Sénégal – L’Assemblée nationale adopte un nouveau Règlement intérieur à une quasi-unanimité

L’Assemblée nationale du Sénégal a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son fonctionnement. Les députés ont adopté, ce mardi, à une quasi-unanimité, le nouveau Règlement intérieur de l’institution. Sur les 139 parlementaires ayant pris part au vote, 138 se sont prononcés pour, un seul s’est abstenu, et aucune voix contre n’a été enregistrée.

Cette révision, saluée de part et d’autre de l’hémicycle, a été présentée comme un tournant majeur dans le renforcement des mécanismes de contrôle parlementaire et l’amélioration de l’efficacité du travail législatif. Selon plusieurs députés, elle marque un pas important vers une Assemblée plus moderne, plus transparente et mieux outillée pour exercer ses missions de législation et de contrôle de l’action gouvernementale.

Le texte, qui a fait l’objet de larges consultations en amont, intègre notamment des dispositions visant à clarifier les procédures internes, à rationaliser l’organisation des débats, et à consolider les droits des groupes parlementaires. Il accorde également une place accrue à la participation des commissions permanentes dans le suivi des politiques publiques.

« C’est une avancée significative pour notre démocratie parlementaire », a souligné un élu de la majorité, tandis que plusieurs membres de l’opposition ont également exprimé leur satisfaction, saluant un processus inclusif et constructif.

Sénégal – L’Assemblée nationale adopte un nouveau Règlement intérieur à une quasi-unanimité

L’Assemblée nationale du Sénégal a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son fonctionnement. Les députés ont adopté, ce mardi, à une quasi-unanimité, le nouveau Règlement intérieur de l’institution. Sur les 139 parlementaires ayant pris part au vote, 138 se sont prononcés pour, un seul s’est abstenu, et aucune voix contre n’a été enregistrée.

Cette révision, saluée de part et d’autre de l’hémicycle, a été présentée comme un tournant majeur dans le renforcement des mécanismes de contrôle parlementaire et l’amélioration de l’efficacité du travail législatif. Selon plusieurs députés, elle marque un pas important vers une Assemblée plus moderne, plus transparente et mieux outillée pour exercer ses missions de législation et de contrôle de l’action gouvernementale.

Le texte, qui a fait l’objet de larges consultations en amont, intègre notamment des dispositions visant à clarifier les procédures internes, à rationaliser l’organisation des débats, et à consolider les droits des groupes parlementaires. Il accorde également une place accrue à la participation des commissions permanentes dans le suivi des politiques publiques.

« C’est une avancée significative pour notre démocratie parlementaire », a souligné un élu de la majorité, tandis que plusieurs membres de l’opposition ont également exprimé leur satisfaction, saluant un processus inclusif et constructif.

APR dénonce une explosion de la dette et réclame des comptes au nouveau régime

Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République fustige la gouvernance économique du gouvernement actuel, exige des explications sur l’usage de 10.200 milliards FCFA contractés en deux ans, et alerte sur un risque de dérive autoritaire.

« Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République s’est réuni ce 26 juin, pour examiner les questions cruciales de l’actualité nationale et internationale.

Le SEN a d’abord examiné le projet de Loi de finances rectificative 2025, qui pose un sérieux problème de gouvernance économique et financière, avec un régime plus soucieux de son confort que de trouver des solutions aux souffrances des Sénégalais.

Les membres du SEN exigent avec la plus grande solennité des explications crédibles sur la destination des 10.200 milliards FCFA contractés : 4.500 milliards en 2024 et 5.700 milliards en 2025.

À titre de comparaison, sous le régime du Président Macky Sall, le besoin total de financement en cinq ans – malgré une pandémie mondiale, une guerre en Europe, une flambée des prix, et des projets structurants majeurs – s’élevait à 10.115 milliards FCFA, y compris la soi-disant « dette cachée » qu’à ce jour l’APR conteste formellement.

Le SEN constate, pour le déplorer, qu’en deux ans la dette a atteint le niveau des cinq dernières années sans projet d’envergure, sans relance économique crédible, sans impact concret sur la vie des Sénégalais. Le rythme effréné d’endettement n’est pas seulement irresponsable, il est particulièrement dangereux et menace la stabilité financière, la crédibilité budgétaire du pays, et surtout l’avenir des générations futures.

En outre, vu l’énergie déployée à la recherche de financement sur le marché des obligations et des bons du Trésor, reléguant ainsi au second plan les autres missions importantes du Ministère en charge des Finances, le SEN invite le gouvernement à créer un ministère chargé exclusivement de l’endettement.

Par ailleurs, Le SEN demande la publication sans délai du Bulletin Statistique de la Dette Publique, dont le dernier numéro remonte au mois de juin 2024 afin d’informer les citoyens sur la situation de l’endettement du pays.

Par ailleurs, le SEN s’indigne de l’arrestation du journaliste Bachir Fofana, qui comme tout le monde le sait est depuis longtemps la cible d’un régime dont la volonté est de rétrécir les espaces de liberté acquis de haute lutte et d’imposer la terreur inacceptable dans un État de droit.

Enfin, au sujet du marché de véhicules lancé par l’Assemblée nationale, le SEN réclame toute la lumière sur les procédures l’entourant et la publication de l’identité de l’attributaire conformément aux règles élémentaires de transparence et de bonne gouvernance.

Concernant la vie du parti, le SEN félicite les responsables et militants pour leur mobilisation exceptionnelle lors de la marche du 21 juin à Saint-Louis en faveur de la libération de Mansour Faye, ancien ministre et maire de la ville, des camarades Farba Ngom, Lat Diop, Mansour Faye, Aissatou Sophie Gladima, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye, ainsi que la fin du placement sous bracelet électronique d’Ismaïla Madior Fall.

Le SEN exige également la fin de la détention arbitraire de Moustapha Diakhaté, Abdou Nguer, Assane Diouf et Jérôme Bandiaky, tous victimes d’une vilaine tentative d’effacer les libertés et d’imposer la dictature.

Abordant la situation internationale, le SEN salue le cessez-le-feu obtenu entre L’Iran et Israël et appelle à l’ouverture de négociations sous l’égide de l’ONU en vue d’un retour définitif à la paix dans la région du Moyen-Orient.

Pour conclure, le SEN a dénoncé les crimes commis à Gaza depuis le 7 octobre 2023, a appelé à un cessez-le-feu immédiat et a demandé aux parties prenantes de revenir à la table des négociations pour arriver à la seule solution envisageable : la coexistence de deux États dans des frontières sûres et reconnues.

Dakar, le 26 juin 2025

Le Secrétariat Exécutif National »

Achat de véhicules pour les députés : l’APR exige des éclaircissements sur les procédures

Réuni ce jeudi, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) s’est penché sur plusieurs sujets jugés urgents, dont l’un alimente une vive polémique dans l’espace public : l’acquisition de véhicules pour les députés de la 15e législature.

Alors que la question fait l’objet d’un large débat sur les réseaux sociaux et dans l’opinion, le parti fondé par l’ancien président Macky Sall appelle à la transparence totale sur ce dossier. Le SEN de l’APR réclame ainsi que toute la lumière soit faite sur les procédures ayant encadré cette opération, jugée sensible dans un contexte économique et social tendu.

L’APR insiste également sur la nécessité de rendre publique l’identité de l’attributaire du marché, conformément aux principes fondamentaux de bonne gouvernance et de redevabilité. Pour le parti, il est impératif que les autorités compétentes fassent preuve de clarté afin d’éviter toute suspicion de favoritisme ou d’irrégularité dans le processus d’acquisition.

Cette prise de position marque un tournant dans la posture de l’APR, qui, bien qu’ayant longtemps été au pouvoir, se positionne ici comme un acteur vigilant face aux pratiques actuelles. Elle s’inscrit également dans une volonté affichée de défendre la transparence dans la gestion des ressources publiques, notamment au sein des institutions de la République.

Crise nationale : Khalifa Sall et ses alliés dénoncent les dérives du régime Diomaye Faye

La Conférence des leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), réunie ce mercredi 26 juin 2025 au siège de Taxawu Sénégal, a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Dans un communiqué aux accents fermes, le regroupement dirigé par Khalifa Ababacar Sall a dénoncé une « crise multidimensionnelle sans précédent », et lancé un appel à la mobilisation nationale face à ce qu’il qualifie de dérives autoritaires du régime de Bassirou Diomaye Faye.

Le FDR a d’abord dressé un bilan interne jugé satisfaisant de ses six premiers mois d’existence. Les leaders se sont félicités du parachèvement de l’organisation de leur structure, avec des commissions pleinement actives, et ont salué le leadership de leur coordonnateur sortant, Khalifa Sall, qui termine son mandat le 30 juin. À l’unanimité, ils ont désigné Samba Sy, secrétaire général du PIT, pour lui succéder à la tête du Front à partir du 1er juillet. Le communiqué évoque un homme d’écoute, de consensus et de fidélité à l’idéal républicain, désigné pour conduire les prochaines batailles.

Mais c’est surtout sur l’état du pays que les leaders du FDR ont haussé le ton. Selon eux, le Sénégal, longtemps considéré comme un exemple démocratique sur le continent, traverse une période d’instabilité profonde marquée par une crise politique, financière, économique et sociale. Le communiqué dénonce un climat de répression généralisée, une justice instrumentalisée et une société civile muselée. Le FDR accuse le pouvoir de faire de la justice un outil de règlement de comptes politiques, avec des procédures ciblées, des décisions jugées arbitraires et une pression constante sur les opposants, les journalistes et les activistes.

Les libertés publiques sont également au cœur des préoccupations du Front. Les manifestations pacifiques, bien que non interdites, seraient systématiquement réprimées. Les médias seraient sous pression, notamment via la fiscalité, tandis que plusieurs chroniqueurs subiraient menaces, intimidations et incarcérations. Le FDR parle d’un climat d’étouffement des voix discordantes et d’un recul démocratique préoccupant.

Sur le plan économique, le diagnostic dressé par le FDR est alarmant. Il évoque une dette publique jugée insoutenable, un déficit budgétaire jamais atteint, une inflation persistante et un chômage massif des jeunes. Le Front accuse le régime de mauvaise gestion, notamment dans le secteur agricole avec l’arrêt des chantiers publics, la mauvaise qualité des semences, la rareté des engrais et l’absence de soutien aux producteurs. Le gouvernement est également critiqué pour sa stratégie économique, qualifiée de brouillonne, déconnectée des réalités du terrain et sans vision à long terme.

Face à cette situation jugée préoccupante, le FDR appelle à un sursaut collectif. Le communiqué exhorte la société civile, les syndicats, les partis politiques et toutes les forces vives à s’unir pour faire barrage à la « mal gouvernance du régime Diomaye-Sonko ». Le Front dit vouloir engager des luttes multiformes contre les dérives liberticides et pour la préservation des libertés fondamentales, d’une justice indépendante et d’un État au service du peuple.

Dans une conclusion sans équivoque, le FDR affirme que le Sénégal mérite mieux. Le peuple, dit-il, mérite une justice libre, une gouvernance éthique et une démocratie solide. Le combat continue, promet la coalition, qui se dit plus que jamais mobilisée pour la défense des libertés, de la justice et de la République.

Sénégal : Le directeur général de la CDC appelle les responsables publics à défendre le bilan de l’État

Dans un contexte de critiques persistantes à l’égard de l’action publique, le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keita, a lancé un appel clair à la mobilisation des responsables publics. À travers un message publié ce jeudi, il a exhorté les ministres, directeurs généraux et autres cadres à occuper activement l’espace public pour défendre le bilan du président de la République et de son gouvernement.

Dans son intervention, Fadilou Keita réagit aux « graves accusations portées souvent contre l’État du Sénégal », qu’il qualifie de dangereuses pour la cohésion nationale et la confiance des citoyens envers les institutions. Selon lui, ces attaques, parfois nourries par la manipulation et la délation, risquent de fragiliser l’image de l’État si elles ne rencontrent pas une réponse forte et structurée.

« L’image de l’État doit être préservée », insiste-t-il, avant d’en appeler à la responsabilité de chacun : « Les directeurs généraux doivent occuper l’espace public et chacun, en ce qui le concerne, défendre le bilan du chef de l’État et de son gouvernement, en ce sens qu’ils en représentent les bras techniques et opérationnels. »

Fadilou Keita appelle à dépasser ce qu’il qualifie de « conception ringarde de l’administration », qui prône le silence et la retenue même face à la calomnie. Il plaide pour une posture plus proactive, conjuguant professionnalisme et engagement : « Le professionnalisme, la centration et la diligence dans la prise en charge des missions qui nous sont dévolues, ne sont pas antagonistes à la nécessité d’apporter des répliques acerbes et incisives. »

Face à ceux qu’il qualifie de « divertisseurs », il affirme que ce sont eux qui devraient être mis sur la défensive, et non les serviteurs de l’État. Il conclut en appelant ses collègues à poursuivre l’engagement politique avec intelligence, vigilance, et fermeté.

Changement à la tête de l’ENAP : Maguette Diop nommé Président du Comité de gestion par décret présidentiel

Par décret présidentiel, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à un remaniement stratégique au sein de l’École nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP). Amady Gnagna Cissé, qui assurait jusqu’ici la présidence du Comité de gestion de cette institution, a été relevé de ses fonctions. Il est remplacé par Maguette Diop, greffier de formation, détenteur du matricule de solde n° 622 476/C.

Titulaire d’une maîtrise en Administration publique, Maguette Diop est un professionnel aguerri du secteur judiciaire. Sa nomination à la tête de l’ENAP marque une volonté de renforcer la rigueur administrative et pédagogique de cette école stratégique, placée sous la tutelle du ministère de la Justice.

Le nouveau président du Comité de gestion de l’ENAP aura pour mission de piloter l’orientation générale de l’établissement, tant sur le plan administratif que logistique. Il devra veiller à la qualité de la formation dispensée aux futurs agents pénitentiaires, pilier essentiel du système carcéral national.

Parmi ses responsabilités figurent également la mise en œuvre des décisions stratégiques, la gestion du budget de l’établissement, ainsi que la coordination entre les différentes directions internes et les partenaires institutionnels.

Alioune Tine : « Un simple démenti suffisait » face aux déclarations de Bachir Fofana

Le fondateur d’AfricaJom Center dénonce une « judiciarisation inutile » du débat public dans un contexte de transition démocratique au Sénégal.

Alioune Tine, fondateur d’AfricaJom Center et figure emblématique de la société civile sénégalaise, est monté au créneau après la convocation du journaliste et chroniqueur Bachir Fofana par la Division spéciale de la cybersécurité. Le journaliste est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de ses déclarations concernant un supposé achat de véhicules par l’Assemblée nationale.

Pour Alioune Tine, cette réaction judiciaire est excessive et va à l’encontre de l’esprit de la nouvelle dynamique démocratique que connaît le Sénégal depuis l’alternance politique. « Dans le contexte de la transition politique sénégalaise actuelle, où l’on observe une dynamique démocratique nouvelle avec une opinion publique plus exigeante, il n’est pas souhaité de judiciariser le débat politique », a-t-il déclaré.

L’ancien directeur régional d’Amnesty International estime qu’un simple démenti, bien construit et transparent, aurait suffi à calmer les inquiétudes et à restaurer la confiance. « Le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye pourrait saisir ses conseillers en communication et ses conseillers juridiques pour faire un démenti, en donnant toutes les informations utiles susceptibles d’édifier l’opinion sur la transparence de sa gestion, et à la limite accompagnée d’une mise en garde ferme. Ça suffit largement », a-t-il souligné.

Alioune Tine appelle ainsi à privilégier la voie du dialogue et de la transparence dans la gestion des controverses publiques, plutôt que celle des poursuites judiciaires contre des journalistes. Il rappelle que la démocratie ne se consolide pas dans la répression, mais dans la capacité des institutions à faire face à la critique de manière responsable.

Badara Gadiaga dénonce une “entorse à la liberté de la presse” après la convocation de Bachir Fofana

Le chroniqueur Badara Gadiaga est monté au créneau ce mercredi pour exprimer sa solidarité envers son confrère Bachir Fofana, convoqué par la police dans des circonstances qui continuent de susciter l’inquiétude dans les milieux de la presse sénégalaise.

Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, le chroniqueur vedette de l’émission Jaakarlo Bi diffusée sur la TFM a dénoncé une atteinte grave à la liberté de la presse, rappelant le rôle crucial des journalistes dans une démocratie digne de ce nom.

« J’apporte mon soutien total et sans équivoque au talentueux journaliste Bachir Fofana et à tous ses confrères et hommes de presse qui risquent aujourd’hui leur liberté dans l’exercice de leur noble mission d’informer le public juste et vrai », a écrit Badara Gadiaga.

Selon lui, cette convocation constitue « purement et simplement une entorse à la liberté de la presse, un pilier fondamental de la démocratie qui doit être protégé ». Un message fort, alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les pressions croissantes exercées sur les médias et les journalistes au Sénégal.

La convocation de Bachir Fofana n’a pour l’instant pas encore été officiellement motivée par les autorités, mais elle intervient dans un climat tendu entre certains organes de presse et les pouvoirs publics. Une situation qui ravive les débats sur la protection des journalistes et le respect des droits fondamentaux.

Cheikh Oumar Diagne tacle Serigne Gueye Diop : « Le ministre du Commerce est incompétent »

Invité sur le plateau de la chaîne 7TV, Cheikh Oumar Diagne, ancien directeur des Moyens généraux à la présidence, n’a pas mâché ses mots. Dans un ton incisif, il a remis en question les capacités du ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, qu’il accuse d’inefficacité dans la gestion du dossier du sucre au Sénégal.

« Le ministre Serigne Gueye Diop est incompétent », a-t-il déclaré sans détour, en réponse à une question relative à la pénurie annoncée de sucre sur le marché national. Pour lui, la situation actuelle témoigne d’un pilotage défaillant du secteur, alors que les ménages sénégalais s’inquiètent de la montée des prix et de la rareté du produit.

Cheikh Oumar Diagne ne s’est pas limité à critiquer le ministre. Il a également pointé un doigt accusateur vers la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), qu’il tient pour principale responsable du déséquilibre du marché. « La Compagnie sucrière sénégalaise a pris en otage les consommateurs », a-t-il martelé, dénonçant ce qu’il considère comme une position dominante exercée au détriment de l’intérêt général.

Face à cette situation qu’il qualifie de “grave”, l’ancien haut fonctionnaire appelle l’État à sortir de sa réserve et à agir avec fermeté. Il exige des mesures immédiates pour mettre fin au monopole et garantir aux populations un accès équitable et abordable au sucre.

Guy Marius Sagna réagit aux accusations et lève le voile sur un épisode méconnu de la présidentielle de 2024

Le député Guy Marius Sagna, figure engagée du groupe parlementaire Yewwi Askan Wi et membre de PASTEF – Les Patriotes, est sorti de son silence après les accusations formulées par son collègue parlementaire Ismaïla Diallo, qui l’accuse d’entretenir un « agenda caché » au sein de l’hémicycle.

Invité sur les ondes de RSI, Guy Marius Sagna a choisi non seulement de répondre, mais aussi de faire une révélation inédite sur les coulisses de la présidentielle de 2024. Selon ses propos, alors que le leader de PASTEF, Ousmane Sonko, était détenu, certains cercles politiques lui auraient proposé de se porter candidat à la magistrature suprême.

Loin de balayer cette possibilité du revers de la main, l’activiste devenu parlementaire affirme avoir sérieusement envisagé cette option, mais à une condition ferme et non négociable : s’il acceptait de devenir président, ce ne serait que dans l’unique but d’assurer une transition démocratique d’un an, avant de convoquer une nouvelle élection présidentielle incluant Ousmane Sonko parmi les candidats.

« Si on veut me reprocher un agenda caché, qu’on sache que tel aurait pu être mon agenda : permettre à Ousmane Sonko d’être candidat », a-t-il lancé d’un ton ferme, balayant ainsi les accusations de duplicité.

Par cette déclaration, Guy Marius Sagna cherche à recentrer le débat sur sa loyauté indéfectible envers son camp politique et les principes démocratiques qu’il défend. Il rappelle que, dans une période trouble, il aurait pu être tenté par l’ambition personnelle, mais qu’il avait choisi de rester dans la logique d’une alternance légitime portée par le peuple.

Ce témoignage relance les spéculations sur les tractations internes qui ont précédé l’élection présidentielle de 2024, et sur les profils qui avaient été envisagés en plan B dans un contexte de forte incertitude politique.

Dakar sans maire élu : un conseiller municipal somme le préfet d’organiser une nouvelle élection

La gouvernance municipale de la ville de Dakar continue de susciter des remous. Ce mardi, le conseiller municipal Pape Alioune Gning a saisi officiellement le préfet du département de Dakar pour exiger l’organisation d’une élection afin de désigner un nouveau maire de la capitale. Dans une lettre adressée à l’autorité administrative, le conseiller dénonce une situation d’intérim prolongé qu’il qualifie d’illégale et contraire à l’esprit des textes régissant les collectivités territoriales.

Dans sa correspondance, Pape Alioune Gning rappelle au préfet le rôle de contrôle que doivent exercer les autorités déconcentrées sur les collectivités locales. Il évoque notamment les articles L29, L30 et L277 du code électoral, sur la base desquels l’ancien maire de Dakar a été démis de ses fonctions à la fin de l’année 2024. Une décision qu’il qualifie de conforme à la légalité et à l’exigence républicaine de respect des normes en vigueur dans un État de droit.

Cependant, six mois après cette destitution, l’élu déplore l’absence d’évolution dans la gouvernance de la ville. Il estime que l’intérim, censé être temporaire, s’est transformé en un statut permanent, vidant la fonction de maire de toute légitimité démocratique. Pour lui, la prolongation de cette situation affaiblit les institutions municipales et crée un précédent dangereux.

« Monsieur le préfet de Dakar, vous devez mettre fin à cette situation incongrue qui sape le bon fonctionnement de la municipalité et installe la mairesse dans une illégalité permanente », écrit-il dans un ton solennel. Il soutient que cette vacance prolongée compromet la continuité de l’action publique et prive les Dakarois de leur droit à une gouvernance locale légitimée par les urnes.

Au nom de ses prérogatives de conseiller municipal, Pape Alioune Gning exige ainsi, sans détour, l’organisation immédiate d’une élection municipale pour pourvoir le poste de maire de Dakar. Une requête qui risque de raviver le débat politique autour de la gestion de la capitale, dans un contexte où les tensions entre pouvoirs central et local restent vives.

Abdoulaye Tall répond à Guy Marius Sagna : « Il n’y a pas de gestion opaque à l’Assemblée »

Invité de l’émission Objection sur Sud FM le 22 juin, Me Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale et porte-parole du parti Pastef, a vigoureusement démenti les accusations lancées par Guy Marius Sagna concernant une prétendue absence de rupture dans la gestion parlementaire. L’avocat a affirmé sans ambages que « l’Assemblée nationale n’est pas gérée de manière opaque », appelant son camarade à produire des preuves tangibles de ses allégations.

Me Tall a qualifié les critiques de Guy Marius Sagna de « déconnectées des faits », affirmant que de nombreuses décisions, comme l’achat de véhicules pour les députés, avaient été débattues en toute transparence, y compris au sein du groupe parlementaire majoritaire de Pastef. Selon lui, cette concertation dément toute accusation d’obscurité dans le processus décisionnel.

S’agissant de l’indemnité mensuelle de 900 000 FCFA accordée à chaque député sous la 14ᵉ législature, Me Tall a défié Guy Marius Sagna en ces termes : « Qu’il nous explique alors pourquoi il ne l’a pas refusée s’il trouvait la pratique injuste ? » Cette question vise à mettre en lumière la cohérence entre les propos et les actes des critiques internes.

Me Tall a également apporté des précisions concernant les avances de Tabaski réglées aux députés, précisant qu’il ne s’agissait nullement d’une distribution généralisée, mais bien de « d’avances sur salaire plafonnées à 300 000 FCFA, accordées à quelques députés sur demande ». Ces précisions visent à clarifier le dispositif et à dissiper toute confusion sur un prétendu favoritisme généralisé.

Au-delà de la clarification, Me Tall a mis en garde contre ce qu’il considère comme des discours populistes capables de ternir l’image de la législature actuelle. Il a rappelé que certains députés traversent une véritable précarité et que leurs sacrifices, pour beaucoup, ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur.

Par ses propos, Abdoulaye Tall cherche non seulement à défendre la transparence et l’intégrité de la gestion parlementaire, mais aussi à défendre Pastef contre les attaques internes et à instaurer un débat plus factuel et moins émotionnel. Il insiste sur la nécessité d’un dialogue étayé par des faits, dans le respect de la cohérence et de l’éthique politique.

FEPP TAWFEKH sur le Dialogue national : des avancées saluées, mais des inquiétudes persistantes

Réuni ce dimanche 22 juin 2025 aux Maristes, sous la présidence de Dr Cheikh Dieng, le Bureau Politique de FEPP TAWFEKH a livré une lecture nuancée du processus du Dialogue national en cours. Le parti se félicite des progrès significatifs enregistrés, tout en exprimant de sérieuses préoccupations sur certains points clés de la gouvernance nationale et de l’agenda international.

Dans son communiqué, le parti a tout d’abord salué les efforts du Comité de Suivi, soulignant l’engagement de ses représentants Dominique Gueye et Mouhamadou Daff, qui ont pris part aux discussions au nom de FEPP TAWFEKH. Pour la formation politique, le Dialogue national a permis d’acter plusieurs réformes essentielles à l’approfondissement démocratique au Sénégal. Il s’agit notamment de la mise en place d’un organe électoral indépendant, de la dématérialisation du processus électoral, de l’instauration de l’inscription permanente sur les listes électorales, du contrôle partagé du fichier électoral, et de l’élargissement des compétences de la Cour constitutionnelle. Autant d’avancées que le parti considère comme des acquis historiques, portés depuis plus d’une décennie par l’opposition.

Cependant, FEPP TAWFEKH ne cache pas sa frustration face à l’absence de consensus sur plusieurs propositions jugées tout aussi cruciales pour l’équilibre institutionnel. Parmi elles, figurent la suppression de l’article 80 du Code pénal, le mode d’élection des maires et des députés départementaux, ainsi que la réforme du statut de l’opposition. Le parti estime que ces résistances traduisent une volonté de maintenir une architecture politique déséquilibrée, au détriment de la transparence et de la participation équitable de toutes les forces politiques.

Face à cette situation, FEPP TAWFEKH propose la création d’une Commission de Concertation Politique Inclusive (CCPI), une structure permanente et institutionnelle qui aurait pour mission de prolonger les discussions sur les points non tranchés, de suivre la mise en œuvre effective des réformes adoptées, et d’intervenir comme médiateur indépendant en cas de blocage politique. À travers cette proposition, le parti appelle le président de la République à donner une suite constructive aux dynamiques ouvertes par le Dialogue national, en renforçant l’inclusivité et la continuité du débat démocratique.

Sur le plan national, le Bureau Politique a exprimé son inquiétude quant au report de la publication des rapports budgétaires trimestriels, désormais attendus pour le 23 juin 2025. Si le ministère des Finances justifie ce retard par un souci de sincérité des données, le parti y voit un manquement regrettable à l’exigence de transparence. Il appelle les autorités à améliorer la régularité et la clarté de la communication sur les finances publiques.

FEPP TAWFEKH a également pris acte des critiques formulées par le Premier ministre Ousmane Sonko à l’encontre de certains hauts responsables administratifs. Le parti se montre solidaire de cette volonté de rupture avec les pratiques de gestion laxistes, et encourage l’exécutif à poursuivre les efforts de réforme dans le cadre du Programme de Transformation Nationale 2050. Pour FEPP TAWFEKH, il est impératif que l’appareil étatique soit à la hauteur des ambitions économiques, sociales et institutionnelles du pays.

Concernant l’affaire ASER, le parti a réitéré ses exigences de transparence. Constatant que les soupçons de mauvaise gestion persistent autour de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale, le Bureau Politique demande solennellement au ministre de la Justice d’ouvrir une information judiciaire. L’objectif, selon lui, est de garantir la reddition des comptes et de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions publiques.

Sur le plan international, FEPP TAWFEKH a vivement condamné les récentes attaques israéliennes et américaines contre l’Iran. Le parti appelle à un cessez-le-feu immédiat, tout en exhortant la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour éviter une escalade incontrôlable du conflit. Il appelle à la convocation urgente du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU pour traiter cette crise. Le parti rappelle que toute paix durable au Moyen-Orient passera par une reconnaissance pleine et entière de l’État palestinien, coexistant aux côtés d’Israël, dans un cadre de justice et de respect mutuel.

En conclusion, FEPP TAWFEKH réaffirme sa volonté de participer à la construction d’une démocratie plus robuste, plus inclusive et plus transparente. Le parti entend continuer à jouer son rôle critique, mais constructif, dans le débat national, avec pour seul cap l’intérêt général et la stabilité du Sénégal.

Guy Marius Sagna défie les privilèges parlementaires : vers une cure d’austérité à l’Assemblée nationale ?

Depuis sa prise de parole dénonçant ce qu’il qualifie de « pratiques budgétivores », le député Guy Marius Sagna, élu sous la bannière de la coalition PASTEF, continue de secouer les colonnes de l’Assemblée nationale. À travers une proposition de réforme audacieuse relayée par RFM, le parlementaire remet en cause certains avantages traditionnellement accordés aux députés sénégalais.

le « sukëru koor », une aide financière accordée aux députés à l’occasion de la Korité, les 150 000 FCFA de crédit téléphonique mensuel, les 100 000 FCFA de primes plénières, ainsi que les appuis financiers pour la Korité (300 000 FCFA) et la Tabaski (500 000 FCFA).

Pour Guy Marius Sagna, ces avantages constituent une charge injustifiée pour les finances publiques dans un contexte où l’État appelle à la rationalisation des dépenses. L’élu considère qu’une telle démarche s’inscrit dans une logique de moralisation de la vie publique et de solidarité avec les populations, souvent confrontées à de graves difficultés économiques.

