RDC: des échauffourées entre la police et des partisans de l’opposant Martin Fayulu à Kinshasa

En République démocratique du Congo (RDC), l’opposition a appelé mercredi 27 décembre à la manifestation. Le gouvernement a interdit le rassemblement, alors que l’opposant Martin Fayulu avait appelé, avec quatre autres candidats, à une marche pour demander l’annulation des élections générales qui se sont tenues la semaine dernière. Après des tensions le matin, la situation s’est calmé au cours de la journée.

La situation s’est brusquement tendue mercredi matin, alors qu’une centaine de militants attendaient devant le QG du parti Ecide (L’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement) de commencer leur manifestation. « On devait se mettre en route à midi », confirme Martin Fayulu. Et peu avant 11 heures, des échauffourées ont débuté entre des militants, jeunes souvent très jeunes, et des policiers. Jets de pierre contre grenades assourdissantes et lacrymogènes. Le siège du parti s’est retrouvé encerclé par les forces de l’ordre et il y a eu quelques arrestations. 

Devant le siège du parti de Martin Fayulu, une centaine de jeunes attendaient le début de la manifestation. Avec un mot d’ordre pour cette journée. « Il y a eu un braquage électoral, nous ne pouvons pas tolérer ce genre de comportements, ces irrégularités qui continuent dans notre jeune démocratie », en dit un manifestant. « Moi en tant que jeune et un enseignant non payé, je veux tout faire pour chasser tous ces délinquants, qui sont en train de détruire le pays », enchaîne un autre.

Pendant une petite heure, les militants et les policiers se sont fait face. Des jets de pierre ont fusé au-dessus de l’entrée du bâtiment avant qu’un responsable d’Ecide ne sorte, avec un voile blanc. Il est parti discuter avec les policiers. Puis la situation s’est brusquement calmée, les jeunes sont ressortis du siège du parti, les policiers ont reculé, les blessés ont été évacués.

Des échauffourées avant même le début de la manifestation

Mais avant même le début de la marche, des échauffourées ont commencé avec les forces de l’ordre. Depuis, une partie du dispositif sécuritaire a été levé. Le responsable de la police de Kinshasa a tenu à rappeler que la manifestation était interdite et il met en cause les organisateurs. Selon lui, il y avait des mineurs parmi les manifestants devant le QG, notamment.

Pour le chef de la police de Kinshasa, le général Blaise Kilimbalimba, des éléments perturbateurs étaient présents ce matin : « Il s’est agit d’une manifestation non autorisée pour des raisons sécuritaires évidentes. Et vous avez vu comment, lorsque les organisateurs se sont entêtés, il y a eu effectivement des éléments perturbateurs de leur marche, qui ont commencé par des jets de pierre et qui les ont insécurisés. C’est alors que la police est venue pour réinstaurer le calme. »

Martin Fayulu, le seul parmi les candidats qui avaient appelé à se rassembler à être présent sur les lieux, a pour sa part dénoncé une utilisation de la violence pour empêcher toute manifestation. Martin Fayulu et ses alliés n’ont donc pas marché jusqu’à la Commission électorale comme c’était prévu. L’opposant dénonce l’usage de la force pour empêcher une manifestation et promet de nouveaux rassemblements à venir.

Guerre Israël-Hamas: la colère monte chez les femmes des soldats réservistes mobilisés

La guerre menée contre le Hamas durera encore « de nombreux mois », a confirmé mardi 26 décembre le chef d’état-major d’Israël. Plus de 300 000 soldats réservistes sont mobilisés. Et si ces soldats ont reçu des compensations financières en quittant leur travail pour aller combattre, ce n’est pas le cas de leurs épouses, qui se retrouvent seules à la maison avec leurs enfants. Deux d’entre elles, Franco-Israéliennes, ont accepté de témoigner.

Pendant que son mari Yohanan est à la guerre, Levanna Botbol, elle, doit tout gérer à la maison, à commencer par les enfants : « Nous avons cinq enfants entre 3 et 12 ans. Bien sûr, cela chamboule tout, parce qu’en général, mon mari est là le matin. C’est lui qui s’occupe d’eux, de les réveiller, de les habiller. Et donc là, je dois faire les deux jobs. »

Sans oublier son métier d’ingénieure informatique. Alors, Levanna est passé en télétravail. Mais d’autres femmes ont dû choisir entre travail et famille. C’est le cas d’Anëlle, mère de trois enfants : « Moi, je suis orthophoniste et je ne suis pas retournée travailler depuis le 7 octobre, parce que je ne peux pas tout gérer. Comme je suis à mon compte, cela veut dire qu’on n’a plus de salaire. Ça fait 6 000 shekels par mois, 1 000 euros par mois environ. C’est compliqué. »

Elles sont de plus en plus nombreuses à craquer. Elles sont 4 000 femmes de soldats réservistes à avoir rejoint l’association lancée par la juriste Sapir Bloser, elle-même compagne d’un militaire. Elles interpellent ensemble leur gouvernement : « Nous demandons trois choses. La première, c’est une compensation financière. La deuxième, la protection de l’emploi, car malheureusement, on a certaines femmes qui ont été mises en congé sans solde ou licenciées. Et la troisième, c’est de l’aide psychologique. »

Face à la colère qui monte, le porte-parole de l’armée israélienne a reconnu, en début de semaine, le fardeau supporté par ces familles et assure que le gouvernement va travailler sur un système de compensation pour les soutenir.

Libye: la Bourse de Tripoli a rouvert ses portes après quasi une décennie de fermeture

En Libye, la Bourse de Tripoli a rouvert ses portes lundi 25 décembre, après une fermeture de neuf ans. Les autorités espèrent que ce sera un premier pas vers la normalisation et la stabilisation de l’économie libyenne, après des années de conflit. 

La cloche de la Bourse de Tripoli a retenti, lundi 25 décembre, pour la première fois depuis neuf ans, en présence du Premier ministre du gouvernement d’unité nationale libyen, Abdulhamid al-Dbeibah et d’un parterre d’officiels. Huit des dix compagnies libyennes cotées en bourse étaient enregistrées à l’ouverture du marché, et les autorités espèrent que d’autres seront introduites prochainement. 

En relançant les activités boursières, les autorités libyennes veulent redynamiser l’économie locale pour booster le PIB et réduire le déficit budgétaire. Il s’agit d’un pas supplémentaire pour restaurer la confiance dans les institutions financières et attirer les investisseurs, tout en offrant aux Libyens la possibilité de placer leur argent de manière « plus sûre que dans une banque » selon les autorités. 

Celles-ci comptent sur la reprise des échanges pour favoriser l’entrepreneuriat et la culture du commerce en général dans le pays. La bourse libyenne avait fermé ses portes en 2014, au début de la guerre civile à Tripoli comme à Benghazi. Dans la deuxième ville du pays, la Bourse rouvrira en janvier, après la fin des travaux de rénovation.

Rfi

RDC: cinq jours après les élections, instauration d’un important dispositif de sécurité à Lubumbashi

Cinq jours après les élections générales en RDC, l’armée vient d’instaurer un important dispositif militaire à Lubumbashi, fief de Moïse Katumbi, le challenger important du président sortant Félix Tshisekedi. Ce qui inquiète plus d’un habitant dans la ville du cuivre. Les autorités administratives, quant à elles, assurent que l’armée est déployée pour assurer la sécurité en cette fin d’année.

Avec notre correspondante à Lubumbashi, Denise Maheho 

Depuis ce dimanche, des dizaines de militaires de la Garde républicaine sont visibles dans plusieurs endroits stratégiques de Lubumbashi. C’est notamment au cœur de la ville, à la place de la poste, à la RTNC et à l’entrée Nord de la ville ….Lourdement armés, ces soldats sillonnent certaines avenues. Ce qui inquiète Gislain Kalwa, président de la société civile locale :

« La présence renforcée des militaires crée la panique et soulève des questions. Qu’est-ce qui se passe ?Pourquoi déployer autant des militaires ? La peur gagne du terrain et cela crée de la panique».

Pour sa part, le maire de la Ville, Martin Kazembe, se veut rassurant. La population de Lubumbashi n’a rien à craindre :

« Ce sont nos militaires. Ils sont là pour assurer la sécurité. Ils remplissent leur mission régalienne pendant ces fêtes de fin d’années. La population de Lubumbashi doit vaquer paisiblement à ses activités.».

D’autres sources estiment que ce dispositif militaire est renforcé afin de barrer la route à toute réaction violente de la part des militants de Moïse Katumbi à la suite de la publication des résultats partiels de l’élection présidentielle.

Alors que l’armée a, dans son communiqué de ce dimanche, accusé la chaîne de télévision Nyota, proche de Katumbi, de diffuser des informations tendant à démoraliser et déstabiliser les militaires, ce média a formellement rejeté ces accusations.

De violentes attaques dans l’État du Plateau dans le centre du Nigeria font au moins 160 morts

Le bilan humain des violences du week-end dans l’État du Plateau au Nigeria a continué à s’alourdir. Lundi soir 25 décembre, les autorités locales de cet État du centre du pays évoquaient au moins 160 morts, victimes d’attaques perpétrées dans trois circonscriptions : Mangu, Bokkos et Barkin-Ladi.

Les premières violences ont été signalées samedi soir, elles se sont poursuivies dimanche et encore ce lundi. Des attaques perpétrées par des hommes armés contre des communautés rurales, selon Amnesty International Nigeria. L’organisation dénonce l’incapacité des autorités fédérales à protéger la population. 

Au niveau local, d’après le président du conseil gouvernemental de Bokkos, les assaillants sont des membres de bandes criminelles, appelés au Nigeria « bandits ». Ils ont attaqué plus de vingt villages entre samedi soir et lundi matin dans sa circonscription, selon Monday Kassah. 

Des attaques « coordonnées », dit-il, qui ont fait au moins 160 morts, mais aussi plus de trois cents blessés transférés vers les hôpitaux à Bokkos, de Barkin-Ladi et de la capitale de l’État du Plateau, Jos, qui se trouve au nord des circonscriptions meurtries.

Dans celle de Barkin-Ladi, un élu de l’Assemblée locale, évoquait au moins quatre villages attaqués. 

Amnesty demande au président Bola Ahmed Tinubu une enquête impartiale et efficace pour comprendre ce qui a motivé ces attaques dans un État du Plateau déjà endeuillé à plusieurs reprises par le passé par des violences meurtrières entre communautés chrétiennes et musulmanes ou entre éleveurs et agriculteurs. 

Israël est engagé dans une «guerre multi-fronts», déclare le ministre de la Défense

L’armée israélienne poursuit, ce mardi 26 décembre, ses combats à Gaza, après avoir annoncé lundi l’intensification de son offensive visant à détruire le Hamas. Le Premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahu, affirme que la paix ne sera obtenue que si l’enclave est « démilitarisée » et « déradicalisée ».

Ce qu’il faut retenir :

■ De nouveaux bombardements ont été menés par l’armée israélienne. Le camp de réfugiés de Nur Shams, mais aussi une maison et le secteur avoisinant l’hôpital Nasser dans la ville de Khan Younès en ont été les cibles.

■ La quasi-totalité de la population de Gaza est en situation d’insécurité alimentaire aiguë. D’ici quelques semaines, près d’un demi-million de personnes pourraient être dans une situation équivalente à la famine. 

■ Après une visite à Gaza, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a annoncé une intensification des combats et a estimé que la paix ne sera obtenue que si Gaza est « démilitarisée » et « déradicalisée »

■ Le ministère de la Santé du Hamas palestinien a annoncé, mardi 26 décembre, que les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza avaient fait 20 915 morts depuis le début de la guerre, le 7 octobre, et plus de 54 918 blessés1 140 personnes ont été tuées lors de l’attaque du Hamas du 7 octobre, selon les données fournies par le gouvernement israélien. L’armée israélienne a affirmé jeudi avoir tué plus de 2 000 combattants palestiniens depuis la fin de la trêve début décembre.

14h28 : Une explosion filmée par l’armée israélienne à Tulkram, en Cisjordanie 

L’agence Reuters a publié mardi 26 décembre les photos d’une explosion dans la ville de Tulkram, en Cisjordanie. 

14h12 : L’ensemble des télécommunications de nouveau coupées à Gaza 

La compagnie palestinienne des télécommunications, Paltel, a annoncé mardi 26 décembre une nouvelle coupure des télécommunications dans la bande de Gaza, la quatrième depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre.

« Nous regrettons d’annoncer une interruption totale des services de télécommunications fixes et d’internet […] dans la bande de Gaza en raison de la poursuite de l’agression », a indiqué la compagnie dans un communiqué, ajoutant que ses équipes techniques « travaillent pour rétablir les services malgré la dangerosité des conditions sur le terrain ».

14h09 : Explosions et missiles au large du Yémen

Des explosions ont été entendues et des missiles ont été aperçus mardi 26 décembre à proximité d’un navire transitant par la mer Rouge, a indiqué l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. 

« Des explosions ont été entendues et des missiles vus » à proximité de Hodeida, port de l’ouest du Yémen sous contrôle des rebelles yéménites Houthis, a-t-elle ajouté en précisant que le navire et son équipage étaient en sécurité. Plus tôt mardi, deux autres explosions ont retenti à proximité d’un autre navire, également au large de Hodeida, a dit l’agence maritime britannique, sans faire état de dégâts ou de victime. Ces attaques n’ont pas été revendiquées.

Ces dernières semaines, les Houthis ont multiplié les attaques près du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui sépare la péninsule arabique de l’Afrique et par lequel transite 12% du commerce mondial, d’après l’International Chamber of Shipping (ICS). Les rebelles yéménites soutenus par l’Iran, ont prévenu qu’ils viseraient, en solidarité avec Gaza, des navires naviguant en mer Rouge au large des côtes du Yémen ayant des liens avec Israël.

Selon le Pentagone, les Houthis, qui contrôlent des pans entiers du territoire yéménite, dont la capitale Sanaa, ont lancé des dizaines d’attaques de drones et de missiles, ciblant 10 navires marchands impliquant plus de 35 pays. Ces attaques, menaçant de perturber les flux du commerce mondial, ont poussé les Etats-Unis à mettre en place une force multinationale de protection maritime en mer Rouge.

13h48 : L’ONU « profondément inquiète » des frappes israéliennes à Gaza 

« Nous sommes profondément inquiets des bombardements continus sur le centre de Gaza par les forces israéliennes. […] Toutes les attaques doivent strictement respecter les principes du droit humanitaire international, notamment la distinction (entre civils et militaires, NDLR), la proportionnalité et la précaution », a déclaré mardi le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, Seif Magango, dans un communiqué.

13h42 : Israël salue la décision du Japon de geler les avoirs du Hamas 

Dans un message publié sur Twitter en japonais, le ministre des Affaires étrangères israélien, Eli Cohen, a salué la décision du Japon de geler les avoirs de trois dirigeants du Hamas, Yahya Sinwar, Muhammad Deif et Marwan Isa. « Israël apprécie le ferme engagement du Japon dans la lutte contre le terrorisme », a écrit Eli Cohen. 

Le Japon, qui avait immédiatement condamné les attaques menées par le Hamas le 7 octobre, s’était toutefois abstenu de qualifier l’organisation de « terroriste » comme la plupart des autres pays occidentaux. 

13h34 : Une visite du président iranien en Turquie prévue début janvier

Le président iranien Ebrahim Raïssi se rendra à Ankara le 4 janvier pour rendre visite à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, une rencontre qui devrait être axée autour de la situation dans la bande de Gaza et en Syrie, et sur le renforcement des liens bilatéraux entre les deux pays, selon un officiel turc. 

La visite du président Raïssi, prévue en novembre, avait été repoussée en raison de difficultés d’agenda, toujours selon une source officielle turque. La Turquie, qui soutient la solution à deux États au sujet du conflit israelo-palestinien, est très critique au sujet des opérations menées par Israël à Gaza. Le pays a toutefois maintenu ses échanges commerciaux avec Israël, s’attirant des critiques de la part de l’Iran. 

13h15 : Un  « objet volant » abattu au large du Sinaï égyptien

Un « objet volant » a été abattu au large du Sinaï égyptien frontalier d’Israël, ont rapporté mardi 26 décembre le média égyptien proche des renseignements Al-Qahera News et des témoins. La scène se serait déroulée « à deux kilomètres au large de la côté de Dahab », ville balnéaire située dans le Sinaï à 150 kilomètres au sud de la frontière avec Israël, a indiqué la chaîne de télévision Al-Qahera News. « On a entendu le bruit sourd d’une explosion provenant de la mer et on a ensuite vu un objet étrange tomber dans la mer », ont rapporté des témoins à l’AFP.

L’Egypte, médiateur historique entre Palestiniens et Israéliens et qui tient l’unique ouverture sur le monde de Gaza qui ne soit pas aux mains d’Israël, se retrouve en première ligne depuis l’attaque sanglante du Hamas en territoire israélien le 7 octobre et la riposte israélienne qui a suivi. Mi-décembre, un drone « d’origine inconnue » avait été abattu par les forces aériennes égyptiennes au large de Dahab, d’après une source sécuritaire. 

13h02 : L’armée israélienne accuse le Hezbollah d’une frappe de missile dans le nord du pays

L’armée israélienne a publié sur X un message accusant le Hezbollah d’avoir tiré un missile sur une église du village d’Iqrit, au nord d’Israël près de la frontière libanaise. L’attaque aurait touché un civil, toujours selon l’armée. 

12h54 : Des habitants de la bande de Gaza évacuent la zone de Bureij après l’ordre de l’armée israëlienne

12h45 : L’attaque contre un chef iranien en Syrie a fait trois autres morts, selon une ONG 

Une frappe israélienne qui a visé lundi en Syrie un important commandant des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, a fait trois autres morts, des combattants pro-iraniens, a indiqué une ONG mardi.

« Trois autres combattants pro-iraniens, un Syrien et deux étrangers, ont également été tués dans cette frappe », a indiqué L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé au Royaume-Uni et qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, précise l’AFP. 

12h39 : Un nouveau bilan de 20 915 morts depuis le début de la guerre, selon le Hamas

Le ministère de la Santé du Hamas palestinien a annoncé mardi que les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza avaient fait 20 915 morts depuis le début de la guerre, le 7 octobre. Ce bilan comprend 241 personnes tuées lors des 24 dernières heures, a précisé le ministère, qui a également fait état de plus de 54 918 blessés depuis le 7 octobre.

12h35 : « Nous sommes dans une guerre multi-fronts », déclare le ministre israélien de la Défense 

Yoav Gallant, ministre de la Défense, a déclaré qu’Israël était engagé dans « une guerre multi-fronts, et sous les assauts de sept théâtres d’opérations : Gaza, le Liban, la Syrie, la Judée-Samarie (Cisjordanie), l’Irak, le Yémen et l’Iran ». 

 « Nous avons déjà répliqué et mené des actions dans six de ces sept théâtres », a ajouté le ministre. 

11h49 : Plus d’une cinquantaine d’arrestations par l’armée israélienne en Cisjordanie occupée, dont la députée palestinienne Khalida Jarrar

Au moins 55 personnes ont été arrêtées ce mardi matin par l’armée israélienne, parmi eux de hauts responsables mais aussi la députée palestinienne Khalida Jarrar, l’une des figures du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), arrêtée chez elle.

Députée au Parlement palestinien suspendu depuis 2007, Khalida Jarrar avait été libérée en septembre 2021 après avoir purgé une peine de deux ans dans une prison israélienne. Elle avait été arrêtée en octobre 2019 dans la foulée de la mort d’une Israélienne de 17 ans, tuée dans une attaque en Cisjordanie occupée imputée par l’armée israélienne au FPLP, mouvement d’obédience marxiste considéré comme « terroriste » par Israël, les États-Unis et l’Union européenne.

Arrestation de la députée Palestinienne Khalida Jarrar par l’armée Israélienne

Ramallah, Cisjordanie – L’armée israélienne a appréhendé mardi la députée palestinienne Khalida Jarrar, une éminente figure du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), à son domicile à Ramallah. Agée de 60 ans, Jarrar avait été libérée en septembre 2021 après avoir purgé une peine de deux ans dans une prison israélienne.

Son arrestation en octobre 2019 était liée à une attaque en Cisjordanie occupée, attribuée au FPLP, au cours de laquelle une jeune Israélienne de 17 ans avait perdu la vie. Le FPLP, qualifié de « terroriste » par Israël, les États-Unis et l’Union européenne, a réagi en dénonçant une « vaste campagne d’arrestations » visant ses dirigeants et membres en Cisjordanie.

L’armée israélienne a confirmé l’arrestation de Khalida Jarrar, la qualifiant de « cheffe du FPLP » en Cisjordanie et la recherchant pour des accusations de « terrorisme ». Cette arrestation s’inscrit dans le cadre d’une intensification des actions de l’armée israélienne en Cisjordanie depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza le 7 octobre. Depuis cette date, environ 4 700 Palestiniens ont été arrêtés, selon le Club des Prisonniers.

Cette nouvelle arrestation ravive les tensions dans la région déjà marquée par les récents événements. Les autorités israéliennes attribuent la guerre dans la bande de Gaza à une attaque du Hamas, tandis que le bilan des pertes côté palestinien, fourni par le ministère de la Santé du Hamas, recense plus de 20 600 morts, principalement des civils, en grande partie des femmes, adolescents et enfants. La situation demeure tendue, et les arrestations de personnalités politiques palestiniennes continuent de susciter des inquiétudes quant à l’évolution de la stabilité régionale.

Tensions à Gaza : Joe Biden exerce une pression sur Benyamin Netanyahu pour la protection des civils

Samedi dernier, le président américain Joe Biden a intensifié les appels à la protection des civils dans la bande de Gaza en contactant le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Cette initiative survient à un moment où Israël intensifie ses bombardements et son offensive terrestre, augmentant ainsi les inquiétudes concernant la sécurité des résidents de la région.

Dans un communiqué publié par la Maison Blanche, il a été annoncé que le président Biden a souligné l’impératif de sauvegarder la population civile, y compris ceux qui participent aux opérations humanitaires. Il a également insisté sur l’importance de permettre aux civils de quitter en toute sécurité les zones encore touchées par les combats.

La déclaration de Joe Biden intervient alors que la situation à Gaza devient de plus en plus préoccupante en raison de l’escalade des hostilités. Les inquiétudes internationales quant aux conséquences humanitaires de ces affrontements ont conduit le président américain à exercer une pression diplomatique sur Israël pour atténuer les risques pour les civils.

Les appels de Biden reflètent la nécessité de prendre des mesures immédiates pour garantir la sécurité des populations civiles, y compris ceux qui travaillent dans des opérations humanitaires cruciales. L’accent mis sur le départ sécurisé des civils des zones de conflit souligne l’importance de minimiser les pertes civiles et de faciliter l’accès à l’aide humanitaire dans une région déjà confrontée à des défis considérables.

Cette interaction entre Joe Biden et Benyamin Netanyahu marque un effort continu de la part des États-Unis pour jouer un rôle actif dans la résolution de la crise en cours à Gaza. L’issue de ces échanges diplomatiques reste incertaine, mais l’appel de Biden met en lumière l’urgence d’une action concertée pour prévenir une détérioration supplémentaire de la situation humanitaire dans la région.

Retrait des Forces Françaises au Niger : Un Nouveau Chapitre Débute 5 Mois après le Coup d’État

Cinq mois après le coup d’État qui a secoué le Niger, marquant un tournant politique majeur, les derniers soldats français ont achevé leur retrait du pays. Cette étape importante souligne l’évolution de la dynamique politique et militaire dans la région, ouvrant la voie à une nouvelle phase de la gouvernance nigérienne.

Le retrait des forces françaises était largement attendu depuis les événements du coup d’État survenu il y a cinq mois. La présence militaire française, qui avait historiquement soutenu le Niger dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le maintien de la stabilité régionale, avait été remise en question après les changements politiques survenus.

Le coup d’État a marqué un changement significatif dans la direction politique du Niger, avec l’établissement d’un nouveau gouvernement. L’évolution de la dynamique politique a également eu des répercussions sur les relations internationales du pays, notamment avec la France, qui a décidé de retirer ses troupes en conséquence.

Les autorités françaises et nigériennes ont émis des déclarations officielles pour marquer la fin du retrait des troupes françaises du Niger. Le gouvernement français a exprimé sa confiance dans la capacité du Niger à assurer sa propre sécurité et a souligné son engagement continu à soutenir la lutte contre le terrorisme dans la région.

De son côté, le gouvernement nigérien a affirmé son engagement à maintenir la sécurité et la stabilité dans le pays, soulignant la nécessité d’une coopération régionale et internationale renforcée pour relever les défis sécuritaires persistants.

Les réactions à ce retrait varient, certains soulignant l’importance de la souveraineté nationale et d’autres exprimant des préoccupations quant à l’impact sur la sécurité. Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer l’efficacité des mesures de sécurité mises en place par le Niger et pour observer l’évolution des relations internationales dans la région.

En conclusion, le retrait des derniers soldats français marque une étape significative dans l’évolution politique et sécuritaire du Niger. La nation africaine se tourne désormais vers l’avenir, confrontée aux défis et aux opportunités liés à cette nouvelle phase de son histoire.

L’Angola se retire de l’Opep, désaccord avec les quotas pétroliers

Rebondissent au sein de l’Opep+ qui regroupe les pays exportateurs de pétrole. L’Angola, poids lourd du pétrole sur le continent africain, a décidé de se retirer de l’organisation. La raison : des désaccords sur la baisse des quotas souhaitée par les principaux producteurs mondiaux.

La décision de l’Angola a été annoncée ce jeudi 21 décembre par le ministre des Ressources naturelles, du Pétrole et du Gaz, Diamantino Pedro de Azevedo à la suite d’un Conseil des ministres. Le président João Lourenço a signé dans la foulée un décret présidentiel. 

Une sortie de l’Opep qui couvait depuis quelque temps. L’Angola avait déjà quitté la table des négociations à plusieurs reprises. Se concentrer sur ses objectifs de production et de raffinage, voilà la principale raison invoquée par Diamantino de Azevedo

« Ce n’est pas une décision irréfléchie, intempestive », a précisé le ministre. « Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu d’influence sur les quotas, mais si nous devions rester dans l’Opep, nous subirions les conséquences de la décision de respecter les quotas de production », a-t-il déclaré à la télévision publique TPA.

« L’un des mécanismes de l’Opep est l’attribution de quotas de production pour ses pays membres. Et il est certain qu’en poursuivant au sein de ce mécanisme, tôt ou tard, l’Angola aurait été obligé de réduire sa production, ce qui va à l’encontre de nos objectifs de stabilisation de celle-ci », a expliqué le ministre. 

Car la stratégie des pays de l’Opep, c’est de refermer un peu plus le robinet d’or noir pour faire monter les prix.

Pour Philippe Sébille-Lopez, spécialiste des questions de géopolitique énergétique, cette décision sera plus lourde de conséquences pour Luanda, dont la production est en déclin que pour l’Opep : « Pour l’Opep, peu de conséquences, c’est même un avantage d’intégrer le Brésil. Et le départ de l’Angola, ce n’est pas significatif pour eux. Par contre, pour l’Angola, c’est récupérer en théorie une certaine liberté, mais ce n’est pas ça qui va faire que la production angolaise va s’améliorer. »

Le Nigeria, également frondeur sur les quotas de production, ne devrait pas suivre l’Angola. Lagos a trop besoin de l’Opep pour asseoir sa stature de premier producteur d’Afrique, un pays meneur également important pour l’organisation pétrolière.

Fin novembre, l’Angola et le Nigeria, les deux poids lourds pétroliers du continent africain, s’étaient montrés mécontents de leurs quotas. L’Opep avait établi un quota de 1,11 million de barils/jour pour l’Angola. Luanda avait clairement indiqué vouloir maintenir sa production à 1,18 million de barils/jour.

Fondée en 1960, l’Opep, qui réunit 13 membres sous la houlette de l’Arabie saoudite, a noué en 2016 une alliance avec dix autres pays, dont la Russie, sous la forme d’un accord appelé Opep+, dans l’optique de limiter l’offre et soutenir les cours face aux défis posés par la concurrence américaine.

Ce départ de l’Angola pourrait entrer dans la stratégie du président João Lourenço « qui consiste à favoriser des liens étroits avec les États-Unis », souligne Marisa Lourenço, analyste en risques politiques et économiques spécialisée sur la région, citée par l’AFP.

rfi

Mali : Le Prédicateur Chouala Bayaya Haidara Incarcéré pour Propos Controversés

Chouala Bayaya Haidara, éminent prédicateur au Mali, a été placé sous mandat de dépôt mercredi dernier après avoir comparu devant le procureur en charge de la lutte contre la cybercriminalité. Il est accusé d' »atteinte au crédit de l’État et de propos tendant à troubler l’ordre public ». Cette décision fait suite à son arrestation par la Brigade d’investigation judiciaire (BIJ) le 19 décembre 2023.

Le prédicateur, membre du Haut Conseil Islamique du Mali, affirme avoir été arrêté en raison de ses critiques sur la gestion de l’électricité à Bamako. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux avant son arrestation, il déclarait qu’il pensait que le pays pourrait fournir de l’électricité tout en étant en guerre. Il est prévu que son procès ait lieu le 12 mars 2024, et d’ici là, il restera en détention préventive à la maison centrale d’arrêt de Bamako.

Chouala Bayaya Haidara a exprimé sa détermination à ne pas se taire sur ce qu’il perçoit comme des dangers pour la société, même au prix de sa liberté. Il a dénoncé la répression croissante contre les voix critiques du régime au Mali, soulignant que d’autres figures publiques telles que l’influenceuse « Rose vie chère » et le polémiste Ras Bath avaient également été privées de leur liberté.

Les arrestations de personnalités critiques du gouvernement suscitent des préoccupations croissantes quant à la liberté d’expression au Mali, avec le prédicateur appelant les dirigeants actuels à réfléchir avant qu’il ne soit trop tard. La situation sera surveillée de près alors que le pays continue de faire face à des défis politiques et sociaux complexes.

France : Impacts de la Nouvelle Loi sur l’Immigration sur les Étudiants Sénégalais

La France a récemment adopté une nouvelle loi sur l’immigration, suscitant des interrogations sur son impact, notamment pour les étudiants sénégalais. Bien que les lois spécifiques puissent évoluer, examinons quelques aspects généraux qui pourraient être influencés par ces changements.

1. **Critères de Visa :** Les modifications de la législation pourraient entraîner des ajustements dans les critères d’obtention de visas étudiants. Les étudiants sénégalais devront peut-être se familiariser avec de nouvelles exigences ou des procédures actualisées pour garantir l’obtention de leur visa d’études en France.

2. **Conditions de Séjour :** La loi pourrait également toucher les conditions de séjour des étudiants étrangers en France. Des modifications dans les règles de prolongation de séjour, les exigences en matière d’assurance maladie et d’autres aspects pratiques pourraient être envisagées.

3. **Travail Étudiant :** Les étudiants sénégalais travaillant en France pourraient être affectés par des changements éventuels dans les politiques de travail étudiant. Des ajustements dans les heures de travail autorisées, les secteurs d’emploi, ou d’autres restrictions possibles pourraient résulter de la nouvelle législation.

4. **Perspectives Après les Études :** La loi pourrait également influencer les possibilités offertes aux étudiants étrangers pour rester en France après l’obtention de leur diplôme. Des changements dans les conditions d’obtention d’un permis de travail post-études ou d’un visa de travail pourraient être envisagés.

Pour obtenir des informations détaillées et actualisées sur les impacts spécifiques de la nouvelle loi sur l’immigration en France pour les étudiants sénégalais, il est fortement recommandé de consulter les sources officielles, telles que le site du gouvernement français, le ministère de l’Intérieur, ou de contacter les services consulaires français au Sénégal. Ces ressources fourniront des informations précises et à jour pour guider les étudiants sénégalais dans leur parcours en France.

L’ONU réclame une enquête à Israël sur un « possible crime de guerre » à Gaza

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme demande à Israël d’ouvrir une enquête sur « la possible commission d’un crime de guerre » par ses forces armées à Gaza.

L’agence onusienne a reçu des informations préoccupantes sur la mort de « 11 hommes palestiniens non armés » lors d’une intervention de l’armée israélienne dans un immeuble résidentiel à Gaza. Selon des témoignages, les soldats israéliens auraient séparé les hommes des femmes et des enfants avant de tirer et de tuer au moins 11 hommes sous les yeux de leurs familles.

