sur plusieurs précédents historiques où le Magal a été annoncé sous de mauvais auspices, mais s’est toujours déroulé dans la paix et la dignité. Il a notamment cité :

1989, en pleine crise entre le Sénégal et la Mauritanie, avec des rumeurs sur Saddam Hussein : « Le Magal s’est pourtant bien tenu. » 2007, lors de la controverse autour de la visite annoncée de Mouammar Khadafi : « Finalement, il n’est même pas venu. » 2015, face aux menaces terroristes, où il s’était opposé à la militarisation excessive de Touba. 2022, dans un contexte tendu où certains craignaient des émeutes : « Je leur avais dit que rien ne se passerait. Et effectivement, tout s’est déroulé dans la paix. »

En conclusion, Cheikh Bassirou Mbacké a adressé un message fort et préventif à ceux qui envisageraient de perturber le bon déroulement du Magal :

« Quiconque cherchera à semer la zizanie à Touba en sera la première victime. »

À travers cette sortie, le guide spirituel de Guédé réaffirme la centralité du Magal comme moment de communion, de paix et de dévotion, et avertit que toute tentative de le troubler se heurtera à la foi inébranlable de la communauté mouride.

Pape Natago Mbaye, le héros du Bac qui a ému la Nation

Grand Théâtre de Dakar, cérémonie du Concours Général 2025. Un silence bouleversant s’installe, l’émotion submerge la salle lorsque les premières images de l’histoire de Pape Natago Mbaye apparaissent sur l’écran géant. Nouveau bachelier du lycée Ngane Saër de Kaolack, ce jeune homme en situation de handicap a obtenu son baccalauréat scientifique (S2)… en écrivant avec ses pieds. Un exploit hors normes, fruit d’une volonté de fer.

Face à une salle debout, les yeux brillants d’admiration, Pape Natago lance un message simple mais profond : « Ne jamais abandonner malgré la situation. » Une phrase portée par le souffle de la résilience, applaudie chaleureusement par l’assemblée, où le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko se sont levés pour saluer ce modèle de bravoure.

Pape Natago n’est pas qu’un élève brillant. Il est devenu, en quelques instants, le visage d’un Sénégal qui se bat, qui espère, qui avance malgré les obstacles. Ses camarades et ses professeurs ne tarissent pas d’éloges sur sa détermination. À force de courage et d’ingéniosité, il a appris à tout faire avec ses pieds : écrire, manipuler son téléphone, prendre des notes, réviser. Aucun défi ne l’a arrêté.

« Le handicap ne doit pas être une condamnation mais une force. Nous avons besoin de soutien et d’accompagnement », a-t-il lancé lors de son allocution au Grand Théâtre. Des mots forts, portés par une voix douce mais ferme, qui ont ému jusqu’aux larmes nombre de spectateurs.

Pour saluer ce parcours exceptionnel, le président de la République lui a remis la médaille « Gaïndé de la Performance ». Plus qu’une distinction, c’est le symbole d’un courage qui transcende les limites physiques et inspire toute une génération. Le “Gaïndé”, emblème du lion sénégalais, sied parfaitement à ce jeune homme qui, à travers son combat, nous rappelle que la vraie force réside dans la volonté.

L’histoire de Pape Natago Mbaye pose aussi une question cruciale : que faisons-nous, collectivement, pour accompagner les personnes vivant avec un handicap ? Son message appelle à une société plus inclusive, plus solidaire, où chaque potentiel, quelle que soit sa condition physique, peut s’épanouir pleinement.

Dans un pays où trop de jeunes se battent dans l’ombre, son témoignage résonne comme un appel à l’action. Car si Pape a réussi, c’est aussi grâce à un entourage bienveillant et une école qui a su l’accompagner. Un modèle à généraliser.

Magal de Touba – Le « Renewing Sharing » d’Ajanta Pharma au chevet de l’hôpital Matlaboul Fawzeiny

Dans le cadre de son initiative « Renewing Sharing », le laboratoire Ajanta Pharma a une nouvelle fois démontré son engagement en faveur des professionnels de santé et des populations vulnérables. Cette philosophie, fondée sur le réinvestissement des bénéfices issus de la vente de médicaments au profit des structures sanitaires, s’est concrétisée par une série de dons significatifs à l’hôpital Matlaboul Fawzeiny de Touba.

Pape Makhtar Touré, Manager Général d’Ajanta Pharma, a souligné l’esprit de cette démarche :

« Le Renewing Sharing n’est pas simplement un acte de générosité, mais une responsabilité. En réinvestissant dans les structures de santé, nous contribuons à renforcer le système sanitaire et à améliorer la prise en charge des patients. »

Parmi les dons remis figurent des équipements essentiels destinés aux services de pédiatrie, de consultation externe et des urgences. Une télévision de 55 pouces a été offerte afin d’améliorer les conditions d’accueil aux urgences, et une cinquantaine de blouses ont été distribuées pour renforcer la protection du personnel soignant.

Outre ces équipements, du matériel médical a également été fourni pour appuyer les soins quotidiens. Par ailleurs, dans le cadre du Magal de Touba, une centaine de cannettes ont été distribuées dans les structures sanitaires locales, afin d’hydrater patients et visiteurs durant cet événement majeur.

Cette action s’inscrit dans une vision plus large de partage renouvelé, où chaque bénéfice est orienté vers un impact durable.

« Le Renewing Sharing est un cycle vertueux : plus nous soutenons les professionnels de santé, plus nous garantissons des soins de qualité aux populations. »

À travers ces gestes concrets, Ajanta Pharma réaffirme sa proximité avec les acteurs de la santé, illustrant une approche où le succès économique rime avec solidarité. Une démarche exemplaire, qui – espère-t-on – inspirera d’autres entreprises à suivre le même chemin.

Washington sanctionne des responsables palestiniens : tensions accrues entre les États-Unis et Ramallah

Les États-Unis ont annoncé ce jeudi une série de sanctions visant des responsables de l’Autorité palestinienne (AP) et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), suscitant un nouveau pic de tension dans un Proche-Orient déjà sous haute pression.

Dans un communiqué du Département d’État, l’administration américaine justifie cette décision par ce qu’elle considère comme une volonté délibérée des responsables palestiniens de « internationaliser leur conflit avec Israël », une posture que Washington juge inacceptable dans le contexte diplomatique actuel. « Ces actions ne contribuent pas à la paix, mais alimentent l’hostilité et compromettent les efforts en faveur d’une solution négociée », indique le texte.

Outre cette critique sur le terrain diplomatique, les sanctions sont également motivées, selon le Département d’État, par des soupçons de soutien au terrorisme, formulés en des termes accusateurs : « incitation et glorification de la violence ». Bien que les noms des responsables visés n’aient pas été divulgués, les mesures comprennent des interdictions de visa visant plusieurs membres influents de l’AP et de l’OLP.

Cette décision américaine intervient alors que les dirigeants palestiniens multiplient les démarches diplomatiques dans des enceintes internationales telles que l’ONU, la Cour pénale internationale (CPI) ou encore la Cour internationale de justice (CIJ). Ces initiatives visent, selon les Palestiniens, à obtenir justice face à ce qu’ils qualifient de violations graves du droit international par Israël. Pour Tel-Aviv et ses alliés, au contraire, il s’agit de tentatives de délégitimation de l’État hébreu.

Aucune réaction officielle n’a encore été formulée par les autorités palestiniennes à l’annonce de ces sanctions. Néanmoins, plusieurs analystes politiques, tant à Ramallah qu’à l’étranger, y voient un signal inquiétant. Pour eux, cette décision pourrait dégrader davantage les relations déjà distendues entre Washington et Ramallah, à un moment où le processus de paix israélo-palestinien est à l’arrêt complet.

L’initiative américaine, perçue par certains comme un alignement encore plus marqué sur les positions israéliennes, risque également de compromettre tout rôle futur des États-Unis comme médiateur crédible dans le conflit. « Ces sanctions fragilisent le peu de confiance qui restait entre les deux parties et compliquent considérablement la perspective d’un retour à la table des négociations », estime un diplomate européen en poste à Jérusalem.

Crise économique au Sénégal : Sonko dévoile un plan de redressement ambitieux ce 1er août

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko présentera ce vendredi 1er août 2025, au Grand Théâtre de Dakar, un plan de redressement économique d’envergure. Ce rendez-vous crucial, tenu en présence du président Bassirou Diomaye Faye, intervient dans un contexte de crise financière aiguë et vise à rassurer autant les citoyens que les partenaires internationaux.

Depuis leur accession au pouvoir en mars 2024, le tandem Diomaye-Sonko fait face à une réalité budgétaire alarmante. Les audits des finances publiques commandités par le nouveau régime ont mis à nu l’ampleur de la dette contractée sous Macky Sall. Le Premier ministre Ousmane Sonko avait accusé l’ancien pouvoir d’avoir dissimulé une « dette cachée » estimée à 7 milliards de dollars entre 2019 et 2024. Le président Faye a confirmé ces révélations, précisant que le déficit budgétaire réel de 2023 dépassait les 10 % du PIB — soit le double du chiffre annoncé publiquement par l’ancien gouvernement.

Par ailleurs, la dette publique a été réévaluée à 8 300 milliards FCFA, soit 118 % du PIB, un niveau jugé insoutenable. Ces révélations ont porté un coup dur à la crédibilité financière du pays.

Face à cette dégradation des indicateurs macroéconomiques, les agences de notation n’ont pas tardé à réagir. En février 2025, Moody’s a rétrogradé la note souveraine du Sénégal de B1 à B3 avec une perspective négative. En juillet, Standard & Poor’s a enfoncé le clou en abaissant la note à B-, signalant que le pays affiche désormais le ratio dette/PIB le plus élevé parmi les États africains classés dans cette catégorie.

Dans la foulée, le Fonds monétaire international (FMI) a suspendu son programme de financement, ajoutant une pression supplémentaire sur les autorités sénégalaises, désormais contraintes de définir un cap clair pour redresser l’économie.

Le plan qui sera dévoilé ce vendredi s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Sénégal 2050, une vision stratégique de long terme. Il ambitionne de :

Réduire drastiquement le train de vie de l’État ; Réorienter les investissements vers des secteurs productifs comme l’agriculture et l’agro-industrie ; Promouvoir l’emploi à travers l’entrepreneuriat et l’économie sociale ; Rationaliser les dépenses publiques et supprimer les doublons administratifs.

L’économiste Mor Gassama, interrogé par nos soins, juge ce plan « pertinent » dans ses grandes lignes. Il souligne toutefois la nécessité d’un ciblage rigoureux :

« Il faut aller à l’essentiel. Produire localement pour réduire la dépendance, recentrer les priorités de la Stratégie nationale de développement, et adopter une discipline budgétaire sans faille. »

Alors que les prix augmentent, que le chômage pèse sur les jeunes, et que les caisses de l’État sont exsangues, le gouvernement joue gros. Ce plan de redressement ne devra pas seulement convaincre les partenaires techniques et financiers. Il devra surtout envoyer un signal fort à la population : celui d’un nouveau départ, basé sur la transparence, la rigueur et l’ambition nationale.

Certains experts, plus prudents, estiment qu’une révision ciblée des projets en cours aurait suffi, sans nécessairement repenser entièrement la trajectoire économique. Le choix d’un redressement global traduit toutefois la volonté politique du gouvernement de rompre avec les pratiques du passé.

Orica Sénégal vs DGID : un bras de fer fiscal à 700 millions de francs CFA

Un conflit explosif, au sens propre comme au figuré, secoue les relations entre l’État du Sénégal et Orica Sénégal, filiale locale du géant australien spécialisé dans les explosifs et solutions minières. Selon les révélations du journal Libération, l’entreprise se trouve au centre d’un contentieux fiscal de grande ampleur portant sur près de 700 millions de francs CFA.

Tout débute par un contrôle fiscal mené par la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID). À l’issue de cette opération, plusieurs irrégularités auraient été relevées, notamment sur le paiement de l’impôt sur les sociétés (IS) et des droits d’enregistrement. Le diagnostic de l’administration fiscale est sans appel : un redressement fiscal d’un montant de 695.604.000 francs CFA est notifié à Orica Sénégal.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Loin de reculer face aux contestations de la société, la DGID choisit d’employer une procédure particulièrement contraignante : l’Avis à Tiers Détenteurs (ATD). Cette mesure permet à l’administration fiscale d’interpeller directement les banques pour récupérer les sommes dues. En clair, les comptes bancaires d’Orica Sénégal ont été visés pour un recouvrement forcé du montant du redressement.

Estimant que ce redressement est infondé et que les mesures de recouvrement violent ses droits, Orica Sénégal contre-attaque sur le terrain judiciaire. La multinationale a déposé une assignation-opposition, une procédure visant à suspendre l’effet de l’ATD en attendant que le fond du dossier soit tranché.

Les regards sont désormais tournés vers la justice sénégalaise, appelée à trancher ce différend le 11 août prochain. Cette audience promet d’être déterminante, non seulement pour les finances d’Orica, mais aussi pour les rapports entre grandes entreprises étrangères et l’administration fiscale sénégalaise.

Au-delà du seul cas d’Orica, ce bras de fer soulève des questions plus larges sur le climat des affaires au Sénégal, la rigueur des contrôles fiscaux, et la stratégie de recouvrement de l’État dans un contexte de recherche accrue de recettes fiscales.

Ameth Babou, la révélation du Concours Général 2025 : un modèle d’excellence scolaire au service de la nation

La cérémonie de remise des prix du Concours Général 2025, présidée par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, a été marquée par un moment fort : la consécration d’Ameth Babou, élève en Première S1 au Prytanée militaire de Saint-Louis. Ce jeune prodige s’est imposé comme la révélation incontestée de cette édition, décrochant le titre de meilleur élève du Concours Général 2025 ainsi que celui de meilleur élève des classes de Première.

Ameth Babou a brillé dans des disciplines variées, illustrant la richesse de ses talents et l’étendue de ses compétences. Il a obtenu quatre distinctions majeures en français, espagnol, mathématiques, ainsi qu’en citoyenneté et droits de l’homme. Un parcours qui témoigne à la fois d’une rigueur scientifique, d’une grande maîtrise des langues et d’un sens civique affirmé.

Ce succès fait honneur à son établissement, le prestigieux Prytanée militaire de Saint-Louis, réputé pour l’excellence de sa formation, mais aussi à l’ensemble du système éducatif sénégalais, qui trouve en lui l’incarnation du mérite et de la discipline.

Sur les 113 lauréats récompensés cette année – 55 filles et 58 garçons –, 75 proviennent des séries scientifiques, confirmant la dynamique d’orientation vers les sciences, les technologies et les mathématiques, en phase avec les ambitions de développement du Sénégal.

Ce rééquilibrage progressif entre sciences humaines et filières scientifiques est salué par les autorités éducatives comme un signal fort de transformation structurelle du système.

L’édition 2025 du Concours Général a été parrainée par André Sonko, ancien ministre de l’Éducation nationale et directeur du Cours Sainte-Hann. Une figure emblématique du monde éducatif, dont le parcours incarne l’engagement pour une école sénégalaise inclusive, rigoureuse et performante.

Dans son allocution, le président Bassirou Diomaye Faye a salué « l’intelligence, la persévérance et la dignité » des lauréats, tout en appelant à une appropriation critique des outils numériques et de l’intelligence artificielle dans l’éducation. Il a également mis en garde contre les dérives technologiques susceptibles de compromettre la souveraineté et les valeurs citoyennes.

Au-delà des récompenses, cette cérémonie a été un moment d’inspiration pour toute une génération. L’exemple d’Ameth Babou montre que l’excellence est possible à force de travail, de discipline et de passion. Il devient ainsi un symbole de la jeunesse sénégalaise tournée vers l’avenir, porteuse d’espoir et de renouveau.

Le Concours Général 2025 restera gravé comme une célébration du mérite, de l’équité et de la performance, dans une école en quête de transformation profonde et durable.

Souveraineté numérique : Le président Diomaye Faye met en garde contre les dérives de l’intelligence artificielle dans l’éducation

Lors de la cérémonie de remise des prix du Concours général sénégalais, le président Bassirou Diomaye Faye a livré un discours fort, axé sur les enjeux croissants liés à l’usage des technologies numériques et de l’intelligence artificielle (IA) dans le système éducatif. Le chef de l’État a salué l’excellence des lauréats tout en adressant une mise en garde sur les dérives possibles d’un usage non maîtrisé de l’IA.

« Notre devoir est de protéger la dignité, l’autonomie et les droits des apprenants, tout en assurant la maîtrise stratégique de nos infrastructures, de nos données et de nos choix technologiques », a déclaré Diomaye Faye devant une assemblée attentive composée d’élèves distingués, de membres du gouvernement, de recteurs d’université et d’acteurs du monde éducatif.

Le président a évoqué les risques bien réels que comporte une intégration non régulée de l’intelligence artificielle dans les salles de classe : atteintes à la vie privée, renforcement des inégalités sociales et dépendance technologique à l’égard d’acteurs étrangers. Il a ainsi réaffirmé la volonté de son gouvernement de bâtir une souveraineté numérique africaine, fondée sur l’indépendance des choix technologiques, la protection des données locales et le respect des valeurs culturelles.

Dans cette optique, le président a annoncé un renforcement de l’appui aux laboratoires d’IA et aux technologies éducatives implantés dans les universités et centres d’excellence du pays. L’objectif : former et retenir une nouvelle génération de chercheurs, d’ingénieurs et de penseurs capables de développer des intelligences artificielles ancrées dans les réalités sénégalaises et africaines, respectueuses des principes d’éthique, de solidarité et d’humanité.

S’adressant aux enseignants, Diomaye Faye les a exhortés à jouer un rôle fondamental dans cette transformation en cultivant chez les élèves un esprit critique, indispensable pour une appropriation éclairée et responsable des technologies. « Il ne s’agit pas de rejeter l’innovation, mais de l’interroger, de la comprendre, et de s’en emparer en conscience », a-t-il souligné.

À l’endroit de la jeunesse sénégalaise, son message était clair : « Ne vous contentez pas de consommer les outils numériques, inventez-les. Humanisez-les. Interrogez leur finalité. »

Ce discours du président Diomaye Faye marque une étape importante dans la réflexion stratégique du Sénégal sur les mutations technologiques en cours. Dans un contexte où les pays du Sud sont souvent consommateurs passifs des innovations venues d’ailleurs, le chef de l’État entend positionner le Sénégal comme un acteur souverain, critique et innovant de l’écosystème numérique mondial.

Moustapha Diop rattrapé par la justice : une double inculpation qui fait vaciller l’ancien ministre

Le couperet est tombé. L’ancien ministre de l’Industrie et député-maire de Louga, Moustapha Diop, est désormais officiellement inculpé pour complicité de détournement de deniers publics, dans un dossier tentaculaire qui mêle argent public, immunités politiques et une comptable au cœur du scandale. Le journal L’Observateur a levé le voile sur cette affaire explosive qui pourrait signer la fin d’un parcours politique jusque-là jalonné d’influence.

À l’origine de l’enquête, un trou béant de 766 millions de francs CFA dans les comptes publics. L’enquête a mené à Tabaski Ngom, ancienne comptable de l’Agence de promotion des sites industriels (Aprosi) puis de la Commission de régulation du secteur de l’électricité (CRSE). Inculpée en janvier 2025 pour une impressionnante série de délits — association de malfaiteurs, détournement, blanchiment, piratage informatique et entrave à un système de données — elle est aujourd’hui la principale pièce à conviction dans cette affaire.

Selon L’Observateur, Ngom aurait formellement désigné Moustapha Diop comme bénéficiaire d’une partie des fonds détournés, affirmant lui avoir remis des espèces en main propre. Une accusation qui a changé la donne judiciaire.

Jusqu’à récemment, les poursuites étaient bloquées. Moustapha Diop bénéficiait d’une double immunité : ministérielle, pour les faits commis en tant que membre du gouvernement, et parlementaire, en tant que député à l’Assemblée nationale. Le collège des juges d’instruction financiers avait donc jugé irrecevable toute inculpation en l’état.

Mais la Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier a balayé cette lecture juridique. Dans une décision rendue ce mercredi, elle a infirmé l’ordonnance des juges instructeurs et estimé que Moustapha Diop n’avait pas agi dans le cadre strict de ses fonctions ministérielles. Il peut donc être poursuivi comme un justiciable ordinaire.

Moustapha Diop n’est pas seul à être éclaboussé. L’enquête révèle un réseau de bénéficiaires présumés, parmi lesquels :

Mor Guèye, opérateur économique, actuellement en détention. Il aurait perçu des fonds détournés via deux de ses sociétés. Djim Momath Ba, ancien directeur général de l’Aprosi et maire de Nioro. Cité par Tabaski Ngom, il a évité la détention préventive en consignant 90 millions FCFA.

Cette inculpation pour complicité de détournement vient s’ajouter à une autre affaire : celle des fonds Forces Covid-19, pour laquelle Moustapha Diop est déjà dans le viseur de la Haute cour de justice. Il fait donc désormais face à une double inculpation, ce qui menace lourdement son avenir politique et l’expose à de potentielles peines pénales.

TENTATIVE DE MIGRATION INTERCEPTÉE EN MER : 244 MIGRANTS INTERPELLÉS PAR LES AUTORITÉS

La Division nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants et Pratiques Assimilées (DNLT), en collaboration avec la Marine nationale sénégalaise, a intercepté une importante tentative de migration irrégulière en haute mer. Au total, 244 migrants ont été interpellés le 29 juillet 2025, à 17h45, à environ 145 milles nautiques au large de Saint-Louis, dans les eaux de l’Atlantique Nord.

Selon les premières informations recueillies, le groupe avait quitté une localité proche de Karang, en Gambie, le 27 juillet 2025 vers 03h00 du matin, avec pour objectif de rallier les côtes espagnoles à bord d’une embarcation de fortune. C’est grâce à une opération conjointe de surveillance maritime que la Marine nationale a pu intercepter le convoi, avant de remettre les migrants à la DNLT pour identification et prise en charge.

Le profil des passagers révèle une composition multinationale et intergénérationnelle. Voici la répartition détaillée par nationalité :

Sénégal : 114 personnes (98 hommes, 8 femmes, 7 mineurs garçons, 1 mineure fille) Guinée : 51 personnes (20 hommes, 22 femmes, 5 mineurs garçons, 4 mineures filles) Gambie : 52 personnes (41 hommes, 5 femmes, 4 mineurs garçons, 2 mineures filles) Mali : 9 personnes (6 hommes, 3 femmes) Côte d’Ivoire : 12 personnes (7 femmes, 1 mineur garçon, 4 mineures filles) Ghana : 1 homme Burkina Faso : 2 hommes Bénin : 3 hommes

La présence de nombreux mineurs, ainsi que de femmes, témoigne du désespoir croissant qui pousse certaines familles à risquer leur vie en mer dans l’espoir d’un avenir meilleur en Europe.

La DNLT a immédiatement ouvert une enquête afin d’identifier les organisateurs de cette traversée illégale. Les autorités soupçonnent l’existence d’un réseau structuré opérant depuis la Gambie et impliquant plusieurs nationalités d’Afrique de l’Ouest.

Les migrants interceptés ont été pris en charge par les services compétents, notamment pour des besoins sanitaires, psychologiques et juridiques. Des démarches de rapatriement ou d’orientation vers les structures d’accueil et de réinsertion sont également envisagées, selon les cas.

Cette opération rappelle une fois de plus la périlleuse réalité des migrations clandestines en Afrique de l’Ouest. Malgré les campagnes de sensibilisation, les risques de naufrages et les nombreuses pertes humaines enregistrées par le passé, la route atlantique vers l’Europe demeure l’une des plus empruntées, notamment en raison du durcissement des frontières terrestres et aériennes.

Les autorités appellent à une coopération renforcée entre pays d’origine, de transit et de destination, afin de lutter contre les réseaux de passeurs et de proposer des alternatives crédibles aux jeunes tentés par l’exil.

Sénégal-Gambie : une rencontre bilatérale pour désamorcer un différend frontalier entre Kanouma et Djataly

Un différend frontalier oppose depuis plusieurs jours les habitants de Kanouma, localité sénégalaise située dans la région de Tambacounda, et ceux de Djataly, en territoire gambien. À l’origine des tensions, un malentendu survenu entre un agent des Eaux et Forêts du Sénégal et un coupeur de bois gambien, dans une zone forestière à la délimitation encore floue.

Face à la montée des crispations, les autorités des deux pays ont rapidement engagé un dialogue de voisinage pour éviter toute escalade. Une rencontre bilatérale s’est ainsi tenue ce mardi à la frontière, réunissant les gouverneurs de Tambacounda (Sénégal), Guédj Diouf, et de Makati (Gambie), Usman Bah. Y ont également pris part des experts en cartographie, des chefs coutumiers et religieux, ainsi que des représentants des forces de sécurité.

L’objectif affiché de cette rencontre, selon le quotidien Le Soleil, était clair : apaiser les tensions, préserver la paix sociale et éviter que le différend ne dégénère en conflit intercommunautaire. Plusieurs mesures concrètes ont été arrêtées. Il a notamment été convenu que les populations des deux localités pourront continuer à exercer librement leurs activités économiques dans la zone litigieuse, le temps que les sous-commissions techniques se penchent sur la délimitation précise de la frontière.

Autre mesure phare : l’installation dès ce jeudi d’une commission mixte composée de dix membres pour chaque pays. Cette instance comprendra notamment des maires, sous-préfets, chefs de village et présidents de commissions domaniales. Elle aura pour mission de tracer de manière concertée les parcours empruntés par les troupeaux de bétail, enjeu crucial dans cette région à forte vocation pastorale.

