Sénégal – Médias : Les Assises nationales livrent leurs conclusions pour refonder le secteur

Le comité scientifique des Assises nationales des Médias a rendu publiques ce mardi les principales conclusions issues de plusieurs mois de concertation autour de l’avenir du paysage médiatique sénégalais. Présentant les recommandations, Mactar Silla, président dudit comité et ancien directeur général de la RTS, a appelé à une réforme en profondeur du secteur pour le rendre plus performant, sécurisé et économiquement viable.

Premier chantier évoqué : la refonte du cadre juridique et institutionnel régissant les médias. Mactar Silla a pointé du doigt l’obsolescence de l’actuelle autorité de régulation, estimant qu’elle n’est plus en phase avec les exigences du moment. Il propose la mise en place d’un organe moderne, plus autonome et mieux outillé, capable de superviser tous les types de médias – traditionnels comme numériques – ainsi que la publicité.

« Il est temps de doter le Sénégal d’un dispositif institutionnel robuste, adapté aux réalités actuelles du secteur », a-t-il affirmé, en plaidant également pour un arsenal juridique renforcé, intégrant la sécurité des journalistes et des techniciens dans un contexte national et international de plus en plus volatile.

Le rapport insiste également sur la nécessité de revoir les contenus proposés par les médias. Pour Mactar Silla, il s’agit de produire « des contenus qui reflètent nos réalités culturelles et sociales, tout en s’alignant sur les mutations liées au numérique ». Cela implique, selon lui, une formation continue du personnel, un renforcement des capacités dans toutes les branches du secteur et une professionnalisation accrue des pratiques.

« Le contenu, c’est le cœur du métier. Sans contenu pertinent, on ne peut espérer regagner la confiance du public », a souligné le doyen des médias.

La dimension économique a été au centre des préoccupations des Assises. La précarité financière de nombreuses structures médiatiques est considérée comme un frein majeur à l’indépendance et à la qualité du journalisme. Pour y remédier, le comité propose de nouveaux modèles économiques fondés sur la diversification des sources de revenus, l’innovation technologique, et l’exploration de partenariats inspirés des meilleures pratiques internationales.

« L’indépendance éditoriale ne peut être garantie que si les médias sont économiquement solides », a soutenu Mactar Silla. Il appelle l’État à jouer un rôle d’accompagnement sans interférer dans les lignes éditoriales : « Cela ne signifie pas être la voix de son maître. Si des faits avérés méritent d’être dénoncés, cela doit se faire avec éthique et respect de la déontologie journalistique. »

Concluant son intervention, Mactar Silla a exhorté les autorités à traduire ces recommandations en politiques publiques ambitieuses et courageuses. « Il en va de la crédibilité du Sénégal démocratique et de la capacité des médias à jouer pleinement leur rôle dans le développement du pays. »

24ᵉ Forum international sur le continent africain : le journaliste Mamadou Mouth BANE certifié par l’IHEDN Paris

Le 24ᵉ Forum international sur le continent africain (FICA) s’est tenu à Paris, réunissant 75 participants venus de l’ensemble du continent. Organisé par l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN), cet événement d’envergure a permis de renforcer le dialogue stratégique entre l’Afrique et la France, autour des grands enjeux sécuritaires, économiques et environnementaux.

Le Sénégal a été représenté par deux participants : le colonel Alioune Samassa et le journaliste Mamadou Mouth BANE, connu pour son expertise dans les questions de gouvernance et de sécurité. Diplômé du prestigieux Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Dakar, Mamadou Mouth BANE a reçu une certification de l’IHEDN, couronnant sa participation active aux travaux du forum.

Les travaux ont rassemblé des profils de haut niveau, parmi lesquels les ministres de la Défense d’Afrique du Sud et de Gambie, des généraux et colonels d’armées africaines, des représentants d’Interpol Afrique, de l’Union africaine et du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme. Les débats ont porté sur la construction de partenariats durables et mutuellement bénéfiques entre l’Afrique et la France, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que la définition de stratégies favorisant l’épanouissement économique des pays africains.

Au fil des échanges, plusieurs sujets stratégiques ont été approfondis, notamment la lutte contre la cybercriminalité et la désinformation, la sécurisation des espaces maritimes et des ressources, l’autonomie des armées africaines, la résilience face aux influences étrangères, la protection de l’environnement et le combat contre le trafic illicite.

De nombreuses personnalités françaises ont pris part aux discussions, à l’image du général Thierry Burkhard, chef d’état-major des armées de France, de Jean-Marie Bockel, envoyé spécial du président Emmanuel Macron, de l’historien et politologue Achille Mbembe, président de la Fondation de l’innovation pour la démocratie, ou encore de Jean-Jacques Konadji, expert international.

Les auditeurs ont poursuivi leur formation à travers des ateliers organisés au Centre des Hautes Études Militaires (CHEM), ainsi que des visites de terrain, notamment à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, au Centre interministériel de gestion de crise du ministère de l’Intérieur, avant d’être reçus au Quai d’Orsay.

L’IHEDN et la Direction de la coopération internationale ont salué la qualité des échanges et l’engagement des participants, soulignant que cette 24ᵉ édition du FICA marque une étape importante dans la construction de solutions communes aux défis globaux et à la promotion de la stabilité et du développement du continent africain.

Affaire Bachir Fofana : entre liberté de la presse, justice sélective et rupture introuvable ( Par Par Mouhamed Samb, journaliste )

Le journaliste d’abord
 Comme tout journaliste, Bachir Fofana bénéficie de la liberté d’expression garantie par la Constitution. Cette liberté fondamentale lui permet d’analyser l’actualité, d’interroger les faits et de livrer ses lectures, aussi critiques soient-elles. On peut ne pas partager ses positions, on peut même remettre en question l’équilibre de certaines de ses analyses — cela ne fait pas de lui un journaliste de moindre valeur.

Le journalisme est un métier à risque. L’erreur peut exister, une source peut se révéler fragile. Cela fait partie de l’exercice. Mais arrêter un journaliste dans le cadre de ses fonctions revient à porter atteinte à cette liberté d’expression, socle de toute démocratie. Il existe des mécanismes de régulation, comme le CORED, qui peuvent être mobilisés pour arbitrer ce type de situations — à condition qu’ils soient renforcés et réellement opérationnels.

Concernant l’affaire du marché des véhicules, pourquoi l’Assemblée nationale n’a-t-elle pas jugé utile de publier un démenti formel aux affirmations de Bachir Fofana ? Pourquoi tarde-t-elle à éclairer l’opinion sur le choix supposé d’une entreprise étrangère pour ce marché public ? Et si violation du principe de préférence nationale il y a, pourquoi ne pas la clarifier, documents à l’appui ? Il y a, en réalité, des urgences autrement plus importantes que celle d’un marché de véhicules.

La justice en question
 Si le procureur s’est effectivement autosaisi dans cette affaire, il y a lieu de s’interroger. Pourquoi Bachir Fofana ? Pourquoi un journaliste ? Et surtout, pourquoi maintenant ?

On ne compte plus les dossiers sensibles, les délits manifestes, les atteintes graves à la chose publique qui n’ont suscité aucune réaction du parquet. Est-ce cela, la justice de rupture ? Une justice qui cible les journalistes pendant que d’autres affaires, autrement plus graves, dorment dans les tiroirs ?

Une Assemblée loin du peuple
 En tant que citoyens, sans étiquette politique, nous nous interrogeons sur ce que signifie réellement une « Assemblée de rupture ». La 15e législature ne nous ressemble pas. Elle ne répond pas à nos attentes. Elle semble plus prompte à s’occuper de véhicules pour députés qu’à exiger la publication des rapports d’exécution budgétaire, pourtant encadrée par la loi.

N’est-ce pas au Parlement de contrôler l’action du gouvernement ? La rupture ne se proclame pas dans les discours. Elle se prouve dans les actes. Des actes concrets, courageux, qui servent l’intérêt général.

Crier « rupture » ne suffit pas. Il faut la matérialiser.

Libérez Bachir Fofana.

Libération de Bachir Fofana : la CAP interpelle l’Assemblée nationale et dénonce une atteinte à la liberté de la presse

La Coordination des Associations de Presse (CAP) a franchi un nouveau palier ce jeudi en intensifiant sa mobilisation pour obtenir la libération immédiate du journaliste-chroniqueur Bachir Fofana, placé en garde à vue depuis le 25 juin pour « diffusion de fausses nouvelles ».

Une délégation regroupant les principales organisations médiatiques du pays s’est rendue à l’Assemblée nationale afin de rencontrer le cabinet du président El Hadji Malick Ndiaye. Dans un communiqué transmis à Ledakarois, la CAP a salué « la diligence avec laquelle cette audience a été accordée par le Président, bien qu’il ait été appelé à la présidence de la République à la dernière minute ».

Au cours de cette rencontre, les représentants de la presse ont présenté deux demandes jugées prioritaires : le retrait pur et simple de la plainte contre Bachir Fofana et sa relaxe immédiate, ainsi que l’implication active du président de l’Assemblée nationale dans un processus de pacification durable des relations entre le pouvoir exécutif et les acteurs des médias. Selon la CAP, les premières démarches pour obtenir une réponse rapide des autorités auraient déjà été engagées.

L’organisation professionnelle dit exprimer sa « vive inquiétude » après cette interpellation qu’elle considère comme une atteinte grave à la liberté d’expression et de la presse. Elle estime que ce placement en détention « soulève de sérieuses interrogations quant au respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’informer, pilier essentiel de toute démocratie ».

Dans son communiqué, la CAP dénonce fermement ce qu’elle qualifie de « dérive inquiétante », pointant « des convocations et emprisonnements qui incitent à l’autocensure » et une mesure jugée « disproportionnée » pour un simple délit présumé de diffusion de fausses nouvelles. Elle regrette que les mécanismes d’autorégulation, tels que le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie (CORED), n’aient pas été sollicités en amont pour examiner le différend.

Face à cette situation, la Coordination propose des solutions alternatives plus respectueuses des équilibres démocratiques. Elle estime qu’« un rectificatif ou une mise en demeure aurait été une approche plus appropriée, en parfaite conformité avec les principes de déontologie journalistique ».

La CAP rappelle que les dirigeants des organisations membres ont toujours privilégié la médiation et le dialogue comme moyens de résolution des litiges, et précise que des démarches concrètes ont été entreprises avec les différentes parties prenantes pour éviter l’incarcération et prévenir la répétition de tels incidents.

Réaffirmant sa détermination à suivre avec la plus grande vigilance l’évolution de ce dossier sensible, la CAP lance un appel pressant aux autorités judiciaires et politiques en faveur de « la libération immédiate de Bachir Fofana » et exige « le respect scrupuleux des droits des journalistes ». Dans le même temps, l’organisation rappelle aux professionnels de l’information leur responsabilité collective : « L’obligation de respecter les rigueurs professionnelles du métier est la meilleure garantie de ne pas s’exposer inutilement à des poursuites judiciaires ».

Un an après l’enlèvement de Serge Oulon : RSF interpelle l’ambassadeur du Burkina Faso sur les disparitions et réquisitions de journalistes

Un an jour pour jour après l’enlèvement du journaliste burkinabè Serge Oulon, Reporters sans frontières (RSF) a lancé un appel public à l’ambassadeur du Burkina Faso au Sénégal, Saïdou Maïga. L’organisation de défense de la liberté de la presse exige des réponses claires sur le sort des journalistes disparus et les conditions de vie des journalistes réquisitionnés par les autorités burkinabè.

Le 24 juin 2024, Serge Oulon, directeur du journal d’investigation L’Événement, était enlevé à son domicile par des hommes armés se réclamant de l’Agence nationale de renseignement (ANR). Depuis cette date, aucune preuve de vie n’a été rendue publique, malgré l’annonce officielle de sa réquisition par l’armée burkinabè en octobre dernier. La situation reste confuse et inquiète profondément la communauté journalistique, tant au Burkina Faso qu’à l’international.

RSF affirme également que trois autres journalistes – Adama Bayala, Kalifara Séré et Alain Traoré – ont été enlevés dans des circonstances similaires entre juin et juillet 2024. Par ailleurs, trois journalistes de renom, Guezouma Sanogo, Boukari Ouoba et Luc Pagbelguem, ont été enlevés le 24 mars 2025, puis réapparus dans une vidéo en tenue militaire le 2 avril. Les autorités ont expliqué qu’ils avaient été réquisitionnés pour servir dans les rangs de l’armée, en vertu du décret de mobilisation générale adopté dans le pays.

Dans une déclaration relayée ce mardi, RSF insiste sur l’urgence d’éclaircir la situation : l’organisation exige de savoir si ces journalistes sont encore en vie, dans quelles conditions ils se trouvent, et sur quelle base juridique repose leur détention ou leur réquisition. RSF rappelle que la réquisition forcée de journalistes est une pratique inédite et profondément inquiétante en Afrique de l’Ouest.

L’organisation dit avoir adressé plusieurs demandes officielles aux autorités burkinabè depuis un an, sans réponse. Elle espère donc que l’ambassadeur Maïga, qui s’est dit ouvert au dialogue lors d’une conférence de presse organisée à Dakar en mai dernier, profitera de cette date symbolique pour faire la lumière sur ces disparitions.

Le contexte burkinabè, marqué par une militarisation croissante et une répression des voix critiques, est scruté de près. RSF considère que l’absence de transparence et de garanties légales dans le traitement réservé aux journalistes porte atteinte à la liberté de la presse et à l’État de droit. À défaut de preuves concrètes et de garanties sur le sort des journalistes concernés, RSF qualifie ces situations de « disparitions forcées ».

L’organisation appelle à une mobilisation internationale pour que le gouvernement burkinabè réponde enfin aux nombreuses préoccupations soulevées par ces cas, dans le respect du droit humanitaire et des conventions internationales relatives aux droits humains.

Insuffisance de fonds : le CORED suspend ses activités jusqu’à …

Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) a annoncé qu’il devait temporairement fermer ses bureaux situés à la Maison de la Presse Babacar Touré à Dakar. Cette décision, considérée avec regret par ses dirigeants, est le résultat d’une situation financière délicate qui empêche l’organisme de régulation des médias de couvrir ses frais de fonctionnement.

Dans un communiqué envoyé aux médias, le CORED indique que sa direction n’a eu d’autre choix que d’interrompre ses activités administratives, en raison de ressources insuffisantes. « Le Bureau du CORED a dû se résoudre à cette décision regrettable car il n’arrive plus à faire face à ses dépenses de fonctionnement », est-il précisé dans le document officiel.

Cette fermeture intervient dans un contexte où quatorze mois de salaires restent impayés pour le personnel permanent, qui a néanmoins continué à assurer le bon fonctionnement de l’institution malgré les défis. Le CORED précise que ses efforts pour mobiliser des ressources supplémentaires ont échoué, et il n’a par ailleurs pas reçu de budget pour les années 2024 et 2025.

L’institution rappelle aux autorités que le Code de la presse, notamment aux articles 46 et 53, prévoit une subvention annuelle issue du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), dédiée spécifiquement au fonctionnement de cet organisme de régulation. Cependant, selon le CORED, ces dispositions n’ont pas été respectées, ce qui a contribué à sa crise financière actuelle.

Malgré cette fermeture, le Conseil tient à préciser que ses autres structures — le Bureau, le Directoire et le Tribunal des pairs — continueront leurs activités en s’appuyant sur le bénévolat, comme c’est déjà le cas depuis plusieurs années. Toutefois, l’arrêt du secrétariat permanent risque de ralentir, voire d’entraver certaines de ses missions de régulation, de médiation et de veille déontologique, dans un contexte où la régulation éthique des médias est d’une importance cruciale.

Cette situation met en lumière les défis structurels auxquels font face les mécanismes d’autorégulation des médias au Sénégal, souvent dépendants de financements publics aléatoires, alors même qu’ils réalisent une mission d’intérêt général. Le CORED appelle les pouvoirs publics à une réaction urgente pour rétablir sa capacité à fonctionner et poursuivre sereinement sa mission de gardien de l’éthique et de la déontologie journalistique.

Médias : Habibou Dia annonce une nouvelle ère d’accompagnement pour un secteur plus autonome et structuré

Le directeur de la Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Habibou Dia, était l’invité de l’émission « FACE AU JURY » ce dimanche sur Pressafrik TVHD. Cette intervention a été l’occasion pour lui de revenir longuement sur les décisions prises par le gouvernement à l’issue des Journées de concertation sur le secteur de la communication, tenues à la demande du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ces assises, selon lui, ont permis de tracer une nouvelle trajectoire pour les médias sénégalais, fondée sur la transparence, la modernisation et l’autonomie financière.

Habibou Dia a réaffirmé la volonté du ministère de tutelle de construire un partenariat durable avec les professionnels de la presse, en allant bien au-delà de la seule logique de subvention. Il a annoncé la mise en place prochaine d’un nouveau modèle économique pour les médias. Ce modèle vise à réduire leur dépendance quasi-totale vis-à-vis des appuis publics en leur offrant des opportunités économiques et financières concrètes. Il s’agit notamment de revoir les critères d’attribution des fonds alloués au secteur, de définir avec précision les bénéficiaires légitimes et d’exclure ceux qui ne remplissent pas les conditions. Le gouvernement envisage également de mettre en place un système fiscal adapté, qui permettra aux entreprises de presse d’évoluer dans un environnement plus favorable à leur croissance et à leur structuration.

Sur le volet social, le ministère entend porter une attention particulière aux conditions de travail des journalistes. Habibou Dia a insisté sur la nécessité de garantir leur protection, de veiller à la régularité des salaires, de faciliter leur couverture maladie et d’assurer la prise en charge de leurs cotisations pour la retraite. Il a souligné l’importance de l’accompagnement spécifique des femmes de médias, souvent confrontées à des défis uniques liés à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Le gouvernement prévoit également un appui direct aux télévisions, producteurs de contenus audiovisuels et cinéastes. Une enveloppe financière dédiée devrait leur être accordée pour faire face aux difficultés actuelles et encourager la production de contenus de qualité, conformes aux exigences des conventions signées avec les autorités de régulation. Le respect des cahiers des charges sera désormais une priorité dans l’allocation de ces soutiens.

Sur le plan réglementaire, plusieurs réformes sont annoncées. Le directeur de la Communication a indiqué que les textes encadrant le fonctionnement du CNRA seront révisés afin de les adapter aux évolutions du secteur. Il a également évoqué la nécessité d’intégrer les quotidiens d’information dans les dispositifs existants, estimant que nombre d’entre eux paraissent aujourd’hui sans contenu réel. Pour y remédier, des cahiers des charges seront imposés afin de fixer un cadre clair pour ces publications en pleine expansion.

Les réseaux sociaux sont aussi dans le viseur des réformes envisagées. Habibou Dia a reconnu leur rôle grandissant dans l’espace médiatique sénégalais, mais a souligné l’urgence d’un encadrement juridique et éthique. L’objectif est de pousser ces plateformes à se formaliser, afin de permettre aux organes de régulation de mieux contrôler leurs activités, et de s’assurer que les contenus diffusés respectent les valeurs sociales, culturelles et morales du pays.

Dans le cadre des discussions entre le ministère et le patronat de la presse, plusieurs mesures sont également en gestation concernant la publicité institutionnelle. Il est notamment question de revoir les mécanismes d’attribution des conventions publicitaires, de corriger les pratiques actuelles de facturation, de clarifier le régime fiscal applicable et d’intégrer les médias dans le nouveau code des marchés publics. Le tout se fera dans une optique de transparence, avec la volonté de rompre définitivement avec les logiques de favoritisme ou d’affinité personnelle.

Enfin, le ministère entend accorder une attention particulière aux « médias particuliers » tels que les radios communautaires, les médias en ligne, les Web TV et les jeunes reporters. Des plans d’accompagnement spécifiques sont en cours d’élaboration pour leur permettre de se structurer, de se développer et d’atteindre une autonomie économique. Un des engagements majeurs annoncés consiste à compléter le Code de la presse pour y inclure des dispositions adaptées à ces nouvelles formes de médias. Il est aussi prévu de les aider à mettre en place leur propre instance de régulation, capable d’assurer leur crédibilité et leur professionnalisme.

Pour les jeunes reporters qui aspirent à créer leur propre entreprise de presse, un programme d’incubation de deux à trois ans sera lancé. À l’issue de cette phase, une évaluation sera faite pour déterminer si les projets incubés méritent un accompagnement sur le long terme ou non. Cette initiative vise à stimuler l’entrepreneuriat médiatique et à favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de patrons de presse responsables et innovants.

À travers cet ensemble de mesures, le ministère de la Communication entend impulser une dynamique nouvelle dans le secteur des médias, en misant sur la régulation, la professionnalisation, la transparence et surtout l’autonomie. Le chantier est vaste, mais les engagements annoncés semblent poser les bases d’une refondation profonde du paysage médiatique sénégalais.

Fonds d’aide à la presse, fermeture de médias, réforme du Code : Habibou Dia dédouane le ministère

Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » de Pressafrik TVHD, Habibou Dia, directeur de la Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, a tenu à clarifier la position du gouvernement sur les mesures qui secouent actuellement le paysage médiatique sénégalais. Entre les critiques liées à la fermeture de certains organes de presse, les inquiétudes sur les lenteurs dans la distribution des fonds d’aide, et les débats autour de la réforme du Code de la presse, le haut responsable a présenté une lecture technique, chronologique et défensive de l’action du ministère.

Il a commencé par rappeler que l’aide à la presse au Sénégal est encadrée par la loi 96-04, entrée en vigueur en 1996. Cette loi a été actualisée à partir de l’an 2000 sous l’impulsion du président Abdoulaye Wade, qui avait opté pour une libéralisation du secteur. Cette ouverture du marché, censée stimuler le pluralisme, a également entraîné une explosion du nombre de médias, souvent sans réelle structure juridique ni ligne éditoriale claire. Conscients des dérives que cette situation engendrait, les professionnels de la presse avaient eux-mêmes enclenché un processus de concertation dès 2008 afin d’assainir le secteur. Ces travaux, étalés sur près d’une décennie, ont permis de jeter les bases d’un Code de la presse, qui n’a finalement été adopté qu’en 2017. Mais selon Habibou Dia, ce Code est aujourd’hui caduc, tant les mutations technologiques et structurelles du secteur exigent de nouvelles adaptations.

C’est dans ce contexte que le ministère actuel est intervenu, avec comme priorité la mise en œuvre des conclusions issues des concertations passées. À son arrivée, le ministre de la Communication a rencontré les principaux acteurs du secteur, qui lui ont remis le fruit de leurs réflexions. Ces conclusions ont orienté les premières décisions prises par le ministère. Cependant, avant toute mise en application, une exigence technique s’imposait : savoir avec précision qui évolue réellement dans le secteur. D’où la décision de procéder à une cartographie des médias. Une plateforme a alors été mise en place pour enregistrer toutes les structures de presse, en vue de dresser une base de données fiable des entreprises opérationnelles et conformes à la législation en vigueur.

Le directeur de la Communication a précisé que ce travail de recensement s’est effectué en parfaite collaboration avec les organes de régulation et d’éthique. La Commission de la carte de presse professionnelle, instance chargée d’attribuer les cartes aux journalistes en règle, a été impliquée. Cette carte, selon la loi, est obligatoire pour pouvoir exercer le métier de journaliste au Sénégal. Or, pour pouvoir en faire la demande, il faut d’abord obtenir un quitus délivré par le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED). Ce dernier joue un rôle de filtre en évaluant le respect des normes professionnelles. Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a également été sollicité dans le cadre de la régulation des radios et télévisions, notamment en ce qui concerne le respect des cahiers de charges et des conventions d’exploitation.

Selon Habibou Dia, toutes les décisions relatives à la suspension ou à la fermeture de certains organes de presse jugés non conformes trouvent leur justification dans les résultats de cette cartographie et dans le cadre réglementaire mis en place par ces structures de régulation. Il a insisté sur le fait que le ministère n’a inventé aucun critère nouveau ni imposé de volonté politique. Il n’a fait, dit-il, qu’appliquer les conclusions et recommandations du patronat de la presse remis au ministre lors des assises.

C’est après ce travail de vérification et de mise en conformité qu’une première liste de médias enregistrés a été publiée, suivie d’une deuxième liste, accompagnée de la décision de suspendre ou de fermer les organes qui ne répondaient pas aux critères. Cette opération a permis, selon lui, de mieux cibler les entreprises réellement actives et respectueuses de la loi, en vue d’instaurer des concertations plus efficaces et plus représentatives.

Face aux critiques portant sur l’absence du ministre lors de certaines étapes cruciales du processus, notamment les rencontres avec les professionnels et la publication des listes, Habibou Dia a relativisé l’importance de cette présence protocolaire. Selon lui, la ligne directrice du gouvernement actuel repose sur un principe simple : les questions techniques doivent être traitées par les services techniques. La qualité et la légitimité des décisions prises ne dépendent pas de la présence ou non du ministre, mais de la compétence des professionnels impliqués. Il considère donc que ces rencontres, conduites par les directions spécialisées, étaient pleinement légitimes et efficaces.

En ce qui concerne les fonds d’aide à la presse, qui tardent à être débloqués et dont la rareté fragilise de nombreuses rédactions, Habibou Dia a reconnu l’existence de lenteurs administratives. Toutefois, il n’a pas donné de calendrier précis pour leur décaissement. Cette situation continue d’aggraver les difficultés économiques de nombreux médias, notamment ceux qui sont en règle mais peinent à survivre face aux coûts d’exploitation et à la précarité du modèle économique actuel.

À travers cette intervention, le directeur de la Communication a tenté de repositionner le débat sur une base institutionnelle et réglementaire, tout en appelant à la responsabilité des professionnels pour accompagner la mutation du secteur. Pour lui, la réforme est indispensable, mais elle ne peut réussir que si elle est portée par une volonté collective et un dialogue franc entre tous les acteurs concernés.

Crise dans les médias : Mamadou Ibra Kane charge sévèrement le ministre de la Communication, qu’il juge « incompétent »

Invité du Jury du Dimanche (JDD) ce 22 juin, le président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane, a pris la parole pour dénoncer l’état préoccupant du secteur médiatique au Sénégal. Face à une situation qu’il qualifie d’« alarmante », il n’a pas hésité à pointer directement du doigt le ministre de la Communication, qu’il accuse d’incompétence manifeste dans la gestion des affaires du secteur.

Au cœur de sa colère, la suspension récente, par la Cour suprême, d’un arrêté ministériel interdisant la diffusion et la publication de 381 médias, qu’il considère comme un abus de pouvoir injustifié. « Ce n’est pas pour rien que la Cour suprême a suspendu, le 12 juin, son arrêté. Combien d’emplois et de salaires ont été supprimés à cause de cette décision ? », s’est-il indigné sur les ondes de Iarsio.

Pour Mamadou Ibra Kane, cette décision avait non seulement fragilisé des entreprises de presse, mais elle illustre surtout un manque total de dialogue et de compréhension des enjeux économiques du secteur par les autorités. Il appelle à un sursaut collectif, estimant que le gouvernement est en train de pousser la presse indépendante vers une asphyxie programmée.

Autre sujet brûlant abordé : l’affaire EXCAF, qu’il n’a pas hésité à qualifier de crime économique. Selon lui, la nouvelle direction de la société Télédiffusion du Sénégal (TDS SA) a commis une grave erreur juridique et commerciale en signant un contrat avec une compagnie malienne, alors que les droits de distribution des décodeurs numériques reviennent, selon les conventions, à EXCAF.

« La directrice générale de TDS SA a agi en violation flagrante de la loi. Elle a engagé l’État dans un contrat illégal, au mépris des textes qui encadrent la commercialisation des équipements de diffusion », a-t-il martelé.

Pour Mamadou Ibra Kane, ce cumul de décisions arbitraires et de manquements démontre une profonde crise de gouvernance dans le secteur de la communication. Il exhorte le président de la République à intervenir pour réorienter la politique médiatique du pays, faute de quoi, prévient-il, « c’est tout l’écosystème de l’information qui risque de s’effondrer ».

Cybersécurité : le directeur de publication du journal L’As convoqué ce vendredi

Le directeur de publication du quotidien L’As, Amadou Ba, est attendu ce vendredi 21 juin à 11h dans les locaux de la Division de la Cybersécurité, relevant de la Police nationale. L’information a été confirmée à Ledakarois par des sources proches du dossier, même si les raisons précises de cette convocation demeurent inconnues à ce stade.

Aucune indication officielle n’a pour l’instant été donnée sur les faits reprochés ou sur la nature exacte de l’enquête en cours. Mais cette convocation intervient dans un contexte où les médias sénégalais sont de plus en plus confrontés à des interpellations judiciaires en lien avec leurs publications, notamment sur les réseaux sociaux.

Rappelons que la Division de la Cybersécurité est compétente en matière d’enquêtes sur les infractions numériques, comme la diffusion de fausses informations, la cyberdiffamation ou encore les atteintes à la sûreté de l’État via des canaux numériques.

Des organisations de défense de la liberté de la presse suivront de près l’évolution de cette affaire, alors que le débat sur la régulation des médias en ligne et la protection des journalistes prend de l’ampleur au Sénégal.

Amadou Ba devrait se présenter devant les enquêteurs à l’heure indiquée, accompagné ou non de ses conseils juridiques. Ledakarois continue de suivre le dossier et reviendra avec plus d’éléments dès que disponibles.

Crise de la presse au Sénégal : Mamadou Ibra Kane dénonce la vision politicienne du nouveau régime et appelle à un renforcement de l’État de droit

Lors des journées de concertation sur le secteur de la presse, le président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane, a dressé un tableau alarmant de la situation des médias privés sénégalais, tout en dénonçant l’attitude des autorités actuelles. Selon lui, le régime issu de la 3e alternance politique a non seulement failli à ses promesses en matière de liberté de la presse, mais manifeste également une « vision politicienne » des médias, incompatible avec les exigences d’une démocratie moderne.

Dans un discours franc, Mamadou Ibra Kane a d’emblée rappelé la nécessité d’un cadre juridique pour encadrer l’activité médiatique, sans pour autant restreindre les libertés fondamentales. Il s’est dit favorable à une autorité de régulation des médias et de la publicité, à condition que celle-ci ne serve pas d’instrument de censure. « Souveraineté, oui. Régulation, oui. Mais encadrée par la loi, et non utilisée pour museler la presse », a-t-il martelé.

Il a également alerté sur les graves difficultés économiques que traverse la presse privée depuis plusieurs mois. Selon lui, de nombreuses entreprises de presse sont au bord de la faillite. Elles peinent à régler leurs charges courantes, à payer leurs salariés, à faire face aux dettes sociales et aux engagements vis-à-vis des fournisseurs. « Certains de nos confrères vivent un calvaire. Leurs enfants sont expulsés des écoles, ils sont menacés d’expulsion de leur logement, ils n’ont plus les moyens de payer les factures d’eau ou d’électricité. C’est une misère profonde », a-t-il déploré.

Pour Mamadou Ibra Kane, cette situation n’est pas uniquement le fruit d’une crise structurelle, mais aussi celui de décisions hostiles du régime en place. Il évoque une absence de dialogue, un manque de volonté politique, et une stratégie d’étouffement économique délibérée de la presse indépendante. « Depuis 15 mois, le pouvoir ne montre aucune considération pour la survie de la presse privée. Pire encore, il agit parfois en adversaire au lieu de partenaire républicain », a-t-il déclaré.

Il a aussi vivement critiqué la tentation d’un retour aux autorisations administratives pour la création de supports de presse, rappelant que cela ouvrirait la voie à un contrôle politique inacceptable. Pour lui, cette démarche traduit la vision réductrice que le pouvoir actuel a des médias : un simple levier de communication politique plutôt qu’un pilier de la démocratie.