Si ses propositions trouvent un certain écho auprès de l’opinion publique, elles risquent de se heurter à la résistance de ses collègues parlementaires, premiers bénéficiaires de ces privilèges. Le principal défi pour Guy Marius Sagna sera donc de rallier une majorité à l’Assemblée autour d’une réforme qui touche directement aux intérêts des députés eux-mêmes.

Car au-delà de la légitimité morale de la démarche, le combat s’annonce politique : convaincre dans un environnement où la solidarité de corps prévaut souvent sur les idéaux de rigueur budgétaire.

Ce positionnement renforce l’image d’un député fidèle à son engagement de rupture, mais pose aussi une question stratégique : jusqu’où le pouvoir exécutif et les autres groupes parlementaires — notamment ceux qui prônent eux aussi le changement — sont-ils prêts à aller pour instaurer une gestion sobre des deniers publics ?

La proposition de Guy Marius Sagna place en tout cas ses collègues devant leurs responsabilités : continuer à défendre des avantages perçus comme indus, ou accepter d’y renoncer au nom de la transparence et de la justice sociale.

Dans un pays où les inégalités sociales sont criantes, le soutien populaire à une telle réforme ne fait guère de doute. Mais en l’absence d’un véritable consensus interne, cette initiative pourrait bien rester symbolique. Elle aura néanmoins le mérite d’ouvrir un débat public sur les privilèges des représentants du peuple et sur l’exemplarité attendue d’eux.

En attaquant de front les privilèges parlementaires, Guy Marius Sagna ne se fait pas que des amis dans l’hémicycle. Mais il pose une question essentielle : les élus sont-ils prêts à se délester de certains avantages au nom de l’éthique républicaine ? La suite du débat parlementaire nous dira si la vertu peut triompher sur le confort.

Thierno Alassane Sall fustige le “camouflet diplomatique” infligé au Sénégal par la CEDEAO

La récente décision de la CEDEAO de confier sa présidence tournante au chef de l’État sierra-léonais Julius Maada Bio, écartant ainsi le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, continue de faire réagir sur la scène politique sénégalaise. Le député et leader du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a vivement critiqué ce qu’il considère comme un affront diplomatique sans précédent pour le Sénégal.

Dans une série de publications sur sa page X (anciennement Twitter), l’ancien ministre a dénoncé ce qu’il qualifie de “pire camouflet diplomatique de l’histoire du Sénégal”. Selon lui, l’échec du président Diomaye Faye à accéder à la présidence de l’organisation sous-régionale ne relève ni du hasard ni d’une simple préférence protocolaire. Elle serait, au contraire, le reflet d’une méfiance des dirigeants ouest-africains à l’égard d’un chef d’État perçu comme anti-système.

“Il était quasi impossible pour un anti-système de vouloir diriger le consortium régional du Système !”, a-t-il lancé, en référence au positionnement idéologique du nouveau pouvoir sénégalais, qu’il juge en décalage avec les réalités de la diplomatie régionale.

Thierno Alassane Sall va plus loin, estimant que la CEDEAO ne pouvait accorder sa confiance à un président qui “n’arrive toujours pas à s’affirmer”. Dans une attaque directe à l’endroit de Bassirou Diomaye Faye, il questionne l’autorité et le charisme du chef de l’État, mettant en cause son propre entourage :

“N’est-ce pas aussi un défaut sidérant de perspicacité que de croire que la CEDEAO pourrait faire confiance, en un moment aussi crucial de son histoire, à Diomaye, dont l’autorité et le charisme sont mis à mal par son propre camp, à commencer par son Premier ministre ?”, a-t-il martelé.

Le député a également souligné que les propos de certains parlementaires sénégalais siégeant à la CEDEAO — qu’il assimile à des “diatribes” — auraient contribué à cette mise à l’écart, en renforçant l’image d’un pouvoir hostile ou peu conciliant vis-à-vis de l’institution régionale. Il évoque notamment une rhétorique parfois perçue comme proche de celle des pays de l’AES (Alliance des États du Sahel), actuellement en rupture de ban avec la CEDEAO.

Alors que le Premier ministre Ousmane Sonko est en déplacement en Chine, Thierno Alassane Sall tourne en dérision les images diffusées de cette visite officielle :

“Des photos du PM aux côtés d’officiels de second rang en Chine, au moment même où l’on enregistre la déconvenue du siècle à Abuja”, ironise-t-il, soulignant ce qu’il perçoit comme un contraste entre les ambitions affichées à l’international et la réalité diplomatique sur le terrain régional.

Enfin, dans une charge plus globale contre la gouvernance actuelle, Sall estime que “le populisme se heurte au mur de la réalité du monde”. Selon lui, les déplacements simultanés du président et du Premier ministre à l’étranger n’ont rien arrangé, et n’ont fait que confirmer une forme de désorganisation au sommet de l’État.

“En réalité, on est un pays dévalué”, conclut-il, dans un réquisitoire amer contre le duo exécutif Faye-Sonko.

Le Sénégal retourne sur le marché régional pour lever 380 milliards de FCFA : entre souveraineté budgétaire et pression des taux

Le Sénégal s’apprête à retourner sur le marché financier régional de l’UEMOA avec deux importantes émissions de titres publics totalisant 380 milliards de francs CFA, prévues respectivement les 27 juin et 3 juillet 2025. Dans un contexte budgétaire marqué par l’absence de financement du FMI, cette double opération vise à couvrir les besoins immédiats du Trésor sénégalais et à maintenir l’équilibre de ses engagements financiers.

La première sortie est programmée pour le jeudi 27 juin. Elle portera sur un montant de 205 milliards de FCFA à travers une émission simultanée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT). Ces dernières auront une maturité de 3 ans et 5 ans, assorties de taux d’intérêt de 6,30% et 6,45%. Il s’agira, selon les autorités, de « mobiliser l’épargne des personnes physiques et morales » afin de couvrir les besoins de financement du budget national.

La seconde opération interviendra une semaine plus tard, le jeudi 3 juillet, pour un montant supplémentaire de 175 milliards de FCFA. Là encore, l’État procédera à une émission simultanée de BAT à un an et d’OAT à 3 et 5 ans, avec des taux similaires à la première : 6,30% et 6,45%.

Ces levées de fonds interviennent alors que les relations entre Dakar et certains bailleurs internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), connaissent un coup d’arrêt. Suspendu depuis un an, le programme d’appui budgétaire avec le FMI n’a connu aucun décaissement récent, une situation qui oblige le gouvernement sénégalais à s’en remettre davantage au marché régional.

Mais le Premier ministre Ousmane Sonko se veut rassurant. Lors du Forum d’investissement « FII Sénégal », il a déclaré :

« Le programme avec certains bailleurs multilatéraux, notamment le FMI, est suspendu depuis un an. Aucun décaissement n’a été effectué en faveur du Sénégal, mais le Sénégal tient bon. (…) Nous avons les capacités et les moyens de compter d’abord sur nous-mêmes. »

Toutefois, cette stratégie d’autofinancement n’est pas sans coût. Comparé à des voisins comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal paie son argent plus cher. En effet, Abidjan, qui sera aussi sur le marché régional le 25 juin pour 65 milliards de FCFA, propose des taux nettement plus bas : 5,7% sur 3 ans et 6% sur 7 ans. Ce différentiel illustre une perception de risque plus élevé pour Dakar, ou du moins une prime de confiance plus favorable pour son rival ivoirien.

La démarche du Sénégal s’inscrit dans une logique affirmée d’indépendance économique, prônée par les nouvelles autorités en place depuis mars 2024. Toutefois, cette autonomie revendiquée ne peut ignorer les contraintes d’un marché où la notation, la confiance et la stabilité macroéconomique dictent les règles. Tant que le pays ne renoue pas avec des programmes d’appui budgétaire multilatéraux ou n’inspire pas une meilleure confiance aux investisseurs, il risque de continuer à lever des fonds à des taux élevés, pesant davantage sur le service de la dette.

Avec ces deux émissions successives totalisant 380 milliards FCFA, le Sénégal joue une carte délicate : celle de la résilience budgétaire face à un contexte de resserrement du crédit multilatéral. Mais cette stratégie a un prix, d’autant plus visible quand la comparaison avec ses pairs devient inévitable. Reste à savoir si les investisseurs du marché régional répondront à l’appel de Dakar, et surtout, à quel coût.

Assemblée nationale : La Commission des lois convoquée pour examiner la réforme du Règlement intérieur

La Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains de l’Assemblée nationale est officiellement convoquée ce mercredi 25 juin 2025 à 10 heures. Cette réunion, annoncée par une note signée de son président Abdoulaye Tall, se tiendra dans la salle Marie Joséphine Diallo du nouveau bâtiment parlementaire.

À l’ordre du jour figure un point unique, mais d’une importance majeure : l’examen de la proposition de loi n°10/2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du processus législatif classique, marquant l’étape technique préalable à la tenue d’une séance plénière.

La réforme du Règlement intérieur constitue un enjeu central pour le bon fonctionnement de l’Assemblée nationale. Elle vise à moderniser les règles qui encadrent les travaux parlementaires, en revoyant notamment les dispositions relatives à la procédure législative, à la discipline des députés, à la structuration des débats et à l’organisation interne des commissions.

Selon des sources proches du dossier, cette révision devrait également intégrer de nouvelles dispositions en lien avec les récentes évolutions politiques et institutionnelles du pays, dans un souci de transparence, d’efficacité et d’adaptation aux exigences démocratiques actuelles.

La réunion de ce mercredi permettra aux membres de la commission d’analyser en détail les articles du projet de réforme, de proposer d’éventuels amendements et de formuler un rapport qui sera soumis à la plénière. Il s’agit d’une phase décisive dans le processus d’adoption du texte, avant que les députés, en session ouverte, ne se prononcent officiellement.

Commémoration de l’appel du 16 juin : le PDS dépêche une délégation en hommage à Moustapha Niasse

À l’occasion de la commémoration de l’appel du 16 juin 1999 lancé par le président Moustapha Niasse, une importante délégation du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) a été dépêchée pour marquer la présence et le soutien de la formation libérale à cet événement hautement symbolique.

La mission a été conduite sur instruction du Secrétaire général national du PDS, Me Abdoulaye Wade, et de Karim Meïssa Wade, candidat déclaré du parti. Ce geste témoigne, selon les observateurs, de la volonté du PDS de s’inscrire dans une démarche de reconnaissance historique et de dialogue politique dans un contexte de recomposition nationale.

La délégation était composée de plusieurs responsables politiques de premier plan. Alioune Diop, chef de cabinet du président Wade, en assurait la coordination. Il était accompagné de figures bien connues du parti, dont Abdoulaye Diop, maire de Guinaw Rails, Bachir Diawara, porte-parole du PDS, Mamadou Bopp, secrétaire général de l’Union des jeunesses travaillistes libérales (UJTL), ainsi que d’Assane Ba, secrétaire national chargé de la mobilisation.

Cette présence du PDS à la cérémonie de commémoration a été saluée par plusieurs acteurs du champ politique, qui y voient un signe de maturité et de respect pour les grandes dates qui ont marqué l’histoire politique contemporaine du Sénégal. L’appel du 16 juin 1999, lancé par Moustapha Niasse, avait en son temps contribué à redéfinir les alliances et à structurer une alternative démocratique dans le paysage politique sénégalais.

Assemblée nationale : la Commission des lois convoquée ce mercredi pour examiner la réforme du Règlement intérieur

Une étape clé du processus parlementaire se profile cette semaine à l’Assemblée nationale du Sénégal. La Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains est officiellement convoquée ce mercredi 25 juin 2025 à 10 heures précises, dans la salle Marie Joséphine Diallo du nouveau bâtiment de l’hémicycle. La convocation, signée par le président de la commission, Abdoulaye Tall, précise que cette session sera entièrement consacrée à l’examen de la proposition de loi n°10/2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Il s’agit d’un moment majeur dans le fonctionnement du pouvoir législatif, puisque cette proposition de loi vise à réformer l’un des textes fondamentaux qui encadrent l’organisation interne du Parlement. Le règlement intérieur détermine en effet les modalités de déroulement des débats, les droits des députés, les mécanismes de contrôle de l’exécutif, la composition des commissions, la gestion des séances plénières ainsi que le fonctionnement administratif de l’institution.

Cette séance intervient dans le cadre classique du processus législatif sénégalais. Avant qu’un texte ne soit soumis à la plénière pour adoption ou rejet, il est d’abord examiné en profondeur par la commission compétente. Cette étape permet d’enrichir, de corriger ou de préciser certaines dispositions du projet ou de la proposition de loi. Dans le cas présent, la Commission des lois, réputée pour sa technicité, aura à décortiquer un document qui pourrait redessiner les équilibres institutionnels à l’intérieur même de l’Assemblée.

L’importance de cette réforme n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte politique nouveau, où les dynamiques parlementaires sont marquées par une recomposition des forces et un appel de plus en plus fort à une meilleure gouvernance parlementaire. Toute modification du règlement intérieur peut avoir des répercussions profondes sur la transparence des débats, le rôle de l’opposition, les droits des groupes parlementaires ou encore le régime disciplinaire applicable aux élus.

Alors que l’opinion publique et plusieurs acteurs de la société civile s’interrogent sur les intentions derrière cette réforme, les discussions qui s’ouvriront mercredi au sein de la commission seront scrutées de près. Il s’agira de voir si la proposition de loi consacre davantage de démocratie interne ou si elle tend à renforcer le contrôle de l’exécutif sur le législatif. La suite du processus, notamment la présentation du texte en séance plénière, permettra de trancher sur les choix politiques et juridiques retenus.

Réformes politiques au Sénégal : le Pr Ousmane Sène plaide pour la rationalisation du système partisan

Le débat sur l’avenir des institutions politiques sénégalaises continue d’animer les sphères intellectuelles et citoyennes. Ce dimanche, sur le plateau de l’émission Grand Jury de la RFM, le professeur Ousmane Sène, directeur du Centre de Recherches Ouest Africain (WARC), a livré une analyse sans complaisance du système politique sénégalais, en mettant en lumière l’une de ses pathologies les plus visibles : la prolifération anarchique des partis politiques.

Pour l’universitaire, la tenue du dialogue national récemment initié par les autorités constitue une démarche à saluer. Il estime que cette plateforme d’échanges a été non seulement pertinente dans son principe, mais aussi opportune par son timing. Elle permet, selon lui, d’aborder des questions de fond qui affectent durablement le fonctionnement harmonieux de la démocratie sénégalaise. Parmi ces questions, celle de la rationalisation du champ politique s’impose avec acuité.

Le professeur Sène n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé une situation qu’il juge intenable : un paysage politique saturé, inefficace et incapable de remplir ses fonctions essentielles dans une démocratie représentative. Pour lui, la multiplication des partis politiques au Sénégal est devenue un obstacle structurel à la cohérence et à l’efficacité de la vie politique. Il parle d’une « pléthore », d’une « myriade » de formations politiques dont « les trois quarts ne servent absolument à rien ». Une situation qu’il qualifie d’absurde et qui, selon lui, décrédibilise le système partisan dans son ensemble.

Face à ce constat, l’appel est clair : il faut rationaliser. Le professeur Sène plaide pour une réduction significative du nombre de partis politiques, afin de restaurer la lisibilité de l’offre politique et de renforcer la capacité des institutions à répondre aux attentes des citoyens. Il utilise un mot fort, presque provocateur : « Il faut les siphonner ». Cette expression traduit l’urgence et la fermeté avec lesquelles il aborde la question. Pour lui, le Sénégal gagnerait à avoir « un nombre respectable et correct » de partis, en mesure de participer activement et de manière responsable à la vie démocratique du pays.

Dans cette dynamique de rationalisation, il salue le maintien du système de parrainage, pourtant critiqué par de nombreux acteurs politiques. À ses yeux, ce dispositif représente un filtre indispensable pour éviter que la scène politique ne soit inondée par des candidatures fantaisistes ou opportunistes. Il défend l’idée que dans une démocratie sérieuse, il faut des garde-fous, des mécanismes de régulation qui permettent de distinguer les projets politiques structurés des ambitions personnelles sans fondement. Pour le directeur du WARC, un pays ne peut pas prétendre fonctionner efficacement avec « 200 à 300 partis politiques ».

Le professeur Ousmane Sène ne se limite pas à une simple dénonciation. Il engage un débat de fond sur la qualité du système démocratique, en soulignant que l’enjeu n’est pas seulement quantitatif mais aussi qualitatif. Ce qu’il propose, c’est un assainissement du paysage politique qui permette de créer des regroupements cohérents, portés par de vrais projets de société, capables de structurer l’offre politique et d’assurer une alternance démocratique crédible.

En s’exprimant avec clarté sur ces questions, le professeur Sène remet sur la table un vieux débat qui, jusque-là, n’a jamais trouvé de réponse structurelle. La crise de représentativité, l’usure des institutions et la perte de confiance dans les partis traditionnels sont autant de symptômes d’un système qui peine à se réinventer. Son plaidoyer pour la rationalisation du champ politique s’inscrit donc dans une volonté de refondation. Une démocratie ne se mesure pas au nombre de partis enregistrés, mais à la capacité de ces derniers à faire vivre le débat public, à représenter des idées et à incarner une véritable alternative.

Sénégal – 26 ans de l’AFP : Mbaye Dione alerte sur une situation économique et démocratique préoccupante

À l’occasion du 26e anniversaire de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), célébré ce week-end à Dakar, le secrétaire général du parti, Mbaye Dione, a dressé un constat alarmant de l’état économique, social et institutionnel du Sénégal sous l’ère de la troisième alternance. Placée sous le thème : « Situation économique et financière actuelle du Sénégal : Responsabilités et propositions de solutions », cette journée de réflexion a été marquée par des interventions critiques et des appels à une prise de conscience nationale.

Dans son allocution d’ouverture, Mbaye Dione n’a pas mâché ses mots. Selon lui, le Sénégal traverse une période de grandes turbulences économiques, aggravées par des incertitudes financières et diplomatiques. Il a notamment souligné que le pays fait face à un « arrêt des financements de nombreux bailleurs extérieurs, dont le FMI », conséquence directe, selon lui, d’un débat mal maîtrisé sur la dette publique.

Faute de financements à long terme, l’État aurait recours à des emprunts à court terme uniquement pour couvrir les dépenses courantes, sans pouvoir lancer de projets structurants. « Aucun projet majeur d’investissement n’est lancé par ce régime », a-t-il regretté, pointant une agonie du secteur primaire et une paralysie des grands chantiers du BTP dans tout le pays.

Au-delà de l’économie, Mbaye Dione a également critiqué la gestion de la politique étrangère du Sénégal. Selon lui, « la diplomatie bat de l’aile », comme en témoignent les nombreux échecs de candidatures sénégalaises à des postes de responsabilité au sein des institutions internationales. Il a par ailleurs dénoncé « une confusion de rôles entre le Premier ministre et le Président de la République », rappelant que ce dernier reste le garant constitutionnel de la politique diplomatique.

Le responsable de l’AFP a également pointé un climat social de plus en plus tendu. Il évoque « des milliers de licenciements » liés à la suspension des travaux dans les secteurs publics et privés, et un malaise grandissant parmi les travailleurs, les syndicats et la jeunesse.

Mbaye Dione n’a pas éludé la question des droits humains. Selon lui, le pays connaît un net recul démocratique marqué par des « arrestations arbitraires » et une « chasse aux dignitaires de l’ancien régime » menée au nom de la reddition des comptes. Il a mis en garde contre la tentation de transformer cet impératif de justice en instrument de règlement de comptes politiques.

Reprenant les enseignements de Moustapha Niasse, fondateur de l’AFP, il a souligné que « la mise en garde contre la patrimonialisation de l’État et la recherche effrénée de prébendes conserve toute sa pertinence ». Il a appelé au respect des principes fondamentaux de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs.

En conclusion, Mbaye Dione a justifié le choix du thème de la conférence en insistant sur « l’urgence de poser le débat sur les véritables préoccupations des Sénégalais, d’ici et d’ailleurs ». Il a estimé que la gravité de la situation commande un changement d’approche de la part des gouvernants. « Des solutions doivent être laissées à l’appréciation des tenants du pouvoir », a-t-il conclu, dans un appel mesuré mais ferme à plus de lucidité et de responsabilité.

Protocole de Maputo : la réplique cinglante de la plateforme “Ndeyi Askan Wi” au Pr Amsatou Sow Sidibé

À la suite des propos tenus lors d’un atelier sur les droits humains et les réformes législatives organisé à Saly du 11 au 13 juin 2025, la plateforme nationale des femmes musulmanes, Ndeyi Askan Wi (NAW), a opposé une réplique ferme et vigoureuse au Pr Amsatou Sow Sidibé, présidente de la Commission nationale des droits humains, ainsi qu’à Me Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale.

Réunies ce vendredi à l’Institut Islamique de Dakar pour un face-à-face avec la presse, les responsables de NAW ont tenu à réaffirmer, dans un ton à la fois solennel et combatif, leur attachement indéfectible à la foi musulmane et à la souveraineté culturelle du Sénégal, face à ce qu’elles considèrent comme une offensive idéologique masquée.

“Les incantations d’une prêtresse en chef”

Dans une déclaration marquante, Dr Marième Mbacké, membre active de la cellule de communication de NAW, a dénoncé ce qu’elle qualifie de “discours incantatoire” tenu par Pr Amsatou Sow Sidibé, qu’elle présente comme “la prêtresse en chef d’un agenda étranger”, allusion directe à l’Agenda de Maputo, qualifié de “délirant” par la plateforme.

« Depuis 1972, votre combat n’a jamais prospéré, et ce n’est pas un hasard », a-t-elle lancé à l’endroit de la juriste et militante des droits humains. NAW rejette en bloc toute réforme du Code de la famille qui remettrait en cause ses fondements religieux. Elle conteste également le caractère consensuel de ce code, rappelant que de nombreux guides religieux s’y étaient opposés à l’époque de son adoption.

Un rejet des normes “déguisées en boubous sénégalais”

S’adressant à l’opinion nationale, Dr Mbacké a déclaré avec force : « Les traités déguisés en boubous sénégalais, signés en catimini, ne prospéreront plus. » Pour NAW, certaines normes juridiques et sociales d’inspiration internationale sont perçues comme imposées de l’extérieur, portées par des financements occultes et contraires aux valeurs nationales.

Magnifiant la figure de la mère sénégalaise – pilier de la famille, gardienne de la mémoire et source de bénédiction – elle a évoqué avec émotion le “djaak nangul”, ce rite célébrant la femme mère, symbole de patience, d’abnégation et de transmission. Dans cette perspective, toute réforme qui marginaliserait cette centralité culturelle et religieuse est jugée inacceptable.

Une pique à Me Abdoulaye Tall et au pouvoir actuel

La plateforme n’a pas épargné Me Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois et porte-parole du parti PASTEF, lui reprochant un discours en contradiction avec les engagements du président Bassirou Diomaye Faye, censé rompre avec les « normes civilisationnelles unilatérales ».

« Vous êtes tenus d’écouter le peuple, pas de faire dans la partisannerie », a martelé NAW, rappelant que la modernité ne saurait signifier une rupture avec la législation divine. Pour ses membres, les rares dispositions islamiques contenues dans le Code de la famille sont aujourd’hui menacées par un relativisme culturel importé, auquel elles entendent s’opposer vigoureusement.

Un serment d’engagement pour la sauvegarde des valeurs

Dans une profession de foi patriotique, la plateforme affirme que “le peuple sénégalais, profondément enraciné dans sa foi, n’acceptera jamais de compromis sur son identité”. Le message est clair : la rupture tant promise ne saurait se faire au détriment des intérêts spirituels et culturels du pays.

NAW se dit plus que jamais déterminée à défendre les fondements religieux, familiaux et sociaux du Sénégal, et appelle les autorités à entendre la voix du peuple croyant.

« Dans une dynamique de rupture, il est inévitable que des réformes touchent nos codes, nos lois, notre Constitution. Mais au nom d’Allah SWT, au nom du peuple sénégalais croyant – et singulièrement des 97 % de musulmans – au nom de la famille, de la femme et de l’enfant, nous sommes prêtes à engager le combat pour que cette rupture ne se fasse pas à l’encontre des intérêts de notre peuple et de son système de valeurs », a conclu Dr Marième Mbacké.

Refus de visas et tensions diplomatiques : Thierno Alassane Sall fustige Ousmane Sonko et dénonce « une expression de l’incompétence »

La réaction du Premier ministre Ousmane Sonko à propos des récents refus de visas par les États-Unis continue de susciter de vives critiques au sein de la classe politique sénégalaise. Parmi les voix les plus virulentes figure celle de Thierno Alassane Sall, président du parti La République des Valeurs, qui a publié ce week-end une déclaration au vitriol à l’endroit du chef du gouvernement.

Dans un message posté sur sa page Facebook, l’ancien ministre a dénoncé une prise de parole qu’il juge « populiste » et « irresponsable », accusant Ousmane Sonko de chercher à entretenir un climat de fanatisme chez ses partisans au détriment de l’image du Sénégal sur la scène internationale. « Le Premier ministre Ousmane Sonko doit savoir que ses déclarations populistes, destinées à nourrir le fanatisme de ses thuriféraires, peuvent avoir des conséquences graves pour notre pays », a-t-il écrit.

Thierno Alassane Sall pointe en particulier le risque de dégradation de la perception du Sénégal auprès des partenaires internationaux. Il évoque une perte de crédibilité susceptible d’aggraver les conditions d’accès aux financements extérieurs. « La cote du Sénégal auprès des institutions financières ne cesse de plonger à mesure de ses sorties désinvoltes. Et on le paie très cher en termes de taux d’intérêt sur nos emprunts », alerte-t-il, dans un contexte où la question de la dette et du financement du développement occupe une place centrale dans le débat public.

Ce qui semble avoir particulièrement irrité Thierno Alassane Sall, c’est la référence faite par Ousmane Sonko à l’ancien président américain Donald Trump et à l’idée d’un bras de fer diplomatique. « Comme si cela ne suffisait pas, le voilà qui appelle au gatsa-gatsa avec Donald Trump. En mesure-t-il seulement les potentielles conséquences désastreuses pour le Sénégal et les nombreux Sénégalais qui vivent aux USA ? », s’est-il interrogé avec gravité.

Au-delà du fond, c’est également la forme de la communication du Premier ministre qui est critiquée. Thierno Alassane Sall estime que la diplomatie exige une certaine retenue, de la rigueur et une parfaite maîtrise des codes internationaux. « En diplomatie, il y a une façon de se faire respecter sans exposer ses émotions au grand public et verser dans la démagogie ; le gatsa-gatsa n’y a pas sa place », a-t-il déclaré, concluant sans ambiguïté : « Aucune surprise cependant : cette sortie, dans la forme comme dans le fond, n’est qu’une expression de l’incompétence. »

Enfin, dans une formule qui traduit toute sa désillusion, l’opposant déplore l’évolution actuelle du pays sur le plan diplomatique : « Pauvre Sénégal ! Hier pays phare de la région, nous voilà parmi les parias. » Une sortie qui risque d’alimenter davantage la polarisation politique autour du style de gouvernance du Premier ministre Ousmane Sonko et de sa gestion des relations internationales.

Polémique à l’Assemblée nationale : Fadilou Keïta vole au secours d’El Malick Ndiaye

Alors que la polémique enfle autour de l’acquisition de véhicules à l’Assemblée nationale, le parti Pastef est confronté à ses premières turbulences internes depuis son arrivée au pouvoir. Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, est au centre des critiques, notamment celles formulées publiquement par le député Guy Marius Sagna, figure connue de la lutte sociale. Face à cette vague d’accusations, Fadilou Keïta, un autre responsable politique de Pastef, a brisé le silence pour défendre son camarade, et tenter de calmer les tensions.

S’exprimant ce mercredi, Fadilou Keïta a fermement rejeté les accusations portées contre El Malick Ndiaye. Il a déclaré : « Il s’exprimera le moment venu, mais je sais qu’il est accusé à tort. Tout ce qui se dit sur lui est faux. Lorsqu’il prendra la parole, beaucoup comprendront. » En affirmant ainsi sa confiance en El Malick Ndiaye, Keïta a voulu mettre en doute la pertinence des reproches formulés par Guy Marius Sagna. Il a même été jusqu’à dire : « Je fais plus confiance à El Malick qu’à Guy Marius Sagna. C’est quelqu’un de rigoureux. Je connais certains éléments du dossier et j’invite à la prudence. »

Cette prise de parole intervient dans un contexte marqué par la publication virulente de Guy Marius Sagna sur son compte Facebook. Le député y dénonce ce qu’il considère comme des pratiques incompatibles avec les principes de rupture et de gestion éthique défendus par Pastef. Il pointe du doigt des privilèges qu’il juge indus : distribution de « sukëru koor » (cadeaux de Ramadan) aux parlementaires, octroi de billets de pèlerinage, financement opaque de groupes parlementaires, et surtout l’absence de clarté autour de l’acquisition de véhicules pour les députés.

Ces révélations ont suscité de nombreuses interrogations parmi les militants de la coalition au pouvoir, mais aussi au sein de la société civile, qui attendait une rupture nette avec les pratiques de la précédente législature. Pour certains, cette polémique met en lumière les contradictions d’un pouvoir nouvellement installé, pris entre la nécessité de respecter les règles de gestion publique et la pression d’une base électorale exigeante.

Du côté du bureau de l’Assemblée nationale, aucune communication officielle n’a encore été faite pour répondre aux accusations ou clarifier les procédures entourant l’acquisition desdits véhicules. Mais la sortie de Fadilou Keïta semble indiquer que la ligne de défense commence à se structurer, en misant sur le crédit personnel et la probité du président El Malick Ndiaye.

Ce débat soulève plus largement la question de la transparence au sein des institutions et de la capacité des nouvelles autorités à gérer les affaires publiques sans tomber dans les travers qu’elles ont longtemps dénoncés. En attendant la réaction d’El Malick Ndiaye, promise par Fadilou Keïta, la polémique continue d’animer les couloirs du Parlement comme les réseaux sociaux, où les partisans de la transparence réclament des explications claires.

Ousmane Sonko en visite officielle en Chine : Cap sur le renforcement du partenariat stratégique sino-sénégalais

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a quitté Dakar ce vendredi 20 juin 2025 pour une visite officielle en République populaire de Chine, à l’invitation de son homologue chinois, Li Qiang. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre du raffermissement des liens bilatéraux entre Dakar et Pékin, mais aussi de la participation du chef du gouvernement sénégalais à la 15e édition du Forum d’été de Davos, prévue du 24 au 26 juin à Tianjin.