Cette initiative est saluée comme un pas important vers une gestion apaisée et inclusive des différends frontaliers, dans un contexte où les tensions liées aux ressources naturelles deviennent de plus en plus fréquentes en Afrique de l’Ouest.

Maodo Malick Mbaye transféré au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec

L’ancien directeur général de l’Agence nationale de la Maison de l’outil (ANAMO), Maodo Malick Mbaye, ne se trouve plus dans les murs de la prison de Rebeuss. Selon des sources concordantes, il a été extrait de la Maison d’arrêt et transféré au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec.

Maodo Malick Mbaye avait été placé sous mandat de dépôt dans le cadre de l’enquête sur un détournement présumé de 600 millions de francs CFA, alors qu’il était à la tête de l’ANAMO. L’affaire avait suscité une vive controverse, compte tenu de l’ampleur des montants en jeu et du rôle stratégique de l’agence dans la formation professionnelle et l’insertion des jeunes.

Le journal qui rapporte l’information ne précise pas les raisons exactes de ce transfèrement. Toutefois, tout porte à croire qu’il est motivé par des problèmes de santé du mis en cause. Le Pavillon spécial, qui accueille habituellement des détenus nécessitant des soins médicaux spécialisés, offre un cadre adapté pour la prise en charge sanitaire des prévenus en situation délicate.

Pour l’heure, aucun communiqué officiel n’a été émis par les autorités judiciaires ou pénitentiaires sur l’état de santé de Maodo Malick Mbaye. Ce transfert relance cependant le débat sur les conditions de détention et l’accès aux soins des prisonniers incarcérés dans les établissements pénitentiaires sénégalais.

Liberté d’expression en péril : le cri d’alarme du Collectif des Amis de Badara Gadiaga

Face aux dérives autoritaires du nouveau régime, des citoyens dénoncent l’arrestation d’opposants et appellent au respect des droits fondamentaux garantis par la Constitution sénégalaise.

Les libertés – toutes les libertés – et surtout la liberté d’expression doivent être défendues par tout citoyen épris de justice.

Depuis l’avènement du nouveau régime incarné par le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Monsieur Ousmane Sonko, la liberté d’expression dans l’espace public est de moins en moins tolérée au Sénégal. La tentative de museler la pensée libre devient de plus en plus manifeste. 

S’exprimer librement est désormais un risque : un véritable ticket de péage vers la prison. Les exemples sont nombreux : 
•  Badara Gadiaga, symbole de fidélité à la libre parole et à l’honneur, 
•  Abdou N’guer, chroniqueur pertinent, 
•  Bachir Fofana, journaliste talentueux, 
•  Et les otages politiques Lat Diop et Moustapha Diakhaté, qui croupissent tous à Rebeuss, en témoignent amplement. 

Rester silencieux face à ces dérives, c’est accepter le bâillonnement des populations.

Or, l’article 8 de la Constitution sénégalaise garantit, depuis 2001, la liberté d’opinion, d’expression et de la presse, érigées comme droits fondamentaux.


Alors nous disons STOP à ce régime :
•  STOP à l’injustice 
•  STOP à l’arbitraire 
•  STOP à l’appel à la haine et à l’injure 
•  STOP à la diffamation 


Le développement et le progrès économique et social de notre pays ne peuvent se réaliser dans la division, l’affrontement ou l’ignorance, mais dans la cohésion sociale, la solidarité, l’expertise et la bonne volonté professionnelle. 

L’histoire nous enseigne…

Une relecture historique aurait pourtant appris à ce régime que le peuple sénégalais s’est toujours levé contre l’oppression et la restriction des libertés. 

Le Sénégal n’a jamais été un terrain fertile pour la dictature, qu’elle soit couchée, rampante ou debout. 

Des figures emblématiques de notre histoire ont payé de leur vie pour défendre l’honneur et la liberté de notre peuple : 
•  Le 07 mars 1820 à Nder, la Linguère Fatim Yamar Khour Yaye et les femmes du Walo ont résisté à l’envahisseur jusqu’au sacrifice ultime. 
•  Lat Dior Ngoné Latyr Diop, Damel du Cayor, 
•  Le Professeur Cheikh Anta Diop
tous ont choisi la liberté plutôt que le déshonneur, en exprimant leurs opinions librement. 

Depuis la Charte du Mandé (1235), fondement même de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789), des filles et fils d’Afrique ont versé leur sang pour la défense des libertés. 


Nous, descendants de ces dignes lignées, n’avons pas le droit d’en faire moins.

Nous devons protéger notre droit à l’expression libre, au bénéfice du débat public, pour une meilleure circulation de l’information. 

Depuis l’affaire Adji Sarr en 2021, suivie de quatre années de violences politiques ayant causé 87 décès, le peuple aspire aujourd’hui à un apaisement social, pour se concentrer enfin sur ses priorités : 
•  économie
•  éducation
•  santé publique
•  sécurité

Ce peuple souffre et réclame justice, équitablement rendue, avec des responsabilités clairement établies. 



Lors des élections présidentielles, 54 % des électeurs ont placé leur confiance en ce régime porté par PASTEF et son PROS, avec l’espoir de solutions rapides à leurs difficultés quotidiennes. 

La diversité des choix électoraux fait le charme d’une démocratie saine. Mais une fois élu, un président gouverne pour 100 % de ses citoyens, dans l’unité et l’équité. 



Nous appelons donc nos autorités à agir :
•  À mobiliser tous les moyens de l’État pour répondre aux vraies préoccupations populaires, 
•  À cesser la chasse aux opposants, politiques ou médiatiques, 
•  À se consacrer au travail, encore et toujours, 
•  À faire moins de politique et plus d’action, 
pour soulager les inquiétudes profondes de nos populations. 

Car pour l’instant, le vent d’espoir de 2024 s’est transformé en tempête de désespoir. 


À Clamart / PARIS,
Le 29 juillet 2025

Le Collectif des Amis de Badara Gadiaga

Et pour son soutien, merci au Professeur Mr Serigne DIOP, 
Ancien Ministre de la Justice du Sénégal. 

« Redressement ou effondrement : l’heure du choix pour le Sénégal »

Dans une tribune sans concession, Bougane Guèye Dany alerte sur la faillite économique du pays et propose un plan de rupture fondé sur la transparence, la production nationale et la souveraineté.

Le gouvernement s’apprête une fois de plus à servir un supposé plan de redressement. Mais que cherche-t-il réellement à redresser ? Le Projet, l’Agenda 2050, ou la Loi de finances rectificative ? On tente de soigner les effets en ignorant la cause, pendant que les factures flambent, les poches se vident, les PME meurent, les jeunes fuient, les familles s’endettent pour manger, les fonctionnaires grognent, les commerçants suffoquent, 30 000 travailleurs déflatés ruminent leur colère… et l’État continue de danser sur la détresse nationale.

Depuis bientôt deux ans, le Sénégal ne traverse pas une simple crise passagère. Il est structurellement affaibli : une économie informelle laissée pour compte, des ménages appauvris, des entreprises asphyxiées. L’État, quant à lui, s’endette non pas pour investir, mais pour survivre. Ses maigres investissements, 2 milliards annoncés, relèvent davantage de l’aveu d’échec que d’un motif de fierté. Le recours à l’endettement est devenu une addiction toxique.

Ce que nous vivons n’est pas un ralentissement. C’est un effondrement économique.

Présenter un “plan de redressement” sans une véritable relance productive, c’est comme prescrire le jeûne à un malade dans le coma. Il ne guérira pas. Il mourra plus vite. Ce plan en gestation risque de devenir une Shoah économique pour les ménages, où les plus vulnérables paieront le prix fort.

Ce dont le Sénégal a besoin, ce n’est pas d’un énième plan de relance cosmétique.

C’est d’un plan de redressement lucide, courageux et souverain.

Un plan qui rompe avec la fuite en avant, les slogans vides et les décisions à courte vue.

Redresser, c’est d’abord assainir et lutter contre la corruption

Il faut remettre de l’ordre dans les finances publiques. Assez des chiffres opaques et des audits de convenance. L’urgence, c’est de mettre fin au gaspillage, aux dépenses de prestige, et de freiner l’hémorragie budgétaire.

Je propose :

 1. L’allégement du train de vie de l’État – pas celui du peuple :

 • Réduction de 75 % des fonds politiques spéciaux

 • Plafonnement des salaires dans la haute administration

 • Réduction de 70 % des gratifications des régies financières

 • Rationalisation des agences, directions et missions budgétivores

 • Baisse de 40 à 60 % des dépenses de fonctionnement (véhicules, missions, primes…)

 • Suppression des privilèges injustifiés dans les agences et directions nationales

 • Revalorisation du SMIG à 100 000 F CFA minimum

 • Relèvement des bas salaires

 • Lutte rigoureuse contre la corruption et les détournements

 • Création d’une Haute Autorité indépendante pour la transparence budgétaire

 • Publication trimestrielle des avantages liés aux fonctions publiques

Redresser, c’est créer de la richesse 

Le Sénégal doit cesser de consommer ce qu’il ne produit pas. Il est temps de réindustrialiser notre économie à la base, en s’appuyant sur nos territoires, nos ressources et nos talents.

Cela implique :

 2. Une relance agricole et industrielle décentralisée :

 • Effectivité des coopératives agricoles

 • Mécanisation de l’agriculture

 • Lancement d’une politique d’industrialisation communale

 • Création de mini-unités de transformation agroalimentaire et de recyclage

 • Implication directe des collectivités locales et des groupements communautaires

 • Objectif : 10 000 micro-unités industrielles en 3 ans pour fixer les jeunes dans leur terroir

Redresser, c’est libérer l’initiative

Notre économie est étranglée par une fiscalité injuste, une bureaucratie pesante, et un accès au crédit quasi inexistant. Il est urgent de créer un environnement favorable à l’entrepreneuriat, notamment pour les femmes, les jeunes et les artisans.

Pour cela, je propose :

 3. Faire de la microfinance un levier de relance :

 • Crédit facilité pour les femmes, les jeunes, les producteurs locaux

 • Partenariats renforcés avec mutuelles, coopératives, et structures communautaires

 • Accompagnement technique et allègements fiscaux sur les microcrédits productifs

Et aussi :

 • Création d’un statut pour les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI)

 • Exonération totale d’impôt la première année, 50 % la deuxième année

 • Crédits d’impôt pour la recherche et l’innovation (CIR, CII)

 • Réduction du taux d’IS à 15 % pour les PME locales innovantes

Redresser, c’est restaurer la confiance

 4. Aucun plan ne réussira sans transparence ni exemplarité.

La confiance naît de la justice, de l’équité et de la responsabilité.

Il faut :

 • Mettre fin au népotisme dans les nominations et marchés publics

 • Adopter une politique de tolérance zéro contre la corruption

 • Exiger une éthique de responsabilité au sommet de l’État

Redresser, c’est affirmer notre souveraineté

Notre modèle de développement doit reposer sur nos ressources, notre jeunesse, et notre diaspora.

Je propose :

 5. Un patriotisme économique assumé :

 • 50 % des marchés publics réservés aux entreprises sénégalaises

 • Taxation progressive des multinationales extractives

 • Renégociation des contrats sur nos ressources naturelles

Et :

 • Diversification de nos partenaires économiques

 • Fin de la dépendance exclusive à l’Union européenne ou à la Chine

 • Priorisation des chaînes de valeur régionales (CEDEAO, UA)

 • Application du triptyque : “Produire ici, transformer ici, consommer ici”

 • Création d’un Fonds Souverain pour la Relance et la Production, financé par l’État, les banques, la diaspora et les partenaires stratégiques, orienté vers :

 • l’agro-industrie

 • les technologies

 • les énergies renouvelables

 • la transformation minière

L’heure n’est plus au constat. Elle est à l’action.

Le temps des diagnostics est passé. Le Sénégal ne sera pas sauvé par des slogans ou des rapports de consultants. Sa survie dépend d’un plan de redressement économique et moral, solide, courageux, et porté par une volonté réelle de rupture.

Je ne suis pas de ceux qui applaudissent pour être appelés.

Je suis de ceux qui alertent, proposent et agissent.

Pour réussir ce redressement, il faut un cap clair, un leadership rigoureux, une gouvernance sobre, transparente et souveraine.

Le Sénégal a un problème de cap.

Il est temps d’en finir avec un modèle budgétivore et dépendant des bailleurs.

Il est temps de reconstruire une économie de base, productive, solidaire et souveraine.

Annoncer un “plan de redressement” dans l’unique but d’administrer un peuple déjà agressé jusque dans ses croyances immatérielles, c’est choisir l’effondrement économique, prélude à un ajustement structurel brutal.

Un seul choix: sauver l’économie ou dégagez .

Bougane Guèye Dany

Président du Mouvement Gueum Sa Bopp

« Les Jambars ».

Crise dans le secteur de la justice : Madiambal Diagne appelle à un compromis entre l’État et les syndicats en grève

Le bras de fer entre les syndicats de la justice et l’État du Sénégal continue de s’intensifier, au point d’inquiéter les observateurs du paysage socio-politique national. Dans une publication sur le réseau social X (anciennement Twitter), le journaliste et chroniqueur Madiambal Diagne a lancé un appel pressant à l’endroit des autorités étatiques et des syndicats grévistes pour qu’ils trouvent un terrain d’entente afin d’éviter un enlisement de la crise.

« Il faut impérativement un compromis. Une radicalisation du mouvement syndical serait dommageable pour le service public de la justice et pour l’ensemble des justiciables », a écrit le journaliste, alertant sur un possible durcissement du mouvement à la suite de la supposée suspension des salaires des grévistes pour le mois de juillet.

Depuis plus d’un mois, le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) et l’Union nationale des travailleurs de la justice (UNTJ) observent des grèves perlées et des journées de boycott dans les juridictions à travers le pays. Les revendications portent principalement sur :

L’alignement des greffiers à la hiérarchie A2 sans exigence de formation préalable, Le reclassement des agents expérimentés dans le corps des assistants de greffe et de parquet.

Malgré quelques rencontres entre les représentants syndicaux et les autorités du ministère de la Justice, aucune avancée significative n’a été enregistrée à ce jour. Les syndicalistes, qui dénoncent un manque de volonté politique, menacent désormais de passer à une grève illimitée si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Du côté des usagers de la justice, la situation devient de plus en plus préoccupante. Plusieurs audiences sont reportées, les dossiers judiciaires s’accumulent et les justiciables s’impatientent face à la paralysie partielle du système.

Washington change de ton : vers un rapprochement stratégique entre les États-Unis et le Mali

La diplomatie américaine amorce un virage inattendu au Sahel. En pleine redéfinition des équilibres géopolitiques dans la région, les États-Unis, sous l’administration de Donald Trump, manifestent leur volonté de se rapprocher du Mali, désormais acteur central d’un axe de coopération tourné vers la Russie, la Chine ou encore la Turquie.

C’est William B. Stevens, sous-secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique de l’Ouest, qui a donné le ton lors de sa visite officielle à Bamako en début de semaine. Portant un message clair de la Maison-Blanche, il a exprimé le souhait de Washington de nouer un partenariat avec les autorités maliennes, notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

« Ce serait vraiment une aubaine pour nous de collaborer avec le Mali », a-t-il déclaré devant la presse, soulignant que la menace croissante des groupes djihadistes – Al-Qaida, l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) ou encore le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) – constituait désormais un danger direct pour les intérêts américains dans la région.

Conscient du réalignement stratégique opéré par Bamako depuis la rupture avec la France et le départ des forces de Barkhane, l’émissaire américain a opté pour une posture conciliatrice face à l’influence croissante de la Russie. Interrogé sur la coopération militaire russo-malienne, William B. Stevens a évité toute critique frontale.

« Bamako est libre de collaborer avec qui il veut, et les États-Unis ne sont pas là pour dire comment les dirigeants doivent diriger leurs pays », a-t-il affirmé, adoptant une position résolument pragmatique, loin des tensions qui avaient marqué les relations entre le Mali et ses anciens partenaires occidentaux.

Cette déclaration tranche nettement avec l’attitude de la France, dont le retrait du Mali avait été précipité par l’arrivée d’instructeurs militaires russes, accusés par Paris d’ingérence sécuritaire.

Derrière cette main tendue américaine se dessine une volonté claire de ne pas laisser un vide diplomatique et sécuritaire que d’autres puissances – Russie en tête – ont su exploiter. Washington semble désormais prêt à adopter une approche plus flexible et moins idéologique pour préserver ses intérêts au Sahel.

Cette évolution marque aussi une reconnaissance implicite des nouveaux rapports de force dans la région. Le Mali, qui s’est engagé depuis 2021 dans une diversification de ses partenariats, semble aujourd’hui récolter les fruits de cette stratégie : il n’est plus seulement un récipiendaire d’aide, mais un partenaire courtisé.

Si la visite de William B. Stevens ne débouche pas immédiatement sur des accords concrets, elle témoigne néanmoins d’un changement de ton important. Reste à savoir si cette ouverture diplomatique sera suivie d’effets, et si les autorités maliennes, soucieuses de préserver leur souveraineté, accueilleront cette proposition sans y voir une tentative d’influence déguisée.

Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : l’ONU appelle à garantir les droits politiques de Tidjane Thiam

À moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, le climat politique en Côte d’Ivoire se tend un peu plus. Ce mardi 29 juillet, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a appelé les autorités ivoiriennes à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour permettre à Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), d’exercer ses droits politiques.

L’annonce a été faite par Me Mathias Chichportich, avocat de l’ancien ministre et ex-patron du Crédit Suisse, radié de la liste électorale en raison de soupçons liés à sa nationalité. Cette exclusion, partagée par d’autres figures majeures de l’opposition comme l’ancien président Laurent Gbagbo, alimente les tensions à l’approche d’un scrutin qui s’annonce particulièrement disputé.

Le Comité onusien, organe indépendant chargé de veiller au respect du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, fonde sa position sur l’article 25 dudit Pacte, qui garantit à tout citoyen le droit de voter et d’être élu. Il estime que la radiation de M. Thiam porte atteinte à ces droits fondamentaux et compromet sa participation équitable au processus électoral.

Pour Me Chichportich, cette déclaration de l’ONU constitue « un appel clair à la responsabilité des dirigeants ivoiriens », dans un contexte où la transparence et l’équité du processus électoral sont vivement contestées, tant sur le plan national qu’international.

Mais la décision n’est pas totalement en faveur du président du PDCI. En effet, le Comité a rejeté la demande de réintégration immédiate de Tidjane Thiam sur la liste électorale. Une décision saluée par Me Jean-Marc Fédida, avocat de l’État ivoirien, pour qui « la radiation est parfaitement conforme au droit international ». Il y voit même « un revers politique » pour l’opposant.

Ce développement intervient alors que le président sortant, Alassane Ouattara, a confirmé sa candidature à un quatrième mandat. Une décision controversée, critiquée par plusieurs acteurs de la société civile et de la communauté internationale, qui remettent en question la légalité d’un tel prolongement.

Dans ce climat électrique, la déclaration du Comité des droits de l’homme des Nations unies vient raviver le débat sur la légitimité du processus électoral en cours. Si elle ne force pas l’État ivoirien à réintégrer Tidjane Thiam, elle souligne néanmoins la nécessité d’un cadre démocratique inclusif et respectueux des droits civiques pour garantir la crédibilité du scrutin.

Arrestation de Ndèye Ndakata Dione : des propos controversés sur des guides religieux en cause

La jeune étudiante Ndèye Ndakata Dione, âgée de 28 ans, a été arrêtée par les éléments du commissariat central de Guédiawaye à la suite de plaintes déposées par des fils de chefs religieux ainsi qu’un collectif de disciples issus des principales confréries musulmanes du Sénégal. Cette interpellation, relayée par Libération dans son édition du mercredi 30 juillet, fait suite à la diffusion de contenus jugés offensants sur les réseaux sociaux.

Selon les informations rapportées, les plaignants accusent la jeune femme d’avoir tenu, via des plateformes telles que TikTok, YouTube et Instagram, des propos « haineux, racistes et xénophobes » à l’encontre de figures emblématiques de l’islam sénégalais, notamment Baye Niasse et Cheikh Ahmed Tidiane. Ces déclarations, largement partagées sur les réseaux sociaux, auraient suscité l’indignation dans plusieurs cercles confrériques.

Les plaignants estiment que les propos de Ndèye Ndakata Dione vont à l’encontre des principes d’éthique et de respect qui fondent le vivre-ensemble au Sénégal. Ils invoquent leur devoir en tant que disciples de défendre la dignité de leurs guides religieux face à ce qu’ils considèrent comme des attaques frontales susceptibles d’attiser des tensions interconfessionnelles.

Après une première convocation restée sans suite, Ndèye Ndakata Dione a finalement été appréhendée à son domicile. Lors de son audition, la mise en cause a reconnu les faits. Elle a toutefois précisé que ses propos remontent à plus d’un an et qu’elle avait, depuis, présenté des excuses publiques.

Fin de la procédure contre Oma : un règlement à l’amiable met un terme à une affaire sensible

Après plusieurs allers-retours devant le parquet, les responsables du groupe Oma peuvent désormais pousser un soupir de soulagement. Le juge du premier cabinet financier a officiellement constaté, ce mardi, l’extinction de l’action publique dans le dossier qui les opposait à l’État du Sénégal. Une issue judiciaire qui met fin à une procédure aux ramifications économiques et diplomatiques sensibles.

Selon des informations révélées par Libération, plusieurs responsables de haut rang étaient impliqués dans ce dossier : le Mauricien Cooshna Sandeep, directeur général de Oma Logistics Sénégal SA ; la Française Emilie Suzanne Nabou Dépina, directrice générale de Oma Sénégal ; ainsi que deux Sénégalais, Joseph Barthélémy Diouf, directeur général de la société ETLS, et Mouhamadou Moctar Faye, conseiller juridique et fiscal. Ce dernier avait notamment signé un contrat de représentation avec le prestigieux cabinet d’avocats Baker McKenzie, mandaté pour défendre les intérêts de la société américaine Mc Dermott Marine Construction Ltd.

Les mis en cause faisaient face à de sérieuses accusations : fraude fiscale, exportation sans déclaration, et manquements aux engagements commerciaux. L’enquête menée par l’administration douanière sénégalaise avait permis de détecter des irrégularités dans les opérations de transfert de marchandises et dans les déclarations fiscales du groupe. Des faits jugés suffisamment graves pour motiver l’ouverture d’une procédure pénale.

Afin d’éviter des poursuites judiciaires plus sévères, le groupe Oma a rapidement engagé des négociations avec la Douane sénégalaise. Ces pourparlers ont abouti à une transaction financière d’un montant d’un milliard de francs CFA, somme acceptée par l’administration dans le cadre d’un règlement à l’amiable.

C’est sur cette base que le juge du premier cabinet a formellement constaté l’extinction de l’action publique. Cette décision marque la fin du volet pénal de l’affaire, et permet aux dirigeants mis en cause de recouvrer la liberté, après plusieurs jours de garde à vue et de multiples présentations au parquet.

L’affaire n’en reste pas moins suivie de près dans les milieux économiques et judiciaires. Elle a attiré une attention particulière en raison du profil international des dirigeants impliqués, ainsi que de la nature stratégique des opérations d’import-export concernées. Elle relance surtout le débat sur la transparence fiscale des multinationales opérant au Sénégal.

D’après les confidences de Libération, plusieurs hauts responsables de l’administration douanière n’excluent pas une surveillance renforcée des futures activités du groupe Oma, afin d’éviter toute récidive ou nouvelle tentative d’évasion fiscale. Dans un contexte marqué par l’essor des grands projets pétroliers et gaziers, cette vigilance est d’autant plus cruciale.

Si la transaction a permis d’éviter une condamnation pénale, elle soulève néanmoins des interrogations sur l’équité du traitement réservé aux grandes entreprises étrangères. Cette affaire met en lumière les limites des mécanismes de contrôle fiscal face à des structures complexes et transnationales, et pose la question de la fermeté de l’État face aux dérives éventuelles de certains opérateurs économiques.

En définitive, si le groupe Oma s’en sort sans condamnation, le cas qu’il incarne pourrait bien devenir un exemple de plus dans le débat public sur la fiscalité des multinationales au Sénégal.

Enquête sur les violences politiques de 2021 à 2024 : Un chantier judiciaire semé d’embûches

Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a officiellement lancé une procédure en vue de l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les violences politiques qui ont endeuillé le Sénégal entre 2021 et 2024. Plus de 80 personnes ont perdu la vie durant cette période marquée par des affrontements violents entre manifestants, forces de l’ordre et groupes armés non identifiés, dans un climat de tension extrême lié aux crises politiques successives.

Si cette initiative est accueillie favorablement par une partie de l’opinion publique, elle n’en reste pas moins une entreprise complexe, aussi bien sur les plans juridique que politique.

Interrogé par L’Observateur, Dr Mouhamadou Ba, enseignant-chercheur en droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, souligne que l’un des principaux défis réside dans le statut des personnes potentiellement mises en cause. « Certains hauts fonctionnaires, notamment dans les forces de l’ordre, peuvent bénéficier d’une immunité pénale s’ils ont agi dans le cadre d’une mission de service public », explique-t-il.

La situation se complique davantage pour les anciens ministres ou chefs d’État, qui ne peuvent être poursuivis que par le biais de mécanismes spécifiques, comme la Haute Cour de Justice. Quant aux agents des forces de sécurité, ils sont justiciables devant des juridictions militaires. « Ouvrir des enquêtes, c’est une chose. Établir la responsabilité pénale, c’en est une autre », avertit Dr Ba.

