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Société

Bambilor : la Caisse des Dépôts et Consignations accusée de destruction des champs de la famille Diallo Pitch

Le conflit foncier opposant la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), dirigée par Fadilou Keita, à la famille de feu l’homme d’affaires Diallo Pitch, vient de franchir un nouveau cap. À Bambilor, des bulldozers envoyés par la CDC ont envahi le champ d’exploitation agricole appartenant à la famille Diallo, détruisant l’ensemble des plants cultivés depuis plusieurs mois. Cette opération, menée sous forte présence sécuritaire, a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et relancé le débat sur la gestion foncière au Sénégal.

Selon les informations recueillies sur place, le site agricole, exploité depuis des années par la famille Diallo, aurait été au centre d’un litige foncier opposant les héritiers à la CDC. La semaine dernière déjà, le gardien du terrain avait été expulsé manu militari, avant qu’une conférence de presse organisée par la famille pour dénoncer « une spoliation en règle » ne soit brutalement interrompue par la gendarmerie.

L’incident a pris une tournure nationale après la diffusion d’une vidéo par Cheikh Fall Guéye, membre du comité d’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Sur les images devenues virales, on voit un bulldozer raser méthodiquement les champs verdoyants de la famille Diallo, sous les regards impuissants de ses membres. La scène a profondément choqué l’opinion publique, relançant les critiques sur les méthodes jugées expéditives de certaines institutions publiques en matière de gestion des terres.

Dans une longue publication, Cheikh Fall Guéye a dénoncé ce qu’il qualifie de « visage brutal de la gestion foncière au Sénégal ». Selon lui, « derrière les mots techniques comme expropriation, déguerpissement ou contentieux, se cache une réalité plus crue : celle d’une famille qu’on prive de sa terre, de ses efforts et de sa récolte… parfois en une matinée ». Le chroniqueur s’interroge : « Fallait-il vraiment envoyer des bulldozers avant la moisson ? Fallait-il, au nom de la légalité, sacrifier la dignité et la patience d’une famille qui a cultivé, entretenu et fait vivre ce sol ? » Pour lui, l’État a, une fois de plus, « choisi la force au détriment du bon sens ».

Le professeur et journaliste Khalifa Ababacar Gaye a également fustigé l’attitude de la CDC. Dans une publication très partagée, il a écrit : « Mon sang de paysan ne peut que dénoncer cette cruauté face à cette culture détruite en deux temps trois mouvements. Peu importe le contentieux, il fallait attendre la moisson. C’est cela, humaniser la justice et le droit. »

Sur les réseaux sociaux, les réactions d’indignation se sont multipliées. De nombreux internautes ont exprimé leur colère face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave à la dignité humaine. « Ce qui manque dans ce pays, c’est l’empathie, savoir se mettre à la place de l’autre, ne serait-ce qu’un instant. Cet acte est lâche et ignoble. Attendez au moins qu’ils fassent leur récolte, bon sang ! », s’est emportée Adja Mbeya sur Facebook.


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