En conclusion, Mamadou Ibra Kane a lancé un appel solennel à tous les acteurs – gouvernement, opposition, société civile, journalistes – pour bâtir ensemble un véritable État de droit, où la liberté d’expression ne serait plus un slogan, mais une réalité quotidienne. « Je dois pouvoir critiquer le président de la République sans que cela soit interprété comme une offense. Il faut que la critique redevienne possible sans représailles. C’est la seule manière d’assurer une démocratie saine et un équilibre institutionnel durable », a-t-il insisté.

Réforme des médias : Mamadou Lamine Dianté plaide pour un modèle économique viable et une presse responsable

Les journées nationales de concertation sur le secteur de la communication ont démarré ce mercredi 18 juin 2025 à Dakar, à l’initiative du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aliou Sall. Une rencontre d’envergure qui rassemble pendant trois jours des journalistes, patrons de presse, régulateurs, experts institutionnels et partenaires, dans le but de repenser l’avenir du paysage médiatique sénégalais.

Présent à cette cérémonie, Mamadou Lamine Dianté, président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), a salué l’organisation de ces concertations, qu’il inscrit dans une dynamique salutaire de paix durable par le dialogue. Mais il a surtout mis à profit son intervention pour dresser un diagnostic sans complaisance de la situation économique, sociale et morale des médias au Sénégal.

Selon lui, le modèle économique actuel des entreprises de presse est à bout de souffle. Les difficultés financières qui frappent la majorité des rédactions affectent directement leur indépendance, leur qualité éditoriale et leur résilience. Il souligne que l’écosystème n’est toujours pas favorable à la promotion du travail décent, ni à la compétitivité durable des entreprises médiatiques. D’où son appel pressant à « des concertations sincères et constructives sur le modèle économique du secteur, la transparence des financements et la juste rémunération du travail journalistique ».

Mamadou Lamine Dianté a également insisté sur la nécessité d’une régulation forte et équilibrée du secteur. Pour lui, la régulation ne doit pas être perçue comme un instrument de censure, mais comme un levier essentiel pour concilier liberté de la presse et responsabilité sociale. Dans un contexte où le cyberespace est devenu un territoire aussi libre que dangereux, il estime urgent de forger un consensus autour d’une « conscience numérique commune » qui associerait l’État, les plateformes numériques, la société civile et les citoyens dans l’élaboration d’un nouveau cadre réglementaire.

« Il est temps de réinventer les formes de concertation entre tous les acteurs, afin d’instaurer une gouvernance médiatique adaptée aux réalités numériques et aux mutations de notre société », a-t-il déclaré.

Sur le rôle des médias dans l’espace public, Mamadou Lamine Dianté a tenu à rappeler la vocation fondamentale de la presse dans toute démocratie : celle d’un contrepouvoir. Il appelle les professionnels à faire preuve de rigueur et de discernement, notamment dans un contexte où les attentes sont fortes, tant du côté du gouvernement que des citoyens et des acteurs politiques. « La presse doit assumer pleinement sa vocation de contrepouvoir vis-à-vis des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire », a-t-il affirmé, en soulignant que cette mission implique pluralisme, indépendance et équilibre éditorial.

Enfin, il a mis en garde contre les effets pervers des réseaux sociaux sur la qualité de l’information et la cohésion nationale. Il plaide pour une réforme qui protège non seulement les journalistes, mais aussi les citoyens, à travers une presse crédible, intègre et soucieuse de préserver la vie privée et l’intérêt général.

En somme, l’intervention de Mamadou Lamine Dianté aura servi de plaidoyer puissant en faveur d’une presse économiquement viable, professionnellement valorisée et juridiquement protégée. Des enjeux qui, selon lui, conditionnent la vitalité démocratique et la paix sociale au Sénégal.

Crise profonde dans les médias sénégalais : le Synpics réclame une réforme immédiate et ambitieuse

Le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), Moustapha Cissé, a dressé un constat alarmant de l’état de la presse sénégalaise, à l’occasion de l’ouverture des journées de concertation du secteur de la communication. Devant les professionnels et les autorités conviées à cette rencontre, il a lancé un appel urgent pour une réforme structurelle et durable du paysage médiatique national.

« La presse n’est pas un appendice de l’État. Elle est le souffle même de l’espace public », a-t-il martelé d’emblée, rappelant que la survie de la démocratie passe par la vitalité du journalisme.

Moustapha Cissé a dénoncé une situation de plus en plus intenable pour les entreprises de presse, qu’il décrit comme étranglées par des dettes croissantes, privées de ressources pérennes, exclues de la commande publique et oubliées dans les plans d’accompagnement économique. « Nombre d’entre elles sont menacées de liquidation », a-t-il alerté.

Il a évoqué un « fonds d’appui inopérant », des « contrats de publicité annulés sans mécanisme compensatoire » et des créances que l’État tarde à régler. Des défaillances qui compromettent l’équilibre économique des organes de presse et accentuent leur vulnérabilité.

Le tableau humain n’est pas plus reluisant. Le SG du Synpics a pointé du doigt la précarité grandissante dans les rédactions : licenciements massifs, salaires impayés, absence de couverture sociale, démotivation généralisée. Il a aussi évoqué un phénomène de « fuite des cerveaux », soulignant que de nombreux journalistes expérimentés abandonnent le métier pour des raisons de survie. « Il y a dans ce paysage un exode silencieux, un désenchantement républicain, un effritement du devoir d’informer », a-t-il souligné avec gravité.

Pour Moustapha Cissé, l’immobilisme de l’État est désormais perçu comme une forme de complicité. « Ce que le CAP soutient aujourd’hui, c’est qu’il est encore temps de corriger la trajectoire, mais il ne reste pas beaucoup de marge », a-t-il prévenu.

Le leader syndical plaide pour des réformes urgentes, profondes et consensuelles. En tête des priorités figure la refonte complète du Code de la presse, jugé obsolète. « Ce code, adopté en 2017 sur la base d’un texte datant de 2010, est déconnecté des réalités actuelles : il ne prend pas en compte le numérique, les mutations sociologiques ni la transformation globale du paysage médiatique », a-t-il argumenté. Pire, selon lui, « il contient encore des articles liberticides qui permettent de restreindre la liberté de la presse au lieu de la protéger ».

Autre exigence forte : la mise en place d’une instance unique et indépendante de régulation des médias, en remplacement d’organes actuels jugés inefficaces. Le CNRA, selon lui, ne joue plus pleinement son rôle. Il appelle à une autorité crédible, dotée de moyens et de légitimité pour superviser l’ensemble des supports, dans le respect des libertés fondamentales.

Sur le plan économique, Moustapha Cissé estime que la presse doit bénéficier d’un traitement fiscal spécifique, au même titre que des secteurs stratégiques comme l’agriculture, la santé ou l’éducation. « La presse n’est pas un commerce. C’est un secteur de souveraineté. Elle mérite des exonérations ciblées, un étalement des dettes, un accès au crédit d’équipement. Il faut un programme national de mise à niveau des entreprises de presse adossé au bureau de mise à niveau », a-t-il défendu.

Le Synpics propose également la création d’un fonds spécial de transformation numérique, destiné à accompagner les médias dans l’acquisition de matériel moderne, la transition digitale, la sécurisation des données et la formation aux nouveaux formats.

À travers cette intervention musclée, le Synpics cherche à provoquer un sursaut collectif. Car derrière l’affaiblissement économique et institutionnel de la presse sénégalaise, c’est la qualité de l’information, la pluralité des voix et, in fine, la démocratie elle-même qui sont menacées.

Edito commun – Face au monstre, des concertations en trompe-l’œil ?

L’heure n’est plus aux euphémismes. La presse sénégalaise, pilier essentiel de notre démocratie, plie sous les contraintes. Mais, elle ne cèdera pas. Les organisations regroupées au sein de la Coordination des Associations de Presse (CAP) ont reçu une invitation officielle pour prendre part aux «journées de concertation sur le secteur de la communication», ouvertes ce mercredi 18 juin à Dakar par le ministère de tutelle. Le thème retenu : «intégrité de l’information, régulation, gouvernance économique et cyberespace». 
 

La Coordination des Associations de Presse (CAP) prend acte de l’invitation lancée par le ministère en charge de la Communication pour participer aux «journées de concertation sur le secteur de la communication». Elle y sera. Non par enthousiasme béat, mais pour y faire entendre ses préoccupations et réclamer des décisions urgentes pour un secteur en état d’urgence. Car, derrière le thème solennel –«intégrité de l’information, régulation, gouvernance économique et cyberespace» – la CAP décèle un agenda et une pléthore de participants (300) déconnectés des priorités actuelles. Cela ressemble plus à du «seumbkhloo» qu’à autre chose. Sans oublier des panels qui font plus perdre du temps. A la place, des travaux de commission efficaces sur les urgences du moment auraient pu permettre d’adresser véritablement les questions et d’esquisser des solutions. 
 

Depuis plus de dix ans, les forums, panels et concertations se succèdent, sans effets concrets ni avancées structurelles. Rien n’a changé pour les journalistes, les techniciens et les entreprises de presse, si ce n’est l’aggravation de leurs conditions. Le conclave du ministre chargé de la Communication, des Télécommunications et du Numérique intervient dans un contexte critique, marqué par un profond désarroi des travailleurs des médias, étranglés par des mois d’arriérés de salaires, menacés d’expulsions et confrontés à des drames familiaux. Cette précarité n’est pas seulement matérielle : elle porte atteinte à la dignité et à la liberté d’exercer un métier essentiel à toute démocratie.
 

Les interpellations de la CAP n’ont, jusqu’ici, reçu que silence et indifférence. La tutelle s’enferme dans un mutisme altier, tout en déroulant, avec ou sans complicités, des mesures jugées iniques et contre-productives. La crise majeure de la presse n’est pas conjoncturelle. Elle est le fruit d’un choix politique : celui d’ignorer la réalité du terrain, d’imposer un modèle économique asphyxiant et de laisser s’effondrer un pilier de la République.
 

Depuis quinze mois, les médias subissent le gel des contrats publicitaires publics et les retards chroniques dans les paiements dus. Une hémorragie économique qui a vidé les rédactions, mis les entreprises à genoux, et transformé le métier en combat quotidien pour survivre. Certains dénoncent la «dépendance» de la presse à l’argent public. Mais c’est là un procès biaisé : 70 à 80 % des entreprises privées sénégalaises vivent de commandes de l’État. Ce n’est pas un vice propre aux médias, c’est une réalité économique structurelle. L’Agriculture, l’Éducation, la Santé, tous ces secteurs sont soutenus et subventionnés par l’Exécutif. Mais, la presse est considérée comme un paria avec ce pouvoir. Et contrairement à la légende urbaine qu’on tente de distiller, même dans les pays riches développés et fortement ancrés dans la démocratie, la presse bénéficie du soutien de l’État et des citoyens. Car elle n’est pas toujours rentable, mais elle est vitale.
 

Si l’État veut réellement réformer ce secteur, il doit le faire avec méthode, lucidité et courage. Le modèle économique des médias doit évoluer, certes, mais dans un cadre concerté, progressif, tenant compte de la transition actuelle et des défis du moment. Une concertation éclair de trois jours avec un agenda aussi surchargé et opportuniste ne saurait apporter des solutions durables à un secteur en perdition.
 

Malgré tout, la CAP refuse le fatalisme. Elle veut croire qu’un sursaut est encore possible, qu’il reste en haut lieu un peu de volonté politique et d’orgueil national pour éviter à notre démocratie de perdre l’un de ses gardiens. C’est pourquoi elle sollicite solennellement du Premier ministre l’organisation d’un Conseil interministériel exclusivement consacré à la crise de la presse. Ce cadre de haut niveau devra déboucher sur des mesures concrètes, immédiates, capables de soulager les entreprises de presse et ses acteurs.
 

Parmi ces mesures d’urgence : la levée sans délai de la circulaire sur le gel des contrats publicitaires, le déblocage rapide du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP), et le lancement dès ce mois de juin de la répartition des montants 2024 et 2025. La réforme annoncée du FADP ne pourra se faire que dans un esprit de concertation, et seulement après distribution des fonds dus. Cela implique que la tutelle fasse inscrire ces montants dans la loi de finances rectificative attendue ce mois-ci.
 

Autre urgence : la mise en place d’un comité paritaire chargé de recenser et de suivre les paiements dus aux médias par les structures publiques. Ce mécanisme de suivi est vital pour restaurer la confiance, stabiliser les trésoreries et permettre aux entreprises de planifier. Mais au-delà de ces urgences, une réforme en profondeur s’impose. Il est temps de passer des intentions aux actes, en appliquant les conclusions des Assises nationales de la presse. Une réglementation cohérente, équitable et adaptée aux réalités numériques est indispensable.
 

Or, la démarche actuelle, fondée sur des concertations opportunistes, à peine préparées et dictées par des bailleurs, est loin d’être à la hauteur des enjeux. Les textes qui régissent le secteur doivent être respectés par tous et actualisés sans délai. Dans cette perspective, l’arrêt rendu par la Cour suprême le 12 juin, annulant la décision de suspension de 381 organes de presse, constitue un sérieux revers institutionnel pour le ministre de la Communication. Il vient réaffirmer, s’il en était encore besoin, que l’exercice du pouvoir ne saurait se fonder sur l’arbitraire, et que toute politique publique doit s’inscrire dans le strict respect de la légalité républicaine.
 

Les véritables priorités résident ailleurs : il s’agit de relancer sans délai les travaux en vue de la mise en place d’un nouvel organe de régulation, de procéder au renouvellement et au renforcement de la Commission nationale de la carte de presse, dont le mandat est arrivé à échéance, mais surtout de réhabiliter la dignité professionnelle des acteurs du secteur. Trop souvent, les médias sont érigés en boucs émissaires, rendus responsables de tous les dysfonctionnements, alors même qu’ils comptent parmi les rares corps sociaux à faire preuve d’autocritique et à exposer publiquement leurs propres limites. Cette stigmatisation récurrente s’inscrit dans une dynamique plus vaste de décrédibilisation de ceux qui informent, enquêtent et questionnent le pouvoir.
 

Il est désormais impératif de rompre avec cette logique délétère, de reconnaître pleinement à la presse son statut de service public stratégique, et d’engager avec ses représentants une réforme en profondeur du cadre de régulation. Une réforme fondée sur l’équité, la stabilité et le respect absolu de l’indépendance éditoriale. Car si le Sénégal n’a rien à gagner à asphyxier sa presse, il a tout à craindre d’un silence imposé.

Coordination des Associations de Presse (CAP)

Ordonnance de la Cour suprême : revers cuisant pour le ministre de la Communication

La Cour suprême du Sénégal a infligé un sévère camouflet au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en suspendant son arrêté controversé portant cessation de diffusion, de parution et de publication de plusieurs médias privés.

Dans son ordonnance n°16/2025 rendue le 12 juin et notifiée ce lundi 16 juin 2025, le juge des référés de la plus haute juridiction du pays a ordonné la suspension immédiate de l’arrêté ministériel n°0011059/MCTN du 22 avril 2025. Une décision qui intervient à la suite d’un recours introduit par la journaliste Aïssatou Diop Fall, fondatrice du média Public SN, et qui bénéficie à l’ensemble de ses supports : la chaîne Public SN TV, le quotidien Le Public et le site d’information public.sn.

Cette décision de justice est saluée comme une avancée majeure pour la liberté de la presse, la liberté d’expression et le renforcement de l’État de droit au Sénégal. Elle remet en cause la légalité de mesures gouvernementales jugées arbitraires et excessives.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, la relation entre l’État et la presse privée s’est fortement détériorée. En quinze mois d’exercice, le secteur des médias indépendants traverse une crise économique et institutionnelle profonde, alimentée par une série de décisions hostiles :

Annulation de l’effacement fiscal précédemment accordé à la presse ; Non-paiement par l’État des créances dues aux entreprises de presse ; Résiliation unilatérale des contrats publicitaires par l’État et ses agences ; Gel des subventions budgétaires pour les années 2024 et 2025 ; Hausse drastique des coûts de diffusion sur la TNT, ayant entraîné la suspension du signal de plusieurs chaînes privées.

À cela s’ajoute la tentative du ministère de la Communication de remettre en cause l’existence juridique de certains médias, à travers l’élaboration d’une liste sélective et juridiquement contestable de “médias reconnus” par le gouvernement, et par des arrêtés de fermeture fondés sur une lecture discutable du Code de la presse.

Les effets de cette politique sont dévastateurs : liquidations judiciaires, licenciements massifs, arriérés de salaires, absence de couverture sociale et médicale pour de nombreux journalistes et techniciens, grèves annoncées dans plusieurs rédactions…

Le secteur, qui a pourtant joué un rôle capital dans les trois alternances démocratiques et dans la préservation de la stabilité sociale du pays, se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement.

Dans ce contexte alarmant, l’ordonnance de la Cour suprême apparaît comme un signal fort en faveur de l’indépendance des médias et du respect des libertés fondamentales. Elle invite l’État à revoir sa politique et à engager un dialogue responsable avec les acteurs du secteur.

Un appel solennel est lancé au président de la République, à son gouvernement, aux partis politiques, aux syndicats, à la société civile, aux confréries religieuses et à l’Église pour qu’ils prennent la mesure du péril qui pèse sur la presse sénégalaise. Car il n’est pas de démocratie stable sans médias libres, et les exemples de pays de la sous-région ayant perdu leur presse républicaine démontrent à quel point une telle dérive peut être coûteuse.

Liberté de la presse au Sénégal : la Cour suprême donne raison au média Public SN, Mamoudou Ibra Kane interpelle le ministre Alioune Sall

Dans une décision jugée historique pour la liberté de la presse au Sénégal, la Cour suprême a suspendu, ce jeudi 12 juin 2025, la notification de cessation de parution émise par le ministère de la Communication à l’encontre du média Public SN, dirigé par la journaliste Aïssatou Diop Fall. Cette décision intervient après plusieurs semaines de tensions entre les autorités et certains organes de presse accusés de non-conformité réglementaire par le ministère.

La haute juridiction a ainsi donné gain de cause au média dans son recours contre une décision qualifiée d’“abusive” par de nombreux acteurs de la société civile et du monde médiatique. Pour beaucoup, ce verdict représente une avancée significative dans la défense de la liberté d’expression au Sénégal, alors que le climat est de plus en plus tendu entre l’État et certaines voix critiques dans les médias.

Réagissant à cette actualité sur X (anciennement Twitter), le journaliste et entrepreneur des médias Mamoudou Ibra Kane n’a pas mâché ses mots. Dans un tweet publié jeudi, il a appelé le ministre de la Communication, Alioune Sall, à revoir ses méthodes :

« La Cour suprême donne raison au média PUBLIC SN dans son recours contre la décision du ministre de la Communication de suspendre plusieurs médias. Une belle victoire judiciaire pour la liberté de la presse. Le Ministre doit revoir ses méthodes fortement décriées. »

Ce message, largement relayé et commenté, traduit un malaise croissant au sein de la profession journalistique, où les décisions récentes du ministère de la Communication sont perçues comme des atteintes à l’indépendance des médias.

La journaliste Aïssatou Diop Fall, figure respectée dans le paysage médiatique sénégalais, n’a pas encore officiellement réagi à cette décision, mais son entourage salue déjà « une victoire du droit sur l’arbitraire ». De nombreux professionnels et observateurs espèrent désormais que ce verdict fera jurisprudence et incitera les autorités à plus de dialogue et de transparence dans leur gestion du secteur médiatique.

PASTEF : mépris des lois ou incapacité à comprendre la Constitution ?

La question mérite d’être posée, tant les faits s’accumulent et dessinent une inquiétante tendance au sommet de l’État : le non-respect des lois ou une méconnaissance profonde des règles qui encadrent la République.

Le dernier épisode en date concerne l’arrêté pris par le ministère de la Communication, visant à interdire arbitrairement la parution de certains organes de presse. Une mesure qui a immédiatement suscité de vives critiques : nous avions rappelé que la liberté de création des médias est garantie par l’article 11 de la Constitution et qu’aucune autorisation préalable ne saurait être imposée par voie administrative.

La Cour suprême vient de confirmer cette lecture du droit en suspendant l’arrêté du ministère. Une décision salutaire, qui protège la liberté de la presse, mais qui ne doit pas faire oublier la gravité de la démarche initiale.

Car ce n’est pas un cas isolé.

Lors des débats autour de la loi d’amnistie, le gouvernement a une nouvelle fois montré une approche contestable du droit. Plusieurs juristes, constitutionnalistes et voix indépendantes avaient souligné les contradictions de ce texte avec les principes fondamentaux de la Constitution. Là encore, les mises en garde n’ont pas été entendues. Les députés de la majorité ont fini par voté une loi que le conseil constitutionnel a jugé par la suite contraire à la constitution.

Ce qui est en cause ici, c’est bien le respect de l’État de droit. Un État de droit ne vit pas seulement de quelques décisions judiciaires isolées : il exige que le pouvoir respecte en permanence le cadre légal, même et surtout lorsqu’il pense pouvoir imposer sa volonté.

Les citoyens doivent rester vigilants. Car l’histoire montre qu’une République ne bascule pas du jour au lendemain : elle s’érode par petites entorses, par habitudes prises au mépris du droit.

La décision de la Cour suprême rappelle que des garde-fous existent encore. Mais il revient à chacun de veiller à ce qu’ils restent solides. Et à ce que le respect de la Constitution ne devienne pas l’exception, mais bien la règle.

Ameth DIALLO

Coordinateur national de Gox Yu Bees

Fact-checking – Manifestation du 23 mai 2025 : les quotidiens Les Échos et L’As utilisent une photo datant de 2021

Le 24 mai 2025, les quotidiens sénégalais Les Échos et L’As ont tous deux publié en Une une image identique pour illustrer la manifestation organisée la veille, à Dakar, par le collectif “Rappel à l’ordre”, militant pour la criminalisation de l’homosexualité. Or, l’image en question ne correspond pas à l’événement de 2025 : elle a été prise quatre ans plus tôt, lors d’une autre manifestation sur le même thème.

La photo montre un homme en t-shirt vert, bras levés, arborant le message “And Samm Djiko yi – Non à l’homosexualité”, devant une foule de manifestants. Ce cliché a été utilisé pour appuyer les reportages des deux journaux sur la manifestation du 23 mai 2025. Pourtant, le mouvement “And Samm Djiko yi”, bien visible sur le t-shirt, n’était pas impliqué dans l’organisation de cette mobilisation récente. Imam Babacar Sylla, coordonnateur général du mouvement, avait même déclaré à la presse que cette manifestation visait à “remettre sur la table un texte déjà rejeté à deux reprises par l’Assemblée nationale”, confirmant que son mouvement n’en faisait pas partie.

Une vérification par recherche d’image inversée révèle que cette photographie a été prise le 23 mai 2021, à la Place de l’Obélisque à Dakar, lors d’un rassemblement contre l’homosexualité organisé par des associations religieuses, dont justement “And Samm Djiko yi”. Depuis, elle a été utilisée à plusieurs reprises par des médias, dont La Croix et Le Nouvel Observateur, qui en ont conservé la légende originale précisant le contexte et la date.

Toutefois, cette rigueur n’a pas été suivie par tous. Dans les publications du 24 mai 2025, Les Échos et L’As n’ont fourni aucune précision sur l’origine de l’image ni indiqué qu’il s’agissait d’une photo d’archives. Cette omission peut fausser la perception du public, en donnant l’impression d’une affluence plus importante qu’en réalité lors de la marche de 2025, d’autant plus que les organisateurs ont évoqué une “participation modeste mais symbolique”.

Le photographe à l’origine de l’image, Seyllou, de l’Agence France-Presse (AFP), a confirmé à DUBAWA qu’il avait bien pris ce cliché en 2021. Il a regretté son utilisation non autorisée et hors contexte, affirmant : « En journalisme, une photo non légendée n’est pas une photo de presse. Le plus grave, c’est que ces journaux ne sont même pas abonnés à l’AFP, ce qui signifie clairement que la photo a été piratée. »

Ce n’est pas un cas isolé. Déjà en mai 2025, le journal L’Info avait utilisé pour illustrer une manifestation de la diaspora sénégalaise à Genève une photo prise à Paris en 2021, lors d’un rassemblement du parti Pastef. Face aux critiques, L’Info avait dû publier une note d’excuses.

Conclusion :
L’image diffusée par Les Échos et L’As pour illustrer la manifestation contre l’homosexualité du 23 mai 2025 est une archive datant de mai 2021. Son utilisation hors contexte, sans mention de la date ni de la source, constitue une désinformation visuelle. Ce type de pratique nuit à la rigueur journalistique et induit le public en erreur.

Liberté de la Presse au Sénégal : La Cour Suprême Désavoue le Ministre de la Communication

Dans une décision historique rendue ce jeudi, la Cour Suprême du Sénégal a suspendu l’arrêté controversé du ministre de la Communication, Alioune Sall, ordonnant la cessation de parution du média en ligne Public SN. Cette décision marque un tournant majeur dans la défense de la liberté de la presse au Sénégal.

Me Abdou Dialy Kane, avocat de Public SN, a confirmé la nouvelle, précisant que la notification officielle de la Cour sera disponible en début de semaine prochaine. En attendant, la suspension de la mesure ministérielle constitue un désaveu cinglant pour le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN), qui avait pris un arrêté visant à interdire l’activité de plusieurs organes de presse jugés “non conformes”.

Parmi les médias visés figurait Public SN, dirigé par la journaliste chevronnée Aïssatou Diop Fall, dont l’engagement pour une information libre et indépendante est largement reconnu.

L’arrêté d’Alioune Sall avait provoqué une onde de choc dans le paysage médiatique sénégalais. Entraînant la fermeture brutale de plusieurs rédactions, il avait mis au chômage des dizaines de journalistes et techniciens. La décision de la Cour Suprême, en annulant de fait cette mesure, rappelle le principe fondamental de la liberté de la presse garanti par la Constitution.

Un premier recours contre l’arrêté avait échoué pour vice de forme. Mais la détermination des acteurs du secteur, en particulier celle du CDEPS (Comité pour la Défense des Droits des Journalistes et des Acteurs des Médias), a fini par porter ses fruits. Dans un communiqué, le CDEPS a salué une victoire “incontestable pour le droit, la justice et la démocratie”.

Selon l’organisation, cette décision rend “caducs” tous les actes pris par le ministre, y compris les listes dites “officielles” de médias reconnus, qu’il avait imposées unilatéralement.

Au-delà du cas de Public SN, cette décision envoie un signal fort aux autorités : la régulation des médias doit respecter les procédures légales et les principes démocratiques. Elle rappelle également que l’indépendance des médias ne saurait être entravée par des décisions arbitraires.

La suspension de l’arrêté du ministre de la Communication par la Cour Suprême est une victoire majeure pour la liberté d’expression au Sénégal. Elle renforce l’espoir d’un retour à un climat plus serein et plus respectueux du droit dans les relations entre les autorités publiques et les médias.

Référé sur excès de pouvoir : le ministre de la Communication désavoué par la Cour suprême

Coup de théâtre dans l’affaire opposant le ministère de la Communication au média Public SN. La Cour suprême a ordonné ce jeudi la suspension de la notification de cessation de parution adressée au média dirigé par la journaliste Aïssatou Diop Fall. Une décision symbolique et juridiquement lourde de conséquences.

L’information a été rendue publique par Me Abdou Dialy Kane, avocat de Public SN, qui a confirmé que le juge du référé a prononcé la suspension de l’arrêté ministériel contesté. La décision écrite du tribunal est attendue pour le début de la semaine prochaine, entre mardi et mercredi.

Un arrêté ministériel contesté et désormais suspendu

Pour rappel, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) avait pris, en avril dernier, un arrêté ordonnant la cessation de parution et de diffusion d’une dizaine de médias, jugés non conformes aux critères de reconnaissance officielle établis par ses services. L’acte, très critiqué, avait entraîné la fermeture immédiate de plusieurs entreprises de presse et le licenciement de dizaines de travailleurs.

Un premier recours en référé déposé par les avocats de Public SN avait été rejeté pour vice de forme. Cette fois, la requête fondée sur un excès de pouvoir a été jugée recevable. « Le droit a été dit », se félicite Me Kane.

Une victoire pour la liberté de la presse

La décision de la Cour suprême est interprétée comme un désaveu cinglant pour le ministère de la Communication, dont les actes – notamment les fameuses « listes officielles » de médias agréés – sont désormais frappés de caducité.

« C’est une victoire incontestable pour la liberté de la presse et pour l’État de droit », a réagi Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS). Il appelle les autorités à revoir en profondeur leur politique de régulation des médias et à privilégier le dialogue plutôt que la répression administrative.

Pape Cheikh Diallo s’explique sur son absence à la TFM : un tournant stratégique vers ses propres médias

Le célèbre animateur sénégalais Pape Cheikh Diallo, figure emblématique du paysage audiovisuel national, a récemment levé le voile sur les raisons de sa discrète absence des écrans de la Télé Futurs Médias (TFM). Contrairement aux rumeurs de mésentente ou de rupture de collaboration, il s’agit en réalité d’un choix mûrement réfléchi, dicté par de nouvelles ambitions professionnelles.

Dans une déclaration relayée par nos confrères de Kawtef, Pape Cheikh Diallo a clarifié :

« C’est moi qui ai mis la TFM au frigo car je vais bientôt lancer ma propre télévision sur la TNT et l’IPTV. J’ai aussi ma propre chaîne YouTube. Mais, si je le voulais, il suffit d’un seul appel pour réapparaître à la TFM. »

Une sortie médiatique qui confirme non seulement son éloignement volontaire, mais surtout un virage stratégique dans sa carrière.

L’animateur aux multiples talents travaille en coulisses sur le lancement de sa propre chaîne télévisée, un projet ambitieux qui marquera une nouvelle étape dans son parcours. Présent déjà sur YouTube, il entend ainsi s’implanter plus solidement dans le paysage médiatique sénégalais en diversifiant ses supports de diffusion et en s’adaptant aux nouveaux modes de consommation de contenus.

Toutefois, les fans peuvent se rassurer : il ne s’agit pas d’un départ définitif de la TFM. Cette pause est avant tout stratégique. Pape Cheikh Diallo laisse clairement la porte ouverte à un retour : une décision qui, selon ses propres mots, ne dépendrait que d’un simple appel.

Dialogue national : le CDEPS appelle à une réforme en profondeur pour garantir la liberté de la presse

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a annoncé sa participation au Dialogue national initié par le président de la République. Dans un communiqué publié ce lundi 26 mai 2025, l’organisation professionnelle souligne que cette rencontre intervient dans un contexte tendu entre les autorités issues de la troisième alternance politique et les acteurs des médias. Le CDEPS dénonce une série de mesures gouvernementales récentes qui, selon lui, ont porté atteinte à la crédibilité de la presse en tant qu’entreprise citoyenne, tout en compromettant la viabilité économique des organes de presse.

Le communiqué évoque des décisions perçues comme des tentatives de musellement, durement ressenties par les professionnels du secteur. Malgré les multiples interpellations adressées aux autorités et les combats menés, le CDEPS déplore l’absence de réponses positives et d’écoute réelle. À ses yeux, ce Dialogue national doit représenter une occasion décisive pour poser sur la table les difficultés économiques et administratives que traversent les entreprises de presse au Sénégal.

