Décès d’un pèlerin sénégalais à La Mecque : La communauté du Hajj en deuil

La communauté sénégalaise en pèlerinage aux Lieux saints de l’islam est une nouvelle fois frappée par le deuil. Youssoupha Soumaré, âgé de 71 ans, a rendu l’âme ce lundi 2 juin 2025 à La Mecque, suite à un malaise survenu dans l’après-midi.

L’annonce du décès a été faite par la Délégation générale au Pèlerinage aux Lieux saints de l’islam. Le Délégué général, le Général Mamadou Gaye, accompagné de l’ensemble de son personnel, a exprimé sa profonde compassion à l’endroit de la famille du défunt, ainsi qu’à toute la communauté des pèlerins sénégalais présents en Arabie Saoudite.

Dans un message chargé d’émotion, la Délégation a présenté ses sincères condoléances, tout en priant pour le repos de l’âme du défunt. « Que LE TOUT-PUISSANT ALLAH (SWT) lui accorde le bénéfice d’un Hajj Mabrour, le pardon de ses péchés et lui ouvre les portes du meilleur des paradis. Amine », peut-on lire dans la note officielle.

Conformément aux rites islamiques, Youssoupha Soumaré a été inhumé en début de soirée à La Mecque, ville sainte de l’islam. Un moment empreint de recueillement et de prières pour ce fidèle qui a achevé son parcours terrestre en terre sacrée.

Que son âme repose en paix et que Dieu lui accorde Sa miséricorde.

Le Sénégal sans appui du FMI et de la Banque mondiale depuis un an : le gouvernement mise sur la résilience interne

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a révélé ce lundi que le Sénégal n’a reçu aucun appui financier de ses principaux partenaires techniques et financiers, en particulier le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, depuis une année. Une situation inédite qui intervient dans un contexte de transition politique et d’audit en profondeur des finances publiques héritées de l’ère Macky Sall.

S’exprimant lors du lancement officiel de la plateforme de paiement digital « SenTrésor », le ministre a tenu à rassurer sur la solidité économique du pays. « Le Sénégal tient toujours sur ses appuis », a-t-il déclaré, soulignant la résilience de l’administration financière nationale. « Cette résilience est rendue possible par une administration financière debout, avec ses soldats au niveau des impôts, de la douane, du Trésor et de tout autre acteur des finances publiques », a-t-il ajouté.

Depuis l’investiture du président Bassirou Diomaye Faye en avril 2025, les autorités sénégalaises se sont engagées dans une réforme structurelle de la gouvernance économique. Cette volonté de rupture s’est traduite par la publication récente d’un état des lieux des finances publiques couvrant la période 2019-2023. Ce document met en lumière plusieurs irrégularités budgétaires et pratiques financières douteuses durant le dernier mandat de Macky Sall.

Selon le journal L’Observateur, c’est précisément ce travail de diagnostic approfondi et les audits en cours qui expliqueraient la suspension temporaire des décaissements des institutions de Bretton Woods. Ces partenaires financiers, connus pour leur exigence en matière de transparence et de fiabilité des données, auraient adopté une position d’attente, le temps d’évaluer les nouveaux dispositifs de gestion et les résultats des réformes engagées.

Malgré l’absence de financements extérieurs, le ministre Cheikh Diba affirme que l’État sénégalais continue de faire face à ses engagements. La mise en service de la plateforme « SenTrésor » est d’ailleurs présentée comme un symbole de cette dynamique interne : un outil de digitalisation des paiements destiné à améliorer la traçabilité des opérations publiques et à renforcer la gouvernance financière.

L’enjeu est de taille. Le Sénégal, qui a longtemps compté sur l’appui de la communauté financière internationale pour soutenir son budget et ses investissements, doit aujourd’hui faire preuve d’ingéniosité et de rigueur pour maintenir sa stabilité économique. À cela s’ajoute une pression sociale forte, alimentée par des attentes élevées autour des promesses de transparence, de justice économique et de redistribution faites par le nouveau régime.

À court terme, les experts s’accordent à dire que la reprise de la coopération financière avec le FMI et la Banque mondiale dépendra de la capacité du gouvernement à démontrer une gestion saine, crédible et transparente des ressources publiques. La publication complète des audits et la mise en œuvre des recommandations pourraient jouer un rôle déterminant dans ce processus.

Révélations de la Centif : un vaste réseau de blanchiment de capitaux entre Dakar et l’Europe

Dans son rapport d’activités 2024, la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) a mis à jour un réseau international de blanchiment de capitaux impliquant un cabinet de conseil européen, une société sénégalaise influente et des personnalités de haut rang au sein de l’administration publique et du secteur privé sénégalais. Le préjudice financier s’élèverait à plus de 1,5 milliard de francs CFA, détourné depuis une entité publique sénégalaise vers des comptes à l’étranger.

Tout a commencé par une information spontanée émise par une Cellule de renseignement financier (CRF) européenne. Celle-ci attirait l’attention sur des transactions suspectes effectuées par un cabinet de conseil basé en Europe, dénommé Beta, mandaté par une entité publique sénégalaise. Selon la Centif, des virements bancaires dépassant 1,5 milliard de FCFA ont été transférés en euros depuis le compte d’une entité publique du Sénégal vers celui du cabinet Beta.

L’enquête révèle que le cabinet Beta n’a pas conservé l’intégralité des fonds reçus. Une partie importante de ces sommes a été réacheminée vers des comptes ouverts dans des banques sénégalaises, au nom d’une société privée locale appelée Game. Cette dernière est dirigée par un homme d’affaires influent, désigné sous le pseudonyme de X, dont les connexions dans les milieux politico-économiques sont bien établies.

Officiellement, Game avait signé un contrat de partenariat avec Beta, prévoyant le versement de commissions équivalentes à 20% des honoraires hors taxes perçus par le cabinet pour tout contrat facilité par Game. Cependant, les enquêteurs ont constaté que les sommes réellement transférées à Game excédaient largement ces proportions.

« À l’analyse, il a été constaté un écart significatif entre les engagements contractuels et les paiements réellement effectués en faveur de la société Game, suggérant l’existence d’un mécanisme de rétrocommissions et un détournement de fonds, » peut-on lire dans le rapport de la Centif.

Plus troublant encore, la Centif note que Game est liée à un réseau d’hommes d’affaires, de directeurs de sociétés publiques et de hauts responsables administratifs. Ces relations croisées renforcent les soupçons de trafic d’influence, de corruption et même d’association de malfaiteurs, selon le langage employé dans le rapport.

Ce réseau opaque illustre à quel point certains segments de l’économie sénégalaise sont infiltrés par des pratiques mafieuses, mêlant intérêts privés, argent public et opérations internationales douteuses. La révélation du rapport 2024 de la Centif pourrait constituer un véritable séisme politique et judiciaire, si les poursuites qui en découlent vont à leur terme.

Aucune information officielle n’a encore été communiquée sur d’éventuelles arrestations ou mises en examen. Toutefois, des sources proches de l’enquête affirment que plusieurs personnalités figurant dans le rapport pourraient être convoquées dans les prochaines semaines. La justice sénégalaise est désormais attendue au tournant.

Khadim Bâ, PDG de Locafrique, entendu sur le fond par le juge après huit mois de détention

Après huit mois de détention provisoire, l’homme d’affaires sénégalais Khadim Bâ, patron de Locafrique, a enfin été entendu sur le fond de son dossier, ce lundi 2 juin, par le juge Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Une audition cruciale dans le cadre du litige qui l’oppose à l’Administration des Douanes, qui l’accuse de change illégal, de non-rapatriement de fonds et d’importation illicite.

Entouré de ses avocats – Mes Djiby Diallo, Seydou Diagne, Ciré Clédor Ly et Demba Ciré Bathily – Khadim Bâ a fermement rejeté toutes les accusations. Selon des informations rapportées par L’Observateur, il a soutenu qu’il n’était « ni importateur, ni prestataire », se définissant plutôt comme un simple « facilitateur » dans les opérations visées. Il a précisé que les véritables importateurs, à savoir Total, la Société Africaine de Raffinage (SAR) ou encore Touba Oil, s’étaient conformés à l’ensemble de leurs obligations douanières.

L’homme d’affaires a également affirmé que toutes les transactions ont été réalisées en francs CFA sur le territoire sénégalais, avec l’aval de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il cite notamment la signature d’Ahmadou Al Aminou Lô, alors directeur national de l’institution.

En réponse aux accusations de non-rapatriement de fonds, Khadim Bâ a affirmé avoir injecté plus de 390 milliards de francs CFA dans l’économie sénégalaise, rejetant les allégations portant sur une commission de 45 milliards non rapatriée.

La défense s’appuie désormais sur un rapport d’expertise établi par le cabinet Cecogex, récemment versé au dossier. Ce document remet en question la base juridique de la procédure. Il souligne que l’article 3 du Règlement n°09/2012/UEMOA, évoqué par les Douanes, ne s’applique pas aux contrats de représentation, mais uniquement aux exportations de biens.

Le rapport met également en lumière plusieurs vices de forme dans le procès-verbal à l’origine des poursuites. Enfin, il rappelle qu’« au moment des faits, il n’existait aucune obligation légale de rapatriement pour ce type d’opération de services ». Cette obligation n’a été introduite qu’avec le nouveau règlement de l’UEMOA de décembre 2024, dont l’entrée en vigueur est toujours suspendue, faute d’instructions d’application publiées par la BCEAO.

Cette audition pourrait marquer un tournant décisif dans le dossier très médiatisé de Khadim Bâ, dont la détention a suscité de nombreux débats dans le milieu économique sénégalais. Reste désormais à voir quelle suite le juge d’instruction donnera à ce dossier aux implications aussi bien juridiques qu’économiques.

Dialogue national au Sénégal : des points de blocage à la veille de la clôture des travaux

À quelques heures de la clôture officielle du dialogue national sur le système politique, ouvert le 28 mai dernier, les discussions peinent encore à déboucher sur des consensus clairs. Plusieurs questions majeures continuent de diviser les participants, malgré des jours de débats intenses et d’échanges nourris entre les différents pôles politiques, la société civile et les institutions impliquées.

L’un des points les plus débattus porte sur la nature même du régime politique sénégalais. Les participants semblent s’accorder sur le maintien du système hybride actuel, combinant des éléments du régime parlementaire et du régime présidentiel. Toutefois, un besoin d’ajustement est largement reconnu. La nécessité de renforcer la participation citoyenne a particulièrement retenu l’attention. Un acteur de la société civile, cité par le quotidien L’As, a ainsi souligné que « nulle part dans la Constitution, les droits du citoyen ne sont mentionnés », plaidant pour une constitutionnalisation du rôle du citoyen dans le fonctionnement démocratique.

Fait notable, la proposition récemment évoquée par le président de la République concernant un éventuel renforcement des pouvoirs du Premier ministre n’a pas été inscrite à l’ordre du jour, ni abordée en plénière ni en commission. Cette absence interroge, au moment où la structure institutionnelle du pays est précisément au centre des discussions.

La question du statut de l’opposition reste également un point d’achoppement. Deux visions s’affrontent : d’un côté, des formations politiques telles que la Nouvelle Responsabilité d’Amadou Ba militent pour la reconduction de l’accord de 2020, qui confère au candidat arrivé deuxième à la présidentielle le statut de chef de l’opposition. De l’autre, le Parti démocratique sénégalais (PDS) défend que ce statut revienne au premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale. Aucun consensus n’a, à ce stade, été dégagé.

Autre sujet sensible : l’arrêté dit « Ousmane Ngom », qui interdit les manifestations dans le centre-ville de Dakar. Une majorité de participants s’est prononcée en faveur de sa suppression, estimant que cet acte administratif entrave la liberté de manifestation. Toutefois, certaines voix, notamment parmi les marchands ambulants et les artisans, ont exprimé leurs craintes face aux possibles « dommages collatéraux » que pourrait entraîner une levée de cette interdiction. Des propositions ont émergé, notamment la création d’espaces publics dédiés aux manifestations et un encadrement renforcé des pouvoirs préfectoraux, en particulier sur la célérité de leurs décisions et l’accès au référé.

Ce mardi matin, une réunion décisive de la commission « Démocratie, libertés et droits humains » s’est tenue, dans l’objectif de rapprocher les positions sur ces sujets épineux et de finaliser le rapport de la commission. Ce document est censé être présenté en plénière lors de la séance de clôture prévue pour le 4 juin.

Sénégal – Woodside : Vers un arbitrage international dans un différend fiscal de 40 milliards FCFA

Un nouveau front judiciaire s’ouvre entre l’État du Sénégal et la compagnie pétrolière australienne Woodside Energy. En désaccord avec un redressement fiscal de 40 milliards de francs CFA (environ 61 millions d’euros), la multinationale a décidé de porter l’affaire devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), relevant de la Banque mondiale.

L’affaire remonte à juillet 2024, lorsque la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) a notifié à Woodside un redressement fiscal, dans le cadre de ses activités d’exploitation pétrolière au Sénégal, notamment sur le champ de Sangomar. L’entreprise australienne, qui pilote ce projet stratégique pour l’économie sénégalaise, a immédiatement rejeté cette décision, affirmant avoir agi dans le strict respect de la législation fiscale en vigueur.

Woodside avait, dans un premier temps, porté le dossier devant les juridictions sénégalaises. Mais les procédures judiciaires ont été marquées par des reports à répétition, sans que le fond du litige ne soit tranché. Parallèlement, les autorités fiscales sénégalaises ont engagé des mesures de recouvrement, allant jusqu’à la saisie des comptes bancaires de la filiale locale de Woodside. Pour éviter un blocage de ses opérations, l’entreprise a déposé des garanties financières, suspendant temporairement l’exécution forcée.

Le bras de fer s’est intensifié avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement au Sénégal, qui affiche une volonté forte de renégociation des contrats extractifs, jugés déséquilibrés. Le président de la République a d’ailleurs mis en place une commission spéciale chargée de réévaluer les accords pétroliers et miniers. Ce changement de cap s’inscrit dans une démarche de souveraineté économique et de meilleure redistribution des ressources naturelles.

En saisissant le CIRDI, Woodside opte pour l’arbitrage international, une voie souvent privilégiée par les multinationales lorsqu’elles estiment que leurs droits d’investisseurs étrangers sont bafoués. Ce recours traduit la montée en tension dans les relations entre la société australienne et l’État sénégalais, dans un contexte où le secteur énergétique est perçu comme l’un des leviers majeurs du développement national.

Tensions au Sénégal : le RIS Alwahda exige des comptes après les propos du Général Meïssa Sellé Ndiaye

Une vive polémique secoue le Sénégal depuis les récentes déclarations du Général à la retraite Meïssa Sellé Ndiaye. L’ancien aide de camp du président Macky Sall a lancé un signal d’alarme sur la présence présumée de cellules dormantes djihadistes dans le pays, évoquant également d’éventuels financements par des réseaux criminels. Des propos jugés d’une extrême gravité par le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS) Alwahda, qui ne cache pas sa colère.

Dans un communiqué relayé par le journal Source A ce mardi 3 juin, le RIS Alwahda invite le procureur de la République à s’autosaisir de l’affaire. L’organisation religieuse considère que de telles allégations ne peuvent rester sans suite judiciaire. « Le RIS Alwahda considère ses propos comme d’une extrême gravité et appelle à ce qu’il ne reste pas sans suite », peut-on lire dans les colonnes du quotidien.

Le général Meïssa Sellé Ndiaye a notamment alerté sur « la menace djihadiste grandissante aux frontières du pays » et appelé à un renforcement des capacités de défense pour garantir la sécurité nationale. Il a également exhorté les populations à plus de vigilance face aux dangers potentiels.

Mais le RIS Alwahda estime que de telles accusations, si elles ne sont pas appuyées par des preuves tangibles, risquent de jeter l’opprobre sur toute une communauté. « Si le général Meïssa Sellé Ndiaye détient les preuves de tels financements par des réseaux criminels, qu’il les présente devant la justice », martèle l’organisation.

Ce différend met en lumière les tensions croissantes entre autorités sécuritaires et certains groupes religieux dans un contexte régional marqué par la montée des périls sécuritaires au Sahel. Pour beaucoup d’observateurs, il devient urgent de clarifier les responsabilités et de traiter ces questions dans un cadre institutionnel rigoureux, à l’abri des déclarations publiques polémiques.

Faux magistrat au Palais de Justice : Oumar Barro Thiam arrêté après avoir escroqué des citoyens

L’affaire secoue le milieu judiciaire : Oumar Barro Thiam, qui se faisait passer pour un magistrat détaché au ministère de la Justice, a été arrêté par le commissaire de Golf, révèle le journal Libération dans son édition de ce mardi.

Selon les informations rapportées, le mis en cause, neveu d’un magistrat, occupait le bureau n°84 au sein même du Palais de Justice, exploitant ses liens familiaux pour entretenir l’illusion de sa fonction auprès du public. Il aurait profité de cette proximité pour duper plusieurs citoyens en quête d’aide dans leurs affaires judiciaires.

Parmi ses victimes figure une certaine K. Sow, à qui il avait promis la libération de son frère, détenu sous bracelet électronique. En contrepartie de cette faveur, il lui aurait exigé la somme de 1,5 million de francs CFA. La plaignante, convaincue de sa légitimité, lui a versé 1,2 million avant de commencer à douter de ses réelles fonctions. Elle a alors décidé de porter plainte.

L’enquête ouverte a permis à K. Sow de fournir plusieurs éléments accablants : des vidéos compromettantes et des décharges de paiement signées par le faux magistrat. Grâce à ces preuves, les enquêteurs ont tendu un piège à Oumar Barro Thiam, qui a été interpellé alors qu’il tentait de récupérer le reliquat de la somme convenue.

Une perquisition à son domicile a permis de découvrir des faux documents administratifs, probablement utilisés pour renforcer la crédibilité de son imposture.

Lutte contre le blanchiment d’argent : La CENTIF révèle des transactions suspectes de plusieurs dizaines de milliards de FCFA

Dans son rapport d’activités pour l’année 2024, la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) dévoile l’ampleur inquiétante des flux financiers suspects détectés dans le système bancaire national. Plusieurs déclarations de soupçon, émanant d’institutions financières, ont mis au jour des opérations portant sur un montant global de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Les investigations de la CENTIF révèlent un mode opératoire de plus en plus sophistiqué, impliquant principalement des personnes politiquement exposées (PPE). Ces dernières auraient eu recours à des prête-noms et à des structures juridiques telles que des sociétés civiles immobilières (SCI) ou des sociétés commerciales pour capter illicitement des fonds publics.

Selon le rapport, les suspects ont bénéficié de virements et de remises de chèques sans justification économique valable. Les fonds, une fois perçus, étaient partiellement transférés vers des comptes bancaires à l’étranger, notamment dans la sous-région et dans des juridictions considérées comme des paradis fiscaux. Les bénéficiaires finaux de ces flux financiers ont souvent été identifiés comme les véritables détenteurs des sociétés de façade utilisées dans ce processus.

Fait marquant, la personne identifiée comme principale bénéficiaire de ces transactions — une PPE — n’a obtenu aucun marché public au cours des dix dernières années, comme l’ont confirmé les services en charge de la Commande publique. Cela renforce les soupçons sur l’origine illicite des fonds concernés.

Entre 2017 et 2024, plusieurs opérations financières ont été enregistrées, incluant des bons de caisse, des dépôts à terme et des bons anonymes. Ces instruments financiers, souvent utilisés pour dissimuler l’origine des fonds, ont été largement mobilisés dans le cadre de cette fraude présumée.

À la suite de ses enquêtes, la CENTIF a transmis un rapport circonstancié au Procureur de la République. Cela a conduit à l’ouverture de procédures judiciaires et à la saisie conservatoire de plus d’une dizaine de milliards de FCFA sur les comptes bancaires des personnes mises en cause, ainsi que sur ceux des structures juridiques impliquées.

La CENTIF insiste sur la nécessité de renforcer les mécanismes de détection et de surveillance des transactions financières suspectes, notamment celles impliquant des acteurs publics ou proches du pouvoir, afin de préserver l’intégrité du système financier national.

Trafic de chanvre à l’Ucad : Deux étudiants à la tête d’un réseau démantelé

Un important réseau de trafic de chanvre indien a été démantelé en plein cœur du campus universitaire Cheikh Anta Diop (Ucad), révélant une organisation clandestine bien rodée opérée par deux étudiants. Ce réseau mafieux, qui avait pris ses quartiers dans le temple du Savoir, a été mis à nu grâce à une opération d’infiltration menée par les forces de sécurité en coordination avec le service de surveillance de l’université.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, le premier cerveau du réseau a été identifié et interpellé au sein même du campus, alors qu’il détenait encore un stock de 41 cornets de chanvre indien. Jugé en comparution immédiate devant le tribunal de Dakar, l’étudiant a été condamné à deux ans de prison ferme.

Mais les autorités n’en sont pas restées là. Conscients de la persistance du phénomène et de la probabilité d’un relais dans le trafic, les enquêteurs du commissariat du Point E ont poursuivi leur stratégie d’infiltration. Leur attention s’est rapidement portée sur Fallou Mbaye, étudiant domicilié au pavillon M de l’Ucad, désigné comme le probable successeur du réseau démantelé.

Né à Mbacké le 10 décembre 2001, Fallou Mbaye a été suivi de près avant d’être pris en flagrant délit de détention de 61 cornets de chanvre. Il a été arrêté dans l’enceinte même de l’université puis conduit sous bonne escorte au commissariat du Point E, où il a été placé en garde à vue.

Il doit être présenté ce jour au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar. Une suite judiciaire est donc attendue pour cet étudiant qui risque à son tour une lourde peine, dans un contexte où les autorités semblent décidées à assainir durablement le milieu universitaire.

Affaire de la surfacturation de 30 milliards : Pape Malick Ndour interpelle le gouvernement et raille Ousmane Sonko

L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a réagi vigoureusement à la révélation d’une présumée surfacturation de 30 milliards de francs CFA dans le cadre d’un marché public relatif à la construction de salles de classe. Dans une publication partagée sur ses réseaux sociaux, il dénonce une gestion opaque et ironise sur le traitement de cette affaire par les nouvelles autorités.

« Le gouvernement affirme avoir décelé une surfacturation de 30 milliards sur un marché de salles de classe. Au lieu de casser le contrat, de poursuivre l’entrepreneur pour complicité de détournement et de reverser les fonds au Trésor public, les autorités ont préféré, selon les termes du quotidien Le Soleil, “transformer” ces 30 milliards en 2 000 salles de classe, soit 15 millions l’unité », a-t-il écrit.

Sur un ton sarcastique, Pape Malick Ndour ajoute :

« C’est désormais officiel : au pays de Sa Majesté Nanan Koua, une salle de classe non surfacturée (rire) coûte 15 millions… »

L’ancien ministre promet de revenir plus en détail sur cette affaire et d’autres enjeux économiques lors de son passage ce soir sur la chaîne SEN TV. Au programme : la question de la dette publique, la stratégie d’endettement actuelle fondée sur un recours massif au marché intérieur, le manque de transparence budgétaire, ainsi que des comparaisons régionales avec la Côte d’Ivoire et le Mali.

« Ce soir sur SEN TV, nous reviendrons sur la dette publique, la stratégie d’endettement fondée sur un recours systématique au marché intérieur et ses conséquences, l’absence de publication des rapports d’exécution budgétaire et des bulletins statistiques sur la dette publique, la Côte d’Ivoire, le Mali… », a-t-il conclu, non sans ironie, par un « Bon Lundi… »

Cette sortie de Pape Malick Ndour intervient dans un contexte où la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Ousmane Sonko promet une gouvernance de rupture, axée sur la transparence et la reddition des comptes. Reste à savoir si cette affaire de surfacturation sera élucidée jusqu’au bout ou si elle deviendra un nouveau dossier sensible dans l’arène politique sénégalaise.

République des Valeurs tire la sonnette d’alarme : « Le Sénégal va mal »

Thiès – Lors de sa réunion ordinaire tenue ce week-end à Thiès, le Bureau politique de la République des Valeurs/Réewum Ngor, présidé par Thierno Alassane Sall (TAS), a livré un diagnostic sans concession de la situation nationale. Le parti alerte sur une « fatigue sociale généralisée » et fustige l’inaction du gouvernement face aux nombreuses difficultés des Sénégalais.

À l’approche de la Tabaski, le quotidien devient plus difficile pour les ménages sénégalais. République des Valeurs (RV) décrit une crise économique aiguë : flambée des prix, stagnation des salaires, chômage grandissant. « Les poches sont vides, les familles souffrent », déplore le parti, qui appelle à un plan d’urgence économique en faveur des couches les plus vulnérables : jeunes, femmes, travailleurs informels et familles modestes.

RV dénonce aussi une absence de transparence dans la gestion des finances publiques. Le vote du budget 2025, selon le parti, s’est fait sans débat parlementaire ni publication de rapports d’exécution, un fait jugé « inacceptable dans une République transparente ». Thierno Alassane Sall, par ailleurs député, entend interpeller le ministre des Finances par une question orale cette semaine à l’Assemblée nationale.

Le parti pointe également l’abandon des agriculteurs, livrés à eux-mêmes. Manque de semences de qualité, absence d’outils adaptés et débouchés inexistants freinent toute relance du secteur. Pour RV, une refonte de la politique agricole s’impose, articulée autour de cinq axes : accès équitable aux intrants, développement de pôles de production et de transformation, structuration des filières, promotion de l’agroécologie, et création d’une assurance agricole nationale.

Les inondations, notamment dans la vallée du fleuve Sénégal, illustrent selon RV l’inefficacité de l’État à protéger ses citoyens. Le parti déplore l’abandon des sinistrés dans des abris précaires et appelle à des mesures immédiates : secours d’urgence, relogement digne, coordination entre collectivités, ONG et partenaires techniques.

RV ne mâche pas ses mots contre ce qu’il qualifie de « gouvernance clanique ». Il accuse l’exécutif de favoritisme, de gestion patrimoniale de l’État et de pratiques népotiques où la loyauté prime sur la compétence. Le parti s’oppose également au « faste ostentatoire » de certaines délégations officielles et aux « voyages inutiles » jugés coûteux et inefficaces.

