Société
Soussoum s’embrase : tensions vives autour de l’exploitation du basalte à Ndiaganiao
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par
Diack
Rafles, arrestations massives, maisons gazées… La population de Soussoum dénonce une répression brutale autour d’un projet d’extraction qui menace ses terres agricoles.
Le calme n’est plus qu’un lointain souvenir à Soussoum, localité de la commune de Ndiaganiao, où les affrontements entre forces de l’ordre et habitants ont pris une tournure dramatique depuis vendredi dernier. Au cœur de cette tension : un litige foncier autour de l’exploitation de 120 hectares de terres destinées à l’extraction de basalte.
Vendredi, la société Transfavo, bénéficiaire d’une partie de cette attribution, a tenté de prendre possession de sa parcelle avec le soutien des gendarmes de Ndiaganiao. Une descente musclée qui a immédiatement déclenché la colère des populations locales. Ces dernières, surprises à l’aube par la forte présence sécuritaire, ont rapidement convergé vers le site pour faire barrage à l’installation des clôtures.
Les habitants affirment que près de 40 hectares de la zone convoitée sont déjà occupés par leurs cultures en pleine croissance. Selon plusieurs témoignages rapportés par L’Observateur, la société Transfavo n’a jamais pris la peine de consulter ou même d’informer la communauté de ses intentions, ce qui est perçu comme une violation flagrante de leurs droits fonciers et coutumiers.
Face à la résistance populaire, les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation d’au moins vingt personnes, dont l’Imam Ratib de la localité, Gora Sène, ainsi qu’un de ses fils. Le lendemain, les protestations ont repris de plus belle, les villageois décidant de retourner dans les champs pour empêcher la reprise des travaux. Cette fois-ci, la répression s’est intensifiée.
Selon les habitants, des gendarmes auraient lancé des grenades lacrymogènes à l’intérieur de certaines maisons et procédé à des arrestations jusque dans les domiciles privés. Des personnes âgées figurent parmi les victimes de ces rafles, suscitant un émoi considérable au sein de la communauté.
La tension a atteint son paroxysme dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque plusieurs engins appartenant à la société Transfavo ont été incendiés. En représailles, une nouvelle vague d’arrestations a eu lieu dimanche matin. Toujours selon L’Observateur, des hommes en route pour Dakar ont été arrêtés à bord d’un véhicule de transport à hauteur du village de Diass. Seules les femmes et le chauffeur ont été épargnés.
Aujourd’hui, à Ndiaganiao, les populations se disent à bout, mais résolument déterminées à poursuivre leur combat. Le nombre d’arrestations dépasse, selon elles, la capacité de recensement. Mais ce qu’elles n’ont pas perdu, affirment-elles, c’est la volonté farouche de protéger leurs terres, leurs cultures, et leur dignité.
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