L’organisation réaffirme que la liberté de la presse est garantie par les articles 8, 10 et 11 de la Constitution sénégalaise, ainsi que par les instruments internationaux de protection des droits humains mentionnés dans le préambule de la Loi fondamentale. Elle estime que cette liberté doit être défendue de manière concrète et non symbolique.

À cet effet, le CDEPS propose que l’un des objectifs majeurs du dialogue soit la sanctuarisation de la liberté de la presse. Cela passerait, selon lui, par une révision du Code de la presse, du Code pénal et du Code de procédure pénale, notamment en ce qui concerne les délits de presse et les procédures judiciaires qui en découlent. L’organisation suggère également une réforme du Code électoral pour y intégrer de manière équitable la presse privée, en particulier dans les dispositifs liés à la propagande et à la publicité durant les périodes électorales.

Au-delà de ces réformes juridiques, le CDEPS appelle à la mise en place d’une Stratégie nationale d’Information et de Communication (SNIC) qui serait à même d’accompagner les mutations profondes du secteur. Cette stratégie devrait reposer sur plusieurs axes structurants : la transformation numérique des médias, une fiscalité adaptée aux secteurs stratégiques, des mécanismes de financement durable, le renforcement des capacités professionnelles et la promotion de champions nationaux, aussi bien dans la presse que dans les télécommunications.

Le CESTI célèbre la 52e promotion sur fond de crise du secteur médiatique sénégalais

Ce jeudi 22 mai 2025, le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) a célébré la sortie de sa 52e promotion, une cérémonie marquée à la fois par la fierté de l’accomplissement académique et l’inquiétude face à l’avenir professionnel. Les 33 récipiendaires de cette cuvée ont été honorés, avec une mention spéciale pour les majors : Adama Ndiaye (presse écrite), Sokhna Aminata Diop (radio) et Hadjaratou Racky Diagne (télévision).

Dans un discours à la fois solennel et lucide, le directeur du CESTI, Mamadou Ndiaye, a dressé un tableau sombre de la situation des médias au Sénégal. Saluant d’abord la rigueur et la qualité de la formation dispensée au sein de l’institution, il n’a pas manqué de souligner les défis majeurs auxquels sont confrontés les jeunes journalistes.

« Vous allez recevoir votre diplôme de journaliste dans un contexte très difficile », a-t-il déclaré. Une réalité marquée par la fermeture de plusieurs entreprises de presse, un modèle économique défaillant, les effets persistants de la crise post-Covid, et les bouleversements technologiques, dont l’intelligence artificielle.

Le directeur a notamment dénoncé le modèle du “tout gratuit”, la raréfaction des ressources publicitaires, les retards ou absences de salaires, autant de facteurs qui contribuent à la précarisation du métier. « Les journalistes vivent dans une précarité grandissante. Pourtant, vous avez bénéficié d’une formation de qualité, et ceux qui cherchent l’excellence sauront vous reconnaître », a-t-il affirmé, encourageant ainsi les nouveaux diplômés à garder foi en leur vocation.

Mamadou Ndiaye a également interpellé les autorités et les acteurs du secteur sur la nécessité d’un soutien étatique plus fort envers les médias, dans un souci de préservation de la démocratie. « Les médias qui échouent à jouer leur rôle deviennent un danger pour la démocratie », a-t-il averti, soulignant le lien vital entre presse libre et bonne gouvernance.

Enfin, le directeur du CESTI a lancé un appel à un dialogue franc et constructif entre le ministère de la Communication, les patrons de presse et les organisations professionnelles du secteur. « Il est temps de s’asseoir et de parler », a-t-il martelé, évoquant la nécessité d’une réforme concertée pour sauver un pilier essentiel de la vie démocratique.

La cérémonie s’est achevée sur une note de fierté et d’espoir, portée par l’ambition et l’engagement des jeunes journalistes, qui s’apprêtent à faire leurs premiers pas dans une profession en pleine mutation.

Renforcement des capacités des journalistes : l’ANSD mise sur une meilleure compréhension des statistiques

Dans le cadre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC), l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) a organisé, ce mercredi 21 mai 2025, un atelier de renforcement des capacités à l’intention des professionnels des médias. L’objectif : outiller les journalistes pour une meilleure compréhension et une utilisation judicieuse des données statistiques.

Cette session de formation marque un tournant dans la relation entre l’ANSD et les médias. Elle vise à renforcer le rôle des journalistes comme vecteurs d’une information fiable et bien interprétée. Antoine Diouf, directeur de eRadio et participant à l’atelier, a salué cette initiative : « Le journaliste n’est pas celui qui sait tout, mais celui qui sait où trouver l’information. Cet atelier nous permet de mieux comprendre le travail de l’ANSD pour interpréter correctement les statistiques. » Il a ajouté que cette formation est essentielle pour transmettre au public des données claires et contextualisées.

Pour Abdou Diouf, directeur général de l’ANSD, cette rencontre s’inscrit dans une stratégie plus large de vulgarisation des données statistiques : « Cette rencontre est la première d’une série que nous souhaitons organiser avec nos partenaires. Elle permet de partager nos méthodes et pratiques pour une meilleure vulgarisation des statistiques auprès du public. » Le directeur général a également mis en lumière la performance du Sénégal, qui se classe 4e en Afrique dans l’indice de performance statistique de la Banque mondiale, soulignant les progrès réalisés dans ce secteur.

Durant l’atelier, plusieurs thématiques essentielles ont été abordées : les méthodes de production des données statistiques, l’interprétation des indicateurs économiques et sociaux, les défis liés à la couverture statistique nationale, ainsi que les bonnes pratiques de communication des données.

« Lorsque les journalistes comprennent bien nos données, ils peuvent mieux les expliquer au public. Cela participe à la transparence et à la bonne gouvernance », a rappelé Abdou Diouf. Il a également évoqué les perspectives d’amélioration du système statistique national, appelant à une meilleure coordination entre les différentes structures productrices de données.

En somme, cette initiative de l’ANSD traduit une volonté affirmée de rapprocher les producteurs et les utilisateurs de données statistiques, afin de garantir une information de qualité, accessible et compréhensible à tous. Un pas de plus vers une société mieux informée et plus engagée dans les enjeux du développement.

Suspension de médias au Sénégal : le juge des référés déclare irrecevable la première requête du CDEPS, mais la bataille continue

Le juge des référés s’est prononcé ce jeudi sur l’arrêté controversé du ministre de la Communication ordonnant la cessation de parution et de diffusion des médias jugés « non conformes » au Code de la presse. La première requête en annulation introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou Sall a été jugée irrecevable, relançant ainsi le bras de fer entre l’État et le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de la Presse au Sénégal (CDEPS).

Le CDEPS, qui mène la contestation contre ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du ministère de la Communication, a réagi sans tarder : « Ce n’est que partie remise », a déclaré l’organisation patronale de la presse. Elle annonce l’introduction prochaine d’une nouvelle requête, cette fois sur le fond, pour contester l’illégalité de l’arrêté ministériel.

Le CDEPS fustige un acte « inique » et sans fondement légal, qui a entraîné la fermeture brutale de plusieurs entreprises de presse et mis au chômage des milliers de professionnels – journalistes, techniciens, personnels administratifs – à la veille de la fête de la Tabaski.

Selon le CDEPS, cette décision a aussi gravement porté atteinte à la réputation des organes de presse auprès de l’opinion publique, des annonceurs et des partenaires financiers. « L’État devra répondre de ces préjudices », a averti le patronat, qui compte réclamer des dommages et intérêts pour les pertes subies.

Fait notable lors de l’audience : Me Amadou Sall a révélé que l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient eux-mêmes reconnu l’incompétence du ministre de la Communication à décréter l’arrêt de la parution ou de la diffusion de médias. Une prise de position qui pourrait peser lourd dans les prochaines procédures judiciaires.

Alors que la décision écrite du juge n’a pas encore été communiquée officiellement aux parties, le CDEPS entend poursuivre son combat jusqu’à l’annulation complète de l’arrêté. Pour les acteurs du secteur, il s’agit d’un enjeu de survie, mais aussi d’un combat pour la liberté de la presse dans un contexte où les tensions entre le pouvoir exécutif et les médias semblent se raviver.

CDEPS : Vers une nouvelle bataille judiciaire contre l’arrêté de cessation de parution des médias

Le bras de fer entre le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et le ministère de la Communication prend une nouvelle tournure. Ce jeudi 15 mai 2025, le juge des référés a rendu une décision déclarant irrecevable la première requête introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou Sall. Cette requête visait à faire annuler l’arrêté ministériel ordonnant la cessation de parution et de diffusion des médias jugés non conformes au Code de la presse.

La décision motivée du juge n’a pas encore été portée officiellement à la connaissance des parties. Cependant, lors des débats devant le tribunal, l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient reconnu que le ministre de la Communication n’avait pas la compétence juridique pour ordonner une telle interdiction. Une reconnaissance qui pourrait être déterminante pour la suite.

Me Sall a annoncé qu’une nouvelle requête serait introduite pour contester cette fois sur le fond la légalité de l’arrêté. Il dénonce un acte arbitraire et sans fondement juridique, qui a entraîné la fermeture de plusieurs entreprises de presse à travers le pays. Les conséquences humaines et économiques sont lourdes : des milliers de professionnels des médias se retrouvent sans emploi à quelques jours de la Tabaski.

Le CDEPS estime que la réputation des entreprises de presse concernées a été gravement affectée, tant auprès de l’opinion publique que des annonceurs. Cette situation pourrait entraîner une perte de confiance durable et compromettre l’équilibre économique du secteur. L’organisation professionnelle compte désormais réclamer des réparations financières à l’État pour les préjudices subis. Ce contentieux judiciaire s’annonce donc comme un nouveau test pour l’État de droit et la liberté de la presse au Sénégal.

CDEPS – Arrêté de cessation de parution : Le ministre de la Communication en sursis

Le juge des référés, statuant sur l’arrêté portant cessation de parution et de diffusion des «médias non conformes» au Code de la presse, a jugé ce jeudi irrecevable la première requête en annulation introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou SALL. La décision motivée et écrite du juge des référés n’a pas encore été portée à l’attention des parties.
Dans le même temps, Me SALL a informé, que lors des débats, l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient tous deux affirmé que le ministre de la Communication n’a aucune compétence pour ordonner l’interdiction de diffusion et de parution des médias.
Ce n’est donc que partie remise. Une nouvelle requête sera introduite devant le juge des référés pour juger, sur le fond, de l’illégalité de l’arrêté du ministre de la Communication, qui a décrété de manière arbitraire la cessation de parution et de diffusion des médias.
Cet acte inique du ministre, sans aucune base légale, a provoqué la fermeture des entreprises de presse et le chômage de plusieurs milliers de professionnels des médias, mères et pères de famille, en cette veille de Tabaski 2025.
La réputation des entreprises de presse en a subi un coup auprès de l’opinion et des annonceurs, bailleurs de la presse.
L’État devrait en faire les frais, en payant des dommages et intérêts pour les préjudices subis.
Le CDEPS, jeudi 15 mai 2025

DEMANDE DE RENFORCEMENT DES CONCERTATIONS AVEC LA PRESSE : Volonté sincère ou de la poudre aux yeux ?

Lors du Conseil des ministres de ce mercredi, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a appelé son gouvernement à renforcer les concertations avec les acteurs du secteur médiatique. Il a insisté sur la nécessité d’accompagner la professionnalisation et la transformation des médias, dans le respect des lois en vigueur et de la tradition démocratique du Sénégal.
Le Chef de l’État a également mis l’accent sur l’urgence de restructurer et de financer les entreprises de presse, dans un contexte marqué par l’essor du numérique, de l’intelligence artificielle et les défis de régulation des réseaux sociaux. Il a, dès lors, chargé le ministre de la Communication, en lien avec les instances de régulation comme le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) et l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes du Sénégal (ARTP), de travailler à la mise en œuvre des recommandations issues des organisations professionnelles du secteur. L’objectif affiché : construire un modèle économique viable pour une presse libre, responsable et durable.
Cependant, ces déclarations semblent être en décalage avec la réalité. Car dans le même temps, le ministère de la Communication continue à notifier l’arrêt de diffusion ou de parution à des organes de presse, y compris à ceux qui avaient été reconnus comme conformes par ses propres services. Une attitude qui jette un doute sur la sincérité de la démarche.
Autre paradoxe : alors que le Président parle de co-construction et d’inclusion, il a demandé la mise en place d’un nouveau cadre exclusivement dédié au financement des entreprises publiques de presse – RTS, Le Soleil, l’APS et TDS-SA -. Quant aux médias privés, eux, attendent toujours la reprise de l’aide à la presse, gelée depuis plusieurs mois.
Par conséquent, une question s’impose : la main tendue aux acteurs de la presse est-elle sincère ou sert-elle à redorer l’image d’un Gouvernement qui oppresse la presse depuis son arrivée ? En l’état, les actes posés paraissent contredire les intentions affichées.

Google applique une TVA de 18 % sur ses services numériques au Sénégal dès le 1er juin 2025

À partir du 1er juin 2025, les services numériques de Google seront officiellement assujettis à une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 18 % au Sénégal. L’annonce a été relayée par le journaliste et spécialiste du numérique Basile Niane, via ses réseaux sociaux, citant l’article 355 bis du Code général des impôts comme fondement légal de cette nouvelle disposition.

Cette mesure s’inscrit dans le prolongement de la politique fiscale numérique initiée par l’État sénégalais en juillet 2024, qui avait déjà permis de générer 1,7 million de dollars de recettes fiscales. À travers ce dispositif, le gouvernement entend mobiliser, à moyen terme, près de 10 milliards FCFA dans le cadre du “New Deal Technologique”, une stratégie visant à mieux encadrer et taxer l’économie numérique, tout en stimulant l’innovation locale.

Google, par le biais de sa plateforme publicitaire Google Ads, a déjà commencé à informer ses utilisateurs au Sénégal. L’entreprise précise que « les professionnels assujettis à la TVA devront fournir leurs informations fiscales locales (NINEA ou registre de commerce) » afin de mettre à jour leur profil de facturation. Le NINEA sera désormais visible sur les factures, ce qui officialise la transparence fiscale exigée par les autorités sénégalaises.

Des conséquences pour les créateurs de contenus et consommateurs

Si cette mesure vise à renforcer la souveraineté fiscale du pays dans le domaine numérique, elle soulève également des inquiétudes. Basile Niane alerte notamment les créateurs de contenus, les youtubeurs et les utilisateurs de Google Ads : « Les youtubeurs, créateurs de contenus et consommateurs, je ne vous plains pas. Ce sera trop chaud pour tous. »

En d’autres termes, cette fiscalité risque d’alourdir les charges des professionnels du numérique et de limiter l’accessibilité des services numériques aux consommateurs locaux, surtout dans un contexte où les revenus publicitaires peuvent rester faibles comparés aux standards internationaux.

Au-delà des inquiétudes immédiates, Basile Niane soulève un point crucial : la stratégie du gouvernement reste centrée sur la consommation, sans s’attaquer au cœur de la création de valeur des géants du numérique (GAFAM). « Le Sénégal, avec l’implication de tous les acteurs du secteur, aurait tout intérêt à capter une partie de la valeur ajoutée générée localement par les services des GAFAM, plutôt que de se limiter à l’application de la TVA aux seuls consommateurs », soutient-il.

Ce débat relance la question d’une fiscalité plus juste et inclusive dans le secteur numérique. Alors que de nombreux pays africains cherchent encore le bon modèle pour taxer les géants du Web sans freiner l’innovation locale, le Sénégal fait figure de pionnier. Mais l’équilibre reste fragile : comment taxer les plateformes tout en soutenant les créateurs locaux ? La réponse pourrait venir d’une réforme plus large, co-construite avec les différents acteurs de l’écosystème numérique.

Fermeture de médias : Madiambal Diagne soutient Aïssatou Diop Fall dans son recours contre l’État

La journaliste Aïssatou Diop Fall a récemment introduit un recours auprès de la Cour suprême pour contester la fermeture de ses médias Public TV, Public SN et Le Public. Une initiative saluée publiquement par Madiambal Diagne, directeur du groupe Avenir Communication, qui a exprimé son soutien à sa consœur à travers une publication sur le réseau social X (anciennement Twitter).

Dans son message, Madiambal Diagne salue le choix de la voie judiciaire : « J’encourage et soutiens ma consœur Aïssatou Diop Fall, qui a fait un recours en Justice contre la décision de l’État de fermer son média. En effet, dans un État de droit, le citoyen doit faire valoir tous les droits et mettre toutes les institutions devant leurs responsabilités », a-t-il écrit.

La décision ministérielle à l’origine de cette affaire, et qui a entraîné l’arrêt des activités des trois médias concernés, avait suscité de nombreuses réactions au sein de la presse et de la société civile, certaines dénonçant une atteinte à la liberté d’expression et au pluralisme médiatique.

Par ce recours, Aïssatou Diop Fall entend faire annuler la mesure qu’elle considère comme arbitraire. Son action relance le débat sur la régulation des médias au Sénégal, dans un contexte où les tensions entre certaines rédactions et les autorités restent vives.

L’issue de ce dossier sera suivie de près par les acteurs du secteur et les défenseurs des libertés, à un moment où les appels à une réforme du cadre légal régissant la presse se font de plus en plus entendre.

LA COUR SUPRÊME VALIDE LE RECOURS D’AÏSSATOU DIOP FALL CONTRE L’ARRÊTÉ MINISTÉRIEL

La Cour suprême du Sénégal a jugé recevable le recours déposé par la journaliste Aïssatou Diop Fall contre l’arrêté du ministre de la Communication ordonnant la cessation des activités de ses organes de presse, a annoncé ce lundi la RFM.

Le recours, introduit le 28 avril, a été déposé dans les délais légaux et conforme aux exigences de forme prévues par l’article 33 de la loi organique sur la Cour suprême. Aïssatou Diop Fall conteste l’arrêté pour excès de pouvoir, estimant que seul un organe indépendant tel que le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) est compétent en matière de suspension de médias.

Dans sa requête, elle invoque également la violation de ses droits constitutionnels, notamment la liberté d’entreprendre et la liberté de créer un média sans autorisation préalable, garanties par l’article 11 de la Constitution sénégalaise.

La décision de recevabilité ouvre désormais la voie à un examen sur le fond du litige.

Affaire Aïssatou Diop Fall : bras de fer juridique autour de la liberté de la presse au Sénégal

La journaliste sénégalaise Aïssatou Diop Fall se retrouve au cœur d’une vive polémique après avoir reçu, le 25 avril 2025, un arrêté du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique lui enjoignant de suspendre toutes les activités de ses médias. Sont visés : la chaîne YouTube Public Sn TV, le quotidien Le Public et le site Public.sn.

Face à cette décision qu’elle qualifie d’abusive et d’illégale, Aïssatou Diop Fall a décidé de contre-attaquer sur le terrain judiciaire. Son avocat, Me Abdou Dialy Kane, a introduit un recours pour excès de pouvoir devant la Cour suprême du Sénégal, en invoquant l’article 178 du Code de la presse.

Le recours a été jugé recevable par la haute juridiction, conformément à l’article 74-1 de la loi organique n°2017-09 relative à la Cour suprême, modifiée par la loi n°2022-16. Il respecte également les exigences de forme fixées par l’article 33 de la même loi.

Dans un communiqué transmis à la presse, Me Kane affirme que le ministre a outrepassé ses compétences en imposant une procédure de validation des organes de presse via une plateforme numérique, sans aucune base légale claire. Selon lui, cette démarche constitue une « tentative manifeste de museler la presse indépendante », et il annonce que sa cliente compte faire valoir ses droits par tous les moyens de droit.

Cette affaire intervient dans un contexte où les rapports entre le pouvoir exécutif et les médias sont de plus en plus tendus. Plusieurs acteurs du secteur dénoncent une volonté grandissante de contrôle politique sur les organes de presse, en particulier ceux perçus comme critiques vis-à-vis des autorités.

L’affaire relance ainsi le débat sur les conditions d’exercice du journalisme au Sénégal, la régulation des médias et les limites du pouvoir exécutif en matière de communication. Elle pose également la question du rôle et de l’indépendance des instances de régulation, à l’heure où le numérique bouleverse les équilibres traditionnels du secteur.

En attendant la décision de la Cour suprême, l’opinion publique reste divisée. Tandis que certains saluent une tentative de mettre de l’ordre dans un paysage médiatique jugé parfois anarchique, d’autres voient dans cette affaire un dangereux précédent pour la liberté de la presse.

Subvention ADEPME : Le CDEPS dénonce une tentative de récupération politique et clarifie le processus

Dans un communiqué rendu public ce week-end, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a pris la parole pour clarifier les conditions d’octroi de la subvention de l’ADEPME à douze entreprises de presse. Le CDEPS a également dénoncé une tentative de récupération politique qu’il juge « malveillante » concernant cette initiative.

Le samedi 3 mai, lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) a annoncé un soutien financier pour une douzaine de médias, dans le cadre du Programme d’Appui à l’Accélération Industrielle, à la Compétitivité et à l’Emploi (PAAICE), financé par la Banque africaine de développement (BAD) depuis 2021.

Selon le CDEPS, ce soutien représente un « véritable souffle de relance » pour les entreprises de presse en difficulté, qui font face à une situation financière de plus en plus précaire depuis près d’un an. Le processus, qui a débuté en octobre 2024, a permis la rencontre entre éditeurs de presse, l’équipe projet de l’ADEPME et les cabinets Ibrahima Touré (ITO) et Alioune Touré (ATO) pour élaborer un plan de restructuration. Ce plan comprend des mesures telles que la protection juridique, la relance économique, la digitalisation et la mobilisation de financements.

Le financement couvre 75 % de la subvention dans le cadre du portefeuille « Fonds à frais partagés », sous réserve que chaque entreprise mobilise une quote-part de 25 %, conformément à la convention signée. Le CDEPS précise que, à ce jour, aucun fonds n’a encore été versé, car les conditions de décaissement n’ont pas encore été remplies.

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal s’insurge contre ce qu’il considère comme une tentative de récupération politique de cette initiative par le ministère de la Communication. Le CDEPS affirme que le ministère dirigé par M. Alioune Sall n’a joué aucun rôle dans le processus et dénonce le manque d’accompagnement institutionnel de sa part, notamment concernant la gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Le CDEPS accuse le ministre d’avoir délibérément retardé la distribution des fonds du FADP en 2024, entraînant un reversement des budgets non utilisés au Trésor. Toutefois, il indique que ces fonds restent récupérables via une loi de finances rectificative.

Le communiqué critique également une réforme en cours du décret régissant le FADP, jugée précipitée et unilatérale, sans concertation avec les professionnels du secteur. Le CDEPS déplore également la paralysie du CORED (organe d’autorégulation) et l’inaction de la Commission de la Carte nationale de Presse, qui n’a délivré aucun titre professionnel depuis plus d’un an.

En réponse à la situation, le CDEPS a déposé un recours en référé auprès de la Cour suprême le 2 mai 2025, demandant la suspension des assignations de « cessation immédiate de parution ou de diffusion » adressées à certaines entreprises de presse. Une procédure au fond est également en cours pour contester l’arrêté du ministre de la Communication à l’origine de ces assignations.

Groupe Emedia : les travailleurs exigent le paiement de 11 mois de salaires impayés après un financement de l’ADEPME

La tension monte au sein du groupe Emedia. Après l’octroi par l’ADEPME d’un financement de 32 millions de FCFA destiné à accompagner la restructuration des entreprises de presse, les travailleurs du groupe, via le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (Synpics), section Emedia, exigent que cette somme serve en priorité au paiement de leurs salaires impayés.

Dans un communiqué publié ce week-end, le Synpics-Emedia rappelle que la direction du groupe doit toujours 11 mois de salaires à ses employés. Le syndicat dénonce une situation devenue « intenable » pour les journalistes, techniciens et personnels administratifs du média, qui continuent d’assurer leur mission d’information dans des conditions précaires.

« Nous restons mobilisés pour la défense des droits et de la dignité des travailleurs du groupe », déclare le communiqué, illustrant le profond malaise social qui secoue le groupe Emedia depuis plusieurs mois.

Ce cri d’alarme intervient dans un contexte où l’État, à travers l’ADEPME, tente de redresser le secteur des médias via un Programme de Restructuration Financière, avec à la clé des appuis ciblés aux entreprises jugées viables. Pour les employés d’Emedia, cependant, la justice sociale doit primer sur toute tentative de relance économique.

« Pas de relance sans justice sociale », martèle le Synpics, dénonçant un manque de transparence dans la gestion des ressources allouées à l’entreprise et appelant à un audit de l’utilisation des fonds publics.

Alors que la direction d’Emedia reste silencieuse sur les modalités d’utilisation de l’enveloppe obtenue, le bras de fer avec les travailleurs pourrait s’intensifier dans les jours à venir, si aucune mesure concrète n’est prise pour régler les arriérés de salaires.

Lancement du programme de restructuration : 12 entreprises de presse soutenues par l’État

Le gouvernement du Sénégal a officiellement lancé, le samedi 3 mai 2025, la première phase du Programme de Restructuration Financière des entreprises de presse, sous l’égide du ministère de la Communication et de l’ADEPME. Douze entreprises bénéficient chacune d’une subvention de 24 millions FCFA, sur un budget total de 384 millions FCFA.

La directrice générale de l’ADEPME, Marie Rose Faye, a insisté sur la nécessité pour les médias de revoir leurs modèles économiques, en intégrant le numérique, l’indépendance éditoriale, et la confiance du public comme piliers de leur avenir. Le programme prévoit un accompagnement technique et financier, fondé sur un diagnostic financier personnalisé et un plan de restructuration adapté.

S’exprimant au nom des bénéficiaires, Mamadou Ibra Kane, président du CEDPS, a salué cette première collaboration directe avec l’ADEPME. Il a également mis en avant l’implication de deux experts-comptables dans la réussite du processus.

À noter que le financement accordé comprend 75 % de subvention publique, les 25 % restants étant à la charge des entreprises bénéficiaires.

Classement RSF 2025 : la précarité économique, principale menace pour la liberté de la presse

Le nouveau Classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), ce vendredi 2 mai, met en lumière une évolution alarmante : la précarité économique est désormais la principale menace pour la liberté de la presse, devant la censure ou la violence.

« La principale menace à la liberté de la presse n’est plus uniquement la violence ou la censure : c’est désormais la précarité économique des médias », alerte Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF. Selon lui, les rédactions, asphyxiées financièrement, deviennent vulnérables aux logiques de désinformation et aux pressions politiques.

Le rapport 2025 dresse un constat sévère : dans 160 des 180 pays évalués, les médias peinent à atteindre une stabilité financière. Un tiers des pays enregistrent des fermetures régulières de rédactions. Des exemples comme la Tunisie (129e, -11), l’Argentine (87e, -21) ou les États-Unis (57e, -2) illustrent cette chute liée à la course à la rentabilité au détriment de la qualité de l’information.

Pour Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF, « sans indépendance économique, il n’y a pas de presse libre. Une information fiable coûte cher. Il faut repenser l’économie des médias pour la rendre compatible avec l’intérêt général. »

En Afrique, les défis sont accrus : concentration des médias entre les mains de groupes proches du pouvoir, autocensure, manque de régulation efficace. Le Sénégal, lui, gagne 20 places et se classe 74e dans le monde, 15e en Afrique et 7e dans la CEDEAO. Une progression que Sadibou Marong attribue aux réformes amorcées, tout en appelant à des mesures concrètes et durables. « Sans un plan d’appui structuré, l’indépendance des médias restera une illusion », prévient-il.

Le rapport pointe aussi du doigt l’impact massif des géants du numérique (GAFAM), qui captent l’essentiel des revenus publicitaires. En 2024, les dépenses sur les plateformes sociales ont atteint 247,3 milliards de dollars, au détriment des médias traditionnels.

À l’échelle mondiale, le score moyen de liberté de la presse chute sous les 55 points, basculant dans une zone jugée « difficile ». Plus de 112 pays régressent, et 42 d’entre eux présentent une situation « très grave ».

Pour RSF, seule une mobilisation globale, conjuguée à des politiques publiques ambitieuses, pourra inverser cette tendance. « Défendre la presse aujourd’hui, c’est défendre la démocratie », conclut Sadibou Marong.

Suspension de Challenge New Media : une décision qualifiée d’« arbitraire » qui inquiète les défenseurs de la liberté de la presse

Le Groupe Challenge New Media (CNM), un média en ligne reconnu par les autorités sénégalaises, a annoncé ce mercredi avoir reçu l’ordre de suspendre immédiatement ses activités. Une décision émanant de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), assortie de menaces de poursuites pénales en cas de non-respect, et appuyée sur les articles 194, 195 et 200 du Code de la presse.

Dans un communiqué rendu public, la direction du groupe dénonce une décision « arbitraire », injustifiée et disproportionnée, qu’elle perçoit comme une attaque grave contre la liberté d’expression au Sénégal.

« Nous respectons rigoureusement le Code de la presse. Aucune notification officielle n’a été transmise pour justifier cette mesure brutale, ce qui nourrit des soupçons de censure politique », a réagi la direction du média.

Le CNM dit n’avoir été ni informé, ni convoqué dans un cadre légal permettant un droit de réponse ou un débat contradictoire. Cette suspension, qui intervient dans un contexte de tension autour du pluralisme médiatique, soulève des inquiétudes dans le paysage de la presse sénégalaise, notamment chez les organisations de journalistes, les ONG de défense des droits humains, mais aussi au sein de la communauté diplomatique.

« Cette crise pourrait mettre en péril des dizaines d’emplois et entraver gravement le droit des citoyens à une information pluraliste, libre et indépendante », avertit CNM.

Le groupe Challenge New Media interpelle directement le Président Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre de la Communication Alioune Sall, leur demandant de clarifier la position du gouvernement sur cette décision jugée liberticide.

« La rupture tant attendue ne peut se faire sans garantir un environnement médiatique libre et sécurisé », soutient le média, qui appelle également à la mobilisation des défenseurs de la liberté de la presse ainsi que des partenaires internationaux du Sénégal.

Cette affaire relance le débat sur les limites à la liberté de la presse dans un pays souvent cité comme un exemple de démocratie en Afrique de l’Ouest. Elle met aussi à l’épreuve les engagements du nouveau pouvoir, arrivé aux affaires en mars 2024 avec la promesse d’un renouveau démocratique, d’un État de droit renforcé et d’une gouvernance exemplaire.

Alors que la société civile reste vigilante, de nombreuses voix commencent à s’élever contre une tendance possible à l’autoritarisme masqué, sous couvert de légalité.

Régulation des médias : Le nouveau collège du CNRA officiellement installé

Après une longue période d’attente, le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) dispose enfin d’un nouveau collège. Ce mercredi 1er mai 2025, l’instance chargée de veiller au respect de la déontologie et de la régulation dans le paysage audiovisuel sénégalais a vu la nomination de ses nouveaux membres, mettant fin à six mois de vacance institutionnelle.

Composé de personnalités issues de divers horizons, ce collège reflète une volonté d’ouverture, de pluralité et de représentativité des sensibilités sociales, culturelles et professionnelles du pays.

Voici la nouvelle composition du collège du CNRA :

  • M. Mahamadou Diarra, acteur culturel, désigné comme personnalité qualifiée du milieu des arts.
  • M. Papa Mamadou Tandian, économiste retraité, représentant les associations du troisième âge.
  • Mme Aoua Bocar Ly Tall, sociologue, personnalité qualifiée dans le domaine des lettres.
  • M. Salif Sané, enseignant-chercheur en droit public, représentant la communauté universitaire.
  • Mme Maïmouna Makoar Diouf, experte en genre et communication, représentant les associations féminines.
  • M. Malick Ciré Sy, journaliste et président de la RADDHO, représentant les mouvements des droits humains.
  • M. Papa Madiakhaté Sarr, journaliste, représentant le Conseil national de la jeunesse.
  • M. Oumar Diouf Fall, journaliste, représentant les professionnels de l’audiovisuel.

