Economie
Budget 2026 : le Sénégal maintient un déficit contenu malgré les turbulences économiques mondiales
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par
Diack
Le Sénégal a enregistré un déficit budgétaire de 333 milliards de FCFA au terme du premier trimestre 2026, soit 1,4 % du produit intérieur brut (PIB), selon le Rapport trimestriel d’exécution du budget (RTEB) publié par le ministère des Finances et du Budget. Un niveau jugé maîtrisé au regard de l’objectif annuel fixé à 5,37 % du PIB dans la Loi de finances initiale.
Cette performance intervient dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes. Les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, aggravées par les perturbations observées dans le détroit d’Ormuz, ont entraîné une hausse significative des prix mondiaux du pétrole et ravivé les inquiétudes sur la croissance économique mondiale. Malgré cet environnement peu favorable, les finances publiques sénégalaises affichent une certaine résilience, portée notamment par la progression des recettes fiscales et une exécution prudente des dépenses publiques.
À fin mars 2026, les recettes globales du budget général se sont établies à 1.149,7 milliards de FCFA, représentant 19,4 % des prévisions annuelles. Comparées à la même période de l’année précédente, elles enregistrent une hausse de 11,9 %.
Cette évolution positive repose essentiellement sur les recettes fiscales qui atteignent 1.095,7 milliards de FCFA, soit 96,2 % de l’objectif trimestriel. Elles progressent de 14,1 % sur un an grâce à la bonne tenue des impôts directs, particulièrement ceux issus du secteur pétrolier et gazier. Les paiements anticipés effectués par plusieurs opérateurs extractifs ont contribué à renforcer les rentrées fiscales dès les premiers mois de l’année.
Toutefois, certains postes affichent des performances plus contrastées. L’impôt sur le revenu présente une moins-value temporaire, liée notamment au calendrier habituel des recouvrements et à la faiblesse des retenues à la source sur les revenus générés par les activités pétrolières.
Du côté des impôts indirects, la consommation intérieure demeure le principal moteur de croissance. La TVA intérieure hors produits pétroliers affiche une évolution favorable, traduisant la vigueur relative de l’activité économique nationale. En revanche, les recettes provenant de la TVA pétrolière et des taxes spécifiques sur les carburants restent sous pression en raison des mesures de détaxation partielle et des politiques publiques visant à contenir les prix à la pompe.
Les recettes douanières connaissent également quelques difficultés. Les droits de porte enregistrent une légère sous-performance, conséquence d’un ralentissement des importations au début de l’année et des ajustements liés à l’application des nouvelles mesures fiscales sur les véhicules. À l’inverse, les droits d’enregistrement et de timbre progressent fortement, soutenus par le dynamisme du marché immobilier dans la région de Dakar et la régularisation de plusieurs dossiers administratifs en attente.
Les recettes attendues dans le cadre du Plan de redressement économique et social poursuivent par ailleurs leur montée en puissance, même si certaines contraintes techniques ralentissent encore le rendement de plusieurs taxes spécifiques prévues dans ce dispositif.
Sur le volet des dépenses, l’État a exécuté 1.482,7 milliards de FCFA, soit 20,6 % des crédits ouverts pour l’année. Les dépenses ordinaires représentent la part la plus importante avec 1.185,5 milliards de FCFA. Elles sont principalement constituées des dépenses de personnel et des transferts courants destinés aux différents secteurs de l’administration publique.
Le service de la dette continue également de peser sur les finances publiques. Les charges financières atteignent 285 milliards de FCFA, dont l’essentiel concerne les engagements extérieurs du Sénégal.
Comme souvent au premier trimestre, les dépenses d’investissement demeurent relativement limitées. Elles s’élèvent à 297,2 milliards de FCFA, les grands projets financés sur ressources internes et externes devant connaître une accélération progressive au cours des prochains mois.
Le rapport souligne également les performances du secteur parapublic et des organismes publics, dont le niveau d’exécution budgétaire atteint 13,4 % des prévisions annuelles, avec une prédominance des dépenses de fonctionnement.
Le Fonds national de retraite confirme, quant à lui, sa solidité financière. Il affiche un excédent de 12,9 milliards de FCFA à fin mars 2026, contre un niveau inférieur à la même période en 2025. Cette amélioration est principalement attribuée à l’augmentation de plus de 8 % du nombre de cotisants au sein de la fonction publique.
Malgré ces résultats encourageants, les autorités restent attentives aux risques extérieurs susceptibles d’affecter les équilibres budgétaires. La flambée des cours du pétrole consécutive aux tensions au Moyen-Orient pourrait notamment accroître le coût des subventions énergétiques supportées par l’État.
Le Fonds monétaire international a récemment revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale, désormais estimées à 3,1 %, tout en relevant ses anticipations d’inflation à 4,4 %. Dans ce contexte, le maintien de la trajectoire budgétaire sénégalaise dépendra en grande partie de la capacité des autorités à préserver la dynamique des recettes internes tout en maîtrisant l’impact des chocs extérieurs sur les finances publiques.
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