Bien que les circonstances des meurtres soient en cours de vérification, l’ONU appelle à une enquête indépendante, approfondie et efficace de la part des autorités israéliennes. Israël, de son côté, se dit ouvert à une trêve mais exclut tout cessez-le-feu avant « l’élimination » du Hamas, considéré comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis, et l’Union européenne.

Depuis le début de l’offensive israélienne à Gaza, plus de deux mois, les critiques envers l’armée israélienne s’intensifient, et les pressions internationales en faveur d’une trêve augmentent. Selon le Hamas, environ 20 000 personnes, majoritairement des femmes, des enfants et des adolescents, ont perdu la vie à Gaza.

Guinée : Un deuil national de 3 jours décrété après l’incendie meurtrier

Suite à l’incendie tragique survenu [préciser le lieu], le président de la République de Guinée a décrété un deuil national de trois jours en signe de deuil et de solidarité envers les victimes et leurs familles endeuillées. Cet incident, qui a coûté la vie à un nombre important de citoyens et a provoqué des pertes matérielles considérables, a profondément ému la nation guinéenne.

Dans une déclaration officielle, le président [nom du président] a exprimé ses condoléances les plus sincères aux familles des victimes et a assuré que toutes les mesures nécessaires seraient prises pour soutenir les personnes affectées et enquêter sur les circonstances de l’incident. Il a également souligné l’importance de la solidarité nationale en de telles circonstances difficiles.

Cet événement douloureux met en lumière la nécessité de renforcer les normes de sécurité et les mécanismes de prévention des incendies dans le pays. Les autorités envisagent des mesures pour améliorer la sécurité des infrastructures et prévenir de tels incidents à l’avenir.

En ces moments difficiles, la Guinée se rassemble pour soutenir ceux qui ont perdu des proches et pour travailler collectivement à la reconstruction des communautés touchées par cette tragédie.

Burkina Faso: quatre fonctionnaires français arrêtés à Ouagadougou

Au Burkina Faso, quatre Français sont détenus à Ouagadougou. Ils sont présentés comme des agents du renseignement extérieur français. Ils ont été arrêtés au début du mois à Ouagadougou. Côté français, on dément qu’il s’agit d’espions.

Selon une source diplomatique contactée par RFI, c’est le 1er décembre dernier à Ouagadougou que les quatre Français ont été arrêtés. Selon la même source, ces ressortissants sont des fonctionnaires techniciens, détenteurs de passeports diplomatiques en règle et en mission pour une opération de maintenance informatique au profit de l’Ambassade de France.

Toujours selon la source de RFI, les quatre Français ont été mis en examen deux semaines plus tard puis incarcérés à la Maco, la maison d’arrêt de la capitale.

D’après les informations de Jeune Afrique, il s’agirait d’agents de la DGSE, les services extérieurs français, qui auraient donc été arrêtés pour « espionnage ». Le magazine affirme que les agents étaient arrivés dans le pays en règle pour une mission officielle.

Malgré les rapports de plus en plus tendus entre la France et le Burkina Faso, la publication soutient que les renseignements des deux pays continuaient à entretenir des relations de coopération technique et opérationnelle.

Une information appuyée par l’AFP qui précise, citant une source diplomatique européenne, que les quatre Français sont connus de leurs collègues burkinabè. Des pourparlers seraient en cours pour obtenir leur libération.

RFI

Élections en RDC: les Congolais appelés aux urnes pour un scrutin crucial pour le pays

Près de 44 millions d’électeurs sont appelés à élire leur président mais aussi leurs députés nationaux et provinciaux et leurs conseillers communaux ce mercredi. Le président sortant, Félix Tshisekedi, brigue un second mandat de cinq ans face à une opposition morcelée.

Au total, 19 candidats, dont une seule femme, sont en lice pour la présidentielle. Mais sur les bulletins de vote présentés aux électeurs, ils sont toujours 26. Les ralliements durant la campagne étant arrivés après impression des bulletins.

Pour voter, 75 400 bureaux de vote sont disposés sur l’ensemble du pays mais dans trois territoires, deux dans le Nord-Kivu et un dans le Maï-Ndombé, il ne sera pas possible de voter à cause de l’insécurité. Les équipes de la commission électorale n’ont pas pu procéder à l’enregistrement des électeurs.

Concernant l’élection présidentielle, il s’agit d’un scrutin à un tour durant lequel le chef de l’État est élu à la majorité simple. Cette année, ce scrutin est couplé à l’élection des députés nationaux et provinciaux. Pour ces deux scrutins, les électeurs vont devoir choisir parmi plus de 25 000 candidats leurs prochains représentants au Parlement à Kinshasa et parmi plus de 44 000 prétendants leurs députés provinciaux. Ils sont parfois plus de 900 candidats à briguer un même poste. Enfin, dans les chefs-lieux des 26 provinces, il faudra aussi choisir les conseillers communaux, une première dans le pays depuis 34 ans.

Défi logistique

Plus de 100 000 candidats sont donc sur les rangs pour ces quatre scrutins dont l’organisation représente un vrai défi dans ce pays de 2,3 millions de km2 largement dépourvu d’infrastructures. Jusqu’à la dernière minute, le doute a subsisté sur la capacité de la Commission électorale (Céni) à équiper en « machines à voter », bulletins et autres matériels tous les bureaux de vote à temps. Le budget total est estimé à plus d’1,1 milliard de dollars.

La Commission électorale a annoncé bénéficier d’appui aérien pour son déploiement : assistance de l’armée congolaise, mais aussi de la mission de l’ONU dans le pays, la Monusco, d’avions de l’armée égyptienne ainsi que d’hélicoptères venus du Congo-Brazzaville.

La grande difficulté, c’est le nord du pays : le Grand équateur et l’ancienne province orientale où se trouvent des zones particulièrement isolées et difficile d’accès. D’ailleurs, la Céni reconnait que le matériel continuera à être déployé même le jour du vote. Des bureaux pourront ouvrir en retard, prévient-on du côté de la présidence, mais la durée des opérations sera garantie pour les électeurs.

Ces scrutins seront observés par plusieurs missions internationales et nationales. Les plus importantes, celle des églises catholique et protestante, ainsi que celle d’un regroupement d’organisations de la société civile annoncent avoir chacune déployé plus de 20 000 observateurs pour le Jour J. Faute de contraintes techniques concernant des équipements de communication satellite jugés sensibles par les services de sécurité, l’Union européenne a, elle, décidé d’annuler sa mission d’observation électorale en RDC.

France: l’Assemblée nationale adopte le projet de loi immigration

Le projet de loi du gouvernement sur l’immigration a été approuvé mardi par les députés, à 349 voix contre 186, ouvrant la voie à une promulgation par le président Emmanuel Macron et à l’entrée en vigueur d’un texte qui aura mis l’exécutif en grandes difficultés. 

Le Parlement français a définitivement adopté ce mardi le projet de loi sur l’immigration, 349 députés votant pour et 186 contre, après un vote favorable du Sénat plus tôt dans la soirée, un épilogue victorieux pour la majorité, mais porteur de lourdes conséquences politiques.

Députés et sénateurs s’étaient accordés plus tôt dans la journée sur une version commune du texte, après des débats longs et difficiles. Dans l’hémicycle, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a vanté un texte qui mérite d’être voté pour la « protection des Français ». 

Le ministre s’est félicité du vote définitif par le Parlement de son projet de loi obtenu « sans les voix des députés RN ». « Le texte immigration est voté définitivement. Un long combat pour mieux intégrer les étrangers et expulser ceux qui commettent des actes de délinquance. Un texte fort et ferme. Sans les voix des députés RN », a-t-il écrit sur le réseau social X à l’issue du vote.

Texte controversé

Ce texte controversé, promis depuis dix-huit mois par le ministre de l’Intérieur, n’est « certes pas parfait, mais c’est un texte très difficile qui a été voté sans 49-3 », l’arme constitutionnelle qui aurait permis une adoption sans vote, s’est félicité Gérald Darmanin devant les médias à la sortie de l’hémicycle.

Sur le fond, le texte adopté mardi ne comporte pas de mesure de suppression de l’Aide médicale d’État, réservée aux sans-papiers et dont le sort a été retiré du projet de loi immigration et renvoyé vers un nouveau texte début 2024 par le gouvernement, s’est satisfait le ministre de l’Intérieur. « Il y a au contraire des mesures de régularisations », a-t-il déclaré, après avoir promis plus tôt dans la soirée de doubler le nombre de régularisations de sans-papiers au titre du travail dès l’an prochain.

Divisions au sein de la majorité

Le RN et la droite ont voté pour le texte, la gauche contre, chaque groupe faisant le plein de ses voix sauf le groupe communiste où il a manqué une voix. La majorité s’est en revanche divisée avec 20 voix contre et 17 abstentions chez Renaissance, 5 voix contre et 15 abstentions au MoDem, et 2 voix contre chez Horizons.

Le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a pour sa part dénoncé une « écœurante victoire » acquise grâce aux voix de l’extrême droite. « Sans les 88 voix du RN = 261, soit moins que la majorité absolue (qui était à 265, NDLR)! (…) Un nouvel axe politique s’est mis en place », a-t-il réagi sur X.

Le PS a annoncé immédiatement après le vote un recours du Conseil constitutionnel, une démarche que le président de la République avait par ailleurs déjà annoncée.

Et les divisions montent jusqu’au gouvernement même. Peu de temps après le vote du texte, le ministre de la Santé Aurélien Rousseau a remis une lettre de démission à Élisabeth Borne, qui n’a pas annoncé si elle l’acceptait, a déclaré à l’AFP une source ministérielle confirmant une information du Figaro. Il avait fait savoir son opposition à la version du texte considérablement durcie par la droite. Comme M. Rousseau, plusieurs ministres défavorables au projet de loi, comme Clément Beaune (Transports) ou Sylvie Retailleau (Enseignement supérieur), ont été reçus dans la soirée à Matignon, selon des sources gouvernementales concordantes.

RFI

Chine : Plus de 110 morts après un séisme dans le nord-ouest du pays

Un séisme de magnitude 5,9 a frappé les provinces de Gansu et de Qinghai dans le nord-ouest de la Chine, causant la mort d’au moins 111 personnes. Le tremblement de terre a eu lieu à une profondeur de dix kilomètres et a été suivi de nombreuses secousses. Les opérations de recherche et de secours ont commencé, avec le président chinois Xi Jinping appelant à mobiliser tous les efforts possibles pour assurer la sécurité des survivants. Des images partagées montrent des dégâts importants, avec des bâtiments effondrés et des débris jonchant les rues.

Plus de 60 000 morts dans le monde suite à la migration irrégulière entre 2014 et 2023, selon l’OIM

Lundi à Dakar, Christopher Gascon, directeur régional de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a déclaré que la migration irrégulière a causé plus de 60 000 décès dans le monde entre 2014 et 2023.

Il a souligné que ce chiffre est probablement sous-estimé, notant que plus de 22 000 vies ont été perdues lors de migrations irrégulières, dont plus de 2 000 sur la route de la Méditerranée centrale et plus de 2 000 dans le désert du Sahara depuis 2014.

Christopher Gascon a également mentionné que plus de 2 000 vies ont été perdues sur les routes de l’Atlantique, principalement en raison de naufrages, depuis 2014.

Ces statistiques mettent en lumière la nécessité d’une action collective contre la migration irrégulière, a souligné le directeur régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, déplorant des « familles brisées » à cause de ces nombreuses pertes. Il a insisté sur l’urgence de renforcer les mesures pour protéger la vie de ceux qui entreprennent ces voyages périlleux et a réaffirmé l’engagement de l’OIM en faveur d’une migration sûre, ordonnée et régulière.

SENEGAL-AFRIQUE-POLITIQUE / Les Congolais aux urnes mercredi pour élire un président de la République et des députés

Près de 44 millions d’électeurs congolais sont appelés aux urnes, mercredi, pour élire un président de la République, des députés à l’Assemblée nationale et des représentants aux assemblées provinciales.

Au total, vingt candidats, parmi lesquels le président sortant, Felix Tshisekedi, vont briguer la magistrature suprême dans un scrutin à un tour. Il suffit au candidat arrivé en tête avec au moins 20 % des suffrages pour être élu, selon la loi électorale de la République démocratique du Congo (RDC).

Felix Tshisekedi, 60 ans, arrivé au pouvoir en 2018, va tenter de se faire réélire face à dix-neuf candidats parmi lesquels l’homme d’affaires et ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, 59 ans, chef du parti Ensemble pour la République (EPR), Martin Fayulu, 66 ans, candidats malheureux à la précédente élection présidentielle.

Le docteur Denis Mukwege, 68 ans, lauréat du prix Nobel de la paix en 2018 est en lice, alors que l’ancien Premier ministre de Joseph Kabila, Augustin Matata Ponyo, 59 ans, a rallié Moïse Katumbi.

Marie-José Ifoku, dont la candidature a été invalidée par la Commission électorale avant qu’elle ne soit réhabilitée par la Cour constitutionnelle, est l’unique candidate à ce scrutin après que Patrice Majondo et Noël Thsiani, ont désisté au profit du président sortant.

La sécurité et la logistique constituent des défis dans l’organisation ces élections générales. Des millions d’électeurs risquant de ne pas accomplir leur devoir citoyen, en raison notamment de la crise sécuritaire à l’Est et au Nord du deuxième plus vaste pays du continent africain, derrière l’Algérie.

La sécurité a d’ailleurs été l’un des thèmes de la campagne électorale qui s’achève ce lundi.  Elle a été émaillée de violences parfois meurtrières. .

Sadiki Espoir Ndabuye et Joseph Kasongo Tshomba, deux candidats aux législatives membres de l’UDPS – l’Union pour la démocratie et le progrès social, le parti de Tshisekedi, ont été tués entre vendredi et samedi, dans le Sud et le Nord-Kivu.

Human Rights Watch a récemment déclaré avoir documenté des affrontements dans tout le pays entre partisans de partis politiques rivaux, qui ont donné lieu à des agressions, à des violences sexuelles et à au moins un décès.

Le plus jeune des candidats à la présidentielle, Constant Mutamba, 35 ans, dénonçait, à l’entame de la campagne, ‘’l’absence de mesures de sécurité prises en faveur des candidats’’.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a pu déployer le dispositif électronique de vote sur tout le territoire, alors que l’Union africaine a envoyé une équipe de soixante-cinq observateurs.

L’Union européenne, qui avait dans un premier temps envisagé d’envoyer quatre-vingts observateurs électoraux, a finalement réduit ce nombre à huit.

‘’Pour nous le souhait était que l’Union européenne déploie une mission ici en RDC parce que nous avons besoin d’une mission vraiment indépendante, un œil indépendant sur ces élections. Mieux vaut ces huit experts indépendants que zéro observateur indépendant », a réagi le directeur exécutif de l’ONG « la Voix des sans voix », Rostin Manketa.

APS

Guinée : Le bilan de l’incendie à Conakry monte à 11 décès

Le centre-ville de Conakry, capitale guinéenne, a été le théâtre d’une tragédie dévastatrice lundi, avec l’explosion du principal dépôt de carburant du pays, suivie d’un incendie qui a engendré la mort d’au moins onze personnes et causé des blessures graves à 88 autres, selon le directeur technique opérationnel de la protection civile, Jean Traoré.

Lors d’une réunion avec le ministre des Affaires étrangères et des ambassadeurs, Jean Traoré a déclaré : « Les services de secours ont dénombré 11 cas de décès et 88 cas de blessés graves ». Il a souligné que ce bilan n’était que provisoire, car les opérations de prise en charge des victimes étaient encore en cours. Ce nouveau bilan révèle une intensité tragique plus importante que le précédent, qui faisait état d’au moins huit morts.

Incendie dans un dépôt de carburant à Conakry: écoles fermées et travailleurs priés de rester chez eux

Le gouvernement guinéen a annoncé la fermeture des écoles lundi et demandé aux travailleurs de rester chez eux, quelques heures après un incendie dans le principal dépôt de carburant du pays à Conakry, qui a fait des dizaines de blessés selon une source médicale.

« Les travailleurs du secteur public et privé sont invités à rester chez eux », excepté les forces de défense, et « les établissements scolaires publics et privés seront fermés », a annoncé le gouvernement dans un communiqué.

Les stations-service vont rester fermées et « dans les prochaines heures, un bilan d’étape sera communiqué et une enquête sera ouverte pour situer les causes et les responsabilités », dit le communiqué.

L’incendie « d’origine inconnue » s’est déclaré dans la nuit et son « ampleur et ses conséquences pourraient directement impacter les populations », a-t-il dit.

Le sinistre est survenu aux environs de 00H00 au principal dépôt d’hydrocarbures de la société guinéenne de pétrole (publique) à Kaloum, le quartier administratif et des affaires de Conakry.

« Les blessés arrivent par dizaines dans deux des principaux hôpitaux de Conakry, Ignace Deen et Donka », a affirmé à l’AFP le docteur Mamadouba Sylla, un chirurgien qui travaille à l’hôpital de Donka.

Une épaisse fumée avec des flammes rougeâtres s’élevait dans la nuit vers le ciel tandis que des habitants fuyaient la zone où s’est produit l’incendie, selon des images sur les réseaux sociaux.

Des dizaines de véhicules de la protection civile ont été dépêchés sur les lieux, selon des témoins.

« Kaloum est en train de brûler. Le secteur du port est complètement barricadé par les forces de l’ordre et les sapeurs pompiers couraient vers le (lieu) du sinistre », a indiqué à l’AFP un habitant de la zone, joint au téléphone par l’AFP.

« Le courant est complètement coupé dans le secteur », a dit à l’AFP Thierno Diallo, qui s’est présenté en tant que douanier.

Dakaractu

Incarcéré en France : un Sénégalais âgé de 40 ans accusé d’avoir tué son amante

Sénégalais âgé de 40 ans, Cheikh Ahmadou Bamba Faye a été placé en garde à vue mercredi après son face à face avec le parquet de Marseille. ‘’Les Échos’’ qui donne l’information dans sa parution de ce lundi, révèle que ce dernier est accusé d’avoir tué son amante Mélodie Mendes Da Silva. Un témoin a confié aux enquêteurs avoir vu la victime entrer sans contrainte dans un véhicule, le 3 novembre dernier, vers 18h15. C’est la dernière fois que la mère de famille âgée de 34 ans, sera vue en vie, ajoute le journal.

Nos confrères ajoutent que le mis en cause, après avoir contesté les faits, a finalement reconnu avoir tiré à plusieurs reprises sur sa maîtresse. Faye nie toutefois toute intention criminelle préméditée. L’enquête a établi que les deux entretenaient une relation extra-conjugale tumultueuse. Il a fini par conduire les policiers sur la scène de crime où le corps de la victime a été retrouvé

Actusen

Élections en RDC: le matériel électoral sera-t-il déployé à temps dans tout le pays?

Il ne reste plus que trois jours avant les élections pour que la Commission électorale nationale indépendante (Céni), termine d’acheminer le matériel électoral dans ce pays immense et parcouru de conflits armés. L’Ituri, dans l’est du pays, fait partie de ces territoires isolés et en proie à la violence. Pourtant, la Céni l’assure, tout sera prêt mercredi.

Grâce à l’appui logistique de la Monusco, la mission de maintien de la paix des Nations unies, 99% du matériel électoral a été déployé dans les chefs-lieux de territoires de l’Ituri, selon la Céni. Y compris, ceux qui se trouvent sous l’influence de milices communautaires, comme Ndjugu, Mahagi et Aru, rapporte notre envoyée spéciale à Bunia, Gaëlle Laleix.

« Ce sont des milices congolaises et ces miliciens ont le droit de vote. Ils ont accepté que nous procédions à l’enrôlement. Nous avons discuté avec les leaders communautaires, ils ont permis que nous puissions nous déployer pour faire l’enrôlement sans incident. Et ces mêmes miliciens acceptent que nous déployons le matériel pour le vote », explique Jimmy Anga Matadri secrétaire exécutif provincial de la Céni.

Situation plus compexe dans l’ouest de l’Ituri

La situation est moins évidente dans l’ouest de l’Ituri. Le triangle entre Irumu, Mambasa et Oïcha dans le Nord-Kivu, subit les incursions des ADF, une milice venue d’Ouganda qui a prêté allégeance à l’État islamique. « Il y a un sérieux problème là-dessus. Il y a des efforts qui restent à fournir, mais cela relève de la compétence des autorités militaires de la province. Nous avons suivi le discours du gouverneur militaire la semaine passée, il a assuré que dans toutes les zones, les électeurs seront aux urnes le 20 décembre », selon Deogratias Bungamuzi, le président du conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri.

Ici, selon la Monusco, le déploiement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, ainsi que celle de l’Ituri, se poursuit. Entre avril et mai, les moyens de l’ONU avaient déjà transporté 128 tonnes de matériel électoral. Et depuis le 5 décembre, grâce à l’aide de l’aviation de la Monusco, 127 tonnes supplémentaires ont été déployées. Il s’agit notamment des machines à voter et des bulletins de vote.

Avions égyptiens

Afin de pallier les retards, le gouvernement congolais a, de son côté, annoncé dimanche l’arrivée de deux avions de types Hercules C-130 de l’armée égyptienne pour appuyer le déploiement du matériel électoral, détaille notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi. Ces appareils compléteront une flotte composée d’autres moyens de transport des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des hélicoptères de la Monusco.

Les avions, prêtés par l’armée égyptienne, sont reconnus par les experts du gouvernement pour leur polyvalence, leur robustesse, ainsi que leur capacité éprouvée à opérer dans divers environnements, que ce soit dans le cadre d’opérations militaires ou civiles à travers le monde. Leur réputation repose également sur leur aptitude à décoller et atterrir sur des pistes courtes, voire non préparées, ce qui correspond aux conditions du déploiement dans les zones les plus reculées de RDC.

Selon certains experts, deux avions peuvent s’avérer insuffisants, mais le gouvernement l’assure : d’autres moyens aériens de l’armée congolaise seront également mobilisés. Cependant, aucun détail supplémentaire n’a été fourni à ce sujet. En ce qui concerne les autres provinces, la mission onusienne indique qu’elle continue d’échanger avec la Céni pour préciser les besoins spécifiques et les destinations finales des équipements électoraux.

Les Tchadiens appelés aux urnes pour le référendum constitutionnel

Plus de 8,2 millions d’électeurs sont appelés à se prononcer ce dimanche lors d’un référendum sur le projet de nouvelle Constitution basé sur un état unitaire décentralisé, en vue de départager une classe politique et une société profondément divisée entre unitaristes et fédéralistes. 22 726 bureaux sont ouverts toute la journée pour ce scrutin durant lequel le oui est quasiment assuré de l’emporter.

D’un côté, il y a la coalition du oui, dirigée par le Premier ministre de transition, Saleh Kebzabo en personne. Elle a ratissé large. La quasi-totalité du gouvernement de transition, 216 partis politiques, une multitude d’associations et de chefs traditionnels en font partie et elle a mené sa campagne référendaire avec de très gros moyens.

En face de ce rouleau compresseur, les partisans d’un État fédéral se sont émiettés au fil du temps entre ceux qui appellent à voter non et ceux qui prônent le boycott d’un scrutin qu’ils jugent totalement biaisé. Enfin, le ralliement au camp du oui de Succès Masra, l’un des principaux opposants tchadiens, a fini par les rendre pratiquement inaudibles.

Dans ces conditions, la victoire du oui à un « État unitaire et décentralisé » lors du vote qui a lieu ce dimanche ne fait quasiment aucun doute dans les deux camps

« Du déjà-vu »

Tout le monde va donc scruter attentivement le taux de participation à ce scrutin, d’autant plus que la coalition du oui a placé la barre très haut. Elle a dit viser une victoire à plus de 80% des voix.

De son côté, l’opposition a multiplié ces derniers jours les appels à la mobilisation pour le non ou le boycott du scrutin. Elle espère un taux participation bas et une victoire étriquée du oui pour « délégitimer la dynastie des Idriss Deby qu’on veut nous imposer ».  

Même si le texte présenté lors de ce référendum constitutionnel est basé sur un État unitaire, il sera « fortement » décentralisé, assure le pouvoir de transition. « C’est du déjà-vu », assurent plusieurs spécialistes qui pointent les ressemblances avec la Constitution de 1996. Le nouveau texte reprend, selon le constitutionnaliste tchadien Ousmane Houzibé, l’essentiel des dispositions de la Constitution de 1996, considérée sur le papier comme l’une des meilleures que le Tchad a eues, même si en réalité, elle n’a jamais été mise en application.

C’est « une réactualisation de l’ancienne constitution », insiste le professeur, en pointant notamment la réhabilitation du Sénat ou de la Haute Cour de justice, entre autres.

Autre innovation: l’âge minimum pour être candidat à la présidentielle a été ramené de 45 ans, un article introduit en 2018 pour barrer la route à la candidature de l’opposant Succès Masra, à 35 ans.

Dialogue national

La nouvelle Constitution perpétue donc l’état unitaire décentralisé, le seul capable d’empêcher le « chaos » et le « séparatisme » de s’installer dans le pays, selon les unionistes. Alors que les fédéralistes dénoncent un texte qui vient acter « une dévolution dynastique du pouvoir ».

Un enseignant rencontré dans les rues de Ndjamena semblait plutôt désabusé. « Le problème, c’est que cette constitution ou une autre ne sera jamais respectée quel que soit l’issue du vote, comme cela a toujours été le cas depuis l’indépendance du Tchad », regrette-t-il. Une inquiétude qui avait été reprise par l’ensemble de la classe politique tchadienne et qui a été inscrite noire sur blanc dans les conclusions du dialogue national inclusif et souverain, censée mettre le Tchad sur les rails de la démocratie

L’otage sud-africain Gerco van Deventer, retenu au Mali, a été libéré après six ans de captivité

Gerco van Deventer avait été capturé en Libye en novembre 2017 puis vendu au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et transféré au Mali où il avait partagé une partie de sa captivité avec l’otage français Olivier Dubois. Il a été libéré samedi 16 décembre et transmis aux autorités algériennes à la frontière avec le Mali, selon la fondation sud-africaine Gift of the Givers, qui sert de médiatrice depuis 2018.

L’otage sud-africain Gerco van Deventer va pouvoir passer Noël en famille. Il a été libéré samedi 16 décembre et transmis aux autorités algériennes à la frontière avec le Mali, selon la fondation sud-africaine Gift of the Givers qui sert de médiatrice depuis 2018. Selon elle, aucune rançon n’a été payée, rapporte notre correspondant à Johannesburg, Romain Chanson. La famille n’avait pas les moyens de payer la rançon initiale de trois millions de dollars, passée à 500 000 dollars et qui serait tombée à zéro. 

La fondation dit avoir reçu un appel d’un Mauritanien, le 5 décembre, qui aurait expliqué travailler à la libération de Gerco van Deventer. C’est finalement via l’Algérie que le Sud-Africain a été libéré et conduit à l’hôpital pour passer des examens de santé. Gerco van Deventer avait été blessé par balle au bras gauche durant sa détention.

Six ans de détention

La libération de Gerco van Deventer met fin à plus de six ans de détention. Cet ambulancier sud-africain avait été kidnappé le 3 novembre 2017 dans le sud de la Libye avant d’être vendu au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à al-Qaïda, et transféré dans le nord du Mali.

Le journaliste français Olivier Dubois, libéré le 20 mars 2023, avait indiqué avoir passé un peu plus d’un an et demi de captivité avec Gerco van Deventer dans le désert malien. Ce père de trois enfants va enfin pouvoir retrouver sa famille, sa femme Shereen qui continuait à médiatiser son cas, parfois dans une relative indifférence.

Contactée par RFI, la femme de Gerco van Deventer, Shereen, dit toujours attendre une preuve concrète de sa libération. Côté sud-africain, les autorités n’ont pas encore réagi malgré nos multiples relances.

Italie :  Le Gouvernement de l’extrême droite a besoin 452 000 migrants…

Les Africains, notamment notamment les Subsahariens, ne devraient plus mourir dans la Méditerranée en tentant de rallier Lampedusa…. Le gouvernement de Giorgia Meloni a révélé la recette miracle.  Il a décidé de faire entrer 452 000 travailleurs étrangers d’ici 2025 en Italie.

Coup de théâtre ! Fin des drames humains, pourrait-on dire si cette initiative de faire débarquer légalement dans la Botte de l’Europe des milliers de migrants est mise en œuvre.

Élus sur la promesse de combattre l’immigration, Giorgia Meloni et son gouvernement ont fait un revirement migratoire, annonçant la rentrée de 452 000 travailleurs étrangers d’ici 2025 en Italie.

Pourtant, rapporte francetvinfo.fr, la Patronne de l’extrême droite italienne promettait, à chaque meeting, de bloquer l’immigration. Mais, le vieillissement de la population italienne a lourdement pesé sur la balance.

Un an après son élection, son gouvernement autorise pourtant ces quotas d’immigration légale, les plus importants depuis douze ans.

L’idée  est d’accueillir les migrants sur trois ans, avait été lancée en septembre dernier par le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani.

Ainsi, 452 mille migrants pourront débarquer en Italie de manière tout à fait légale, dans le cadre du décret Flussi, rapporte l’Agence de presse italienne Nova.

Les secteurs concernés sont l’agriculture, la restauration et la pêche notamment. Des corps de métier en tension qui ne trouvent plus de main-d’œuvre à cause du vieillissement de la population italienne.

Senego

Union européenne: une législation pour protéger les journalistes et les médias

Le Parlement européen, la Commission et les vingt-sept États membres de l’Union européenne (UE) ont trouvé un accord, ce vendredi 15 décembre, après des mois de tractations pour une législation qui protège les médias et les journalistes. Devant la multiplication des atteintes à la liberté de la presse y compris en Europe, l’Union européenne met en place des garde-fous destinés à sauvegarder la liberté des médias, le pluralisme et l’indépendance éditoriale.

Les tractations entre le Parlement et les vingt-sept capitales auront été rudes jusqu’à la fin car plusieurs État membres de l’Union européenne (UE) – dont la France et l’Italie – voulaient des exceptions au nom de leur droit à sauvegarder leur sécurité nationale. Selon les négociateurs du Parlement, une des grandes qualités de ce règlement européen est de repousser ce qui permettrait aux États de justifier l’espionnage des journalistes et des médias.

« Crimes graves »

Pour Sabine Verheyen, députée européenne, « il est important de voir que les États membres ont le devoir de protéger leur sécurité nationale, mais cela ne doit pas être au centre de leurs actions contre les journalistes, seulement si c’est vraiment nécessaire. Nous avons mis en place des obstacles et des charges énormes pour les États membres avant qu’ils puissent le faire. Non seulement cela nécessite la décision préalable d’un juge, mais il doit s’agir de crimes graves et non d’un fourre-tout pour ce qu’ils voudraient appeler « sécurité nationale ». »

Règles pour les médias publics

Outre la limitation de la surveillance par les autorités comme l’interdiction des logiciels espions, le règlement prévoit aussi des règles pour les médias publics, leur financement et la nomination de leurs dirigeants afin d’éviter une interférence politique voire une mainmise comme en Hongrie. Ce règlement prévoit aussi la protection des sources, la transparence sur les propriétaires des médias.

Rfi

Golfe : Le prince héritier Cheikh Mechaal désigné nouvel émir du Koweït

Le prince héritier du Koweït, Cheikh Mechaal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, âgé de 83 ans, a été désigné nouvel émir du pays le samedi suivant le décès de son prédécesseur, Cheikh Nawaf, comme annoncé par la télévision d’État.

L’émir du Koweït, Cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah, est décédé samedi à l’âge de 86 ans, selon un communiqué du Palais. Son mandat de trois ans a été marqué par des tensions politiques récurrentes à la tête de ce pays du Golfe, riche en pétrole. « Nous sommes profondément attristés par le décès de Cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah, émir de l’État du Koweït », a rapporté un communiqué diffusé par la télévision d’État koweïtienne, interrompant ses programmes pour diffuser des versets du Coran.

En novembre, Cheikh Nawaf avait été hospitalisé en raison d’une urgence de santé, selon l’agence de presse officielle KUNA, sans détails précis sur sa maladie. Étant donné son âge, sa santé avait souvent été une préoccupation pendant son mandat. Son état était alors considéré comme stable. Le Koweït, riche État pétrolier du Golfe, traverse depuis plusieurs années une crise profonde opposant les pouvoirs exécutif et législatif, compromettant les espoirs de réformes. Le prince héritier actuel, Mechaal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, demi-frère de l’émir, a 83 ans. La question actuelle est de savoir si la famille royale optera pour un dirigeant plus jeune.