Cette installation vient à un moment où la régulation des contenus audiovisuels est plus que jamais un enjeu de société, notamment dans un contexte de montée en puissance des réseaux sociaux, des chaînes en ligne et de la désinformation.

Le CNRA a pour mission de garantir la liberté d’expression, tout en veillant à protéger le public contre les dérives médiatiques, les discours de haine, les violations de la vie privée, et les manipulations de l’information. Ce nouveau collège est ainsi appelé à jouer un rôle crucial dans la consolidation de la démocratie, en assurant un équilibre entre liberté et responsabilité.

Les membres nouvellement désignés devraient, dans les prochaines semaines, procéder à l’élection de leur président et se pencher sur les textes d’orientation stratégiques à adopter pour répondre aux défis contemporains du secteur audiovisuel.

Crise dans le secteur des médias au Sénégal : la CAP appelle à la mobilisation face à “l’étouffement organisé”

La Coordination des Associations de Presse (CAP) a tiré la sonnette d’alarme ce lundi lors d’une conférence de presse. Face à ce qu’elle qualifie d’agressions répétées contre les médias sénégalais, elle appelle à une mobilisation urgente et massive de l’ensemble des acteurs du secteur.

Depuis mai 2024, la presse sénégalaise subit une série de mesures restrictives qui, selon la CAP, portent clairement la marque du pouvoir exécutif. Après une asphyxie financière prolongée, c’est désormais une offensive administrative qui s’abat sur les entreprises de presse. Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a publié le 22 avril 2025 un arrêté imposant l’arrêt immédiat des activités des médias jugés « non conformes » au Code de la presse, une décision renforcée par des assignations émises par la Direction de la Surveillance du Territoire (DST).

Plus d’une vingtaine de responsables de médias ont été convoqués pour recevoir ces injonctions, et selon la CAP, ce sont près de 300 entreprises qui pourraient être concernées. La situation est d’autant plus préoccupante que les décisions du ministère s’accompagnent d’un flou juridique et administratif. Les critères d’exclusion ne sont pas clairs, aucune notification formelle n’a été adressée aux médias concernés, et la plateforme de déclaration des entreprises de presse est bloquée depuis février 2025, empêchant toute nouvelle inscription.

Malgré la saisine de la Cour suprême et les dénonciations répétées par les organisations professionnelles, aucune réaction n’est venue des autorités judiciaires ou politiques. Ce silence, selon la CAP, traduit un mépris inquiétant pour la liberté de la presse. L’organisation n’hésite pas à établir une analogie forte, affirmant que la presse sénégalaise aujourd’hui est comme un George Floyd : étouffée par les institutions censées la protéger.

Le contexte de cette crise est aggravé par le blocage du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP), l’inactivité du Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), et la paralysie d’organes comme le CORED ou la Commission de la Carte nationale de Presse. Les cartes ne sont plus délivrées depuis février 2024, et aucune concertation sérieuse n’a été engagée par le ministre Alioune Sall, en dehors d’une simple réunion de prise de contact en mai 2024.

Face à ce qu’elle qualifie de dérive autoritaire, la CAP entend organiser la résistance. Elle lance un recensement des entreprises de presse concernées, mobilise des avocats pour les accompagner et appelle à un dépôt massif de recours devant la Chambre administrative de la Cour suprême. Tout au long du mois de mai, elle prévoit des rencontres avec les syndicats, les défenseurs des droits humains, les organisations de la société civile et d’autres forces vives de la nation. Ce cycle d’actions se conclura par un sit-in devant le ministère de la Communication.

La CAP, qui vient de se restructurer à la faveur de nouveaux changements à la tête du SYNPICS et de la Convention des Jeunes Reporters, entend se renforcer. Une assemblée générale est prévue le 17 mai pour formaliser cette nouvelle dynamique.

Dans un contexte où la démocratie sénégalaise est scrutée de près, la liberté de la presse semble à la croisée des chemins. La CAP appelle tous les citoyens, acteurs politiques, partenaires internationaux et institutions garantes des libertés fondamentales à ne pas rester silencieux face à ce qu’elle considère comme une tentative d’étouffer l’un des derniers remparts de la démocratie.

ABUS DE CONFIANCE AUTOUR DE PLUS DE 2 MILLIONS F CFA : Un célèbre patron de presse visé par une plainte d’une de ses employés

Un nouveau scandale éclabousse le monde des médias. Un célèbre patron de presse, réputé pour sa proximité avec l’ancienne administration de Macky Sall, est aujourd’hui cité dans une affaire d’abus de confiance portant sur une somme de 2 millions 500 mille francs CFA.
L’une de ses employées, lasse de courir après son argent depuis plusieurs mois, dont la plainte a été finalement reçue ce lundi par Commissariat central de Dakar, menace de dévoiler son identité si elle ne rentre pas dans ses fonds. D’après la plaignante, son patron, un journaliste de renom, lui a emprunté cette somme en décembre 2024 pour solder les salaires impayés de dans la boîte, promettant de la rembourser en février 2025.
Cependant, malgré ses engagements, l’administrateur d’un quotidien très connu, n’a jamais restitué l’argent, invoquant des difficultés financières et notamment le non-paiement de conventions par l’État.
Pourtant, d’après certaines indiscrétions, il aurait récemment encaissé environ 10 millions de francs CFA, suite au règlement d’une convention par l’un de ses partenaires institutionnels.
L’enquête suit son cours et les premières auditions devraient démarrer aujourd’hui, mardi.

Liberté de la presse : le CDEPS dresse un tableau préoccupant sous le régime de Bassirou Diomaye Faye

Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), a dressé un état des lieux des atteintes à la liberté de la presse depuis l’arrivée au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye.

Dans sa synthèse, il a notamment pointé du doigt la non-reconnaissance de l’effacement fiscal au profit des entreprises de presse, de la résiliation unilatérale des contrats de publicité par l’État et ses démembrements  le refus d’accorder des moratoires pour le paiement des dettes fiscales, ainsi que le blocage des comptes bancaires de plusieurs organes de presse, entre autres préoccupations.

Synthèse des atteintes à la liberté de presse

Vendredi 25 avril 2025, une situation nouvelle de violations des libertés s’est créée avec la convocation de journalistes par la police pour leur notifier l’interdiction de parution et de diffusion de leurs médias, décidée par le ministre de la Communication.

Les différents documents suivants permettront de s’imprégner du problème de la presse avec le régime de la 3ème alternance politique :

– Mémorandum du patronat de la presse en date de décembre 2024 ;

– Arrêté N°017412 portant mise en place d’une Plateforme numérique pour l’identification des entreprises de presse ;

– Arrêté N°00086 portant création de la commission d’examen et de validation de la Déclaration des entreprises de presse du Sénégal ;

– Notification de cessation de paiement (modèle) ;

– Arrêté N°011059 sur cessation de diffusion.

Résumé succinct de la situation de la presse depuis l’avènement du régime du président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE.

1) Non reconnaissance de l’effacement fiscal des entreprises de presse

Le CDEPS avait obtenu de l’ancien président de la République l’effacement de la dette fiscale des entreprises de presse, frappées de plein fouet par la crise du Covid-19 et qui n’avaient pas bénéficié des fonds Covid de mille milliards pour les entreprises en difficulté. En guise de compensation, le PR a pris une décision politique d’effacement fiscal pour les entreprises de presse. Ce que le nouveau régime a simplement rejeté.

2) Campagne de dénigrement des entreprises de presse privées

Par la voix du ministre de la Communication, l’État a tenté de présenter les patrons de presse comme des bandits fiscaux, alors que les irrégularités de paiement ne datent que de la période post-covid où le secteur des médias a perdu plus de 90% de son chiffre d’affaires, secteur économique le plus touché au Sénégal. Surtout, sur les 10.5 milliards de dettes fiscales des entreprises de presse, les 54% relèvent du secteur public (RTS, APS, Soleil et TDS-SA) et

«seulement» 46% pour toutes les entreprises de presse privées.

3) Refus de moratoires pour le paiement des dettes fiscales

En l’absence d’effacement fiscal, les Impôts étaient en droit de réclamer le paiement des dettes fiscales. Les entreprises de presse ont alors demandé d’étaler le paiement de la dette, ce que les Impôts ont simplement refusé en n’acceptant aucune proposition en adéquation avec la situation des entreprises comme l’attestent les états financiers certifiés déposés par ces derniers.

4) Blocage des comptes bancaires des entreprises de presse

Les Impôts ont continué leurs poursuites qui ont abouti au blocage des comptes bancaires. Ces comptes n’ont été débloqués que le 26 novembre 2024, sans même l’acceptation formelle du gel des poursuites proposé alors par le patronat.

5) Non-paiement des créances dues par l’État aux entreprises de presse

Les créances dues par l’État au titre de l’année 2023 n’ont pas été payées aux entreprises de presse malgré les prestations réalisées.

6) Résiliation unilatérale des contrats de publicité par l’État et ses démembrements (ministères, sociétés et agences nationales) sur instruction écrite du Premier ministre au mois de juin 2024.

7) Gel de la subvention de l’État aux entreprises de presse privées, malgré son vote dans la Loi de finances 2024.

8) Renchérissement des frais de diffusion pour les télévisions nationales

Le patronat de la presse avait négocié et obtenu de l’ancien régime une baisse substantielle des frais de diffusion sur la TNT, qui devaient à terme se chiffrer à 3 millions FCFA par mois, pour un montant symbolique de 500 mille francs.

9) Confiscation des deux bouquets télévisuels de la société EXCAF, reçus en compensation de l’État pour avoir réalisé et financé la mise en place de la TNT au Sénégal. EXCAF est la seule société africaine à avoir réalisé la TNT dans les 54 États du continent. Au mois de juillet 2024, la DG de TDS-SA, militante de Pasteef, a simplement confisqué ces deux bouquets en violation des conventions signées par le CNRA au nom de l’État du Sénégal. TDS, qui est une société anonyme, n’est qu’une plateforme technique, dont les décisions doivent être validées par le CNRA.

10) Négation de l’existence légale des médias

Au Sénégal, la Constitution a consacré la liberté de la presse dans les libertés fondamentales. Ainsi, la création de médias n’est soumise à aucune autorisation administrative. Toute personne physique ou morale a le droit de créer son média. C’est ce que tente de remettre en cause le nouveau régime. Au prétexte d’assainir le secteur de la presse, le ministre de la Communication veut s’arroger la compétence de dire quels médias ont le droit d’exercer sur le territoire sénégalais.

Eu égard à tous ces éléments, il est incontestable que le nouveau régime veut liquider la presse privée nationale. Ce ne sont pas des supputations ou des accusations, c’est la réalité des faits :

– Étouffement fiscal ;

– Asphyxie économique ;

– Négation juridique.

Pour le nouveau régime, toute la presse nationale, sans discernement, est liée à l’ancien régime. Il faut donc l’exterminer.

En plus, pour le nouveau régime, ce n’est pas la presse traditionnelle qui a favorisé son accès au pouvoir, mais seulement les réseaux sociaux. Cette presse traditionnelle doit être simplement remplacée par de nouveaux supports qui seront acquis aux thèses du nouveau régime et financés sur fonds publics.

Voilà en substance la situation de la presse sénégalaise, un an après l’avènement de la 3ème alternance politique. Comme une malédiction, la presse subit la répression après chaque alternance politique, sous Wade, puis sous Macky et aujourd’hui sous Diomaye.

Le combat est aujourd’hui le renforcement de l’embryon d’État de droit au Sénégal, pour favoriser l’émergence d’une presse libre, indépendante et républicaine. Ce n’est pas le combat des journalistes et techniciens des médias. C’est le combat de tous les citoyens, syndicats, partis politiques du pouvoir comme de l’opposition, confréries et de l’Église, toutes les personnes soucieuses du renforcement de la démocratie.

Mamadou Ibra KANE, président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS)

Suspension brutale des médias « non conformes » : une décision qui inquiète et relance le débat sur la liberté de la presse au Sénégal

Le 22 avril 2025, un arrêté ministériel a secoué le paysage médiatique sénégalais en ordonnant la suspension immédiate des médias jugés « non conformes » au Code de la presse. Cette décision survient à un moment particulièrement sensible, à quelques jours de la Journée internationale de la liberté de la presse, prévue le 3 mai. Si la mesure vise officiellement à renforcer la régulation des médias, elle suscite d’ores et déjà de vives réactions et soulève des inquiétudes sur l’avenir de la liberté de la presse au Sénégal.

L’arrêté, pris sans consultation préalable ni procédure judiciaire, a immédiatement défrayé la chronique. Pour de nombreux professionnels de l’information et défenseurs des droits humains, cette décision représente un coup dur pour la liberté d’expression. La suspension des médias dits « non conformes » est perçue comme une forme de censure arbitraire, incompatible avec les principes démocratiques et les engagements internationaux du Sénégal en matière de droits humains.

L’ONG ARTICLE 19, spécialisée dans la défense de la liberté d’expression, a rapidement dénoncé cet arrêté. Selon l’organisation, ce dernier instaure un système de censure préalable sans fondement légal solide. « L’arrêté ne prévoit ni procédure contradictoire, ni contrôle judiciaire préalable, ni même de recours effectif pour les médias concernés », indique ARTICLE 19 dans un communiqué. Selon l’ONG, cette absence de garanties juridiques soulève des préoccupations sur l’équité et la transparence du processus.

L’organisation rappelle que cette décision va à l’encontre des normes internationales en matière de liberté de la presse. En particulier, elle contrevient à la Déclaration des principes sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique, ainsi qu’à l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ce dernier encadre strictement les restrictions à la liberté de la presse, n’admettant de telles restrictions que dans des cas précis, tels que la protection de la réputation d’autrui, la sécurité nationale, l’ordre public ou la santé.

De plus, cet arrêté ministériel intervient dans un contexte où le Sénégal s’était engagé à réformer son Code de la presse afin de réduire les mesures liberticides et de garantir une plus grande liberté de l’information. Cependant, cette suspension massive semble au contraire marquer un recul démocratique, jetant une ombre sur les avancées réalisées ces dernières années.

Face à cette situation, ARTICLE 19 appelle les autorités sénégalaises à suspendre immédiatement l’application de l’arrêté et à entamer une réforme profonde du Code de la presse. L’organisation préconise la mise en place d’une approche multipartite de co-régulation, associant à la fois les médias, la société civile et les institutions publiques, afin de trouver un équilibre entre la liberté d’informer et la responsabilité éditoriale.

Les défenseurs des droits humains insistent également sur la nécessité de renforcer l’indépendance des organes de régulation des secteurs de la radiodiffusion, des télécommunications et d’Internet. Par ailleurs, il est recommandé d’établir des mécanismes judiciaires permettant de mieux encadrer toute restriction aux activités des médias, afin d’éviter les abus.

L’arrêté ministériel, qui semble marquer un tournant dans la gestion de la presse au Sénégal, intervient à un moment symbolique. À moins de deux semaines de la Journée internationale de la liberté de la presse, cet acte résonne comme un signal d’alarme, non seulement pour les médias sénégalais, mais aussi pour les défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme dans le pays.

La décision ministérielle rappelle avec force les enjeux liés à la régulation de la presse et à la liberté d’expression. Dans un contexte où les débats sur la pluralité des médias et la transparence des informations sont de plus en plus cruciaux, cette mesure pourrait bien marquer le début d’un nouveau chapitre dans les relations entre l’État sénégalais et les médias. À un moment où le pays semblait être sur la voie de réformes progressistes en matière de droits humains, cette suspension brutale risque de freiner cette dynamique et d’entacher les efforts pour renforcer la liberté de la presse.

En conclusion, la décision ministérielle du 22 avril marque une nouvelle étape dans les défis auxquels le Sénégal est confronté en matière de liberté d’expression. Si elle est perçue comme une réponse nécessaire à des dérives médiatiques, elle soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre régulation et liberté. Le pays se trouve aujourd’hui à un carrefour où la gestion de la presse devra s’inscrire dans une logique de respect des principes démocratiques et des engagements internationaux en faveur des droits humains.

CESSATION IMMÉDIATE DE DIFFUSION DE MÉDIAS : Tir groupé des patrons de presse contre le ministère de la Communication

Une vague de suspensions touche plusieurs médias sénégalais, sommés de cesser toute diffusion par arrêté du ministère de la Communication. Invoquant une non-conformité au Code de la presse, les autorités ont enclenché une procédure contestée par de nombreux patrons de presse, qui dénoncent une mesure arbitraire, anticonstitutionnelle et dangereuse pour la liberté d’informer.

De nombreux patrons de presse sont actuellement convoqués à la Division de la Surveillance du Territoire (DST), où il leur a été signifié une cessation immédiate de parution. Cette décision découle de l’arrêté n°011059/MCTN, signé le 22 avril 2025 par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, qui ordonne la suspension sans délai de la diffusion, de la publication et du partage de contenus en provenance de médias jugés non conformes aux dispositions du Code de la presse.
Dans un procès-verbal émis par la DST, un organe de presse a donc reçu, ce vendredi 25 avril, une notification officielle émanant du Commissaire de Police Divisionnaire, Directeur de la Surveillance du Territoire, lui intimant de cesser immédiatement toute activité de parution. À défaut de s’y conformer, des sanctions sont prévues, notamment celles énoncées aux articles 194, 195 et 200 du Code de la presse.
Parmi les patron de presse convoqués figure Aïssatou Diop Fall. Journaliste chevronnée avec vingt-cinq années d’expérience, elle a été sommée de fermer sa chaîne YouTube, Publicsn, avant d’être convoquée à la DST. Elle dénonce une décision arbitraire : « Ils ont déclaré la guerre à la presse. Qu’il en soit ainsi ! La notification de cessation de diffusion que j’ai reçue est illégale et anticonstitutionnelle. En outre, elle est en déphasage avec le Code de la presse qu’ils ont brandi. Le ministère a sorti une liste de médias qu’il considère “conformes” et elle ne peut être définitive du fait que des médias qui leur appartiennent continuent à voir le jour après cette publication. D’ailleurs, avant la publication de cette liste, je m’étais inscrite sur leur site. Mais, mon organe avait été éjecté des organes qu’ils ont reconnus sans qu’ils ne me donnent les raisons. C’est dernièrement, lors du ramadan, qu’ils m’ont envoyé un e-mail pour que je complète les documents fournis, ce que j’ai fait. Depuis lors, je n’ai pas reçu de nouveau courriel. Alors, jusqu’à présent je suis conforme. »
Cette vague de suspensions et de convocations a immédiatement suscité une vive indignation dans le paysage médiatique. Le journaliste Mamoudou Ibra Kane s’interroge : « Dans quel pays sommes-nous pour qu’un ministre pense pouvoir décider des “médias conformes” et des “médias non conformes”, et donc, avoir un pouvoir de vie et de mort sur l’écrit, l’image, la parole, tous les contenus médiatiques ?! Où est la justice ? Où est le régulateur ? Liy raam ci ñak bi la jëm – ceci est un précédent dangereux, en français. Il est temps de sonner la résistance face à l’oppression, la persécution et la négation en cours des droits et libertés au #Sénégal. Cette dérive interpelle tous les citoyens qui doivent la combattre par tout moyen qu’autorise la loi. »
L’administrateur du « Quotidien », Madiambal Diagne, quant à lui, fustige une démocratie en recul : « C’est une honte dans une démocratie que de fermer des médias. Si on peut autoriser des chaînes YouTube qui ont montré au public comment fabriquer des cocktails molotov, on devrait franchement laisser d’autres, qui n’ont pas commis une telle hérésie, de continuer d’opérer. Triste. »
El Hadji Cheikh Kane, administrateur du « Groupe Le Dakarois », ne mâche pas ses mots : « le droit d’informer ne s’achète pas, ne se quémande pas. Il s’exerce. Aujourd’hui, au Sénégal, 381 médias se retrouvent exclus de la reconnaissance officielle de l’État. 639 médias ont été déclarés. Seuls 258 sont “validés”. Cela pose une question simple, mais fondamentale : qui décide de qui a le droit de parler ? Et sur quels critères ? Quand un ministre tente de faire passer un arrêté pour une loi, ce n’est plus de la régulation, c’est de la censure. Quand des médias sont traités comme des menaces, simplement parce qu’ils sont critiques, ce n’est plus de la gouvernance, c’est de l’intimidation. »
Il rappelle que ce droit est garanti par la Constitution : « Le droit d’informer, de débattre, de critiquer — c’est le socle d’une démocratie vivante. Et ce droit est inscrit noir sur blanc dans l’article 11 de notre Constitution. Aucun arrêté, aucun communiqué, aucune menace ne peut l’annuler. Aujourd’hui, je tiens à exprimer ma solidarité totale avec tous les journalistes, techniciens, chroniqueurs, directeurs de publication, cameramen, animateurs, qui continuent de faire leur travail avec courage malgré les pressions. Il est temps de dire non. Il est temps de faire bloc. Il est temps de rappeler à ceux qui nous gouvernent que la presse n’est pas un privilège, c’est une responsabilité, un droit, une mission. »
Pour mémoire, le ministère de la Communication avait publié, le jeudi 6 février 2025, une liste officielle des médias en règle avec le Code de la presse. Sur les 639 médias déclarés, seuls 258 ont été reconnus comme conformes aux normes réglementaires en vigueur, contre 381 jugés non conformes, selon les déclarations de Habibou Dia, directeur de l’information. Une situation qui continue d’alimenter une profonde crise de confiance entre les autorités et les acteurs du secteur médiatique, sur fond de menaces à la liberté d’expression.

La Dakaroise

Coup de balai dans les médias : l’État ordonne la cessation immédiate de parution de plusieurs organes de presse

La liberté de la presse au Sénégal vient de connaître un nouveau choc. Plusieurs patrons de presse ont été convoqués à la Division de la Surveillance du Territoire (DST) où leur a été signifiée une cessation immédiate de leurs activités de parution. Cette mesure fait suite à l’arrêté n°011059/MCTN signé le 22 avril 2025 par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, ordonnant l’arrêt de la publication, de la diffusion et du partage de contenus jugés non conformes au Code de la presse.

Dans un procès-verbal transmis à l’un des organes de presse concernés, le Directeur de la Surveillance du Territoire, Commissaire de Police Divisionnaire, a formellement enjoint l’arrêt sans délai de toute parution. En cas de non-respect, des sanctions prévues par les articles 194, 195 et 200 du Code de la presse seront appliquées, allant jusqu’à la suspension définitive et à des poursuites judiciaires.

L’arrêté ministériel, appliqué avec une rigueur soudaine, a surpris plus d’un. Pour beaucoup d’acteurs du secteur, la méthode employée suscite inquiétude et incompréhension. « On ne nous a laissé aucune marge de régularisation. C’est un couperet tombé du jour au lendemain », déplore un responsable de publication. Dans les rédactions touchées, c’est la stupeur, mêlée à une inquiétude pour la survie économique des structures et la préservation de la liberté d’informer.

En toile de fond de cette vague de suspensions, la question de la conformité au Code de la presse. Le 6 février dernier, le ministère de la Communication avait publié une liste officielle des médias dits “en règle”. Sur les 639 médias recensés au Sénégal, seuls 258 rempliraient les critères légaux, selon Habibou Dia, directeur de l’information au ministère. Les autres, soit 380 organes, sont accusés de fonctionner dans l’illégalité : absence de récépissé, direction non conforme, ou encore défaut de déclaration.

Mais pour de nombreux professionnels du secteur, cette opération ressemble moins à un assainissement qu’à une tentative de musellement. Certains y voient une volonté déguisée de réduire la pluralité de l’information et de mettre au pas les voix indépendantes ou critiques du régime. « On nous parle de régularisation, mais il n’y a eu ni préavis ni accompagnement », affirme un journaliste concerné.

Face à cette situation, les organisations de presse commencent à se mobiliser. Le Synpics, le Cored et d’autres structures corporatives prévoient de tenir des réunions de crise dans les jours à venir pour discuter de la riposte. Il pourrait s’agir d’interpellations publiques, de recours juridiques, voire de manifestations symboliques pour défendre le droit à l’information.

Cessation immédiate de parution : le ballet des patrons de presse à la DST
Cessation immédiate de parution : le ballet des patrons de presse à la DST

DIVISION SPÉCIALE DE LA CYBERSÉCURITÉ : La journaliste Fatou Kama convoquée

La journaliste Fatou Kama, collaboratrice de la téléweb sur YouTube, « DiasporaNews », a été convoquée ce mardi 21 avril à 10 heures par la Division de la Cybersécurité (DSC). Contactée par la rédaction du « Dakarois Quotidien », elle affirme n’avoir reçu aucune précision sur les raisons de cette convocation. « L’enquêteur m’a juste dit que c’est sur ordre du procureur. Il ne m’a rien expliqué de plus », déclare-t-elle.
Cette convocation intervient dans un contexte tendu. En effet, l’administrateur de la plateforme « DiasporaNews », plus connu sous le pseudonyme de « Sarr le Sénégalais d’Allemagne », a diffusé ce dimanche une vidéo dans laquelle il menace ouvertement le Gouvernement sénégalais. Dans ses propos, il laisse entendre qu’une « attaque » pourrait être menée si quelque chose arrivait à Abdou Nguer, un chroniqueur actuellement placé en détention provisoire pour « diffusion de fausses nouvelles ».
Pour l’heure, la journaliste reste sereine. Reste à savoir si cette convocation débouchera sur une audition ou sur une mesure plus contraignante.
Par ailleurs, Anna Sambou, ancienne employée de la chaîne YouTube, est également attendue à la DSC ce mercredi, selon nos confrères de Pressafrik.

Santé numérique : Aliou Sall et Ibrahima Sy jettent les bases d’un partenariat stratégique

Dans le cadre de l’opérationnalisation du New Deal Technologique, les ministres Alioune Sall, en charge du Numérique, et Ibrahima Sy, ministre de la Santé et de l’Action sociale, ont tenu une rencontre de travail mardi dernier. Cette réunion marque une volonté commune de faire entrer le système de santé sénégalais dans une nouvelle ère grâce aux technologies numériques.

Au centre des échanges, le projet phare du Dossier Patient Numérique a occupé une place de choix. Ce dispositif structurant vise à moderniser la gestion des données médicales au Sénégal en permettant une meilleure traçabilité, un accès simplifié aux antécédents médicaux et une prise en charge plus rapide et plus efficiente des patients. Il s’inscrit dans une dynamique globale de transformation digitale des établissements de santé, tant publics que privés.

Les deux ministres ont également abordé l’élaboration en cours d’un projet de loi sur la santé numérique. Ce futur texte entend poser les bases d’un cadre légal adapté à l’évolution rapide des technologies appliquées à la santé. Il s’articulera autour de trois axes majeurs : la protection rigoureuse des données médicales sensibles, l’encadrement juridique de la télémédecine, de l’intelligence artificielle et des objets connectés, et enfin la sécurisation des échanges d’informations entre professionnels de santé.

Cette rencontre illustre la volonté du gouvernement de bâtir des passerelles solides entre les secteurs du numérique et de la santé. En misant sur l’innovation et la collaboration intersectorielle, les autorités espèrent renforcer l’efficacité du système sanitaire, tout en assurant un haut niveau de sécurité et de confidentialité des données des citoyens.

À travers ce partenariat stratégique, le Sénégal pose ainsi les premiers jalons d’une santé plus intelligente, plus inclusive et résolument tournée vers l’avenir.

Crise à l’APS : les agents réclament leurs indemnités de campagne

Le climat social se dégrade à l’Agence de presse sénégalaise (APS), où les agents dénoncent une gestion opaque et des promesses non tenues. Ce mardi 15 avril, un mouvement de protestation a été observé sur l’ensemble du territoire, marqué par le port de brassards rouges aussi bien à Dakar que dans les régions. Une mobilisation inédite initiée par le Collège des délégués du personnel pour exiger le paiement des indemnités liées à la couverture de la campagne électorale des législatives du 17 novembre 2024.

Dans un communiqué rendu public ce vendredi, les délégués ont salué une adhésion massive des agents au mot d’ordre. Selon eux, l’action avait pour but d’alerter l’opinion sur les manquements persistants de la Direction générale. Au cœur de la grogne : les indemnités de campagne qui n’ont été réglées qu’en partie. « Seuls 25.000 francs CFA ont été versés à chaque agent, alors que 21 jours de travail restent impayés », précisent les représentants du personnel.

Mais les tensions vont bien au-delà de cette question financière. Le Collège des délégués pointe également un manque de transparence dans la gestion des fonds reçus pour la couverture de la campagne. D’après leurs déclarations, la Direction aurait affirmé que les montants « n’ont fait que transiter » dans les comptes de l’APS. Une explication jugée insuffisante, voire suspecte, par les délégués, qui affirment qu’une partie des fonds aurait été redirigée vers le budget de fonctionnement de l’entreprise.

Face à cette situation, les travailleurs de l’APS réclament non seulement le paiement intégral des indemnités dues, mais aussi une amélioration générale de leurs conditions de travail. Ils dénoncent un mépris des préoccupations du personnel et un « déni de responsabilité » de la part de la direction. « Nous nous réservons le droit d’amplifier la mobilisation par tous les moyens légaux », préviennent les représentants syndicaux.

La crise à l’APS s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales dans plusieurs secteurs publics, où les revendications salariales et les dénonciations de mauvaise gestion se multiplient. En attendant une réponse concrète de la Direction générale ou des autorités de tutelle, le malaise au sein de la principale agence de presse du pays continue de grandir.

Affaires judiciaires : le CORED appelle les journalistes à plus de discernement et de prudence

Alors que l’actualité nationale est fortement marquée par des affaires judiciaires sensibles, notamment autour de la gestion du Fonds Force Covid-19, le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les Médias (CORED) appelle les professionnels des médias à faire preuve d’une grande vigilance. Dans un communiqué publié ce mercredi 16 avril, l’organe de régulation interne de la profession journalistique au Sénégal invite les journalistes à respecter strictement les règles éthiques dans la couverture de ces dossiers complexes.

Le CORED rappelle que le traitement de l’information judiciaire, surtout lorsqu’elle concerne des personnalités connues ou des questions d’intérêt public, exige une approche responsable. « Les consœurs et confrères sont invités à traiter avec discernement et beaucoup de prudence les affaires judiciaires qui font et feront l’actualité dans les jours à venir », peut-on lire dans le communiqué. Ce rappel est d’autant plus nécessaire que les interpellations, convocations ou mises en examen de plusieurs acteurs liés à la gestion des fonds publics sont largement relayées et commentées dans les médias.

Dans ce contexte, le CORED insiste sur la nécessité de concilier la liberté de la presse avec les exigences de rigueur professionnelle. Il appelle ainsi à une vérification stricte des sources, notamment des images d’illustration. Il n’est pas rare que des personnes portant les mêmes noms ou prénoms soient confondues dans certains articles ou reportages, créant des torts irréparables. Le Conseil recommande donc aux rédactions de faire preuve d’une extrême prudence avant toute diffusion ou publication.

Autre point souligné : la précision lexicale et la justesse des termes utilisés. Il ne s’agit pas seulement d’informer, mais d’informer de manière juste, équilibrée et respectueuse des droits fondamentaux. Dans cette dynamique, le CORED insiste sur le respect strict de la présomption d’innocence, principe cardinal de l’État de droit. Toute personne mise en cause, convoquée, placée en garde à vue ou sous mandat de dépôt reste présumée innocente tant qu’elle n’a pas été jugée coupable par une juridiction compétente.