Selon les informations rapportées par Le Soleil, cette visite vise à consolider le partenariat stratégique global entre les deux pays, engagé depuis plusieurs années dans des domaines variés tels que les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, la santé ou encore les technologies. La Chine, principal partenaire commercial du Sénégal en Asie, a en effet joué un rôle majeur dans la réalisation de projets structurants sur le territoire sénégalais, notamment dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE).

En marge des échanges bilatéraux, Ousmane Sonko prendra également part au Forum économique mondial d’été, souvent qualifié de « Davos asiatique ». Cette rencontre internationale, organisée à Tianjin, réunira des chefs de gouvernement, des dirigeants d’entreprises, des experts économiques et des représentants d’institutions internationales autour des grands enjeux mondiaux liés à l’innovation, à la transition écologique, à l’intelligence artificielle et à la relance économique post-crise.

Pour le Sénégal, cette mission diplomatique du Premier ministre revêt un enjeu stratégique majeur. Elle devrait permettre de négocier de nouveaux partenariats économiques, d’attirer davantage d’investissements chinois et d’approfondir la coopération dans les secteurs prioritaires définis par les autorités sénégalaises, notamment l’industrialisation, la souveraineté alimentaire et le développement des énergies renouvelables.

Il s’agit également pour Ousmane Sonko de porter la voix de l’Afrique dans les débats mondiaux sur l’avenir de l’économie, dans un contexte où les pays du Sud cherchent à redéfinir leur place dans les relations internationales.

Thierno Bocoum dénonce l’opacité à l’Assemblée nationale et appelle à la cohérence des nouveaux dirigeants

Ce vendredi, l’ancien député Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR–Les Leaders, a publié un message incisif revenant sur son expérience parlementaire. À travers une déclaration empreinte de fermeté et de regrets, il dénonce un manque criant de transparence dans la gestion interne de l’Assemblée nationale, tout en interpellant la majorité actuelle sur ses responsabilités.

Dans son message, Thierno Bocoum se remémore son passage à l’Assemblée nationale en tant que président de la Commission comptabilité et contrôle. Il affirme avoir été le premier à demander officiellement des comptes au président de l’institution ainsi qu’au questeur — une démarche qui, selon lui, lui aurait coûté son poste.

« Un acte de transparence élémentaire », déclare-t-il, « mais qui m’a valu d’être évincé. »

Pour lui, ce geste, pourtant banal dans toute institution démocratique, a été perçu comme une menace par ceux qui contrôlent les rouages de l’Assemblée. Il met ainsi en lumière les résistances internes à tout mécanisme de reddition des comptes.

Au-delà de son propre cas, Thierno Bocoum adresse un message clair à la majorité parlementaire issue des dernières élections, désormais dirigée par des figures issues de l’opposition d’hier.

« L’ironie de l’histoire, c’est que ceux-là mêmes qui, hier, réclamaient des vies pour une rupture, sont aujourd’hui majoritaires mais incapables de faire fonctionner cette commission essentielle », assène-t-il.

En filigrane, il dénonce une rupture entre les engagements pris par ces nouveaux dirigeants lorsqu’ils étaient dans l’opposition, et la réalité de leur gestion actuelle du pouvoir. Une critique qui résonne dans un contexte où la transparence et la bonne gouvernance étaient au cœur des promesses électorales.

Thierno Bocoum salue également le rôle de Guy Marius Sagna, député connu pour son franc-parler et ses positions tranchées. Il lui reconnaît le mérite d’avoir « levé un coin du voile » sur les pratiques internes de l’Assemblée nationale, notamment en matière de gestion financière et de fonctionnement institutionnel.

Ce soutien à un député de la nouvelle majorité montre que Thierno Bocoum place la cohérence et l’éthique au-dessus des clivages partisans.

À travers cette sortie, l’ancien député adresse un message sans équivoque : les pratiques de transparence ne doivent pas se limiter à des slogans de campagne. Elles doivent s’incarner dans les actes quotidiens des institutions de la République, particulièrement de la part de ceux qui ont fait de la bonne gouvernance leur cheval de bataille.

Assemblée nationale : Guy Marius Sagna et Ismaïla Diallo, le clash inattendu au sein de la majorité Pastef

Un vent de tension souffle au sein de la majorité parlementaire. Deux figures bien connues de l’hémicycle, Guy Marius Sagna et Ismaïla Diallo, tous deux membres du parti au pouvoir, Pastef, se sont livrés à une passe d’armes médiatique qui ne laisse personne indifférent — pas même les militants du parti.

Tout est parti d’une prise de parole de Guy Marius Sagna ce jeudi, dénonçant avec vigueur certaines pratiques persistantes à l’Assemblée nationale, qu’il juge contraires à l’esprit de rupture et de rigueur que Pastef promettait. Pour le député, il est temps de tourner la page des vieilles habitudes.

la distribution de “Sukëru koor” (cadeaux de Ramadan) aux députés ; les aides financières octroyées aux groupes parlementaires sans transparence ni compte rendu ; les billets de pèlerinage distribués sans critères clairs ; l’absence de concertation sur des questions aussi cruciales que l’achat de véhicules pour les députés ; et surtout, le manque de reddition des comptes de la Commission comptabilité et contrôle, dont il est pourtant membre.

Pour GMS, ces pratiques ternissent l’image du parti qui a pourtant bâti son ascension sur une promesse de gouvernance sobre et vertueuse.

La réponse du vice-président de l’Assemblée nationale ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration sèche, Ismaïla Diallo accuse Guy Marius Sagna d’avoir « un agenda personnel » et de jouer un double jeu.

Il remet en question l’authenticité des critiques du député, l’invitant à faire preuve de cohérence. « Il parle d’orthodoxie budgétaire, mais il perçoit des indemnités importantes de la CEDEAO tout en continuant à bénéficier du soutien de l’Assemblée nationale. Qu’il commence par là ! », tacle Diallo, qui accuse son collègue de cumuler les avantages sans transparence.

Il va plus loin en dénonçant une prétendue dette de 500 000 FCFA contractée par Guy Marius Sagna auprès du groupe parlementaire Yewwi, laissant entendre que son discours sur la rigueur budgétaire serait à géométrie variable.

Ces échanges révèlent une fracture jusque-là contenue au sein de la majorité parlementaire, pourtant issue du même combat politique. La virulence du ton entre deux députés historiquement proches, et militants de la première heure de Pastef, traduit un malaise profond sur la gestion des pratiques internes au Parlement.

Des voix parmi les militants se sont exprimées sur les réseaux sociaux, partagées entre soutien à Guy Marius Sagna pour son franc-parler et déception face à cette querelle publique qui éclabousse l’image du parti.

Ce duel entre Sagna et Diallo soulève en réalité une question plus large : la majorité issue des rangs de Pastef est-elle prête à assumer jusqu’au bout les promesses de rupture et de gestion vertueuse ? Ou assiste-t-on, à travers cet échange musclé, aux premiers signes de dérives internes et de règlements de comptes politiques ?

Affaire des visas pour les Lionnes : Yoro Dia tacle Ousmane Sonko et l’accuse de gouverner par l’émotion

La décision du Premier ministre Ousmane Sonko d’annuler le stage de préparation des Lionnes du basketball prévu aux États-Unis continue de susciter des réactions. Dans un message publié sur sa page Facebook, Yoro Dia, ancien ministre et analyste politique, a vivement critiqué la posture adoptée par le chef du gouvernement. Il juge que la réponse du Premier ministre à la non-délivrance de visas par les autorités américaines est inappropriée et révélatrice d’une gouvernance émotive.

Selon Yoro Dia, la gestion d’un dossier aussi sensible que celui des relations diplomatiques, notamment dans le contexte de délivrance de visas, devrait être traitée avec plus de recul et de méthode. « Cela devrait relever au plus du Secrétaire général des Affaires étrangères. On ne gouverne pas par l’émotion », a-t-il tranché, estimant que cette sortie de Sonko était disproportionnée et inadaptée au rang qu’il occupe.

Dans la même veine, l’ancien porte-parole de la présidence n’a pas ménagé ses mots à l’endroit du Premier ministre, l’accusant d’instrumentaliser un discours souverainiste qui, selon lui, masque un complexe plus profond. « Leur souverainisme n’est que refoulement du complexe d’infériorité, d’où cette susceptibilité pavlovienne », a-t-il asséné, dénonçant un « populisme mal maîtrisé » qui pourrait, selon lui, nuire à la posture internationale du Sénégal.

Pour rappel, Ousmane Sonko avait ordonné l’annulation du stage de préparation de l’équipe nationale féminine aux États-Unis, après que plusieurs membres n’aient pas obtenu de visa. Il avait affirmé que le stage se déroulerait désormais sur le sol sénégalais, dans un cadre « souverain » et respectueux de la dignité nationale.

Cette sortie de Yoro Dia relance donc le débat sur la diplomatie sportive et la posture de l’exécutif face aux partenaires étrangers, dans un contexte où les rapports entre Dakar et certaines chancelleries occidentales semblent connaître une phase de réajustement stratégique.

Assemblée nationale : affrontement verbal entre Guy Marius Sagna et Ismaïla Diallo sur fond de bilan et de divergences politiques

Le ton monte entre députés à l’Assemblée nationale. À peine six mois après l’installation de la nouvelle législature, un échange virulent oppose deux membres de la majorité parlementaire, Guy Marius Sagna, député du groupe PASTEF, et Ismaïla Diallo, premier vice-président de l’institution. À l’origine du clash : un bilan percutant publié par Sagna sur sa page Facebook, où il dénonce des pratiques opaques au sein du Parlement et revendique un activisme assumé au service du peuple.

Dans une déclaration fleuve, Guy Marius Sagna dresse un tableau sans concession de son mandat depuis le 2 décembre 2024. Il y affirme avoir pris 267 initiatives parlementaires en six mois. Mais au-delà des chiffres, c’est le ton résolument critique envers l’institution et certains de ses collègues qui retient l’attention. Selon lui, l’Assemblée nationale continue de perpétuer des « pratiques d’un autre âge » telles que la distribution de privilèges déguisés : billets pour le pèlerinage à la Mecque, dons de sucre pour le ramadan, enveloppes sans justificatifs, et véhicules de luxe achetés sur fonds publics.

Il accuse certains parlementaires de céder à la tentation du confort personnel, trahissant ainsi l’esprit de rupture prôné par la nouvelle majorité. « Ce mandat, je le dédie au confort du peuple, pas au confort personnel ou aux commodités politiques », a-t-il martelé. Guy Marius Sagna va plus loin en interpellant le gouvernement sur la nécessité d’interdire ou d’encadrer les acquisitions somptuaires dans un contexte de précarité nationale.

Pour appuyer son engagement, le député évoque plusieurs actions concrètes : obtention d’une ambulance pour la commune de Gassane, interventions sur des salaires impayés, alertes sur des détournements présumés, ou encore des dénonciations d’irrégularités à la Chambre de commerce de Ziguinchor. Ce bilan, présenté comme une preuve de reddition des comptes, semble également avoir pour objectif de mettre en lumière les failles internes du Parlement.

Mais la réaction de ses collègues ne s’est pas fait attendre. Ismaïla Diallo, premier vice-président de l’Assemblée nationale, a répondu sèchement sur Facebook. Il accuse Guy Marius Sagna de rouler pour sa propre chapelle politique : « Il a son propre agenda et ce n’est pas un secret. Et rien ne me surprend de lui. Nous avons vécu ensemble la 14e législature », a-t-il lancé, laissant entendre que le député de PASTEF privilégierait la posture médiatique à l’efficacité législative.

Cette sortie, bien que brève, traduit un malaise profond au sein même de la majorité. Elle suggère que les lignes de fracture entre les tenants d’un activisme de rupture et les défenseurs d’un fonctionnement plus institutionnel commencent à se creuser, six mois à peine après le début de la nouvelle législature.

Si les désaccords internes sont souvent relégués à l’arrière-plan dans les majorités parlementaires, cette joute publique entre deux figures du camp présidentiel révèle une tension sur la manière d’exercer le pouvoir législatif dans un contexte de renouveau politique. Guy Marius Sagna entend continuer son combat « pour le peuple », tandis qu’Ismaïla Diallo semble vouloir préserver une certaine forme de discipline institutionnelle. Un duel politique qui ne fait peut-être que commencer.

Dialogue national : l’opposition dresse un bilan mitigé et exige un comité de suivi inclusif

Réunis en point de presse ce mercredi à Dakar, les représentants de l’opposition ayant pris part au Dialogue national ont dressé un état des lieux nuancé du processus, entre espoirs mesurés et frustrations persistantes. Tout en réaffirmant leur attachement au principe du dialogue, ils pointent les limites du cadre actuel et appellent à la mise en place urgente d’un comité de suivi inclusif placé sous l’autorité du chef de l’État.

Malgré un climat politique qu’ils jugent délétère, marqué par des atteintes aux libertés fondamentales, des arrestations jugées arbitraires, et des discours parfois agressifs de la part de dirigeants de la majorité, les leaders de l’opposition affirment avoir maintenu leur engagement dans le dialogue par souci de responsabilité démocratique. Ils rappellent que les thématiques abordées – réforme électorale, renforcement de la démocratie, libertés publiques – sont cruciales pour le devenir institutionnel du Sénégal, ce qui, à leurs yeux, justifie pleinement leur participation.

Cependant, ils dénoncent un certain immobilisme du pouvoir, en particulier sur les questions liées aux libertés fondamentales. La détention de Moustapha Diakhaté, qualifiée d’« arbitraire », est citée comme l’un des exemples flagrants du fossé qui subsiste entre les discours d’ouverture et la réalité du terrain. Les opposants pointent également du doigt les multiples obstacles à l’exercice du droit de manifestation, toujours restreint dans plusieurs zones du pays, et critiquent vigoureusement le refus d’abroger les dispositions du Code pénal jugées liberticides.

Sur le plan institutionnel, le bilan des commissions est jugé contrasté. Certaines ont permis des avancées sur des accords de principe, notamment dans le domaine électoral, avec la reconnaissance du besoin de réformer le mode de scrutin et de clarifier les prérogatives des organes électoraux. L’opposition s’interroge toutefois sur la cohérence d’un système qui permet à un camp d’obtenir plus de 80 % des sièges à l’Assemblée nationale avec à peine 54 % des voix.

La proposition d’une loi sur les partis politiques a été bien accueillie sur le fond, notamment pour encadrer la création des formations, réglementer leur financement et définir leurs droits. Mais sur la question du statut du chef de l’opposition, les désaccords ont ressurgi, rendant l’adhésion des parties encore fragile.

Là où les lignes n’ont que très peu bougé, c’est sur les libertés publiques. L’opposition accuse la majorité de s’être « reniée » en refusant d’élargir les droits de manifestation, de renforcer la protection des journalistes et des membres de la société civile, ou encore d’engager une réforme en profondeur de la gouvernance sécuritaire des manifestations.

Pour sortir de l’impasse, les opposants appellent solennellement à la création d’un comité de suivi pluraliste et indépendant, chargé de superviser la mise en œuvre des accords obtenus et de rouvrir les discussions sur les points restés en suspens. À leurs yeux, seule une telle structure, placée sous la tutelle directe du président de la République, pourrait garantir la crédibilité du processus et éviter que les engagements pris ne tombent dans l’oubli.

Dans leur déclaration finale, les membres de l’opposition annoncent qu’ils adresseront prochainement une correspondance officielle au chef de l’État, afin de lui rappeler les engagements issus des assises nationales et de lui demander de veiller personnellement à leur application. Ils préviennent que tout passage en force serait perçu comme un désaveu du dialogue national et ouvrirait une nouvelle phase d’instabilité politique. En somme, l’opposition prévient : le temps des compromis creux est révolu.

Robert Bourgi, l’ombre persistante de la Françafrique : malaise autour d’une lettre

Les réseaux obscurs de la Françafrique ont-ils encore voix au chapitre dans les nouvelles dynamiques politiques africaines ? La récente lettre attribuée à Robert Bourgi, avocat d’affaires français et ancien intime des palais présidentiels africains, ravive les douleurs d’un passé marqué par les ingérences, les valises de billets, et les manipulations d’un autre âge.

L’auteur de cette missive controversée, bien connu pour ses sorties fracassantes et son rôle trouble dans les relations franco-africaines, y évoque des échanges avec des partisans de Pastef à l’hôtel Lagon de Dakar. Une prise de parole qui n’a pas manqué de faire réagir, tant elle semble chargée de sous-entendus politiques. Pour le professeur Ndiaga Loum, juriste et intellectuel sénégalais, cette lettre s’inscrit dans une volonté de « déstabilisation du nouveau régime » de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Les déclarations de Robert Bourgi n’ont rien d’anodin. Elles réveillent le souvenir d’aveux passés, où l’homme racontait sans détour comment il faisait transiter de l’argent liquide en provenance de chefs d’État africains pour financer illégalement des campagnes politiques françaises. Des anecdotes sulfureuses — valises de billets cachées dans des tam-tams, pressions sur des dirigeants, rétributions à tous les bords politiques français, y compris l’extrême droite — qui dressent le portrait d’un homme habité par le cynisme et les intrigues.

Loin du vernis diplomatique qu’il tente parfois d’appliquer à ses interventions, Bourgi traîne un lourd passif. En 2011 déjà, il accusait sans preuves Karim Wade d’avoir sollicité une intervention militaire française contre les manifestations sénégalaises. Une affirmation jamais corroborée, mais révélatrice d’un mode opératoire : semer le doute, brouiller les lignes, entretenir la confusion.

Face à ce retour en scène, Ndiaga Loum ne mâche pas ses mots. Dans une tribune cinglante, il dénonce « l’imposture » d’un homme qui n’a plus de légitimité ni de crédit moral. Il rappelle que Robert Bourgi a été radié du barreau de Paris pour son comportement jugé « vulgaire et cynique », et que même Nicolas Sarkozy — figure de référence pour Bourgi — a été déchu de la Légion d’honneur après ses condamnations judiciaires.

Pour Loum, le nouveau pouvoir sénégalais doit rester vigilant et ne pas tomber dans les pièges d’un système postcolonial désormais en décomposition. « Bourgi vit de mensonges et de manœuvres », écrit-il sans détour, appelant les dirigeants à écouter les voix des intellectuels enracinés, comme Sa Ndiogou ou Serigne Momar Diagne, qu’il qualifie de « sociologues du quotidien ».

Au-delà du cas Bourgi, c’est une page d’histoire que Ndiaga Loum exhorte à tourner : celle de la Françafrique, avec ses combines, son clientélisme, et la privatisation des ressources publiques au bénéfice de quelques-uns. Dans un contexte où les peuples africains aspirent à plus de souveraineté, de justice sociale et de transparence, les figures d’un passé trouble n’ont plus leur place.

Le professeur conclut sa tribune par une promesse : « Tant que l’imposture réclamera une place qu’elle ne mérite pas, j’userai de ma modeste plume pour faire entendre ma voix. » Une phrase forte, à la fois alerte et engagement, qui résonne comme un avertissement aux nostalgiques d’un ordre ancien.

Crise budgétaire au Sénégal : Thierno Bocoum dénonce une rupture de légalité et de sincérité

Aquelques jours de la date butoir du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB), fixée au 30 juin par la loi organique, une alerte majeure s’impose.

Le Sénégal fait face à une double crise budgétaire : une crise de légalité et une crise de sincérité.

D’un côté, le journal Les Échos révèle que la LFR et le DOB 2025 ont été « adoptés » par le Bureau de l’Assemblée nationale. De l’autre, le ministère des Finances annonce pour le 23 juin la publication tardive des rapports d’exécution budgétaire du 4e trimestre 2024 et du 1er trimestre 2025 alors même que les arbitrages pour les années 2026 à 2028 sont déjà en cours.

Cette double séquence confirme une rupture grave de l’ordre institutionnel.

Le journal *Les Échos* du 17 juin 2025 rapporte que le Bureau de l’Assemblée nationale a adopté la Loi de Finances Rectificative (LFR) ainsi que le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB), en attente d’un calendrier de plénière.

Cette annonce, en apparence anodine, dissimule une double anomalie institutionnelle d’une extrême gravité puisque ni la LFR 2025 ni le DOB 2025 n’ont été adoptés en Conseil des ministres.

La seule référence officielle sur ces sujets figure dans les communiqués des 4 et 21 mai 2025. Le premier évoque une note de cadrage budgétaire, le second mentionne une simple préparation du DOB avant la fin juin. Aucune trace d’une adoption formelle de ces documents en Conseil des ministres n’a été retrouvée.

La LOLF n°2020‑07 du 26 février 2020 est pourtant explicite :

« Le Ministre chargé des Finances prépare les projets de lois de finances qui sont adoptés en Conseil des Ministres. »(Article 55)

« Le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle visé à l’article 51 de la présente loi organique, éventuellement accompagné des documents de programmation pluriannuelle des dépenses visés à l’article 52 de la présente loi organique, est adopté en Conseil des Ministres. Ces documents sont publics et soumis un débat d’orientation budgétaire à l’Assemblée nationale, au plus tard à la fin d deuxième trimestre de l’année.» (Article 56)

En parallèle, l’absence de LFR jusqu’à la date d’aujourd’hui et à la veille du DOB et de la nouvelle stratégie budgétaire et financière annoncée par la président de la république, constitue une anomalie gravissime.

Depuis février 2025, de nouvelles données ont été formellement constatées par la Cour des comptes. La logique budgétaire, comme l’exige la rigueur républicaine, aurait voulu qu’une Loi de Finances Rectificative soit introduite pour corriger les écarts et actualiser les équilibres macroéconomiques.

Or, rien n’a été fait. Le budget 2025 demeure inchangé malgré un contexte économique bouleversé. Il devient ainsi un document artificiel, déconnecté de la réalité mais toujours utilisé pour planifier l’avenir.

Les risques ne sont pas théoriques. Les partenaires techniques et financiers perçoivent l’absence de LFR comme un signe d’opacité, le Parlement risque de débattre du DOB sans accès aux données exécutées et les décisions publiques deviennent illisibles, fragiles et déconnectées du réel.

L’équation est simple : sans adoption formelle en Conseil des ministres, la LFR et le DOB n’ont pas de base juridique valide. Sans LFR sincère, les projections deviennent biaisées et risquées. Sans respect du calendrier, la transparence devient une fiction administrative.

La vérité budgétaire n’est pas une faveur, c’est une obligation.

Le peuple sénégalais mérite mieux que des procédures tronquées et des chiffres obsolètes. Il a droit à une gouvernance rigoureuse, à un Parlement éclairé et à des décisions fondées sur des données validées, assumées et vérifiables.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS 

Conflit Israël-Iran : Cheikh Oumar Diagne critique la posture du Sénégal et appelle à la prudence

Cheikh Oumar Diagne, ancien directeur des Moyens généraux à la Présidence de la République, est monté au créneau pour fustiger la réaction officielle du Sénégal face à l’escalade militaire entre Israël et l’Iran. Selon lui, la posture adoptée par les autorités sénégalaises manque à la fois de clarté et de fermeté.

« Je ne suis pas d’accord avec la posture du Sénégal. Je l’ai dit depuis le début, le Sénégal devait ouvertement dénoncer l’attitude d’Israël, qui a clairement violé le droit international en attaquant l’Iran », a-t-il affirmé lors d’une récente sortie médiatique. Pour cet acteur politique et analyste des relations internationales, la diplomatie sénégalaise a fait preuve de frilosité là où elle aurait dû adopter une position de principe.

Depuis le déclenchement des hostilités le 13 juin dernier, le conflit entre Israël et l’Iran a pris une ampleur dramatique, faisant plusieurs centaines de morts et aggravant les tensions dans une région déjà instable. Alors que certains pays africains ont choisi une neutralité silencieuse, d’autres ont émis des condamnations fermes ou exprimé leur solidarité avec l’une des parties. Le Sénégal, quant à lui, s’est limité à un communiqué appelant à la retenue et au respect du droit international.

Cheikh Oumar Diagne, tout en condamnant l’agression israélienne, appelle néanmoins les autorités sénégalaises à éviter toute implication active dans cette crise d’envergure. « C’est un conflit de géants. Que le Sénégal reste dans son coin et se limite à dénoncer », a-t-il conseillé avec un sourire, mettant en garde contre toute velléité d’envoyer des émissaires ou de tenter une médiation diplomatique.

Renaissance Républicaine : le ministre Abdoulaye Diouf Sarr structure sa formation politique

Le Parti Renaissance Républicaine a franchi, ce dimanche 15 juin 2025, une étape décisive dans sa structuration, à l’occasion d’une importante session stratégique tenue à son siège national, sous la présidence effective de Monsieur Abdoulaye Diouf Sarr, président du parti.

Réunis autour d’une ambition commune pour le Sénégal, les cadres de Renaissance Républicaine ont adopté, à l’unanimité, une résolution fondatrice articulée autour de quatre décisions majeures, structurantes pour l’avenir du parti.

Dans un esprit de responsabilité républicaine, les cadres ont procédé à une lecture critique et lucide de la situation politique, économique et sociale du pays. Cette analyse a mis en lumière la nécessité d’un renouveau éthique, d’une parole politique responsable, ainsi que d’un projet clair et cohérent au service du peuple sénégalais.

Les participants ont validé la mise en place du Conseil d’Orientation Stratégique, un organe permanent de veille, d’analyse et de production intellectuelle. Véritable force de proposition, le COS accompagnera les décisions stratégiques du parti. Il sera ouvert à une pluralité d’expertises, incluant les cadres de la diaspora et les intelligences indépendantes, dans une dynamique de collaboration continue et de réflexion collective.

Une circulaire portant Charte des Cadres a été soumise et validée. Elle définit les rôles et responsabilités des cadres du parti, en mettant l’accent sur des engagements clés : exemplarité, loyauté, solidarité, ainsi qu’une participation active à la formation, à la mobilisation et à l’animation politique.

Quatre structures majeures ont été officiellement mises en place pour encadrer l’action des cadres :

L’École du Parti : dédiée à la formation idéologique, politique et citoyenne ; Le Comité scientifique : chargé de produire des analyses et des orientations sur les grandes questions nationales ; Le Réseau des Enseignants : vecteur de pédagogie politique et de transmission des valeurs républicaines ; La structure Cadres RR (CRR) : pilier de la mobilisation intellectuelle et stratégique au sein du parti.

En clôturant la séance, le président Abdoulaye Diouf Sarr a salué cette avancée organisationnelle majeure, tout en lançant un appel à la responsabilité, à l’implication collective, et à la production d’idées fortes en phase avec les aspirations du peuple sénégalais.

Par ailleurs, Monsieur Maodo Dramé a été désigné porte-parole du parti. Le président lui a adressé ses félicitations appuyées, en soulignant la dimension stratégique de cette fonction, véritable relais de la parole officielle du parti dans l’espace public.

Polémique autour de sa participation au dialogue national : « Si c’était à refaire, je le referais », dixit Abdoulaye Seydou Sow

Invité de l’émission Face au Jury sur Pressafrik TV HD ce dimanche, l’ancien ministre de l’Urbanisme et actuel maire de Kaffrine, Abdoulaye Seydou Sow, est revenu sur sa participation controversée au dialogue national du 28 mai dernier. Une démarche qu’il assume pleinement, malgré le mot d’ordre de boycott lancé par son parti, l’Alliance pour la République (APR), alors dans l’opposition.

Réagissant aux critiques sur son choix d’avoir répondu à l’appel du président Bassirou Diomaye Faye, M. Sow s’est voulu clair : « On ne peut pas boycotter un dialogue, quelles que soient les circonstances politiques. » Il explique avoir partagé cette position au sein du parti lors d’une réunion du sous-comité mis en place par l’ancien président Macky Sall.

Selon lui, la posture du boycott ne servait pas les intérêts de l’opposition : « Je leur ai dit que si ça ne tenait qu’à moi, on prendrait part au dialogue. Le président ne va pas nous faire du tort pour avoir donné notre point de vue. » Et de rappeler que lors du dialogue initié par Macky Sall, certains responsables de l’opposition, dont Oumar Sarr, avaient bien participé malgré l’incarcération de Karim Wade à l’époque.

Pour Abdoulaye Seydou Sow, deux raisons justifient la présence de l’opposition à ce dialogue : d’abord pour éviter qu’elle « ne se casse », ensuite pour « garder une position face au pouvoir ». Une stratégie politique assumée, qu’il dit avoir défendue devant l’assistance lors de sa prise de parole au dialogue.

M. Sow a également précisé qu’il n’avait pas été informé officiellement de l’interdiction faite aux membres de l’APR de participer au dialogue. « Je l’ai appris à la conférence de presse », confie-t-il. Il cite à ce propos une célèbre formule de Me Abdoulaye Wade : « Si tu manges un repas dont tu ne sais comment il a été préparé, si tu en meurs, tu es responsable de ta mort. » Manière de dégager sa responsabilité et de souligner l’ambiguïté des instructions au sein du parti.

Il rappelle avoir été transparent sur sa décision : « Lors d’une réunion préparatoire, j’ai dit que j’irais au dialogue en tant que maire et en tant que citoyen. Personne ne m’en a empêché. On m’a juste dit qu’on n’encourageait pas les maires à y aller, mais cela n’a rien d’une interdiction formelle. »

Et de souligner, non sans ironie, que le 4 avril dernier, plusieurs présidents d’institutions avaient participé à une rencontre officielle avec le chef de l’État, sans en informer le parti. « Ça aussi, c’est une forme de dialogue », glisse-t-il.

Pour Abdoulaye Seydou Sow, l’APR commet une erreur stratégique en refusant d’assister au dialogue. Il prend à témoin la participation d’Oumar Youm aux Assises nationales sous Wade pour justifier la pertinence de sa propre démarche : « Si c’était à refaire, je le referais », insiste-t-il, convaincu d’avoir agi dans l’intérêt du débat démocratique.