Le décès de Cheikh Nawaf et l’âge avancé de son successeur suscitent des incertitudes dans un pays marqué par des divisions internes au sein de la famille Al-Sabah, certains membres accusant d’autres de corruption ou de conspiration. La Constitution koweïtienne stipule que le souverain doit être un descendant du fondateur de la nation, Moubarak Al-Sabah. Cependant, une tradition d’alternance entre les branches familiales des Salem et des Jaber a longtemps prévalu. L’ancien émir, Cheikh Sabah, de la branche des Jaber, avait rompu avec cette tradition en nommant comme prince héritier Cheikh Nawaf, un autre Jaber, écartant ainsi la branche des Salem.

Le Koweït, pays conservateur où les postes de souveraineté sont concentrés au sein de la famille Al-Sabah, abrite pourtant le Parlement le plus actif et le plus puissant du Golfe. Malgré ses réserves pétrolières considérables, le Koweït, confronté à une instabilité politique, peine à progresser dans les réformes et le développement des infrastructures, à l’instar de ses voisins plus politiquement verrouillés, notamment le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Le conflit récurrent entre l’exécutif et les parlementaires a engendré une succession de changements de gouvernement et la dissolution du Parlement à de multiples reprises ces dernières années.

Senenews

L’émir du Koweït Cheikh Nawaf est mort à l’âge de 86 ans

L’émir du Koweït, Cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah, est décédé samedi à l’âge de 86 ans, a annoncé le Palais, après un mandat de trois ans marqué par des conflits politiques à répétition à la tête de ce pays du Golfe riche en pétrole.
« Avec une grande tristesse, nous pleurons la mort de Cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah, émir de l’Etat du Koweït », selon un communiqué diffusé par la télévision d’Etat koweïtienne, qui avait auparavant interrompu ses programmes et diffusé des versets du Coran.
En novembre, cheikh Nawaf avait été admis à l’hôpital « en raison d’un problème de santé urgent », selon l’agence de presse officielle KUNA, qui n’a pas donné de détails sur sa maladie.
Il a ensuite été déclaré dans un état stable. Compte tenu de son âge, sa santé a souvent été une préoccupation pendant son mandat.
Cheikh Nawaf a été nommé prince héritier en 2006 par son demi-frère, Cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, et a pris la relève en tant qu’émir à sa mort de ce dernier en septembre 2020.
Riche Etat pétrolier du Golfe, le Koweït est plongé depuis plusieurs années dans une profonde crise entre les pouvoirs exécutif et législatif, qui sape les espoirs de réformes.
L’actuel prince héritier, Mechaal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, demi-frère de l’émir, est âgé de 83 ans, et la question qui se pose désormais est de savoir si la famille princière va choisir un dirigeant plus jeune.
La disparition de cheikh Nawaf et l’âge avancé de son successeur augmentent les incertitudes dans un pays secoué par les divisions au sein même de la famille des Al-Sabah, dont certains membres accusent d’autres de corruption ou de conspiration.
La Constitution du Koweït énonce que le souverain doit être un descendant du fondateur de la nation, Moubarak Al-Sabah. Mais une tradition d’alternance entre les branches familiales des Salem et des Jaber a longtemps été observée.
L’ancien émir, cheikh Sabah, de la branche des Jaber, a mis fin à cette tradition en nommant comme prince héritier cheikh Nawaf, un autre Jaber, mettant ainsi à l’écart la branche des Salem.
– Bras de fer entre exécutif et législatif –
Le Koweït, pays conservateur où les postes de souveraineté sont concentrés entre les mains de la famille Al-Sabah, abrite néanmoins le Parlement le plus actif et le plus puissant du Golfe.
Doté de réserves en pétrole parmi les plus importantes au monde, le Koweït est un Etat extrêmement riche où l’instabilité a ralenti les réformes et le développement des infrastructures, comme celles à l’oeuvre chez ses voisins, bien plus verrouillés politiquement, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis en tête.
Le bras de fer permanent entre l’exécutif et les parlementaires a abouti à une valse de gouvernements et à la dissolution de l’Assemblée à de nombreuses reprises ces dix dernières années.
Début avril, la petite monarchie a formé son septième gouvernement en trois ans. Mais, quelques jours plus tard, l’émir du Koweït a dissous le Parlement et convoqué de nouvelles législatives.
L’émir Nawaf al-Ahmad Al-Sabah est resté habituellement en retrait de la vie politique au profit du prince héritier, Cheikh Mechaal.
Les 4,5 millions d’habitants de ce petit pays se plaignent régulièrement de la détérioration des infrastructures et des services publics dans le pays, l’un des principaux exportateurs de pétrole au monde et qui détient près de 7% des réserves mondiales de pétrole.

APS

Youcef Atal jugé lundi pour provocation à la haine

Youcef Atal, joueur de l’OGC Nice, est convoqué lundi devant les juges pour provocation à la haine pour avoir partagé une vidéo appelant à un « jour noir » pour les juifs, après l’attaque sanglante du Hamas et le début des bombardements d’Israël sur Gaza.
Son nom a déjà résonné vendredi dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Nice, où son ancien entraîneur Christophe Galtier était jugé pour harcèlement et discriminations, principalement contre les musulmans de l’équipe.
Mais lundi, à partir de 13h30, le défenseur international algérien de 27 ans ne sera plus témoin mais prévenu. Côté parties civiles, la Licra (Ligue Internationale contre le racisme et l’antisémitisme) et l’Observatoire juif de France.
Quelques jours après l’attaque sans précédent lancée par le Hamas en Israël le 7 octobre et le début des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, et alors qu’il était en Algérie avec l’équipe nationale des « Fennecs », Youcef Atal avait partagé à ses 3,2 millions d’abonnés sur Instagram la vidéo à deux visages d’un prédicateur, Mahmoud Al Hasanat.
Dans les premiers extraits, que l’AFP a pu visionner, le prédicateur, ému aux larmes, évoque le sort des enfants de Gaza. Puis, dans un dernier extrait, il appelle Dieu à envoyer « un jour noir sur les juifs » et à « accompagner la main » des habitants de Gaza s’ils « jettent la pierre », selon le parquet.
Plusieurs responsables politiques avaient aussitôt dénoncé cette publication et le joueur l’avait rapidement supprimée en présentant des excuses. Mais, saisi par le préfet et le maire de Nice, le procureur de la République, Damien Martinelli, avait ouvert une enquête préliminaire le 16 octobre.
Au départ, elle visait aussi le chef d’apologie du terrorisme. Après examen de la vidéo et à l’issue d’une audition du joueur, placé en garde à vue les 23 et 24 novembre, la justice n’avait finalement retenu que la provocation à la haine à raison de la religion.
Depuis Atal est sous contrôle judiciaire, avec une caution de 80.000 euros et une interdiction de quitter le territoire national, sauf pour des motifs liés à son activité de footballeur professionnel.

– Transfert en Turquie ? –
Mais cette activité est pour l’instant réduite. Dès le début du scandale, « compte tenu de la nature de la publication partagée et de sa gravité », Nice a en effet suspendu son joueur « jusqu’à nouvel ordre » .
La commission de discipline de la Ligue de football professionnel avait ensuite formalisé la sanction en infligeant à Atal sept matches de suspension, qui s’achèveront après la réception de Lens mercredi lors de la 17e journée de Ligue 1.
Théoriquement, Atal pourrait donc retrouver le maillot niçois le 6 janvier pour le match de Coupe de France contre Auxerre.
Son entraîneur Francesco Farioli a laissé entendre en conférence de presse que c’était possible, mais le club semble vouloir profiter du mercato d’hiver pour se débarrasser de cette nouvelle épine dans le pied. Des clubs turcs seraient intéressés.
Atal garde en effet du crédit hors de France: il était titulaire avec l’équipe d’Algérie en octobre et encore pour les deux matches de qualification au Mondial disputés en novembre.
Plusieurs de ses coéquipiers en sélection lui ont d’ailleurs apporté leur soutien, rappelant ses excuses et assurant qu’il n’avait pas regardé la vidéo jusqu’à la fin avant de la répercuter.
Originaire de la région de Tizi-Ouzou, en Kabylie (Algérie), Youcef Atal a joué dans plusieurs clubs d’Alger avant de partir en 2017, à 21 ans, pour Courtrai (Belgique), puis de s’installer à Nice à l’été 2018.
Défenseur latéral droit rapide et offensif, il est un élément important de l’équipe de Nice, malgré des blessures récurrentes qui l’ont empêché de se montrer régulier au plus haut niveau.
Lors de l’enquête sur les soupçons de discrimination de Galtier contre les musulmans pendant la saison 2021/2022, il a rapporté comme d’autres joueurs quelques bruits de couloirs, tout en estimant ne pas avoir été privé de temps de jeu en raison de sa religion.

APS

Côte d’Ivoire: la justice suspend «in extremis» le congrès du parti d’opposition PDCI

En Côte d’Ivoire, alors que le congrès du PDCI devait se dérouler samedi 16 décembre, sa tenue a été suspendue in extremis par une ordonnance en référé du tribunal de Grande instance d’Abidjan (TGI). Le parti espérait désigner le successeur de l’ex-président Henri Konan Bédié décédé le 1er aout, et qui a dirigé le parti pendant près de 30 ans.

Selon cette décision que RFI a pu consulter, deux militants du PDCI ont déposé un recours en justice contre la tenue de ce congrès extraordinaire du parti d’opposition. Ces militants font état de plusieurs griefs contre l’organisation du congrès. Il devait permettre de choisir un nouveau président au Parti pour succéder à Henri Konan Bédié.

Tractations

Après tractations, le congrès devait dégager un consensus entre les deux principaux choix de leader : le financier Tidjiane Thiam et le maire de Cocody Jean-Marc Yacé.

Les militants à l’origine du recours en justice jugent son organisation opaque et estiment surtout que le secrétaire exécutif du parti et député Maurice Kakou Guikahué a été injustement écarté de la course à la présidence du PDCI alors qu’il remplissait les critères de candidature.

Confusion

Le TGI d’Abidjan a jugé le recours recevable, estimant que « les irrégularités dénoncées » risquent de « compromettre l’élection du nouveau président du PDCI » voire « d’engendrer des troubles à l’ordre public », cette requête et prononce la suspension du congrès et son report.

La confusion régnait samedi matin à l’aube chez les cadres du PDCI : beaucoup n’étaient pas au courant de cette ordonnance en référé du tribunal de Grande instance d’Abidjan, prise vendredi soir.

Rfi

Lancement d’un guide opératoire pour l’accompagnement des enfants victimes de violences sexuelles

La Direction de la protection judiciaire et sociale (DPJS) et ses
partenaires ont procédé, ce vendredi, au lancement du guide opératoire dont le but est
d’accompagner les enfants victimes de violences sexuelles au Sénégal, a appris l’APS.

 ‘’Ce guide opératoire vise à renforcer le système de référencement et à préparer les
enfants à l’autoprotection et à la protection de leurs pairs face aux situations et risques
de violence’’, a déclaré le magistrat, Directeur de la protection judiciaire et sociale
(DPJS) au ministère de la Justice, Amadou Ndiaye.

S’exprimant au cours de l’atelier de lancement, le représentant du ministre de la Justice
a souligné que ‘’le projet, dans ses articulations stratégiques, s’adresse aux acteurs
institutionnels et prévoit de renforcer leurs compétences en vue d’une prise en charge
de qualité des enfants victimes de violences’’.

Ce guide vient  « clarifier les rôles et les responsabilités des acteurs de la justice,
notamment les magistrats et les éducateurs spécialisés sur l’accompagnement des
enfants victimes de violences sexuelles’’.

‘’Ce document qui s’aligne avec la législation en vigueur, permet de doter les services de
la justice d’un référentiel d’intervention pour accompagner et assurer une continuité au
sein des services pour les enfants victimes de violences (…) », a déclaré Amadou Ndiaye.

Le Directeur a également souligné que ‘’le processus d’élaboration de ce document a été
effectué avec l’implication de tous les acteurs concernés notamment ceux de la justice,
dans un cadre purement participatif’’.

Cela a permis, selon lui, de faire ressortir les bonnes pratiques ainsi que les
manquements dans l’accompagnement des enfants victimes de violences sexuelles.

Cette démarche permet aussi de ‘’bonifier les pratiques pour une meilleure prise en
compte des droits et des besoins spécifiques des enfants victimes’’.

Le représentant de l’UNICEF, Emmanuel Michot, s’est réjoui du résultat du travail
effectué dans le cadre de ce projet.

‘’On est content d’avoir ce mode opératoire notamment parce que ça concerne le
secteur de la justice qui est un secteur clé dans la prise en charge des enfants victimes
de violence’’, a-t-il dit.

M. Michot souligne que ce guide permet d’avoir ‘’quelque chose d’intégral avec de
nombreux outils qui vont aider à renforcer la capacité des services pour offrir une prise
en charge adéquate aux besoins des enfants victimes de violence dans le long terme’’.

Selon lui, ‘’il y a dans le cadre de ce projet avec des tranches de formation initiales et
spécialisées au niveau du secteur de la justice mais aussi au niveau des autres
secteurs’’.

La Directrice adjointe des opérations de l’organisation  »Affaires mondiales Canada »,
Claude Landry, par ailleurs, directrice adjointe des opérations s’est réjouie de
‘’l’engagement de l’Etat du Sénégal à matérialiser ses obligations pour un Sénégal digne
de ses enfants en leur offrant précisément un environnement protecteur garantissant
leur épanouissement’’.

‘’A travers ce projet, le Canada réaffirme sa disponibilité à appuyer le gouvernement du
Sénégal et à soutenir les efforts nationaux afin de renforcer son rôle dans la protection
des filles et des garçons contre toute forme de violence et d’abus’’, a soutenu
la conseillère à l’ambassade du Canada au Sénégal.

Felipe Juarès, représentant pays du bureau international des droits des enfants (IBCR)
au Sénégal , a rappelé l’importance de la collaboration avec les différents services
concernés.

Il a remercié particulièrement les bailleurs de fonds, dont l’UNICEF et Affaires mondiales
Canada, pour ‘’leur implication et leur engagement pour la défense de la promotion des
droits de l’enfant’’.

Dakartimes

UTILISATION DE LA CIGARETTE ELECTRONIQUE PAR LES ENFANTS: L’OMS alerte…

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une action urgente est nécessaire pour
encadrer les cigarettes électroniques afin de protéger les enfants et les non-fumeurs et de
réduire au minimum les effets néfastes sur la santé de la population. La cigarette électronique,
en tant que produit de consommation courante, ne s’est pas révélée efficace pour aider les
fumeurs à arrêter de fumer. Au contraire, des données alarmantes prouvent son effet néfaste
sur la santé de la population.
A en croire l’agence onusienne, les cigarettes électroniques ont été autorisées et mises sur le
marché, et bénéficient d’un marketing agressif auprès des jeunes. À l’heure actuelle, 34 pays
interdisent la vente de cigarettes électroniques, 88 pays n’ont pas instauré d’âge minimum
pour l’achat de cigarettes électroniques et 74 pays n’ont pas adopté de réglementation pour
ces produits nocifs.
« Les enfants sont sollicités et piégés dès leur plus jeune âge pour qu’ils utilisent des
cigarettes électroniques et ils risquent de devenir dépendants à la nicotine, estime le
D r  Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. Je demande instamment aux
pays de mettre en œuvre des mesures strictes pour dissuader leur population d’utiliser ces
dispositifs afin de protéger leurs citoyens, en particulier les enfants et les jeunes. »

De plus, l’OMS souligne que les cigarettes électroniques contenant de la nicotine créent une
forte dépendance et sont nocives pour la santé. Même si leurs effets à long terme sur la santé
ne sont pas encore totalement connus, il a été établi que les substances toxiques qu’elles
génèrent peuvent provoquer des cancers et augmenter le risque de problèmes cardiaques et
pulmonaires. L’utilisation de cigarettes électroniques peut également affecter le
développement du cerveau et entraîner des troubles de l’apprentissage chez les jeunes. Chez
la femme enceinte, l’exposition à la cigarette électronique peut nuire au développement du
fœtus. Les cigarettes électroniques présentent aussi des risques pour les personnes exposées à
leurs émissions.
« Les cigarettes électroniques ciblent les enfants par le biais des médias sociaux et des
influenceurs, en proposant au moins 16 000 arômes. Certains de ces produits ont recours à
des personnages de dessins animés et affichent un design élégant, qui séduit la jeune
génération. On observe une augmentation alarmante de l’utilisation de la cigarette
électronique chez les enfants et les jeunes, avec des chiffres supérieurs à ceux des adultes
dans de nombreux pays », affirme le D r  Ruediger Krech, Directeur du Département
Promotion de la santé à l’OMS.
Dans toutes les régions de l’OMS, les enfants de 13 à 15 ans sont plus nombreux que les
adultes à utiliser des cigarettes électroniques à une fréquence élevée. Par exemple, au Canada,
l’utilisation de la cigarette électronique chez les jeunes de 16 à 19 ans a été multipliée par
deux entre 2017 et 2022, et en Angleterre (Royaume-Uni), le nombre de jeunes utilisateurs a
triplé au cours des trois dernières années.
Même une brève exposition à du contenu présentant des cigarettes électroniques sur les
médias sociaux peut être associée à une intention accrue d’utiliser ces produits, ainsi qu’à des
attitudes plus positives à l’égard de la cigarette électronique. Toutes les études montrent que
les jeunes qui utilisent des cigarettes électroniques sont presque trois fois plus susceptibles de
consommer des cigarettes plus tard dans leur vie.

… prône une action urgente pour protéger les enfants

Pour l’OMS, il faut agir de toute urgence pour prévenir l’adoption des cigarettes
électroniques et contrer la dépendance à la nicotine, tout en abordant la lutte contre le
tabagisme de façon globale et en tenant compte des circonstances de chaque pays.
Dans ses recommandations, l’OMS estime que lorsque les pays interdisent la vente de
cigarettes électroniques, renforcer la mise en œuvre de l’interdiction et poursuivre le suivi et
la surveillance afin d’appuyer les interventions de santé publique et de garantir une
application rigoureuse.
L’OMS souligne aussi que lorsque les pays autorisent la commercialisation (vente,
importation, distribution et fabrication) des cigarettes électroniques en tant que produits de
consommation courante, veiller à ce qu’une réglementation stricte soit mise en place afin de
réduire leur attrait et leur nocivité pour la population, notamment en interdisant tous les

arômes, en limitant la concentration et la qualité de la nicotine et en les soumettant à des
taxes.
L’agence onusienne indique que les stratégies en matière de sevrage doivent se fonder sur les
meilleures preuves d’efficacité disponibles, de manière à aller de pair avec d’autres mesures
de lutte anti-tabac, et elles doivent faire l’objet d’un suivi et d’une évaluation. Au regard des
éléments dont nous disposons actuellement, il n’est pas recommandé que les pouvoirs publics
autorisent la vente de cigarettes électroniques comme produits de consommation visant un
objectif de sevrage.
A en croire, l’OMS, toute autorité publique qui appliquerait une stratégie de sevrage reposant
sur le recours aux cigarettes électroniques doit contrôler les conditions dans lesquelles ces
produits sont disponibles et réglementer ces derniers comme des médicaments (notamment en
exigeant une autorisation de commercialisation comme médicaments). Cette décision de viser
un objectif de sevrage, même sous une forme contrôlée, ne devrait être prise qu’après avoir
examiné la situation du pays, de même que le risque d’adoption, et après avoir épuisé toutes
les autres stratégies de sevrage qui ont fait leurs preuves.
Pour l’OMS, l’industrie du tabac tire profit de la destruction de la santé et utilise ces
nouveaux produits pour obtenir une place à la table des décideurs aux côtés des
gouvernements afin de faire pression contre les politiques de santé. L’OMS est préoccupée
par le fait que l’industrie du tabac finance et encourage l’utilisation de fausses preuves pour
affirmer que ces produits réduisent les risques, tout en faisant une promotion intensive de ces
produits auprès des enfants et des non-fumeurs et en continuant à vendre des milliards de
cigarettes.
Enfin, l’OMS note que des mesures énergiques et décisives pour empêcher l’adoption de la
cigarette électronique sont nécessaires, en se fondant sur les preuves de plus en plus
nombreuses de son utilisation par les enfants et les adolescents et de ses effets néfastes sur la
santé, en tenant compte de la situation nationale.

40 ANS DE LUTTE CONTRE LE VIH EN AFRIQUE: De la tragédie à l’espérance

La commémoration des 40 ans de la découverte du virus d’immunodéficience
humaine (VIH) invite à jeter un regard rétrospectif sur quatre décennies de lutte
contre ce fléau dans l’Afrique au sud du Sahara. Cette région a payé le plus lourd
tribut à la pandémie.
Au début des années 2000, les trois quarts des adultes mourant du sida et 80 % des
enfants vivant avec le VIH étaient des Africains. La création en 2001-2002
du Fonds mondial, à l’initiative du secrétaire général de l’ONU, le Ghanéen Kofi
Annan, va contribuer à l’accès universel au traitement et à désamorcer la bombe du
sida. Lors du lancement officiel du Fonds mondial à New York en 2001, moins de
1 % des patients africains ont accès aux traitements. À cette époque où des
chercheurs militants parlent de « crime contre l’humanité » pour dénoncer l’apathie
de la communauté internationale face à la pandémie, la naissance du Fonds
inaugure une réponse d’envergure au niveau mondial.

Aujourd’hui, l’Afrique subsaharienne abrite 65 % du nombre total de personnes
vivant avec le VIH dans le monde, soit 25,6 millions d’individus sur 39 millions.
Le continent a également connu des progrès non négligeables en matière d’accès
au traitement : les trois quarts des personnes vivant avec le VIH en Afrique
subsaharienne suivent désormais un traitement antirétroviral.
Au cœur des drames causés par la maladie dite du syndrome d’immunodéficience
acquise (sida), l’Afrique subsaharienne a aussi contribué à faire avancer la
connaissance et à générer des mobilisations collectives inédites, associatives et
politiques, certains de ses médecins et chercheurs ayant mené leurs combats
jusqu’au sommet des programmes internationaux. La lutte contre le sida en
Afrique représente un combat global, transnational, auquel ont significativement
contribué quelques personnalités parfois insuffisamment connues.
Premières années : le tout-prévention
Le virus d’immunodéficience humaine est officiellement découvert en 1983 par
une équipe de l’Institut Pasteur (pour cela, Françoise Barré-Senoussi et Luc
Montagnier seront récompensés par le prix Nobel de médecine 25 ans plus
tard, après moult controverses). Initialement diagnostiqué en France et aux États-
Unis dans les milieux gays, le VIH va se propager et devenir une pandémie.
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L’Afrique subsaharienne va vite devenir la région du monde la plus touchée par
cette maladie. La mise à disposition du test diagnostique Elisa intervient en 1985 et
la majorité des pays peut déclarer officiellement les premiers cas de sida. Pour
autant, quelques cas sont détectés avant la généralisation du test Elisa grâce à des
réseaux d’instituts de recherche, notamment la présence d’antennes américaines du
Center for Disease Control (CDC) dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, au
Sénégal et en Côte d’Ivoire par exemple. Les premiers cas sont également
diagnostiqués au sein de la communauté homosexuelle en Afrique du Sud. Des
ONG vont aussi permettre de diagnostiquer des cas de sida, comme la Croix-
Rouge dans l’ex-Zaïre.
Des médecins travaillant sur les maladies infectieuses dans les hôpitaux des
grandes villes africaines seront les précurseurs de la lutte contre le sida dans leurs
pays, en mettant en place des comités de suivi ou des ersatz de veille
épidémiologique, avec ou sans l’aide de partenaires internationaux, suivant les
concours de circonstances. Ils deviendront des fers de lance officiels de la riposte
au sida dans leurs pays lorsque l’OMS mettra en place le premier programme
mondial de lutte contre le sida, le Global Programme on AIDS (GPA), en 1986.
Sous la direction d’un professeur de santé publique de l’Université de Harvard,
Jonathan Mann, le GPA va inciter à la mise en place des Programmes nationaux de

lutte contre le sida (PNLS) en Afrique. Le Sénégal en Afrique de l’Ouest et
l’Ouganda en Afrique australe seront parmi les premiers pays à mettre en place ces
PNLS, dès 1986. Ils vont également illustrer, de manière différente, le rôle du
leadership politique et le lien entre les sommets des États et les associations.
En l’absence de traitements efficaces et du fait des moyens modiques affectés à la
riposte dans cette première décennie des années sida, les PNLS vont être tournés
vers le « toute prévention ». La thématique des « populations à risque » va orienter
le ciblage des campagnes de prévention : les « prostituées », rebaptisées plus tard
« les professionnelles du sexe » ; les transporteurs par car, réputés comme étant
vulnérables au « risque sida » du fait de leur surexposition aux relations sexuelles
non protégées ; et plus largement « les jeunes ».
Après une petite période de relativisation ou de déni politique de la maladie, les
slogans vont passer à la vitesse supérieure dès la fin des années 1980. Ils mettent
alors en avant la lutte contre « le vagabondage sexuel » et s’accompagnent de
discours catastrophistes. Les campagnes de prévention affichent des images de
malades du sida en phase terminale accompagnées du message abrupt : « Le sida
tue. » Ces pratiques vont se heurter à la réalité cognitive des représentations des
plus jeunes : personne ne s’infecte avec des malades squelettiques en phase
terminale.
Les précurseurs africains évoqués plus haut vont avoir un rôle pionnier et des
carrières connectées aux réseaux internationaux, entre hasard et nécessité.
L’histoire du jeune docteur Pierre M’Pelé est aussi emblématique qu’elle est peu
connue au-delà des spécialistes.
Pierre M’Pelé du Congo-Brazzaville, au cœur du combat
initial
Après des études de médecine à la faculté des sciences de la santé de Brazzaville,
en République du Congo, Pierre M’Pelé poursuit sa formation à Paris, dans un
service de maladies infectieuses et de médecine tropicale. Au sein de l’Hôpital de
la Salpêtrière à Paris, il intègre le département de médecine tropicale et de santé
publique au moment même où apparaissent les premiers cas de sida en France.

Sous la direction du professeur Marc Gentilini, il sera confronté à cette
« nouvelle » maladie qui ne faisait partie ni de son projet de formation ni des
activités de ce service. Il va donc vite découvrir l’expérience de la prise en charge
du VIH/sida en même temps que ses pairs médecins, notamment les docteurs Willy
Rozenbaum et Jean-Claude Chermann et leur patron Marc Gentilini.
C’est à partir d’un prélèvement effectué par Willy Rozenbaum sur le ganglion d’un
patient que Françoise Barré-Senoussi va isoler ce qui sera désigné comme étant le
VIH. Pierre M’Pelé est présent dans l’équipe, avec laquelle il travaille au
quotidien. Dans un ouvrage publié en 2019, il revient sur l’histoire de la
découverte du VIH :
« C’est Willy qui orienta les biologistes de l’Institut Pasteur à la recherche
étiologique d’origine virale de la maladie chez BRU, les trois premières lettres de
ce jeune malade français, fébrile, épuisé mais sympathique, admis dans le service
depuis quelques semaines et dont le ganglion adressé à l’équipe du Pr Luc
Montagnier permettra la découverte en 1983 du rétrovirus “LAV-BRU”
responsable du sida. Bru mourut en 1988 […]. »
Au-delà du cycle de la découverte du VIH, le docteur M’Pelé effectuera une autre
découverte dont sa paternité est connue et peu reconnue en tant que telle.
Il commence à distinguer des symptômes spécifiques aux patients originaires
d’Afrique, précisément du Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) et
du Congo-Brazzaville. Par rapport aux autres patients, il révèle une prédominance
de la coïnfection avec la tuberculose et une faible prédominance chez les patients

africains d’une pathologie pulmonaire fréquente chez les autres patients,
le Pneumocystis carinii.
La revue de référence Lancet ne publiera pas son article alors que ces spécificités
vont être reconnues par ailleurs autour de ce qui sera appelé « le sida africain »,
dont la présentation a été effectuée en 1985 lors d’une conférence organisée à
Bangui (en République centrafricaine), sous la houlette de Françoise Barré-
Senoussi. M’Pelé explique que le Lancet n’a pas publié son article, « peut-être
parce que venant d’un Africain inconnu, premier sur la liste des auteurs sur ce
constat qui différencie le sida des Américains, des Européens de celui des
Africains et c’est dommage et injuste ».
Fort de cette expérience, M’Pelé rentre à Brazzaville en juin 1986 et devient le
« Monsieur sida du Congo » comme d’autres pionniers africains, riches de leurs
collaborations internationales dans leurs pays respectifs.

Abdourahmane Sow, un précurseur de Dakar à Genève
Dans la majorité des pays africains, les premiers cas de sida sont diagnostiqués à
partir de 1985, date de la mise à disposition par l’OMS des tests Elisa. Dans
certains pays, comme le Sénégal, des relations entretenues avec les partenaires
internationaux, dont le Center for Disease Control, vont permettre de reconnaître
plus tôt la présence du VIH. C’est dans cette logique qu’à l’issue d’une recherche
clinique menée par une équipe sénégalaise du Pr. Souleymane M’Boup de l’hôpital
Le Dantec à Dakar, une équipe française et une équipe américaine révèlent dès
1984 l’existence en Afrique de l’Ouest d’un second sous-type du VIH, le VIH2,
diffèrent du sous-type 1 (le VIH1, le plus répandu dans le monde) et présent au
Sénégal, au Cap-Vet et en Guinée-Bissau. Le VIH2 se révèle moins pathogène et
moins virulent que le VIH1.
Abdourahmane Sow est un médecin formé à la faculté de médecine de Dakar puis
à Paris, où il est lauréat du concours d’agrégation en maladies infectieuses et
tropicales. Il fait partie des jeunes médecins qui diagnostiquent les premiers cas de
sida au Sénégal, au CHU de Dakar. Il prend la tête de la lutte contre le sida en tant
que chef du service des maladies infectieuses de Dakar en 1986. Il est appelé à
Genève en 1989, suite à la création du Global Programme on AIDS en 1986. Ce
programme est dirigé par un professeur de santé publique issu de l’école de santé
publique de Harvard, le professeur Jonathan Mann, qui s’entoure d’une petite
équipe d’une dizaine de spécialistes venus du monde entier.
Le Pr. Sow s’inscrit dans cette dynamique internationale où il est question de
répondre à un péril mondial avec des moyens thérapeutiques d’une grande
modicité jusqu’au milieu des années 1990. Au sein de cette équipe, il va
s’impliquer dans la mise en place des PNLS en Afrique, notamment au Togo, au
Bénin et au Gabon. Il restera au GPA jusqu’à la fin de cette structure, qui sera

remplacée par l’organisation inter-agences des Nations unies sur le sida
(ONUSIDA) en 1996.
Au Sénégal, dont les bases de la riposte au sida ont été fixées par le Pr. Sow, la
relève sera assurée par le docteur Ibra Ndoye, qui restera à la tête du PNLS
sénégalais de 1986 à son départ à la retraite en 2014. Un record de longévité en
Afrique dans la lutte contre le sida, et un mandat marqué par la mise en place dès
2002 du premier programme d’accès aux ARV en Afrique francophone.
Une distribution inégale du VIH en Afrique

Prévalence du VIH en Afrique, 2021. Cliquer pour zoomer.  Polaert/Wikipedia , CC BY-NC-SA
À la fin des années 1980, explique Philippe Denis, « l’épidémie était solidement
installée dans les territoires “pionniers” (Côte d’Ivoire, République centrafricaine,
Rwanda, Burundi, Ouganda, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe)_ ». Il poursuit : « La
décennie 1990 vit l’embrasement de l’Afrique australe. Alors que le nombre de cas
nouveaux semblait plafonner dans plusieurs sites d’Afrique centrale, orientale et
occidentale, il explosait au sud où des taux inégalés étaient atteints. »
En 2003, la géographe française Jeanne-Marie Amat-Roze montre de manière
magistrale cette distribution et cette progression inégales de la maladie sur le
continent africain. L’Afrique australe va constituer l’épicentre de la maladie.
L’Afrique du Sud compte à ce jour près de 9 millions de personnes vivant avec le
VIH, mais également un des taux d’accès aux médicaments parmi les plus élevés
en Afrique.
Du sida sans médicaments à l’accélération de l’accès aux
antirétroviraux en Afrique
L’annonce officielle de l’efficacité des molécules antirétrovirales (ARV), les
trithérapies, intervient lors de la Conférence mondiale sur le sida à Vancouver en

1996, peu après la promulgation, en janvier 1995, de l’Accord sur les aspects des
droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) qui protège
ces médicaments sur 20 ans. L’ADPIC est la première résolution adoptée par
l’Organisation mondiale du Commerce, créée en 1994. La bonne nouvelle de
l’efficacité des ARV rend amers les militants pour l’accès aux médicaments et aux
soins en Afrique. Le slogan employé ces militants lors de la Conférence mondiale
de Genève en 1998 est clair : « Les médicaments sont au Nord, les malades sont au
Sud. » C’est la thématique du « droit contre la morale ».
Après bien des atermoiements et de vraies-fausses concessions des laboratoires
pharmaceutiques sur l’élargissement de l’accès aux médicaments pour les patients
du Sud, dont la Côte d’Ivoire et l’Ouganda vont être les “pilotes” en Afrique dans
les années 1990, le combat va se poursuivre au niveau international.
L’ambassadeur américain à l’ONU, Richard Holbrooke, inscrit la question du sida
en Afrique à l’agenda du Conseil de Sécurité en janvier 2000. L’oligopole de 39
laboratoires pharmaceutiques qui avaient déposé des plaintes contre le Brésil et
l’Afrique du Sud pour non-respect des brevets est contraint de retirer ses plaintes
en avril 2001 sous la pression des ONG internationales, dont MSF et Act’Up, qui
rebaptisent les laboratoires en question « Marchands de mort ».
Sous la houlette du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, le Fonds
mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose est fondé en 2001 et
les premières subventions sont accordées avec les contributions des pays du G8 en
2002 à Gênes en Italie. Les copies des médicaments antirétroviraux fabriqués avant
2005 peuvent être distribuées via des financements du Fonds mondial et le passage
à l’échelle peut devenir réalité sur le continent africain. Entre 2002 et 2012, la
prévalence et la mortalité liées au VIH chutent de manière significative en Afrique.
Et le Fonds mondial peut se targuer d’avoir sauvé plusieurs dizaines de millions de
vies depuis sa création. Le programme américain, lancé en 2003 sous la houlette du
président George W. Bush ( President Emergency Plan fo AIDS relief – PEPFAR ),
suit la cadence. Les présidents Lula et Chirac lancent en 2006 un fonds
complémentaire, l’Unitaid.