Autre difficulté majeure : la distinction, souvent ténue, entre faute de service et faute personnelle. Ce flou juridique pourrait rendre très incertaines les éventuelles poursuites.

El Amath Thiam, président de l’organisation Justice sans Frontière (JSF), pointe quant à lui des obstacles plus pratiques : disparition de preuves matérielles, absence de vidéos exploitables, témoins intimidés ou introuvables. « Il sera extrêmement difficile d’identifier avec précision les auteurs directs ou les donneurs d’ordre de certaines exactions », alerte-t-il.

Il met également en garde contre une possible récupération politique de la procédure, qui risquerait de décrédibiliser la démarche si elle venait à apparaître sélective ou partisane. « Seule une enquête rigoureuse, indépendante et respectueuse des droits de la défense pourra éviter le piège d’une justice à deux vitesses », insiste-t-il.

Plusieurs analystes rappellent l’exemple du procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale. Malgré les quelque 3 000 morts enregistrés lors de la crise post-électorale de 2010-2011, la CPI n’avait pu établir de responsabilité individuelle, conduisant à l’acquittement de l’ancien chef d’État.

Ce précédent alimente un certain scepticisme quant à l’issue de l’enquête sénégalaise. « Des enquêtes seront ouvertes, des auditions menées, mais la montagne risque d’accoucher d’une souris », redoute Dr Ba.

Dans un pays encore marqué par les traumatismes récents, cette initiative judiciaire représente un test majeur pour l’État de droit et la confiance dans les institutions. Elle devra concilier une volonté de vérité avec les exigences de rigueur juridique, dans un contexte où toute erreur d’appréciation pourrait rallumer les braises d’un passé encore brûlant.

Libération de Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana : Retour sur une affaire judiciaire médiatisée

Ce mercredi, l’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar (BBY), Moustapha Diakhaté, et le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana ont retrouvé la liberté après avoir purgé leurs peines respectives. Leur libération marque un nouvel épisode dans une affaire qui avait fait couler beaucoup d’encre au Sénégal.

Condamné à deux mois de prison, dont quinze jours ferme, Moustapha Diakhaté avait été écroué pour des propos jugés insultants à l’encontre de certaines autorités de la République. Son incarcération, bien que de courte durée, avait suscité de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile.

Quant à Bachir Fofana, il avait été condamné à deux mois de prison avec sursis. Il lui était reproché d’avoir diffusé de fausses nouvelles, une infraction pour laquelle il avait été placé sous mandat de dépôt avant d’être jugé. Sa condamnation avait soulevé des débats autour de la liberté de la presse et du rôle des journalistes dans un contexte politique tendu.

L’arrestation de Moustapha Diakhaté remonte à plusieurs semaines. Ancien proche du pouvoir devenu critique virulent du régime, il avait multiplié les sorties au ton acerbe, notamment sur les réseaux sociaux. L’une de ces déclarations avait été jugée particulièrement offensante, ce qui avait conduit à son interpellation et à son placement en détention.

Bachir Fofana, quant à lui, était dans le collimateur des autorités après la publication de contenus jugés fallacieux. Il lui était reproché d’avoir propagé des informations non vérifiées pouvant troubler l’ordre public. Son cas avait été suivi de près par les organisations de défense des droits humains et de la liberté d’expression.

À leur sortie, les deux hommes ont regagné leurs domiciles respectifs, sans déclaration officielle à ce stade. Leur libération a été saluée par certains de leurs soutiens, mais elle ne met pas fin aux interrogations sur la situation des libertés publiques au Sénégal.

Pour plusieurs observateurs, cette affaire illustre une tension croissante entre les autorités et certaines voix critiques, qu’elles soient politiques ou médiatiques. Elle relance également le débat sur l’utilisation des lois relatives à la diffusion de fausses nouvelles et à l’outrage, souvent considérées comme des instruments de répression.

Tragique accident à Castors : Trois morts et plusieurs blessés dans un drame routier

Un grave accident de la circulation a endeuillé le quartier de Castors ce mardi 29 juillet 2025, aux abords de l’agence SENELEC, non loin de la Direction des examens et concours. Vers la fin de matinée, un car de transport en commun de type Ndiaga Ndiaye a perdu le contrôle de ses freins avant de semer la mort sur son passage.

Selon plusieurs témoins, le véhicule, visiblement lancé à vive allure, a d’abord heurté un motocycliste qu’il a traîné sur plusieurs mètres. Le conducteur de la moto est décédé sur le coup, son corps sans vie ayant été retrouvé dans un état méconnaissable. Dans sa course folle, le car a ensuite fauché deux conducteurs de moto-taxis « Thiak Thiak » qui stationnaient sur le bas-côté. Eux aussi n’ont pas survécu à l’impact, succombant immédiatement à leurs blessures.

D’autres victimes, blessées à des degrés divers, ont également été signalées. À l’heure actuelle, aucun bilan officiel n’a encore été communiqué par les autorités.

Les sapeurs-pompiers, alertés rapidement, sont intervenus pour évacuer les blessés vers les structures hospitalières les plus proches. La police nationale a aussitôt sécurisé le périmètre et ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame.

Scandale à la BOA Maristes : un guichetier détourne près de 15 millions de FCFA d’une cliente

L’affaire a semé l’émoi dans les couloirs feutrés de la Bank of Africa (BOA), plus précisément à l’agence des Maristes, à Dakar. Alassane Diawara, guichetier-payeur polyvalent en poste au sein de cette structure bancaire, a été interpellé par la Section de recherches de la gendarmerie de Dakar pour abus de confiance et vol, après avoir indûment soustrait près de 15 millions de francs CFA sur le compte d’une cliente.

Tout a commencé avec une plainte écrite déposée par Mme D. Guèye, cliente fidèle de l’agence, qui a constaté un déficit de 14.914.000 FCFA sur le solde de son compte bancaire. Alertée, la direction de la BOA a rapidement déclenché un audit interne, lequel a confirmé les anomalies. La banque a alors saisi la gendarmerie, qui a ouvert une enquête ayant conduit à l’arrestation du suspect.

L’enquête a mis au jour un stratagème simple mais bien rodé. En charge des opérations de guichet, Alassane Diawara avait gagné la confiance de la cliente dont il gérait régulièrement les transactions. Profitant de cette relation, il imitait la signature de la victime pour réaliser, à son insu, des retraits frauduleux en espèces directement depuis son compte.

Confronté aux éléments accablants, le mis en cause a reconnu les faits sans détour. Toutefois, ses explications ont laissé perplexes : selon lui, l’argent aurait été utilisé à des fins « sociales », notamment pour venir en aide aux talibés. Une justification jugée peu convaincante par les enquêteurs, qui poursuivent les investigations.

Pour l’heure, le montant détourné est provisoirement estimé à 14.914.000 FCFA, mais les autorités n’excluent pas la possibilité de découvrir d’autres irrégularités. La BOA, dont l’image sort écornée de cette affaire, s’est constituée partie civile et entend faire toute la lumière sur ce scandale interne qui pose des questions sur la sécurité des comptes clients.

Dans un secteur où la confiance est un pilier fondamental, cette affaire jette une ombre sur les mécanismes de contrôle au sein des institutions financières. Elle relance également le débat sur la vigilance interne, les procédures de vérification et la traçabilité des opérations sensibles en agence.

Affaire « Kocc Barma » : la justice s’attaque aux ramifications d’un vaste réseau de cybercriminalité

La tempête judiciaire s’abat de plus belle sur le dossier explosif de l’affaire dite « Kocc Barma », du nom du célèbre pseudonyme derrière lequel se cacherait un vaste réseau de cybercriminalité. Dernier rebondissement en date : El Hadji Assane Demba a été placé sous mandat de dépôt après sa présentation devant le doyen des juges, marquant une nouvelle étape dans une enquête à la fois tentaculaire et sensible.

Demba, présumé complice d’El Hadji Babacar Dioum – plus connu sous le nom de « Kocc » –, est poursuivi pour des infractions particulièrement graves. La justice lui reproche une longue liste de chefs d’inculpation : association de malfaiteurs, collecte illicite de données personnelles, atteinte à l’intimité de la vie privée, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, pornographie enfantine, pédophilie, extorsion de fonds, sans oublier la complicité de l’ensemble de ces délits.

Ce placement sous mandat de dépôt, rapporté par le journal Libération dans son édition de ce mercredi, survient alors que l’instruction semble entrer dans une phase décisive. El Hadji Assane Demba a ainsi passé sa première nuit en détention provisoire, dans un climat d’intense pression judiciaire et médiatique.

Parallèlement, les enquêteurs poursuivent leur travail de fourmi du côté de la Division spéciale de cybersécurité (DSC). L’auteur principal présumé, El Hadji Babacar Dioum, a été extrait de sa cellule pour les besoins de l’enquête, notamment pour permettre l’exploitation technique de ses équipements numériques.

Selon Libération, le volume colossal des données contenues dans ses appareils rend l’opération particulièrement complexe. Il s’agira d’identifier, classer, et croiser les preuves numériques – images, messages, fichiers, transactions – susceptibles de consolider les charges ou de révéler d’autres ramifications du réseau. L’analyse devrait se poursuivre tout au long de la journée.

L’affaire « Kocc Barma », du nom de la page controversée qui a défrayé la chronique ces dernières années en diffusant du contenu à caractère sexuel sans consentement, soulève des enjeux éthiques, juridiques et sociétaux de premier plan au Sénégal. Le dossier a révélé une porosité inquiétante entre le monde numérique et les failles du système judiciaire face à la cybercriminalité.

En ligne de mire : la banalisation de la violation de la vie privée sur les réseaux sociaux, mais aussi la facilité avec laquelle certains individus exploitent les nouvelles technologies pour diffuser du contenu illégal et traumatisant.

Alors que l’enquête se poursuit et que les arrestations se multiplient, l’opinion publique reste suspendue aux avancées de la justice, dans l’espoir que toute la lumière soit faite sur ce réseau opaque et aux conséquences profondément destructrices pour ses victimes.

Finances publiques du Sénégal : Légère contraction des recettes en avril 2025

Les finances publiques du Sénégal ont connu une légère contraction en avril 2025, selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Les recettes totales de l’État se sont repliées d’un milliard de francs CFA par rapport au mois de mars, une évolution qui masque des dynamiques contrastées au sein des différentes composantes budgétaires.

Les recettes fiscales, qui constituent la principale source de financement de l’État, ont enregistré une baisse notable de 8,8 milliards FCFA. Ce repli pourrait refléter un ralentissement de l’activité économique dans certains secteurs clés ou des fluctuations saisonnières dans la collecte des impôts. Cette évolution interpelle, dans un contexte où la mobilisation des ressources internes est cruciale pour soutenir les investissements publics et assurer le fonctionnement des services de base.

Cette baisse des recettes fiscales a toutefois été partiellement compensée par une progression de 7,7 milliards FCFA des recettes non fiscales. Ces dernières incluent notamment les revenus tirés des prestations de services publics, des redevances, des amendes ou encore des dividendes versés par les entreprises publiques. Cette embellie, bien que bienvenue, ne suffit pas à enrayer la tendance globale à la baisse observée sur le mois.

Au-delà de la comparaison mensuelle, la variation annuelle apparaît plus préoccupante. En glissement annuel, les recettes totales de l’État ont chuté de 10,7 milliards FCFA par rapport à avril 2024. Ce recul plus prononcé suggère une détérioration durable de la capacité de l’État à mobiliser ses ressources, dans un contexte économique encore marqué par des incertitudes tant internes qu’externes.

Visite à Rebeuss : Abdou Mbow inquiet pour l’état de santé de Farba Ngom

L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar (2022-2024) et actuel porte-parole adjoint de l’Alliance pour la République (APR), Abdou Mbow, s’est récemment rendu à la prison de Rebeuss pour rendre visite à son camarade de parti et ami de longue date, Farba Ngom.

Selon des informations rapportées par le journal Les Échos, cette visite a été marquée par des échanges empreints de camaraderie entre les deux hommes, connus pour leur complicité au sein de l’APR. Quelques taquineries ont ponctué leur entretien, comme pour tenter d’alléger un contexte pourtant lourd.

Mais derrière ces moments de légèreté apparente, Abdou Mbow n’a pas caché son inquiétude. D’après la même source, l’ancien député s’est montré particulièrement préoccupé par l’état de santé de Farba Ngom. Député-maire des Agnam et secrétaire national chargé de l’organisation et de la mobilisation de l’APR, Farba Ngom est actuellement en détention, dans des conditions qui suscitent l’attention de ses proches et de plusieurs figures du camp présidentiel sortant.

La visite d’Abdou Mbow intervient dans un climat politique tendu, marqué par l’arrestation de plusieurs anciens responsables de la mouvance présidentielle de Macky Sall, dont Farba Ngom, considéré comme l’un des piliers de l’APR dans le nord du pays.

Crise nationale et dérives gouvernementales : la coalition DJONE alerte et interpelle le président Diomaye Faye

Communiqué du Bureau Politique de la Coalition DJONE

La coalition DJONE s’est réunie le dimanche 27 juillet dernier. Analysant l’actualité politique nationale, elle dénonce avec fermeté l’emprisonnement arbitraire de journalistes, chroniqueurs et citoyens injustement détenus. La coalition DJONE réaffirme son attachement inébranlable à l’État de droit, à la liberté d’opinion et à une justice équitable.

Elle exprime sa pleine solidarité à l’ensemble des médias brimés et essoufflés par la suspension des conventions et du fond d’appui et de développement de la presse par le pouvoir actuel depuis deux années consécutives. Les blocages constatés actuellement en tous domaines au Sénégal ne sont provoqués que par la gouvernance PASTEF qui incarne une dérive belliqueuse et clivante, des attitudes qui menacent la réconciliation et l’unité nationale, condition sine qua none à la stabilité et au décollage économique du Sénégal.

Le gouvernement, en mal d’une vision claire, brille par un recyclage honteux des projets de l’ancien régime et un amateurisme préoccupant. Le plan de redressement aujourd’hui brandi comme solution n’est qu’un écran de fumée face à une crise née de l’incompétence, pas de la conjoncture.

La coalition DJONE interpelle le Président Bassirou Diomaye Faye afin de lui suggérer encore une fois d’habiter sa fonction, de procéder à un recadrage de la primature pour éviter une crise institutionnelle majeure à notre cher pays. Il est urgent pour le Chef de l’État, de soumettre ses projets à l’expertise de techniciens et bailleurs, et faire cesser le folklore médiatique destiné à anesthésier un peuple encore abusé.

Enfin, nous demandons au président Faye de mette en demeure les ministres et directeurs généraux muets sur leurs bilans, mais loquaces à travers les réseaux sociaux sur la justice qu’ils ne comprennent ni ne respectent. Le pays glisse dangereusement, et il est grand temps pour le président de la République d’agir, avant que l’irréparable ne se produise.

Pour la coalition DJONE
Le coordonnateur national
Mohamed Moustapha Diagne

Pape Malick Ndour tire à boulets rouges sur la gouvernance actuelle : « Un gouvernement fantasmagorique, sans boussole »

L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a vivement critiqué la gestion du gouvernement en place dans un post publié ce mardi sur ses réseaux sociaux. Dans une charge frontale et sans détours, l’ancien responsable de la mouvance présidentielle sous Macky Sall dénonce ce qu’il qualifie de « pilotage à vue » de l’appareil étatique, pointant du doigt un manque de vision, une surenchère de slogans creux et une série de plans économiques incohérents.

Selon Pape Malick Ndour, le gouvernement actuel aurait lancé pas moins de quatre programmes économiques en seulement 16 mois, ce qu’il juge totalement symptomatique d’un pouvoir qui navigue sans cap. « Une durée de vie moyenne de 4 mois par programme ? Ceci est symptomatique d’un pouvoir qui tâtonne », écrit-il, soulignant l’absence de continuité et de logique dans les politiques publiques engagées.

Dans un ton mordant, l’ancien ministre décrit un exécutif davantage préoccupé par le marketing politique que par la résolution des problèmes structurels du pays :

« Ce gouvernement-là n’est ni plus ni moins qu’un gouvernement fantasmagorique, sans boussole, sans cohérence, sans programme, sans cap clair, bref un gouvernement de l’improvisation permanente, des slogans, des affiches, des brandings et des promesses creuses. »

Il déplore une gouvernance rythmée par les effets d’annonce : « les jours pairs, on parle de solutions ; les jours impairs, on parle de projets », ironise-t-il.

Au-delà des critiques, Pape Malick Ndour tire la sonnette d’alarme quant aux conséquences de cette gouvernance jugée erratique. Il évoque un pays « condamné à la misère noire et au sous-développement » si aucun redressement stratégique et durable n’est opéré.

Ce message, qui semble marquer une rupture nette avec le pouvoir actuel, s’inscrit dans un contexte politique marqué par de nombreuses interrogations sur les orientations économiques et sociales du nouveau régime. Bien que Pape Malick Ndour n’ait pas annoncé de positionnement politique clair, sa sortie pourrait préfigurer un engagement plus actif dans le débat public à venir.

L’ancien ministre conclut son message par une promesse : « Rendez-vous demain pour plus d’approfondissement… », laissant présager une série d’interventions critiques dans les jours à venir.

Baisse du chiffre d’affaires des services au Sénégal : un signal d’alerte conjoncturel

En avril 2025, le secteur des services au Sénégal a enregistré une baisse notable de son chiffre d’affaires, en recul de 15,6 % par rapport au mois précédent, selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Une tendance préoccupante qui s’accompagne d’un repli de 7,9 % dans le commerce sur la même période. Plusieurs pans essentiels de l’économie tertiaire sont concernés, notamment les transports, les services financiers, les activités scientifiques et techniques, ainsi que le commerce de gros.

Cette évolution négative, bien que frappante, ne traduit pas nécessairement une crise structurelle du secteur. Elle semble plutôt révéler une fragilité conjoncturelle, en particulier dans certains segments sensibles de l’économie urbaine. Il n’en demeure pas moins que le secteur des services, désormais contributeur majeur à la valeur ajoutée nationale, est au cœur de la dynamique de l’emploi qualifié et du développement des PME, en particulier dans les grandes villes comme Dakar, Thiès ou Saint-Louis.

Parmi les domaines les plus touchés figurent les services financiers et scientifiques, qui jouent pourtant un rôle clé dans le soutien à l’innovation, à l’investissement et à la transformation économique. Leur baisse d’activité pourrait traduire un ralentissement des projets d’investissement ou un recul de la demande en expertise technique. De même, la baisse du transport et du commerce de gros soulève des interrogations sur la vitalité des circuits de distribution, dans un contexte économique déjà marqué par des tensions sur la logistique et l’approvisionnement.

Si cette contraction s’avère ponctuelle, elle n’en constitue pas moins un signal d’alerte à ne pas négliger. Elle appelle à une analyse fine des indicateurs conjoncturels et à une vigilance accrue sur les secteurs en difficulté. Le moment semble opportun pour envisager des mesures de soutien ciblées, notamment en faveur des entreprises de services à forte valeur ajoutée ou à fort potentiel d’exportation. L’enjeu est double : préserver l’activité et renforcer la résilience économique face aux chocs extérieurs et aux transformations en cours.

Le recul observé intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à redéployer son appareil productif, à l’heure de grands projets énergétiques et d’ambitions industrielles renouvelées. Dans cette dynamique, la solidité du secteur tertiaire – à la fois moteur de croissance, pourvoyeur d’emplois et vecteur de modernisation – sera un indicateur-clé de la robustesse du modèle économique en construction.

Alassane Ouattara officialise sa candidature à la présidentielle de 2025 : entre continuité et controverse

Abidjan, le 29 juillet 2025 – Le président ivoirien Alassane Ouattara a mis fin ce mardi à des mois de spéculations en annonçant officiellement sa candidature à l’élection présidentielle prévue en octobre prochain. À 83 ans, le chef de l’État entend briguer un quatrième mandat à la tête de la Côte d’Ivoire, invoquant la nécessité d’assurer la continuité dans la stabilité et le développement du pays.

« Je suis candidat, parce que je veux que notre chère Côte d’Ivoire continue de demeurer un pays prospère, en paix et en sécurité », a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée diffusée en direct depuis le palais présidentiel. Une annonce sobre, mais lourde de signification dans un contexte politique tendu.

Au pouvoir depuis 2011, Alassane Ouattara a été réélu en 2015 puis en 2020 dans un climat électoral marqué par des tensions et des contestations. Si ses partisans saluent un leadership qu’ils jugent visionnaire et nécessaire à la stabilité du pays, ses détracteurs dénoncent une « présidence à vie déguisée » et remettent en cause la légitimité d’une nouvelle candidature.

Pour l’opposition, cette décision est perçue comme un coup de force politique. Plusieurs figures de la société civile et des partis d’opposition estiment qu’un nouveau mandat remettrait en question les principes de l’alternance démocratique. « C’est un recul pour notre démocratie. Le président Ouattara avait lui-même annoncé qu’il ne se représenterait pas », rappelle un cadre du PDCI-RDA.

Dans son discours, Alassane Ouattara a insisté sur les acquis de ses mandats précédents : croissance économique soutenue, grands travaux d’infrastructures, renforcement de l’administration publique et investissements dans l’éducation et la santé. Pour lui, la continuité est essentielle face aux défis sécuritaires sous-régionaux et aux incertitudes économiques mondiales.

« Je mesure la lourde responsabilité qui m’incombe. Je ne me présente pas par ambition personnelle, mais pour préserver ce que nous avons bâti ensemble », a-t-il affirmé.

Cette annonce rebat les cartes du jeu politique ivoirien à moins de trois mois du scrutin. Les autres grands partis, notamment le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA, devront désormais adapter leur stratégie face à un candidat sortant dont l’appareil politique reste redoutablement structuré.

Reste à savoir si cette candidature sera validée sans accroc par le Conseil constitutionnel, et comment la rue ivoirienne réagira dans les semaines à venir. Des manifestations sporadiques ont déjà eu lieu dans certaines localités après les premières rumeurs de candidature.

Alors que la Côte d’Ivoire s’apprête à entrer dans une campagne électorale décisive, les observateurs nationaux et internationaux appellent à la retenue et à un dialogue politique apaisé. Pour nombre d’Ivoiriens, l’essentiel reste la paix, dans un pays encore marqué par les cicatrices de la crise post-électorale de 2010-2011.

Un contrat d’assassinat visant un avocat de Benjamin Netanyahu ? Une information judiciaire ouverte en France

Le parquet de Paris a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire contre X pour « association de malfaiteurs », dans une affaire aux allures de polar diplomatique mêlant renseignement, terrorisme présumé, et une figure controversée du barreau parisien. Me Olivier Pardo, avocat du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, affirme avoir été la cible d’un projet d’assassinat pour son engagement professionnel dans une affaire hautement sensible.

L’affaire débute le 16 juillet dernier, lorsque Rudy Terranova, un homme au passé judiciaire chargé, se rend au cabinet de Me Pardo à Paris. Lors de cet entretien – auquel assistent également deux avocats, un collaborateur et une stagiaire – Terranova révèle qu’il aurait été « missionné » pour assassiner Me Pardo. Selon ses dires, l’ordre émanerait de membres libanais présumés du Hezbollah, rencontrés au Sénégal. Leur mobile : sanctionner l’avocat pour avoir pris la défense de Benjamin Netanyahu, visé depuis novembre 2024 par un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans la bande de Gaza.

Terranova, qui affirme avoir refusé d’exécuter cette mission, aurait ainsi choisi de prévenir l’avocat pour se « libérer d’un poids ». Ces révélations ont immédiatement conduit à l’ouverture d’une enquête, confiée à des services spécialisés.

Âgé de 47 ans, Rudy Terranova n’en est pas à sa première apparition dans les colonnes judiciaires. Condamné en 2004 pour des violences liées à sa radicalisation islamiste, il a été informateur de police à Versailles entre 2006 et 2007, avant d’être écarté pour sa dangerosité supposée. En 2007, il avait été soupçonné d’avoir participé à la tentative d’assassinat de l’avocat Karim Achoui, avant d’être finalement acquitté.

D’après Le Parisien, Terranova purgeait encore récemment une peine de prison en lien avec des affaires de grand banditisme, et c’est derrière les barreaux qu’il se serait radicalisé.

Le parquet de Paris, qui confirme l’ouverture de l’information judiciaire, dénonce en parallèle la « violation du secret de l’enquête » à la suite des révélations de la presse. L’affaire, en effet, ne manque pas de zones d’ombre : les motivations réelles de Terranova, la véracité de ses accusations, l’identité de ses supposés commanditaires et l’éventuelle implication de réseaux opérant depuis l’étranger – notamment au Sénégal – devront être éclaircies par la justice.

Contacté par l’AFP, Me Olivier Pardo reste mesuré : « Je suis serein. Cela fait partie des risques de mon métier quand on défend des causes qui, en France, font polémique. » Figure du barreau parisien, Me Pardo est également connu pour avoir défendu la ministre française Rachida Dati et le polémiste d’extrême droite Éric Zemmour.

Au croisement du droit international, des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des réseaux de renseignement, cette affaire met en lumière les risques encourus par certains avocats engagés dans des dossiers brûlants. Elle soulève également des questions troublantes sur la présence et les activités de groupes étrangers en Afrique de l’Ouest, ainsi que sur les connexions entre criminalité organisée, radicalisation, et instrumentalisations politiques.

Escroquerie foncière au Lac Rose : deux anciens responsables de la DGPU condamnés à 6 mois avec sursis

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu, le 26 mars 2025, son verdict dans une affaire d’escroquerie impliquant deux anciens hauts responsables de la Délégation générale à la Promotion des Pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (DGPU). Mamadou Lat Coura Diop Guèye, ex-conseiller juridique, et Ousmane Noël Dieng, ancien chef de cabinet, ont été reconnus coupables d’avoir soutiré la somme de 50 millions de FCFA à une opératrice hôtelière, Khady Diaw, sous prétexte de régulariser des parcelles au Lac Rose. Ils ont écopé chacun d’une peine de 6 mois de prison assortis du sursis.