Face à ces dérives, République des Valeurs appelle à une refondation républicaine. Le parti prône une gouvernance éthique, au service de l’intérêt général, avec des institutions protectrices et une société inclusive. « Il est temps de parler vrai, de retisser la confiance et de remettre les Sénégalais au cœur du projet national », conclut le communiqué.

Gala FIPA d’Or : les innovateurs et entrepreneurs africains à l’honneur

La 6e édition de la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA 2025) a fermé ses portes après avoir rassemblé, du 22 mai au 1er juin, 35 pays autour du thème de l’intégration économique africaine.

Lors de la cérémonie de clôture, la commissaire générale, Fatou Fabira Dramé, présidente de la plateforme “Baye Sa War” et initiatrice de ce rendez-vous culturel et économique panafricain, a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers l’ensemble des participants : autorités, exposants, partenaires et public.

“Durant ces journées intenses, riches en échanges, en rythmes, en couleurs, en saveurs et en savoir-faire, nous avons vu l’Afrique s’exprimer dans toute sa diversité, son talent et son potentiel. Plus qu’un marché, la FIPA est devenue un carrefour de fraternité, de coopération économique et culturelle, un espace où l’excellence africaine a été mise à l’honneur, portée par nos artisans, nos artistes, nos entrepreneurs, nos créateurs, nos producteurs venus des quatre coins du continent et de la diaspora”, a-t-elle déclaré.

Elle a également félicité chaleureusement les exposants pour la qualité de leurs produits et l’innovation de leur savoir-faire, sans oublier de remercier les partenaires institutionnels, techniques et financiers, les équipes d’organisation, les volontaires, les médias, les artistes, ainsi que le public fidèle pour son engagement.

Pour Fatou Fabira Dramé, cette clôture marque le point de départ d’une nouvelle étape :

“Un engagement renouvelé pour la valorisation du made in Africa, pour l’intégration économique africaine et pour l’industrialisation locale. Nous devons porter ensemble cet élan jusqu’à la prochaine édition en 2026, que nous voulons plus grande, plus inclusive, plus innovante encore. D’ici là, restons mobilisés, connectés et solidaires. Continuons de croire en nous, en notre continent, en notre capacité à transformer nos richesses en opportunités durables pour nos peuples.”

La cérémonie de clôture, tenue en présence de l’ambassadeur des Comores, a culminé avec le Gala FIPA d’Or, point d’orgue de l’événement.

Dans une ambiance à la fois solennelle et festive, cette soirée a récompensé les bâtisseurs de l’Afrique : des innovateurs et entrepreneurs remarquables, des femmes et des hommes engagés dans le développement local et régional, ainsi que des partenaires et institutions qui ont marqué l’édition 2025.

Son Excellence Baba NDIAYE, Ambassadeur du Coaching Territorial pour l’Afrique, marque de son empreinte le 6e Salon de l’Économie Sociale et Solidaire à Oujda

Oujda, Maroc – Du 23 au 30 mai 2025, la ville d’Oujda a accueilli la 6e édition du Salon régional de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) de la région de l’Oriental, ainsi que le séminaire de clôture du Programme d’Égalité des Genres (PEG), financé à hauteur d’un million d’euros par la coopération belge. Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et présidé effectivement par le ministre chargé de l’Économie Sociale et Solidaire, cet événement d’envergure a mis en lumière les dynamiques innovantes de développement local.

Parmi les figures marquantes de cette semaine dédiée à l’économie sociale et à la coopération internationale, Son Excellence Baba NDIAYE, Ambassadeur du Coaching Territorial pour l’Afrique, s’est particulièrement distingué. Présent en tant que panéliste, modérateur, rapporteur et président de séance, il a contribué activement à plusieurs panels, abordant des thématiques clés telles que :

les mécanismes de valorisation et de commercialisation des produits des coopératives, la coopération Sud-Sud, Nord-Sud et triangulaire, l’autonomisation des femmes et des jeunes à travers le Coaching Territorial.

Lors du séminaire d’ouverture, le premier panel a été modéré par le Dr Najat Zarrout, experte auprès de l’ONU et cadre de CGLU Afrique. À cette occasion, l’Ambassadeur Baba NDIAYE a été désigné rapporteur du panel consacré à l’autonomisation des femmes et des jeunes dans le cadre de l’économie sociale et solidaire. Il a présenté un rapport stratégique soulignant le rôle fondamental du Coaching Territorial comme levier transversal de développement local.

Le Salon a rassemblé des délégations de plusieurs régions africaines, notamment Kaolack (Sénégal), Boucle du Mouhoun (Burkina Faso), Nava (Côte d’Ivoire), ainsi que des représentants de la Mauritanie. La participation d’organisations telles que Échos Communication, Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), l’Agence de Développement de l’Oriental (ADO), l’Agence de Développement Municipal (ADM – Sénégal), et Enabel, a donné à l’événement une dimension internationale notable.

Un partenariat structurant a d’ailleurs été scellé entre les coopératives des différentes régions représentées, illustrant une volonté partagée d’approfondir la coopération décentralisée au service de l’économie sociale et solidaire.

Lors de la cérémonie de clôture du Programme PEG, Son Excellence Baba NDIAYE a lancé un appel fort en faveur d’un accompagnement renforcé des coachs territoriaux africains, plaidant pour l’intégration du Coaching Territorial dans les politiques publiques de décentralisation. Cette démarche vise à renforcer la démocratie participative, la transparence, l’efficacité des services publics et l’inclusion citoyenne dans les dynamiques locales.

En conclusion, Son Excellence a rendu un hommage appuyé à la région de l’Oriental, saluant son rôle précurseur en matière de coopération interterritoriale africaine et l’engagement exemplaire de ses institutions. Il a également souligné l’apport stratégique des membres du Consortium – Échos Communication, l’Agence de Développement de l’Oriental, CGLU Afrique, et l’Université Mohammed Premier – aux côtés du Conseil régional de l’Oriental, pour la promotion d’un développement territorial intégré et solidaire.

Gautier Brygo, représentant-pays de Échos Communication, Mouhamed Zerouali, Directeur des Partenariats de la région de l’Oriental, Dr Najat Zarrout, membre du groupe des experts de l’administration publique de l’ONU et Responsable du renforcement des capacités à CGLU Afrique.

Ziguinchor : Le maire Djibril Sonko convoqué par la Section de recherches dans une affaire de détournement présumé

Le maire de Ziguinchor, Djibril Sonko, est convoqué ce lundi à la Section de recherches de la gendarmerie de Ziguinchor, dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par la section locale du mouvement Frapp France Dégage, dirigée par l’activiste Guy Marius Sagna.

Au cœur de cette plainte figure un soupçon de détournement de fonds publics portant sur un montant de 25 millions de francs CFA, supposément disparus des caisses de la municipalité. Selon le quotidien L’Observateur, qui a révélé l’information, la disparition de cette somme aurait été signalée dans un document officiel de la mairie.

Face à ces accusations, la municipalité n’est pas restée silencieuse. Dans une note relayée par un journal du Groupe Futurs Médias, la mairie dénonce une “manipulation inique, scandaleuse et éhontée”, visant à ternir l’image de l’administration municipale. Elle attribue cette affaire à une faute de gestion isolée d’un agent municipal, affecté à la Recette Perception municipale (RPM), et non à une tentative de dissimulation de la part du maire ou de son équipe.

L’affaire suscite déjà un vif intérêt à Ziguinchor, où le climat politique reste tendu à l’approche de nouvelles échéances électorales. L’audition du maire Djibril Sonko pourrait permettre d’éclaircir les zones d’ombre entourant cette affaire qui pourrait, si les faits sont avérés, entacher la gestion municipale actuelle.

Kaolack : Formation des acteurs scolaires à la gestion de l’hygiène menstruelle

À Kaolack commune, une initiative salutaire a récemment été lancée par l’Association Action pour le Développement du Sénégal (AADS) afin de briser le tabou autour des menstruations et d’améliorer la rétention scolaire des jeunes filles. Une formation dédiée à la gestion de l’hygiène menstruelle a été organisée à l’intention des enseignants, des élèves, des parents d’élèves et du personnel administratif. Objectif : créer un environnement scolaire plus sûr, plus sain et plus inclusif pour les adolescentes.

« Beaucoup de filles manquent les cours pendant leurs règles, soit par peur d’accidents, soit à cause de moqueries. Il était temps d’agir. C’est ce qu’a compris l’AADS en organisant ce forum de sensibilisation, ce samedi 31 mai 2025 », a expliqué Fatou Kinné Diassé Kandji, présidente de la commission renforcement des capacités et du plaidoyer de l’association.

Dans les Collèges d’Enseignement Moyen (CEM), des milliers de jeunes filles font face chaque mois à un défi silencieux mais crucial : l’accès aux serviettes hygiéniques. Une réalité trop souvent ignorée, mais déterminante pour la scolarité, la santé et la dignité des adolescentes.

« Nous avons décidé d’organiser ce forum à l’endroit de tous les acteurs du système éducatif – le corps professoral, les élèves, l’Association des mères d’élèves, les parents d’élèves et les membres du comité de gestion – pour renforcer leurs capacités sur la gestion de l’hygiène menstruelle, mais aussi sur l’estime de soi », a poursuivi Mme Kandji.

Au total, 540 jeunes filles issues des CEM de la commune de Kaolack ont bénéficié de cette formation. Ces bénéficiaires joueront désormais un rôle de relais communautaires, chargées de la démultiplication et de la sensibilisation dans leurs établissements et quartiers respectifs.

Concernant le suivi, l’AADS prévoit de former l’Association des mères d’élèves à la confection et à l’utilisation de serviettes hygiéniques lavables. L’organisation envisage également la mise en place de kits de serviettes hygiéniques dans les établissements scolaires pour faciliter l’accès des jeunes filles à ces produits essentiels.

La formation des acteurs scolaires à la gestion de l’hygiène menstruelle marque une avancée significative pour l’égalité des chances à l’école. En brisant le silence et en éduquant tous les membres de la communauté scolaire, cette initiative contribue à faire des menstruations un sujet de santé et de dignité, et non de honte.

Kaolack / Formation des membres de l’UDEN : Renforcement des capacités syndicales pour une éducation de qualité

Durant deux jours (vendredi et samedi), la ville de Kaolack a accueilli une session de formation destinée aux membres du syndicat UDEN. L’objectif principal : renforcer les compétences des militants syndicaux afin de mieux défendre les droits des enseignants et promouvoir un système éducatif équitable et inclusif.

« Nous sommes à Kaolack parce que notre syndicat, l’Union Démocratique des Enseignants et Enseignantes du Sénégal (UDEN), y organise une session de renforcement de capacités sur deux jours à l’intention de ses militantes et militants des deux sections de Kaolack, à savoir le département et la commune », a expliqué Issa Faye, secrétaire national chargé de la formation au sein du bureau exécutif national de l’UDEN.

Il a ajouté : « Cela fait partie des traditions de notre syndicat de régulièrement réunir ses militants pour les entretenir sur des questions qui peuvent impacter leur carrière et leur développement personnel. Parce que nous sommes conscients que l’essentiel ne réside pas seulement dans le nombre de militants, mais aussi dans leur qualité. Cela ne veut pas dire que nous ne faisons pas l’effort de massification, mais en même temps que nous nous élargissons, nous faisons de notre mieux pour accompagner les militants afin qu’ils atteignent un niveau de connaissance et de compétence qu’on ne retrouve pas partout. »

Concernant le choix de la région, Issa Faye a souligné que Kaolack fait partie des sections les plus dynamiques du syndicat. Il a également indiqué qu’au même moment, deux autres sessions de formation se tenaient dans les sections de Nioro du Rip et de Diourbel. D’autres sessions sont prévues après la Tabaski, notamment à Podor, Koumpentoum et Vélingara.

« Cela s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’UDEN qui vise à former ses militants. Le rôle d’un syndicaliste ne se limite pas à la représentation, à la formulation et à la défense de revendications. Il consiste aussi à favoriser le développement personnel des militants », a-t-il poursuivi.

Selon Issa Faye, cette session de formation a été structurée autour de plusieurs modules : la connaissance du syndicalisme à travers l’UDEN-SNES/FSU, l’histoire du syndicat, ses luttes et ses victoires, ainsi que la prise de parole en public.

« L’UDEN a une histoire épique, qu’il fallait partager, surtout avec les plus jeunes. C’est une histoire de combativité, de mobilisation constante, d’engagement et de résilience. Ce n’est pas un hasard si, parmi tous les syndicats traditionnels, nous sommes le seul à encore siéger à la table des négociations », a-t-il affirmé.

Le secrétaire général de l’UDEN au niveau de la commune de Kaolack, Omar Diallo, a salué la mobilisation des membres et rappelé la nécessité d’un engagement constant pour défendre les valeurs de justice sociale, de solidarité et de qualité dans l’éducation. Il a invité ses camarades à être des relais vigilants dans leurs localités. Formés et unis, ils seront mieux armés pour porter la voix de leurs collègues enseignants et enseignantes.

Pour sa part, le secrétaire général départemental, Abdoulaye Dia, a souligné que « cette formation s’inscrit dans le cadre d’un programme national de renforcement des capacités des membres de l’UDEN, appuyé par des partenaires. Elle marque une étape importante dans la professionnalisation de l’action syndicale au Sénégal ».

Dialogue sur le système politique

Notre modèle de démocratie renforce le citoyen, selon le Pr Malick Kane de Farlu Jotna

Le professeur Elhadj Malick Kane, président du mouvement Farlu Jotna – Forces vives du Sénégal, s’est exprimé à l’occasion du Dialogue national sur le système politique prévu du 28 mai au 4 juin 2025. Il salue l’initiative du président de la République visant à renforcer la démocratie sénégalaise et entend défendre un modèle démocratique centré sur le citoyen.

Dans le cadre de la refonte du système politique, le mouvement Farlu Jotna – Forces vives du Sénégal considère que la priorité doit être accordée au choix du modèle de démocratie. Il est temps, selon le professeur Kane, de dépasser les limites du régime présidentiel multipartite actuellement en place, pour évoluer vers un régime parlementaire solide, véritablement au service de la démocratie et du citoyen.

Chaque pouvoir doit pouvoir jouer son rôle en toute indépendance. De la même manière que la corruption affaiblit notre économie, notre justice souffre d’un manque d’autonomie. Garantir son indépendance totale est essentiel. Sans interférences politiques ou économiques, le pouvoir judiciaire pourra rendre une justice équitable.

« Les Sénégalais doivent devenir maîtres de leur destin », affirme le professeur Kane. Cela passe par un transfert effectif de compétences budgétaires et réglementaires aux collectivités locales. Le processus de décentralisation doit être renforcé : les décisions qui concernent directement les populations doivent être prises à l’échelle locale.

Redonner le pouvoir aux citoyens, c’est aussi leur permettre de s’exprimer sur les grandes orientations nationales. Farlu Jotna milite pour une démocratie participative, fondée sur l’engagement citoyen. « Pour rendre vivante la démocratie sénégalaise, il faut une volonté politique réelle et des actes concrets », insiste le professeur Kane.

Intervenir dans la vie des partis, les financer ou chercher à contrôler leur idéologie revient à transformer les militants en instruments du pouvoir, plutôt qu’en citoyens libres et responsables. Renforcer le statut de l’opposition et de son chef, sans réforme en profondeur, risque d’accentuer le sentiment que l’élite politique agit pour elle-même.

Le système électoral actuel, fondé sur une logique majoritaire, ne permet pas de refléter la diversité des sensibilités du pays. Farlu Jotna propose l’adoption d’un système électoral proportionnel, plus représentatif des minorités locales et régionales dans les choix politiques.

La liberté d’expression est une condition essentielle pour alimenter un débat politique sain. Le mouvement croit en une démocratie participative, fondée sur le consensus et la consultation directe autour d’un projet politique clairement élaboré.

Cette méthode permettra de recueillir l’avis de la société civile et des acteurs économiques, tout en évitant les dérives clientélistes. Pour garantir la rigueur du processus, les contributions doivent se faire uniquement par écrit, selon des règles claires et équitables.

Professeur Elhadj Malick Kane

Président du mouvement Farlu Jotna – Forces vives du Sénégal

Visite officielle : Le Premier ministre Ousmane Sonko reçu par le Président Alassane Ouattara

Dans le cadre d’une visite de travail et d’amitié, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été reçu en audience ce jeudi 29 mai 2025 par Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire.

Arrivé à Abidjan pour une mission de trois jours, le chef du gouvernement sénégalais entame ainsi une série de rencontres diplomatiques de haut niveau, visant à renforcer les liens historiques, économiques et politiques entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

La rencontre entre les deux dirigeants s’est déroulée dans une atmosphère cordiale et fraternelle, témoignant de la qualité des relations entre les deux pays. Les échanges ont porté sur plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment la coopération bilatérale, les enjeux sous-régionaux en Afrique de l’Ouest, ainsi que les perspectives d’intégration économique dans l’espace CEDEAO.

Cette visite s’inscrit dans une volonté commune de renforcer les partenariats stratégiques entre Dakar et Abidjan, avec un accent particulier mis sur les domaines de l’économie, de l’éducation, de la sécurité, et des infrastructures.

Outre l’audience présidentielle, le programme de la visite du Premier ministre Ousmane Sonko prévoit également des séances de travail avec des membres du gouvernement ivoirien, des rencontres avec la communauté sénégalaise résidant en Côte d’Ivoire, ainsi que des visites de terrain dans des zones à fort potentiel de coopération bilatérale.

L’Afrique rend hommage à Abdou Diouf : Un ouvrage collectif célèbre l’héritage de l’ancien président sénégalais à l’occasion de son 90e anniversaire

À l’occasion du 90e anniversaire de l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, l’Association des juristes africains publie un ouvrage collectif intitulé « L’Afrique rend hommage au président Abdou Diouf ». Ce livre, fruit des contributions de juristes et politologues africains, rend hommage à l’homme d’État, à son engagement pour la démocratie, l’État de droit et les grandes causes panafricaines.

La cérémonie de dédicace de l’ouvrage se tiendra ce samedi 31 mai 2025 à Dakar, en présence de nombreuses personnalités du monde politique, juridique et académique. L’événement sera suivi d’une conférence sur le thème « L’évolution de la Démocratie Sénégalaise », avec une intervention attendue de Pédro Diouf, fils du président Abdou Diouf.

Selon un communiqué parvenu à Dakaractu, ce livre marque le coup d’envoi d’une série de célébrations prévues tout au long de l’année 2025, année symbolique pour saluer le parcours exceptionnel de celui qui a dirigé le Sénégal de 1981 à 2000, après avoir été Premier ministre de Léopold Sédar Senghor.

Les auteurs des contributions réunies dans cet ouvrage analysent les grands chantiers menés sous le magistère de Diouf, notamment en matière de modernisation de l’administration, de consolidation des institutions démocratiques, de promotion de la paix en Afrique, mais aussi de son rôle à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Plus qu’un simple hommage, l’ouvrage se veut une base de réflexion sur l’héritage institutionnel et politique laissé par Abdou Diouf, et sur les leçons à tirer pour le présent et l’avenir des démocraties africaines.

Fatick / Némading : la 4e fête patronale du 23e BRA célèbre la fraternité militaire et le lien armée-nation

Le camp Colonel Momar Talla Fall de Némading, situé dans le département de Foundiougne (région de Fatick), a accueilli ce vendredi 30 mai la 4e édition de la fête patronale du 23e Bataillon de Reconnaissance et d’Appui (BRA), également appelée fête du Niombato. Un moment fort de la vie militaire et communautaire, placé sous le signe de la cohésion, de la mémoire et du patriotisme.

Unité de réserve d’intervention rattachée à la zone militaire n°3, le 23e BRA a célébré cet événement en présence du colonel commandant de zone, Diouma Sow, du préfet de Foundiougne, ainsi que de nombreuses autorités civiles, militaires, religieuses et coutumières. Instituée en 2021, cette fête vise à renforcer la cohésion interne du bataillon et à valoriser ses liens profonds avec les communautés locales.

Dans son allocution, le chef d’escadrons Mouhamed Samba Diouf, commandant du 23e BRA, a souligné que cette célébration permet non seulement de rendre hommage aux anciens soldats, mais aussi de transmettre aux jeunes générations les valeurs cardinales du bataillon, incarnées dans sa devise : « Bagne ba déé », autrement dit, « lutter jusqu’à la mort ».

« Cette journée est un symbole fort de notre esprit de corps et de notre enracinement dans la population », a-t-il déclaré.

Le commandant Diouf a également mis en lumière le rôle stratégique de son unité dans le dispositif national de sécurité :

« Le bataillon s’est illustré par de nombreuses opérations en 2024 et au cours du premier semestre 2025, témoignant de son ancrage dans la défense opérationnelle du territoire. »

Sur le plan international, le 23e BRA contribue également au rayonnement des Forces armées sénégalaises, avec une compagnie actuellement déployée en Gambie et une section présente en République Centrafricaine.

Au-delà des discours officiels, la journée a été marquée par des démonstrations militaires, des moments de recueillement à la mémoire des disparus, ainsi que des échanges fraternels avec les populations. Cette dimension communautaire reste au cœur de l’esprit du 23e BRA, qui entend faire de sa fête patronale un moment de communion républicaine, entre devoir de mémoire et projection vers l’avenir.

Le Président Diomaye Faye rend hommage au Dr Amadou Sall et accueille le Dr Ibrahima Soce Fall à la tête de l’Institut Pasteur de Dakar

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a salué ce vendredi le départ du Dr Amadou Sall de ses fonctions d’administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar (IPD), rendant un hommage appuyé à l’homme qui a marqué de son empreinte les avancées du Sénégal en matière de souveraineté pharmaceutique.

Dans une déclaration officielle publiée sur ses canaux numériques, le chef de l’État a souligné le rôle central du Dr Sall dans les transformations stratégiques de l’IPD :

« Je rends hommage au Dr Amadou Sall pour son immense contribution au processus de souveraineté pharmaceutique du Sénégal. Une empreinte durable laissée par le Dr Sall à la tête de l’IPD, notamment à travers le pilotage stratégique du projet de vaccinopole de Diamniadio, destinée à renforcer la production locale de vaccins et à positionner le Sénégal comme un acteur de premier plan en matière de biotechnologies en Afrique », a déclaré le Président.

Sous la direction du Dr Sall, l’Institut Pasteur de Dakar a connu une dynamique de modernisation et d’élargissement de ses capacités, notamment à travers des partenariats internationaux de haut niveau et des investissements structurants dans la recherche, la production vaccinale et les réponses aux urgences sanitaires.

Dans la foulée, le Président Diomaye Faye a félicité le Dr Ibrahima Soce Fall, nommé pour succéder au Dr Sall à la tête de l’institution. Médecin et expert en santé publique de renommée internationale, le Dr Fall est connu pour son expérience au sein de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), où il a occupé plusieurs postes stratégiques.

« Il est attendu pour donner un nouvel élan à l’IPD », a ajouté le Chef de l’État, confiant quant à la capacité du nouveau directeur à consolider les acquis et à porter de nouvelles ambitions pour la recherche biomédicale et l’innovation sanitaire en Afrique.

Vers une nouvelle ère politique : L’appel de Alioune Tine pour tourner la page de l’hyperprésidentialisme au Sénégal

Le fondateur du think-tank Afrikajom Center a lancé un vibrant appel à rompre avec le cycle de violence politique et les dérives d’un pouvoir présidentiel jugé omnipotent. À travers une déclaration marquée par la gravité et la lucidité, le défenseur des droits humains exhorte à une transformation en profondeur du système politique sénégalais.

« Depuis 2009/2011, avec les Assises nationales et la lutte contre le troisième mandat, nous avons vécu l’expérience de la toute-puissance de l’hyperprésidentialisme à la tête d’un exécutif qui assujettit tous les pouvoirs pour se maintenir », a-t-il rappelé, dénonçant un système qui confisque les contre-pouvoirs et alimente la répression.

Ce schéma, selon lui, s’est répété en 2021 et encore plus violemment en 2024, avec un lourd tribut payé en vies humaines. « On a répété l’expérience de la toute-puissance et de la résistance… avec plus de morts d’hommes », écrit-il, soulignant l’urgence d’un changement de paradigme.

Depuis l’an 2000, aucune alternance politique ne s’est déroulée sans tensions majeures. Les transitions, censées être des moments d’expression démocratique, ont été entachées de violences et de pertes humaines. Une réalité tragique que le fondateur d’Afrikajom Center juge inacceptable : « Les alternances ne se déroulent pas dans la sérénité, mais dans la violence et avec morts d’hommes. C’est ça qui doit changer radicalement. »

Dans sa conclusion, il appelle à tourner la page d’un pouvoir présidentiel « de vie et de mort », incarnant un modèle d’hyperprésidentialisme aux conséquences dévastatrices sur le plan politique, institutionnel et humain. Il prône un rééquilibrage des pouvoirs, une consolidation de l’État de droit et une démocratie apaisée, fondée sur le respect des droits fondamentaux.

Violents affrontements à Karang : les jeunes jakartamen dénoncent une bavure des forces de l’ordre

Depuis mercredi, la commune de Karang, dans la région de Fatick, est le théâtre de violents affrontements entre les conducteurs de motos Jakarta — communément appelés jakartamen — et les forces de l’ordre. À l’origine de cette vive tension : l’interpellation musclée d’un conducteur de moto par un gendarme en civil, dans des circonstances jugées abusives par les témoins et les jeunes de la localité.

Selon les informations de L’Observateur, tout aurait commencé par l’interpellation d’un certain Ismaïla Ndour, conducteur de moto-Jakarta, soupçonné à tort d’être lié à un grave accident impliquant un autre conducteur de moto ayant pris la fuite après avoir percuté une vieille dame. Alors qu’il affirmait ne rien savoir de l’affaire, Ismaïla Ndour aurait subi des insultes et des violences verbales de la part du gendarme, qui aurait ensuite tenté de le contraindre à monter dans un véhicule avec sa moto.