Les années 2000-2010 vont représenter une remarquable inversion de paradigme
qui rend effective la prise en charge des patients africains vivant avec le VIH.
Dans ce registre, le président du Botswana, Festus Mogae, va incarner un modèle
achevé d’engagement pour l’accès universel aux ARV. Il lance en 2000 le premier
programme d’accès gratuit aux ARV en Afrique avec 80 % des financements
domestiques. C’est « l’État militant ».
Reste la question des maladies non transmissibles qui posent la question de « la
santé globale ». Celle-ci vise à promouvoir, au niveau international, l’inscription
sur les agendas internationaux des principaux chocs épidémiologiques et des
questions majeures de santé. Autrement dit, il s’agit de rompre avec la

« biopolitique » définie par Michel Foucault comme « le droit de faire vivre et de
laisser mourir » pour privilégier ce que Didier Fassin nomme « les politiques de la
vie ». C’est encore un autre chantier. Source : The Conversation

Dakartimes

Gabon: la CEEAC maintient ses sanctions mais suspend la délocalisation de son siège

Le Gabon reste suspendu jusqu’à nouvel ordre des activités de la CEEAC. Ainsi ont décidé les chefs d’État de cette institution d’intégration régionale à l’issue du sommet tenu vendredi à Djibolho en Guinée Équatoriale. Mais le général Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition gabonaise n’est pas rentré bredouille à Libreville.

C’est une douche froide pour les dirigeants de la transition gabonaise. Le général Brice Clotaire Oligui Nguema a travaillé durement pour obtenir la levée des sanctions de la CEEAC prises contre son pays au lendemain du coup d’État du 30 août dernier. Oligui Nguema a fait le tour des capitales des pays membres de l’organisation, sauf Luanda.

Au sommet de Djibolho, le président gabonais a rappelé les circonstances du putsch qu’il désigne par  « coup de la libération » et rappelé le chronogramme de la transition qui durera deux ans. Cela n’a pas suffi pour convaincre les cinq autres chefs d’État présents au sommet. Ils ont décidé de maintenir la suspension du Gabon des activités de l’organisation jusqu’à un retour à l’ordre constitutionnel.

En revanche, ils ont décidé de suspendre la délocalisation du siège de la CEEAC de Libreville vers Malabo suite au climat de paix qui règne au Gabon et le caractère inclusif de la transition. Le président centrafricain, Fausti- Archange Touadéra reste facilitateur de la situation gabonaise. La CEEAC lui accordera un budget pour mener à bien sa mission.

RDC: Corneille Nangaa lance une coalition politico-militaire dont fait partie le M23

L’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, a officiellement annoncé ce vendredi 15 décembre le lancement d’une nouvelle coalition dénommée « Alliance Fleuve Congo ». Depuis Nairobi, au Kenya, Nangaa a animé une conférence de presse au cours de laquelle il a dévoilé les détails de cette alliance anti-Félix Tshisekedi, regroupant diverses entités, dont le M23 et d’autres groupes armés, ainsi que des regroupements politiques. Qu’est-ce qu’on sait de cette nouvelle alliance et quel est son objectif ?

Selon Corneille Nangaa, l’objectif principal de son initiative est la refondation de l’État. « Si pour y parvenir, il faut prendre le pouvoir à Kinshasa, nous le prendrons », a-t-il déclaré à RFI.  L’ancien président de la Céni a souligné que c’est une lutte politique, sociale et éventuellement armée, si cela s’avère nécessaire et justifié.

Selon lui, les groupes armés affiliés à son alliance sont disséminés dans l’ex-province orientale et dans l’espace Katanga, en passant par les deux Kivu et l’Ituri. Parmi ces groupes, on retrouve le M23, dont le président de la branche politique était présent à ses côtés à Nairobi. 

Ce groupe soutenu par Kigali, dont Bernard Maheshe Byamungu, identifié comme commandant adjoint des opérations et du renseignement du M23, vient d’être sanctionné par l’ONU.

Interrogé par RFI sur le fait d’avoir formé une alliance avec un mouvement sanctionné par les Nations unies, Nangaa a répondu de manière catégorique : « Je ne représente pas les Nations unies. Je travaille pour le Congo. Mon objectif est de résoudre définitivement le problème de l’est du pays ».

Parmi les membres de l’Alliance Fleuve Congo figure également Twirwaneho, au Sud-Kivu, dont le commandant, Michel Rukunda, vient d’être sanctionné par les États-Unis. 

Ce mouvement est critiqué par les États-Unis pour ses attaques contre des civils, y compris dans un camp de déplacés.

Corneille Nangaa a toutefois affirmé qu’il n’est pas en contact avec John Numbi, l’ancien inspecteur général de la Police nationale congolaise, aujourd’hui en exil, qui s’était également illustré par une vidéo menaçant directement Félix Tshisekedi.

Niger: la Cour de justice de la Cédéao ordonne la libération de Cour de justice de la Cédéao et son retour au pouvoir

À Abuja au Nigeria, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a donné raison aux avocats de Mohamed Bazoum, retenu avec sa femme et son fils depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 : elle a ordonné ce 15 décembre la remise en liberté immédiate et sans conditions des demandeurs, et le retour au pouvoir au président renversé.

La Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ordonne la remise en liberté immédiate et sans conditions de Mohamed Bazoum, de sa femme et de son fils.

Le juge estime que plusieurs de leurs droits ont été violés : le droit d’aller et venir, puisqu’ils sont retenus à la résidence présidentielle depuis plus de 4 mois ; le droit de ne pas être arrêté et détenu arbitrairement.

La justice ouest-africaine estime aussi que les droits politiques de Mohamed Bazoum ont été violés : elle demande le rétablissement de l’ordre constitutionnel au Niger et la remise du pouvoir d’État au président renversé.

La défense de l’État du Niger demandait, elle, à la cour de se déclarer incompétente, de déclarer la demande irrecevable. Demandes rejetées, donc.

Les juges se sont prononcés par rapport au droit, mais les décisions de la Cour de justice de la Cédéao ne sont pas toujours suivies d’effet. Les avocats de Mohamed Bazoum estiment qu’il revient aux États membres de l’organisation de s’assurer que cette décision de justice soit appliquée. Mais si la Cédéao continue de réclamer la libération du président renversé, elle a désormais acté le coup d’État. 

La cour de justice de la Cédéao fixe aux nouvelles autorités nigériennes un délai d’un mois, à partir de la notification, pour lui rendre compte de l’exécution de sa décision.

Rfi

Fonds étrangers, dons, impôts etcryptomonnaies : que sait-on du financement du Hamas ?

Le financement du Hamas est complexe et opaque, et ses racines s’étendent bien
au-delà de la bande de Gaza.
Le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis et l’Union
européenne, est un paria financier, soumis à des sanctions depuis des décennies et
sans accès au système bancaire international.
Cependant, comme il a pu le démontrer le 7 octobre en lançant une attaque surprise
contre Israël avec des milliers de roquettes, de drones et d’autres équipements
technologiques, le groupe militant ne semble pas manquer de ressources.
Comment parvient-il à se financer ?
Le Hamas est un mouvement islamiste fondé en 1987 qui possède une branche
politique et militaire.
Leur mouvement armé, connu sous le nom de Brigades Ezzedin al Qassam, a mené
de nombreuses attaques et attentats suicides contre Israël dans le passé.
Mais elle gouverne et administre également un territoire où vivent plus de 2,3
millions de personnes et est responsable de quelque 50 000 fonctionnaires.

En tant qu’organisation politique et sociale, elle perçoit des impôts et reçoit une aide
internationale de gouvernements étrangers et d’organisations caritatives partageant
les mêmes idées, mais – comme le démontrent les attentats du 7 octobre – elle a
également pu accéder à du matériel militaire.
Le groupe islamiste dispose également d’un obscur portefeuille d’investissements
internationaux qui utilise souvent les crypto-monnaies comme moyen de contourner
les sanctions internationales.

Le Qatar
Ce petit pays du Golfe, l’un des pays les plus riches du monde, était l’un des rares
gouvernements à soutenir, avec la Turquie, le Hamas après la rupture brutale avec
le Fatah en 2007. Lorsqu’Israël a imposé le blocus de Gaza la même année, le
Qatar a décidé pour soutenir les Palestiniens de la bande de Gaza avec une aide
humanitaire.
En 2012, Cheikh Hamad bin Khalifa al Thani, alors émir du Qatar, a été le premier
chef d’État à se rendre à Gaza sous le régime du Hamas, et il a promis une aide de
plusieurs millions de dollars, qui a finalement été approuvée par Israël.
Le Qatar offre, selon les analystes, un soutien politique au Hamas en permettant à
ses dirigeants de s’installer à Doha depuis 2012 après qu’ils ont dû abandonner leur
siège historique de Damas en raison de la guerre civile syrienne.
Ismail Haniya, considéré comme le chef de l’organisation, et Khaled Meshaal, son
prédécesseur, sont basés dans la capitale qatarienne, tout comme les dirigeants
talibans jusqu’à ce qu’ils reprennent le contrôle de l’Afghanistan à l’été 2021.

Conflit israélo-palestinien : Le rôle complexe du Qatar dans la médiation pour la
libération des otages du Hamas
L’émirat est ainsi devenu un acteur clé dans les négociations avec des groupes que
les puissances occidentales considèrent comme terroristes et dont la législation – et
l’opinion publique – ne leur permettent pas de négocier directement.
Ce rôle d’intermédiaire entre le Hamas et Israël, que l’Égypte a traditionnellement
joué, est désormais joué principalement par le Qatar, comme c’est actuellement le
cas avec les otages israéliens kidnappés par le groupe militant.
Le Qatar, qui est l’un des principaux alliés des États-Unis en dehors de l’OTAN, a
également envoyé des milliards de dollars d’aide humanitaire aux Palestiniens au fil
des années pour atténuer les conséquences du blocus israélien de Gaza. Doha
insiste sur le fait que cet argent est destiné aux Palestiniens et non au Hamas.
On ne sait pas exactement quel est le montant de cette aide, que les analystes
situent entre 1 000 et 2 600 millions de dollars depuis 2014 et qui a contribué à la
reconstruction de la bande de Gaza après les nombreuses guerres avec Israël.
En 2016, l’émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, a annoncé que son
pays allouerait 113 millions de réaux qataris (environ 30 millions de dollars ) pour «
alléger les souffrances des frères de la bande de Gaza et les graves difficultés
financières auxquelles ils sont confrontés ». « En raison du siège injuste que leur
impose l’occupation israélienne « .
Cet argent, versé mensuellement, a permis de payer une partie des salaires de près
de 50 000 responsables gazaouis, d’acheter du carburant pour alimenter le réseau
électrique de la bande et d’aider les familles les plus pauvres, qui ont reçu un
chèque mensuel de 100 dollars.
Les fonds sont transférés en coordination avec les États-Unis et Israël, explique
Khaled el Hroub, professeur d’études sur le Moyen-Orient à l’Université
Northwestern au Qatar, à BBC Mundo.

Légende image,
La visite du cheikh Hamad bin Khalifa al Thani à Gaza en 2012 a apporté un soutien
important au gouvernement du Hamas, dirigé par Ismail Haniya
« Les dollars qui arrivent dans les territoires palestiniens, y compris Gaza, sont peut-
être les plus surveillés au monde, puisque tant les services secrets américains que
les Israéliens, les Jordaniens et les Egyptiens surveillent de très près ces montants,
car une partie de l’argent arrive via leurs banques », affirme l’analyste palestinien,
auteur de plusieurs ouvrages sur le Hamas.
Cet argent est transféré de Doha vers Israël et entre depuis longtemps à Gaza dans
des porte-documents remplis de billets de banque transportés par les envoyés
qataris via le terminal d’Erez, au nord de la bande de Gaza. L’argent était distribué
dans les bureaux de poste et les supermarchés directement aux fonctionnaires et
aux familles modestes dès réception.
Israël et les États-Unis ont accepté ces paiements parce que l’idée était « que si le
problème (du Hamas et de Gaza) ne pouvait pas être résolu, il pourrait au moins
être atténué », explique Matthew Levitt, analyste au Washington Institute for Near
East.
Selon ce spécialiste de l’antiterrorisme et du renseignement, l’idée était que « si des
opportunités économiques étaient offertes, les choses se calmeraient, mais cela
s’est avéré ensuite être une erreur ».
Pour Makram Khoury-Machool, directeur du Cambridge Center for Palestine Studies,
Israël a accepté le transfert des fonds « parce que (le Premier ministre) Benjamin
Netanyahu est contre une solution à deux États, comme le Hamas, et pour éviter
tout type de solution ». Maintenir le Hamas à Gaza et prolonger la division interne en
palestinienne.
Selon Levitt et d’autres analystes aux États-Unis et en Israël, une partie de cet
argent de l’aide internationale finit entre les mains de la branche armée du Hamas,
ce que le Fatah, le parti rival du Hamas qui dirige l’Autorité nationale palestinienne,
accuse également.
Le Hamas l’a toujours nié.
« On ne sait pas exactement dans quelle mesure, mais personne qui étudie la
question n’en doute », a déclaré Levitt, qui a par le passé conseillé le Trésor
américain sur les questions de financement du terrorisme, à BBC Mundo.
Mais Khaled el Hroub assure qu’il n’y a aucune preuve de cela :
« Le principal problème économique du Hamas n’est pas le financement du parti ou
de sa branche armée, c’est presque la partie la plus facile. Le plus difficile est de
soutenir les millions de Palestiniens qui souffrent à Gaza, et le Hamas ressent cette
pression »
L’argent qatari et l’aide internationale, affirme l’analyste palestinien, « ont longtemps
été considérés presque comme un analgésique, traitant les symptômes mais pas la
racine du problème ».
La principale organisation d’aide humanitaire à Gaza est l’UNRWA, l’Agence des
Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Moyen-Orient. Leur aide est
distribuée directement par leurs équipes, qui ont passé des contrôles préalables,
explique un porte-parole de l’UNRWA à BBC Mundo.
L’agence est également soumise à des audits annuels réalisés par un organisme
indépendant. « Tous les paiements aux entrepreneurs, aux fournisseurs et au
personnel sont traités par l’intermédiaire d’une entité bancaire soumise à la

réglementation

relative à la lutte contre le financement du terrorisme », explique le
porte-parole.

L’Iran
Le Hamas est l’un des groupes qui forment une alliance connue sous le nom d’Axe
de la Résistance, dirigée par l’Iran et qui comprend également, entre autres, la Syrie
et le groupe islamiste libanais Hezbollah. Leur principal point commun est leur
sentiment anti-israélien et anti-américain.
Pour contenir l’influence d’Israël et assurer la survie même du gouvernement des
ayatollahs, Téhéran a contribué à tisser un réseau d’alliés dans la région, qu’il aide
« en finançant, en entraînant ou en armant », analyse Sanam Vakil, directeur du
Moyen-Orient de Chatham House.
Parmi eux figurent le Hamas et d’autres groupes de résistance palestinienne, que
l’Iran soutient de plus en plus depuis les années 1990, selon Vakil.
Ce soutien se traduit, selon le Département d’État américain, par 100 millions de
dollars par an versés au Hamas, au Jihad islamique et au Front populaire de
libération de la Palestine.
Guerre entre Israël et le Hamas : Pourquoi tout le monde parle-t-il de l’Iran ?
Bien que le Hamas et l’Iran aient eu des divergences pendant la guerre civile
syrienne, lorsque le groupe palestinien a refusé de soutenir Bachar al Assad, « le
financement de l’Iran n’a jamais cessé, peut-être qu’il en a réduit une partie pour des
activités politiques, mais les fonds pour le groupe armé ont continué », explique
Matthew. Lévitt.
Selon Khaled el Hroub, « on ne sait pas exactement combien d’argent le Hamas
reçoit de l’Iran chaque année, mais il est clair qu’il reçoit des financements ».

Le chef du Hamas lui-même, Ismail Haniya, a reconnu en 2022 dans l’émission « Al
Muqabla » (l’interview) sur la chaîne Al Jazeera, que l’ Iran est son principal
donateur et qu’il a contribué à hauteur de 70 millions de dollars au développement
de ses systèmes de missiles.
Plus récemment, dans une interview à la chaîne russe Russia Today, au lendemain
de l’attaque du Hamas contre Israël, Ali Baraka, chef des relations extérieures du
Hamas, a assuré que « le premier et le plus important » de leurs donateurs est l’Iran,
qui leur fournit « de l’argent »,  » et des armes. « 
La BBC n’a reçu aucune réponse du ministère iranien des Affaires étrangères
concernant le financement présumé du Hamas par Téhéran.

Impôts
Le Hamas, en tant que dirigeant de Gaza, perçoit des taxes sur les importations – y
compris celles introduites clandestinement via les tunnels avec l’Égypte – et sur
d’autres activités commerciales dans la bande.
On ne sait pas exactement combien d’argent le Hamas collecte mensuellement
grâce aux impôts. Ce chiffre varie des 15 millions de dollars que le ministère des

Finances de Gaza a reconnus en 2016 au correspondant de la BBC à Gaza, Rusdi
Abu Alouf, aux 300 à 450 millions de dollars cités par des analystes comme Matthew
Levitt.
Ce qui est clair, c’est que Gaza, où selon l’ONU connaît un taux de chômage de 45
% et où 80 % de sa population avait besoin d’aide humanitaire avant la guerre, est
soumise à un niveau d’imposition assez élevé.
« Gaza et la Cisjordanie sont gouvernées par la même bureaucratie, même si les
niveaux de revenus sont très différents », explique Khaled al Hroub. A cela s’ajoutent
d’autres taxes que le Hamas ajoute au fil des années « pour compenser le blocus »,
comme les taxes sur les cigarettes, l’importation de jeans, de véhicules ou de
certains produits alimentaires considérés comme de luxe ou non basiques, selon
l’Université Northwestern.
Pour Levitt, «quand on impose des impôts sur tout, et de plus en plus, c’est
finalement de l’extorsion, une pratique mafieuse».
L’augmentation des taxes et des droits de douane a généré des troubles au sein de
la population, voire des protestations parmi les importateurs, qui ont été réprimées
par le Hamas.
Portefeuille d’investissement
Selon l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor
américain, le Hamas dispose d’un bureau d’investissement international dont les
actifs sont estimés à 500 millions de dollars.
Ce réseau aurait des entreprises dans des pays comme le Soudan, la Turquie,
l’Arabie Saoudite, l’Algérie et les Émirats arabes unis, selon l’OFAC, qui considère
que le Conseil de la Choura et le Comité exécutif du Hamas, ses plus hauts
dirigeants, contrôlent et supervisent ce portefeuille d’entreprises.

Niger : la Cédéao reconnaît « enfin » lecoup d’Etat et tourne la page Bazoum

Le président de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et président du
Nigéria, Bola Ahmed Tinubu, réagit en s’adressant au chef d’État et de gouvernement de la
Cédéao à Abuja le 30 juillet 2023.
Dans un communiqué publié ce 14 Décembre, la Cédéao reconnait officiellement le coup d’Etat
au Niger et suspend le pays de tous ses organes décisionnels « jusqu’au rétablissement de
l’ordre constitutionnel ».
Depuis le 10 décembre 2023, date du 64e sommet de la Communauté économique des Etats de
l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), tenu le 10 décembre à Abuja, l’organisation sous-régionale
annonce suspendre le Niger de toutes ses instances. C’est ce qu’on retient du communiqué de

la commission de la Cédéao qui déclare que la situation au Niger constitue désormais un coup
d’Etat.
« Jusqu’à sa 64ème Session ordinaire tenue le 10 décembre 2023, la Conférence
des Chefs d’Etat et de Gouvernement voyait dans la situation survenue au
Niger une tentative de coup dEtat, et considérait toujours S.E.M. Mohamed
BAZOUM comme le Président de la République du Niger, Chef de l’Etat. » a déclaré
l’organisation dans son communiqué. Et de poursuivre « Du fait de cette position, le Niger n’était
pas suspendu des organes de décision de la CEDEAO et les membres du gouvernement de
S.E.M. BAZOUM étaient habilités à représenter le Niger aux réunions statutaires de la
CEDEAO ».
« Le Sommet du 10 décembre a reconnu que le gouvernement de S.E.M. Mohamed BAZOUM
avait été effectivement renversé par un coup d’Etat militaire. Par conséquent, à compter du 10
décembre 2023, le Niger est suspendu de l’ensemble des organes de décision de la CEDEAO,
jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel dans le pays » conclut le communiqué signé le
14 décembre 2023. Ce communiqué apporte ainsi des clarifications sur la présence des
membres du gouvernement de Bazoum au dernier sommet.

Dakartimes

Succès, réaliste ou dealer ?

A quelle sauce sera mangée la nouvelle constitution qui sera soumise au vote du
peuple tchadien le 17 décembre? Pendant que les pros «oui» et les pros «non»
s’affrontent dans une campagne pour un referendum attendu comme le véritable
premier test de popularité du régime de transition du général Mahamat Idriss Deby,
l’opposant Succès Masra vient de jeter un pavé dans la mare. Sans être un
revirement à 360 degrés, la nouvelle position de l’adversaire politique le plus craint
actuellement par la junte militaire tchadienne, n’en n’étonne pas moins dans le
microcosme politique. Alors qu’il n’avait penché ni pour le «oui», ni pour le «non», le
leader du parti Les Transformateurs, fraîchement revenu à la maison après un an

d’exil, demande à ses compatriotes de donner leur «oui» à la constitution, qui, selon
lui, n’est certes pas parfaite mais est meilleure à celles de 1996 et 2020.
Cette première déclaration forte de Masra, dont le retour au bercail, le 3 novembre,
a été réalité suite à une médiation facilitée par le président de la République
démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, mandaté par la Communauté économique
des Etats de l’Afrique centrale, est alors objet à plusieurs interprétations, et surtout
à moult supputations. L’appel à voter «oui» n’est-il par un renvoi d’ascenseur au
pouvoir de la transition qui a renoncé, pour l’instant en tout cas, à la peau de Succès
Masra qu’il voulait par justice interposée? En effet, dès que l’opposant avait
manifesté sa volonté de rentrer à N’Djamena, il lui a été brandi, en guise
d’épouvantail, un mandat d’arrêt international émis par la justice de son pays qui lui
reproche d’avoir tenu des propos, en mai de cette année, «incitant à la haine et à la
révolte» et d’être l’auteur d’une «tentative d’atteinte à l’ordre constitutionnel».
Succès Masra apporte de l’eau au moulin de ceux qui le suspectent d’avoir passé un
«deal» malveillant avec le régime de Deby fils, non seulement pour son retour, mais
parce que la procédure judiciaire à son encontre court toujours, même si le mandat
d’arrêt, lui, a été suspendu.

Succès Masra, lui, ne se reproche aucune compromission. Il fait certainement sienne
cette vérité selon laquelle «la culotte d’aujourd’hui vaut mieux que le pantalon de
demain». Et l’opposant l’a dit, la tête bien haute, sa démarche répond à l’attente du
peuple qu’il a rencontré et qui dans sa majorité, est contre toute longévité dont
pourrait bénéficier la transition. Et pour que la parenthèse de l’intérim au palais
présidentiel de N’Djamena se referme, il faut, a reconnu, avec lucidité et réalisme,
Succès Masra, il faut adopter cette loi fondamentale, quitte à la purger par la suite
de ses aspérités. Dans la foulée, a, d’ailleurs, prévenu l’opposant, si Les
Transformateurs viennent aux affaires, cette constitution sera amendée. Mais ça
c’est une autre manche. Si la nouvelle option de Succès Masra est scrutée et surtout
suspectée, il n’en demeure pas moins qu’elle a l’avantage de donner une chance
supplémentaire au Tchad de mettre fin, le plus tôt possible, à l’intermède de la
transition. Une transition militaire qui n’a que trop duré et qui met sous les feux de
la contestation, le régime du général Mahamat Idriss Deby, celui-là même qui a pris
le pouvoir par la force, à la mort de son père, en avril 2021.
Succès Masra a-t-il eu raison d’appeler au «oui» à la nouvelle constitution? Oui, est-
on tenté de dire, n’en déplaise aux jusqu’au boutistes qui oublient, que retarder
l’avènement de la nouvelle loi fondamentale, c’est maintenir le Tchad en mode régime d’exception encore pour un temps indéfini. Avec toutes les dérives inimaginables qui sont générées par ce genre de pouvoir! En attendant que l’histoire donne tort ou raison à Succès Masra, les populations sont appelées aux urnes le 17 décembre prochain. Une constitution comme cadeau de Noël!

Dakartimes

Nicolas Sarkozy tresse des louanges à Mohammed VI et déclare le Saharamarocain

La visite de Nicolas Sarkozy à Rabat, où il a présenté son dernier ouvrage « Le temps
des combats », a été l’occasion pour l’ancien président français de louer les qualités du
roi Mohammed VI. Cette relation particulière avec le souverain marocain a aussi
poussé Nicolas Sarkozy à déclarer que le Sahara était marocain.

Nicolas Sarkozy, s’est rendu à Rabat, au Maroc, ce 14 décembre 2023, pour une présentation de son dernier livre. Au cours de la cérémonie, devant le Conseiller du roi, André Azoulay et l’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, l’ancien président français a salué le leadership du monarque comme étant celui d’un roi moderne et progressiste, qui a mené le Maroc vers une nouvelle ère de démocratie et de développement économique.


« Sa Majesté le roi Mohammed VI est un homme que je n’ai cessé d’admirer et de respecter.

C’est un homme d’exception et l’un des grands dirigeants sages et visionnaires », a déclaré Nicolas Sarkozy.


Nicolas Sarkozy : Un soutien historique du Maroc Les liens entre Sarkozy et le Maroc remontent à son mandat présidentiel (2007-2012), durant lequel il a maintenu une relation étroite avec le royaume. Ces relations se sont caractérisées par une coopération renforcée dans les domaines économique et sécuritaire, et par un soutien aux initiatives culturelles et éducatives. La France, sous Sarkozy, a activement soutenu les investissements au Maroc et a encouragé l’implantation des entreprises françaises, renforçant ainsi les liens économiques bilatéraux. Sur le plan de la sécurité, la France de Sarkozy a reconnu l’importance du Maroc en tant qu’allié stable dans une région sujette à l’instabilité. Les deux pays ont collaboré étroitement dans la lutte contre le terrorisme et dans les échanges de renseignements. Concernant la question sensible du Sahara Occidental, la France a généralement soutenu, pendant cette période, la position marocaine, promouvant une solution négociée sous l’égide des Nations Unies.

Une position sans ambiguïté sur le Sahara Interrogé, il y a deux jours, par une chaîne espagnole, l’ancien président français a pris une position sans détour concernant le Sahara : « Je suis pour la marocanité du Sahara Occidental et je pense que les autorités espagnoles ont bien fait de reconnaître cela », a-t-il déclaré.

Et Nicolas Sarkozy de poursuivre : « quand on voit comment le roi Mohammed VI a géré le Maroc, a tenu les islamistes les plus extrémistes, les a contenus, on peut lui faire confiance. Le Sahara Occidental est marocain ».

Dakartimes

Mali: Tombouctou toujours sous blocus jihadiste, l’armée poursuit ses opérations dans la région

Pas de répit à Tombouctou. Alors que le Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans), lié à al-Qaïda, semblait avoir montré quelques signes d’allègement dans le blocus qu’il impose à la ville depuis début août, les jihadistes annoncent qu’ils maintiennent leur embargo. De nouvelles exactions attribuées à l’armée malienne et au groupe russe Wagner ont également été rapportées dans la région.

Il y a deux semaines, des camions en provenance d’Algérie entraient à Tombouctou. Cela n’était plus arrivé depuis quatre mois. Les habitants voulaient croire à une dynamique positive et durable, mais le Jnim a douché leurs espoirs : dans un communiqué diffusé lundi 11 décembre, les jihadistes réaffirment leur « blocus total » sur la ville et mettent en garde les populations contre « les recrutements dans les rangs ennemis », à savoir l’armée malienne et ses supplétifs de Wagner.

Fin septembre déjà, des notabilités locales avaient obtenu un allègement de l’embargo ; le Jnim avait fait volte-face moins d’une semaine plus tard. Aujourd’hui, Tombouctou reste donc sous blocus, mais la ville n’a jamais totalement cessé d’être approvisionnée. Des marchandises arrivent principalement par voie fluviale. Aucune pénurie n’est donc à déplorer, même si des habitants décrivent une situation difficile et des prix plus élevés qu’à l’habitude.

Alors que les jihadistes refusent de desserrer l’étau, l’armée malienne et le groupe Wagner poursuivent leurs opérations près de Tombouctou. Comme à Aghlal, il y a une semaine, jeudi 7 décembre, avec des frappes aériennes, ou près de Léré lundi 11 décembre, avec une action terrestre : plusieurs sources sécuritaires et civiles locales déplorent des civils tués et des bâtiments détruits. L’armée n’a pas communiqué sur ces opérations et n’a pas répondu aux sollicitations de RFI.

Il y a quelques jours, les responsables municipaux d’Aghlal ont appelé les populations qui avaient fui « lors des récents évènements » à revenir, précisant que « les autorités régionales » avaient « présenté leurs condoléances aux familles des victimes. »

Rfi

Guinée: Reporters sans frontières dénonce la censure de médias privés

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a demandé jeudi aux autorités guinéennes dominées par les militaires de mettre « instamment » un terme à la série de mesures de restriction prises à l’encontre de certains médias privés, dénonçant des « atteintes à la liberté de presse d’une ampleur considérable ».

Arrivée au pouvoir à l’issue d’un coup d’Etat en septembre 2021, la junte s’était engagée à respecter la liberté de la presse, a rappelé RSF dans un communiqué. Mais depuis mai 2023, les atteintes se multiplient: réseaux sociaux et radios privées coupés, sites d’information interrompus ou suspendus durant plusieurs mois sans explication, journalistes agressés ou arrêtés sur le terrain…

Derniers exemples en date, la Haute autorité de la communication, gendarme du secteur, a demandé samedi au fournisseur Canal+ et mardi à la plateforme de services de télévision payante StarTimes de retirer de son offre jusqu’à nouvel ordre Espace et Evasion, des chaînes de radio-télévision très suivies. Elle a invoqué des raisons de « sécurité nationale », sans autre précision.

Ces médias restent inaccessibles jeudi, a constaté l’AFP.

Les radios FIM FM, Djoma FM sont en outre inaccessibles dans le pays depuis deux semaines, leurs signaux étant brouillés sans explication. Les réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook, Instagram et TikTok sont, quant à eux, toujours indisponibles sans VPN, souligne aussi RSF.