L’affaire remonte à 2020, lorsqu’une figure bien connue du secteur hôtelier, Mme Khady Diaw, propriétaire de l’hôtel « Trarza » au Lac Rose, sollicite la régularisation de 15 parcelles. À l’époque, elle s’adresse à Mamadou Lat Coura Diop Guèye, alors conseiller juridique à la DGPU, qui la met en relation avec Ousmane Noël Dieng. Ce dernier lui explique que, compte tenu du nouveau statut du Lac Rose devenu pôle urbain, un accord préalable du ministre Diène Farba Sarr est requis.

Quelques jours plus tard, Khady Diaw est informée que le ministre aurait fixé le montant de la régularisation à 50 millions de FCFA. Elle remet alors trois chèques à Mamadou Lat Coura Diop pour ce montant, en échange d’une promesse d’obtention rapide de baux.

Malgré le paiement, aucun bail n’est délivré. Les deux hommes invoquent divers blocages administratifs, dont l’absence de titre foncier global pour le pôle urbain, pour justifier le retard. Face à l’inertie, Mme Diaw mandate un huissier en octobre 2021, puis saisit la Sûreté urbaine en mars 2022 pour escroquerie.

Durant l’enquête, les mis en cause nient avoir escroqué Mme Diaw. Selon Mamadou Lat Coura Diop, les 50 millions de FCFA n’étaient pas un paiement pour un service administratif, mais un « don » destiné à financer leurs activités politiques. « J’ai gardé 10 millions pour mes actions politiques, et 40 millions sont allés à Ousmane Noël Dieng », a-t-il déclaré.

Ce dernier confirme avoir reçu les 40 millions, expliquant qu’il s’agissait d’un soutien promis par Mme Diaw si elle parvenait à régulariser ses parcelles. Il admet n’avoir jamais eu le pouvoir de délivrer des baux, mais se présente comme un facilitateur, proche du ministre Diène Farba Sarr. Il affirme également avoir remboursé l’intégralité des 40 millions à Mme Diaw.

Avant même le procès, les deux prévenus avaient consigné 49,5 millions de FCFA à la Caisse des Dépôts et Consignations. La plaignante exigeant le montant exact, les 500.000 FCFA restants lui ont été remis par l’intermédiaire du clerc de son avocat, Me Boubacar Dramé, le 8 janvier 2025.

Malgré les remboursements, le tribunal a retenu la qualification d’escroquerie, estimant que les éléments constitutifs de l’infraction étaient réunis. Toutefois, en tenant compte du remboursement intégral, les magistrats ont prononcé une peine relativement clémente : six mois de prison avec sursis.

Babacar Ndiaye élu président de la LSFP : Une nouvelle ère pour le football professionnel sénégalais

Le football professionnel sénégalais vient de franchir un tournant majeur. Ce mardi 29 juillet 2025, Babacar Ndiaye, président du Teungueth FC, a été élu à la tête de la Ligue Sénégalaise de Football Professionnel (LSFP), succédant ainsi à Djibril Wade. Il devient le quatrième président de l’histoire de l’institution, après Saër Seck, Louis Lamotte et Djibril Wade.

L’élection, organisée au stade Léopold Sédar Senghor à Dakar, s’est jouée dans une atmosphère tendue, reflet des enjeux qui pèsent sur l’avenir du football professionnel au Sénégal. Sur les 80 clubs affiliés à la Ligue, 43 ont porté leur confiance sur Babacar Ndiaye, contre 37 pour son rival, Abdoulaye Saydou Sow, président de l’AS Kaffrine. Une victoire à l’arraché qui confirme la polarisation des positions sur les défis de gouvernance et de réforme.

À la tête de Teungueth FC depuis plusieurs saisons, Babacar Ndiaye s’est forgé une réputation de dirigeant rigoureux et tourné vers l’innovation. Sous sa gouvernance, le club de Rufisque s’est imposé comme un acteur majeur de la Ligue 1 sénégalaise, tant sur le plan sportif qu’administratif. Sa gestion exemplaire et sa vision moderniste ont fini de convaincre une majorité de clubs à lui accorder leur soutien pour conduire la LSFP vers un renouveau.

Le nouveau président hérite d’une institution confrontée à de nombreux défis structurels. La restructuration du calendrier des compétitions, souvent critiqué pour son instabilité, figure parmi les priorités. À cela s’ajoute la nécessité d’une professionnalisation réelle des clubs, aujourd’hui confrontés à des problèmes récurrents de financement, de gestion des ressources humaines et d’infrastructures.

Babacar Ndiaye devra également relever le défi de rendre le championnat sénégalais plus attractif, tant pour les supporters que pour les sponsors et les investisseurs. L’amélioration de la compétitivité des clubs sur la scène continentale et la création de conditions viables pour les joueurs professionnels figurent aussi parmi les chantiers attendus.

Le scrutin du 29 juillet a mis en lumière des tensions persistantes entre différents courants au sein du football sénégalais. La campagne électorale a été marquée par des débats parfois vifs sur l’orientation stratégique de la LSFP. Si certains défendent un modèle centralisé et réformateur, d’autres plaident pour une plus grande autonomie des clubs et un développement régional plus équilibré.

L’élection de Babacar Ndiaye intervient dans un contexte où les attentes du public, des clubs et des partenaires institutionnels sont particulièrement élevées. Le football sénégalais, fort des récents succès de son équipe nationale, aspire à voir son championnat domestique atteindre un niveau d’excellence qui soit à la hauteur de ce prestige continental.

Les premiers mois de ce nouveau mandat seront donc décisifs pour poser les bases d’un changement durable. La communauté du football attend désormais des actes concrets : réformes, transparence, et surtout, une vision à long terme.

Versement des salaires de juillet : Les agents de la justice dans l’incertitude

Le mois de juillet s’achève dans la confusion pour plusieurs agents de l’administration judiciaire sénégalaise. Selon des indiscrétions relayées dans les milieux syndicaux, notamment au sein de l’Entente SYTJUST–UNTJ, de nombreux grévistes n’auraient toujours pas perçu leurs salaires. En cause : la non-signature des fonds communs par le ministre de la Justice, Me Ousmane Diagne, ce qui aurait bloqué le processus de virement.

Cependant, d’autres sources, plus nuancées, évoquent plutôt des retards techniques que des suspensions délibérées de traitement. D’après les informations obtenues par L’As, les salaires ont bien été positionnés depuis avant-hier par la Direction de la solde dans les systèmes bancaires, sans distinction claire entre grévistes et non-grévistes. Ce retard toucherait ainsi l’ensemble du personnel judiciaire, indépendamment de leur participation au mouvement de grève.

Le flou administratif semble être au cœur du problème. Toujours selon les sources de L’As, le ministre de la Justice aurait effectivement demandé une liste des agents grévistes dans le but d’ordonner d’éventuelles ponctions. Toutefois, cette liste serait parvenue tardivement, parfois même incomplète, aux services centraux. Pressées par les délais, certaines juridictions se seraient contentées de transmettre des listes restreintes, ne mentionnant que les greffiers, secrétaires de présidents de juridictions et chauffeurs les plus régulièrement absents.

Une gestion jugée précipitée par plusieurs acteurs du secteur, qui dénoncent une « improvisation administrative » ayant accentué la confusion au sein des services judiciaires. D’autant plus que certains agents non-grévistes se retrouvent eux aussi sans salaire à la fin du mois.

Cette situation intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par une grève prolongée de l’Entente SYTJUST–UNTJ, qui réclame notamment de meilleures conditions de travail, la revalorisation des indemnités, et la régularisation des avancements.

Le non-paiement – ou le paiement différé – des salaires risque d’envenimer davantage les relations entre les syndicats et l’autorité ministérielle. De nombreuses voix appellent à la transparence et à une clarification urgente de la situation pour éviter toute escalade.

Affaire Kocc : El Hadji Babacar Dioum au cœur d’une enquête explosive

L’enquête autour du réseau présumé de cybercriminalité impliquant El Hadji Babacar Dioum prend une tournure de plus en plus accablante. Extrait de sa cellule hier dans le cadre de la poursuite des investigations, le mis en cause devait initialement être auditionné à propos de l’exploitation technique de son téléphone portable de marque iPhone Pro Max ainsi que de deux ordinateurs saisis à son domicile lors d’une récente perquisition. Toutefois, l’audition a été reportée à ce mardi à 11 heures. Entre-temps, El Hadji Babacar Dioum a été reconduit dans sa cellule.

Selon des informations obtenues par Libération, les enquêteurs ont procédé à une ouverture non consentie de son ordinateur personnel après son refus catégorique de fournir les mots de passe d’accès. Cette opération a permis la découverte de plus de 9000 fichiers compromettants, ce qui a renforcé les soupçons à son encontre. Les autorités judiciaires se sont appuyées sur les dispositions des articles 45 et suivants du Code de procédure pénale, encadrant les perquisitions et saisies en situation de flagrance, pour légitimer cette démarche.

Parallèlement, un autre suspect, El Hadji Assane Demba, a été arrêté à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) jeudi soir alors qu’il tentait de fuir le pays. Présenté lundi au doyen des juges, il fait l’objet de lourdes accusations : association de malfaiteurs, collecte et diffusion illicite de données personnelles, atteinte à la vie privée, extorsion de fonds, pornographie enfantine, pédophilie, et complicité.

D’après Libération, l’enquête menée par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) a mis à nu un réseau structuré et bien organisé, dans lequel El Hadji Assane Demba est profondément impliqué, selon les premiers éléments. Des révélations qualifiées d’explosives auraient été faites, renforçant la gravité du dossier.

Barthélemy Dias rend visite à Badara Gadiaga à Rebeuss : un geste de solidarité et d’engagement

L’ancien maire de Dakar, Barthélemy Dias, s’est rendu ce lundi à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Rebeuss pour rendre visite à Badara Gadiaga, détenu depuis plusieurs semaines dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours. Une visite à forte charge symbolique, marquée par l’émotion et la fraternité.

Barthélemy Dias, président du Mouvement Sénégal Bignou Bokk, a tenu à témoigner personnellement son soutien à celui qu’il considère comme un frère. « C’est mon domou Ndey, un compagnon de longue date dans les luttes pour la démocratie et la justice sociale », a-t-il déclaré à l’issue de sa visite, selon des confidences relayées par Les Échos.

La rencontre entre les deux hommes s’est déroulée dans une atmosphère empreinte d’émotion. Elle a été décrite comme un moment fort, marqué par des échanges sincères, des souvenirs partagés et une solidarité renouvelée.

Barthélemy Dias, lui-même passé par la case prison dans un contexte politique tendu, a souvent dénoncé l’utilisation de la justice comme arme contre les opposants et militants engagés. En rendant visite à Badara Gadiaga, il a voulu exprimer un geste de fraternité, mais aussi lancer un signal politique fort : celui d’une continuité dans le combat pour les libertés et la défense des droits des citoyens.

Cette visite s’inscrit également dans un contexte où de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles qualifient d’arrestations arbitraires et d’acharnement contre certains militants ou figures politiques. Le geste de Barthélemy Dias pourrait donc également être perçu comme un acte de résistance face à ce qu’il considère comme des dérives de l’appareil judiciaire.

Badara Gadiaga, figure connue dans les milieux militants et sociaux, bénéficie d’un important soutien de la part de plusieurs organisations citoyennes et politiques. Sa détention continue d’alimenter les débats sur l’indépendance de la justice et les libertés publiques au Sénégal.

Soussoum en ébullition : tensions autour d’un projet d’exploitation de basalte sur fond de litige foncier

La commune de Ndiaganiao, plus précisément la localité de Soussoum, est secouée par un violent conflit foncier opposant les populations locales à deux entreprises minières. Sur fond d’autorisations contestées et d’un sentiment de dépossession, la situation tourne à la crise ouverte.

Tout est parti d’un projet d’exploitation de carrière de basalte initié en 2023, à la suite de délibérations municipales menées sous l’égide de l’ex-ministre des Mines, Omar Sarr. Deux entreprises, Transfavo (40 hectares) et Elikane (43 hectares), ont obtenu des autorisations d’exploitation, mais leur implantation sur le terrain s’est heurtée à une vive opposition des communautés locales.

Selon plusieurs sources, les autorités municipales auraient lancé les démarches sans organiser au préalable l’audience publique obligatoire, privant ainsi les habitants d’un droit fondamental à l’information et à la consultation. Lorsqu’une telle audience a finalement eu lieu, les populations ont refusé catégoriquement de céder leurs terres, les considérant comme leur unique source de subsistance.

Malgré le rejet populaire, les entreprises ont déployé leurs engins sur les terres litigieuses, déclenchant une vague de protestations. La situation a dégénéré : affrontements, violences, arrestations musclées… Soussoum est depuis plongée dans un climat de tension extrême.

Le bilan est lourd : 24 interpellations, des dégâts matériels importants, notamment des engins de chantier incendiés. Des habitants dénoncent des arrestations brutales, parfois même à domicile. La situation a conduit à la mobilisation de figures du barreau, comme Me Boucounta Diallo et Me Faty, pour assurer la défense des personnes arrêtées. Celles-ci devraient être présentées au procureur dans les prochaines heures.

Interrogé par Dakaractu, Arona Ba, responsable de Transfavo, assure que son entreprise est dans la légalité :

« Nous avons obtenu nos permis d’exploitation légalement. C’est le ministre Omar Sarr qui nous les a remis. Une étude d’impact environnemental a été faite, plusieurs habitants ont même signé avec nous. »

Il reconnaît cependant que seuls 17 hectares sur les 40 sont exploitables, les 23 autres étant utilisés par les populations dans un accord tacite. Il déplore les pertes subies — un milliard de francs CFA de matériels brûlés — et pointe du doigt certains acteurs politiques, qu’il accuse d’instrumentaliser les contestataires.

Le conflit de Soussoum résonne fortement avec le litige foncier de Ndingler, tristement célèbre pour son bras de fer entre paysans et investisseurs privés. Ici encore, c’est l’éternel dilemme : développement économique versus droits des communautés locales.

Dans une région marquée par une histoire douloureuse de spoliation foncière, les fractures s’approfondissent. Entre autorités accusées de mépris, entreprises soucieuses de rentabilité, et populations ancrées à leur terre, c’est tout un système qui semble à bout de souffle.

Face à l’escalade, le silence des nouvelles autorités étatiques et locales interroge. Le dialogue semble rompu, alors que la confiance est gravement entamée. Pour sortir de cette impasse, plusieurs observateurs plaident pour :

La suspension immédiate des activités sur le site ; La révision des délibérations municipales jugées irrégulières ; Un dialogue inclusif, impliquant population, autorités, experts indépendants et entreprises.

Escroquerie : Ndèye Fatou Ba, ancienne candidate de Pastef, condamnée à deux ans de prison

Investie en 3ᵉ position sur la liste nationale du parti aux dernières législatives, Ndèye Fatou Ba a été reconnue coupable d’avoir escroqué plus de 1,5 million F CFA à une influenceuse placée sous bracelet électronique.

Le tribunal correctionnel de Pikine-Guédiawaye a condamné, ce lundi, Ndèye Fatou Ba, 69 ans, figure bien connue du mouvement citoyen Maggi Pastef, à deux ans de prison, dont trois mois ferme, pour des faits d’escroquerie. Elle devra également verser 1,5 million de francs CFA à la plaignante, Ndèye Ngoné Dieng, alias « Linguèrou Saliou », célèbre TikTokeuse sénégalaise, à titre de dommages et intérêts.

L’affaire, rapportée par L’Observateur, remonte à juin dernier, lorsque Ndèye Ngoné Dieng est placée sous bracelet électronique, dans le cadre d’une affaire d’abus de confiance liée à une tontine numérique. C’est au commissariat de Guédiawaye qu’elle rencontre Assane Kane, un politicien lui aussi sous le coup de poursuites, qui lui propose une aide inattendue : une médiation avec une « députée influente », capable de faire jouer ses relations au tribunal.

Cette « députée », c’est Ndèye Fatou Ba, présentée comme proche de plusieurs magistrats du ressort de Pikine-Guédiawaye. L’influenceuse, alors sous pression, va peu à peu verser plusieurs sommes à l’accusée : 100 000 F CFA, puis 35 000 F CFA pour une prétendue lettre destinée à un juge, ensuite 1 million, remis en espèces via un coursier au tribunal, et enfin 500 000 F CFA, peu avant une nouvelle convocation.

Malgré tous ces paiements – pour un total de près de 1,7 million F CFA –, Ndèye Ngoné Dieng ne voit aucune évolution dans sa situation judiciaire. Bien au contraire, elle est déférée, placée sous mandat de dépôt, puis incarcérée au Camp pénal. C’est depuis sa cellule qu’elle comprend l’ampleur de l’escroquerie dont elle a été victime.

Elle réussit à récupérer 800 000 F CFA et mandate son avocat, Me Brice Benoit, pour porter l’affaire devant la justice.

À la barre, Ndèye Fatou Ba a tenté de minimiser les faits. Elle affirme n’avoir jamais prétendu être députée et explique que ce titre lui est attribué de manière informelle par les habitants des Parcelles Assainies, du fait de son rang sur la liste nationale du parti Pastef lors des législatives de 2022.

Mais ses arguments sont balayés par la preuve audio versée au dossier, démontrant non seulement les fausses promesses faites à la victime, mais aussi les montants demandés et les références à des magistrats, dont un procureur.

Le parquet avait requis deux ans ferme contre Ndèye Fatou Ba, ainsi que six mois ferme contre trois autres personnes : Assane Kane, Kh. Sarr (la fille de l’accusée) et S. Sakho, un commerçant présenté comme proche du parquet. Toutefois, ces trois complices présumés ont été relaxés, faute de preuves suffisantes.

Mort mystérieuse de Serigne Issa Touré : la famille réclame la vérité, une contre-autopsie attendue à Dakar

Un nouveau rebondissement dans l’affaire Serigne Issa Touré. Le guide religieux, disparu depuis le 3 juin dernier, a été retrouvé mort la semaine dernière dans un silo à Bambilor. Une fin tragique et entourée de zones d’ombre, d’autant plus que le corps de la victime avait été inhumé avant que l’enquête n’ait pu livrer toutes ses conclusions. Sur ordre du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Rufisque, une exhumation a été ordonnée pour la réalisation d’une contre-autopsie.

Selon Le Quotidien, une première expertise médicale a été menée à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff. Toutefois, face aux interrogations persistantes sur les causes du décès, une contre-expertise est désormais prévue à l’hôpital Principal de Dakar. La police scientifique et la Section de recherches poursuivent leurs investigations, en explorant les lieux fréquentés par le défunt pour tenter de faire toute la lumière sur cette affaire.

La levée du corps, initialement prévue ce mardi, a été reportée jusqu’à nouvel ordre, au grand désarroi de la famille. Plongée dans la douleur, cette dernière espérait pouvoir organiser les funérailles dans le village natal de Serigne Issa Touré, à Kelle. Ce report ajoute à l’épreuve émotionnelle déjà lourde des proches, qui vivent difficilement cette attente interminable.

Aucune conclusion officielle de la première autopsie n’a encore été rendue publique, entretenant le flou sur les circonstances de la mort. Des proches du guide religieux, cités par la presse, rejettent catégoriquement la thèse du suicide, et appellent à une enquête transparente, rigoureuse et impartiale.

Pour rappel, Serigne Issa Touré faisait l’objet de recherches par la police pour des accusations graves, notamment de détournement de mineurs, d’actes contre nature et de viols sur ses disciples. Ces allégations avaient suscité un vif émoi au sein de l’opinion, tandis que les fidèles du marabout dénonçaient un “acharnement injustifié”.

Youssou Ndour et Mamadou Dia rejoignent l’Académie des Oscars : une consécration mondiale pour la culture sénégalaise

Deux figures emblématiques de la culture sénégalaise viennent d’être honorées par l’une des institutions les plus prestigieuses du monde du cinéma. Youssou Ndour, icône planétaire de la musique africaine, et Mamadou Dia, réalisateur reconnu sur la scène internationale, ont été officiellement invités à intégrer l’Académie des arts et des sciences du cinéma, célèbre pour organiser chaque année les Oscars, les plus grandes distinctions du 7e art.

L’annonce a été chaleureusement saluée par l’ambassade des États-Unis au Sénégal, qui a félicité les deux artistes pour cette distinction. Dans un message publié sur sa page Facebook officielle, la représentation diplomatique américaine souligne l’importance de cette reconnaissance pour l’ensemble de la création artistique sénégalaise.

« Félicitations au chanteur Youssou Ndour et au cinéaste Mamadou Dia ! Ils ont été invités à rejoindre l’Académie des arts et des sciences du cinéma, l’organisation à l’origine des Oscars. Ils font désormais partie d’un groupe restreint d’artistes récompensés pour leur influence exceptionnelle dans l’industrie cinématographique. »

Figure incontournable de la scène musicale mondiale, Youssou Ndour n’a cessé de porter haut les couleurs de la culture africaine. S’il est mondialement reconnu pour son rôle dans l’internationalisation du mbalax, son influence dépasse les frontières de la musique. Il a participé à des bandes originales de films, prêté sa voix à des documentaires et milité pour une représentation plus juste et plus riche de l’Afrique dans les productions culturelles internationales.

Quant à Mamadou Dia, il est aujourd’hui considéré comme l’un des cinéastes les plus prometteurs du continent. Son film “Baamum Nafi” (Le père de Nafi), lauréat de plusieurs prix dans des festivals internationaux, incarne une nouvelle génération de réalisateurs africains. À travers un regard profond et esthétique, Dia explore les dynamiques sociales, culturelles et religieuses qui façonnent les sociétés africaines contemporaines.

Dans une déclaration conjointe, Bill Kramer, directeur général de l’Académie, et Janet Yang, sa présidente, ont mis en lumière l’impact des deux artistes :

« Youssou Ndour, Mamadou Dia et les autres nouveaux membres ont apporté une contribution indélébile à notre communauté cinématographique mondiale. »

Cette intégration à l’Académie marque une étape significative dans le rayonnement de la culture sénégalaise à l’échelle internationale. Elle vient aussi confirmer que les talents du continent africain ne cessent de repousser les frontières de la reconnaissance mondiale.

Au-delà des hommages individuels, cette double nomination est perçue comme un hommage collectif à la richesse, la diversité et la créativité de la scène artistique sénégalaise. L’ambassade américaine a d’ailleurs conclu son message par un appel vibrant :

« Célébrons cette étape importante pour la créativité et la narration sénégalaises sur la scène internationale ! »

Balla Gaye 2 victime d’une escroquerie foncière de 62 millions : l’auteur présumé en garde à vue

Le célèbre lutteur sénégalais Balla Gaye 2 se retrouve au cœur d’une affaire d’escroquerie foncière portant sur un montant de 62 millions de francs CFA. L’affaire, qui met en lumière les dangers persistants dans le secteur immobilier informel, a abouti à l’arrestation de l’homme d’affaires M. Sèye, auteur présumé de la fraude.

Selon les premiers éléments de l’enquête, M. Sèye a vendu à Balla Gaye 2 un immeuble situé à la Cité des Douanes de Guédiawaye. La transaction, d’un montant conséquent, s’est faite en apparence dans les règles. Cependant, la situation a rapidement tourné au cauchemar pour le lutteur. Il a découvert qu’un autre individu revendiquait également la propriété du bien, révélant une pratique frauduleuse bien connue : la vente multiple d’un même immeuble à plusieurs acquéreurs.

Confronté à ces révélations, M. Sèye aurait présenté ses excuses au champion de lutte et promis de le rembourser. Des promesses restées sans suite, malgré les multiples relances de la victime. Lassé des tergiversations, Balla Gaye 2 a saisi la justice en déposant une plainte.

Sur instruction du procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, la brigade de recherches de Keur Massar a procédé à l’interpellation de M. Sèye. Ce dernier a été placé en garde à vue ce lundi 28 juillet pour « escroquerie foncière », en attendant d’être présenté devant le parquet.

Cette affaire relance le débat sur la sécurité des transactions immobilières au Sénégal, souvent entachées de pratiques douteuses, et souligne l’importance pour les acquéreurs de procéder à des vérifications juridiques et cadastrales rigoureuses avant tout engagement financier. De nombreuses victimes d’arnaques similaires restent encore sans recours, dans un secteur miné par les ventes parallèles, les litiges fonciers et l’absence de contrôle strict.

Touba : Le ministre Yankhoba Diémé rassure sur l’état d’avancement des travaux en prélude au Grand Magal

En prélude au Grand Magal de Touba, le ministre des Infrastructures et des Transports, Yankhoba Diémé, a effectué ce dimanche une visite de terrain dans la cité religieuse pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux de voirie et des installations ferroviaires. Cette visite s’inscrit dans le cadre des préparatifs de cet événement religieux majeur, qui attire chaque année des millions de fidèles.

Accompagné d’une forte délégation technique, le ministre a inspecté les chantiers en cours entre Touba et Mbacké. Il a indiqué que les travaux routiers sont réalisés à 90 %, assurant que les engagements pris par l’Ageroute seront bel et bien tenus dans les délais impartis. Cette avancée significative témoigne, selon lui, de la volonté des autorités de garantir un Magal sécurisé et fluide sur le plan logistique.