Kaolack / Hivernage : premières pluies enregistrées, le maire Serigne Mboup sollicite le soutien de l’État

La ville de Kaolack a accueilli ses premières pluies de l’hivernage. Une aubaine pour les agriculteurs, mais aussi un rappel brutal des défis persistants liés à l’infrastructure urbaine. À cette occasion, le maire de la ville, Serigne Mboup, s’est adressé à la population à travers un discours empreint de lucidité et d’appel à l’unité.

Le premier magistrat de Kaolack a su capter l’essence des difficultés auxquelles la ville est confrontée, tout en exprimant une profonde gratitude envers les citoyens pour leur engagement. Il a rappelé que si la pluie est une bénédiction, elle met également à nu les faiblesses structurelles de la ville.

« Depuis 60 ans, Kaolack attend des investissements sérieux », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence de moderniser les infrastructures vieillissantes et de finaliser les projets inachevés.

Il a lancé un appel à une mobilisation collective, impliquant autorités, élus, société civile et citoyens, afin d’obtenir des réponses durables face aux intempéries.

Serigne Mboup a également dénoncé certains comportements nuisibles, tels que le dépôt d’ordures dans les caniveaux ou encore les actes de sabotage qui aggravent la situation.

« Kaolack, c’est notre maison. Respectons-la », a-t-il insisté, invitant chaque habitant à devenir acteur du changement, plutôt que simple spectateur.

Il a par ailleurs sollicité le soutien actif de l’État, estimant que « la mairie seule ne peut tout faire ». Le maire a exhorté la majorité présidentielle à passer des discours aux actes concrets, afin de soutenir efficacement les efforts locaux.

En remerciant les services publics, le génie militaire et toutes les personnes œuvrant discrètement sur le terrain, il a souligné l’importance de signaler les problèmes plutôt que de simplement les filmer.

« La salubrité est notre responsabilité partagée », a-t-il affirmé, appelant à une mobilisation urgente de camions, d’aides et de vivres avant que la situation ne s’aggrave.

Enfin, Serigne Mboup a interpellé la presse et les influenceurs, les invitant à devenir des relais positifs et responsables, évitant de ternir l’image de Kaolack. Il a salué les efforts constants de la diaspora kaolackoise, soutien discret mais ô combien patriotique, et a conclu son discours par un message d’espoir et de solidarité.

Réformes électorales : Ndiaga Sylla salue la création d’une Cour constitutionnelle et appelle à la fin de la déchéance électorale automatique

L’expert électoral Ndiaga Sylla a exprimé sa satisfaction suite à l’annonce de la création d’une Cour constitutionnelle au Sénégal. Dans une publication sur Facebook, il a salué cette réforme institutionnelle, la qualifiant de « garantie pour le respect des droits de l’homme ». Il a également souligné que la constitutionnalisation de la Commission électorale, désormais dotée d’une autonomie renforcée, constitue une avancée majeure dans le processus de modernisation du système électoral sénégalais.

Toutefois, Ndiaga Sylla invite les autorités à aller plus loin dans l’esprit de rupture et de refondation démocratique. Il plaide notamment pour la suppression de la disposition du Code électoral relative à la déchéance électorale automatique, qu’il juge contraire aux standards internationaux en matière de droits humains.

Selon lui, cette mesure a injustement empêché plusieurs figures politiques de se présenter à des élections, citant nommément Karim Wade, Khalifa Sall, Ousmane Sonko, et potentiellement Barthélémy Dias.

« La déchéance électorale automatique dont ont été victimes des acteurs politiques devrait être supprimée en application des standards internationaux », a-t-il insisté.

Ousmane Sonko sur la fiscalité au Sénégal : “Le chantage de l’investissement contre l’aveuglement fiscal ne marchera pas”

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a fermement rejeté l’idée selon laquelle les entreprises opérant au Sénégal seraient soumises à une pression fiscale excessive. Lors d’un échange avec la presse jeudi à Dakar, le chef du gouvernement a assuré que la fiscalité nationale est conforme aux standards internationaux et que l’État œuvre activement à garantir un environnement d’investissement sécurisé et équitable.

« Je ne pense pas que le Sénégal soumette les entreprises qui investissent sur son sol à plus de pression fiscale qu’ailleurs dans le monde. Cela n’existe pas », a-t-il affirmé en réponse à une question sur les récents audits sectoriels et les redressements fiscaux visant certaines sociétés.

Ousmane Sonko a profité de l’occasion pour dénoncer les pratiques anciennes où certaines entreprises étrangères pouvaient, selon lui, opérer librement sans s’acquitter pleinement de leurs obligations fiscales. Il a attribué ces dérives à des complicités internes, à des défaillances administratives et à l’inaction des anciennes autorités politiques.

« Cela est révolu. Nous avons aujourd’hui un cadre fiscal qui n’est pas répressif mais qui n’est pas permissif non plus », a-t-il déclaré, soulignant que ce système s’applique de manière uniforme à tous les investisseurs, quelle que soit leur nationalité.

Le Premier ministre a par ailleurs annoncé un vaste chantier de réformes législatives visant à moderniser et clarifier les règles du jeu économique au Sénégal. « Le code des investissements, le code minier, le code pétrolier, le code des impôts, le code des douanes… tous les codes sont en cours de réforme », a-t-il précisé. L’objectif est de rendre le pays plus attractif, tout en assurant une fiscalité juste et équilibrée.

Selon lui, ces réformes ne doivent pas être perçues comme des obstacles à l’investissement, mais comme des garanties d’un climat sain et compétitif.

« Nous créons les conditions de la sécurité de l’investissement dans ce pays : sécurité juridique mais aussi sécurité tout court », a insisté Sonko, en promettant un accompagnement de l’État pour tous les investisseurs de bonne foi.

En contrepartie, il exige le respect des lois et des engagements fiscaux. « Ce que l’on attend de ces investisseurs, c’est qu’ils travaillent, créent des emplois, paient des impôts. »

Le Premier ministre n’a pas manqué de lancer un avertissement à ceux qui espéreraient bénéficier de passe-droits ou perpétuer des pratiques extractivistes. « Le chantage de l’investissement contre l’aveuglement fiscal ne marchera pas au Sénégal », a-t-il averti, se disant opposé à tout modèle où des sociétés étrangères exploiteraient les ressources naturelles sans retombées économiques significatives pour le pays.

Diplomatie sénégalaise : Le président Diomaye Faye opère une vague de nominations dans les consulats à l’étranger

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, imprime sa marque dans la diplomatie sénégalaise avec une série de nouvelles nominations au sein des consulats du Sénégal à travers le monde. Cette réorganisation, révélée par le journal L’As, marque un tournant dans la gestion des représentations diplomatiques, à travers la nomination de plusieurs consuls généraux adjoints dans divers pays.

Parmi les personnalités promues, Marie Jeanne Diouf a été nommée Consul général adjoint au Consulat général du Sénégal à New York, en remplacement d’Amadou Gassama, rappelé. À Casablanca, Mama Diène Thiaw succède à Françoise Marie Agnès Diène au poste de Consul général adjoint, cette dernière ayant été mutée.

À Dakhla, Salif Diop prend les rênes en tant que Consul général adjoint, en lieu et place d’Aïda Traoré. La réorganisation concerne également la Côte d’Ivoire, où Babacar Mbow est désormais Consul général adjoint à Abidjan, succédant à Abdoul Demba Sow, parti à la retraite.

Le Consulat général du Sénégal à Pointe-Noire connaît aussi un changement : Amadou Tidiane Barry y a été désigné comme Consul général adjoint, remplaçant Yabal Guèye Dieng, récemment rappelé. À Djeddah, c’est Ibrahima Manga qui prend le relais de Mbaye Diouf, muté à un autre poste.

En Chine, au Consulat de Guangzhou, Mamary Diarra est nommé Consul général adjoint, suite au rappel de Rougui Mbaye. À Barcelone, un nouveau poste de Consul général adjoint est créé et confié à Baye Elimane Thiaw. Dans la même dynamique, Mama Diedhiou remplace Adama Fall, mutée, à un poste non précisé.

En France, deux nominations viennent compléter cette vague : Issa Marie Diène prend la place d’Aliou Diao comme Consul général adjoint à Bordeaux, tandis que Issa Isaac Ngom remplace Abdoul Hamidou Wone au Consulat général du Sénégal à Marseille.

Cette série de changements s’inscrit dans la volonté affichée par le président Diomaye Faye de renouveler l’appareil diplomatique sénégalais, en mettant en place des profils jugés en phase avec sa vision de la gouvernance extérieure. Elle pourrait également traduire une dynamique de redéploiement stratégique des ressources humaines dans les représentations consulaires, dans un contexte mondial en pleine mutation.

Affaire de blanchiment et d’escroquerie : la justice confirme la saisie des biens de Farba Ngom et Tahirou Sarr

La Chambre d’accusation financière a confirmé ce vendredi les ordonnances de saisie pénale visant les hommes d’affaires Farba Ngom et Tahirou Sarr, selon des informations rapportées par Seneweb. Ces décisions, rendues par le juge d’instruction financier, s’inscrivent dans le cadre d’une enquête pour blanchiment de capitaux, escroquerie et abus de biens sociaux portant sur plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Farba Ngom, ancien député et proche de l’ex-président Macky Sall, a été inculpé le 27 février 2025 pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de blanchiment de capitaux, escroquerie sur des fonds publics à hauteur de 31,8 milliards de FCFA, et complicité d’abus de biens sociaux. Son coaccusé, l’homme d’affaires Tahirou Sarr, a été mis en cause dès le lendemain, le 28 février, pour les mêmes faits, en plus d’une escroquerie distincte portant sur 25,3 milliards de FCFA. Ces inculpations s’appuient notamment sur un rapport accablant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Dans une ordonnance rendue le 11 mars 2025, le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier a ordonné la saisie des comptes bancaires, immeubles, véhicules et autres avoirs appartenant aux deux prévenus. Cette saisie repose sur les dispositions des articles 41-1 à 41-4 du Code pénal, des articles 677-40 à 677-42 du Code de procédure pénale, ainsi que sur l’article 202 de la loi n°2024-08 du 14 février 2024, relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Les avocats des deux mis en cause avaient introduit un recours contre ces mesures, arguant d’un excès de pouvoir et de l’absence de preuves matérielles justifiant une saisie préventive de cette ampleur. Ce recours a été rejeté ce vendredi par la Chambre d’accusation, qui a estimé que les conditions légales étaient réunies pour garantir la préservation des biens litigieux en attendant l’issue du procès.

Cette confirmation judiciaire marque une nouvelle étape dans un dossier à fort retentissement politico-économique, qui met en lumière les efforts des autorités judiciaires pour lutter contre la criminalité financière au Sénégal. Les deux hommes d’affaires restent présumés innocents jusqu’à l’issue définitive de la procédure.

Le procès en première instance pourrait s’ouvrir dans les mois à venir, sauf rebondissement judiciaire.

Dialogue national au Sénégal : la Société civile alerte sur des accords de principe sans garanties de mise en œuvre

Le ton est grave du côté de la Société civile sénégalaise. S’exprimant au nom du Consortium des Organisations de la Société Civile, Moundiaye Cissé, Directeur exécutif de l’ONG 3D, a vivement critiqué les conclusions issues du dernier Dialogue national, qu’il qualifie de largement insuffisantes. À ses yeux, les consensus annoncés relèvent davantage du déclaratif que d’un engagement concret vers des réformes durables.

« La véritable discussion débute maintenant », a martelé Moundiaye Cissé, soulignant le danger d’une confusion entre accords de principe et avancées démocratiques réelles.

Selon le Consortium, la majorité des accords issus du Dialogue ne sont pour l’instant que de simples principes généraux, sans traduction technique, juridique ou politique concrète. Parmi les sujets sensibles évoqués :

l’instauration d’un bulletin unique pour les élections, la création d’une institution électorale véritablement indépendante, et la réforme des lois liberticides, à l’image de l’article 80 du Code pénal, souvent accusé de restreindre la liberté d’expression.

Pour éviter que le message principal ne soit dilué, la Société civile a délibérément choisi de ne pas mettre en avant les points de consensus dans son communiqué final. Elle craint que les médias se focalisent sur ces accords partiels, occultant l’essentiel : l’absence de mécanismes clairs de mise en œuvre.

Face à ces insuffisances, le Consortium plaide pour la mise en place d’un groupe multi-acteurs composé de représentants des partis politiques, de la Société civile, de juristes et d’experts techniques. L’objectif : poursuivre les discussions sur les désaccords majeurs et sortir d’un dialogue perçu comme un exercice cosmétique.

« Il ne suffit pas de déclarer des intentions. Il faut un calendrier clair, des mécanismes de suivi et une volonté politique affirmée », insiste Cissé.

Plus largement, la Société civile appelle à une refondation du processus démocratique, estimant que les failles structurelles des institutions électorales et judiciaires restent intactes. Sans réformes sérieuses, le Sénégal court le risque de voir ses engagements politiques disqualifiés par leur propre inaction, à la veille d’échéances électorales cruciales.

Ce coup de semonce vise à rappeler que le Dialogue national ne peut pas être une fin en soi, mais un point de départ. Pour la Société civile, l’enjeu est désormais d’aller au-delà du consensus de façade, et de bâtir un véritable contrat démocratique reposant sur des actions vérifiables, non sur des promesses vagues.

Tensions à Saint-Louis avant la visite du Président Diomaye Faye : les partisans de Mansour Faye annoncent un accueil hostile

L’arrivée du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, attendue ce mercredi après-midi à Saint-Louis dans le cadre de sa tournée nationale, suscite de vives tensions dans la ville tricentenaire. Des partisans du maire emprisonné Mansour Faye, figure de l’Alliance pour la République (APR), ont d’ores et déjà annoncé un accueil hostile, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une manœuvre politique déguisée.

Aminata Gueye, adjointe au maire et ancienne députée, a vivement critiqué la visite présidentielle, qu’elle qualifie de provocation : « Ce n’est pas une tournée économique, c’est une tournée politique, une suite du ‘Nemmekou Tour’. Comment peut-il emprisonner notre maire et venir à Saint-Louis ? » a-t-elle déclaré sur les ondes de la RFM.

Pour les militants de l’APR, l’arrestation de Mansour Faye dans le cadre de la gestion des fonds Force Covid-19 n’est qu’un prétexte pour affaiblir l’opposition à l’approche des élections locales. « Ils pensent que ça va être facile, mais ils vont nous trouver sur le terrain », avertit Aminata Gueye, qui appelle à une mobilisation « symbolique mais ferme ».

Les partisans du maire comptent exprimer leur colère en arborant des brassards rouges et en manifestant pacifiquement leur désaccord. Selon eux, la visite du chef de l’État ne comporte ni pose de première pierre ni annonce de projets structurants pour la région. « Il vient juste provoquer les militants et sympathisants de l’APR », accuse l’adjointe au maire.

Cette tension s’inscrit dans un climat politique national de plus en plus polarisé, alors que le président Faye poursuit sa tournée, censée renforcer le lien avec les populations et prendre le pouls des régions. Mais pour les soutiens de Mansour Faye, la démarche présidentielle relève davantage d’une opération de communication politique que d’un exercice républicain.

Le Président Bassirou Diomaye Faye en visite à Ndiayène Pendao : cap sur une agriculture moderne et durable

Ndiayène Pendao, 12 juin 2025 – Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce jeudi une visite de terrain dans la région de Podor, marquée par l’inspection de deux projets agricoles structurants : le centre de groupage de Boubé et le casier rizicole de Saré Walo.

Ces projets sont le fruit d’un partenariat stratégique entre le Sénégal et la République de Corée, à travers l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA). Ils incarnent la volonté du gouvernement sénégalais de promouvoir une agriculture moderne, durable et inclusive.

Le centre de groupage de Boubé constitue une plateforme logistique cruciale pour la collecte, le stockage et la commercialisation des produits agricoles, notamment le riz. Il permettra d’améliorer les revenus des producteurs locaux en réduisant les pertes post-récolte et en facilitant leur accès aux marchés nationaux et internationaux.

Quant au casier rizicole de Saré Walo, il s’inscrit dans une logique de valorisation du potentiel hydrique de la vallée du fleuve Sénégal. Grâce à des aménagements hydro-agricoles performants, ce projet vise à accroître significativement la production rizicole tout en garantissant une gestion rationnelle des ressources naturelles.

Le Chef de l’État a salué la qualité de la coopération avec la Corée du Sud et a réaffirmé l’importance de ce partenariat dans la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation inscrit dans la Vision Sénégal 2050. Cette stratégie de long terme vise à assurer la souveraineté alimentaire du pays, à créer des emplois décents en milieu rural et à favoriser un développement équilibré des territoires.

« Ces initiatives traduisent notre engagement à bâtir une agriculture résiliente, fondée sur l’innovation, la mécanisation et l’accès équitable aux ressources. Elles constituent une réponse concrète aux défis climatiques et socio-économiques de notre temps », a déclaré le Président Faye lors de sa visite.

À travers cette visite, le Président de la République a tenu à réaffirmer sa proximité avec les acteurs du monde rural et à encourager les efforts déjà entrepris pour transformer structurellement le secteur agricole. L’objectif est clair : faire de l’agriculture un levier central de croissance, de stabilité sociale et de souveraineté économique.

Sophie Gladima clame son innocence devant la Haute Cour de justice

Placée sous mandat de dépôt depuis le 21 mai dernier dans le cadre de l’affaire liée à la gestion des fonds Force Covid, l’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima, a comparu hier pour la première fois devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Une audience très attendue, au cours de laquelle elle a rejeté avec fermeté toutes les accusations portées contre elle.

Inculpée pour détournement de deniers publics portant sur un montant d’un milliard de FCFA, destiné à la construction d’un centre gravimétrique à Kédougou pour les orpailleurs affectés par la crise sanitaire, l’ancienne ministre a vigoureusement nié toute implication personnelle dans cette affaire.

Après plus de trois semaines de détention au Camp pénal de Liberté 6, Aïssatou Sophie Gladima a été extraite de sa cellule pour être entendue sur le fond du dossier. L’audience, qui s’est tenue entre 11h et 13h, a permis à l’ancienne membre du gouvernement de répondre à l’ensemble des questions des juges.

« Depuis son arrestation, notre cliente n’avait pas eu l’occasion de s’exprimer sur les faits. Elle a saisi cette opportunité pour clarifier sa position. Elle a répondu à toutes les questions sans équivoque et en toute transparence », a déclaré l’un de ses avocats, cité par L’Observateur.

Entourée de ses conseils, Me Antoine Mbengue, Me Baboucar Cissé, Me François Sarr et Me Michel Simel Basse, Aïssatou Sophie Gladima s’est présentée vêtue d’une robe traditionnelle blanche. Face aux cinq juges de la Commission, dirigée par le Premier président de la Cour d’appel de Dakar, Abdoulaye Ba, elle a affirmé n’avoir commis aucun acte répréhensible dans la gestion du Fonds Force Covid.

Son avocat, Me Antoine Mbengue, a précisé que les faits en question concernent des prestations qui n’auraient pas été réalisées, alors même que des dépenses avaient été engagées. Toutefois, il insiste sur le fait que ce n’est pas à sa cliente qu’il revient de rendre compte de l’exécution des marchés ou des paiements : « Elle n’est ni l’exécutante des marchés ni la signataire des ordres de paiement », a-t-il martelé.

Le dossier, qui touche à la gestion des fonds publics en période de crise sanitaire, est particulièrement sensible au Sénégal. Le Fonds Force Covid, destiné à atténuer les effets économiques et sociaux de la pandémie, fait l’objet de plusieurs enquêtes visant d’anciens membres du gouvernement.

Le Premier ministre Ousmane Sonko met la commande publique au cœur des performances de l’État

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi, le Premier ministre Ousmane Sonko a insisté sur l’importance d’un respect rigoureux des règles de la commande publique, soulignant qu’une exécution correcte et dans les délais des marchés constitue désormais un véritable critère de performance pour les entités publiques et leurs responsables.

Face à des « constats alarmants » révélés par la relecture des contrats et conventions — notamment des cas de surfacturation et de violations graves des procédures de passation —, le chef du gouvernement a décidé de renforcer le dispositif de régulation et de formation des acteurs impliqués dans les marchés publics.

Pour promouvoir l’efficacité et la transparence dans la gestion des deniers publics, le Premier ministre a chargé le ministre secrétaire général du gouvernement de travailler en étroite collaboration avec la Direction centrale des marchés publics (DCMP) et l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). Ensemble, ils devront élaborer des termes de référence pour une formation nationale destinée à tous les acteurs concernés par la commande publique.

Cette formation devra être conçue de manière à répondre aux besoins réels du terrain et inclura un dispositif de suivi-évaluation pour mesurer les compétences acquises. Il s’agira, selon les termes du communiqué officiel, d’un outil stratégique pour garantir une meilleure gouvernance des ressources publiques.

En parallèle, le Premier ministre a instruit le ministre des Finances et du Budget de mobiliser les ressources nécessaires au financement de ce programme de renforcement des capacités. Une démarche qui traduit la volonté de l’exécutif d’opérationnaliser rapidement ce chantier considéré comme prioritaire.

Cette nouvelle initiative s’inscrit dans la dynamique plus large portée par le gouvernement pour instaurer une culture de la redevabilité, de la performance et de la lutte contre la corruption dans l’administration publique. En misant sur la formation, la régulation et le suivi, le gouvernement entend prévenir les dérives et restaurer la confiance des citoyens dans la gestion des fonds publics.

Soulagement pour Ismaïla Biaye : le responsable politique de PASTEF récupère enfin ses matériels saisis par la gendarmerie

C’est un mélange de soulagement et de satisfaction pour Ismaïla Biaye, responsable politique du parti PASTEF dans la commune de Kaour et chargé de la communication de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS) au niveau départemental à Goudomp. Ce dernier vient en effet de récupérer une partie des matériels qui lui avaient été saisis il y a près de deux ans par la gendarmerie.

Les événements remontent au 9 août 2023. Dans l’après-midi, des gendarmes à bord de trois pick-up avaient effectué une descente à son domicile à Singhère Bainounk (commune de Kaour, département de Goudomp) et avaient saisi plusieurs effets personnels et documents, notamment :

un passeport, un ordinateur portable, un boîtier (disque dur externe), un lot de cartes de membres du parti PASTEF, une clé USB, un chargeur, des spécimens de bulletins de vote de la coalition Yewwi Askan Wi (législatives 2022), des photos personnelles, des autorisations d’activités politiques pour PASTEF dans la commune.

Face à cette situation, M. Biaye avait saisi un huissier pour constater les faits, ce qui avait conduit à l’établissement d’un procès-verbal. Il avait également entrepris des démarches auprès des brigades de Goudomp et de Samine pour tenter de récupérer ses biens.

Ce mardi 11 juin 2025, dans la matinée, il a pu récupérer une partie de ses matériels et documents au niveau de la compagnie de gendarmerie de Sédhiou. Les effets retrouvés incluent :

un ordinateur portable, un passeport, un lot de cartes de membres de PASTEF, une partie du chargeur, des spécimens de bulletins de vote, une photo personnelle.

le boîtier (disque dur externe), la clé USB, une partie du chargeur, les autorisations d’activités politiques.

Un message de reconnaissance et d’engagement

S’exprimant devant la presse, Ismaïla Biaye a tenu à saluer la conduite des forces de défense et de sécurité :

« Je salue le professionnalisme du Capitaine Ndiaye de la compagnie de gendarmerie de Sédhiou, de son secrétaire Adjudant Diao, ainsi que de l’Adjudant Ndiaye de la brigade de Sédhiou. »

Il a également remercié les leaders et responsables de PASTEF qui l’ont soutenu durant cette épreuve, ainsi que les cabinets d’huissier et d’avocats qui l’ont accompagné dans la procédure.

Un acte qu’il jugeait à l’époque “politique et arbitraire”

Pour rappel, cette saisie était intervenue dans un contexte tendu marqué par des accusations de « troubles à l’ordre public ». À l’époque, M. Biaye et ses camarades avaient dénoncé une décision politique, destinée selon eux à entraver les activités du parti et du leader Ousmane Sonko dans la région.

« Cette saisie était injustifiée et visait clairement à nous intimider en raison de notre engagement dans la mobilisation de PASTEF. C’est une victoire pour la vérité et pour l’État de droit. Nous avons toujours cru en la justice de notre pays. »

Ismaïla Biaye a enfin réaffirmé son engagement à poursuivre ses activités politiques et sociales dans le département, tout en appelant à l’apaisement et au dialogue.

Changement à la tête du Conseil national de Développement de la Nutrition : Mbaye Sène remplace Dr Aminata Diop Ndoye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a opéré un important remaniement au sommet du Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN). Par décret présidentiel pris en Conseil des ministres, le chef de l’État a mis fin aux fonctions de la Secrétaire exécutive, Dr Aminata Diop Ndoye. Elle est remplacée par le docteur Mbaye Sène, médecin de formation, qui prend désormais les rênes de cet organe stratégique en charge de la politique nutritionnelle du Sénégal.

Cette décision s’inscrit dans une volonté clairement affichée par les nouvelles autorités : renforcer l’impact des politiques sociales, avec un accent particulier sur la nutrition infantile et la lutte contre la malnutrition chronique, notamment dans les zones les plus vulnérables du pays.

Une nouvelle dynamique pour le CNDN

Le nouveau Secrétaire exécutif, Mbaye Sène, aura la lourde tâche de réorienter les programmes du CNDN en adoptant une approche plus communautaire, préventive et décentralisée. Sa mission consiste à mieux articuler les interventions avec les réalités locales, en étroite collaboration avec les collectivités territoriales et les structures sanitaires de proximité.

Il devra également renforcer le système de surveillance nutritionnelle afin de mieux identifier les foyers de malnutrition et d’y apporter des réponses adaptées et durables. L’inclusion des groupes vulnérables – notamment les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les populations rurales défavorisées – sera au cœur des priorités de cette nouvelle orientation stratégique.

Une politique sociale en mutation

Ce changement intervient dans un contexte de refonte des politiques publiques sous l’impulsion du président Diomaye Faye, qui a fait de la justice sociale, de la réduction des inégalités et de l’amélioration des conditions de vie des populations les piliers de son action gouvernementale.

Le CNDN, structure transversale placée sous l’autorité du Premier ministre, joue un rôle de coordination des interventions de l’État, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des ONG œuvrant dans le domaine de la nutrition. Sa redynamisation s’annonce cruciale pour l’atteinte des objectifs du Plan Sénégal Émergent (PSE) révisé et de la stratégie nationale multisectorielle de lutte contre la malnutrition.

Kaolack / Ndiaffate : Contentieux foncier – Le maire Aïssatou Ndiaye sort enfin de son silence après des accusations

Un nouveau litige foncier secoue la commune de Ndiaffate, située dans le département de Kaolack. Un groupe d’individus accuse l’équipe municipale d’avoir morcelé de force leurs terres, exigeant l’annulation pure et simple du projet de lotissement en cours. Face à ces accusations, la maire Aïssatou Ndiaye est sortie de son silence. Elle s’est adressée à la presse hier pour livrer sa version des faits.

Selon elle, le lotissement en question, notamment celui de Koutal, s’est déroulé dans les règles. « L’autorisation de lotir existe bel et bien. L’arrêté 04/4 Mai 2021/018242 pour Koutal ainsi que l’arrêté du 4 mai 2021/018271 pour le village de Ndiaffate sont en vigueur. Ils ont été signés par le ministre de l’Urbanisme », a-t-elle précisé en brandissant des documents justificatifs.

« Lorsque nous avons pris fonction, nous avons constaté de nombreux différends fonciers à Ndiaffate et Koutal. Plutôt que d’ajouter à la confusion, nous avons choisi de procéder à une demande de lotissement autorisée pour ces deux localités. Tout s’est fait de manière légale », a-t-elle insisté.

La maire affirme par ailleurs que 95 % des personnes ayant légalement formulé une demande ont déjà reçu leur attestation de terrain, et que 90 % des propriétaires de champs ont récupéré leur quota de parcelles.

Elle dénonce ce qu’elle qualifie de « manipulation politique » : « Il ne s’agit pas de la population, mais d’un petit groupe d’individus à motivations politiques, qui n’ont pas le courage d’aller à la rencontre des habitants. Ils préfèrent semer la confusion par la diffamation. Mais cette manipulation ne passera pas à Ndiaffate », a-t-elle martelé.

Sous le slogan “Commune verte et solidaire”, Aïssatou Ndiaye affirme impulser un profond changement. « À l’entrée de la commune, on sent déjà que Ndiaffate émerge. Depuis plusieurs années, nous avons compris que le développement doit partir de la base. Chaque habitant est concerné, chaque voix compte », a-t-elle souligné.

La commune de Ndiaffate est aujourd’hui citée en exemple lors des réunions régionales. Son modèle de gouvernance participative, alliant tradition et modernité, inspire d’autres collectivités.

Grâce à sa position stratégique et aux projets structurants lancés, Ndiaffate attire de plus en plus de visiteurs, d’ONG et d’acteurs du développement, notamment dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage. « Ce n’est pas un miracle. C’est le fruit d’un travail collectif, lent mais profond », conclut le maire Aïssatou Ndiaye.

Candidature à l’ONU : Yassine Fall ferme la porte à Macky Sall

Alors que des rumeurs persistantes évoquent une éventuelle candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies, la ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Yassine Fall, est sortie de sa réserve. Dans un entretien exclusif accordé à Seneweb, la cheffe de la diplomatie sénégalaise a catégoriquement rejeté cette hypothèse, qu’elle qualifie de totalement infondée.

« Macky Sall candidat au poste de Secrétaire général de l’ONU ? Ceux qui avancent cela ignorent manifestement les critères requis : son passé, son bilan et son profil ne correspondent pas. Lorsque les candidatures seront officialisées, son nom ne figurera même pas sur la liste », a-t-elle déclaré sans ambages.

Cette sortie intervient quelques jours après celle d’Aminata Touré, ancienne Première ministre et figure de proue de la dissidence au sein de l’ancien régime, qui s’était également montrée sceptique quant à une telle ambition prêtée à Macky Sall. Les deux réactions concordantes montrent une volonté du nouveau pouvoir de se désolidariser clairement de l’ancien président, y compris sur le plan symbolique et diplomatique.