« Le manque de transparence de ces décisions sous prétexte de +sécurité nationale+ est alarmant, discréditant par ailleurs l’indépendance supposée de l’organe de régulation », a dit Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, cité dans le communiqué.

RSF exige des réponses claires de la part des autorités et qu’elles mettent tout en œuvre pour rétablir l’accès aux médias censurés et aux réseaux sociaux, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué il y a une semaine, le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) et diverses associations de presse ont déclaré « ennemis de la presse » plusieurs personnalités du gouvernement, dont le Premier ministre. Ils avaient appelé lundi à une journée sans presse, disant la profession « menacée d’extinction ».

En octobre, les forces de sécurité ont interpellé une douzaine de journalistes et dispersé à l’aide de gaz lacrymogène leur manifestation pour le déblocage du site d’information Guinée Matin, également très suivi. Des poursuites ont été engagées contre eux.

La Guinée occupe le 85e rang sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF en 2023.

La Cédéao acte officiellement le coup d’État au Niger

La communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest acte officiellement le coup d’État au Niger, quatre mois et demi après que des militaires ont renversé le président Mohamed Bazoum, le 26 juillet. Dans un communiqué publié 4 jours après le sommet des chefs d’État de la Cédéao à Abuja dimanche 10 décembre, l’organisation régionale apporte des « clarifications », en réponse aux critiques du CNSP nigérien avec qui l’organisation veut engager des discussions.

« Le sommet du 10 décembre a reconnu que le gouvernement de Mohamed Bazoum avait été effectivement renversé par un coup d’État militaire », affirme la commission de la Cédéao dans son communiqué.

Selon l’organisation régionale, jusqu’à dimanche dernier 10 décembre, la conférence des chefs d’État et de gouvernement considéraient Mohamed Bazoum, qui n’a toujours pas démissionné, comme le président du Niger, les membres de son gouvernement pouvaient donc représenter le pays aux réunions statutaires.

Désormais, le coup d’État est officiellement acté, le Niger, suspendu des organes de décision de la Cédéao jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.

La Cédéao répond ainsi aux critiques du CNSP, dont le porte-parole a exprimé l’indignation, en raison de la participation au sommet de membres du gouvernement de Mohamed Bazoum. Une provocation, selon lui, « de nature à saper tout effort pour trouver une solution diplomatique et négociée à la situation politique actuelle ».

La Cédéao a désigné dimanche un comité pour engager des discussions avec le CNSP.

L’organisation ouvre la voie à un allègement des sanctions, tout en demandant à Niamey de s’engager sur une feuille de route pour une transition de courte durée.

115 soldats israéliens tués à Gaza depuis le début de l’offensive

L’armée israélienne a signalé le décès de 115 soldats dans la bande de Gaza depuis le début de l’offensive contre le Hamas, avec 10 décès enregistrés mardi, constituant le bilan le plus lourd en une seule journée du côté israélien.

Les dix soldats, dont deux officiers supérieurs, ont perdu la vie au cours des combats dans le nord de ce territoire palestinien mardi, selon les informations fournies. Cette journée représente le bilan le plus tragique pour l’armée israélienne depuis le début de ses opérations terrestres le 27 octobre dans la bande de Gaza.

Selon la liste officielle des noms des soldats tombés au combat, neuf des militaires décédés mardi appartenaient à des unités engagées dans une bataille intense à Chajaya, dans l’ouest de la ville de Gaza. « Hier après-midi, des membres de la [brigade] de Golani sont entrés dans un bâtiment, où ils ont essuyé un feu puissant et affronté les terroristes », a expliqué le porte-parole de l’armée, Daniel Hagari. « D’autres membres de la brigade, assistés par l’unité de sauvetage 669 de l’Armée de l’air, ont investi le bâtiment pour les secourir sous un feu nourri ».

Un autre responsable militaire a souligné que Chajaya était un bastion du Hamas et abritait un réseau d’édifices reliés entre eux, comprenant des caches d’armes. Les affrontements de mardi ont eu lieu dans l’un de ces ensembles de trois ou quatre bâtiments piégés au moyen de bombes artisanales, a-t-il rapporté.

Selon ce responsable, environ 350 combattants du Hamas ont été tués à Chajaya depuis le début de l’offensive terrestre. Depuis le début de la guerre il y a plus de deux mois, le nombre de décès dans la bande de Gaza dépasse désormais 18 600, principalement des femmes, des enfants et des personnes de moins de 18 ans, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Israël a promis de détruire le Hamas après une attaque sans précédent menée le 7 octobre par des commandos de ce mouvement islamiste infiltrés de Gaza dans le sud d’Israël, causant environ 1 200 morts, en majorité des civils, selon les autorités. Environ 240 personnes ont également été enlevées et emmenées à Gaza par le Hamas et d’autres groupes alliés.

Une attaque jihadiste fait des dizaines de morts dans le centre du Mali

Une attaque attribuée aux jihadistes a engendré de nombreuses victimes cette semaine dans le centre du Mali, des informateurs locaux évoquant jeudi des dizaines de soldats maliens et de civils tués.

Jeudi, l’armée s’est limitée à signaler une attaque « terroriste » qu’elle aurait repoussée mardi contre le camp de Farabougou, sans fournir de bilan humain. Le centre du Mali demeure l’un des foyers de la violence qui sévit au Sahel. La collecte et la vérification de l’information y sont compliquées en raison de l’accès difficile aux sites éloignés et aux sources indépendantes, dans un contexte globalement dégradé, comme ailleurs dans le pays.

Les autorités, largement dominées par les colonels qui ont pris le pouvoir par la force en 2020, hésitent à divulguer des informations sur les pertes subies et affirment avoir le dessus sur les groupes armés. Un élu local, s’exprimant anonymement par mesure de sécurité, a informé l’AFP que « l’attaque jihadiste contre Farabougou avait causé une soixantaine de morts parmi les militaires et les civils ». Il a également signalé des personnes disparues. Le camp de l’armée est tombé entre les mains des jihadistes, qui, selon leur mode opératoire habituel, ont rapidement quitté les lieux.

« En comptant les morts parmi les militaires et les civils, ainsi que les personnes dont on n’a pas de nouvelles, le nombre s’élève à au moins 62 », a déclaré un résident qui préfère rester anonyme. Lui-même ne sait pas ce qu’il est advenu de deux de ses frères. « Je ne sais pas s’ils ont été tués, s’ils sont en fuite ou cachés », a-t-il souligné. Deux fonctionnaires ont également rapporté de nombreuses pertes. L’un d’eux a parlé de « dizaines et de dizaines de victimes » et a indiqué que Farabougou, une localité de quelques milliers d’habitants, s’était vidée.

L’armée a admis jeudi qu’une attaque avait eu lieu. Elle a mené « une riposte vigoureuse qui a permis de repousser une attaque terroriste visant le camp de Farabougou », selon un bref communiqué diffusé sur les réseaux sociaux. Depuis 2012, le Mali est confronté aux activités de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, aux violences des groupes d’autodéfense déclarés et au banditisme. La crise sécuritaire s’ajoute à une crise humanitaire et politique profonde.

Farabougou se situe dans le cercle administratif de Niono, fortement touché depuis des années par les violences du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par des groupes d’autodéfense reposant sur les chasseurs traditionnels dozos. La localité était devenue emblématique en 2020 lorsqu’elle s’était retrouvée assiégée par les jihadistes. Le nouveau dirigeant du Mali, le colonel Assimi Goïta, arrivé au pouvoir suite à un coup d’État quelques semaines auparavant, s’était rendu dans cette zone, constituant un test de la capacité des autorités à rétablir la sécurité.

L’armée était retournée à Farabougou. Cependant, ce qui avait suscité l’attention par la suite, c’était l’accord de cessez-le-feu de facto conclu en 2021 entre le GSIM et les chasseurs. Cet accord reflétait des arrangements locaux selon lesquels les jihadistes acceptaient une paix relative en échange du respect par les populations de certaines conditions, ou moyennant le paiement d’un tribut. Cet accord a finalement échoué, entraînant la reprise des violences.

L’Alliance des Etats du Sahel, pari sécuritaire et acte de défiance diplomatique

Les militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont fait alliance pour combattre ensemble le jihadisme et opposer un front politique commun aux adversaires de leur entreprise proclamée de restauration de souveraineté, avec des perspectives incertaines.

Si leur faculté à gagner par eux-mêmes la guerre qui ensanglante le Sahel reste à démontrer, l’issue d’un récent sommet ouest africain semble montrer que le bloc Bamako-Ouagadougou-Niamey tient le coup sous la pression diplomatique.

Ces trois pays ont vu accéder par la force à leur tête des officiers jurant de reprendre en main un destin national abandonné selon eux aux étrangers, au premier rang desquels les Français, et leurs « valets » locaux. Ils ont chassé les soldats et les ambassadeurs français, se sont tournés vers de nouveaux partenaires, dont les Russes, et remis en cause un ordre défendu par la Communauté des Etats ouest-africains (Cedeao).

Inquiète d’une contagion devant la succession des putschs, la Cedeao leur a imposé des sanctions pour obtenir le retour des civils aux commandes, et menacé de recourir à la force après le dernier en date, au Niger.

Les militaires ont serré les rangs et scellé leur solidarité le 16 septembre en créant l’Alliance des Etats du Sahel, dont la charte engage les trois pays à combattre « le terrorisme » et les lie par un « devoir d’assistance et de secours » face à toute agression.

L’Alliance fait d’abord la promesse d’une coopération accrue entre les forces de ces trois pays, qui totalisent près de 100.000 hommes. Peut-elle vaincre là où d’autres partenariats ont échoué?

« On a souvent dit par le passé qu’il fallait que la volonté politique (de combattre le jihadisme) vienne des Etats les plus affectés. Avec l’AES, c’est indéniablement le cas aujourd’hui », dit Jean-Hervé Jézéquel, directeur du Projet Sahel de l’organisation de résolution des conflits Crisis Group.

La question est cependant posée de la capacité d’Etats parmi les plus pauvres du monde à supporter le coût de la guerre.

– Un immense espace –
« On ne peut pas s’offrir le luxe d’une guerre de longue durée au Sahel », estime le politicien malien Babarou Bocoum.

« Aucun de ces trois pays ne dispose de ports, de capacité de création de richesse suffisante », s’inquiète-t-il.

Le Niger a annoncé en octobre une réduction de 40% du budget national, après la suspension des soutiens budgétaires européens et américains dans un contexte de tensions diplomatiques.

La Russie est proche de s’imposer comme l’alliée privilégiée des pays de l’Alliance, mais les analystes s’interrogent sur l’étendue du soutien qu’elle peut fournir.

L’Alliance est d’abord sécuritaire et escamote toute approche politique de l’insécurité. Le numéro un burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, décrivait dimanche le « terrorisme » comme une « manifestation violente de l’impérialisme ».

Elle a vocation à être étendue au développement économique et les officiels envisagent de faire « de nos espaces un seul espace (où) aller et venir, commercer, défendre », disait le capitaine Traoré.

Certains voient d’un mauvais oeil l’apparition de cette entité, avec des dirigeants installés par le fait accompli, mais bénéficiant d’un soutien populaire large parmi les quelques 70 millions d’habitants de cet immense espace.

– Rhétorique et pragmatisme –
Omar Alieu Touray, haut responsable de la Cedeao, relevait avec irritation dimanche que ces régimes « usent de rhétorique anti-coloniale et de propagande et présentent leurs agissements comme un mouvement de libération » pour « obtenir le soutien à leur projet d’aventuriers ».

Pour l’instant, leur cohésion paie. L’embargo infligé par la Cedeao se fait durement sentir au Niger. Mais le régime n’a quasiment rien cédé. « Le peuple nigérien, bénéficiant du soutien des pays frères et amis (…) est resté debout », a assuré le numéro un nigérien, le général Abdourahamane Tiani.

Amadou Bounty Diallo, analyste et ancien militaire nigérien, nuance le bellicisme sahélien: « Cette démarche (l’Alliance) n’est pas un renoncement à l’appartenance à la communauté internationale, elle a pour but d’affirmer la souveraineté ».

« Ces trois pays sont partis du constat que tant qu’ils ne prennent pas en main la gestion de leurs ressources, il est quasiment impossible de sortir de la pauvreté », estime-t-il.

M. Jézéquel soulève les limites de l’exercice. Les économies de ces Etats sont « peu complémentaires, avec des atouts et des faiblesses semblables. Elles sont surtout complémentaires des économies des pays côtiers avec lesquelles les liens sont forts mais menacés par les brouilles ».

La rhétorique souverainiste mobilise la population autour d’un projet, dit-il. Mais elle ne « répond pas aux besoins en services de base. Ces Etats-là vont se heurter à cette réalité à un moment ou l’autre ».

L’isolement est difficilement tenable sur la durée, dit le sociologue malien Bréma Ely Dicko. « Il y a les discours destinés aux foules et le pragmatisme », dit-il. Ces pays devraient finir par tenir des élections et alors, « certains partenaires vont revenir ».

Élections en RDC: un potentiel minier sous-exploité

On dit souvent que la République démocratique du Congo est un véritable scandale géologique, tant ses ressources minières sont importantes et diverses. Or, diamant, cuivre, coltan, cobalt… Le sous-sol congolais est l’un des plus riches de la planète. Et pourtant, ces réserves sont très largement sous-exploitées.  

Au total, une cinquantaine de minéraux est présente dans le sous-sol du pays. Mais seule une douzaine de ces minéraux est exploitée, soit en raison de leur faible valeur commerciale, ou parce que leur exploitation est difficile et coûteuse, ou même en raison de l’insécurité.   

La plupart de ces minerais se trouvent dans le sud et l’est du pays.  De l’or dans l’Ituri, le Nord et Sud-Kivu. Du diamant dans le Kasaï, le Sankuru. Du cuivre et du cobalt dans le Haut-Katanga et le Lualaba. Du coltan dans le Nord et Sud-Kivu, le Maniema, le Tanganyika. Le pays possède également du plomb (Haut-Katanga), de l’uranium (Haut-Katanga), de l’étain, du zinc, du manganèse, du charbon, du pétrole, du lithium.  

Minéraux numériques

Parmi ces ressources les plus convoitées : les minéraux qu’on appelle numériques, c’est-à-dire utilisés dans l’électronique. Avec, en tête, le cobalt, un minéral rare, stratégique pour la transition écologique, puisqu’il est utilisé dans la fabrication de batteries pour véhicules électriques. La RDC possède la plus importante réserve de cobalt au monde, située principalement dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba.

Autre minerai stratégique pour la RDC : le coltan, également utilisé dans l’électronique. Le pays détiendrait plus de 50% des réserves mondiales. La quantité exacte n’est pas connue, en raison du manque de données géologiques. Selon le ministère congolais des Mines, l’année dernière, le pays a produit plus de 2 000 tonnes de coltan.  Quand on parle de coltan, on parle également de cassitérite, également utilisée dans l’électronique. L’année dernière, le pays a produit un total de plus de 28 000 tonnes de cassitérite.  

Mais la principale ressource minière de la RDC, c’est le cuivre, utilisé dans la fabrication de câbles et fils électriques, de puces électroniques et de circuits électroniques.   Le pays est le deuxième producteur mondial de cuivre derrière le Chili, avec près de 2,4 millions de tonnes de cuivre produits l’année dernière. Un record ! 

Énergie verte

Avec la transition vers l’énergie verte, la demande pour certains minerais devraient continuer à croître ces prochaines années. Par exemple, le cobalt.  Aujourd’hui, 80% du cobalt est utilisé pour fabriquer des batteries de téléphone, d’ordinateur, mais de plus en plus des batteries de véhicules électriques, vélos ou voitures.  Une batterie de téléphone portable contient entre 5 et 10 grammes de cobalt. Celle d’une voiture électrique : de 5 à 10 kilogrammes.

Alors, que rapportent toutes ces ressources minières à l’État congolais ? 

L’année dernière, l’ensemble de la production minière a généré environ 24 milliards de dollars de chiffre d’affaires, dont un tiers doit atterrir dans les caisses de l’État, selon le Code minier. L’exploitation minière à grande échelle contribue à hauteur de 20% du produit intérieur brut, alors que le secteur artisanal emploie, lui, près d’un million de personnes.  La RDC est donc assise sur un potentiel énorme, estime le géologue congolais Léon Mu-pépélé pour qui le sous-sol congolais est encore loin d’avoir révélé tous ses secrets. 

Guinée-Bissau: la police bloque l’accès au Parlement

En Guinée-Bissau, un groupe de militants dont des députés de la coalition PAI-Terra Ranka ont été dispersés à coups de grenades lacrymogènes par les forces de l’ordre devant le Parlement, ce mercredi 13 décembre. Les députés ont répondu à l’appel du président de l’Assemblée, Domingos Simões Pereira, également leader de la coalition, qui a décidé de poursuivre les sessions malgré la dissolution de l’Assemblée décidée par décret présidentiel.

L’accès au Parlement était bloqué depuis les premières heures de la matinée par des forces de l’ordre, armés de matraques et de grenades lacrymogènes. Toutes les rues adjacentes étaient également interdites d’attroupement.

Malgré ce dispositif impressionnant, la dizaine de députés de l’opposition accompagnés par des militants visiblement déterminés à franchir les portes de l’hémicycle ont tenté de braver l’interdiction. 

La police est alors entrée en action, lançant des grenades lacrymogènes. Débandade dans les rangs des militants et des députés dont certains ont alors rejoint le siège du PAIGC, à quelques centaines de mètres de l’Assemblée.

Le président du Parlement Domingos Simões Pereira n’est pas sorti de sa résidence placée sous haute surveillance. 

Domingos Simões Pereira considère la décision du président Embalo concernant la dissolution de l’Assemblée nulle et sans effet. Il a appelé les députés de son parti à ne pas se laisser intimider et à poursuivre la résistance.

« Nous disons et continuons à dire que le décret du président qui a dissout le Parlement n’a pas respecté les principes constitutionnels », a déclaré à la presse Armando Mango, porte-parole de la coalition Pai-Terra Ranka. 

Selon lui, l’article 94 stipule clairement que le Parlement ne peut en aucun cas être dissout dans les 12 mois suivant les législatives. « Nous allons poursuivre les sessions », a-t-il affirmé devant le siège de la coalition, juste après avoir subi les tirs de lacrymogène.

Mali: attaque sanglante du Jnim dans le village symbole de Farabougou

Les jihadistes du Jnim, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans, lié à al-Qaïda, ont mené une attaque d’envergure, mardi après-midi 12 décembre, à Farabougou, région de Ségou, dans le centre du Mali. Au moins une quarantaine de soldats maliens et de chasseurs traditionnels dozos auraient été tués dans ce village devenu symbole à la fois des souffrances de la population malienne et des efforts des autorités de transition pour tenter de restaurer la sécurité.

Ils sont arrivés en nombre entre 14 et 15 heures locales, et ont quitté les lieux vers 17 heures.

Entre-temps, les jihadistes de la Katiba Macina du Jnim ont décimé le détachement de l’armée positionné dans le village.

Les jihadistes ont principalement ciblé les soldats maliens et les villageois accusés de collaborer avec eux, notamment les chasseurs traditionnels dozos, qui servent dans la zone de supplétifs aux militaires. Plusieurs sources sécuritaires et civiles locales avancent un bilan de près de cinquante soldats et chasseurs tués (plus d’une vingtaine de soldats, plus d’une vingtaine de chasseurs) et une quinzaine de blessés, mais tous s’accordent à dire qu’il est encore trop tôt : plusieurs dizaines de soldats et de villageois sont toujours portés disparus. On ignore combien ont été tués ou pris en otage, et combien se cachent toujours en brousse.

Camp militaire saccagé et dépouillé

La plupart des habitants ont pu fuir et hier soir, les renforts de l’armée venus de Sokolo ont pénétré dans un village désert. Les jihadistes avaient saccagé le camp militaire, emporté quantité de matériel et détruit ce qu’ils ne pouvaient pas prendre avec eux.

Une source sécuritaire malienne parle de « carnage », pointe l’impossibilité dans ce secteur d’utiliser les vecteurs aériens -en raison vraisemblablement de la topographie de la zone ou encore de la proximité physique immédiate des différents acteurs- et dénonce la présence dans le village d’éléments infiltrés du Jnim.

L’armée n’a pas communiqué sur cette attaque et, sollicitée par RFI, n’a pas donné suite.

Assimi Goïta s’était rendu personnellement à Farabougou

Le coup est rude, humainement, mais aussi symboliquement.

En octobre 2020, Farabougou est l’un des premiers villages du Mali à avoir été soumis à un intense blocus par les jihadistes du Jnim : assassinats, enlèvements, interdiction de mouvements :  le village était alors devenu le symbole des souffrances des populations maliennes. Le colonel Assimi Goïta, qui était à l’époque vice-président de transition, s’était personnellement rendu à Farabougou, en hélicoptère, pour témoigner du soutien des autorités de transition (le colonel Assimi Goïta n’est officiellement devenu président de transition qu’en juin 2021, après un second coup d’État).

Un an plus tard, en mars 2021, un accord de paix local inédit avait été conclu directement avec le Jnim, ce qui avait permis aux habitants de retourner cultiver leurs champs et d’approvisionner le village.

Présence permanente de l’armée

Mais l’accord n’avait tenu que quelques mois et en février 2022, l’armée s’était finalement déployée à Farabougou où elle maintenait depuis une présence permanente pour sécuriser les habitants. Dans un contexte difficile, « intenable » même selon une source sécuritaire malienne : les jihadistes du Jnim sont très présents et actifs dans le cercle de Niono où se trouve Farabougou, et mènent régulièrement des attaques meurtrières -avec la pose de mines artisanales notamment- contre l’armée et ses supplétifs de Wagner.

Lesquels répondent tout aussi régulièrement, avec des opérations au cours desquelles de nombreuses victimes civiles ont été rapportées et plusieurs charniers découverts. Le dernier exemple remonte à fin novembre, il y a trois semaines : au moins une quarantaine de villageois avaient été exécutés dans des campements et hameaux de la commune de Nampala. Face à la dégradation du contexte sécuritaire et aux risques pour les populations civiles, l’ONG Médecins sans frontières a récemment décidé de retirer ses équipes.

Le calvaire des habitants de Farabougou, et plus globalement de tous les habitants de la zone, vient donc de connaître un nouvel épisode. Les habitants savent que ce ne sera pas le dernier.

Guinée-Bissau: la police bloque l’accès au Parlement

En Guinée-Bissau, un groupe de militants dont des députés de la coalition PAI-Terra Ranka ont été dispersés à coups de grenades lacrymogènes par les forces de l’ordre devant le Parlement, ce mercredi 13 décembre. Les députés ont répondu à l’appel du président de l’Assemblée, Domingos Simões Pereira, également leader de la coalition, qui a décidé de poursuivre les sessions malgré la dissolution de l’Assemblée décidée par décret présidentiel.

L’accès au Parlement était bloqué depuis les premières heures de la matinée par des forces de l’ordre, armés de matraques et de grenades lacrymogènes. Toutes les rues adjacentes étaient également interdites d’attroupement.

Malgré ce dispositif impressionnant, la dizaine de députés de l’opposition accompagnés par des militants visiblement déterminés à franchir les portes de l’hémicycle ont tenté de braver l’interdiction. 

La police est alors entrée en action, lançant des grenades lacrymogènes. Débandade dans les rangs des militants et des députés dont certains ont alors rejoint le siège du PAIGC, à quelques centaines de mètres de l’Assemblée.

Le président du Parlement Domingos Simões Pereira n’est pas sorti de sa résidence placée sous haute surveillance. 

Domingos Simões Pereira considère la décision du président Embalo concernant la dissolution de l’Assemblée nulle et sans effet. Il a appelé les députés de son parti à ne pas se laisser intimider et à poursuivre la résistance.

« Nous disons et continuons à dire que le décret du président qui a dissout le Parlement n’a pas respecté les principes constitutionnels », a déclaré à la presse Armando Mango, porte-parole de la coalition Pai-Terra Ranka. 

Selon lui, l’article 94 stipule clairement que le Parlement ne peut en aucun cas être dissout dans les 12 mois suivant les législatives. « Nous allons poursuivre les sessions », a-t-il affirmé devant le siège de la coalition, juste après avoir subi les tirs de lacrymogène.

Mali: attaque sanglante du Jnim dans le village symbole de Farabougou

Les jihadistes du Jnim, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans, lié à al-Qaïda, ont mené une attaque d’envergure, mardi après-midi 12 décembre, à Farabougou, région de Ségou, dans le centre du Mali. Au moins une quarantaine de soldats maliens et de chasseurs traditionnels dozos auraient été tués dans ce village devenu symbole à la fois des souffrances de la population malienne et des efforts des autorités de transition pour tenter de restaurer la sécurité.

Ils sont arrivés en nombre entre 14 et 15 heures locales, et ont quitté les lieux vers 17 heures.

Entre-temps, les jihadistes de la Katiba Macina du Jnim ont décimé le détachement de l’armée positionné dans le village.

Les jihadistes ont principalement ciblé les soldats maliens et les villageois accusés de collaborer avec eux, notamment les chasseurs traditionnels dozos, qui servent dans la zone de supplétifs aux militaires. Plusieurs sources sécuritaires et civiles locales avancent un bilan de près de cinquante soldats et chasseurs tués (plus d’une vingtaine de soldats, plus d’une vingtaine de chasseurs) et une quinzaine de blessés, mais tous s’accordent à dire qu’il est encore trop tôt : plusieurs dizaines de soldats et de villageois sont toujours portés disparus. On ignore combien ont été tués ou pris en otage, et combien se cachent toujours en brousse.

Camp militaire saccagé et dépouillé

La plupart des habitants ont pu fuir et hier soir, les renforts de l’armée venus de Sokolo ont pénétré dans un village désert. Les jihadistes avaient saccagé le camp militaire, emporté quantité de matériel et détruit ce qu’ils ne pouvaient pas prendre avec eux.

Une source sécuritaire malienne parle de « carnage », pointe l’impossibilité dans ce secteur d’utiliser les vecteurs aériens -en raison vraisemblablement de la topographie de la zone ou encore de la proximité physique immédiate des différents acteurs- et dénonce la présence dans le village d’éléments infiltrés du Jnim.

L’armée n’a pas communiqué sur cette attaque et, sollicitée par RFI, n’a pas donné suite.

Assimi Goïta s’était rendu personnellement à Farabougou

Le coup est rude, humainement, mais aussi symboliquement.

En octobre 2020, Farabougou est l’un des premiers villages du Mali à avoir été soumis à un intense blocus par les jihadistes du Jnim : assassinats, enlèvements, interdiction de mouvements :  le village était alors devenu le symbole des souffrances des populations maliennes. Le colonel Assimi Goïta, qui était à l’époque vice-président de transition, s’était personnellement rendu à Farabougou, en hélicoptère, pour témoigner du soutien des autorités de transition (le colonel Assimi Goïta n’est officiellement devenu président de transition qu’en juin 2021, après un second coup d’État).

Un an plus tard, en mars 2021, un accord de paix local inédit avait été conclu directement avec le Jnim, ce qui avait permis aux habitants de retourner cultiver leurs champs et d’approvisionner le village.

Présence permanente de l’armée

Mais l’accord n’avait tenu que quelques mois et en février 2022, l’armée s’était finalement déployée à Farabougou où elle maintenait depuis une présence permanente pour sécuriser les habitants. Dans un contexte difficile, « intenable » même selon une source sécuritaire malienne : les jihadistes du Jnim sont très présents et actifs dans le cercle de Niono où se trouve Farabougou, et mènent régulièrement des attaques meurtrières -avec la pose de mines artisanales notamment- contre l’armée et ses supplétifs de Wagner.

Lesquels répondent tout aussi régulièrement, avec des opérations au cours desquelles de nombreuses victimes civiles ont été rapportées et plusieurs charniers découverts. Le dernier exemple remonte à fin novembre, il y a trois semaines : au moins une quarantaine de villageois avaient été exécutés dans des campements et hameaux de la commune de Nampala. Face à la dégradation du contexte sécuritaire et aux risques pour les populations civiles, l’ONG Médecins sans frontières a récemment décidé de retirer ses équipes.

Le calvaire des habitants de Farabougou, et plus globalement de tous les habitants de la zone, vient donc de connaître un nouvel épisode. Les habitants savent que ce ne sera pas le dernier.

RFI

MONDE-AFRIQUE-ENVIRONNEMENT / Catastrophes humanitaires liées au climat : 407 millions de personnes impactées en Afrique entre 2020 et 2022

Au total, 407 millions de personnes ont été touchées par des catastrophes humanitaires liées au dérèglement climatique en Afrique entre 2020 et 2022, affirme la Commission économique pour l’Afrique (CEA) dans une nouvelle étude devant être publiée le 18 décembre prochain à Abuja, au Nigéria.

« Les événements catastrophiques induits par le climat ont entraîné de graves crises humanitaires en Afrique. Entre 2000 et 2022, un total de 407,5 millions de personnes en Afrique ont été touchées par des catastrophes naturelles », indique cette étude.

« Au cours de cette période, détaille le document, 4,2 millions de personnes se sont retrouvées sans abri, 53 610 personnes sont mortes et 52 205 ont été blessées ».

Ces données sont contenues dans ce rapport de la CEA intitulé « Renforcer la résilience de l’Afrique aux chocs économiques mondiaux », une étude mettant en exergue la corrélation entre chocs climatiques et le PIB.

« Une augmentation de la température au-delà d’un seuil de 0,7 degré centigrade entraîne une réduction de la croissance du PIB réel. Avec un changement de température de 1,8 degré centigrade, ce qui devrait être le cas d’ici 2030, si les tendances actuelles persistent, nous pourrions nous attendre à une baisse de 2 points de pourcentage de la croissance du PIB réel », alerte le rapport.

Les résultats préliminaires dudit rapport montrent par ailleurs que la fréquence des catastrophes naturelles induit directement une augmentation des niveaux de la dette publique, de sorte qu’ »une augmentation d’une unité des catastrophes naturelles pourrait conduire à une augmentation de 0,25 point de pourcentage du ratio de la dette publique nette par rapport au PIB ».

Le rapport de la CEA propose par ailleurs des indications sur la manière dont les pays africains doivent intégrer le changement climatique dans la conception et la mise en œuvre de leurs stratégies de croissance à long terme.

Il préconise notamment « l’adoption d’une politique industrielle verte » dans la conception et la mise en œuvre des stratégies nationales de développement, de même qu’il recommande « l’émission d’obligations vertes et bleues qui peuvent exclusivement orienter le financement vers des projets ayant des résultats climatiques et environnementaux alignés sur les objectifs de développement durable (ODD) ».

Un an après le sommet Afrique/États-Unis, la Maison Blanche se réjouit d’accords commerciaux «records»

Il y a un an, le 13 décembre 2022, les États-Unis lançaient à Washington un grand sommet avec les chefs d’État africains de plus en plus attirés par la Chine. Pendant trois jours, de nombreux sujets avaient été abordés et des engagements avaient été pris. À l’occasion de cet anniversaire, l’administration américaine fait un premier bilan.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, l’avait dit en conclusion du sommet : le plus dur ne faisait que commencer et il faudrait voir comment les engagements américains seraient tenus sur la durée. Un an plus tard, le Haut directeur pour les Affaires africaines du Conseil de sécurité nationale américain, Judd Devermont, voit beaucoup de positif, rapporte notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin.

L’administration Biden s’était notamment engagée à promouvoir des investissements massifs en Afrique : 55 milliards de dollars en trois ans. Au bout d’une année, en ce mois de décembre 2023, 40% sont déjà effectifs et atteindre les 70% est l’objectif pour l’an prochain.

Des accords « records » avec le continent africain

La Maison Blanche s’est donc félicitée ce mercredi 13 décembre d’avoir conclu cette année des accords commerciaux « records » avec l’Afrique, d’un montant total de 14,2 milliards de dollars. Près de 550 nouveaux accords commerciaux et d’investissement ont été signés, représentant une augmentation de 67% par rapport à 2022 en termes de nombre et de valeur, a déclaré British Robinson, coordinateur de l’initiative commerciale « Prosper Africa » lancée par les États-Unis.

« Nous avons connu une année record pour les relations américano-africaines », a lui aussi souligné Judd Devermont, lors d’une conférence de presse de la Maison Blanche en ligne organisée un an après un sommet avec des dirigeants africains au cours duquel le président américain Joe Biden s’est engagé à « mettre le paquet » sur le continent.