Par ailleurs, Yankhoba Diémé a annoncé que la société nationale Dakar Dem Dikk participera au transport des pèlerins durant le Magal, renforçant ainsi le dispositif de mobilité mis en place pour l’occasion. Il a également précisé que le service ferroviaire entre Touba, Mbacké et Ngabou, déjà en activité, continuera de fonctionner après l’événement. Ce prolongement vise notamment à faciliter le transport scolaire et à réduire les accidents liés au déplacement des élèves.

Souhaitant inscrire ses actions dans une dynamique de développement durable, le ministre a souligné l’importance de moderniser Touba pour en faire un pôle d’attractivité économique et de mobilité urbaine. Il a affirmé sa volonté de collaborer étroitement avec les autorités religieuses pour répondre aux besoins spécifiques de la ville sainte.

Enfin, au terme de sa visite, Yankhoba Diémé a été reçu par le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, et son porte-parole, à qui il a présenté les dispositifs en place et le niveau d’exécution des travaux. Le ministre a réitéré l’engagement de l’État à accompagner la communauté mouride dans l’organisation du Magal dans les meilleures conditions.

Fatoumata Ndiaye dite “Fouta Tampi” recouvre la liberté après avoir remboursé sa dette au FONGIP

L’activiste sénégalaise Fatoumata Ndiaye, plus connue sous le pseudonyme “Fouta Tampi”, a retrouvé la liberté après avoir soldé une dette contractée auprès du Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP), selon des informations rapportées par Senego. Son incarcération faisait suite à l’impossibilité de rembourser un prêt de deux millions de francs CFA contracté sous le régime de l’ancien président Macky Sall.

Connue pour son franc-parler et ses prises de position tranchées contre les injustices sociales, Fatoumata Ndiaye avait auparavant milité dans les rangs de la mouvance présidentielle avant de prendre ses distances, notamment à travers le mouvement “Fouta Tampi”, dénonçant la marginalisation de sa région d’origine.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux après sa libération, elle est revenue sur cette épreuve qu’elle qualifie de profondément marquante. Elle y décrit les conditions de sa détention comme « difficiles et éprouvantes », évoquant les dures réalités de la vie carcérale et les conséquences psychologiques d’un emprisonnement lié, selon elle, à des difficultés économiques plutôt qu’à une mauvaise foi.

Cette affaire relance le débat sur les conditions d’accès et de remboursement des financements publics dans le cadre de l’entrepreneuriat, en particulier pour les jeunes et les femmes souvent ciblés par les dispositifs d’appui tels que le FONGIP. Elle soulève également des interrogations sur la manière dont certains cas sont traités lorsqu’ils concernent des figures critiques du pouvoir.

Aujourd’hui libre, Fatoumata Ndiaye affirme vouloir tourner la page tout en continuant son engagement citoyen. Son message, teinté de résilience, appelle à une meilleure justice sociale et à un soutien plus équitable pour les entrepreneurs en difficulté.

Afrobasket Dames 2025 : Le Sénégal s’incline face à l’Ouganda au terme d’un duel épique (70-73)

Le Palais des Sports de Treichville a été le théâtre d’un match à couper le souffle entre le Sénégal et l’Ouganda, ce lundi, dans le cadre de la phase de groupes de l’Afrobasket Dames 2025. Au terme d’une rencontre disputée jusqu’à la dernière seconde et ponctuée par une prolongation, ce sont les Ougandaises qui ont arraché la victoire, sur le score de 73 à 70.

Dès l’entame, les deux équipes ont imposé un rythme intense. Légèrement devant à la fin du premier quart-temps (17-16), l’Ouganda a su maintenir sa dynamique pour creuser un écart à la pause (37-28), profitant des pertes de balle sénégalaises et d’une adresse plus régulière.

Mais les Lionnes de la Téranga, piquées dans leur orgueil, sont revenues des vestiaires avec une énergie renouvelée. Portées par une défense plus agressive et une meilleure organisation offensive, elles ont renversé la vapeur dans le troisième quart-temps, terminant avec un court avantage (49-45). Cependant, l’Ouganda a su revenir dans le dernier acte, égalisant in extremis pour forcer la prolongation.

Les cinq minutes supplémentaires ont été marquées par une tension palpable. Les deux équipes se sont rendu coup pour coup dans une atmosphère électrique. À quatre secondes du terme, l’Ouganda a inscrit les points décisifs, scellant une victoire aussi précieuse que dramatique (73-70).

L’Ouganda doit ce succès à une meilleure gestion des possessions et une efficacité notable aux lancers francs (70,37%). Janc Asinde a brillé avec 21 points, tandis que Cierra Dillard a ajouté 16 points, s’illustrant particulièrement dans les moments décisifs.

En face, le Sénégal n’a pas démérité. Solides en défense et généreuses dans l’effort collectif, les Lionnes ont toutefois pêché par manque d’efficacité offensive : 38% de réussite aux tirs, dont un très faible 13,64% à trois points. Un déficit d’adresse qui a coûté cher dans une rencontre aussi serrée.

Grâce à ce succès, l’Ouganda prend une option importante dans le Groupe C. Le Sénégal, de son côté, devra impérativement réagir lors de ses prochains matchs pour espérer franchir le cap de la phase de groupes. Malgré cette défaite, les Lionnes ont montré des ressources mentales et une capacité de réaction qui laissent entrevoir de meilleures performances à venir.

Guy Marius Sagna appelle à une lutte “impitoyable” contre les ennemis du Projet

Le député Guy Marius Sagna, figure bien connue de l’activisme social et parlementaire au Sénégal, a lancé un appel musclé ce lundi 28 juillet à l’endroit des militants de PASTEF, le parti au pouvoir. Dans une publication sur sa page Facebook, le parlementaire a exhorté ses camarades à « mener une lutte impitoyable » contre ceux qu’il identifie comme des obstacles majeurs à la réussite du “Projet” porté par le président Ousmane Sonko et son gouvernement.

Selon le député de la majorité présidentielle, les menaces qui pèsent sur le Projet national ne viennent pas uniquement de l’extérieur. Guy Marius Sagna identifie trois catégories d’« ennemis » :

Les tenants de l’ancien système : Il s’agit, d’après lui, de ceux qui « veulent perpétuer l’ancien système et qui sont dans l’opposition ». Ce groupe regrouperait des acteurs politiques et économiques attachés aux pratiques et logiques du régime précédent. Les forces impérialistes et leurs relais internes : Le parlementaire accuse également certains acteurs étrangers — les « impérialistes » — de chercher à freiner l’élan de rupture engagé par le nouveau pouvoir, en complicité avec une frange de l’opposition sénégalaise. Les saboteurs internes : Enfin, Guy Marius Sagna n’épargne pas son propre camp. Il dénonce ceux qui, bien qu’appartenant à la mouvance présidentielle, « ralentissent le PROJET et/ou posent des actes contraires au don de soi pour la patrie ».

Ce message, au ton ferme et sans ambiguïté, traduit la volonté du député de resserrer les rangs autour de ce qu’il décrit comme un combat historique. En appelant à une « lutte impitoyable », il semble vouloir renforcer la discipline militante et prévenir toute forme de compromission ou de relâchement face aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui accompagnent la mise en œuvre du Projet de rupture porté par l’actuelle équipe dirigeante.

Indemnité de logement : Le CIAAS exige le paiement immédiat pour 16 000 fonctionnaires

Malgré l’inscription de l’indemnité de logement dans les bulletins de salaire des fonctionnaires jusque-là exclus du dispositif, le Collectif interministériel des agents de l’Administration sénégalaise (CIAAS) dénonce un non-paiement pour le mois de juillet. Il interpelle le gouvernement et réclame des actes concrets avant le 5 août.

Le Collectif interministériel des agents de l’Administration sénégalaise (CIAAS) hausse le ton. Dans une déclaration rapportée par Le Quotidien, l’organisation syndicale demande le paiement immédiat de l’indemnité de logement pour les 16 000 agents publics jusque-là exclus de cette allocation. Selon son coordonnateur, Oumar Dramé, bien que cette indemnité ait été ajoutée aux bulletins de salaire de juillet, elle n’a pas été effectivement versée.

« Malheureusement, à notre grande surprise, après avoir reçu nos bulletins de salaire de ce mois par la Direction de la solde, l’indemnité n’a pas été payée », s’indigne M. Dramé. Il exhorte ainsi le gouvernement à procéder à un décaissement spécial avant le 5 août 2025, pour corriger cette « injustice salariale » déjà prise en compte dans la loi de finances rectificative (LFR) promulguée en juin et publiée au Journal officiel.

Au-delà de cette revendication immédiate, le CIAAS demande également la mise en œuvre effective du Pacte de stabilité sociale pour un développement inclusif et durable, signé le 1er mai 2025 entre le gouvernement et les organisations syndicales. Ce texte prévoyait plusieurs engagements de l’État en matière de dialogue social et d’amélioration des conditions de travail dans la fonction publique.

« Nous rappelons au Premier ministre, Ousmane Sonko, l’engagement qu’il avait pris lors de la signature du Pacte : veiller personnellement à la mise en œuvre des accords conclus », a martelé Oumar Dramé. Il déplore notamment l’absence du comité de suivi, censé être mis en place et dirigé par le Premier ministre lui-même, pour assurer un pilotage rigoureux du Pacte. « Hélas, jusqu’à présent, nous n’avons pas vu ce comité créé », a-t-il regretté.

Soussoum s’embrase : tensions vives autour de l’exploitation du basalte à Ndiaganiao

Rafles, arrestations massives, maisons gazées… La population de Soussoum dénonce une répression brutale autour d’un projet d’extraction qui menace ses terres agricoles.

Le calme n’est plus qu’un lointain souvenir à Soussoum, localité de la commune de Ndiaganiao, où les affrontements entre forces de l’ordre et habitants ont pris une tournure dramatique depuis vendredi dernier. Au cœur de cette tension : un litige foncier autour de l’exploitation de 120 hectares de terres destinées à l’extraction de basalte.

Vendredi, la société Transfavo, bénéficiaire d’une partie de cette attribution, a tenté de prendre possession de sa parcelle avec le soutien des gendarmes de Ndiaganiao. Une descente musclée qui a immédiatement déclenché la colère des populations locales. Ces dernières, surprises à l’aube par la forte présence sécuritaire, ont rapidement convergé vers le site pour faire barrage à l’installation des clôtures.

Les habitants affirment que près de 40 hectares de la zone convoitée sont déjà occupés par leurs cultures en pleine croissance. Selon plusieurs témoignages rapportés par L’Observateur, la société Transfavo n’a jamais pris la peine de consulter ou même d’informer la communauté de ses intentions, ce qui est perçu comme une violation flagrante de leurs droits fonciers et coutumiers.

Face à la résistance populaire, les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation d’au moins vingt personnes, dont l’Imam Ratib de la localité, Gora Sène, ainsi qu’un de ses fils. Le lendemain, les protestations ont repris de plus belle, les villageois décidant de retourner dans les champs pour empêcher la reprise des travaux. Cette fois-ci, la répression s’est intensifiée.

Selon les habitants, des gendarmes auraient lancé des grenades lacrymogènes à l’intérieur de certaines maisons et procédé à des arrestations jusque dans les domiciles privés. Des personnes âgées figurent parmi les victimes de ces rafles, suscitant un émoi considérable au sein de la communauté.

La tension a atteint son paroxysme dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque plusieurs engins appartenant à la société Transfavo ont été incendiés. En représailles, une nouvelle vague d’arrestations a eu lieu dimanche matin. Toujours selon L’Observateur, des hommes en route pour Dakar ont été arrêtés à bord d’un véhicule de transport à hauteur du village de Diass. Seules les femmes et le chauffeur ont été épargnés.

Aujourd’hui, à Ndiaganiao, les populations se disent à bout, mais résolument déterminées à poursuivre leur combat. Le nombre d’arrestations dépasse, selon elles, la capacité de recensement. Mais ce qu’elles n’ont pas perdu, affirment-elles, c’est la volonté farouche de protéger leurs terres, leurs cultures, et leur dignité.

Conférence pour la libération de Lat Diop : une ferveur militante transformée en cri de révolte

Entre émotion et dénonciations, la conférence en soutien à Lat Diop s’est muée en véritable manifestation d’indignation populaire, avec des attaques frontales contre le régime de Sonko.

La salle était pleine à craquer. Ce qui devait être une simple conférence de soutien à Lat Diop s’est rapidement transformé en scène de colère populaire. L’ambiance, d’abord sobre, a basculé lorsque l’un des militants est entré avec une menotte accrochée à la main. “Libérez Lat Diop !” a-t-il crié, déclenchant une salve d’applaudissements et d’exclamations.

Dans un geste symbolique fort, il a pointé du doigt Ousmane Sonko, désigné sans détour comme “le seul responsable de l’emprisonnement arbitraire” de Lat Diop. Selon lui, l’ancien directeur général de la Lonase est “une victime politique”, ciblée pour son influence croissante et son engagement ferme contre ce qu’il qualifie de “dérives du nouveau régime”.

L’émotion a ensuite gagné la salle lorsqu’une femme, visiblement proche de Lat Diop, a pris la parole. Entre deux sanglots, elle a évoqué les nombreuses actions de l’homme politique dans sa communauté, ses sacrifices personnels, et la douleur provoquée par son absence. Une scène marquante s’est déroulée lorsqu’un militant l’a prise dans ses bras, déclenchant des applaudissements nourris.

Ce moment d’émotion a été suivi d’un puissant appel à la résistance. “Ce combat, c’est celui de la vérité et de la justice. On ne se laissera pas faire !”, a martelé le militant, reprenant le micro dans une ambiance chargée de détermination.

La tension est montée d’un cran lorsque qu’un jeune homme, visiblement galvanisé, a pris la parole pour clore la rencontre. Très direct, il a accusé Ousmane Sonko de diriger “un régime incompétent, maladroit et aveugle à la souffrance du peuple”. Son message, lancé face caméra, résonne comme une menace claire : “Nous n’avons pas peur. Libérez Lat Diop ou préparez-vous à voir toute une génération se lever contre cette injustice.”

La salle entière a alors repris en chœur un seul mot, martelé avec puissance : “Liberté !” Un mot devenu le symbole d’une contestation qui semble désormais prête à franchir un nouveau cap.

Pikine : Vives tensions entre Anta Babacar Ngom et la ministre Fatou Diouf lors du Forum des femmes

Le Forum des femmes, organisé ce week-end à Pikine, a été le théâtre d’un échange tendu entre deux figures politiques de premier plan : la députée Anta Babacar Ngom, présidente du mouvement Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC), et la ministre des Pêches, Dr Fatou Diouf. Un affrontement verbal qui a vivement animé les débats et mis en lumière les clivages sur la situation des femmes et l’action gouvernementale.

« Le président et le Premier ministre n’ont encore rien fait pour Pikine »

Devant un public majoritairement féminin, Anta Babacar Ngom n’a pas mâché ses mots. Prenant la parole avec assurance, l’ancienne candidate à la présidentielle a ouvertement critiqué l’inaction du pouvoir en place dans la banlieue dakaroise. « Le président de la République et le Premier ministre n’ont encore rien fait pour Pikine. Nous sommes dans l’obligation de vous le dire, parce que c’est la vérité », a-t-elle lancé, provoquant une onde de murmure dans l’assemblée.

Se défendant de toute intention politicienne, Anta Babacar Ngom a insisté sur la légitimité de ses propos : « Je ne suis pas venue faire de la politique, mais juste parler de la femme et de ses préoccupations. Cependant, je suis dans l’impossibilité de respecter cette volonté : la situation l’impose. » Elle a notamment évoqué les inégalités persistantes qui frappent les femmes sénégalaises : un taux de chômage de 31,5 % chez les femmes en âge de travailler, une prédominance des femmes dans les couches vulnérables (plus de 60 %), un écart salarial de 23 % entre les sexes et une représentation féminine dans les sphères de décision limitée à moins de 15 %.

Dr Fatou Diouf riposte : « La campagne est terminée, l’heure est au travail »

Ces critiques n’ont pas laissé la ministre des Pêches indifférente. Visiblement piquée au vif, Dr Fatou Diouf a tenu à répondre sans détour. « Anta est toujours en campagne électorale. Je lui rappelle que la campagne est terminée. L’heure est au travail. Il y a un temps pour la politique et un temps pour l’action », a-t-elle rétorqué, en rappelant que les priorités du gouvernement étaient désormais axées sur le redressement du pays.

La ministre, native de Pikine, s’est dite avant tout « femme de cette localité » et a défendu l’action de l’État, notamment dans son propre département ministériel. « Le pays ne peut pas se redresser en une seule année, tant le préjudice est lourd. Mais il faut reconnaître que des efforts sont en cours. Je prends l’exemple de mon département : aujourd’hui, les femmes y ont du pouvoir. Et ce forum en est la preuve. »

Si le ton et les approches divergent, les deux intervenantes s’accordent néanmoins sur l’urgence d’une meilleure implication des femmes dans les sphères de décision. Pour Anta Babacar Ngom, cette émancipation passe par un engagement politique affirmé : « Ce forum n’aura de sens que si nous en faisons un levier d’action. Engageons-nous politiquement pour être dans les instances de décision. Nous devons avoir le courage de diriger, car nous en sommes capables ! »

De son côté, Dr Fatou Diouf semble miser sur le travail institutionnel et les réformes en cours pour améliorer la condition des femmes, tout en appelant à la patience et à l’unité autour de l’effort national.

Bombardier met un terme à sa carrière dans l’arène sénégalaise : une légende tire sa révérence

Ce dimanche, l’Arène nationale a été le théâtre d’un moment historique pour la lutte sénégalaise. Bombardier, figure emblématique de la lutte avec frappe, a officiellement annoncé la fin de sa carrière. Quelques minutes après une défaite expéditive face à Jackson de Guédiawaye, le colosse de Mbour a pris la parole pour tirer sa révérence, ému mais serein.

« J’arrête ma carrière à partir d’aujourd’hui. Je vais accompagner les jeunes lutteurs mbourois et me concentrer sur le MMA », a déclaré le B52, visiblement touché, mais lucide sur les réalités du moment.

Face à un Jackson plus jeune, vif et explosif, Bombardier n’a pas tenu longtemps. Une simple amorce d’attaque a suffi à le déséquilibrer. Il s’est écroulé, battu — non pas tant par la force de l’impact que par le poids des années. Cette défaite marque symboliquement la fin d’une ère.

Double roi des arènes, Bombardier a été l’un des gladiateurs les plus redoutés de sa génération. Il a affronté et parfois dominé les plus grands : Yékini, Balla Gaye 2, Eumeu Sène… Son palmarès impressionne autant que sa longévité dans un sport exigeant, où peu réussissent à durer.

Au-delà de ses combats spectaculaires, Bombardier incarne un modèle de puissance et de détermination. Sa reconversion vers les arts martiaux mixtes (MMA) n’est pas nouvelle, mais son engagement à y consacrer désormais toute son énergie, tout en encadrant les jeunes lutteurs de sa région natale, montre une volonté de transmission.

« Je veux transmettre mon expérience, encadrer les jeunes, et continuer de représenter le Sénégal à travers d’autres disciplines », a-t-il affirmé.

Koutal : La gestion défaillante de Flex Eau suscite la colère des populations

Située au cœur des communes de Latmingué et de Ndiaffate, la localité de Koutal, tout comme plus de 25 villages environnants, vit une situation dramatique en matière d’approvisionnement en eau potable. Malgré l’existence d’un forage initialement offert par la Caritas dans un esprit de solidarité et d’accès équitable à l’eau, la gestion actuelle de cette infrastructure, confiée à l’opérateur Flex Eau, soulève de vives inquiétudes.

« Aujourd’hui, ce forage, censé desservir plus de 2 000 foyers pour une population estimée à plus de 12 000 habitants, ne parvient plus à satisfaire les besoins élémentaires des usagers. Plusieurs dysfonctionnements structurels et pratiques viennent aggraver cette crise », a dénoncé Abdourahmane Sy, porte-parole des populations.

Parmi les griefs formulés figurent la vétusté du réseau de distribution, un entretien insuffisant, ainsi que des interruptions fréquentes liées à des réparations répétées sur des canalisations dégradées. Ces pannes provoquent des coupures prolongées et imprévisibles, perturbant la vie quotidienne des habitants.

Autre sujet de mécontentement : le coût jugé excessif de l’eau en zone rurale. Une situation qui crée une inégalité flagrante d’accès à un service pourtant fondamental. « À la moindre panne d’électricité, l’approvisionnement est interrompu, faute de carburant pour alimenter le groupe électrogène, pourtant offert dans ce but », a ajouté M. Sy.

L’eau distribuée serait par ailleurs fortement salée et impropre à la consommation, posant de sérieux problèmes de santé publique. À cela s’ajoute une mesure particulièrement contestée : le nettoyage des compteurs d’eau, souvent encrassés, est facturé 1 000 francs CFA aux usagers.

Face à cette situation jugée inacceptable, les populations de Koutal et des villages environnants lancent un appel pressant aux autorités compétentes, notamment au ministre de l’Hydraulique. Elles réclament des solutions durables et structurelles, à même de garantir un accès équitable et sécurisé à l’eau potable.

« Il est impératif que notre zone soit intégrée à la phase 2 du Projet national d’approvisionnement en eau potable », a insisté Abdourahmane Sy, au nom des 25 villages bénéficiaires du forage.

Ziguinchor : Me Augustin Senghor en campagne pour un 5e mandat à la tête de la FSF

En tournée dans le sud du pays, Me Augustin Senghor, président sortant de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), a animé un dîner-débat à Ziguinchor avec les acteurs du football local. Candidat à sa propre succession pour un cinquième mandat, il a saisi cette occasion pour défendre son bilan et décliner sa vision pour l’avenir du football sénégalais.

Arrivé tardivement dans la capitale méridionale avec sa délégation, Me Senghor a opté pour un format d’échange direct avec les dirigeants de clubs, encadreurs et autres acteurs du football régional. Un cadre qu’il a qualifié de « riche, ouvert et transparent », fidèle à son approche participative de gestion.

Revenant sur ses quatre mandats successifs depuis 2009, le président de la FSF a rappelé la cohérence de sa démarche : « Nous portons une vision qui évolue tous les quatre ans. À chaque étape, nous faisons le point sur les acquis et les défis à venir. » Il a cité en exemple le projet Mangoo outi ndaam lii (consensus pour la victoire), lancé en 2021, qui a accompagné les succès sans précédent du football sénégalais, dont la victoire historique à la CAN 2021.

Sous sa direction, les sélections nationales – des A jusqu’aux jeunes et aux féminines – ont glané plusieurs trophées continentaux. Une dynamique qu’il souhaite pérenniser à l’aube de la CAN 2025 au Maroc et des éliminatoires de la Coupe du monde 2026.

L’un des points d’orgue de son bilan porte sur les infrastructures sportives : « Nous avons construit ou rénové plus d’installations que n’importe quelle autre équipe dirigeante de la FSF », a-t-il affirmé. Il a cité les centres techniques de Toubab Dialaw (9 hectares) et de Guéréo (20 hectares), aujourd’hui essentiels à la préparation des équipes nationales.

Sur le plan financier, Me Senghor a assuré que les problèmes liés aux subventions des clubs ont été largement résolus, permettant une meilleure stabilité du football local.

Conscient des réalités particulières de la région sud, Me Senghor a souligné l’isolement des clubs de Ziguinchor, qui impacte leur compétitivité. Il s’est engagé à agir contre cet enclavement : « Nous devons aller au-delà du soutien symbolique. Il faut des solutions concrètes pour que ces clubs puissent évoluer sereinement au niveau national. »

Il a également promis de mettre en place un mécanisme de protection pour les clubs amateurs, afin qu’ils bénéficient des retombées du transfert de leurs jeunes talents vers les clubs professionnels.

Pour conclure, Me Senghor a appelé à l’unité et à une campagne électorale apaisée : « Continuons ensemble à écrire les belles pages du football sénégalais. Mon expérience et ma connaissance du milieu seront des atouts cruciaux pour relever les prochains défis. » Il a réitéré son souhait d’un scrutin marqué par la fraternité, comme déjà évoqué lors de sa précédente escale à Saint-Louis.

Touba : La famille de Bob Marley reçue par le Khalife général des mourides

Touba, 26 juillet 2025 – Un événement d’une portée symbolique forte s’est déroulé ce samedi dans la cité religieuse de Touba. Le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a reçu une délégation de la famille de la légende du reggae, Bob Marley, marquant une rencontre inédite entre spiritualité musulmane et mémoire panafricaine.

Cette visite exceptionnelle intervient dans le sillage de l’événement « The Return », tenu cette semaine à Dakar avec le soutien de l’Agence Sénégalaise de Promotion Touristique (ASPT). Porté par un élan de mémoire, de retour aux sources africaines et de dialogue interculturel, l’événement a servi de tremplin à cette escale hautement symbolique à Touba.

Présent à la tête de la délégation familiale, Rohan Marley, l’un des fils de Bob Marley, a révélé que son père avait longtemps caressé le rêve de visiter Touba, haut lieu du mouridisme et carrefour spirituel majeur de l’Afrique de l’Ouest. Malheureusement, ce souhait ne s’était jamais concrétisé de son vivant. Quarante-quatre ans après la disparition de l’icône jamaïcaine, ce vœu a été partiellement exaucé par la visite de ses descendants.

La délégation a été reçue en audience par Serigne Mountakha Mbacké, patriarche de la confrérie mouride. Dans une atmosphère empreinte de solennité et de fraternité, le Khalife a offert un accueil chaleureux à ses hôtes, exprimant son attachement à la paix, au dialogue des cultures et à la transmission des valeurs spirituelles. Des échanges symboliques ont eu lieu, ponctués de prières et de bénédictions, scellant un moment fort entre deux héritages : celui de Cheikh Ahmadou Bamba et celui de Bob Marley, tous deux chantres de résistance spirituelle et d’émancipation des peuples.