À cet effet, le CORED rappelle aux professionnels des médias l’article 13 du Code de la presse, qui stipule : « Le journaliste et le technicien des médias ne doivent pas publier des informations, des documents, des images et des sons dont l’origine ne leur est pas connue. » Une disposition claire qui appelle à bannir le sensationnalisme et à privilégier l’objectivité dans le traitement de l’information, en particulier lorsqu’il s’agit de sujets judiciaires susceptibles d’influencer l’opinion publique ou de nuire à la réputation d’individus encore non jugés.

Ce rappel intervient dans un contexte où la frontière entre journalisme professionnel et contenus viraux sur les réseaux sociaux devient de plus en plus poreuse. Le CORED, en tant que gardien de l’éthique et de la déontologie, souhaite ainsi maintenir la crédibilité des médias sénégalais, tout en protégeant les droits des citoyens.

Ousmane Sonko et la presse : Madiambal Diagne contre-attaque

Les relations déjà tendues entre le Premier ministre Ousmane Sonko et une partie de la presse sénégalaise se sont davantage crispées ce lundi 14 avril, à la suite d’une déclaration du chef du gouvernement à l’Assemblée nationale. Lors de la séance dédiée aux questions d’actualité, Sonko a vivement dénoncé ce qu’il a qualifié de « dérives médiatiques » et de comportements « irresponsables » de certains professionnels de l’information.

« Le Sénégal ne peut plus tolérer les comportements qui fragilisent la cohésion nationale. Nous allons veiller à l’application stricte de la loi contre la manipulation de l’information ou l’incitation à la haine », a déclaré le Premier ministre, dans un ton ferme qui semblait s’adresser autant aux médias qu’à certains acteurs politiques.

Des propos qui n’ont pas manqué de faire réagir. Le journaliste Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication, a pris la parole sur le réseau social X (anciennement Twitter) pour dénoncer une « posture incohérente » du chef du gouvernement. Dans un message au vitriol, il s’interroge sur la mémoire sélective du leader de Pastef :

« Arrive-t-il à Sonko de se souvenir de ce qu’il a pu dire dans ce pays ? Les médias qu’il stigmatise n’ont jamais été jusqu’à appeler à un coup d’État ou à une insurrection, ou à dépecer un Chef d’État, ou à tuer des juges, ou à brûler des maisons ou à mettre à sac des domiciles de citoyens. Pourtant, lui et ses partisans l’ont fait », a-t-il accusé.

Cette passe d’armes intervient dans un contexte déjà tendu, où plusieurs journalistes et chroniqueurs sont convoqués par la justice, notamment pour « diffusion de fausses nouvelles » ou « atteinte à la sûreté de l’État ». Une situation qui suscite des inquiétudes sur l’état de la liberté de la presse au Sénégal.

En ciblant certains contenus jugés diffamatoires ou déstabilisateurs, le gouvernement dit vouloir mettre fin à l’impunité et restaurer le respect dans le débat public. De leur côté, les professionnels des médias craignent une dérive autoritaire et une volonté de museler toute voix critique.

Le duel à distance entre Ousmane Sonko et Madiambal Diagne reflète ainsi les lignes de fracture d’un pays où le dialogue entre pouvoir et presse devient de plus en plus difficile. Alors que les institutions sont appelées à jouer la carte de l’apaisement, le climat semble, pour l’heure, loin d’une décrispation.

Ousmane Sonko sur les arrestations de journalistes : « Je n’y suis pour rien, mais je ne laisserai pas insulter impunément »

Face aux députés lors de la séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a apporté des précisions sur les récentes arrestations de journalistes et chroniqueurs. Tout en niant toute implication personnelle dans ces affaires, il a réaffirmé son engagement pour la liberté d’expression… à condition qu’elle respecte les limites fixées par la loi.

Ousmane Sonko a d’abord tenu à rappeler le cadre constitutionnel :

« L’article 10 de la Constitution garantit à chacun le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions, tant que cela ne porte pas atteinte à l’honneur d’autrui ni à l’ordre public. »

Pour le chef du gouvernement, il est donc hors de question de restreindre arbitrairement les libertés publiques. Mais il a aussi averti : la liberté de presse ne doit pas servir de prétexte à des campagnes de diffamation ou à des manipulations politiques.

« On m’impute tout »

Dans une prise de parole très directe, Sonko s’est défendu de toute implication dans les affaires judiciaires récentes visant la presse :

« On associe mon nom à tout ce qui se passe dans ce pays. Qu’un journaliste soit arrêté, on dit ‘C’est Sonko’. Une arrestation pour motifs financiers ? On me l’impute encore. Je n’ai jamais ordonné l’arrestation de qui que ce soit. »

Il a également précisé qu’il avait appris l’information en même temps que l’opinion publique, et a invité le ministre de la Justice Ousmane Diagne à en témoigner.

L’arrestation de Simon Faye, rédacteur en chef du groupe D-Média, a été évoquée dans l’hémicycle. Le Premier ministre a rappelé que, selon la loi, les responsables éditoriaux sont tenus légalement pour les publications de leur média. Il a en outre critiqué la confusion croissante entre militantisme politique et journalisme :

« Certains dirigeants de presse ont des partis politiques qui n’ont pas 1% de l’électorat. Ils importent leur militantisme dans les rédactions. Cela relève de la politique, et ils doivent l’assumer. »

Sur un ton ferme, Ousmane Sonko a déclaré qu’il ne tolérerait plus les attaques gratuites ni les accusations infondées :

« Désormais, j’assume. Tout ce que j’entreprendrai sera connu de tous. Nous ne laisserons pas ce pays sombrer dans la diffamation et le mensonge. »

Interpellation d’une équipe d’Al Jazeera en Casamance : l’APES dénonce une entrave à la liberté de la presse

L’interpellation d’une équipe de la chaîne internationale Al Jazeera, ce dimanche 13 avril 2025, en Casamance, suscite une vive indignation dans le milieu de la presse. L’Association de la presse étrangère au Sénégal (APES) a vivement réagi, dénonçant un acte qu’elle qualifie de « sans précédent » dans l’histoire du journalisme au Sénégal.

Selon le communiqué de l’APES, l’équipe, composée de Nicolas Haque, chef du bureau d’Al Jazeera à Dakar, et de sa collaboratrice Magali Rochat, était en mission de reportage sur le retour des déplacés de guerre dans leurs villages d’origine, dans le sud du pays. Munis d’une accréditation officielle, ils ont été interpellés dès leur arrivée à l’aéroport de Cap Skirring par les services de police.

Relâchés dans un premier temps, les deux journalistes ont été de nouveau interpellés après leur installation à l’hôtel, cette fois par des éléments de la gendarmerie nationale. Ils ont été conduits à la brigade locale pour un interrogatoire séparé d’environ une heure, principalement centré sur les raisons de leur présence en Casamance.

À la suite de cette audition, l’équipe d’Al Jazeera a été libérée, mais son matériel de tournage – caméras, cartes mémoire, enregistrements – ainsi que ses passeports ont été saisis. Pire encore, les autorités leur ont notifié leur expulsion vers Dakar, dès le lendemain matin, à bord du premier vol disponible.

Pour l’APES, cette attitude constitue une grave atteinte à la liberté de la presse, d’autant plus qu’il s’agit d’une équipe officiellement reconnue par les autorités sénégalaises.

« En plus de soixante ans d’existence, jamais l’Association de la presse étrangère au Sénégal n’a vécu un tel épisode », indique le communiqué. L’APES déplore une rupture dans les relations historiquement cordiales entre journalistes étrangers et autorités sénégalaises, et appelle à un retour immédiat à cette tradition de coopération.

L’organisation exige par ailleurs la restitution immédiate et sans conditions du matériel de l’équipe d’Al Jazeera, ainsi qu’une clarification sur les raisons ayant motivé cette double interpellation.

Enfin, l’APES en appelle aux valeurs fondamentales du pays : hospitalité, ouverture, tolérance et respect de la liberté d’expression, des piliers qui ont longtemps fait du Sénégal un modèle en Afrique pour l’exercice du journalisme.

« Zéro tolérance » : Ousmane Sonko veut en finir avec les dérives médiatiques et numériques

Devant l’Assemblée nationale ce lundi matin, le Premier ministre Ousmane Sonko a été clair : « la diffusion de fausses nouvelles et toute autre infraction pénale » ne resteront plus impunies. Dans un ton ferme, le chef du gouvernement a annoncé l’adoption d’une politique pénale de « zéro tolérance », ciblant particulièrement les dérives constatées sur les plateaux télé, dans les radios, mais aussi sur les réseaux sociaux.

Respect des libertés fondamentales : l’ADHA exige la libération du journaliste Simon Faye

L’arrestation de Simon Faye, rédacteur en chef du groupe D-Media (Sen TV, Zik FM), suscite une vague d’indignation dans le milieu des droits humains et des médias. Dans un communiqué rendu public, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) dénonce vigoureusement une atteinte à la liberté de la presse et aux principes de l’État de droit.

« Cette interpellation, survenue dans un climat tendu entre les autorités et les médias, interroge sur le respect des principes essentiels de l’État de droit, particulièrement la liberté de la presse – socle de toute démocratie », peut-on lire dans la déclaration.

L’organisation rappelle que Simon Faye n’est ni l’auteur ni le premier diffuseur du contenu à l’origine de son arrestation. Dès lors, sa détention serait non seulement juridiquement contestable, mais relèverait aussi d’une tentative d’intimidation contre la presse.

« Des pratiques rappelant les heures sombres de notre histoire récente : convocations abusives, détentions arbitraires et pressions sur la presse », déplore l’ADHA.

Elle dénonce une série d’agissements incompatibles avec les engagements du Sénégal en matière de protection des libertés fondamentales, notamment ceux ratifiés au plan international.

Dans un appel solennel, l’ADHA formule trois exigences urgentes :

  1. La libération immédiate de M. Simon Faye, dont l’état de santé nécessite des soins appropriés.
  2. La libération de M. Aliou Top, responsable du média en ligne Sunugal 24.
  3. Le recours au tribunal des pairs, seule instance légitime pour trancher les différends liés à l’exercice du journalisme.

L’organisation invite l’État à adopter une posture plus ouverte envers la presse, condition indispensable pour éviter toute dérive autoritaire. Elle plaide pour un climat de transparence, où les médias peuvent jouer leur rôle de contre-pouvoir sans crainte de représailles.

« La liberté de la presse et les droits humains doivent aller de pair avec la responsabilité professionnelle, dans un État véritablement démocratique », conclut le communiqué.

Alors que les tensions entre les autorités et les médias semblent s’intensifier, cet appel de l’ADHA vient raviver le débat sur les droits fondamentaux au Sénégal, en pleine mutation politique.

Crise financière de la presse : un fonds d’urgence de 300 millions FCFA pour soulager les entreprises en difficulté

Dans un contexte marqué par de sérieuses difficultés économiques pour les entreprises de presse, l’État sénégalais annonce une bouffée d’oxygène. Le Directeur de la Communication, Habibou Dia, a révélé ce week-end la mise en place d’un fonds d’urgence de 300 millions FCFA destiné à soutenir les organes de presse en difficulté.

L’annonce a été faite à l’occasion de l’Assemblée générale de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), où Habibou Dia a pris la parole devant un auditoire de professionnels des médias. « L’autre confidence que je vous fais ici », a-t-il glissé, « c’est qu’avec la nouvelle directrice de l’ADPME (Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises), nous avons, depuis quelques semaines, engagé des réflexions pour venir en aide, en urgence, aux entreprises en difficulté. »

Fruit de ces concertations, le fonds devrait être opérationnel dès la semaine prochaine ou au plus tard celle d’après. Une douzaine d’entreprises de presse sont concernées par cette première vague d’assistance.

Mais cette initiative ne se limite pas à une aide financière ponctuelle. Elle ambitionne aussi de renforcer la gestion interne des entreprises bénéficiaires. « Il s’agit d’aider et d’accompagner véritablement les patrons de presse sur les éléments de gouvernance financière », a précisé M. Dia, insistant sur l’importance d’un diagnostic préalable pour garantir la pertinence des aides attribuées.

À l’heure où de nombreux organes de presse peinent à survivre face aux contraintes économiques et à l’évolution des modèles économiques du secteur, cette enveloppe apparaît comme un signal fort de l’engagement des autorités à préserver un écosystème médiatique libre et viable.

Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles : Simon Faye devant le procureur ce lundi 14 avril

Dakar, 11 avril 2025 – Le journaliste Simon Faye, rédacteur en chef de SenTV et de Zik FM, passera le week-end dans les locaux de la Division des Investigations Criminelles (DIC). Sa garde à vue, entamée jeudi, a été prolongée dans le cadre d’une enquête ouverte pour diffusion de fausses nouvelles, selon des sources proches de l’enquête.

Le dossier, particulièrement suivi par la corporation médiatique, soulève déjà de vives inquiétudes quant à la liberté d’expression et au respect des procédures judiciaires. Simon Faye devra comparaître ce lundi 14 avril devant le procureur.

L’affaire remonte à la diffusion sur la page Facebook « Zik FM L’Officiel » d’un article initialement publié sur le site Afrique Confidentielle. Le contenu, jugé sensible, aurait été à l’origine de l’ouverture d’une enquête. Toutefois, Simon Faye n’en serait ni l’auteur ni le premier diffuseur, selon ses proches et son avocat.

« Malheureusement, mon client vient d’être placé en garde à vue par les enquêteurs de la DIC pour une nouvelle qu’il n’a pas diffusée. Il ne connaît ni l’auteur ni la personne ayant publié ce contenu », déclare Me Alioune Badara Fall, avocat du journaliste.

L’avocat de Simon Faye dénonce ce qu’il qualifie de traitement sélectif dans la conduite de l’enquête.

« Il y a plusieurs sites qui ont publié cet article. Ils ont été clairement identifiés, mais leurs administrateurs n’ont même pas été interpellés. Simon Faye a nié tous les faits qui lui sont reprochés. Il n’est ni l’auteur, ni l’administrateur du site en question. Le maintenir en garde à vue relève d’une motivation qu’on peine à comprendre », soutient Me Fall.

Pour la défense, l’accusation ne repose sur aucun élément matériel convaincant. L’avocat estime que l’absence de preuves tangibles, couplée à la fonction éditoriale de son client – sans lien technique ou administratif direct avec la page incriminée – rend toute poursuite difficile à soutenir.

« Aucun juge sérieux ne pourra condamner Simon Faye pour cette infraction. Ce dossier est vide », conclut l’avocat.

Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) a déjà exprimé sa vive indignation face à cette arrestation, qu’il considère comme une atteinte grave à la liberté de la presse. Le syndicat, qui apporte un soutien total à Simon Faye et au groupe D-media, s’inquiète d’un retour aux méthodes liberticides et d’une tentative d’intimidation des professionnels de l’information.

Arrestation de Simon Faye : le SYNPICS dénonce une atteinte à la liberté de la presse

Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) a vivement réagi à l’interpellation de Simon Pierre Faye, rédacteur en chef de SenTv/Zig FM, placé en garde à vue depuis le 10 avril 2025. Dans un communiqué rendu public ce vendredi, le syndicat exprime son « indignation » face à une situation jugée grave et préoccupante pour la liberté de la presse au Sénégal.

Le SYNPICS estime que cette arrestation constitue une « atteinte grave aux principes démocratiques » et rappelle que Simon Faye, journaliste chevronné et reconnu pour son sérieux, n’est ni l’auteur de l’article incriminé, ni à l’origine de sa première diffusion. « Cette situation est incompréhensible et inquiétante. Elle installe un précédent dangereux pour tous les journalistes », alerte le syndicat.

En rappelant les conditions de l’arrestation, le SYNPICS fait un parallèle inquiétant avec les méthodes du précédent régime, marqué par des interpellations et convocations à répétition de journalistes. « Cette pratique rappelle aux confrères sénégalais les dernières années vécues sous le défunt régime, avec les arrestations, convocations et emprisonnements tous azimuts des journalistes », peut-on lire dans le communiqué.

Le syndicat met également en garde contre le risque d’un climat d’intimidation généralisé dans le milieu de la presse. Il déplore un retour progressif à des méthodes liberticides et appelle à une vigilance accrue des acteurs des médias.

La réaction du SYNPICS s’inscrit dans un contexte déjà tendu pour les médias sénégalais. Le syndicat rappelle notamment le recul du Sénégal dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF), où le pays figure désormais à la 94e position sur 180. Un déclassement qui traduit, selon le SYNPICS, une réalité palpable dans les rédactions.

Simon Faye, connu pour sa rigueur et son éthique professionnelle, n’avait jusque-là jamais fait l’objet d’un quelconque contentieux avec les autorités. Son arrestation marque, selon plusieurs confrères, un tournant inquiétant dans la relation entre pouvoir et médias.

Dans son communiqué, le SYNPICS appelle les autorités sénégalaises à respecter la liberté de la presse et à faire preuve de retenue. Le syndicat exige la libération immédiate de Simon Pierre Faye, considérant que sa détention est injustifiée et contre-productive.

« Le respect de la liberté d’informer et de la pluralité des opinions est une condition essentielle au bon fonctionnement de toute démocratie. Le Sénégal ne doit pas s’engager sur la voie de la répression médiatique », conclut le texte.

Sénégal : RSF appelle à la libération de Simon Pierre Faye et alerte sur la tendance des convocations de journalistes

Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de Reporters sans frontières (RSF), a exprimé de vives préoccupations concernant le placement en garde à vue de Simon Pierre Faye, rédacteur en chef du Groupe D-Média, et a appelé à sa libération immédiate. Cette arrestation fait suite à la reprise par un média du groupe D-Média d’une information déjà publiée ailleurs, portant sur une supposée convocation du Premier ministre sénégalais en Côte d’Ivoire.

Lors d’une intervention sur les ondes de Sud FM, Sadibou Marong a réaffirmé la réputation professionnelle et l’intégrité irréprochable de Simon Pierre Faye. « Simon Pierre Faye est un journaliste rigoureux, dont la pratique professionnelle est unanimement saluée. Cela fait plus de vingt ans que nous (RSF) le connaissons, et nous avons toujours observé chez lui une éthique irréprochable », a souligné M. Marong.

L’affaire de Simon Pierre Faye, selon RSF, s’inscrit dans un contexte de plus en plus préoccupant, marqué par une recrudescence des convocations de journalistes. Reporters sans frontières a exprimé son inquiétude face à ce phénomène, qui pourrait constituer une menace pour la liberté de la presse et l’exercice du journalisme au Sénégal.

« Nous apportons toute notre solidarité à Simon Pierre Faye, car il s’agit d’un professionnel respecté et reconnu dans le domaine. Cependant, cette convocation s’ajoute à une tendance inquiétante : les journalistes sont de plus en plus convoqués par la justice en lien avec leur travail. Cette situation doit être prise en compte par les autorités judiciaires », a ajouté Sadibou Marong.

RSF a demandé aux autorités judiciaires sénégalaises de tenir compte de la personnalité professionnelle de Simon Pierre Faye dans cette enquête. L’organisation plaide pour sa libération, soulignant que le journaliste offre toutes les garanties nécessaires pour répondre à toute convocation future, tout en restant libre. Selon M. Marong, la libération de Simon Pierre Faye doit être immédiate, sans que cela nuise à l’intégrité de l’enquête.

« Nous demandons aux autorités judiciaires de considérer la personnalité professionnelle irréprochable de Simon Pierre Faye dans cette enquête. Il offre toutes les garanties nécessaires pour répondre à toute convocation sans être privé de liberté », a insisté le directeur de RSF Afrique subsaharienne. Il a également précisé que, même en étant libéré, Simon Pierre Faye pourra toujours répondre à d’autres convocations si nécessaire.

Reporters sans frontières a réaffirmé son engagement en faveur de la liberté de la presse et a réitéré que la libération de Simon Pierre Faye ne doit en aucun cas être un cas isolé. L’organisation a souligné que l’exercice du journalisme doit se faire sans crainte de représailles, et a encouragé les autorités sénégalaises à garantir un environnement libre pour les journalistes afin qu’ils puissent mener leur travail sans interférence.

Le Sénégal, bien que traditionnellement reconnu pour sa stabilité démocratique en Afrique, fait face à des tensions croissantes en matière de liberté de la presse, avec une multiplication des cas où des journalistes sont interrogés ou emprisonnés pour leurs reportages.

Alors que la situation autour de Simon Pierre Faye se développe, RSF continue de suivre de près les évolutions et demande une nouvelle fois la libération immédiate du journaliste. L’organisation insiste sur le fait que la liberté d’expression et de presse doit être préservée, et que toute tentative de museler la presse ne peut que nuire à la démocratie. L’affaire met en lumière les défis que rencontrent les journalistes au Sénégal, alors que le pays navigue entre liberté d’expression et contraintes politiques.

Pierre Simon Faye en garde à vue : quand le populisme dérape et piétine la liberté de la presse

L’arrestation du journaliste Simon Pierre Faye, directeur de Zik FM et SenTV, n’est pas un simple incident judiciaire. Elle représente un tournant inquiétant dans le paysage politique et médiatique, un symbole d’une dérive autoritaire qui, sous couvert de populisme, cherche à museler la liberté de la presse. Ce qui devait être une ère de rupture avec les anciennes pratiques politiciennes semble se transformer, jour après jour, en une machine répressive contre la presse libre et indépendante.

Le populisme a toujours été présenté comme un mode de gouvernance “proche du peuple”. Cependant, cette promesse d’écoute et d’équité cache bien souvent une réalité beaucoup plus sombre. Derrière des discours radicaux où l’on oppose “le peuple” aux “élites”, les régimes populistes finissent par développer des méthodes brutales pour conserver leur pouvoir. Simon Pierre Faye incarne aujourd’hui cette dérive : un journaliste qui, en relayant une information d’intérêt public, se voit arrêté et mis en garde à vue. Ce n’est pas un accident isolé, mais bien le symptôme d’un pouvoir qui préfère réprimer la liberté d’expression plutôt que de répondre à ses critiques.

Les populistes, qu’ils soient de gauche ou de droite, détestent une presse indépendante. Celle-ci brise leur mise en scène en mettant en lumière leurs contradictions et leurs manœuvres politiques. Ils la considèrent comme un obstacle, une menace. Dès lors, les journalistes deviennent les cibles privilégiées, souvent accusés de manipulation, de mensonge, et de distorsion de la vérité. Dans cette logique, Simon Pierre Faye devient un symbole de cette répression : un journaliste, comme beaucoup d’autres, ciblé et persécuté pour avoir simplement fait son travail.

Il faut bien comprendre que cette stigmatisation est loin d’être anodine. Elle sert à créer un climat de peur, à intimider ceux qui osent contester le pouvoir en place. La menace de l’arrestation et de la répression vise à instaurer un espace public aseptisé, où seules les voix du pouvoir sont autorisées à s’exprimer. Et c’est là tout le danger : une société où la critique est étouffée et où seuls les discours agréables au pouvoir peuvent circuler librement.

Bien que les populistes prétendent défendre les intérêts du peuple, leur véritable but est souvent de concentrer le pouvoir entre les mains d’une élite restreinte. Ce populisme, qui se drape de l’illusion d’une démocratie participative, finit toujours par faire fi des libertés fondamentales. Les promesses de liberté sont vite oubliées, dès qu’elles entrent en conflit avec les intérêts du pouvoir en place. L’arrestation de Simon Pierre Faye et d’autres journalistes avant lui montre bien que ce qui commence comme une tentative de gouvernance populaire se transforme en un système autoritaire, où la liberté d’expression est piétinée.

Les journalistes sont souvent perçus comme des menaces. Leur rôle de contre-pouvoir devient insupportable pour un pouvoir qui cherche à s’imposer sans entraves. Ce n’est pas un dérapage isolé, mais une stratégie délibérée pour empêcher toute forme de critique et maintenir un contrôle absolu sur l’espace public.

Il est grand temps que les citoyens, les intellectuels, et les institutions républicaines ouvrent les yeux. L’histoire est parsemée de régimes qui ont commencé par séduire le peuple pour mieux l’asservir ensuite. Ce n’est pas un hasard si la presse a toujours été le premier ennemi de ceux qui souhaitent installer un pouvoir autoritaire. L’étouffement de la presse est le signe précurseur d’un manque d’oxygène démocratique dans une société.

Il est impératif de rappeler que le journalisme n’est pas un crime. Au contraire, c’est un devoir sacré. Dans ce combat contre la répression, la solidarité entre journalistes et citoyens est plus que jamais essentielle. La critique, l’investigation, et même l’ironie – cet outil trop souvent sous-estimé – sont des remparts contre l’attaque systématique de la démocratie.

Nous ne pouvons pas laisser l’autoritarisme s’installer sous prétexte de populisme. La liberté d’informer et la possibilité de critiquer le pouvoir sont des pilliers essentiels de toute démocratie. A ceux qui gouvernent aujourd’hui, il est essentiel de rappeler : vous n’êtes pas au-dessus de la critique. L’histoire a montré que ceux qui tentent de museler la presse finissent par s’enfermer dans une logique de répression permanente.

Aux journalistes et à ceux qui défendent la liberté d’expression, ce combat est le vôtre. Simon Pierre Faye, en garde à vue aujourd’hui, est le symbole de tous ceux qui refusent de se soumettre au silence imposé par des pouvoirs autoritaires. Ce n’est pas une lutte isolée, c’est celle de toute une société qui refuse de voir la démocratie être réduite à un spectacle vide où seule la voix du pouvoir peut résonner.

Médias : la journaliste Fatou Abdou Ndiaye quitte la SENTV après 15 ans de carrière

C’est une page importante qui se tourne dans le paysage médiatique sénégalais. La journaliste Fatou Abdou Ndiaye a annoncé ce lundi sa démission de la SENTV, après plus de quinze années de présence au sein de la chaîne. Figure emblématique du groupe D-Media, son départ marque un tournant pour cette professionnelle de l’information dont la voix et le visage étaient devenus familiers pour des milliers de téléspectateurs.

Dans une note transmise à la rédaction de Pressafrik, Fatou Abdou Ndiaye a officialisé la nouvelle, sans toutefois évoquer les raisons précises qui ont motivé sa décision. « Je vous annonce aujourd’hui ma démission du groupe après plus de 15 années de collaboration », écrit-elle. Un message sobre, mais chargé d’émotion, dans lequel elle exprime sa reconnaissance envers ses collègues et le public.

« Je tiens à vous remercier chaleureusement pour votre soutien constant et la confiance que vous m’avez toujours accordée tout au long de cette belle aventure. Je vous donne rendez-vous très bientôt pour de nouveaux défis et d’autres horizons à explorer ensemble », ajoute-t-elle.

Journaliste chevronnée, Fatou Abdou Ndiaye a participé à l’essor de la SENTV depuis ses débuts. Au fil des années, elle s’est imposée comme l’une des figures féminines les plus respectées de la chaîne, aussi bien pour la qualité de son travail que pour son professionnalisme. Présentatrice, reporter ou rédactrice, elle a occupé plusieurs fonctions et s’est illustrée dans le traitement de sujets d’actualité, parfois sensibles.

Si son avenir immédiat reste encore inconnu, ses mots laissent entrevoir de nouveaux projets à venir. Beaucoup d’observateurs du paysage médiatique se demandent déjà quelle sera sa prochaine destination, tant son nom reste synonyme d’expérience et de crédibilité.

Ce départ intervient dans un contexte où les mouvements au sein des rédactions se multiplient, entre repositionnements professionnels et quête de meilleures conditions de travail. Pour Fatou Abdou Ndiaye, ce départ semble être aussi le début d’une nouvelle aventure.

Moustapha Cissé élu nouveau secrétaire général du SYNPICS

Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) a un nouveau leader. À l’issue de son 11e congrès ordinaire tenu ce samedi 5 avril 2025 à la Maison de la presse Babacar-Touré, à Dakar, Moustapha Cissé, représentant de la section de la RTS, a été élu secrétaire général national du syndicat pour un mandat de cinq ans.

Deux candidats étaient en lice pour succéder à Ahmadou Bamba Kassé, qui dirigeait le syndicat depuis 2019 : Moustapha Cissé et Ndiol Maka Seck, de la section du journal Le Soleil. Le vote, organisé à bulletin secret, s’est soldé par la victoire de Cissé, qui a obtenu 28 voix contre 19 pour son concurrent, sur un total de 47 votants.

Cette élection marque un tournant important pour le SYNPICS, dans un contexte où les enjeux liés à la liberté de la presse, aux conditions de travail des journalistes, à la précarité dans les rédactions et à la digitalisation du secteur médiatique sont plus que jamais d’actualité.

Le nouveau secrétaire général a désormais la lourde responsabilité de porter les revendications des professionnels des médias, de consolider les acquis syndicaux, et de redonner un nouvel élan à l’action du SYNPICS. Il devra également s’atteler à renforcer la cohésion interne du syndicat, tout en élargissant les bases de la solidarité entre les différentes corporations du secteur.

Le congrès a aussi été l’occasion de saluer le bilan d’Ahmadou Bamba Kassé, qui a dirigé le SYNPICS durant six années marquées par de nombreux combats syndicaux et par son implication dans les débats nationaux sur la liberté d’expression et la régulation des médias.

Avec Moustapha Cissé, le SYNPICS ouvre une nouvelle page de son histoire, dans l’espoir de répondre efficacement aux défis actuels et futurs du journalisme sénégalais.

Le SYNPICS organise son 15e Congrès ordinaire à Dakar : un nouveau secrétaire général sera élu

Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) organise, ce samedi 30 mars 2025, son 15e Congrès ordinaire à la Maison de la presse Babacar-Touré à Dakar. À partir de 9 heures, les membres du syndicat se réuniront pour élire un nouveau secrétaire général et renouveler le bureau.

Le thème central de cette édition est : “Application de la Convention collective : 5 ans après”. Ce choix met en lumière les avancées et les défis liés à l’application de ce texte essentiel, qui encadre les droits et devoirs des travailleurs du secteur de l’information et de la communication au Sénégal. Adoptée en 2019, la convention collective devait permettre d’améliorer les conditions de travail et de garantir davantage de protections aux journalistes et aux professionnels des médias.

Cinq ans plus tard, le bilan de son application reste contrasté. Si certaines avancées ont été notées, notamment en termes de régulation et de protection sociale, des défis subsistent, notamment sur la précarité de l’emploi, le respect des grilles salariales et la protection des journalistes face aux pressions politiques et économiques.

Ce congrès marque également la fin du mandat de Ahmadou Bamba Kassé, secrétaire général du SYNPICS depuis 2019, qui ne briguera pas un nouveau mandat. Cette décision ouvre ainsi la voie à une nouvelle équipe dirigeante qui devra poursuivre la mission de défense des droits et des intérêts des professionnels de la communication au Sénégal.

L’élection d’un nouveau secrétaire général suscite beaucoup d’attentes, notamment chez les journalistes et techniciens des médias qui espèrent un renforcement de la lutte syndicale pour de meilleures conditions de travail et une plus grande protection des travailleurs du secteur.

Badara Gadiaga défie le boycott : « Jakkarlo » bat des records d’audience

Malgré les appels au boycott lancés par certaines autorités contre la TFM, l’émission « Jakkarlo » de ce vendredi a pulvérisé tous les records d’audience. Plus de 70 000 spectateurs en temps réel ont suivi l’émission, confirmant ainsi la popularité inébranlable du chroniqueur Badara Gadiaga.