Ce comportement, perçu comme une humiliation et une injustice, a immédiatement déclenché la colère d’autres conducteurs présents. L’altercation a dégénéré, nécessitant l’intervention des éléments de la Brigade de gendarmerie de Karang, bientôt rejoints par des renforts. Des grenades lacrymogènes ont été utilisées pour disperser les manifestants, qui ont riposté par des jets de pierres. Les affrontements ont duré une grande partie de la nuit, plongeant la commune dans un climat de tension extrême.

Au terme de ces violents heurts, plusieurs jeunes, notamment des conducteurs de moto, ont été arrêtés par les forces de l’ordre. Parmi eux, Sékou Ndour, président de l’Association des conducteurs de moto-Jakarta de Karang. Ce dernier, dans un souci d’apaisement, s’était rendu de lui-même à la brigade pour entamer une médiation, mais a été interpellé à son tour, alimentant davantage la colère des manifestants.

Dès le lendemain matin, la population — en particulier les jeunes — est descendue en masse dans les rues de Karang pour exiger la libération immédiate de leurs camarades. Ils dénoncent une bavure manifeste et un abus de pouvoir de la part des forces de sécurité. Le climat est resté tendu dans toute la ville, au point que des renforts ont dû être dépêchés depuis Kaolack pour tenter de rétablir l’ordre.

Selon les dernières informations relayées par L’Observateur, Sékou Ndour ainsi que certains des jeunes arrêtés ont été relâchés dans l’après-midi d’hier. Toutefois, plusieurs autres restent toujours détenus dans les locaux de la gendarmerie. Une situation qui continue d’alimenter l’indignation de la population locale, déterminée à obtenir justice pour ce qu’elle considère comme une énième illustration de la brutalité policière contre les jeunes.

De la ferveur des arènes à la froideur des barreaux : Marème Nar incarcérée pour vol nocturne

Guédiawaye, Sénégal – Figure emblématique des arènes de lutte sénégalaise, Marème Fall, plus connue sous le nom de Marème Nar, n’est plus dans l’ambiance survoltée des stades. Ce mercredi, la célèbre supportrice du lutteur Prince a été placée sous mandat de dépôt et écrouée au Camp pénal de Liberté VI. Une chute brutale pour celle qui électrisait les gradins avec sa passion débordante.

L’affaire remonte à la nuit du 3 au 4 mai 2025, veille du combat très attendu entre Prince et Modou Anta. Dans le quartier Comico à Guédiawaye, la moto de l’adjudant Coly, un agent de police en service, est dérobée alors qu’elle était stationnée non loin du domicile de Marème Fall. Rapidement, les soupçons se tournent vers cette dernière.

Selon les éléments de l’enquête rapportés par L’Observateur, Marème Nar aurait été impliquée dans le vol en compagnie de deux individus. Les faits sont qualifiés de « vol en réunion commis la nuit », une infraction sévèrement sanctionnée par la législation sénégalaise. Le parquet de Pikine-Guédiawaye, estimant la gravité des faits, a ouvert une information judiciaire pour association de malfaiteurs et vol nocturne.

Une tentative de règlement à l’amiable a été initiée par l’entourage du lutteur Prince dans l’espoir d’éviter l’épreuve carcérale à leur proche. Mais l’initiative n’a pas abouti. Présente au tribunal lors de l’échec de l’accord, Marème Nar n’a pu retenir ses larmes, comprenant que la détention était désormais inévitable.

Le juge du premier cabinet a ordonné son incarcération immédiate. L’un de ses présumés complices a été arrêté dans une autre affaire par la police de Grand-Yoff et écroué. Le second, un certain Julot, est toujours en cavale, activement recherché par les forces de l’ordre.

La CEDEAO réaffirme son engagement pour une intégration régionale renforcée à l’horizon 2050

À l’occasion du 50e anniversaire du Traité de Lagos, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a renouvelé son engagement envers les idéaux de ses Pères fondateurs, tout en affichant sa détermination à accélérer le processus d’intégration régionale à l’horizon 2050. S’inscrivant dans la continuité du Traité révisé de 1993, la CEDEAO entend rester le moteur central de la coopération et de l’intégration en Afrique de l’Ouest.

Depuis sa création, la CEDEAO a accompli des avancées notables dans plusieurs domaines stratégiques : la promotion de la paix et de la sécurité, la consolidation de la démocratie, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que le développement socio-économique. Ces progrès, fruits d’un demi-siècle d’efforts collectifs, témoignent de la vision commune des États membres pour une région unie, stable et prospère.

Cependant, la Communauté reste consciente des nombreux défis qui entravent encore cette marche vers une intégration plus aboutie. Parmi eux figurent notamment l’insécurité persistante dans certaines zones, le terrorisme, l’extrémisme violent, la pauvreté, les inégalités sociales, le chômage des jeunes, les effets du changement climatique, sans oublier les conséquences des bouleversements économiques mondiaux et des tensions géopolitiques.

Face à ces enjeux, la CEDEAO réitère son engagement à œuvrer pour l’amélioration des conditions de vie des citoyens ouest-africains. Elle entend renforcer la gouvernance démocratique, l’État de droit, l’intégration économique, ainsi que le développement du commerce et des investissements. L’organisation mise aussi sur une meilleure interconnectivité entre les pays, une solidarité renforcée et une approche collective pour bâtir une région résiliente, inclusive et durable.

En mutualisant les ressources et les efforts, les États membres de la CEDEAO ambitionnent de relever ensemble les défis communs que sont notamment l’insécurité alimentaire, la dégradation de l’environnement, les questions de gouvernance ou encore les menaces transnationales.

Absence remarquée de Ngoné Mbengue au Dialogue national : Une mise à l’écart qui interroge

Le lancement du Dialogue national, tenu ce mercredi à Dakar, a suscité de nombreuses réactions, mais une absence en particulier n’a pas manqué de faire jaser dans les cercles politiques : celle de Ngoné Mbengue, maire intérimaire de la capitale. Selon le journal Les Échos, cette dernière n’aurait tout simplement pas été invitée à l’événement. Une situation pour le moins étrange, au regard de l’importance stratégique de la ville de Dakar et de la fonction qu’elle occupe actuellement.

L’absence de Mme Mbengue est d’autant plus intrigante que plusieurs autres maires, parfois moins médiatisés ou représentant de plus petites collectivités, avaient bien reçu une invitation officielle à ce rendez-vous présenté comme inclusif et ouvert à toutes les composantes de la Nation. Cette sélection floue des participants soulève des interrogations sur les critères retenus, dans un contexte politique où l’unité nationale et la représentativité sont régulièrement mises en avant comme des priorités.

Ngoné Mbengue assure l’intérim à la tête de la Ville de Dakar depuis la déchéance de Barthélémy Dias, suite à la confirmation de sa condamnation pour « coups mortels » dans l’affaire Ndiaga Diouf. Membre de Taxawu Senegaal, elle représente un courant politique important, celui de Khalifa Sall, ancien maire de Dakar et figure majeure de l’opposition, qui était pourtant bien présent au Dialogue national en tant que leader politique.

Cette mise à l’écart de la maire intérimaire alimente donc les spéculations : s’agit-il d’un oubli administratif, d’un choix politique délibéré ou d’un message adressé à la mouvance de Taxawu Senegaal ? Dans tous les cas, cela jette une ombre sur le caractère réellement participatif du Dialogue national, qui se voulait une plateforme ouverte à toutes les forces vives, pour discuter des grands enjeux du pays.

Éducation : les élèves du lycée Kennedy exposent le concept “NITHE” à la FIPA

La sixième édition de la Foire internationale des produits africains (FIPA 2025) a accueilli, ce jeudi, le ministre de l’Éducation nationale. Une occasion saisie par les autorités éducatives pour mettre en lumière le concept NITHE (Nouvelle Initiative pour la Transformation Humaniste de l’Éducation).

Selon Abdoulaye Racine Senghor, président du comité scientifique de la FIPA, c’est la première fois qu’un pavillon est entièrement consacré au ministère de l’Éducation nationale.

“Depuis six ans, nous cherchons à élever le niveau de la foire. Avec la participation du ministère de l’Éducation nationale, nous avons réussi à aligner la FIPA sur ses objectifs fondamentaux : promouvoir l’Afrique, ses produits, et une nouvelle vision du continent. L’éducation est la voie royale. C’est pourquoi la présence du ministre et de son équipe est si importante. Ils sont venus exposer ce que l’école est aujourd’hui, ce qu’elle aspire à devenir et les valeurs qu’elle porte à travers l’initiative NITHE”, a-t-il déclaré.

Il a également souligné la volonté de transformer les mentalités à travers l’éducation et de mettre en avant des valeurs essentielles.

“Les élèves du lycée Kennedy nous montrent qu’ils sont jeunes, certes — certains ont moins de 14 ans — mais ils savent entreprendre. Ils savent faire des choses de leurs dix doigts. Ils sont habiles, créatifs, et prêts à voler de leurs propres ailes demain”, a ajouté le professeur Senghor.

Pour sa part, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, initiateur du concept NITHE, s’est réjoui de cette participation de son ministère à la FIPA.

“Ce que nous avons vu aujourd’hui est tout simplement impressionnant. La FIPA elle-même mérite d’être saluée, et je tiens à féliciter Mme la Commissaire générale, Fabira, pour le travail remarquable accompli. Plus de 35 pays y participent, et j’y ai rencontré plusieurs maires, notamment des îles Comores et de Mayotte. Cette initiative privée est à encourager, d’autant plus qu’elle reflète la volonté du gouvernement sénégalais de renforcer le rôle du secteur privé.”

M. Guirassy a également salué la première participation du ministère de l’Éducation nationale à une foire de produits africains :

“C’est une grande première pour notre ministère, mais elle s’explique : l’école est en pleine transformation. Nous avons mis en avant certains établissements, notamment le CEM Kennedy et le CEM Momar Sène, qui ont présenté des projets extraordinaires. Des enfants entrepreneurs, innovants, qui fabriquent, découvrent et vendent. Ce sont les élèves que nous voulons : dotés de compétences exécutives, d’un fort sens du développement personnel, capables de s’exprimer, de vendre, et de s’intégrer dans une logique économique et scientifique.”

Il ajoute que ces élèves organisent régulièrement des foires dans leurs établissements, où ils exposent et commercialisent leurs propres créations.

“C’est cette école-là que nous voulons. Il faut savoir rompre avec l’ancien système et bâtir celui que nous voulons. Et c’est ce que nous faisons à travers NITHE. Très bientôt, ces nouvelles pratiques seront généralisées dans tout le système éducatif”, a-t-il conclu.

A. Saleh

Assassinat de l’infirmier-chef Mamadou Samba Diallo : Deux nouveaux suspects arrêtés, l’enquête progresse

La Brigade de recherches de Kaolack (BR), agissant sur instruction du haut commandement de la Gendarmerie nationale, poursuit ses opérations intensives pour élucider le meurtre tragique de Mamadou Samba Diallo, infirmier-chef du poste de santé d’Arafat, village situé dans la commune de Missira Wadène, département de Koungheul (région de Kaffrine).

Ce dernier a été tué dans la nuit du 20 au 21 mai 2025, après avoir surpris des voleurs dans son enclos. Selon les premiers éléments de l’enquête, les malfaiteurs étaient divisés en deux groupes : l’un s’était introduit dans l’enclos pour voler du bétail, tandis que l’autre attendait à bord d’un véhicule stationné devant le poste de santé pour assurer le transport des bêtes.

Ce vendredi 30 mai, le quotidien Libération rapporte une avancée notable dans l’affaire avec l’arrestation de deux nouveaux suspects, portant à quatre le nombre total d’interpellations. Il s’agit du troisième et du quatrième présumés impliqués dans ce meurtre.

Les gendarmes sont parvenus à remonter leur piste grâce à la géolocalisation de leurs téléphones portables, repérés sur les lieux du crime à l’heure des faits. Les appareils avaient été subitement éteints après l’acte, mais leur remise en marche a permis aux forces de l’ordre de localiser rapidement leurs propriétaires et de procéder à leur arrestation.

Par ailleurs, le premier suspect interpellé et son père ont déjà été déférés devant le parquet de Kaffrine, selon les informations du même journal.

Moustapha Diop, ex-ministre du Développement industriel, emprisonné dans des conditions « VIP » à Rebeuss

Placé sous mandat de dépôt le jeudi 22 mai dernier, l’ancien ministre du Développement industriel, Moustapha Diop, vit son incarcération à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Rebeuss dans des conditions qui ne laissent pas indifférents.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, Moustapha Diop est actuellement logé à la chambre 37, un espace connu dans l’univers carcéral comme étant l’une des cellules dites « VIP ». Cette chambre, contrairement aux cellules classiques souvent surpeuplées, est dotée de lits individuels et accueille un nombre très restreint de détenus, ce qui la rend beaucoup plus confortable.

Toujours d’après la même source, Moustapha Diop ne partage pas sa cellule avec d’autres personnalités de l’ancien régime. Cette précision vient alimenter le débat récurrent sur les conditions de détention jugées « aménagées » pour certains dignitaires politiques, souvent en décalage avec le quotidien difficile de la majorité des pensionnaires de Rebeuss. Ce traitement différencié suscite, comme à l’accoutumée, des interrogations au sein de l’opinion publique.

Malgré cette situation judiciaire délicate, l’ancien ministre affiche, selon Les Échos, une attitude calme et digne. Il reste serein face aux procédures en cours et semble prêt à les affronter avec retenue et détermination. En attendant une éventuelle audience ou une évolution dans son dossier, Moustapha Diop s’installe dans une posture de patience et de résilience.

Affaire du virement Wave de 70.000 F CFA : le chroniqueur Adama Adus Fall placé sous mandat de dépôt

Le chroniqueur Adama Adus Fall a été placé sous mandat de dépôt dans une affaire qui fait grand bruit : un retrait illicite de 70.000 F CFA via la plateforme de transfert d’argent Wave. Les faits remontent au 4 mai dernier, date à laquelle Fall a perçu par erreur un virement ne lui étant pas destiné.

Selon les informations rapportées par le journal Libération dans son édition du vendredi 30 mai, la somme avait été envoyée par Mouhamadou Touré, qui s’est rapidement rendu compte de l’erreur. Fall, après avoir retiré l’argent, avait assuré qu’il restituerait les fonds “dès la fin de son émission”. Une promesse qui n’a jamais été suivie d’effet.

Face à l’insistance de Touré pour récupérer son argent, le chroniqueur aurait organisé son injoignabilité, rendant toute communication impossible. Alertée, la Division spéciale de cybersécurité (Dsc) a finalement localisé et interpellé Adama Adus Fall. Ce dernier a fini par passer aux aveux, reconnaissant les faits et implorant la clémence de la justice.

Il est désormais poursuivi pour “retrait illicite via Wave”, une infraction qui peut être qualifiée de détournement de biens d’autrui. La procédure judiciaire suit son cours, et son placement sous mandat de dépôt marque une nouvelle étape dans cette affaire qui soulève à la fois des questions d’éthique et de responsabilité dans l’espace public.

Fréquence augmentée : un train du TER toutes les 12 minutes dans la région de Dakar

Bonne nouvelle pour les usagers du Train Express Régional (TER) de Dakar. Dans un communiqué conjoint, la Société Nationale de Gestion du Patrimoine du TER (SENTER) et la Société d’Exploitation du TER (SETER) ont annoncé une amélioration majeure dans la fréquence des trains : désormais, un train sera disponible toutes les 12 minutes dans les différentes gares desservies par le réseau.

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique de renforcement du service public de transport ferroviaire, afin de mieux répondre aux besoins croissants en mobilité dans la capitale sénégalaise et sa périphérie. « Nous vous informons d’une modification sur la fréquence de nos trains en gare. En effet, nous passons désormais à 1 train toutes les 12 minutes », précise le communiqué officiel.

Cette nouvelle cadence vise à optimiser la fluidité du trafic passager, notamment durant les heures de pointe où la demande est particulièrement élevée. Elle contribuera également à réduire les temps d’attente pour les voyageurs, rendant les déplacements plus efficaces et confortables.

SENTER et SETER ont invité les usagers à s’adapter à cette nouvelle organisation et ont renouvelé leur engagement en faveur de la qualité du service. « Les équipes de la SENTER et de la SETER, toujours dans leur mission de satisfaction client, collaborent étroitement pour vous offrir une expérience de voyage de qualité et en toute sécurité », ont-elles assuré.

Mis en service en 2021, le Train Express Régional constitue un projet structurant dans le cadre de la modernisation des infrastructures de transport au Sénégal. Avec pour objectif principal de désengorger Dakar, le TER offre une alternative rapide, fiable et écologique aux moyens de transport traditionnels.

Conflit judiciaire à Mbour : le footballeur Papy Djilobodji oppose son vigile pour la location de sa villa

Le défenseur international sénégalais Papy Djilobodji est actuellement au cœur d’une affaire judiciaire qui l’oppose à son ancien vigile, Amdy Diagne. Les deux hommes se sont retrouvés devant le tribunal de grande instance de Mbour, dans une affaire aussi surprenante que sensible, mêlant loyers impayés, litige contractuel et occupation illégale présumée d’un bien immobilier.

Selon les révélations du quotidien L’Observateur, le conflit est né de la décision prise par Amdy Diagne de louer, sans l’autorisation de Papy Djilobodji, la villa de ce dernier située à Saly Portudal. L’ancien gardien de la propriété aurait ainsi signé en octobre 2024 un contrat de location de deux ans avec des joueurs du club Amitié FC – un club fondé par l’ancien international sénégalais Demba Bâ – pour un loyer mensuel de 700 000 FCFA.

Interrogé à la barre, Amdy Diagne affirme avoir agi ainsi pour compenser sept années de salaires impayés. Engagé en 2018 par Djilobodji pour un salaire mensuel de 160 000 FCFA, il soutient n’avoir reçu qu’un seul mois de salaire. Malgré ses nombreuses relances et tentatives de contact avec son employeur, il aurait poursuivi son travail pendant plusieurs années sans rémunération.

Selon son calcul, le montant total des arriérés de salaires atteindrait 13 millions de francs CFA. C’est dans ce contexte qu’il aurait décidé de tirer profit de la villa, estimant qu’il s’agissait de la seule façon de récupérer son dû.

Alerté de la situation en mai 2025, Papy Djilobodji a immédiatement tenté de récupérer les clés de sa propriété et de faire expulser son vigile. Ce dernier a refusé de quitter les lieux tant qu’il n’était pas payé, ce qui a conduit Djilobodji à porter plainte.

L’affaire a rapidement dégénéré : Amdy Diagne a été arrêté et placé en détention à la prison de Mbour. À l’audience, le footballeur a accusé le vigile d’avoir déjà encaissé 5,6 millions FCFA grâce aux locations illicites, sans compter d’autres séjours touristiques organisés auparavant dans la villa.

Le ministère public a demandé l’application stricte de la loi, laissant peu de place à la clémence. Le tribunal rendra son verdict le mardi 3 juin 2025. D’ici là, l’affaire continue de susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux, divisant l’opinion entre ceux qui dénoncent une forme d’abus d’autorité et ceux qui pointent du doigt une violation manifeste du droit de propriété.

Deux policiers arrêtés à Dakar pour vol et retraits frauduleux via Wave et Orange Money

Deux policiers en service au Groupe opérationnel de Dakar ont été placés en garde à vue puis déférés au parquet. M. Kane (27 ans) et N. Ndour (28 ans) sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol de téléphone portable et retraits frauduleux d’argent via les services de transfert d’argent Wave et Orange Money. Une affaire qui ébranle une nouvelle fois la confiance dans les forces de l’ordre.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, l’affaire a éclaté le 15 mai 2025, suite à une plainte déposée par I. Sow, gérant d’un multiservices aux Parcelles Assainies (Unité 9). Ce dernier affirme avoir été interpellé le 11 mai par deux hommes se présentant comme des policiers. Prétextant un contrôle d’identité, les deux agents l’auraient convaincu de laisser son téléphone portable en « garantie », le temps d’aller chercher sa carte d’identité.

Mais une fois revenu sur les lieux, le plaignant découvre que les deux hommes ont disparu, emportant avec eux le téléphone et les codes d’accès à ses comptes Wave et Orange Money.

La Direction de la surveillance du territoire (Dsc), saisie de l’enquête, remonte rapidement la piste. Les investigations permettent d’établir que 2,9 millions de francs CFA ont été frauduleusement retirés des comptes de la victime, en plusieurs opérations et depuis différents points de transfert d’argent.

En retraçant les numéros utilisés pour ces transactions, les enquêteurs identifient les deux mis en cause : M. Kane et N. Ndour, tous deux policiers en activité. Ils sont rapidement interpellés.

Placés en garde à vue, les deux agents n’ont pas nié les faits. Ils ont reconnu avoir subtilisé le téléphone et réalisé les retraits frauduleux. Kane a même déclaré avoir revendu l’appareil volé et restitué 1,45 million de francs CFA à la victime, précisant qu’il s’agissait de sa part du « butin ».

Les deux agents ont été déférés au parquet pour répondre des chefs d’accusation retenus contre eux. Une affaire qui soulève des inquiétudes quant aux dérives au sein des forces de sécurité et à la protection des citoyens face à de tels abus.

Ce scandale remet sur la table la question de la moralité dans les rangs de la police, particulièrement au sein des unités opérationnelles. Le ministère de l’Intérieur, jusqu’ici silencieux, est désormais attendu pour clarifier les mesures qui seront prises contre les mis en cause et pour rassurer les populations.

L’enquête suit son cours, mais l’affaire, très médiatisée, a déjà profondément choqué l’opinion publique.

Ousmane Sonko salue l’élection de Sidi Ould Tah à la tête de la BAD : un signal fort d’unité régionale

En visite officielle en Côte d’Ivoire, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a reçu ce vendredi à l’hôtel Sofitel Ivoire d’Abidjan, Sidi Ould Tah, tout juste élu président de la Banque africaine de développement (BAD). Cette audience, à haute portée symbolique, a illustré la volonté de renforcement des liens entre le Sénégal et la Mauritanie, deux nations liées par une histoire et une géographie communes, mais aussi par un destin africain partagé.

Moins de vingt-quatre heures après son élection face au Zambien Samuel Munzelé et au Sénégalais Amadou Hott – ancien vice-président de la BAD – Sidi Ould Tah a rendu une visite de courtoisie à Ousmane Sonko, actuellement en mission diplomatique de trois jours en Côte d’Ivoire. Ce geste témoigne d’une volonté affirmée de dialogue et de coopération régionale dès les premières heures de son mandat.

Le chef du gouvernement sénégalais a salué avec chaleur et enthousiasme cette victoire mauritanienne. « J’ai eu l’agréable plaisir de recevoir le président élu de la BAD, monsieur Sidi Ould Tah, qui m’a fait l’honneur de me rendre visite sitôt que je suis arrivé à Abidjan. J’ai accueilli un homme serein, engagé, porteur d’une vision claire, ambitieuse et progressiste pour l’institution continentale », a déclaré Ousmane Sonko.

Écartant toute forme de rivalité nationale, le Premier ministre sénégalais a félicité son hôte avec une formule marquante : « Si la Mauritanie gagne, c’est le Sénégal qui a gagné. C’est la même chose. » Cette déclaration traduit un esprit panafricaniste fort, valorisant l’intérêt commun au-delà des considérations nationales.

Durant leur entretien, les deux hommes ont échangé sur les grands défis du continent : ralentissement économique, urgence climatique, souveraineté financière, industrialisation, et transformation structurelle. Sidi Ould Tah, successeur du Nigérian Akinwumi Adesina, a réaffirmé son ambition de porter une nouvelle dynamique pour la BAD et pour l’Afrique.

« J’ai eu l’honneur d’être reçu par le Premier ministre du Sénégal en tant que nouveau président de la BAD pour les cinq prochaines années. J’ai bien écouté ses orientations sur les priorités du gouvernement sénégalais concernant les grandes questions de développement économique en Afrique », a confié le nouveau président de la BAD.

Il a ensuite dévoilé les grands axes de sa vision : réforme de l’architecture économique du continent, valorisation locale des matières premières, transformation de la démographie africaine en dividende économique, et développement d’infrastructures résilientes. « Augmenter le volume des finances pour l’Afrique, bâtir des infrastructures solides, et mettre de la valeur ajoutée à nos matières premières », a-t-il résumé.

Cette rencontre marque potentiellement un tournant stratégique dans les relations entre le Sénégal et la BAD. Avec un programme gouvernemental ambitieux nécessitant des investissements lourds dans les infrastructures, l’éducation, l’énergie et la santé, le gouvernement de Sonko pourrait bénéficier d’un soutien accru de la part de la principale institution financière panafricaine.

La Mauritanie, quant à elle, voit l’un de ses ressortissants accéder à un poste de leadership continental, consolidant sa place dans les cercles de décision économiques africains et renforçant son influence diplomatique.

Diplomatie régionale : Ousmane Sonko attendu à Abidjan après la visite de Diomaye Faye

Quelques jours seulement après la visite officielle du président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye en Côte d’Ivoire, c’est désormais au tour de son Premier ministre, Ousmane Sonko, d’effectuer un déplacement diplomatique de haut niveau à Abidjan. Un signal fort envoyé par le nouveau pouvoir sénégalais, désireux de renforcer ses liens avec les grandes capitales de la sous-région ouest-africaine.

Selon des sources officielles, Ousmane Sonko sera accueilli à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny par son homologue ivoirien, le Premier ministre Robert Beugré Mambé. Cette visite s’inscrit dans une dynamique de continuité, visant à consolider les acquis du récent séjour du président Faye et à approfondir la coopération bilatérale entre Dakar et Abidjan.

Si l’agenda précis du chef du gouvernement sénégalais n’a pas encore été dévoilé, plusieurs axes majeurs devraient structurer les discussions. La coopération économique, la sécurité régionale, ainsi que les enjeux liés à l’intégration africaine figurent en bonne place sur la table. Ces thématiques, déjà abordées par le président sénégalais lors de son passage à Abidjan, devraient être approfondies pour déboucher sur des engagements concrets.

