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Société

Conférence des leaders de la F2S : un ultimatum de deux semaines au Gouvernement

Dakar, 20 août 2026 – La Fédération des syndicats de la santé (F2S) a tenu ce jeudi une conférence des leaders au cours de laquelle elle a affiché sa fermeté face au Gouvernement. Cheikh Seck et ses camarades dénoncent le non-respect de plusieurs engagements pris par les autorités lors des précédentes négociations et accordent au Gouvernement un délai de deux semaines pour apporter des réponses concrètes à leurs revendications.

Passé ce délai, les syndicalistes menacent d’engager des actions susceptibles de paralyser le système sanitaire national.

Un dialogue social au point mort

Lors de cette rencontre, les responsables de la F2S ont déploré l’absence d’avancées sur les engagements pris par l’État. Ils estiment que les promesses formulées au cours des précédentes négociations tardent à se concrétiser, alors que les agents de santé continuent de consentir d’importants sacrifices.

Pour les leaders syndicaux, « la patience des travailleurs a des limites ». Ils considèrent que le dialogue social ne peut avoir de sens que s’il permet d’aboutir à des résultats concrets et à la satisfaction des engagements pris.

Des revendications jugées prioritaires

La F2S a réitéré plusieurs revendications qu’elle considère comme urgentes pour améliorer les conditions de travail et préserver la stabilité du secteur de la santé.

Parmi celles-ci figurent l’application du décret n° 2016-404 portant statut du personnel de santé, ainsi que la signature du décret relatif à l’ENDSS, afin de consacrer son statut d’école nationale de formation professionnelle.

La question de l’indemnité de logement demeure également au cœur des préoccupations syndicales. La F2S réclame à ce titre une solution budgétaire claire et écrite, accompagnée d’un calendrier précis de mise en œuvre.

Les syndicats demandent également le relèvement de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, avec une modification du décret n° 2020-2072, ainsi que la revalorisation des pensions, au-delà de la seule indexation de l’indemnité de risque.

Sur le plan des effectifs, la F2S exige le respect du pacte de stabilité sociale, notamment à travers le recrutement de 3 500 agents par an. Elle réclame également davantage de transparence dans les critères de recrutement et un meilleur équilibre entre les ratios de personnels soignants et administratifs.

Les revendications portent aussi sur la création d’indemnités pour les nouveaux corps, notamment les administrateurs de soins et les ingénieurs en biologie, ainsi que sur le reclassement de plusieurs catégories de personnels, parmi lesquels les assistants infirmiers, les aides sociaux, les préparateurs en pharmacie et les techniciens de laboratoire.

La régularisation de la situation des contractuels et des agents communautaires figure également parmi les priorités de la Fédération. Celle-ci réclame enfin un renforcement du financement des établissements publics de santé (EPS) et une amélioration des conditions de travail.

Deux semaines pour agir

Face à ce qu’elle considère comme une absence de réponses satisfaisantes, la F2S a donné un ultimatum de deux semaines au Gouvernement. À défaut d’avancées concrètes au terme de ce délai, les leaders syndicaux préviennent que le mois de septembre pourrait devenir « un mois de feu pour le secteur de la santé ».

La Fédération tient d’ores et déjà l’État pour responsable des conséquences d’une éventuelle paralysie du système sanitaire.

« Notre patience n’est pas un renoncement. Notre disponibilité au dialogue n’est pas une faiblesse. Nos revendications restent intactes », ont martelé les responsables de la F2S.

Cette conférence des leaders marque ainsi un nouveau durcissement du ton dans les relations entre les syndicats de la santé et le Gouvernement. Si aucun compromis n’est trouvé dans les deux prochaines semaines, le secteur sanitaire pourrait connaître une nouvelle période de fortes tensions en septembre. La balle est désormais dans le camp des autorités.


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