L’analyste politique, connu pour son franc-parler, n’a pas dérogé à sa ligne éditoriale. Devant le député Amadou Bâ, il a une nouvelle fois livré une critique acerbe du régime en place. Dressant un bilan très critique de la première année de gouvernance du duo Diomaye – Sonko, il a dénoncé une gestion marquée, selon lui, par des « tâtonnements », des « promesses non tenues » et une « gouvernance en décalage avec les attentes populaires ».

Un boycott inefficace ?

Les appels au boycott de la chaîne, consécutifs aux déclarations de Gadiaga, n’ont visiblement pas eu l’effet escompté. Au contraire, l’intérêt pour l’émission semble s’être renforcé, prouvant que l’audience de « Jakkarlo » reste fidèle et engagée.

Ce succès d’audience illustre aussi la place prépondérante de l’émission dans le paysage médiatique sénégalais. Elle demeure un espace de débat incontournable, où les voix critiques du pouvoir continuent de s’exprimer librement.

Alors que le régime cherche à stabiliser sa communication après une première année de gouvernance sous haute tension, la question demeure : jusqu’où ira Badara Gadiaga dans sa critique du pouvoir ? Une chose est sûre, son influence ne faiblit pas.

Le CDEPS dénonce le communiqué du CNRA et appelle à la préservation de la liberté de la presse

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a vivement réagi au récent communiqué du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), mettant en garde certains médias après une altercation entre un chroniqueur et un responsable politique lors d’une émission télévisée.

Dans une déclaration officielle publiée ce mercredi 26 mars 2025, le CDEPS exprime sa « profonde inquiétude » face à cette mise en garde, qu’il considère comme une tentative d’ingérence dans le travail des rédactions.

Le CDEPS rappelle que les injures, les propos diffamatoires et les atteintes à la dignité observés dans l’espace public ne sont pas un phénomène nouveau. Pourtant, le CNRA ne s’en est jamais officiellement préoccupé jusqu’à présent. L’organe de presse estime que cette réaction du CNRA fait suite à la pression d’un parti politique, ce qui compromet sa neutralité.

« Ce rappel aux médias, fait par le Président du CNRA, dans le fond comme dans la forme, est une manière insidieuse de mettre au pas la presse et de s’immiscer dans le fonctionnement interne des rédactions », souligne le CDEPS.

Le CDEPS va plus loin en dénonçant une série d’atteintes à la liberté de la presse depuis l’installation du nouveau régime. Il cite notamment des inquisitions fiscales, la privation de publicités, le non-paiement de prestations déjà effectuées, ainsi que les coupures de signaux de certaines chaînes de télévision.

Face à cette situation, le CDEPS refuse toute tentative de soumission des médias à une « liberté surveillée » et exige l’installation immédiate des huit nouveaux membres du collège du CNRA pour garantir le bon fonctionnement de l’institution.

« Ce communiqué de son Président est la preuve d’un fonctionnement bancal, voire illégal, de l’organe », dénonce le CDEPS, qui estime que le CNRA, en tant qu’instance de régulation, doit se montrer plus indépendant et impartial dans ses interventions.

Dans sa déclaration, le CDEPS réaffirme son attachement indéfectible à la liberté de la presse, qu’il considère comme un pilier essentiel de la démocratie. Il interpelle directement les autorités en leur demandant de prendre des mesures urgentes pour :

  • Garantir la sécurité des journalistes et des médias face aux menaces et aux pressions politiques ;
  • Rétablir le fonctionnement indépendant du CNRA en procédant à la nomination des membres manquants ;
  • Mettre fin aux intimidations et autres formes de répression contre la presse.

Cette prise de position marque un nouveau bras de fer entre les médias et le pouvoir. Alors que le Sénégal traverse une période de tension politique et sociale, la liberté de la presse semble être de plus en plus mise à l’épreuve.

Le CDEPS, en tant que principal représentant des médias privés au Sénégal, entend maintenir la pression sur les autorités pour défendre l’indépendance journalistique et empêcher toute tentative de museler la presse.

Communiqué du CNRA aux médias : Le CDEPS exprime son inquiétude, relève des manquements du régulateur et l’appelle à faire preuve de responsabilité.

Propos grossiers dans les débats télévisés : Le CNRA met en garde les médias contre les injures

Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a exprimé ce mardi 25 mars 2025 son inquiétude face à la multiplication des dérives verbales dans les débats télévisés. L’organe de régulation pointe du doigt l’usage des insanités, injures et propos grossiers sur certains plateaux, notamment de la part de chroniqueurs invités à commenter l’actualité.

Dans un communiqué officiel, le CNRA dénonce des comportements qui, selon lui, portent atteinte aux institutions de la République, à la moralité publique, ainsi qu’à l’image, l’honneur et la réputation des personnes visées. Il estime que ces dérives sont de nature à fragiliser la stabilité nationale et la cohésion sociale, en transformant les médias en tribunes d’invectives plutôt qu’en espaces de débats responsables.

L’organe de régulation rappelle que ces pratiques constituent une violation des règles en vigueur, notamment celles inscrites dans le Cahier des charges des médias audiovisuels. Il insiste sur le fait que les chaînes de télévision, de radio et les plateformes de diffusion sont responsables de la qualité des contenus qu’elles proposent.

Dans ce cadre, le CNRA exhorte les directeurs de médias et animateurs d’émissions à prendre les dispositions nécessaires pour éviter la prolifération de discours offensants et irresponsables.

Le communiqué précise également que le non-respect de ces obligations pourrait entraîner des sanctions sévères, conformément à la législation en vigueur. Ces sanctions peuvent aller de mises en demeure et suspensions de programmes à des interdictions de diffusion ou des amendes conséquentes.

Le CNRA rappelle aux acteurs des médias audiovisuels qu’ils ont un rôle fondamental dans l’éducation citoyenne et la préservation des valeurs démocratiques. En permettant des échanges respectueux et constructifs, ils contribuent à une information équilibrée et à un climat apaisé dans le pays.

Il invite ainsi les chaînes de télévision, les radios et les plateformes numériques à veiller scrupuleusement au respect de la déontologie journalistique, afin d’éviter que leurs espaces de diffusion ne deviennent des lieux d’incitation à la haine ou à la violence verbale.

Cette mise en garde du CNRA intervient dans un contexte où le débat public au Sénégal est de plus en plus marqué par des affrontements verbaux, souvent exacerbés par les tensions politiques et sociales. L’organisme de régulation semble donc vouloir renforcer son contrôle sur les contenus audiovisuels, en réaffirmant son engagement à préserver l’éthique et la responsabilité médiatique.

Patronat de la presse vs Ministère de la Communication : un bras de fer sur la refonte des médias

Le secteur de la presse sénégalaise est secoué par un affrontement de taille entre le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et le ministère de la Communication, dirigé par Alioune Sall. En cause, une refonte du paysage médiatique initiée par le gouvernement, qui entend assainir le secteur, améliorer les conditions de travail des journalistes et rendre plus transparente l’attribution de l’aide à la presse. Mais cette réforme est loin de faire l’unanimité et suscite une vive opposition du patronat des médias, qui y voit une tentative de mise sous tutelle de la presse privée.

Depuis l’arrivée de Pastef au pouvoir, le ministère de la Communication a mis en œuvre une série de réformes visant à réorganiser le secteur des médias. Parmi les mesures phares, on retrouve la mise en place d’un système d’agrément pour les entreprises de presse, une exigence de mise en conformité aux normes sociales pour bénéficier de l’aide publique et une volonté de rationaliser un paysage médiatique jugé pléthorique.

Pour Mamadou Ibra Kane, président du CDEPS, cette réforme ressemble à une attaque contre la presse privée. « Ils veulent tout simplement liquider les entreprises de presse sous prétexte de régulation. Tous les actes posés par le gouvernement vont dans ce sens », a-t-il déclaré dans une interview accordée à Jeune Afrique.

Le principal point de discorde concerne l’application de l’article 94 du Code de la presse, qui impose une autorisation préalable pour opérer dans le secteur. Le ministère justifie cette démarche par la nécessité d’identifier les médias en activité et de garantir un cadre plus structuré. Mais pour le CDEPS, cette disposition est contraire à la Constitution, qui garantit la liberté d’entreprendre et d’exercer le métier de journaliste sans ingérence administrative.

Les tensions se sont exacerbées en raison d’un manque de concertation entre les parties prenantes. Selon le président du CDEPS, le ministère a agi de manière unilatérale. « Nous n’avons eu qu’une seule rencontre officielle en juillet. Il nous avait promis des consultations avant de lancer la plateforme d’enregistrement des médias, mais il a avancé seul », déplore-t-il.

De son côté, le ministère de la Communication, par la voix de son directeur Habibou Dia, rejette ces accusations. « Entre mai et août 2024, plusieurs consultations ont eu lieu avec le patronat de la presse, les syndicats de journalistes et les jeunes reporters. Nous avons tenu compte de leurs remarques. Dire qu’il n’y a pas eu de concertation est faux », rétorque-t-il.

Le ministère défend sa réforme en mettant en avant la nécessité de professionnaliser le secteur. « Il y a trop de médias qui ne respectent pas les normes sociales et fiscales. Notre objectif est d’assainir la presse, pas de la faire disparaître », assure Habibou Dia. Il reproche au patronat de vouloir préserver un statu quo qui favorise des pratiques précaires, notamment l’absence de contrats de travail et le non-paiement des impôts.

Mais du côté du CDEPS, on dénonce une volonté déguisée de contrôler la presse indépendante et de favoriser les médias proches du pouvoir. « Si l’objectif était réellement d’améliorer les conditions des journalistes, pourquoi ne pas commencer par appliquer la convention collective et mettre en place un fonds d’appui spécifique ? », s’interroge un éditeur de presse sous couvert d’anonymat.

À ce stade, aucun compromis ne semble en vue. Le CDEPS réclame une suspension du processus et une véritable concertation pour éviter ce qu’il considère comme une mise à mort des petits médias. De son côté, le ministère de la Communication affirme que la réforme ira jusqu’au bout, estimant qu’elle est indispensable pour garantir un secteur médiatique plus solide et mieux structuré.

Liberté de la presse menacée au Sénégal : le CDEPS alerte sur une tentative de mise sous tutelle du secteur médiatique

Le Conseil des Éditeurs et Diffuseurs de Presse du Sénégal (CDEPS) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de tentative de mise sous contrôle du secteur médiatique par les autorités sénégalaises. Dans un communiqué relayé par Sud Quotidien, le CDEPS dénonce une série de mesures « brutales et inouïes » qui, selon lui, portent atteinte aux fondements de la liberté de la presse dans le pays.

Parmi les faits les plus préoccupants, le CDEPS pointe du doigt les agissements de Télédiffusion sénégalaise (TDS-SA), accusée d’avoir interrompu ou dégradé le signal de quatorze chaînes de télévision locales, invoquant des retards de paiement supposés. Ces coupures auraient été effectuées sans préavis ni recours possible, créant ainsi une situation d’instabilité pour de nombreuses entreprises de presse audiovisuelle.

Le CDEPS signale également que plusieurs médias ont reçu des injonctions fermes leur ordonnant de cesser immédiatement leurs activités, au motif de non-conformité administrative. Ces médias s’exposeraient désormais à des poursuites pénales, ce que les responsables du CDEPS considèrent comme une volonté manifeste de criminaliser l’activité de presse.

« Cette logique de contrainte administrative semble cacher une volonté plus profonde : celle de soumettre les médias au bon vouloir du pouvoir politique, en remettant en question leur indépendance et leur rôle de contre-pouvoir », a déclaré Mamadou Ibra Kane, président du CDEPS, dans le communiqué.

Le CDEPS déplore également un manque de respect des principes fondamentaux tels que la séparation des pouvoirs et les règles de régulation de la presse, pourtant inscrits dans la Constitution sénégalaise et le Code de la presse. Le Conseil rappelle qu’un recours a été introduit en septembre 2024 contre l’arrêté portant création de la Commission d’examen et de validation des entreprises de presse, mais aucune réponse n’a été apportée à ce jour par les autorités.

Face à cette situation jugée alarmante, le CDEPS annonce une série d’actions fortes pour défendre la liberté de la presse. Parmi celles-ci, un rassemblement symbolique est prévu le 3 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Le Conseil appelle également à une mobilisation générale, sollicitant l’appui des citoyens, de la société civile, des organisations de défense des droits humains et de la communauté internationale pour faire barrage à ces mesures jugées arbitraires et liberticides.

Le CDEPS insiste sur la nécessité de préserver un environnement médiatique libre, pluraliste et indépendant, garant de la démocratie et de l’État de droit au Sénégal.

Poursuites pénales et coupure de signal des télés : Des menaces inédites contre la presse sénégalaise

Le Conseil des Éditeurs et Diffuseurs de Presse du Sénégal (CDEPS) tire la sonnette d’alarme face à une offensive sans précédent contre la liberté de la presse. En moins de 48 heures, plusieurs décisions ont été prises unilatéralement par les autorités, menaçant l’existence même des entreprises de presse.

Dans une action brutale et inouïe, la Télédiffusion sénégalaise (TDS-SA) a coupé ou fortement altéré le signal de quatorze chaînes de télévisions locales sous prétexte de retards de paiement, sans préavis, ni possibilité de recours. Dans le même temps, plusieurs médias ont reçu des injonctions fermes de cesser immédiatement leur diffusion, prétextant une non-conformité administrative, au risque de s’exposer à des poursuites pénales. L’activité de presse est désormais criminalisée au Sénégal en cas de «non-reconnaissance» par l’autorité administrative et politique.

Le CDEPS dénonce une stratégie visant à mettre au pas un secteur déjà fragilisé. Il fustige le non-respect flagrant des principes de séparation des pouvoirs et des règles de régulation des médias, pourtant inscrits dans la Constitution et le Code de la presse. Depuis l’entrée en fonction du nouveau gouvernement en avril 2024, la presse fait face à une vague de mesures irrégulières et coercitives qui compromettent son indépendance et sa survie économique.

Malgré un recours déposé en septembre 2024 contre l’arrêté instituant la «Commission d’examen et de validation des entreprises de presse», aucune suite n’a été donnée. Pire encore, des violations supplémentaires de la loi ont été constatées et feront l’objet de nouveaux recours devant la Cour suprême.

Face à cette situation critique, le CDEPS prévoit une série d’actions concrètes pour défendre la liberté de la presse. Une mobilisation nationale et internationale est en cours d’organisation. Une manifestation symbolique le 3 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, est également envisagée.

Le CDEPS en appelle aux citoyens sénégalais, à la société civile, aux organisations de défense des droits de l’homme et à la communauté internationale, pour exiger la fin de ces mesures arbitraires et garantir un environnement médiatique libre et indépendant au Sénégal.

Le CDEPS, mercredi 19 mars 2025.

CENSURE NUMÉRIQUE À L’ÈRE DU « NEW DEAL TECHNOLOGIQUE » : Le paradoxe d’un pouvoir qui musèle la presse

La liberté de la presse est en péril au Sénégal. Après la coupure du signal de plusieurs chaînes de télévision sur le bouquet de la Télévision numérique terrestre (TNT), c’est désormais la presse numérique qui est dans le viseur du Gouvernement. Ce qui suscite une vive inquiétude quant à l’avenir du pluralisme médiatique.
La Société de Télédiffusion du Sénégal (TDS-SA) justifie la suspension de certaines chaînes par des arriérés de paiement, estimés à cinq cent soixante-dix-sept (577) millions de francs CFA. Selon Aminata Sarr, directrice de la structure, il ne s’agit pas d’une coupure mais d’une « réduction technique de la bande passante » imposée par un partenaire technique. Une explication balayée d’un revers de main par Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), qui dénonce une décision arbitraire et illégale. Il rappelle que seul le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a la prérogative de prendre une telle mesure après notification des chaînes concernées.
Alors que la presse traditionnelle peine déjà à survivre face aux défis économiques, le ministère de la Communication a décidé d’imposer une obligation d’impression aux journaux numériques, sous couvert du respect du « dépôt légal » qui, pourtant, pourrait se faire en ligne.
Cette posture est paradoxale à l’ère du numérique, d’autant plus que le gouvernement vante en parallèle son ambition de modernisation à travers un « New Deal Technologique ». Cet énième durcissement soudain des nouveaux tenants du pouvoir ressemble à une tentative de musellement de la presse.
Les restrictions en cascade à l’encontre de la presse interrogent sur la volonté réelle du duo Diomaye-Sonko. Loin d’être de simples ajustements techniques ou administratifs, ces décisions s’apparentent à une stratégie visant à contrôler l’information et à limiter les voix dissidentes. Dans un contexte où le rôle de la presse est plus que jamais essentiel, cette série de mesures répressives met en danger un des piliers fondamentaux de la démocratie sénégalaise.

Penda THIAM

Coupure de signaux de chaînes de télévision nationales : la TDS-SA clarifie la situation

La TDS-SA, opérateur public chargé de la diffusion de la Télévision Numérique Terrestre (TNT) au Sénégal, a publié un communiqué ce dimanche 16 mars en réaction aux rumeurs circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ces informations faisaient état de coupures de signaux de certaines chaînes de télévision nationales pour non-paiement de redevances. Face à cette polémique, la TDS-SA a tenu à apporter des clarifications importantes.

Contrairement aux affirmations relayées, la TDS-SA a assuré qu’aucune coupure de signal n’a été effectuée jusqu’à présent. La société explique que le problème ne concerne pas des « redevances », mais plutôt des frais de diffusion que les chaînes doivent payer pour être maintenues sur le bouquet TNT. Ces frais permettent de financer les coûts techniques liés à la diffusion continue de leurs programmes sur l’ensemble du territoire national.

Cependant, certaines chaînes de télévision accumulent des arriérés de paiement depuis plusieurs années. Le montant total de ces impayés s’élève aujourd’hui à 577 millions de francs CFA, une somme considérable qui pèse sur le modèle économique de la diffusion numérique. Malgré plusieurs relances et efforts de l’État sénégalais pour prendre en charge ces coûts, la situation demeure préoccupante.

En conséquence, le partenaire technique de TDS-SA a décidé de réduire la bande passante allouée à la diffusion des chaînes de télévision concernées. Cela signifie que seules les chaînes ayant honoré une part suffisante de leurs obligations financières bénéficient toujours d’une diffusion optimale sur l’ensemble du territoire.

Dans son communiqué, la TDS-SA a lancé un appel aux acteurs du secteur audiovisuel afin qu’ils prennent leurs responsabilités pour garantir une diffusion continue et de qualité des programmes de télévision. L’entreprise réaffirme sa disponibilité à engager des discussions avec les chaînes concernées pour trouver des solutions viables et durables.

Elle rappelle également que la TNT constitue un service d’intérêt public et qu’il est essentiel d’assurer sa pérennité dans un contexte où la télévision reste un média clé pour l’information et le divertissement des Sénégalais.

Face à ces difficultés financières, plusieurs chaînes privées pourraient être contraintes de négocier un étalement de leur dette ou d’obtenir un soutien public pour régulariser leur situation. La TDS-SA, en tant qu’opérateur national, devra aussi trouver un équilibre entre sa mission de service public et la nécessité de garantir la viabilité économique du secteur.

Sénégal : plaidoyer pour une réforme du code de la presse et une meilleure protection des journalistes

Le rôle de la presse dans une démocratie est fondamental, et au Sénégal, ce principe fait l’objet d’un débat de plus en plus pressant. Lors de l’émission « Plateau spécial », diffusée vendredi sur PressAfrikTVHD, plusieurs défenseurs des droits humains ont tiré la sonnette d’alarme sur les restrictions des libertés et les menaces qui pèsent sur la presse. Ils ont plaidé pour une réforme du code de la presse afin de garantir une meilleure protection des journalistes, assurer une information plus accessible et renforcer l’indépendance des médias.

Parmi les voix les plus engagées, Alfred Bulakali, directeur régional de Article 19, a dénoncé les nombreuses agressions subies par les journalistes dans l’exercice de leur métier. Selon lui, les professionnels de l’information doivent bénéficier d’une protection totale de la part des forces de l’ordre et des organisateurs d’événements, afin qu’ils puissent exercer leur mission en toute sécurité.

« Nous avons, pour cela, les lignes directrices de l’UNESCO sur la sécurité et la protection des journalistes. L’État doit veiller à leur intégration dans l’arsenal juridique qui régit la presse au Sénégal », a-t-il affirmé.

Il a aussi mis en avant l’urgence d’une réforme en profondeur du secteur médiatique. Le code de la presse, adopté en 2017, contient encore des dispositions obsolètes qui méritent une évaluation minutieuse.

« Le chantier est vaste. La viabilité économique des médias, la répartition équitable des financements publics et la transparence du secteur sont autant de points à améliorer. Les citoyens ont le droit de savoir comment les médias sont financés », a-t-il insisté.

Malgré tout, Alfred Bulakali a reconnu certains efforts récents, notamment l’ouverture progressive de la RTS (Radiodiffusion Télévision Sénégalaise) aux voix de l’opposition. Mais selon lui, cela reste insuffisant.

« Nous devons aller plus loin. Il faut transformer les médias publics en véritables médias de service public, au service de tous les citoyens, et non d’une seule partie de la classe politique. »

Me Abibatou Samb, vice-présidente de l’Observatoire National des Droits de l’Homme (ONDH), a rappelé que la presse sénégalaise doit jouer pleinement son rôle de quatrième pouvoir et ne pas être perçue comme une menace par les autorités.

« Une démocratie forte repose sur une presse libre et indépendante. Plutôt que d’être réprimée, elle devrait être considérée comme un allié dans l’éveil des citoyens », a-t-elle soutenu.

Dans ce contexte, Denis Ndour, de la Ligue sénégalaise des droits humains, a insisté sur l’absence de loi sur le droit à l’information, qui constitue un frein à l’accès des journalistes aux données publiques.

« La Constitution garantit le pluralisme des médias, mais nous n’avons toujours pas de loi sur le droit à l’information. Cette législation permettrait aux journalistes d’accéder plus facilement aux informations et de garantir aux citoyens un accès fiable à des données précises et vérifiées », a-t-il déclaré.

Si l’appel à une réforme du code de la presse est légitime, plusieurs défis se posent. L’indépendance des médias face aux pressions politiques et économiques reste une problématique majeure. Certains patrons de presse dépendent des publicités étatiques et d’un financement incertain, ce qui rend difficile une totale liberté éditoriale.

Par ailleurs, le cadre juridique actuel inclut encore des sanctions pénales contre les journalistes, notamment en cas de diffamation, ce qui peut être utilisé pour restreindre leur liberté d’expression. Les organisations de défense des droits humains plaident pour la dépénalisation des délits de presse, afin d’éviter que des journalistes soient incarcérés pour leurs écrits.

Régularisation des médias : le ministère de la Communication met en garde

Les autorités sénégalaises en charge de la régulation des médias ont validé l’enregistrement d’un site web d’un média local, marquant ainsi une avancée notable dans l’application du Code de la presse. Cette annonce a été faite dans une note officielle publiée ce dimanche, soulignant l’importance du respect des exigences légales pour les entreprises médiatiques.

Après une série de vérifications approfondies, les services compétents ont jugé que le média concerné répond aux normes en vigueur. Cette validation lui permet de poursuivre ses activités en toute légalité, tout en bénéficiant des dispositions prévues par la réglementation sénégalaise.

Cependant, le ministère de la Communication rappelle aux responsables des médias l’obligation de signaler toute modification susceptible d’affecter leur enregistrement. Cette mise à jour régulière est essentielle pour éviter d’éventuelles sanctions et garantir une transparence totale.

Les autorités insistent sur la nécessité pour les entreprises de presse de maintenir leurs informations à jour. Une telle rigueur facilite les contrôles et permet aux médias de jouir des avantages accordés aux structures conformes aux dispositions légales.

Le communiqué avertit également que l’administration se réserve le droit d’effectuer des contrôles à tout moment. Plus encore, il met en garde contre les risques liés aux fausses déclarations, qui pourraient entraîner des poursuites judiciaires.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté de renforcer la transparence et la responsabilité dans le secteur des médias au Sénégal. En imposant des règles strictes de régularisation, l’État cherche à garantir un environnement médiatique crédible et conforme aux standards internationaux.

Sénégal – Médias : Plusieurs chaînes de télévision coupées par la TDS/SA, les professionnels dénoncent une « tentative de musellement »

La crise dans le secteur des médias au Sénégal atteint un nouveau palier avec la coupure du signal de plusieurs chaînes de télévision par la société de diffusion TDS/SA. En cause, selon l’entreprise, le non-paiement des redevances mensuelles, une situation qui met en lumière les difficultés financières du secteur.

Parmi les chaînes affectées figurent des médias majeurs tels que RDV, WALF TV, ITV, TOUBA TV, AFRICA 7 et Bantamba TV. Selon TDS/SA, cette décision a été prise en collaboration avec le ministère de la Communication, et repose sur un « non-respect des obligations financières ».

Cependant, les responsables des médias concernés dénoncent une mesure brutale et unilatérale. Contacté par téléphone, Alassane Samba Diop, Directeur Général du groupe Emedia Invest, s’indigne :

« Nous nous sommes réveillés un beau jour et on nous a coupé le signal sans préavis, sans sommation. En effet, Amadou Diop, qui était directeur de la TDS/SA, nous avait demandé de supporter les coûts de diffusion via la Sonatel, en nous assurant qu’ils nous rembourseraient par la suite. Nous avions d’ailleurs fourni toutes les factures comme preuves. Aujourd’hui, nous constatons qu’il y a une volonté manifeste de réduire toutes les télévisions au silence et de créer des chômeurs. Ces gens ne veulent pas accompagner les entreprises privées. Nous dénonçons cette mesure unilatérale. »

Les difficultés économiques des chaînes de télévision ne datent pas d’hier. Depuis plusieurs années, les médias sénégalais peinent à assurer leur rentabilité face à la baisse des revenus publicitaires et aux coûts élevés de diffusion. La digitalisation et l’émergence des plateformes de streaming ont également bouleversé le modèle économique traditionnel.

En 2023 déjà, WALF TV avait vu son signal suspendu pour des raisons similaires, provoquant une vague d’indignation dans le paysage médiatique. Les professionnels du secteur estiment que ces sanctions financières cachent des motivations politiques visant à limiter l’influence de certaines chaînes critiques envers le pouvoir.

Dans un contexte marqué par des tensions politiques et sociales, cette coupure des chaînes de télévision suscite des inquiétudes quant à la liberté de la presse au Sénégal. Pour Babacar Touré, analyste des médias, cette situation s’inscrit dans une tendance inquiétante :

« L’État utilise l’argument financier pour justifier ces coupures, mais il est évident que certaines chaînes dérangent. Les médias privés jouent un rôle essentiel dans l’équilibre démocratique du pays. S’ils disparaissent, c’est toute la liberté d’expression qui est menacée. »

Face à cette crise, les chaînes concernées pourraient être contraintes de négocier avec les autorités pour un rétablissement de leur signal. Cependant, la question du financement des médias reste un défi majeur qui nécessite une réforme structurelle.

Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) a déjà annoncé une réunion d’urgence pour examiner la situation et proposer des actions. De son côté, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) appelle à une concertation avec les autorités afin de trouver une solution durable qui éviterait de nouvelles fermetures.

Crise dans le secteur des médias : CDEPS et APPEL dénoncent les dérives du ministre de la Communication

La tension monte entre les organisations patronales des médias et le ministre de la Communication du Sénégal. Ce mercredi 26 février 2025, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et l’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL) ont vivement dénoncé la saisine du ministère de l’Intérieur par le ministre de tutelle pour activer la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) et la Division spéciale de la Cybercriminalité (DSC). Une démarche perçue comme une tentative de répression et de criminalisation de l’activité de presse sous couvert de « mesures de régulation ».

Selon CDEPS et APPEL, le processus d’enregistrement des médias a été entaché de nombreuses irrégularités. La première liste de médias « reconnus », suivie d’une seconde liste de médias « conformes », a révélé des failles techniques et des omissions, reconnues même par le ministère de la Communication. Les professionnels du secteur s’interrogent : si cette dernière liste est bien définitive, pourquoi n’a-t-elle pas encore été officialisée par un arrêté ministériel ? Depuis sa publication le 6 février dernier, le flou persiste et alimente les inquiétudes des acteurs du secteur.

De plus, des erreurs graves auraient été relevées par les services du ministère, les membres de la Commission d’examen et de validation des entreprises de presse ainsi que les organisations professionnelles des médias. Pourtant, au lieu de rectifier ces anomalies, le ministre de la Communication semble poursuivre un agenda solitaire, au mépris du dialogue et des recommandations issues des Assises nationales des médias.

Les organisations patronales des médias rappellent qu’elles ont toujours soutenu la régulation et la professionnalisation du secteur, notamment à travers la création de la Coordination des Associations de Presse (CAP) en 2016 et leur participation active aux Assises nationales des médias. Cependant, elles dénoncent fermement la gestion autoritaire du ministre de la Communication, qu’elles accusent d’avoir aggravé la crise d’un secteur déjà en grande difficulté.

En effet, la presse sénégalaise traverse une période critique, marquée par des faillites d’entreprises de presse et des licenciements massifs. La précarité des travailleurs s’intensifie, menaçant la viabilité économique des médias et la liberté d’informer.

Face à cette situation préoccupante, CDEPS et APPEL en appellent au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et au Premier ministre pour qu’ils interviennent d’urgence. Malgré les instructions du chef de l’État en faveur d’un « dialogue rénové » avec les acteurs des médias, aucun progrès n’a été constaté. Le ministre de la Communication continue d’ignorer les revendications du secteur et bloque la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales.

CDEPS et APPEL avertissent qu’ils utiliseront tous les moyens légaux pour défendre la liberté de la presse et empêcher ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire. Ils refusent la confiscation des libertés fondamentales et réclament des médias républicains, libres, indépendants et économiquement viables.

Médias non conformes : Le ministre de la Communication passe à l’action

Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a officiellement saisi son homologue de l’Intérieur, Jean-Baptiste Tine, pour engager des mesures fermes contre les médias ne répondant pas aux exigences légales. Cette initiative marque une nouvelle étape dans l’application du Code de la presse, après la publication de la liste définitive des médias en conformité avec la réglementation.

Dans une correspondance datée du 17 février, Alioune Sall a sollicité l’intervention du ministère de l’Intérieur pour la cessation immédiate des activités des médias jugés non conformes. Selon des sources proches du dossier, cette demande a conduit à l’activation de plusieurs organes sécuritaires, notamment la Direction de surveillance du territoire (DST) et la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Ces entités sont désormais chargées de veiller à l’application des décisions prises en matière de régulation médiatique.

Cette démarche du gouvernement vise à assainir le paysage médiatique et à s’assurer que seules les structures respectant les normes légales puissent exercer. Le ministre de la Communication avait déjà mis en garde les acteurs du secteur sur la nécessité de se conformer au Code de la presse, qui encadre les conditions d’exploitation des organes de presse et de diffusion.

Les mesures envisagées pourraient inclure la fermeture de médias illégaux, la saisie de matériel et des sanctions administratives contre les responsables des entités concernées. Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large de contrôle et de modernisation du secteur de la communication et du numérique au Sénégal.

Cette annonce risque de susciter des réactions au sein du milieu médiatique et de la société civile, certains pouvant y voir une atteinte à la liberté de la presse si les décisions ne sont pas prises de manière transparente. Toutefois, le gouvernement assure que ces mesures visent uniquement à garantir un environnement médiatique réglementé et professionnel, en accord avec les lois en vigueur.

Affaire à suivre, alors que les autorités s’apprêtent à mettre en œuvre ces directives dans les prochains jours.