C’est le site spécialisé Africa Intelligence qui avait relancé le débat, en affirmant que Macky Sall caressait l’ambition de succéder à António Guterres à la tête des Nations unies à l’expiration de son mandat, prévu pour décembre 2026. Aucune déclaration officielle n’a encore émané de l’ex-chef de l’État, qui garde jusqu’ici le silence sur la question.

Mais pour la diplomatie sénégalaise actuelle, l’affaire semble déjà tranchée. Yassine Fall insiste : « Le Sénégal a une vision claire de ce que représente le poste de Secrétaire général de l’ONU. Il ne s’agit pas d’un refuge politique, mais d’une fonction qui exige rigueur, neutralité et une trajectoire irréprochable sur le plan international. »

Ces déclarations viennent confirmer la rupture assumée entre l’ancienne administration et celle actuellement en place, dans un contexte où la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale est scrutée de près.

Clôture du Dialogue national : le président Bassirou Diomaye Faye salue un « esprit de dépassement et de maturité démocratique »

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a salué, ce mercredi 4 juin 2025, la clôture du Dialogue national sur le système politique, marquant un tournant dans la dynamique de concertation et de réforme institutionnelle engagée depuis son accession au pouvoir. Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de l’État a tenu à souligner la qualité des échanges et l’état d’esprit ayant animé les participants.

« Le Dialogue national sur le système politique s’est achevé aujourd’hui, dans un esprit de dépassement et de maturité démocratique », a-t-il écrit, rendant ainsi hommage à l’engagement des différents acteurs politiques, sociaux et institutionnels impliqués dans les travaux.

Le président Faye a insisté sur la nécessité pour les institutions de la République de porter les valeurs fondamentales attendues par les citoyens. « Nos institutions, fondements de notre vivre-ensemble, doivent incarner l’unité, la justice et l’espérance », a-t-il déclaré, dans un discours empreint d’unité et de responsabilité, en écho aux aspirations populaires exprimées ces dernières semaines.

Il a également salué la diversité et la richesse des contributions recueillies au cours de ces consultations, soulignant le rôle central joué par les forces vives de la nation : « Je remercie toutes les forces vives qui ont répondu à l’appel de la République, en apportant leurs idées, leurs convictions et leur sens de l’intérêt général ».

Dans une volonté de rassemblement et de projection vers l’avenir, le président de la République a conclu son message par un appel à l’unité nationale et à l’action concertée : « Ce moment républicain engage notre responsabilité collective : refonder, ensemble, un Sénégal plus fort, plus juste, plus démocratique ».

La clôture de ce dialogue marque ainsi une étape décisive dans le processus de refondation institutionnelle souhaitée par le président Faye, qui entend inscrire son mandat sous le sceau de l’écoute, du consensus et de la réforme durable.

« Tendre la main » ne suffit plus : l’opposition appelle le Président Diomaye Faye à des gestes concrets de décrispation

Tous les dialogues initiés par les chefs de l’Etat pour consolider les acquis démocratiques de notre pays, corriger les faiblesses ou lacunes institutionnelles et revigorer les traditions de Péncoo et de Diisoo de notre peuple, ont toujours été marqués par un signal fort et des gages de bonne volonté.

En participant, sans préalable au dialogue national initié par son Excellence M.Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République, l’opposition républicaine a posé un acte fort visant à renforcer la cohésion nationale, à consolider les traditions de dialogue démocratique de notre peuple et à bâtir des consensus forts afin de baisser les tensions, pacifier l’espace politique et favoriser un fonctionnement de qualité du système politique et des institutions de la Gouvernance de notre pays.

Du reste, le Président Diomaye FAYE disait, lors de son discours d’ouverture des travaux du dialogue national : « Mon rôle en tant que garant de l’unité nationale est de tendre la main à toutes et à tous, pour rassurer, rassembler, apaiser et réconcilier afin de conforter la paix et la stabilité indispensables au développement économique de notre pays. ».

C’est, pensons-nous, dans le cadre d’une telle vision apaisée de notre démocratie, patrimoine commun à tous les africains fiers de notre pays, que l’opposition démocratique engage le Président de la République à poser des actes d’ouverture, de concorde et de réconciliation en utilisant tous les leviers à sa disposition pour faciliter la libération immédiate des jeunes chroniqueurs, à l’exemple de Abdou NGUER, Oumar SOW, Assane DIOUF et tous ceux qui sont détenus pour « délit d’opinion ». De la même manière, nous lançons au Président de la République un appel pressant pour qu’il rassure nos compatriotes sur le fait que l’Etat de droit au Sénégal doit être compatible avec la protection des libertés.

Ainsi, le Président de la République, clé de voute des institutions, pourrait inviter la justice de notre pays, forte de son indépendance reconnue, à accompagner la pacification de l’espace politique en faisant preuve de magnanimité pour ordonner la fin de toutes les détentions provisoires des hommes et femmes politiques et hauts cadres (anciens ministres, anciens députés, anciens hauts fonctionnaires et autres.).

Le contrôle judiciaire et les restrictions qui l’accompagnent suffisent pour les maintenir à la disposition de la justice qui doit, au nom de la reddition des comptes, faire son travail jusqu’au bout.

Un autre geste fort attendu du Président de la République, c’est qu’il s’érige en bouclier de toutes les libertés y compris la liberté de la presse en protégeant ses institutions et ses vaillants professionnels. La convocation régulière des journalistes à la Police de même que la fermeture illégale de leurs organes soulèvent des condamnations légitimes et affectent grandement la réputation de notre démocratie qui -on le sait- doit énormément aux sacrifices et au dévouement des pionniers et animateurs de nos médias.

Enfin, quasiment tous les acteurs de notre pays s’accordent sur le fait que la « Haute Cour de Justice » ne traduit pas l’aspiration profonde de notre peuple à un État de droit toujours plus fort et exclusivement au service des citoyens et des institutions. Il faut donc réformer en urgence et en profondeur une telle Cour dans sa composition, dans son organisation et dans son fonctionnement pour qu’elle respecte pleinement les droits des justiciables et leur assure le droit à un appel s’ils le désirent.

De telles mesures fortes de Monsieur le Président Bassirou Diomaye FAYE, suite à la conclusion du Dialogue politique national, rejoindront toutes les grandes décisions de ses prédécesseurs, dans les mêmes circonstances, visant à restaurer la confiance de nos compatriotes dans notre système politique.

Vivement alors qu’il entende notre APPEL et se distingue comme un grand contributeur à l’espérance d’un Sénégal meilleur, démocratique, réconcilié et toujours plus grand et plus harmonieux ! 

LE GROUPE DE L’OPPOSITION AU DIALOGUE NATIONAL

Commission sur le Processus électoral : 17 points de consensus, un désaccord majeur sur les modes de scrutin

La Commission sur le Processus électoral a présenté son rapport final ce mercredi 4 juin 2025, au terme de quatre séances de travail intensif. Le document, très attendu par les acteurs politiques et les observateurs de la démocratie sénégalaise, met en lumière un large consensus autour de la quasi-totalité des réformes proposées. Sur les vingt points inscrits à l’ordre du jour, dix-sept ont pu être discutés et validés, témoignant d’un esprit de compromis entre les différentes parties prenantes. Toutefois, un désaccord persiste concernant les modes de scrutin aux élections législatives et territoriales, tandis que trois autres points n’ont pas été abordés, faute de temps.

Le rapport note d’abord l’accord de principe sur l’adoption du bulletin unique, avec une exigence préalable d’étude de faisabilité. Cette étude devra notamment veiller à l’accessibilité pour les personnes handicapées, afin de respecter le principe d’inclusion. Le vote des personnes en détention a également fait l’objet d’un consensus, à condition que sa mise en œuvre soit précédée par une évaluation technique réaliste, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.

Concernant les campagnes électorales, les parties ont convenu du maintien de leur durée actuelle. L’un des progrès notables est l’engagement pour une meilleure transparence du fichier électoral, avec la mise en œuvre prochaine d’un décret permettant aux partis politiques d’y exercer un véritable contrôle, selon des modalités définies en concertation avec eux.

Un autre point d’accord porte sur l’inscription électorale permanente. Il a été décidé que les primo électeurs ne seraient pas inscrits automatiquement lors de leur enrôlement pour la carte nationale d’identité. En revanche, ils devront être informés de leur droit à s’inscrire immédiatement, dans le cadre d’un dispositif permanent à revoir de façon inclusive avant d’être intégré au Code électoral.

Le processus électoral intégrera aussi davantage les personnes en situation de handicap. Bien que cette dimension soit déjà présente dans le cadre juridique actuel, elle devra être renforcée pour garantir un accès effectif à toutes les étapes. La FSAPH est d’ailleurs invitée à soumettre un document technique pour enrichir la prise de décision. Toutefois, la question du quota sur les listes de candidats reste en suspens, l’Assemblée estimant que la représentativité découle d’un engagement politique préalable.

L’Assemblée a également validé l’institutionnalisation des débats programmatiques, tout en renvoyant à une concertation ultérieure avec le CNRA, les médias et les acteurs politiques pour en définir les modalités. Sur le plan technologique, le principe de la dématérialisation progressive de tout le processus électoral a reçu l’approbation des participants. Il en va de même pour l’expérimentation progressive du vote électronique, à condition qu’elle repose sur une approche inclusive.

Un consensus a également été trouvé autour du maintien du parrainage, reconnu comme un filtre démocratique utile, mais dont les modalités doivent être améliorées. La commission propose ainsi une dématérialisation progressive du processus pour corriger ses imperfections. De plus, le contrôle du parrainage devrait être retiré au Conseil constitutionnel pour être confié à une structure distincte, mieux adaptée.

Concernant les conditions de dépôt de candidature, les participants se sont accordés sur l’obligation de verser une caution avant le retrait des fiches de parrainage. Le vote des forces de défense et de sécurité, des journalistes et des magistrats en mission hors de leur circonscription a également été approuvé pour les élections législatives et territoriales, sous réserve de la faisabilité technique, notamment via le vote électronique.

D’autres réformes ont été adoptées, comme l’application effective de la loi sur la parité, l’harmonisation des textes électoraux et la possibilité pour l’Observatoire national de la Parité de saisir les juridictions compétentes. L’audit du fichier électoral par des experts nationaux indépendants a été approuvé à deux niveaux : un audit ponctuel pour établir une situation de référence et poser les bases d’un système de gestion durable, et un audit global visant à éviter les vérifications répétitives à l’avenir.

La Commission a confirmé le maintien de la caution pour les élections législatives et territoriales, tout en prônant une certaine flexibilité quant à son montant. En revanche, elle a choisi de ne pas discuter du vote par procuration pour le moment, préférant reporter ce sujet à un prochain dialogue.

Le principal point de désaccord concerne les modes de scrutin pour les élections législatives et territoriales. L’opposition et la société civile souhaitent engager une réflexion approfondie en menant des simulations basées sur les résultats des scrutins passés (2012, 2019, 2022, 2024) afin de proposer un système électoral plus représentatif, garant de la stabilité institutionnelle et de la gouvernabilité. En face, la majorité tient à maintenir les modes de scrutin actuels, ce qui a empêché l’obtention d’un consensus.

Enfin, trois points n’ont pu être abordés : la participation des candidats en détention aux élections, l’instauration d’un régime juridique spécifique pour les élections anticipées et la proposition d’instaurer une enquête de moralité avant le dépôt des candidatures.

La Commission a été dirigée par Mamadou Seck, expert électoral reconnu. Il était assisté par Abdoul Aziz Sarr, directeur des opérations électorales à la Direction Générale des Élections, en tant que premier assesseur, et Dr Yaya Niang, spécialiste en matière électorale, en qualité de deuxième assesseur. Le rapporteur des travaux était Aliou Diallo, chargé de la synthèse des conclusions. De nombreux représentants politiques et de la société civile ont pris part aux débats, apportant leur expertise et leur engagement au service de la démocratie.

Côte d’Ivoire : à cinq mois de la présidentielle, l’exclusion de Thiam et Gbagbo ravive les tensions politiques

À cinq mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, le climat politique ivoirien s’enlise dans une zone de turbulences. Tandis que le président sortant Alassane Ouattara entretient encore le suspense autour d’une éventuelle candidature pour un quatrième mandat, plusieurs figures majeures de l’opposition sont déjà écartées du processus électoral, soulevant de vives inquiétudes sur la crédibilité et l’inclusivité du scrutin à venir.

Parmi les exclus, deux poids lourds : l’ancien président Laurent Gbagbo et Cheick Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). Tous deux ont été rayés de la liste électorale. Une décision contestée qui menace de fragiliser davantage le paysage politique national.

Face à ce qu’il qualifie de « déni de justice », Cheick Tidjane Thiam a décidé de porter l’affaire sur la scène internationale. Le président du PDCI-RDA, ancien directeur général du Crédit Suisse et personnalité respectée au-delà des frontières ivoiriennes, a officiellement saisi le Comité des droits de l’homme des Nations Unies.

« En l’absence de recours dans le droit interne ivoirien lui permettant de défendre utilement et efficacement ses droits civils et politiques, Monsieur Cheick Tidjane Thiam n’avait pas d’autre choix », a expliqué le PDCI-RDA dans un communiqué officiel, dénonçant une manœuvre politique visant à écarter un candidat perçu comme l’« espoir d’une transformation profonde de la Côte d’Ivoire ».

Thiam, qui incarne une rupture avec la vieille garde politique et séduit une frange importante de la jeunesse et des classes moyennes, estime que sa radiation de la liste électorale constitue une violation flagrante de ses droits fondamentaux.

L’affaire Thiam intervient dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions. Le retour sur la scène politique de Laurent Gbagbo après son acquittement par la CPI avait redessiné les équilibres, mais sa radiation électorale laisse planer une incertitude pesante sur la dynamique démocratique du pays.

En évinçant deux des principales figures de l’opposition, le processus électoral ivoirien s’expose aux critiques de partialité et d’exclusion. Le PDCI-RDA en appelle à une mobilisation nationale et internationale : « Une élection présidentielle juste, inclusive et sans discrimination est indispensable pour éviter à la Côte d’Ivoire un effondrement définitif de ses fondements », affirme le parti.

Jusqu’ici, la Commission Électorale Indépendante (CEI) n’a pas officiellement commenté l’affaire. Son silence, à ce stade critique du processus, ne fait qu’alimenter la méfiance au sein de l’opinion publique. De nombreux observateurs redoutent une montée des tensions à l’approche de l’échéance, dans un pays encore marqué par les violences post-électorales de 2010 et les fractures politiques persistantes.

Alors que le calendrier électoral avance à grands pas, la Côte d’Ivoire risque de s’engager vers une présidentielle sous haute tension. La communauté internationale, notamment les partenaires bilatéraux et les institutions régionales comme la CEDEAO et l’Union africaine, est appelée à jouer un rôle actif pour garantir un processus crédible, transparent et pacifique.

En attendant, le PDCI-RDA mobilise ses bases et multiplie les appels à la résistance démocratique. « L’espoir que représente le président Thiam ne peut être effacé par une décision administrative injuste », martèle le parti.

Dialogue national au Sénégal : un tournant démocratique majeur se dessine

Le Dialogue national sur le système politique sénégalais s’est officiellement clôturé ce mercredi au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), marquant une étape décisive dans l’histoire démocratique du pays. Cette vaste concertation, réunissant plus de 700 représentants des forces vives de la nation, a été saluée par le facilitateur général, Dr Cheikh Gueye, comme « un tournant de notre démocratie ».

Pendant plusieurs jours, des représentants de partis politiques, de la société civile, des syndicats, des milieux religieux, universitaires, économiques, ainsi que de la jeunesse et des femmes, ont échangé autour de l’avenir politique du Sénégal. « Nous avons osé interroger notre propre système politique, déconstruire les routines du jeu démocratique », a déclaré Dr Gueye, soulignant la maturité des débats et l’esprit de dépassement qui a prévalu.

Les travaux ont été organisés autour de trois grandes commissions thématiques, aux résultats contrastés mais globalement encourageants :

Démocratie, libertés et droits humains : un consensus total (100 %) a été atteint, témoignant de l’adhésion unanime aux principes fondamentaux de l’État de droit. Processus électoral : 94 % des participants se sont accordés sur les propositions de réforme, ouvrant la voie à une modernisation des mécanismes électoraux. Réformes institutionnelles et organes de gestion des élections : seuls 26 % d’accords ont été obtenus, révélant les divergences persistantes sur certaines questions de fond.

Innovation majeure de cette édition, la plateforme numérique « Jubbanti » a permis à quelque 15 000 citoyens – principalement des jeunes – de contribuer en ligne. Cette ouverture à la participation numérique a renforcé l’ancrage populaire du dialogue et permis une meilleure représentativité des aspirations citoyennes.

Dans son discours de clôture, Dr Cheikh Gueye a salué l’implication de l’ensemble des acteurs du dialogue, rendant hommage au Directoire, au Directeur général des Élections Birame Sène, ainsi qu’aux présidents, assesseurs et rapporteurs des commissions. Il a également exprimé sa gratitude au président Bassirou Diomaye Faye pour son « engagement personnel » et son soutien logistique à ce qu’il a qualifié de « grand Diisoo national ».

Les conclusions du Dialogue national seront remises au chef de l’État, qui s’est engagé à les utiliser comme base pour impulser des réformes politiques durables. « Ce dialogue a permis l’émergence d’un socle commun. À chacun maintenant de le porter pour construire un Sénégal plus juste, plus inclusif, plus démocratique », a conclu Dr Gueye.

Ce Dialogue national, inédit par son ampleur et sa méthode, pourrait bien ouvrir la voie à une nouvelle ère politique au Sénégal, où l’écoute, la transparence et la co-construction deviennent les piliers de la gouvernance.

Guy Marius Sagna s’explique sur la polémique des voitures des députés : « Je vous dois des réponses »

Interpellé à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux au sujet de l’achat de véhicules pour les parlementaires, le député Guy Marius Sagna a tenu à clarifier sa position ce mercredi 4 juin, à travers une publication sur ses canaux officiels. Dans un ton ferme mais respectueux, le membre du camp patriotique panafricain promet d’apporter des réponses aux préoccupations des Sénégalais, tout en dénonçant une campagne de diabolisation à son encontre.

« Je suis interpellé tous les jours depuis plusieurs semaines », affirme-t-il en introduction. Le député dit recevoir non seulement des messages sur les plateformes numériques, mais également des courriers concernant cette question sensible. Selon lui, ces interpellations proviennent de profils divers : des adversaires politiques guettant la moindre erreur, des critiques impatients d’attaquer son camp, mais aussi des citoyens sincèrement préoccupés par le coût ou la pertinence de cette mesure.

Guy Marius Sagna insiste sur le fait que certains de ses détracteurs utilisent cette polémique comme une arme pour discréditer le camp patriotique panafricain, dirigé par Ousmane Sonko. Mais il rappelle que malgré les critiques, les premières mesures prises par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Sonko vont dans le sens d’une meilleure gouvernance et d’une rationalisation des ressources publiques. « Il est possible de faire plus et mieux encore », reconnaît-il néanmoins.

Conscient de sa responsabilité, le député affirme devoir des réponses à tous les Sénégalais, au-delà des appartenances politiques : « Parce que je suis votre député à vous toutes et tous, je vous dois des réponses. » Il annonce la publication prochaine de son bilan des six premiers mois à l’Assemblée nationale, dans lequel la question des véhicules sera abordée en toute transparence.

En conclusion, il appelle les citoyens à ne pas se détourner de l’essentiel : « Le 24 mars 2024 est une victoire du peuple sénégalais. Et ce peuple sénégalais, c’est-à-dire vous, doit protéger, défendre sa victoire. »

Marché public de 8 milliards à l’Assemblée nationale : La COJER dénonce une « trahison » et saisit la justice

Dans un communiqué transmis à la rédaction de Dakaractu, la Convergence des Jeunesses Républicaines (COJER) est montée au créneau pour dénoncer “avec la plus grande fermeté” les conditions jugées opaques dans lesquelles un marché public de plus de 8 milliards de francs CFA aurait été attribué pour l’acquisition de véhicules destinés aux députés. Dans le viseur de la jeunesse républicaine : le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye.

La COJER fustige ce qu’elle qualifie de “violation flagrante des principes de transparence et de bonne gouvernance”. Selon le communiqué, le président de l’Assemblée aurait opté pour un appel d’offres restreint, écartant délibérément des entreprises sénégalaises reconnues telles que CCBM et EMG, au profit de sociétés étrangères, notamment CFAO (française) et Caetano.

Pire encore, la jeunesse républicaine affirme que cette orientation aurait été imposée par des “instructions personnelles du président de l’Assemblée”, selon les déclarations publiques des deux principales entreprises sénégalaises actives dans le secteur de la vente de véhicules. La COJER dénonce ainsi une exclusion inacceptable de champions nationaux, qui pourtant investissent, emploient et réinjectent leurs bénéfices dans l’économie locale.

En attribuant ce marché à une entreprise étrangère, la COJER considère que Malick Ndiaye a trahi les engagements pris en faveur de l’endogénéisation de l’économie et de la valorisation du secteur privé national. Le mouvement accuse une démarche qui “piétine le tissu économique local”, au mépris des intérêts des entreprises sénégalaises.

Face à ce qu’elle qualifie de “scandale d’État”, la COJER annonce qu’elle saisira dans les plus brefs délais le Procureur de la République près le Pôle judiciaire financier (PJF) pour que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient situées.

Parallèlement, le mouvement appelle à la création immédiate d’une commission d’enquête parlementaire pour investiguer sur ce qu’il qualifie de “dossier nébuleux”, estimant qu’il entache gravement la crédibilité de l’institution parlementaire.

Dans sa déclaration, la COJER accuse également le régime en place d’être en contradiction avec ses promesses et de verser dans une “dérive populiste”, incapable de respecter les engagements pris en matière de patriotisme économique. Le mouvement juge que cette affaire est révélatrice de l’incohérence d’un pouvoir qui prône une rupture, mais agit à l’encontre des principes de bonne gouvernance.

En conclusion, la COJER appelle les Sénégalais à rester mobilisés et vigilants face à ce qu’elle qualifie de dérives multiples, susceptibles de compromettre les fondements de la bonne gouvernance et de l’État de droit. Elle affirme sa volonté de défendre les intérêts nationaux et de veiller à ce que la transparence soit restaurée dans la gestion des affaires publiques.

Controverse autour des véhicules de luxe pour les députés : des entrepreneurs sénégalais dénoncent une injustice dans l’attribution du marché

La décision du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, d’équiper les députés de véhicules de luxe continue de faire couler beaucoup d’encre. Mais cette fois, la contestation ne vient pas des citoyens ou de l’opposition, mais de deux figures de proue du secteur privé sénégalais : Serigne Mboup, président du groupe CCBM, et Mbaye Guèye, dirigeant de la société EMG. Tous deux dénoncent ce qu’ils qualifient d’« injustice manifeste » dans la gestion du marché public lié à cette opération.

Une lettre d’alerte au Club des Investisseurs Sénégalais

Selon les informations relayées par le journal Le Quotidien, les deux concessionnaires ont saisi officiellement Pierre Goudiaby Atépa, président du Club des Investisseurs Sénégalais (CIS), pour exprimer leur vive désapprobation. Dans une correspondance adressée à Atépa, ils dénoncent une modification unilatérale de l’appel d’offres initialement ouvert aux concessionnaires locaux.

Le processus, affirment-ils, avait démarré de manière régulière et plusieurs entreprises nationales, dont les leurs, avaient répondu avec des offres compétitives. Toutefois, à leur grande surprise, l’appel d’offres aurait été élargi dans un second temps à des multinationales, notamment CFAO et Caetano. Le président de l’Assemblée nationale aurait justifié ce revirement par le souci de « crédibilité » de la procédure.

Les entrepreneurs concernés s’insurgent contre ce qu’ils perçoivent comme une exclusion injustifiée des opérateurs économiques sénégalais. « On ne peut pas parler de crédibilité en excluant systématiquement les entreprises nationales qui remplissent les critères techniques et financiers », confie un proche de Serigne Mboup sous couvert d’anonymat.

Cette ouverture tardive à des groupes étrangers est perçue comme un camouflet porté au tissu économique local. Elle s’inscrit en faux, selon eux, contre les discours officiels prônant la souveraineté économique et la valorisation du « consommer local ».

Dans leur lettre adressée au CIS, les deux hommes d’affaires formulent trois exigences principales :

Transparence totale sur les marchés publics, notamment à travers la publication systématique des résultats des appels d’offres ; Accès équitable des entreprises nationales aux marchés publics, afin d’éviter leur marginalisation dans des secteurs stratégiques ; Réforme des procédures d’attribution, pour mettre fin aux modifications de dernière minute et aux pratiques discrétionnaires.

Cette polémique relance le débat sur la politique d’achat public au Sénégal et interroge la cohérence des actions gouvernementales avec les discours sur la préférence nationale. Alors que les autorités clament leur volonté de renforcer le secteur privé local, des voix s’élèvent désormais pour demander des actes concrets, notamment en matière de marchés publics.

Candidature de Macky Sall à l’ONU : Aminata Touré parle d’une « zéro chance de succès » et dénonce une tentative de diversion

Aminata Touré, ancienne Première ministre du Sénégal et actuelle Haut représentant du Président de la République, est sortie de son silence face aux rumeurs persistantes annonçant une possible candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Dans un message sans détour publié ce mardi 3 juin 2025 sur sa page Facebook, elle a rejeté catégoriquement la perspective, affirmant que cette ambition n’aurait, selon ses propres termes, « zéro chance de succès ».

Elle estime que le profil du prochain chef de l’ONU devra être irréprochable, notamment en matière de respect des droits humains. Or, d’après elle, l’ancien président sénégalais ne répond pas à ces critères, au regard de son bilan en matière de libertés publiques au cours de ses deux mandats. Aminata Touré insiste sur le fait que « le remplaçant de António Guterres comme Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies sera un homme ou une femme au curriculum vitae immaculé en matière de respect des Droits humains ».

L’ancienne cheffe du gouvernement n’a pas manqué de rappeler que l’ONU, en tant que gardienne des principes universels des droits humains, ne peut accepter des profils entachés par des accusations graves. Elle s’appuie notamment sur des rapports d’ONG et sur les conclusions de la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la torture, Alice Jill Edwards. Lors de sa visite à Dakar en février dernier, cette dernière avait exhorté les autorités sénégalaises à ouvrir des enquêtes sur des actes présumés de torture et sur l’usage excessif de la force dans la gestion des manifestations.

Aminata Touré évoque à ce propos un lourd bilan humain sous le magistère de Macky Sall, avec au moins 82 morts lors des manifestations politiques entre 2021 et 2024, sans compter « des centaines d’arrestations arbitraires », selon elle. Elle affirme que ce dossier constitue une tache indélébile dans le parcours de l’ancien président, qui ne saurait être effacée par une quelconque ambition diplomatique.

Elle conclut son message en dénonçant ce qu’elle considère comme une manœuvre de diversion destinée à détourner l’attention de la justice : « Les Nations Unies ne peuvent pas être instrumentalisées pour effacer un lourd passif, et l’heure est à la justice. Pas d’écran de fumée ni de manipulation. Que les commanditaires, de haut en bas, et les exécutants répondent de leurs faits devant la Justice. »

Par cette sortie, Aminata Touré signe un désaveu frontal à toute initiative visant à porter Macky Sall sur la scène onusienne et rappelle la nécessité, selon elle, d’un devoir de vérité et de justice sur les années de pouvoir écoulées.

Dialogue national au Sénégal : des points de blocage à la veille de la clôture des travaux

À quelques heures de la clôture officielle du dialogue national sur le système politique, ouvert le 28 mai dernier, les discussions peinent encore à déboucher sur des consensus clairs. Plusieurs questions majeures continuent de diviser les participants, malgré des jours de débats intenses et d’échanges nourris entre les différents pôles politiques, la société civile et les institutions impliquées.

L’un des points les plus débattus porte sur la nature même du régime politique sénégalais. Les participants semblent s’accorder sur le maintien du système hybride actuel, combinant des éléments du régime parlementaire et du régime présidentiel. Toutefois, un besoin d’ajustement est largement reconnu. La nécessité de renforcer la participation citoyenne a particulièrement retenu l’attention. Un acteur de la société civile, cité par le quotidien L’As, a ainsi souligné que « nulle part dans la Constitution, les droits du citoyen ne sont mentionnés », plaidant pour une constitutionnalisation du rôle du citoyen dans le fonctionnement démocratique.

Fait notable, la proposition récemment évoquée par le président de la République concernant un éventuel renforcement des pouvoirs du Premier ministre n’a pas été inscrite à l’ordre du jour, ni abordée en plénière ni en commission. Cette absence interroge, au moment où la structure institutionnelle du pays est précisément au centre des discussions.

La question du statut de l’opposition reste également un point d’achoppement. Deux visions s’affrontent : d’un côté, des formations politiques telles que la Nouvelle Responsabilité d’Amadou Ba militent pour la reconduction de l’accord de 2020, qui confère au candidat arrivé deuxième à la présidentielle le statut de chef de l’opposition. De l’autre, le Parti démocratique sénégalais (PDS) défend que ce statut revienne au premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale. Aucun consensus n’a, à ce stade, été dégagé.

Autre sujet sensible : l’arrêté dit « Ousmane Ngom », qui interdit les manifestations dans le centre-ville de Dakar. Une majorité de participants s’est prononcée en faveur de sa suppression, estimant que cet acte administratif entrave la liberté de manifestation. Toutefois, certaines voix, notamment parmi les marchands ambulants et les artisans, ont exprimé leurs craintes face aux possibles « dommages collatéraux » que pourrait entraîner une levée de cette interdiction. Des propositions ont émergé, notamment la création d’espaces publics dédiés aux manifestations et un encadrement renforcé des pouvoirs préfectoraux, en particulier sur la célérité de leurs décisions et l’accès au référé.

Ce mardi matin, une réunion décisive de la commission « Démocratie, libertés et droits humains » s’est tenue, dans l’objectif de rapprocher les positions sur ces sujets épineux et de finaliser le rapport de la commission. Ce document est censé être présenté en plénière lors de la séance de clôture prévue pour le 4 juin.