Donner davantage de place aux voix africaines

Autre objectif : aider les voix africaines à se faire entendre. L’Union africaine a désormais sa place à la table du G20. Les États-Unis s’efforcent aussi de s’appuyer sur les organisations régionales, par exemple sur la Cédéao au Niger. Cela n’a pas empêché ce que Washington a mis très longtemps à appeler un coup d’État. Et le président Mohammed Bazoum, largement mis en avant pendant le sommet comme un partenaire exemplaire, reste au secret.

Enfin, Judd Devermont a applaudi les 17 visites de hauts responsables américains en Afrique durant l’année écoulée. Mais il y en a une qui n’a pas eu lieu : celle que Joe Biden avait annoncée sur le continent cette année. Néanmoins, cette promesse non-tenue ne doit pas faire douter de l’engagement américain pour l’Afrique, assure son conseiller.

Cameroun: déjà les grandes manœuvres politiques avant les élections de 2025

Le calendrier électoral n’est pas encore clair au Cameroun, à propos des élections municipales, législatives et présidentielle. En théorie, elles sont prévues pour 2025. Mais les états-majors de certains partis politiques sont déjà fortement mobilisés.

« Le parti a décidé de prendre le taureau par les cornes et de se préparer convenablement et sérieusement aux défis qui pointent à l’horizon. » S’exprimant le 21 octobre 2023, à Ebolowa dans le sud du pays, Jean Nkuete, secrétaire général du comité central, ne pouvait être plus clair sur les enjeux des « tournées régionales » qu’il a conduites à travers le pays, à la tête d’une forte délégation de hiérarques du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir).

Tout au long de ce périple politique, M. Nkuete a attiré l’attention de ses camarades sur le fait qu’« un important chapitre de l’histoire de notre démocratie va s’écrire en 2025 lors du triple scrutin municipal, législatif et présidentiel ». D’où l’exhortation adressée aux responsables, appelés à s’ « assurer de l’inscription sur les listes électorales de toutes les électrices et tous les électeurs, militantes, militants, sympathisants, amis et soutiens du RDPC et du président de la République, son excellence Paul Biya ».

Même si la scène politique camerounaise n’est pas coutumière de pareille effervescence hors des périodes électorales proprement dites, cette démarche du RDPC n’est pas surprenante aux yeux des spécialistes. « L’une des forces du RDPC est d’être attentif au positionnement de ses membres et sympathisants et de s’assurer leur fidélité. Il s’agit de lancer et de roder la machine », explique le professeur Mathias Eric Owona Nguini, socio-politologue à l’Université de Yaoundé II-Soa.

À en croire le professeur Michel Oyane, politologue au sein de la même institution universitaire, « le RDPC, qui est un parti d’État, et non un parti-État, définit ainsi, à travers l’action du secrétaire général du comité central, des technologies démocratiques de mobilisation et de remobilisation afin de demeurer à la tête de l’État du Cameroun. »

Fait notable : ces « tournées » de M. Nkuete se sont déroulées dans un contexte marqué par l’intensification des « appels » des militants du RDPC, en direction de Paul Biya, 92 ans en 2025, afin qu’il se présente à la prochaine élection présidentielle. Une vieille pratique. « Les appels relèvent de la routine. On assiste à une hiérarchisation des divers scrutins, le principal étant l’élection présidentielle. Ce qui ne veut dire pas que les autres scrutins, les législatives et les municipales, ne sont pas importants, au contraire », analyse Owona Nguini, qui ajoute : « À partir du moment où le parti dominant se met en branle, les autres formations politiques considèrent qu’il s’agit d’un signal, et se mettent aussi en branle. »

Reconfigurations dans l’opposition

On est loin du calme plat aussi dans les rangs des forces d’opposition. Depuis l’élection, au mois d’octobre, de Joshua Osih, ex-candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2018, au poste de président du Social Democratic Front (SDF, longtemps principal parti d’opposition), cette formation politique fait face à des défections. Signe parmi d’autres : la démission, annoncée le 7 décembre, de Godden Zama, candidat recalé à l’élection au poste de président national, et qui avait sévèrement critiqué le processus électoral. Avant lui, des militants, en nombre, issus de diverses structures de base établies dans plusieurs régions du pays, et des conseillers municipaux, ont rendu leur tablier.

Fait significatif : ils annoncent, en général, leur adhésion au Front pour le changement du Cameroun (FCC), de Jean-Michel Nintcheu, député et ancien vice-président du SDF, qui affiche son soutien à Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). « Dans les jours qui suivent, je vais aller à la rencontre des femmes et hommes politiques, des personnalités de la société civile pro démocratie, des universitaires, des intellectuels, des femmes et des hommes de culture des dix régions du pays, et de la diaspora pour leur expliquer que c’est un devoir citoyen, un impératif politique et démocratique de soutenir la candidature du président national du MRC, lors de la prochaine présidentielle », annonçait M. Ninctcheu, dans un « appel à la mutualisation des forces du peuple du changement lors des prochaines élections », rendu public le 8 décembre, veille du début du Congrès du MRC.

Déjà, des observateurs s’interrogent sur les incidences politiques, et singulièrement électorales, de ce nomadisme militant sur le SDF. «  Dans certaines régions, on peut prévoir des effets. Il reste à savoir si dans le fief principal du SDF, tout le monde va suivre la logique qui consiste à tourner le dos à ce parti », explique Owona Nguini. Une certitude : en 2025, ou avant, les manœuvres déjà en cours gagneront en intensité.

Rejet du Projet de Loi sur l’Immigration à l’Assemblée Nationale : Une Débâcle Politique pour le Gouvernement

La scène politique française a été secouée lundi avec le rejet par l’Assemblée nationale du projet de loi sur l’immigration, marquant un revers significatif tant pour le ministre de l’Intérieur, Gérard Darmanin, que pour le président Emanuel Macron.

Le ministre Darmanin s’est rendu immédiatement à l’Élysée lundi soir, présentant sa démission au président, qui l’a refusée. Le vote a été serré, avec 270 députés en faveur de la motion de rejet des écologistes et 265 contre. Les groupes Les Républicains (LR) et Rassemblement national (RN) ont annoncé leur intention de soutenir la motion, mettant ainsi fin à tout débat approfondi sur le projet de loi.

Les implications politiques de cette défaite pour le président Macron et son gouvernement demeurent incertaines. Le président a demandé à la Première ministre Elisabeth Borne et au ministre de l’Intérieur de proposer des solutions pour surmonter les « blocages » et parvenir à un texte de loi efficace.

Les réactions de l’opposition ont été vives, avec des députés de gauche et du RN applaudissant debout dans l’hémicycle. Les écologistes ont appelé le gouvernement à retirer définitivement le texte, soulignant qu’une autre réforme était possible.

Le ministre Darmanin, qui espérait rassembler une majorité malgré les avertissements de LR, a échoué dans son entreprise. Les débats sur ce texte, en gestation depuis un an, visaient à faciliter les expulsions des étrangers jugés dangereux tout en permettant la régularisation de travailleurs sans-papiers dans des secteurs en tension.

La majorité des députés LR a voté en faveur de la motion de rejet, soulignant la cohérence de leur position. Marine Le Pen du RN a qualifié le rejet de « désaveu extrêmement puissant pour le gouvernement ».

La suite du parcours législatif du texte reste incertaine, et le gouvernement devra désormais décider s’il abandonne le projet ou s’il poursuit son examen au Sénat. La défaite à l’Assemblée nationale soulève des questions sur la capacité du gouvernement à naviguer dans des questions aussi sensibles que l’immigration.

Côte d’Ivoire: contrôle judiciaire levé pour deux figures de l’opposition

Il semble que les contrôles judiciaires de Maurice Kakou Guikahué et de Pascal Affi N’Guessan, deux opposants majeurs en Côte d’Ivoire lors de l’élection présidentielle de 2020, ont été levés. Les deux politiciens étaient sous enquête pour des accusations telles que « complot contre l’autorité de l’État », « mouvement insurrectionnel », « assassinat » et « actes de terrorisme » liées à leur opposition au troisième mandat controversé du président Alassane Ouattara.

Maurice Kakou Guikahué, numéro deux du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a annoncé que la mesure d’astreinte au conseil judiciaire a été levée le 7 décembre 2023, à la suite d’une requête de ses avocats. De même, Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier ministre et président du Front populaire ivoirien (FPI), a confirmé que son contrôle judiciaire a également été levé.

Les deux opposants avaient annoncé la formation d’un pouvoir parallèle, le Conseil national de transition (CNT), en opposition au troisième mandat d’Alassane Ouattara. Le climat politique tendu pendant l’élection présidentielle de 2020 avait entraîné la mort de 85 personnes.

Depuis leur libération sous contrôle judiciaire, les deux hommes ont suivi des trajectoires politiques divergentes. Pascal Affi N’Guessan s’est rapproché du parti au pouvoir en faisant une alliance pour les élections locales de septembre 2023, tandis que Maurice Kacou Guikahué est resté un cadre du PDCI, le principal parti d’opposition en Côte d’Ivoire.

Référendum constitutionnel au Tchad : la campagne entre dans la dernière ligne droite

À une semaine du vote sur la nouvelle Constitution au Tchad, les partisans du « oui » et du « non » intensifient leurs efforts dans la campagne. Les militants du Mouvement patriotique du salut (MPS), l’ancien parti au pouvoir, ainsi que des partis alliés soutenant la transition, se disent confiants quant à leur victoire. Ils appellent à voter « oui » pour permettre la poursuite rapide du processus constitutionnel et défendent l’idée d’un Tchad uni et indivisible.

Cependant, le camp du « non » reste déterminé, mettant en avant les problèmes engendrés par la position de l’État unitaire, qui, selon eux, a favorisé la formation de rébellions et de conflits. Ils appellent à voter « non » contre la Constitution unitaire proposée, affirmant que cela avantage la propagande antifédéraliste.

Le texte de la nouvelle Constitution, adopté en juin par le Parlement de transition, vise à rétablir l’ordre constitutionnel après la mort de l’ex-président Idriss Déby. Il reprend l’architecture de la loi fondamentale de 1996 et propose une décentralisation avancée plutôt qu’un fédéralisme en réponse à la question centrale de la forme de l’État. Le référendum est prévu pour le dimanche 17 décembre.

Attaque contre un convoi du CICR à Khartoum, au Soudan : deux morts et sept blessés, dont trois employés de l’organisation humanitaire

Dimanche 10 décembre, un convoi du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été attaqué à Khartoum, la capitale du Soudan. L’opération visait à évacuer environ une centaine de personnes vulnérables prises au piège des combats entre l’armée nationale et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF). Le CICR avait coordonné l’évacuation avec les parties en conflit, qui avaient donné leur accord et fourni des garanties de sécurité.

Cependant, lorsqu’il est entré dans la zone d’évacuation, le convoi de six véhicules, tous marqués de l’emblème de la Croix-Rouge, a été pris pour cible. L’attaque a fait au moins deux morts et sept blessés, dont trois employés du CICR. Le chef du CICR au Soudan, Pierre Dorbes, a qualifié l’attaque d' »inacceptable » et a exprimé son choc face au non-respect total de l’emblème de la Croix-Rouge, qui doit être protégé selon le droit humanitaire.

L’armée soudanaise a reconnu être à l’origine des tirs, affirmant que le convoi avait violé l’accord en déviant de la route prévue. Les RSF ont déclaré avoir escorté le convoi jusqu’à la limite de leur territoire, après quoi l’armée aurait ouvert le feu sur les véhicules du CICR.

Cet incident soulève des préoccupations quant à la sécurité des travailleurs humanitaires et met en danger les opérations d’assistance dans des régions touchées par des crises. Une enquête devrait être menée pour identifier les responsables et assurer la sécurité des travailleurs humanitaires. La situation complique également les efforts visant à organiser une rencontre entre les chefs des deux camps d’ici 15 jours.

Soudan : Les Généraux al-Burhan et «Hemedti» Acceptent une Rencontre après le Sommet de l’Igad

Les généraux soudanais Abdel Fattah al-Burhan et Mohamed Hamdan Daglo, surnommé « Hemedti », ont accepté de se rencontrer, selon un communiqué de l’organisation régionale de la Corne de l’Afrique (Igad) à l’issue d’un sommet extraordinaire à Djibouti. Cette annonce représente une percée diplomatique inédite pour l’Igad dans les efforts pour mettre fin à la guerre au Soudan, qui dure depuis sept mois.

Les deux généraux ont convenu de se rencontrer dans les quinze prochains jours, une avancée notable après l’échec des discussions de Djeddah supervisées par Washington et Riyad. Abdel Fattah al-Burhan a participé pour la première fois à ce sommet extraordinaire, tandis que Mohamed Hamdan Daglo s’est entretenu par téléphone avec les chefs d’État de l’Igad, selon le communiqué.

Le général al-Burhan a exprimé son engagement à signer un cessez-le-feu, une proposition acceptée par Mohamed Hamdan Daglo, comme le confirme une lettre publiée sur les réseaux sociaux. Cependant, des divergences subsistent, notamment sur le retrait des combattants des Forces de Soutien Rapide (FSR) et l’arrestation d’anciens cadres du régime précédent.

En parallèle, le gouvernement soudanais a déclaré persona non grata une quinzaine de diplomates émiratis, les accusant de fournir des armes aux FSR. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays. Les diplomates émiratis ont 48 heures pour quitter le Soudan.

Niger: la Cedeao maintient ses sanctions, en posant des conditions à leur allègemen

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de maintenir ses sanctions contre le Niger tout en posant des conditions à leur éventuel allègement. Ces sanctions ont été imposées au Niger après le coup d’État militaire survenu en mars 2021, au cours duquel le président élu Mahamane Ousmane a été renversé.

La CEDEAO, qui est une organisation régionale composée de pays d’Afrique de l’Ouest, a insisté sur la nécessité de restaurer un ordre constitutionnel au Niger. Les sanctions comprennent des restrictions sur les mouvements des membres du gouvernement de transition et des militaires qui ont pris le pouvoir, ainsi que des sanctions économiques.

L’annonce de la CEDEAO indique qu’elle est prête à envisager un allègement des sanctions si le Niger remplit certaines conditions, notamment la nomination d’un gouvernement de transition inclusif, la libération des personnes détenues illégalement depuis le coup d’État, et le respect des engagements en faveur du retour à un ordre constitutionnel.

La situation politique au Niger demeure donc sous la surveillance de la CEDEAO, qui cherche à encourager la restauration de la stabilité politique et constitutionnelle dans le pays.

DEUX DRONES VENANT DU YÉMEN ABATTUS PAR UNE FRÉGATE FRANÇAISE EN MER ROUGE

Une frégate française patrouillant en mer Rouge a abattu deux drones provenant du nord du Yémen, dans une zone sous contrôle des rebelles Houthis, qui ont proféré des menaces dans le cadre du conflit entre Israël et le Hamas.

Une interception périlleuse mais couronnée de succès. Ce dimanche 10 décembre, l’état-major des armées a annoncé que deux drones en provenance du Yémen ont été interceptés et détruits par une frégate française patrouillant en mer Rouge.
La structure militaire française a notamment indiqué que ces drones, provenant d’une région contrôlée par les rebelles Houthis, se dirigeaient vers la frégate. «L’interception et la destruction de ces deux menaces caractérisées» ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, à 110 kilomètres des côtes yéménites, à la hauteur de Hodeida, port du nord du Yémen sous contrôle des rebelles.
UN SOUTIEN À DISTANCE POUR LE HAMAS
Ces derniers ont menacé samedi d’attaquer tout navire dans la mer Rouge se dirigeant vers Israël si la population de la bande de Gaza ne recevait pas une aide d’urgence. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux avant l’annonce française, les Houthis ont déclaré qu’ils «empêcheraient le passage des navires se dirigeant vers l’entité sioniste» si les habitants du territoire palestinien, bombardé par Israël depuis deux mois, ne recevaient pas plus d’aide humanitaire, comme de la nourriture et des médicaments.
Une menace bien accueillie par le Hamas, qui a salué cette décision «courageuse et audacieuse» des rebelles yéménites. «Nous appelons les pays arabes et musulmans à user de toutes leurs capacités, sur la base de leurs responsabilités historiques et par esprit chevaleresque, pour lever le siège de Gaza», a indiqué l’organisation dans un communiqué.

 Au cours des dernières semaines, les Houthis s’en sont pris à de nombreux navires au large des côtes du Yémen, mais également à Israël, en lançant une série de drones et de missiles en direction du pays. Des engins interceptés en masse par le pays, mais également par des navires de guerre américains.

Gaza: les efforts « se poursuivent » en vue d’une trêve (Qatar)

Les efforts de médiation en vue d’une trêve dans la guerre entre Israël et le Hamas palestinien dans la bande de Gaza se poursuivent en dépit des bombardements israéliens incessants qui « réduisent les possibilités », a affirmé dimanche le Premier ministre du Qatar.

« Nos efforts, déployés par l’Etat du Qatar conjointement avec nos partenaires, se poursuivent. Nous n’abandonnerons pas », a assuré Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani lors du Forum de Doha.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée par le Hamas le 7 octobre sur le sol israélien depuis la bande de Gaza. Selon les autorités israéliennes, 1.200 personnes, en majorité des civils, ont été tuées lors de cette attaque au cours de laquelle environ 240 personnes ont été enlevées. Les bombardements israéliens menés en représailles sur la bande de Gaza ont fait plus de 17.700 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Le Qatar a joué un rôle clé dans les négociations ayant abouti à une trêve de sept jours fin novembre, au cours de laquelle des dizaines d’otages israéliens ont été échangés contre des prisonniers palestiniens, jusqu’à la reprise des combats le 1er décembre.

Les Etats-Unis, principaux alliés d’Israël dans cette guerre, ont mis vendredi leur veto à une résolution appelant à un cessez-le-feu.

« Nous allons continuer, nous sommes déterminés à faire libérer les otages, mais nous sommes également déterminés à arrêter la guerre », a encore dit le Premier ministre qatari.

Mais, a-t-il concédé, « nous ne voyons pas la même volonté de la part des deux parties » et « la poursuite des bombardements réduit nos possibilités ».

– « Paralysie » de l’ONU –

S’exprimant avant lui lors du même évènement, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déploré la « paralysie » des Nations unies face à la guerre, disant regretter que le Conseil de sécurité n’ait pas voté en faveur d’un cessez-le-feu.

M. Guterres a estimé que le Conseil de sécurité était « paralysé par des divisions géostratégiques », compromettant sa capacité à trouver des solutions à la guerre.

« L’autorité et la crédibilité du Conseil de sécurité ont été gravement compromises » par sa réponse tardive au conflit, une atteinte à sa réputation aggravée par le veto américain, a-t-il déploré.

« J’ai réitéré mon appel à déclarer un cessez-le-feu humanitaire (…) malheureusement, le Conseil de sécurité a échoué à le faire », a encore regretté M. Guterres.

« Je peux promettre que je ne renoncerai pas », a-t-il ajouté, alertant sur « un risque grave d’effondrement du système humanitaire ».

Dans une allocation virtuelle, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a pour sa part déclaré que Moscou avait condamné l’attaque du Hamas du 7 octobre, mais que « nous ne pensons pas qu’il soit acceptable d’utiliser cet événement pour infliger une punition collective à des millions de Palestiniens ».

Participant également au Forum de Doha, le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a estimé que les Etats-Unis devraient être « tenus responsables » de la mort de civils à Gaza, après leur veto.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Aymane Safadi, a lui accusé Israël d’entraîner la région « plus profondément dans l’océan de la mort ».

« Israël pense simplement qu’il peut le faire, qu’il n’a pas de comptes à rendre », a-t-il affirmé.

Le sommet de la Cédéao s’ouvre à Abuja avec le Niger et les sanctions au cœur des discussions

Les chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao se retrouvent dimanche 10 décembre lors du sommet de l’instance. Parmi les sujets à l’ordre du jour figurent les transitions en cours au Mali, au Burkina et en Guinée – les trois pays membres suspendus de l’organe -, mais il sera aussi largement question du Niger. Le pays est sous le coup de sanctions et le président renversé Mohamed Bazoum est toujours détenu. Un important volet économique devrait être également évoqué.

Lorsqu’il est arrivé dans le hall d’un hôtel d’Abuja, le président togolais Faure Gnassingbé s’est dirigé vers l’ascenseur. Derrière lui, on reconnaissait son aide de camp avec une mallette en main. Dans cette petite valise, il y a notamment le schéma de sortie de crise que proposent les militaires de Niamey : la durée de la transition, le sort réservé au président renversé Mohamed Bazoum ou encore les sanctions qui frappement durement le Niger, rapporte notre envoyé spécial à Abuja, Serge Daniel.

Le général Abdourahamane Tiani a fait ces propositions via le chef d’État togolais, qui l’a reçu à Lomépeu avant le sommet d’Abuja.

Dans même hôtel de la capitale nigériane, un peu plus loin, une autre silhouette connue : celle de Ouhoumoudou Mahamadou, premier ministre du président nigérien renversé. Sauf changement de dernière minute, c’est lui et non le représentant de la junte au pouvoir qui va s’asseoir dans le fauteuil et derrière le drapeau du Niger.

Les transitions laborieuses au Mali, au Burkina Faso et en Guinée seront également d’autres sujets politiques sur la table. À Bamako, la date de la présidentielle devrait en principe être rapidement connue, ce qui serait un bon point, analyse un diplomate.

Dans le cas du Burkina Faso et de la Guinée, les chefs d’États ou leurs représentants parleront de la durée des transitions politiques et de la place accordée localement dans le débat aux formations politiques légalement créés.

Des ONG demandent une exemption dans les sanctions pour l’aide humanitaire

Avec leur plan de sortie de crise, les militaires de Niamey veulent notamment que les sanctions visant le Niger soient levées. Ces sanctions rendent la distribution humanitaire au Niger pratiquement impossible : plusieurs milliers de camions sont bloqués aux frontières du pays, alors que 4,3 millions de personnes ont un besoin urgent d’assistance, selon les signataires.

Dans ce contexte, un groupe de 11 ONG opérant au Niger – dont Action contre la faim et Oxfam – demande une exemption humanitaire aux sanctions de l’organisation sous régionale. Cette exemption a été rappelée par la commission fin août à trois pays frontaliers (Togo, Bénin, Nigéria). Mais faute de cadre juridique clair et d’inscription dans le cadre légal de ces sanctions, l’aide a beaucoup de mal à cheminer jusqu’aux humanitaires, dont les programmes tournent au ralenti.

Selon Mohammed Chikhaoui, le représentant des ONG internationales au Niger, la conséquence du manque de cette exemption est que « les produits nécessaires à l’assistance humanitaire – que ce soit des médicaments, de la nourriture ou de l’assistance nutritionnelle pour les enfants malnutris – sont considérés comme des marchandises quelconque et donc ne bénéficient pas d’un laissez-passer spécial pour pouvoir entrer au Niger. »

Mohammed Chikhaoui, le représentant des ONG internationales au Niger, déplore que « jusqu’ici, seulement six camions humanitaires ont pu passer la frontière, ce qui démontre que le seul corridor, passant via le Burkina Faso, n’est pas viable »

L’inflation, la sécurité et le projet de monnaie commune

Du côté des sujets économiques, les dirigeants ouest-africains devront se pencher sur l’inflation qui frappe la plupart des pays de la zone. Plusieurs économies sont en grande souffrance. Ils pourraient se prononcer sur des mesures communes, réfléchies lors du dernier Conseil des ministres de la communauté économique l’Afrique de l’Ouest,rapporte notre correspondant à Abuja, Moïse Gomis.

Impossible pour les chefs d’État de faire l’impasse sur la situation sécuritaire, avec ces groupes armés qui frappent le Sahel et le Nigeria. Mais des mouvements terroristes qui débordent désormais sur les pays côtiers. Les leaders auront à lire un rapport rédigé par les services de renseignements de la zone. Plus de 10 millions d’habitantes et d’habitants de la Cédéao sont désormais soit réfugiés ou soit déplacés internes.

Le projet de monnaie commune eco devrait être également abordé. L’an dernier, un rapport qui n’a jamais fuité avait été présenté à la conférence des chefs d’État. Ce document proposait différents scénarios tenant compte des réalités et poids économiques de chaque État membre. L’enjeu de ce 10 décembre est bien de savoir si un chronogramme va enfin être lancé pour une monnaie pour les 15 pays ouest-africains.

Élections en RDC : Moïse Katumbi promet de faire de Kinshasa la plus belle capitale d’Afrique

L’article rapporte que l’opposant Moïse Katumbi a tenu un meeting de campagne à Kinshasa, critiquant le bilan du président sortant Félix Tshisekedi, qui est candidat à sa propre succession lors des élections en République démocratique du Congo (RDC). Moïse Katumbi était accompagné de quatre candidats qui se sont désistés en sa faveur.

L’opposant a critiqué la gouvernance du président sortant, qualifiant sa gestion de « chaotique » et soulignant des scandales de corruption ainsi que des promesses non tenues, notamment sur les plans social, économique et sécuritaire. Il a posé des questions rhétoriques à la foule, demandant si le président Tshisekedi avait réussi à baisser les prix des denrées alimentaires, à réaliser les promesses de construction du métro à Kinshasa, à créer des emplois, etc.

Moïse Katumbi a exprimé son ambition de faire de Kinshasa la plus belle capitale d’Afrique avec des infrastructures modernes. Il a promis de réduire le train de vie des institutions politiques, de supprimer le bureau de la première dame, et de renoncer à son salaire s’il est élu. Il a également appelé ses partisans à rester aux sites de vote jusqu’à l’affichage des résultats pour contrer ce qu’il qualifie de « fraude planifiée ».

Les élections en RDC approchent, et les candidats intensifient leurs efforts de campagne à dix jours de la fin officielle de la campagne électorale.

Mali: la Minusma a quitté la base de Mopti

La mission onusienne au Mali Minusma a définitivement quitté ce vendredi 8 décembre sa base de Mopti-Sévaré, dans le Centre. Les derniers Casques bleus qui y étaient présents sont arrivés en fin de journée à Gao, et les derniers civils à Bamako. L’armée malienne et ses supplétifs de Wagner étaient déjà présents à Mopti, située dans une zone où les rebelles du CSP n’ont aucune prétention. Aucune attaque n’a été rapportée au cours de cette évacuation, déroulée sans heurts. Mopti était la dernière base onusienne restante avant la fin officielle de la mission.

Au total, 47 organisations de la société civile de Mopti et plusieurs services décentralisés de l’État malien se sont vu offrir du matériel, notamment des générateurs ou équipement de bureau. Ce sont des cadeaux d’adieu de la Minusma, après neuf années de présence des Casques bleus des contingents sénégalais, togolais, égyptiens ou encore bangladais.

Située au cœur de la zone d’influence de la Katiba Macina du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (Jnim), lié à al Qaïda, Mopti-Sévaré était l’une des plus importantes des 12 bases de la Minusma au Mali – 13 si l’on compte Bamako. La base avait d’ailleurs subi en avril dernier une lourde attaque terroriste. C’est la partie occupée par l’armée malienne et ses supplétifs de Wagner qui avait principalement été visée.

Fin officielle de la Minusma et début de la phase de « liquidation »
Mopti laissée derrière elle, la Minusma actera lundi prochain, au cours d’une cérémonie officielle dans son quartier général de Bamako, la fin de ses activités au Mali, soit trois semaines avant la date limite du 31 décembre.

À ce jour, plus de 10 500 salariés civils et militaires de la Minusma ont quitté le pays. Environ 3 000 doivent encore suivre.

Certains resteront cependant présents à Gao, Tombouctou et Bamako pour la phase de « liquidation » qui commencera le 1er janvier, conformément à la résolution sur laquelle les Nations unies et les autorités maliennes de transition se sont accordées en juillet dernier. Inventaires, fermetures de contrats, transferts d’équipements vers d’autres missions de maintien de la paix dans le monde : durant cette phase, qui devrait durer plusieurs mois, la Minusma ne disposera plus d’aucun mandat.

La Céni en RDC réclame des moyens supplémentaires pour le déploiement du matériel électoral en vue des élections du 20 décembre 2023

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) en République démocratique du Congo (RDC) a confirmé la tenue des élections au 20 décembre 2023. Cependant, elle fait face à des difficultés, notamment le déploiement du matériel électoral. Pour assurer le bon déroulement du scrutin, la Céni a demandé au président de la République l’octroi de quatre avions Antonov et de dix hélicoptères pour acheminer le matériel électoral dans toutes les localités du pays.

La Céni justifie cette demande en soulignant que les quelques avions disponibles dans le pays sont utilisés par les différents candidats pendant la période de campagne électorale, et qu’il existe une pénurie de carburant. Denis Kadima, président de la Céni, a expliqué que, dans des conditions normales, les moyens de transport ordinaires tels que les bateaux ne sont pas suffisants, et que les importations doivent se faire par avion, entraînant des coûts importants.

Bien que la Céni soit à plus de 90% prête en termes de déploiement, avec la plupart du matériel devant arriver au plus tard le 10 décembre, la course contre la montre pour acheminer ces équipements à l’intérieur du pays est une préoccupation. Denis Kadima reste optimiste quant à la tenue des élections à la date prévue, soulignant que la situation actuelle n’est pas inédite et que les élections se font généralement en grande vitesse.

La Lucha (Lutte pour le changement), principal mouvement citoyen en RDC, a lancé une campagne appelant au « vote utile », incitant les citoyens à sanctionner les autorités et députés qui ont échoué dans leur mission. La campagne, intitulée « Il a dit, il n’a pas fait », s’étend sur tout le territoire congolais, appelant les citoyens à voter de manière responsable pour promouvoir une culture de sanction envers les responsables politiques défaillants.

Gabon: Le Premier ministre de transition présente son discours de politique générale devant les députés

Le Premier ministre de transition du Gabon, Raymond Ndong Sima, a présenté son discours de politique générale devant les députés le 7 décembre. Il a appelé à la patience, soulignant les réformes en cours et à venir, tout en rappelant les échéances de la transition, y compris un dialogue national en avril, un référendum à la fin de 2024, et des élections en août 2025. Ndong Sima a souligné l’importance de régler les questions politiques pour faciliter la prise de décisions économiques. Certains députés ont exprimé leur soutien tout en relayant les préoccupations des citoyens sur des questions telles que le code électoral, le chômage, la pauvreté et le coût de la vie.

Aide militaire à l’Ukraine : Au plus bas depuis l’invasion russe, les engagements chutent de 90%

L’institut de recherche allemand Kiel Institute a révélé que l’aide militaire internationale à l’Ukraine atteignait son plus bas niveau depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Les engagements pris entre août et octobre 2023 ont chuté de près de 90 % par rapport à la même période en 2022, représentant le montant trimestriel le plus bas depuis le début de la guerre.

Les données de l’institut montrent que les nouveaux engagements sur cette période s’élèvent à 2,11 milliards d’euros, indiquant une nette diminution de la dynamique de soutien. Depuis le début de la guerre, les promesses d’aide militaire, financière et humanitaire à l’Ukraine totalisent près de 255 milliards d’euros, avec des engagements à court terme de 182 milliards.

L’institut souligne que sur les 42 pays donateurs suivis, seuls 20 se sont engagés sur de nouveaux packages d’aide entre août et octobre 2023. Les perspectives sont incertaines, notamment en raison du blocage de l’aide américaine au Congrès et des réticences de certains pays européens à débourser davantage. Le président Poutine pourrait renforcer sa position en cas de nouveaux retards dans le soutien international à l’Ukraine.

La Cour de justice de la Cédéao juge « irrecevables » les requêtes du Niger contre les sanctions

La Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a déclaré « irrecevables » les requêtes déposées par l’État nigérien et sept autres parties contestant les sanctions imposées par l’organisation après le coup d’État du 26 juillet qui a renversé Mohamed Bazoum. La Cour estime que les représentants actuels de l’État du Niger, composés de militaires ayant pris le pouvoir par la force, ne sont pas reconnus par la Cédéao ni par les protocoles signés par le Niger. Les requêtes des autres parties ont également été jugées irrecevables. Le fond du dossier ne sera pas examiné, mais la question des sanctions contre le Niger devrait être discutée lors d’un sommet de la Cédéao prévu à Abuja.

Coup dur pour le Cameroun à quelques semaines de la CAN

L’équipe nationale camerounaise a subi un coup dur à quelques semaines du début de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Côte d’Ivoire 2023, prévue du 13 janvier au 11 février. Après l’annonce du forfait d’Ignatius Ganago, une autre déception survient avec la blessure de Bryan Mbeumo.