Lutte contre la désinformation et les discours haineux : la société civile et le CNRA s’engagent

Dans le cadre de la préservation de la stabilité du pays et du renforcement de la démocratie, des organisations telles que le Gradec, l’ONG 3D et le Cosce, en collaboration avec l’État et les acteurs de la presse sénégalaise, ont tenu un atelier de deux jours à la résidence Mamoune à partir de ce jeudi 13 février. L’objectif de cette rencontre était de lutter contre la désinformation et les discours haineux, sous le thème : “Création d’un cadre d’échanges sur la prévention de la désinformation et des propos haineux”.

M. Babacar Fall a souligné que la désinformation, à l’ère moderne, est devenue une véritable industrie, voire une entreprise criminelle qui menace le fondement du vote et, par extension, la stabilité des sociétés. Pour remédier à cette problématique, Moundiaye Cissé a annoncé que 46 représentants seront déployés dans tous les départements afin de relayer les informations liées à ce projet et d’accompagner les initiatives de lutte contre la désinformation.

Le président du CNRA, Mamadou Oumar Ndiaye, a, quant à lui, reconnu la difficulté de réguler la presse en ligne. Il a affirmé que le CNRA ne dispose pas encore des prérogatives nécessaires pour encadrer les contenus numériques, mais qu’une loi sera bientôt mise à jour pour remédier à cette situation.

“Aujourd’hui, la désinformation s’accompagne de propos extrêmement dangereux pour la stabilité de nos sociétés et de nos communautés. C’est pourquoi nous proposons la création d’un cadre pour la prévention de la désinformation et des discours haineux. Ce cadre regroupera les acteurs des médias, les autorités politiques, la presse écrite et en ligne, ainsi que les utilisateurs des réseaux sociaux”, a déclaré M. Babacar Fall, président du Gradec.

Il a également rappelé que la question de la désinformation est désormais au cœur des problématiques de gouvernance dans un monde marqué par les luttes d’accès au pouvoir, aux ressources et au contrôle des données. Chaque jour, des manipulations d’informations sont orchestrées dans le but d’influencer l’opinion publique et de servir des intérêts privés.

Renforcement du rôle des journalistes et coopération avec les plateformes numériques

M. Fall a insisté sur la nécessité de responsabiliser davantage les journalistes, qui jouent un rôle crucial en tant que relais et régulateurs de l’opinion publique. Il estime que cet atelier, au-delà de la création d’un cadre d’échanges, devra structurer des réunions régulières et être un véritable outil de lutte contre la désinformation, facilitant la collaboration entre les journalistes, la société civile et l’État.

Le président du CNRA a également évoqué un dialogue engagé à l’échelle africaine pour mieux gérer les réseaux sociaux. Il a précisé qu’un travail de coordination entre les régulateurs africains et les grandes plateformes numériques a été entamé.

“Nous avons déjà tenu une réunion à Abidjan dans le cadre de la déclaration d’Abidjan. Cette initiative vise à établir un dialogue entre les plateformes numériques et les régulateurs africains pour mieux encadrer les contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Cependant, cela reste un processus de long terme”, a-t-il expliqué.

Un programme national pour la prévention des conflits et la promotion de la paix

Moundiaye Cissé, coordinateur du Cosce et vice-président du comité de pilotage, a annoncé le lancement d’un programme national de prévention. Ce dispositif, qui sera mis en place sous l’égide de l’ONG 3D, mobilisera plusieurs acteurs issus du monde sportif, culturel et politique.

“Au niveau national, nous allons travailler sur des études et des actions concrètes pour prévenir la désinformation et promouvoir la paix. Ce programme mobilisera 46 représentants, un par département, et inclura des initiatives locales pour sensibiliser les autorités et les citoyens”, a-t-il précisé.

Le programme prévoit également une collaboration avec les universités, qui sont souvent des lieux de fortes tensions et de violences. Il s’agira ainsi d’impliquer les jeunes et les institutions académiques dans cette dynamique de prévention et de sensibilisation.

À travers cet atelier et les initiatives qui en découleront, la société civile et le CNRA souhaitent instaurer un cadre durable de lutte contre la désinformation et les discours haineux, en impliquant tous les acteurs concernés : journalistes, autorités politiques, plateformes numériques et citoyens. La réussite de ce projet dépendra de l’engagement collectif et de la mise en place de mécanismes concrets pour contrer la manipulation de l’information et préserver la stabilité du pays.

Affaire Pape Sané : Le journaliste auditionné avant d’être libéré sous condition

Le journaliste et chroniqueur Pape Sané a été convoqué ce lundi à la Division des Investigations Criminelles (DIC) avant d’être entendu par la Brigade des Affaires Générales (BAG) du Palais de justice de Dakar. Sa convocation fait suite à des révélations faites sur Walf TV concernant un scandale financier impliquant un homme d’affaires et un ministre de la République.

Accompagné de ses avocats Me Moussa Sarr, Me Youssouf Camara, Me Cheikh Niass et Me Amadou Diallo, Pape Sané a répondu aux questions des enquêteurs pendant plusieurs heures. « Nous avons donné notre version du dossier dont il s’agit. Toutes les preuves ont été apportées », a déclaré le journaliste à sa sortie du Palais de justice.

Au cours de son audition, il lui a été demandé de révéler l’origine des documents en sa possession. Toutefois, fidèle au principe de protection des sources journalistiques, il a refusé de divulguer leur provenance.

À l’issue de l’interrogatoire, aucune charge n’a été retenue contre Pape Sané. « Ils n’ont rien à me reprocher et m’ont signifié que je pouvais rentrer chez moi, tout en restant à la disposition de la justice », a-t-il affirmé.

Affaire Pape Sané : Le chroniqueur de Walf TV convoqué par la DIC après ses révélations sur un scandale financier

Le chroniqueur de Walf TV, Pape Sané, est convoqué ce lundi par la Division des investigations criminelles (DIC) suite à une déclaration controversée impliquant un ministre de la République dans un scandale financier de plusieurs milliards de francs CFA. Le procureur de la République s’est auto-saisi de l’affaire et a ordonné l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur ces allégations.

Cette convocation intervient après une vive polémique suscitée par les propos de Pape Sané, qui a affirmé détenir des informations compromettantes sur un membre du gouvernement. Le procureur a réagi en demandant à la DIC de mener des investigations approfondies pour vérifier la véracité de ces accusations.

Ce n’est pas la première fois que Pape Sané se retrouve au cœur d’une controverse judiciaire. En novembre 2023, il avait été placé en garde à vue par la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane pour “diffusion de fausses nouvelles”, suite à une publication sur sa page Facebook rendant hommage à l’ancien Haut Commandant de la Gendarmerie nationale, le Général Jean Baptiste Tine. Après plusieurs jours de détention, il avait été inculpé et placé sous contrôle judiciaire par le Doyen des juges. 

La Coordination des Associations de Presse (CAP) avait alors exprimé sa préoccupation face à la recrudescence des arrestations de journalistes, appelant les autorités à respecter la liberté d’expression et à privilégier le dialogue en cas de litige avec les professionnels des médias. 

La nouvelle convocation de Pape Sané par la DIC relance le débat sur la liberté de la presse au Sénégal et sur les limites de l’expression journalistique, notamment lorsqu’il s’agit d’accusations graves impliquant des personnalités publiques. Les résultats de l’enquête en cours détermineront les suites judiciaires de cette affaire.

Le ministère de la Communication annonce des sanctions contre les médias non conformes

Face aux nombreuses irrégularités dans le secteur des médias, le ministère de la Communication, sous l’impulsion du ministre Alioune Sall, annonce des mesures strictes pour assainir le paysage médiatique national. À travers son directeur de la communication, Habibou Dia, le ministère a détaillé un plan de sanctions allant des mises en demeure aux coupures de signal, en passant par des poursuites judiciaires.

Selon Habibou Dia, un écart significatif a été constaté entre les 600 médias officiellement déclarés et les 200 réellement conformes. Face à cette situation, le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) a reçu des instructions fermes pour adresser des mises en demeure aux télévisions et radios ne respectant pas les exigences légales.

« Les radios et radios communautaires qui disposent de fréquences sans avoir signé de conventions et de cahiers des charges, mais aussi les télévisions qui ne remplissent pas les dispositions du Code de la presse, recevront des mises en demeure. À l’issue de ces avertissements, des coupures de signaux et des retraits de fréquences sont prévus », a précisé M. Dia dans une déclaration vidéo.

Outre l’audiovisuel traditionnel, les médias en ligne sont également concernés par cette opération de régulation. Le ministère de l’Intérieur, via la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) et les services de cybercriminalité, sera mobilisé pour identifier les web TV et médias en ligne exerçant illégalement.

« Les acteurs concernés recevront une dernière mise en demeure pour se conformer aux règles. En cas de manquement, des sanctions seront appliquées, incluant des blocages de sites et des poursuites judiciaires », a averti le directeur de la communication.

Le ministère s’attaque également à la prolifération des journaux PDF et des « UNE PDF », jugés non conformes aux règles du dépôt légal.

« Nous avons constaté que la plupart des quotidiens respectent désormais les règles de dépôt légal, à l’exception de certains qui ont été invités à se mettre en conformité. Ceux qui continuent à diffuser des journaux uniquement sous format PDF, sans tirage physique, s’exposent à des sanctions, avec l’implication de la DST pour mettre fin à ces pratiques illégales », a précisé Habibou Dia.

Ces mesures, qui traduisent une volonté ferme des autorités de rétablir l’ordre dans le secteur des médias, s’inscrivent dans une dynamique plus large de professionnalisation et de mise en conformité avec le Code de la presse. En appliquant des sanctions rigoureuses, le ministère entend garantir un environnement médiatique structuré et respectueux des normes en vigueur.

Reste à savoir comment les acteurs concernés réagiront à ces nouvelles exigences et si ces mesures contribueront à renforcer la crédibilité et la viabilité du paysage médiatique national.

[Document] Voici la liste réactualisée des médias conformes aux dispositions du code de la presse

MCTN_liste_des_médias_conformes_avec_le_code_de_la_presseTélécharger

Médias : le CORED se retire de la présidence de la Coordination des Associations de Presse

Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) a annoncé qu’il n’assure plus la présidence de la Coordination des Associations de Presse (CAP). Cette décision marque un tournant dans la structuration du paysage médiatique sénégalais, en pleine mutation depuis les Assises nationales des médias.

Dans un communiqué publié le 1er février 2025, le CORED a précisé que toutes les correspondances destinées à la CAP devront désormais être directement adressées aux responsables de chaque association membre. Ce retrait signifie que l’organe d’autorégulation des médias ne jouera plus le rôle de représentant unique de la CAP dans les échanges avec les autorités et les partenaires.

Selon des sources internes, cette décision serait motivée par la nécessité pour le CORED de se recentrer sur ses missions essentielles : veiller au respect des règles d’éthique et de déontologie dans les médias, plutôt que d’assumer un rôle de coordination des associations de presse.

Le CORED a rappelé que sa présidence de la CAP résultait d’un contexte particulier : les préparatifs des Assises nationales des médias, initiés lors d’une rencontre tenue à Toubab Dialaw en octobre 2023.

Désigné pour assurer le secrétariat des travaux aux côtés du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS), le CORED s’était vu confier la coordination des activités de la CAP dans le cadre de ces Assises. Cette mission exceptionnelle visait à faciliter l’organisation des discussions et à garantir un dialogue efficace entre les différentes parties prenantes du secteur médiatique.

Avec ce retrait, le CORED met fin à cette mission temporaire et se recentre sur son rôle principal : garantir le respect des principes d’éthique et de déontologie dans les médias sénégalais. Cette décision pourrait également ouvrir la voie à une réorganisation de la CAP, avec la mise en place d’une nouvelle présidence plus structurée et élue selon des critères clairs.

D’ores et déjà, plusieurs acteurs du secteur de la presse appellent à une refonte de la gouvernance de la CAP afin de renforcer la représentativité des différentes associations membres et d’éviter qu’une seule entité n’en assume la responsabilité sur une trop longue période.

Dakar accueille la 8e conférence des régulateurs des médias : un tournant pour la régulation numérique

Les 27 et 28 janvier 2025, Dakar deviendra le centre de discussions stratégiques sur la régulation des médias et des plateformes numériques, en accueillant la 8e conférence des présidents des réseaux francophones des régulateurs des médias. Cette rencontre, organisée par le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), vise à proposer des approches communes face aux défis posés par l’essor des technologies numériques.

Lors du lancement de la journée de partage sur l’avant-projet de loi portant création d’une autorité indépendante de régulation des médias et des réseaux sociaux, le ministre de la Communication, Aliou Sall, a mis l’accent sur l’importance de cette initiative. Selon lui, l’objectif est clair : « Mettre en place un dispositif efficace qui, sans entraver les libertés de presse et d’expression, impose le respect des normes démocratiques établies par la loi. »

Aliou Sall a souligné que l’ère numérique oblige chaque acteur à se doter de valeurs solides : « Intérêt général, cohésion sociale, engagement citoyen, défense des valeurs démocratiques et éthique doivent guider nos décisions. »

Le ministre a également exprimé sa confiance en la réussite de cette conférence, citant la qualité des participants, composés de services étatiques, experts et acteurs des médias. Il a évoqué le « New Deal Technologique », une initiative majeure en cours, et a précisé que les conclusions de la conférence contribueront à l’actualisation de l’avant-projet de loi, tout en définissant des étapes concrètes pour une régulation modernisée.

Le président du CNRA a, pour sa part, révélé que les premières délégations internationales sont déjà attendues. Le Sénégal devrait même, à l’issue de ces rencontres, prendre la présidence du Réseau Francophone des Régulateurs des Médias (REFRAM), renforçant ainsi sa position sur la scène internationale.

Le ministre a fait valoir que la régulation des médias traditionnels est aujourd’hui bien maîtrisée grâce à des méthodes et législations éprouvées. En revanche, le défi actuel réside dans la régulation des plateformes numériques, véritable enjeu de cette conférence.

Régulation des médias : vers une nouvelle autorité pour encadrer le numérique et la presse

Le Sénégal s’engage dans une réforme majeure pour adapter son cadre législatif aux réalités du numérique et des médias modernes. Ce 24 janvier 2025, le Ministère de la Communication, de la Télécommunication et du Numérique (MCTN), en collaboration avec le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), a tenu une journée de partage autour d’un avant-projet de loi ambitieux. Celui-ci propose la création d’une nouvelle autorité administrative indépendante chargée de réguler aussi bien les médias traditionnels que les réseaux sociaux.

Depuis l’adoption de la loi n° 2006-04 du 4 janvier 2006, qui a donné naissance au CNRA, le paysage médiatique sénégalais a considérablement évolué. Cependant, cette loi se limite à la régulation de l’audiovisuel, excluant la presse écrite, la presse en ligne et les plateformes numériques, sauf en période électorale. L’explosion des réseaux sociaux et des outils numériques a accentué ces insuffisances, exposant le pays aux défis de la désinformation et des discours haineux.

Lors de la rencontre, Alioune Sall, expert des médias, a mis en lumière les dangers que représentent l’absence de régulation sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques. « Sans cadre clair, ces espaces deviennent des outils de désinformation et de propagation de discours haineux, mettant en péril la cohésion sociale », a-t-il alerté.

Le ministre de la Communication a, pour sa part, souligné la nécessité d’une approche consensuelle. « Nous devons garantir un équilibre entre la liberté d’expression et la responsabilité des acteurs médiatiques, tout en offrant au public des contenus éthiques et de qualité », a-t-il déclaré.

Mamadou Oumar Ndiaye, président du CNRA, a salué cette initiative, estimant qu’elle marque une avancée notable pour le secteur. « Aucun média, qu’il soit traditionnel ou numérique, ne doit échapper à la régulation », a-t-il affirmé. Il a également exprimé son espoir que cette nouvelle autorité permettra d’instaurer une meilleure discipline et une plus grande responsabilité dans la production et la diffusion des contenus.

Ce projet de loi vise à élargir la régulation aux réseaux sociaux, à la presse écrite et en ligne, dans un souci de mieux encadrer l’écosystème médiatique. Il prévoit également des mécanismes pour lutter contre les abus, tout en préservant la liberté d’expression.

La création de cette nouvelle autorité témoigne de l’engagement du Sénégal à relever les défis de l’ère numérique et à garantir un espace médiatique responsable et respectueux des droits des citoyens. Les consultations se poursuivront pour affiner les contours de cette réforme et s’assurer de son adoption dans les meilleurs délais.

La presse sénégalaise en crise : le CDEPS dénonce l’indifférence du ministre de la Communication

Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a vivement critiqué l’attitude du ministre de la Communication, Alioune Sall, face aux graves difficultés que traverse le secteur des médias. Depuis leur rencontre du 17 juillet dernier, où un relevé de décisions avait été établi, le CDEPS déplore l’absence de mise en œuvre concrète des mesures promises.

Selon Maïmouna Ndour Faye, membre influente du CDEPS, le dialogue entre les autorités et la presse est au point mort. « Après l’appel au dialogue rénové lancé par le président de la République, nous espérions que des actions concrètes suivraient, notamment de la part du ministre. Malheureusement, les relations avec la presse restent extrêmement difficiles », a-t-elle déclaré. Elle accuse Alioune Sall de mener sa politique sans tenir compte des préoccupations exprimées par les professionnels des médias.

Malgré plusieurs tentatives pour établir un dialogue, notamment deux lettres de demande d’audience restées sans réponse, le CDEPS envisage de renouveler ses sollicitations. Toutefois, cette démarche s’accompagne d’un sentiment d’amertume face à ce qu’ils perçoivent comme un manque de considération.

Le CDEPS souligne que la crise actuelle de la presse sénégalaise s’enracine dans les bouleversements causés par la pandémie de Covid-19. À ces difficultés se sont ajoutées des mesures jugées hostiles, comme la rupture des contrats et conventions entre l’État et les médias, ainsi que l’exclusion de la presse privée des campagnes publicitaires publiques.

« La situation de la presse se détériore de jour en jour. Ce manque de soutien met en péril la survie économique des entreprises médiatiques et menace, à terme, la pluralité de l’information », a averti Maïmouna Ndour Faye.

Face à ce contexte, le CDEPS appelle à une mobilisation urgente pour sauver le secteur. Il exhorte le ministre de la Communication à honorer ses engagements et à privilégier un dialogue franc et constructif avec les acteurs de la presse.

La conférence de presse du CDEPS reportée : la Maison de la Presse rappelle les règles

La Maison de la Presse Babacar Touré a annoncé, dans un communiqué publié ce lundi 20 janvier 2025, que la conférence de presse initialement prévue par le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de la Presse du Sénégal (CDEPS) n’a pas pu se tenir dans ses locaux. Cette annulation est due au non-respect des procédures administratives requises pour l’utilisation des salles.

Selon le communiqué, il est demandé à toutes les associations et organisations, regroupant des professionnels ou des membres du patronat, de soumettre une demande écrite au Directeur Général pour accéder aux salles de conférence, et ce, sans frais. Cette formalité permet aux services de la Maison de la Presse de planifier les activités en fonction de la disponibilité des espaces.

La Maison de la Presse a tenu à rappeler sa mission principale : offrir un cadre fédérateur et un appui aux professionnels des médias au Sénégal. Elle agit également comme un centre de ressources, répondant aux besoins en termes d’autonomie, d’échanges et de renforcement des capacités des acteurs de la presse.

Le CDEPS a, depuis, régularisé la situation en soumettant une demande écrite datée du 20 janvier et signée par son président. En conséquence, la conférence de presse initialement prévue ce lundi a été reportée au mercredi 22 janvier à 11h00. Elle se tiendra dans la salle de conférence située au rez-de-chaussée de la Maison de la Presse.

Interdiction d’une conférence de presse du CDEPS : La CAP condamne fermement Sambou Biagui

La Coordination des Associations de Presse (CAP) exprime son indignation face à l’interdiction imposée au Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) de tenir une conférence de presse à la Maison de la Presse Babacar Touré. Cette mesure, qualifiée d’inédite, marque une première depuis l’inauguration de cette institution en 2014, qui se veut un sanctuaire de la liberté de la presse au Sénégal.

La Maison de la Presse est historiquement considérée comme un refuge pour les journalistes et les professionnels des médias. Elle incarne un espace neutre, exempt de clivages partisans, où la profession peut se réunir et s’exprimer librement. Dans un contexte où la liberté de la presse est régulièrement mise à mal, elle a souvent servi de cadre pour des activités visant à dénoncer les atteintes aux droits des journalistes, notamment entre 2022 et 2023, lorsque de nombreuses initiatives contre les restrictions imposées à la presse ont été organisées en son sein.

L’interdiction de l’événement du CDEPS par Sambou Biagui, administrateur de la Maison de la Presse, a suscité une levée de boucliers parmi les organisations membres de la CAP. Elles dénoncent cette décision qu’elles considèrent comme une tentative d’oppression et une politisation dangereuse de cet espace symbolique.

Dans leur déclaration, les membres de la CAP soulignent l’importance des missions de la Maison de la Presse, qui ne se limitent pas à offrir un cadre pour les activités des médias, mais incluent également la médiation pour résoudre les différends au sein de la profession. Selon eux, cette interdiction représente un manquement grave à ces responsabilités fondamentales.

La CAP interpelle Sambou Biagui sur le rôle qu’il doit jouer en tant qu’administrateur et journaliste. Elle lui rappelle que cette décision l’inscrit tristement dans l’histoire de la presse sénégalaise comme étant le premier à interdire une activité d’une association faîtière dans cet espace symbolique.

Face à cette situation, la CAP appelle les acteurs de la presse à résister collectivement à toute tentative visant à restreindre leurs libertés. Elle réitère son engagement à défendre la Maison de la Presse comme un sanctuaire de la liberté et un lieu au service de l’ensemble des journalistes et professionnels des médias.

Crise des médias au Sénégal : Le CDEPS dénonce un état de siège sur la presse privée

La Maison de la Presse Babacar Touré, symbole de l’information et de la liberté d’expression au Sénégal, a été le théâtre d’un événement inédit ce matin. Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) s’est vu refuser l’accès à la salle de conférence où devait se tenir un point de presse crucial sur la crise profonde que traverse le secteur des médias privés. Une situation dénoncée avec vigueur par le président du patronat de la presse sénégalaise, Mamadou Ibra Kane, qui accuse les autorités d’étouffer délibérément la presse privée.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye en mars 2024, le secteur des médias sénégalais connaît une détérioration sans précédent. Selon le CDEPS, des décisions économiques et administratives hostiles traduisent une volonté claire de marginaliser les entreprises de presse privées.

Lors de son intervention devant un parterre de journalistes réunis devant la Maison de la Presse, Mamadou Ibra Kane a mis en lumière les difficultés financières accrues auxquelles font face les médias privés. Parmi les principaux griefs, le patronat de la presse dénonce :

• Le refus d’effacement fiscal pour les entreprises touchées par la crise du Covid-19.

• L’absence de moratoires sur les dettes fiscales et sociales.

• La saisie des comptes bancaires de plusieurs organes de presse suite à des poursuites judiciaires.

À cela s’ajoute le non-paiement par l’État de dettes colossales envers les médias privés, estimées à plusieurs milliards de francs CFA. Ces dettes concernent notamment des contrats publicitaires annulés unilatéralement et des subventions à la presse pour l’année 2024 qui n’ont jamais été versées.

« Ces mesures ne sont pas accidentelles. Nous sommes face à une stratégie réfléchie pour liquider la presse privée au Sénégal », a martelé Mamadou Ibra Kane.

Outre l’asphyxie économique, le CDEPS dénonce une offensive administrative visant à restreindre la liberté d’expression. Désormais, seuls les médias agréés par le ministère de la Communication peuvent opérer légalement, une disposition qui exclut de facto plusieurs entreprises de presse.

Le refus d’accès à la Maison de la Presse illustre, selon le CDEPS, une escalade des tensions entre le gouvernement et les médias. Mamadou Ibra Kane a souligné l’absence de réponse de la direction de la Maison de la Presse, malgré les démarches habituelles pour organiser l’événement. « C’est une volonté manifeste de museler nos voix », a-t-il déclaré.

Le Sénégal, longtemps considéré comme un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest, voit sa réputation entachée par ces atteintes à la liberté de la presse. « La presse est un pilier de la démocratie. La priver de ressources et de libertés, c’est menacer l’ensemble de la société sénégalaise », a averti Mamadou Ibra Kane.

Face à cette situation alarmante, le CDEPS appelle à une mobilisation nationale et internationale pour défendre le pluralisme médiatique et l’indépendance de la presse au Sénégal. Le patronat espère un soutien fort de la communauté internationale et des organisations de défense de la liberté de la presse pour faire pression sur le gouvernement sénégalais.

La crise actuelle marque un tournant pour le secteur des médias privés au Sénégal. Les acteurs de la presse sont plus que jamais déterminés à se battre pour préserver leurs droits et leur indépendance. Alors que la bataille ne fait que commencer, l’avenir de la liberté de la presse au Sénégal reste incertain, et les regards sont tournés vers le gouvernement pour un éventuel dialogue.

Crise dans le secteur des médias au Sénégal : le CDEPS convoque un point de presse ce lundi

Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) tiendra un point de presse ce lundi 20 janvier 2025 à 11 h 00, à la Maison de la Presse Babacar Touré. Cette rencontre, destinée à informer les professionnels et le public, portera sur la crise profonde qui affecte le secteur des médias au Sénégal depuis la troisième alternance politique survenue lors de l’élection présidentielle de mars 2024.

Depuis cette élection, le paysage médiatique sénégalais est confronté à des turbulences sans précédent. Ces difficultés se traduisent par des problèmes économiques majeurs pour les éditeurs et diffuseurs, des tensions liées à la liberté de la presse, ainsi qu’une fragilisation des conditions de travail pour les journalistes. Le CDEPS estime que ces défis, combinés à un environnement politique et économique complexe, menacent l’équilibre du secteur et sa capacité à remplir pleinement son rôle de pilier de la démocratie.

Au cours de ce point de presse, le CDEPS prévoit de détailler les enjeux auxquels sont confrontés les médias sénégalais, notamment la viabilité financière des entreprises de presse, les pressions politiques et les répercussions des nouvelles réglementations sur le paysage audiovisuel et numérique. Le Conseil entend également exprimer ses préoccupations quant à l’avenir des journalistes et des autres professionnels du secteur.

Pour garantir une large diffusion de son message, la communication sera effectuée en français et en wolof. L’objectif est de s’assurer que l’ensemble des parties prenantes, des décideurs politiques aux citoyens, puissent comprendre et s’impliquer dans la recherche de solutions pour redresser la situation.

Ce point de presse est ouvert à tous les médias, qu’ils soient nationaux ou internationaux, afin de porter l’attention sur les défis systémiques auxquels le secteur est confronté. À travers cette démarche, le CDEPS espère sensibiliser le public et mobiliser les autorités pour prendre des mesures concrètes visant à stabiliser et renforcer le secteur des médias au Sénégal.

La crise actuelle, selon les experts du domaine, est une épreuve pour la résilience des acteurs médiatiques du pays. L’initiative du CDEPS de réunir les parties prenantes pourrait être une étape cruciale pour instaurer un dialogue et identifier des pistes de solution.

Services de communication audiovisuelle : Fixation du montant et des modalités de la redevance annuelle

Le montant, les modalités de recouvrement et de répartition de la redevance annuelle applicable aux acteurs de la chaîne de valeur de communication audiovisuelle ont été fixés par un arrêté conjoint signé par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aliou Sall, et le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’application des articles 94, 133 et 145 de la loi n° 2017-27 du 13 juillet 2017 portant Code de la Presse.

Ce dispositif concerne l’ensemble des détenteurs d’autorisations d’exploitation dans les domaines de l’édition, de la distribution et de la diffusion de services de communication audiovisuelle, tels que Canal+ Sénégal et la TNT.

Le montant de la redevance annuelle est évalué à 9 % du chiffre d’affaires annuel des abonnés. Les montants précis pour chaque catégorie de service sont présentés dans un tableau annexé à l’arrêté.

Le recouvrement de la redevance est assuré par la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID). Les redevances dues pour une année doivent être payées spontanément par les redevables au plus tard le 30 juin de l’année suivante, et ce, auprès du service de recouvrement où ils sont fiscalement immatriculés.

La Direction chargée de la Communication est tenue de déposer une déclaration des redevances dues au titre de l’exercice précédent, au plus tard le 30 avril de chaque année, auprès du Directeur chargé du Recouvrement à la DGID. Cette déclaration doit préciser, pour chaque redevable, son adresse, son numéro d’identification dans le répertoire national des entreprises et des associations (NINEA), le type de service fourni et le montant de la redevance exigible.

Les fonds recueillis grâce à la redevance annuelle sont destinés à contribuer au fonctionnement de trois structures principales :

  • Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) : 20 %
  • Fonds de Développement de la Diffusion et de la Production Audiovisuelle (FDDPA) : 50 %
  • Organe de régulation : 10 %
  • Trésor public : 20 %

Ces contributions visent à soutenir le développement des médias, à renforcer les capacités de production audiovisuelle locale et à garantir le bon fonctionnement de l’organe de régulation. Cette répartition des fonds reflète la priorité accordée à la presse nationale ainsi qu’au secteur audiovisuel, qui jouent un rôle crucial dans la promotion de la culture et de l’information au Sénégal.

Nomination des membres du CNRA : Le CDEPS dénonce une « entorse » du régime de Diomaye Faye

e Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) dénonce une « entorse » du régime dans la nomination des membres du CNRA. Selon son président Mamadou Ibra Kane, le décret portant nomination des membres recèle des manquements. « Le secteur des médias au Sénégal est de nouveau secoué par les agissements du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, avec la publication du décret 2024-3401 portant nomination des membres du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), en date du 11 décembre 2024 », souligne un communiqué parvenu à Ledakarois.sn.
Selon le CDEPS, ce document recèle « beaucoup de manquements qui dénotent, encore une fois, de l’incompétence du ministre de la Communication ». Pour Mamadou Ibra Kane et Cie : 
1) « C’est de la seule compétence du président de la République, par décret, que relève la nomination aux postes civils et militaires. En aucun cas, la nomination des membres du CNRA ne saurait l’être sur proposition du ministre de la Communication.
2) Les membres du CNRA ont un mandat de six ans, non renouvelable et non révocable. Il ne s’agit nullement de les remplacer. C’est là aussi simplement une nouvelle maladresse du fait d’une méconnaissance totale des textes qui régissent le secteur.
3) Le CNRA est une «autorité indépendante de régulation de l’audiovisuel» (art. 1 loi n°2006 portant création du CNRA). À ce titre, parmi ses attributions, le CNRA veille, entre autres, « à l’indépendance et à la liberté de l’information et de la communication dans le secteur de l’audiovisuel» (art. 7). Dans la tradition républicaine, aucun membre du CNRA ne peut être affilié à un parti politique ou en être sympathisant de manière publique.
4) Par ailleurs, le CDEPS invite urgemment le pouvoir à mettre en place la Haute autorité de régulation de la communication audiovisuelle (HARCA), qui doit remplacer depuis fort longtemps l’actuel CNRA, conformément aux textes pertinents du nouveau Code de la presse, tout en respectant les critères objectifs de nomination. Le «jub, jubal, jubanti » commence par le respect des lois en vigueur, sinon il reste un slogan creux.
À en croire le CDEPS, « ces nouveaux agissements du ministre de la Communication sont en droite ligne de toutes les entorses de son ministère depuis l’avènement de la troisième alternance politique du 24 mars 2024 ».
« Là où la Constitution consacre la liberté de la presse et le droit d’entreprendre dans tous les secteurs, y compris celui des médias, le ministre commet la forfaiture de s’arroger le droit de dire qui est média légal ou non et quelle entreprise de presse a le droit d’exercer sur le territoire sénégalais ou non », lit-on dans les colonnes du texte.
Rappelant que « récemment, l’avant-projet de la loi sur la publicité exclut, tant dans sa phase d’élaboration que dans l’identification des acteurs du secteur, les entreprises de presse qui sont sans conteste des supports naturels de la réclame commerciale », Mamadou Ibra Kane et Cie soutiennent que « tous ces agissements du ministre de la Communication, sous le régime du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, ont fini par instaurer une situation de tension permanente avec les médias depuis bientôt 10 mois (289 jours) ».