Participation de certains membres de l’APR au Dialogue national : Me Youm parle d’une « erreur grave »

La participation de plusieurs responsables politiques de l’Alliance Pour la République (APR) au dialogue national lancé le 28 mai 2025 au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio continue d’alimenter les débats au sein du parti. Invité de l’émission « En Vérité » diffusée sur Radio Sénégal international (RSI), Me El Hadji Oumar Youm, cadre influent de l’APR, a exprimé sans détour son désaccord avec ses camarades ayant pris part à cette initiative présidentielle.

Selon Me Youm, la ligne du parti était sans ambiguïté : ne pas participer au dialogue. Il a rappelé que plusieurs réunions internes ont été organisées au sein de l’APR, au cours desquelles la position de boycott avait été clairement établie. Pour lui, ceux qui ont décidé de s’y rendre en tant que membres de l’APR ont donc violé une directive explicite du parti, ce qui constitue, selon ses termes, « une erreur grave ». Il a précisé que certains d’entre eux n’étaient d’ailleurs plus membres actifs de l’APR. Il a cité notamment Abdoulaye Diouf Sarr, qui a fondé son propre mouvement, et Benoît Sambou, également en rupture avec le parti.

Me Youm a également critiqué les justifications avancées par certains des participants. Il a jugé « totalement déplacé » d’invoquer des fonctions comme celle de maire ou d’ancien président d’institution pour légitimer leur présence à Diamniadio. À ses yeux, ces rôles ne peuvent primer sur la discipline de parti et la cohérence politique.

Interpellé sur la possibilité de sanctions contre les membres concernés, Me Youm a relativisé en affirmant qu’aucune décision n’avait encore été prise à ce sujet. Il a reconnu que des discussions étaient en cours, que les avis étaient partagés, mais qu’il n’existait à ce stade aucune décision formelle. Il a insisté sur le fait qu’un parti ne pouvait pas fonctionner sur la base de réactions émotionnelles. « On peut commettre des erreurs, encore faut-il les reconnaître et avancer », a-t-il déclaré, appelant ainsi à la retenue tout en exigeant plus de rigueur.

Pour rappel, malgré le mot d’ordre officiel de boycott émis par la direction du parti, plusieurs figures de l’APR ont répondu favorablement à l’appel au dialogue lancé par le président Bassirou Diomaye Faye. Parmi eux figurent Abdoulaye Daouda Diallo, ancien président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Abdoulaye Saydou Sow, ancien ministre de l’Urbanisme, l’ancien maire de Sédhiou Abdoulaye Diop, ainsi que Ousmane Sylla, maire de Kédougou et ex-directeur général de Dakar Dem Dikk.

Ces participations individuelles ont provoqué une vive polémique et révélé les tensions internes au sein de l’APR, déjà fragilisé par sa perte du pouvoir à l’issue de la dernière élection présidentielle. Alors que certains appellent à des mesures disciplinaires, d’autres plaident pour une réconciliation interne, craignant que des sanctions ne provoquent davantage de divisions au sein d’un parti en quête de reconstruction.

Habib Sy sur le dialogue national : « Il y a trop de participants, trop de folklore… »

Le président du Conseil d’administration de la Senelec, Habib Sy, n’a pas mâché ses mots à propos du dialogue national en cours, axé sur les réformes du système politique sénégalais. Invité ce dimanche 1er juin de l’émission Jury du dimanche sur I-radio, l’ancien ministre a exprimé ses réserves quant à l’efficacité de la démarche actuelle.

Selon lui, le cadre du dialogue est trop large et souffre d’un manque de rigueur. « Il y a trop de folklore, trop de participants », a-t-il déclaré, regrettant que la profusion d’acteurs autour de la table ne permette pas de recentrer les débats sur les véritables enjeux politiques.

Habib Sy a plaidé pour un format plus restreint, composé d’intervenants aguerris et capables d’apporter des contributions pertinentes. « Quand vous mélangez politiques, société civile, chefs religieux, etc., ce n’est pas toujours utile », a-t-il estimé, appelant à une meilleure structuration des discussions pour garantir des résultats concrets.

Pour l’ancien directeur de cabinet du président Abdoulaye Wade, la multiplication des profils nuit à la lisibilité et à l’efficacité du dialogue, qui, selon lui, doit impérativement déboucher sur des réformes solides et durables.

Affaire de la surfacturation de 30 milliards : Pape Malick Ndour interpelle le gouvernement et raille Ousmane Sonko

L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a réagi vigoureusement à la révélation d’une présumée surfacturation de 30 milliards de francs CFA dans le cadre d’un marché public relatif à la construction de salles de classe. Dans une publication partagée sur ses réseaux sociaux, il dénonce une gestion opaque et ironise sur le traitement de cette affaire par les nouvelles autorités.

« Le gouvernement affirme avoir décelé une surfacturation de 30 milliards sur un marché de salles de classe. Au lieu de casser le contrat, de poursuivre l’entrepreneur pour complicité de détournement et de reverser les fonds au Trésor public, les autorités ont préféré, selon les termes du quotidien Le Soleil, “transformer” ces 30 milliards en 2 000 salles de classe, soit 15 millions l’unité », a-t-il écrit.

Sur un ton sarcastique, Pape Malick Ndour ajoute :

« C’est désormais officiel : au pays de Sa Majesté Nanan Koua, une salle de classe non surfacturée (rire) coûte 15 millions… »

L’ancien ministre promet de revenir plus en détail sur cette affaire et d’autres enjeux économiques lors de son passage ce soir sur la chaîne SEN TV. Au programme : la question de la dette publique, la stratégie d’endettement actuelle fondée sur un recours massif au marché intérieur, le manque de transparence budgétaire, ainsi que des comparaisons régionales avec la Côte d’Ivoire et le Mali.

« Ce soir sur SEN TV, nous reviendrons sur la dette publique, la stratégie d’endettement fondée sur un recours systématique au marché intérieur et ses conséquences, l’absence de publication des rapports d’exécution budgétaire et des bulletins statistiques sur la dette publique, la Côte d’Ivoire, le Mali… », a-t-il conclu, non sans ironie, par un « Bon Lundi… »

Cette sortie de Pape Malick Ndour intervient dans un contexte où la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Ousmane Sonko promet une gouvernance de rupture, axée sur la transparence et la reddition des comptes. Reste à savoir si cette affaire de surfacturation sera élucidée jusqu’au bout ou si elle deviendra un nouveau dossier sensible dans l’arène politique sénégalaise.

Manifestations politiques : 63 familles de victimes ont déposé plainte avec l’appui d’Amnesty International, selon Seydi Gassama

Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrikTV ce dimanche 1er juin, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a livré un témoignage marquant sur les conséquences humaines des manifestations politiques survenues au Sénégal ces dernières années. Selon lui, sur les 66 personnes ayant perdu la vie lors de ces événements, 63 familles de victimes ont pu déposer plainte grâce à l’accompagnement juridique assuré par son organisation.

Ce travail de terrain, mené par Amnesty International Sénégal, s’inscrit dans un plaidoyer plus large destiné à obtenir des autorités une réponse rapide et structurée au profit des victimes et de leurs proches. À en croire M. Gassama, les efforts déployés ont commencé à porter leurs fruits. Une grande partie des familles ayant fourni les documents administratifs requis, notamment les certificats d’hérédité, ont pu recevoir une assistance concrète de la part de l’État, principalement sous forme d’aide financière.

L’accompagnement ne s’est pas limité aux familles endeuillées. Certaines personnes arrêtées dans le cadre des manifestations ont également bénéficié de l’appui humanitaire et juridique mis en place. En outre, des mesures spécifiques ont été prises à l’égard des enfants mineurs dont les parents sont décédés au cours des événements : ces derniers ont été déclarés pupilles de la Nation, un statut qui leur garantit une prise en charge éducative et sociale renforcée.

Les personnes âgées survivantes de ces familles n’ont pas été oubliées. En fonction des situations particulières, elles ont été intégrées soit au programme de couverture maladie universelle, soit au dispositif de bourses de sécurité familiale, avec pour objectif de leur garantir un minimum de protection sociale.

Ce dispositif d’accompagnement représente une avancée notable dans la reconnaissance des souffrances causées par les crises politiques, mais Amnesty International appelle à aller plus loin. Pour Seydi Gassama, il est impératif d’accélérer les procédures judiciaires en cours et de garantir un procès équitable, afin que justice soit rendue dans les délais raisonnables, conformément aux normes nationales et internationales.

L’intervention de Seydi Gassama intervient dans un contexte où la question de l’impunité reste sensible, et où les attentes de justice demeurent fortes dans l’opinion publique, notamment parmi les familles touchées. Amnesty International, fidèle à sa mission de défense des droits humains, entend poursuivre son action jusqu’à ce que chaque victime soit reconnue, entendue et réparée.

Barthélémy Dias accusé de plagiat après le lancement de son nouveau parti « Sénégal Bi Gnou Bokk »

À peine dévoilé, le nom du nouveau parti politique de Barthélémy Toye Dias suscite déjà une vive controverse. Baptisée « Sénégal Bi Gnou Bokk », la formation annoncée par l’ancien maire de Dakar est accusée de plagiat par la plateforme « Avenir Senegaal Bi Ñu Bëgg », dirigée par le ministre Cheikh Tidiane Dieye.

Dans un communiqué au ton incisif publié par sa cellule des cadres, la plateforme fondée en 2015 dénonce un « quasi-plagiat » du nom de leur organisation, affirmant que celui choisi par Barthélémy Dias n’est rien d’autre qu’une « reprise maladroite et mal orthographiée » de leur appellation en wolof. Pour les auteurs du texte, ce choix traduit un « manque criant d’originalité » et un « déficit de rigueur politique ».

« Si Barthélémy Dias veut entamer une aventure politique sans mentor ni tuteur, il ferait mieux de faire preuve d’un minimum d’inspiration », tacle le communiqué.

Les signataires rappellent que leur mouvement, né bien avant celui de Dias, dispose de structures établies sur le terrain, avec des élus locaux à son actif et une participation significative à l’élection présidentielle de mars 2024, en soutien à la coalition de l’actuel président Bassirou Diomaye Faye. Selon eux, le nouveau parti de Barthélémy Dias tente ainsi de s’adosser à un capital politique qu’il ne possède pas.

« Il ne peut se coller à notre nom ni revendiquer notre héritage politique. Notre alliance stratégique avec Pastef renforce notre légitimité », précisent-ils, en appelant l’ancien député-maire à « revoir sa copie » s’il souhaite proposer une ligne politique crédible et autonome.

Pour l’instant, Barthélémy Dias n’a pas encore officiellement répondu à ces accusations. Mais cette polémique vient s’ajouter à un contexte de repositionnement politique délicat pour l’ex-maire de Dakar, battu lors des dernières législatives de novembre 2024 et désormais en quête de nouveau souffle sur la scène nationale.

Absence remarquée de Ngoné Mbengue au Dialogue national : Une mise à l’écart qui interroge

Le lancement du Dialogue national, tenu ce mercredi à Dakar, a suscité de nombreuses réactions, mais une absence en particulier n’a pas manqué de faire jaser dans les cercles politiques : celle de Ngoné Mbengue, maire intérimaire de la capitale. Selon le journal Les Échos, cette dernière n’aurait tout simplement pas été invitée à l’événement. Une situation pour le moins étrange, au regard de l’importance stratégique de la ville de Dakar et de la fonction qu’elle occupe actuellement.

L’absence de Mme Mbengue est d’autant plus intrigante que plusieurs autres maires, parfois moins médiatisés ou représentant de plus petites collectivités, avaient bien reçu une invitation officielle à ce rendez-vous présenté comme inclusif et ouvert à toutes les composantes de la Nation. Cette sélection floue des participants soulève des interrogations sur les critères retenus, dans un contexte politique où l’unité nationale et la représentativité sont régulièrement mises en avant comme des priorités.

Ngoné Mbengue assure l’intérim à la tête de la Ville de Dakar depuis la déchéance de Barthélémy Dias, suite à la confirmation de sa condamnation pour « coups mortels » dans l’affaire Ndiaga Diouf. Membre de Taxawu Senegaal, elle représente un courant politique important, celui de Khalifa Sall, ancien maire de Dakar et figure majeure de l’opposition, qui était pourtant bien présent au Dialogue national en tant que leader politique.

Cette mise à l’écart de la maire intérimaire alimente donc les spéculations : s’agit-il d’un oubli administratif, d’un choix politique délibéré ou d’un message adressé à la mouvance de Taxawu Senegaal ? Dans tous les cas, cela jette une ombre sur le caractère réellement participatif du Dialogue national, qui se voulait une plateforme ouverte à toutes les forces vives, pour discuter des grands enjeux du pays.

Dialogue politique : le FRAPP dénonce son exclusion et pointe un mépris institutionnel

Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) a vivement réagi à son exclusion du dialogue sur le système politique national, ouvert sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une note rendue publique ce jeudi 29 mai, au lendemain du lancement officiel des concertations, le mouvement a dénoncé une « marginalisation délibérée » et un « mépris institutionnel » qu’il impute directement au ministère de l’Intérieur, en charge de l’organisation.

Selon le communiqué du secrétariat exécutif du FRAPP, le mouvement n’a reçu aucune invitation formelle à participer à cette initiative pourtant présentée comme inclusive. Une absence jugée d’autant plus grave que le FRAPP avait manifesté, en amont, sa volonté de participer de manière constructive à toute dynamique de refondation sérieuse du système politique sénégalais.

Le Front ne cache pas son indignation. Il parle d’un « mépris organisé » à l’encontre non seulement de son organisation, mais aussi de toutes les forces populaires qui luttent, chaque jour, contre l’injustice, l’impunité et la domination néocoloniale. « Ce mépris organisé est une insulte à celles et ceux qui œuvrent pour un Sénégal souverain, juste et véritablement démocratique », déclare le texte.

Pour le FRAPP, cette mise à l’écart ne relève pas d’un oubli, mais d’un choix assumé du ministère. Le communiqué affirme que les termes de référence du dialogue ont été envoyés à 23 organisations de la société civile, parmi lesquelles le FRAPP ne figure pas. Un geste interprété comme une volonté manifeste d’exclure un acteur perçu comme trop critique ou trop radical par les autorités organisatrices.

Le mouvement dirigé par Guy Marius Sagna rejette toute tentative de participation à ce qu’il qualifie de « table truquée », estimant que son combat ne dépend pas de l’approbation institutionnelle. « Le FRAPP ne quémande pas une place à une table truquée. Il construit chaque jour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine », martèle la note.

Cette sortie du FRAPP intervient alors que les travaux du dialogue politique viennent à peine de commencer. Ils visent, entre autres, à réformer le système électoral, renforcer les institutions et améliorer la participation citoyenne. L’absence d’acteurs majeurs de la société civile critique, tels que le FRAPP, soulève déjà des interrogations sur la portée réelle de l’inclusivité promise par le nouveau régime.

Le ministère de l’Intérieur n’a, pour l’instant, donné aucune explication publique sur les critères retenus pour la sélection des organisations invitées à la concertation.

Kaolack / Dialogue national : La présidente de la CAES, Madjiène Diouf, plaide pour un retour aux valeurs ancestrales

Le 28 mai 2025, le Sénégal a lancé une nouvelle édition de son Dialogue national, centrée sur la réforme du système politique. La cérémonie d’ouverture s’est tenue au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Cette initiative vise à repenser en profondeur l’architecture politique et électorale du pays, dans un esprit d’inclusion et de cohésion nationale.

Au-delà des réformes institutionnelles, Madjiène Diouf, présidente de l’association Conscience Agissante pour l’Entraide Sociale (CAES), a souligné que ce dialogue doit également être l’occasion d’un retour aux valeurs fondamentales léguées par nos ancêtres. Selon elle, dans la société traditionnelle sénégalaise, des principes tels que le respect, la solidarité, la vérité, l’humilité et la générosité constituaient le socle de la vie communautaire.

« Ces valeurs guidaient les relations humaines et assuraient la cohésion au sein des familles et des villages », a-t-elle rappelé.

Aujourd’hui, cet héritage est mis à mal. L’individualisme, la course effrénée vers la modernité, l’influence des réseaux sociaux et parfois même le système éducatif occidental contribuent, selon elle, à l’effacement progressif de ces repères essentiels.

Sur le plan local, Madjiène Diouf a mis en lumière les atouts stratégiques de la région de Kaolack : des ressources naturelles abondantes, une diversité humaine remarquable et un potentiel de développement considérable. Dans son communiqué, elle a plaidé pour une meilleure prise en compte de cette région dans les politiques publiques à venir.

Elle a également invité le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à accompagner le maire de la commune de Kaolack, Sérigne Mboup, dans sa vision de faire de Kaolack une ville émergente.

Amadou Hott félicite Sidi Ould Tah et réaffirme son engagement pour l’Afrique après l’élection à la tête de la BAD

Malgré sa non-élection à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), l’ancien ministre sénégalais de l’Économie, Amadou Hott, a fait preuve de dignité et d’élégance dans sa réaction à l’issue du scrutin. C’est le Mauritanien Dr. Sidi Ould Tah qui a été choisi par les actionnaires pour prendre les rênes de l’institution panafricaine.

Dans un message empreint de reconnaissance, publié sur ses réseaux sociaux peu après l’annonce des résultats, Amadou Hott a salué le choix des actionnaires et adressé ses félicitations au président-élu :

« Les Actionnaires de la Banque africaine de développement ont décidé. Je félicite Dr. Sidi Ould Tah, président-élu, et lui souhaite plein succès dans ce rôle de leadership vital pour notre continent », a-t-il écrit, ajoutant un mot de félicitation à l’ensemble des candidats ayant pris part à cette compétition stratégique.

L’ancien vice-président de la BAD, connu pour son engagement de longue date en faveur du développement économique de l’Afrique, a également tenu à remercier ses soutiens. Il a d’abord salué l’appui constant du président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qu’il a qualifié de « soutien essentiel dans cette aventure », ainsi que le rôle déterminant de l’État sénégalais dans l’accompagnement de sa candidature, qu’il qualifie d’« exceptionnel » sur les plans institutionnel et diplomatique.

Dans son message, Amadou Hott n’a pas manqué d’exprimer sa profonde gratitude envers les pays qui l’ont soutenu, ainsi que son équipe de campagne, ses alliés et ses proches :

« À l’équipe extraordinaire, aux amis et partenaires qui ont tout donné pour notre mission, et à ma famille bien-aimée pour le soutien indéfectible. Merci infiniment. »

S’il n’a pas été porté à la tête de la BAD cette fois-ci, Amadou Hott a néanmoins affirmé sa volonté de rester engagé pour l’Afrique, adoptant un ton résolument tourné vers l’avenir. Il conclut sobrement mais avec détermination :

« L’aventure continue ».

Dialogue national au Sénégal : mise en place des commissions thématiques autour du processus électoral et des réformes démocratiques

Le Directeur général des élections, Birame Sène, a officiellement annoncé, ce mercredi, la composition des trois commissions thématiques chargées de conduire les travaux du dialogue national. Ces commissions, structurées autour de thématiques clés pour l’avenir démocratique du Sénégal, entameront leurs travaux ce vendredi à 9 heures.

Trois commissions, trois priorités

1. Commission Démocratie, Liberté et Droits Humains

Cette commission sera présidée par Thiaba Sy Camara, une figure engagée dans la défense des libertés publiques. Elle sera assistée par Babacar Fall, membre du Gradec (Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance), et par Serigne Ahmadou Gaye, maître de conférences en sciences politiques à l’université Alioune Diop de Bambey (UADB). Ndéné Ndao, cadre de la DGE, assurera la fonction de rapporteur.

2. Commission Processus Électoral

Dirigée par Mamadou Seck, expert électoral reconnu, cette commission intégrera Abdou Aziz Sarr, directeur des opérations électorales à la DGE, comme premier assesseur, et Yahya Niang, enseignant-chercheur à l’université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, comme second assesseur. Le rapporteur sera Aliou Diallo, chef de la division des affaires juridiques de la DGE.

3. Commission Réforme Institutionnelle et Organes de Gestion des Élections

Placée sous la présidence de Ameth Ndiaye, maître de conférences à l’université Cheikh Anta Diop (UCAD), cette commission compte parmi ses membres Moussa Mbaye, sociologue, en qualité d’assesseur. Les fonctions de rapporteurs seront partagées entre Ibrahima Nour Eddine Diagne et Pape Birame Sène, responsable de la communication à la DGE.

Une démarche inclusive

Chaque commission sera accompagnée de deux observateurs, représentant respectivement la majorité et l’opposition, afin de garantir une approche équilibrée et consensuelle dans les discussions. Cheikh Guèye a été désigné facilitateur général du dialogue. Il sera épaulé par Ibrahima Baldé, administrateur civil et directeur de la formation et de la communication à la DGE, en tant que rapporteur général.

Un rendez-vous crucial

Ce nouveau cycle de concertations s’inscrit dans la volonté des autorités sénégalaises de renforcer la transparence électorale, la gouvernance démocratique et la légitimité des institutions. Les recommandations issues de ces commissions seront déterminantes pour orienter les réformes à venir, notamment en vue des prochaines échéances électorales.

Le démarrage officiel des travaux est prévu pour vendredi 30 mai à 9 heures, dans un contexte marqué par une forte attente des citoyens quant à l’issue de ce dialogue national.

Kaolack : un mouvement citoyen rejette les termes de référence du dialogue national initié par le président Diomaye Faye

Le lancement du dialogue national, censé ouvrir une nouvelle ère de concertation politique et sociale, connaît un début tumultueux. À Kaolack, le Mouvement Citoyen pour le Développement Inclusif du Sénégal (MCDIS), par la voix de son président Badou Ndour, a exprimé son rejet des termes de référence proposés par les autorités, qu’il juge flous, exclusifs et biaisés.

« Nous dénonçons un dialogue instrumentalisé à des fins politiques », a déclaré M. Ndour. Selon lui et ses camarades, les termes retenus ne prennent pas en compte les véritables préoccupations du peuple, telles que l’emploi, la gouvernance locale ou encore l’accès équitable aux ressources.

Cette initiative, lancée au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio, s’inscrit pourtant dans une volonté de refondation démocratique en période de stabilité, loin des contextes de crise habituels. Parmi les axes prioritaires évoqués figurent notamment :

La rationalisation du calendrier électoral ; La création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) aux pouvoirs renforcés ; La dématérialisation du processus électoral ; La clarification du statut de l’opposition ; La réforme du système de parrainage.

Mais pour le président du MCDIS, ces propositions ne répondent pas aux urgences sociales du moment. Il estime que ce dialogue ne vise qu’à favoriser ceux qui sont déjà au pouvoir. « Leur objectif est de mettre en place des mécanismes pour se maintenir à la tête du pays », a-t-il affirmé.

Dans son communiqué, Badou Ndour a mis en lumière les atouts stratégiques de la région de Kaolack : des ressources naturelles abondantes, une diversité humaine remarquable et un fort potentiel de développement. Il a plaidé pour une meilleure prise en compte de cette région dans l’élaboration des politiques publiques à venir.

Dans un pays où les visages de la pauvreté se multiplient, entre des jeunes sans emploi et des familles peinant à joindre les deux bouts, le quotidien devient un combat. Le manque d’industrialisation, entre autres problèmes, y contribue fortement.

À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, qui réduisent les rendements agricoles et poussent davantage de familles dans la précarité.

Face à cette double crise — pauvreté et chômage — le mouvement citoyen attendait du gouvernement une réflexion plus profonde sur ces enjeux, plutôt qu’un dialogue centré exclusivement sur des considérations politiques. Pour le MCDIS, cette concertation nationale n’aura aucun impact réel sur la vie quotidienne des citoyens lambda.

Il devient urgent, selon le mouvement, de repenser les politiques publiques, d’investir dans l’éducation, et de donner aux jeunes les moyens de bâtir leur avenir.

Kaolack : un mouvement citoyen rejette les termes de référence du dialogue national initié par le président Diomaye Faye

Le lancement du dialogue national, censé ouvrir une nouvelle ère de concertation politique et sociale, connaît un début tumultueux. À Kaolack, le Mouvement Citoyen pour le Développement Inclusif du Sénégal (MCDIS), par la voix de son président Badou Ndour, a exprimé son rejet des termes de référence proposés par les autorités, qu’il juge flous, exclusifs et biaisés.

« Nous dénonçons un dialogue instrumentalisé à des fins politiques », a déclaré M. Ndour. Selon lui et ses camarades, les termes retenus ne prennent pas en compte les véritables préoccupations du peuple, telles que l’emploi, la gouvernance locale ou encore l’accès équitable aux ressources.

Cette initiative, lancée au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio, s’inscrit pourtant dans une volonté de refondation démocratique en période de stabilité, loin des contextes de crise habituels. Parmi les axes prioritaires évoqués figurent notamment :

La rationalisation du calendrier électoral ; La création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) aux pouvoirs renforcés ; La dématérialisation du processus électoral ; La clarification du statut de l’opposition ; La réforme du système de parrainage.

Mais pour le président du MCDIS, ces propositions ne répondent pas aux urgences sociales du moment. Il estime que ce dialogue ne vise qu’à favoriser ceux qui sont déjà au pouvoir. « Leur objectif est de mettre en place des mécanismes pour se maintenir à la tête du pays », a-t-il affirmé.

Dans son communiqué, Badou Ndour a mis en lumière les atouts stratégiques de la région de Kaolack : des ressources naturelles abondantes, une diversité humaine remarquable et un fort potentiel de développement. Il a plaidé pour une meilleure prise en compte de cette région dans l’élaboration des politiques publiques à venir.

Dans un pays où les visages de la pauvreté se multiplient, entre des jeunes sans emploi et des familles peinant à joindre les deux bouts, le quotidien devient un combat. Le manque d’industrialisation, entre autres problèmes, y contribue fortement.

À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, qui réduisent les rendements agricoles et poussent davantage de familles dans la précarité.

Face à cette double crise — pauvreté et chômage — le mouvement citoyen attendait du gouvernement une réflexion plus profonde sur ces enjeux, plutôt qu’un dialogue centré exclusivement sur des considérations politiques. Pour le MCDIS, cette concertation nationale n’aura aucun impact réel sur la vie quotidienne des citoyens lambda.

Il devient urgent, selon le mouvement, de repenser les politiques publiques, d’investir dans l’éducation, et de donner aux jeunes les moyens de bâtir leur avenir.

Bougane Gueye Dany charge le régime : « Plus de 1800 milliards empruntés, un pouvoir incompétent »

Le leader du mouvement Geum sa Bopp, Bougane Gueye Dany, n’a pas mâché ses mots contre le gouvernement. Lors du « contre-dialogue » organisé par le Nouveau Front Force Alternative (NFA), le Mouvement Rappel à l’Ordre et le collectif des travailleurs licenciés de la RTS, l’opposant a sévèrement critiqué la politique économique du régime en place.

« Ce régime est incompétent. On ne peut pas parler de rupture et creuser la dette à ce rythme. Plus de 1800 milliards de francs CFA ont été empruntés en si peu de temps, c’est inacceptable », a lancé Bougane Gueye devant un auditoire acquis à sa cause.

Selon lui, cette frénésie d’endettement est en contradiction totale avec les promesses de sobriété et de rigueur brandies au début du mandat. Il alerte sur les conséquences à moyen et long terme, notamment pour les générations futures, qui risquent de porter le fardeau de ce qu’il considère comme une gestion hasardeuse des finances publiques.

En dénonçant un manque de vision économique, Bougane Gueye Dany se positionne une nouvelle fois en porte-voix de l’opposition radicale, dans un contexte où la question de la dette publique devient un enjeu central du débat national.

Barthélémy Dias lance son mouvement « SENEGAL BI NU BOKK »

Barthélémy Dias a officiellement tourné une page de son engagement politique ce mercredi en lançant un nouveau mouvement dénommé SENEGAL BI NU BOKK, soit « le Sénégal que nous avons en commun ». Une initiative qui marque sa rupture définitive avec la coalition Taxawu dirigée par Khalifa Sall.

« Ce mouvement est né de la fatigue d’attendre. Né du refus de courber l’échine face à l’échec », a déclaré l’ancien maire de Dakar, dans un discours empreint de conviction. Pour lui, ce nouveau cadre d’action politique se veut un espace de rassemblement, de réparation et de construction collective.

Barthélémy Dias a articulé son projet autour d’une vision inclusive du pays. « Ce n’est pas le Sénégal qu’on détourne, qu’on divise ou qu’on fuit. C’est celui qu’on habite ensemble, qu’on relève ensemble, qu’on construit ensemble », a-t-il affirmé avec force, appelant les Sénégalais de tous bords à s’approprier cette nouvelle dynamique.

Se voulant au-dessus des clivages politiques, SENEGAL BI NU BOKK se présente comme un mouvement citoyen, un lieu de convergence pour ceux qui aspirent à un Sénégal plus juste, plus solidaire, et ancré dans l’éthique de la responsabilité partagée.

« Ce mouvement, ce n’est pas le mien, il est le vôtre », a conclu Barthélémy Dias, posant ainsi les bases d’une nouvelle orientation politique tournée vers l’action collective et la refondation nationale.

Dialogue national : Cheikh Oumar Diagne et le mouvement RV And ci Dëgg écartés

Le Dialogue national, tant attendu par la classe politique sénégalaise, a officiellement démarré ce mercredi 28 mai au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio. Une cérémonie marquée par la présence de nombreux acteurs politiques, sociaux, religieux et coutumiers. Mais dans cette vaste assemblée de concertation, une absence a été remarquée : celle du mouvement RV And ci Dëgg, dirigé par Cheikh Oumar Diagne.

Ce dernier n’a pas caché sa déception. « Le RV And ci Dëgg que j’ai l’insigne honneur de diriger n’a pas été convié au Dialogue. Nous avons pourtant des propositions pertinentes pour l’amélioration du système politique sénégalais », a-t-il regretté dans une déclaration publique. Malgré cette mise à l’écart, Cheikh Oumar Diagne a tenu à souhaiter « bon dialogue » aux participants, dans un esprit républicain.

Le Dialogue national, qui se tiendra jusqu’au 4 juin prochain, se veut un cadre de réflexion inclusive sur les enjeux majeurs du pays. Les discussions doivent aborder plusieurs thématiques, notamment les réformes institutionnelles, le processus électoral, les défis économiques ainsi que les priorités sociales.