Bryan Mbeumo, un joueur clé dans le schéma de Rigobert Song, s’est blessé lors du match opposant son club, Brentford, à Brighton lors de la 15e journée de Premier League, qui a eu lieu le mercredi 6 décembre. La nature de la blessure n’a pas encore été précisée, mais des détails supplémentaires sont attendus avec un communiqué de Brentford. La blessure de Mbeumo ajoute une dimension préoccupante aux préparatifs de l’équipe camerounaise pour la CAN 2023.

Nationaliste : Le dernier refuge des populistes ( Par Alassane K. KITANE )

Faire croire à des sénégalais que le nationalisme est la voie salvatrice pour avoir des emplois et la sécurité est une supercherie dont les fondements ne sont rien d’autre que l’ignorance et la fantaisie de l’orgueil. On s’accroche souvent à des mots quand la dureté du réel nous repousse et nous révèle nous innommable impuissance.

Faire croire à des sénégalais que c’est à cause des Guinéens et autres qu’ils n’ont pas d’emploi, c’est encore de l’ignorance arrogante. Les Guinéens font des boulots qui répugnent à la convenance des sénégalais, de même que les
Sénégalais font majoritairement en Europe des boulots que les autochtones ne veulent pas faire. La politique migratoire sénégalaise souple et humaniste n’est pas tombée du ciel, elle traduit notre histoire, notre culture et notre projet panafricain. Arrêtez de dire des bêtises à la télé.

Même dans l’espèce Schengen le visa et autres titres de séjour ne sont pas requis. Si maintenant le projet est d’exiger la réciprocité aux Etats européens, il faut au préalable produire une industrialisation et une richesse locales capables d’offrir des emplois aux jeunes. Le nationalisme ne peut pas prospérer au Sénégal, c’est juste une roue de secours pour des égarés idéologiques. Les Africains ne sont pas des étrangers au Sénégal, c’est le choix des pères fondateurs qui ne sont pas des ignorants contrairement à beaucoup de prétentieux qui prétendent pourvoir nous gouverner.

Le Sénégal est devenu un pays dangereux parce que l’opinion y fait office de science. Le propre de l’opinion c’est qu’elle traduit une imposture intellectuelle en ceci qu’elle prend une portion du réel pour tout le réel. L’opinion est prétentieuse, manichéenne et surtout mensongère. L’opinion réclame tout pour elle, elle cible l’aspect du réel qui l’arrange et en fait des extensions qui lui permettent de tout expliquer, de tout valoriser ou déprécier comme l’explique François Châtelet dans ce passage de son live dédié à Platon :

« Au fond, ce que l’opinion ignore, c’est qu’elle prend pour la totalité du réel ce qui est donné dans la partialité de ses perspectives. Avec des exemples, elle invente des faits, alors qu’elle a constitué ses exemples d’une façon contingente, à partir du hasard de ses rencontres empiriques et des intérêts que suscitent ses désirs et ses passions. Ce qu’elle nomme réel, c’est l’imaginaire qu’elle élabore à partir des bribes de réalité que laisse subsister sa perception obscurcie. Par cette dernière, elle se laisse guider – par elle et par ses appétits sensibles. Car tel est bien le statut de l’opinion : au lieu de rechercher ce qui est effectivement réel, elle​
s’abandonne à ce qui la satisfait immédiatement. Les appétits par lesquels elle est gouvernée lui signalent des « valeurs » qu’elle recueille comme les seules acceptables et dont elle fait les pivots de ses discours… »

L’opinion est injuste, brutale et illégitime : elle ne va jamais dans les profondeurs, elle n’analyse le réel que par ses ombres. Quand on devient adepte ou prisonnier de l’opinion, on ne cherche plus la vérité, on se contente de la
persuasion, de l’adhésion des foules et ce, quel que soit le niveau de leur ignorance ou de leur barbarie. L’opinion est la plus dangereuse des opiums, car elle empêche de penser. Elle dresse une partie de la foule contre une autre par un apprivoisement qui passe par le verbe prophétique.

Prôner le nationalisme dans un pays exsangue, un pays qui ne peut ni se nourrir ni se soigner, ce n’est pas sérieux. Le nationalisme n’a jamais résolu les problèmes d’un pays. C’est en nous, dans nos comportements, dans nos façons de
vivre et de penser qu’il faut combattre les chaînes qui nous empêchent de nous développer. Ce discours populiste relayé par des foules est symptomatique de la grave décadence de notre société. Nous ne voulons jamais endosser notre part de responsabilité dans les maux qui nous arrivent, nous cherchons toujours des boucs émissaires. L’homme politique qui nous sauvera ne sera pas un nationaliste (cette précarité intellectuelle qu’on voile par des mots), il sera plutôt un homme courageux et libre. Ce sera un homme capable de regarder les Sénégalais dans les yeux pour leur dire : « nous sommes gravement malades et je vous propose une cure collective et individuelle. Cette cure ne sera pas commode, elle sera même amère, mais elle est nécessaire ».

Malheureusement, il y a trop de vautours qui rôdent autour du pouvoir parce qu’ils ont le pressentiment que celui-ci est devenu une carcasse à ronger ou à se disputer. On a l’impression que la quête du pouvoir donne un visa de
permissivité totale ; que quand on se déclare candidat, on n’est plus astreint à une quelconque valeur ou norme.

Cameroun: le président gabonais de transition reçu par Paul Biya lors d’une visite éclair

Brice Clotaire Oligui Nguema, le président de la transition et chef de l’État gabonais, était mercredi à Yaoundé au Cameroun. Une visite qui s’est inscrite dans le sillage de plusieurs rencontres ces derniers mois avec les chefs d’État de la sous-région CEEAC. Tournée que le nouvel homme fort du Gabon a entrepris depuis sa prise de pouvoir à Libreville. Il s’est ainsi longuement entretenu avec Paul Biya, sur la situation politique du Gabon notamment.

Le tête-à-tête entre Paul Biya et Brice Clotaire Oligui Nguema, point d’orgue de cette visite éclair du président de la transition et chef de l’État gabonais au Cameroun, a duré un peu plus de deux heures. Les deux hommes d’État, selon une source à la présidence camerounaise, avaient manifestement à se dire. Mais au sortir de cette longue audience, Brice Clotaire Oligui Nguema n’a fait aucune déclaration.

Quelques indiscrétions glanées dans l’entourage du président Paul Biya ont laissé entendre que la situation interne au Gabon, depuis la chute le 30 août d’Ali Bongo Ondimba a fortement préoccupé le président camerounais. Brice Clotaire Oligui Nguema est revenu sur les motivations qui ont conduit au coup de force et présenté les axes de travail de la transition qu’il conduit jusqu’à l’organisation des prochaines élections démocratiques dans ce pays.

Le président camerounais se serait aussi préoccupé de la situation du président déchu et de ses proches, selon notre source. Une évaluation des rapports de coopération entre les deux pays qui ont en partage près de 300 kilomètres de frontières commune a aussi été faite.

Des entretiens « cordiaux et fructueux » a finalement résumé Paul Biya lui-même dans un tweet après cette audience.

Au sortir de celle-ci, les clichés des photographes ont capté le sourire satisfait de l’hôte du jour, dont la visite, quoique brève a suscité un certain engouement auprès des Yaoundé, curieux de voir le nouvel homme fort du Gabon.  Brice Clotaire Oligui Nguema a quitté Yaoundé à 19h, pour un retour direct à Libreville.

Rfi

Mali-Niger: avec la fin des conventions fiscales, «les Maliens de France seront les premiers touchés»

Le Mali et le Niger ont dénoncé mardi 5 décembre les conventions fiscales passées avec la France qui permettaient, depuis une cinquantaine d’années, d’éviter aux particuliers comme aux entreprises de payer des impôts – sur les revenus ou la succession par exemple – à la fois dans le pays de résidence et dans celui d’activité. En clair, il s’agissait d’éviter cette double imposition. Bamako et Niamey ont décidé de mettre un terme à ces conventions dans les trois mois. Une mesure économique, censée renflouer les caisses de ces deux États, mais également très politique.

Cette double dénonciation constitue d’abord un énième message de défi adressé à Paris. Les autorités maliennes de transition et le CNSP nigérien la justifient par « l’attitude hostile persistante de la France ». Aucun détail, mais l’argument est récurrent et fait toujours mouche auprès des soutiens des militaires qui ont pris le pouvoir dans ces deux pays.

Après la dénonciation des accords de défense, ou encore la suspension réciproque des délivrances de visas – pour ce qui concerne le Mali –, la suppression de ces conventions fiscales est une nouvelle étape du détricotage des liens unissant ces pays à la France désormais honnie.

Harmonisation des pays de l’AES

Éloignement d’un côté, rapprochement de l’autre : après avoir lancé il y a deux mois et demi l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont annoncé il y a trois jours leur volonté de créer une confédération et même, à terme, une fédération. Aucune échéance n’a été annoncée, mais les trois pays multiplient les actes de rapprochement. En supprimant les conventions fiscales qui les lient à la France, le Mali et le Niger se mettent en harmonie avec le Burkina, qui avait déjà pris cette décision au mois d’août.

Fait inhabituel et notable : Bamako et Niamey ont fait leur annonce ensemble, dans un communiqué conjoint. Le weekend dernier, c’est le Niger et le Burkina qui s’étaient mis en « conformité » avec le Mali en quittant la coalition militaire du G5 Sahel, ce que Bamako avait fait en mai de l’année dernière.

Mais cette décision n’est pas seulement politique : en rompant ces conventions fiscales, Bamako et Niamey entendent combler « un manque à gagner considérable pour le Mali et le Niger ». Les conséquences seront multiples, pour les entreprises et les particuliers français travaillant dans ces deux pays, mais également pour leurs propres ressortissants installés en France. 

Rfi

Coup d’État en Guinée Bissau : L’armée expose des armes saisies

Ce mercredi, l’armée bissau-guinéenne a captivé l’attention en présentant un arsenal imposant, comprenant des fusils automatiques, des lance-roquettes et des munitions. Ces armes sont prétendument issues d’une saisie effectuée lors d’une tentative de coup d’État qui aurait eu lieu entre le 30 novembre et le 1er décembre.

Le général Biague Na Ntam, chef d’état-major, a présenté ces armes lors d’une conférence de presse au siège de l’état-major à Bissau. Ces armements auraient été principalement saisis sur des membres de la Garde nationale lors des affrontements de la semaine dernière et des opérations de ratissage qui ont suivi.

Au moins deux décès en Guinée-Bissau

Les affrontements entre la Garde nationale et l’armée ont entraîné au moins deux décès dans la capitale, et le président Umaro Sissoco Embalo a qualifié la situation de tentative de coup d’État. En réaction, il a annoncé la dissolution du Parlement, accentuant la crise politique dans ce petit pays, déjà confronté à une instabilité chronique. Le président a également déclaré l’organisation de nouvelles élections à une date non précisée.

Cependant, l’opposition en Guinée Bissau, dirigée par Domingos Simoes Pereira du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), a vivement contesté cette dissolution. Pereira a souligné que, malgré la tentative de coup d’État, la Constitution stipule que le Parlement ne peut être dissous dans les douze mois suivant son élection. Il a dénoncé un « coup d’État constitutionnel », signalant le déploiement de forces de sécurité à l’Assemblée nationale.

Simultanément à la dissolution du Parlement, le président Embalo a maintenu le Premier ministre en fonction tout en reprenant les portefeuilles de l’Intérieur et de la Défense. Le chef de l’armée a annoncé que la Garde nationale serait désormais sous le contrôle des militaires, accentuant davantage les tensions au sein du gouvernement et de la société bissau-guinéenne. La situation reste volatile, avec des inquiétudes croissantes quant à l’avenir politique et à la stabilité du pays.

Senenews

Covid-19 : Boris Johnson se dit «profondément désolé» pour les familles des victimes

«Je suis profondément désolé pour la douleur, les pertes et la souffrance» des victimes et leur famille, a déclaré l’ex-premier ministre en ouverture de sa très attendue audition publique, qui doit durer deux jours.

L’ancien premier ministre britannique Boris Johnson a fait part de sa compassion envers les familles des victimes du Covid, pour «la douleur, les pertes et la souffrance», lors de son audition par l’enquête publique sur la pandémie de Covid-19. «Je suis profondément désolé pour la douleur, les pertes et la souffrance» de ces victimes et leur famille, a dit Boris Johnson au tout début de son audition, prévue pour durer deux jours. Le Covid a tué plus de 232.000 personnes au Royaume-Uni.

Seneweb

Campagne référendaire au Tchad: les boycotteurs accusent le pouvoir de les empêcher de faire campagne

Au Tchad, alors que la campagne est en cours partout dans le pays en vue du référendum constitutionnel du 17 décembre, les politiques appelant au boycott du scrutin affirment qu’on les empêche de mener leur campagne, de faire des réunions publiques. La police déchirerait les affiches selon eux.

Nos soutiens sont empêchés de faire campagne, explique Max Kemkoye, du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), joint par François Mazet, de la rédaction Afrique.

« Un des nôtres avait fait une demande, il y a presque deux semaines, pour qu’on lui concède la salle. Nous en venons aujourd’hui à demander l’arbitrage du ministre de la Culture.

Nos gars, qui sont en mission à l’intérieur du pays, sont systématiquement empêchés, [ainsi qu’à] l’intérieur de la ville-capitale Ndjamena, aujourd’hui. C’est ce que nous avons fait constater par une escouade de huissiers. Avec nos affiches qui sont démontées, ces gens-là s’emploient systématiquement à nous saborder, à faire en sorte que nous ne puissions pas nous exprimer librement.

Ils veulent complètement nous invisibiliser, ils veulent nous effacer. C’est peine perdue, nous sommes là, en face d’eux. Il s’agit d’une élection référendaire donc l’égalité de compétition doit être de mise, en plus de l’égalité de décompte.

Nos soutiens sont empêchés de faire campagne, explique Max Kemkoye, du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), joint par François Mazet, de la rédaction Afrique.

« Un des nôtres avait fait une demande, il y a presque deux semaines, pour qu’on lui concède la salle. Nous en venons aujourd’hui à demander l’arbitrage du ministre de la Culture.

Nos gars, qui sont en mission à l’intérieur du pays, sont systématiquement empêchés, [ainsi qu’à] l’intérieur de la ville-capitale Ndjamena, aujourd’hui. C’est ce que nous avons fait constater par une escouade de huissiers. Avec nos affiches qui sont démontées, ces gens-là s’emploient systématiquement à nous saborder, à faire en sorte que nous ne puissions pas nous exprimer librement.

Ils veulent complètement nous invisibiliser, ils veulent nous effacer. C’est peine perdue, nous sommes là, en face d’eux. Il s’agit d’une élection référendaire donc l’égalité de compétition doit être de mise, en plus de l’égalité de décompte.

Les autorités n’étaient pas disponibles hier mardi pour commenter ces accusations. Le GCAP compte néanmoins mettre en place une caravane de campagne dans la capitale en cette fin de semaine et organiser un meeting samedi 9 décembre.

La campagne officielle pour le référendum constitutionnel du 17 décembre 2023 a été lancée le 25 novembre. Le texte, adopté en juin par le parlement de transition, reprend l’architecture consensuelle de la loi fondamentale de 1996, et sur la question centrale de la forme de l’État, promet une décentralisation avancée plutôt qu’un fédéralisme.

Rfi

Le président de transition gabonais attendu au Cameroun pour renouer les liens

Brice Clotaire Oligui Nguema, le président de la transition gabonaise est en visite  ce mercredi 6 décembre 2023 à Yaoundé au Cameroun. Une visite attendue de longue date, depuis la prise de pouvoir de ce général au palais de la rénovation de Libreville. Brice Oligui Nguema s’était en effet déjà rendu chez tous ses homologues de la sous région, sauf à Yaoundé où il va rencontrer ce mercredi après-midi en tête-à-tête, le président Paul Biya.

L’avion de Brice Clotaire Oligui Nguema est prévu pour se poser à 11h, en fin de matinée à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen. Le nouvel fort du Gabon arrive à Yaoundé pour la première fois drapé de son manteau de président de la transition et chef de l’État gabonais, un peu plus de  trois mois après sa prise de pouvoir à Libreville.

Pourquoi tant de temps alors le général président a, dès à peine sa prestation de serment, fait le tour de la quasi-totalité des capitales de la sous région ? Une source proche du gouvernement camerounais répond que « chaque chose vient en son temps ».  Et là où certains observateurs spéculaient sur une certaine crispation des relations entre Yaoundé et Libreville depuis le coup de force du 30 août qui a mis un terme au règne des Bongo et que Yaoundé avait formellement condamné, la même source ajoute qu’il y a une longue tradition d’amitié entre les deux pays et qu’il n’y a jamais eu de rupture dans leurs relations.

À Yaoundé, Oligui Nguema aura un tête-à-tête très attendu avec le président Paul Biya, à 15h, dans l’après-midi. Comme dans les précédentes étapes de son périple en Afrique centrale, il va sans doute justifier à son hôte les motivations du coup de force qui l’a porté au pouvoir mais aussi réchauffer les liens de coopération entre les deux pays. La partie camerounaise pour sa part justifie cette rencontre au sommet par l’impératif de maintenir « un dialogue constructif » entre Yaoundé et Libreville, ainsi qu’avec tous les pays de la sous région.

En prélude à cette visite, le Haut commissaire du Gabon au Cameroun a invité la communauté gabonaise à se mobiliser et à réserver le meilleur des accueils à leur président. Brice Oligui Clotaire Oligui Nguema passera à peine quelques heures en terre camerounaise. Juste après son audience avec le président Paul Biya, le général président de la transition et chef de l’État gabonais reprendra directement le chemin retour pour Libreville.

Rfi

Italie : plus de 15 000 Sénégalais travaillent dans les champs agricoles

Sur les 362 000 étrangers travaillant dans les campagnes italiennes, 16 229 sont sénégalais.

D’après le site « lavocediasti » repris par Vox populi concernant l’analyse du « Dossier statistique de l’immigration », ces Sénégalais constituent la 5e communauté étrangère dans les champs italiens.

La communauté la plus présente est roumaine avec 78 214 employés. Elle est suivie par celle indienne, forte de 39 021 travailleurs agricoles. Au nombre de 38 051, les Marocains sont troisièmes.

Les 35 474 Albanais sont quatrièmes. Après les Sénégalais, les Pakistanais occupent la 6e place avec 15 095 membres, suivis des Tunisiens, qui sont 11 071, et des 11 894 Nigérians.

Seneweb

Racisme : Christophe Galtier suscite la controverse avec des propos choquants !

Selon des informations de L’Équipe, d’anciens joueurs de Nice et des membres du staff ont témoigné contre Christophe Galtier, l’accusant de se plaindre de l’origine de certains joueurs et de leur pratique du ramadan. À dix jours du procès, le quotidien révèle les déclarations faites à la police par les joueurs et le staff de l’OGC Nice. L’entraîneur, par le biais de ses avocats, nie toute forme de harcèlement ou de discrimination.

Interrogé en garde à vue au printemps 2023, Christophe Galtier nie avoir proféré de tels propos. L’ancien entraîneur du Paris Saint-Germain rejette également l’idée d’avoir sélectionné des joueurs en fonction de leur religion ou de leur race. Ce mardi, L’Équipe dévoile une partie des auditions menées par les enquêteurs après la révélation d’un mail de Julien Fournier, alors directeur du football de Nice, à Dave Brailsford, directeur du sport d’Ineos (propriétaire de l’OGC Nice). Dans ce mail, Fournier aurait mentionné une discussion où il aurait invité à « tenir compte de la réalité de la ville » et exprimé des réticences quant à la diversité de l’équipe. 

Toujours d’après les informations de L’Équipe, Frédéric Gioria, ancien adjoint de Galtier à Nice, aurait assuré avoir entendu Galtier raconter une anecdote sur une remarque au restaurant, mentionnée dans le mail de Fournier à Brailsford. Une autre facette sensible de l’enquête concerne l’agacement présumé de Galtier à l’égard de la pratique du ramadan par certains joueurs. Jean-Clair Todibo aurait déclaré que l’entraîneur l’aurait poussé à rompre son jeûne, une plainte partagée par Hicham Boudaoui et Pablo Rosario. Des témoins, comme Khephren Thuram ou Youcef Atal, n’auraient pas été témoins de telles scènes, démentant ainsi les allégations de Galtier. Certains joueurs, dont Todibo, affirment également avoir été qualifiés de salafistes par leur entraîneur.

Salma

Messi désigné sportif de l’année par le magazine Time

La superstar argentine, Lionel Messi, a été désigné sportif de l’année par le magazine Time mardi, pour son impact sur le football américain depuis qu’il a rejoint l’Inter Miami cet été.
« Messi a réussi ce qui semblait impossible: faire des Etats-Unis un pays de football », écrit le magazine.
Récompensé d’un huitième Ballon d’Or fin octobre, Messi (36 ans) a quitté en juillet le Paris Saint-Germain pour rejoindre l’Inter Miami, club co-dirigé par David Beckham, sept mois après son titre de champion du monde conquis fin 2022 avec l’Argentine.
« Ma première option était de retourner à Barcelone, mais ce n’était pas possible. Il est aussi vrai que j’ai envisagé ensuite le championnat saoudien, une compétition puissante qui peut devenir importante dans le futur dans un pays que je connais », explique Messi à Time.
« C’était finalement l’Arabie Saoudite ou la MLS, et les deux options m’intéressaient », poursuit +La Pulga+
Vainqueur de la Leagues Cup en août après son arrivée, le premier trophée du club, Messi a ensuite enchaîné les absences alors que l’Inter Miami a échoué à se qualifier pour les play-offs du championnat.
En 2024, en plus de la MLS, l’Argentin sera attendu à la Copa America en juin et juillet aux Etats-Unis. Le tirage au sort est prévu jeudi.
Messi n’a pas fermé la porte à une éventuelle participation à une 6e Coupe du monde en 2026, disputée aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada.

Niger: les nouvelles autorités annoncent la fin de deux missions de l’Union européenne

Au Niger, les nouvelles autorités ont annoncé lundi 4 décembre mettre fin à deux missions de défense et de sécurité de l’Union européenne dans le pays. Annonce faite au moment où une délégation russe se trouvait à Niamey, et moins de deux semaines après que le Parlement européen a adopté une résolution pour condamner le coup d’État et exiger la libération de Mohamed Bazoum, le président renversé le 26 juillet.

Au Niger, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) continue de reconfigurer ses partenariats, et met peu à peu fin aux liens avec ses partenaires occidentaux qui avaient été tissés par le régime déchu. Après avoir demandé le départ des soldats français, et s’être rapproché du Mali et du Burkina Faso dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel, Niamey a donc annoncé ce lundi mettre un terme à deux missions européennes qui étaient présentes dans le pays.

La première : EUCAP Sahel Niger. Une mission civile de 120 personnes, en cours depuis une dizaine d’années, axée sur un soutien à la sécurité intérieure nigérienne, notamment pour la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et la migration irrégulière. Elle « a entraîné plus de 20 000 éléments des forces de sécurité intérieure », rappelle le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Elle a six mois pour quitter le pays. La seconde est la mission de coopération militaire de l’Union européenne, EUMPM, lancée il y a moins d’un an en appui à la lutte contre le terrorisme.

L’UN « regrette » cette décision

L’Union européenne a réagi ce mardi et dit « regretter » cette décision prise par Niamey. « L’Union européenne regrette la décision prise par la junte de dénoncer l’accord établissant la base juridique de déploiement de la mission européenne EUCAP Sahel Niger et de la mission de coopération militaire EUMPM », a déclaré ce mardi Josep Borrell dans un communiqué. L’UE avait toutefois déjà suspendu toute coopération en matière de sécurité et défense avec le Niger après le coup d’État.

Il a ajouté que l’UE en tirerait « les conséquences opérationnelles qui s’imposent ». Interrogée sur ce que cela entraînait concrètement, une porte-parole du chef de la diplomatie européenne n’a pas voulu donner plus de détails.

Coopération renforcée avec la Russie

Comme le Burkina Faso, le Niger a par ailleurs acté il y a quelques jours sa sortie du G5 Sahel et a abrogé la loi de 2015 sur la migration. Au moment où le Niger rompt ces accords avec les Européens, il renforce sa coopération militaire avec la Russie.

Plusieurs documents « dans le cadre de ce renforcement » ont été signés ce lundi 4 décembre à Niamey, à l’occasion de la visite d’une délégation conduite par le vice-ministre russe de la Défense, qui a été reçu par le chef du CNSP, le général Tiani.

Rfi

[En direct] Intenses bombardements dans le sud de la bande de Gaza, les hôpitaux submergés

Après des semaines de combat contre le Hamas dans le nord de Gaza, l’armée israélienne intensifie ce mardi son déploiement dans le sud du territoire, faisant craindre un « scénario encore plus infernal » pour les civils, selon les Nations unies. Khan Younes, ville où ont été déplacés un grand nombre de Palestiniens du Nord, est désormais la cible de l’armée israélienne. Les ONG humanitaires ne cachent plus leur désespoir face à la situation dans l’enclave palestinienne.

Ce qu’il faut retenir :

■ La trêve à Gaza a volé en éclats vendredi matin, le 1ᵉʳ décembre.

■ L’armée israélienne a déplacé son offensive vers la moitié sud du territoire. Des dizaines de chars, de transports de troupes et de bulldozers israéliens sont entrés dans cette partie de Gaza, au niveau de la grande ville de Khan Younes, proche de la frontière avec l’Égypte. L’hôpital Nasser, le plus grand de Khan Younes, a reçu mardi matin des dizaines de blessés.

■ Le Qatar demande au Conseil de sécurité de l’ONU de forcer Israël à revenir à la table des négociations sur la guerre à Gaza, a déclaré ce mardi l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, lors d’un sommet du Conseil de coopération du Golfe à Doha.

■ « Un scénario encore plus infernal est sur le point de se réaliser, auquel les opérations humanitaires ne pourront peut-être pas répondre », a déclaré la Coordinatrice humanitaire de l’ONU pour les Territoires palestiniens.

■ Plus de 15 900 Palestiniens, dont 70% de femmes et d’enfants, ont été tués dans les frappes israéliennes sur Gaza depuis le 7 octobre, a déclaré lundi 4 décembre le ministère de la Santé de la bande de Gaza. Le nombre de blessés s’élève à plus de 42 000 Palestiniens. Depuis le 7 octobre, plus de 1 200 Israéliens ont été tués.

■ Durant la trêve, 110 otages – 86 Israéliens et 24 étrangers – ont été libérés par le Hamas, selon le décompte d’Israël. De son côté, Israël a libéré 240 prisonniers palestiniens ; 136 otages restent détenus à Gaza, selon l’armée israélienne.

Rfi

CAN féminine 2024 (Éliminatoires) : Les Lionnes à 90 minutes de la qualification pour Maroc 2024

La sélection féminine du Sénégal affronte son homologue d’Égypte, le mardi 5 décembre 2023, au stade Al Salam du Caire, dans l’optique de décrocher une deuxième qualification consécutive en Coupe d’Afrique des Nations (CAN)-Maroc 2024.

Après avoir étrillé l’Égypte à Thiès (0-4), l’équipe féminine du Sénégal tentera d’obtenir un bon résultat au Caire pour décrocher le ticket pour la CAN 2024.

Les protégées du sélectionneur Mame Moussa Cissé sont attendues à mettre beaucoup d’intensité et d’impact physique sur ce match capital, comme elles l’avaient fait à l’aller en inscrivant deux buts encore en seconde période pour se mettre à l’abri.

La bande à la capitaine Korka Fall devra être très prudente dans les 90 minutes de combat si l’on sait que c’est très difficile de jouer en terre égyptienne.

Le technicien sénégalais reconnaît que son équipe va falloir «se battre» pour ne pas «perdre» ce match-là face aux protégées de Riham Abdelhakim. «Nous avons nos atouts et on va jouer avec. Les équipes Maghrébines savent bien jouer et si on leur laisse des espaces, elles vont jouer leur jeu et peuvent faire mal à tout moment. Nous avons nos qualités et nos forces pour jouer. On va essayer de marquer à l’extérieur ce qui nous fera du bien», a soutenu Mame Moussa Cissé.

À l’aller, Marième Babou (25’), Nguénar Ndiaye (29’), Hapsatou Malado Diallo (68’) et Mbayang Sow (88’) avaient marqué les buts de la victoire.

Cheikh Demba NDIAYE

Programme 2ème tour retour

Mardi 5 décembre 2023

Stade Al Salam Caire

16h00 Égypte / Sénégal (0-4)

Liste des 23 Lionnes

Gardiennes (3) : Adji Ndiaye, Tenning Sène, Fatou Diop

Défenseures (8) : Mbayang Sow, Anta Dembélé, Ndèye M. Lohourignon, Noelie Mendy, Wolimata Ndiaye, Meta Camara, Maty Cissokho, Marième Babou.

Milieux (6) : Safiétou Sagna, Bineta Korkel Seck, Marie V. N. Fatou Ndiaye, Korka Fall (Dakar SC), Sadigatou Diallo (USPA), Fatoumata Dramé

Attaquantes (6) : Nguenar Ndiaye, Coumba Sylla Mbodj, Mama Diop, Hapsatou Malado Diallo, Haby Baldé, Jeanne Coumba Niang

Stade

Guinée-Bissau: le président Embalo dissout le Parlement après la «tentative de coup d’État»

Il avait dénoncé « une tentative de coup d’État » ce samedi : le président Umaro Sissoco Embalo reprend la main à Bissau, trois jours après des affrontements qui ont semé la panique dans la capitale, dans la nuit de jeudi à vendredi 1er décembre. Ce lundi matin, le président bissau-guinéen a décidé de dissoudre le Parlement, dominé par l’opposition.

Une réunion du Conseil d’État a été convoquée au palais présidentiel, à l’initiative du président Umaro Sissoco Embalo, ce lundi matin. Parmi les membres de ce Conseil, tous les représentants des grands corps de l’État, le président de la Cour suprême, le président de l’Assemblée nationale, Domingos Simoes Pereira, et le Premier ministre Geraldo Martins, ainsi que les leaders des partis politiques.

À l’ordre du jour : la dissolution de l’Assemblée nationale, annoncée ce lundi par le président Embalo, trois jours après des événements qu’il a qualifiés de « tentative de coup d’État », qui entraîne mécaniquement une dissolution du gouvernement de cohabitation. 

Cette option était plus qu’envisagée tant il est vrai que, depuis les élections législatives de l’été dernier, la cohabitation est des plus dures et complexes entre le chef de l’État et le Parlement d’opposition victorieux au sein de la plate-forme de l’Alliance inclusive-Terra Ranka. La tentative de coup d’État de la semaine dernière, provoquée par un interrogatoire de police à l’encontre de deux ministres de cette opposition, en est l’illustration.

Dans ce qui est, actuellement, une cohabitation politique entre le président Bissau Guinéen et l’Assemblée nationale majoritairement composée d’opposants politiques, c’est un joli bras de fer constitutionnel qui se profile. 

En effet, peu de temps après l’annonce de cette dissolution, le président de l’Assemblée nationale, Domingos Simoes Pereira (le meilleur ennemi politique d’Embalo) déclarait que cette dissolution n’avait aucune légitimité. La Constitution, explique-t-il, interdit la dissolution du Parlement avant six mois d’exercice. Or, l’Assemblée actuelle n’a que trois mois d’existence. 

Un détail qui n’a pas l’air de soucier le président Embalo qui, aussitôt l’annonce faite, redistribuait les postes au sein de son gouvernement de cohabitation, Umaro Sissoco Embalo s’attribuant les portefeuilles de la Défense et de l’Intérieur tandis qu’il confie à son Premier ministre, Geraldo Martins, celui des Finances en lui renouvelant « sa confiance.». 

En effet, peu de temps après l’annonce de cette dissolution, le président de l’Assemblée nationale, Domingos Simoes Pereira (le meilleur ennemi politique d’Embalo) déclarait que cette dissolution n’avait aucune légitimité. La Constitution, explique-t-il, interdit la dissolution du Parlement avant six mois d’exercice. Or, l’Assemblée actuelle n’a que trois mois d’existence. 

Un détail qui n’a pas l’air de soucier le président Embalo qui, aussitôt l’annonce faite, redistribuait les postes au sein de son gouvernement de cohabitation, Umaro Sissoco Embalo s’attribuant les portefeuilles de la Défense et de l’Intérieur tandis qu’il confie à son Premier ministre, Geraldo Martins, celui des Finances en lui renouvelant « sa confiance.». 

