La commune de Passy a servi de cadre, ce jeudi 1er janvier 2026, à un message politique fort du Premier ministre Ousmane Sonko, à l’occasion de la clôture des 72 heures culturelles et sportives. Devant une foule acquise à sa cause, le chef du gouvernement a saisi l’opportunité pour revenir sur l’un des piliers majeurs de l’action du nouveau pouvoir : la reddition des comptes et la lutte implacable contre l’impunité.
Dans un discours empreint de fermeté, Ousmane Sonko a tenu à dissiper toute ambiguïté. Selon lui, il n’est nullement question d’oubli, de pardon automatique ou d’arrangements politiques lorsqu’il s’agit de la gestion des deniers publics. Tous ceux qui ont détourné ou mal utilisé les ressources de l’État devront, a-t-il martelé, répondre de leurs actes devant la justice. Pour le Premier ministre, cette exigence n’est ni une revanche ni un acharnement, mais un impératif moral et républicain destiné à restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.
Poursuivant son propos, le chef du gouvernement est revenu sur ce qu’il considère comme de graves erreurs de priorisation dans les politiques publiques menées par le passé. Il a dénoncé une mauvaise orientation des ressources nationales, estimant que des secteurs essentiels tels que l’agriculture, l’élevage, l’industrie et les services sociaux de base n’ont pas bénéficié des investissements nécessaires, au détriment du développement économique et social du pays. À ses yeux, cette situation explique en grande partie la vulnérabilité de larges franges de la population et la dépendance persistante du Sénégal vis-à-vis de l’extérieur.
Pour illustrer concrètement ses propos, Ousmane Sonko a pris l’exemple du secteur stratégique des phosphates. Il a jugé incohérente et inacceptable la situation dans laquelle le Sénégal, pourtant producteur de phosphate, continue d’importer massivement de l’engrais. Le Premier ministre a révélé que plus de 90 % de l’acide phosphorique produit par les Industries chimiques du Sénégal (ICS) était exporté avant d’être réimporté par le pays, une pratique qu’il affirme avoir arrêtée. Pour lui, cette décision incarne l’essence même du combat porté par Pastef, fondé sur la souveraineté économique et la valorisation des ressources nationales au profit des Sénégalais.
S’adressant particulièrement à la jeunesse, Ousmane Sonko a appelé à la vigilance face aux discours qu’il juge trompeurs ou contraires à cette vision de rupture. Il a insisté sur la nécessité pour les jeunes de comprendre les enjeux réels de la gouvernance et de ne pas se laisser distraire par des narratifs visant à banaliser les dérives du passé.
Le Premier ministre a également élargi sa réflexion à la responsabilité citoyenne, dénonçant la normalisation de la corruption et certaines pratiques politiques consistant à distribuer de l’argent pour acheter des soutiens. Selon lui, ces comportements contribuent à affaiblir la démocratie et à pervertir le sens même de l’engagement politique.
Dans un ton grave, Ousmane Sonko a rappelé que la politique repose avant tout sur la confiance des citoyens. « Un homme politique ne vit que de la confiance du peuple », a-t-il averti, soulignant que sa perte marque inévitablement la fin d’une carrière politique. Il a insisté sur le fait que la politique ne saurait être une affaire de mondanités, de combines ou de détournement de fonds publics, mais un engagement au service exclusif de l’intérêt général.
Concluant son intervention, le leader de Pastef a souligné que chaque décision prise par les dirigeants devra être assumée, non seulement devant le peuple, mais également devant Dieu. Un message à forte portée éthique, qui s’inscrit dans la volonté affichée du nouveau régime de rompre avec les pratiques du passé et de bâtir une gouvernance fondée sur la responsabilité, la transparence et la redevabilité.
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