Coordonné par un comité mis en place à cet effet, le Dialogue national ambitionne d’aboutir à des recommandations consensuelles, destinées à consolider la stabilité politique et à impulser un nouveau souffle au développement du Sénégal.

Mais l’absence de certaines voix, dont celle de Cheikh Oumar Diagne, pose la question de l’inclusivité réelle de ce processus censé réunir toutes les sensibilités du pays.

Dialogue national : Voici l’intégralité du discours du Président Bassirou Diomaye Faye

Le Président Bassirou Diomaye Faye a présidé ce mercredi 28 mai 2025, l’ouverture officielle de la rencontre consacrée à l’amélioration du système politique sénégalais.

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, 

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement,

Honorables Députés,

Madame  la Vice-président du Conseil constitutionnel,

Monsieur le Premier Président de la Cour suprême,  

Monsieur le Premier Président de la Cour des comptes,  

Monsieur le Premier Président de la Cour d’appel de Dakar, 

Monsieur le Président  de la Commission électorale nationale autonome,

Monsieur le Président du Conseil de régulation de l’Audiovisuel,

Monsieur le Président du Haut Conseil du Dialogue social,

Notabilités religieuses et coutumières,  

Mesdames, Messieurs les représentants de la société civile,

Mesdames, Messieurs les représentants des syndicats et des organisations  socio- professionnelles,

Chers invités, en vos rangs, titres et qualités,

Mesdames, Messieurs,

Nous voici rassemblés, dans le cadre du dialogue, pour la deuxième fois depuis mon accession à la magistrature suprême. Pour cette année, nous ouvrons des concertations larges et inclusives autour d’un thème d’intérêt national : le Système politique.

En assistant à cette belle rencontre, qui réunit toutes les forces vives de la Nation, nous répondons à l’injonction du respect de la date codifiée dans le calendrier républicain.

Ce dialogue en temps de paix nous enracine davantage dans la tradition continue  de  concertation   et  de

préservation d’une paix sociale qu’il nous incombe de construire en permanence.

Mesdames, messieurs,

L’implication de toutes les sensibilités de notre société, dans la gouvernance institutionnelle de l’État est, s’il en était encore besoin, une preuve de plus de la rupture systémique qui traverse aujourd’hui toute l’action publique.

Ma conviction profonde est qu’au-delà des acteurs politiques, lorsqu’il s’agit de se projeter dans le temps long des réformes qui façonnent notre Système politique, toute la société a voix au chapitre. Ainsi devons-nous définir, par la quête du consensus et par les délibérations collectives, la charpente institutionnelle et normative qui préfigure la vie de notre société politique.

C’est toute la vertu d’un Dialogue organisé en temps de paix, non pas donc pour juguler une tension socio- politique stressante pour toute la collectivité, mais pour écrire, ensemble, des pages encore plus belles de notre récit politique national.

Mesdames, Messieurs

L’expression « le Sénégal est un pays de dialogue » n’est pas le fruit du hasard. Nous la devons à un héritage consolidant de pencoo et de diiso, à une conscience politique mûrie par l’histoire et à une culture de la pondérance héritée de nos devanciers.

Notre responsabilité c’est de préserver cet héritage et de transmettre le flambeau intact. Au demeurant, nous devons nous garder de l’immobilisme ou du statut quo. Nous devons interroger régulièrement les dynamiques sociétales dans notre cher pays.

En effet, les tensions qui ont traversé le Sénégal sont encore trop vivaces pour être oubliées. Des vies ont été fauchées. Des familles pleurent encore leurs morts. Des blessures morales attendent d’être pansées.

En ma qualité de Président de la République, je m’incline avec respect devant la mémoire de toutes les victimes qui, de l’indépendance à nos jours, jalonnent le douloureux chemin de notre marche vers une démocratie achevée. J’exprime à leurs familles, à leurs amis et à leurs compagnons de lutte, la solidarité de la Nation.

Mon rôle en tant que garant de l’unité nationale est de tendre la main à toutes et à tous, pour rassurer, rassembler, apaiser et réconcilier afin de conforter la paix et la stabilité indispensables au développement économique de notre pays. Dans cette dynamique, gouvernement assumera la plénitude de sa mission. L’opposition sera respectée et exercera librement ses droits, dans le respect de la loi.

Mesdames, Messieurs,

L’histoire politique récente de notre pays, nous commande de réformer pour la postérité. Réformer pour renforcer les acquis démocratiques et garantir davantage la stabilité de nos institutions ;

Réformer pour expurger de notre système électoral tous les germes de dissensions, notamment entre pouvoir et opposition.

Aujourd’hui, notre démocratie ne saurait faire davantage l’économie d’une réflexion sur:

la rationalisation du calendrier électoral ; la création d’une Commission électorale nationale indépendante ;

le fonctionnement des organes chargés de l’organisation des élections ; l’accès au fichier électoral et sa gestion ; la rationalisation des partis politiques et leur financement ; le rôle de la justice dans le processus électoral ; la dématérialisation du processus électoral ; le statut de l’opposition qui doit avoir un contenu réel ; l’inscription automatique des primo- votants ; la durée des campagnes électorales;

ou encore sur les modalités du parrainage , entre autres.

Ces concertations, heureusement organisées en dehors de toute échéance électorale, nous offrent une opportunité unique de réfléchir, avec sérénité et lucidité, sur l’avenir de notre système politique. Ensemble, nous avons la responsabilité de repenser nos institutions, en nous appuyant sur les principes fondamentaux de la démocratie, le respect des libertés individuelles et collectives, ainsi que sur les réformes constitutionnelles et législatives indispensables.

Les Sénégalaises et les Sénégalais ont eu l’opportunité de contribuer activement à cette réflexion en soumettant plus de treize milles (13.000) propositions sur la plateforme Jubbanti, lancée le vendredi 09 mai 2025. Au-delà de la forte attente de nos compatriotes quant aux résultats de ces assises,  cet  engouement  traduit  un encouragement pour tous les participants et un appel pressant au sens des responsabilités afin d’arriver à des consensus forts et productifs.

Le peuple sénégalais vous observe !

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais, à cet instant solennel, adresser mes vives félicitations au Facilitateur général du Dialogue national 2025, Docteur Cheikh GUEYE, pour avoir accepté de conduire les travaux.

Monsieur le facilitateur général, votre intégrité    reconnue    et    votre attachement indéfectible aux valeurs républicaines seront, j’en suis convaincu, des gages de réussite de ce processus. Je tiens également à saluer, avec respect et gratitude, l’ensemble des acteurs qui ont répondu à l’appel du dialogue.

Votre présence ici aujourd’hui témoigne de votre attachement à la République, à la paix civile, et à la grandeur de notre démocratie. Je forme le vœu ardent que vos échanges soient empreints de responsabilité,   d’écoute   et   de dépassement de soi ; qu’ils soient féconds en propositions audacieuses et réalistes, et qu’ils soient guidés, à chaque instant, par l’intérêt supérieur du Sénégal.

Sur ce, fort de notre engagement commun et de mon attachement indéfectible aux valeurs démocratiques et à la cohésion nationale, je déclare ouverts les travaux du Dialogue national sur le Système politique.

Que Dieu bénisse le Sénégal.

Je vous remercie de votre attention.

Dialogue national au Sénégal : Seydi Gassama plaide pour une démocratie plus inclusive et respectueuse des droits humains

Invité au dialogue politique national, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a salué l’initiative des nouvelles autorités d’ouvrir un cadre de concertation élargi. Selon lui, cette volonté d’instaurer un dialogue inclusif est un signal fort en faveur de la paix, de la stabilité et du renforcement de la démocratie au Sénégal.

Mais au-delà du symbole, le militant des droits humains a insisté sur la nécessité de traduire ce dialogue en actes concrets, en plaçant la protection des droits civils et politiques au cœur des discussions. « Ce cadre ne sera véritablement utile que s’il permet de renforcer les libertés fondamentales, en particulier le droit à la participation politique », a-t-il déclaré.

L’une des préoccupations majeures soulevées par Seydi Gassama concerne l’exclusion des personnes détenues de la participation électorale. Il a dénoncé le fait que certains citoyens, bien qu’en détention préventive et non définitivement condamnés, soient privés de leur droit de vote. « Il est impératif que l’État garantisse à tous les citoyens jouissant de leurs droits civiques, y compris ceux en détention provisoire, le droit de participer à la vie démocratique », a-t-il plaidé.

Dans cette même logique, il a appelé à une réforme en profondeur du régime de déchéance des droits civiques. Pour le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, cette sanction ne devrait être décidée que par une autorité judiciaire, et uniquement dans le cadre d’infractions d’une gravité exceptionnelle. Il a également souligné que les délits liés à la liberté d’expression, tels que la diffamation ou l’offense à l’autorité, ne devraient en aucun cas justifier la privation de droits civiques.

Enfin, Seydi Gassama a réitéré son engagement en faveur de la liberté de la presse, qu’il considère comme un pilier essentiel de la démocratie. Il a appelé les autorités à soutenir les médias dans un contexte marqué par de nombreuses difficultés structurelles : « Une presse libre et indépendante est indispensable à une démocratie vivante et à une gouvernance responsable. Elle doit être protégée, soutenue et valorisée. »

Dialogue national à Diamniadio : Le président Bassirou Diomaye Faye plaide pour la réconciliation et une réforme en profondeur du système électoral

En ouverture de la deuxième journée du Dialogue national, tenu ce mardi au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a prononcé un discours empreint de solennité et d’espoir. Dans un contexte marqué par les séquelles des crises sociopolitiques passées, le chef de l’État a lancé un vibrant appel à la mémoire, à l’apaisement et à une refonte structurelle du système électoral sénégalais.

Devant une assemblée pluraliste composée de membres du gouvernement, de leaders de l’opposition, de représentants de la société civile et de diverses forces vives de la Nation, le président Faye a tenu à rappeler que les tensions qui ont ébranlé le Sénégal ces dernières années « sont encore très vivaces pour être oubliées ». Cette reconnaissance des douleurs du passé s’est accompagnée d’un hommage solennel aux victimes des troubles politiques : « En ma qualité de président de la République, je m’incline devant la mémoire des victimes de cette lutte démocratique. »

Ce geste fort, empreint d’humilité, s’inscrit dans une démarche de réconciliation nationale que le président entend ériger en pilier de son magistère. Affirmant vouloir « rassurer, rassembler, apaiser et réconcilier », Bassirou Diomaye Faye a martelé que « la paix et la stabilité » sont des conditions sine qua non au développement économique du Sénégal.

Dans une tonalité rassembleuse, il a également réaffirmé son attachement à un dialogue sincère et inclusif : « Le gouvernement appliquera la plénitude de sa mission, l’opposition en sera respectée. » Une déclaration qui se veut gage de bonne foi et de volonté de co-construction, à l’heure où le pays s’engage dans un processus de réformes majeures.

Sur le fond, le président Faye a placé la réforme du système électoral au cœur de ses priorités. Il a appelé à une refonte profonde visant à « expurger de notre système électoral toute germe de dissension ». Un objectif ambitieux, mais nécessaire, dans un pays où les processus électoraux ont souvent été sources de tensions et de contestations. En prônant une réforme « pour la postérité », le président veut inscrire son action dans une perspective durable, au-delà des urgences immédiates.

Dialogue national au Sénégal : Mamadou Lamine Diallo salue la participation de l’opposition tout en dénonçant ses contradictions

le Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD) a accueilli l’ouverture officielle du dialogue national, en présence de nombreuses figures politiques, sociales et institutionnelles du pays. Une initiative attendue, censée jeter les bases d’un nouveau consensus sur les grands enjeux de la vie politique sénégalaise.

Parmi les intervenants de cette première journée, Mamadou Lamine Diallo, président du mouvement Tekki, a marqué les esprits avec une intervention à la fois salutaire et critique. Dans un discours nuancé, il a félicité l’opposition pour sa participation à ce dialogue, tout en mettant en lumière ses limites structurelles.

« Je salue l’opposition qui a accepté de participer à ce dialogue. Il nous faut discuter du système politique, afin de le consolider dans ses acquis démocratiques », a déclaré l’ancien député, fidèle à son rôle d’observateur rigoureux de la vie politique nationale.

Mais derrière ce geste d’ouverture, Mamadou Lamine Diallo n’a pas manqué de souligner les fragilités internes de l’opposition sénégalaise, qu’il juge trop divisée pour prétendre à une direction unifiée.

« L’opposition au Sénégal n’est pas stable pour qu’on lui décrète un chef », a-t-il lancé, en opposition directe à ceux qui plaident pour la désignation d’un chef de l’opposition reconnu officiellement. Une question qui suscite depuis plusieurs mois des débats intenses au sein de la classe politique.

Cette déclaration, sans doute destinée à remettre en question les ambitions de certains leaders de l’opposition, résonne comme un appel à plus de cohérence et de responsabilité dans les rangs des partis contestataires. Mamadou Lamine Diallo semble vouloir rappeler que la légitimité politique ne se décrète pas, mais se construit dans le consensus, la constance et l’unité.

Anta Babacar Ngom au Dialogue national : une voix ferme pour un sursaut démocratique et économique

Lors de la séance inaugurale du Dialogue national tenue ce mercredi 28 mai 2025 au Centre international de Conférences Abdou Diouf (CICAD), la députée et cheffe de parti Anta Babacar Ngom s’est illustrée par une intervention aussi lucide que percutante. Dans une salle comble réunissant les principales forces vives de la nation, la présidente du mouvement Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC) a appelé à recentrer le débat politique autour des enjeux essentiels du pays : la démocratie, l’économie et la représentativité.

Prenant la parole devant le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et plusieurs figures de la classe politique et de la société civile, Anta Babacar Ngom a d’abord appelé à l’élévation du débat politique national. « Le débat politique doit être assaini, chaque parti doit assumer la responsabilité de cadrer ses militants », a-t-elle martelé, insistant sur la nécessité d’instaurer une culture démocratique fondée sur le respect et le dialogue.

Sur le thème central de la reddition des comptes, largement porté par le nouveau régime, la députée a exprimé son adhésion de principe tout en mettant en garde contre une instrumentalisation du processus. « Nous souhaitons une reddition des comptes. Elle ne doit pas non plus occulter l’essentiel : l’attente des populations », a-t-elle affirmé. Reconnaissant les contraintes d’un premier exercice de courte durée au pouvoir, elle a néanmoins lancé un appel clair au président Faye : « Il est vrai que vous ne pouviez faire de magie en un an de mandat, mais il est temps de passer à l’action. »

L’un des moments forts de son intervention a été la proposition de convoquer des États Généraux de l’économie. Une initiative que la cheffe de l’ARC présente comme un levier stratégique pour refonder le modèle économique sénégalais : « Je vous propose d’organiser des États Généraux pour relancer notre économie et repenser notre modèle », a-t-elle déclaré, saluée par une partie de l’assistance.

Fidèle à son engagement pour l’égalité des chances, Anta Babacar Ngom a aussi mis en lumière la sous-représentation persistante des femmes dans les sphères de décision politique. « Il faut également, Monsieur le Président, une meilleure représentativité des femmes dans nos instances politiques », a-t-elle plaidé, soulignant la nécessité d’un renforcement effectif de la parité dans les institutions.

Enfin, répondant à la récente déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko, qui qualifiait l’opposition de « résiduelle », la députée a répliqué avec fermeté : « L’opposition n’a rien de résiduel, elle est vivante. » Une prise de position qui reflète les tensions encore palpables entre le pouvoir et une opposition déterminée à se faire entendre, même dans un cadre d’ouverture comme celui du dialogue national.

Dialogue national : Khalifa Sall plaide pour une gouvernance apaisée et sincère

Lors du dialogue national qui s’est tenu ce mercredi au Centre International du Commerce et de l’Artisanat de Dakar (CICAD), Khalifa Ababacar Sall a livré un message fort, axé sur la nécessité d’une gouvernance inclusive, sincère et tournée vers les préoccupations réelles des populations.

Prenant la parole devant les acteurs politiques, institutionnels et de la société civile réunis pour cet événement, l’ancien maire de Dakar a souligné que « les arrestations ne peuvent pas garantir une gouvernance apaisée », appelant ainsi à une rupture avec les pratiques qui nourrissent la méfiance et les tensions dans le paysage politique national.

Évoquant les concepts de « Jub » (la droiture), « Jubeul » (la transparence) et « Jubbanti » (la reddition des comptes), Khalifa Sall a proposé d’y ajouter un nouveau terme : le « Jubbo sincère ». Cette notion, selon lui, va au-delà des principes affichés pour intégrer une réelle volonté de servir le peuple dans la vérité et le respect des droits.

Pour le leader de Taxawu Sénégal, le dialogue national ne doit pas se limiter à un cadre de négociation entre élites politiques. Il doit aussi se pencher sur les problèmes concrets qui affectent le quotidien des citoyens. « Il doit aussi s’intéresser aux difficultés que rencontrent les populations », a-t-il insisté. « Ce pays a un problème, c’est indéniable, et il nous faut trouver des solutions. »

Le Nouveau Front Force Alternative organise un « Contre-Dialogue des Forces Vives » ce mercredi

Alors que le Dialogue national se tient ce mercredi, une frange de la société civile et de l’opposition politique se mobilise pour faire entendre une voix discordante. Le Nouveau Front Force Alternative (NFA), coalition regroupant le Mouvement Rappel à l’Ordre, le collectif RTS, ainsi que plusieurs partis politiques et mouvements citoyens, organise un « Contre-Dialogue des Forces Vives » ce mercredi 28 mai à 10h, au Relais.

Cette initiative entend dénoncer ce que ses initiateurs qualifient de « mise en scène du consensus », qui, selon eux, passe sous silence les véritables préoccupations des citoyens. Dans un contexte marqué par des tensions politiques persistantes, le NFA affirme vouloir créer un espace de parole libre, en dehors des cadres officiels.

Plusieurs thématiques majeures seront abordées lors de cette manifestation parallèle, parmi lesquelles :

La confiscation des libertés publiques L’instrumentalisation politique de la justice L’emprisonnement arbitraire de leaders d’opinion La demande d’abrogation de la loi d’amnistie La criminalisation de l’homosexualité La cherté de la vie et le silence des autorités face à la détresse des ménages

Ces sujets, jugés sensibles voire explosifs, reflètent le climat de défiance qui s’est installé entre une partie de la population et les autorités.

Selon Les Échos, qui relaie l’information dans son édition de ce mercredi, Bougane Guèye Dani, leader du Mouvement Gueum Sa Bopp et initiateur du mouvement « les Jambaars », est attendu à cet événement. Sa présence, symbole de contestation politique, donne un poids particulier à cette rencontre parallèle, perçue comme une tentative de contre-pouvoir face aux discussions institutionnelles.

Ce « Contre-Dialogue » s’inscrit dans une volonté de nombreux acteurs politiques et citoyens d’exprimer des désaccords de fond sur la gouvernance, les libertés et la justice sociale au Sénégal. Il met aussi en lumière la fracture persistante entre les autorités et une partie de la société qui revendique plus de transparence, de justice et d’écoute.

Amadou Bâ plaide pour un dialogue national élargi aux enjeux économiques

Présent à la rencontre du dialogue national sur la refonte du système politique initiée par le président Bassirou Diomaye Faye, l’ancien Premier ministre Amadou Bâ a livré une intervention à la fois lucide et engagée. Entre regrets, espoir et appel au réalisme, il a saisi l’occasion pour insister sur l’importance d’élargir les discussions au-delà du seul champ politique.

« J’aurais aimé qu’on y ajoute l’aspect économique du pays. J’avais même écrit au ministre de l’Intérieur à ce sujet, car c’est un aspect très important », a-t-il confié à la presse, en marge de la séance plénière. Selon lui, si le socle démocratique doit être consolidé, les défis économiques ne peuvent plus être laissés en marge des grandes consultations nationales.

L’ancien chef du gouvernement estime que la démocratie ne peut pleinement s’épanouir que si elle s’accompagne d’un véritable projet de développement économique inclusif. « La démocratie aussi, on doit davantage la bâtir, la renforcer, pour qu’elle devienne un espace de parole. À l’intérieur de la salle, nous allons écouter tout le monde afin de mieux débattre », a-t-il affirmé, réitérant son attachement à un dialogue ouvert, inclusif et constructif.

Interrogé sur la décision de certains partis d’opposition de boycotter le dialogue, Amadou Bâ a préféré l’apaisement à la polémique. « Chacun a le droit de faire son choix et d’assumer ses responsabilités. De notre côté, nous pensons que si l’objectif est de discuter, chacun devrait venir échanger sur ce qui est le plus important pour le développement et le progrès du pays », a-t-il souligné avec diplomatie.

Au-delà des clivages partisans, l’ancien Premier ministre appelle donc à saisir cette opportunité pour jeter les bases d’un nouveau contrat républicain, plus en phase avec les attentes économiques et sociales des citoyens.

Dialogue national : Y’en a marre s’engage pour une refondation démocratique

Le mouvement citoyen Y’en a marre a annoncé ce mardi sa participation active au Dialogue national sur le système politique sénégalais, dont l’ouverture est prévue le 28 mai 2025. Par la voix de sa cellule de communication, le collectif a officialisé sa présence à ces assises qu’il qualifie de moment crucial pour l’avenir démocratique du pays.

Dans un communiqué rendu public, Y’en a marre a précisé avoir pris connaissance des termes de référence du Dialogue national, tout en soulignant avoir transmis dans les délais impartis ses remarques et suggestions aux organisateurs. Le mouvement indique que son implication s’inscrit dans une logique de « responsabilité citoyenne » et de fidélité aux principes qui ont guidé sa création : une démocratie véritablement inclusive, transparente, et conforme aux aspirations profondes des populations.

Ce choix de participer marque un tournant dans la posture souvent critique du mouvement vis-à-vis des initiatives institutionnelles. Y’en a marre justifie néanmoins sa décision par la volonté de faire entendre la voix des citoyens au cœur des discussions politiques. Pour les membres du collectif, l’heure est venue de participer à la refondation des bases du système politique sénégalais, dans un contexte où les attentes en matière de gouvernance, de justice et de transparence sont de plus en plus fortes.

Depuis sa naissance en 2011, le mouvement Y’en a marre s’est illustré par son engagement dans la lutte contre les dérives du pouvoir, l’injustice sociale et l’inaction politique. En rejoignant le Dialogue national, ses responsables entendent faire valoir une vision citoyenne des réformes nécessaires, qu’il s’agisse du statut de l’opposition, de la transparence électorale, du financement des partis ou encore du rôle des institutions.

Cette participation est d’autant plus symbolique que le Dialogue national, voulu par le président Bassirou Diomaye Faye, se veut un exercice d’ouverture et d’écoute, au service d’une démocratie rénovée. En s’y impliquant, Y’en a marre pose un acte fort, dans la continuité de son combat pour une citoyenneté active et exigeante, refusant de rester spectateur des changements à venir.

Alors que les travaux s’apprêtent à débuter, la présence du mouvement parmi les parties prenantes promet des échanges animés et un apport décisif sur les questions de fond. Le Dialogue s’annonce ainsi comme un moment de vérité pour le Sénégal, où la voix des citoyens, portée notamment par Y’en a marre, devra peser dans la redéfinition du contrat démocratique national.

Dialogue national : les termes de référence officiels dévoilés

Le Sénégal s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire politique avec le lancement du Dialogue national prévu ce 28 mai. Cette initiative, impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye, s’inscrit dans une volonté claire de renforcer les fondements démocratiques du pays. Porté par une ambition de modernisation, le Dialogue national vise à fédérer les forces vives de la nation autour d’un projet politique inclusif, participatif et structurant.

L’objectif général fixé par les organisateurs est sans équivoque : parvenir à des consensus forts pour consolider durablement la démocratie sénégalaise et garantir l’exercice effectif des droits et libertés fondamentaux. Le Dialogue national n’est pas un simple forum de discussion, mais un espace de refondation démocratique destiné à repenser les institutions, les pratiques électorales et les mécanismes de gouvernance.

Parmi les objectifs spécifiques figure en premier lieu la modernisation du système électoral sénégalais. Il s’agira, pour les participants, de proposer des réformes capables d’assurer plus de transparence, d’équité et de lisibilité dans le processus électoral. Des thématiques sensibles telles que le parrainage, l’introduction du bulletin unique, l’inscription automatique sur les listes électorales ou encore la rationalisation du calendrier républicain seront au cœur des débats. Le Dialogue devra également statuer sur le statut de l’opposition politique et de son chef, une question cruciale dans un contexte où l’équilibre institutionnel reste fragile.

Les travaux de cette grande concertation nationale s’organiseront autour de trois axes majeurs soigneusement définis. Le premier concerne la démocratie, les libertés et les droits humains. Il abordera la rationalisation du paysage politique à travers la redéfinition du cadre juridique des partis, le financement public, ainsi que la protection accrue des libertés fondamentales. Une attention particulière sera portée à la révision de certaines dispositions jugées liberticides ou obsolètes.

Le deuxième axe portera sur le processus électoral. Les discussions devront proposer des solutions concrètes pour renforcer la fiabilité du fichier électoral, améliorer le système de parrainage et mettre en œuvre le vote électronique. L’introduction du bulletin unique, souvent évoquée ces dernières années, sera débattue en vue d’une adoption possible. L’objectif est de bâtir un système électoral à la fois moderne, accessible et crédible aux yeux des citoyens.

Le troisième axe sera consacré aux réformes institutionnelles. Il est question notamment de transformer le Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, dotée de compétences élargies et d’une plus grande indépendance. La création d’un organe autonome de gestion des élections figure également au programme, dans l’optique de délester le ministère de l’Intérieur de cette mission controversée.

Les résultats attendus de ce Dialogue national sont à la hauteur des enjeux. Les autorités espèrent obtenir des recommandations consensuelles sur l’organisation et le contrôle des élections, ainsi qu’une clarification des rôles respectifs des autorités électorales, judiciaires et médiatiques. Le calendrier républicain, souvent remis en cause, devrait être rationalisé pour éviter les reports récurrents d’échéances électorales. Un cadre juridique rénové et moderne pour les partis politiques devrait également émerger des échanges.

Dans un souci d’inclusivité et de transparence, les autorités ont mis en place une plateforme numérique baptisée Jubbanti, ouverte à tous les Sénégalais, y compris ceux de la diaspora. Cet outil digital permet à chaque citoyen d’apporter sa contribution, de soumettre ses idées et de participer activement aux réflexions. Il marque une volonté assumée d’intégrer les voix souvent oubliées dans les grandes décisions politiques.

Le président Diomaye Faye, dans un appel solennel, a exhorté l’ensemble des citoyens, des partis politiques et des organisations de la société civile à se mobiliser pour ce moment historique. À ses yeux, le Dialogue national est une opportunité exceptionnelle pour bâtir un avenir démocratique solide, apaisé et durable.

Au-delà de la symbolique, c’est bien une refonte en profondeur des mécanismes démocratiques que propose ce processus. À l’heure où les défis économiques, sociaux et institutionnels s’intensifient, le Sénégal tente de se réinventer à travers une démarche d’unité, de concertation et d’innovation politique.

Dialogue national : le CDEPS appelle à une réforme en profondeur pour garantir la liberté de la presse

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a annoncé sa participation au Dialogue national initié par le président de la République. Dans un communiqué publié ce lundi 26 mai 2025, l’organisation professionnelle souligne que cette rencontre intervient dans un contexte tendu entre les autorités issues de la troisième alternance politique et les acteurs des médias. Le CDEPS dénonce une série de mesures gouvernementales récentes qui, selon lui, ont porté atteinte à la crédibilité de la presse en tant qu’entreprise citoyenne, tout en compromettant la viabilité économique des organes de presse.

Le communiqué évoque des décisions perçues comme des tentatives de musellement, durement ressenties par les professionnels du secteur. Malgré les multiples interpellations adressées aux autorités et les combats menés, le CDEPS déplore l’absence de réponses positives et d’écoute réelle. À ses yeux, ce Dialogue national doit représenter une occasion décisive pour poser sur la table les difficultés économiques et administratives que traversent les entreprises de presse au Sénégal.

L’organisation réaffirme que la liberté de la presse est garantie par les articles 8, 10 et 11 de la Constitution sénégalaise, ainsi que par les instruments internationaux de protection des droits humains mentionnés dans le préambule de la Loi fondamentale. Elle estime que cette liberté doit être défendue de manière concrète et non symbolique.

À cet effet, le CDEPS propose que l’un des objectifs majeurs du dialogue soit la sanctuarisation de la liberté de la presse. Cela passerait, selon lui, par une révision du Code de la presse, du Code pénal et du Code de procédure pénale, notamment en ce qui concerne les délits de presse et les procédures judiciaires qui en découlent. L’organisation suggère également une réforme du Code électoral pour y intégrer de manière équitable la presse privée, en particulier dans les dispositifs liés à la propagande et à la publicité durant les périodes électorales.

Au-delà de ces réformes juridiques, le CDEPS appelle à la mise en place d’une Stratégie nationale d’Information et de Communication (SNIC) qui serait à même d’accompagner les mutations profondes du secteur. Cette stratégie devrait reposer sur plusieurs axes structurants : la transformation numérique des médias, une fiscalité adaptée aux secteurs stratégiques, des mécanismes de financement durable, le renforcement des capacités professionnelles et la promotion de champions nationaux, aussi bien dans la presse que dans les télécommunications.

Dialogue national : la coalition AKS annonce sa participation

La coalition And Ci Koolute nguir Sénégal (AKS) a officiellement confirmé sa participation au dialogue national convoqué par le président Bassirou Diomaye Faye pour le 28 mai 2025. Réunie le samedi 24 mai sous la présidence de son leader, Abdou Karim Sall — maire de Mbao et député à l’Assemblée nationale —, la coalition a pris la décision de répondre favorablement à l’invitation de l’État.

Dans un communiqué parvenu à la presse, AKS indique avoir reçu une correspondance officielle du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, datée du 22 mai 2025, portant le numéro 005925/MISP/DGE/DFC. Cette lettre formalisait l’invitation à prendre part à la Journée nationale du dialogue, initiée dans un esprit d’inclusivité et de concertation nationale.