La présence de la famille Marley à Touba constitue bien plus qu’un simple geste diplomatique ou touristique. Elle incarne une passerelle entre le monde afro-diasporique et les racines profondes du continent africain. Ce moment fort réaffirme la place du Sénégal comme terre d’accueil, de réconciliation mémorielle et de spiritualité vivante.

Alors que le monde commémore les grandes figures de l’histoire africaine et afro-descendante, cette visite s’inscrit comme un acte de mémoire vivante et de dialogue interculturel, appelant à l’unité, à la paix et à la reconnaissance mutuelle des héritages.

Kaolack – Journée mondiale de l’hépatite : l’Association And Xeek Hépatite en première ligne du combat

Chaque année, les hépatites virales affectent plus de 350 millions de personnes à travers le monde. Souvent silencieuses, ces maladies du foie peuvent devenir mortelles si elles ne sont pas détectées et prises en charge à temps. Mais la lutte s’intensifie.

« L’hépatite est souvent asymptomatique. Beaucoup de personnes vivent avec sans le savoir, d’où l’importance d’un dépistage précoce. Partout dans le pays, des associations et ONG se mobilisent pour informer, éduquer et faire tomber les tabous autour de cette maladie. C’est dans ce cadre que nous avons organisé cette journée de sensibilisation », a souligné Médoune Koné, président de l’association And Xeek Hépatite.

Informer, dépister, protéger

L’objectif est clair : sensibiliser les populations et inciter au dépistage massif, en particulier chez les jeunes. Selon le Dr Bamba Cissé, hépatologue à l’hôpital régional El Hadji Ibrahima Niasse de Kaolack :

« L’hépatite B est une infection virale grave qui attaque le foie. Elle est insidieuse car souvent asymptomatique au début, ce qui la rend particulièrement dangereuse. Heureusement, elle se dépiste facilement et peut être contrôlée par un traitement efficace. »

Une maladie largement sous-diagnostiquée

Le projet VIHeillir, en partenariat avec plusieurs acteurs communautaires, travaille activement dans la région pour renforcer les capacités locales.

« Nous collaborons avec neuf associations implantées à Kaolack et Guinguinéo. Chaque structure a été formée pour pouvoir sensibiliser sur les maladies chroniques comme l’hépatite. En plus de la journée d’aujourd’hui, ces associations continueront les actions de terrain », a expliqué Ibrahima Diouf, chargé de programme du projet VIHeillir.

« Depuis près de trois mois, ces associations bénéficient d’un appui financier et technique pour mener à bien leurs activités auprès des populations », a-t-il ajouté.

Prévention : un vaccin sûr et accessible

La journée a été marquée par des séances de dépistage gratuit et des activités de sensibilisation destinées aux jeunes et aux adultes.

« Notre objectif est de dépister au moins 100 personnes aujourd’hui. Le vaccin contre l’hépatite B est sûr, efficace et reste le meilleur moyen de se protéger contre l’infection chronique », a insisté Médoune Koné.

Pour les membres de l’association And Xeek Hépatite, la Journée mondiale de l’hépatite est plus qu’un simple rappel. C’est un appel à l’action pour briser les tabous, informer sans relâche, et promouvoir les outils de prévention comme la vaccination et le dépistage.

« Avec des gestes simples et accessibles, un avenir sans hépatite est possible », conclut M. Koné.

REPORT DU DISCOURS DU KHALIFE GÉNÉRAL DES MOURIDES : UN AJUSTEMENT DANS LES PRÉPARATIFS DU GRAND MAGAL DE TOUBA

Touba, Sénégal – Alors que la ville sainte de Touba se prépare fiévreusement à accueillir des millions de fidèles pour le Grand Magal, événement phare du calendrier religieux sénégalais, le discours tant attendu du Khalife Général des Mourides a été officiellement reporté. Une décision qui intervient dans un contexte d’intenses préparatifs pour cette commémoration du départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie mouride.

Chaque année, le discours du Khalife Général constitue un moment central dans la dynamique préparatoire du Magal. Il ne s’agit pas d’une simple allocution, mais d’un appel spirituel qui oriente les cœurs et les esprits des disciples. À travers ses paroles, le Khalife rappelle les fondements de la foi, les vertus de la fraternité mouride, ainsi que les comportements exemplaires à adopter lors de ce grand rassemblement religieux.

Ce discours dépasse le cadre strictement mouride. Il s’adresse également à l’ensemble de la communauté musulmane, dans un esprit d’universalité, en insistant sur les valeurs de respect, de discipline, de solidarité et de piété.

Même si aucune déclaration officielle n’a encore précisé les motifs exacts de ce report, des sources proches de l’organisation évoquent des ajustements logistiques. En effet, le Grand Magal mobilise chaque année des ressources humaines, matérielles et spirituelles colossales. Retarder le discours du Khalife permettrait d’optimiser la coordination entre les différentes parties prenantes – autorités religieuses, services de sécurité, équipes sanitaires et comités d’accueil.

L’objectif est clair : garantir une portée maximale au message du Khalife et s’assurer que toutes les conditions sont réunies pour une diffusion fluide et une réception attentive par les millions de disciples, tant au Sénégal qu’à l’étranger.

Malgré ce report, les préparatifs battent leur plein dans la cité fondée par Cheikh Ahmadou Bamba. Sur le terrain, les efforts sont visibles : entretien des mosquées, amélioration des infrastructures d’hébergement, assainissement des voies d’accès, renforcement des dispositifs de sécurité, etc.

Les autorités religieuses collaborent étroitement avec les services de l’État pour faciliter le déplacement et le séjour des pèlerins. À cela s’ajoute une mobilisation communautaire sans précédent, où chaque fidèle contribue à sa manière à la réussite de l’événement.

Le Grand Magal de Touba, au-delà de son ancrage sénégalais, s’impose aujourd’hui comme l’un des plus grands rassemblements religieux d’Afrique de l’Ouest. Il attire chaque année des pèlerins venus de la sous-région, d’Europe, d’Amérique et même d’Asie, tous désireux de s’imprégner de l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba.

Ce moment de communion spirituelle et de recueillement rappelle les valeurs de sacrifice, de patience et de résistance pacifique incarnées par le fondateur du mouridisme. Le discours du Khalife, lorsqu’il sera finalement prononcé, viendra donc couronner ces efforts et insuffler l’élan spirituel nécessaire pour célébrer le Magal dans la paix et la dévotion.

Sénégal : Les travailleurs de la justice annoncent une grève de 72 heures du 28 au 30 juillet

Le secteur de la justice sénégalaise risque d’être paralysé pendant trois jours. L’Entente SYTJUST-UNTJ, regroupant les principaux syndicats des travailleurs de la justice, a annoncé une grève de 72 heures à compter du lundi 28 juillet jusqu’au mercredi 30 juillet 2025. En cause : la non-application des accords signés avec le gouvernement depuis juillet 2018.

Dans un communiqué publié ce samedi, l’Entente dénonce « une substitution frauduleuse » des projets de décrets pourtant validés en 2018, ainsi qu’un blocage administratif persistant au niveau du ministère de la Fonction publique. Malgré les engagements formels de l’État, les syndicats estiment que les mesures convenues sont restées lettre morte six ans après leur adoption.

Parmi les revendications phares figurent l’alignement des greffiers dans la hiérarchie A2 sans formation préalable ainsi que le reclassement des agents expérimentés dans le corps des assistants de greffes et parquets. Deux mesures que les syndicats jugent légitimes et déjà appliquées à d’autres corps de la Fonction publique.

« L’État ne peut pas prôner l’équité tout en maintenant une politique discriminatoire vis-à-vis de ses propres agents », déclare un porte-parole de l’Entente. Les syndicats accusent les autorités d’entretenir une injustice sociale qui mine la motivation et la dignité des travailleurs du secteur.

Face au mutisme du gouvernement, malgré plusieurs préavis de grève – le dernier datant de février 2025 –, l’Entente SYTJUST-UNTJ exige l’ouverture immédiate de discussions de haut niveau. Elle appelle à la participation du Premier ministre, du ministre de la Fonction publique et du Garde des Sceaux afin de débloquer la situation.

Cette grève est, selon les syndicats, « un ultime recours » pour défendre leurs droits et préserver la crédibilité du service public de la justice. Ils avertissent que si aucun signal fort n’est envoyé à l’issue de cette mobilisation, des actions plus radicales pourraient être envisagées dans les semaines à venir.

Parcelles Assainies : Trois individus arrêtés pour une escroquerie mêlant charlatanisme, faux policiers et trafic de mercure

Le Commissariat d’arrondissement des Parcelles Assainies U15 a mis fin à une vaste opération d’escroquerie orchestrée par un réseau mêlant charlatanisme, trafic de mercure, faux policiers et usurpation de fonction. Trois individus ont été interpellés et placés en garde à vue.

Tout a commencé par le témoignage d’une victime, séduite par les promesses d’un prétendu marabout. Celui-ci lui aurait proposé de « multiplier » ses économies : contre 10 millions de francs CFA, il promettait une somme de 100 millions grâce à un mystérieux rituel impliquant du mercure.

Le piège se referme lorsque, lors de la remise de l’argent – qui s’est déroulée dans un taxi – quatre hommes, se présentant comme des policiers, surgissent. Brandissant de fausses cartes professionnelles, ils s’emparent de l’argent ainsi que du mercure, avant de prendre la fuite. La victime réalise alors qu’elle vient d’être victime d’une arnaque soigneusement orchestrée.

Le coup de théâtre survient lorsqu’un des escrocs oublie son téléphone dans le taxi. Exploité par les enquêteurs, cet élément crucial permet d’identifier deux suspects, rapidement localisés et arrêtés. Un troisième complice sera interpellé dans la foulée, dans le cadre de l’enquête en cours.

Les trois individus sont actuellement en garde à vue. Ils sont poursuivis pour :

Association de malfaiteurs Escroquerie Charlatanisme Détention et trafic de mercure Usurpation de fonction Faux et usage de faux documents

Les autorités précisent que les investigations se poursuivent pour identifier d’éventuels autres membres du réseau et d’autres victimes potentielles.

PASTEF-UCAD décline l’invitation de la JPS : une fracture ouverte dans la jeunesse patriotique

Un nouvel épisode de tensions internes secoue le parti PASTEF. La coordination de l’Université Cheikh Anta Diop (PASTEF-UCAD) a officiellement refusé une invitation du Coordinateur national de la Jeunesse Patriotique Sénégalaise (JPS), Me Ngagne Demba Touré, pour une rencontre prévue ce lundi 28 juillet. Ce refus, loin d’être anodin, met en lumière une crise de confiance grandissante entre les deux structures.

Dans un communiqué transmis à la presse, la coordination estudiantine dénonce ce qu’elle qualifie de “rupture de confiance” avec la JPS nationale. Les patriotes de l’UCAD pointent du doigt des “silences prolongés” et un “manque de solidarité” de la part de la JPS vis-à-vis de leurs camarades qu’ils estiment victimes “d’exclusions et d’injustices” au sein de la formation politique.

Ce rejet public d’une initiative de dialogue interne traduit une fracture ouverte dans la sphère militante du parti, où des voix dissidentes commencent à se faire entendre avec de plus en plus de fermeté.

Malgré les dissensions, PASTEF-UCAD réaffirme son attachement indéfectible au Président Ousmane Sonko, qu’il considère comme le seul interlocuteur légitime. “Nous ne reconnaissons qu’un seul porteur du projet patriotique : le Président Sonko”, ont martelé les étudiants dans leur déclaration, soulignant leur engagement à servir “avec loyauté et discipline” la vision du leader fondateur du parti.

Cette prise de position ferme semble exclure toute tentative de médiation venant d’autres figures de la jeunesse du parti, même parmi les plus en vue comme Me Ngagne Demba Touré.

Pour détailler davantage leur position et “éclairer l’opinion nationale”, les membres de la coordination prévoient de tenir une conférence de presse ce jeudi 31 juillet 2025 à 16h, au siège national de PASTEF. Une sortie médiatique très attendue, dans un contexte politique où l’unité de la mouvance patriotique semble plus que jamais mise à l’épreuve.

Cette crise de confiance, si elle s’accentue, pourrait avoir des répercussions sur la dynamique organisationnelle du parti. Alors que PASTEF tente de consolider ses bases après son retour sur la scène politique, la jeunesse militante, fer de lance de son ascension, apparaît de plus en plus divisée.

Kaolack – Navétane : Le président de l’ASC Jokko Bi en croisade contre les violences

Alors que la saison des navétanes bat son plein, l’Association Sportive et Culturelle (ASC) Jokko Bi de Médina Baye se distingue par une initiative forte : une campagne active contre les violences dans le sport amateur.

« Nous voulons redonner au navétane son sens d’unité et de fraternité. Trop de jeunes se blessent ou finissent au poste à cause de simples matchs. Nous devons passer à la sensibilisation concrète. La lutte contre les violences ne doit pas se limiter aux discours ou aux affiches. Des causeries communautaires et même des ateliers de gestion doivent être organisés à l’intention des joueurs, encadreurs et supporters », a déclaré Macky Seck, président de l’ASC Jokko Bi de Médina Baye.

Ce dernier a lancé un appel fort, ce samedi, en faveur d’un tournoi sans violence, lors d’un entretien accordé à notre correspondant. Il a mis en garde contre les actes d’incivisme fréquemment observés en marge des compétitions navétanes.

« Le sport est un facteur de paix, de cohésion et de développement. Nous ne pouvons pas tolérer que des matchs soient perturbés par des violences physiques ou verbales », a-t-il insisté.

Une tradition menacée par les violences

Le navétane, véritable institution au Sénégal, est une période où les jeunes – notamment ceux venus des grandes villes pour les vacances – s’investissent dans le sport amateur, en particulier le football. Toutefois, ces dernières années, des incidents violents entre supporters, joueurs, voire membres d’ASC rivales, ont terni l’image de ces compétitions populaires.

« Nous avons vu des matchs interrompus, des blessés, et même des biens détruits. Ce n’est pas cela, le sport », a déploré Macky Seck.

Des mesures concrètes pour sécuriser les matchs

Face à cette situation préoccupante, le président de l’ASC Jokko Bi a annoncé plusieurs mesures fortes :

Renforcement de la sécurité dans les stades avec l’appui des forces de l’ordre ; Sensibilisation des supporters à travers des causeries, animations et activités culturelles avant chaque rencontre ; Encadrement renforcé des équipes pour prévenir tout débordement.

« Nous voulons que Kaolack soit un modèle de discipline et de sportivité. Les jeunes doivent comprendre que le navétane est un moment d’unité, pas de division », a martelé Macky Seck.

Un appel à la responsabilité collective

Le président a également appelé les leaders communautaires, parents et anciens joueurs à s’impliquer activement pour encadrer les jeunes et promouvoir les valeurs citoyennes.

« Chacun a un rôle à jouer. Si nous voulons préserver cette tradition, nous devons agir collectivement pour éradiquer les violences des terrains de navétane », a-t-il conclu.

Décès du chef coutumier Babacar Mbodj : La région de Kaolack en deuil

Gandiaye, 26 juillet 2025 – La commune de Gandiaye, dans la région de Kaolack, est plongée dans la tristesse suite au décès de Babacar Mbodj, plus connu sous le nom de “Buur Gandiaye”, survenu ce samedi à l’âge de 74 ans, des suites d’une courte maladie, selon les autorités territoriales.

Intronisé le 9 septembre 1990, Babacar Mbodj avait succédé à son père, décédé quelques mois plus tôt, le 3 avril de la même année. Ancien fonctionnaire, il était reconnu pour son intégrité, sa piété, son sens de la vérité, son engagement social, et sa grande probité morale.

« Figure emblématique de notre société, Buur était bien plus qu’un nom : il était le symbole vivant de la culture locale, un repère social. Il était respecté de toutes les générations pour sa sagesse, son engagement, et sa proximité avec les populations », a témoigné le maire de Gandiaye, Pape Songde Diop.

Le premier magistrat de la commune a également salué en lui une « mémoire vivante de notre histoire, un dépositaire des valeurs traditionnelles », dont la voix comptait dans les grands moments de la vie communautaire.

En hommage à sa mémoire, le maire a décrété un deuil communal de trois jours, à compter de ce samedi, sur l’ensemble du territoire de Gandiaye.

« En reconnaissance de son apport exceptionnel à la commune et de l’impact qu’il a eu sur plusieurs générations, moi, Pape Songde Diop, maire de la commune de Gandiaye, au nom du Conseil municipal, appelle à l’observation d’un deuil de trois jours », a-t-il déclaré.

En 2024, Babacar Mbodj avait rappelé que le grand fromager de Gandiaye, qui sert d’arbre à palabres, fut un lieu central de résolution de nombreux conflits dans l’histoire du royaume du Saloum et du Sénégal en général.

La particularité du “Buur Gandiaye” résidait aussi dans le fait qu’il était simultanément chef coutumier et chef de village de cette localité située sur la Route nationale numéro 1.

Gandiaye, rappelons-le, est une ancienne province du Saloum, tout comme Ndoucoumane, Thiogny, Ngay, Koular, Signe, Djonik, Djilor, Kayemor, Log, Kahone et Badibou.

Le défunt sera inhumé ce dimanche au cimetière musulman de Gandiaye.

“Respect des lois migratoires : pour une application stricte de la loi 71-10 au Sénégal”

Le député Tahirou Sarr dénonce l’accord de réciprocité avec la Mauritanie et plaide pour une politique migratoire souveraine, juste et rigoureuse, fondée sur l’égalité de traitement de tous les étrangers.

CARTE DE SÉJOUR OBLIGATOIRE AU SÉNÉGAL POUR LES MAURITANIENS : Tahirou Sarr brise le silence

Depuis de nombreuses années, je demande l’application rigoureuse de la loi 71-10 du 25 janvier 1971 relative aux conditions d’admission, de séjour et d’établissement des étrangers au Sénégal. Cette législation, en vigueur depuis plus d’un demi-siècle, impose les mêmes obligations à tous les étrangers désireux de s’installer sur notre sol. Il faut l’appliquer sans exception.

Nous prenons acte de l’accord que le gouvernement vient de signer avec la Mauritanie pour encadrer le séjour des Mauritaniens au Sénégal et des Sénégalais en Mauritanie. Il est nécessaire de le préciser explicitement : cet accord, au-delà de sa présentation diplomatique, représente principalement une réaction à la politique de la Mauritanie et aux expulsions inacceptables de nos compatriotes. Il s’agit plutôt d’une attitude populiste qu’une véritable
politique migratoire bien pensée, car pendant que nous nous empressons de régulariser quelques milliers de Mauritaniens, nous restons muets face à des centaines de milliers voire des millions d’autres étrangers résidant au Sénégal sans titre de séjour, alors que leurs pays d’origine l’exigent pour nos concitoyens.

Je tiens à le rappeler clairement: la Réciprocité n’est pas un gage de Souveraineté. Un pays qui se respecte doit établir ses propres chartes, ses propres règles et sa propre stratégie politique, plutôt que de simplement reproduire ce que subissent ses citoyens ailleurs pour l’imposer sans discernement à ceux du pays en question. Une politique migratoire judicieuse ne consiste pas uniquement à identifier les étrangers: elle favorise également leur implication dans l’effort national, puisque tout étranger résidant sur notre territoire profite de notre sécurité, de nos hôpitaux, de nos établissements scolaires, de nos voies de circulation, de nos infrastructures et de notre aménagement urbain qu’il contribue parfois à saturer.

Ainsi, le titre de séjour sert également d’instrument économique et de justice contributive. Ma position est simple et constante : indépendamment de tout accord bilatéral, la Loi 71-10 doit être appliquée par le gouvernement à tous les étrangers sans distinction de nationalité. Quiconque séjourne plus de 90 jours au Sénégal doit être en règle, point final. En tant que Député, Président du parti JëL Liñu Moom/Les Nationalistes, je continuerai à rappeler que la dignité des Sénégalais ne se négocie pas. Nous exigeons que nos lois soient appliquées intégralement et que l’État protège nos compatriotes partout dans le monde, au-delà des effets d’annonce et des accords qui flattent mais ne règlent rien sur le fond.

Tahirou Sarr
Député, Président du parti JëL Liñu Moom/Les Nationalistes

Régularisation des séjours : Mauritaniens et Sénégalais désormais soumis à un régime réciproque de cartes de séjour

Un nouvel accord entre le Sénégal et la Mauritanie marque un tournant dans la gestion des migrations bilatérales. Désormais, tout ressortissant mauritanien désireux de séjourner au Sénégal pour une période supérieure à trois mois devra obligatoirement se munir d’une carte de séjour, selon des informations rapportées par Emedia. Cette mesure, à la fois simplifiée et encadrée, vise à régulariser la présence étrangère tout en assurant un meilleur suivi administratif.

La nouvelle carte de séjour, d’une validité d’un an, sera délivrée moyennant le paiement de 5 000 FCFA. Pour une première demande, les autorités sénégalaises ne requerront ni contrat de travail ni justificatif de revenu, un choix destiné à faciliter l’intégration des primo-arrivants. Toutefois, pour un renouvellement, les demandeurs devront fournir un document prouvant l’existence d’un revenu, afin de garantir une certaine stabilité économique.

Ce mécanisme vise à formaliser la résidence des Mauritaniens tout en leur offrant un cadre clair et sécurisé pour l’exercice de leurs droits, notamment en matière d’accès aux services sociaux, de logement ou encore d’emploi.

La mesure n’est pas unilatérale. Côté mauritanien, des dispositions équivalentes seront mises en œuvre à l’égard des Sénégalais résidant en Mauritanie. Eux aussi devront se doter d’une carte de séjour, fixée à 300 MRU (soit environ 5 000 FCFA), avec des modalités similaires concernant la présentation de justificatifs.

Cet accord bilatéral s’inscrit dans une dynamique de régulation concertée des flux migratoires entre les deux pays. Il repose sur une logique de réciprocité et d’équité, et marque une avancée significative dans les relations diplomatiques sénégalo-mauritaniennes.

Dans un contexte sous-régional marqué par une forte mobilité des populations, cette initiative pourrait également servir de modèle pour d’autres accords migratoires équilibrés au sein de la CEDEAO ou dans la zone sahélo-saharienne.

En mettant en place un cadre administratif clair, Dakar et Nouakchott entendent offrir aux citoyens de chaque pays des garanties juridiques tout en assurant un meilleur contrôle des flux humains. Pour les Mauritaniens vivant au Sénégal, cette nouvelle procédure ouvre la voie à une reconnaissance plus stable de leur statut. Pour les Sénégalais en Mauritanie, elle représente une avancée vers plus de droits et de sécurité.

Complicité présumée avec Kocc Barma : El Hadj Demba arrêté à l’AIBD en tentant de fuir vers l’Italie

L’étau se resserre autour du réseau présumé dirigé par El Hadj Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de Kocc Barma. Alors que ce dernier est actuellement en détention préventive pour son implication présumée dans l’administration de sites pornographiques à forte audience au Sénégal (Seneporno, Babiporno, Boydakar), un nouveau suspect vient d’être interpellé par les autorités sénégalaises.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, El Hadj Demba, fraîchement arrivé de France, a été arrêté jeudi à l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD), alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Milan. Les sources proches de l’enquête évoquent un mandat d’interdiction de sortie du territoire qui pesait sur lui, mesure qu’il semble avoir ignorée. Il a été appréhendé avant même d’atteindre le comptoir d’enregistrement.

Les enquêteurs de la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), qui poursuivent les investigations autour de l’affaire Kocc malgré l’incarcération du principal mis en cause, surveillaient El Hadj Demba depuis plusieurs semaines. Le suspect aurait été identifié grâce à un travail de filature numérique discret mais rigoureux, mené par les services de renseignement sénégalais spécialisés dans la cybercriminalité.

Soupçonné de jouer un rôle actif ou de soutien logistique dans l’administration de ces sites pornographiques à l’architecture complexe, El Hadj Demba est désormais au cœur de l’attention judiciaire. Placé en garde à vue, il a été longuement entendu vendredi par les enquêteurs.

L’arrestation de ce complice présumé laisse entrevoir l’ampleur d’un réseau bien plus vaste que ce qui avait été initialement envisagé. La justice sénégalaise, par l’intermédiaire de la DSC et sous l’autorité du parquet, continue de démêler les ramifications de ce que certains qualifient déjà de « cyber-réseau pornographique organisé ».

Mystère autour de la mort de Serigne Issa Touré : l’autopsie n’apporte aucune réponse

Ce devait être une étape décisive dans la quête de vérité. Mais l’autopsie du corps de Serigne Issa Touré, marabout respecté de la commune de Bambilor, n’a finalement livré aucun élément concluant. Les résultats, communiqués vendredi aux enquêteurs de la gendarmerie, laissent l’enquête dans une impasse inquiétante, sans piste confirmée ni cause identifiée.

Sur instruction du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Rufisque, le corps du défunt avait été acheminé jeudi à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff pour une autopsie. Les autorités espéraient que cette expertise médico-légale permettrait de lever le voile sur un décès jugé suspect, intervenu dans un climat de grande émotion locale.

Mais selon des sources citées par L’Observateur, le corps était déjà en état de décomposition avancée à son arrivée à la morgue. Un médecin légiste, ayant requis l’anonymat, déclare que « l’expertise n’a permis de livrer aucun indice utile à l’enquête ». Aucune lésion suspecte, trace de traumatisme ou indice toxique n’a pu être identifié. Un constat d’impuissance scientifique qui frustre les proches du défunt autant que les enquêteurs.