Les deux pays, piliers de la CEDEAO, partagent en effet des intérêts communs en matière de stabilité régionale, de commerce interafricain, et de gestion des défis migratoires, sécuritaires et climatiques. Le renforcement des échanges commerciaux, la facilitation de la mobilité entre les deux États et la mise en place de projets conjoints d’infrastructure pourraient également faire l’objet d’annonces importantes.

Avec cette double séquence diplomatique en Côte d’Ivoire, le Sénégal affiche une volonté claire de se repositionner sur l’échiquier régional, dans un contexte marqué par de profondes mutations politiques et géopolitiques en Afrique de l’Ouest. Le tandem Diomaye–Sonko, élu en mars 2024, semble vouloir insuffler un nouveau souffle à la diplomatie sénégalaise, en misant sur des partenariats stratégiques et équilibrés.

Soutien aux ex-détenus : une nouvelle phase de distribution lancée par le ministère de la Famille et des Solidarités

Le ministère de la Famille et des Solidarités a annoncé, ce jeudi 29 mai 2025, une nouvelle étape dans le processus d’assistance aux ex-détenus arrêtés durant la période préélectorale. Cette initiative entre dans le cadre des mesures de réparation sociale et de réinsertion soutenues par les autorités.

À la date du 28 mai 2025, une cohorte supplémentaire de 580 ex-détenus a reçu une aide financière de l’État, s’ajoutant aux 688 bénéficiaires de la première phase. Le total des ex-détenus assistés s’élève désormais à 1268 personnes, chacun ayant perçu une allocation individuelle de 500.000 FCFA, selon les précisions du ministère. Cette opération a été rendue possible grâce aux ressources mobilisées dans le Fonds de Solidarité nationale.

Le ministère a par ailleurs évoqué l’avancée plus lente du soutien destiné aux familles des personnes décédées lors des événements préélectoraux. Cette situation s’explique par la nécessité de fournir un jugement d’hérédité, une pièce juridique indispensable pour ouvrir droit à l’assistance. À ce jour, seules cinq (5) familles ont pu remplir cette formalité, condition sine qua non pour bénéficier du soutien de l’État.

Concernant les blessés et victimes nécessitant une prise en charge médicale, 123 dossiers médicaux validés ont bénéficié d’un accompagnement. Une enveloppe de 142.869.000 FCFA a été débloquée par la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale pour couvrir les frais de soins, confirmant l’engagement des pouvoirs publics à assurer une assistance complète aux personnes affectées.

Drame à Touba : Le ministre de l’Intérieur sur les lieux de l’immeuble effondré

En visite ce mercredi à Touba, le ministre de l’Intérieur, Jean Baptiste Tine, s’est rendu sur le site de l’immeuble effondré qui a coûté la vie à onze personnes. Un drame qui a plongé toute la nation dans l’émoi et suscité une vive émotion au sein de la population.

Sur place, le ministre a tenu à évaluer personnellement la situation et à adresser un message fort aux familles endeuillées. Il a également rencontré le Khalife général des mourides, à qui il a transmis les condoléances du Chef de l’État et de l’ensemble du gouvernement.

Lors de sa déclaration, Jean Baptiste Tine a assuré que les blessés sont bien pris en charge, tout en précisant que quatre d’entre eux restent encore hospitalisés. Il a insisté sur l’importance de faire toute la lumière sur les causes de cette tragédie. « Une enquête est en cours. Nous verrons exactement ce qui s’est passé », a-t-il déclaré avec fermeté.

Dans une volonté de prévenir de futurs drames, le ministre a annoncé une mesure forte : sur instruction du Président de la République, un inventaire national des bâtiments menaçant ruine sera lancé. « Le Président a déjà donné des instructions en ce sens », a-t-il affirmé, soulignant l’urgence de renforcer les contrôles sur les constructions à risque.

Kaolack / Dialogue national : La présidente de la CAES, Madjiène Diouf, plaide pour un retour aux valeurs ancestrales

Le 28 mai 2025, le Sénégal a lancé une nouvelle édition de son Dialogue national, centrée sur la réforme du système politique. La cérémonie d’ouverture s’est tenue au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Cette initiative vise à repenser en profondeur l’architecture politique et électorale du pays, dans un esprit d’inclusion et de cohésion nationale.

Au-delà des réformes institutionnelles, Madjiène Diouf, présidente de l’association Conscience Agissante pour l’Entraide Sociale (CAES), a souligné que ce dialogue doit également être l’occasion d’un retour aux valeurs fondamentales léguées par nos ancêtres. Selon elle, dans la société traditionnelle sénégalaise, des principes tels que le respect, la solidarité, la vérité, l’humilité et la générosité constituaient le socle de la vie communautaire.

« Ces valeurs guidaient les relations humaines et assuraient la cohésion au sein des familles et des villages », a-t-elle rappelé.

Aujourd’hui, cet héritage est mis à mal. L’individualisme, la course effrénée vers la modernité, l’influence des réseaux sociaux et parfois même le système éducatif occidental contribuent, selon elle, à l’effacement progressif de ces repères essentiels.

Sur le plan local, Madjiène Diouf a mis en lumière les atouts stratégiques de la région de Kaolack : des ressources naturelles abondantes, une diversité humaine remarquable et un potentiel de développement considérable. Dans son communiqué, elle a plaidé pour une meilleure prise en compte de cette région dans les politiques publiques à venir.

Elle a également invité le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à accompagner le maire de la commune de Kaolack, Sérigne Mboup, dans sa vision de faire de Kaolack une ville émergente.

Kaolack : Le curage mécanique des canaux à ciel ouvert en marche pour prévenir les inondations

Face à la menace récurrente des inondations à l’approche de l’hivernage, les autorités municipales de Kaolack ont lancé, ce lundi, une vaste opération de curage mécanique des canaux à ciel ouvert.

Les populations de Sara, Kassa-ville, Passoire, entre autres quartiers, ont été réveillées samedi par le vrombissement des engins lourds résonnant dans les rues. Pelleteuses, camions-bennes et autres matériels spécialisés sont mobilisés pour débarrasser les canaux des tonnes de déchets et de sédiments qui entravent l’écoulement normal des eaux.

« Chaque année, nous sommes confrontés aux mêmes problèmes : les eaux stagnantes, les débordements, les maladies. Ce curage est une bouffée d’air », a expliqué Mme Madjiène Diouf, adjointe au maire en charge de l’assainissement.

Selon elle, cette opération s’inscrit dans un plan de résilience urbaine, mis en œuvre avec l’appui des services techniques de la mairie.

« Nous ne pouvons plus attendre la catastrophe pour réagir. Ce curage mécanique est une réponse proactive à un problème chronique. Il permet d’assainir la ville, de prévenir les maladies hydriques et de faciliter l’écoulement des eaux pluviales », a-t-elle poursuivi.

Malgré cette dynamique positive, plusieurs défis restent à relever. L’incivisme de certains habitants, qui continuent de jeter des ordures dans les canaux, complique considérablement la tâche. Par ailleurs, certains tronçons sont difficilement accessibles aux machines en raison de l’urbanisation anarchique, a déploré Mme Diouf.

Pour pérenniser les acquis de cette opération, les autorités locales envisagent de renforcer la sensibilisation des populations et de mettre en place un programme régulier d’entretien des canaux.

Mme Diouf a également saisi l’occasion pour inviter les populations à faire preuve de civisme, qu’elle considère comme un devoir citoyen essentiel pour un meilleur vivre-ensemble.

« Le civisme commence par des gestes simples : respecter les autres, protéger l’environnement, défendre l’intérêt général. Chacun de nous peut être un acteur du changement. Pour bâtir une société harmonieuse, soyons des citoyens responsables », a-t-elle lancé.

Cette initiative de la mairie de Kaolack a été saluée par de nombreux habitants, qui espèrent qu’elle contribuera durablement à soulager la ville des affres des inondations.

Kaolack : Les autorités administratives et éducatives à pied d’œuvre pour le bon déroulement des examens scolaires 2024-2025

Le préfet du département de Kaolack, Monsieur Latyr Ndiaye, a présidé ce mercredi une réunion du Comité départemental de développement (CDD) consacrée aux préparatifs des examens scolaires prévus dans trois semaines.

« À travers cette rencontre, nous avons voulu mutualiser les forces et les moyens afin d’assurer un bon déroulement des examens. Le plus important est de veiller à ce que les établissements retenus comme centres d’examen soient fonctionnels et accessibles, notamment en termes de commodité et de propreté », a souligné le préfet.

Les échanges ont porté sur plusieurs points essentiels à la bonne organisation du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE), de l’entrée en sixième et du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM). Parmi les sujets abordés :

le convoyage et la sécurisation des épreuves et des centres, la mobilisation des personnels impliqués, le soutien logistique attendu des collectivités locales.

« Un accompagnement particulier est attendu des communes, notamment pour les centres d’examen relevant de leur territoire. Au-delà de l’appui en carburant, des efforts doivent être consentis pour assurer de bonnes conditions aux acteurs impliqués », a plaidé le préfet Latyr Ndiaye.

Amadou Dia, inspecteur de l’Éducation et de la Formation (IEF) de la commune de Kaolack, a appelé à une implication active des collectivités territoriales et de l’ensemble des acteurs du système éducatif.

CFEE et entrée en sixième : Total : 6 519 candidats Option française : 2 649 garçons et 3 367 filles Option arabe : 235 garçons et 268 filles BFEM : Total : 4 390 candidats Option française : 1 937 garçons et 2 297 filles Option arabe : 70 garçons et 86 filles Répartis dans 32 centres d’examen et 35 jurys Encadrement : 90 secrétaires, 448 surveillants, 468 correcteurs, soit 1 041 agents mobilisés

CFEE et entrée en sixième : Total : 4 920 candidats Option française : 1 935 garçons et 2 726 filles Option arabe : 127 garçons et 259 filles Répartis dans 37 centres, avec 185 secrétaires et 511 surveillants (soit 733 personnes mobilisées) BFEM : Total : 4 149 candidats Option française : 1 635 garçons et 2 379 filles Option arabe : 79 garçons et 56 filles Répartis dans 20 centres d’examen, avec 22 jurys, 118 secrétaires et 428 surveillants (soit 560 personnes convoquées)

Amadou Hott félicite Sidi Ould Tah et réaffirme son engagement pour l’Afrique après l’élection à la tête de la BAD

Malgré sa non-élection à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), l’ancien ministre sénégalais de l’Économie, Amadou Hott, a fait preuve de dignité et d’élégance dans sa réaction à l’issue du scrutin. C’est le Mauritanien Dr. Sidi Ould Tah qui a été choisi par les actionnaires pour prendre les rênes de l’institution panafricaine.

Dans un message empreint de reconnaissance, publié sur ses réseaux sociaux peu après l’annonce des résultats, Amadou Hott a salué le choix des actionnaires et adressé ses félicitations au président-élu :

« Les Actionnaires de la Banque africaine de développement ont décidé. Je félicite Dr. Sidi Ould Tah, président-élu, et lui souhaite plein succès dans ce rôle de leadership vital pour notre continent », a-t-il écrit, ajoutant un mot de félicitation à l’ensemble des candidats ayant pris part à cette compétition stratégique.

L’ancien vice-président de la BAD, connu pour son engagement de longue date en faveur du développement économique de l’Afrique, a également tenu à remercier ses soutiens. Il a d’abord salué l’appui constant du président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qu’il a qualifié de « soutien essentiel dans cette aventure », ainsi que le rôle déterminant de l’État sénégalais dans l’accompagnement de sa candidature, qu’il qualifie d’« exceptionnel » sur les plans institutionnel et diplomatique.

Dans son message, Amadou Hott n’a pas manqué d’exprimer sa profonde gratitude envers les pays qui l’ont soutenu, ainsi que son équipe de campagne, ses alliés et ses proches :

« À l’équipe extraordinaire, aux amis et partenaires qui ont tout donné pour notre mission, et à ma famille bien-aimée pour le soutien indéfectible. Merci infiniment. »

S’il n’a pas été porté à la tête de la BAD cette fois-ci, Amadou Hott a néanmoins affirmé sa volonté de rester engagé pour l’Afrique, adoptant un ton résolument tourné vers l’avenir. Il conclut sobrement mais avec détermination :

« L’aventure continue ».

Macky Sall rend hommage à Abdoulaye Wade pour ses 99 ans

En ce jeudi 29 mai 2025, l’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a tenu à saluer avec émotion et respect son prédécesseur, le Président Me Abdoulaye Wade, à l’occasion de son 99e anniversaire.

Dans un message publié sur le réseau social X (anciennement Twitter), Macky Sall a exprimé toute son admiration pour celui qu’il qualifie de « figure emblématique de notre démocratie » et de « défenseur infatigable du panafricanisme ».

« En ce 29 mai, je rends un hommage appuyé au Président Abdoulaye Wade, figure emblématique de notre démocratie et défenseur infatigable du panafricanisme, qui fête ses 99 ans. Joyeux anniversaire, Maître Wade. Que votre passion pour l’Afrique et notre pays continue d’inspirer les générations actuelles et futures », a écrit l’ancien chef de l’État.

Ce message témoigne d’un profond respect au-delà des divergences politiques passées. Rappelons que Macky Sall a longtemps été un proche collaborateur de Me Wade avant de devenir son opposant puis son successeur à la tête de l’État en 2012.

Né le 29 mai 1926, Me Abdoulaye Wade reste une figure majeure de la vie politique sénégalaise et africaine. Ancien avocat et intellectuel brillant, il a marqué l’histoire en devenant le troisième président du Sénégal (2000-2012), après plus de 25 ans passés dans l’opposition.

À 99 ans, le « Pape du Sopi » (du changement) reste un symbole vivant de la lutte démocratique et de l’engagement panafricain.

Cinquantenaire de la CEDEAO : Le président Diomaye Faye dépêche Aminata Touré à Lagos en tant que Haute représentante

À l’occasion du cinquantenaire de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a marqué un geste fort en confiant une mission diplomatique de haut niveau à Aminata Touré, ancienne Première ministre du Sénégal. En qualité de Haute représentante du chef de l’État, elle a représenté le Sénégal aux festivités officielles qui se sont tenues ce 28 mai 2025 à Lagos, au Nigeria.

L’événement commémoratif a célébré les 50 ans de l’organisation régionale, née le 28 mai 1975 avec la signature du Traité de Lagos par 15 chefs d’État et de gouvernement. Cinquante années plus tard, la CEDEAO reste l’un des principaux vecteurs de coopération, d’intégration économique et de solidarité politique dans l’espace ouest-africain.

En désignant Aminata Touré pour cette mission symbolique et stratégique, le président Diomaye Faye réaffirme la volonté du Sénégal de jouer un rôle moteur dans la dynamique régionale. C’est aussi un signal fort envoyé à l’ensemble des partenaires ouest-africains : le Sénégal, sous cette nouvelle gouvernance, entend demeurer un acteur engagé pour la stabilité, la bonne gouvernance et le développement partagé dans la sous-région.

La présence de Mme Touré à Lagos, capitale économique du Nigeria et berceau institutionnel de la CEDEAO, a été saluée par plusieurs personnalités présentes. Elle s’inscrit dans la vision du président Faye qui, depuis sa prise de fonction en avril 2024, appelle à une « refondation » des relations régionales fondée sur la souveraineté, la solidarité, et la coopération équitable.

La participation sénégalaise à ce cinquantenaire a également été l’occasion de réaffirmer l’importance d’une CEDEAO forte, unie et tournée vers les peuples, dans un contexte géopolitique où l’organisation est confrontée à des défis majeurs, notamment les coups d’État, les tensions sécuritaires et les aspirations citoyennes à une meilleure gouvernance.

Dialogue national au Sénégal : mise en place des commissions thématiques autour du processus électoral et des réformes démocratiques

Le Directeur général des élections, Birame Sène, a officiellement annoncé, ce mercredi, la composition des trois commissions thématiques chargées de conduire les travaux du dialogue national. Ces commissions, structurées autour de thématiques clés pour l’avenir démocratique du Sénégal, entameront leurs travaux ce vendredi à 9 heures.

Trois commissions, trois priorités

1. Commission Démocratie, Liberté et Droits Humains

Cette commission sera présidée par Thiaba Sy Camara, une figure engagée dans la défense des libertés publiques. Elle sera assistée par Babacar Fall, membre du Gradec (Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance), et par Serigne Ahmadou Gaye, maître de conférences en sciences politiques à l’université Alioune Diop de Bambey (UADB). Ndéné Ndao, cadre de la DGE, assurera la fonction de rapporteur.

2. Commission Processus Électoral

Dirigée par Mamadou Seck, expert électoral reconnu, cette commission intégrera Abdou Aziz Sarr, directeur des opérations électorales à la DGE, comme premier assesseur, et Yahya Niang, enseignant-chercheur à l’université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, comme second assesseur. Le rapporteur sera Aliou Diallo, chef de la division des affaires juridiques de la DGE.

3. Commission Réforme Institutionnelle et Organes de Gestion des Élections

Placée sous la présidence de Ameth Ndiaye, maître de conférences à l’université Cheikh Anta Diop (UCAD), cette commission compte parmi ses membres Moussa Mbaye, sociologue, en qualité d’assesseur. Les fonctions de rapporteurs seront partagées entre Ibrahima Nour Eddine Diagne et Pape Birame Sène, responsable de la communication à la DGE.

Une démarche inclusive

Chaque commission sera accompagnée de deux observateurs, représentant respectivement la majorité et l’opposition, afin de garantir une approche équilibrée et consensuelle dans les discussions. Cheikh Guèye a été désigné facilitateur général du dialogue. Il sera épaulé par Ibrahima Baldé, administrateur civil et directeur de la formation et de la communication à la DGE, en tant que rapporteur général.

Un rendez-vous crucial

Ce nouveau cycle de concertations s’inscrit dans la volonté des autorités sénégalaises de renforcer la transparence électorale, la gouvernance démocratique et la légitimité des institutions. Les recommandations issues de ces commissions seront déterminantes pour orienter les réformes à venir, notamment en vue des prochaines échéances électorales.

Le démarrage officiel des travaux est prévu pour vendredi 30 mai à 9 heures, dans un contexte marqué par une forte attente des citoyens quant à l’issue de ce dialogue national.

Kaolack : un mouvement citoyen rejette les termes de référence du dialogue national initié par le président Diomaye Faye

Le lancement du dialogue national, censé ouvrir une nouvelle ère de concertation politique et sociale, connaît un début tumultueux. À Kaolack, le Mouvement Citoyen pour le Développement Inclusif du Sénégal (MCDIS), par la voix de son président Badou Ndour, a exprimé son rejet des termes de référence proposés par les autorités, qu’il juge flous, exclusifs et biaisés.

« Nous dénonçons un dialogue instrumentalisé à des fins politiques », a déclaré M. Ndour. Selon lui et ses camarades, les termes retenus ne prennent pas en compte les véritables préoccupations du peuple, telles que l’emploi, la gouvernance locale ou encore l’accès équitable aux ressources.

Cette initiative, lancée au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio, s’inscrit pourtant dans une volonté de refondation démocratique en période de stabilité, loin des contextes de crise habituels. Parmi les axes prioritaires évoqués figurent notamment :

La rationalisation du calendrier électoral ; La création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) aux pouvoirs renforcés ; La dématérialisation du processus électoral ; La clarification du statut de l’opposition ; La réforme du système de parrainage.

Mais pour le président du MCDIS, ces propositions ne répondent pas aux urgences sociales du moment. Il estime que ce dialogue ne vise qu’à favoriser ceux qui sont déjà au pouvoir. « Leur objectif est de mettre en place des mécanismes pour se maintenir à la tête du pays », a-t-il affirmé.

Dans son communiqué, Badou Ndour a mis en lumière les atouts stratégiques de la région de Kaolack : des ressources naturelles abondantes, une diversité humaine remarquable et un fort potentiel de développement. Il a plaidé pour une meilleure prise en compte de cette région dans l’élaboration des politiques publiques à venir.

Dans un pays où les visages de la pauvreté se multiplient, entre des jeunes sans emploi et des familles peinant à joindre les deux bouts, le quotidien devient un combat. Le manque d’industrialisation, entre autres problèmes, y contribue fortement.

À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, qui réduisent les rendements agricoles et poussent davantage de familles dans la précarité.

Face à cette double crise — pauvreté et chômage — le mouvement citoyen attendait du gouvernement une réflexion plus profonde sur ces enjeux, plutôt qu’un dialogue centré exclusivement sur des considérations politiques. Pour le MCDIS, cette concertation nationale n’aura aucun impact réel sur la vie quotidienne des citoyens lambda.

Il devient urgent, selon le mouvement, de repenser les politiques publiques, d’investir dans l’éducation, et de donner aux jeunes les moyens de bâtir leur avenir.

Kaolack : un mouvement citoyen rejette les termes de référence du dialogue national initié par le président Diomaye Faye

Le lancement du dialogue national, censé ouvrir une nouvelle ère de concertation politique et sociale, connaît un début tumultueux. À Kaolack, le Mouvement Citoyen pour le Développement Inclusif du Sénégal (MCDIS), par la voix de son président Badou Ndour, a exprimé son rejet des termes de référence proposés par les autorités, qu’il juge flous, exclusifs et biaisés.

« Nous dénonçons un dialogue instrumentalisé à des fins politiques », a déclaré M. Ndour. Selon lui et ses camarades, les termes retenus ne prennent pas en compte les véritables préoccupations du peuple, telles que l’emploi, la gouvernance locale ou encore l’accès équitable aux ressources.

Cette initiative, lancée au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio, s’inscrit pourtant dans une volonté de refondation démocratique en période de stabilité, loin des contextes de crise habituels. Parmi les axes prioritaires évoqués figurent notamment :

La rationalisation du calendrier électoral ; La création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) aux pouvoirs renforcés ; La dématérialisation du processus électoral ; La clarification du statut de l’opposition ; La réforme du système de parrainage.

Mais pour le président du MCDIS, ces propositions ne répondent pas aux urgences sociales du moment. Il estime que ce dialogue ne vise qu’à favoriser ceux qui sont déjà au pouvoir. « Leur objectif est de mettre en place des mécanismes pour se maintenir à la tête du pays », a-t-il affirmé.

Dans son communiqué, Badou Ndour a mis en lumière les atouts stratégiques de la région de Kaolack : des ressources naturelles abondantes, une diversité humaine remarquable et un fort potentiel de développement. Il a plaidé pour une meilleure prise en compte de cette région dans l’élaboration des politiques publiques à venir.

Dans un pays où les visages de la pauvreté se multiplient, entre des jeunes sans emploi et des familles peinant à joindre les deux bouts, le quotidien devient un combat. Le manque d’industrialisation, entre autres problèmes, y contribue fortement.

À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, qui réduisent les rendements agricoles et poussent davantage de familles dans la précarité.

Face à cette double crise — pauvreté et chômage — le mouvement citoyen attendait du gouvernement une réflexion plus profonde sur ces enjeux, plutôt qu’un dialogue centré exclusivement sur des considérations politiques. Pour le MCDIS, cette concertation nationale n’aura aucun impact réel sur la vie quotidienne des citoyens lambda.

Il devient urgent, selon le mouvement, de repenser les politiques publiques, d’investir dans l’éducation, et de donner aux jeunes les moyens de bâtir leur avenir.

Clientélisme partisan et crise de la gouvernance publique au Sénégal : le cas de la dîme salariale du PASTEF

L’instauration par le parti PASTEF d’une contribution salariale obligatoire de 10 % au profit de son organisation, imposée aux ministres et hauts fonctionnaires affiliés, soulève des interrogations fondamentales sur l’avenir de la neutralité administrative, la déontologie de la gouvernance publique et les mutations contemporaines du clientélisme en Afrique francophone. Si cette mesure est présentée comme un mécanisme vertueux d’auto-financement partisan, elle engage en réalité des implications profondes sur les plans institutionnel, juridique, éthique et politologique.

Le phénomène s’inscrit dans une logique typique de clientélisme politique, redéfini non comme un simple échange de faveurs électorales, mais comme un système organique d’obligations mutuelles entre un parti au pouvoir et les agents placés sous sa tutelle. La littérature sur le néo-patrimonialisme en Afrique subsaharienne, notamment les travaux de Bratton, van de Walle et Médard, permet de situer cette pratique comme un prolongement d’un État faiblement institutionnalisé, où l’accès aux ressources publiques reste conditionné par l’allégeance politique. Le prélèvement de 10 % sur les salaires publics introduit une logique de réciprocité financière qui structure le champ politico-administratif en réseau de dépendances.

D’un point de vue historique et comparatif, ce système renoue avec les pratiques du spoils system américain du XIXe siècle, dans lequel les fonctionnaires nommés par le parti au pouvoir versaient une partie de leur rémunération à l’appareil partisan. Cette méthode, abolie par la réforme de la fonction publique aux États-Unis en 1883 (Pendleton Act), fut condamnée comme une forme d’appropriation privative de l’État. La pratique du PASTEF, bien qu’inscrite dans un contexte démocratique pluraliste, en reproduit les dynamiques centrales : accès aux positions publiques par canal partisan, maintien en poste conditionné à la loyauté financière, et confusion des sphères publique et partisane.

L’examen éthique de cette pratique révèle une distorsion fondamentale du principe de probité administrative. En exigeant une redevance politique sur une rémunération publique, le dispositif alimente une tension entre la vocation universelle du service public et les exigences d’un militantisme de fidélité. La neutralité, la réserve et l’impartialité, principes cardinaux de l’éthique administrative dans les régimes républicains, se trouvent affaiblis par cette contractualisation implicite du lien hiérarchique, qui devient aussi financier. Ce brouillage ouvre la voie à des conflits d’intérêts structurels, notamment lorsque les décisions administratives touchent à la redistribution de ressources, aux recrutements ou à la passation de marchés.

