Politique
« Aveux signés, datés et envoyés » : Bachir Fofana enquête sur un marché d’électrification rurale de 92 milliards FCFA
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par
Diack
Le journaliste et analyste politique Bachir Fofana s’apprête à publier un ouvrage d’investigation qui suscite déjà un vif intérêt dans les milieux médiatiques et politiques sénégalais. Intitulé Aveux signés, datés et envoyés, le livre paraîtra le 12 juin 2026 aux Éditions Le Quotidien et propose une plongée approfondie dans l’un des dossiers les plus controversés du secteur de l’électrification rurale au Sénégal.
À travers plusieurs mois de recherches et d’analyses documentaires, l’auteur s’intéresse à un marché public évalué à 92 milliards de francs CFA, destiné à l’électrification de 1 740 villages à travers le pays. Selon les éléments présentés dans l’ouvrage, 37 milliards de francs CFA auraient déjà été décaissés alors que, à la date du 19 décembre 2025, seuls 25 villages auraient effectivement bénéficié d’une électrification.
L’enquête repose essentiellement sur l’exploitation de documents administratifs, de correspondances officielles, de décisions de justice, de rapports d’organes de contrôle ainsi que de déclarations publiques. Une méthodologie que l’auteur présente comme une garantie de rigueur et d’objectivité, loin des affrontements politiques et des accusations non étayées.
Au cœur du livre figure l’examen des relations entre l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), la société AEE Power EPC et sa filiale AEE Power Sénégal. Selon Bachir Fofana, plusieurs anomalies auraient jalonné l’exécution du projet. L’ouvrage évoque notamment l’émission présumée de garanties financières dans des conditions qui pourraient être contraires à certaines dispositions du Code CIMA, ainsi que des décaissements importants dont les réalisations sur le terrain ne seraient pas à la hauteur des montants engagés.
L’auteur met également en lumière ce qu’il considère comme de profondes incohérences dans la gestion institutionnelle du dossier. Entre les différents ministères concernés, les agences publiques, les organismes de régulation et les partenaires financiers, les responsabilités apparaissent dispersées, rendant difficile l’identification des décideurs et des mécanismes ayant conduit à cette situation.
Selon l’analyse développée dans l’ouvrage, cette affaire aurait progressivement fragilisé la confiance entre l’État du Sénégal et plusieurs partenaires financiers internationaux. Pendant ce temps, des centaines de localités initialement bénéficiaires du programme continueraient d’attendre l’accès à l’électricité, pourtant présenté comme un levier essentiel du développement économique et social.
Au-delà de la seule dimension financière, « Aveux signés, datés et envoyés » se présente comme une réflexion plus large sur les limites de la gouvernance publique. Le livre s’interroge sur la manière dont certaines procédures administratives peuvent parfois devenir des mécanismes de dilution des responsabilités. Il analyse également le rôle de la communication institutionnelle dans la gestion des crises et la manière dont les informations officielles peuvent, selon l’auteur, contribuer à entretenir l’opacité plutôt qu’à favoriser la transparence.
Dans l’ouvrage, Bachir Fofana affirme que sa démarche ne vise ni à désigner des coupables ni à alimenter des polémiques. Il explique vouloir apporter des éléments factuels à un débat d’intérêt public, estimant que les citoyens ont le droit de comprendre comment sont utilisés les fonds publics et d’obtenir des réponses lorsque les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous.
Connu pour ses chroniques au sein du journal Le Quotidien et ses interventions régulières dans plusieurs émissions de télévision, notamment Ndoumbélane sur SenTv, Bachir Fofana dispose également d’une expérience professionnelle dans le secteur énergétique. Cette double compétence, à la fois journalistique et technique, nourrit l’approche adoptée dans cet ouvrage, qui entend décrypter les rouages administratifs, financiers et institutionnels d’un dossier complexe.
L’ouvrage sera disponible à partir du 12 juin 2026 dans les librairies L’Harmattan, Clairafrique et 4 Vents. Sa sortie est attendue comme une contribution majeure au débat sur la transparence, la reddition des comptes et la gestion des grands projets publics au Sénégal.
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