La mort de Serigne Issa Touré avait suscité l’émoi dans la commune de Bambilor, où l’homme était apprécié pour son rayonnement spirituel. Dès les premiers jours, les circonstances de son décès avaient éveillé la curiosité des autorités, qui n’avaient pas exclu la piste criminelle. L’autopsie représentait donc un espoir crucial pour départager les hypothèses : accident, homicide ou cause naturelle.

Mais en l’absence de résultat exploitable, toutes les possibilités restent ouvertes — et aucune ne peut être confirmée ou écartée avec certitude. Ce vide médico-légal ne fait que renforcer le climat de suspicion autour de cette affaire sensible.

Désormais, c’est au procureur Cheikh Diakhoumpa de décider de la suite des événements. Il lui revient non seulement de se prononcer sur la restitution du corps à la famille Touré, mais aussi de fixer les nouvelles orientations de l’enquête. Les gendarmes de la brigade de Bambilor, en veille depuis l’ouverture du dossier, attendent ses instructions pour savoir s’ils devront creuser d’autres pistes ou classer l’affaire.

Abdoulaye Fall en campagne pour la présidence de la FSF – Une tournée de proximité à travers le Sénégal

La course à la présidence de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) s’intensifie. Parmi les candidats les plus en vue, Abdoulaye Fall multiplie les rencontres de terrain. Depuis plusieurs semaines, l’ancien dirigeant sportif sillonne les régions du pays à la rencontre des acteurs locaux du football : ligues régionales, clubs amateurs, entraîneurs, arbitres et supporters.

Ce vendredi, Abdoulaye Fall a réaffirmé sa volonté de fédérer autour de sa vision. Chaque étape de sa tournée est l’occasion d’écouter les préoccupations des responsables locaux, souvent confrontés à des défis liés aux infrastructures, au financement des compétitions ou encore à la formation des jeunes talents.

“Le football sénégalais ne peut progresser que si l’on renforce les bases. Et ces bases, ce sont les clubs, les ligues régionales et les jeunes”, a déclaré M. Fall.

À Kaolack, il a été chaleureusement accueilli par les responsables de clubs amateurs, qui ont salué son approche participative et inclusive. Partout où il passe, Abdoulaye Fall promet un “nouveau souffle” pour la gestion du football national, en s’engageant à plus de transparence, à un meilleur soutien aux structures de base et à une répartition plus équitable des ressources.

Le candidat à la présidence de la FSF a structuré son programme autour de trois axes majeurs :

Décentralisation des ressources et des décisions Formation continue des acteurs du football (entraîneurs, arbitres, dirigeants) Modernisation des infrastructures sportives, y compris en milieu rural

Abdoulaye Fall est perçu comme un homme de terrain. Son passé de dirigeant au sein d’une ligue régionale et son engagement de longue date dans le football de base lui confèrent une crédibilité certaine.

Cependant, la bataille s’annonce rude. D’autres figures influentes du football national ont également annoncé leur candidature, notamment d’anciens internationaux et des dirigeants sortants.

La campagne d’Abdoulaye Fall se veut inclusive et participative. En allant directement à la rencontre des acteurs du football sur l’ensemble du territoire, il cherche à bâtir un large consensus autour de sa vision, affirment plusieurs voix du monde du ballon rond.

Quatre articles du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale censurés par le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a tranché. Saisi par le président de la République, il a déclaré partiellement non conforme à la Constitution la loi modifiant le règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN). Sur les 136 articles examinés, quatre dispositions ont été jugées inconstitutionnelles, freinant ainsi la promulgation immédiate du texte.

Adoptée le 27 juin 2025, la loi modifiant le RIAN a suivi une procédure que les sages ont jugée régulière. Toutefois, conformément à l’article 78 de la Constitution, une telle loi organique ne peut être promulguée sans un contrôle préalable de constitutionnalité. C’est à ce titre que le président de la République a saisi le Conseil constitutionnel.

Après un examen minutieux, les membres du Conseil ont pointé du doigt quatre dispositions jugées incompatibles avec la charte fondamentale :

1. Alinéa 2 de l’article 56 : atteinte à la séparation des pouvoirs

Cette disposition permettait au président de l’Assemblée nationale de requérir la Force armée ou toute autorité jugée nécessaire pour faire comparaître de manière contrainte toute personne convoquée devant une commission d’enquête parlementaire. Le Conseil a censuré cette mesure, rappelant que seul le pouvoir judiciaire est garant des droits et libertés. Ce pouvoir ne peut donc être conféré au législatif sans porter atteinte au principe de séparation des pouvoirs.

2. Alinéa 6 de l’article 60 : une radiation de député trop restrictive

Le texte conditionnait la radiation d’un député à une condamnation définitive entraînant la déchéance des droits civiques. Or, le Conseil constitutionnel a souligné que cette formulation ne respecte pas fidèlement l’article 61 alinéa 5 de la Constitution. En restreignant le champ d’application de la radiation, le législateur a outrepassé ses prérogatives.

3. Alinéa 6 de l’article 111 : atteinte au droit parlementaire

Ce passage interdisait tout retrait d’une motion de censure une fois la discussion engagée. Le Conseil estime que cette interdiction n’a pas de fondement constitutionnel et constitue une entrave aux droits procéduraux des députés. La liberté parlementaire suppose en effet la possibilité de retirer une motion tant que le vote n’est pas intervenu.

4. Article 134 : omission d’une précision essentielle

Enfin, l’article 134, relatif à la Haute Cour de Justice, a été censuré pour avoir omis de préciser la règle du renouvellement des membres élus par l’Assemblée nationale à l’issue de chaque législature. Cette omission, selon les sages, porte atteinte à la continuité et à la régularité du fonctionnement de cette institution juridictionnelle prévue par la Constitution.

En conclusion, bien que la majorité des articles aient été validés, les quatre censures imposent une révision avant toute promulgation. Le président de la République ne pourra promulguer la loi qu’après une nouvelle adoption conforme à l’avis du Conseil constitutionnel.

Le CNRA tranche partiellement dans la crise de gouvernance à Africa 7

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) s’est enfin prononcé sur le différend interne qui secoue le groupe de presse Africa 7, plongé depuis plusieurs mois dans une crise de gouvernance opposant les cogérants Oumou Yaya Wane et Alioune Ndiaye à Moussa Faye.

Dans une décision attendue, rendue publique ce jeudi, le CNRA a déclaré recevables les recours déposés par les deux cogérants, tout en se gardant de trancher le litige les opposant à Moussa Faye. En clair, le régulateur reconnaît la légitimité de leurs démarches, mais laisse la résolution du contentieux à d’autres instances compétentes, probablement judiciaires.

Le CNRA a également clarifié un point qui faisait débat dans l’espace médiatique : le courrier adressé le 2 janvier 2025 à Africa 7 et à la société Télédiffusion du Sénégal (TDS SA). Il souligne que ce document ne constitue en aucun cas une modification des relations contractuelles entre les deux entités. Il s’agissait simplement, selon le régulateur, d’un rappel au respect des règles en vigueur dans le secteur audiovisuel, sans impact sur les accords en cours.

Par ailleurs, les contrats liant Africa 7 à TDS SA restent donc inchangés, précise la décision, mettant ainsi fin aux spéculations autour d’une éventuelle suspension ou d’une remise en cause de la diffusion du signal du groupe audiovisuel.

La décision du CNRA sera notifiée aux parties concernées dans les jours à venir et publiée officiellement, conformément à ses procédures habituelles.

Des marchés flambants neufs mais vides : l’alerte de Diomaye sur l’inertie des infrastructures commerciales

Le Sénégal ne manque pas d’infrastructures commerciales flambant neuves. Ce qui lui manque, ce sont des infrastructures réellement utilisées. Le constat a été sèchement rappelé ce 23 juillet par le président Bassirou Diomaye Faye, en Conseil des ministres. Le chef de l’État a ordonné une « accélération de la modernisation des marchés et des infrastructures commerciales », pointant du doigt un mal désormais trop visible pour être ignoré : la prolifération de bâtiments achevés mais inopérants.

L’illustration emblématique : le marché de Tilène à Ziguinchor. Moderne, achevé, mais toujours fermé. En cause : une coordination défaillante entre les différentes mailles de l’administration, retardant sa mise en service effective. Ce cas n’est pas isolé. À Dakar, Kaolack, Louga ou Tambacounda, des dizaines d’infrastructures commerciales sont terminées depuis des mois, voire des années, mais demeurent inaccessibles, faute de raccordement, de réception, ou tout simplement d’un gestionnaire désigné.

Alors que les besoins en infrastructures commerciales sont criants — pour désengorger les marchés saturés, structurer les circuits courts, valoriser la production locale — des équipements publics tout neufs restent inusités. Une absurdité logistique et économique que le président a qualifiée de « frein à la vitalité des échanges locaux ».

Cette inertie n’est pas seulement une aberration technique. Elle aggrave la fragmentation du tissu économique. Faute de lieux adaptés pour stocker, vendre ou transformer, les produits agricoles peinent à trouver preneur. L’informel prolifère, la distribution se désorganise, et les pertes post-récoltes explosent. Dans un pays où plus de 40 % de la population dépend de l’agriculture et du commerce local pour vivre, l’enjeu est de taille.

L’appel du président Faye ne vise donc pas seulement les bétonneurs. Il questionne tout un écosystème de production de politiques publiques. « Moderniser, ce n’est pas seulement construire. C’est penser l’usage, garantir la continuité, assurer la gestion », a-t-il insisté. Cela implique une refonte de la chaîne de valeur institutionnelle, de la planification à la maintenance, en passant par l’allocation budgétaire et la gouvernance locale.

Ce signal politique marque une rupture avec une logique d’investissement purement visible, où l’on inaugure sans opérer, où l’on dépense sans piloter. La modernisation voulue par le nouveau pouvoir se veut plus ancrée dans les pratiques que dans le béton.

L’enjeu n’est pas qu’intérieur. Le commerce extérieur sénégalais, malgré une dynamique de croissance remarquable — 3 909 milliards FCFA d’exportations en 2024 — reste plombé par un déficit commercial massif, dépassant les 3 200 milliards FCFA. Le taux de couverture des importations par les exportations stagne à 54,6 %.

Dans ce contexte, des infrastructures commerciales intérieures fonctionnelles pourraient constituer une réponse stratégique. Meilleure logistique, stockage optimisé, transformation locale des produits bruts : autant de leviers pour hausser la valeur ajoutée nationale, limiter les importations, et renforcer les exportations.

Le gouvernement mise déjà sur des projets structurants comme SAR 2 (raffinage) ou Gas to Power (production énergétique) pour soutenir la réindustrialisation. Mais comme le rappelle l’alerte présidentielle, ces mégaprojets doivent s’accompagner d’un ancrage territorial plus diffus : marchés modernes, zones de transformation, pôles logistiques ruraux. Bref, une économie réelle, proche des producteurs et des consommateurs.

Le cas du marché de Tilène symbolise une impasse : celle d’une modernité sans vie. L’économie productive que le Sénégal ambitionne ne peut émerger sur des ruines neuves. Elle appelle une capacité nouvelle à « faire simple, faire utile, faire durable », selon les mots du chef de l’État.

Woodside Energy : une performance trimestrielle dopée par le champ pétrolier de Sangomar

Le deuxième trimestre 2025 marque un tournant pour Woodside Energy, qui a enregistré une production record de 50,1 millions de barils équivalent pétrole (Mmboe), soit une moyenne quotidienne de 550 000 barils (Mboe/j). Ce chiffre représente une progression de 2 % par rapport au trimestre précédent et de 13 % sur un an, confirmant la montée en puissance du groupe, porté notamment par le dynamisme du champ pétrolier de Sangomar, au large des côtes sénégalaises.

Au cœur de cette performance se trouve le champ de Sangomar, dont la production a atteint 101 000 barils de pétrole brut par jour (Mbbl/j), avec une part de 81 000 barils revenant directement à Woodside. Une fiabilité opérationnelle proche de 100 % et une montée en charge maîtrisée ont fait de Sangomar un atout stratégique dans le portefeuille mondial du groupe.

La société australienne a ainsi généré un chiffre d’affaires trimestriel de 3,27 milliards de dollars, surpassant les attentes des analystes. À lui seul, le projet Sangomar a contribué à hauteur de 510 millions de dollars sur cette période. Des résultats salués par Meg O’Neill, directrice générale de Woodside :

« Nous avons réalisé une solide production grâce à notre portefeuille diversifié d’actifs de haute qualité. L’attention rigoureuse portée à la maîtrise des coûts nous a permis de réviser à la baisse nos prévisions de coûts unitaires de production pour 2025 », a-t-elle déclaré.

Depuis sa mise en production en juin 2024, le champ de Sangomar n’a cessé de battre des records. Déjà, lors du premier trimestre 2025, il avait atteint une production de 99 000 barils par jour, dont 78 000 pour Woodside, avec un taux de fiabilité de 97,6 %. L’évolution positive s’est poursuivie au deuxième trimestre, témoignant de la stabilité du projet.

Par ailleurs, l’introduction réussie de la technique d’injection d’eau sur les puits S400 a permis de bonifier les réserves du groupe. Woodside a ainsi ajouté 7,1 millions de barils à ses réserves prouvées (1P) et 16,1 millions à ses réserves prouvées et probables (2P). Ce progrès technique se traduit par une baisse prévue de 5 à 10 % du taux de dépréciation, d’épuisement et d’amortissement (DD&A) pour 2025, comparé à l’année précédente, où ce coût s’élevait à environ 56 dollars par baril.

Avec une production en hausse, une meilleure rentabilité des actifs et un portefeuille en pleine expansion, Woodside Energy renforce sa position parmi les leaders mondiaux de l’exploration et de la production pétrolière. Le champ de Sangomar, projet emblématique du partenariat sénégalo-australien, s’impose comme un pilier de cette croissance.

Justice et santé en détention : le cas Farba Ngom ravive les soupçons de deux poids, deux mesures

Dans les méandres feutrés de la justice sénégalaise, une question revient avec une acuité croissante : tous les détenus sont-ils réellement égaux face à la loi, surtout lorsqu’il s’agit de leur droit à la santé ? L’affaire Farba Ngom, ancien député et proche de l’ex-président Macky Sall, cristallise aujourd’hui les inquiétudes.

Alors que plusieurs figures politiques incarcérées ont récemment bénéficié de remises en liberté pour raisons médicales – notamment à la suite de rapports évoquant des pathologies chroniques ou des traitements incompatibles avec la détention – Farba Ngom, lui, reste derrière les barreaux. Et ce, malgré un état de santé qualifié de “critique” par ses proches et confirmé par plusieurs sources médicales concordantes.

Le contraste frappe. Entre avril et juillet 2025, au moins trois anciens dignitaires ou opposants emprisonnés ont vu leur détention suspendue pour des motifs de santé. Dans certains cas, les procédures ont été menées tambour battant, avec une célérité qui a surpris les observateurs. Ces décisions ont été saluées, à juste titre, comme des avancées en matière de respect des droits humains en détention.

Mais dans le cas de Farba Ngom, les démarches semblent s’enliser. Aucun signe d’accélération, aucun écho officiel sur une éventuelle prise en charge médicale hors des murs carcéraux, en dépit des signaux d’alerte.

Cette situation alimente les soupçons d’une justice à deux vitesses. « Il y a clairement une inégalité de traitement », confie un avocat du barreau de Dakar, sous anonymat. « Lorsqu’on regarde les cas similaires, on a du mal à croire que le droit est le seul moteur des décisions. » L’ombre d’un traitement à connotation politique plane, d’autant que Farba Ngom est considéré comme un pilier de l’ancien régime, proche de cercles aujourd’hui dans la disgrâce.

Pour les partisans de l’actuel pouvoir, la prudence est de mise. Certains estiment que les accusations portées contre lui sont trop graves pour justifier un assouplissement. D’autres rappellent que la procédure judiciaire suit son cours, et que toute interférence pourrait être perçue comme une entrave à l’indépendance de la justice.

Au-delà des considérations politiques, c’est l’humanité même du système judiciaire qui est interpellée. Peut-on laisser un homme malade dans une cellule au nom d’un passé politique, aussi sulfureux soit-il ? Le principe d’équité devant la loi ne peut se réduire à une option circonstancielle. La santé, rappelle le Code pénal sénégalais lui-même, est un droit fondamental, y compris – et surtout – pour les personnes privées de liberté.

La société civile, les organisations de défense des droits de l’homme et certains professionnels du droit appellent désormais à une clarification. « Si Farba Ngom n’a pas droit aux mêmes égards, qu’on nous explique pourquoi. Sinon, c’est l’image d’une justice sélective qui s’installe », dénonce un membre d’Amnesty Sénégal.

Le FMI réaffirme son soutien au Sénégal et annonce une mission à Dakar fin août

Le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé son engagement envers le Sénégal, dans un contexte marqué par une volonté affichée de renforcement de la transparence budgétaire et de réforme de la gestion des finances publiques. L’annonce a été faite le 24 juillet 2025, lors d’un point de presse animé par Julie Kozack, directrice du département des communications de l’institution.

Le FMI a indiqué qu’une mission technique se rendra à Dakar à la fin du mois d’août. L’objectif principal de cette visite sera de discuter des mesures correctives liées aux cas de fausses déclarations budgétaires identifiées par les autorités sénégalaises. Ces discussions pourraient déboucher sur une saisine formelle du Conseil d’administration du FMI à ce sujet.

Mais la mission ne se limitera pas à ce dossier délicat. Elle ouvrira également la voie à des négociations autour d’un nouveau programme de soutien financier pour le Sénégal, qui pourrait venir renforcer les efforts du gouvernement dans ses réformes structurelles.

Julie Kozack est revenue sur la rencontre du 9 juillet dernier entre la première directrice générale adjointe du FMI, Gita Gopinath, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Washington. Lors de cet entretien de haut niveau, Mme Gopinath avait salué les efforts du Sénégal pour améliorer la transparence et exprimé le soutien continu du FMI aux autorités dans leur processus de redressement et de réforme.

En retour, le président Faye a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à faire toute la lumière sur les pratiques opaques du passé, notamment à travers un audit indépendant de la dette publique.

Dans le cadre de cet effort de transparence, le gouvernement sénégalais a commandité un audit de la dette publique, réalisé par le cabinet international Forvis Mazars. Selon Julie Kozack, le FMI a reçu un inventaire préliminaire issu de ce rapport.

« L’évaluation préliminaire est globalement conforme aux attentes, et la validation finale est en cours », a-t-elle précisé, tout en saluant la collaboration proactive des autorités sénégalaises.

Le FMI a souligné qu’il travaille en étroite coordination avec le gouvernement sénégalais pour mettre en œuvre des mesures correctives et renforcer les capacités de gestion économique du pays. Il s’agit notamment de corriger les lacunes identifiées dans les mécanismes de déclaration et de contrôle budgétaires, à travers des réformes institutionnelles et une plus grande transparence dans la gestion des finances publiques.

Le Sénégal célèbre la science et l’excellence : une première Journée nationale sous le sceau de la reconquête scientifique

Dans un climat empreint de solennité et d’espoir, le Sénégal a franchi une étape historique en organisant la toute première Journée de l’Excellence, à l’initiative de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal (ANSTS), sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI). L’événement, tenu au cœur du prestigieux Musée des Civilisations Noires, a mis à l’honneur les meilleurs bacheliers des séries scientifiques, les thèses doctorales les plus remarquables, ainsi que le lauréat du Prix Souleymane Niang de Mathématiques, l’un des plus prestigieux du genre dans le pays.

Mais au-delà de la célébration des talents, cette journée s’est imposée comme un signal fort d’un changement de cap éducatif, incarné par la prise de parole directe du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy. Dans un discours sans détour, il a reconnu une réalité inquiétante : « Nous avons perdu la science dans nos écoles ». Un aveu rare, mais surtout porteur d’un engagement fort : restaurer la centralité des sciences et technologies dans le système éducatif sénégalais.

Profitant de cette tribune nationale, le ministre a officialisé une convention stratégique entre son département et l’ANSTS, jetant les bases d’un pacte national pour la reconquête de l’espace scientifique dans l’enseignement. Cette alliance entend s’appuyer sur l’expertise des chercheurs et savants sénégalais pour réformer les curricula, revaloriser les filières scientifiques et reconnecter la jeunesse avec les savoirs fondamentaux.

« Nous devons refaire aimer les sciences à nos enfants », a martelé le ministre, rappelant que les défis du développement, de la souveraineté technologique et de l’innovation passent inévitablement par une jeunesse formée, motivée et encadrée dans les disciplines scientifiques.

Prenant la parole à son tour, le président de l’ANSTS, Dr Moctar Touré, a souligné l’urgence et la profondeur du chantier à venir. Avec une phrase-choc — « Qui n’a pas de science n’a pas de développement » — il a résumé la philosophie de l’Académie, résolument tournée vers l’avenir.

Loin d’un événement ponctuel, Dr Touré a dévoilé la création d’une plateforme nationale de suivi et de réseautage des lauréats, destinée à accompagner les jeunes talents sur la durée, dans un cadre structuré et productif. Objectif : transformer les distinctions individuelles en dynamiques collectives de transformation sociale et économique.

Cette Journée de l’Excellence, riche en symboles, marque donc le lancement d’un véritable mouvement national pour réinscrire la science au cœur du projet sénégalais. Dans un contexte mondial où la connaissance devient un levier stratégique majeur, le Sénégal entend ne pas rester à la traîne.

Abdoul Aziz Zoumarou nommé président du Conseil d’administration de Télédiffusion du Sénégal

Un vent de changement souffle à la tête de Télédiffusion du Sénégal (TDS). Par décret présidentiel pris au titre des mesures individuelles, le président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une importante nomination à la présidence du Conseil d’administration de cette société stratégique. El Hadji Ibrahima Ndiaye, jusque-là président du Conseil d’administration de la TDS, a été remplacé par Abdoul Aziz Zoumarou, un expert réputé en gestion de projets internationaux et en innovation technologique.

Ce changement s’inscrit dans une dynamique plus large de renouvellement des instances dirigeantes des sociétés nationales, amorcée depuis l’arrivée au pouvoir du président Diomaye Faye. Le départ d’El Hadji Ibrahima Ndiaye, considéré comme proche de l’ancien régime, traduit la volonté manifeste des nouvelles autorités de rompre avec les pratiques antérieures, tout en insufflant une nouvelle vision basée sur la compétence, l’innovation et la bonne gouvernance.

La nomination d’Abdoul Aziz Zoumarou n’est pas le fruit du hasard. Il est reconnu dans les cercles technologiques et institutionnels pour son expertise en pilotage de projets d’envergure internationale, son engagement dans la transformation numérique, ainsi que sa fine compréhension des enjeux liés à l’innovation. Il incarne ainsi le profil de rupture souhaité par le chef de l’État pour impulser une gouvernance moderne et efficace au sein de la TDS.

À la tête du Conseil d’administration, Abdoul Aziz Zoumarou aura pour mission de fixer les grandes orientations stratégiques de la TDS, de superviser sa modernisation et d’accompagner la transition numérique des médias publics et privés. Il devra veiller à une meilleure accessibilité des services audiovisuels, particulièrement dans les zones rurales, et à l’intégration des normes technologiques internationales.

La TDS, au cœur de la politique de souveraineté numérique du Sénégal, joue un rôle essentiel dans la diffusion des contenus audiovisuels et le développement des infrastructures numériques. Dans ce contexte, l’expertise d’Abdoul Aziz Zoumarou sera précieuse pour repositionner la société comme un acteur clé de la modernisation de l’État et de la démocratisation de l’accès à l’information.

Juan Branco interpelle les nouvelles autorités sénégalaises sur les poursuites pour crimes d’État : “Toujours aucune instruction”

L’avocat franco-espagnol Juan Branco, connu pour avoir défendu l’actuel Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, s’en prend à l’inaction des nouvelles autorités sénégalaises dans les procédures judiciaires visant l’ancien régime. Dans un message publié sur X (ex-Twitter), l’avocat a déploré l’absence de suite concrète donnée aux plaintes pour crimes contre l’humanité déposées devant la Cour pénale internationale (CPI) et en France.

« Les nouvelles autorités sénégalaises, sollicitées, n’ont jamais donné d’instructions concernant les procédures initiées devant la CPI et en France concernant les soixante meurtres et plusieurs milliers de crimes commis par l’administration précédente contre leur propre peuple », a-t-il écrit.

Pour rappel, Juan Branco avait déposé, en juin 2023, une plainte devant la CPI visant nommément l’ancien président Macky Sall et plusieurs hauts responsables de son régime. Dans cette plainte de 170 pages, il les accuse de crimes contre l’humanité, notamment pour leur rôle présumé dans la répression meurtrière des manifestations survenues entre mars 2021 et juin 2023 au Sénégal. Le dossier était étayé par 710 éléments de preuve, comprenant vidéos, témoignages, certificats médicaux, rapports d’ONG et documents administratifs.

Selon lui, au moins soixante personnes ont perdu la vie dans ces violences d’État, tandis que plusieurs milliers d’autres auraient été victimes de tortures, détentions arbitraires ou persécutions politiques.

Alors que l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en mars 2024 a marqué une rupture symbolique et politique avec l’ancien régime, Juan Branco semble regretter que cette volonté de rupture ne se soit pas traduite dans les faits judiciaires. Il dénonce une forme d’immobilisme, voire de renoncement, face à ce qu’il considère comme un devoir de justice envers les victimes.

Pour l’heure, ni le gouvernement sénégalais ni le parquet n’ont officiellement réagi à cette sortie de l’avocat.