Nouveau scrutin législatif

Tandis qu’ils étaient interrogés, des éléments de la Garde nationale ont fait irruption dans les locaux de la police judiciaire, jeudi soir dernier, pour les libérer. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des affrontements avec les éléments de la Garde nationale, retranchés dans une caserne du sud de la capitale Bissau, et les forces spéciales de la Garde présidentielle ont éclaté, faisant au moins deux morts.

Une ingérence des forces de sécurité intolérable pour le président Embalo, qui a donc décidé de faire table rase du paysage politique actuel en provoquant un nouveau scrutin législatif. Des élections anticipées pour tenter de ramener un peu de sérénité dans le pays et d’équilibre entre législatif et exécutif.

« La date des prochaines élections législatives sera fixée le moment opportun, conformément aux dispositions […] de la Constitution », indique ce lundi un décret présidentiel communiqué à la presse. Le président Embalo invoque la « complicité » entre la Garde nationale et « certains intérêts politiques au sein même de l’appareil d’État ».

« Après cette tentative de coup d’État menée par la Garde nationale et devant les preuves fortes de l’existence de complicités politiques, le fonctionnement normal des institutions de la République est devenu impossible. Ces faits confirment l’existence d’une grave crise politique », a-t-il ajouté.

Rfi

Angleterre: Le défenseur de West Ham, Kurt Zouma, victime d’un cambriolage

Dans un communiqué publié ce lundi, le club de football anglais West Ham a révélé que Kurt Zouma a été victime d’un cambriolage samedi alors qu’il se trouvait à son domicile. Les Hammers promettent une récompense pour toute personne en mesure de donner des informations sur les malfaiteurs. Les Hammers apportent leur soutien à Kurt Zouma. Absent dimanche du match de Premier League entre West Ham et Crystal Palace pour « raisons personnelles », le défenseur français a été victime d’un cambriolage la veille alors qu’il se trouvait à son domicile en compagnie de sa famille.

Dans un communiqué ce lundi, West Ham a invité « toute personne ayant des informations relatives à l’identité des cambrioleurs à se manifester ». Le club promet même une récompense de 25.000 livres sterling, soit plus de 29.000 euros, pour ceux qui seraient en mesure de faire avancer l’enquête. Une adresse mail a été donnée dans cette démarche et les messages seront ensuite relayés à la police. 

Saliou

Golden Boy 2023: Jude Bellingham sacré devant Jamal Musiala et Lamine Yamal

La ville de Turin accueille, ce lundi soir, la 21ème édition des Golden Boy Awards. A l’instar des autres cérémonies du type, plusieurs distinctions sont attribuées au cours de la soirée. Le journal italien Tuttosport a listé un total de douze catégories pour cette nouvelle année, organisée à l’OGR Torino en présence de nombreux médias internationaux dont Foot Mercato mais également des représentants de joueurs et de clubs. Si Jude Bellingham a bien remporté la plus haute distinction devant Jamal Musiala (2ème) et Lamine Yamal (3ème), d’autres joueurs peuvent se réjouir de figurer dans le classement des 20 meilleurs jeunes joueurs de moins de 21 ans. Dans la catégorie «Golden Player», c’est l’attaquant norvégien de Manchester City, Erling Haaland, qui remporte ce trophée, récompensant le meilleur joueur de la saison passée. Il succède ainsi à l’international français, Karim Benzema, qui avait gagné lors de la précédente édition l’année passée, pour le 20ème anniversaire des Golden Boy Awards. 

Salma

Mauritanie : Le verdict vient de tomber pour l’ancien président Mohamed Ould Abdelaziz

L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz a été condamné à 5 ans de prison et à la confiscation de ses biens pour enrichissement illicite et blanchiment. La décision de la Cour criminelle chargée des crimes de corruption a surpris, car elle ne correspond pas aux réquisitions initiales du procureur, qui demandait 20 ans de réclusion. Les coaccusés d’Aziz, y compris ses anciens Premiers ministres et son gendre, ont reçu des peines avec sursis et la confiscation de leurs biens.

Mohamed Ould Abdelaziz, président de la Mauritanie de 2009 à 2019, a été accusé de corruption, blanchiment d’argent, et d’autres délits financiers, ayant accumulé une fortune estimée à 90 millions de dollars. Tout au long du procès, il a nié les accusations, affirmant avoir déclaré son patrimoine à son entrée et sortie de fonction, et dénonçant un complot politique. Cependant, la cour a rejeté son argument d’immunité présidentielle, concentrant l’attention sur les preuves de sa culpabilité.

Lors de sa dernière intervention le 27 novembre, Aziz a accusé son successeur, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, d’être impliqué dans les fonds détournés, allégation réfutée par l’entourage de Ghazouani. Aziz a prétendu que ces fonds étaient en réalité des dons en espèces liés à la campagne présidentielle de 2019.

La condamnation d’Aziz a été suivie de près à l’étranger, où ses soutiens ont exprimé leur mécontentement. Des figures militaires en exil ont annoncé la création d’un Front national pour le changement, visant à influencer la présidentielle de 2024. Cependant, cette initiative n’a pas eu d’impact significatif à Nouakchott.

Salma

Mali: l’armée affirme avoir repoussé quatre attaques jihadistes

L’armée malienne a affirmé dimanche avoir repoussé quatre attaques « terroristes » dans quatre localités du nord du pays, dont une dans la ville de Ménaka, encerclée par les jihadistes de l’Etat islamique. « Les Forces armées maliennes (Fama) ont repoussé successivement des attaques terroristes contre quatre postes (militaires) dans les localités de Labbezagan, Gossi, Tessalit et Ménaka », dit un communiqué publié dimanche soir. 

A Ménaka, ville importante du nord-est du Mali proche de la frontière nigérienne, « malgré une concentration importante de combattants terroristes décidés à en découdre avec nos forces, les Fama leur ont infligé une sanglante défaite avec la neutralisation de plusieurs dizaines de terroristes et l’interpellation d’une vingtaine », a assuré l’armée malienne. 
L’antenne-relai de l’opérateur de téléphonie Orange-Mali dans la ville a été endommagée lors de l’attaque, selon un fonctionnaire du gouvernorat, rendant les communications sur place très difficiles. La collecte et la vérification de l’information est compliquée par la difficulté d’accès à des sites éloignés et à des sources indépendantes dans un contexte globalement dégradé. Le Mali est en proie depuis 2012 aux agissements des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique, aux violences des groupes proclamés d’autodéfense et au banditisme. 
La crise sécuritaire se double d’une crise humanitaire et politique profonde. Le nord en particulier est en proie depuis août à une intensification des confrontations militaires. Le retrait de la mission de l’ONU, poussée vers la sortie par la junte au pouvoir, a déclenché une course pour le contrôle du territoire entre l’armée, les jihadistes et les séparatistes qui ont repris les armes contre l’Etat central. 
La crise sécuritaire dans ce pays dirigé par une junte depuis 2020 s’est propagée au centre ainsi qu’au Burkina Faso et au Niger voisins, deux pays également aux mains de régimes militaires depuis des coups d’Etat respectivement en 2022 et 2023.

Attaque à Paris: l’assaillant avait prêté allégeance à l’État islamique dans une vidéo

S’exprimant en langue arabe dans cette vidéo, Armand Rajabpour-Miyandoab, un Franco-Iranien de 26 ans, apportait « son soutien aux jihadistes agissant dans différentes zones », a déclaré en conférence de presse Jean-François Ricard. « Cette vidéo était notamment mise en ligne sur son compte X (ex-Twitter) », ouvert début octobre et qui comportait « de nombreuses publications sur le Hamas, Gaza et plus généralement la Palestine », selon le magistrat.

La mère de l’assaillant, un Franco-Iranien de 26 ans, avait fait remonter aux autorités qu’elle s’inquiétait pour son fils qui « se repliait sur lui-même », a rapporté en conférence de presse Jean-François Ricard.

Armand Rajabpour-Miyandoab était fiché pour radicalisation islamiste après avoir été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme, à la suite d’un projet d’action violente en 2016 dans le quartier d’affaires de la Défense, dans l’ouest de Paris.

L’homme de 26 ans, né à Neuilly (Hauts-de-Seine) en 1997, présentait des troubles psychiatriques, a également déclaré le procureur devant la presse. Une enquête a été ouverte des chefs « d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes d’atteintes aux personnes », a-t-il également précisé.

Darmanin réclame que les autorités puissent «demander une injonction de soins»

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a réclamé dimanche soir que les autorités « puissent demander une injonction de soins » pour une personne radicalisée suivie pour troubles psychiatriques afin de prévenir des passages à l’acte comme celui de l’assaillant du pont Bir Hakeim. « Ce qu’il faut sans doute changer – on l’a vu autour de la Première ministre (Elisabeth Borne) -, c’est que le pouvoir public, les préfets, les policiers puissent demander, exiger une injonction de soins, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui », a-t-il poursuivi.

L’assaillant « est adhérent à l’islam radical et il est malade psychiatrique. Il avait arrêté les soins à la demande de certains médecins », a déclaré M. Darmanin. Le ministre de l’Intérieur s’exprimait sur TF1 à l’issue d’une réunion à Matignon consacrée à la sécurité.

Les investigations ont été confiées à la police judiciaire de Paris et la Direction générale de la Sécurité intérieure.

Soulignant que les « policiers n’étaient pas des médecins », il a fait valoir qu’ils avaient « à gérer des personnes aux troubles psychotiques et adhérant à l’islam radical ». Le ministre a insisté sur le fait que la France était « durablement sous le coup de la menace islamiste radicale ». « Il faut avoir une réponse pénale extrêmement ferme », a-t-il ajouté.

Cette attaque au couteau a des répercussions mondiales. Le lieu tout d’abord, près de la tour Eiffel, connue partout dans le monde et symbole de la France. Cette attaque s’est déroulée à Paris à moins d’un an des Jeux olympiques. Et enfin, en raison de la nationalité de la victime et des blessés. Un jeune touriste germano-philippin tué et un touriste britannique blessé à l’œil par un marteau. 

Exécutif sous pression

Le gouvernement se retrouve donc plus que jamais sous pression pour contrer la menace terroriste. À la demande du président de la République, Elisabeth Borne a tenu une réunion sécuritaire en fin de journée ce dimanche. Étaient convoqués le garde des sceaux Eric Dupond-Moretti, le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran et le ministre de l’Intérieur.

Gérald Darmanin, en première ligne après cette nouvelle attaque terroriste, estime qu’il n’y a pas eu de faille dans le suivi de l’assaillant par les services antiterroristes. Droite et extrême droite n’ont pas tardé à réagir. En déplacement à Florence, le président du RN a proposé de rouvrir le débat sur la rétention de sûreté en France.

RDC: début du retrait de la Force de l’EAC avec un premier groupe kényan

La force de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a entamé, ce dimanche 3 décembre, son départ de la République démocratique du Congo (RDC). Un premier groupe d’une centaine de militaires kényans a quitté Goma à 5h00, heure locale, à destination de Nairobi.

Le 24 novembre, à l’issue d’un sommet de la communauté est-africaine, en Tanzanie, la RDC avait annoncé ne pas renouveler le mandat de la force de l’EAC, présente au Nord-Kivu, qui arrive à terme le 8 décembre alors que la force est très critiquée.

C’est un premier départ dans la lignée de ce qui avait été annoncé, après le sommet de l’EAC, en novembre dernier, explique-t-on côté kényan. Le chef d’état-major de l’armée kényane était en visite à Goma, vendredi 2 novembre, où il a félicité ses troupes pour leur travail dans le Nord-Kivu. Il les a appelés à rester « vigilants » alors que la force entame une « période de transition ».

Les premiers soldats est-africains sont arrivés à Goma, il y a tout juste un an, pour faire face à la résurgence de la rébellion du M23, mais la force régionale est très critiquée en RDC. Kinshasa l’accuse de ne pas avoir réussi à résoudre le problème pour lequel elle était déployée et lui reproche de ne pas avoir contraint les rebelles à déposer les armes.

Aujourd’hui, les combats continuent entre le M23, l’armée congolaise et des milices d’auto-défense. Un soldat kényan de l’EAC a d’ailleurs été tué par des éclats d’obus, en octobre dernier. Pour ne pas laisser de vide sécuritaire après le retrait de la force est-africaine, Kinshasa compte sur le déploiement de troupes de la SADC, la communauté d’Afrique australe, mais leur arrivée ne s’est pas encore concrétisée.

Le calendrier pour la suite du retrait des troupes de l’EAC de la RDC n’a, lui, pas été communiqué.

Par ailleurs, Kinshasa a aussi demandé le départ « accéléré », à partir de janvier 2024, de la mission de l’ONU, la Monusco, présente en RDC depuis 1999. Elle comprend environ 14 000 casques bleus, mais est, elle aussi, accusée d’inefficacité.

Rfi

A New York, un homme tue quatre membres de sa famille, blesse deux policiers avant d’être abattu

Quatre membres d’une même famille ont été tués au couteau dans la nuit de samedi à dimanche à New York par un proche, qui a ensuite blessé deux policiers sur place avant d’être abattu, ont annoncé dimanche les autorités.

Aucune des motivations du suspect n’ont pour l’instant été établies par les enquêteurs, qui semblent privilégier à ce stade une affaire familiale.
Le drame a eu lieu dans un quartier éloigné du centre de la mégapole, Far Rockaway, où les services de police ont été appelés à l’aube dimanche par l’une des victimes, « une jeune femme disant qu’un cousin était en train de tuer des membres de sa famille », a décrit un responsable policier, le chef Jeffrey Maddrey.
Arrivés près de la résidence, deux policiers ont croisé un homme et l’ont interrogé. L’individu de 38 ans les a alors attaqués et blessés au couteau, avant qu’un des policiers ne lui tire dessus et le blesse mortellement.
Sur place, alors qu’un incendie s’était déclaré dans la résidence, la police a d’abord découvert une enfant de 11 ans grièvement blessée devant la maison, qui est décédée ensuite à l’hôpital. A l’intérieur, dans deux chambres, trois autres personnes décédées ont été retrouvées, « un enfant de 12 ans, une femme de 44 ans et un homme d’une trentaine d’années », a indiqué le chef des inspecteurs de la police de New York, Joseph Kenny.
Une autre victime âgée de 61 ans, grièvement blessée, a été hospitalisée.
Les policiers blessés ont également été hospitalisés mais leurs jours ne sont pas en danger, selon la police.
Le suspect, un habitant de l’arrondissement du Bronx, était connu de la police pour une précédente affaire de violences familiales.

L’assaillant de la Tour Eiffel, converti à l’islam radical avec des troubles psychiatriques

Le jeune Franco-Iranien qui a poignardé à mort un touriste près de la Tour Eiffel à Paris était sorti il y a trois ans de prison, condamné pour préparation d’un acte terroriste. Présentant des troubles psychiatriques, il affichait une relation fluctuante à l’islam radical.

Armand Rajabpour-Miyandoab, 26 ans, né près de Paris de parents réfugiés iraniens chez qui il vivait en banlieue parisienne, a été arrêté samedi soir après avoir tué un touriste de nationalité allemande et philippine, et blessé légèrement deux hommes à coups de marteau.
En 2016, il avait déjà été interpellé pour un projet d’attentat dans le quartier d’affaires de La Défense, à la périphérie ouest de Paris.
Alors étudiant en biologie, il avait également formé le projet de rejoindre le groupe Etat islamique en zone irako-syrienne et entretenait des contacts avec « trois terroristes récidivistes », d’après le tribunal de Paris qui l’a jugé en mars 2018.
Condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis, pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme, Armand Rajabpour-Miyandoab avait retrouvé la liberté en 2020 après quatre ans de détention.
Fiché pour radicalisation islamiste (FSPRT), selon une source proche de l’enquête, il avait suivi un traitement médical psychiatrique tout au long de sa détention et après sa sortie, où il était placé sous contrôle judiciaire renforcé visant à prévenir des actes de terrorisme.
« Les premiers mois étaient encourageants », il semblait s’être « détaché de la religion » après sa remise en liberté, selon une source sécuritaire.
Mais samedi, peu après 21H00 (20H00 GMT), au moment de l’attaque près du pont Bir Hakeim enjambant la Seine, il a crié « Allah akbar » à plusieurs reprises, selon le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

– « Auto-déradicalisé » –
Armand Rajabpour-Miyandoab s’était « intéressé » à l’islam en 2014 puis s’y était converti après avoir rencontré l’année suivante un jihadiste, Maximilien Thibaut, par l’intermédiaire d’un site de graffitis, selon la justice.
Il se définissait comme « salafiste », selon un de ses amis de lycée, qui l’a dépeint en 2016 comme « clairement pour l’idéologie de l’organisation de l’Etat islamique ».
« Son besoin de repères » avait accéléré la radicalisation, avait estimé, au cours de l’enquête en 2017, un psychologue l’ayant suivi, « l’Etat islamique lui donnant notamment des critères directifs de son mode de vie ».
Lors de son interpellation en 2016, il affirmait pourtant: « Je me suis radicalisé et auto-déradicalisé ». « Je ne suis plus musulman mais je m’intéresse quand même à ce qui se passe là-bas », disait-il, en référence à la Syrie.
En juin de la même année, le jeune homme faisait encore des recherches en ligne sur « des bombes au phosphore » ou sur Adel Kermiche, assassin du père Hamel assassiné par deux islamistes en pleine messe à Saint-Etienne-du-Rouvray (ouest), selon la justice.
Confrontré à ses contradictions, il avait reconnu avoir « encore des idées noires » – « l’attentat de Nice ne (lui) a pas déplu » – et estimait avoir « besoin d’un suivi ».
Le 14 juillet 2016 à Nice (sud-est), un Tunisien avait foncé dans la foule avec son camion, tuant 86 personnes et en blessant plus de 400, attaque revendiquée par l’EI.
En 2020, selon le magazine L’Obs, il s’était présenté au commissariat après la décapitation du professeur Samuel Paty en octobre pour signaler qu’il avait échangé avec l’assaillant Abdoullakh Anzorov, un jeune jihadiste, sur les réseaux sociaux deux semaines plus tôt. Il avait alors été placé en garde à vue, mais n’avait pas été poursuivi.
A nouveau, il y avait assuré être devenu « anti islamistes radicaux ou non-radicaux » après son passage en prison.
Cet homme à la personnalité « très influençable », « très instable », avait suscité à nouveau des inquiétudes à partir de 2022, selon la source sécuritaire.

– « Aucune dangerosité » –
Après son arrestation samedi soir, il a déclaré aux policiers « qu’il en voulait à ce qui se passait à Gaza, que la France serait complice de ce que faisait Israël. Il aurait dit qu’il en avait marre de voir des musulmans mourir, tant en Afghanistan qu’en Palestine », selon le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.
Les enquêteurs vont aussi se pencher sur son suivi médical.
En mars 2022 il avait arrêté son traitement médicamenteux (neuroleptique), en accord avec son médecin, selon une source proche de l’enquête. Mais en août 2022, une expertise psychiatrique avait conclu à une injonction de soins, un mois plus tard par un juge, selon la même source.
Dans ses rapports successifs, le médecin coordonnateur n’avait pas conclu à la nécessité de reprendre un suivi médicamenteux. Le 21 avril dernier, il notait « aucune dangerosité d’ordre psychiatrique identifiée ».
Armand Rajabpour-Miyandoab avait, par ailleurs, une activité numérique importante.
Très peu de temps avant son attaque, une vidéo de revendication de son acte a été postée sur les réseaux sociaux. Il y évoque notamment « l’actualité, le gouvernement ou le meurtre de musulmans innocents ». Il porte un bonnet noir, des lunettes de soleil noires, une longue barbe noire et un masque chirurgical et s’y exprime en arabe.

Le Nigeria appelle le Niger à libérer Mohamed Bazoum

Le Nigeria, qui préside actuellement la Communauté ouest-africaine, a appelé les militaires au pouvoir au Niger à libérer le président déchu Mohamed Bazoum et à l’autoriser à se rendre dans un pays tiers, a indiqué le ministre nigérian des Affaires étrangères.
Depuis qu’il a été renversé le 26 juillet par un coup d’Etat militaire, il est séquestré dans sa résidence présidentielle à Niamey avec sa femme et son fils.
« Nous leur demandons de libérer Mohamed Bazoum pour qu’il puisse quitter le Niger », a indiqué le ministre Yusuf Tuggar à la chaîne de TV locale Channels Television dans un entretien diffusé dimanche sur son site internet.
« Il ne sera (alors) plus en détention. Il se rendra dans un pays tiers convenu d’un commun accord. Et ensuite, nous commencerons à parler de la levée des sanctions », a-t-il ajouté.
« L’opportunité est là. Nous sommes toujours prêts et disposés à les écouter, la balle est dans leur camp », a-t-il souligné.
Des membres de la famille du président renversé ont affirmé jeudi être sans nouvelles de Mohamed Bazoum depuis le 18 octobre et ont dénoncé des « arrestations et perquisitions abusives » visant certains d’entre eux.
Le Niger est dirigé depuis le putsch du 26 juillet par un régime militaire mené par le général Abdourahamane Tiani.
La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), avait menacé d’intervenir militairement pour rétablir le président Bazoum dans ses fonctions – ce qu’elle n’a pas fait – et a imposé de lourdes sanctions économiques et financières à l’encontre du Niger.
Les dirigeants de la Cedeao doivent se réunir le 10 décembre dans la capitale nigériane Abuja pour discuter de la situation dans la région où depuis 2020 des militaires ont pris le pouvoir par des coups d’Etat au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Niger.
Fin novembre, une tentative de coup d’Etat en Sierra Leone, membre de la Cedeao, a fait 21 morts.
Et samedi, Umaro Sissoco Embalo, président de Guinée-Bissau, autre pays membre, a dénoncé une « tentative de coup d’Etat » après des affrontements entre l’armée et des éléments des forces de sécurité qui ont fait au moins deux morts

Afrique du Sud: sept criminels présumés brûlés vifs par une foule

Sept criminels présumés ont été arrêtés, ligotés et brûlés vifs par une foule dans un des plus violents townships d’Afrique du Sud, a-t-on appris auprès de la police et des habitants.
Selon le porte-parole de la police, Mavela Masondo, « l’enquête préliminaire indique que les victimes ont été attaquées et brûlées par la foule ». Des renforts de police ont été envoyés sur place.
« Ils ont été poursuivis, attrapés et attachés avant d’être tués. Oui, c’était un collier », a précisé un habitant en référence au « supplice du collier », c’est-à-dire à l’utilisation d’un pneu (ou de cordes) placé autour du cou de la victime, aspergé d’essence avant d’être incendié.
La police « condamne fermement les actes d’autodéfense et le fait de se faire justice, car cela constitue une infraction pénale grave », selon le porte-parole.
L’Afrique du Sud affiche un taux de criminalité parmi les plus élevés du monde. Mais les responsables du township à majorité noire de Diepsloot, une ville de plus de 350.000 habitants au nord de Johannesburg avec de nombreux meurtres et viols, affirment que la ville a été abandonnée par les autorités.
Le pays, qui compte environ 60 millions d’habitants, a enregistré en moyenne 68 meurtres par jour au deuxième trimestre 2023, soit une augmentation de près de 20% par rapport à la même période en 2019.   

Les ONG peinent à acheminer leur aide humanitaire au Niger

Un peu plus de quatre mois après le coup d’État, le Niger est toujours sous sanctions de la Cédéao, les frontières avec le Bénin et le Nigeria fermées. Parmi les conséquences qui se font sentir : les difficultés rencontrées par les organisations internationales et ONG pour acheminer l’aide humanitaire dont ont besoin un peu plus de 4 millions de Nigériens, selon les chiffres des Nations unies. Il y a deux semaines, le Programme alimentaire mondial annonçait l’arrivée de six camions. Une première depuis le 26 juillet, mais qui est loin de combler tous les besoins.

L’arrivée de ces six camions est une bonne nouvelle, pour le Programme alimentaire mondial. Ces produits nutritionnels doivent permettre de prendre en charge plus de 47 000 enfants pendant deux mois. Mais c’est aussi une goutte dans l’océan, avertit l’organisation.

Six camions seulement depuis fin juillet, alors que l’équivalent de 200 autres sont encore bloqués à l’extérieur, selon le PAM. Mi-novembre, des produits similaires manquaient dans plus de 1 200 centres de santé.

Pour arriver au Niger, les camions sont partis du Togo, puis passés par le Burkina Faso, sous escorte, suite à un accord entre les autorités nigériennes et burkinabè. Une alternative à la route du Bénin, avec lequel les frontières sont fermées, mais que les organisations humanitaires ne jugent pas viable en raison des coûts élevés, des contraintes sécuritaires, et donc, d’un rythme insuffisant par rapport aux besoins humanitaires du Niger.

Certaines organisations, qui avaient reçu leur approvisionnement annuel avant le coup d’État, voient leurs stocks commencer à s’amenuiser. Celles qui le peuvent se tournent vers les marchés locaux, mais tous les produits n’y sont pas disponibles. Elles plaident aussi pour une réouverture de la route béninoise

rfi

Le Niger et le Burkina Faso annoncent leur retrait du G5 Sahel

Après le Mali, le Burkina Faso et le Niger claquent la porte du G5 Sahel. Dans un communiqué, les responsables de ces deux pays estiment notamment que l’organisation créée il y a neuf ans pour lutter contre le terrorisme dans l’espace sahélien peine à atteindre ses objectifs.

Cette décision des deux pays de quitter la force G5-Sahel n’est pas une surprise. En septembre dernier, après la signature d’une charte de défense de l’alliance des États du Sahel composé du Mali, du Niger et du Burkina, les observateurs avaient bien noté que l’attelage s’éloignait davantage de la force du G5 Sahel réduite aujourd’hui à ses deux piliers : le Tchad et à la Mauritanie.

Et pour annoncer leur départ de l’organisation, le Niger et Burkina Faso utilisent la même rhétorique que leur allié le Mali, qui a déjà claqué en mai 2022 la porte de cette force sous régionale antiterroriste : l’inefficacité de l’organisation neuf ans après sa création, précise le communiqué conjoint qui ajoute « son instrumentalisation par l’extérieur ».

Le G5 Sahel n’a pas eu de véritables moyens sur le terrain pour combattre le terrorisme. Les cinq pays qui composaient au début la force n’ont jamais pu mobiliser les troupes annoncées. De son côté, La communauté internationale n’a jamais voulu donner à la force, les véritables moyens et mandat robuste qu’elle demandait.

RFI

Après le Mali, le Burkina et le Niger quittent la force antijihadiste G5 Sahel

Après le Mali l’an dernier, le Burkina et le Niger, également gouvernés par des régimes militaires, ont annoncé leur départ de l’organisation antijihadiste G5 Sahel qui semble désormais vouée à disparaître, neuf ans après sa création.

A sa naissance en 2014, pour lutter contre le jihadisme au Sahel, l’organisation était composée du Mali, du Burkina, du Niger, de la Mauritanie et du Tchad.

Samedi, le Burkina et le Niger ont décidé « en toute souveraineté » de se retirer « de l’ensemble des instances et organes du G5 Sahel, y compris la Force conjointe ». Une décision qui a pris effet dès le 29 novembre, indiquent les deux pays dans un communiqué conjoint.

Selon Ouagadougou et Niamey, « l’organisation peine à atteindre ses objectifs ».

« Pire, les ambitions légitimes de nos Etats, à faire de l’espace du G5 Sahel une zone de sécurité et de développement sont contrariées par des lourdeurs institutionnelles, des pesanteurs d’un autre âge qui achèvent de nous convaincre que la voie de l’indépendance et de la dignité sur laquelle nous sommes aujourd’hui engagés, est contraire à la participation au G5 Sahel dans sa forme actuelle », poursuivent-ils.

Ils affirment avoir pris une « responsabilité historique » en quittant une organisation  qui « saurait servir les intérêts étrangers au détriment de ceux des peuples du Sahel, encore moins accepter le diktat de quelque puissance que ce soit au nom d’un partenariat dévoyé et infantilisant qui nie le droit à la souveraineté de nos peuples et de nos Etats ».

En mai 2022, le Mali, également gouverné par des militaires depuis 2020, avait quitté le G5 Sahel, invoquant une organisation « instrumentalisée par l’extérieur ».


– Dégradation sécuritaire –

Les cinq pays du G5 Sahel avaient créé en 2014 cette organisation puis lancé en 2017 sa force militaire alors que l’étau des jihadistes se resserrait autour de ces Etats, aux armées sous-équipées. Seuls le Tchad et la Mauritanie sont désormais membres de cette organisation qui semble vouée à disparaître.

Largement financée par l’Union européenne, cette force représentait aux yeux des partenaires internationaux du Sahel une porte de sortie dans une région en proie aux violences jihadistes.

Mais les opérations conjointes sont restées peu nombreuses et la situation sécuritaire au Sahel n’a cessé de se dégrader.

Fin novembre, au moins 40 civils ont été tués dans une attaque jihadiste massive contre une base militaire, à Djibo dans le nord du Burkina Faso, selon l’ONU.

Les régimes militaires du Mali, du Niger et du Burkina, pays sahéliens les plus touchés par les violences jihadistes et dont les relations avec la France sont exécrables, se sont rapprochés ces dernières semaines pour former l’Alliance des Etats du Sahel.

Les chefs de la diplomatie des trois pays ont proposé vendredi soir la création d’une confédération, avec pour ambition de parvenir à terme à une fédération.

Les trois ministres ont insisté sur la diplomatie, la défense et le développement « pour consolider l’intégration politique et économique » entre les trois pays.

Le Burkina a connu deux coups d’Etat militaires en 2022, tandis que le Niger est gouverné par des généraux qui ont pris le pouvoir par la force en juillet 2023.

Samedi, à Ouagadougou, plusieurs centaines de personnes ont manifesté en soutien au régime de transition conduit par le capitaine Ibrahim Traoré, aux slogans de « A bas l’impérialisme », notamment.

Troubles en Guinée-Bissau: le président Embaló dénonce «une tentative de coup d’État»

Le président bissau-guinéen a dénoncé samedi 2 décembre une « tentative de coup d’État » qui aura « de lourdes conséquences » après des affrontements entre l’armée et des éléments des forces de sécurité qui ont fait au moins deux morts.

« J’étais à Dubaï où j’ai pris part à la COP28. Je ne pouvais pas rentrer à cause de la tentative de coup d’État. Je tiens à vous dire que cet acte aura des conséquences graves », a déclaré à son retour à Bissau le président Umaro Sissoco Embaló à la presse. « Il y avait des indices, nous allons vous les montrer. Ce coup d’État a été préparé avant le 16 novembre (date des célébrations du 50ᵉ anniversaire des forces armées) », a-t-il poursuivi.

Les éléments de la Garde nationale ont fait irruption jeudi soir 30 novembre dans les locaux de la police judiciaire pour en extraire le ministre de l’Économie et des Finances, Souleiman Seidi, et le secrétaire d’État au Trésor public, Antonio Monteiro. Les deux membres du gouvernement étaient interrogés par la police judiciaire, sur instruction du procureur général nommé par le président, à propos d’un retrait de dix millions de dollars des caisses de l’État.

Retranchés dans une caserne du sud de la capitale Bissau, les éléments de la Garde nationale ont affronté les forces spéciales de la Garde présidentielle, dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant au moins deux morts, selon un responsable militaire. Le calme est revenu vendredi en milieu de matinée avec l’annonce de la capture ou la reddition du commandant de la Garde nationale, le colonel Victor Tchongo.

Samedi, le dispositif sécuritaire a été allégé à Bissau, mais des militaires étaient toujours visibles autour de certains édifices stratégiques comme le palais présidentiel, la direction de la police judiciaire et certains ministères, a constaté un correspondant de l’AFP

« Le colonel Tchongo n’est pas un fou. Il a été envoyé par quelqu’un pour entrer dans les installations de la PJ exfiltrer Souleiman Seidi. L’empire des lois doit fonctionner. Le procureur général est l’avocat de l’État », a dit M. Embaló. « On n’organise pas un coup d’État contre le président de l’Assemblée nationale, encore moins contre un Premier ministre, mais contre le président de la République, commandant en chef des armées », a-t-il asséné.

Le président a annoncé qu’une commission d’enquête sera constituée lundi 4 décembre.

Certains officiers et soldats de la Garde nationale se sont dispersés à l’intérieur du pays, a indiqué samedi un communiqué de l’armée bissau-guinéenne sans préciser leur nombre. « L’état-major général des forces armées les informe par la présente qu’ils doivent rejoindre leur lieu d’affectation », poursuit-il

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