Société
Autoroute Mbour-Fatick-Kaolack : la sortie de Thiadiaye suscite la colère des populations de l’axe Ndiosmone-Fimela
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par
Diack
L’inauguration officielle du tronçon Thiadiaye-Kaolack de l’autoroute à péage, ce samedi 22 août 2026, par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a été saluée comme une avancée majeure en matière d’infrastructures routières. Pourtant, cette satisfaction est loin d’être partagée par les populations de l’axe Ndiosmone-Fimela-Djiffère.
Le Collectif pour la défense des intérêts de l’axe Ndiosmone-Fimela-Palmarin-Djiffère dénonce vivement l’implantation de la sortie à Thiadiaye, une décision qu’il juge « aberrante » et « qui frise le ridicule ».
« Comment peut-on délaisser cette zone pour ensuite implanter la sortie à Thiadiaye ? Il n’y a même pas de comparaison possible, que ce soit sur le plan du potentiel socio-économique ou démographique », s’insurge Birama Ndiaye, journaliste originaire de Khondiogne Tattaguine et président du collectif.
Selon lui, la sortie actuelle ne dessert que deux à trois communes, alors que le site initialement envisagé à Médina Dokh, dans la commune de Tattaguine, chef-lieu d’arrondissement, aurait présenté un intérêt stratégique beaucoup plus important.
Le collectif rappelle que ce choix, effectué sous l’ancien régime alors qu’Omar Youm, aujourd’hui maire de Thiadiaye, était ministre des Transports terrestres, constitue, selon ses membres, une erreur du passé qui doit désormais être corrigée.
À leurs yeux, l’implantation d’une sortie à Médina Dokh permettrait de désenclaver une dizaine de localités importantes, notamment Tattaguine, Loul Sessène, Djilass, Dioffior, Fimela, Samba Dia, Palmarin et Djiffère, ainsi que les îles du Saloum.
« Cet axe est stratégique et constitue le poumon économique de la région de Fatick, de par son poids démographique, son potentiel touristique, notamment avec la zone de Ndangane, et l’importance de ses activités économiques », plaide Birama Ndiaye.
Au-delà du manque à gagner économique, les populations dénoncent surtout ce qu’elles considèrent comme une entrave à la libre circulation des personnes et des biens. L’autoroute a, selon le collectif, scindé en deux le village de Khondiogne et contraint désormais les usagers à effectuer de longs détours par Thiadiaye pour accéder à l’infrastructure.
« Cette autoroute nous a enclavés et entrave gravement la libre circulation de nos concitoyens et de leurs biens », déplore le président du collectif.
Pourtant, les alertes n’auraient pas manqué. Des correspondances ont été adressées aux autorités administratives locales ainsi qu’aux différents ministres concernés. L’ancien ministre des Transports, Malick Ndiaye, s’était rendu dans la zone, tout comme l’actuel ministre des Infrastructures, Déthié Fall. Malgré ces démarches, les revendications des populations restent, à ce jour, sans suite concrète, selon le collectif.
Face à cette situation, les forces vives de l’axe Ndiosmone-Fimela-Djiffère lancent un appel solennel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin qu’une solution soit trouvée.
Le collectif s’appuie notamment sur les propos du chef de l’État, qui a présenté l’autoroute comme une infrastructure réalisée dans l’intérêt des populations.
« Monsieur le Président, cette erreur du passé doit être rectifiée le plus rapidement possible. Vous verrez toute la pertinence de nos inquiétudes dès l’exploitation de ce tronçon », conclut Birama Ndiaye.
Les populations concernées entendent ainsi maintenir la mobilisation afin d’obtenir la création ou le réaménagement d’un accès à hauteur de Médina Dokh, qu’elles considèrent comme indispensable au désenclavement et au développement économique de toute cette partie de la région de Fatick.
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