Sur le plan juridique, la légalité formelle du dispositif peut être reconnue dans le cadre de la loi sénégalaise de 1981 sur les partis politiques, qui autorise le financement par cotisations des membres. Toutefois, cette légalité ne suffit pas à lui conférer une légitimité républicaine. Aucun texte ne définit les modalités encadrant les prélèvements internes, ni ne prévoit de plafonnement ou d’instances de contrôle indépendantes. Ce flou juridique génère une zone d’ambiguïté où le consentement des agents est difficilement vérifiable, et où la liberté d’adhésion se mue en obligation tactique pour la préservation de carrière.

Le statut général de la fonction publique, bien qu’octroyant une liberté d’opinion aux agents de l’État, impose aussi un devoir de neutralité et de service exclusif de l’intérêt général. En réalité, les postes dits « à la discrétion du gouvernement » sont devenus les vecteurs privilégiés de la politisation de l’administration. La contribution salariale obligatoire renforce cette politisation en rendant matériellement visibles les appartenances partisanes au sein même de l’appareil d’État. Elle introduit un critère financier dans le processus de sélection, de maintien ou de limogeage des hauts fonctionnaires et fragilise l’égalité d’accès et la transparence.

La pratique du PASTEF participe également d’une mutation de la gouvernance publique vers une logique de captation des ressources. Selon la théorie de la capture institutionnelle, un acteur politique structure les dispositifs publics pour servir ses intérêts propres, tout en respectant formellement le cadre légal. Le financement du parti par les appointements issus du budget de l’État incarne un tel phénomène : le parti ne détourne pas directement les fonds publics, mais les capte en instaurant une redevabilité financière à partir des ressources publiques salariales, ce qui brouille ainsi la finalité du service rendu.

À l’échelle internationale, les exemples sud-africains (EFF, ANC) et kényans montrent que la dîme partisane existe, mais qu’elle est de plus en plus encadrée et contestée. Là où les prélèvements restent symboliques et volontairement consentis, ils sont perçus comme légitimes. En revanche, dès que l’exigence devient systématique, proportionnelle au revenu et liée au maintien en poste, elle dérive vers une logique coercitive. L’absence de financement public régulier des partis politiques, comme au Sénégal, accentue cette dépendance aux contributions internes, mais ne peut justifier leur caractère obligatoire sans déroger aux normes démocratiques de séparation des pouvoirs.

Sur le plan de la gouvernance démocratique, la confusion entre administration et parti affaiblit la confiance des citoyens dans la neutralité de l’État. Le principe d’impartialité, qui fonde la légitimité des politiques publiques, est compromis lorsque les agents perçoivent leur fonction comme dépendante d’un flux financier vers le parti. Cette perception crée un déséquilibre dans la chaîne de responsabilité : l’agent n’est plus redevable uniquement devant la loi ou la hiérarchie administrative, mais aussi devant une organisation politique qui s’institutionnalise comme organe de redistribution parallèle.

Le risque systémique est celui d’une transformation de l’administration en bras armé du parti, sur le modèle des régimes de parti unique, où les nominations, les promotions et les décisions stratégiques dépendent de la proximité idéologique et financière avec l’appareil partisan. La contribution imposée de 10 % agit ici comme un filtre de loyauté, produit une auto-sélection des agents alignés et élimine progressivement toute forme de pluralisme institutionnel. Cette logique, si elle perdure, transforme la République en une démocratie de façade qui masque un parti-État.

La justification avancée – refus du financement illicite et volonté de transparence – ne résiste pas à l’analyse si la pratique s’opère en l’absence de contrôle externe et de traçabilité. Une transparence réelle supposerait que les montants collectés soient publiés, auditables, et leur usage traçable dans les comptes certifiés du parti. Sans ces garde-fous, le système contribue à opacifier la gestion des ressources partisanes tout en créant un précédent délétère pour la qualité de la démocratie sénégalaise.

Il est donc urgent de doter le Sénégal d’un cadre légal robuste sur le financement politique. Ce cadre devrait garantir un financement public minimal pour réduire la dépendance aux contributions internes, fixer des plafonds raisonnables, interdire les prélèvements obligatoires liés à l’exercice d’une fonction publique, et créer une autorité indépendante de contrôle. Sans cela, la tentation de monétiser les postes publics persistera, avec un impact durable sur l’équité et la performance institutionnelle.

Sur le plan théorique, cette situation confirme l’actualité du concept de « démocratie capturée », où la domination électorale ne débouche pas sur une consolidation de l’État de droit, mais sur une instrumentalisation des institutions à des fins partisanes. Ce type de régulation par le bas (via les membres du parti) plutôt que par le haut (via le droit et la Constitution) révèle un déplacement inquiétant du centre de gravité normatif, où la règle interne supplante la norme républicaine.

En conclusion, la contribution salariale obligatoire imposée par le PASTEF, bien que juridiquement admissible, constitue une rupture profonde avec les principes d’impartialité, de transparence et de mérite qui fondent toute administration républicaine. En transférant la logique de fidélité du champ électoral au champ administratif, elle alimente une dynamique de politisation structurelle, affaiblit la crédibilité de l’État et altère la confiance publique. Une réforme législative s’impose, non pour sanctionner un parti, mais pour préserver l’État contre les dérives partisanes, en consolidant une gouvernance fondée sur la compétence, l’équité et l’éthique.

Dr. Abdourahmane Ba
Expert en Développement International, Politiques Publiques, Management et Suivi et Evaluation

Dialogue national au Sénégal : Seydi Gassama plaide pour une démocratie plus inclusive et respectueuse des droits humains

Invité au dialogue politique national, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a salué l’initiative des nouvelles autorités d’ouvrir un cadre de concertation élargi. Selon lui, cette volonté d’instaurer un dialogue inclusif est un signal fort en faveur de la paix, de la stabilité et du renforcement de la démocratie au Sénégal.

Mais au-delà du symbole, le militant des droits humains a insisté sur la nécessité de traduire ce dialogue en actes concrets, en plaçant la protection des droits civils et politiques au cœur des discussions. « Ce cadre ne sera véritablement utile que s’il permet de renforcer les libertés fondamentales, en particulier le droit à la participation politique », a-t-il déclaré.

L’une des préoccupations majeures soulevées par Seydi Gassama concerne l’exclusion des personnes détenues de la participation électorale. Il a dénoncé le fait que certains citoyens, bien qu’en détention préventive et non définitivement condamnés, soient privés de leur droit de vote. « Il est impératif que l’État garantisse à tous les citoyens jouissant de leurs droits civiques, y compris ceux en détention provisoire, le droit de participer à la vie démocratique », a-t-il plaidé.

Dans cette même logique, il a appelé à une réforme en profondeur du régime de déchéance des droits civiques. Pour le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, cette sanction ne devrait être décidée que par une autorité judiciaire, et uniquement dans le cadre d’infractions d’une gravité exceptionnelle. Il a également souligné que les délits liés à la liberté d’expression, tels que la diffamation ou l’offense à l’autorité, ne devraient en aucun cas justifier la privation de droits civiques.

Enfin, Seydi Gassama a réitéré son engagement en faveur de la liberté de la presse, qu’il considère comme un pilier essentiel de la démocratie. Il a appelé les autorités à soutenir les médias dans un contexte marqué par de nombreuses difficultés structurelles : « Une presse libre et indépendante est indispensable à une démocratie vivante et à une gouvernance responsable. Elle doit être protégée, soutenue et valorisée. »

Dialogue national à Diamniadio : Le président Bassirou Diomaye Faye plaide pour la réconciliation et une réforme en profondeur du système électoral

En ouverture de la deuxième journée du Dialogue national, tenu ce mardi au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a prononcé un discours empreint de solennité et d’espoir. Dans un contexte marqué par les séquelles des crises sociopolitiques passées, le chef de l’État a lancé un vibrant appel à la mémoire, à l’apaisement et à une refonte structurelle du système électoral sénégalais.

Devant une assemblée pluraliste composée de membres du gouvernement, de leaders de l’opposition, de représentants de la société civile et de diverses forces vives de la Nation, le président Faye a tenu à rappeler que les tensions qui ont ébranlé le Sénégal ces dernières années « sont encore très vivaces pour être oubliées ». Cette reconnaissance des douleurs du passé s’est accompagnée d’un hommage solennel aux victimes des troubles politiques : « En ma qualité de président de la République, je m’incline devant la mémoire des victimes de cette lutte démocratique. »

Ce geste fort, empreint d’humilité, s’inscrit dans une démarche de réconciliation nationale que le président entend ériger en pilier de son magistère. Affirmant vouloir « rassurer, rassembler, apaiser et réconcilier », Bassirou Diomaye Faye a martelé que « la paix et la stabilité » sont des conditions sine qua non au développement économique du Sénégal.

Dans une tonalité rassembleuse, il a également réaffirmé son attachement à un dialogue sincère et inclusif : « Le gouvernement appliquera la plénitude de sa mission, l’opposition en sera respectée. » Une déclaration qui se veut gage de bonne foi et de volonté de co-construction, à l’heure où le pays s’engage dans un processus de réformes majeures.

Sur le fond, le président Faye a placé la réforme du système électoral au cœur de ses priorités. Il a appelé à une refonte profonde visant à « expurger de notre système électoral toute germe de dissension ». Un objectif ambitieux, mais nécessaire, dans un pays où les processus électoraux ont souvent été sources de tensions et de contestations. En prônant une réforme « pour la postérité », le président veut inscrire son action dans une perspective durable, au-delà des urgences immédiates.

Dialogue national au Sénégal : Mamadou Lamine Diallo salue la participation de l’opposition tout en dénonçant ses contradictions

le Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD) a accueilli l’ouverture officielle du dialogue national, en présence de nombreuses figures politiques, sociales et institutionnelles du pays. Une initiative attendue, censée jeter les bases d’un nouveau consensus sur les grands enjeux de la vie politique sénégalaise.

Parmi les intervenants de cette première journée, Mamadou Lamine Diallo, président du mouvement Tekki, a marqué les esprits avec une intervention à la fois salutaire et critique. Dans un discours nuancé, il a félicité l’opposition pour sa participation à ce dialogue, tout en mettant en lumière ses limites structurelles.

« Je salue l’opposition qui a accepté de participer à ce dialogue. Il nous faut discuter du système politique, afin de le consolider dans ses acquis démocratiques », a déclaré l’ancien député, fidèle à son rôle d’observateur rigoureux de la vie politique nationale.

Mais derrière ce geste d’ouverture, Mamadou Lamine Diallo n’a pas manqué de souligner les fragilités internes de l’opposition sénégalaise, qu’il juge trop divisée pour prétendre à une direction unifiée.

« L’opposition au Sénégal n’est pas stable pour qu’on lui décrète un chef », a-t-il lancé, en opposition directe à ceux qui plaident pour la désignation d’un chef de l’opposition reconnu officiellement. Une question qui suscite depuis plusieurs mois des débats intenses au sein de la classe politique.

Cette déclaration, sans doute destinée à remettre en question les ambitions de certains leaders de l’opposition, résonne comme un appel à plus de cohérence et de responsabilité dans les rangs des partis contestataires. Mamadou Lamine Diallo semble vouloir rappeler que la légitimité politique ne se décrète pas, mais se construit dans le consensus, la constance et l’unité.

Justice : Samuel Ameth Sarr libéré sous bracelet électronique pour raisons médicales

Le juge a finalement tranché. Après plusieurs mois de détention et une série de rapports médicaux concordants, Samuel Ameth Sarr bénéficie désormais d’une liberté sous condition. Selon des informations obtenues par Dakaractu, la justice a accédé à la requête des experts médicaux en ordonnant sa libération sous bracelet électronique, assortie d’une assignation à résidence.

Placé sous mandat de dépôt en novembre 2024 par le juge d’instruction du 2e Cabinet du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, l’ancien ministre de l’Énergie faisait face à de lourdes accusations portant sur un abus de biens sociaux, dans le cadre d’une affaire de détournement présumé de huit milliards de francs CFA.

La décision du juge intervient à la suite d’expertises médicales ayant conclu que l’état de santé de M. Sarr était incompatible avec les conditions de vie en milieu carcéral. Ses avocats avaient plusieurs fois alerté sur la dégradation de son état, sollicitant une mesure d’aménagement de peine pour des raisons humanitaires et médicales.

Avec ce nouveau statut de résidence surveillée sous surveillance électronique, Samuel Ameth Sarr reste néanmoins à la disposition de la justice, dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire. Ce développement relance le débat sur la prise en charge des détenus malades dans le système pénitentiaire sénégalais, et sur l’utilisation du bracelet électronique comme alternative à la détention provisoire.

Anta Babacar Ngom au Dialogue national : une voix ferme pour un sursaut démocratique et économique

Lors de la séance inaugurale du Dialogue national tenue ce mercredi 28 mai 2025 au Centre international de Conférences Abdou Diouf (CICAD), la députée et cheffe de parti Anta Babacar Ngom s’est illustrée par une intervention aussi lucide que percutante. Dans une salle comble réunissant les principales forces vives de la nation, la présidente du mouvement Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC) a appelé à recentrer le débat politique autour des enjeux essentiels du pays : la démocratie, l’économie et la représentativité.

Prenant la parole devant le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et plusieurs figures de la classe politique et de la société civile, Anta Babacar Ngom a d’abord appelé à l’élévation du débat politique national. « Le débat politique doit être assaini, chaque parti doit assumer la responsabilité de cadrer ses militants », a-t-elle martelé, insistant sur la nécessité d’instaurer une culture démocratique fondée sur le respect et le dialogue.

Sur le thème central de la reddition des comptes, largement porté par le nouveau régime, la députée a exprimé son adhésion de principe tout en mettant en garde contre une instrumentalisation du processus. « Nous souhaitons une reddition des comptes. Elle ne doit pas non plus occulter l’essentiel : l’attente des populations », a-t-elle affirmé. Reconnaissant les contraintes d’un premier exercice de courte durée au pouvoir, elle a néanmoins lancé un appel clair au président Faye : « Il est vrai que vous ne pouviez faire de magie en un an de mandat, mais il est temps de passer à l’action. »

L’un des moments forts de son intervention a été la proposition de convoquer des États Généraux de l’économie. Une initiative que la cheffe de l’ARC présente comme un levier stratégique pour refonder le modèle économique sénégalais : « Je vous propose d’organiser des États Généraux pour relancer notre économie et repenser notre modèle », a-t-elle déclaré, saluée par une partie de l’assistance.

Fidèle à son engagement pour l’égalité des chances, Anta Babacar Ngom a aussi mis en lumière la sous-représentation persistante des femmes dans les sphères de décision politique. « Il faut également, Monsieur le Président, une meilleure représentativité des femmes dans nos instances politiques », a-t-elle plaidé, soulignant la nécessité d’un renforcement effectif de la parité dans les institutions.

Enfin, répondant à la récente déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko, qui qualifiait l’opposition de « résiduelle », la députée a répliqué avec fermeté : « L’opposition n’a rien de résiduel, elle est vivante. » Une prise de position qui reflète les tensions encore palpables entre le pouvoir et une opposition déterminée à se faire entendre, même dans un cadre d’ouverture comme celui du dialogue national.

Dialogue national : Khalifa Sall plaide pour une gouvernance apaisée et sincère

Lors du dialogue national qui s’est tenu ce mercredi au Centre International du Commerce et de l’Artisanat de Dakar (CICAD), Khalifa Ababacar Sall a livré un message fort, axé sur la nécessité d’une gouvernance inclusive, sincère et tournée vers les préoccupations réelles des populations.

Prenant la parole devant les acteurs politiques, institutionnels et de la société civile réunis pour cet événement, l’ancien maire de Dakar a souligné que « les arrestations ne peuvent pas garantir une gouvernance apaisée », appelant ainsi à une rupture avec les pratiques qui nourrissent la méfiance et les tensions dans le paysage politique national.

Évoquant les concepts de « Jub » (la droiture), « Jubeul » (la transparence) et « Jubbanti » (la reddition des comptes), Khalifa Sall a proposé d’y ajouter un nouveau terme : le « Jubbo sincère ». Cette notion, selon lui, va au-delà des principes affichés pour intégrer une réelle volonté de servir le peuple dans la vérité et le respect des droits.

Pour le leader de Taxawu Sénégal, le dialogue national ne doit pas se limiter à un cadre de négociation entre élites politiques. Il doit aussi se pencher sur les problèmes concrets qui affectent le quotidien des citoyens. « Il doit aussi s’intéresser aux difficultés que rencontrent les populations », a-t-il insisté. « Ce pays a un problème, c’est indéniable, et il nous faut trouver des solutions. »

Distribution filmée d’aides financières aux anciens détenus politiques : le Codeps dénonce une atteinte à la dignité humaine

Depuis deux jours, des images largement partagées sur les réseaux sociaux montrent des personnes identifiées comme d’anciens détenus politiques recevant des enveloppes d’argent à l’approche de la Tabaski. Présentée comme un geste de solidarité, cette distribution a pourtant suscité un tollé, notamment du côté du Collectif des ex-détenus politiques et victimes des événements de 2021-2024 (Codeps), qui a vivement réagi pour dénoncer ce qu’il qualifie de « violation des principes de confidentialité et une atteinte grave à la dignité humaine ».

Selon les informations rapportées par Les Échos, après l’annonce du paiement de leurs indemnités par les services compétents de l’État, certains anciens détenus politiques ont été ciblés par une fondation pour recevoir une aide financière en prélude à la fête musulmane. Toutefois, ce qui devait être un acte discret et bienveillant s’est transformé en véritable controverse : la scène de distribution a été filmée, puis largement diffusée sur les réseaux sociaux, exposant au grand public les visages des bénéficiaires.

Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, dont Les Échos, le Codeps exprime son profond mécontentement :

« Le Codeps a pris connaissance d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dans laquelle une journaliste bien connue de la place apparaît en train de distribuer des enveloppes d’argent à des personnes se présentant comme d’anciens détenus politiques », déplore le collectif.

Le ton du communiqué est sans équivoque : le collectif condamne avec la plus grande fermeté ces méthodes qu’il considère comme contraires aux principes fondamentaux de confidentialité et de respect de la dignité humaine.

« Ces principes, rappelle le Codeps, représentent non seulement un droit inaliénable pour les anciens détenus politiques, mais aussi un devoir moral pour toute personne agissant de bonne foi, en conformité avec les normes éthiques en vigueur. »

Le collectif insiste sur le fait que la précarité économique de certains de ses membres, souvent aggravée par de longues détentions arbitraires, ne doit jamais justifier des pratiques qu’il qualifie d’humiliantes.

« Nous condamnons avec la plus vive énergie toutes pratiques dégradantes qui, loin d’honorer ces vaillants combattants de la liberté, les réduisent à de simples figurants d’une mise en scène humiliante. »

Si le Codeps reconnaît et salue l’élan de solidarité dont certaines personnalités ou structures peuvent faire preuve, il appelle cependant à ce que ces gestes soient accomplis dans le respect total de la dignité humaine des bénéficiaires.

« La solidarité véritable ne saurait se conjuguer avec la recherche de visibilité publique, encore moins avec des pratiques de communication jugées indécentes », conclut le collectif.

Le Nouveau Front Force Alternative organise un « Contre-Dialogue des Forces Vives » ce mercredi

Alors que le Dialogue national se tient ce mercredi, une frange de la société civile et de l’opposition politique se mobilise pour faire entendre une voix discordante. Le Nouveau Front Force Alternative (NFA), coalition regroupant le Mouvement Rappel à l’Ordre, le collectif RTS, ainsi que plusieurs partis politiques et mouvements citoyens, organise un « Contre-Dialogue des Forces Vives » ce mercredi 28 mai à 10h, au Relais.

Cette initiative entend dénoncer ce que ses initiateurs qualifient de « mise en scène du consensus », qui, selon eux, passe sous silence les véritables préoccupations des citoyens. Dans un contexte marqué par des tensions politiques persistantes, le NFA affirme vouloir créer un espace de parole libre, en dehors des cadres officiels.

Plusieurs thématiques majeures seront abordées lors de cette manifestation parallèle, parmi lesquelles :

La confiscation des libertés publiques L’instrumentalisation politique de la justice L’emprisonnement arbitraire de leaders d’opinion La demande d’abrogation de la loi d’amnistie La criminalisation de l’homosexualité La cherté de la vie et le silence des autorités face à la détresse des ménages

Ces sujets, jugés sensibles voire explosifs, reflètent le climat de défiance qui s’est installé entre une partie de la population et les autorités.

Selon Les Échos, qui relaie l’information dans son édition de ce mercredi, Bougane Guèye Dani, leader du Mouvement Gueum Sa Bopp et initiateur du mouvement « les Jambaars », est attendu à cet événement. Sa présence, symbole de contestation politique, donne un poids particulier à cette rencontre parallèle, perçue comme une tentative de contre-pouvoir face aux discussions institutionnelles.

Ce « Contre-Dialogue » s’inscrit dans une volonté de nombreux acteurs politiques et citoyens d’exprimer des désaccords de fond sur la gouvernance, les libertés et la justice sociale au Sénégal. Il met aussi en lumière la fracture persistante entre les autorités et une partie de la société qui revendique plus de transparence, de justice et d’écoute.

Amadou Bâ plaide pour un dialogue national élargi aux enjeux économiques

Présent à la rencontre du dialogue national sur la refonte du système politique initiée par le président Bassirou Diomaye Faye, l’ancien Premier ministre Amadou Bâ a livré une intervention à la fois lucide et engagée. Entre regrets, espoir et appel au réalisme, il a saisi l’occasion pour insister sur l’importance d’élargir les discussions au-delà du seul champ politique.

« J’aurais aimé qu’on y ajoute l’aspect économique du pays. J’avais même écrit au ministre de l’Intérieur à ce sujet, car c’est un aspect très important », a-t-il confié à la presse, en marge de la séance plénière. Selon lui, si le socle démocratique doit être consolidé, les défis économiques ne peuvent plus être laissés en marge des grandes consultations nationales.

L’ancien chef du gouvernement estime que la démocratie ne peut pleinement s’épanouir que si elle s’accompagne d’un véritable projet de développement économique inclusif. « La démocratie aussi, on doit davantage la bâtir, la renforcer, pour qu’elle devienne un espace de parole. À l’intérieur de la salle, nous allons écouter tout le monde afin de mieux débattre », a-t-il affirmé, réitérant son attachement à un dialogue ouvert, inclusif et constructif.

Interrogé sur la décision de certains partis d’opposition de boycotter le dialogue, Amadou Bâ a préféré l’apaisement à la polémique. « Chacun a le droit de faire son choix et d’assumer ses responsabilités. De notre côté, nous pensons que si l’objectif est de discuter, chacun devrait venir échanger sur ce qui est le plus important pour le développement et le progrès du pays », a-t-il souligné avec diplomatie.

Au-delà des clivages partisans, l’ancien Premier ministre appelle donc à saisir cette opportunité pour jeter les bases d’un nouveau contrat républicain, plus en phase avec les attentes économiques et sociales des citoyens.

Lutte : Marème Nar dans la tourmente judiciaire

La ferveur des arènes sénégalaises est assombrie par une affaire judiciaire impliquant une figure bien connue des fans de lutte. Marème Nar, fervente supportrice du lutteur Prince, fait face à de graves accusations. Elle a été déférée lundi dernier devant le parquet de Pikine-Guédiawaye dans une affaire de vol en réunion commis la nuit et d’association de malfaiteurs.

Selon le quotidien L’Observateur, l’affaire découle du vol présumé de la moto d’un agent de police en service dans le quartier de Wakhinane Nimzatt. Une situation délicate pour la jeune femme, souvent vue au premier rang lors des combats de son lutteur favori.

À ce stade, Marème Nar a bénéficié d’un second retour de parquet, une mesure qui, si elle prolonge sa garde à vue, ne dissipe en rien la gravité de l’affaire. La procédure judiciaire reste bel et bien active. La menace d’une mise en examen formelle plane toujours, en attendant que les charges soient éventuellement confirmées par le parquet.

Après son passage au tribunal, la suspecte a été reconduite au commissariat central de Guédiawaye, où elle a passé une nouvelle nuit en garde à vue, selon toujours L’Observateur.

Cette affaire suscite un vif émoi dans les cercles de supporters du lutteur Prince, où la présence de Marème Nar était quasi emblématique. Reste à savoir si la suite de l’enquête apportera plus de clarté sur son implication réelle dans ce dossier qui mêle monde sportif et faits divers.

L’affaire est à suivre de près.

Neuf policiers condamnés à deux ans ferme pour vol de 200 millions FCFA : un tournant dans la lutte contre les abus policiers

Le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye a rendu ce mardi un verdict retentissant dans une affaire qui a profondément choqué l’opinion publique. Neuf policiers, membres d’une brigade dirigée par Abdoulaye Diaw alias « Baye Fall », ont été condamnés à deux ans de prison ferme chacun pour vol en réunion, abus d’autorité et association de malfaiteurs, après avoir extorqué une somme de 200 millions de FCFA à deux commerçants maliens.

Les faits remontent à juillet 2024. Sous couvert d’une opération antidrogue, les policiers avaient intercepté deux commerçants maliens qui transportaient 650 millions de FCFA. Ils leur auraient alors exigé une part de cette somme avant de les séquestrer arbitrairement toute une nuit, selon les informations révélées par L’Observateur. Aucun mandat, ni preuve d’infraction n’avait alors été établi contre les commerçants.

Cette opération illégale a provoqué une vague d’indignation, d’autant plus qu’elle met en cause des agents censés incarner la probité et la sécurité de la population. Malgré leurs dénégations à la barre, les policiers ont été formellement reconnus coupables à l’issue d’une instruction minutieuse.

Le procureur de la République avait requis trois ans de prison ferme, mais le tribunal a finalement prononcé une peine de deux ans ferme assortie d’une condamnation solidaire à verser 300 millions de FCFA de dommages et intérêts aux victimes. Une décision perçue comme un rappel à l’ordre à l’égard des forces de sécurité.

Les deux commerçants maliens, eux, ont été relaxés. L’instruction n’a retenu aucune charge de blanchiment d’argent ni infraction connexe à leur encontre.

