Politique
Centenaire d’Abdoulaye Wade : Diomaye Faye célèbre la persévérance, le respect et l’engagement d’un bâtisseur
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par
Diack
À l’occasion de la cérémonie officielle marquant le centenaire d’Abdoulaye Wade, organisée ce jeudi au Grand Théâtre National de Dakar, le président Bassirou Diomaye Faye a prononcé un discours empreint de gravité et d’admiration. Devant un parterre de personnalités politiques, diplomatiques, religieuses et culturelles, le chef de l’État a dressé le portrait d’un homme dont le parcours, selon lui, demeure une source d’inspiration pour les générations présentes et futures.
Dans son hommage, Bassirou Diomaye Faye a mis en lumière trois vertus cardinales qui, à ses yeux, résument la trajectoire exceptionnelle de l’ancien président de la République : la persévérance, le respect de l’adversaire et l’engagement au service de la nation et du continent africain.
Le président sénégalais a d’abord salué la persévérance qui a marqué toute la carrière politique d’Abdoulaye Wade. Il a rappelé que les grandes conquêtes ne s’obtiennent jamais dans la précipitation et que les causes les plus justes exigent souvent patience, endurance et détermination. Dans un monde où la réussite rapide est souvent présentée comme une norme, il a souligné que le parcours de Wade constitue un puissant contre-exemple.
Selon Bassirou Diomaye Faye, l’ancien chef de l’État a incarné l’image de l’homme capable de maintenir son cap malgré les épreuves, les déceptions et les abandons. Pendant des décennies, il a poursuivi son combat politique sans céder au découragement, alors même que nombre de ses compagnons de route renonçaient ou choisissaient d’autres chemins. Cette constance, a estimé le président, représente l’une des plus grandes leçons léguées par le doyen de la politique sénégalaise.
La deuxième vertu mise en avant est celle du respect de l’adversaire. Revenant sur les longues années d’opposition d’Abdoulaye Wade, Bassirou Diomaye Faye a évoqué les périodes de prison, les procès, les suspicions et les nombreuses épreuves traversées avant son accession au pouvoir. Toutefois, il a précisé que ce rappel historique n’avait pas pour objectif de raviver d’anciennes blessures, mais plutôt de mesurer le chemin parcouru par la démocratie sénégalaise.
Le chef de l’État a insisté sur le fait que derrière le combattant politique se trouvait un homme attaché à la courtoisie et au respect des convenances républicaines. Il a notamment rappelé un épisode symbolique au cours duquel Abdoulaye Wade s’était rendu auprès de la mère du président Abdou Diouf pour lui témoigner son respect en pleine campagne électorale. Pour Bassirou Diomaye Faye, ce geste illustre une conception noble de la compétition politique, où la conquête du pouvoir ne doit jamais se transformer en humiliation de l’adversaire.
Cette réflexion l’a conduit à revenir sur l’alternance historique de l’an 2000, qu’il considère comme l’un des moments les plus marquants de la démocratie sénégalaise. Il a rendu hommage à Abdou Diouf pour avoir reconnu sa défaite sans contestation et à Abdoulaye Wade pour avoir accueilli sa victoire sans esprit de revanche. Selon lui, ces deux figures, malgré leurs divergences profondes, ont démontré que l’intérêt supérieur de la nation pouvait prévaloir sur les rivalités partisanes.
Le président de la République a ainsi présenté cette transition politique comme un exemple de maturité démocratique, rappelant que le pouvoir avait changé de mains uniquement par l’expression souveraine du peuple. Il a souligné que cette transmission pacifique demeure l’une des plus belles pages de l’histoire nationale et une référence pour l’ensemble du continent.
Enfin, Bassirou Diomaye Faye a mis en exergue l’engagement constant d’Abdoulaye Wade en faveur du Sénégal et de l’Afrique. Il a retracé le parcours académique et intellectuel de l’ancien président, depuis ses études jusqu’à l’obtention de doctorats en droit et en économie, en passant par ses responsabilités universitaires et sa carrière d’avocat.
Pour le chef de l’État, cette brillante trajectoire n’a jamais été guidée par la seule ambition personnelle. Il a rappelé qu’en 1956 déjà, Abdoulaye Wade participait aux côtés de grandes figures intellectuelles africaines aux réflexions sur l’avenir du continent et sur la place des peuples noirs dans le monde. Cette implication précoce témoignait, selon lui, d’une conviction profonde : celle que l’Afrique devait produire ses propres idées, ses propres savoirs et sa propre vision du développement.
Bassirou Diomaye Faye a également insisté sur ce qu’il a présenté comme le fil conducteur de toute l’action politique d’Abdoulaye Wade : le refus du fatalisme et du misérabilisme. Il a souligné que l’ancien président n’a jamais accepté l’idée qu’un peuple confronté à des difficultés économiques soit condamné à limiter ses ambitions. Au contraire, il a toujours défendu une vision fondée sur l’investissement dans l’éducation, la formation et le potentiel créatif des Africains.
Évoquant les nombreuses initiatives menées dans le domaine éducatif, des structures destinées à la petite enfance jusqu’au développement de l’enseignement supérieur, le président a salué la conviction constante de son prédécesseur selon laquelle le savoir constitue la principale richesse d’une nation.
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