Selon les informations rapportées par L’As, la conférence de presse gouvernementale baptisée « Kaddu » s’est tenue hier au Building administratif dans une atmosphère pour le moins particulière. Prévue comme un moment fort de communication entre le gouvernement et la presse, cette rencontre a finalement été marquée par une série d’imprévus et d’absences notables qui ont suscité de vives interrogations.
Initialement, le dispositif devait rassembler plusieurs membres clés du gouvernement. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, celui de l’Hydraulique et de l’Assainissement, ainsi que le ministre de l’Éducation nationale devaient accompagner la secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement. Cette composition n’était pas anodine : elle répondait à une actualité brûlante dominée par les opérations de déguerpissement en cours à Dakar et dans plusieurs régions, les inondations persistantes dans certaines zones du pays, ainsi que la rentrée scolaire récemment entamée.
Mais, à la grande surprise des journalistes présents, ce dispositif soigneusement annoncé n’a pas été respecté. Le ministre de l’Assainissement, Bamba Cissé, était absent, retenu à Saly où il participait à un atelier consacré à la réforme des pôles-territoires en compagnie de Moussa Bala Fofana. Une absence certes justifiée, mais regrettée, car elle privait la conférence de l’un des principaux acteurs sur la question cruciale des inondations. Plus surprenant encore, le ministre de l’Énergie, Cheikh Tidiane Dièye, a quitté la salle après seulement dix minutes, évoquant un déplacement urgent à l’étranger.
Ces désistements de dernière minute ont donné à la rencontre un air d’improvisation. Pour plusieurs observateurs cités par L’As, ces couacs traduisent un manque de coordination et une organisation encore perfectible. Malgré la volonté affichée du gouvernement de renforcer sa communication publique, cette édition de « Kaddu » laisse l’impression d’un exercice mal préparé, sans véritable cohérence d’ensemble.
La déception était également palpable du côté des journalistes. Nombre d’entre eux ont exprimé leur frustration face à l’absence de réponses concrètes sur les sujets les plus sensibles du moment. Les questions portant sur les opérations de déguerpissement, la situation sécuritaire ou encore la crise sanitaire ont, selon eux, reçu des réponses partielles ou évasives. L’absence du ministre de la Santé a particulièrement été regrettée, alors même que la Fièvre de la Vallée du Rift et le Mpox continuent de se propager dans certaines régions du pays.
Face à ce contexte difficile, la porte-parole du gouvernement a tenté de sauver l’exercice en répondant du mieux possible aux interrogations des journalistes. Toutefois, selon L’As, ses interventions se sont limitées à des éléments de langage soigneusement préparés par ses conseillers, sans véritable ouverture au débat ou à la spontanéité.
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