« C’est le règne de la terreur et de l’arbitraire dans le secteur de la presse au Sénégal depuis la nomination de l’actuel ministre. Au Sénégal, on ne parle plus de menaces, mais d’atteintes récurrentes à la liberté de presse. Les médias sénégalais, qui ont grandement contribué à trois alternances politiques, ont besoin d’un environnement serein pour continuer à jouer leur rôle dans la stabilité et le développement du Sénégal », dénoncent-ils.

La Nouvelle Loi sur la Publicité : Une réforme nécessaire pour réguler le secteur et protéger les consommateurs

Le secteur de la publicité au Sénégal est sur le point de connaître une transformation majeure. Le ministre de la Communication, Alioune Sall, a annoncé qu’un projet de loi portant sur le Code de la Publicité sera soumis à l’Assemblée nationale au courant du premier trimestre 2025. Cette réforme vise à réguler un secteur actuellement « dans une totale anarchie », selon les propos du ministre, et à remédier à des déséquilibres persistants.

Depuis l’adoption de la loi n°1983-20 du 28 janvier 1983, le secteur de la publicité au Sénégal n’a cessé de se développer, mais il n’a pas suivi l’évolution rapide des technologies, notamment dans le domaine numérique. Le manque d’un cadre juridique adapté, l’absence d’un organe de régulation, et le non-respect de l’environnement et des droits des consommateurs sont autant de défis qui entravent la bonne marche de ce secteur. De plus, les acteurs du marché se retrouvent souvent dans une situation d’anarchie, sans contrôle ni visibilité.

Pour Alioune Sall, il est devenu indispensable de mettre en place un cadre légal et régulé, afin de garantir un développement harmonieux et durable du secteur. Cette nouvelle loi se veut une réponse à ces défis en structurant l’ensemble du domaine publicitaire et en instaurant des mécanismes pour identifier et encadrer les acteurs, notamment les agences-conseils.

L’objectif principal de cette réforme est de mettre en place un secteur de la publicité qui soit à la fois compétitif, transparent et respectueux des principes éthiques. La première mesure majeure de cette nouvelle législation est la création d’une autorité de régulation. Cet organisme sera chargé de contrôler l’application de la loi et de garantir la conformité des activités publicitaires aux règles établies. Il aura pour rôle d’assurer la transparence et de veiller à ce que les pratiques publicitaires ne soient pas abusives ni nuisibles pour les consommateurs.

Ensuite, cette réforme vise à renforcer la protection des consommateurs. Elle s’assurera que les messages publicitaires ne sont pas trompeurs ou nuisibles et mettra en place des mécanismes pour garantir le respect des droits des consommateurs dans le secteur publicitaire. En parallèle, la régulation apportera également la sécurisation de la contribution économique du secteur. Grâce à un cadre régulé, la publicité pourra participer pleinement à l’économie en matière de fiscalité, tout en permettant une meilleure visibilité des acteurs économiques.

Un autre aspect essentiel de cette loi concerne l’affichage publicitaire. Le gouvernement mettra en place un contrôle strict sur l’affichage publicitaire en collaboration avec les autorités administratives et les collectivités territoriales, afin de protéger l’environnement urbain et de garantir le respect des normes en matière de droits d’auteur. Cette régulation vise à éviter l’encombrement excessif de l’espace public et à favoriser un urbanisme respectueux.

Enfin, un des points forts de la réforme sera l’intégration du numérique. Avec l’essor des nouvelles technologies et la multiplication des supports numériques, il était crucial d’adapter le cadre législatif pour réguler les publicités diffusées sur internet et les réseaux sociaux. Ce domaine, en pleine expansion, nécessitait une attention particulière, et la nouvelle loi prendra en compte l’évolution rapide du secteur numérique.

En plus de ses effets sur l’économie, cette réforme aura des répercussions positives sur l’environnement et les infrastructures. En régulant les pratiques publicitaires, l’État pourra mieux gérer l’urbanisme, en empêchant les affichages publicitaires excessifs et en garantissant la préservation des espaces publics.

En outre, cette nouvelle législation permettra de faire du secteur de la publicité un véritable levier de développement. En réglementant les acteurs, en assurant la transparence des transactions et en garantissant la protection des droits des consommateurs, cette réforme pourrait contribuer à une croissance plus inclusive et durable du marché.

Le projet de loi portant Code de la Publicité est une réponse nécessaire aux défis actuels du secteur. En instaurant une régulation forte et transparente, il permettra de structurer un domaine en pleine expansion, d’assurer une meilleure protection des consommateurs et de favoriser le développement économique. La mise en place de cette loi sera un grand pas vers un secteur de la publicité plus responsable et plus en phase avec les enjeux du 21e siècle. Le Sénégal semble ainsi prêt à entrer dans une nouvelle ère de régulation publicitaire, où transparence et innovation riment avec croissance et développement.

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Le ministère de la Communication organise une journée de partage sur l’avant-projet de loi portant Code de la Publicité

Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) tiendra ce vendredi 3 janvier 2025 une journée de partage consacrée à l’avant-projet de loi portant Code de la Publicité. Cet événement, prévu à partir de 10 heures au 10ᵉ étage du building administratif Président Mamadou Dia, vise à recueillir les contributions des parties prenantes et à enrichir le texte législatif en préparation.

Cette initiative marque une étape clé dans le processus de modernisation du cadre réglementaire régissant le secteur de la publicité au Sénégal. Selon le communiqué du ministère, cette journée permettra de présenter le contenu de l’avant-projet de loi, de favoriser les échanges entre les parties prenantes sur les enjeux et défis du secteur, et de recueillir des propositions pour peaufiner et adapter le texte aux réalités actuelles.

La rencontre réunira plusieurs acteurs clés, notamment l’Association des Professionnels de Régies Publicitaires du Sénégal (APRPS), la Coordination des Associations de Presse du Sénégal (CAP), ainsi que des experts en communication et des représentants des institutions publiques concernées.

Le secteur de la publicité joue un rôle crucial dans le développement économique et la communication au Sénégal, mais il fait face à des défis importants, notamment en matière de régulation, de concurrence loyale et d’adaptation aux évolutions technologiques. Ce nouveau Code de la Publicité vise à combler les lacunes de la législation actuelle, tout en assurant une meilleure protection des consommateurs et une régulation adaptée aux exigences modernes.

Cette journée de partage reflète l’engagement du MCTN à adopter une approche inclusive dans l’élaboration des lois. Elle offrira une plateforme d’échanges et de concertation pour garantir que l’avant-projet reflète les attentes des acteurs du secteur et les besoins de la société sénégalaise. Les propositions recueillies lors de cet événement seront prises en compte pour finaliser le texte avant sa soumission au Parlement.

Tensions à la RTS : Pape Alé Niang suspend plusieurs contrats, le malaise grandit

Depuis le 31 décembre 2024, la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) est en proie à une crise interne suite à la suspension de plusieurs contrats d’agents et de prestataires. Cette décision, prise par le directeur général Pape Alé Niang, a provoqué une onde de choc dans l’institution, déjà marquée par des tensions récurrentes.

Selon des sources internes, les responsables des antennes radio ont reçu pour consigne de transmettre le message aux agents concernés, souvent en pleine activité. Certains, proches d’un contrat à durée indéterminée (CDI), ont vu leurs perspectives d’avenir repoussées, leurs dossiers ne devant être examinés qu’en juin prochain.

Ces mesures, qualifiées d’« abruptes » par certains syndicalistes, suscitent une vive indignation parmi les employés. Elles font suite à une série de licenciements intervenus en juin dernier, accentuant le climat de mécontentement au sein de la rédaction et des équipes techniques.

Les conséquences de ces suspensions ne se limitent pas aux agents directement touchés. Elles pourraient affecter le fonctionnement global de la RTS, notamment dans les régions où les prestataires jouent un rôle clé dans la production de contenus locaux.

Pour l’instant, aucun détail n’a été donné sur les raisons qui ont motivé ces décisions. Les tentatives de joindre Pape Alé Niang pour obtenir des éclaircissements sont restées infructueuses.

Ces suspensions interviennent dans un contexte où la RTS fait face à des critiques sur sa gestion et son positionnement éditorial. La crise actuelle pourrait encore ternir l’image de la chaîne publique, qui peine à maintenir la confiance de ses employés et à répondre aux attentes des téléspectateurs.

Les syndicats pourraient s’emparer de l’affaire, renforçant ainsi la pression sur la direction. Reste à savoir si un dialogue sera initié pour apaiser les tensions ou si cette crise marquera un nouveau tournant dans la gestion de l’institution.

Descente de la gendarmerie dans les locaux de la 7TV : un épisode sous haute tension

Ce jeudi, les locaux de la 7TV, média dirigé par Maimouna Ndour Faye, ont été le théâtre d’une intervention de la gendarmerie, suscitant l’émoi dans le paysage médiatique sénégalais. Selon des informations recueillies, les forces de l’ordre avaient pour objectif initial de saisir du matériel appartenant à la chaîne de télévision.

Des témoins sur place ont rapporté que les gendarmes, après être arrivés en nombre, ont passé de longs moments en communication téléphonique avec une personne non identifiée. Malgré leur présence imposante, l’opération s’est soldée par un retrait sans saisie de matériel.

Une source citée par Ledakarois.sn a indiqué que des négociations seraient en cours, laissant planer un flou sur les raisons exactes de cette intervention et les enjeux sous-jacents.

La descente de la gendarmerie dans un média aussi influent que la 7TV ne manque pas de susciter des interrogations et des réactions. Certains analystes y voient une tentative d’intimidation ou une pression exercée sur la chaîne, connue pour son ton parfois critique envers les autorités. D’autres estiment qu’il pourrait s’agir d’un différend administratif ou judiciaire dont les détails restent à éclaircir.

Cet incident relance le débat sur la liberté de la presse et la protection des organes médiatiques au Sénégal. Plusieurs observateurs appellent à une clarification rapide de la situation pour dissiper les zones d’ombre. De nombreux défenseurs des droits des médias estiment qu’une telle intervention, même avortée, peut avoir un effet dissuasif sur les journalistes et leur ligne éditoriale.

Maimouna Ndour Faye, directrice de la 7TV, n’a pas encore réagi publiquement à cet événement. Toutefois, des sources proches de la chaîne indiquent que des démarches sont en cours pour comprendre les raisons de cette descente et défendre les droits de l’entreprise.

L’incident de ce jeudi intervient dans un contexte politique et social tendu, où les médias jouent un rôle crucial dans l’information et le débat public. Les prochains jours seront déterminants pour comprendre si cette descente était un simple malentendu ou le début d’un bras de fer entre le média et les autorités.

Témoignage de Cheikh Omar Diallo sur « Ma revue de presse »

Mamadou Ly, un bloc digital d’infos

À lui seul, Mamadou Ly s’est fait l’écho des bruits du monde. Il est devenu une personne-institution…

C’était un 9 décembre 2021. Trois ans que je suis abonné à « Ma revue de presse >>. Trois ans à m’émerveiller devant le dévouement de Mamadou Ly, à me nourrir du fruit de ses efforts matinaux et à m’interroger sur cette prouesse quotidienne.

Ma revue de presse: un intitulé modeste mais une expérience unique et multiforme. Chaque jour, cher ami, tu offres gratuitement, en temps réel, des informations à plus de 25 000 personnes au Sénégal et dans le monde entier, via la plateforme WhatsApp.

Ce travail révèle une humilité rare, une générosité sans borne et un respect quasi-sacré pour l’information dans toute sa diversité. Ton œuvre parle d’elle-même. Ton excellence éditoriale est saluée de tous: ton indépendance d’esprit est illimitée, ton honnêteté constatée et ta rigueur notée.

Chaque matin, alors que le silence de la nuit persiste, tu ouvres les volets de l’information. À titre d’exemple, ce lundi 9 décembre 2024, à 3h37, tu postais ton premier message: << Salam Sénégal, agréable journée et excellente santé. Dieu veille sur nous. >> Alors que beaucoup dormaient encore, toi, tu envoyais déjà plus de 100 contenus d’un coup. Entre la prière de l’aube et ta mission essentielle d’informer, tu exécutes un rituel presque sacré: collecter, trier, traiter et transmettre.

De Dakar à Paris, de New York à Marrakech, de Libreville à Doha, ton travail résonne, raisonne, informe et transforme. À toi seul, tu incarnes le monde.

Avec une générosité qui défie toute logique commerciale, tu diffuses chaque jour plus de 300 blocs d’informations fiables. Des actualités chaudes et immédiates – politique, économie, santé, géopolitique, sport, culture, littérature – jusqu’aux avis de décès et à la météo. Rien n’est insignifiant entre tes mains. Tu donnes tout, Mamadou, sans jamais rien demander, sans jamais rien dire, sans jamais rien médire. Pas une exigence, pas une réclamation: seulement une offrande quotidienne et gratuite pour nous, tes 25 000 abonné.e.s.

Et c’est là que je ne suis plus à l’aise. Comment pourrais-je continuer à profiter de ton travail colossal sans te rendre ce qui te revient de droit ? Il y a dans ton labeur, une noblesse de classe qui mérite bien plus que des louanges: elle appelle une reconnaissance infinie et un geste concret.

Que le Seigneur t’accorde une santé robuste et une longévité éclatante. Que tes jours soient illuminés par la reconnaissance que tu mérites et que ton œuvre demeure un phare dans la nuit, éclairant des milliers et bientôt des millions de personnes.

Avec toute mon admiration fraternelle.

Dr. Cheikh Omar Diallo

Président de l’École d’Art Oratoire et de Leadership (EAO-Afrique)

P.S. À tous les abonnés de Ma revue de presse: imaginons un instant que nous donnions à Mamadou Ly 5 000 FCFA par mois une somme modique, un geste symbolique. Alors, passons à la caisse, mes ami(e)s, car Mamadou ne nous donne pas seulement des faits. Il glisse chaque jour le Sénégal et le monde entier dans nos smartphones. Cela, mes amis, n’a pas de prix !

Régulation des médias au Sénégal : 690 déclarations enregistrées, mais seulement 112 médias reconnus pour l’instant

Le ministère de la Communication du Sénégal poursuit son processus de régulation des médias en vue d’assurer une conformité aux dispositions légales et réglementaires. Dans un communiqué publié récemment, le ministère a révélé que 307 nouvelles déclarations ont été enregistrées sur sa plateforme après l’expiration du délai de 72 heures imparti aux opérateurs de médias pour régulariser leur situation. Ce chiffre porte à 690 le nombre total de déclarations reçues depuis le début du processus.

Cependant, malgré cet afflux de déclarations, le nombre de médias officiellement reconnus reste pour l’heure fixé à 112, comme l’a annoncé le ministre Alioune Sall lors de la publication de la liste provisoire. Cette situation s’explique par plusieurs irrégularités constatées au sein des entreprises de médias déclarées.

Le ministère de la Communication a identifié plusieurs infractions graves, notamment :

• La cession illégale des autorisations d’exploitation de certains médias audiovisuels, en violation flagrante du Code de la presse.

• L’absence de signature du cahier des charges et des conventions obligatoires pour les Web TV, compromettant leur conformité réglementaire.

Ces manquements traduisent, selon le ministère, une nécessité d’approfondir les vérifications afin de garantir un secteur médiatique respectueux des lois et transparent dans son fonctionnement.

Pour résoudre ces problèmes, le ministère a fait appel à l’expertise du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) et du Ministère du Travail pour mener des investigations supplémentaires. Ces vérifications permettront de distinguer les médias qui remplissent les critères requis de ceux qui opèrent en dehors du cadre légal.

La publication de la liste finale des médias conformes sera effectuée une fois les vérifications achevées. Ce processus, selon les autorités, vise à garantir un paysage médiatique professionnel et structuré, tout en renforçant la crédibilité des organes de presse au Sénégal.

Ce contrôle rigoureux intervient dans un contexte où la régulation des médias est cruciale pour garantir leur indépendance et leur conformité aux exigences du métier. Toutefois, il soulève également des questions quant à la liberté de la presse et la pluralité des opinions dans le pays.

Les Défis de la Régulation des Médias : Plus de 600 Entreprises de Presse Inscrites, Mais Des Incertitudes Persistantes

Le secteur de la presse au Sénégal est en pleine transformation, avec plus de 600 organes et entreprises de presse inscrits avant la clôture de la plateforme d’enregistrement mise en place par le Ministère de la Communication. Toutefois, bien que cette initiative vise à renforcer la régulation des médias, plusieurs défis demeurent et suscitent des inquiétudes parmi les acteurs du secteur.

La commission d’examen et de validation des entreprises de presse, actuellement en train d’étudier les dossiers des médias inscrits, doit faire face à des enjeux considérables. Daouda Mine, membre de cette commission, a souligné lors de l’émission « Lantinoor » sur RTS 1 que la résolution des problèmes dans le secteur de la presse dépend avant tout d’une volonté politique forte. Cependant, il a également précisé que l’objectif de la commission n’est pas de sanctionner ou de fermer les médias non conformes, mais de les accompagner dans un processus de mise en conformité. Ce processus, bien que bien intentionné, pourrait prolonger l’incertitude pour de nombreux médias, notamment ceux qui peinent à remplir les critères requis.

L’un des points cruciaux soulevés lors de cette discussion est la question de la fiscalité, jugée inadaptée pour le secteur des médias. Migui Maram Ndiaye, président de la Convention des Jeunes Reporters, a dénoncé la situation absurde qui consiste à traiter les entreprises de presse comme des industries lourdes, à l’instar des cimenteries, dans le cadre de la fiscalité. Selon lui, une réforme fiscale s’impose de toute urgence pour permettre aux médias de se développer dans un environnement favorable.

Ndiaye a également insisté sur la nécessité d’adopter une loi sur la publicité, une mesure qui pourrait aider à réguler un secteur où les enjeux financiers sont importants. Il a enfin exhorté le Président de la République à organiser une rencontre officielle avec les organisations de presse afin de remettre officiellement les conclusions des Assises du secteur. Cependant, malgré ces appels, l’avenir de ces propositions reste incertain et dépendra de l’implication des autorités publiques.

Marguerite Rosalie Ndiaye, intervenant dans la même émission, a rappelé que la conformité des entreprises de presse ne se limite pas à un seul critère, comme l’inscription auprès des autorités compétentes. Elle a insisté sur l’importance d’autres aspects essentiels, tels que le respect des cotisations sociales, le paiement des impôts, ainsi que la formalisation des contrats de travail pour les journalistes. Ces éléments, souvent négligés dans le secteur, sont pourtant cruciaux pour garantir une presse indépendante et professionnelle.

Elle a également encouragé les journalistes à revendiquer leur droit d’accès au Fonds d’appui à la presse, dont le montant a récemment été revalorisé. Bien que cette mesure soit censée apporter un soutien au secteur, certains observateurs se demandent si elle suffira à répondre aux besoins réels des médias, notamment en termes de financement et de développement durable.

Le secteur de la presse sénégalaise est à un tournant décisif. Les réformes en cours et les mesures proposées pourraient potentiellement améliorer la régulation et soutenir les médias dans leur quête de professionnalisme et de durabilité. Toutefois, les acteurs du secteur, qu’il s’agisse des journalistes, des éditeurs ou des responsables politiques, devront surmonter de nombreux obstacles pour que ces réformes portent leurs fruits.

Les préoccupations fiscales, la conformité des entreprises de presse et l’accès au financement sont autant de défis qui, s’ils ne sont pas adressés rapidement, risquent de freiner l’évolution du secteur. Il est donc crucial que la volonté politique, ainsi que l’engagement des acteurs concernés, se concrétisent afin de créer un environnement propice au développement d’une presse libre et indépendante au Sénégal.

Rapport annuel de Reporters Sans Frontières : Une année noire pour le journalisme mondial

Le rapport annuel de Reporters Sans Frontières (RSF), dévoilé ce jeudi, fait état de 54 journalistes tués à travers le monde en 2024, contre 45 en 2023. Ce chiffre, en hausse de 20 %, illustre une recrudescence des violences intentionnelles envers les professionnels de l’information.

La moitié des meurtres répertoriés se sont produits dans des zones de conflit, avec Gaza en tête de liste des endroits les plus dangereux pour les journalistes. Selon Sadibou Marone, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF :

« Gaza est devenue le symbole de la vulnérabilité extrême des journalistes en 2024. Ces professionnels sont ciblés pour leur travail, en violation totale du droit international. »

Les journalistes travaillant dans cette région subissent des pressions constantes et sont exposés à des risques mortels dans l’exercice de leurs fonctions.

En Afrique, des contextes particulièrement hostiles subsistent. Le Sahel reste une région à haut risque, notamment au Burkina Faso où plusieurs journalistes ont été portés disparus en 2024. Le Nord-Kivu en RDC a également connu des attaques meurtrières contre des journalistes, mettant en lumière les dangers liés aux conflits armés et à l’instabilité politique.

Sadibou Marone a dénoncé une violence systématique et ciblée orchestrée par des groupes armés et parfois même des gouvernements autoritaires. Les journalistes sont souvent perçus comme des menaces par ceux qui cherchent à museler la vérité.

Face à cette montée de la violence, RSF a engagé plusieurs actions pour protéger les journalistes et exiger justice. À Gaza, l’organisation a déposé quatre plaintes auprès de la Cour internationale de justice pour des crimes de guerre commis contre des journalistes. Ces démarches visent à rappeler que la fatalité n’est pas une option et que les auteurs de ces actes doivent être poursuivis.

« La protection des journalistes est essentielle pour garantir une information libre et transparente », a rappelé Marone.

Dans ce climat global alarmant, le Sénégal brille par sa relative stabilité. Aucun journaliste sénégalais n’a été emprisonné, enlevé ou tué en 2024. Cette situation témoigne d’une amélioration notable dans un pays qui a connu par le passé des périodes tendues en matière de liberté de la presse.

Cependant, quelques convocations de journalistes ces derniers mois rappellent la nécessité de rester vigilant pour préserver ces acquis. Marone a conclu en saluant les efforts du Sénégal, tout en rappelant que la liberté de la presse est un combat constant.

Le CDEPS dénonce des abus dans la publication de la liste des médias conformes au Code de la presse

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a saisi la Cour Suprême pour demander l’annulation des arrêtés du ministre de la Communication relatifs à la publication de la liste des médias conformes au Code de la presse. Cette action juridique reflète les préoccupations grandissantes du patronat de presse face à ce qu’il qualifie d’abus de pouvoir et de menace sur la liberté d’expression au Sénégal.

Selon Mamadou Ibra Kane, membre influent du CDEPS, les médias concernés ont été confrontés à un délai de 72 heures pour compléter leurs dossiers, une période qu’il estime insuffisante. « Ce délai, qui incluait même les médias déjà enregistrés et ayant reçu des notifications pour compléter leur dossier, s’est avéré impraticable. Ces notifications, pour certaines, sont arrivées très tardivement, le jeudi et le vendredi, alors que le délai expirait déjà », a-t-il expliqué.

Cette situation a conduit plusieurs médias à ne pas pouvoir finaliser leurs démarches administratives à temps, les plaçant ainsi dans une position délicate face aux autorités.

Le CDEPS reproche également au ministère de la Communication de dépasser ses prérogatives. « Le rôle du ministère devrait se limiter à l’enregistrement des entreprises de presse. Or, il s’arroge le droit, de manière illégale, de déclarer quelles entreprises ou quels médias sont légaux », s’est insurgé Mamadou Ibra Kane.

Cette pratique, perçue comme un contrôle arbitraire, est dénoncée par les professionnels des médias comme une atteinte à la liberté de la presse, pourtant garantie par la Constitution sénégalaise et les traités internationaux signés par le pays.

Le CDEPS redoute que ces mesures restrictives ne compromettent la pluralité de l’information au Sénégal. La publication de la liste des médias conformes au Code de la presse pourrait être perçue comme un moyen de marginaliser certains acteurs, au profit de médias jugés plus « alignés » avec les autorités.

Pour rappel, le Code de la presse, adopté en 2017, a été salué pour ses avancées dans la régulation du secteur médiatique, mais critiqué pour certaines dispositions considérées comme restrictives.

Face à cette impasse, le CDEPS appelle à un dialogue ouvert entre les acteurs de la presse et le ministère de la Communication. L’objectif serait de garantir un cadre légal clair, équitable et respectueux des principes démocratiques.

Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre le gouvernement et les professionnels des médias au Sénégal, dans un contexte où la liberté de la presse reste un pilier essentiel de la démocratie.

AWIM 2024 À DAKAR : « Médias et durabilité » pour l’émancipation des femmes journalistes

La conférence initiée par « African Women in Media 2024 » (AWIM), qui s’est tenue à Dakar les 5 et 6 décembre, précédée d’un atelier animé par l’UNESCO le 4 décembre, a réuni des acteurs clés du secteur médiatique pour discuter de la durabilité des médias africains et de l’émancipation des femmes journalistes.

La capitale sénégalaise a accueilli, les 5 et 6 décembre 2024, la conférence d’« African Women in Media 2024 » (AWIM24), en partenariat avec l’UNESCO, sous le thème de la « Durabilité des médias ».
Cette rencontre visant, à explorer les enjeux actuels des médias africains, s’est déclinée sur quatre axes principaux – les modèles économiques et financiers face aux mutations du numérique, les objectifs de développement durable (ODD), les violences basées sur le genre et l’intelligence artificielle (IA) -.
Avant la conférence, un atelier organisé par l’UNESCO a eu lieu le 4 décembre, portant sur l’autonomisation et la protection des femmes journalistes lors des élections. Cet atelier a révélé un fait alarmant : 73 % des femmes journalistes au Sénégal sont victimes de cyberharcèlement. L’UNESCO a ainsi fourni des outils pratiques pour protéger ces professionnelles contre ces violences numériques croissantes.
À la cérémonie d’ouverture de l’évènement, le 5 décembre, Dr Yemisi Akinbobola, cofondatrice d’AWIM, a lancé les travaux de la conférence en mettant l’accent sur l’importance de réexaminer les modèles financiers des médias à travers une approche multidimensionnelle. Elle a, à cet effet, mis en lumière l’impact du manque de structures durables et transparentes sur les carrières des femmes journalistes. Selon elle, un environnement médiatique transparent et éthique est essentiel pour que ces femmes puissent évoluer sans être victimes d’exploitation ou de pratiques contraires à l’éthique.
Dr Akinbobola a également attiré l’attention sur les obstacles structurels que rencontrent les femmes dans l’industrie médiatique, notamment le harcèlement sexuel, l’absence de processus clairs pour les promotions et les longues périodes sans rémunération. Ces problèmes nuisent à l’égalité et à la qualité des contenus, empêchant souvent les femmes d’accéder à des postes stratégiques. De plus, elle a dénoncé les stéréotypes qui orientent les femmes journalistes vers des sujets dits « féminins » comme la santé ou la mode, tandis que les hommes sont privilégiés pour traiter des sujets politiques ou économiques. Ce biais structurel, selon elle, limite leurs opportunités de carrière et perpétue les inégalités.
Quant à Alfred Bulakali, directeur régional d’Article 19 pour l’Afrique de l’Ouest, il a salué les efforts d’AWIM pour sa volonté de promouvoir un paysage médiatique inclusif. « Le thème de cette année, Médias et Durabilité, résonne profondément avec l’agenda féministe ’´sécurité pour tous et toutes’’, visant à garantir aux femmes journalistes un environnement exempt de violences et de discriminations », a-t-il affirmé.

THÉMATIQUES ABORDÉES

La conférence a offert aux participants l’opportunité de s’engager dans des discussions approfondies sur des thèmes clés tels que les droits numériques, la désinformation, la liberté d’expression ainsi que sur l’avenir de l’intelligence artificielle dans les entreprises médiatiques. Parmi les 20 panels proposés sur deux jours )5 et 6 décembre), figuraient des sujets comme « Genre et médias au Sénégal », « Modèles commerciaux viables pour les médias » et « Tendances actuelles de l’IA dans les médias africains ».
Le rôle croissant de l’intelligence artificielle (IA) dans les médias a également été un sujet majeur de discussion. Si l’IA offre des opportunités d’innovation, elle présente également des risques liés à l’amplification des inégalités, en raison de biais algorithmiques. Dr Akinbobola a insisté sur la nécessité d’adopter des règles et des cadres clairs pour l’utilisation de l’IA dans les médias africains, afin qu’elle contribue à la durabilité et ne renforce pas les inégalités existantes.
L’engagement d’AWIM24 s’inscrit également dans le cadre des objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 5 sur l’égalité des sexes et l’ODD 16 sur des sociétés pacifiques et inclusives.
Par ailleurs, les discussions ont permis de soulever l’importance de renforcer la protection des femmes dans les médias, en référence à des initiatives ambitieuses comme la stratégie pour l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes. Dans cette perspective, la Déclaration de Kigali d’AWIM pour l’élimination des violences sexistes dans les médias d’ici 2034 a de nouveau été mise sur la table.
Cette édition 2024 d’AWIM a Dakar a été un moment fort pour réaffirmer l’importance de la durabilité des médias dans l’émancipation des femmes journalistes en Afrique. En outre, la mise en lumière des enjeux phares tels que les inégalités économiques, les violences basées sur le genre et l’impact croissant de l’intelligence artificielle, a permis de faire surgir la nécessité de créer des environnements médiatiques plus inclusifs, éthiques et transparents. 


P. THIAM

Légalité des médias au Sénégal : le délai de régularisation est clos

Le processus d’enregistrement des médias sénégalais a officiellement pris fin, marquant l’achèvement du délai de 72 heures fixé par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall.

Lors d’une conférence de presse tenue le 2 novembre dernier, le ministre avait rappelé que cette période était une ultime chance pour les organes de presse non conformes de se mettre en règle. Il avait insisté sur la nécessité pour tous les médias opérant au Sénégal de respecter les exigences légales en matière d’enregistrement.

Alioune Sall avait expliqué que les médias avaient initialement bénéficié d’un délai de trois mois pour se régulariser. Cependant, face à la persistance de certains à ne pas se conformer, un dernier délai de 72 heures leur avait été accordé.

« Nous avons donné trois mois aux médias pour se régulariser. Maintenant, un délai de 72 heures devrait suffire pour que les autres médias se rattrapent », avait déclaré le ministre, ajoutant que ceux qui n’auraient pas satisfait aux exigences légales s’exposeraient à des sanctions conformément à la loi.

Le ministère n’a pas encore dévoilé la liste des médias qui se sont conformés ou ceux qui pourraient faire face à des sanctions. Toutefois, Alioune Sall avait laissé entendre que la fermeté serait de mise pour garantir un environnement médiatique réglementé et transparent.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté d’assurer une meilleure régulation du paysage médiatique sénégalais, tout en renforçant la crédibilité des acteurs de la presse. Le respect des normes légales est vu comme une étape essentielle pour garantir un journalisme professionnel et responsable.

Les prochaines étapes de ce processus seront scrutées de près par les professionnels des médias et la société civile, qui plaident pour un équilibre entre régulation et liberté de la presse.

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