Politique
Sénégal – 26 ans de l’AFP : Mbaye Dione alerte sur une situation économique et démocratique préoccupante
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par
Diack
À l’occasion du 26e anniversaire de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), célébré ce week-end à Dakar, le secrétaire général du parti, Mbaye Dione, a dressé un constat alarmant de l’état économique, social et institutionnel du Sénégal sous l’ère de la troisième alternance. Placée sous le thème : « Situation économique et financière actuelle du Sénégal : Responsabilités et propositions de solutions », cette journée de réflexion a été marquée par des interventions critiques et des appels à une prise de conscience nationale.
Dans son allocution d’ouverture, Mbaye Dione n’a pas mâché ses mots. Selon lui, le Sénégal traverse une période de grandes turbulences économiques, aggravées par des incertitudes financières et diplomatiques. Il a notamment souligné que le pays fait face à un « arrêt des financements de nombreux bailleurs extérieurs, dont le FMI », conséquence directe, selon lui, d’un débat mal maîtrisé sur la dette publique.
Faute de financements à long terme, l’État aurait recours à des emprunts à court terme uniquement pour couvrir les dépenses courantes, sans pouvoir lancer de projets structurants. « Aucun projet majeur d’investissement n’est lancé par ce régime », a-t-il regretté, pointant une agonie du secteur primaire et une paralysie des grands chantiers du BTP dans tout le pays.
Au-delà de l’économie, Mbaye Dione a également critiqué la gestion de la politique étrangère du Sénégal. Selon lui, « la diplomatie bat de l’aile », comme en témoignent les nombreux échecs de candidatures sénégalaises à des postes de responsabilité au sein des institutions internationales. Il a par ailleurs dénoncé « une confusion de rôles entre le Premier ministre et le Président de la République », rappelant que ce dernier reste le garant constitutionnel de la politique diplomatique.
Le responsable de l’AFP a également pointé un climat social de plus en plus tendu. Il évoque « des milliers de licenciements » liés à la suspension des travaux dans les secteurs publics et privés, et un malaise grandissant parmi les travailleurs, les syndicats et la jeunesse.
Mbaye Dione n’a pas éludé la question des droits humains. Selon lui, le pays connaît un net recul démocratique marqué par des « arrestations arbitraires » et une « chasse aux dignitaires de l’ancien régime » menée au nom de la reddition des comptes. Il a mis en garde contre la tentation de transformer cet impératif de justice en instrument de règlement de comptes politiques.
Reprenant les enseignements de Moustapha Niasse, fondateur de l’AFP, il a souligné que « la mise en garde contre la patrimonialisation de l’État et la recherche effrénée de prébendes conserve toute sa pertinence ». Il a appelé au respect des principes fondamentaux de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs.
En conclusion, Mbaye Dione a justifié le choix du thème de la conférence en insistant sur « l’urgence de poser le débat sur les véritables préoccupations des Sénégalais, d’ici et d’ailleurs ». Il a estimé que la gravité de la situation commande un changement d’approche de la part des gouvernants. « Des solutions doivent être laissées à l’appréciation des tenants du pouvoir », a-t-il conclu, dans un appel mesuré mais ferme à plus de lucidité et de responsabilité.
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