Déjà placés en garde à vue en 2024 pour vol, séquestration et extorsion de fonds, les policiers aujourd’hui condamnés faisaient partie d’une brigade de recherches censée œuvrer pour la protection des citoyens. Ce scandale met une fois de plus en lumière les dérives internes au sein des forces de l’ordre et souligne la nécessité d’un renforcement du contrôle et de la redevabilité dans les services publics de sécurité.

Le SYTPOSTE dénonce le refus d’octroi de l’avance Tabaski : une décision jugée “injuste et indigne”

Dans un communiqué transmis à la rédaction de Dakaractu, le Syndicat national des Travailleurs de la Poste (SYTPOSTE) a exprimé sa “profonde indignation” face à la décision prise par la Direction Générale de ne pas accorder l’avance Tabaski à l’ensemble des employés. Une décision que le syndicat juge “incompréhensible, inacceptable et contraire aux valeurs de solidarité” chères à l’institution.

À quelques semaines de la fête de Tabaski, moment fort de communion et de partage dans les foyers sénégalais, le refus de cette avance est ressenti comme une véritable gifle pour les travailleurs de La Poste. Le SYTPOSTE rappelle que cette aide financière, bien qu’anticipée sur les salaires à venir, permet chaque année à de nombreux agents de faire face aux dépenses importantes liées à cette célébration religieuse.

“En cette période de crise et de difficultés économiques, cette avance constitue un soutien crucial pour les employés. Son absence révèle un désengagement flagrant de la Direction face aux réalités sociales de son personnel”, déplore le communiqué.

Le syndicat fustige une décision prise sans concertation ni anticipation, dénonçant un manque criant de vision et de gestion prévisionnelle. Selon le SYTPOSTE, une meilleure organisation financière aurait permis de préserver ce soutien, pourtant peu risqué puisqu’il s’apparente à un prêt à court terme, remboursable sur dix mois.

“Il ne s’agit pas d’une prime exceptionnelle, mais d’un mécanisme éprouvé qui aurait pu être maintenu avec un minimum de volonté et de rigueur financière”, précise le communiqué.

Le SYTPOSTE en appelle directement à la tutelle pour revoir cette décision, soulignant qu’il est encore temps de corriger cette injustice et de faire preuve d’humanité à l’égard des travailleurs. Le syndicat appelle aussi l’ensemble des employés à se mobiliser pour défendre leurs droits.

“Nous n’accepterons aucune décision compromettant notre bien-être. Nous resterons vigilants, et prêts à toute action syndicale pour faire entendre la voix des travailleurs”, conclut le syndicat.

Kaolack : Formation des éducateurs spécialisés en stress et résilience, un levier pour le bien-être psychosocial

Face à la recrudescence des troubles liés au stress dans les milieux scolaires, hospitaliers et sociaux, une nouvelle initiative voit le jour : la formation d’éducateurs spécialisés capables d’intervenir efficacement auprès des populations vulnérables. Cette formation pionnière vise à doter les participants des outils nécessaires pour accompagner les personnes en situation de crise ou de stress chronique.

C’est dans ce contexte que la Direction Générale de la Protection Judiciaire et Sociale (DGPJS) a lancé, ce lundi, un atelier de formation à l’intention des éducateurs spécialisés de l’Inspection de l’Éducation Surveillée et de la Protection Sociale (IESPS) relevant de la Cour d’appel de Kaolack. Axée sur la gestion du stress et le développement de la résilience en milieu professionnel, cette session s’inscrit dans le cadre du Programme d’Amélioration de l’Accès et de la Qualité des Services Socio-éducatifs de Protection de l’Enfant (PAQ-SPE).

Organisé à l’hôtel Le Relais du 26 au 28 mai, l’atelier réunit une trentaine de participants venus renforcer leurs compétences face aux défis quotidiens de leur métier. Plusieurs autorités administratives et judiciaires de la région ont honoré de leur présence la cérémonie d’ouverture.

Présidant cette cérémonie, M. Mamadou Habib Kamara, adjoint au gouverneur de la région de Kaolack, a souligné que la protection de l’enfance constitue l’une des priorités majeures de l’agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Il a salué cette initiative, qui selon lui, participe pleinement à la mise en œuvre des engagements de l’État en matière de protection des enfants.

L’objectif affiché est clair : outiller les éducateurs spécialisés pour mieux faire face aux situations de stress inhérentes à leur fonction, tout en renforçant leur capacité de résilience dans un environnement souvent marqué par la pression, l’urgence et l’émotion.

Démantèlement d’un réseau d’escroquerie à Diamniadio : 35 personnes interpellées dans une opération de la gendarmerie

La Brigade territoriale de Diamniadio a réussi un coup de filet spectaculaire ce samedi 24 mai, en démantelant un vaste réseau d’escroquerie opérant sous la bannière de la société Qnet. Cette organisation frauduleuse, bien connue pour ses pratiques douteuses à travers plusieurs pays africains, a été épinglée grâce à une dénonciation faite par des ressortissants étrangers victimes de ses agissements.

Le réseau, installé discrètement dans une maison transformée en bureau dans le quartier de Darou Salam, servait de centre de recrutement et d’endoctrinement. Sur place, les gendarmes ont trouvé pas moins de 35 personnes impliquées, dont 15 Sénégalais et 20 Bissau-Guinéens, avec parmi eux une dizaine de femmes.

Selon les premières informations recueillies auprès des autorités, les individus arrêtés attiraient leurs victimes avec des promesses commerciales mensongères, faisant miroiter des opportunités de gains rapides ou de partenariats internationaux. Une fois ferrées, les victimes étaient contraintes de verser d’importantes sommes d’argent, parfois plusieurs millions de francs CFA, sous prétexte d’adhésion, de formation ou d’achat de produits inexistants.

Le stratagème était bien rodé : les escrocs utilisaient un discours soigneusement élaboré, combinant motivations personnelles, pressions psychologiques et techniques de manipulation mentale. Des documents promotionnels et du matériel informatique ont été saisis lors de l’opération.

L’intervention rapide et efficace de la gendarmerie a été saluée par la population locale, mais aussi par plusieurs victimes qui attendaient désespérément que justice soit faite. Une enquête a été immédiatement ouverte afin de déterminer l’ampleur du réseau et identifier d’éventuels complices ou ramifications à l’international.

Les personnes interpellées sont actuellement en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Diamniadio, et seront présentées devant le procureur dans les prochains jours.

Pape Thiaw sur l’absence de Sadio Mané : “Je respecte sa décision, le collectif reste la priorité”

Le sélectionneur des Lions Locaux, Pape Thiaw, a réagi avec calme et lucidité à l’absence remarquée de Sadio Mané lors de la dernière convocation de l’équipe nationale. Interpellé sur ce sujet sensible, l’ancien international sénégalais a tenu à clarifier sa position avec fermeté et respect.

“C’est une décision personnelle qui lui appartient. Moi, en tant que sélectionneur, je respecte cette décision”, a-t-il déclaré, balayant d’un revers de main toute polémique autour du choix de l’attaquant vedette.

Sadio Mané, pièce maîtresse de l’équipe nationale du Sénégal depuis plusieurs années, a surpris bon nombre de supporters par son absence. Si les raisons précises n’ont pas été détaillées, Pape Thiaw préfère regarder vers l’avenir plutôt que de s’attarder sur les absences.

“Maintenant, pour moi, c’est le collectif qui compte : composer une équipe avec les joueurs disponibles, prêts à se battre pour le maillot avec fierté.”

Cette déclaration traduit une philosophie claire : l’importance du groupe prime sur les individualités. Pour Pape Thiaw, chaque joueur appelé en sélection doit incarner les valeurs de combativité, de solidarité et de patriotisme qui font la fierté du football sénégalais.

Drame de Touba : P. Fall, maître d’œuvre déjà incarcéré, sera entendu dans la nouvelle affaire ayant fait 11 morts

La tragédie de Touba, survenue il y a quelques jours et ayant coûté la vie à 11 personnes tout en faisant 7 blessés, continue de révéler ses ramifications. L’affaire prend désormais une tournure judiciaire majeure.

Déjà incarcéré à la prison de Rebeuss dans le cadre de l’effondrement de l’immeuble de Ngor, le maître d’œuvre P. Fall sera extrait dans les prochains jours pour être entendu par les enquêteurs dans cette nouvelle affaire dramatique. Selon L’Observateur dans son édition de ce mardi 27 mai, son nom apparaît de nouveau au cœur d’un système de sous-traitance jugé défaillant et aux conséquences meurtrières.

L’immeuble effondré à Touba, dont la construction s’est déroulée sous une chaîne complexe de sous-traitance, soulève de sérieuses interrogations sur les responsabilités engagées. Face à l’ampleur du dossier, les autorités policières ont décidé d’accélérer les investigations. Le commissariat spécial de Touba, appuyé par celui de Ndamatou, a été mobilisé pour auditionner les différentes parties impliquées dans la réalisation du bâtiment.

Les premières auditions ont déjà permis de mettre en lumière de graves négligences, tant sur le plan technique que réglementaire. Des soupçons planent sur des manquements aux normes de sécurité, le non-respect des procédures administratives et le rôle flou de certains sous-traitants intervenus dans le chantier.

Cette affaire relance le débat sur la régulation du secteur du bâtiment au Sénégal, la surveillance des chantiers, et surtout la responsabilité des maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre dans les nombreux drames liés à des constructions illégales ou mal encadrées.

Les familles des victimes, encore sous le choc, réclament justice et appellent à des sanctions exemplaires pour que “plus jamais” une telle tragédie ne se reproduise.

Un commerçant condamné à rembourser 12 millions à un émigré floué dans un projet d’investissement

L’histoire d’un projet d’investissement tourné au cauchemar s’est soldée par une décision de justice en faveur de B. Diop, un émigré revenu de France pour investir dans son pays natal. Il avait confié une cargaison de dattes d’une valeur de 12 millions de francs CFA à un commerçant de Dakar, M. Diaw, chargé d’écouler les produits en deux semaines. Un an plus tard, le plaignant n’a récupéré que 1,8 million de francs CFA.

Selon L’Observateur, qui a suivi l’audience devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, M. Diaw a multiplié les explications rocambolesques pour justifier ce manquement. Il a notamment évoqué des dettes prétendument impayées par des personnalités telles que l’ancien ministre des Finances, l’ex-Première dame Marième Faye Sall, ou encore la banque BICIS, à hauteur de 500 millions de francs CFA.

En plus de ces justifications fantaisistes, le commerçant a tenté de rejeter la faute sur la qualité de la marchandise, affirmant que les dattes étaient invendables et qu’un accord avait été trouvé pour les écouler à bas prix. Des déclarations contredites par une pièce maîtresse versée au dossier : un enregistrement audio dans lequel M. Diaw reconnaît sa dette et promet de la rembourser intégralement.

Face à ces éléments, le tribunal a statué en faveur de la partie civile et a ordonné à M. Diaw le remboursement total des 12 millions de francs CFA, mettant un terme à une affaire qui illustre les risques encourus par les émigrés de retour au pays, souvent confrontés à la mauvaise foi de certains partenaires locaux.

Marème Nar, figure emblématique des arènes de lutte, déférée pour complicité de vol en réunion

Guédiawaye, Sénégal – L’information fait l’effet d’une bombe dans le monde de la lutte sénégalaise. Marème Nar, fervente supportrice bien connue des amateurs de lutte, a été déférée samedi dernier devant le parquet de Pikine-Guédiawaye pour association de malfaiteurs et complicité de vol en réunion commis la nuit, rapporte le quotidien L’Observateur.

Les faits remontent à la nuit du 3 au 4 mai 2025, veille du très attendu combat entre Prince (Guinaw Rails) et Modou Anta (Thiès). Ce soir-là, Marème Nar passe la soirée en boîte de nuit avec deux amis venus de Grand-Dakar. Aux environs de 2 heures du matin, le trio regagne la cité Comico de Guédiawaye, où ils garent leur moto dans un parking surveillé par un vigile, Y. Diao.

Mais les événements prennent une tournure inattendue. Vers 4 heures du matin, les deux amis de Marème ressortent discrètement. Selon les déclarations du vigile, l’un d’eux dérobe une autre moto garée à proximité, pendant que le second s’éclipse avec leur propre engin. Pris de court, le vigile alerte Marème Nar qui, dans un premier temps, nie toute implication. Elle finit toutefois par révéler l’identité de ses deux compagnons.

La moto volée appartenait à un agent de police en service à Wakhinane Nimzatt, selon les sources de L’Observateur. Une première plainte déposée par le propriétaire n’ayant pas abouti, ce dernier décide finalement de saisir directement le parquet, relançant ainsi l’affaire.

Marème Nar est interpellée le 23 mai. Une perquisition menée à Grand-Dakar pour retrouver les deux principaux suspects ne donne rien : l’un est introuvable, tandis que l’autre est déjà en détention pour une autre affaire de vol.

Bien qu’elle clame son innocence et nie toute complicité, Marème Nar est désormais poursuivie dans cette affaire. Après un premier retour de parquet, elle devrait être fixée sur son sort ce mardi. Sa présence dans une affaire de vol secoue déjà les milieux de la lutte, où elle jouit d’une grande notoriété et d’un soutien populaire certain.

Sénégal : Amadou Mansour Faye écroué pour détournement de deniers publics

La machine judiciaire sénégalaise poursuit sa croisade contre la corruption. Ce lundi 26 mai, Amadou Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, a été placé sous mandat de dépôt par la commission d’instruction de la Haute cour de justice. L’audition s’est tenue au Palais de Justice Lat Dior de Dakar, en présence de ses avocats et de plusieurs proches venus le soutenir.

Personnalité politique influente et beau-frère de l’ancien président Macky Sall, Mansour Faye est visé par une batterie de chefs d’accusation graves : association de malfaiteurs, concussion, corruption, prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux en écritures privées, détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des fonds publics, blanchiment de capitaux, entre autres. Le préjudice provisoire est estimé à 2 749 927 498 FCFA.

Présent lors de l’audience, Adama Faye, frère de l’ex-première dame Marième Faye Sall, a réagi devant la presse. « Nous rendons grâce à Dieu. Nous connaissons bien Mansour Faye. C’est un homme de valeur et de principes. Il est intègre. Il a reçu une bonne éducation », a-t-il déclaré, manifestant son soutien indéfectible.

Toutefois, il a ajouté : « Nous faisons confiance en la justice de notre pays. Nous disons oui à la reddition des comptes, mais non au harcèlement. » Se montrant prudent, il a refusé de commenter le fond du dossier, qu’il qualifie de « compliqué », tout en assurant que la procédure d’appel d’offres incriminée s’était déroulée normalement, sans aucune surfacturation.

Les avocats de l’ancien ministre avaient tenté de faire valoir une demande de liberté provisoire avec caution, mais celle-ci a été rejetée par la juridiction.

L’incarcération d’Amadou Mansour Faye, figure du régime précédent et proche du cercle présidentiel de Macky Sall, est perçue comme un signal fort envoyé par les nouvelles autorités dans le cadre de la lutte contre la corruption et la reddition des comptes. Elle s’inscrit dans une série d’enquêtes ouvertes sur la gestion des fonds publics sous l’ancien régime.

Pour certains observateurs, cette arrestation pourrait marquer un tournant dans la gouvernance au Sénégal, à condition que le processus judiciaire respecte l’équité, l’impartialité et les droits de la défense.

Condamnation de Mansour Faye : ses avocats dénoncent une procédure biaisée

Les avocats de l’ancien ministre Mansour Faye ont vivement réagi suite à la mise sous mandat de dépôt de leur client, intervenue ce lundi après son audition devant la commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Poursuivi dans le cadre de la gestion des fonds destinés à la lutte contre le Covid-19, Mansour Faye est accusé d’avoir orchestré une surfacturation présumée de 2,75 milliards FCFA dans le cadre de l’achat de riz destiné aux populations.

Dans une déclaration transmise à la presse, la défense regrette que le juge d’instruction ait écarté “des contestations sérieuses” soulevées tout au long de la procédure. Selon les conseils de l’ancien ministre, plusieurs arguments et éléments de preuve destinés à démontrer l’absence de responsabilité pénale de leur client ont été ignorés.

Les avocats fustigent également le rejet de l’offre de cautionnement présentée par Mansour Faye. Cette proposition, selon eux, visait à garantir la représentation de leur client devant la justice tout en lui permettant de rester libre pendant la suite de la procédure. Le refus d’examiner cette offre est perçu par la défense comme une volonté manifeste d’écarter toute alternative à la détention.

Autre point de discorde : le rejet du recours en inconstitutionnalité introduit par la défense, qui contestait la loi régissant la Haute Cour de justice. Les avocats considèrent que cette juridiction, dans sa forme actuelle, viole certains principes fondamentaux du droit à un procès équitable.

Pour rappel, Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, est une figure politique de premier plan au Sénégal. Gendre de l’ancien président Macky Sall, il fut l’un des responsables de la gestion des aides alimentaires d’urgence pendant la pandémie. Les accusations qui pèsent contre lui portent un coup dur à son image, et soulèvent une fois de plus la question de la reddition des comptes dans la gestion des deniers publics.

Visite d’État en Guinée-Bissau : Le Président Bassirou Diomaye Faye accueilli en grande pompe à Bissau

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, est arrivé ce lundi à Bissau pour une visite d’État de deux jours (26 et 27 mai) en République de Guinée-Bissau. Cette visite, placée sous le signe du renforcement de la coopération bilatérale, marque une étape importante dans les relations entre les deux pays voisins.

À sa descente d’avion, le chef de l’État sénégalais a été accueilli avec les honneurs militaires, avant de bénéficier d’un accueil populaire et chaleureux tout au long de la grande avenue menant au Palais présidentiel. La population bissaoguinéenne, sortie en masse, a exprimé son hospitalité à travers des chants, danses et acclamations, témoignant ainsi de l’amitié profonde entre les deux nations.

Selon un communiqué de la Présidence de la République du Sénégal, cette visite vise à consolider les liens de coopération, de bon voisinage et d’intégration sous-régionale. Elle s’inscrit dans la continuité des efforts déployés par les deux pays pour renforcer leur collaboration dans des domaines clés tels que la sécurité, le commerce, l’agriculture, la pêche, les infrastructures et les échanges culturels.

Le Président Diomaye Faye est l’invité de son homologue bissaoguinéen, le Président Umaro Sissoco Embaló. Les deux chefs d’État auront une série d’échanges bilatéraux de haut niveau, avec à la clé la signature attendue de plusieurs accords de partenariat stratégique.

Cette visite traduit la volonté commune des dirigeants des deux pays de bâtir une sous-région ouest-africaine plus solidaire, intégrée et prospère, dans un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires et économiques.

Crise dans le secteur de la santé : les spécialistes en formation du Sénégal entament une grève de 72 heures

Le Collectif des Médecins, Pharmaciens, Chirurgiens-Dentistes en Spécialisation du Sénégal (COMES) a lancé ce lundi une grève de 72 heures renouvelable, dénonçant l’inaction persistante des autorités face à leurs revendications. Cette mobilisation intervient après de nombreuses démarches restées sans suite, selon un communiqué rendu public par le collectif.

Les spécialistes en formation pointent du doigt le non-respect d’engagements pris par l’État sur des questions cruciales : le statut des spécialistes en formation, la couverture médicale, le paiement régulier des bourses, la rémunération équitable ainsi que les droits liés au congé de maternité.

« Trop, c’est trop. Nous avons longtemps fait preuve de patience et de responsabilité, mais nos préoccupations demeurent ignorées », déplore le COMES, qui précise que la grève s’accompagne d’un service minimum assuré dans les urgences et les gardes programmées, pour ne pas compromettre la prise en charge des cas critiques.

Une assemblée générale est prévue ce mardi 27 mai à 10h à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) pour évaluer la suite à donner au mouvement et maintenir la mobilisation.

Le collectif appelle solennellement l’État du Sénégal à proposer des solutions concrètes et durables, non seulement pour améliorer les conditions de travail et de formation des spécialistes, mais aussi pour garantir la qualité du système de santé dans son ensemble. « Investir dans les professionnels en formation, c’est investir dans l’avenir de la santé publique sénégalaise », conclut le communiqué.

Lutte contre l’émigration irrégulière : la Gendarmerie nationale déjoue deux tentatives de départ à Sendou et Yene

Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre l’émigration irrégulière, les unités de la Gendarmerie nationale poursuivent leurs opérations de veille et d’alerte renforcées, notamment en cette période sensible marquée par la proximité de la fête de Tabaski.

Le dimanche 25 mai 2025, la Brigade de Recherches de Keur Massar a mené une opération décisive à Sendou, aboutissant au démantèlement d’un important réseau de convoyeurs de migrants. Cette action a permis l’interpellation de 75 candidats à l’émigration clandestine, l’arrestation de trois (03) organisateurs présumés, ainsi que la saisie de grandes quantités de carburant et de vivres, destinés à soutenir le voyage maritime vers l’Europe.

Dans la continuité de cette dynamique sécuritaire, une autre opération a été conduite dans la nuit du lundi 26 mai 2025 à 01h30 par la Brigade de Gendarmerie de Yene, avec l’appui de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention de Diamniadio. Cette intervention a permis l’interpellation de 26 autres migrants à Yene Todd, dont plusieurs ressortissants étrangers et une femme.

Les enquêtes sont toujours en cours pour identifier d’éventuels complices et remonter l’ensemble du réseau. La Gendarmerie nationale souligne que ces succès sont le fruit d’un travail d’anticipation et de coordination interservices, renforcé par une surveillance accrue des zones côtières identifiées comme points de départ potentiels.

Dans un communiqué, elle appelle à la vigilance et à la collaboration active des populations, rappelant que les réseaux de passeurs profitent souvent de la période de Tabaski pour intensifier leurs activités. La Gendarmerie encourage les citoyens à signaler tout comportement suspect ou regroupement inhabituel pouvant être lié à des départs clandestins.

Affaire Khadim Bâ : un rapport d’expertise accablant pour la Douane sénégalaise

Un nouveau rebondissement secoue le différend opposant l’homme d’affaires Khadim Bâ à l’administration douanière. Selon les révélations de L’Observateur, un rapport d’expertise récemment transmis au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, pourrait totalement remettre en question les fondements juridiques des poursuites engagées contre le patron de la Bnde, actuellement incarcéré.

Ce rapport, établi par le cabinet d’expertise Cecogex à la demande de la défense, met en lumière de graves irrégularités dans la procédure douanière ayant conduit à l’affaire. Dans une correspondance officielle adressée au ministre, Me Djiby Diallo, avocat de Khadim Bâ, pointe une série d’erreurs aussi bien juridiques que procédurales, entachant les procès-verbaux dressés par les services douaniers.

Selon le rapport, les accusations reposent sur une mauvaise interprétation des textes en vigueur. Les agents de la Douane n’auraient pas pris la peine de vérifier certains documents essentiels avant de dresser leurs procès-verbaux, accusant à tort Khadim Bâ d’avoir produit de fausses attestations de change. L’expertise souligne que ces documents ont été fournis sans intention frauduleuse, dans un contexte de méconnaissance des procédures exactes de dédouanement.

Plus encore, Cecogex insiste sur le fait qu’à la date des faits, aucune disposition légale n’imposait un rapatriement des fonds pour un contrat de représentation, tel que celui qui liait Dermond Africa à Dermond Oil and Gaz FZE. La notion même d’« exportation de service » — point central du dossier — n’a été intégrée à la réglementation de l’UEMOA qu’en décembre 2024, et sa mise en application reste suspendue à des instructions non encore publiées par la BCEAO.

Pour Me Djiby Diallo, cette affaire s’apparente à une erreur administrative majeure. Il affirme que son client n’avait aucunement vocation à gérer directement les procédures de change, cette responsabilité relevant du transitaire de la Société africaine de raffinage (Sar), réelle entité importatrice. Le rapport évoque également la possibilité d’une inscription de faux contre les agents verbalisateurs, si les erreurs de procédure sont confirmées.

Autre élément troublant : Al Amine Lô, ancien directeur national de la BCEAO et aujourd’hui ministre-conseiller, pourrait témoigner que toutes les transactions ont bel et bien été effectuées en francs CFA, avec l’aval de l’institution monétaire.

Avec ces éléments accablants, la défense espère obtenir une annulation pure et simple des poursuites. Le rapport Cecogex appelle à la prudence, estimant que cette situation pourrait entraîner de sérieuses conséquences sur le plan judiciaire et institutionnel, en raison d’une mauvaise qualification juridique des faits reprochés à Khadim Bâ.

Drame familial à Néma 2 : Une dispute entre frère et sœur vire au tragique

Néma 2, Ziguinchor – Une tragédie bouleversante a secoué le quartier Néma 2 dans la nuit du vendredi au samedi. Un différend banal entre frère et sœur a viré au drame, entraînant la mort d’un jeune homme de 22 ans, Thierno Kébé, maçon de profession.

Selon les premiers éléments recueillis, Thierno se douchait lorsque sa grande sœur, Aissatou Kébé, élève dans un collège de la ville, lui aurait reproché de gaspiller de l’eau. Ce qui n’était au départ qu’une remarque anodine a rapidement dégénéré en violente altercation. Une dispute verbale musclée a éclaté entre les deux, avant de tourner à la bagarre physique.

Mohamed Kébé, frère aîné de la victime, raconte avec douleur : « L’acte a été commis par Aissatou à l’issue d’une altercation avec Thierno. Elle l’a poignardé à l’aide d’un couteau, le touchant mortellement à l’abdomen. » Un proche de la famille, s’exprimant sous couvert d’anonymat, confirme que la tension est montée en flèche après un échange de propos violents, jusqu’à ce que le coup fatal soit porté.

Grièvement blessé, Thierno a été évacué d’urgence vers l’hôpital régional de Ziguinchor. Malgré les efforts des médecins, il a succombé à ses blessures, victime d’une hémorragie massive. Son corps repose désormais à la morgue de l’établissement, dans une ambiance de deuil profond.

Informée de la situation, la police est rapidement intervenue. Aissatou Kébé a été arrêtée sur les lieux du drame et placée en garde à vue dans les locaux du commissariat de Yamatogne. Elle est actuellement poursuivie pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de cette tragédie qui a plongé une famille entière dans le désespoir. Dans le quartier, l’émotion est vive et les habitants peinent à comprendre comment un simple désaccord a pu conduire à un tel drame.