Selon le document signé par Abdou Karim Sall, le comité de direction de la coalition a longuement délibéré avant de prendre cette décision. Bien qu’ayant exprimé des réserves sur certains termes de référence du dialogue, la coalition a choisi de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. Elle réaffirme ainsi sa volonté de contribuer à la consolidation de la démocratie, au renforcement de l’État de droit et à la construction d’un consensus national fort.

La coalition AKS estime que le dialogue constitue une opportunité majeure pour le pays de renouer avec une tradition de concertation politique et institutionnelle, dans un contexte marqué par de nombreuses attentes sociales et des défis structurels importants. Elle entend faire entendre sa voix, défendre ses propositions et veiller à ce que les conclusions du dialogue soient mises en œuvre dans la transparence et le respect des principes républicains.

En affirmant son engagement dans cette dynamique, la coalition se positionne comme un acteur actif du processus démocratique, attaché aux valeurs de paix, d’équité et de progrès pour tous les Sénégalais.

Dialogue national : Abdoulaye Diouf Sarr et Renaissance Républicaine répondent favorablement à l’appel de Diomaye Faye

Abdoulaye Diouf Sarr, président du mouvement Renaissance Républicaine / SÜNÜ REEW, a officiellement confirmé sa participation à la Journée nationale du dialogue prévue le 28 mai 2025. À travers un communiqué rendu public, l’ancien ministre a exprimé sa volonté de répondre favorablement à l’appel du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en faveur d’une large concertation autour des enjeux nationaux.

Dans sa déclaration, Abdoulaye Diouf Sarr réaffirme son attachement aux principes fondamentaux de la République, notamment le renforcement de l’État de droit, la stabilité institutionnelle et la promotion d’une démocratie efficace. Selon lui, la Renaissance Républicaine entend jouer pleinement son rôle dans cette dynamique nationale, en apportant une contribution structurée et responsable aux débats.

La participation du mouvement s’articule autour de trois axes prioritaires, jugés essentiels à l’évolution du pays. D’abord, la restauration de la confiance citoyenne dans le processus électoral, mise à mal ces dernières années par les tensions politiques et les suspicions autour des scrutins. Ensuite, la consolidation de la résilience institutionnelle, avec une attention particulière portée au fonctionnement des organes de l’État et à l’indépendance des contre-pouvoirs. Enfin, le renforcement de l’efficacité démocratique, pour que la démocratie sénégalaise soit non seulement vivante, mais aussi performante et inclusive.

Dans ce cadre, la Renaissance Républicaine / SÜNÜ REEW rappelle qu’elle a déjà formulé des propositions concrètes sur ces questions, et qu’elle reste ouverte au dialogue, à la concertation et à la construction collective de solutions durables. Le communiqué souligne que cette posture s’inscrit dans une vision de long terme pour un Sénégal plus juste, plus équitable et plus résilient face aux défis économiques, sociaux et institutionnels.

Abdoulaye Diouf Sarr conclut en réitérant la disponibilité de son mouvement à accompagner les « efforts de refondation nationale » entrepris par le président Diomaye Faye, dans un esprit de responsabilité, d’ouverture et de patriotisme.

Dialogue national du 28 mai : le parti « Oser l’Avenir » choisit de ne pas participer

À la suite de l’invitation adressée par le ministre de l’Intérieur le 22 mai 2025, le parti Oser l’Avenir, dirigé par Me Aïssata Tall Sall, a réuni ses délégués régionaux et représentants de la diaspora afin d’adopter une position commune sur le dialogue national prévu le 28 mai prochain.

Après des échanges jugés francs et approfondis, le parti a tranché : il ne participera pas à cette rencontre politique majeure. Selon un communiqué publié à l’issue de la réunion interne, cette décision a été prise à une très large majorité.

Si les motivations précises de ce retrait ne sont pas encore connues, la direction du parti assure qu’elles seront rendues publiques dans les prochains jours, afin de permettre à l’opinion de mieux comprendre les enjeux de ce choix.

Ce refus de participer intervient dans un contexte où plusieurs formations politiques et organisations de la société civile expriment des réserves ou conditionnent leur participation à certaines garanties. Le parti Oser l’Avenir rejoint donc la liste des acteurs politiques ayant décidé de prendre du recul vis-à-vis de ce dialogue national, dont les contours et les objectifs continuent de susciter interrogations et débats.

Dialogue national : Pape Djibril Fall et le parti Les Serviteurs annoncent leur boycott

À l’approche de l’ouverture du dialogue national prévu du 28 mai au 4 juin 2025, une voix dissidente s’est fait entendre. Pape Djibril Fall, député et leader du mouvement politique Les Serviteurs, a officiellement annoncé le retrait de sa formation des concertations initiées par les autorités. Cette décision a été rendue publique samedi, lors d’une conférence de presse tenue à Dakar.

Dans une déclaration ferme, le parlementaire a dénoncé un cadre de dialogue qu’il juge biaisé et inefficace pour opérer de véritables avancées démocratiques. « Nous refusons de participer à un dialogue qui ne garantit pas une véritable transformation démocratique. Les réformes doivent être structurelles. Il est temps d’arrêter de violer la Constitution et les lois simplement pour satisfaire les intérêts d’un individu », a-t-il martelé devant les journalistes.

Malgré son retrait, Pape Djibril Fall a salué l’engagement personnel du facilitateur désigné, Dr Cheikh Gueye, soulignant son sérieux et sa volonté de conduire les discussions de manière inclusive. Toutefois, il a pointé du doigt le manque de ressources et de soutien alloués à ce dernier, estimant que cela traduit un déficit de volonté politique quant à la portée réelle de ce dialogue.

Le thème retenu pour cette nouvelle phase des concertations nationales – le système politique – avait suscité beaucoup d’attentes, notamment autour des questions de gouvernance, de séparation des pouvoirs, de justice électorale et de réforme des institutions. Mais la désaffection de plusieurs acteurs clés jette une ombre sur l’ambition de cette initiative.

Outre Les Serviteurs, l’Alliance Pour la République (APR), parti de l’ancien président Macky Sall, a également annoncé son boycott du dialogue. Ces absences notables pourraient compromettre la représentativité des discussions et réduire la portée des conclusions qui en découleront.

En se retirant de ce processus, Pape Djibril Fall affirme vouloir rester fidèle à ses principes. Son mouvement estime que les conditions ne sont pas réunies pour des discussions sincères et profondes susceptibles d’aboutir à un véritable changement de paradigme démocratique. Ce positionnement confirme la persistance d’un clivage entre les forces politiques sur les mécanismes à adopter pour refonder durablement les institutions sénégalaises.

Khalifa Sall annonce son retour imminent sur la scène politique : « Je reprends la parole publique très, très bientôt »

Après plusieurs mois de retrait volontaire de la sphère médiatique et politique, Khalifa Ababacar Sall, figure majeure de la vie politique sénégalaise et leader de la plateforme Taxawu Sénégal, a annoncé ce dimanche son retour imminent. L’ancien maire de Dakar, resté silencieux depuis mars 2024, a profité d’une conférence de presse pour officialiser sa décision de reprendre la parole et de renouer avec l’action politique publique.

Dans un ton serein mais résolu, Khalifa Sall a reconnu avoir volontairement réduit ses interventions ces derniers mois. « Ma parole a été rare. De mars 2024 à aujourd’hui, je ne me suis pas exprimé publiquement. Mais je vous donne rendez-vous très, très bientôt », a-t-il lancé à l’assistance, laissant présager une reprise dynamique de ses engagements dans les jours à venir. Il a insisté sur sa volonté de redevenir un acteur actif du débat politique national, affirmant : « Je reprends la parole publique, je m’inscrirai plus activement dans le débat et je serai surtout présent sur le terrain ».

Cette déclaration marque un tournant pour Taxawu Sénégal, coalition qui avait connu un certain ralentissement depuis les dernières échéances électorales. Khalifa Sall, dont le silence avait alimenté plusieurs spéculations, entend désormais reprendre l’initiative dans un contexte politique marqué par des transformations importantes depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye.

Par ailleurs, Khalifa Sall a confirmé la participation de sa plateforme au dialogue national prévu pour le 28 mai 2025. Il a souligné que cette décision s’inscrivait dans la logique de continuité avec sa posture politique adoptée dès 2023, lorsqu’il avait également répondu favorablement aux appels à la concertation. « Nous croyons au dialogue. Ce pays a besoin de concertation pour avancer », a-t-il affirmé, réaffirmant ainsi son engagement en faveur d’une approche inclusive et participative dans la construction du Sénégal.

Le retour de Khalifa Sall, à la veille de ce dialogue crucial, pourrait modifier les dynamiques entre les différents pôles politiques, notamment au sein de l’opposition. Nombre d’observateurs s’accordent à dire que sa voix, forte de son expérience et de sa base militante solide à Dakar, pourrait peser significativement dans les débats à venir.

Dialogue politique du 28 Mai: Mouhamed Ben Diop et son parti Pass-Pass n’y participeront pas

Le parti Pass-Pass de Mouhamed Ben Diop dit niet au dialogue politique du 28 mai 2025.

Communiqué


« Le peuple crie famine, le gouvernement répond par des débats stériles. Dialoguer sans écouter, c’est monologuer dans le vide. Les Sénégalais ont besoin de solutions, pas de discours creux. Assez des promesses qui s’évaporent, place aux actions qui réparent »

Un dialogue sans écoute, une démocratie sans voix

Le gouvernement sénégalais veut nous vendre son grand dialogue national comme une avancée, mais que vaut un débat quand le peuple souffre en silence ? Quand les licenciements deviennent la norme, quand les familles peinent à joindre les deux bouts, quand l’avenir est un point d’interrogation géant pour la jeunesse, à quoi bon parler de démocratie, de libertés et de droits humains si ces mots restent lettres mortes ?

Et pendant que les Sénégalais s’inquiètent de leur avenir, les scandales financiers éclatent à une échelle inimaginable.  
Des milliards disparaissent, mais aucune explication ne revient.  
Les intérêts du parti passent avant ceux du pays, et le peuple regarde impuissant.   

Dialogue national ou une diversion nationale ?

Le gouvernement sénégalais nous parle de démocratie, de libertés et de droits humains, alors que la liberté d’expression est bâillonnée.  
Des voix s’élèvent, elles sont aussitôt réduites au silence par des arrestations arbitraires.  
Des citoyens dénoncent, ils sont intimidés.  
Le pouvoir ne débat pas, il réprime.

Ce fameux dialogue sur le processus électoral et les réformes institutionnelles n’est-il qu’un écran de fumée pour détourner l’attention des vraies urgences ?  
On parle d’organes de gestion des élections alors qu’on manipule les règles du jeu.  
On promet des réformes alors qu’on consolide un système qui profite aux mêmes.  Une mascarade organisée pour légitimer des décisions déjà actées ? Les Sénégalais ne veulent plus de discours, ils veulent des actes. Trop longtemps, les réformes institutionnelles et les organes de gestion des élections ont été manipulés comme des outils de pouvoir, non comme des garants de la souveraineté du peuple.

Alors, à quoi bon dialoguer si ce n’est que pour renforcer une politique populiste déconnectée de la réalité ? Le peuple ne demande pas des débats, mais du travail. Il ne veut pas des promesses creuses, mais du pouvoir d’achat. Il ne réclame pas des grands discours, mais des solutions immédiates
Les Sénégalais ne veulent pas d’un débat factice.  

Ils veulent **justice, transparence et dignité**.  
Un dialogue sans liberté d’expression est un monologue autoritaire.  
Une politique sans honnêteté est une trahison nationale.  

Un dialogue sans écoute est une illusion. Une politique sans justice sociale est une imposture.
Il est temps de mettre fin aux discours creux et d’agir pour le peuple, pas pour le parti.  

Le Sénégal mérite mieux que des parades politiques et des stratégies électoralistes. Il est temps d’agir, pas de parler.

Non je ne participerai pas au dialogue ! 

Dr Mouhamed Ben Diop

Président Parti Pass-Pass

 

Dialogue Politique : le parti MOUVEMENT JAMMI SENEGAL répond favorable

Le mouvement Jammi Senegal dirigé par son président Ibrahima Diop répond à l’appel du dialogue du 28 Mai initié par le gouvernement du senegal.

Dans un communiqué rendu publique le parti réaffirme son attachement à l’unité nationale, au respect des institutions et aux principes républicaines. Le Mouvement Jammi senegal appel ainsi l’ensemble des forces vives de nationale à participer au dialogue

In texto le communiqué

Le Mouvement Jammi Sénégal salue l’initiative du dialogue politique lancé par Monsieur le Président de la République du Sénégal, dans un esprit d’ouverture, de concertation et de responsabilité partagées. Ce cadre de dialogue constitue pour nous une opportunité précieuse pour renforcer la démocratie, consolider la paix sociale et œuvrer pour un avenir commun plus inclusif et prospère pour notre nation.

Dans un contexte marqué par des défis politiques, économiques et sociaux majeurs, nous réaffirmons notre attachement à l’unité nationale, au respect des institutions et aux principes républicains. La diversité des opinions doit être une richesse, et non un motif de division. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des forces vives de la nation – partis politiques, société civile, acteurs économiques et citoyens – à s’engager pleinement, avec sincérité et patriotisme, dans ce processus de dialogue.

Ce moment de concertation doit permettre de poser les bases d’un consensus fort sur les grandes réformes qui ont été promises, notamment en matière de gouvernance, de transparence électorale, de justice sociale, d’indépendance de la justice et de stabilité institutionnelle.

Nous espérons que ce dialogue aboutira à des décisions historiques et porteuses d’espérance pour les générations présentes et futures. L’intérêt supérieur du Sénégal doit rester notre unique boussole.

Ensemble, dans le respect et l’écoute mutuelle, faisons le choix du dialogue, de la paix et de l’unité.

Vive la République !

Vive le Sénégal !

Un travail d’ensemble pour un intérêt commun !

Ibrahima Diop Président du parti Mouvement JAMMI Sénégal

Modou Diagne Fada plaide pour une participation active au dialogue national tout en préservant l’unité de l’opposition

Modou Diagne Fada, président du mouvement LDR YEESAL, a récemment réaffirmé la volonté de son parti de prendre pleinement part au dialogue national initié par le chef de l’État. Dans une déclaration empreinte de fermeté et de lucidité, l’ancien ministre a insisté sur la nécessité pour toutes les forces politiques d’être présentes autour de la table où se discutent les règles du jeu démocratique.

Selon lui, les enjeux à l’ordre du jour sont trop importants pour justifier une absence de son parti : « parrainage, financement des partis politiques, révision de l’autorité électorale, optimisation du calendrier républicain », énumère-t-il. Pour Modou Diagne Fada, il est impératif de contribuer à ces discussions pour influencer positivement le futur du pays : « Prendre part à ce processus, c’est être présent là où se fixent les règles de la politique », a-t-il martelé.

Conscient de la sensibilité du sujet au sein de l’opposition, Fada a tenu à clarifier la position de LDR YEESAL. Il a assuré que cette décision n’entame en rien les relations de son parti avec ses partenaires de l’opposition, notamment l’Alliance pour la République (APR). « Nous avons une divergence ici, mais nous sommes d’accord ailleurs sur des sujets qui pourraient être tout aussi essentiels », a-t-il reconnu, adoptant une posture d’ouverture et de respect mutuel.

Cette démarche vise à éviter toute fracture au sein du Front de Défense pour la République, une coalition d’opposition à laquelle LDR YEESAL est affiliée. Le leader du mouvement appelle à une lecture stratégique des divergences : « Cette discordance ne doit pas compromettre notre combat ni créer de trouble dans nos relations. Nous devons demeurer solidaires pour préserver les bases de notre démocratie », a-t-il conclu avec gravité.

À travers ce positionnement, Modou Diagne Fada cherche à conjuguer engagement institutionnel et fidélité aux principes de l’opposition. Un appel au réalisme politique dans un contexte où chaque camp affine ses stratégies en vue des prochaines échéances électorales.

Dialogue politique : Idrissa Seck répond favorablement à l’appel de Diomaye Faye

Le Parti RÉEW MI, dirigé par l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, a officiellement annoncé sa participation au dialogue national initié par le président Bassirou Diomaye Faye. Prévu pour démarrer le 28 mai 2025, ce processus vise à engager une réflexion approfondie sur le système politique sénégalais.

Réuni sous la présidence d’Idrissa Seck, le directoire du parti a salué l’initiative du chef de l’État, qualifiée de « levier pour approfondir la démocratie sénégalaise ». Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre stratégique, RÉEW MI rappelle que le Sénégal est depuis longtemps considéré comme un modèle de stabilité en Afrique, un statut que le parti souhaite voir renforcé à travers ce dialogue.

« Depuis sa création, le Parti RÉEW MI a toujours vu dans le dialogue un outil fondamental de consolidation démocratique », souligne la note. Cette posture, régulièrement défendue par Idrissa Seck lui-même, s’inscrit selon les responsables dans une volonté de bâtir un système politique plus inclusif et transparent.

En annonçant sa participation, le parti se positionne comme un acteur clé dans cette phase de concertation nationale. Il appelle également à ce que ce dialogue débouche sur des consensus solides, capables de garantir des avancées durables dans la gouvernance démocratique du pays.

« Le Parti RÉEW MI exprime l’espoir que cette dynamique aboutira à des résultats concrets, renforçant les libertés fondamentales, la transparence du système électoral et la confiance des citoyens dans les institutions », conclut le communiqué.

Remaniement au ministère de la Culture : Khoudia Diagne cède sa place à Hugues Diaz à la tête de la Direction des Arts

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, poursuit les réaménagements dans l’administration publique avec le limogeage de Khoudia Diagne, jusque-là Directrice des Arts au ministère de la Culture et de la Communication. Cette décision marque la fin d’un mandat de près de quatre ans et demi pour cette haute fonctionnaire nommée en décembre 2020 par l’ancien président Macky Sall.

Diplômée en Gouvernance et Management Public de l’Université Senghor à Alexandrie (13e promotion), Khoudia Diagne a su s’imposer par son engagement constant en faveur du rayonnement artistique et culturel du Sénégal. Son parcours au sein du ministère est marqué par des fonctions stratégiques, notamment à la tête de la Cellule des Études et de la Planification, ainsi qu’en tant que Chef de la Division Administrative, Juridique et Financière.

Dans une déclaration empreinte d’émotion et de dignité, elle a salué son successeur tout en exprimant sa gratitude envers le milieu artistique :

« Alhamdoullillahi rabbil ‘alamin, après quatre ans et demi, mon collègue Hugues Diaz me succède à la tête de la Direction des Arts. […] Monsieur le Directeur des Arts, je vous confie aujourd’hui ma famille des Arts, qui m’a adoptée, soutenue et chérie. »

Son départ s’inscrit dans une dynamique de renouvellement impulsée par le nouveau chef de l’État, qui multiplie les nominations pour insuffler une nouvelle énergie à l’appareil étatique.

Hugues Diaz, un retour attendu dans la sphère culturelle

Le nouveau Directeur des Arts, Hugues Diaz, est une figure familière du secteur culturel. Conseiller aux affaires culturelles avant sa nomination, il a aussi occupé les fonctions de Directeur de la Cinématographie, ce qui lui confère une solide connaissance des enjeux et des acteurs du domaine artistique.

Sa nomination est accueillie avec intérêt dans les milieux culturels, qui attendent de lui un renforcement des politiques d’appui aux créateurs, une meilleure structuration des fonds de soutien à la production artistique, et une diplomatie culturelle offensive visant à accroître l’influence du Sénégal sur la scène internationale.

Oumar Sow convoqué à nouveau à la Cybercriminalité : il dénonce une volonté de museler l’opposition

Le responsable politique de l’Alliance pour la République (APR) et chroniqueur à la SEN TV, Oumar Sow, a annoncé ce jeudi sur sa page Facebook avoir reçu une nouvelle convocation de la Division spéciale de la cybersécurité. Il est attendu dans les locaux de la Cybercriminalité à 15 heures.

Dans sa publication, Oumar Sow dénonce une tentative de musellement de l’opposition, qu’il attribue directement au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko. “Je viens d’être convoqué à la cybercriminalité à partir de 15 heures. La dictature de Diomaye Faye et Ousmane Sonko pour le musellement de l’opposition”, a-t-il écrit.

Cette convocation intervient quelques mois après une précédente affaire ayant conduit à son arrestation. Oumar Sow avait alors été poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, une affaire qui s’était soldée par une condamnation à quatre mois de prison avec sursis.

Cette nouvelle convocation relance le débat sur la liberté d’expression au Sénégal et l’utilisation de l’arsenal judiciaire à l’encontre de figures critiques du pouvoir. Les soutiens d’Oumar Sow y voient une dérive autoritaire, tandis que d’autres estiment que l’État ne fait qu’appliquer la loi contre les discours jugés dangereux ou mensongers sur les réseaux sociaux.

Dialogue politique au Sénégal : entre tradition du consensus et exigence d’efficacité publique

Le Sénégal est souvent cité en exemple pour la stabilité de son système politique en Afrique subsaharienne. Depuis les années 1960, le pays cultive une tradition de dialogue politique qui a permis de prévenir les coups d’État et d’assurer des transitions pacifiques au sommet de l’État. Mais cette culture du consensus, bien qu’ancrée dans l’histoire politique sénégalaise, montre aujourd’hui ses limites face aux exigences de transformation économique et sociale. C’est l’analyse qu’offre Dr Abdourahmane Ba, chercheur et spécialiste en gouvernance publique.

L’histoire du dialogue politique sénégalais remonte à la présidence de Léopold Sédar Senghor, qui considérait la discussion comme un antidote à la violence politique. Cette approche a structuré un modèle de régulation des tensions fondé sur la négociation entre les élites politiques. Selon Dr Ba, cette tradition a permis d’éviter les ruptures institutionnelles majeures et de renforcer la légitimité des mécanismes de concertation.

Cependant, il souligne que cette récurrence des dialogues n’a pas toujours débouché sur des réformes concrètes ni empêché les violences politiques. Les manifestations de 2012, 2021 et 2024, ayant causé plusieurs dizaines de morts, montrent les limites d’un modèle qui peine à prévenir les crises. La jeunesse, en particulier, perçoit ces processus comme inefficaces, voire manipulés.

Dr Ba propose une lecture renouvelée du dialogue politique à travers le prisme de la gouvernance hybride. Les politiques publiques ne se construisent plus exclusivement dans les sphères de l’État central. Elles émergent aussi des interactions avec des acteurs non étatiques : leaders religieux, notables coutumiers, syndicats, diasporas, organisations communautaires.

Or, les dialogues politiques au Sénégal restent principalement l’apanage des partis politiques et sont souvent pilotés de manière verticale par l’exécutif. Cette approche marginalise les dynamiques locales et freine l’implication citoyenne. « Une gouvernance efficace suppose une articulation claire entre leadership national et ancrage territorial », insiste Dr Ba.

Malgré quelques avancées ponctuelles – comme la réduction du mandat présidentiel en 2016 ou la restauration du poste de Premier ministre en 2021 – les dialogues n’ont pas réussi à transformer durablement les politiques sectorielles. Le chômage des jeunes, les inégalités régionales, la dépendance alimentaire et les retards dans la transition énergétique en sont les symptômes. Dr Ba critique le manque de dispositifs de mise en œuvre et de suivi. Le Dialogue national sur la justice de 2024, bien qu’ambitieux dans ses intentions, n’a débouché sur aucun plan opérationnel ni mécanisme d’évaluation.

Face à ces constats, Dr Abdourahmane Ba plaide pour une réforme structurelle du dialogue politique sénégalais, articulée autour de cinq transformations majeures :

Institutionnaliser le dialogue : Créer un Haut Conseil du Dialogue Politique et Institutionnel doté de compétences légales, d’une autonomie réelle et d’un mandat pérenne. Formaliser les engagements : Chaque dialogue doit se conclure par un plan d’action détaillé, avec des responsabilités assignées, des ressources mobilisées et des échéances précises. Assurer le suivi et l’évaluation : Mettre en place un mécanisme indépendant pour suivre la mise en œuvre, produire des rapports périodiques et garantir la transparence. Élargir la participation : Intégrer les femmes, les jeunes, les syndicats, les collectivités territoriales, le monde rural et la diaspora dans toutes les phases du processus. Renforcer la transparence : Rendre publics tous les documents, traduire les contenus en langues nationales, et les diffuser largement via une plateforme numérique dédiée.

Pour Dr Ba, les dialogues doivent évoluer vers des thématiques structurantes : éducation, souveraineté alimentaire, transition climatique, industrialisation, gouvernance foncière, numérisation. Leur efficacité repose sur une approche interdisciplinaire et sur l’implication des experts, chercheurs, statisticiens, économistes, juristes et praticiens.

Chaque processus de dialogue devrait s’appuyer sur une cellule technique capable d’analyser la pertinence des propositions, de simuler leur impact et d’anticiper les contraintes d’application. Une stratégie de communication rigoureuse permettrait de documenter les débats, d’en diffuser les conclusions et de restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.

Dr Abdourahmane Ba conclut : « Le dialogue politique ne peut plus être un simple mécanisme de gestion conjoncturelle des crises électorales. Il doit devenir un outil stratégique d’élaboration, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques publiques. » Pour lui, le Sénégal possède tous les atouts pour réussir cette transformation : une société civile dynamique, une jeunesse engagée, une expertise nationale de qualité et des institutions compétentes.

À condition d’en réformer le cadre, le contenu et les méthodes, le dialogue politique sénégalais peut devenir un véritable levier de transformation, de cohésion sociale et d’efficacité publique à long terme.

Tensions au sein de Pastef à Khombole : des militants accusent le chef de cabinet de Sonko de favoritisme

Le climat politique se tend à Khombole, fief du parti Pastef, où la section communale a exprimé ce mercredi un profond malaise face à certaines pratiques internes. Dans une déclaration relayée par le journal Libération, les militants locaux ont ouvertement critiqué Djiby Guèye Ndiaye, chef de cabinet du Premier ministre Ousmane Sonko, l’accusant de « favoritisme », de « népotisme » et d’aller à l’encontre des idéaux du Projet national porté par le duo Diomaye-Sonko.

Alors même qu’ils saluaient les « engagements résolus » du Président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre pour un Sénégal « souverain, juste et prospère », les responsables de Pastef-Khombole n’ont pas mâché leurs mots à l’égard de M. Ndiaye. Selon eux, ce dernier favoriserait des proches de l’ancien régime et des membres de sa famille dans les nominations et responsabilités, reléguant au second plan des militants « aguerris, compétents et méritants ».

Cette sortie publique illustre une frustration croissante dans les rangs du parti au pouvoir, en particulier chez les militants de la base qui se sentent marginalisés après avoir joué un rôle clé dans la victoire électorale de 2024. À Khombole, la section communale rappelle qu’elle a hissé sa commune au troisième rang départemental sur quinze à Thiès, grâce à une campagne « exemplaire et désintéressée », menée sans soutien externe.

« Cette posture trahit nos principes d’équité et foule aux pieds l’éthique militante que nous avons toujours prônée », peut-on lire dans leur déclaration. Les militants dénoncent ce qu’ils perçoivent comme un « mépris orchestré » de la part de M. Ndiaye, estimant que cette attitude met en péril la cohésion interne du parti et érode la confiance des militants.

Face à cette situation, les responsables de Pastef-Khombole interpellent directement Ousmane Sonko pour une « évaluation objective » de la gestion interne du parti. Ils exigent une reconnaissance équitable de leurs efforts, une représentation juste dans les sphères de décision, et la fin immédiate des pratiques qu’ils jugent contraires à l’esprit du Projet national.

Dans un contexte où l’unité du parti est essentielle pour mener à bien les réformes annoncées, cet appel sonne comme un avertissement. « La réussite de la transformation du pays repose sur la valorisation des véritables artisans du changement », concluent-ils, rejetant toute forme de reproduction des méthodes de l’ancien régime.

Dialogue national : le Forum Civil remet officiellement ses recommandations au ministre de l’Intérieur

Dans la perspective du Dialogue national initié par les autorités sénégalaises, le Forum Civil a transmis ses recommandations au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le Général Jean Baptiste Tine. Ce geste marque la participation active de cette organisation de la société civile aux consultations engagées pour la réforme du système politique et électoral du pays.

La transmission officielle s’est faite à travers une correspondance signée par Birahim Seck, coordonnateur du Forum Civil. Dans cette lettre adressée au ministre, l’organisation exprime d’abord sa reconnaissance à l’État pour la démarche participative enclenchée, saluant l’esprit d’ouverture manifesté par les autorités à l’endroit des forces vives de la nation. « Je vous remercie vivement pour la confiance et pour l’inclusion que vous ne cessez de montrer à l’endroit du Forum Civil », peut-on lire dans le document adressé au ministère.

Cette initiative intervient à la suite d’une invitation formelle du ministère de l’Intérieur, matérialisée par la lettre n°003727 MISP/DGE du 7 avril 2025, dans laquelle le gouvernement sollicitait des contributions écrites sur les Termes de Références du Dialogue national. Le Forum Civil a ainsi répondu à cet appel en soumettant une série de recommandations articulées autour des enjeux du système électoral, des garanties démocratiques et des mécanismes de transparence.

Dans sa lettre d’accompagnement, le Forum Civil indique clairement qu’il s’agit d’une contribution technique et citoyenne destinée à enrichir les débats futurs. « Par la présente, je vous transmets les recommandations du Forum Civil sur le système électoral du Sénégal », précise le texte, qui s’accompagne d’un document détaillé regroupant l’ensemble des propositions.

Cette démarche renforce le caractère inclusif du Dialogue national, appelé à jouer un rôle central dans la consolidation des institutions démocratiques du Sénégal. En impliquant les organisations de la société civile comme le Forum Civil, l’État semble miser sur une refondation consensuelle du cadre politique, à la lumière des nombreuses controverses électorales et institutionnelles qui ont marqué les dernières années.

Le Forum Civil, reconnu pour son expertise en matière de gouvernance, de transparence et de reddition des comptes, entend jouer sa partition dans ce processus de réforme. Les autorités sont désormais attendues sur la suite à donner à ces recommandations dans la conduite des concertations prévues dans les prochaines semaines.

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