Ce rappel à l’ordre de Juan Branco intervient dans un contexte où de nombreux Sénégalais, notamment les familles des victimes des violences politiques, attendent des actes forts en matière de justice transitionnelle. Lors de la campagne électorale, les deux figures de proue du nouveau régime, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, avaient promis de rendre justice aux victimes de la répression et de faire la lumière sur les abus du passé.

Mais pour Juan Branco, le temps presse, et l’attente risque de se transformer en désillusion. « Justice différée, justice refusée », martèlent également certains acteurs de la société civile, qui appellent à l’ouverture de procès nationaux ou au soutien actif des procédures internationales.

L’héritage de Baye Niass à Kossy : vers un pôle spirituel tidjane en Afrique

Le 22 juillet dernier, Cheikh Baye Mbaye Niass MC a effectué une visite hautement symbolique chez le guide religieux Cheikh Mouhamed Dieng, dans le quartier Ouest Foire à Dakar. Cette rencontre fraternelle a été l’occasion de consolider des liens spirituels anciens et d’honorer la mémoire de leur maître commun, Baye Niass.

Dans son discours d’accueil, Cheikh Mouhamed Dieng est revenu avec émotion sur la profondeur des relations qui l’unissent à Baye Mbaye Niass MC. Il a rappelé le rôle déterminant joué par Baye Niass, père de son hôte, dans sa trajectoire spirituelle.

« À une époque où je n’étais rien et où je ne possédais rien, c’est Baye Niass qui m’a sauvé de l’ignorance et des vicissitudes mondaines », a-t-il confié.

Le guide religieux a également salué la personnalité de Baye Mbaye Niass MC, qu’il a décrit comme « un homme de Dieu qui dissimule son immense érudition derrière une humilité désarmante et une accessibilité rare ». Selon lui, la relation qu’ils entretiennent repose sur une fraternité solide, fondée sur la solidarité et l’amour spirituel.

Prenant la parole à son tour, Cheikh Baye Mbaye Niass MC a insisté sur la présence intemporelle de Baye Niass au sein de leur communauté, malgré sa disparition physique.

« Baye Niass est plus que jamais présent parmi nous. Son héritage continue de nous guider », a-t-il affirmé.

Il a exprimé son attachement fraternel à Cheikh Mouhamed Dieng, témoignant ainsi de la pérennité des liens tissés au fil du temps. Il en a profité pour lancer un appel fort aux disciples de la Faydha Tidjanya, les exhortant à valoriser davantage le village de Kossy, lieu sacré où Baye Niass aurait reçu ses dons célestes.

« Kossy occupe une place centrale dans notre spiritualité. Nous devons en faire un pôle d’attraction pour tous les talibés de la Faydha », a-t-il soutenu, allant jusqu’à prophétiser que ce village deviendra bientôt « l’épicentre de la confrérie », capable de rayonner et d’accueillir des fidèles venus du monde entier.

Cette visite, loin d’être un simple échange de civilités, a ravivé la flamme de la transmission spirituelle et de la fraternité au sein de la communauté tidjane. Les disciples présents sont repartis avec une conviction renouvelée : l’héritage de Baye Niass demeure vivant, inspirant et porteur d’avenir pour les générations actuelles et futures.

Grève dans la Justice : Les greffiers maintiennent la pression malgré les réquisitions du ministère

Malgré les réquisitions émises par le ministère de la Justice pour tenter de casser le mouvement, les greffiers regroupés au sein de l’Entente SYTJUST–UNTJ maintiennent leur mot d’ordre de grève de 48 heures, entamée ce mercredi 24 juillet 2025. Cette nouvelle phase du bras de fer s’inscrit dans un contexte tendu, où le dialogue entre les autorités et les syndicats est au point mort depuis plus d’un mois.

Depuis le déclenchement de la grève le 18 juin dernier, les travailleurs de la justice dénoncent l’attitude du ministre de tutelle, qu’ils accusent de se réfugier dans un silence qualifié d’« assourdissant » et de « méprisant ». Pour les syndicats, le ministre de la Justice se dérobe à ses responsabilités, préférant confier la gestion du conflit à son collègue de la Fonction publique. Or, selon l’Entente, une seule rencontre a eu lieu avec ce dernier, le 1er juillet, sans qu’aucune suite ne soit donnée depuis.

« Le ministre de la Justice a failli à son devoir de garant de la stabilité du secteur. Son silence traduit un mépris inacceptable pour les travailleurs de la Justice », fustigent les syndicalistes, qui dénoncent une « inaction coupable » au sommet de l’État face aux dysfonctionnements de plus en plus visibles dans le service public de la Justice.

Face à la poursuite de la grève, les autorités ont décidé de recourir à des réquisitions afin de contraindre certains agents à reprendre le travail. Une mesure que l’Entente considère comme une atteinte grave aux libertés syndicales et au droit constitutionnel de grève. « Ce sont des manœuvres d’intimidation, juridiquement infondées, destinées à briser la mobilisation », dénonce-t-elle.

Les deux syndicats y voient une tentative de museler le mouvement syndical et d’affaiblir la lutte en cours, alors qu’ils estiment que les revendications vont bien au-delà des préoccupations sectorielles. « Il s’agit désormais de défendre le droit syndical, de préserver notre indépendance et de refuser l’humiliation imposée par le silence méprisant des autorités. »

Plus qu’un simple conflit entre administration et personnel judiciaire, cette crise prend une tournure politique et sociale. L’Entente SYTJUST–UNTJ lance un appel solennel à toutes les centrales syndicales et aux forces sociales du pays pour qu’elles se mobilisent en soutien à leur combat. « Nous appelons à défendre les acquis démocratiques et syndicaux durement conquis par les travailleurs. Le combat continue et il sera à la hauteur des attaques subies », concluent-ils.

Expulsion de Mamadou Diop, président de l’ISEG : la justice tranche, la police exécute

Un tournant spectaculaire vient d’ébranler Mamadou Diop, président-fondateur de l’Institut Supérieur d’Entrepreneurship et de Gestion (ISEG). Ce jeudi matin, il a été expulsé de la villa qu’il occupait à Sacré-Cœur 1, une opération menée sous haute tension avec l’appui de la force publique.

Selon les informations recueillies par SeneNews, présente sur les lieux, des éléments de la police ont été déployés en exécution d’une décision de justice rendue par le Tribunal de Grande Instance de Dakar, statuant en référé. L’ordonnance ordonne l’expulsion immédiate de Mamadou Diop, de ses biens ainsi que de toute personne occupant la villa située au lot 7 de Sacré-Cœur 1, immatriculée sous le titre foncier n°4220 de Grand Dakar (anciennement TF 29.586/DG).

La procédure judiciaire a été introduite par l’Agence pour la Gestion et la Promotion Immobilière (AGEPI), agissant au nom de Mamadou Ba, propriétaire légal du bien, et représentée par Me Mohamed Mahmoune Fall. Le tribunal a jugé que Mamadou Diop occupait illégalement la villa, sans aucun droit ni titre, ce qui a conduit à l’émission d’une ordonnance d’expulsion.

Ladite ordonnance précisait expressément que le recours à la force publique était autorisé en cas de résistance, ce qui explique la mobilisation de plusieurs agents ce matin aux abords de la résidence concernée.

Des images exclusives parvenues à notre rédaction montrent les forces de l’ordre procédant au déguerpissement, sous le regard médusé de riverains et de quelques proches du patron de l’ISEG. L’expulsion concerne également les biens mobiliers se trouvant dans la villa, désormais sous contrôle de l’huissier mandaté par la justice.

Cette affaire s’ajoute à une série de déboires judiciaires pour Mamadou Diop, déjà confronté à plusieurs contentieux ces dernières années, aussi bien dans le secteur immobilier que dans la gestion de son groupe d’enseignement privé.

Figure emblématique de l’enseignement supérieur privé au Sénégal, Mamadou Diop voit une nouvelle fois son image écornée par un différend foncier devenu public. Alors que des procédures parallèles seraient encore pendantes devant d’autres juridictions, cette expulsion marque un revers majeur pour l’homme d’affaires.

Redressement des finances publiques : le gouvernement dévoile un plan face aux dérives révélées par la Cour des comptes

Le rapport d’audit de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques continue de provoquer une onde de choc au sommet de l’État. Après le ministre des Finances et du Budget, Cheik Diba, qui avait alerté les députés le 28 juin dernier sur « l’ampleur des dysfonctionnements dans la gestion de nos finances publiques », c’est au tour du Premier ministre de tirer la sonnette d’alarme.

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 23 juillet 2025, Ousmane Sonko est revenu sur les « constats alarmants » contenus dans l’audit rendu public le 12 février par la Cour des comptes. Ce document, fruit d’un travail d’enquête rigoureux, couvre la période de 2019 au 31 mars 2024. Il met en lumière une série de pratiques irrégulières, de malversations, de dépenses non justifiées et de graves carences dans la chaîne de la dépense publique sous les précédents gouvernements.

Face à ces dérives systémiques, le Premier ministre a annoncé un vaste « plan gouvernemental de redressement économique » qui, selon ses mots, devra rétablir l’équilibre des finances de l’État, renforcer la transparence et restaurer la confiance des citoyens et des partenaires au développement. Il a précisé que ce plan sera présenté dans les prochains jours « au grand public et aux partenaires techniques et financiers », à travers un agenda qui sera communiqué ultérieurement.

Ce projet de redressement s’annonce comme l’un des chantiers prioritaires du gouvernement, dans un contexte de tension budgétaire et de fortes attentes sociales. Il pourrait inclure des mesures de rationalisation des dépenses publiques, un audit élargi des institutions, une réforme de l’administration financière, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle interne.

Pour rappel, la publication du rapport d’audit de la Cour des comptes avait déjà suscité une vive polémique dans l’opinion, alimentant des appels à la justice et à la reddition des comptes. Plusieurs organisations de la société civile avaient exigé l’ouverture d’enquêtes judiciaires contre les responsables épinglés, notamment dans la gestion des fonds publics pendant la pandémie de Covid-19 et dans les passations de marchés.

Impertinence contre Aminata Touré : Khalifa Wade réplique sèchement à Moustapha Gaye de l’APR

L’ancienne Première ministre Aminata Touré, dite “Mimi”, continue d’essuyer des attaques de la part de certains responsables de l’Alliance pour la République (APR). Dernier en date, Moustapha Gaye, membre du régime sortant, a tenu des propos virulents à son encontre lors d’une récente sortie médiatique.

Une attitude qui a fait sortir de sa réserve Khalifa Wade, responsable politique à Kaolack et proche de Mimi Touré. Ce dernier a tenu à recadrer sévèrement Moustapha Gaye.

“Que cet homme sache que Madame Aminata Touré est de loin son égale. Elle n’a jamais été attirée par les privilèges ou les postes. Sinon, elle n’aurait jamais quitté les Nations Unies, où elle occupait le poste de Secrétaire générale adjointe, pour revenir au Sénégal et servir la République. Elle a été nommée directrice de campagne de Macky Sall, et tout le monde connaît le résultat : son candidat est sorti victorieux du scrutin de 2012. Cela en dit long sur la stature de cette dame,” a réagi Khalifa Wade.

Selon lui, Mimi Touré est devenue la véritable bête noire de l’APR, car elle a torpillé le projet de troisième mandat de Macky Sall, qu’il qualifie d’anti-démocratique.

“Les responsables de cette formation inventent des histoires à longueur de journée pour la décrédibiliser. Mais Mimi est clean, irréprochable. Elle est une compétence sûre, et depuis 2019, elle ne cautionne presque aucun acte posé par Macky Sall et ses proches. Cela lui a valu de nombreuses trahisons, mais elle est toujours restée sereine,” ajoute-t-il.

Khalifa Wade revient également sur les manœuvres présumées visant à écarter Aminata Touré lors de la dernière présidentielle.

“À la veille de l’élection présidentielle de 2024, Macky Sall a tout tenté pour saboter ses parrainages. Il envisageait même d’utiliser sa plainte contre le Conseil constitutionnel comme prétexte pour reporter l’élection. Mais elle a compris le jeu et a immédiatement retiré sa plainte afin que le scrutin se tienne à la date prévue,” affirme-t-il.

Il insiste : Mimi Touré n’est pas une opportuniste, mais une femme de principe, profondément attachée à l’intérêt du Sénégal.

“Le ministre Mbaye Ndiaye, proche de Macky, a même été envoyé chez elle avec un décret pour qu’elle rejoigne le pouvoir, en remplaçant Mme Aminata Mbengue Ndiaye à la tête du Haut Conseil des Collectivités Territoriales. Elle a catégoriquement refusé. Elle ne connaît pas la trahison, parce qu’elle est une pure Saloum-Saloum,” lance-t-il.

Pour Khalifa Wade, les responsables de l’APR n’ont plus aucune crédibilité pour donner des leçons.

“Ces gens-là ne devraient plus avoir voix au chapitre. Ils doivent se taire, car ils sont les véritables responsables de la situation actuelle que vivent les Sénégalais. Mimi est une battante, et elle continue de tout faire pour la réussite du projet national, notamment à travers le référentiel des politiques publiques : la ‘Vision Sénégal 2050’,” conclut-il.

Justice – Affaire Doro Gaye : L’audience renvoyée au 3 septembre par la Cour d’appel de Paris

L’affaire opposant l’homme d’affaires sénégalais Doro Gaye à Zakiroulah Sow connaît un nouveau rebondissement. Selon le journal Les Échos, l’audience tenue le 9 juillet dernier à la Cour d’appel de Paris a été renvoyée au 3 septembre 2025. Le procureur général près la Cour d’appel a sollicité des informations complémentaires avant que le dossier ne puisse avancer.

Pour l’instant, le juge d’instruction du troisième cabinet est chargé de poursuivre les investigations, en l’absence de Doro Gaye.

Cette affaire judiciaire, qui prend une tournure internationale, repose sur une transaction foncière qui aurait mal tourné. Doro Gaye est accusé par la partie civile, représentée par Zakiroulah Sow, de lui avoir extorqué la somme de 1,2 milliard de francs CFA dans le cadre d’un accord foncier litigieux. Un protocole d’accord aurait été signé entre les deux parties, mais selon Zakiroulah Sow, l’homme d’affaires n’aurait pas respecté ses engagements.

Accusations de diffamation : le DG du Coud, Ndéné Mbodji, porte plainte contre Bougar Diouf

C’est une réaction ferme que vient d’adopter Ndéné Mbodji, Directeur général du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), face aux accusations portées à son encontre par Bougar Diouf. Jusque-là silencieux face aux nombreuses attaques, M. Mbodji a décidé de rompre son mutisme pour dénoncer ce qu’il qualifie de « mensonge insupportable ».

Selon des informations relayées par le quotidien L’Observateur, le haut responsable estime qu’un cap a été franchi lorsqu’il a été accusé à tort d’avoir tenu des propos hostiles à l’encontre d’Ousmane Sonko, leader du parti Pastef. « Je n’ai jamais attaqué Sonko, ni tenu des propos malveillants à son sujet », a réaffirmé Ndéné Mbodji, dénonçant une campagne de dénigrement visant à ternir son image.

Déjà actif sur les réseaux sociaux pour démentir ces allégations, le Directeur général du Coud a décidé de passer à la vitesse supérieure en déposant une plainte formelle auprès de la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC). L’objet de cette plainte : des propos jugés « diffamatoires, fallacieux et subversifs » tenus par Bougar Diouf, à qui il demande désormais de fournir les preuves de ses accusations.

À travers cette action en justice, Ndéné Mbodji entend tracer une « ligne rouge » face à ce qu’il considère comme des dérives verbales de plus en plus fréquentes sur les plateformes numériques. Il souligne que certaines accusations, notamment lorsqu’elles mettent en cause l’intégrité morale d’un responsable public, ne doivent plus rester impunies.

Le DG du Coud veut ainsi attirer l’attention des autorités et de l’opinion sur les dangers croissants de la désinformation en ligne. Il appelle à un strict respect des lois encadrant l’usage du numérique au Sénégal, estimant que l’anonymat ou la viralité ne doivent pas servir d’excuse à la calomnie.

Nouvelle grève des travailleurs de la Justice : SYTJUST et UNTJ annoncent 48 heures de paralysie

Les travailleurs de la Justice au Sénégal annoncent une nouvelle grève de 48 heures, prévue les 24 et 25 juillet 2025 sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, officialisée par l’Entente SYTJUST – UNTJ dans un communiqué publié ce mardi 23 juillet, intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les syndicats et les autorités gouvernementales.

Depuis le début du mouvement enclenché le 18 juin dernier, les syndicalistes dénoncent un manque flagrant de dialogue avec les pouvoirs publics. « Depuis le déclenchement de la grève, le ministre de la Justice garde un silence assourdissant. Plutôt que d’assumer ses responsabilités, il s’est déchargé sur son collègue de la Fonction publique, avec qui une seule rencontre a eu lieu, le 1er juillet », fustige le communiqué.

Pour l’Entente SYTJUST – UNTJ, ce mutisme institutionnel est interprété comme un mépris profond à l’égard des travailleurs de la Justice. Ils estiment que cette posture traduit une indifférence inquiétante face au dysfonctionnement du service public judiciaire, avec des répercussions directes sur les justiciables.

« Le mutisme des autorités sonne comme une forme de mépris institutionnalisé à notre égard », accuse l’organisation syndicale, qui met en garde contre l’aggravation de la crise si rien n’est fait pour engager des négociations sérieuses.

Par ailleurs, le syndicat dénonce fermement les réquisitions opérées durant les jours de grève, qu’il qualifie de « manœuvres d’intimidation » et de violations du droit constitutionnel à la grève. Selon les responsables syndicaux, ces actions visent à briser la mobilisation des agents grévistes et à museler le mouvement syndical au Sénégal. « Ces actes sont graves, car ils tendent à restreindre l’espace syndical dans notre pays », alerte l’Entente.

Alors que le bras de fer entre les travailleurs de la Justice et le gouvernement s’enlise, les justiciables, eux, subissent de plein fouet les conséquences de cette paralysie judiciaire : retards dans le traitement des dossiers, reports d’audiences, et accès limité à certains services administratifs.

Moustapha Niasse revient sur la scène publique et plaide pour un endettement responsable en faveur du développement

Discret depuis la fin de son mandat à la tête de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse refait surface avec un message fort à l’endroit des nouvelles autorités sénégalaises. Invité à un séminaire international tenu à la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Dakar, l’ancien président de l’hémicycle a défendu l’idée d’un recours stratégique à l’endettement public pour stimuler le développement du pays.

« N’ayons pas peur de la dette, endettons-nous », a-t-il lancé, selon des propos rapportés par le quotidien Le Soleil. Pour Moustapha Niasse, la dette publique ne doit pas être perçue comme un fardeau insurmontable, mais plutôt comme un levier de croissance, à condition qu’elle soit investie dans des secteurs porteurs.

Il a appuyé son argumentaire en prenant l’exemple des États-Unis, première puissance économique mondiale, qui continue de croître malgré un endettement colossal. « Ce qui importe, c’est l’usage des fonds empruntés. Un pays peut prospérer en étant endetté si cet argent est bien investi », a-t-il insisté.

L’ancien ministre des Affaires étrangères voit dans les ressources gazières et pétrolières du Sénégal une garantie future pour le remboursement de la dette. Selon lui, ces richesses doivent être anticipées comme un levier pour attirer des financements structurants.

Par ailleurs, Moustapha Niasse a salué l’initiative diplomatique marocaine visant à renforcer la coopération Sud-Sud, et a plaidé pour une intégration économique accrue entre les pays de la façade atlantique africaine. Il y voit une opportunité historique de bâtir une Afrique émergente, interconnectée et solidaire.

Par cette sortie, Moustapha Niasse semble vouloir contribuer au débat économique national, à un moment où les nouvelles autorités, dirigées par le président Bassirou Diomaye Faye, affichent une prudence marquée vis-à-vis de l’endettement extérieur.

Sénégal – Affaire Ismaïla Madior Fall : une confrontation décisive devant la Haute Cour de Justice

L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, a été entendu ce lundi 21 juillet 2025 par la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Cette audition s’est déroulée dans le cadre de la procédure judiciaire en cours, visant l’ex-Garde des Sceaux, mis en cause dans une affaire de présumée corruption liée à l’attribution d’un marché public stratégique.

Un des moments clés de l’audition a été la confrontation entre Ismaïla Madior Fall et Cheikh Guèye, entendu dans le dossier en qualité de simple renseignant. En cause, un versement de 50 millions de francs CFA que certains soupçonnent être une tentative de corruption.

Selon les informations rapportées par Seneweb, Cheikh Guèye a nié toute manœuvre frauduleuse, affirmant aux magistrats qu’il s’agissait d’un prêt personnel envisagé au profit de l’ancien ministre. De son côté, Ismaïla Madior Fall a rejeté cette version, soutenant qu’il avait perçu la somme comme une donation spontanée, qu’il aurait immédiatement restituée dans la même pièce.

Ce face-à-face intervient dans une enquête ouverte autour de l’attribution controversée d’un marché public pour la construction d’un centre de surveillance par bracelets électroniques. Un projet censé incarner la modernisation du système pénal sénégalais, mais aujourd’hui entaché de soupçons de favoritisme et d’irrégularités.

Assigné à résidence depuis le 20 mai 2025, Ismaïla Madior Fall porte un bracelet électronique, mesure imposée par la commission d’instruction dans le cadre de l’enquête. Ses avocats dénoncent une décision « disproportionnée » et ont déposé une requête en mainlevée visant à obtenir la levée des mesures restrictives.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique marqué par une volonté affirmée des nouvelles autorités sénégalaises de rompre avec l’impunité et de sanctionner la corruption à tous les niveaux de l’État, y compris parmi les anciens hauts responsables.

Cybersécurité et Délits Financiers : Vers une Information Judiciaire contre “Kocc Barma”

Interpellé jeudi dernier par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), El Hadji Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma », a été présenté ce lundi 21 juillet au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar. Ce passage devant le parquet s’est soldé par un retour de parquet, prélude à l’ouverture imminente d’une information judiciaire.

Les charges qui pèsent sur l’administrateur du célèbre site Seneporno sont multiples : collecte et diffusion illicites de données personnelles, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, chantage, extorsion de fonds et, plus récemment, blanchiment de capitaux.

Selon les révélations livrées par L’Observateur dans son édition de ce mardi 22 juillet, l’enquête a mis au jour un mode de vie luxueux, qui contraste avec la discrétion affichée par l’intéressé ces dernières années. Les enquêteurs ont ainsi découvert un compte bancaire bien fourni, affichant un solde de 49 millions de francs CFA. Ce compte aurait également enregistré des mouvements financiers jugés suspects par les autorités.

Les perquisitions menées dans le cadre de l’enquête ont permis la saisie de plusieurs véhicules de luxe, dont une BMW haut de gamme et une Mitsubishi flambant neuve. Ces éléments alimentent les soupçons de blanchiment d’argent qui s’ajoutent aux autres infractions initialement retenues.

Autre point d’interrogation : la propriété réelle du restaurant Eddy’s, situé sur l’avenue Bourguiba à Dakar. Le lien entre ce commerce et « Kocc Barma » n’est pas encore clairement établi, mais il est au cœur des investigations. Les enquêteurs cherchent à déterminer si ce restaurant a pu servir de façade à des opérations de blanchiment ou s’il s’agit d’un simple investissement déclaré.

Face à la complexité du dossier, le parquet a opté pour l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction. Cette procédure permettra un approfondissement de l’enquête, notamment à travers d’éventuelles confrontations, auditions de complices présumés et expertises techniques.

Déjà poursuivi dans le passé pour des faits similaires, El Hadji Babacar Dioum pourrait cette fois faire face à une réponse pénale plus sévère, au regard de l’ampleur des faits reprochés.

Arrestation à l’Arène nationale : fin de cavale pour Pathé Baldé, frère du lutteur Ama Baldé

La cavale de Pathé Baldé a pris fin ce dimanche à l’Arène nationale. Frère du célèbre lutteur Ama Baldé, il a été interpellé alors qu’il assistait discrètement à un combat pour soutenir son neveu Jacob. Selon nos informations, c’est sa présence remarquée qui a alerté les forces de sécurité. Placé en garde à vue, il a été déféré ce lundi 21 juillet devant le parquet de Pikine-Guédiawaye.

Pathé Baldé est poursuivi pour offre et cession de chanvre indien, outrage à agent et rébellion, des accusations qu’il réfute en bloc devant les enquêteurs. Peu loquace lors de son audition, il a simplement déclaré ne plus entretenir de contact avec son frère Ama Baldé ni leur neveu Julo, depuis leur fuite commune.

Les faits à l’origine de cette affaire remontent à mai dernier, à la suite d’une série d’agressions signalées dans le département de Pikine. Le nom de Julo, neveu d’Ama Baldé, avait été cité dans plusieurs plaintes pour violences. Refusant de se présenter à la police malgré plusieurs convocations, il aurait même menacé l’une des victimes.

Lorsque les forces de l’ordre ont tenté de l’interpeller au domicile familial, elles se sont heurtées à une résistance musclée. Des proches d’Ama Baldé, dont Pathé, se sont opposés à l’arrestation, provoquant un affrontement au cours duquel un adjudant de police a été blessé. Lors de la fouille des lieux, 14 cornets de chanvre indien ont été découverts.

Profitant du chaos, Julo, Ama et Pathé ont pris la fuite avant l’arrivée des renforts. Alors que les rumeurs le disaient réfugié en Guinée-Bissau, Pathé Baldé se serait en réalité caché sur le territoire sénégalais, échappant pendant deux mois aux recherches. Ama Baldé, de son côté, aurait quitté le Sénégal pour la France, selon le quotidien L’Observateur.

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