Kahone : Tabaski 2025 / Diplomatie régionale : la Mauritanie salue le modèle de Kahone

Le foirail de Kahone, l’un des plus grands marchés à bétail du centre du Sénégal, continue de s’imposer comme un carrefour stratégique pour l’élevage national et sous-régional. Ce week-end, il a reçu une visite de marque : celle de l’ambassadeur de la Mauritanie, venu s’enquérir de la situation de ses compatriotes présents sur le site.

Situé dans la commune de Kahone, à proximité de Kaolack, ce marché joue un rôle clé dans la régulation du commerce de bétail. Sa position géographique en fait une plaque tournante pour les échanges entre éleveurs, commerçants et transporteurs venus de plusieurs pays de la sous-région, notamment du Mali et de la Mauritanie.

« C’est avec un immense plaisir que nous avons accueilli Son Excellence l’ambassadeur de la Mauritanie. Ses échanges avec les acteurs présents ont confirmé que Kahone est devenue une destination de choix pour les éleveurs mauritaniens », a déclaré Fatou Sène Diouf, maire de la commune.

Cette visite illustre une diplomatie de terrain de plus en plus visible, où les enjeux économiques et les réalités locales s’imposent comme des leviers de coopération entre États. Pour la maire, cette reconnaissance est le fruit d’un engagement collectif et d’une meilleure organisation du secteur, en particulier en cette période de forte activité.

Alors que la demande en viande augmente à l’échelle nationale, le foirail de Kahone se positionne comme un acteur clé de l’approvisionnement. De nombreux efforts ont été consentis ces dernières années pour structurer le marché, améliorer l’accueil des éleveurs et fluidifier les échanges, en partenariat avec les autorités locales et les services vétérinaires.

En accueillant un diplomate étranger soucieux du sort de ses ressortissants, Kahone envoie un signal fort : celui d’un territoire prêt à jouer un rôle moteur dans l’intégration économique régionale, en capitalisant sur ses atouts agricoles et pastoraux.

Le Président Bassirou Diomaye Faye en visite d’État en Guinée-Bissau

Bissau, le 26 mai 2025 – Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a quitté Dakar ce lundi matin en direction de Bissau pour effectuer une visite d’État de deux jours en République de Guinée-Bissau, prévue les 26 et 27 mai 2025.

Selon un communiqué de la Présidence sénégalaise, « cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations de coopération et de bon voisinage entre la République du Sénégal et la République de Guinée-Bissau ».

Le programme officiel prévoit des entretiens entre le Président Diomaye Faye et son homologue bissau-guinéen, le Président Umaro Sissoco Embaló. Les deux chefs d’État aborderont plusieurs questions d’intérêt commun, notamment la sécurité sous-régionale, les échanges commerciaux, la coopération transfrontalière et les projets d’intégration régionale.

En marge des discussions bilatérales, des rencontres sont également prévues entre les délégations officielles des deux pays, avec pour objectif de consolider les liens diplomatiques, économiques et culturels qui unissent Dakar et Bissau.

Cette visite marque la première mission d’État du Président Diomaye Faye en Guinée-Bissau depuis son investiture en avril dernier. Elle témoigne de sa volonté affichée de renforcer l’axe Dakar-Bissau, dans un contexte de mutations politiques et économiques en Afrique de l’Ouest.

Une affaire tentaculaire de blanchiment et de fraude fiscale révélée par la Centif

Une enquête approfondie menée par la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), en collaboration avec des organismes étrangers, a mis en lumière un vaste réseau de blanchiment de capitaux adossé à une fraude fiscale présumée. Les révélations du journal Libération pointent du doigt trois ressortissants indiens, impliqués dans des structures commerciales enregistrées au Sénégal mais opérant de manière opaque.

Les individus concernés sont Rachit Jain (92 ans), gérant statutaire de Prime Suarl ; Arun Kumar Jain (53 ans), ancien gérant statutaire de la même société ; et Sachdeva Neeraj (75 ans), à la tête de San Suarl dont il est également l’actionnaire unique. Ces derniers dirigent, directement ou indirectement, trois entités commerciales : Prime Suarl, Saint Louis Trading Sarl et San Suarl. Toutes sont actives dans les secteurs du commerce alimentaire et du commerce de détail hors magasin.

Les soupçons de la Centif s’appuient notamment sur l’analyse des flux financiers observés sur les comptes bancaires des sociétés concernées. Entre juin 2016 et février 2017, Prime Suarl a enregistré près de 39 milliards de Fcfa de transactions, tandis que San Suarl en a comptabilisé environ 1,1 milliard de Fcfa.

Certains virements, comme celui de 186 920 dollars (environ 93,5 millions Fcfa) ou encore un transfert précédent de 190 000 euros, ont été justifiés par des contrats de prêt avec une société basée à Dubaï, Terra Firma Commodities. Or, les justificatifs fournis n’ont pas convaincu la banque sénégalaise, qui a exigé le retour des fonds. Un autre virement de 1,37 million de dollars a même été bloqué par des banques correspondantes à l’étranger, en raison de non-conformités.

Sur le terrain, les sociétés impliquées ont bel et bien exercé une activité commerciale importante, principalement dans l’importation de riz. D’après les douanes sénégalaises, Prime Suarl a importé 4 813 tonnes de riz pour plus de 613 millions de Fcfa en 2016, tandis que San Suarl en a importé 18 892 tonnes entre 2016 et 2019, pour une valeur de plus de 3 milliards de Fcfa.

Malgré cette activité, aucune déclaration fiscale n’a été effectuée, et les comptes fiscaux des deux entités étaient fermés. La Direction générale des Impôts et Domaines (DGID) a confirmé que, si ces sociétés sont bien immatriculées, elles ne respectent pas leurs obligations fiscales.

Les investigations ont également révélé des manquements graves à la réglementation de l’UEMOA sur les relations financières extérieures. En effet, les transferts liés aux importations de marchandises depuis des pays hors zone franc, notamment l’Inde et les Émirats arabes unis, n’ont pas été domiciliés ni traités via des banques agréées, en violation des articles 3 et 10 du Règlement N°09/2010/CM/UEMOA.

La Centif a saisi les cellules de renseignement financier (CRF) de plusieurs pays, dont l’Inde, la Côte d’Ivoire, la Turquie et les Émirats arabes unis. Mais la coopération a été limitée : ni les CRF indienne ni émiratie n’ont pu fournir d’informations utiles sur les individus ou sociétés impliqués, renforçant les soupçons d’un montage complexe visant à dissimuler l’origine des fonds.

À l’issue de ses travaux, la Centif a formellement identifié des indices graves de fraude fiscale et de blanchiment de capitaux, basés sur :

l’absence de déclaration fiscale, l’inobservation des règles de change, les dépôts massifs sur les comptes bancaires, la dissimulation de revenus imposables, et l’utilisation du système bancaire à des fins de dissimulation.

Mansour Faye convoqué par la Haute cour de justice malgré un accident de la route

L’ancien ministre Mansour Faye, par ailleurs maire de Saint-Louis, a été victime d’un accident de la circulation ce dimanche alors qu’il se rendait à Saint-Louis pour assister au gamou dédié à Serigne Babacar Sy. Heureusement, il est sorti indemne du choc, comme le rapportent plusieurs médias nationaux.

Cet incident n’empêche toutefois pas le cours de la justice. Mansour Faye est en effet convoqué ce lundi 26 mai à 11 heures précises devant la commission d’instruction de la Haute cour de justice, au troisième étage du Palais de justice de Dakar. Une convocation à laquelle il est tenu de répondre, sous peine d’y être conduit de force, comme le souligne L’Observateur dans son édition du jour.

Le quotidien du Groupe futurs médias rappelle les dispositions légales encadrant ce type de procédure : « Mandons et ordonnons à tous les huissiers ou officiers ou agents de police judiciaire ou agents de la force publique de lui notifier le présent mandat et de l’informer que, faute de comparaître, il sera décerné un mandat d’amener. » Une formule standard, selon certaines sources judiciaires citées par le journal, qui précisent que « cette mention n’a rien de personnelle ». Tous les anciens ministres convoqués dans le cadre de cette enquête ont reçu des convocations similaires.

La comparution de Mansour Faye s’inscrit dans le cadre de l’enquête sur la gestion du fonds Force-Covid-19, suite aux révélations du rapport de la Cour des comptes. Plusieurs personnalités ayant géré des fonds publics durant la crise sanitaire sont concernées. L’ancien ministre du Développement communautaire est soupçonné de malversations, accusations qu’il rejette fermement.

Dialogue national du 28 mai : le parti « Oser l’Avenir » choisit de ne pas participer

À la suite de l’invitation adressée par le ministre de l’Intérieur le 22 mai 2025, le parti Oser l’Avenir, dirigé par Me Aïssata Tall Sall, a réuni ses délégués régionaux et représentants de la diaspora afin d’adopter une position commune sur le dialogue national prévu le 28 mai prochain.

Après des échanges jugés francs et approfondis, le parti a tranché : il ne participera pas à cette rencontre politique majeure. Selon un communiqué publié à l’issue de la réunion interne, cette décision a été prise à une très large majorité.

Si les motivations précises de ce retrait ne sont pas encore connues, la direction du parti assure qu’elles seront rendues publiques dans les prochains jours, afin de permettre à l’opinion de mieux comprendre les enjeux de ce choix.

Ce refus de participer intervient dans un contexte où plusieurs formations politiques et organisations de la société civile expriment des réserves ou conditionnent leur participation à certaines garanties. Le parti Oser l’Avenir rejoint donc la liste des acteurs politiques ayant décidé de prendre du recul vis-à-vis de ce dialogue national, dont les contours et les objectifs continuent de susciter interrogations et débats.

Effondrement d’un immeuble à Touba : Le bilan s’alourdit à 11 morts et 7 blessés

Touba est en deuil après le drame survenu dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 mai. Un immeuble de trois étages en construction s’est effondré, causant de lourdes pertes humaines. Selon les informations obtenues par Seneweb auprès d’une source sécuritaire, le bilan provisoire fait désormais état de onze (11) morts et sept (7) blessés.

Aux alentours de 02h50 du matin, les sapeurs-pompiers ont extrait un nouveau corps sans vie des décombres, portant le nombre de victimes décédées à onze. Les secours, mobilisés depuis les premières heures de la catastrophe, continuent les opérations de recherche et de sauvetage sur le site du sinistre.

Les blessés, au nombre de sept, ont été évacués vers les structures sanitaires les plus proches pour y recevoir les soins nécessaires. Leur état varie entre blessures légères et cas plus graves.

Pour l’heure, les causes exactes de l’effondrement n’ont pas encore été déterminées, mais une enquête a été ouverte pour situer les responsabilités. Ce drame remet une fois de plus sur la table la question du respect des normes de construction et de sécurité sur les chantiers.

Les autorités locales appellent à la vigilance et expriment leur solidarité avec les familles endeuillées.

Affaire Julo : Ama Baldé et son frère Pathé introuvables après une altercation avec la police à Pikine

Les célèbres lutteurs Ama Baldé et son frère Pathé Baldé sont activement recherchés par les éléments du commissariat d’arrondissement de Pikine. Jusqu’à ce dimanche à 20 h, ils restaient introuvables, alors qu’ils sont cités dans une affaire mêlant agression, drogue et obstruction à l’action policière.

Tout a commencé par une plainte déposée contre un jeune homme surnommé “Julo”, neveu d’Ama Baldé. Il est accusé d’avoir agressé un individu, lui dérobant sa moto et sa chaîne. Alertés, les policiers se sont rendus au domicile familial des Baldé à Pikine, pour remettre une convocation au suspect.

Mais à leur arrivée, les agents trouvent Julo dans le salon, en train de fumer du chanvre indien. La situation dégénère rapidement : Ama Baldé et son grand frère Pathé s’opposent farouchement à l’interpellation du neveu. Une empoignade éclate entre Ama et un adjudant de police, au cours de laquelle ce dernier subit une blessure légère à la main. Il a obtenu un certificat médical mentionnant une incapacité temporaire de travail de sept jours, selon des sources policières citées par Seneweb.

Profitant de la confusion, Julo réussit à s’échapper. Une perquisition menée dans sa chambre permet la découverte de 14 cornets de chanvre indien ainsi qu’une paire de ciseaux. Mais au moment où les renforts arrivent sur les lieux, Ama et Pathé Baldé avaient déjà disparu.

Une enquête est en cours pour retrouver les deux frères ainsi que le principal suspect, Julo. Cette affaire, mêlant figures populaires du sport national et faits divers, suscite déjà de vives réactions sur les réseaux sociaux.

Keur Matar Sounha : enclavement et obscurité, le quotidien invivable des habitants

Keur Matar Sounha, un village situé dans le département de Kaolack, commune de Ndramé Escale, vit dans un isolement pesant devenu insupportable pour ses habitants. Privés d’électricité, confrontés à des routes impraticables et à un accès limité aux services essentiels, les villageois tirent la sonnette d’alarme.

« On est fatigués ! », s’écrie Mouhamed Touré, porte-parole du jour. « Nos enfants ne peuvent pas étudier le soir, les femmes accouchent à la lueur des bougies, et quand un malade doit aller à l’hôpital, c’est un véritable calvaire. Les routes en latérite deviennent impraticables à la moindre pluie. Pendant la saison des pluies, nous sommes littéralement coupés du reste du pays, comme si on n’existait pas. »

L’absence d’électricité paralyse toute dynamique de développement local. Impossible de conserver les aliments, de mener des activités génératrices de revenus en soirée ou même de recharger un simple téléphone portable sans parcourir plusieurs kilomètres. « Pour avoir de la glace, on doit aller très loin », déplore M. Touré.

Excédées, les populations expriment leur ras-le-bol : « On veut la lumière ! Nous sommes des citoyens, pas des oubliés ! » Le ton est ferme, le désespoir palpable. « Nous continuons de plaider notre cause. L’heure n’est plus aux promesses. Ce n’est pas de la politique, c’est notre vie. »

À Keur Matar Sounha, l’absence de structures sanitaires et le manque d’eau potable viennent alourdir un quotidien déjà difficile. Se soigner ou boire une eau propre relèvent de véritables défis. Majoritairement agriculteurs et éleveurs, les habitants vivent au rythme des corvées d’eau et des consultations improvisées.

« Chaque jour, des cas de maladies liées à la mauvaise qualité de l’eau – diarrhées et autres – sont enregistrés. Les enfants ratent l’école, les femmes perdent un temps précieux, et la productivité du village en souffre », poursuit le porte-parole.

Les populations réclament avec insistance l’installation de nouveaux points d’eau, une structure de santé de proximité et surtout l’électrification du village.

À Keur Matar Sounha, la santé, l’eau, l’électricité et les routes sont les quatre urgences vitales pour un développement durable. Les habitants le savent : sans ces piliers, aucune avancée réelle n’est possible.

« Il est temps que les voix des oubliés des campagnes soient enfin entendues », concluent les populations dans un appel solennel aux autorités.

Foundiougne : Journée de l’Excellence – L’Association Jokoo honorée

L’Association Jokoo Sénégal-Deutschland, véritable pont solidaire pour l’éducation, a été honorée ce samedi à Foundiougne lors de la 2ᵉ édition de la Journée de l’Excellence, dédiée à l’éducation et à la promotion du mérite.

Depuis sa création, l’association s’engage activement pour l’amélioration des conditions d’éducation au Sénégal, aussi bien dans les zones rurales qu’urbaines. Grâce à la mobilisation de ses membres et au soutien de partenaires locaux et internationaux, Jokoo Sénégal-Deutschland a mené de nombreuses actions concrètes : construction et rénovation d’écoles, création de salles de classe, offrant ainsi aux enfants un cadre d’apprentissage sûr, motivant et propice à la réussite.

« Par nos actions sur le terrain, nous contribuons non seulement à améliorer l’accès à l’éducation, mais aussi à semer les graines d’un développement durable fondé sur le savoir et l’espoir », a souligné le président de l’association, M. Vieux Guédel Mbodji.

L’émotion était palpable lors de la cérémonie, surtout pour M. Mbodji, qui est revenu sur ses souvenirs d’enfance à Foundiougne :

« Foundiougne, mon royaume d’enfance, occupe une place particulière dans mon cœur. Revenir après plusieurs décennies dans cette illustre école des garçons de Foundiougne (école Tafsir Aliou Mor Boye) est une expérience empreinte de fierté et d’émotion. Cette cérémonie représente pour nous un symbole fort et une reconnaissance précieuse. »

Il a tenu à adresser ses sincères remerciements à l’Association des Anciens Pensionnaires de l’École des Garçons de Foundiougne (APEF), à son coordonnateur M. Abass Ndour, ainsi qu’aux enseignants et élèves qui continuent de faire vivre les valeurs du savoir et de l’excellence.

La délégation de Jokoo Sénégal-Deutschland était composée de M. Vieux Guédel Mbodji (président), M. Alioune Marone (manager général) et M. Pape Seck (membre du conseil).

Ensemble, continuons à promouvoir l’excellence et à bâtir un avenir radieux pour Foundiougne et tout le Sénégal !

Kaolack : Triomphe mérité pour le lycée Khassim Mbacké en finale régionale de sport scolaire

La finale régionale des sports scolaires de l’Inspection d’Académie (IA) de Kaolack, édition 2025, s’est tenue au stade Lamine Guèye, rassemblant élèves, encadreurs, autorités éducatives et administratives dans une ambiance festive et compétitive. Cette manifestation a mis en lumière l’importance du sport dans la formation globale des élèves, au-delà de la simple transmission de savoirs académiques.

« Le sport scolaire désigne l’ensemble des activités physiques, sportives et éducatives pratiquées dans le cadre de l’école, en complément des cours d’éducation physique et sportive (EPS). Il vise à développer des valeurs telles que l’esprit d’équipe et le respect des règles », a expliqué l’inspecteur d’académie de Kaolack, Monsieur Samba Diakhaté.

« Le sport nous permet de former des citoyens dotés de grandes valeurs véhiculées par la pratique sportive, mais aussi des individus aptes à promouvoir la solidarité. Les élèves sont en train de le démontrer de fort belle manière. Nous assistons à une très belle compétition », a-t-il ajouté.

Il a poursuivi en réaffirmant la volonté du ministère de l’Éducation nationale et des autorités à promouvoir le sport scolaire :

« Aujourd’hui, le sport est considéré comme un facteur clé du développement. Il dépasse la simple compétition pour devenir un outil au service de la santé, de l’éducation, de l’inclusion sociale et même de la paix », a-t-il souligné.

À l’occasion de la clôture des activités sportives scolaires régionales, l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Monsieur Ousseynou Camara, a exprimé sa vive satisfaction quant à l’évolution du sport scolaire dans la région.

« Le sport scolaire contribue non seulement à la santé physique, mais aussi à la discipline, à l’esprit d’équipe et à la recherche de l’excellence. C’est un pilier fondamental de l’éducation », a-t-il déclaré, tout en saluant les performances remarquables des élèves-athlètes. Il a également appelé à un soutien accru pour accompagner ces jeunes talents.

Catégorie Cadettes : Le CEM de Ngoloum a battu le lycée Ibrahima Niasse par 4 tirs au but à 3, après un match très disputé. Autres rencontres : Le Lycée sénégalais de Banjul s’est imposé face au lycée de Ourour, également par tirs au but (4-1). Catégorie Séniors : Le lycée Khassim Mbacké de Guinguinéo a triomphé du lycée de Wack Ngouna sur un score de 5 à 4, toujours après une séance de tirs au but.

Kaolack : Le poste de santé de Sam, au cœur de la lutte contre le paludisme

Ce samedi 24 mai 2025, le quartier périphérique de Sam, situé dans la commune de Kaolack, a accueilli le lancement officiel de la campagne nationale de distribution de masse de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA).

Le poste de santé de Sam a été choisi pour donner le coup d’envoi de cette vaste opération de santé publique, qui vise à protéger des millions de Sénégalais contre le paludisme. La cérémonie s’est tenue en présence des autorités sanitaires, des élus locaux, des représentants d’ONG partenaires et des membres de la communauté locale.

« Le choix du poste de santé de Sam n’est pas anodin », a souligné l’infirmier chef de poste. « C’est une zone fortement exposée au paludisme. Chaque année, on y enregistre environ 300 cas pendant la saison des pluies. »

Dans le cadre de cette campagne, chaque ménage recevra gratuitement des moustiquaires imprégnées, avec une attention particulière portée aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans, les plus vulnérables face au paludisme.

« Nous venons de procéder à la cérémonie de lancement régional de la campagne de distribution de masse, qui fait suite au lancement national tenu à Farafénié, en territoire gambien. Cette étape intervient également après le recensement effectué début mai, suivi de la phase de validation des moustiquaires allouées aux différents ménages recensés. »

« Au total, 865 024 moustiquaires seront distribuées aux ménages de la région au cours des cinq prochains jours. »

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre le paludisme, avec l’objectif ambitieux de réduire considérablement le nombre de cas et de décès liés à cette maladie encore endémique dans plusieurs régions du Sénégal.

Kaolack – Médina Baye : Lancement de la campagne de distribution de moustiquaires imprégnées, 2 423 ménages recensés

Ce samedi 24 mai 2025, le centre de santé de Médina Baye a lancé officiellement la campagne nationale de distribution de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA). Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le paludisme, en présence des autorités sanitaires locales, des partenaires techniques et financiers, des chefs religieux et d’un grand nombre de résidents du quartier.

« Le paludisme reste un problème majeur dans notre région. Grâce à cette distribution, nous voulons réduire significativement le taux de morbidité et de mortalité liés à cette maladie », a déclaré Cheikh Alpha Aliou Niasse, président du comité de développement sanitaire du centre de santé de Médina Baye.

Prenant la parole à son tour, l’infirmier major du centre, Ibrahima Ndiaye, a indiqué qu’environ 2 423 ménages ont été recensés, avec une priorité donnée aux femmes enceintes, aux enfants de moins de cinq ans, et aux personnes vulnérables.

Sur le terrain, les populations se sont fortement mobilisées. Dans une ambiance conviviale et bien organisée, les bénéficiaires ont été sensibilisés à l’utilisation correcte des moustiquaires. Des agents communautaires et des volontaires ont été déployés pour assurer une couverture optimale de la zone.

Ce lancement à Médina Baye marque une étape importante vers une couverture universelle en MILDA, et vers une communauté mieux protégée contre le paludisme.

« Le paludisme est une maladie grave, mais évitable. Dormir sous une moustiquaire imprégnée, se rendre rapidement au poste de santé en cas de fièvre, et maintenir un environnement propre sont essentiels », a rappelé M. Ndiaye.

Il a également souligné que des mesures adaptées à la saison seront mises en œuvre, notamment la sensibilisation et la mise en œuvre de la Chimio-Prévention du Paludisme Saisonnier (CPS) chez les enfants de moins de 10 mois.

Diplomatie religieuse : Thierno Amadou Ba appelle à cultiver le modèle sénégalais de paix et de tolérance

En marge de la 6ème édition de la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA), un forum placé sous le thème “Diplomatie religieuse et médiation : les diplomates comme passeurs de paix” s’est tenu ce samedi à la Place du Souvenir Africain. Un moment fort de réflexion et de dialogue qui a vu la participation de diplomates, chefs religieux, universitaires, étudiants et membres de la société civile.

Prenant la parole, Thierno Amadou Tidiane Ba, khalife général de Bambilor, a livré un message empreint de sagesse, saluant l’importance du dialogue interreligieux dans la consolidation de la paix. Il a débuté son allocution en rendant un hommage appuyé à la présidente de la plateforme Baye Sa War, à l’origine de la FIPA, qu’il a décrite comme “une femme de vision et de courage”.

“Elle a su créer un espace unique, où se croisent les mondes du commerce, de la culture, de la diplomatie et de la spiritualité. La FIPA n’est pas qu’une foire, elle est une idée, une vision, une audace”, a-t-il déclaré.

Le guide religieux a également remercié le maire de Bambilor, Ndiagne Diop, pour son soutien constant à cette initiative, qu’il considère comme un engagement fort en faveur du rayonnement économique, social et spirituel du territoire.

Définissant le forum comme un “espace de diplomatie douce et de paix mondiale”, Thierno Amadou Ba a insisté sur l’importance de bâtir une géopolitique africaine enracinée dans les valeurs spirituelles, soulignant que les tensions sur le continent ne sont pas seulement politiques, mais aussi sociales, historiques et symboliques.

Il a ensuite partagé cinq enseignements clés tirés du thème du forum, dans une analyse lucide du lien entre foi, diplomatie et médiation :

La diplomatie moderne doit intégrer les réalités spirituelles : selon lui, comprendre les blessures historiques et les espoirs silencieux des peuples est essentiel à une diplomatie efficace. La collaboration entre diplomates et religieux est un puissant levier de paix : elle crée un tissu invisible mais solide, combinant légitimité politique et autorité spirituelle. Les bonnes actions des diplomates doivent être rendues visibles : il appelle à mieux faire connaître leur engagement local pour renforcer la confiance des populations. La médiation est un espace d’alliance entre foi et diplomatie : il plaide pour une approche patiente, humble et à l’écoute. La paix est un bien commun : au-delà des statuts, tous ceux qui œuvrent pour le vivre-ensemble contribuent à une même architecture humaine.

En conclusion, Thierno Amadou Ba a adressé un message fort à l’ensemble des participants :

“Aux diplomates, je dis merci. Merci de ne pas attendre que les crises éclatent pour venir écouter et dialoguer. […] Aux guides religieux, je dis : engageons-nous sans crainte dans ces dialogues indispensables. […] Et enfin, à vous, peuple sénégalais, je dis : protégeons et cultivons notre modèle de tolérance et de paix. Il est précieux, fragile, et admiré.”

Dans un monde secoué par les conflits, ce forum aura rappelé avec force que le dialogue interreligieux et la diplomatie spirituelle sont des voies d’espérance capables de tisser des ponts durables entre les peuples et les cultures.

A. Saleh

Détournement de fonds publics : cinq anciens ministres visés, Badara Gadiaga met en doute la Haute Cour de Justice

Cinq anciens ministres de la République sont actuellement dans le viseur de la Haute Cour de Justice (HCJ), suite aux révélations du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Si certains ont déjà été placés sous mandat de dépôt ou soumis à des mesures judiciaires strictes, cette procédure exceptionnelle continue de susciter de vives controverses dans l’opinion publique et chez certains analystes.

Parmi les personnalités impliquées figurent Moustapha Diop et Aïssatou Sophie Gladima, tous deux placés sous mandat de dépôt. L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, a été placé sous bracelet électronique, tandis que Ndeye Saly Diop Dieng est poursuivie sous contrôle judiciaire après avoir versé une consignation de 57 millions de francs CFA. Le cinquième mis en cause, Mansour Faye, est attendu devant la commission d’instruction ce lundi.

Le chroniqueur politique Badara Gadiaga, intervenant dans l’émission Jakaarlo Bi sur la TFM, a exprimé de sérieuses réserves quant au fonctionnement de la Haute Cour de Justice. « Je ne crois pas en cette juridiction », a-t-il lancé sans détour. À l’appui de ses propos, il évoque les limites structurelles de cette cour, notamment l’absence de possibilité d’appel pour les accusés, ce qui selon lui, viole un principe fondamental de la justice équitable.

Gadiaga a rappelé les précédents liés à la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI), critiquée à l’époque pour le renversement de la charge de la preuve. « Le mis en cause doit avoir le droit de se défendre pleinement. Or, devant la Haute Cour de Justice, ce droit est très limité », a-t-il souligné, appelant à une réforme en profondeur de cette instance juridictionnelle.

L’analyste a également attiré l’attention sur la nature des accusations visant les anciens ministres. Selon lui, dans de nombreux cas, ce sont les DAGE (Directeurs de l’Administration Générale et de l’Équipement), en tant qu’ordonnateurs délégués, qui exercent un pouvoir effectif sur les dépenses publiques. Il estime ainsi que les responsabilités doivent être situées avec précision, pour éviter que les ministres ne soient injustement tenus pour seuls responsables.

Autre point évoqué par Badara Gadiaga : la perception des patrimoines des responsables politiques. « Il existe des administrateurs qui ont passé quinze ans au service de l’État et qui déclarent un patrimoine de 500 millions de FCFA. Pourquoi un ministre avec plus d’expérience et une carrière plus longue ne pourrait-il pas disposer d’un milliard ou plus ? », s’interroge-t-il. Pour lui, ces procédures semblent parfois guidées par des considérations subjectives, révélant un système judiciaire à deux vitesses.

Cette série de poursuites s’inscrit dans un contexte où le pouvoir en place affiche une volonté affichée de moraliser la vie publique et de lutter contre l’impunité. Mais la crédibilité des institutions chargées de faire la lumière sur ces dossiers reste sujette à débat. La sortie de Badara Gadiaga alimente une fois de plus les interrogations sur la capacité du système judiciaire à garantir une justice impartiale, égale pour tous, quels que soient le statut ou les fonctions passées.

Modou Diagne Fada plaide pour une participation active au dialogue national tout en préservant l’unité de l’opposition

Modou Diagne Fada, président du mouvement LDR YEESAL, a récemment réaffirmé la volonté de son parti de prendre pleinement part au dialogue national initié par le chef de l’État. Dans une déclaration empreinte de fermeté et de lucidité, l’ancien ministre a insisté sur la nécessité pour toutes les forces politiques d’être présentes autour de la table où se discutent les règles du jeu démocratique.

Selon lui, les enjeux à l’ordre du jour sont trop importants pour justifier une absence de son parti : « parrainage, financement des partis politiques, révision de l’autorité électorale, optimisation du calendrier républicain », énumère-t-il. Pour Modou Diagne Fada, il est impératif de contribuer à ces discussions pour influencer positivement le futur du pays : « Prendre part à ce processus, c’est être présent là où se fixent les règles de la politique », a-t-il martelé.

Conscient de la sensibilité du sujet au sein de l’opposition, Fada a tenu à clarifier la position de LDR YEESAL. Il a assuré que cette décision n’entame en rien les relations de son parti avec ses partenaires de l’opposition, notamment l’Alliance pour la République (APR). « Nous avons une divergence ici, mais nous sommes d’accord ailleurs sur des sujets qui pourraient être tout aussi essentiels », a-t-il reconnu, adoptant une posture d’ouverture et de respect mutuel.

Cette démarche vise à éviter toute fracture au sein du Front de Défense pour la République, une coalition d’opposition à laquelle LDR YEESAL est affiliée. Le leader du mouvement appelle à une lecture stratégique des divergences : « Cette discordance ne doit pas compromettre notre combat ni créer de trouble dans nos relations. Nous devons demeurer solidaires pour préserver les bases de notre démocratie », a-t-il conclu avec gravité.

À travers ce positionnement, Modou Diagne Fada cherche à conjuguer engagement institutionnel et fidélité aux principes de l’opposition. Un appel au réalisme politique dans un contexte où chaque camp affine ses stratégies en vue des prochaines échéances électorales.

Oumar Sow en garde à vue : l’ancien conseiller spécial visé pour diffusion de fausses nouvelles

L’affaire secoue de nouveau la sphère politique sénégalaise. Oumar Sow, ancien conseiller spécial à la présidence de la République et président du Mouvement OSYS, a été placé en garde à vue dans la nuit du dimanche à lundi. Selon des sources concordantes relayées par Seneweb, il a été interpellé à l’issue de son audition par la Division spéciale de cybersécurité.

Actuellement retenu dans les locaux du commissariat d’arrondissement du Plateau, le responsable politique de Yeumbeul est soupçonné de diffusion de fausses nouvelles, une infraction prévue et punie par la législation sénégalaise. Sauf revirement, il sera présenté ce lundi devant le procureur du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.

La garde à vue de M. Sow fait suite à une série de déclarations médiatiques dans lesquelles il a notamment mis en cause le parquet dans l’affaire Ismaïla Madior Fall, ancienne figure de proue du ministère de la Justice. Dans ses sorties, l’ancien conseiller n’a pas mâché ses mots, accusant ouvertement le parti au pouvoir de manœuvres visant à “liquider politiquement les maires de l’opposition”.

Ces propos, jugés graves par les autorités judiciaires, ont été perçus comme des allégations non fondées susceptibles de troubler l’ordre public, d’où l’ouverture d’une enquête confiée à la Division spéciale de cybersécurité.

Le dossier est d’ores et déjà suivi de près par les observateurs, dans un contexte politique tendu où les arrestations de figures de l’opposition continuent de susciter de vives réactions. Plusieurs sympathisants de l’opposition dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Kaolack : Cri de cœur de l’Association nationale des infirmiers diplômés d’État du Sénégal après l’assassinat tragique de Mamadou Samba Diallo

Suite à l’assassinat tragique de leur collègue, Mamadou Samba Diallo, infirmier d’État, par des individus armés dans la région de Kaffrine, la section de Kaolack de l’Association nationale des infirmiers et infirmières diplômés d’État du Sénégal a exprimé sa profonde indignation. Son président, Dr Ibrahima Vieux Diagne, est monté au créneau pour condamner avec fermeté cet acte barbare.

« Lorsqu’on est Infirmier Chef de Poste (ICP), on porte une immense responsabilité. Imaginez : sur un vaste territoire, vous êtes souvent le seul agent de santé disponible. Le seul sur qui toute une population compte pour les premiers soins. Ce chef de poste, c’était lui, Mamadou Samba Diallo. Toujours là pour sauver, pour soulager, pour aider. Et c’est lui qu’on a tué », a déploré Dr Diagne avec émotion.

Il a rappelé la réalité difficile des ICP dans les zones reculées et enclavées du pays : « Il est temps de se poser les bonnes questions : qu’est-ce qu’un ICP ? Mais surtout, comment peut-il se protéger ? L’ICP vit dans des conditions extrêmement précaires. »

Le président de l’association a lancé un appel fort : « Nous ne voulons plus mourir dans l’exercice de notre fonction. Nos postes de santé sont isolés, sans sécurité, sans moyens. Nous risquons nos vies chaque jour. »

Dr Ibrahima Vieux Diagne et ses collègues exigent une réaction forte de l’État. Ils réclament l’installation de dispositifs de sécurité dans tous les postes de santé, en particulier en milieu rural. Cette tragédie met une fois de plus en lumière la nécessité de mieux protéger le personnel soignant, véritable pilier du système de santé.

Face à ce drame, les infirmières et infirmiers diplômés d’État du Sénégal appellent à faire toute la lumière sur les circonstances du meurtre de leur collègue. Leur cri de cœur résonne comme un appel à la conscience nationale : celles et ceux qui soignent méritent respect, protection et reconnaissance.

Sénégal : Karim Xrum Xax lance un ultimatum de six mois pour la criminalisation de l’homosexualité

L’activiste Karim Xrum Xax, connu pour ses prises de position tranchées et son implication dans les mouvements sociétaux au Sénégal, a lancé ce jeudi un message sans équivoque aux autorités sénégalaises. Lors d’un rassemblement dans le cadre d’une marche contre l’homosexualité, il a exigé l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité dans un délai de six mois, faute de quoi des actions plus radicales seront engagées.

« On leur donne un ultimatum de six mois. Si rien n’est fait, on se reverra devant les grilles du Palais », a averti Karim Xrum Xax, dans un ton ferme.

Revenant sur la genèse du mouvement “And Sam Jikko Yi”, l’activiste a tenu à rétablir certaines vérités. « C’est moi qui avais créé ‘And Sam Jikko Yi’. C’était d’abord ‘Non à l’homosexualité’, avant que le mouvement ne prenne cette appellation. J’avais appelé tout le monde pour nous unir dans ce combat », a-t-il rappelé, se positionnant comme l’initiateur de cette plateforme citoyenne aux relents conservateurs.

Karim Xrum Xax a également précisé que sa mobilisation ne visait pas un camp politique en particulier. « J’avais dit que ce n’était pas une lutte contre Macky Sall, mais pour nos convictions. » Une manière de se démarquer des querelles partisanes, en revendiquant un combat axé sur ce qu’il qualifie de “valeurs sénégalaises”.

Malgré son respect déclaré pour les membres actuels de “And Sam Jikko Yi”, notamment Imam Babacar Sylla, Karim Xrum Xax n’a pas caché sa déception de ne pas les voir en première ligne lors de la manifestation. « J’ai pris la peine d’appeler And Sam Jikko Yi. Ils n’avaient même pas besoin d’être invités pour une telle cause », a-t-il déploré.

En conclusion, l’activiste a rejeté toute tentative de modération ou de compromis sur cette question sociétale :

« Ce n’est pas pour durcir les sanctions que nous nous battons, mais bien pour criminaliser l’homosexualité. Il faut que ce soit clair. Nous sommes radicaux sur ce point. »

Marche contre l’homosexualité à Ngor : Abdou Mbow interpelle Sonko sur ses engagements et tacle “And Samm Jikko Yi”

Ce vendredi 23 mai, la commune de Ngor a été le théâtre d’une importante mobilisation contre l’homosexualité, à l’appel de l’ONG Jamra et de l’activiste Karim Xrum Xax. Des centaines de manifestants, arborant pancartes et banderoles, ont répondu présents pour réaffirmer leur attachement aux valeurs sociétales sénégalaises et réclamer la criminalisation de l’homosexualité.

Parmi les figures politiques ayant marqué cette journée, le député Abdou Mbow s’est distingué par un discours musclé, visant directement le parti Pastef et son leader, Ousmane Sonko. Prenant la parole devant la foule, le parlementaire a rappelé les engagements pris par ce dernier en matière de défense des “valeurs” lors de débats passés, notamment lors de la visite de l’ancien président américain Barack Obama au Sénégal.

« Lors de la visite de Barack Obama au Sénégal, c’est notre leader Macky Sall qu’on avait attaqué. Pourtant, Ousmane Sonko avait politisé cette lutte. Aujourd’hui, il est temps de respecter ses engagements », a-t-il lancé, appelant à plus de clarté et de fermeté de la part du camp de l’opposition sur cette question sensible.

Le député de la coalition Benno Bokk Yakaar ne s’est pas arrêté là. Il a également critiqué ouvertement le mouvement “And Samm Jikko Yi”, souvent en première ligne sur ces thématiques. À ses yeux, ce collectif manque de cohérence et de résultats tangibles :

« Defar djikko yi moko gueune », a-t-il déclaré, estimant que d’autres acteurs, à l’image de Jamra ou de certains leaders religieux, mènent une lutte plus “efficace” et fidèle aux valeurs culturelles du Sénégal.

Cette manifestation s’inscrit dans un contexte national marqué par des débats récurrents sur les questions de mœurs et de législation autour de l’orientation sexuelle. Si le code pénal sénégalais punit déjà les actes dits “contre nature”, une frange de la population réclame un durcissement des lois pour aller jusqu’à la criminalisation explicite de l’homosexualité.

La prise de parole d’Abdou Mbow relance ainsi la pression politique sur Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre, dont les promesses sur ces sujets restent régulièrement rappelées par ses adversaires comme par une partie de la société civile.

Alors que le Sénégal vit une période de transition politique sensible, ce genre de manifestation révèle à quel point les questions sociétales restent un levier puissant dans le jeu politique national.

Saint-Louis : Diomaye Faye et Ould El Ghazouani scellent l’avenir énergétique du Sénégal autour du gaz de GTA

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’est rendu à Saint-Louis ce jeudi, aux côtés de son homologue mauritanien Mohamed Ould El Ghazouani, pour une visite officielle sur le site stratégique du champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Cette présence conjointe au large des côtes maritimes frontalières entre les deux pays marque une étape cruciale dans l’exploitation commune de ce gisement d’envergure mondiale.

Le champ gazier GTA, dont le développement est mené en partenariat avec des multinationales, incarne désormais un levier central de la politique énergétique du Sénégal. Le président Diomaye Faye a réaffirmé sa volonté d’utiliser cette ressource pour enclencher une véritable transformation du secteur énergétique national.

« Ce gaz n’a de valeur que s’il produit de la lumière, de la croissance, de la dignité, en vue d’améliorer les conditions des populations », a déclaré le président, dans des propos rapportés par Le Soleil. Il a souligné que 20 à 25 % de la production de GTA seront réservés au marché local, un choix stratégique qui vise à renforcer l’usage domestique du gaz naturel.

L’objectif est clair : réduire la facture d’électricité des ménages, enclencher une baisse progressive des prix de l’énergie, et diminuer la dépendance du pays aux combustibles fossiles importés, notamment le fuel. Cette orientation marque un tournant vers une souveraineté énergétique maîtrisée et durable.

Dans cette dynamique, le président sénégalais a annoncé un projet phare : la construction d’une centrale électrique à gaz à Gandon, aux portes de Saint-Louis. Cette infrastructure deviendra un maillon essentiel du réseau électrique national, particulièrement dans le nord du pays. Elle incarne également le modèle futur de conversion des centrales thermiques vers des solutions plus propres et plus économiques.

Au-delà de l’enjeu énergétique, cette visite illustre également le renforcement de la coopération régionale entre le Sénégal et la Mauritanie. Les deux chefs d’État ont exprimé leur engagement commun à assurer une gestion concertée, durable et équitable des ressources naturelles partagées.

Le champ GTA n’est pas seulement une opportunité économique : il est désormais au cœur d’une vision politique ambitieuse qui mise sur le gaz pour impulser une croissance inclusive, résiliente et souveraine.

Université Gaston Berger de Saint-Louis : La CESL durcit le ton face aux dysfonctionnements persistants

L’atmosphère est de plus en plus tendue sur le campus de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Pour la énième fois, les étudiants, regroupés autour de la Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL), haussent le ton contre ce qu’ils qualifient de « dysfonctionnements chroniques » dans leur cadre de vie et d’étude.

Dans un communiqué publié ce vendredi, la CESL a décrété 48 heures de cessation de toute activité pédagogique, accompagnées de 48 heures de journée sans ticket (JST). Deux mesures qualifiées de « renouvelables » si les autorités compétentes ne réagissent pas favorablement.

Des revendications claires, un ras-le-bol exprimé

Au cœur de la grogne étudiante figurent plusieurs doléances non résolues, dont :

Le non-démarrage des travaux de la plateforme du village O L’absence de progrès sur le chantier du chapiteau du restaurant N°2 L’inaccessibilité persistante au Wi-Fi sur le campus Une insécurité jugée grandissante dans les enceintes universitaires

Selon la CESL, ces problèmes, loin d’être nouveaux, sont devenus récurrents, affectant profondément la vie universitaire et les performances académiques des étudiants. « Nous ne pouvons plus continuer à étudier dans ces conditions indignes », martèle la coordination dans sa note.

Face à ce qu’elle qualifie de « silence institutionnel », la CESL affirme rester mobilisée et déterminée à défendre les droits des étudiants de l’UGB. Elle appelle les autorités universitaires et gouvernementales à une prise de responsabilité immédiate, faute de quoi le mouvement de protestation pourrait s’intensifier dans les jours à venir.

Nouveau revers judiciaire pour Samuel Sarr : la Cour suprême rejette son pourvoi en cassation

La Chambre pénale de la Cour suprême a tranché. Réunie en audience spéciale ce mardi, elle a rejeté le pourvoi en cassation introduit par les avocats de Samuel Sarr, scellant un nouvel échec dans la quête de liberté provisoire de l’ancien Directeur général de la société West African Energy (WAE).

Ce recours visait à contester le rejet de sa demande de mise en liberté provisoire, d’abord par le juge d’instruction, puis par la Chambre d’accusation. La Cour suprême a finalement confirmé ces décisions, estimant les arguments de la défense insuffisants pour remettre en cause les précédents jugements.

Malgré ce revers judiciaire, Samuel Sarr refuse de baisser les bras. Selon des informations rapportées par Les Échos, une nouvelle demande de mise en liberté provisoire a été introduite, cette fois directement devant le magistrat instructeur en charge du dossier. L’homme d’affaires, qui continue de nier en bloc les faits qui lui sont reprochés, mise sur ses garanties de représentation pour tenter d’obtenir une issue favorable.

Ses conseils assurent que leur client respecterait strictement les conditions d’une libération, arguant notamment de son attachement au territoire national et de sa volonté de se défendre librement. Mais les juges, jusque-là, restent prudents. Les dénégations de l’accusé sont jugées peu convaincantes, et les risques de fuite sont perçus comme élevés en raison de son poids dans les milieux d’affaires et de ses nombreux relais.

FIPA 2025 : Une opportunité pour accroître la visibilité des produits et services africains

La Place du Souvenir Africain a accueilli, ce jeudi, la cérémonie officielle de lancement de la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA 2025). Cet événement scientifique et culturel est placé sous le thème : « L’intégration économique : un levier essentiel de développement et de souveraineté ».

Selon la commissaire générale de la FIPA, Fatou Fabira Dramé, cette 6e édition s’inscrit dans une vision continentale de l’intégration économique, en phase avec les priorités stratégiques du Sénégal et les aspirations régionales d’un commerce intra-africain fort.

« La FIPA arrive à point nommé, à un moment où l’Afrique doit s’unir et valoriser ses produits locaux. C’est une opportunité pour les Africains de développer les échanges intra-africains, à travers la ZLECAF mais aussi à travers nos produits et services. La FIPA regroupe tous les secteurs d’activité, ce qui permet de créer des échanges, mais aussi des partenariats », a-t-elle souligné.

Elle a également mis en avant les innovations de cette édition : des sessions de formation, des rencontres B2B, des journées dédiées aux collectivités territoriales, des forums sur l’intégration africaine, la diplomatie religieuse, et bien d’autres activités d’importance.

De son côté, le Secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce, Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye, a salué l’initiative et la constance dans l’organisation de la FIPA :

« La régularité de cette foire témoigne du sérieux de Mme Fabira et de son équipe. Elle offre une belle opportunité de valoriser les produits et services des entreprises sénégalaises. Le thème, axé sur l’intégration économique comme levier de développement et de souveraineté, est pertinent dans le contexte actuel. Cette foire est un bel exemple de coopération Sud-Sud, avec une diversité d’acteurs venus de presque tous les pays de la sous-région. »

Il a également mis en avant la richesse de l’agenda : panels, rencontres B2B, sessions de coaching pour les jeunes entrepreneurs, entre autres.

« Une économie doit être animée. C’est le rôle de l’État, mais quand des initiatives privées y contribuent, elles méritent d’être saluées », a-t-il ajouté.

Pendant dix jours, cette vitrine du savoir-faire africain assurera l’interconnexion des PME et PMI africaines à l’économie mondiale. Elle permettra aux exposants venus de 35 pays participants de renforcer la visibilité de leurs produits et services.

A. Saleh

Remaniement au ministère de la Culture : Khoudia Diagne cède sa place à Hugues Diaz à la tête de la Direction des Arts

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, poursuit les réaménagements dans l’administration publique avec le limogeage de Khoudia Diagne, jusque-là Directrice des Arts au ministère de la Culture et de la Communication. Cette décision marque la fin d’un mandat de près de quatre ans et demi pour cette haute fonctionnaire nommée en décembre 2020 par l’ancien président Macky Sall.

Diplômée en Gouvernance et Management Public de l’Université Senghor à Alexandrie (13e promotion), Khoudia Diagne a su s’imposer par son engagement constant en faveur du rayonnement artistique et culturel du Sénégal. Son parcours au sein du ministère est marqué par des fonctions stratégiques, notamment à la tête de la Cellule des Études et de la Planification, ainsi qu’en tant que Chef de la Division Administrative, Juridique et Financière.

Dans une déclaration empreinte d’émotion et de dignité, elle a salué son successeur tout en exprimant sa gratitude envers le milieu artistique :

« Alhamdoullillahi rabbil ‘alamin, après quatre ans et demi, mon collègue Hugues Diaz me succède à la tête de la Direction des Arts. […] Monsieur le Directeur des Arts, je vous confie aujourd’hui ma famille des Arts, qui m’a adoptée, soutenue et chérie. »

Son départ s’inscrit dans une dynamique de renouvellement impulsée par le nouveau chef de l’État, qui multiplie les nominations pour insuffler une nouvelle énergie à l’appareil étatique.

Hugues Diaz, un retour attendu dans la sphère culturelle

Le nouveau Directeur des Arts, Hugues Diaz, est une figure familière du secteur culturel. Conseiller aux affaires culturelles avant sa nomination, il a aussi occupé les fonctions de Directeur de la Cinématographie, ce qui lui confère une solide connaissance des enjeux et des acteurs du domaine artistique.

Sa nomination est accueillie avec intérêt dans les milieux culturels, qui attendent de lui un renforcement des politiques d’appui aux créateurs, une meilleure structuration des fonds de soutien à la production artistique, et une diplomatie culturelle offensive visant à accroître l’influence du Sénégal sur la scène internationale.

Mbaye Ndiaye devant la justice : l’ancien ministre de l’Intérieur accusé d’avoir dégradé une villa de l’État

L’ancien ministre de l’Intérieur, Mbaye Ndiaye, a comparu ce jeudi devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar, dans une affaire portant sur la dégradation présumée d’un bien immobilier appartenant à l’État. À l’origine de la plainte : la Société nationale de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), qui estime les dommages causés à la villa de fonction à plus de 50 millions de francs CFA.

La Sogepa accuse l’ex-ministre d’avoir restitué le logement dans un état de détérioration avancée, plusieurs années après la fin de son mandat ministériel en 2012. Le bien en question, une villa de fonction mise à disposition pendant l’exercice de ses fonctions, aurait subi d’importants dégâts, suscitant l’indignation des services de l’État chargés de la gestion du patrimoine public.

Mais Mbaye Ndiaye conteste vigoureusement ces allégations. À sa sortie d’audience, il a livré sa version des faits, relayée par L’Observateur. « J’ai investi personnellement 200 millions dans la rénovation de la villa », a-t-il affirmé, ajoutant que le logement initialement doté de trois chambres avait été entièrement réaménagé pour en contenir quinze. L’ancien ministre souligne qu’il a quitté les lieux il y a plus de dix ans, à la fin de son mandat ministériel, en 2012.

Cette affaire soulève une nouvelle fois la question de la gestion du patrimoine de l’État par les anciens dignitaires. Elle intervient dans un contexte où les autorités cherchent à renforcer la transparence et la redevabilité dans l’usage des biens publics.

Le procès a été renvoyé au 24 juillet prochain, date à laquelle les différentes parties présenteront leurs plaidoiries. D’ici là, la défense de Mbaye Ndiaye promet de fournir toutes les preuves des investissements réalisés, tandis que la Sogepa maintient ses accusations, déterminée à obtenir réparation.

Affaire à suivre.

Oumar Sow convoqué à nouveau à la Cybercriminalité : il dénonce une volonté de museler l’opposition

Le responsable politique de l’Alliance pour la République (APR) et chroniqueur à la SEN TV, Oumar Sow, a annoncé ce jeudi sur sa page Facebook avoir reçu une nouvelle convocation de la Division spéciale de la cybersécurité. Il est attendu dans les locaux de la Cybercriminalité à 15 heures.

Dans sa publication, Oumar Sow dénonce une tentative de musellement de l’opposition, qu’il attribue directement au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko. “Je viens d’être convoqué à la cybercriminalité à partir de 15 heures. La dictature de Diomaye Faye et Ousmane Sonko pour le musellement de l’opposition”, a-t-il écrit.

Cette convocation intervient quelques mois après une précédente affaire ayant conduit à son arrestation. Oumar Sow avait alors été poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, une affaire qui s’était soldée par une condamnation à quatre mois de prison avec sursis.

Cette nouvelle convocation relance le débat sur la liberté d’expression au Sénégal et l’utilisation de l’arsenal judiciaire à l’encontre de figures critiques du pouvoir. Les soutiens d’Oumar Sow y voient une dérive autoritaire, tandis que d’autres estiment que l’État ne fait qu’appliquer la loi contre les discours jugés dangereux ou mensongers sur les réseaux sociaux.

Quitter la version mobile